Dimanche dans l’Octave de la Nativité

15 mai 2012 | Messes du Temporal

Introït Dum medium du dimanche dans l’octave de Noël

par la Schola Bellarmina

 

Les autres pièces de ce dimanche

 

Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.

INTROÏT

LE TEXTE

Pendant que le silence de minuit enveloppait tout,
Et que la nuit dans sa course était au milieu de son chemin,
Ta toute puissante parole, Seigneur,
Du haut des Cieux, du haut des demeures royales,
Est venue.

Ps.Le Seigneur règne, de beauté il est revêtu,
Il est revêtu de force et il a mis son armure. Sap. XVIII, 14, 15. Ps. XCII, 11.

Dans le livre de la Sagesse, ces paroles ont trait à la dixième plaie d’Egypte, à l’Ange messager de la parole divine qui passa au milieu de la nuit et tua, dans le silence, le premier-né de toutes les familles égyptiennes, permettant ainsi la délivrance du peuple. Ici elles sont appliquées au verbe fait chair, Parole substantielle de Dieu. Lui aussi, au milieu de la nuit, dans le silence de toute chose, vient sur terre. Son passage durera jusqu’à la fin du monde. Il s’achèvera par la délivrance de ceux qui, ayant cru en lui, auront été marqués de son sang par l’éternelle mort de ceux qui n’auront pas voulu l’entendre.

Sur les lèvres de l’Eglise, cet Introït revêt la forme d’une sorte de contemplation. Penchée sur le mystère de Noël, sur le mystère du Christ qui commence, elle voit, dans le passé, l’événement qui en fut la figure et, remplie de la lumière de l’Ecriture, elle fait monter vers Dieu la parole inspirée comme un hommage de sa foi et de sa reconnaissance.

LA MÉLODIE

Il y a une différence assez marquée entre les deux premières phrases et les deux dernières. Tout le début, jusqu’à omnipotens est traité avec une grande simplicité. Ce sont les formules communes du VIIIe mode qui se suivent en une sorte de récitatif orné. Aussi bien l’Eglise dans ces deux lignes, encore qu’elle s’adresse déjà à Dieu, ne fait qu’évoquer le moment où sa Parole toute puissante vint sur terre. Un beau mouvement conduit l’idée jusqu’à la fin de la seconde phrase, soulignant les mots qui ont un sens particulier : siléntium, dont le si b ramène la mélodie en fa, lui coupant son envol vers la dominante et lui donnant comme une discrétion de voix étouffée ; tenérent omnia qui reçoit l’ampleur coutumière quand il s’agit de l’universalité des choses ; cursu et iter qui indiquent le moment exact de l’événement.

La seconde partie est tout autre. C’est le mystère qui est relaté. La mélodie descend et se revêt de gravité. Deux salicus soulignant omnipotens et tuus préparent le motif de Domine, intime comme celui de siléntium qu’il reproduit et tout pénétré d’une humble révérence. Elle se relève au cours de la dernière phrase et prend de l’éclat, voire une certaine solennité sur a regalibus sédibus qui évoque les royales splendeurs de l’éternité.

La première phrase sera chantée souple et légère, d’un seul mouvement qui s’épanouira sur la tristropha épisématique de omnia en un crescendo discret. La note qui précède le torculus de tenérent est une virga, elle a l’ictus et forme un groupe de quatre notes avec le torculus.

Même légèreté pour la seconde phrase. La double note de cursu et celle de iter sont des bivirgas.

Les deux premières phrases pourront avoir un peu plus d’ampleur. Bien marquer la première note des podatus de caélis. Les deux doubles notes de sédibus bien appuyées.
De l’ardeur et de la fierté dans le Psaume.

GRADUEL

LE TEXTE

Tu es riche en beauté
Plus que tous les enfants des hommes.
Elle est répandue, la grâce, sur tes lèvres.

Verset.Il a chanté, mon cœur, un chant merveilleux.
Je vais dire moi-même mon œuvre au Roi.
Ma langue est comme le stylet du Scribe
Qui, à toute allure, écrit. Ps. XLIV, 2, 1.

Le Psaume XLIV est un cantique nuptial dans lequel l’époux et l’épousent se louent tour à tour. Etant exclusivement messianique, il ne s’entend que du Christ et de l’Eglise. Ces deux versets qui constituent le Graduel sont le début du chant de l’épouse.

La liturgie n’y ajoute rien sinon qu’elle les fait plus actuels. Après la lecture de l’Epître où Saint Paul nous a rappelé que nous sommes fils d’adoption, précisément parce que le Christ nous a faits un avec lui dans l’Incarnation, nous a rachetés dans la Rédemption, nous fait de plus en plus semblables à lui par son Esprit – ce qui est à proprement parler des épousailles spirituelles puisque c’est dans le don mutuel de nos deux êtres que cette union se réalise – l’Eglise sent son cœur bondir d’amour et sa langue impatiente de chanter tout le charme de Celui dont elle est aimée et qu’elle aime au delà de tout ce qui se peut dire.

Pour saisir toute l’expression de ce Graduel et en rendre les nuances si délicates et si profondes, il faut bien comprendre cette ardeur d’amour, il faudrait pouvoir l’expérimenter. On n’y arrivera qu’en réalisant que nous sommes l’Eglise, l’Epouse du Christ – car en toute vérité il nous a épousés dans le Baptême et l’Eucharistie, en nous faisant un avec lui. Si nous avons ainsi conscience que le Christ se livre à nous à tout instant, dans un amour qui met à notre disposition la toute-puissance de son être divin, le charme de sa beauté et les infinies délicatesses de son cœur, alors notre chant sera vraiment ce que l‘auteur l‘a voulu : la réponse d’amour de l’Epouse à l’Epoux.

LA MÉLODIE

On la trouve deux autres fois au cours de l’année ; le Mardi de la IVe semaine de Carême (Graduel Exsurge) et le 1er Juillet pour la fête du Précieux Sang (Graduel Hic est). C’est donc une mélodie type du IIIe mode.

Elle a de particulier que la première partie et le Verset ont la même forme. Une première phrase se développant dans la région supérieure du mode entre sol et mi et s’achevant en la par le même motif sur hominum et bonum. (Dans le Verset, cette phrase est doublée). Une seconde phrase se développant dans le grave et s’achevant en mi, elle aussi par le même motif, sur tuis et scribéntis.

Le Graduel se présente ainsi comme un poème de deux strophes à rimes communes.
Il en résulte une parfaite unité et un grand charme musical. La puissance d’expression a pu s’en trouver réduite, certains mots étant contraints de se servir d’une formule toute faite, mais l’habileté du compositeur a su presque partout éviter cet écueil par d’heureuses variations de détail.

C’est une mélodie à la fois ardente et grave. Tel est aussi l’amour divin.

La première partie commence par un mouvement plein d’ardeur qui s’épanouit à loisir sur forma. C’est le mot de la phrase, le mot qui dit la beauté extérieure de l’Epoux. L’Eglise s’y complaît d’abord en une sorte de contemplation où elle admire – notez les distrophas répétées ; puis, peu à peu, elle s’exalte en un mouvement qui monte et s’élargit à la mesure de ce qu’elle voit, de ce qu’elle voudrait dire, sans arriver à le dire. Elle se pose ainsi, comme impuissante, en une cadence de demi-ton et repart sur prae filiis se contentant d’une formule commune qui la conduit à la rime musicale où elle achève son complément par un motif qui, faute d’avoir l’impossible plénitude, a tout au moins la grâce et la délicatesse de l’amour.

La seconde phrase, elle, se développe dans le grave. Ce n’est plus la beauté extérieure qu’elle chante, c’est celle de l’âme s’épanouissant dans la grâce des paroles d’amour.

C’est autrement intime et mystérieux. La mélodie se fait discrète ; elle ne dépasse guère la dominante. Elle est encore ardente – notez la distropha de diffusa – mais elle ne chante plus que pour l’Epoux ; nul autre ne saurait comprendre ce qu’elle a à dire. Ainsi faut-il interpréter toute la phrase. Depuis l’admirable formule descendante de diffusa est tout imprégnée de mystère, jusqu’aux balancements si délicats des petits motifs binaires de tuis, jusqu’aux pressus répétés de la dernière incise tout est baigné d’admiration et d’amour intime… et tout s’achève, ou demeure inachevé, dans la cadence finale en mi, mystérieuse et grave comme l’amour.

Le Verset. – L’idée est nouvelle ; l’Epouse annonce que, de son cœur, a jailli un chant et qu’elle va le chanter à son Roi.

La mélodie, comme le poème, jaillit débordante d’ardeur joyeuse sur Eructavit. Elle prend juste le temps de poser le mot et, sur le même motif repris à la tierce supérieure, conduit la joie dans une admirable progression jusqu’à l’accent de méum où elle éclate. Elle se détend ensuite tout à loisir sur des rythmes tranquilles qui la prolongent en accents de délicate tendresse, rebondit un instant sur vérbum et devient tout intime et gracieuse sur la rime musicale retrouvée.

Même expression dans la deuxième phrase. Elle est moins poussée, mais les nuances sont les mêmes.

La conclusion, c’est l’impatience de la langue qui s’agite ; La gravité de la phrase qui allait si bien à diffusa est dans la première partie a-t-elle ici sa raison d’être ? C’est peut-être autre chose que le texte demande. Il reste que nous sommes maintenus dans l’atmosphère profonde et mystérieuse de l’union divine, où il  ne s’agit ni de parler ni d’écrire mais, dans le silence, de contempler et d’aimer.

L’attaque de forma demande une grande délicatesse ; ces deux distrophas légères seront en mouvement vers la note pointée, commençant le crescendo qui sera mené sans effort ni éclat jusqu’au quart de barre. A la demi-barre, pas de ralenti. Toute la phrase très souple, avec le souffle ardent et discret de l’amour agissant partout et qu’on doit sentir ; Bien lier la rime musicale de hominum. Ralentir très peu cette fin de phrase qui doit être toutefois très gracieuse.

Toute la descente de diffusa retenue, après qu’on aura renforcé doucement la voix sur la distropha. Il y a là une admirable expression de tendresse grave. Après le dernier quart de barre, bien appuyer la bivirga en un bel accent de ferveur.

Bien balancer le rythme de la formule finale qui demande beaucoup de soin à cause de la finesse des détails.

Au Verset, départ a tempo sur Eructavit. Ferveur intense. Le crescendo bien mené jusqu’à méum qui aura l’accent très lancé et fort. Y relier vérbum de très près.

Ego dans la phrase suivante sera très marqué ; ce sont deux virgas épisématiques ;  l’Epouse se désigne nommément et il va de soi que toute l’ardeur de son amour y passe : « Je dirai moi-même »…

La double note de scri dans scribéntis est une bivirga épisématique.

ALLELUIA

LE TEXTE

Le Seigneur a régné ; de splendeur il s’est revêtu.
Il a revêtu, le Seigneur, la force.
Et il s’est entouré de puissance. Ps. XCII, 1.

Le Psaume XCII est une louange à Dieu qui a manifesté, dans la création du monde, sa sagesse et sa puissance, comme le fait un roi dans son royaume.

Dans la liturgie de Noël, il est un hommage au Christ qui commence son règne. A ne considérer que l’extérieur du mystère, on ne voit pas que le petit enfant qui vient de naître en de si pauvres conditions soit revêtu de puissance, mais l’Eglise va plus loin que ce qui se voit des yeux ; c’est le Verbe fait chair à qui toute puissance a été donnée au ciel et sur la terre, le Roi universel des siècles, le Christ, pour qui et par qui tout a été fait, qu’elle chante. Elle sait bien qu’il est le plus beau des enfants des hommes, speciosus forma, et que c’est à lui qu’il sera dit un jour par des milliards et des milliards d’élus qu’il a été digne de recevoir la vertu, la divinité, la sagesse, la force, l’honneur, la gloire, la bénédiction.

Au fond, l’idée est la même que celle du Graduel. C’est une autre strophe du cantique de l’Epouse.

LA MÉLODIE

Elle est construite sur quelques notes fondamentales arrangées en deux petits motifs habilement répétés tout au long des deux phrases avec de délicates variations de détail.
On les trouve l’un près de l’autre dans l’Alleluia.

Ils apparaissent à nouveau réunis au début du Verset sur Dominus. Trois notes plus loin, on retrouve le second sur regnavit pour finir l’incise ; à nouveau sur decorem, un ton plus haut, cette fois ; enfin à la cadence de induit.

Le premier motif apparaît dès le début de la seconde phrase et se prolonge sur Dominus. A la fin, sur virtute, le second est développé en cadence finale.

Il en résulte pour l’ensemble une joie à la fois très simple et extrêmement riche. Il semble que l’âme ait tant à dire sur chaque mot qu’elle ne peut le quitter. Encore que ce soit à peu près la même chose qu’elle dise sur chacun, elle les conduit tous, dans une progression ardente, vers ceux qui sont la source de sa joie parce qu’ils disent la beauté et la force de l’Epoux : decorem, fortitudinem, virtute.

Bien qu’il s’apparente d’assez près au Graduel par l’idée et même par la forme – car c’est encore le motif de vérbum et de méa dans le Verset, qu’on retrouve sur decorem – il a un caractère de joie plus légère. Il ne faut pas le chanter trop lentement.

Le seul mot qui est élargi dans les manuscrits est Dominus au début de la seconde phrase. Fortitudinem au sommet est léger ; ce n’est pas la force du Seigneur qu’on chante mais la joie d’avoir, en lui, la force de Dieu à notre disposition.

La double note de Alleluia et de induit, dans la seconde phrase du verset, sont des bivirgas.

OFFERTOIRE

LE TEXTE

Dieu a affermi le globe de la terre qui ne sera pas ébranlé.
Elle a été préparée pour être ton trône, ô Dieu, dès alors.
Toi, depuis avant le siècle, tu es. Ps. XCII, 2, 3.

C’est une louange à Dieu qui a créé le monde. Au Verbe donc, car c’est par le Verbe que s’est faite la création. Au Christ donc qui est le Verbe fait chair, « Image du Dieu invisible par qui et en qui tout a été créé » (Coloss. I, 16.). L’auteur énonce d’abord le fait de la création de la terre, puis, s’adressant au Christ, il le félicite de s’être fait un trône de son œuvre. Ce qui est rigoureusement exact car si Dieu n’a de trône que lui-même dans son immensité de Christ, en tant que Roi du Monde, s’est fait de la terre comme un siège royal, où il commence de régner dès sa naissance, d’où il étend son règne jour après jour et où il régnera, dans une absolue domination, éternellement, après lui avoir donné sa forme nouvelle.

Chanté au temps de Noël, cet Offertoire est un émouvant hommage du monde à l’acte créateur de l’Enfant-Dieu.

LA MÉLODIE

Les intervalles larges et pleins du VIIIe mode donnent  à toute la première phrase un caractère à la fois de bonheur et de majestueuse grandeur. C’est vraiment un hommage solennel qui vient du cœur. Par les distrophas et les répercussions, sur orbem térrae, l’immensité de la terre est évoquée ; sur non commovébitur, c’est l’affirmation d’une volonté forte, la volonté divine, qui fixe le monde. Les cadences sur fa et sur sol solidement posées, mettent d’ailleurs partout cette impression de puissance paisible et sûre d’elle-même.

La seconde phrase, qui s’adresse à Dieu directement, a plus de vie. Elle commence par une attaque sans préparation sur la dominante qui est tout à fait dans le style direct. Le mot sédes, tout étendu, évoque le trône royal que sont la terre et les mondes. Deux épisèmes horizontaux soulignent les clivis de tua, qui se rapporte à l’Enfant divin ; le mouvement thétique de cette incise se trouve ainsi revêtu de tendresse qui se prolonge sur Déus où elle prend, au contact du fa et du si bécarre, une nuance de simplicité délicate. Les deux torculus de ex tunc sont très ralentis ; ils contribuent à mettre en un relief encore plus marqué ces deux mots déjà en rejet, qui ont dans le texte une importance considérable. Il y a deux façons de les interpréter. Littéralement il faut les traduire par : depuis lors ; ce qui fait entendre que, dès la création, la terre a été destinée à être le trône du Christ. On peut aussi traduire par : à partir de maintenant. C’est moins exact ; c’est peut-être plus près de la liturgie, car la terre, prédestinée depuis l’origine à être le Royaume du Christ, ne le devient effectivement que le jour où il y descend (C’est l’interprétation de Saint Augustin P. L . XXXVII col. 1187). Rien n’empêche qu’on ne réunisse les deux idées ; le mot aura alors tout son sens et les torculus allongés toute leur valeur d’expression.

Même majesté, accentuée encore, dans la troisième phrase. Le salicus de tu met sur ce pronom un accent de foi qui se développe et s’achève dans la certitude paisible et lumineuse de la cadence du VIIIe mode.

Chanter dans un mouvement large mais sans lenteur.
Dans la première phrase, élargir le scandicus de orbem. Prolonger autant qu’il le faut sédes dans la seconde. Toute la dernière incise doit être élargie mais le torculus et la clivis du sommet n’en seront pas moins très légers.

COMMUNION

LE TEXTE

Prends l’Enfant et sa Mère et va dans la terre d’Israël.
Ils sont morts en effet
Ceux qui voulaient la vie de l‘enfant. Math. II, 20.

Ce sont les paroles de l’Ange à Saint Joseph pour lui dire qu’il peut revenir d’Egypte. L’application liturgique se fait d’elle-même. A travers la voix de l’Eglise, c’est encore l’Ange qui chante, dans le mystère qui revit devant nous.

LA MÉLODIE

L’ange parle à Saint Joseph, dans la première phrase, sur un ton de douceur familière nuancée de joie discrète, avec une touche délicate de respectueuse tendresse sur puerum et matrem, et, sur vade, le mot du retour, un accent de bonheur qui se prolonge jusqu’à la cadence toute reposée d’Israël.

Dans la seconde phrase, il donne la raison du retour : ils sont morts… La mélodie prend un mouvement de joie intense.  Une arsis pleine d’élan s’épanouit un instant en broderies légères sur les notes élevées de enim, puis s’élance, à nouveau, sur quaerébant où l’on découvrirait aisément une fine pointe d’ironie. La retombée se fait sur animam pueri qui se trouve enveloppé de la même tendresse que puerum et matrem.

Chanter avec une grande simplicité dans un bon mouvement.
Rattacher matrem à puerum et le ralentir ; il est marqué d’une nuance spéciale dans certains manuscrits : téniter, doucement, délicatement.

La première note du podatus de defuncti sunt, bien posée. Quaerébant retenu légèrement. Faire l’accent de animam léger et poser la voix délicatement sur la clivis allongée.

 

Partitions

Ecoutes de pièces

 

Epître, évangile et préface chantés de cette messe, voir ici

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