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SUMMARY:Troisième Dimanche de Carême
DESCRIPTION:A noter: il n’y pas de Gloria. L’Alleluia est remplacé par le Trait. \nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : Gen. XXXVII). Histoire de Joseph.ÉPÎTRE : (Ephes. V 1-19). Il faut s’écarter de toute chose déshonnête\, marcher dans la lumière\, afin d’être enfant de lumière.ÉVANGILE : (Luc XI 14-28). Notre Seigneur chasse un démon. Accusé de le chasser par Beelzébuth\, il met en garde contre l’action de Satan.STATION : Saint Laurent hors les murs.IDÉE CENTRALE : Il semble bien que l’idée dominante de la catéchèse soit le démon\, son action et ce que nous avons à faire pour nous en garder. Parce que Joseph était l’héritier de la promesse\, Satan mit tout en œuvre pour le perdre. Il poussa ses frères au meurtre et la femme de Putiphar à l’adultère. Dieu sauva le fils bien aimé de Jacob et\, par lui\, sauva son peuple.Quand le Christ\, Fils bien-aimé du Père et Fils de la promesse\, lui aussi\, vint accomplir ce que Joseph n’avait fait que figurer\, le démon ne cessa de le poursuivre à son tour. Il inspira la jalousie d’Hérode et le massacre des Saints Innocents. Il vint lui-même le tenter au désert. Vaincu\, il dressa contre lui les Scribes et les Pharisiens pour perdre sa réputation et le faire mourir. Il crut avoir réussi\, le soir du Vendredi Saint\, mais Dieu sauva son Christ dans sa résurrection et\, par lui\, sauva le monde.Le Christ continuant dans l’Eglise qui est son Corps mystique\, et en chacun de nous qui sommes ses membres\, le démon déploie autour de nous la même sollicitude mauvaise. Il est l’inspirateur de tous les vices contre lesquels Saint Paul nous met en garde dans l’Épître. Notre Seigneur nous garde – Il nous le montre dans l’Évangile – à condition toutefois que nous nous confions à lui et que nous mettions en pratique les avis qu’il nous donne. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nMes yeux sont sans cesse sur le Seigneur\,Car lui-même dégagera mes pieds du filet.Regarde-moi et aie pitié de moi\,Car seul et pauvre je suis.Ps. – Vers toi\, Seigneur\, j’ai levé mon âme :Mon Dieu\, en toi je me confie\, je n’aurai pas à rougir. Ps. XXIV\, 15\, 16.Le psalmiste emploie l’image du filet qui est très commune dans l’Ecriture et se représente les pieds déjà engagés dans les lacs ou susceptibles de l’être d’un moment à l’autre. Dans cette situation\, deux sentiments se succèdent en lui. D’abord une confiance totale en la puissance de Dieu – c’est le sens qu’il faut donner aux yeux fixés sur le Seigneur. Puis l’appel à la pitié : Aie pitié de moi\, car je suis seul et impuissant.Telles ont été la confiance et la prière de Joseph\, de tout le peuple Juif\, du Christ\, de Saint Laurent sur le gril : telles sont encore celles de l’Eglise dans la lutte qu’elle continue à soutenir. Cette lutte\, plus marquée peut-être pour nous en cette période de pénitence\, nous incite à les faire monter vers Dieu une fois de plus pour obtenir l’aide de son bras\, sans laquelle nous ne saurions vaincre. \nLA MÉLODIE\nDans un bel élan simple\, pénétré de confiance\, de paix\, l’âme chante sur Oculi méi la courbe de sa pensée montant sans cesse vers le Seigneur. C’est son attitude habituelle\, elle souligne donc abondamment sémper. Elle s’incline ensuite\, pleine de vénération\, sur Dóminum et se laisse aller\, sur quía ípse evéllet\, à la joie que mettent en elle ces mots de délivrance. Une joie d’espoir seulement. Elle n’exulte pas. Peut-être même pourrait-on y déceler une certaine lourdeur\, annonciatrice de la misère et de l’impuissance dont il sera fait état tout à l’heure. Mais le bel élan de confiance demeure.Il passe à la phrase suivante. C’est dans la même simplicité que l’âme demande au Seigneur de jeter les yeux sur elle ; réspice in me est bien  dans le ton de óculi méi. Mais\, en même temps qu’elle appelle le regard divin\, elle commence à se montrer\, elle expose sa misère. C’est alors l’humble supplication. La mélodie\, descendue dans le grave\, remonte péniblement sur miserére avec tout le poids du péché et de la honte ; et les appels à la miséricorde se succèdent\, retenus\, doux\, timides et pressants\, sur les distrophas et les tristrophas de méi\, de únicus et de páuper. Il n’y a qu’un mot qui ait de l’assurance\, c’est quóniam. Sur ce pressus\, l’âme dit son impuissance et s’y appuie de toute son ardeur\, comme sur l’argument irrésistible qui lui vaudra le salut : cor contrítum et humiliátum Déus non despícies….un cœur contrit et humilié\, ô Dieu\, tu ne le rejetteras pas. (Ps. L\, 19).Le Psaume ramène l’abandon tout simple du début. La mélodie sert parfaitement le texte. La cadence sur non erubéscam\, avec sa nuance de ferme certitude\, est particulièrement heureuse.Beaucoup de légèreté dans l’intonation. Que toute la première phrase soit simple comme un chant d’enfant. Bien lancer evéllet et veiller à l’accentuation de pédes.Réspice\, au début de la seconde phrase\, sera quelque peu retenu. Ne pas accentuer fortement méi ; la double note est une distropha\, qu’elle soit douce ; la voix ira en un discret crescendo vers la clivis qui suit et on aura la nuance à la fois humble et suppliante qui convient.Le pressus de quóniam bien posé avec un accent de ferveur. La tristropha de únicus légère et douce ; de même la distropha de pauper.Le Psaume sera pris a tempo mais à une allure qui ne doit pas faire avec l’antienne un contraste poussé. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nLève-toi Seigneur\, qu’il n’ait pas le dessus\, l’homme ;Qu’elles soient jugées\, les nations\, en ta présence.Verset. – Quand tu tourneras mon ennemi en arrière\, ils seront défaits et périront devant ta face. Ps. IX\, 20\, 3.Deux versets pris aux deux extrémités du Psaume. Le premier est une prière qui demande à Dieu d’intervenir afin que l’homme\, c’est à dire la nature mauvaise\, n’ait pas le dessus sur la grâce. Le second\, bien qu’il soit adressé à Dieu comme le premier\, n’est pas une prière proprement dite. ; le psalmiste dit ce qu’il voit dans l’avenir : l’ennemi s’enfuyant\, battu\, défait\, anéanti devant la face de Dieu.Ils forment ici comme un lien entre l’Épître et l’Évangile. Saint Paul nous dit : n’ayez rien de commun avec les fils de l’incrédulité\, marchez comme des enfants de lumière…C’est bien ce que l’Eglise demande dans la première partie ; que l’homme n’ait pas le dessus. L’Évangile nous montre l’ennemi fuyant sous le geste souverain du Christ ; c’est ce qu’elle chante dans la seconde. \nLA MÉLODIE\n(III) Exsúrge Dómine non præváleat hómoJudicéntur géntes in conspéctu túo.Bien que l’intonation soit douce et lente\, il y passe une ardente supplication\, qui\, délicatement posée sur la virga du début\, va s’intensifiant jusqu’à la dernière tristropha\, où elle se prolonge comme en une plainte. Cette teneur dans le grave\, coupée de notes répercutées\, lui donne toutefois quelque chose de sombre et de pesant. On a l’impression que l’âme est accablée sous le poids de l’épreuve.Sur Dómine – formule presque exclusivement réservée au Seigneur (à une exception près\, on ne la trouve que sur les mots Dòminus ou Déus) – la mélodie s’éclaire d’une nuance de tendresse intime puis\, s’animant soudain\, se fait de plus en plus pressante sur non præváleat. L’âme\, sortie de sa torpeur au contact du nom divin\, est maintenant pleine d’audace. Elle dit le danger sans réticence et dénonce l’ennemi avec force ; on sent même un peu d’angoisse et comme un frisson de peur sur la montée des torculus de præváleat\, et plus encore sur la magnifique formule de hómo. A deux reprises le motif de præváleat revient ; sur judicéntur et sur in conspéctu. Il y a là une insistance qui prend\, sur le pressus de géntes et plus encore sur les répercussions de conspéctu túo – notez qu’il n’y en a pas moins de huit – une extraordinaire intensité.Mais\, est-ce encore la prière qui domine ? Il semble bien plutôt que ce soit l’idée du Jugement dernier – car en fait c’est bien de quoi il s’agit – qui est évoquée fans cette finale. Elle a en effet tous les caractères d’une autorité forte qui s’impose\, implacable et terrible. On y sent la terreur du Juge dont le seul aspect fera les damnés sécher de frayeur.Le Verset. – In converténdo inimícum méum retrórsum infirmabúntur et períbunt a fácie túa.L’idée est toute différente de celle de la première partie. L’expression aussi diffère\, il va de soi. C’est dans une joie débordante que l’Eglise chante la vision prophétique de son ennemi en déroute.Cette joie commence dès le début sur In converténdo par un balancement léger sur la clivis la-sol\, la note qui précède le quilisma\, et la clivis do-si. Le branle ainsi donné\, quelques notes conduisent le mouvement vers retrórsum. Il s’élargit d’abord quelque peu sur les notes qui précèdent le quilisma pour souligner ce mot de déroute puis\, s’allégeant\, il emporte la mélodie d’un magnifique élan jusqu’au mi où elle s’épanouit en un motif plein de vie et d’esprit. Ce n’est plus seulement de la joie\, c’est de l’exultation\, une exultation délirante ; on peut bien dire le mot car elle sonne vraiment par endroit comme l’éclat de rire du vainqueur sur le vaincu en fuite.La même idée est reprise dans la phrase suivante et traitée de la même manière ; des notes légères vont vers peribunt et\, sur ce mot de victoire totale\, se renouvelle l’explosion de joie.Au début de la troisième phrase\, sur a fácie\, passe comme une nuance de gravité ; nous sommes revenus au Seigneur\, au Juge. Il y a ensuite un bel élan qui touche le mi mais c’est une exaltation tempérée\, paisible. La joie de l’Eglise s’est imprégnée de la joie de Dieu\, et c’est de sa justice qui triomphe\, plus que de la déroute de l’ennemi\, qu’elle se réjouit maintenant. L’idée du jugement et de sa terreur revient d’ailleurs peu à peu avec le mouvement thétique sur re et se développe\, pour finir\, sur la même formule et sur le même mot que  dans la première partie.L’intonation sera lente\, toutes les répercussions bien faites et assez poussées. Renforcer délicatement la voix sur Dómine ; c’est une formule très expressive. Pas de contraste forcé à non preváleat ; la montée de hómo retenue.A tempo sur judicéntur. Les répercussions de in conspéctu túo\, bien marquées. Garder le mouvement jusqu’à la fin.Le Verset\, léger. Un crescendo et un peu d’accélération à partir de l’accent de converténdo\, mais bien dans le rythme. Retenir légèrement les quatre notes qui précèdent le quilisma de retrórsum.Faire un peu longues les distrophas de fácie\, et retenir la thésis sur re. \nTRAIT\nLE TEXTE\n1.     – Vers toi j’ai levé mes yeux\, (vers toi) qui habites dans les cieux.2.     – Voici\, comme les yeux des serviteurs sur les mains de leurs maîtres.3.     – Et comme les yeux des servantes sur les mains de leur maîtresse ;4.     – Ainsi (sont) nos yeux sur le Seigneur notre Dieu\, jusqu’à ce qu’il ait pitié de nous.5.     – Aie pitié de nous\, Seigneur\, aie pitié de nous. Ps. CXXII\, 1\, 2\, 3.C’est la même idée que dans l’Introït. La confiance toutefois n’est pas aussi fortement marquée. L’Eglise ici la chante dans le même sentiment que la première partie du Graduel. \nLA MÉLODIE\nDans le premier verset\, la formule d’intonation a reçu un développement qui en fait une très belle supplication\, à la fois humble et forte. Le mot caéli\, planant sur la dominante\, évoque très heureusement et le Dieu Très-Haut et l’admiration q’uil provoque chez ceux qui savent le contempler dans ses célestes demeures.Les versets 2 et 3\, parallèles comme le texte\, n’ont de remarquable que l’accent de ferveur de sícut.Deux mots sont particulièrement expressifs dans le 4e : Ita\, au début\, qui met très en relief le second terme de la comparaison ; et la cadence finale\, très commune\, mais qui devient sur nóstri une très ardente supplication.Tout le 5e est une splendide prière humble et suppliante. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nLes volontés du Seigneur sont droites\, réjouissant les cœurs ;Et ce sont choses plus douces que le miel et le « favum » (le rayon de miel)Aussi ton serviteur les gardera. Ps. XVIII\, 9\, 10\, 11\, 12.Il n’y a pas de doute que ces versets n’aient été choisis à cause de l’épisode qui termine l’Évangile. « Une femme cria\, de la foule : Bienheureux le sein qui t’a porté et les mamelles qui t’ont allaité. Et il dit : Bienheureux encore plus\, ceux qui écoutent la parole de Dieu et la gardent. »L’Eglise demeure dans la contemplation de cet incident qui la ravit et\, pour chanter sa joie\, emprunte les paroles du Psaume.Elles sont l’expression naturelle de tous ceux qui savent jouir du Verbe de Dieu\, dans l’Ecriture\, dans l’Eglise\, dans les profondeurs de leur âme où il habite ; mais il s’y ajoute ici quelque chose de plus\, comme un désir ardent de remplir avec un amour accru la condition de la béatitude promise. \nLA MÉLODIE\nC’est un chant tout intime\, doux\, paisible\, heureux. L’âme fixée dans la contemplation des paroles du Christ\, les confirme en quelque sorte de son expérience\, se disant à elle-même\, en des mots qui en sont tout pénétrés\, le bonheur que lui procure l’abandon aimant à tout ce que lui demande le Seigneur.Elle le fait par un petit motif très simple de quelques notes qui montent du fa au la et y reviennent après une broderie légère très courte.C’est un rien\, mais si expressif de paix et de bonheur intime. On le trouve sur justítiæ\, sur réctæ\, sur lætificántes córda\, avec cette fois une nuance de joie plus profonde qu’il prend dans le grave et qui va si bien avec le mot.Dans la seconde phrase\, dulcióra en est un développement et súper méi et fávum ne fait que reproduire\, avec quelques nuances de détail\, le mouvement grave de læticántes… En cela nulle monotonie\, mais une sorte de balancement qui berce la continuité de l’idée et la garde enveloppée dans une atmosphère de béatitude.Le mouvement est peut-être un peu plus prononcé dans la troisième phrase\, du moins au début. L’âme s’adresse à Dieu\, et son ardeur naturellement s’anime quelque peu quand elle lui renouvelle sa fidélité\, mais elle demeure toujours dans la paix et la joie. Notez le rythme de nam avec ce bel élan de quarte qui se détend en repos sur la tristropha ; quelle délectation ! Sur custódiet\, le ton redevient contemplatif avec une nuance de fermeté qui convient à la promesse ; ce sont de longues tenues répercutées qui s’achèvent sur la cadence délicate du IVe mode\, toute pénétrée d’une tendresse qui ne trouve pas de quoi s’exprimer.Le mouvement ne doit pas être lent\, mais paisible. On l’entretiendra par les délicates nuances d’intensité qu’exige le leit-motiv.Ralentir légèrement la cadence finale de la première phrase en retenant quelque peu la première note du climacus.Un crescendo délicat\, au début de la troisième phrase. Bien rythmer les deux climacus de la fin en les allongeant légèrement. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nLe passereau trouve pour lui une maison et la tourterelle un nid où reposer ses petits…Tes autels\, Seigneur\, Dieu des vertus\, mon Roi et mon Dieu !Bienheureux ceux qui habitent dans ta maison.Dans les siècles des siècles ils te loueront. Ps. LXXXIII\, 4-5.Le Psaume LXXXIII est le psaume du juif exilé qui entrevoit le retour prochain dans la patrie et dans le temple\, où il retrouvera la présence du Seigneur\, son Roi et son Dieu. Au verset 4\, la comparaison gracieuse des oiseaux et de leur nid fait le désir du psalmiste jaillir ardent : « Tes autels Seigneur… ! » et se perdre ensuite dans le rêve de la béatitude qu’il attend. Trois idées donc : la comparaison\, le cri d’amour\, la béatitude désirée.Ces deux versets se trouvent tout naturellement adaptés au moment de la communion. Altária en effet ne désigne pas seulement l’autel matériel mais le sacrifice dont il est la table. Ce que l’âme chante\, c’est son désir d’être unie dans l’Eucharistie au Christ\, et de jouir de la protection aimante qu’elle trouvera en lui et\, à travers lui\, dans l’amour des divines Personnes. C’est bien là\, pour ce qui est de la terre\, la béatitude d’habiter dans la maison du Seigneur. « Si quelqu’un m’aime\, nous viendrons en lui et ferons notre demeure en lui… ». \nLA MÉLODIE\nLa première phrase est un récitatif\, mais traité avec un soin délicat et pénétré déjà de l’ardent désir qui va jaillir tout à l’heure.Les rythmes binaires qui se succèdent sur dómum\, túrtur\, nídum\, sont délicieux de fraîcheur\, avec leur nuance d’harmonie imitative qui évoque le roucoulement de la tourterelle. L’âme les chante\, simplement\, dans l’atmosphère heureuse où elle vit\, jouissant de tout ce que lui dit cette gracieuse comparaison. Sur repónat\, elle s’arrête. C’est le mot de la tendresse ; celle de l’oiseau qui a fait pour ses petits le nid chaud et moelleux où il les pose et demeure avec eux ; celle du Seigneur aussi\, qui a préparé le Christ et son sacrifice eucharistique\, comme le lieu où l’âme se reposera dans la joie de sa présence. Elle y pose un long accent qui se détend\, lent et doux\, sur les deux mots de la fin en une admirable cadence. Puis\, soudain\, jaillit le cri d’amour.Il éclate comme l’élan d’un désir spontané. L’âme n’a pas le temps de faire une phrase. Dans la succession des accents et des rythmes de plus en plus marqués\, le mouvement l’emporte jusqu’au sommet\, où son ardeur s’épanouit enfin sur Dómine\, le nom divin. Elle la laisse ensuite se détendre en une tendresse douce et confiante sur la tristropha de virtútum qui rime si heureusement avec le repónat de la première phrase. Puis ce sont les mots d’amour : Rex méus et Déus méus ! qu’elle retient à loisir dans la paix de sa contemplation.De cette paix s’exhale alors l’exclamation de béatitude : Beáti qui hábitant…Très calme d’abord\, sur les beaux rythmes binaires de hábitant\, l’âme s’exalte peu à peu. L’ardeur de son désir s’avive à nouveau sur dómo túa : le Temple\, le Christ\, l’Eucharistie\, le Ciel ; c’est tout cela en effet qu’elle chante en chantant la maison du bonheur. Elle revient pour finir à la contemplation du début et\, sur le dernier mot\, orné plus que tous les autres\, elle célèbre la louange\, fruit de la vision\, de l’amour et de la béatitude.Que la dernière phrase soit simple. Bien balancer les rythmes binaires qui se succèdent sur dómum et túrtur ; la première note des podatus de dómum bien posée\, un peu élargie.La virga de repónat bien attaquée\, la répercussion délicate sur la tristropha qui sera douce. A la fin de la phrase\, une pause.Le mouvement de altária túa Dómine virtútum\, vif et ardent ; mais que la progression soit bien rythmée jusqu’à l’accent de Dómine qui sera fort\, mais bien lancé. La détente se fera sur virtútum.Bien accentuer Déus méus avec une nuance de tendresse. A la fin de la phrase une pause encore.Le torculus de beáti très arrondi. La dernière syllabe de hábitant retenue légèrement. La montée de laudábunt quelque peu élargie. \n\nPolyphonies pour le carêmeEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Quatrième Dimanche de Carême
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : Histoire de Moyse.(Exode II). \nÉPÎTRE : (Gal. IV\, 22). Les deux fils d’Abraham\, enfants de deux mères\, l’une esclave\, l’autre libre\, symboles des deux alliances : celle de la Jérusalem terrestre\, réalisée avec Moyse sur le Mont Sina ; celle de la Jérusalem céleste\, scellée dans le sang du Christ sur le Calvaire. \nÉVANGILE : (Jean VI\, 1). Multiplication des pains. \nSTATION : Sainte Croix de Jérusalem. \nIDÉE CENTRALE : C’est le Dimanche de la Mi-Carême\, Dominica mediána. De très bonne heure on prit l’habitude d’en faire\, sur le chemin de Pâques\, comme une étape où l’on se reposait un peu et où l’on prenait courage pour le reste de la route. Toutes les observances de pénitence et de deuil étaient suspendues et les offices célébrés dans une atmosphère festivale.Toutefois\, à côté de ce motif de joie toute extérieure\, l’Eglise en proposa aux fidèles un autre plus profond : celui du développement de l’Eglise qui allait se faire par le mystère de la Rédemption\, de nouveau réalisé à Pâques. Le choix de ce thème fut sans doute déterminé par le premier scrutin pour l’admission des candidats au baptême\, qui avait eu lieu le mercredi précédent. Ils avaient été inscrits sur les registres\, puis exorcisés par l’exsufflation\, le signe de la croix\, l’imposition des mains ; toutes cérémonies qui étaient et qui sont demeurées le prélude du baptême. C’était déjà\, comme avait dit l’archidiacre au peuple en annonçant le scrutin\, « le mystère céleste par lequel est vaincu le diable avec toute sa pompe\, la porte du ciel ouverte ». Beau sujet d’allégresse que cette fécondité de l’Eglise\, entrevue\, et qui allait précisément se réaliser en ce jour de Pâques vers lequel tous les désirs étaient tendus.La station  fut fixée à Sainte Croix de Jérusalem et là\, devant les reliques de la Croix sur laquelle fut scellée l’alliance éternelle qui  donne la fécondité à l’Eglise\, on chanta son accroissement présent et futur sur les textes de l’Écriture qui l’ont annoncé et chanté à l’avance. C’est encore ce que nous chantons.A l’Office de nuit\, c’est l’histoire de Moyse. Elle vient là\, à son tour\, après celle de Joseph\, mais elle entre\, sans qu’on ait à la forcer\, dans la liturgie du jour. C’est en effet Moyse qui\, après avoir délivré le peuple\, conclut\, en son nom\, l’Alliance avec Dieu\, obtint pour eux la manne céleste et le conduisit en vue de la Terre Promise où devait s’élever un jour la Jérusalem terrestre.A la Messe\, c’est de la Jérusalem céleste et de son merveilleux développement qu’il est question. L’Épître le précise nettement : « Réjouis-toi\, stérile qui n’enfantes pas… » A Moyse\, succède le Christ ; la réalité après la figure. Il nous a délivré de l’esclavage qui pesait sur nous depuis l’origine du monde. Il a noué entre nous et Dieu et scellé de son sang l’Alliance nouvelle\, et il a fait de son peuple comme une cité spirituelle\, la Jérusalem nouvelle\, l’Eglise dans laquelle il donne à chacun de nous la béatitude ; ici-bas\, en nous nourrissant de son corps et de son sang\, et là-haut\, en nous rassasiant de Dieu vu face à face. \nINTROÏT\nLE TEXTERéjouis-toi\, Jérusalem\, et rassemblez-vous\, vous tous qui l’aimez.Réjouissez-vous dans la joie\, vous qui fûtes dans la tristesse ;Afin que tous\, vous exultiez et soyez rassasiés aux sources de votre consolation. \nPs. – Je me réjouis de ce qui m’a été dit : Dans la maison du Seigneur\, nous irons. Isaïe LXVI\, 10\, 11. Ps. CXXI\, 1.C’est une invitation à la joie. L’objet n’en est pas précisé\, mais on le trouve clairement indiqué dans le contexte. On lit en effet en Isaïe\, dans les versets qui suivent : « Réjouissez-vous avec Jérusalem…car voici que je ferai couler sur elle un fleuve de paix ; je répandrai sur elle la gloire des nations comme un torrent qui déborde. Les mauvais périront tous\, mais j’enverrai ceux d’entre eux qui ont été sauvés vers les nations\, et ils annonceront ma gloire aux Gentils\, et ils amèneront tous vos frères de toutes les nations à ma montagne sainte Jérusalem. » (LXVI\, 12\, 19\, 20).Le prophète voit Jérusalem agrandie à la mesure du monde et il appelle le peuple à s’en réjouir.Cette vision se réalise toujours plus\, à mesure que viennent au Christ\, de toutes les nations\, les âmes qu’il appelle. Pâques va lui amener les nouveaux baptisés\, et le fleuve de paix et le torrent de gloire vont déborder un peu plus sur la Jérusalem nouvelle et\, par elle\, sur le monde.Voilà de quoi l’Eglise nous invite à nous réjouir. Il n’y a donc pas un mot à ajouter à la prophétie ; elle a en elle-même son sens liturgique\, et il est toujours d’actualité car\, si désormais les baptisés sont rares le Samedi Saint\, la grâce du sacrement est renouvelée chez tous ceux qui participent au mystère pascal. Il faut seulement donner au mots leur précision liturgique : le convéntum fácite doit s’entendre de l’assemblée des fidèles pour le sacrifice et le satiémini ab ubéribus consolatiónis véstræ\, sans doute de la joie rassasiante que donnera l’Eucharistie à ceux qui sauront s’en délecter. \nLA MÉLODIEQuand l’Eglise lance son invitation à la joie\, elle jouit déjà de la vision glorieuse à laquelle elle convie ses membres ; sa joie passe donc à travers son appel pour se communiquer. Une joie qui se colore d’ailleurs de toutes les nuances du texte : empreinte d’aimable douceur sur les deux premiers mots\, qui s’adressent à la cité sainte elle-même ; ardente\, enthousiaste\, bondissante\, impérative même sur et convéntum fácite ; enveloppée\, sur dilígitis éam\, d’une tendresse qui va\, chargée de désirs\, vers la Jérusalem céleste.Dans la seconde phrase\, elle se fait tout intime. Après la reprise alerte de gaudéte\, elle s’atténue en effet peu à peu et disparaît presque sur in tristítia fuístis pour faire place à une nuance de tristesse compatissante au souvenir de ceux qui\, dans l’exil\, ont pleuré de ne plus jouir des joies de la patrie. Notez les cadences en demi-ton de tristítia et de fuístis et\, surtout\, le si naturel qui exprime si délicatement l’acuité de la douleur.Elle retrouve d’ailleurs tout de suite sur ut exsultétis – et sans transition\, comme l’exige le texte – son ardeur et ses rythmes bondissants ; et\, après avoir souligné satiéminid’un accent de chaude et profonde ferveur\, redevient à nouveau intime\, douce et tendre sur les mots qui évoquent les consolations inénarrables qui sont promises.Chanter dans un bon mouvement alerte et très vivant.L’ictus sera bien placé sur la seconde note de Jerúsalem ; certains manuscrits indiquent qu’elle doit être légèrement retenue. La double note de la dernière syllabe est une bivirga ; la bien poser\, qu’elle ne soit pas dure mais sonore et quelque peu prolongée\, sans ralentir le mouvement toutefois. Arrondir les torculus de convéntum. La tristropha de fácite\, légère ; le torculus ralenti\, mais dans le mouvement\, lequel continue sur ómnes. Veiller à ne pas ralentir cette longue thésis. La double note de dilígitis est une bivirga\, la faire très expressive; ralentir sur les deux notes qui suivent\, mais pas les autres\, le mouvement doit continuer jusqu’à la fin ; la cadence à peine retenue.Un a tempo sur gaudéte. Ne pas forcer le contraste sur tristítia.Reprise du mouvement sur ut exsultétis. La double note de ubéribus est une bivirga.Le Psaume\, qui est comme la réponse du peuple\, doit être chanté dans un bon mouvement de joie\, qu’il a d’ailleurs par lui-même\, avec des accents légers et fervents. \nGRADUEL\nLE TEXTEJe me suis réjoui de ce qui m’a été dit :Dans la maison du Seigneur nous irons. \nVerset. – Que la paix soit dans ta force et l’abondance dans tes fortifications. Ps. CXXI\, 1\, 7.Le Psaume CXXI est un de ceux que les Juifs chantaient au cours de leurs pèlerinages à Jérusalem. Tout en avançant sur le chemin\, ils évoquaient ainsi la joie qui avait envahi leur âme au départ. Cette joie se faisait de plus en plus vive à mesure qu’ils approchaient et\, lorsque la Cité sainte et le Temple s’offraient à leurs regards émerveillés\, les souhaits de bénédiction et de prospérité jaillissaient de leurs cœurs…Paix sur tes remparts\, abondance dans tes tours !…Pour la plupart\, l’objet de la joie s’arrêtait là. En fait\, le Psaume va plus loin\, il va à la réalité dont Jérusalem et le Temple étaient la figure. La joie d’aller dans la maison de Dieu\, c’est la joie d’aller là où il se manifeste\, là où il demeure\, là où il donne\, à ceux qui sont avec lui\, de jouir de sa présence\, dans l’intimité des relations familiales. Cette maison\, c’est la Jérusalem Céleste\, le Ciel\, et en attendant que nous y soyons\, l’Eglise.C’est dans ce sens qu’il faut chanter ici le Lætátus sum. Après la lecture de l’Épître où Saint Paul met en relief\, avec tant de force\, la qualité de fils que nous vaut la Rédemption\, il est l’expression des catéchumènes qui de tous les fidèles qui chantent le bonheur qu’ils vont avoir à Pâques\, d’entrer plus profondément dans le Christ et\, cachés avec lui en Dieu\, de vivre une vie d’intimité avec les divines Personnes…la vie de la Maison pour laquelle nous sommes faits.Le Verset est légèrement différent. La joie y prend la forme d’un souhait de paix et de prospérité à l’adresse de la Jérusalem céleste encore en formation. Dans l’Évangile\, Notre Seigneur va réaliser en quelque sorte ce souhait d’abondance par la multiplication des pains\, symbole de l’Eucharistie qui donnera à Pâques\, à tous les habitants de la Cité Sainte\, la paix dans la force. \nLA MÉLODIEElle a pour objet de dire la joie. Elle la dit\, mais d’une façon discrète\, si discrète qu’on a quelque peine à la découvrir dans l’intonation ; elle ne paraît vraiment que dans la seconde incise sur in his quæ dicta sunt míhi. Elle y est d’ailleurs très nette\, légère\, souple\, tout en élan\, sans avoit toutefois la sonorité grandiose qu’elle avait dans l’Introït\, sur convéntumfácite\, et sur et exultétis ; ce n’est plus une joie qui cherche à se communiquer ; elle est plus personnelle\, plus intime. Elle ne manque pas pour autant d’être ardente ; on notera en particulier le motif si fin qui prolonge míhi avec la clivis allongée du sommet qui y met un si bel accent de ferveur.La seconde phrase\, elle\, est toute grave\, comme si l’âme se fixait en une sorte de contemplation sur son objet divin. Contemplation heureuse\, dont le bonheur profond est partout ; dans la descente de dómum Dómini\, dans le mouvement souple et retenu de íbimus\, dans la cadence finale enfin\, sonore\, pleine\, assurée\, sur laquelle l’âme s’attarde comme sur le mot de l’espérance. \nLe Verset. – Bien que l’idée soit différente\, l’expression demeure la même\, à ce point que les deux phrases sont l’une et l’autre construites sur le même plan que la première partie. Un première incise\, sur fíat pax et abundántia\, correspond à in his quæ dicta sunt míhi et se termine par le même motif : souhait ardent\, pénétré de joie légère\, extérieure\, heureuse. Une seconde incise s’achevant dans le grave sur in virtúte\, répond à dómum Dómini avec la même expression de bonheur profond. Il y a des nuances\, il va de soi : le très bel élan de in virtúte par exemple\, avec l’insistance pleine de ferveur des deux tristrophas et la descente gracieuse\, mesurée et forte de túa ; de même\, le développement de abundántia\, évocateur peut-être de l’Eucharistie ; enfin la cadence finale qui\, pour être commune\, n’en est pas moins parfaitement adaptée à la joie discrète du début qu’elle ramène pour finir.Le mouvement sera léger et assez vif. La double note de lætátus est une bivirga épisématique ;  lui donner de l’ampleur et y mettre la joie. Départ très lancé sur in his. Passer par-dessus le quart de barre de míhi.Les premières notes des podatus de in dómum allongées quelque peu.Départ a tempo sur fíat pax et très en élan. Arrondir le sommet de virtúte. Apporter grand soin au legato de abundántia\, qui sera quelque peu élargi en raison des grands intervalles. \nTRAIT\nLE TEXTE1 .     – Ceux qui se confient dans le Seigneur (sont) comme le Mont Sion.          Il ne sera ébranlé jamais\, celui qui habite en Jérusalem. \n2.     – Des montagnes (sont) autour d’elle\, et le Seigneur autour de son peuple\,          maintenant et à jamais. Ps. CXXIV\, 1-2. \nJérusalem\, bâtie sur un plateau entouré de vallées profondes et dominées sur trois côtés par un demi-cercle de montagnes plus élevées que le centre de la ville\, donnait l’impression d’une citadelle que personne ne pouvait prendre ; celui qui y vivait était en sécurité. D’où la comparaison du psalmiste : « Ainsi seront ceux qui habitent dans le Seigneur » ; c’est à dire ceux qui se donnent à lui au point de fondre dans la sienne leur personnalité ; il est autour d’eux\, comme les montagnes autour de Jérusalem.Le Trait est ainsi comme une réplique au souhait du Graduel. En même temps\, il prélude à l’Évangile qui va mettre sous nos yeux un des exemples les plus frappants de la sollicitude du Seigneur… « Le seigneur est autour de son peuple ». \nLA MÉLODIE \nDans le premier verset un seul motif sort des formules ordinaires – toutes d’ailleurs fort bien adaptées aux mots – c’est le début de commovébitur. Il y a dans la montée du scandicus et dans le pressus qui suit une certaine fermeté qui rend bien l’idée de force inébranlable.Dans le second\, le début de móntes est tout à ait original. Peut-être l’auteur a-t-il voulu\, par ces montées et descentes hardies et brusques\, évoquer les monts et les vallées qui entourent Jérusalem. Le mot Dóminus qui commence la deuxième phrase est en éclatant relief. L’auteur l’a revêtu d’une formule brillante\, très expressive de force\, dans les tenues sur la dominante\, puis d’admiration et de louange\, dans l’élan qui l’emporte jusqu’aux limites du mode avant de la laisser revenir à la tonique en un mouvement thétique tout imprégné de tendre confiance.Faire une pause pour séparer les deux idées après Síon et relier Qui hábitat à in ætérnum. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE \nLoue le Seigneur parce qu’il est bon.Chantez à son nom parce qu’il est doux.Tout ce qu’il a voulu\, il l’a fait\, dans le ciel et sur la terre. Ps. CXXXIV\, 3-6.Deux idées : une invitation à louer Dieu et une affirmation de sa toute puissance. Elles sont d’ordre général\, mais la liturgie précise la raison de l’invitation et le motif de la louange.L’Évangile en effet vient de nous faire entendre le récit de la multiplication des pains\, symbole de l’Eucharistie. Dieu qui a nourri son peuple de lamane autrefois\, le nourrit à nouveau du pain qu’il multiplie. Il continue à le nourrir de la chair et du sang de son Fils. A ce moment même de l’Offertoire\, le miracle se prépare entre les mains du prêtre\, par l’offrande du pain et du vin qui vont\, dans le sacrifice\, devenir la nourriture et le breuvage spirituels de toute l’assemblée.Voilà en quoi le Seigneur est bon\, doux et puissant.Voilà de quoi l’Eglise nous invite à le louer. \nLA MÉLODIEL’invitation est pressante mais discrète ; il semble que l’Eglise\, repliée sur elle-même dans la méditation du miracle dont on vient de faire le récit et du ystère qu’il annonce\, ne veuille pas sortir de son recueillement. C’est un appel tout pénétré de contemplation qu’elle fait entendre.Un IIe mode sans éclat qui se balance en des formules communes sur quelques notes entre le do et le fa. Mais quelle admirable expression de douceur confiante\, paisible\, abandonnée ! Ici et là\, appelés par les mots\, des accents de fervente tendresse : Laudáte\, benígnus est et sa cadence de paix heureuse\, psállite qui renouvelle l’appel et insiste par ses douces tristrophas\, suávis est si paisible\, et suave comme le mot.La troisième phrase a plus de mouvement. Il y a sur ómnia une certaine grandeur et\, dans les notes doubles et les répercussions qui se multiplient sur le fa\, une volonté qui impose sa force ? Après un tel bel élan sur caélo\, la formule finale ramène la contemplation très douce du début.Ne pas chanter trop lentement ; que le mouvement soit  souple et vivant sur benígnus et sur nómine\, lier à la tristropha la note qui la précède en la retenant quelque peu.On fera un a tempo assez marqué au début de la seconde phrase. Ne pas ralentir la cadence de éjus et y rattacher quóniam. La double note de suávis est une bivirga ; lui donner un peu d’ampleur et conduire la voix vers l’accent en la renforçant légèrement.Faire une bonne pause avant la troisième phrase à cause de l’idée nouvelle. Bien appuyer les notes doubles sans leur enlever de leur douceur. \nCOMMUNION\nLE TEXTE \nJérusalem\, qui est bâtie comme une cité compacte et bien ordonnée ! C’est là que montèrent les tribus du Seigneur\, pour louer ton nom\, Seigneur. Ps. CXXI\, 3\, 6. \nIl faut noter tout d’abord que la première partie est une exclamation. C’est le cri des pèlerins qui\, arrivant en vue de la cité\, laissent jaillir leur admiration. La seconde\, qui suit naturellement\, est une évocation du passé\, si riche d’émotions : « C’est là que montèrent les tribus… ». \nTelle est aussi l’attitude de l’Eglise quand elle chante cette antienne. Au moment où les fidèles reçoivent le sacrement qui fait son unité parce qu’il porte en lui la grâce de l’incorporation au Christ\, elle contemple cette union de toutes les âmes et\, fixée dans cette vision de force et de paix\, elle redit\, dans son sens spirituel cette fois\, l’exclamation du psalmiste : Jérusalem nouvelle\, bâtie sur le Christ\, Cité des âmes scellées à la Pierre fondamentale et jointes entre elles par la charité\, Coté compacte et ordonnée par la sagesse et la volonté de celui qui en est le Roi ! Jérusalem vers qui sont venues toutes les tribus de toutes les nations et de toutes les races ; vers qui elles viennent pour la Pâque qui s’annonce ; vers qui elles ne cesseront de venir jusqu’au jour de son éternelle et parfaite splendeur\, pour la louange de ton nom\, Seigneur\, dans le sacrifice glorieux de ton Fils. \nLA MÉLODIE \nDans toute la première partie\, elle est vraiment contemplative. L’Eglise voit la cité et elle admire\, c’est tout. Notez la nuance de tendre respect et de bonheur sur Jerúsalem\, et\, sur la candence de cívitas\, je ne sais quoi de mystérieux\, d’infini\, d’inachevé\, qui prolonge la vision heureuse. Peu à peu cette vision se précise : l’Eglise pend conscience de l’admirable unité des êmes dans le Christ et cette merveille l’exalte. Le mouvement s’anime sur cujus participátio et la phrase se déploie\, mesurée dans sa montée et sa descente\, mais\, en même temps\, pleine d’une joie qui s’enthousiasme.Cette joie d’admiration\, un instant contenue dans le si beau motif de éjus in idípsum\, rebondit et atteint sa plénitude avec l’image des tribus montant vers le Christ. La mélodie s’établit sur les hauteurs ; elle y demeure un instant\, chantant la joie de l’Eglise\, sa fécondité et son plein développement ; puis\, par une descente admirablement ordonnée et dont le motif exprime si fidèlement la vision extasiée et dont le motif exprime si fidèlement la vision extasiée des innombrables tribus\, elle revient à la tonique\, en mettant sur Dómini une nuance de tendre vénération pour le Seigneur. Dans la dernière incise\, c’est encore la vision\, mais l’Eglise s’adresse à Dieu et c’est lui qu’elle voit au premier plan. La mélodie se fait toute de paix simple et heureuse\, s’attardant seulement sur túo\, en un motif gracieux dont la ferveur se prolonge\, intime et délicate\, sur les quelques notes très simples de Dómine.Faire un départ net ; la voix\, bien posée sur le salicus du début\, s’en ira légère vers le pressus de la dernière syllabe\, qui ira quelque peu ralenti\, donnant au mot la nuance de tendresse qui convient. Ne pas précipiter le mouvement\, mais qu’il soit vivant. Veiller en particulier à ne pas traîner la cadence de cívitas. Bien mener le crescendo sur cujus participátio avec une très légère nuance d’accélération vers le sommet. Très peu ralenti sur éjus in idípsum.Illuc énim bien alerte\, et que rien ne retienne le souffle d’enthousiasme de cette admirable phrase ; la cadence de ascendérunt notamment sera bien vivante et on y rattachera de près tribus dont la tristropha légère commencera le mouvement thétique. La première note du podatus de nómini sera élargie. La double note de túo est une bivirga épisématique ; y appuyer la nuance de tendresse\, qui s’épanouira ensuite légère sur la note allongée. \nPolyphonies pour le carême \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici.
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SUMMARY:Dimanche de la Passion
DESCRIPTION:Les Gloria Patri sont supprimés (Asperges me\, introït\, psaume Lavabo). Les crucifix sont voilés. \nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : Prophétie de Jérémie sur la Passion du Christ. \nÉPÎTRE : (Heb. IX\, 11-15). Les fruits de la Passion. Le Christ\, Grand Prêtre par nature\, entre dans le Tabernacle divin\, Le Ciel\, avec son sang et\, remplissant son rôle de médiateur\, rachète le monde une fois pour toutes. \nÉVANGILE : (Jean VIII\, 46-59). Les Juifs accusent Notre Seigneur d’être possédé et essaie de le lapider. \nSTATION : Saint Pierre. \nIDÉE CENTRALE :  La Rédemption du monde par la Passion et la mort du Christ\, annoncée par le prophète\, réalisée par Notre-Seigneur et présentée par Saint Paul dans sa splendeur éternelle. \nINTROÏT\nLE TEXTE \nRends-moi justice\, ô Dieu\, et discerne ma cause de la nation qui n’est pas sainte. De l’homme mauvais et fourbe\, délivre-moi\, car tu es mon Dieu et ma force. \nPs. – Envoie ta lumière et ta vérité : elles me guideront et m’amèneront à ta montagne sainte et à tes Tabernacles. Ps. XLII. 1\,2\,3. \nLe Psaume XLII fut composé dans la captivité. Le psalmiste\, interprétant la prière des captifs\, demande à Dieu de rendre justice à son peuple\, pour le bien qui est en lui\, de ne pas le confondre avec la race idolâtre qiu l’opprime\, et de lui rendre la lumière qui le dégagera des dangers et le guidera vers la montagne sainte et son temple.Lorsque Notre Seigneur\, au cours de sa vie\, eut à réciter ces versets\, ils prirent évidemment sur ses lèvres un autre sens\, leur sens total. Il demandait vraiment que justice lui fût rendue. En tant que Dieu\, il n’avait pas à le demander\, il était l’égal du Père; en tant qu’homme non plus\, car il était d’une absolue pureté. Mais il avait pris sur lui tous les hommes; il les avait à ce point insérés dans sa personnalité qu’ils était vraiment quelque chose de lui\, comme les branches sont quelque chose de l’arbre.  » Je suis la vigne\, vous êtes les branches… » Il les avait pris avec leurs péchés et\, parce que ces péchés étaient un obstacle à leur union avec lui\, il avait résolu d’en assumer la charge devant le Père et de les expédier; ce qu’il faisait depuis le commencement de sa vie et qu’il allait achever dans sa Passion et sa Mort.Lorsqu’il disait :  » Rends-moi justice« \, il demandait donc que le Père le regardât comme justicier\, lui et tous les hommes qui\, dans la suite des temps\, entreraient dans son sacrifice et en recevraient les fruits; et il le demandait comme un droit\, en tant que Verbe fait chair\, en tant que Christ.Il demandait aussi que sa cause fut discernée de celle des hommes qui refuseraient la Rédemption et qui formaient\, dans sa vision de l’avenir\, la nation non sanctifiée\, les réprouvés de Dieu.Enfin\, il implore Dieu de le délivrer de ses ennemis\, qui allaient s’acharner sur lui jusqu’à son dernier souffle\, et de tous ceux qui continueraient\, sous une forme ou sous une autre\, de le persécuter dans ses membres.Cette prière\, le Christ\, dans la gloire\, continue de la dire pour la partie de son humanité collective qui est encore dans les épreuves de la Passion; avec lui\, L’Église\, consciente de ses fautes\, la dit aussi. C’est ainsi qu’elle nous arrive chaque année\, comme la voix du Christ souffrant nous atteignant à travers les siècles\, comme la voix du Christ glorieux intercédant pour nous\, comme la voix du Christ vivant dans l’église qui continue sa passion\, et comme la nôtre\, incluse dans la sienne. \nLA MÉLODIE \nElle commence comme la prière extrêmement humble d’un homme accablé. Judica me Deus. Le Christ sait qu’il a droit à la justice\, mais Il porte sur lui nos péchés et il en a honte; il en souffre; il les regrette comme s’ils étaient les siens; il en a le coeur brisé\, le coeur contri. Voilà bien le sentiment de cette première incise: une prière de contrition\, réservée\, retenue\, sans élan; seul le salicus de Judica me y met une certaine insistance\, tout de suite atténuée d’ailleurs par le si b.Mais voici qu’un autre sentiment se lève et domine. À l’idée d’être confondue avec ceux qui ne veulent pas se repentir\, une sorte de répulsion envahit l’âme du Christ et donne à sa prière un accent à la fois de protestation indignée\, de supplication ardente\, de douleur et d’effroi. Cette expression qui se dessine à partir de causam meam atteint son maximum d’intensité sur la double note de gente – une bivirga épisématique. Ce n’est plus la prière qui demande humblement\, c’est le cri de toute l’âme tendue vers la justice du Père.L’idée est la même dans la seconde phrase\, mais la progression en est plus étendue ; elle se fait lentement sur ab homine\, comme si le Christ s’appliquait à modérer l’horreur qui monte en lui. Elle éclate pourtant à nouveau et plus poussée; eripe me est un véritable appel de détresse. Le fait qu’il s’achève à la quinte supérieure en une cadence sur si\, lui donne encore un caractère de souffrance plus aiguë.La troisième phrase est tout autre. Le Christ ne demande plus\, il ne se plaint plus\, il fait confiance. Tout le long des neumes qui redescendent paisibles vers la tonique\, il n’y a plus qu’une tendresse confiante\, abandonnée\, sûre d’avoir ce qu’elle veut du Père infiniment aimant\, juste et fort. Elle est particulièrement expressive dans la première incise avec le si naturel de Deus\, qui y met une clarté de paix\, et la distropha de meus d’une si intime ferveur.Le Psaume\, par son caractère discret\, paisible et lumineux\, entre bien dans le développement de cette nouvelle idée; l’âme\, ranimée par son abandon en la force du Seigneur\, se livre à lui\, heureuse et confiante\, pour qu’il la conduise à la montagne du sacrifice et\, par-delà le sacrifice\, au lieu de sa béatitude. \nGRADUEL\nLE TEXTEDélivre-moi\,  Seigneur\, de mes ennemis. Enseigne-moi à faire ta volonté. \nVerset. – Délivre-moi\, Seigneur\, des nations en furie. De ceux qui m’attaquent\, tu me feras triompher. De l’homme inique\, tu m’arracheras. Ps. CXLII\, 9-10. XVII\, 48-49.Deux idées bien différentes. La première partie est une prière pour la délivrance et la parfaite soumission à la volonté divine; le Verset\, un cri de foi et d’absolue confiance.Cet appel au secours\, mêlé de soumission humble et d’inébranlable espoir\, qui fut si souvent lancé vers Dieu par David en ses heures d’épreuves\, s’applique pleinement à Notre Seigneur\, au jour de sa Passion. De quelle âme\, à la fois accablée et forte\, dût-il le répéter\, quand tout le monde\, de tous côtés\, s’acharnait contre lui !Il demeure toujours d’actualité sur ses lèvres. Lui\, dans la gloire\, n’a plus à subir les coups de ses ennemis\, mais ses membres qui sont sur la Terre ont besoin\, eux\, d’être délivrés de leurs ennemis toujours actifs; besoin aussi de l’esprit de soumission.Il le demande pour eux et eux le demandent avec lui; puis\, réconfortés par son acte d’éternelle Rédemption que saint Paul vient de leur rappeler dans l’Épître et assurés déjà d’être exaucés\, ils chantent\, dans l’ardeur de leur foi vibrante de certitude\, leur Libérateur. Liberator meus… \nLA MÉLODIE \nLa première incise\, à quelques détails près\, est celle du Graduel Exsurge du IIIe Dimanche de Carême. C’est la même expression que dans le début de l’Introït; le Christ\, accablé\, se tourne vers son Père mais sans pouvoir se dégager de tout ce qui pèse sur lui. Toute humble sous le péché\, sa prière ne monte pas. Même lorsque Domine\, le nom divin\, est amené\, avec tout ce qu’il évoque de miséricorde\, elle demeure réservée\, timide jusqu’en la nuance de tendresse qu’il y met.Au début de la seconde incise\, à l’idée de ses ennemis\, le Christ se relève de sa prostration comme s’il était soudain saisi d’effroi\, et c’est une supplication ardente qu’il lance cette fois. D’un bon\, la mélodie quitte le grave\, touche la dominante sur inimicis\, qu’elle accuse d’un salicus très marqué\, puis se fait de plus en plus insistante\, de plus en plus pressante\, sur les distrophas\, les répercussions\, les torculus allongés de meis. La réserve a disparu devant le danger.Dans la seconde phrase\, l’objet de la prière n’est plus le même. Le Christ sait que le Père ne le délivrera que quand tout son sacrifice aura été accompli; il fera donc sa volonté et de tout coeur\, mais il a besoin de son aide. Doce me… Quel admirable accent sur ces deux mots ! Une prière où l’on sent encore un peu d’angoisse\, mais si soumise! De plus en plus apaisée sur la belle vocalise de facere\, elle s’élève sur voluntatem tuam en un très beau mouvement de ferme assurance\, que la répétition des notes répercutées ponctue de certitude et de ferveur. Quelle que soit la volonté du Père\, elle sera faite jusqu’au dernier souffle\, avec amour. \nVerset. – Après l’humble prière\, l’espoir vibrant de certitude. Le Christ lance vers le Père le cri de sa confiance inébranlable dans une mélodie claire\, ferme\, joyeuse\, toute pénétrée d’amour aussi et à laquelle il donne déjà un accent de triomphe comme s’il anticipait la victoire.Liberatuor meus… Notez que cette première incise est une exclamation; elle n’a pas de verbe. Aussi la mélodie a-t-elle quelque chose de direct\, de spontané\, de vif. Cet empressement de l’âme\, heureuse dans la force de sa confiance\, passe dans le magnifique élan de ce premier mot\, se développe sur meus dans le motif exaltant\, deux fois répété\, qui l’emporte jusqu’au mi; puis\, redescendant vers la tonique du Ier mode\, s’enveloppe d’une tendresse reconnaissante sur Domine\, avant de rebondir\, une fois encore\, sur gentibus iracundis\, dans la joie de la délivrance et l’espoir de la juste vengeance qui vient.Il y a moins que des fusions dans la seconde phrase. Sur insurgentibus in me\, le poids de l’oppression est à nouveau évoquée; la montée est lente et il y a une nuance de plaintes dans les torculus qui descendent vers la cadence en mi. Mais la joie exaltante revient sur exaltabis me qui s’élève à la tonique dans un redressement fier\, noble\, et plein de la même confiance vivante et forte.L’idée de l’homme mauvais\, dans la troisième phrase\, change ce cri d’espoir en une ardente supplication. Il semble bien que cet être mystérieux soit l’ennemi par excellence\, et celui qui fait le plus souffrir. C’est peut-être l’horreur que cause au Christ l’expérience qu’il a eu de ces attaques\, en même temps que le désir qu’il a d’en délivrer à jamais ses membres qui donnent à la bivirga de a viro cette insistance si marquée qui pénètre ensuite tous les mots de l’incise.La confiance\, baignée de joie reconnaissante\, revient sur eripies me\, à la reprise du choeur. Le dernier motif est particulièrement heureux; c’est la troisième fois qu’on l’entend\, mais le voisinage du fa et du si naturel lui confère ici un admirable caractère de suavité; l’âme n’est plus seulement dans la confiance\, elle est dans la paix et elle en jouit. \nTRAIT\nLE TEXTE \n1. Bien des fois ils m’ont assailli depuis ma jeunesse.2. Il le dit maintenant\, Israël : bien des fois ils m’ont assailli depuis ma jeunesse.3. Pourtant ils n’ont pas pu prévaloir sur moi. Sur mon dos\, ils ont tracé des sillons\, les pécheurs.4. Ils ont prolongé  leur iniquité à eux. Le Seigneur brisera le cou des pécheurs. Ps. CXXVIII\, 1-4. \nDans le psaume\, c’est le peuple juif qui raconte ce qu’il a eu à souffrir et qui proclame\, pour finir\, en un mot de dure vengeance\, la certitude que le Seigneur aura le dernier mot.Le sens liturgique est le même; il n’y a qu’à remplacer Israël par le Christ\, et L’Église qui le continu. Le Christ\, persécuté dès son enfance\, demeure imprenable jusqu’à son heure\, comme on va le voir dans l’évangile\, et est finalement vengé par le Dieu tout puissant au matin de sa Résurrection. Ainsi l’Église\, persécutée tout au long de son histoire\, dure\, tandis que\, les uns après les autres\, ses ennemis sont terrassés par la mort\, en attendant le jour de la Résurrection dernière qui sera celui de l’éternelle vengeance de Dieu. \nLA MÉLODIE \nIl n’y a pas d’expression particulière qui tranche sur les formules communes. Il faut signaler toutefois l’intonation des versets; grave dans les deux premiers\, qui évoque les souffrances du Christ; plutôt joyeuse dans les autres\, qui chantent déjà son triomphe; sans presser le contraste toutefois. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTEJe te louerai Seigneur de tout mon coeur. Donne son salaire a ton serviteur. Je vivrai et je garderai tes lois. Vivifie-moi selon ce que tu as dit\, Seigneur. Ps. CX\, 1 – CXVIII\, 15\, 25.Ces idées\, très communes dans les psaumes\, forment un commentaire très heureux de l’évangile. L’âme loue le Seigneur pour la sagesse qu’il a déployée dans sa lutte contre les Pharisiens; puis\, reprenant en quelque sorte l’idée qui fait le fond de l’incident « si quelqu’un garde ma parole\, il vivra« \, elle la lui retourne sous forme de prière : donne-moi ta grâce et je vivrai\, je garderai sa parole; infuse-moi la vie\, selon ce que tu as dit. Chantée au moment où est offerte la matière du sacrifice qui va donner le Pain de vie\, cette prière prend un sens plus actuel encore.LA MÉLODIEElle n’a pas le caractère douloureux des mélodies du temps de la Passion. Aussi bien\, ce n’est pas le Christ qui parle et il ne s’agit pas de ses souffrances. C’est de joie au contraire qu’elle est toute pénétrée. L’âme est heureuse de ce qu’elle vient d’entendre et c’est le bonheur qu’elle a d’être avec le Seigneur\, le bonheur très simple et très intime de recevoir son amour et de lui donner le sien\, qu’elle chante. Il n’y a pas autre chose dans tout l’Offertoire; qu’il s’agisse de la louange de la première phrase ou de la prière des deux autres\, tout est pénétré de la même joie extrêmement paisible\, douce\, intérieur\, contemplative – le mot est exact car l’âme chante pour Dieu seul – avec des nuances très délicates d’ailleurs; tels les accents de ferveur qui s’épanouissent sur le pressus de tibi et sur le torculus de toto corde.La prière qui occupent les deux autres phrases ne supplie pas\, ne presse pas; elle demande\, simplement. Il y a toutefois quelque chose de plus vif dans vivam et custodiam – c’est une promesse que l’âme fait à Dieu – quelque chose de plus pleinement satisfait aussi dans la cadence en fa sur tuos\, comme si le secours du Seigneur faisait entrevoir un avenir plus heureux encore. L’expression est la même dans l’admirable balancement de vivifica me qui met le pronom en un si délicat relief par le rebondissement de tristropha. Il se renouvelle sur verbum tuum avec plus de grâce encore\, la grâce paisible d’un amour que rien ne trouble et qui est devenu\, parce qu’il est très simple\, toute la vie de l’âme. Un dernier accent de ferveur sur le pressus de tuum et tout s’achève sur la cadence pleinement reposée du Ier mode. \nCOMMUNION\nLE TEXTE \nVoilà le Corps qui pour vous sera livré… Ce calice est celui de la nouvelle alliance en mon sang\, dit le Seigneur. Cela\, faites-le chaque fois que vous en prenez en ma mémoire. I Cor. XII\, 24.Ce sont les mots même par lesquels le Christ Jésus à réalisé le sacrifice eucharistique et donné à l’église le pouvoir de le réaliser à nouveau.Ils sont toujours actuels\, et pour le Christ glorieux et pour son Église. Il faut les entendre ici comme la présentation qu’il fait lui-même de son corps et de son sang à ceux qui communient et comme l’invitation qu’il leur adresse de faire ce qu’il a fait : se livrer pour le salut du monde. \nLA MÉLODIE \nLa première phrase est empreinte de sérénité\, de paix profonde et heureuse; la paix du Christ qui est arrivé à son heure\, qui réalise enfin ce à quoi Il a été prédestiné : le sacrifice qui sauve le monde. Rien de dramatique; la simplicité. Quelques notes qui brodent autour de la tonique; c’est toute la première incise. La seconde débute sur le même motif\, s’élève à la tierce et\, après une demi-cadence sur le la\, se pose en fa par le si naturel dans une impression de paix absolue.L’expression de la deuxième phrase n’est pas la même\, c’est l’invitation au sacrifice. Le Christ se fait pressant. On sent l’ardeur du désir qui le brûle : desiderio desideravi… Très marqué dès le début par la clivis allongée sur la dominante\, elle va s’intensifiant jusqu’aux pressus de quoties cumque où elle éclate émouvante; elle s’atténue alors sur sumitis et meam\, et la paix sereine du début revient\, enveloppant toute la cadence finale dans un balancement très simple et très doux.  \nPolyphonies pour le temps de la Passion \nCantiques pour le temps de la Passion (CD 1\, pistes 12 à 16)  \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Saint Joseph\, époux de la Vierge Marie
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nAprès Notre Dame\, saint Joseph est de tous les saints le plus éminent dans l’ordre de la sainteté. Ce n’est pas de ses œuvres extérieures qu’on le déduit mais du rôle auquel il a été prédestiné. Quand Dieu choisit\, il donne à son élu ce qu’il lui faut\, et ce qu’il lui donne est d’autant plus précieux que sa vocation est plus élevée. Or\, Notre Dame mise à part\, personne n’a été appelé à une plus haute mission que saint Joseph : époux de la mère du Christ\, témoin de sa virginité\, gardien de son honneur\, père nourricier\, père légal du Fils de Dieu qu’il a l’honneur de recevoir à son foyer\, mais dont il a aussi la charge de faire l’éducation en le formant à la connaissance expérimentale et à l’usage des choses de la vie. On pressent de très loin quelles qualités naturelles et surnaturelles lui étaient nécessaires.Saint Joseph fut un saint de la vie cachée. Passés les incidents de la Nativité\, on n’en sait plus rien. Il disparaît. Tellement que l’Eglise ne commence que très tard à le fêter. Ce n’est qu’au Xe siècle qu’on le trouve mentionné dans les martyrologes et sa fête en Occident date seulement du XVe siècle. Aujourd’hui en revanche\, il est fêté deux fois. \nINTROÏT\n« Le juste comme un palmier fleurira. Comme le cèdre du Liban il se multipliera. Planté dans la maison du Seigneur\, dans les parvis de la maison de notre Dieu. » Ps. 41\, 13.La mélodie est des plus contemplatives. De la première à la dernière note\, il n’y a que recueillement. Cet effet est obtenu par une succession de tristropha\, de bivirga et de pressus ; notez comment la mélodie suit le texte sur sicut cedrus Libani\, elle s’élance dans une gracieuse montée. \nGRADUEL\n« Seigneur\, tu l’as prévenu de bénédictions de douceur. Tu as posé sur sa tête une couronne de pierres précieuses. La vie il a demandée\, et tu lui as accordé la longueur des jours dans les siècles des siècles. » Ps. 20\, 4 \nTRAIT\n« Bienheureux l’homme qui craint le Seigneur. Ses préceptes\, il désire ardemment les accomplir. – Puissante sur la terre sera sa race\, la postérité des hommes droits sera bénie. – La gloire et la richesse seront en sa maison\, et sa justice demeure dans les siècles des siècles. » Ps. 111\, 1L’application de cette louange du juste se fait d’elle-même à saint Joseph. Il est bien de ceux qui ont pratiqué la docilité à la volonté de Dieu avec une absolue souplesse et dans cet esprit de révérence filiale qui est la crainte à son plus haut degré de perfection. La mélodie relève de la formule ordinaire des traits du 8e mode\, sans expression particulière. On notera toutefois que le mot ejus arrive toujours avec les motifs principaux. \nOFFERTOIRE\n« Ma vérité et ma miséricorde sont avec lui. Et par mon nom s’élèvera sa puissance. » Ps 88\, 25Dans le psaume\, c’est de David qu’il s’agit. Dieu\, une fois de plus lui donne l’assurance de sa fidélité - c’est le sens qu’il faut donner à veritas - en plus de sa bonté.La mélodie de la première phrase révèle une assurance très marquée qui donne à ses mots de promesse toute leur valeur d’expression. La deuxième phrase est pénétrée d’une joie qui s’exalte\, c’est la promesse de la gloire ; d’où le mouvement plus animé pour éclater dans l’ardente montée du cornu ejus. \nCOMMUNION\n« Joseph\, fils de David\, ne crains pas de prendre chez toi Marie\, ton épouse. Ce qui en effet en elle est né\, est du Saint-Esprit. » Math. 1\, 20Cantiques pour Pâques \n\nCoffret de cantiques\, CD 2\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\n\nEcoutes de pièces  \n\nVecci : motets et messe de la Résurrection\nZelenka : messe de la Résurrection\n\nUnique ! Le coffret contenant tous les fichiers (épîtres\, évangiles et préface) sur 1 CD au format MP3 + tous les textes des épîtres et évangiles enrichis sur 1 CD.
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SUMMARY:Dimanche des Rameaux
DESCRIPTION:La Semaine sainte est le sommet de l’année liturgique. Le répertoire est riche\, beau\, mais tout n’est pas accessible à tout le monde. \n\n\n\nAfin de vous aider dans les choix de répertoire\, nous vous proposons des séquences audio d’explications sur ces cérémonies hors du commun et qu’il convient de bien préparer en tenant compte des capacités de votre chorale. Ces explications sont données pour les 4 grandes cérémonies (Rameaux\, messe vespérale du Jeudi-Saint\, Fonction liturgique du vendredi-saint\, Veillée pascale. \n\n\n\nVous trouverez la partition du Trait du dimanche des Rameaux en polyphonie (avec alternance grégorienne) dans notre base de téléchargement. \n\n\n\nLe livre latin français\, La Semaine Sainte est le guide parfait pour suivre les cérémonies de la Semaine Sainte. \n\n\n\nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n\n\n\nL’office comprend deux cérémonies bien différentes : \n\n\n\nLa bénédiction des Rameaux \, qui commémore l’entrée triomphale de Notre Seigneur à Jérusalem\, et la messe \, qui est toute consacrée à la Passion\, dont le récit de saint Mathieu est élu à l’évangile. \n\n\n\nBÉNÉDICTION DES RAMEAUX\n\n\n\nC’est le titre de cette première cérémonie dans le missel. En fait\, le véritable objet en est l’entrée triomphale de Notre-Seigneur.Dès le IVe siècle\, les habitants de la Cité Sainte commémoraient cet événement. Ils se réunissaient à Bethphagé\, à l’endroit même d’où partit Notre Seigneur. On y lisait un passage de l’exode puis\, dans l’évangile\, le récit de l’entrée à Jérusalem. Après quoi\, l’évêque\, revêtu des ornements pontificaux\, montait sur un ânon et était conduit en cortège à l’église du saint sépulcre où la messe était célébrée. Cet usage\, adopté à Rome vers le IXe siècle passa dans la liturgie occidentale. On y ajouta toutefois la bénédiction des rameaux avant le départ de la procession et l’arrêt à la porte de l’église à la fin. C’est ce que nous avons aujourd’hui. \n\n\n\nCinq parties donc dans la cérémonie : \n\n\n\n\nLE DÉPART\n\n\n\nLA BÉNÉDICTION ET LA DISTRIBUTION DES RAMEAUX \n\n\n\nLA PROCESSION\n\n\n\nL’ARRÊT À LA PORTE DE L’ÉGLISE \n\n\n\nL’ENTRÉE DANS L’ÉGLISE\n\n\n\n\nI. LE DÉPART\n\n\n\nCette première partie est organisées comme la messe des catéchumènes : une antienne d’introït\, l’oraison\, l’épître\, un Répons-Graduel\, l’évangile. \n\n\n\nAntienne d’Introït Hosanna\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nHosanna au Fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des Cieux ! \n\n\n\nHosanna est une acclamation de la langue hébraïque qui veut dire : Sauve. Le sens en est donc ici : Salut au Fils de David ! Peut-être la traduction la plus fidèle serait-elle : Vive le Fils de David !Ce sont les paroles mêmes que les Juifs lançaient avec enthousiasme sur le passage de Notre Seigneur.En même temps qu’il les entendait\, criées par la foule\, il nous entendait\, nous aussi\, les chanter à notre place dans le temps\, de sorte que dans la liturgie qui étend jusqu’à nous l’entrée du Christ à Jérusalem\, elles sont sur nos lèvres une réalité bien vivante. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nLes deux Hosanna\, par leur élan en quinte\, sont une très belle acclamation\, spontanée\, vive\, enthousiaste. Le benedictus est plus tempéré\, surtout dans sa partie thétique\, avec même une nuance de gravité sur in nomine Domini. Le rythme de Rex Israël évoque l’enthousiasme éclatant des grandes foules. \n\n\n\nII. LA BÉNÉDICTION ET LA DISTRIBUTION DES RAMEAUX\n\n\n\nC’est une bénédiction très solennelle\, qui comprend le chant de la Préface et du Sanctus. Elle est suivie de la distribution \n\n\n\nAntienne Pueri Hebraeorum\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nLes enfants des Hébreux\, portant des rameaux d’olivier\, allèrent au devant du Seigneur\, criant et disant : Hosanna au plus haut des cieux !Les enfants des Hébreux\, leurs vêtements\, jetaient sur le chemin et ils criaient disant : Beni celui qui vient au nom du Seigneur ! \n\n\n\nC’est une composition libre dans le sens du texte de l’évangile. Elle est chantée comme une évocation de l’accueil triomphal que les Juifs réservèrent à Notre Seigneur et dans lequel nous allons entrer à notre tour. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle est légère\, joyeuse\, fraîche et elle a le souci de mettre en relief\, dans le cadre restreint de l’antienne\, l’acclamation de la fin. \n\n\n\nIII. LA PROCESSION\n\n\n\nAntienne Cum appropinquaret\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nComme il approchait\, le Seigneur\, de Jérusalem\, il confia une mission à deux de ses disciples : allez à ce village qui est en face de vous et vous trouverez le petit d’une ânesse lié\, et sur lequel aucun homme ne s’est assis : déliez-le et amenez-le moi. Si quelqu’un vous interroge\, dites : le Seigneur en a besoin. Le détachant\, il l’amenèrent à Jésus. Ils posèrent sur lui des manteaux et il s’assit sur lui. Les uns étendaient leurs vêtements sur le chemin\, les autres jetaient des branches d’arbres et ceux qui suivait criaient : Hosanna ! Béni Celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni le règne de notre Père David ! Hosanna au plus haut des cieux ! Aies pitié de nous\, Fils de David. \n\n\n\nC’est un arrangement du texte des Évangiles. L’auteur a pris ici et là\, dans saint Mathieu\, saint Marc et saint Jean\, ce qui convenait. Il a seulement ajouté la dernière phrase\, Miserere nobis\, Fili David. L’Église le chante pour évoquer l’événement historique et pour donner à ses membres\, au moment où il revit devant eux\, d’y entrer\, avec les mêmes gestes et les mêmes sentiments que ceux qui en furent les acteurs. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle est un récitatif orné; mais\, à l’encontre du Répons Collegerunt\, l’auteur ne l’a pas dramatisé. Il n’y a rien qui caractérise nettement ni le récitant ni le Christ. Seul le rôle de la foule est vraiment écrit comme une acclamation; l’Hosanna de la fin en particulier est splendide de grandeur et d’enthousiasme vibrant. \n\n\n\nCe qui est le plus curieux\, ce sont les brusques changements de teneur; la mélodie passe du grave à l’aigu sans transition. Quant elle le fait au changement d’interlocuteur\, c’est d’un très heureux effet; comme entre opus Domino\, dernier mot de Notre Seigneur\, et opus Dominoet solventes\, reprise du récit. Ailleurs\, on est un peu surpris\, encore que\, musicalement parlant\, ce soit très beau. \n\n\n\nIV. L’ARRÊT À LA PORTE DE L’ÉGLISE\n\n\n\nCette cérémonie symbolise l’entrée du Christ et des élus dans la Jérusalem céleste. Le péché en avait fermé les portes. La mission du Christ est de les ouvrir à nouveau. C’est lui qui\, en la personne du Pontife\, se tient à la porte. À l’intérieur\, les Anges le saluent d’un hymne de gloire. À l’extérieur\, les élus qu’Il amène avec lui répondent. À la fin\, son heure étant venu\, il ouvre la porte avec sa Croix et\, accompagné des élus\, passe dans la gloire.Ainsi la cérémonie des Rameaux\, s’élargissant à l’infini\, s’achève\, par-delà la Passion et la Résurrection du Christ\, dans la résurrection de tous ses membres\, uns avec lui\, dans la gloire\, a jamais. \n\n\n\n Gloria laus\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nGloire\, louange et honneur soient à toi\, Roi\, Christ\, Rédempteur; à qui la fleur de l’enfance chante l’Hosanna pieux.D’Israël tu es Roi\, de David noble rejeton\, Toi qui vient\, Roi béni au nom du Seigneur !Toute l’armée angélique te loue dans les hauteurs\, et l’homme mortel\, et toutes les créatures ensembles.Le peuple hébreu au devant de toi avec des palmes vient. Avec notre prière\, notre souhait\, nos hymnes\, nous voici\, nous aussi\, devant toi.À toi qui allait souffrir\, ils offraient le tribut de leurs louanges. Nous\, c’est à toi qui règne maintenant\, que nous adressons ces chant.Ils te plurent. Que te plaise aussi notre dévotion\, Roi bon\, Roi clément\, à qui tout ce qui est bon plaît. \n\n\n\nAinsi\, comme on le voit\, sans que l’auteur l’ait voulu\, ce chant se trouve parfaitement adapté à ce dialogue de louanges entre la terre et le ciel qui glorifie le Christ triomphant. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle est un chef-d’oeuvre\, tout le monde en convient. Le premier verset Gloria laus n’a peut-être pas l’élan qu’on souhaiterait pour l’entrée du Christ et des élus dans les splendeurs de la gloire; aussi bien n’a-t-il pas été fait pour une si grandiose acclamation. Il reste qu’il a quelque chose de fort qui convient bien à un conquérant. Les autres versets sont débordants de fraîcheur et de joie aimante. Une seule phrase\, répétée deux fois; c’est tout simple mais\, incontestablement\, le souffle de l’inspiration y passe. \n\n\n\nV. L’ENTRÉE DANS L’ÉGLISE\n\n\n\nRépons Ingrediente\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nÀ l’entrée du Seigneur dans la cité sainte\, les enfants des Hébreux\, annonçant la résurrection de la vie\,  \n\n\n\n * avec des branches de palmiers en main\, Hosanna\, criait-il\, au plus haut des cieux !Versets. Comme il avait appris\, le peuple que Jésus venait à Jérusalem\, il alla au devant de lui.* avec des branches de palmiers… \n\n\n\nCes paroles sont\, comme les autres\, inspirées de L’Évangile. L’auteur a seulement dégagé\, des rameaux printaniers\, le symbolisme de la vie revenue et de la Résurrection du Christ et de ses membres\, qui est le sens de cette dernière cérémonie. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle n’a pas l’éclat qu’on attend d’une antienne qui chante l’entrée triomphale d’un héros et la victoire de la vie sur la mort. Elle a quelque chose de réservé\, de retenu. Avec de beaux élans toutefois; tels Hebraeorum et Hosanna clamabunt où passe facilement\, si on veut l’y faire passer\, le souffle de l’enthousiasme.Elle a du moins le mérite\, si c’en est un\, de faire la transition entre les hosannas éclatants de la procession et les chants douloureux de la messe qui va commencer. \n\n\n\nLA MESSE\n\n\n\nAprès l’entrée triomphale à Jérusalem\, la PassionToute la messe y est consacrée : l’épître rappelle l’abaissement du Christ\, jusqu’à la mort de la Croix; l’évangile en fait le récit; les chants\, eux\, expriment quelque chose du drame intérieur\, quelque chose des états d’âme par lesquels Notre Seigneur passa au cours de ces heures de souffrance.Encore que l’événement historique occupe toute la scène\, il ne faut pas perdre de vue qu’il revit devant nous sous les rites liturgiques et que les mystères du Christ\, en agonie jusqu’à la fin du monde dans ses membres\, est une réalité. Le sens liturgique devient ainsi très actuel et le drame à toute son étendue et toute sa portée. \n\n\n\nINTROÏT\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nSeigneur\, n’éloigne pas ton secours de moi. À ma défense\, veille. Délivre-moi de la gueule du lion et (garde) des cornes des licornes\, ma faiblesse.  \n\n\n\nPs. – Dieu\, mon Dieu\, regarde moi : pourquoi m’as tu abandonné? Elles me mettent loin de mon salut\, les voies de mes péchés. Ps. XXI\, 20\, 22\, 1. \n\n\n\nLe Psaume XXI est messianique au sens le plus strict\, c’est donc du Christ que David écrivait ces paroles\, encore qu’elles puissent s’appliquer à maintes circonstances de sa propre vie.Le Christ\, en face de la souffrance et de la mort qui sont devant lui et qu’il ne peut éviter\, a peur. Il sent\, dans sa nature humaine\, l’horreur de ce châtiment du péché qui va détruire dans son corps l’oeuvre magnifique de Dieu\, la vie; et il appelle au secours le Père pour qu’il le délivre. Prière de son agonie; prière de ses derniers instants sur la Croix; prière de son éternité\, non pas pour lui qui a fini de souffrir\, mais pour ses membres\, pour son humanité collective qui prolonge sa Passion sur la Terre; enfin\, prière toujours actuelle de cette humanité qui trouve\, dans les mots mêmes dont son Chef s’est servi\, la parfaite expression de ce qu’elle souffre\, quand vient sur elle l’épreuve de la croix. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nLa première phrase est d’une admirable sérénité. Quelques notes dans le grave\, revenant à la tonique en des cadences larges et pleines. Un accent de ferveur sur tuum et une insistance bien marquée sur a me donne à la prière un caractère très personnel\, on dirait bien familial : ton secours à toi\, Père\, pour moi\, ton Fils.Toutefois on pourrait y déceler déjà les premières nuances de l’angoisse qui vient.Celles-ci montent peu à peu sur ad defensionem meam et\, après avoir jailli sur aspice en un cri d’ardente supplications\, passent à la phrase suivante où elles mettent sur libera me une insistance\, répétée jusqu’à être émouvante.Après quoi\, comme si le Christ était épuisé par cet appel de détresse\, sa prière se fait plus paisible. Par deux fois – sur ore et sur a cornibus – le motif de ad me\, dans la première phrase\, revient avec son caractère d’intimité; mais\, à l’évocation des bêtes féroces\, symbolisant toutes les tortures physiques et morales qui viennent sur lui\, il se sent à nouveau envahi d’horreur et de répulsion\, et c’est le même appel ardent et chargé d’angoisse qu’il lance au Père sur humilitatem\, le mot même par lequel il dit sa faiblesse et son impuissance. \n\n\n\nL’idée est la même dans le Psaume. Il faut lui donner le même caractère.Que la première phrase soit très calme; chantée à mi-voix. On donnera un peu de longueur à la première note du podatus de ne; le pressus\, discret.C’est dans l’arsis de defensionem que commencera le crescendo de l’angoisse. Bien accentuer meam\, mais que la tristropha soit délicatement posée. Renforcer la voix sur le torculus et la conduire vers le podatus de aspice dont la première note sera allongée. Il y a là un accent de prière émouvant. La double note de la dernière syllabe est une bivirga épisématique\, la faire sonore\, et quelque peu prolongée.Celle de libera me est aussi une bivirga\, épisématique : lui donner du poids\, avec une délicate répercussion; la prière ici\, toujours ardente\, insiste.Bien appuyer la bivirga\, les épisèmes horizontaux et la distropha. Et revenir peu à peu au calme. Renouveler l’insistance sur humilitatem; la note double pourra être répercutée et celles qui précèdent le quilisma\, allongées. \n\n\n\nGRADUEL\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nTu as tenu ma main droite\, dans ta volonté tu m’a conduit\, et dans ta gloire tu m’a pris.Verset.  – Qu’Il est bon\, le Dieu d’Israël ! Ils ont été presque défaillants\, mes pieds\, ils ont été presque chancelants\, mes pas\, parce que je me suis troublé à cause des pécheurs\, en voyant la paix des pécheurs. Ps. LXXII\, 24\, 1-3. \n\n\n\nLe Psaume LXXII est le chant de reconnaissance d’une âme qui se trouve hors de l’épreuve après avoir presque douté de la sagesse de Dieu\, et qui loue le Seigneur de l’avoir gardée dans sa volonté. L’Église applique ces trois versets au Christ souffrant\, ou mieux au Christ consolé. C’est lui qui déchante ici\, à la fois comme une paraphrase de l’épître et comme un émouvant prélude au récit de la Passion qui va suivre. \n\n\n\nSaint Paul vient de nous dire quelle gloire lui a valu l’abaissement de sa Passion. Cette glorification ne se réalisa extérieurement qu’après Pâques\, et ce n’est qu’à la fin des temps qu’elle aura sa plénitude; mais\, parce qu’il jouissait à tout instant de la vision de la béatification\, son abaissement n’a jamais été tel qu’il ait perdu un seul instant la paix et la joie que\, même aux heures les plus terribles de son épreuve\, elle mettait dans les profondeurs de son âme. S’il a permis\, à certains moments\, que sa sensibilité en fût privée\, les ténèbres et les angoisses qu’il subissait alors n’étaient que passagères; leur part de passion réalisée\, la lumière et la paix y revenaient. Il devait alors sentir en lui un bonheur profond et une reconnaissance infinie pour le Père sage et bon qui\, dans l’épreuve\, l’avait guidé et soutenu. \n\n\n\nC’est ce qu’il chante dans le Graduel; ce que fut la paix de son âme profonde\, tout au long de sa Passion et ce qu’elle est à jamais maintenant dans la gloire. Et c’est aussi ce que nous chantons avec lui; la paix de notre âme dans notre passion\, de notre âme éclairée de la lumière du Christ\, soutenue de sa force\, enveloppée déjà dans la gloire du Père\, vers qui va toute épreuve. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nOn n’y trouve pas de tristesse\, ni d’angoisse\, ni le moindre signe de souffrances ou de lourdeurs d’âme\, mais un mélange de complète satisfaction\, de tendresse et de paix. \n\n\n\nDans la première partie\, le Christ s’adresse au Père. Il ne chante que pour lui. Après l’intonation\, si expressive de bonheur et de tendresse dans son élan discret et la plénitude de ses intervalles\, la mélodie ne se meut que sur quelques notes autour du fa. Elle s’élève un peu sur les verbes qui précisent l’action divine : deduxisti me\, assumpsisti me et c’est tout. Beaux mouvements d’ailleurs\, s’achevant sur me en des cadences délicatement humbles qui laissent inachevées\, parce qu’indicibles\, la reconnaissance et l’amour. \n\n\n\nLe verset. – Le Christ ici ne s’adresse plus au Père; c’est au monde entier qu’Il proclame la bonté divine\, comme s’il ne pouvait contenir sa reconnaissance dans les limites de l’intime contemplation. Le ton est donc tout autre. \n\n\n\nLa première phrase est une exclamation de pure louange. Le Christ laisse sa voix s’élever sur Quam bonus en un élan d’admiration joyeuse et de gratitude; puis\, il enveloppe Deus et rectis corde de longs neumes qu’il étend\, retarde\, multiplie comme s’il les trouvait impuissants par eux-mêmes à exprimer tout ce qu’il a à dire. \n\n\n\nLa seconde commence par les derniers neumes du motif de deduxisti me. Il lui donne tout de suite quelque chose de plus réservé. Aussi bien ce n’est plus de la louange pure : le Christ confie ses épreuves. Toutefois\, même au milieu des souvenirs de ces heures sombres\, il ne peut se départir de la joie que le Seigneur\, en dépit de tout\, lui a gardée. Cette joie réapparaît vite et enveloppe moti sont pedes de la même formule que rectis corde et de la même atmosphère de paix heureuse. \n\n\n\nDans la troisième\, la réserve est plus marquée et elle demeure. La mélodie descend dans le grave tout de suite et ne remonte que sur le motif de dedixisti me et de mei autem\, ramené sur gressus mei.  \n\n\n\nCette gravité désormais ne la quittera plus. Ce n’est pas que la joie ait disparu; elle est partout sous-jacente\, mais l’enthousiasme du début n’est plus. \n\n\n\nLe Graduel finissant sur cet humble aveu\, il semble que l’idée ne soit pas conduite à son terme; on aimerait que la louange vînt à nouveau chanter la reconnaissance. Primitivement\, il en était ainsi. Il y avait au cours du verset une reprise en refrain\, à tour de rôle\, de chacune des phrases de la première partie. Tenuisti après rectis corde; in voluntate après gressus mei \, et cum gloria après peccatorum videns. Ce mélange de contemplation et de louange extérieure donnait au Graduel une merveilleuse unité et un parfait achèvement. \n\n\n\nOFFERTOIRE\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nL’insulte\, il l’attendait\, mon coeur\, et la misère. Et j’ai attendu quelqu’un qui avec moi sympathisât\, et il n’y a eu personne; quelqu’un qui me consolât j’ai cherché\, et je n’ai pas trouvé; et ils m’ont donné pour nourriture\, du fiel; et ma soif\, ils l’ont étanchée avec du vinaigre. Ps. LXVIII\, 21-22. \n\n\n\nLe  Psaume LXVIII est messianique au sens le plus strict. C’est deux versets ont donc en eux-mêmes leur sens liturgique ; il nous livre la plainte qui était au coeur du Christ dans les derniers instants de sa vie. Elle nous arrive ainsi par-delà les âges dans toute sa douloureuse réalité\, mais elle continue d’être la plainte du Christ glorifié; non pas qu’il souffre désormais\, mais il a souffert dans sa Passion de tout ce qui l’atteint aujourd’hui. Il suffit de lire les révélations qu’il a faites à Sainte Marguerite-Marie et à tant d’autres pour s’en rendre compte. Les mots du Psaume qui furent l’expression intérieure de sa souffrance au Calvaire servent encore sa pensée aujourd’hui\, hélas ! \n\n\n\nIl est impossible d’entrer totalement dans cette souffrance des abandons et des mépris; elle fut infinie. Il le faut cependant pour autant qu’on le peut. L’Évangile nous y prépare et la mélodie nous y aide grandement. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle n’est qu’une plainte\, du commencement à la fin. Lourde et comme accablée sur improperium\, elle s’élève peu à peu\, s’intensifie\, s’étale insistante sur cor meum\, puis devient plus puissante et plus aiguë sur miseriam. C’est la plainte des opprobres\, des insultes\, de tout ce qui monte vers lui de la colline autour de la croix\, et des siècles autour de la colline; de tout ce qui le couvre de honte et le submerge comme une eau fétide dont il ne peut sortir. Il n’attend plus rien. Il n’a plus d’espoir. Il n’aura\, jusqu’à la fin\, que la solitude. \n\n\n\nIl a cherché. Et sustinui… et voilà que le souvenir de tout ce qu’il a fait et la vision de tout ce qu’il fera pour avoir ses amis avec lui\, lui revient\, avec la douleur des refus qu’ils lui opposent. La mélodie\, toute entière construite sur des cadences en demi-ton\, devient extrêmement douloureuse. Une insistance très prononcée sur non fuit par un salicus\, un épisème horizontale sur la première note du porrectus\, une répercussion sur le pressus de la cadence\, met en plein relief cette douleur des abandons. \n\n\n\nL’expression est la même dans la phrase suivante sur consolantem me\, mais beaucoup plus forte\, beaucoup plus violente. Sur et non inveni c’est un véritable cri. Il s’achève en une déception découragée tout le long de la descente sur fa. \n\n\n\nCe n’est pas tout. Il y a la contrepartie. Ceux qu’il a cherchés sont devenus ses ennemis et ses bourreaux : et dederunt... la plainte se ranime\, elle insiste – notez la tenue et la répercussion – tant est inconcevable une telle ingratitude; mais elle n’est pas violente cette fois\, seul le dernier mot\, fel –  le mot de l’amertume – a une nuance aiguë nettement marquée. \n\n\n\nC’est l’opposition de la méchanceté des hommes au désir ardent qu’il a eu de les aimer\, qui\, sous l’image du vinaigre offert à sa soif\, provoque l’expression la plus forte\, sur et in siti mea; un cri déchirant\, prolongé sur l’épisème horizontale et qui s’achève sur mea en une descente brusque cette fois mais marquée\, par le pressus\, de tout le poids de la souffrance qui dure. Il ne se renouvelle pas; c’est le dernier. La mélodie aussitôt devient calme. Elle est toujours douloureuse\, mais ne fait que se tenir sur quelques notes autour de la dominante. Aceto n’a pas d’expression forte; ce n’est pas de l’aigreur du vinaigre que le Christ se plaint mais de ce que sa soif n’est ni comprise ni apaisée. \n\n\n\nCOMMUNION\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nPère\, s’il ne peut\, ce calice\, passer sans que je le boive\, que soit faite ta volonté. Matth. XXVI\, 42. \n\n\n\nC’est le mot de l’acceptation soumise qui clôt la scène douloureuse de l’agonie; le mot par lequel le Christ s’offre à l’immolation. \n\n\n\nChanté au moment où les fidèles reçoivent le sacrement qui les transforme dans le Christ immolé\, il garde pour eux le même sens précis. Il est le mot par lequel ils acceptent l’immolation qui vient. Ils se sont offert depuis l’Offertoire\, Dieu les a acceptés; il leur reste à se laisser immoler tout au long des heures et des jours\, par les souffrances\, les épreuves\, les difficultés\, portées comme la Croix du Christ\, dans l’esprit de la Rédemption. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nL’intonation est empreinte d’une grande souffrance. Le Christ est à peine sorti de l’agonie où il a été terrassé par la vision de ce qui l’attend. La vision demeure et le fait trembler encore. Toutefois\, dans cet appel qu’il lance vers le Père\, il n’y a rien de violent. C’est une douleur d’accablement déjà toute pacifiée. Cette impression de paix se développe d’ailleurs tout de suite et prend même\, sur la demi-cadence en sol de hic calix\, une touche de joie intime et profonde. Il y a sur nisi bibam illum\, notamment sur la cadence en si\, un retour de douleur assez marqué\, mais fiat voluntas tua\, qui est le mot de l’acceptation proprement dite\, est d’une admirable sérénité. La mélodie se pose sur la tonique en une cadence ferme et douce à la fois\, et d’une telle plénitude\, que ce n’est plus seulement la soumission qu’elle chante mais c’est la joie profonde du sacrifice. \n\n\n\n\nTrait du dimanche des Rameaux en faux-bourdon\n\n\n\nVoir également les partitions pour le temps de la Passion\n\n\n\nL’hymne Vexilla Regis\n\n\n\n\n\nEcoutes de pièces:\n\nMembra Jesu nostri de Buxtehude\n\n\n\n\n\nCantiques: Jésus Christ monte au calvaire \n\nO Croix dressée sur le monde  \n\n\n\nVive Jésus\, vive sa croix\n\n\n\n\n\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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DESCRIPTION:Le livre latin français\, La Semaine Sainte est le guide parfait pour suivre les cérémonies de la Semaine Sainte. \nCommentaires des pièces des offices de ce jour par Dom Baron.\nLes offices du Jeudi Saint commémorent les événements qui vont de la Cène à la Passion. L’agonie\, les complots\, la trahison sont l’objet des Ténèbres du mercredi soir. La messe du Jeudi matin\, elle\, est consacrée exclusivement à la Cène\, ou\, plus exactement\, à l’Institution de l’Eucharistie et du Sacerdoce. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nPour nous\, notre gloire doit être cherchée dans La croix de Notre Seigneur Jésus-Christ\, En qui est notre salut\, notre vie et notre résurrection. Par qui nous avont été sauvés et libérés. \nPs. — Que Dieu ait pitié de nous et qu’il nous bénisse. Qu’il fasse briller son visage sur nous Et qu’il ait pitié de nous. \nC’est une composition libre inspirée de Saint Paul (Gal. VI\, 14). Au début de cette messe qui commémore la première messe\, l’Église se recueille. Elle contemple le mystère et\, fixant ses pensées sur les conséquences qu’il doit avoir jusque dans les sources de notre activité vitale\, elle se dit à elle-même : pour nous\, c’est dans la croix de Notre Seigneur Jésus Christ\, c’est-à-dire dans son sacrifice\, que nous devons mettre notre souci de gloire. Et cela\, non seulement en le regardant et en le vénérant dans la foi comme l’acte qui nous a sauvés\, mais en y entrant\, en nous offrant\, au cours du sacrifice\, à la vertu transformante du sacrement qui nous fait de plus en plus participer à la nature\, et donc à la gloire du Christ ressuscité\, en qui est notre salut\, notre vie et notre résurrection. Le Psaume s’élève alors comme une prière pour que Dieu fasse le sacrement produire en nous le fruit que nous désirons. \nLA MÉLODIE\nElle a bien dans la première incise ce caractère de profonde réflexion ; elle n’a pas grand mouvement mais insiste sur tous les mots\, notamment sur gloriari oportet dont elle fait une affirmation résolue et solennelle ; notez le salicus\, la clivis épisématique et tout le mouvement de oportet si ferme. Dès que l’idée du sacrifice se présente\, elle se pénètre d’émotion ; une arsis pleine de mesure conduit le mouvement vers le sommet\, où il s’épanouit sur nostri en un accent de ferveur qui se prolonge jusqu’à la fin du nom béni. Il est repris dans la phrase suivante sur les mots qui disent les fruits du sacrifice : salus\, vita\, resurrectio nostra. La dernière phrase est plus intérieure\, si l’on peut dire\, mais la ferveur est toujours là ; elle trouve sur la tristropha de per quem salvati et sur la cadence de liberati sumus une très belle expression de gratitude profonde et aimante. Bien balancer le rythme de gloriari oportet et qu’il soit ferme. Le crescendo de la deuxième incise sera mené délicatement. La double note de nostri est une bivirga épisématique ; elle sera appuyée\, mais il faut veiller à ne pas l’attaquer durement. C’est une ferveur d’amour qu’il faut y mettre. Même recommandation pour celle de vita qui est aussi une bivirga épisématique. Appuyer la première note de per\, afin de la lier à la tristropha. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nLe Christ s’est fait pour nous obéissant jusqu’à la mort\,La mort même de la Croix. \nVerset. — A cause de cela\, Dieu l’a exalté\,Et lui a donné un nom qui est au-dessus de tout nom. Philip. II\, 8-9. \nCes deux phrases évoquent tout le drame de la Rédemption ; l’abaissement du Christ et sa glorification. C’est pourquoi l’Église répète la première partie à la fin de toutes les heures durant les jours saints et y ajoute le verset à la fin des laudes du samedi\, comme la première évocation de la résurrection prochaine. Ici\, après la lecture de l’Epître\, où Saint Paul fait le récit de la Cène\, elle les chante en leur donnant leur sens eucharistique. Elle y voit le Christ prolongeant son abaissement dans le sacrifice de la messe et recevant\, de ce même sacrifice\, la gloire d’être aimé dans l’intime des âmes au point de devenir en elles le principe de toute leur vie. Elle les adresse aussi comme un appel à chacun de ses membres — l’appel de l’exemple — pour qu’ils s’abaissent jusqu’à entrer dans le sacrifice du Christ par le don d’eux-mêmes\, afin de pouvoir un jour entrer dans sa gloire ; le jour où leur sera donnée la manne cachée dont l’Eucharistie est le sacrement\, et le caillou blanc sur lequel sera écrit leur nom nouveau… qui sera au-dessus de tout nom. (Apoc. II\, 17.) \nLA MÉLODIE\nChristus factus est pro nobis obédiens usque ad mortem\, mortem autem crucis. C’est une mélodie type. Nous l’avons trouvée déjà à la fête de Saint Jean l’Evangéliste\, mais ici l’application au texte est si parfaite qu’on pourrait se demander si l’on n’est pas en présence de l’original. La première partie se développe dans une atmosphère de gravité profonde. Il n’y a pas de doute que l’auteur n’ait voulu y symboliser l’abaissement du Christ\, comme il symbolisera dans le Verset son exaltation par des neumes légers\, joyeux\, triomphants\, qui se perdent dans les régions les plus élevées du mode. Toutefois ce n’est là qu’un détail ; ce qui passe à travers cette gravité\, c’est le sentiment de l’Église et de ses membres en face du drame de la Passion et de son prolongement dans le sacrifice eucharistique. L’âme se sent couverte de confusion devant l’abaissement du Christ\, et de contrition aussi\, car elle y est bien pour quelque chose. Elle n’ose élever la voix ; elle chante\, comme repliée sur elle-même\, d’un timbre assombri. Toute la première incise est dans cette atmosphère ; nobis en particulier. Peu à peu la mélodie prend de l’ampleur\, mais c’est la même réserve\, la même retenue\, la même gravité. L’âme est seulement plus émue parce que les détails se précisent : l’obéissance\, la mort\, la mort de la croix\, et elle laisse aller son émotion avec la progression des mots et des images\, de plus en plus atterrée devant cette inconcevable abnégation ; jusqu’à ce que vienne la descente de crucis qui est comme une chute de l’esprit dans le vide\, comme le mot au-delà duquel elle ne trouve plus rien qui puisse dire et l’abaissement du Christ et sa confusion à elle-même. \nLe Verset \n Propter quod et Déus exaltavit illum et dedit illi nomen quod est super omne nomen. \nLa glorification après l’abaissement. La joie\, claire\, exubérante\, triomphale\, pleine d’admiration et d’amour pour le Christ glorifié : pleine de fierté et d’espoir pour nous qui entrerons un jour dans sa gloire. Une intonation pleine de mouvement porte la mélodie sur la tonique où elle se fixe et se développe sur illum et illi en de longs neumes pleins de vie et d’éclat. L’âme y chante à loisir le Christ exalté et sa propre joie à elle-même. Ils s’achèvent sur nomen par le motif de triomphe que nous avons trouvé si souvent au temps de Noël et que nous retrouverons dans quelques jours dans le Graduel de Pâques. Quelques notes de transition amènent la formule finale qui est commune mais qui sert admirablement le mot nomen par l’insistance noble et quelque peu grave qu’elle y met. Le mouvement de la première partie sera assez lent ; disons : grave\, c’est encore le mot. La descente sur nobis sera bien retenue. Un crescendo discret sur obédiens. Bien appuyer la double note du sommet qui est une bivirga. Lier la première note de usque au pressus ; qui sera très expressif ; de même celle de mortem. Donner du poids et un peu de longueur à la double note de autem qui souligne déjà l’abaissement de la Croix. Ne pas faire trop sourde la deuxième note de la clivis de Crucis et lui donner toute sa valeur. Le Verset sera plus dégagé\, vivant et joyeux ; éviter toutefois de forcer le contraste. Bien faire l’accent de exaltavit. La virga qui précède la note la plus élevée de illum sera élargie\, comme tout le mot d’ailleurs. Répercussion légère sur la première note du dernier climacus. \nOFFERTOIRE\nLa droite du Seigneur a fait éclater sa puissance\,La droite du Seigneur m’a exalté. Je ne mourrai pas\, mais je vivrai\,Et je ferai connaître les œuvres du Seigneur. Ps. CXVII\, 16-17. \nC’est le même que celui du IIIe Dimanche après l’Epiphanie. Il n’y a rien à ajouter. Le texte prend seulement\, dans le cadre du Jeudi Saint\, un sens eucharistique. Le Christ y chante sa victoire sur la mort\, son exaltation et sa mission de louange. Mais la merveille que la droite du Seigneur a faite en lui\, ce n’est pas seulement sa Résurrection c’est encore le pouvoir qu’il a de communiquer sa vie. C’est dans cette extension de lui-même par l’Eucharistie\, qui prolonge en quelque sorte son Incarnation\, qu’il est exalté\, qu’il vit encore sur terre et qu’il continue d’y louer Dieu : non moriar sed vivam et narrabo opera Domini. Comme on les entend bien\, ces paroles\, dans l’action de grâces débordante d’enthousiasme qui devait remplir l’âme de Notre Seigneur après la Cène ! Comme elles sont bien à leur place aussi sur les lèvres de l’Église et de chacun de ses membres en pareil jour et à pareil moment ; car\, en vérité\, la droite du Seigneur\, par la vertu transformante de l’Eucharistie\, fait en nous ce qu’elle a fait dans le Christ. Elle nous fait un avec lui ; quelle exaltation ! et nous ne mourrons pas\, mais nous serons avec lui\, vivant à jamais pour l’éternelle louange… »Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang ne mourra pas et je le ressusciterai au dernier jour. » \nCOMMUNION\nLE TEXTE \nLe Seigneur Jésus\, après qu’il eut soupé avec ses disciples\,Lava leurs pieds et leur dit : Savez-vous ce que je bous ai fait à vous\,Moi\, le Seigneur et le Maître ? Un exemple je vous ai donné pour qu’ainsi vous aussi vous fassiez. Jean XIII\, 12-15. \nAu moment de la communion\, dont le fruit sacramentel est l’unité des hommes dans la charité du Christ\, l’Église évoque la scène\, déjà lue à l’Evangile\, où Notre Seigneur s’abaissa jusqu’à être le servant des siens\, et le présente dans cette attitude en exemple à tous ses membres en leur redisant ses paroles mêmes. \n LA MÉLODIE \nLe récitatif est très simple. Après l’intonation pleine de tendre révérence pour le Seigneur\, il s’établit sur un motif de quelques notes trois fois répété\, sur cum discipulis suis\, sur lavit pédes eorum et sur ait illis\, créant autour de cette scène émouvante une atmosphère de mystère empreinte de tristesse déjà. La parole de Notre Seigneur s’élève alors lente\, grave\, toute pénétrée de tendresse\, avec ici et là des accents d’une infinie délicatesse. Notez le pressus de scitis\, la montée de vobis et le motif de l’intonation repris sur Dominus et magister qui\, tout en insistant sur les deux mots\, fait cette fin d’interrogation si simple et si douce. La dernière phrase se déroule dans la même simplicité\, avec le motif du récitatif ramenant une fois de plus\, sur et vos ita\, la tendre sollicitude de Notre Seigneur et Maître. Allonger un peu la première note du climacus de l’intonation et remonter avec grâce sur la double note de Jésu ; c’est une bivirga\, l’appuyer d’un accent de ferveur délicat. Mouvement tranquille tout le long du récitatif. Toute la montée de scitis retenue et enveloppée dans un crescendo très recueilli. La même nuance pour toute la parole de Notre Seigneur. \nPange lingua\nLes grands intervalles montant à la dominante\, les cadences sur sol\, sur ré\, sur mi\, donnent à cette hymne un caractère de grandeur et de noblesse très marqué. Bien veiller à la chanter ici avec une certaine ampleur. Elle doit être un chant de procession\, non pas qu’elle doive en prendre exactement le pas\, mais le mouvement doit être adapté au cortège. \nCantiques eucharistiques \n\nQuelques partitions de cantiques eucharistiques\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Vendredi Saint
DESCRIPTION:Le livre latin français\, La Semaine Sainte est le guide parfait pour suivre les cérémonies de la Semaine Sainte. \nCommentaires des pièces de cette cérémonie par Dom Baron.\nINTROÏT\nL’office comprend quatre cérémonies : les lectures de l’Ancien Testament et de la Passion selon Saint Jean\, les grandes oraisons\, l’adoration de la Croix\, la messe des présanctifiés. \nLes Lectures\nTrait Domine audivi\nHabacuc III\, 2-3. \nC’est un très beau commentaire de la première leçon qui annonce et les miséricordes et le châtiment dont\, au dernier jour\, il frappera le peuple qui refuse de les recevoir. Les formules mélodiques sont celles du IIe mode\, avec quelques particularités amenées par le texte ou le contexte.— Seigneur\, j’ai entendu ta parole et j’ai eu peur. J’ai considéré tes œuvres et j’ai été épouvanté. L’intonation\, qui est celle de tous les traits du IIe mode commençant par Domine (Cendres\, Mercredi Saint)\, est une humble supplication. Notez le mot tuum\, très en relief par la distropha et la tristropha\, et la formule de considéravi ; elle ne se trouve généralement que dans les derniers versets\, mais elle va bien ici avec le sentiment qui pénètre tout le texte.— Au milieu de deux animaux tu te manifesteras\, quand les années seront arrivées ; quand les temps seront accomplis\, tu te montreras de nouveau. Ce verset ne se trouve pas dans la Vulgate\, il est de la traduction des Septante. La tradition a toujours vu dans la première partie une évocation de l’âne et du bœuf de la crèche de Bethléem. L’auteur du Trait le voyait certainement ainsi\, car il a évoqué innotescéris une des formules du Graduel de la Messe de minuit\, celle de Doino\, dans le Verset. Notez à nouveau\, sur tempus\, la grande formule de consideravi\, avec la même expression\, bien à sa place sur lemot qui annonce le jugement dernier. — En cela alors mon âme sera troublée. Dans ta colère\, tu te souviendras de ta miséricorde. — Dieu viendra du Liban\, et le Saint\, de la montagne ombragée et boisée. La grande formule de Déus demeure dans la même expression et aussi la grande formule de monte\, pour la troisième fois entendue. — Elle couvrira d’ombre les cieux\, sa majesté ; et de sa louange\, pleine sera la terre. La première partie de ce verset reproduit exactement le motif de Dies et la vocalise de illuxit nobis et de lux magna du verset de l’Alléluia de la Messe du jour de Noël ? C’est d’autant plus frappant que\, là et ici\, il s’agit des cieux qui s’ouvrent pour l’avènement du Christ : premier et second avènement ! \nTrait Eripe me Domine\nPs. CXXXIX\, 2-10\, 14. \nIl fait suite à la lecture du passage de l’Exode sur l’institution de la Pâque ordonnée par Dieu à Moïse. C’est la figure précédant la réalité dont le récit sera fait à l’Évangile\, mais c’est à la réalité qu’il s’applique\, au Christ souffrant dont il est la prière angoissée. Les formules musicales sont généralement très expressives. — Délivre-moi\, Seigneur\, de l’homme méchant ; de l’homme indigne\, délivre-moi. Belle supplication sur Eripe me ; la même que sur Déus meus\, le Dimanche des Rameaux. — Ils ont médité leur malice dans leur cœur ; tous les jours ils ont comploté leurs attaques. La formule de cogitavérunt rend bien « lactivité incessante de comploteurs\, tout en demeurant pénétrée de souffrance ? Notez l’insistance sur corde. — Ils ont aiguisé leurs langues comme celles des serpents ; le venin de l’aspic est sous leur langue. Acuérunt\, très en relief. — Garde-moi\, Seigneur\, de la main des pécheurs ; et des hommes iniques\, délivre-moi. La mélodie partant du fa donne à la prière quelque chose de vif qui fait un heureux contraste avec la longue plainte qui précède.5. — Ils n’ont pensé qu’à me renverser ;Ils ont caché\, les orgueilleux\, un piège pour moi. — Et des filets\, ils ont tendu devant mes pieds ;près du chemin\, ils ont mis de quoi me faire tomber.7. — J’ai dit au Seigneur ; Tu es mon Dieu\, exauce\, Seigneur\, la voix de ma prière. Bel accent de confiance sur meus es tu.8. — Seigneur\, Seigneur\, qui es la force de mon salut. Couvre ma tête au jour du combat. Même accent de confiance sur meae.9. — Ne me livre pas contre mon désir au pécheur. Ils ont formé des projets contre moi ; ne m’abandonne pas de peur qu’ils ne s’en glorifient. La prière s’intensifie et devient sur ne tradas me une admirable supplication.10. — La tête de ceux qui sont autour de moi\, que le travail de leurs lèvres la couvre (de honte).— Mais les justes loueront ton nom. Ils habiteront\, les justes\, devant ta face. Notez la brillante expression de tuo\, confiante et tendre\, et la grande formule sur recti qui prend\, sur cette vision de béatitude\, une nuance de joie. \nAdoration de la Croix\nEcce lignum\nVoici le bois de la Croix sur lequel le Salut du monde a été suspendu. Venez\, adorons-le. L’Église\, par le prêtre\, présent au monde la Croix rédemptrice en quelques mots très simples\, sur une mélodie grave\, qui se nuance d’humble repentir et de commisération pour les souffrances du Christ. La réponse du peuple est dans la même atmosphère d’humble contrition. Toutefois chacun des mots a son expression propre. Venite est résolu comme le mouvement spontané de l’âme qui répond au geste du prêtre. C’est en même temps une sorte d’invitation. Le départ sera décidé\, vigoureux et tout l’arsis aura une ferveur qui se concentrera sur la note qui précède le quilisma\, laquelle coïncide d’ailleurs avec l’accent tonique. Par contre\, la thésis sera paisible\, élargie. Elle dessine par sa courbe l’attitude du corps qui se prosterne et de l’âme qui s’anéantit devant le Christ en Croix\, confuse\, repentante et soumise\, dans la douleur qui lui cause les souffrances qu’il a endurées et ses propres péchés\, qui les lui ont values. Dans cette attitude d’humble prostration adorémus sera chanté doucement dans un mouvement très souple et très recueilli. \nImpropères\nCe sont les reproches que le Christ adresse au peuple juif. C’est donc lui qui est en scène\, et c’est lui que les chantres\, la schola\, toute l’assemblée représentent\, quand ils chantent tout à tour les versets. Rien de plus légitime ; nous sommes le Christ qui continue et nous avons\, à ce titre\, le droit de parler en son nom aux Juifs. Mais\, en même temps qu’aux Juifs\, le Christ\, à travers nous\, s’adresse à nous. Ce qu’il a fait\, il l’a fait pour nous tout autant que pour le peuple hébreu. De quelle Egypte ne nous a-t-il pas tirées ? De quelle manne ne nous-a-t-il pas nourris ? Vers quelle terre promise ne nous conduit-il pas ? Et ne trouve-t-il pas souvent en nous une ingratitude qui dépasse la leur ? Chacun des trois premiers versets est suivi d’une invocation\, en grec et en latin\, au Dieu Saint\, au Dieu fort\, au Dieu Immortel\, laquelle s’achève par un appel à la miséricorde. Il est assez normal d’y voir le cri des Juifs repentants\, et le nôtre\, et celui de tout le monde chrétien\, répondant aux doux appels du Christ crucifié. Popule meus. — Mon peuple\, que t-ai-je fait ? En quoi t’ai-je contristé ? Réponds-moi. Cette interrogation constitue le prélude et va devenir le refrain de tous les impropères. Le ton n’en est pas un ton de reproche ; le mot est trop fort de beaucoup. La mélodie est grave\, triste\, mais pénétrée d’une telle tendresse ! C’est une question que le Christ\, délicatement\, pose à son peuple\, pour savoir si\, comme inconsciemment — qu’il veuille bien excuser le mot —  il ne l’aurait pas\, en quelque façon\, froissé lui-même. Cette tendresse\, qui est prête à s’accuser\, pour se faire attirante\, est partout dans cette admirable phrase. De la cadence si douce de Popule meus\, elle s’élève lentement sur quid feci tibi et s’épanouit\, sur le pressus et la clivis allongée\, en un accent de délicate insistance. La même question\, ardente cette fois\, monte sur in quo contristavi te\, puis\, tout enveloppée de patiente douceur\, redescend le long de la thésis sur des rythmes clames\, paisibles\, qui glissent\, serrés les uns contre les autres\, sans heurt\, de peur qu’un rien de dur ne vienne compromettre l’œuvre de miséricorde. C’est le Christ doux et humble de cœur qui chante là. La douleur y est aussi\, mais\, baignée dans la tendresse\, elle ne se laisse voir que juste ce qu’il faut pour toucher de compassion le cœur du coupable. Quia eduxi te de terra Aegypti. — Parce que je t’ai tiré d’Egypte\, tu as préparé la Croix à ton Sauveur. Ici\, le reproche est formel\, et d’autant plus\, qu’il se fait à la façon d’une antithèse ; l’ingratitude de la passion et de la croix venant s’opposer au bienfait passé remis en mémoire ; mais la mélodie\, qui est exactement la même\, enveloppe le reproche de la même bonté. Le Christ ne reprend que pour exciter et repentir\, et toujours il le fait avec une extrême délicatesse\, délicatesse de l’amour qui veut la miséricorde plus que le sacrifice. C’est cet amour qui met son accent sur le pressus de eduxi\, sur la cadence de te et\, s’il faut bien coir une nuance de reproche sur la cadence finale de Salvatori tuo\, il faut la voir baignée de douceur\, d’une douceur maternelle. Agios o théos. — Dieu Saint\, Dieu fort\, Dieu immortel\, aie pitié de nous. Le peuple touché de repentir\, crie vers la miséricorde. Supplications ardentes. Mêmes dans les deux premières\, l’ardeur est bien marquée ; notez les deux pressus. Elle prend tout sa puissance d’intercession dans la troisième ; la mélodie\, établie sur la dominante\, emporte la prière en un crescendo ininterrompu jusqu’au sommet de eléison où elle prend\, sur le pressus\, un accent d’intense ferveur ; elle rebondit sur la clivis allongée en descendant et s’achève\, sur la cadence commune\, en une dernière pression. Quia eduxi te per desertum. — Parce que je t’ai conduit à travers le désert quarante ans durant et que je t’ai nourri de la manne et que je t’ai introduit dans une terre excellente ; tu as préparé une Croix à ton Sauveur ! Même mélodie\, même expression. Le développement nécessité par la longueur du texte amène deux incises nouvelles qui s’achèvent en des cadences d’une douceur plaintive\, émouvante\, sur cibavi te et optimam. Quid ultra debui facere tibi et non feci. — Qu’est-ce que j’aurais dû faire pour toi et que je n’ai pas fait ? Moi-même\, je t’ai planté comme ma vigne la plus précieuse\, et tu es devenue pour moi plus qu’amère. C’est avec du vinaigre que tu as apaisé ma soif et d’un coup de lance tu as percé le côté de ton Sauveur. Dans l’ensemble l’expression demeure la même. Il y a peut-être plus de douleur\, un peu partout ; une douleur de déception. Elle est très vive sur vineam speciosissimam et sur et tu facta es mihi nimis amara\, marquée surtout par les rythmes binaires des thésis. Il faut évidemment chanter ces versets lentement ; les accents bien légers avec des crescendo discrets et avec un grand souci d’expression\, sans forcer en rien les nuances. Les formules psalmodiques des versets qui suivent\, beaucoup plus simples\, ne sont pas moins expressives. L’atmosphère de miséricordieuse bonté est d’ailleurs entretenue d’une façon fort heureuse par la répétition de Popule meus après chacune d’elles. Il faut mettre très en relief l’antithèse des ego et des et tu. \nAntienne Crucem tuam\nTa Croix\, nous l’adorons\, Seigneur\,Et ta sainte Résurrection nous louons et glorifions. Voilà en effet qu’à cause du bois de la CroixVient la joie pour le monde entier.Ps.— Que Dieu ait pitié de nous\, et qu’il nous bénisse ;Qu’il fasse briller son visage sur nousEt qu’il ait pitié de nous. Elle est chantée au moment où la Croix\, après avoir été vénérée\, est déposée au milieu de l’autel. C’est l’adoration collective après l’adoration individuelle. L’atmosphère est toute autre la glorification du Christ en Croix commence. La tristesse a disparu. Ce n’est pas encore la joie éclatante ; mais les accents de triomphe se font déjà entendre très nets. La première incise reproduit exactement l’intonation du Te Déum. Le reste est assez commun\, aux antiennes du IVe mode et plutôt contemplatif. Il faut noter toutefois Le beau mouvement qui chante a nuance delà joie sur vénit gaudium. Chanter dans un bon mouvement\, avec un rythme vien marqué\, et ferme sur la cadence finale. \nHymne Pange lingua\nLa première phrase est un chant de triomphe enthousiaste et joyeux. La seconde est plus réservée sans que le caractère triomphal ait disparu. La troisième quia reproduit emprunte au texte vénération et tendresse. \nHymne Vexilla Régis\nChant de triomphe encore ; il est moins éclatant que le précédent\, mais ce serait une erreur que d’en faire un chant de deuil et de mort. Le chanter avec enthousiasme\, dans un rythme très marqué\, et dans une sonorité puissante. Polyphonies \n\nPolyphonies classiques pour la Passion \nCantiques pour la Passion\nChant de la Passion selon saint Jean\n2e répons de la fonction liturgique en polyphonie\n\nEcoutes de pièces  \n\nBUXTEHUDE : Membra Jesu nostri\n\nLe chant de la Passion selon saint Jean Disponible dans le coffret des Matines des Jours saints.
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DESCRIPTION:Le livre latin français\, La Semaine Sainte est le guide parfait pour suivre les cérémonies de la Semaine Sainte. \nCommentaires des pièces de la Vigile pascale par Dom Baron.\nIntroduction\nL’office comprend sept cérémonies différentes : la bénédiction du Feu nouveau\, la bénédiction du Cierge Pascal\, les Prophéties\, la bénédiction des Fonts Baptismaux\, les Litanies\, la Messe\, les Vêpres. Il n’y a de chant collectif que pour les Traits entre les prophéties\, les Litanies\, la Messe et les Vêpres. \nL’Avant-Messe\nCantique Cantemus\n1. — Chantons au Seigneur\, car il a fait éclater sa gloire : Le cheval et le cavalier il a précipités dans la mer.2. — Il est mon Dieu et je l’honorerai\, le Dieu de mon Père et je l’exalterai.3. — C’est le Dieu qui brise les guerres\, Seigneur est le nom qui lui convient. Exode XV\, 1-2.C’est le cantique de Moyse après la traversée de la Mer Rouge. Notre louange reconnaissante rejoint\, à travers les siècles\, celle des Hébreux délivrés et chante le Baptême\, qui était figuré dans le passage à travers les eaux. Pour tous les traits\, les formules musicales du VIIIe mode sont sans aucune expression particulière. \nCantique Vinea facta est\n1. — Une vigne fut faite pour mon bien-aimé sur un lieu élevé et fertile ;2. — et d’une haie\, il l’a entourée\, et il a creusé autour\, et il y a mis du plant de Sorec\, et il a bâti une tour au milieu.3. — Et il a fait un pressoir. Or la vigne du Seigneur des armées\, c’est la maison d’Israël. Isaïe V\, 1-2.Ce cantique d’Isaïe paraphrase la prophétie qui annonce le lieu de fraicheur et de paix qu’est le Ciel et l’Eglise. La vigne aimée est symbole de l’Eglise et de l’Eucharistie qui en est la vie et vers laquelle tendent tous les désirs des catéchumènes. \nCantique Attende caelum\n1. — Ecoute\, Ciel\, et je parlerai ; et que la terre aussi écoute les paroles de ma bouche.2. — Qu’il soit attendu comme la pluie\, mon discours\, et qu’elles descendent comme la rosée\, mes paroles ;3. — Comme l’eau sur le gazon et comme la neige sur l’herbe des champs ;Car le nom du Seigneur je vais célébrer.4. — Rendez hommage à notre Dieu. Dieu\, ses œuvres sont vraies et toutes ses voies justes.5. — Dieu est fidèle\, en lui pont d’iniquité ;Juste et saint est le Seigneur. Deutéronome XXXII\, 1-4.Ce n’est que le prolongement de la prophétie qui vient d’être lue dans laquelle Moyse donne au peuple ses recommandations après qu’il a eu fini d’écrire la loi. \nCantique Sicut servus\nComme le cerf désire les sources d’eau\, Ainsi soupire mon âme après toi. Elle a soif\, mon âme\, du Dieu vivant. Quand viendrai-je et paraitrai-je devant la face de mon Dieu ? Elles ont été pour moi\, mes larmes\, mon pain jour et nuit\, Lorsqu’on me disait à longueur de jour : où est ton Dieu ? Ps. XLI\, 2-4.C’est le chant des catéchumènes exprimant une dernière fois leur ardent désir du Baptême\, qui leur donnera le Christ consolateur de toutes les souffrances. Il est la conclusion de tant de prières\, lues\, dites et chantées depuis que la Septuagésime a ouvert la période de préparation. A celle-ci\, comme à toutes celles qui ont précédé\, nous avons à nous joindre\, afin que la grâce du Baptême se renouvelle abondante en nous. \nLitanies\nC’est le chant le plus simple qui soit. Il a en lui-même son expression de prière. \nLa Messe\nAlleluia\nIl est très discret. Bien qu’il soit le chant depuis longtemps attendu et désiré et qu’il exprime la joie de Pâques qui nous presse\, il faut lui garder sa discrétion. Tout au plus un crescendo à chaque élévation de la voix. \nConfitemini\nLE TEXTECélébrez le Seigneur parce qu’il est bon\, Parce que éternelle est sa miséricorde. Ps. CXVII\, 1. C’est une invitation que l’Eglise adresse aux nouveaux baptisés et à nous qui avons renouvelé la grâce de notre baptême. Elle n’a pas besoin d’être commentée. L’Epître\, en un mot\, lui donne sa raison d’être et son sens : « vous êtes morts et votre vie est cachée en Dieu et lorsque le Christ\, votre vie\, apparaîtra\, vous apparaîtrez\, vous aussi\, dans la gloire… » C’est assez de notre résurrection\, dans le Christ ressuscité\, pour faire éclater notre reconnaissance joyeuse et inviter tout le monde à louer avec nous la miséricorde éternelle de notre Dieu. LA MÉLODIEElle a bien le caractère d’une invitation. On le sent dès le premier mot qui est tout en élan et qui a\, sur la distropha et la virga répercutée\, quelque chose de pressant. La joie n’est pas encore éclatante mais elle est là\, ardente\, partout\, baignée de tendresse sur Domino\, sur quoniam bonus et sur éjus\, dans le rythme souple et gracieux des distrophas et des clivis répercutées. \nTRAIT\nLE TEXTE 1. — Louez le Seigneur\, toutes les nations\, et louez-le ensemble\, tous les peuples.2. — Parce que est confirmée sur nous sa miséricordeet que la vérité du Seigneur demeure éternellement. Ps. CXVI\, 1-2.Invitation à la terre entière cette fois. C’est l’Eglise\, c’est nous qui invitons\, sachant ce que nous savons de la miséricorde qui est venue sur nous par la grâce de notre Baptême. LA MÉLODIECe sont les formules toutes simples du VIIIe mode\, mais il va de soi qu’il y passera\, sans qu’on ait besoin de rien faire\, toute la joie du Baptême\, et de l’Eucharistie qui vient. \nLes laudes\nAntienne Alleluia\nUn seul mot dit tout : joie. Joie pleine plutôt qu’exubérante. Joie de l’Eucharistie ; joie de la première Communion des catéchumènes\, et de la nôtre aussi\, renouvelée. La chanter dans un mouvement assez large mais très joyeux. \nAntienne Vespere autem Sabbati\nLa nuit du Sabbat\,Quand commence à s’éclairer le premier jour après le Sabbat\, Vinrent Marie-Madeleine et l’autre Marie pour voir le Sépulcre. Alleluia. Simple récit qui nous place dans le mystère de la Résurrection à l’heure même où il va se réaliser. L’intonation est commune au VIIIe mode mais\, sitôt qu’elle est lancée\, une joie légère et fraîche enveloppe les mots\, en se balançant sur les podatus allongés de lucéscit et de in prima. On la retrouve sur vidére\, qui est le mot important\, encore qu’elle n’ait à aucun instant quitté la mélodie. Ite missa estAlleluia. Alleluia. Ici\, la joie éclate\, comme la conclusion enthousiaste du premier acte du mystère pascal et comme le prélude des autres qui vont se dérouler dans la variété des Alleluia cinquante jours durant. Cantiques pour Pâques \n\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\nPolyphonies pour Pâques\n\nEcoutes de pièces \n\nZelenka : messe de la Résurrection\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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