Fête de la Pentecôte

25 mai 2020 | Messes du Temporal

L'introït Spiritus Domini interprété par la Schola Bellarmina

Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.

La Pentecôte fait partie du Temps Pascal, elle en est comme le couronnement. Le Christ ressuscité remonté à son Père envoie son Esprit pour former, avec l’humanité collective des prédestinés, son corps mystique, l’Eglise, qui va continuer sur terre l’œuvre qu’il n’a fait qu’ébaucher et qui s’achèvera par la résurrection de tous ses membres.

Mais, tout en étant englobé dans le cycle de Pâques, le temps de la Pentecôte a son atmosphère propre.

Au matin du cinquième jour après la Résurrection, au moment où, sous le souffle violent de l’esprit qui venait en eux, ce n’est pas du triomphe de Pâques ou de la glorieuse Ascension qu’ils étaient occupés, mais d’une ardeur impétueuse qui, comme une force vitale s’emparait d’eux, et les poussait à la louange et à l’apostolat. Un souffle venait de Dieu sur eux, un souffle de vie, le même qui fut insufflé sur la face du premier homme ; il les animait et, mêlé à leur propre souffle, remontait vers Dieu avec toute l’activité de leur être.

C’est cette atmosphère de vie ardente qui fut celle de l’Eglise naissante qui caractérise le temps de la Pentecôte.

Aussi bien, le mystère continue. La vie nouvelle que l’Esprit Saint infusait à l’Eglise, en la personne des disciples et des trois mille baptisés, pénètre toujours les âmes et les anime d’une flamme de jeunesse durant cette courte période. Primitivement, le Baptême, la Confirmation et l’Eucharistie étaient conférés aux catéchumènes la nuit du samedi et, toute la semaine comme pendant la semaine de Pâques, l’Eglise entourait de sa sollicitude maternelle les nouveaux chrétiens. Il en va autrement aujourd’hui, mais les rites de cette semaine baptismale demeurent et, par eux, les grâces du Baptême, de l’Eucharistie, de la Confirmation sont à nouveau prodiguées à ceux qui sont disposés à les recevoir, de sorte qu’à travers le jeu liturgique, le souffle même de la Pentecôte nous atteint et, de nous, remonte à Dieu.

C’est dans cet esprit de vie communiquée, aspirée, et expirée, dans cette atmosphère d’enthousiasme ardent, que nous devons vivre et chanter la Pentecôte.

INTROÏT
LE TEXTE

L’Esprit du Seigneur a rempli la terre.
Allelúia.
Et lui, qui contient tout, a la science de la parole.
Allelúia, Allelúia, Allelúia.
Ps. – Qu’il se lève, Dieu.
Et qu’ils se dispersent ses ennemis.
Et qu’ils fuient, ceux qui le haïssent, devant sa face. Sagesse I, 7. Ps. LXVII. 2.
Le sens littéral de ce verset du livre de la Sagesse n’offre aucune difficulté. Le Seigneur est présent partout et, parce qu’il contient tout – au sens qu’il pénètre et soutient tout : les corps comme les esprits – il sait tout ce qui se dit et se pense, en quelque langue que ce soit.
En faisant entrer ces mots dans la liturgie de la Pentecôte, l’Eglise leur donne un autre sens. Il ne s’agit plus seulement, dans le Spíritus Dómini replévit órbem terrárum, de l’acte par lequel l’Esprit du Seigneur, depuis la création, pénètre tous les êtres pour les maintenir en existence, mais de la possession personnelle de la terre comme de son royaume. Il y vient de ce jour-là comme l’Esprit du Christ avec la mission de tout régir, de tout gouverner selon le Christ pour la gloire du Père. De même le sciéntiam hábet vócis ne s’entend plus seulement de la connaissance qu’il a de tout ce qui se dit mais encore de la communication qu’il fait de sa science, par le don des langues, aux disciples et, par eux et leurs successeurs, aux fidèles de tous les temps qui sauront l’écouter. Ceci n’est pas dans le texte d’une façon explicite, mais s’en dégage sans qu’on ait à le solliciter.
C’est donc plutôt l’aspect extérieur du miracle de la Pentecôte qui est chanté ici ; le miracle de ce matin-là en tant qu’il contenait, comme en germe tout ce qui s’est réalisé depuis par l’Eglise et le miracle d’aujourd’hui en tant qu’il poursuit l’achèvement de l’œuvre commencée alors.
L’Eglise chante donc cet Introït à la fois comme un rappel du texte sacré et comme la constatation enthousiaste de son accomplissement de plus en plus achevé.

LA MÉLODIE

Elle commence dans le recueillement grave d’un Ier mode qui module en fa. Spíritus Dómini se trouve ainsi enveloppé de mystère et de vénération. Mais, dès que se précise l’idée de la Pentecôte, un souffle se lève qui prend les mots, les emporte dans son élan impétueux jusqu’aux sommets les plus élevés puis les dépose, les uns après les autres, dans le calme et la paix, sur les notes principales du VIIIe mode bien établi. Il y a dans cette phrase une expression de grandeur et d’enthousiasme qu’on rencontre rarement à ce degré de perfection. Evocation de l’immensité des terres et du grand vent qui ébranla le Cénacle, sans aucun doute. Mais à travers cette évocation, passe l’ardeur de l’Eglise, celle des 3 000 baptisés, celle de tous ceux qui ont suivi et qui à l’heure de ces souvenirs grandioses de la première Pentecôte, sentent la même ferveur et la même joie exultante.
La seconde n’a pas, au début, le recueillement de la première. La mélodie monte tout de suite, par une quarte hardie, de la tonique à la dominante. C’est un nouveau souffle, ou, si l’on veut, le même qui continue en une onde nouvelle. Après une légère dépression, il s’enfle de nouveau sur ómnia et, progressivement, avec moins d’impétuosité mais avec la même force enveloppante, entraine vers hábet vócis, le mot qui évoque le miracle des langues et toutes les grâces de lumière qui, en des modes divers, l’ont prolongé dans les âmes.
La détente commencée sur vócis, se poursuit sur les Allelúia, avec une ondulation montante assez marquée sur le second. Elle s’achève en une plénitude toute paisible sur une belle cadence modale élargie par les deux torculus.
Le Psaume est plein du même enthousiasme, avec je ne sais quoi de conquérant… Ce sont les mots par lesquels Moyse donnait aux tribus d’Israël le signal du départ au cours de leur marche dans le désert : Lève-toi Seigneur…; et on levait l’arche sur les épaules et l’on marchait. Ce chant de confiance des Hébreux devient le nôtre dans cette marche du nouveau Sinaï vers la Terre Promise de l’éternité qui commence avec la Pentecôte.
Chantez dans un mouvement ample mais très vivant et très enthousiaste. La voix, retenue sur Spíritus Dómini prendra de l’ampleur et de la sonorité sur replévit et, bien appuyée sur le salicus lancera d’un bel élan órbem qui s’arrondira au sommet souple et léger et retombera sur la tonique pour amorcer la thésis de terrárum dont on arrondira le creux en l’élargissant. La cadence de l’Allelúia suivra le ralenti. A noter que la double note de rum dans terrárum est une bivirga épisématique ; elle devra être posée avec une certaine fermeté.
Après un départ a tempo on veillera à ce que la première incise de la seconde phrase soit chantée sans précipitation. Omnia bien posé et commençant le crescendo d’enthousiasme qui montera jusqu’à hábet vócis en un mouvement de plus en plus élargi.
Veillez au rythme du second Allelúia.
Le Psaume net et énergique.

ALLELÚIA I
LE TEXTE

Envoie ton Esprit et ils seront créés.
Et tu renouvelleras la face de la terre. Ps. CIII. 30, 31.
C’est le même texte que celui de l’Offertoire de la Vigile, avec une nuance toutefois qu’il tient du caractère de l’Office. Il y a en effet comme deux actes dans le « jeu » de cette messe de la Pentecôte. Le premier évoque le miracle extérieur ; l’Introït en est l’ouverture grandiose et l’Eglise nous en fait le récit détaillé et dramatique. Le second reproduit le miracle intérieur : l’envahissement des âmes par l’Esprit Saint qui prolonge jusqu’à nous son œuvre de la Pentecôte. Il n’y a pas d’éclat dans cette pénétration ; elle se fait comme elle se fit pour les Disciples, dans le secret de l’âme ; c’est quelque chose de personnel, d’intime, de mystérieux.
Or c’est précisément avec les Allelúia que commence ce second acte du drame. Tous les textes à partir de là en effet, jusqu’à la Communion, sont un appel à l’Esprit Saint, hôte de l’âme. Il ne faut donc pas donner à Emítte Spíritum túum le caractère de joie enthousiaste qu’il prenait la veille lorsqu’il jaillissait du cœur de l’Eglise comme un cri d’espoir ardent. Ici, c’est l’âme qui discrètement, humblement, demande que se renouvelle en elle le mystère d’amour que Dieu a voulu réaliser par l’Esprit de son Fils. C’est une prière.
LA MÉLODIE
La première phrase n’est pas aussi suppliante que dans l’Allelúia Excíta du IIIe Dimanche de l’Avent  : il y manque le beau motif de Dómine. Mais c’est bien la même prière paisible, intime, avec une pression délicate, qui n’exige pas, mais qui a plus de puissance que des cris.
La seconde phrase est la même que dans les autres Allelúia du même type. Ici encore elle est merveilleusement adaptée. Sur creabúntur, comme sur véni (Allelúia Excíta du IIIe Dimanche de l’Avent ) et sur Dóminus (Allelúia Ascéndit de l’Ascension ), l’âme jouit de ce qu’elle voit dans l’avenir. Contemplation heureuse de la terre se remplissant de la vie du Christ petit à petit sous le souffle de l’Esprit.
Un élan de désir plus poussé monte sur térræ et donne à la reprise du chœur un caractère de supplication plus ardente.
Lancez bien l’accent tonique de Emítte ; que la voix retombe sur te douce et souple dans l’articulation des deux t. Retenez quelque peu Spíritum túum. Liez avec grand soin toute la seconde phrase. Balancez délicatement fáciem térræ.
ALLELÚIA II
LE TEXTE

Viens Esprit Saint.
Remplis le cœur de tes fidèles,
Et de ton amour en eux allume le feu.
On ignore l’auteur de cette très belle prière.
Elle est toujours d’actualité car l’Esprit n’a jamais fini de venir et, tant que nous sommes sur terre, nous n’avons jamais fini d’en avoir besoin. Ce qui nous manque en effet c’est d’en être remplis au point qu’il soit l’inspirateur exclusif de nos penses, de nos vouloirs, de nos actes, et de l’avoir en nous comme un feu, comme un désir brûlant qui nous pousse avec une force irrésistible à aller où il nous veut pour y faire ce qu’il veut.
L’Eglise la chante pour tous ses membres, et la chante à genoux. Elle lui donne, par ce geste, un caractère d’émouvante supplication.

LA MÉLODIE
On l’attribue assez communément à Robert le Pieux.
La prière est délicate dans la première phrase, quelque peu timide, humble même, comme si l’âme ne se sentait pas digne d’appeler en elle une plus intime présence de l’Esprit divin après avoir été si souvent indélicate à son égard. Mais quelle admirable supplication ; si pénétrée d’amour, de cet amour à la fois tendre et discret que la souffrance indicible de ne pas voir l’aimé nuance de mélancolie ! Elle se fait plus ardente sur sáncte quoique toujours retenue. C’est plutôt dans la thésis sur les rythmes ternaires paisibles et doux de Spíritus que l’âme se laisse aller. Une nouvelle supplication non moins intense, mais toujours délicate, se dessine sur réple ; elle va s’intensifiant sur le pressus, s’épanouit un instant sur la note allongée de córda et redescend à la tonique sur le motif répété de Spíritus.
La seconde phrase est la phrase du feu: amóris ígnem. La réserve n’a pas totalement disparu mais l’ardeur de l’âme est telle que, dès le début, en quatre notes, elle emporte la mélodie à l’extrême limite du mode.
Elle en descend, balancée sur des rythmes binaires qui la ramènent par degrés à la tonique. Mais le mouvement ne la laisse se poser nulle part : il l’enlève à nouveau, plus ardente, dans les hauteurs où elle se déploie, intensifiée jusqu’à être émouvante. Par le même motif thétique, elle revient à la tonique. A peine l’a-t-elle touchée qu’elle se relève en un dernier rebondissement pour aller se poser sur le mi en une cadence en demi-ton qui la fait à nouveau délicate et humble.
Vient alors la grande formule de l’Allelúia où se retrouvent successivement la supplication discrète de véni Sáncte, la délicate thésis de Spíritus, et l’ardeur brûlante de amóris.
Ne pressez pas le mouvement. Chantez doucement la première phrase ; tout y est en demi-teinte et tout y est délicat… Les pressus seront  tout juste touchés d’une petite pression, les crescendo esquissés seulement, les accents légèrement soulevés… Ce sont des nuances.
Dans la seconde phrase il y aura plus de mouvement mais sans contraste poussé avec la première. On ménagera la transition dans l’arsis de túi, et le crescendo s’achèvera sur l’accent tonique de amóris qui sera bien lancé, léger et élargi. Aller sur les notes longues de la thésis et ne pas presser, retenir plutôt.
Le podatus qui suit la double note au début de la dernière incise de accénde sera très arrondi et élargi.

SÉQUENCE
LE TEXTE

Viens, Esprit Saint, et envoie du ciel,
De ta lumière un rayon.
Viens, père des pauvres, viens, donneur des dons,
Viens, lumière des cœurs.
Consolateur très bon, doux hôte de l’âme.
Douceur rafraîchissante,
Dans le labeur, repos ; dans l’ardeur, modération ;
Dans les larmes, consolation.
O lumière bienheureuse, remplis le fond du cœur de tes fidèles.
Sans ta puissance, rien n’est dans l’homme.
Rien n’est sans danger de mal.
Lave ce qui est souillé, arrose ce qui est aride,
Guéris ce qui est blessé.
Rends souple ce qui est rigide, réchauffe ce qui est froid,
Ramène dans le vrai chemin ce qui a dévié.
Donne à tes fidèles qui en toi se confient
Les sept dons sacrés.
Donne ce que la vertu a mérité, donne le chemin du salut,
Donne l’éternelle joie
Amen, Allelúia.

LA MÉLODIE
Une séquence, le mot le dit, est un chant qui continue celui qui précède. Normalement, il doit même lui emprunter son intonation. C’est bien le cas ici : Véni Sáncte Spíritus a le même motif syllabique que véni dans le verset de l’Allelúia .
Cette séquence de la Pentecôte est de toute beauté, et les idées et les sentiments qu’elle exprime sont assez clairs pour se passer de commentaire.
Signalons toutefois que la forme générale de cette prière – car c’est une prière, il ne faut pas l’oublier – est la même que celle de l’Allelúia. Dans les deux premiers versets la mélodie est discrète, retenue, humble. Dans le troisième et le quatrième, elle s’anime dès le début par l’élan qui va du la au ré. Dans le cinquième et le sixième, elle atteint son maximum de puissance et d’ardeur par l’attaque discrète sur le ré supérieur. Dans le septième et le huitième elle revient à la discrétion du début. De même dans les deux derniers, à part l’arsis du commencement, qui est d’ailleurs toute passagère.
On la chante généralement très bien car elle est facile. Elle demande toutefois pour avoir toute sa perfection que l’on demeure dans l’esprit de prière et que l’on évite de forcer les notes élevées. Une prière n’exige pas, elle demande, même quand elle supplie avec ardeur elle doit demeurer humble.
OFFERTOIRE
LE TEXTE

Confirme ce que, ô Dieu,
Tu as opéré en nous.
De ton Temple qui est en Jérusalem,
Ils t’offriront, les rois, des présents.
Allelúia. Ps. LXVII. 29, 30.
Dans le Psaume, qui chante le retour triomphal du Roi à Jérusalem, comme nous l’avons vu à l’occasion de l’Allelúia II de l’Ascension , ces deux versets sont une prière du peuple qui demande au Seigneur de confirmer les victoires acquises, par l’établissement solide de son règne. Alors, dans la splendeur de son Temple, les rois étrangers viendront l’adorer en lui offrant des présents.
Dans le cadre liturgique de la Pentecôte les deux idées demeurent. L’Eglise demande d’abord à Dieu de confirmer, d’affermir, de consolider ce que l’Esprit a opéré dans les âmes, en ajoutant à leurs efforts la puissance de sa grâce ; en fait, de rendre cette amitié qu’est l’état de grâce effective, durable, de plus en plus vive, par la docilité de notre esprit aux inspirations de son Esprit. Alors « les Rois offriront des présents ». Ce qu’il faut entendre dans un sens à la fois individuel et collectif. Dans notre âme devenue temple de la Trinité, nous viendrons, nous aussi rois et prêtres comme le Christ, offrir aux Divines Personnes l’hommage de notre être. Dans l’Eglise, ce Temple Spirituel, les rois et les peuples de la terre, pénétrés de cet Esprit d’amour, s’offriront en hommage au Christ Roi immortel des siècles et, par lui, au Père. Enfin dans le Ciel, Jérusalem céleste, le Seigneur et l’Agneau seront le Temple et, en eux, éternellement, les rois et les peuples ne cesseront plus de s’offrir et d’offrir le monde nouveau qu’ils possèderont.
Ainsi compris, cet offertoire est une très belle paraphrase de l’Evangile où l’on entend précisément Notre Seigneur nous dire que si nous l’aimons, il fera de notre âme sa demeure et que le Paraclet y parlera sans cesse pour nous guider dans l’amitié qu’il établira avec nous.
LA MÉLODIE
Elle a une ressemblance très marque avec celle de l’Offertoire de la Messe de Minuit . L’intonation et le début de la deuxième incise sont identiques dans les deux et le motif de la troisième phrase, à peu près le même sur tíbi ófferent ici, et là sur ánte fáciem.
Mais ici la joie domine moins, elle est plus intérieure, si l’on peut dire, plus profonde. C’est comme un chant très recueilli, très priant même, que l’âme, sans pousser sa supplication, adresse à Dieu dans l’atmosphère de bonheur qui l’enveloppe depuis que lui ont été dites, à l’Evangile, les paroles si riches de promesses qui fondent son intimité avec Dieu : « Si quelqu’un m’aime…nous ferons notre demeure en lui »… Ils sont déjà venus. Seigneur, confirme ce qu’a fait ton Esprit : Confírma hoc…
Le développement neumatique est considérable par sur tous les mots.
Dans la première phrase, in nóbis est très en relief par la montée en deux mouvements de quarte sur la tristropha et par la cadence du VIIIe mode si expressive de joie ferme et pleine.
Dans la seconde, la mélodie, après avoir repris deux fois, sur túo et  sur quod est, le motif de hoc dans la phrase précédente, déroule ses beaux rythmes gracieux et paisibles sur Jérúsalem qu’elle enveloppe de tendresse et d’espoir.
La troisième a sur tíbi un motif propre qui est repris sur réges. Il se joint, les deux fois, au motif de hoc Déus, repris pour la cinquième fois sur ófferent et Allelúia. Ce motif, très discret, qui se balance ainsi tout au long des phrases, contribue à donner à cet Offertoire son caractère de paix intime et heureuse.
Chantez dans un mouvement assez large, mais léger, souple et vivant.
Donnez un peu d’ampleur à fir dans confirma. Balancez bien la cadence de Déus et liez in nóbis à la clivis allongée de es où commencera le crescendo. La cadence du VIIIe mode sur sol sera très nette et largement posée ; puis on fera un bon temps de silence pour séparer les deux idées.
Elargir quelque peu la cadence de túo et se complaire sur les neumes de Jerúsalem qui seront très liés.
Faites les broderies de ófferent, très légères. Le punctum de ne dans múnera sera allongé avant le torculus. La double note de ra dans le même mot est une bivirga épisématique ; bien l’appuyer.
COMMUNION

LE TEXTE
Il vint tout à coup du ciel et le bruit
D’un souffle véhément,
Là où ils étaient assis.
Allelúia.
Et ils furent remplis tous du Saint-Esprit,
Chantant les merveilles de Dieu.
Allelúia, Allelúia. Act. II. 2, 4, 11.
Ce récit est bien à sa place au moment de la Communion sur les lèvres de l’Eglise. La réception de l’Eucharistie renouvelle en effet d’une certaine manière le miracle car elle produit une augmentation de la charité qui est accompagnée, si la communion est fervente, d’une nouvelle mission des Personnes divines. Ainsi donc, comme le jour de la Pentecôte, mais sans vent et sans bruit cette fois, le Saint Esprit envahit l’âme qui, elle aussi, dans le silence de l’action de grâces se met à chanter les merveilles de Dieu.
LA MÉLODIE
C’est un récitatif très vivant, dramatique même. Toutes les réactions sensibles provoquées par le miracle s’y trouvent. La surprise et l’émoi dans les quintes montantes et descendantes de Fáctus est repénte ; l’étonnement émerveillé dans la montée au fa de sónus en allant mourir, petit à petit, comme épuisé sur les dernières notes de l’Allelúia et repartant avec la même véhémence sur et repléti sunt en une seconde vague qui déferle sur toute la phrase jusqu’à la fin de la dernière cadence.
A travers ce mouvement, quelque chose de l’enthousiasme à l’ardeur de feu qui animait les Apôtres, passe. Très marqué dans toute la première phrase, particulièrement dans la période arsique sur sónus, il l’est davantage encore sur repléti sunt ómnes Spíritu sáncto au début de la seconde. L’âme chant non seulement ce qui lui arrive à Jérusalem, mais ce qui lui arrive à ce moment, à elle aussi, qui se sent toute remplie de l’esprit de Dieu.
Sur loquéntes magnália Déi qui aurait pu, à bon droit d’avoir de l’ampleur et de l’éclat, la mélodie devient thétique et toute apaisée. C’est assez imprévu mais très expressif du chant intérieur de l’âme toute recueillie sous le flot de grâces qui l’envahit.
Le mouvement sera assez rapide et on y mettra beaucoup d’enthousiasme ; dans les passages syllabiques surtout. Sónus sera très lancé avec une bonne articulation de l’s. Les deux autres incises de la première phrase, plutôt thétiques seront quelque peu retenues. Leur forme neumatique amènera d’ailleurs cette nuance sans qu’on ait à s’en occuper. Liez de près Allelúia à sedéntes.
Reprise a tempo sur et replévit et mouvement ardent. Elargissez loquéntes et particulièrement la dernière syllabe tes. Les deux Allelúia, très paisibles.

 

 

 

Epître, évangile et préface chantés de cette messe, voir ici

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