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SUMMARY:Cinquième dimanche après la Pentecôte
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : David pleure Saül et Jonathas (II Rois. 1) \nÉPITRE : Conseils de Saint Pierre sur la charité. (I Pierre III. 8) \nÉVANGILE : Notre-Seigneur demande que la justice et la charité ne soient pas seulement extérieures (Math. V. 18) \nIDÉE CENTRALE : Il semble qu’on peut faire de la pratique de la charité et spécialement de la charité fraternelle l’idée centrale de ce dimanche. \nDavid nous en offre un émouvant exemple en pleurant Saül\, qui le jalousait à mort\, aussi bien que Jonathas qu’il aimait comme un frère. La collecte nous fait demander dans une admirable formule ce qui en est le principe : le sentiment de l’amour de Dieu « afin que nous l’aimions en tout être et plus que tout être\, in omnibus et super omnia« . \nDans l’Épître\, Saint Pierre nous en enseigne la pratique et Notre-Seigneur lui-même\, dans l’Évangile\, nous recommande avec instance d’avoir une justice imprégnée d’une charité qui soit douce et qui mette la réconciliation avant le sacrifice\, car on ne saurait aimer Dieu sans aimer le prochain. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nÉcoute\, Seigneur\, ma voix qui crie vers toi. Sois mon aide ; ne m’abandonne pas et ne me délaisse pas\, Dieu\, mon salut.  \nPs. – Le Seigneur est ma lumière et mon salut\, qui craindrai-je ? Ps. XXVI. 7\, 9\, 1. \nC’est encore le Psaume XXI\, comme dimanche dernier\, mais on a choisi\, cette fois\, pour l’antienne\, les versets qui expriment la confiance suppliante\, et réservé pour le psaume\, ceux qui chantent la confiance enthousiaste.\nAinsi composé\, cet Introït se présente comme la prière d’une âme qui a besoin de Dieu\, qui ne sent pas assez sa présence aimante et qui a peur d’être délaissée. Ce n’est pas que la confiance  lui manque absolument mais elle ne monte pas. \nL’objet de sa prière n’est pas précisé\, mais rien ne s’oppose à ce que ce soit la charité précisément. L’âme peut demander que le Seigneur lui donne de sentir son amour dans l’intimité\, comme le fera le prêtre dans la collecte. Elle peut demander le secours du Seigneur pour la pratique de l’amour du prochain qu’elle trouve parfois si difficile\, qui est si délicate et où elle sent que\, d’elle-même\, elle ne peut rien. \nDans le Psaume\, comme si elle était déjà exaucée\, l’âme sent sa confiance renouvelée; elle lance\, avec une ferme assurance cette fois\, le cri enthousiaste de dimanche dernier : « Le Seigneur est ma lumière\, qui craindrai-je ? » \nLA MÉLODIE\nLa première phrase est d’une très grande simplicité. Aucun sentiment n’est poussé. L’âme n’est ni accablée\, ni angoissée\, humble certes\, mais rien de plus. Il y a un accent plus marqué sur la première clivis de Domine mais on ne saurait dire si c’est de la supplication ou de l’amour\, encore qu’une nuance de plainte monte sur le salicus de meam. Clamavi descend et remonte alourdi par les clivis allongées : la cadence sur fa par le salicus renouvelle la plainte toujours très délicate – si c’en est une – et c’est tout. Aussi bien cette première phrase n’est pas la prière proprement dite\, elle est seulement comme une demande de prise en considération ; le cri suppliant qu’elle annonce ne s’élève qu’au début de la seconde. \nIl n’est pas véhément ; il monte  graduellement du ré au do où il atteint\, sur la bivirga épisématique de esto\, son maximum d’intensité et d’expression. La mélodie revient ensuite au calme du début. L’âme continue à faire pression mais c’est tout à fait à l’intérieur\, dans l’intimité paisible où elle s’entretient avec le Seigneur. On notera particulièrement les podatus de derelinquas\, la retombée sur me\, et toute l’incise de neque despicias me dont le quilismas\, le porrectus et le mouvement très lié et très gracieux sont si caractéristiques de la douce pression que permettent les relations d’amitié. Deus meus est une exclamation. Le porrectus allongé\, la cadence sur do\, très douce et retenue par la virga pointée et la distropha\, la remontée sur le salicus et enfin la cadence mystique du IVe mode l’enveloppent d’une tendresse qui relie admirablement la confiance suppliante du début à la confiance triomphante du Psaume\, comme si cette pression aimante avait obtenu la grâce demandée. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nNotre Protecteur\, regarde\, ô Dieu\, et jette les yeux sur tes serviteurs. \nVerset. – Seigneur\, Dieu des vertus\, écoute les prières de tes serviteurs. Ps. LXXXIII 1\, 10 \nDans le Psaume on lit : respice faciem Christi tui : jette les yeux sur la face de ton consacré. Le consacré pour le Psalmiste c’est le Roi d’Israël\, chargé de représenter Dieu au milieu de son peuple et de figurer à l’avance le consacré par nature : le Christ. C’était une forme de prière à laquelle Dieu pouvait difficilement résister. \nIci\, faciem Christi a été remplacé par servos tuos : tes serviteurs. En un sens\, c’est la même chose\, car nous sommes tous des consacrés ayant participé\, par le Baptême et l’Eucharistie\, à l’onction qui fait le Christ prêtre et roi. En invoquant ce titre\, à nous non plus Dieu ne peut rien refuser. L’objet de la prière est le même que dans le psaume. L’Église demande que le Seigneur jette sur nous un regard de bienveillance\, présage de ses grâces de choix. Ces grâces sont imprécises\, mais\, tout naturellement\, nous sommes portés à demander ce que l’Épître nous invite à pratiquer : la parfaite justice « C’est à cela que vous avez été appelés afin de recevoir en héritage la bénédiction ». Laquelle n’est pas autre chose que le regard de Dieu fixé sur nous en infinie tendresse. \nLA MÉLODIE\nL’intonation se développe dans le grave. Il faut bien se garder de la faire triste ou sombre ; une nuance de vénération\, c’est tout. Notez que la cadence en do est bien majeure et quelle a même quelque chose d’aimable. Sur aspice\, la prière monte ; elle est ardente mais ne presse pas\, les porrectus et la clivis allongée y mettent je ne sais quoi de mesuré\, de retenu. Très réservée de même la reprise sur Deus qui\, elle aussi\, finit en une cadence toute empreinte de paix heureuse.\nRespice\, au début de la seconde phrase\, avec le sib\, le quilismas et la cadence en demi-ton\, a un caractère de supplication plus marqué qui se prolonge jusqu’à la fin de la formule finale mais sans atténuer l’atmosphère de sérénité et de paix. \nLa première phrase du verset ne comprend que Domine Deus virtutum. Est-elle une prière ? Peut-être seulement une contemplation éveillée dans l’âme par le mot Domine. Il est certain que les deux premières incises\, jusqu’au second quart de barre – un motif presque exclusivement réservé au Seigneur – n’ont rien de suppliant\, elles sont plutôt tout empreintes de joie paisible\, quant à la troisième\, cette superbe montée que nous avons déjà rencontrée si souvent\, elle peut être une ardente prière mais elle demeure enthousiaste. Il semble bien qu’ici\, comme en tant d’autres cas\, l’âme oublie un instant qu’elle demande pour contempler\, admirer\, louer le Dieu des vertus à qui elle s’adresse. \nPar contre\, la deuxième phrase\, en plein accord cette fois avec le texte\, est une vraie prière. Et très suppliante dès le début ; notez l’élan vers la virga au sommet de exaudi\, le pressus\, la distropha la répercussion\, et surtout la descente de preces par le sib qui ramène\, degré par degré\, l’humble vénération de la première partie. Il y a une reprise assez vive sur tuorum ; elle relance l’invocation qui trouve alors à se déployer à loisir sur la très belle formule finale\, à la fois si suppliante et si paisible. \nALLELUIA\nLE TEXTE\nSeigneur\, dans ta force\, il se réjouira le roi\, et\, dans ton salut\, il aura une joie extrême. Ps. XX. 1. \nLe Roi est revenu vainqueur ; le peuple s’en réjouit et rend grâce à Dieu. Il s’agit de David. On peut même penser à sa consécration car\, dans le verset qui suit\, on loue le Seigneur d’avoir posé sur sa tête une couronne d’or. Mais\, par delà le Roi d’Israël\, il s’agit du Christ qui reviendra victorieux de la mort et qui se réjouira de la force de Dieu qui l’a sauvé. Et dans le Christ il s’agit aussi de l’Église qui le continue et de ses membres qui\, rois et prêtres eux aussi\, reviendront un jour vainqueurs\, comme lui. \nC’est dans ce sens qu’il faut entendre ce texte. L’Église qui tout à l’heure  implorait l’aide de Dieu pour pouvoir pratiquer la perfection de la justice et de la charité\, sent soudain qu’elle est exaucée et\, dans sa confiance ravivée\, elle chante et le Christ qui se réjouit en elle et elle-même qui exulte en lui. \nLA MÉLODIE\nLa joie quelle exprime est une joie paisible\, intérieure\, contemplative. Elle n’éclate pas\, elle se dilate plutôt. L’âme jouit de son intimité avec le Seigneur ; elle n’en sort pas. \nDomine donne le ton dès le début\, il est comme un salut aimable\, heureux\, souriant ; toutes les notes et tous les neumes sont liés en courbes gracieuses. La même grâce souple se déploie sur in virtute tua ; enveloppant le pressus et la tristropha dans la même ligne harmonieuse. Des nuances de tendresse et de reconnaissance y passent\, mais délicates et sans altérer\, si peu que ce soit\, la pureté de la ligne mélodique. Laetabitur\, le mot de la joie\, se développe dans le grave sur une formule de Graduels du Ier mode\, qui le sert admirablement par son expression de plénitude. La remontée se fait en une belle progression\, réservée toujours\, et qui s’achève en une cadence en demi-ton sur rex qui se trouve ainsi enveloppé d’une nuance délicate de tendresse. \nVient alors dans la seconde phrase le beau motif\, deux fois répété\, de la contemplation\, car cette mélodie qui monte lentement\, et se déploie à deux reprises sur des trivirgas allongées est bien contemplative. L’âme ne dit plus rien. Sur la conjonction et\, elle se repose de penser\, elle aime seulement et\, tout naturellement\, elle chante ; elle chante un air qui s’élève doucement au rythme de son amour\, plane comme en des points d’orgue prolongés et redescend\, pour remonter avec une grâce achevée où passe tout la paix heureuse dans laquelle elle contemple son roi. Quand les mots reviennent\, le charme s’atténue\, mais l’atmosphère demeure. Vehementer n’a rien de véhément\, c’est dans le grave que se développe la mélodie et\, quand elle remonte pour s’étaler une dernière fois plus élargie encore sur la tonique\, c’est toujours la même joie paisible et profonde qu’elle chante. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nJe bénirai le Seigneur qui m’a donné l’intelligence. Je gardais Dieu en ma présence toujours. Puisque à ma droite il est \, je ne chancellerai pas. Ps. XV. 6\, 8.\nLe Psalmiste dit à Dieu sa reconnaissance parce qu’il lui donne de comprendre les choses dans leur vrai sens – c’est ainsi qu’il faut entendre intellectum. Et il explique la raison de cette assistance bienfaisante du Seigneur : « Je gardais Dieu en ma présence\, toujours ». Il continuera de vivre ainsi sous l’influence divine ; d’où sa confiance : « je ne chancellerai pas ». \nCet offertoire est chanté une première fois le lundi de la seconde semaine de Carême\, après l’Évangile dans lequel Notre-Seigneur dit aux juifs : « je ne fais rien de moi-même\, je dis ce que le Père m’a enseigné ». Il en est une belle paraphrase\, soit qu’on l’entende de Notre Seigneur qui bénit son Père de lui avoir révélé toutes choses et de le conseiller en tout\, soit qu’on l’entende de l’Église qui reçoit tout de l’Esprit du Christ\, et de nous tous qui recevons la même assistance si nous voulons user des dons. Ici\, il ne saurait être entendu que de l’Église et de nous. Elle remercie le Seigneur et nous remercions avec elle\, de nous donner la lumière qui nous fait comprendre les conseils de justice et de charité qu’il vient de nous redire et tous ceux que\, par son Esprit\, il ne cesse de nous prodiguer. \nLA MÉLODIE\nC’est encore la joie qui caractérise ce chant d’action de grâces. L’intonation en fait foi\, c’est celle du Gaudeamus\, du Jubilate et de tant d’autres chants d’allégresse.\nLe bel élan de Benedicam\, mesuré et souple\, va s’épanouir sur dominum en une longue tenue toute pénétrée de gratitude et d’amour. C’est la même ferveur reconnaissante qui se développe ensuite dans toute la phrase. Mihi est bien en relief\, mais c’est intellectum qui\, à la fin\, retient tout l’intérêt. Le motif est assez apparenté à celui de Dominum ; une sorte de point d’orgue que les répercussions étendent et qui se prolonge encore en une cadence élargie. Admirable expression\, l’ardeur monte vive du fa au do où elle se renforce et s’étale\, comme si l’âme voulait prolonger l’évocation de ce bienfait précieux entre tous qu’est l’intelligence de la parole divine. \nAu début de la seconde phrase\, la montée syllabique de providebam a quelque chose de vif ; on sent l’âme comme pressée de révéler ce qui lui a valu de pénétrer le sens profond des conseils divins. Elle insiste ensuite sur conspectu meo. Pour la troisième fois la mélodie épanouit son ardeur sur une bivirga ; mais cette fois\, elle module en fa ce qui lui permet par une remontée au si b d’envelopper semper d’une belle nuance de plénitude heureuse : l’âme prend conscience de toute la joie qu’elle goûte dans cette présence continuelle du Seigneur et dans le colloque d’amour qui naît entre elle et lui. \nLa troisième phrase est assez différente des deux autres. C’est une sorte de réflexion. L’âme tire la conséquence de la présence divine : elle n’a pas à craindre de tomber. Toutefois à partir de dextris\, cette réflexion est plus faite d’amour que de raison. Après avoir mis le mot en un très fort relief\, la mélodie descend brusquement et mihi se trouve dans le grave. L’âme soudain toute confuse d’une telle faveur se perd en humble révérence et s’efface. Elle ne se relève plus et\, sur le dernier mot\, chante en de longs neumes très liés\, le bonheur de sa sécurité dans l’amour. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nUne seule chose j’ai demandée au Seigneur\, je la demanderai avec instance : que j’habite dans la maison du Seigneur tous les jours de ma vie. Ps. XXVI. 4 \nC’est encore le Psaume XXVI. Après avoir exprimé sa confiance en Dieu dans une ardeur de bravoure au cours des premiers versets\, le Psalmiste laisse monter son désir\, son unique désir; ce n’est pas le triomphe\, ni la gloire\, mais d’habiter au Temple\, d’être l’hôte du Seigneur\, de vivre près du lieu où il se manifeste et de ne pas le quitter.\nPour nous\, le Temple c’est le Ciel\, en dernier ressort c’est ce que l’âme demande ici. Au moment où elle a en elle le Christ\, après avoir\, tout au long de la messe\, sollicité le secours du Seigneur pour pratiquer la perfection de la charité\, se rendant compte de toutes les difficultés qu’en comporte la pratique et enivrée d’amour aussi au contact de l’Eucharistie\, elle reprend l’ardente supplication de la collecte et laisse jaillir son désir du Ciel où tout ne sera qu’amour partagé dans la Béatitude. \nLA MÉLODIE\nL’intonation est toute simple\, mais\, après une très gracieuse inclination\, pleine de respect\, sur le nom du Seigneur\, le désir monte. C’est comme un jaillissement d’amour ardent ; splendide élan qui franchit l’octave du fa au fa et s’épanouit en pleine ferveur sur le pressus. La détente se fait sur des formules communes mais avec un pression délicate sur les virgas des sommets.\nEt voici qu’au début de la deuxième phrase\, le cri reprend et se prolonge sur toute l’incise. La mélodie\, presque syllabique\, s’est allégée et le mouvement emporte les mots les uns après les autres sur la teneur extrême du mode en une ardeur qui est comme pénétrée à l’avance de la joie désirée. Puis la détente se fait de plus en plus paisible sur le même motif que dans la première phrase. Sur les neumes qui descendent\, très liés\, très simples\, vers la tonique\, l’âme berce la joie de son espoir en l’amour sans limite et sans fin qui sera sa vie à jamais dans la maison du Père. \n  \n\nCantiques pour tous les temps\nPolyphonies pour tous les temps\n\n  \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Les Saints Apotres Pierre et Paul
DESCRIPTION:L’introït Nunc scio interprété par la Schola Bellarmina \nhttps://www.musique-liturgique.com/wp-content/uploads/2020/06/Introitus_Nunc_Scio.mp3\nLes autres pièces grégoriennes de cette messe.\n\nChants propres pour la Saints Pierre et Paul :\nEn grégorien : Hymne Decora lux (il s’agit de l’hymne propre des vêpres – elle est magnifique\, en mode 4); la partition se trouve dans le livre de chant Magnificat Dominum\, et voici un enregistrement audio : \nhttps://www.musique-liturgique.com/wp-content/uploads/2020/06/Decora_Lux.mp3\nSuite dans le volume 12 de l’intégraleDeux cantiques : Eglise du Seigneur \nhttps://www.musique-liturgique.com/wp-content/uploads/2020/06/2_07_Eglise_du_Seigneur.mp3\nVoici la partition et les voix séparées. Pour ceux qui ont le Magnificat Dominum\, elle s’y trouve à la page 407.Terre et ciel\, chantez la gloire des apôtres: partition et fichier audio ici. Dans Magnificat Dominum à la page 406. \n\nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n« Aujourd’hui\, naissance au ciel des Saints Apôtres Pierre et Paul ».Ainsi est annoncée la fête au Martyrologe. En fait\, le 29 juin n’est pas la date de leur martyre; on ignore quelle elle est. Primitivement ils furent fêtés dans les jours qui suivent Noël\, comme Saint Etienne et Saint Jean l’Evangéliste. Mais en 258\, au Cours d’une persécution\, les chrétiens jugèrent prudent d’enlever leurs corps de leurs tombeaux et de les cacher dans une propriété\, à la deuxième borne milliaire de la voie Appienne. Ce transfert eut lieu le 29 juin. On le fêta tous les ans et\, après que les corps eurent été ramenés dans leurs tombeaux\, cette date resta celle de leur solennité.Il y eut d’abord deux stations; l’une\, à l’aurore\, à Saint-Pierre; l’autre dans la matinée\, à Saint-Paul-hors-les-murs. Chacun des saints avait ainsi sa messe\, mais la collecte était commune. Au VIIIè siècle\, pour plus de commodité et aussi pour marquer que la prédication des deux Apôtres est l’unique principe de l’Eglise Romaine\, l’unique fondement de sa vie spirituelle et\, qu’ils ont été « deux yeux d’un même corps »\, il fut décidé que la messe de Saint Paul serait transférée au lendemain et que le 29\, les deux seraient fêtés dans un seul office.En fait\, ce que l’Eglise célèbre le 29 juin\, c’est la fête des Princes des Apôtres\, la fête du jour où l’Eglise est née à Rome du sang des deux inséparables\, et aussi la fête de la primauté pontificale\, la fête du Pape. Dans l’office\, Saint Pierre a la grosse part et les incidents de sa vie qui sont commémorés sont principalement celui du pouvoir des clefs\, et celui de sa délivrance de la prison de Jérusalem où Hérode l’avait enfermé. \nINTROÏT\nLE TEXTEMaintenant je sais qu’il a envoyé\, le Seigneur\, son ange\, et il m’a enlevé de la main d’Hérode\, et de toute l’attente du peuple Juif.Ps. Seigneur\, tu m’as éprouvé et tu m’as connu. Tu savais à l’avance mon réveil. Act. XII. 1l. – Ps. CXXXVlI\, 1\, 2.Saint Pierre prononça ces paroles au sortir de prison\, après que l’Ange qui venait de le délivrer eut disparu. Alors\, « revenu à lui-même »\, prenant conscience qu’il ne rêvait pas\, il dit: « Maintenant je sais … »C’est du ciel qu’il nous chante aujourd’hui ces paroles de libération. Elles n’ont rien perdu de leur actualité\, tant s’en faut. Maintenant qu’il voit en Dieu la raison d’être des évènements et de tous leurs détails\, il comprend\, comme jamais il ne le comprit durant sa vie\, l’action incessante du Christ gardant son Eglise\, lui laissant l’épreuve pour un temps\, puis la dégageant au moment où tout semble perdu.Voilà bien ce qui depuis n’a jamais cessé. Aussi\, avec son premier chef\, c’est l’Eglise tout entière qui dans cet Introït chante son histoire et son absolue confiance en celui qui ne permet pas aux puissances de l’enfer de prévaloir contre elle.Le Psaume\, qui s’élève comme une action de grâces\, est admirablement choisi\, c’est le psaume de la Résurrection du Christ. C’était bien quelque chose comme une résurrection que cette délivrance; Saint Pierre aurait été supplicié le lendemain.LA MÉLODIELa première phrase se déroule en une ligne parfaite sur toute l’ambitus du IIIè mode. C’est un très beau mouvement\, paisible\, sans éclat\, mais pénétré de joie\, une joie profonde\, toute intérieure et ardente en même temps. Elle va d’un bel élan s’épanouir sur quia misit me puis se revêt d’une tendresse délicate qui s’épanche tout au long de la thésis.La seconde est plus discrète\, comme si le Saint ne voulait parler de lui qu’à la dérobée\, juste assez pour signaler la main libératrice du Seigneur par le salicus de eripuit et celle d’Hérode par le pressus de la cadence.La troisième s’y rattache de très près: on y retrouve la joie du début. Elle a peut-être moins d’élan mais la montée en quarte sur la bivirga de expectatione lui donne quelque chose de grand\, de noble\, de fort qui va bien à ces mots qui disent le triomphe de la puissance de Dieu sur celle du monde. \nGRADUEL\nLE TEXTETu les établiras princes sur toute la terre\, perpétuant ton nom\, Seigneur. – Pour succéder à tes pères\, il t’est né des fils. C’est pourquoi les peuples te loueront. Ps. XLIV. 17.18.Ces paroles sont la dernière strophe du chant nuptial qu’est le Psaume XLIV. Le poète pour finir chante l’heureuse postérité de la nouvelle famille. En fait\, le psaume célébrant l’union du Christ et de l’Eglise\, il s’agit de la nouvelle génération\, de la race sacerdotale et royale du Christ\, qui va peu à peu couvrir la terre et établir sur le monde le règne de Dieu.Ici\, l’interprétation est plus précise encore. Les fils qui sont nés pour remplacer leurs pères ce sont les Apôtres. Le Roi les a établis princes sur la terre entière pour régir les peuples et les rois en son nom. Ils ont commencé. Après eux d’autres ont continué\, et aujourd’hui\, du fond de l’éternité\, ils peuvent voir le Royaume s’étendre sur le monde. Il reste encore des conquêtes à réaliser\, mais les fils continuent de naître pour poursuivre l’œuvre et un jour viendra où peuples et rois seront soumis dans l’amour. Alors\, assis avec le Christ\, les douze premiers apôtres jugeront les douze tribus d’Israël. La prophétie du chant nuptial sera réalisée en plénitude.LA MÉLODIEIl n’en est pas de plus parfaite et dans la forme et dans l’adaptation aux paroles.C’est l’Eglise qui chante\, l’Eglise consciente d’être l’Epouse du Christ\, consciente d’avoir en elle la force de Dieu qui la fait s’étendre toujours plus dans le monde\, qui lui donne de demeurer par-dessus les royaumes qui se renversent et les races qui passent: l’Eglise immortelle. Et elle chante ceux qui sont ses Princes: les premiers d’abord\, Pierre et Paul\, et aussi ceux qui\, comme des enfants succédant à leurs pères\, ont gouverné le monde après eux. De là\, la grandeur qui pénètre son chant.On la trouve dès les premières notes\, cette grandeur\, dans la bivirga si ferme de constitues et plus encore dans le balancement fier et noble de la cadence de eos. Elle demeure d’abord discrète; Principes n’a pas d’élan. Mais quelle majesté dans ces rythmes ternaires qui viennent se poser sur les virga allongées\, soulignant dans leur mouvement ample et souple les notes fondamentales la\, fa\, ré\, mi\, do\, puis remontant en fa dans le même mélange de ternaire et de binaire! Ce n’est que sur super terram qu’elle devient éclatante. L’enthousiasme\, qu’on sentait latent dès le début\, jaillit soudain dans l’attaque sur la dominante et va croissant jusqu’à la dernière syllabe de terram où il s’épanouit dans les beaux intervalles de quintes qui montent et descendent nobles et fiers: sib la sol ré    do ré do fa    sol la do sib la.La cadence sur fa n’épuise pas le mouvement\, il reprend dans la même ardeur éclatante sur mémores pour aller mettre en plein relief nominis tui\, Domine. Ce n’est que sur ce dernier mot qu’il se détend en une nuance de vénération aimante qui\, elle aussi\, devient tout de suite ardente sur l’admirable formule de la fin.LE VERSET. – (V) Pro patribus tuis nati sunt tibi filii; Proptérea populi confitebuntur tibi.La montée rapide à la dominante et l’attaque nette de patribus sur la bivirga marque la mélodie\, dès le début\, de la même ardeur enthousiaste. Celle-ci convient d’ailleurs parfaitement à ces mots qui exaltent la race du Christ et tout d’abord ceux qui en furent les premiers propagateurs. Presque aussitôt une nuance de joie plus contemplative passe à travers les neumes qui descendent serrés vers la tonique\, mais ce n’est qu’une nuance; peu à peu\, le mouvement reprend de l’éclat jusqu’à devenir sur tuis une splendide exaltation.Cette exaltation monte encore sur nati sunt; la retenue du quilisma permet de la lancer comme un cri où passe de l’admiration\, de la joie\, de la fierté. Filii par contre se perd dans le grave\, enveloppé de véneration et de mystère.La remontée sur propterea est moins brillante. Toute la seconde phrase d’ailleurs est contournée et peu expressive\, mais elle s’achève sur une cadence admirable\, sobre\, paisible et qui monte comme la vénération aimante des siècles et des peuples vers le Christ qui a fait les apôtres. \nALLELUIA\nLE TEXTETu es Pierre\, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise. Math. XVI. 18.C’est le mot par lequel Notre-Seigneur promit à Saint Pierre la primauté apostolique\, mais\, dans le jeu liturgique\, il est plutôt une louange de l’Eglise montant vers le Prince des Apôtres. Il n’en saurait être de plus glorieuse.LA MÉLODIECelle de l’Alleluia de la messe du jour de Noël. Elle a été choisie\, sans aucun doute\, parce que la Saint-Pierre était célébrée primitivement\, à Rome\, quelques jours après la Nativité de Notre-Seigneur.Joyeuse et enthousiaste\, elle aussi\, mais avec moins de grandeur que le Graduel\, elle sert bien la louange de l’Eglise qui monte avec elle\, fraîche et jeune. Tous les mots sont enveloppés dans cette joie. Une nuance splendide d’autorité ferme et douce passe sur aedificabo et se perd pour finir dans l’enthousiasme\, revenu en plénitude\, avec la reprise du chœur\, sur la belle formule large et sonore de meam. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTETu les établiras princes sur toute la terre\, perpétuant ton nom de génération en génération. Ps. XLIV\, 17. 18.C’est le même que celui de la première partie du Graduel\, avec en plus in omni progénie et generatione.LA MÉLODIEAmple et majestueuse comme celle du Graduel\, elle n’en a ni l’éclat ni l’enthousiasme vibrant. C’est moins une mélodie qui chante au Christ la louange reconnaissante de l’Eglise et la gloire de ceux qu’il a établis princes sur toute la terre qu’une sorte de chant intérieur qui s’exhale de la contemplation; d’où son caractère paisible.L’intonation monte bien en quelques notes de la tonique à la dominante\, mais les notes demeurent très liées les unes aux autres\, les arsis de eos et de principes par la forme même des neumes sont discrètes; celle de super omnem qui cependant part de la tonique\, parce que la clivis allongée fait palier et donne appui à la voix du sol au do\, est sans élan marqué. De ce sommet la mélodie se détend dans un legato plus serré encore pour arriver à une cadence en fa assez inattendue mais qui donne une extraordinaire impression de paix heureuse. L’Eglise chante son bonheur à Dieu dans l’intimité.La structure de la seconde phrase est différente; les intervalles sont plus distendus\, mais dans le même legato car étant tous le développement vocal d’une seule syllabe\, aucune articulation de consonne ne brise la ligne sonore. D’où la même expression calme\, reposée. L’Eglise se complaît dans l’idée\, élargissant seulement les mots à la mesure de sa joie paisible par des mouvements d’ailleurs très harmonieux. A travers cette paix\, un souffle plus intense passe sur nominis tui; à l’évocation du nom divin\, la ferveur de l’Eglise monte\, mais en même temps la ligne musicale se fixe sur la dominante\, le chant plane\, sur les notes prolongées\, multipliées\, répercutées comme si la pensée se fixait\, elle aussi\, au-dessus du mouvement\, en Dieu.On retrouve dans la troisième phrase la forme de la première avec une trivirga très expressive sur progénie qui\, elle aussi\, retient la pensée dans l’immensité du temps qui enveloppe les générations successives. La cadence finale très développée\, très retenue\, d’une paix toute contemplative ramène la mélodie à la tonique par un balancement qui se pose enfin sur mi\, très doux\, mystérieux … et la contemplation se poursuit dans le silence retrouvé. \nCOMMUNION\nLE TEXTETu es Pierre\, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise. Math. XVI. 18.Celui de l’Alleluia. Aucun rapport avec l’Eucharistie; c’est seulement un dernier hommage à Saint Pierre\, à la fin de l’office. Cette communion est d’ailleurs récente\, primitivement c’était celle de la vigile qui donne une expression si émouvante à l’incident des trois actes d’amour exigés du Saint Apôtre par Notre-Seigneur après sa résurrection: « Simon\, fils de Jean\, m’aimes tu ? .. »LA MÉLODIEUne antienne très simple\, inspirée quelque peu sans doute de la Communion de la messe de minuit. Aedificabo a en effet le même motif que ex utero.Elle est parfaitement adaptée au texte. Super hanc petram en récitatif sur le fa prend avec le salicus et le torculus allongé une autorité très ferme que renforce le salicus de aedificabo et plus encore celui de Ecclésiam\, lequel conduit la mélodie à la cadence finale très commune\, mais qui prend ici un bel accent de plénitude et de joie triomphale. Comment fonctionne cette page ?EpîtreEvangilePréfaceUnique ! 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CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Sanctoral
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