29 Juin: Les Saints Apotres Pierre et Paul

15 mai 2012 | Messes du Sanctoral

 

L’introït Nunc scio interprété par la Schola Bellarmina

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Les autres pièces grégoriennes de cette messe.

 

Chants propres pour la Saints Pierre et Paul :

En grégorien : Hymne Decora lux (il s’agit de l’hymne propre des vêpres – elle est magnifique, en mode 4); la partition se trouve dans le livre de chant Magnificat Dominum, et voici un enregistrement audio :

{mp3}Decora_Lux{/mp3}
Suite dans le volume 12 de l’intégrale

 

Deux cantiques :

Eglise du Seigneur

{mp3}Eglise_du_Seigneur{/mp3} Voici la partition et les voix séparées. Pour ceux qui ont le Magnificat Dominum, elle s’y trouve à la page 407.

Terre et ciel, chantez la gloire des apôtres: partition et fichier audio ici. Dans Magnificat Dominum à la page 406.

 

 

Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.

« Aujourd’hui, naissance au ciel des Saints Apôtres Pierre et Paul ».

Ainsi est annoncée la fête au Martyrologe. En fait, le 29 juin n’est pas la date de leur martyre; on ignore quelle elle est. Primitivement ils furent fêtés dans les jours qui suivent Noël, comme Saint Etienne et Saint Jean l’Evangéliste. Mais en 258, au Cours d’une persécution, les chrétiens jugèrent prudent d’enlever leurs corps de leurs tombeaux et de les cacher dans une propriété, à la deuxième borne milliaire de la voie Appienne. Ce transfert eut lieu le 29 juin. On le fêta tous les ans et, après que les corps eurent été ramenés dans leurs tombeaux, cette date resta celle de leur solennité.

Il y eut d’abord deux stations; l’une, à l’aurore, à Saint-Pierre; l’autre dans la matinée, à Saint-Paul-hors-les-murs. Chacun des saints avait ainsi sa messe, mais la collecte était commune. Au VIIIè siècle, pour plus de commodité et aussi pour marquer que la prédication des deux Apôtres est l’unique principe de l’Eglise Romaine, l’unique fondement de sa vie spirituelle et, qu’ils ont été « deux yeux d’un même corps », il fut décidé que la messe de Saint Paul serait transférée au lendemain et que le 29, les deux seraient fêtés dans un seul office.

En fait, ce que l’Eglise célèbre le 29 juin, c’est la fête des Princes des Apôtres, la fête du jour où l’Eglise est née à Rome du sang des deux inséparables, et aussi la fête de la primauté pontificale, la fête du Pape. Dans l’office, Saint Pierre a la grosse part et les incidents de sa vie qui sont commémorés sont principalement celui du pouvoir des clefs, et celui de sa délivrance de la prison de Jérusalem où Hérode l’avait enfermé.

INTROÏT

LE TEXTE

Maintenant je sais qu’il a envoyé, le Seigneur, son ange, et il m’a enlevé de la main d’Hérode, et de toute l’attente du peuple Juif.
Ps. Seigneur, tu m’as éprouvé et tu m’as connu. Tu savais à l’avance mon réveil. Act. XII. 1l. – Ps. CXXXVlI, 1, 2.

Saint Pierre prononça ces paroles au sortir de prison, après que l’Ange qui venait de le délivrer eut disparu. Alors, « revenu à lui-même », prenant conscience qu’il ne rêvait pas, il dit: « Maintenant je sais … »

C’est du ciel qu’il nous chante aujourd’hui ces paroles de libération. Elles n’ont rien perdu de leur actualité, tant s’en faut. Maintenant qu’il voit en Dieu la raison d’être des évènements et de tous leurs détails, il comprend, comme jamais il ne le comprit durant sa vie, l’action incessante du Christ gardant son Eglise, lui laissant l’épreuve pour un temps, puis la dégageant au moment où tout semble perdu.

Voilà bien ce qui depuis n’a jamais cessé. Aussi, avec son premier chef, c’est l’Eglise tout entière qui dans cet Introït chante son histoire et son absolue confiance en celui qui ne permet pas aux puissances de l’enfer de prévaloir contre elle.

Le Psaume, qui s’élève comme une action de grâces, est admirablement choisi, c’est le psaume de la Résurrection du Christ. C’était bien quelque chose comme une résurrection que cette délivrance; Saint Pierre aurait été supplicié le lendemain.
 
LA MÉLODIE

La première phrase se déroule en une ligne parfaite sur toute l’ambitus du IIIè mode. C’est un très beau mouvement, paisible, sans éclat, mais pénétré de joie, une joie profonde, toute intérieure et ardente en même temps. Elle va d’un bel élan s’épanouir sur quia misit me puis se revêt d’une tendresse délicate qui s’épanche tout au long de la thésis.

La seconde est plus discrète, comme si le Saint ne voulait parler de lui qu’à la dérobée, juste assez pour signaler la main libératrice du Seigneur par le salicus de eripuit et celle d’Hérode par le pressus de la cadence.

La troisième s’y rattache de très près: on y retrouve la joie du début. Elle a peut-être moins d’élan mais la montée en quarte sur la bivirga de expectatione lui donne quelque chose de grand, de noble, de fort qui va bien à ces mots qui disent le triomphe de la puissance de Dieu sur celle du monde.

GRADUEL

LE TEXTE

Tu les établiras princes sur toute la terre, perpétuant ton nom, Seigneur. – Pour succéder à tes pères, il t’est né des fils. C’est pourquoi les peuples te loueront. Ps. XLIV. 17.18.

Ces paroles sont la dernière strophe du chant nuptial qu’est le Psaume XLIV. Le poète pour finir chante l’heureuse postérité de la nouvelle famille. En fait, le psaume célébrant l’union du Christ et de l’Eglise, il s’agit de la nouvelle génération, de la race sacerdotale et royale du Christ, qui va peu à peu couvrir la terre et établir sur le monde le règne de Dieu.
Ici, l’interprétation est plus précise encore. Les fils qui sont nés pour remplacer leurs pères ce sont les Apôtres. Le Roi les a établis princes sur la terre entière pour régir les peuples et les rois en son nom. Ils ont commencé. Après eux d’autres ont continué, et aujourd’hui, du fond de l’éternité, ils peuvent voir le Royaume s’étendre sur le monde. Il reste encore des conquêtes à réaliser, mais les fils continuent de naître pour poursuivre l’œuvre et un jour viendra où peuples et rois seront soumis dans l’amour. Alors, assis avec le Christ, les douze premiers apôtres jugeront les douze tribus d’Israël. La prophétie du chant nuptial sera réalisée en plénitude.
 
LA MÉLODIE

Il n’en est pas de plus parfaite et dans la forme et dans l’adaptation aux paroles.
C’est l’Eglise qui chante, l’Eglise consciente d’être l’Epouse du Christ, consciente d’avoir en elle la force de Dieu qui la fait s’étendre toujours plus dans le monde, qui lui donne de demeurer par-dessus les royaumes qui se renversent et les races qui passent: l’Eglise immortelle. Et elle chante ceux qui sont ses Princes: les premiers d’abord, Pierre et Paul, et aussi ceux qui, comme des enfants succédant à leurs pères, ont gouverné le monde après eux. De là, la grandeur qui pénètre son chant.

On la trouve dès les premières notes, cette grandeur, dans la bivirga si ferme de constitues et plus encore dans le balancement fier et noble de la cadence de eos. Elle demeure d’abord discrète; Principes n’a pas d’élan. Mais quelle majesté dans ces rythmes ternaires qui viennent se poser sur les virga allongées, soulignant dans leur mouvement ample et souple les notes fondamentales la, fa, ré, mi, do, puis remontant en fa dans le même mélange de ternaire et de binaire! Ce n’est que sur super terram qu’elle devient éclatante. L’enthousiasme, qu’on sentait latent dès le début, jaillit soudain dans l’attaque sur la dominante et va croissant jusqu’à la dernière syllabe de terram où il s’épanouit dans les beaux intervalles de quintes qui montent et descendent nobles et fiers: sib la sol ré    do ré do fa    sol la do sib la.

La cadence sur fa n’épuise pas le mouvement, il reprend dans la même ardeur éclatante sur mémores pour aller mettre en plein relief nominis tui, Domine. Ce n’est que sur ce dernier mot qu’il se détend en une nuance de vénération aimante qui, elle aussi, devient tout de suite ardente sur l’admirable formule de la fin.

LE VERSET.(V) Pro patribus tuis nati sunt tibi filii; Proptérea populi confitebuntur tibi.

La montée rapide à la dominante et l’attaque nette de patribus sur la bivirga marque la mélodie, dès le début, de la même ardeur enthousiaste. Celle-ci convient d’ailleurs parfaitement à ces mots qui exaltent la race du Christ et tout d’abord ceux qui en furent les premiers propagateurs. Presque aussitôt une nuance de joie plus contemplative passe à travers les neumes qui descendent serrés vers la tonique, mais ce n’est qu’une nuance; peu à peu, le mouvement reprend de l’éclat jusqu’à devenir sur tuis une splendide exaltation.

Cette exaltation monte encore sur nati sunt; la retenue du quilisma permet de la lancer comme un cri où passe de l’admiration, de la joie, de la fierté. Filii par contre se perd dans le grave, enveloppé de véneration et de mystère.
La remontée sur propterea est moins brillante. Toute la seconde phrase d’ailleurs est contournée et peu expressive, mais elle s’achève sur une cadence admirable, sobre, paisible et qui monte comme la vénération aimante des siècles et des peuples vers le Christ qui a fait les apôtres.

ALLELUIA

LE TEXTE

Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise. Math. XVI. 18.

C’est le mot par lequel Notre-Seigneur promit à Saint Pierre la primauté apostolique, mais, dans le jeu liturgique, il est plutôt une louange de l’Eglise montant vers le Prince des Apôtres. Il n’en saurait être de plus glorieuse.

LA MÉLODIE

Celle de l’Alleluia de la messe du jour de Noël. Elle a été choisie, sans aucun doute, parce que la Saint-Pierre était célébrée primitivement, à Rome, quelques jours après la Nativité de Notre-Seigneur.

Joyeuse et enthousiaste, elle aussi, mais avec moins de grandeur que le Graduel, elle sert bien la louange de l’Eglise qui monte avec elle, fraîche et jeune. Tous les mots sont enveloppés dans cette joie. Une nuance splendide d’autorité ferme et douce passe sur aedificabo et se perd pour finir dans l’enthousiasme, revenu en plénitude, avec la reprise du chœur, sur la belle formule large et sonore de meam.

OFFERTOIRE

LE TEXTE

Tu les établiras princes sur toute la terre, perpétuant ton nom de génération en génération. Ps. XLIV, 17. 18.

C’est le même que celui de la première partie du Graduel, avec en plus in omni progénie et generatione.

LA MÉLODIE

Ample et majestueuse comme celle du Graduel, elle n’en a ni l’éclat ni l’enthousiasme vibrant. C’est moins une mélodie qui chante au Christ la louange reconnaissante de l’Eglise et la gloire de ceux qu’il a établis princes sur toute la terre qu’une sorte de chant intérieur qui s’exhale de la contemplation; d’où son caractère paisible.
L’intonation monte bien en quelques notes de la tonique à la dominante, mais les notes demeurent très liées les unes aux autres, les arsis de eos et de principes par la forme même des neumes sont discrètes; celle de super omnem qui cependant part de la tonique, parce que la clivis allongée fait palier et donne appui à la voix du sol au do, est sans élan marqué. De ce sommet la mélodie se détend dans un legato plus serré encore pour arriver à une cadence en fa assez inattendue mais qui donne une extraordinaire impression de paix heureuse. L’Eglise chante son bonheur à Dieu dans l’intimité.

La structure de la seconde phrase est différente; les intervalles sont plus distendus, mais dans le même legato car étant tous le développement vocal d’une seule syllabe, aucune articulation de consonne ne brise la ligne sonore. D’où la même expression calme, reposée. L’Eglise se complaît dans l’idée, élargissant seulement les mots à la mesure de sa joie paisible par des mouvements d’ailleurs très harmonieux. A travers cette paix, un souffle plus intense passe sur nominis tui; à l’évocation du nom divin, la ferveur de l’Eglise monte, mais en même temps la ligne musicale se fixe sur la dominante, le chant plane, sur les notes prolongées, multipliées, répercutées comme si la pensée se fixait, elle aussi, au-dessus du mouvement, en Dieu.

On retrouve dans la troisième phrase la forme de la première avec une trivirga très expressive sur progénie qui, elle aussi, retient la pensée dans l’immensité du temps qui enveloppe les générations successives. La cadence finale très développée, très retenue, d’une paix toute contemplative ramène la mélodie à la tonique par un balancement qui se pose enfin sur mi, très doux, mystérieux … et la contemplation se poursuit dans le silence retrouvé.

COMMUNION

LE TEXTE

Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise. Math. XVI. 18.

Celui de l’Alleluia. Aucun rapport avec l’Eucharistie; c’est seulement un dernier hommage à Saint Pierre, à la fin de l’office. Cette communion est d’ailleurs récente, primitivement c’était celle de la vigile qui donne une expression si émouvante à l’incident des trois actes d’amour exigés du Saint Apôtre par Notre-Seigneur après sa résurrection: « Simon, fils de Jean, m’aimes tu ? .. »

LA MÉLODIE

Une antienne très simple, inspirée quelque peu sans doute de la Communion de la messe de minuit. Aedificabo a en effet le même motif que ex utero.

Elle est parfaitement adaptée au texte. Super hanc petram en récitatif sur le fa prend avec le salicus et le torculus allongé une autorité très ferme que renforce le salicus de aedificabo et plus encore celui de Ecclésiam, lequel conduit la mélodie à la cadence finale très commune, mais qui prend ici un bel accent de plénitude et de joie triomphale.

 

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