BEGIN:VCALENDAR
VERSION:2.0
PRODID:-//Sacra Musica - ECPv6.17.5//NONSGML v1.0//EN
CALSCALE:GREGORIAN
METHOD:PUBLISH
X-WR-CALNAME:Sacra Musica
X-ORIGINAL-URL:https://www.musique-liturgique.com
X-WR-CALDESC:Évènements pour Sacra Musica
REFRESH-INTERVAL;VALUE=DURATION:PT1H
X-Robots-Tag:noindex
X-PUBLISHED-TTL:PT1H
BEGIN:VTIMEZONE
TZID:Europe/Paris
BEGIN:DAYLIGHT
TZOFFSETFROM:+0100
TZOFFSETTO:+0200
TZNAME:CEST
DTSTART:20270328T010000
END:DAYLIGHT
BEGIN:STANDARD
TZOFFSETFROM:+0200
TZOFFSETTO:+0100
TZNAME:CET
DTSTART:20271031T010000
END:STANDARD
BEGIN:DAYLIGHT
TZOFFSETFROM:+0100
TZOFFSETTO:+0200
TZNAME:CEST
DTSTART:20280326T010000
END:DAYLIGHT
BEGIN:STANDARD
TZOFFSETFROM:+0200
TZOFFSETTO:+0100
TZNAME:CET
DTSTART:20281029T010000
END:STANDARD
BEGIN:DAYLIGHT
TZOFFSETFROM:+0100
TZOFFSETTO:+0200
TZNAME:CEST
DTSTART:20290325T010000
END:DAYLIGHT
BEGIN:STANDARD
TZOFFSETFROM:+0200
TZOFFSETTO:+0100
TZNAME:CET
DTSTART:20291028T010000
END:STANDARD
END:VTIMEZONE
BEGIN:VEVENT
DTSTART;VALUE=DATE:20280701
DTEND;VALUE=DATE:20280702
DTSTAMP:20260610T205649Z
CREATED:20250218T115541Z
LAST-MODIFIED:20260610T205649Z
UID:10000339-1846022400-1846108799@www.musique-liturgique.com
SUMMARY:Fête du Précieux Sang de Notre Seigneur
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nCe qui est célébré en cette fête c’est d’abord le sang de NotreSeigneur qu’il a versé pour nous racheter à la circoncision\, à l’agonie et tout le long de sa Passion\, jusqu’à sa mort … et après. Mais c’est plus que cela. Ce n’est pas le sang lui-même qui nous a sauvés\, c’est la personne qui s’est livrée à ceux qui l’ont répandu. Le sang ici est le symbole de la Rédemption et c’est en fait le Christ\, rédempteur du monde par son sang\, qui est l’objet de la fête. \nInstituée en 1849 par Pie IX en action de grâces pour la délivrance de Rome par les Français le 1er juillet\, elle fut d’abord célébrée le premier Dimanche de ce mois. Pie X la fixa à la date exacte de l’évènement qu’elle commémore. En 1934 Pie XI l’éleva au titre de double de première classe à l’occasion du dix-neuvième centenaire de la Rédemption. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nTu nous as rachetés\, Seigneur\, par ton sang de toute tribu et langue et peuple et nation et tu nous as faits à notre Dieu\, un Royaume.\nPs. Les miséricordes du Seigneur\, éternellement je chanterai. De génération en génération je dirai ta fidélité par ma voix. Apoc. V. 9. 10. – Ps. LXXXVIII\, 2. \nCes paroles sont le début du « Cantique nouveau » qu’il fut donné à Saint Jean d’entendre dans sa vision de Pathmos. \n« Et je vis au milieu du trône\, et des quatre animaux\, et au milieu des vieillards\, un Agneau debout comme immolé …Et quand il prit le livre les quatre animaux et les vingt-quatre vieillards tombèrent devant l’Agneau\, ayant chacun une cithare et des coupes d’or pleines de parfums\, qui sont les prières des saints. \nEt ils chantaient un cantique nouveau disant : «Digne tu es de prendre le livre et d’en ouvrir les sceaux parce que tu as été immolé. Et que tu en as racheté pour Dieu en ton sang de toute tribu\, et langue et race et peuple et nation et que tu les as faits pour notre Dieu royaume et prêtres et ils règneront sur la terre. » \nHommage de la terre et du ciel\, du temps et de l’éternité\, des peuples et des individus au Christ qui les a rachetés de son sang et fait avec lui et en lui son Royaume sacerdotal.\nIl ne pouvait être de choix plus heureux pour chanter le sang divin par qui furent faites cette rédemption et cette divinisation. \nLA MÉLODIE\nLa première phrase et une partie de la seconde sont empruntées à l’Introït Cognovi du Commun des Saintes femmes. Le reste sont des fragments des Introïts Conféssio de Saint Laurent\, Omnia quae fecisti et Dum Clamarem du XXe Dimanche et du Xe Dimanche après la Pentecôte. Le tout\, parfaitement fondu\, fait comme une triple acclamation. La première\, d’abord quelque peu retenue par les deux premiers temps ternaires de Redemisti monte de plus en plus ardente vers Domine et sanguine. Une détente brève\, et la seconde s’élève dans la même ardeur sur tribu et populo\, renforcée là par la répercussion de la distropha. La troisième\, elle\, s’étale tout de suite sur fecisti où elle revêt\, sur la virga pointée et la tristropha\, un caractère de contemplation\, comme si l’Eglise\, à l’évocation de ce royaume né du Précieux Sang\, demeurait suspendue dans l’admiration et la gratitude. La détente\, avec la très belle reprise sur nostro\, demeure dans le même sentiment. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nCelui-ci est Celui qui vient par l’eau et par le sang: Jésus-Christ. Non dans l’eau seulement. Mais dans l’eau et le sang. \nVerset. – Ils sont trois qui donnent témoignage dans le ciel: Le Père\, le Verbe et l’Esprit-Saint. Et ces trois sont un. Et ils sont trois qui donnent témoignage sur la terre: l’Esprit\, l’Eau\, et le Sang. Et ces trois sont un. I. Jean\, V. 6\, 7\, 8. \nSaint Jean a écrit ces paroles pour confondre les hérétiques de son temps qui soutenaient que l’homme-Jésus n’aurait été uni au Christ\, homme-céleste venu d’auprès du Père\, que depuis son baptême et jusqu’avant Sa passion. Tandis que le Christ\, spirituel et donc impassible\, s’éloignait de lui\, l’homme-Jésus aurait ainsi été seul à mourir et à ressusciter. \nContre cette erreur\, l’Apôtre affirme que le Christ est venu\, non seulement par l’eau\, c’est-à-dire le baptême\, mais par le sang\, qui s’entend ici de sa conception dans le sein de Notre-Dame et de sa mort sur la Croix. De celà\, trois témoignent dans le ciel : Le Père\, le Verbe et le Saint-Esprit; les trois sont d’accord. Et trois témoignent sur la terre: L’Esprit\, qu’il faut entendre ici au sens de l’Eglise\, à travers laquelle il agit; l’eau et le Sang qu’il a vus\, lui Jean\, couler du côté du Seigneur Jésus au moment où les phénomènes effrayants attestaient la mort du Fils de Dieu. Ces deux derniers témoins\, symbole de purification et de vie\, sont devenus la réalité du Baptême et de l’Eucharistie qui nous incorporent au Christ mort et ressuscité. \nC’est évidemment l’évocation du Précieux Sang qui a déterminé le choix de ces versets pour la fête. Il faut en laisser le côté apologétique et n’y voir que l’évocation du Christ souffrant accepté par le Père pour le paiement de notre rachat. Le Graduel alors\, paraphrasant l’Epître\, sera la louange de l’Eglise chantant sa reconnaissance au médiateur de la Nouvelle Alliance\, entré avec son propre sang dans le Saint des Saints éternel\, pour y poursuivre son œuvre de médiation et de propitiation. \nElle est la reproduction\, à peu près note pour note\, de celle du Graduel Speciosus forma du Dimanche dans l’octave de Noël. On voudra bien se reporter à l’analyse détaillée qui en a été donnée alors. \nEvidemment l’application ne vaut pas l’original. Il manque ici l’admirable lyrisme du Cantique de l’Epouse qui inspira les nuances si délicates de la mélodie. Il reste que certains mots y trouvent une très heureuse expression: Qui venit\, dans la première phrase\, vibrant de joie enthousiaste\, et sanguine\, grave et doux\, cœlo et terram qui riment dans les deux phrases du verset … \nALLELUIA\nLE TEXTE\nSi le témoignage des hommes nous acceptons\, le témoignage de Dieu est plus fort. I Jean V. 9. \nC’est la suite du texte du Graduel et la conclusion de l’argument apologétique de Saint Jean. De cette phrase sans lyrisme\, on a voulu faire une louange; elle s’y prête peu\, il faut bien le reconnaître\, du moins dans la première partie. La seconde\, séparée de l’autre\, peut le devenir. C’est sur elle qu’il faut centrer la pensée pour en faire un hommage de fidélité et de reconnaissance au Dieu qui nous a donné tant de lumière. \nLA MELODIE\nElle est calquée sur celle de l’Alleluia Domine Deus salutis meae du XIIe Dimanche après la Pentecôte. Le texte ici ne s’harmonise pas avec son caractère de prière paisible\, dans la première phrase surtout. Dans la seconde\, l’adaptation est plus heureuse. La montée à la dominante de testimonium met en relief\, fort à propos\, l’infinie valeur du témoignage de Dieu\, la thésis se courbe pleine de vénération sur Dei et la reprise arsique de majus est renforce l’idée de grandeur et de vénération. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nLe calice de bénédiction que nous bénissons\, n’est-ce pas la communion au sang du Christ ? Et le pain que nous rompons\, n’est-ce pas la participation au corps du Christ ? I. Cor. X. 16. \nCette parole\, que Saint Paul adressait aux Corinthiens pour les rappeler à la pratique loyale de la vie du Christ devient ici une sorte de paraphrase à la fois de l’Evangile et de l’offrande de la matière du sacrifice qui se fait au moment où on la chante. La phrase est interrogative mais elle ne comporte ni aucun doute\, ni même aucune nuance d’argumentation poussée. Elle est au contraire l’expression d’une conviction forte qui monte au plus profond de l’âme toute recueillie sur le mystère ineffable. \nLA MÉLODIE\nC’est une contemplation\, comme une parole intérieure dite dans l’intimité et qui ne s’extériorise qu’autant qu’il est nécessaire pour exprimer l’admiration\, la tendresse\, la reconnaissance dont elle est pénétrée. \nToute recueillie dès le début\, sur la tristropha de l’intonation\, l’âme se laisse aller simplement à chanter\, sur les paroles de bénédiction qui suivent\, la joie qu’elle a de pouvoir participer au calice du Christ. Elle ne cherche pas à se livrer\, elle chante pour elle-même. De là la paix heureuse des cadences de benedictionis et de benedicimus et le legato de tous les neumes entre eux. Si l’expression monte peu à peu à partir de benedicimus\, c’est que\, à l’évocation plus précise du Sang Rédempteur\, le sentiment devient plus vif. Il n’y a d’ailleurs dans cette montée à la dominante aucun intervalle hardi\, aucune ardeur poussée. La paix de la contemplation demeure. La seconde phrase n’a pas cet élan. Elle est plus grave. Le motif de nonne\, de la première phrase. revient bien sur nonne\, ici encore\, mais à la quinte inférieure\, et toute la fin est très contemplative. Il faut noter particulièrement les cadences des deux phrases en suspens sur sol et sur mi\, elles sont ainsi parfaitement adaptées à la forme interrogative du texte; mais comme cette finale inachevée sert bien aussi l’attitude de l’âme quittant comme inconsciemment la contemplation qui chante\, pour la contemplation silenciense! \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nLe Christ une fois s’est offert pour effacer les péchés d’un grand nombre. Une seconde fois\, sans le péché\, il apparaîtra pour ceux qui l’attendent comme le salut. Haeb. IX. 28. \nEvocation des deux venues du Christ est fort heureuse au moment où les fidèles reçoivent le Sang précieux qui les purifie et qui va être dans leur âme source de vie éternelle. \nLA MÉLODIE\nL’Eglise s’est inspirée de la mélodie de la Communion du Dimanche de la Passion. Mais les paroles ici n’ont rien de commun avec l’Hoc Corpus. Aussi l’expression est-elle tout autre. \nLa première phrase\, à elle seule\, est paisible et douce\, mais il y manque la bonté tendre et la mélancolie prenante qui font de la Communion de la Passion un chef-d’œuvre. La cadence sur sol les détruirait d’un coup si seulement elles commençaient de naître et\, plus encore\, les mots évocateurs du triomphe à venir dont est faite toute la seconde phrase. \nL’ensemble est bien ordonné – à condition qu’on ne pense pas au modèle – la montée sur apparebit très heureuse\, de même la tristropha qui concentre le désir de cette venue glorieuse\, avant de le laisser se détendre sur la finale assurée et pleine de bonheur. \nUnique ! Le coffret contenant tous les fichiers (épîtres\, évangiles et préface) sur 1 CD au format MP3 + tous les textes des épîtres et évangiles enrichis sur 1 CD.
URL:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/fete-du-precieux-sang-de-notre-seigneur/2028-07-01/
CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Sanctoral
ATTACH;FMTTYPE=image/jpeg:https://www.musique-liturgique.com/wp-content/uploads/2021/06/Precieux_sang.jpg
LOCATION:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/fete-du-precieux-sang-de-notre-seigneur/2028-07-01/
END:VEVENT
BEGIN:VEVENT
DTSTART;VALUE=DATE:20280702
DTEND;VALUE=DATE:20280703
DTSTAMP:20260610T204858Z
CREATED:20250218T115742Z
LAST-MODIFIED:20260610T204858Z
UID:10000319-1846108800-1846195199@www.musique-liturgique.com
SUMMARY:Quatrième dimanche après la Pentecôte
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n\n\n\nIDÉE CENTRALE : La Providence. Dieu dispose tout avec force et douceur pour qu’à travers la béatitude des hommes qui veulent se laissez guider\, se réalise sa gloire. Cette Providence se manifeste avec éclat dans l’histoire de David et de Goliath. L’enfant aux cheveux roux\, choisi à un moment critique de l’histoire d’Israël\, tue avec sa fronde le géant tout armé et sauve le peuple. Figure du Christ qui triomphera de Satan et sauvera le monde.Il ne suffit pas toutefois d’être dirigé\, il faut se laisser diriger\, c’est ce que l’Église demande dans la Collecte : « Seigneur que le cours du monde soit pour nous paisible sous la conduite de votre Providence ».Il restera les épreuves ; elles sont les inévitables fruits du péché mais St. Paul\, à l’Épître\, nous dit qu’il n’y a pas de proportion entre elles et la gloire qui les dépasse infiniment et qu’elles sont\, comme toute chose\, des moyens dont Dieu se sert pour notre béatitude.Enfin\, ce soin que Dieu prend du monde est illustré\, à l’Évangile\, par l’incident de la pêche miraculeuse. Le Christ conduit la barque au bon endroit et\, là où ils ont pêché en vain toute la nuit\, les apôtres prennent tant de poissons que leurs filets se rompent. Figure de l’Église qui\, sous la direction du Christ et de Pierre qui le représente\, s’en va prendre les hommes pour les amener à Dieu\, leur Béatitude. \n\n\n\nINTROÏT\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nLe Seigneur est ma lumière et mon salut\, qui craindrai-je ? Le Seigneur est le défenseur de ma vie\, de qui aurai-je peur ? Ceux qui me persécutent\, mes ennemis\, ont trébuché et sont tombés. \n\n\n\nPs. – S’il se dresse devant moi une armée\, il ne craindra pas\, mon cœur. Ps. XXVI. 1\, 2\, 3. \n\n\n\nLe Psaume XXVI est un chant de confiance triomphante. Dans la lumière d’en haut\, le Psalmiste a une conscience si vive de la force protectrice de Dieu autour de lui qu’il se laisse aller à un enthousiasme qui frôle la témérité.Dans le cadre liturgique de ce Dimanche\, consacré à la Providence\, il n’y a rien à ajouter à ces deux versets. L’Église\, éclairée par le Christ son chef\, sait que tout est disposé pour la gloire du Père et\, qu’en fin de compte quoi qu’il arrive\, c’est elle qui aura le dernier mot. Elle le dit à la face de ses ennemis et de Satan leur chef\, qu’elle voit\, dans une vision proche ou lointaine trébucher et tomber les uns sur les autres. \n\n\n\nLA MELODIE\n\n\n\nElle donne à ce texte déjà si expressif par lui-même un ton de confiance joyeuse\, enthousiaste\, vibrante\, avec même cette nuance de défi que l’on trouve dans les élans de foi d’une jeunesse bouillante d’ardeur. Aussi bien\, c’est l’Église éternellement jeune qui chante l’infinie puissance de son chef ; le vainqueur de la mort et de Satan.Des notes longues\, sans cesse ramenées au fa par la tierce inférieure\, donnent à la première phrase une force extraordinaire. Il n’y a pas d’éclat ; c’est une volonté qui se pose\, assurée\, ferme comme une ligne infranchissable.L’enthousiasme qui a déjà monté sur quem timébo s’élève plus ardent sur Dominus qui\, au début de la seconde phrase\, reprend à la quinte supérieure\, le motif de l’intonation. Toutes les affirmations sur fa s’en trouvent renforcées\, amenant\, pour finir\, cet admirable cri de fierté audacieuse\, quelque peu téméraire même : a quo trepidabo ?L’idée de la troisième phrase est autre : l’Église voit ses ennemis défaits. Elle se laisse aller à la joie\, une joie qui est débordante\, dès le début\, sur qui tribulant ; le motif qui glorifie le Christ dans le verset du Graduel Christus factus est\, le Jeudi Saint .Elle se revêt ensuite d’une autorité et d’une force qui\, sur les notes longues de mei et de infirmati sunt a quelque chose de dur\, comme l’épée du vainqueur sur l’ennemi prosterné.Le Psaume est dans le même esprit de confiance et de bravoure. \n\n\n\nGRADUEL\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nSois propice\, Seigneur\, à nos péchés afin qu’elles ne disent pas \, les nations  : Où est leur Dieu ? Verset. Aide-nous\, Dieu notre salut\, et\, pour l’honneur de ton nom\, Seigneur\, libère-nous. Ps. LXXVIII. 9\, 8. \n\n\n\nLe Psaume LXXVIII est une élégie sur la destruction de Jérusalem. Pour finir\, le peuple désolé\, qui voit dans cette épreuve le châtiment du péché\, supplie le Seigneur de lui pardonner et de le délivrer.C’est de cette supplication qu’est fait ce Graduel. Il est chanté une première fois\, le samedi des Quatre-Temps du Carême. Il est tout à fait à sa place en cette période de pénitence. Ici de même après la lecture de l’Épître. Saint Paul nous dit  : « La création a été assujettie à la vanité\, mais elle vit dans l’espoir qu’elle sera affranchie de la servitude de la corruption pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants de Dieu. » L’ Église demeure sur cette idée ; elle vit\, dans cette servitude qui attache le monde à la vanité\, la grande épreuve devant laquelle tout succombe et elle supplie le Seigneur\, qui de tout tire son bien\, de la dégager de cet esclavage et de le faire servir à sa gloire\, selon les desseins de le Providence qui a bien disposé toutes choses et cela pour l’honneur de son nom\, car il a promis. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nC’est une très belle prière\, humble\, grave avec des accents d’intense ferveur.L’intonation\, quelque peu sombre\, est admirablement adaptée à une demande de pardon. Sur la double note du début\, comme sur la retombée de esto\, la supplication vraiment monte de très bas\, on sent l’âme courbée dans le repentir de ses fautes. Cette pression se développe sur le beau motif de Domine\, presque exclusivement réservé au nom divin \, mais\, discrètement\, timidement. C’est seulement sur peccatis que la ferveur pousse la mélodie ; l’élan est alors admirable\, très priant\, émouvant même. Très vite arrêté\, comme il convient à la prière humble\, il se détend sur nostris en une cadence en demi-ton qui supplie délicatement.Les phrases suivantes ne sont plus de la prière pure. L’âme plaide plus qu’elle ne demande. Elle fait valoir habilement les railleries des nations idolâtres qui monteront en fait vers le Seigneur s’il ne se décide pas à agir  : « Où est-il leur Dieu ? » Il y a quelque chose de plus vif dans la mélodie\, sur dicant en particulier et sur gentes\, mais sans éclat\, comme en une atmosphère de honte.Le mouvement est encore plus prononcé\, plus dégagé\, plus hardi sur ubi est ; l’insistance plus vive aussi – notez les deux notes doubles – mais l’attitude humble demeure\, notamment sur la descente retenue de eorum. \n\n\n\nAdjuva nos Deus monte comme un appel pressant qui devient peu à peu sur Deus noster comme un cri angoissé\, et qui se détend ensuite en cadence empreinte de tristesse. C’est le motif qui chante l’exaltation du Christ dans le verset du Graduel Christus factus est ; il faut bien admettre qu’il se prête parfaitement ici à cette ardente supplication.Vient ensuite\, comme dans la première partie\, le plaidoyer. Il est très insistant sur honorem ; notez les épisèmes horizontaux. Formule centon qui reçoit des emplois divers mais qui est ici fort bien adaptée car elle donne un relief considérable au mot qui fait la valeur de l’argument devant Dieu  : honorem\, son honneur. Brusquement\, sur nominis tui\, la mélodie devient un récitatif tout simple. Il est d’un grand effet. L’âme\, à l’évocation du nom divin\, se fait à nouveau toute humble et pleine de vénération\, et c’est dans une atmosphère de supplication discrète et pénétrée de repentir qu’elle chante le mot qui demande la délivrance : libera nos. Les notes longues\, les épisèmes horizontaux\, les répercussions de la finale y mettent l’accent peut-être le plus émouvant de toute la prière. \n\n\n\nALLELUIA\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nDieu qui sièges sur ton trône et juges selon l’équité\, sois le refuge des pauvres dans la tribulation. Ps. IX. 5\, 10. \n\n\n\nLe Psaume IX est une louange au Seigneur. Israël chante sa délivrance et remercie Dieu de l’avoir sauvé. Au verset 5 on lit  : « Tu m’as fait justice. Tu t’es assis sur ton trône\, toi qui juges selon l’équité\, »  et au verset 10 : « Le Seigneur s’est fait le refuge du pauvre\, ».En mettant les verbes à l’impératif on a transformé ce texte de louange en prière. L’objet en est le même que dans le Graduel : un appel au Seigneur pour que\, délivrés de cette vanité du créé qui retient en nous l’épanouissement de la vie de Dieu\, nous réalisions ce que Dieu veut de nous\, dans sa Providence\, pour sa Gloire et notre Béatitude. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nIl faut évidemment la chanter comme une prière\, en notant bien toutefois qu’elle n’est pas une supplication ardente comme le Graduel.La première phrase est moins une prière proprement dite qu’un titre donné à Dieu\, et la mélodie la traite comme telle. Deus a quelque chose de simple\, d’aimable\, on dirait bien de familier. L’incise de qui sedes super Thronum\, elle\, est comme une admiration de la majesté de Dieu. Prise par l’image évocatrice des splendeurs célestes\, l’âme est comme fixée en contemplation. Elle oublie qu’elle demande et ce qu’elle demande\, elle admire et jouit\, berçant sa joie sur des rythmes souples qui montent et s’élargissent\, à mesure que se déploient les beautés qui s’offrent à elle. C’est le même procédé que dans le Graduel Qui sedes du IIIe Dimanche de l’Avent. La formule n’est pas originale\, on la trouve dans le verset du Graduel Benedictus\, le Dimanche dans l’Octave de l’Épiphanie\, elle est là aussi une contemplation de la paix et de la justice qui viendront des montagnes et des collines\, sur le peuple. La même formule encore chante\, dans le Graduel Clamaverunt de la messe Salus autem du commun de plusieurs martyrs\, la paix qu’apporte le Seigneur à ceux qui sont dans la tribulation.Dans la deuxième phrase\, qui\, elle\, est bien l’exposé de la demande\, la mélodie est vraiment déprécative\, notamment dans la montée de esto et plus encore dans la descente de pauperum\, retenue si à propos par l’influence du quilisma\, mais la prière demeure simple et sans pression ; tout au plus pourrait-on déceler quelques accents plus marqués dans le jubilus sur les virgas des sommets. \n\n\n\nOFFERTOIRE\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nÉclaire mes yeux\, de crainte que je ne m’endorme dans la mort\, de peur qu’il ne dise mon ennemi  : j’ai prévalu sur lui. Ps. XII. 4\, 5. \n\n\n\nLe Psaume XII est la prière d’un malheureux dans l’épreuve\, qui se croit abandonné de Dieu. Il se plaint d’abord puis\, de la plainte\, jaillit la supplication dont est fait cet Offertoire : Éclaire mes yeux assombris\, obscurcis par la tristesse\, les soucis\, les larmes… que je voie la force que tu es\, ou alors le sommeil de la mort va venir et ce sera sur moi le cri de triomphe de l’ennemi  : Je l’ai vaincu.Cet offertoire est chanté une première fois le samedi qui précède le Troisième Dimanche de Carême. Il fait suite\, là\, à l’histoire de l’Enfant prodigue et il est bien alors la voix du malheureux qui commence à se repentir.. et la nôtre. Ici on voit moins comment il s’adapte à l’Évangile de la pêche miraculeuse. On pourrait peut-être le mettre sur les lèvres de Saint Pierre. Celui-ci est en effet d’autant plus attitré à faire cette prière qu’il s’endormira hélas  ! à l’heure la plus dangereuse de sa vie et que\, faute d’avoir les yeux ouverts\, il se laissera prendre au piège de Satan jusqu’à renier son Maître. Mais sans doute est-il mieux encore d’en faire le chant de l’Église. Elle est symbolisée ici par la barque\, le Christ et les futurs apôtres. C’est Notre-Seigneur qui les guide vers le large et leur fait jeter le filet au bon endroit. Sans lui point de pêche fructueuse et bientôt la tempête. Sans lui\, maintenant encore\, qu’en serait-il de la barque  ?L’Église a conscience de la lumière qu’il lui faut. Elle la demande à Dieu afin que\, guidée par sa Providence vers les bancs poissonneux\, elle sache jeter le filet\, éviter les écueils\, tenir bon contre les vents forts et contraires et que\, toujours en éveil\, toute dans la clarté et forte de la force du Christ\, elle tienne en respect l’ennemi et l’empêche de prévaloir. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nLa première incise est une prière toute simple sans insistance ni pression ; le ton est aimable\, familier\, avec une nuance de tendresse délicate sur la cadence en mi du IVe mode. La montée sur meos a un peu plus de mouvement\, et une touche de crainte se perçoit déjà sur le demi-ton de la cadence en la. C’est la peur qui monte. Elle éclate sur nequando. Il y a sur la double note qui attaque brusquement le do – c’est une bivirga épisématique – comme un frisson ; il passe ensuite dans toute l’incise particulièrement marqué dans la descente de nequando sur fa et sur le pressus de obdormiam. Mais c’est sur morte que l’anxiété est le plus marquée ; la triple note du sommet – une trivirga dont les deux premières sont épisématiques – amenée par la clivis allongée\, et la cadence sur mi font ce motif vraiment chargé d’angoisse.Peut-être la frayeur croît-elle encore dans la seconde phrase ; il y a comme une répulsion d’horreur sur le motif de dicat\, répété sur inimici\, la triple note là encore\, est une trivirga\, les deux premières épisématiques.Praevalui adversus eum est traité en style direct ; c’est l’ennemi lui-même qui parle. La mélodie qui descend\, de plus en plus lourde\, évoque la pression progressive de l’ennemi qui écrase son adversaire en disant lentement et avec un accent de joie mauvaise\, à mesure qu’il le sent perdre vie\, le mot de son triomphe  : Je l’ai eu … Cette descente est unique dans tout le répertoire. Quel réalisme ! La joie du vainqueur continue sur adversus eum\, plus légère\, mais bien marquée là aussi\, par le mouvement du début do-fa-re-mi et surtout par les deux tristrophas encadrant le motif sol-la-sol-re. Il n’est pas jusqu’à la cadence du IVe mode\, si mystique d’ordinaire\, qui ne sonne ici comme un ricanement moqueur. \n\n\n\nCOMMUNION\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nLe Seigneur est mon firmament\, et mon refuge\, et mon libérateur ; mon Dieu\, mon aide  ! Ps. XVII. 3. \n\n\n\nNous retrouvons pour finir cette messe la belle confiance du début. Dans la communion\, l’âme a pris conscience de la force du Christ en elle\, elle sent qu’il la protège\, et que par lui\, avec lui\, en lui\, elle surmontera les épreuves de chaque jour\, et qu’elles finiront\, ces épreuves\, en poids de gloire. De cette certitude lumineuse\, la joie jaillit en elle et pour l’exprimer\, elle ne trouve pas mieux que les paroles\, surchargées d’épithètes symboliques par lesquelles David remerciait Dieu de l’avoir protégé  : le Seigneur est le firmament qui la couvre\, l’atmosphère où elle respire\, le refuge où elle se cache; il est son libérateur ; celui qui lui permet\, comme jadis au petit David\, de vaincre le Goliath de toujours. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nUne joie douce où passent les ardeurs d’une tendresse reconnaissante l’enveloppe toute.L’intonation sur le nom divin est gracieuse. Tout de suite après\, la ferveur se déploie en accents vifs et délicats sur les pressus de firmamentum\, les quilismas de refugium et de meum ; elle va jusqu’à l’enthousiasme sur liberator meus ; un enthousiasme qui monte\, retenu\, mesuré avec les torculus et s’épanouit à loisir sur les deux pressus.La seconde phrase est plus douce et plus tendre surtout le premier Deus meus. Admirable mot d’amour que l’âme adresse directement à Dieu et qui rappelle le Rex meus et Deus meus de la Communion Passer invenit du IIIe Dimanche de Carême. Adjutor meus\, sur le motif de firmamentum meum renforce encore la protestation d’amour et l’achève en une cadence paisible et heureuse. \n\n\n\n\nCantiques pour tous les temps\n\n\n\nPolyphonies pour tous les temps\n\n\n\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
URL:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/quatrieme-dimanche-apres-la-pentecote/2028-07-02/
CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Temporal
ATTACH;FMTTYPE=image/jpeg:https://www.musique-liturgique.com/wp-content/uploads/2012/05/4pentecote.jpg
LOCATION:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/quatrieme-dimanche-apres-la-pentecote/2028-07-02/
END:VEVENT
BEGIN:VEVENT
DTSTART;VALUE=DATE:20280709
DTEND;VALUE=DATE:20280710
DTSTAMP:20260610T205829Z
CREATED:20250218T115743Z
LAST-MODIFIED:20260610T205829Z
UID:10000344-1846713600-1846799999@www.musique-liturgique.com
SUMMARY:Cinquième dimanche après la Pentecôte
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : David pleure Saül et Jonathas (II Rois. 1) \nÉPITRE : Conseils de Saint Pierre sur la charité. (I Pierre III. 8) \nÉVANGILE : Notre-Seigneur demande que la justice et la charité ne soient pas seulement extérieures (Math. V. 18) \nIDÉE CENTRALE : Il semble qu’on peut faire de la pratique de la charité et spécialement de la charité fraternelle l’idée centrale de ce dimanche. \nDavid nous en offre un émouvant exemple en pleurant Saül\, qui le jalousait à mort\, aussi bien que Jonathas qu’il aimait comme un frère. La collecte nous fait demander dans une admirable formule ce qui en est le principe : le sentiment de l’amour de Dieu « afin que nous l’aimions en tout être et plus que tout être\, in omnibus et super omnia« . \nDans l’Épître\, Saint Pierre nous en enseigne la pratique et Notre-Seigneur lui-même\, dans l’Évangile\, nous recommande avec instance d’avoir une justice imprégnée d’une charité qui soit douce et qui mette la réconciliation avant le sacrifice\, car on ne saurait aimer Dieu sans aimer le prochain. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nÉcoute\, Seigneur\, ma voix qui crie vers toi. Sois mon aide ; ne m’abandonne pas et ne me délaisse pas\, Dieu\, mon salut.  \nPs. – Le Seigneur est ma lumière et mon salut\, qui craindrai-je ? Ps. XXVI. 7\, 9\, 1. \nC’est encore le Psaume XXI\, comme dimanche dernier\, mais on a choisi\, cette fois\, pour l’antienne\, les versets qui expriment la confiance suppliante\, et réservé pour le psaume\, ceux qui chantent la confiance enthousiaste.\nAinsi composé\, cet Introït se présente comme la prière d’une âme qui a besoin de Dieu\, qui ne sent pas assez sa présence aimante et qui a peur d’être délaissée. Ce n’est pas que la confiance  lui manque absolument mais elle ne monte pas. \nL’objet de sa prière n’est pas précisé\, mais rien ne s’oppose à ce que ce soit la charité précisément. L’âme peut demander que le Seigneur lui donne de sentir son amour dans l’intimité\, comme le fera le prêtre dans la collecte. Elle peut demander le secours du Seigneur pour la pratique de l’amour du prochain qu’elle trouve parfois si difficile\, qui est si délicate et où elle sent que\, d’elle-même\, elle ne peut rien. \nDans le Psaume\, comme si elle était déjà exaucée\, l’âme sent sa confiance renouvelée; elle lance\, avec une ferme assurance cette fois\, le cri enthousiaste de dimanche dernier : « Le Seigneur est ma lumière\, qui craindrai-je ? » \nLA MÉLODIE\nLa première phrase est d’une très grande simplicité. Aucun sentiment n’est poussé. L’âme n’est ni accablée\, ni angoissée\, humble certes\, mais rien de plus. Il y a un accent plus marqué sur la première clivis de Domine mais on ne saurait dire si c’est de la supplication ou de l’amour\, encore qu’une nuance de plainte monte sur le salicus de meam. Clamavi descend et remonte alourdi par les clivis allongées : la cadence sur fa par le salicus renouvelle la plainte toujours très délicate – si c’en est une – et c’est tout. Aussi bien cette première phrase n’est pas la prière proprement dite\, elle est seulement comme une demande de prise en considération ; le cri suppliant qu’elle annonce ne s’élève qu’au début de la seconde. \nIl n’est pas véhément ; il monte  graduellement du ré au do où il atteint\, sur la bivirga épisématique de esto\, son maximum d’intensité et d’expression. La mélodie revient ensuite au calme du début. L’âme continue à faire pression mais c’est tout à fait à l’intérieur\, dans l’intimité paisible où elle s’entretient avec le Seigneur. On notera particulièrement les podatus de derelinquas\, la retombée sur me\, et toute l’incise de neque despicias me dont le quilismas\, le porrectus et le mouvement très lié et très gracieux sont si caractéristiques de la douce pression que permettent les relations d’amitié. Deus meus est une exclamation. Le porrectus allongé\, la cadence sur do\, très douce et retenue par la virga pointée et la distropha\, la remontée sur le salicus et enfin la cadence mystique du IVe mode l’enveloppent d’une tendresse qui relie admirablement la confiance suppliante du début à la confiance triomphante du Psaume\, comme si cette pression aimante avait obtenu la grâce demandée. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nNotre Protecteur\, regarde\, ô Dieu\, et jette les yeux sur tes serviteurs. \nVerset. – Seigneur\, Dieu des vertus\, écoute les prières de tes serviteurs. Ps. LXXXIII 1\, 10 \nDans le Psaume on lit : respice faciem Christi tui : jette les yeux sur la face de ton consacré. Le consacré pour le Psalmiste c’est le Roi d’Israël\, chargé de représenter Dieu au milieu de son peuple et de figurer à l’avance le consacré par nature : le Christ. C’était une forme de prière à laquelle Dieu pouvait difficilement résister. \nIci\, faciem Christi a été remplacé par servos tuos : tes serviteurs. En un sens\, c’est la même chose\, car nous sommes tous des consacrés ayant participé\, par le Baptême et l’Eucharistie\, à l’onction qui fait le Christ prêtre et roi. En invoquant ce titre\, à nous non plus Dieu ne peut rien refuser. L’objet de la prière est le même que dans le psaume. L’Église demande que le Seigneur jette sur nous un regard de bienveillance\, présage de ses grâces de choix. Ces grâces sont imprécises\, mais\, tout naturellement\, nous sommes portés à demander ce que l’Épître nous invite à pratiquer : la parfaite justice « C’est à cela que vous avez été appelés afin de recevoir en héritage la bénédiction ». Laquelle n’est pas autre chose que le regard de Dieu fixé sur nous en infinie tendresse. \nLA MÉLODIE\nL’intonation se développe dans le grave. Il faut bien se garder de la faire triste ou sombre ; une nuance de vénération\, c’est tout. Notez que la cadence en do est bien majeure et quelle a même quelque chose d’aimable. Sur aspice\, la prière monte ; elle est ardente mais ne presse pas\, les porrectus et la clivis allongée y mettent je ne sais quoi de mesuré\, de retenu. Très réservée de même la reprise sur Deus qui\, elle aussi\, finit en une cadence toute empreinte de paix heureuse.\nRespice\, au début de la seconde phrase\, avec le sib\, le quilismas et la cadence en demi-ton\, a un caractère de supplication plus marqué qui se prolonge jusqu’à la fin de la formule finale mais sans atténuer l’atmosphère de sérénité et de paix. \nLa première phrase du verset ne comprend que Domine Deus virtutum. Est-elle une prière ? Peut-être seulement une contemplation éveillée dans l’âme par le mot Domine. Il est certain que les deux premières incises\, jusqu’au second quart de barre – un motif presque exclusivement réservé au Seigneur – n’ont rien de suppliant\, elles sont plutôt tout empreintes de joie paisible\, quant à la troisième\, cette superbe montée que nous avons déjà rencontrée si souvent\, elle peut être une ardente prière mais elle demeure enthousiaste. Il semble bien qu’ici\, comme en tant d’autres cas\, l’âme oublie un instant qu’elle demande pour contempler\, admirer\, louer le Dieu des vertus à qui elle s’adresse. \nPar contre\, la deuxième phrase\, en plein accord cette fois avec le texte\, est une vraie prière. Et très suppliante dès le début ; notez l’élan vers la virga au sommet de exaudi\, le pressus\, la distropha la répercussion\, et surtout la descente de preces par le sib qui ramène\, degré par degré\, l’humble vénération de la première partie. Il y a une reprise assez vive sur tuorum ; elle relance l’invocation qui trouve alors à se déployer à loisir sur la très belle formule finale\, à la fois si suppliante et si paisible. \nALLELUIA\nLE TEXTE\nSeigneur\, dans ta force\, il se réjouira le roi\, et\, dans ton salut\, il aura une joie extrême. Ps. XX. 1. \nLe Roi est revenu vainqueur ; le peuple s’en réjouit et rend grâce à Dieu. Il s’agit de David. On peut même penser à sa consécration car\, dans le verset qui suit\, on loue le Seigneur d’avoir posé sur sa tête une couronne d’or. Mais\, par delà le Roi d’Israël\, il s’agit du Christ qui reviendra victorieux de la mort et qui se réjouira de la force de Dieu qui l’a sauvé. Et dans le Christ il s’agit aussi de l’Église qui le continue et de ses membres qui\, rois et prêtres eux aussi\, reviendront un jour vainqueurs\, comme lui. \nC’est dans ce sens qu’il faut entendre ce texte. L’Église qui tout à l’heure  implorait l’aide de Dieu pour pouvoir pratiquer la perfection de la justice et de la charité\, sent soudain qu’elle est exaucée et\, dans sa confiance ravivée\, elle chante et le Christ qui se réjouit en elle et elle-même qui exulte en lui. \nLA MÉLODIE\nLa joie quelle exprime est une joie paisible\, intérieure\, contemplative. Elle n’éclate pas\, elle se dilate plutôt. L’âme jouit de son intimité avec le Seigneur ; elle n’en sort pas. \nDomine donne le ton dès le début\, il est comme un salut aimable\, heureux\, souriant ; toutes les notes et tous les neumes sont liés en courbes gracieuses. La même grâce souple se déploie sur in virtute tua ; enveloppant le pressus et la tristropha dans la même ligne harmonieuse. Des nuances de tendresse et de reconnaissance y passent\, mais délicates et sans altérer\, si peu que ce soit\, la pureté de la ligne mélodique. Laetabitur\, le mot de la joie\, se développe dans le grave sur une formule de Graduels du Ier mode\, qui le sert admirablement par son expression de plénitude. La remontée se fait en une belle progression\, réservée toujours\, et qui s’achève en une cadence en demi-ton sur rex qui se trouve ainsi enveloppé d’une nuance délicate de tendresse. \nVient alors dans la seconde phrase le beau motif\, deux fois répété\, de la contemplation\, car cette mélodie qui monte lentement\, et se déploie à deux reprises sur des trivirgas allongées est bien contemplative. L’âme ne dit plus rien. Sur la conjonction et\, elle se repose de penser\, elle aime seulement et\, tout naturellement\, elle chante ; elle chante un air qui s’élève doucement au rythme de son amour\, plane comme en des points d’orgue prolongés et redescend\, pour remonter avec une grâce achevée où passe tout la paix heureuse dans laquelle elle contemple son roi. Quand les mots reviennent\, le charme s’atténue\, mais l’atmosphère demeure. Vehementer n’a rien de véhément\, c’est dans le grave que se développe la mélodie et\, quand elle remonte pour s’étaler une dernière fois plus élargie encore sur la tonique\, c’est toujours la même joie paisible et profonde qu’elle chante. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nJe bénirai le Seigneur qui m’a donné l’intelligence. Je gardais Dieu en ma présence toujours. Puisque à ma droite il est \, je ne chancellerai pas. Ps. XV. 6\, 8.\nLe Psalmiste dit à Dieu sa reconnaissance parce qu’il lui donne de comprendre les choses dans leur vrai sens – c’est ainsi qu’il faut entendre intellectum. Et il explique la raison de cette assistance bienfaisante du Seigneur : « Je gardais Dieu en ma présence\, toujours ». Il continuera de vivre ainsi sous l’influence divine ; d’où sa confiance : « je ne chancellerai pas ». \nCet offertoire est chanté une première fois le lundi de la seconde semaine de Carême\, après l’Évangile dans lequel Notre-Seigneur dit aux juifs : « je ne fais rien de moi-même\, je dis ce que le Père m’a enseigné ». Il en est une belle paraphrase\, soit qu’on l’entende de Notre Seigneur qui bénit son Père de lui avoir révélé toutes choses et de le conseiller en tout\, soit qu’on l’entende de l’Église qui reçoit tout de l’Esprit du Christ\, et de nous tous qui recevons la même assistance si nous voulons user des dons. Ici\, il ne saurait être entendu que de l’Église et de nous. Elle remercie le Seigneur et nous remercions avec elle\, de nous donner la lumière qui nous fait comprendre les conseils de justice et de charité qu’il vient de nous redire et tous ceux que\, par son Esprit\, il ne cesse de nous prodiguer. \nLA MÉLODIE\nC’est encore la joie qui caractérise ce chant d’action de grâces. L’intonation en fait foi\, c’est celle du Gaudeamus\, du Jubilate et de tant d’autres chants d’allégresse.\nLe bel élan de Benedicam\, mesuré et souple\, va s’épanouir sur dominum en une longue tenue toute pénétrée de gratitude et d’amour. C’est la même ferveur reconnaissante qui se développe ensuite dans toute la phrase. Mihi est bien en relief\, mais c’est intellectum qui\, à la fin\, retient tout l’intérêt. Le motif est assez apparenté à celui de Dominum ; une sorte de point d’orgue que les répercussions étendent et qui se prolonge encore en une cadence élargie. Admirable expression\, l’ardeur monte vive du fa au do où elle se renforce et s’étale\, comme si l’âme voulait prolonger l’évocation de ce bienfait précieux entre tous qu’est l’intelligence de la parole divine. \nAu début de la seconde phrase\, la montée syllabique de providebam a quelque chose de vif ; on sent l’âme comme pressée de révéler ce qui lui a valu de pénétrer le sens profond des conseils divins. Elle insiste ensuite sur conspectu meo. Pour la troisième fois la mélodie épanouit son ardeur sur une bivirga ; mais cette fois\, elle module en fa ce qui lui permet par une remontée au si b d’envelopper semper d’une belle nuance de plénitude heureuse : l’âme prend conscience de toute la joie qu’elle goûte dans cette présence continuelle du Seigneur et dans le colloque d’amour qui naît entre elle et lui. \nLa troisième phrase est assez différente des deux autres. C’est une sorte de réflexion. L’âme tire la conséquence de la présence divine : elle n’a pas à craindre de tomber. Toutefois à partir de dextris\, cette réflexion est plus faite d’amour que de raison. Après avoir mis le mot en un très fort relief\, la mélodie descend brusquement et mihi se trouve dans le grave. L’âme soudain toute confuse d’une telle faveur se perd en humble révérence et s’efface. Elle ne se relève plus et\, sur le dernier mot\, chante en de longs neumes très liés\, le bonheur de sa sécurité dans l’amour. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nUne seule chose j’ai demandée au Seigneur\, je la demanderai avec instance : que j’habite dans la maison du Seigneur tous les jours de ma vie. Ps. XXVI. 4 \nC’est encore le Psaume XXVI. Après avoir exprimé sa confiance en Dieu dans une ardeur de bravoure au cours des premiers versets\, le Psalmiste laisse monter son désir\, son unique désir; ce n’est pas le triomphe\, ni la gloire\, mais d’habiter au Temple\, d’être l’hôte du Seigneur\, de vivre près du lieu où il se manifeste et de ne pas le quitter.\nPour nous\, le Temple c’est le Ciel\, en dernier ressort c’est ce que l’âme demande ici. Au moment où elle a en elle le Christ\, après avoir\, tout au long de la messe\, sollicité le secours du Seigneur pour pratiquer la perfection de la charité\, se rendant compte de toutes les difficultés qu’en comporte la pratique et enivrée d’amour aussi au contact de l’Eucharistie\, elle reprend l’ardente supplication de la collecte et laisse jaillir son désir du Ciel où tout ne sera qu’amour partagé dans la Béatitude. \nLA MÉLODIE\nL’intonation est toute simple\, mais\, après une très gracieuse inclination\, pleine de respect\, sur le nom du Seigneur\, le désir monte. C’est comme un jaillissement d’amour ardent ; splendide élan qui franchit l’octave du fa au fa et s’épanouit en pleine ferveur sur le pressus. La détente se fait sur des formules communes mais avec un pression délicate sur les virgas des sommets.\nEt voici qu’au début de la deuxième phrase\, le cri reprend et se prolonge sur toute l’incise. La mélodie\, presque syllabique\, s’est allégée et le mouvement emporte les mots les uns après les autres sur la teneur extrême du mode en une ardeur qui est comme pénétrée à l’avance de la joie désirée. Puis la détente se fait de plus en plus paisible sur le même motif que dans la première phrase. Sur les neumes qui descendent\, très liés\, très simples\, vers la tonique\, l’âme berce la joie de son espoir en l’amour sans limite et sans fin qui sera sa vie à jamais dans la maison du Père. \n  \n\nCantiques pour tous les temps\nPolyphonies pour tous les temps\n\n  \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
URL:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/cinquieme-dimanche-apres-la-pentecote/2028-07-09/
CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Temporal
ATTACH;FMTTYPE=image/jpeg:https://www.musique-liturgique.com/wp-content/uploads/2012/05/5pentecote.jpg
LOCATION:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/cinquieme-dimanche-apres-la-pentecote/2028-07-09/
END:VEVENT
BEGIN:VEVENT
DTSTART;VALUE=DATE:20280716
DTEND;VALUE=DATE:20280717
DTSTAMP:20260610T210102Z
CREATED:20250218T115754Z
LAST-MODIFIED:20260610T210102Z
UID:10000349-1847347200-1847379600@www.musique-liturgique.com
SUMMARY:Sixième Dimanche après la Pentecôte
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n\n\n\nLEÇONS DES MATINES : Nathan reproche à David son péché (II Rois XII) \n\n\n\nÉpître : Nous sommes ensevelis dans le Baptême pour mourir\, afin que\, comme le Christ ressuscité\, nous marchions dans une vie nouvelle. (Rom. VI. 3\, 11) \n\n\n\nÉVANGILE : Multiplication des pains (Marc VIII. 1\, 9) \n\n\n\nIDÉE centrale : Il semble que ce soit l’idée de notre incorporation au Christ qui se dégage de l’ensemble des textes. \n\n\n\nLa collecte nous fait demander en premier lieu que Dieu insère en nous – notez le mot insérer – l’amour de son nom ; c’est-à-dire sa puissance d’aimer qui est l’Esprit du Christ. Caritas Dei diffusa est in cordibus vestris per Spiritum Sanctum ; puis qu’il augmente en nous la religion : la vertu qui nous unit à Dieu à travers le Christ ; alors\, en retour\, Dieu\, par sa grâce\, nourrira et conservera en nous ce qui est bon. En quelques mots\, c’est toute notre transformation dans le Christ que l’Église sollicite là pour nous. \n\n\n\nC’est cette transformation que St Paul nous présente dans l’Épître. Elle s’opère par le Baptême\, mais comme en deux stades. Le premier\, nous appliquant les mérites de la mort du Christ\, ensevelit avec lui dans sa mort le principe de notre vie de péché. Le second insère en nous sa vie de ressuscité : cette puissance qui lui fait connaître le Père\, l’aimer et trouver en lui sa Béatitude. \n\n\n\nCe deuxième stade est l’effet propre de l’Eucharistie dont la grâce nous est appliquée à l’avance lorsque nous recevons le Baptême. L’Évangile nous remet en mémoire la première annonce qui fut faite de ce sacrement de vie. Le Christ nous donne la pain qui nourrit précisément l’union établie entre lui et nous qui doit croître jusqu’à l’éternité où elle s’épanouira en plénitude et à jamais. \n\n\n\nINTROIT\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nLe Seigneur est la force de son peuple et le protecteur qui sauve son Christ. Sauve ton peuple\, Seigneur\, et bénis ton héritage. Et gouverne les tiens jusqu’au siècle sans fin. Ps. – Vers toi\, Seigneur\, je pousserai mon cri. Mon Dieu\, ne sois pas silencieux à mon égard. De peur\, que si tu ne me parles pas\, je sois assimilé à ceux qui descendent vers le lac. Ps. XXVII. 8\, 9\, 1. \n\n\n\nL’ordre de ces trois versets est ici interverti. Le Psaume XXVII en effet est d’abord une prière personnelle : « Je crierai vers toi Seigneur »… Ce n’est que dans la dernière strophe que le Psalmiste se met à prier pour le peuple et pour le Roi : Christus\, le consacré du Seigneur et son représentant. Dans cette prière pour tous – qui forme ici le corps de l’Introït – il y a deux idées. D’abord un acte de confiance en la puissance protectrice de Dieu : « Le Seigneur est la force de son peuple… »\, puis la supplication proprement dite ; « Sauve ton peuple\, bénis-le\, guide-le… » \n\n\n\nIl n’y a rien à ajouter à leur sens littéral pour faire entrer ces versets dans la liturgie de ce Dimanche ; il faut seulement les adapter au « jeu ». C’est l’Église qui prie. Elle fait d’abord confiance à Dieu qui est sa force et qui la protège\, car Christi sui doit être entendu du Christ et de tous ses membres. Après cette affirmation de sa foi\, elle demande d’être sauvée\, bénie\, guidée par Dieu qui est à la fois son Seigneur et son Père. \n\n\n\nL’objet de la prière est d’ordre général mais il reste loisible\, et c’est facile\, de le préciser en le faisant rejoindre l’idée centrale de la messe. C’est alors une plus parfaite incorporation au Christ que l’Église demande pour ses membres. Être sauvé dans le Christ\, béni dans le Christ\, guidé à travers le Christ\, vers le Père\, ce n’est pas autre chose\, en effet\, que d’être en lui et un avec lui. \n\n\n\nLe Psaume\, avec son caractère de prière personnelle\, rentre ici dans la prière collective avec le même objet. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nLa première phrase est assurée\, ferme comme une proclamation. Bien posée dès le début sur le salicus de Dominus\, la mélodie monte sans exaltation\, mais animée d’une joie antérieure qui la fait s’épanouir en un très bel accent de sécurité forte et de fierté heureuse sur la double note de plebis tuae. Dans l’incise qui suit\, la joie s’y mêle\, une joie paisible qui domine peu à peu dans les neumes à grands intervalles jusqu’à ce que vienne Christi sui\, le nom béni du consacré ; alors\, une vénération aimante enveloppe les neumes qui\, par degrés conjoints\, et retenus par le quilismas et la cadence descendent vers le grave\, prostrant l’âme en adoration. \n\n\n\nLa deuxième phrase est toute prière. Du la grave\, où l’avait conduite l’humble respect pour le Christ\, la mélodie remonte dans un élan modéré mais fervent vers le pressus du fac\, puis redescend\, pour s’élever à nouveau\, plus pressante cette fois\, sur tu et sur Domine qu’elle établit sur la dominante en leur donnant un accent qui insiste\, mais dans une sérénité accrue. \n\n\n\nC’est cette paix heureuse que donne l’assurance d’être entendu favorablement\, qui caractérise la dernière phrase. Il n’y a presque plus de pression ; l’Église sait qu’elle a pour elle les promesses du Christ\, elle ne fait plus\, semble-t-il\, que les rappeler au Père. Notez benedic hereditati qui s’impose presque\, avec tout juste une nuance délicate qui sourit plus qu’elle ne demande\, et rege eos avec l’accent léger\, joyeux de rege et la tristropha qui enveloppe de douceur eos – les siens -\, et pour finir la belle cadence de usque in finem qui évoque\, en l’élargissant\, le genui te si aimable de l’Introït de la Messe de minuit. Aussi bien\, tous les mots qui désignent le Corps Mystique\, sont enveloppés de tendresse et de force : plebis suae christi sui\, populum tuum hereditati tuae\, eos. \n\n\n\nGRADUEL\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nRetourne-toi (vers nous) Seigneur. Jusques à quand? (seras-tu irrité ?) Et sois propice à tes serviteurs. Verset. – Seigneur\, un refuge tu t’es fait pour nous\, de génération en génération. Ps. LXXXIX. 13\, 1 \n\n\n\nLe Psalmiste dans le Psaume LXXXIX\, après avoir demandé au Seigneur de ne pas rester détourné de son peuple\, lui pose une question\, qui est en même temps une plainte et une prière délicate : « jusques à quand resteras-tu fâché ? » Puis il insiste à nouveau pour qu’il le protège\, comme il l’a fait\, de génération en génération. \n\n\n\nIl n’y a rien à ajouter ici à ce sens littéral. \n\n\n\nCe Graduel est chanté une première fois le samedi des Quatre-Temps de Carême après la troisième leçon. Il est vraiment à sa place au début de cette période de pénitence. Ici de même\, après l’Épître. Saint Paul nous dit que\, par le Baptême\, nous avons été plongés dans la mort du Christ. Nous y restons plongés et\, chacun le sait\, ce n’est que très lentement que cette mort tue en nous les concupiscences mauvaises\, parce que\, à chaque instant\, nous retournons\, sérieusement ou à la légère\, à la vie de péché. Sortir ainsi du Baptême\, c’est sortir du Christ\, ou s’en éloigner\, ou\, tout au moins\, se soustraire à son influence. Nous faisons ainsi Dieu se détourner plus ou moins de nous.. malgré lui. C’est le pardon de ces infidélités à notre Baptême que nous demandons au Seigneur. Qu’il se retourne une fois de plus et\, sa grâce aidant\, nous nous replongerons dans sa mort continuant de mourir en lui\, pour vivre avec lui\, à jamais. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nDès l’intonation\, elle est très priante\, avec la double note – une bivirga épisématique – qui conduit la voix en progression vers la suivante\, retenue\, elle\, par le quilisma. Il y a là une insistance\, à la fois humble et pressante. La belle formule de Domine\, que nous avons déjà trouvée dans le graduel Propitius esto\, dimanche dernier\, vient s’y joindre et continuer délicatement la pression. La mélodie\, nettement établie en la\, s’élève alors\, ardente\, sur aliquantulum. C’est un très beau motif\, que la double note du début et la grande montée de la cadence font fort et suppliant. Il rend fort bien le ton direct de cette question qui est à la fois une prière et une plainte. \n\n\n\nLa mélodie se détend ensuite sur deprecare\, non sans un retour à la dominante\, très heureux d’ailleurs car il met sur le mot un bel accent de prière. Mais c’est peut-être sur la distropha et la répercussion de la cadence finale que la supplication est la plus émouvante. \n\n\n\nLa formule de Domine est celle de Pro patribus dans le Graduel Constitues eos. Nous l’avons déjà trouvée dans le Graduel Benedictus es du Dimanche de la Sainte Trinité. Elle formait là une très belle louange. L’auteur\, ici\, en supprimant la montée de fa à do et en attaquant directement sur la dominante\, en a fait une admirable prière. Le contact immédiat avec le si par le do et le la lui donne en effet une nuance de mineur qui\, pour être fugitive\, ne lui donne pas moins quelque chose de plaintif qui la fait délicatement suppliante\, jusqu’à ce qu’elle retrouve la fa et sa sérénité ; sérénité fugitive\, elle aussi\, car la supplication monte à nouveau et devient\, sur les doubles notes de refugium\, d’une ardeur qui touche à la véhémence\, ardeur qui se renouvelle d’ailleurs sur factus est et non moins forte. Un beau dégradé ramène alors la mélodie à la tonique où elle devient\, sur le récitatif de generatione et progenie\, apaisée et toute humble. Le chœur reprend pour finir la formule finale\, si expressive\, de la première partie. \n\n\n\nALLELUIA\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nEn toi\, Seigneur\, j’ai espéré\, je ne serai pas confondu à jamais. Dans ta justice\, libère-moi. Incline ton oreille\, hâte-toi de me délivrer. Ps. XXX. 2\, 3. \n\n\n\nCes deux versets très simples ont le même sens que ceux du Graduel et nous font demander en fait la même chose : que nous soyons délivrés de tout ce qui empêche la mort du Christ\, mise en nous par le baptême\, de produire son effet. \n\n\n\nLA MELODIE\n\n\n\nElle s’élève sur Domine en un mouvement très simple qui\, après s’être incliné une nuance de vénération aimante sur la dernière syllabe\, se redresse et va s’épanouir sur la tristropha de speravi. Il y met un accent qui affirme la confiance inébranlable de l’âme et qui demande déjà ce qu’elle ne dit pas encore\, puis il s’achève en une cadence admirable\, toute nuancée d’intime tendresse. De cette cadence\, la mélodie s’élève à nouveau\, assurée\, forte\, insistant sur non confundar ; notez la demi-cadence si ferme sur sol et tout le mot æternam qui va vers la cadence du IVe mode\, prolongeant la confiance en une sorte d’évocation de l’Éternelle Bonté de notre Dieu qui sera à jamais sur nous parce qu’il nous l’a promise. \n\n\n\nAvec la seconde phrase\, commence la prière proprement dite. La première demande est très courte. La mélodie s’élève progressivement sur in justitia dont elle renforce l’accent par une distropha\, mais la supplication est toute sur les quatre dernières notes de libera me ; une pour chaque syllabe. Il y a dans la nudité de cette cadence quelque chose d’émouvant. Elle est très humble\, et en même temps on y sent comme la fatigue de l’âme et le poids de tout ce qui l’alourdit et la retient à la terre de concupiscence. \n\n\n\nLa troisième phrase reprend la première. C’est une prière\, au lieu d’un acte de confiance\, mais il n’y a entre les deux qu’une nuance\, nous l’avons dit. Il faut seulement noter le mot accelera qui\, par sa cadence\, prend un beau caractère de pression délicate. La formule finale est très priante\, comme l’est l’Alleluia qu’elle reproduit. \n\n\n\nOFFERTOIRE\n\n\n\nC’est celui du Dimanche de la Sexagésime. \n\n\n\nNous disions alors qu’il entrait dans la liturgie de ce jour soit comme paraphrase de l’Évangile\, soit comme un chant d’oblation accompagnant la cérémonie de l’offrande. \n\n\n\nIci\, il est les deux à la fois\, car l’Évangile de la multiplication des pains est l’annonce de l’Eucharistie. Notre-Seigneur avait nourri par miséricorde les quatre mille Juifs qui le suivaient ; enthousiasmés ils continuèrent de le suivre jusqu’à ce qu’il leur expliquât quelques jours plus tard que ce miracle était l’annonce d’un autre pain qui serait son corps et qui donnerait la vie éternelle ; alors\, ne comprenant rien à la spiritualité de ce langage\, ils le quittèrent. \n\n\n\nIl n’y a pas que des douceurs dans l’Eucharistie. C’est un sacrement qui engage. Il faut se donner au Christ pour qu’il nous incorpore à lui\, et cela aussi est dur à la nature. Il faut l’aide du Seigneur pour y arriver. En donnant à cet offertoire le sens précis d’une prière pour que l’union réalisée avec le Christ ne se brise pas\, on le fait entrer\, sans forcer les mots\, dans l’idée de l’Évangile\, du sacrifice et de toute la messe. \n\n\n\nCOMMUNION\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nJ’entourerai (l’autel) et j’immolerai dans son tabernacle une hostie de joie. Je chanterai\, et un psaume je dirai au Seigneur. Ps. XXVI. 6 \n\n\n\nCes mots expriment l’ardente reconnaissance de l’âme. Elle a demandé au Seigneur depuis le début de la messe de l’aider à se débarrasser des obstacles qui s’opposent à son union ave lui ; à ce moment\, ils sont écartés\, l’union est réalisée par le sacrement. Elle est heureuse. Elle a l’Amour. Le lien est plus serré entre Dieu et elle\, elle est nourrie\, elle est gardée… Elle chante sa gratitude. \n\n\n\nLA MELODIE\n\n\n\nDès le premier mot\, les intervalles larges et pleins traduisent le bonheur de l’âme ; un bonheur profond\, mais si ardent qu’il a de la peine à demeurer dans l’intimité. La mélodie en effet se dégage\, s’allège tout de suite sur immolabo. Elle s’étend un instant sur tabernaculo ejus parce que la sainteté des mots la retient\, mais elle monte toujours\, poussée par un souffle de joie de plus en plus intense qui la fait se développer\, en une progression admirable d’enthousiasme\, vers hostiam ; le mot qui dit tout\, car la victime qu’elle immolera sans cesse dans la joie\, c’est elle. \n\n\n\nLa seconde phrase\, elle\, est plus grave. Il ne s’agit plus du sacrifice\, mais de la louange\, qui doit être intérieure aussi bien qu’extérieure et qui requiert toujours\, pour être parfaite\, l’amour dont elle n’est que l’expression. Toute cette partie\, notamment le mot dicam\, est pénétrée de cette discrétion\, de cette intimité en laquelle s’épanche sans cesse la gratitude extasiée\, de l’âme qui sait aimer.  \n\n\n\n\nCantiques pour tous les temps\n\n\n\nPolyphonies pour tous les temps\n\n\n\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
URL:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/sixieme-dimanche-apres-la-pentecote/2028-07-16/
CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Temporal
ATTACH;FMTTYPE=image/jpeg:https://www.musique-liturgique.com/wp-content/uploads/2012/05/6pentecote.jpg
LOCATION:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/sixieme-dimanche-apres-la-pentecote/2028-07-16/
END:VEVENT
BEGIN:VEVENT
DTSTART;VALUE=DATE:20280723
DTEND;VALUE=DATE:20280724
DTSTAMP:20260610T210410Z
CREATED:20250218T115755Z
LAST-MODIFIED:20260610T210410Z
UID:10000359-1847923200-1848009599@www.musique-liturgique.com
SUMMARY:Septième dimanche après la Pentecôte
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron. \n\n\n\nINTROÏT \n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nToutes les nations\, battez des mains. Acclamez Dieu en un cri de jubilation. Ps. – Car Dieu\, très élevé\, est terrible; Grand Roi sur toute la terre. Ps. XLVI. 2\, 3. \n\n\n\nCes versets du Psaume XLVI\, qui chante le retour triomphal du roi\, surprennent en ce simple Dimanche après la Pentecôte. \n\n\n\nOn ne saurait dire comment cet Introït\, qui fut autrefois celui de la Vigile de l’Ascension\, est entré dans cette messe du VIIe Dimanche. Peut être y fut-il amené par la lecture du récit de l’avènement de Salomon qui faisait sans doute partie des leçons de Matines autrefois. Quoi qu’il en soit\, c’est l’Église qui incite les peuples à louer le Seigneur\, dans la joie de la moisson\, pour tous les bons fruits qu’il a fait produire à la terre : ceux des plantes et des arbres\, car c’est le temps où ils mûrissent et ceux du monde spirituel dont il nous sera parlé\, à savoir\, les âmes que le Seigneur cueille et fait monter dans son grenier\, près du Fils déjà arrivé\, premier de l’immense moisson. \n\n\n\nLA MÉLODIE \n\n\n\nElle nous ramène la joie des Dimanches après Pâques. Quelle belle invitation\, vibrante\, pénétrée de cette force communicative qui entraîne d’elle-même ! \n\n\n\nQu’y a-t-il dans les trois premières notes : de l’autorité ? ou seulement une insistance qui veut convaincre ? Ne serait-ce pas plutôt que l’Église condense sa joie sur cette trivirga avant de la laisser monter ? Dans toute cette première phrase en effet\, la mélodie demeure dans le grave et s’étale plutôt qu’elle ne monte. L’exaltation ne commence\, et combien discrètement\, que sur l’accent de plaudite qui\, lui\, vraiment\, sonne comme un claquement de mains. Mais comme elle monte enthousiaste\, exubérante sur Jubilate ! forte et légère à la fois. Deo se courbe plein de vénération et la joie\, redevenue grave\, se continue jusqu’à la fin à travers les intervalles pleins de sérénité du VIe mode. \n\n\n\nQuelle que soit l’interprétation que l’on donne aux notes longues de omnes elles doivent être bien posées; ce sont trois virgas épisématiques\, et c’est encore une virga qui se joint au podatus qui suit\, juste avant le porrectus. Par contre\, tout le reste de l’incise est léger. La double note plaudite est aussi une bivirga épisématique; l’articulation sera ferme. Toute la phrase d’ailleurs doit avoir une vie intense et le mouvement entraînant de tout invitation joyeuse. \n\n\n\nGRADUEL \n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nVenez\, enfants\, écoutez moi. La crainte du Seigneur je vous enseignerai. Verset. – Allez à lui et vous serez rassasiés. Et nos visages ne seront pas couverts de honte. Ps. XXXIII. 12\, 6. \n\n\n\nDavid\, dans le Psaume XXXIII\, chante d’abord sa reconnaissance; il a prié\, il a été exaucé. Il veut ensuite faire profiter les autres de son expérience. Il les appelle et leur dit ce qu’ils doivent faire pour avoir le bonheur qu’il a eu : pratiquer la crainte du Seigneur. Pas la crainte qui fait fuir ou qui rend défiant\, timide\, mais celle qui n’est que le souci de ne pas déplaire ou\, mieux encore\, ce mélange mystérieux de respect et de tendresse familière qui va naturellement de l’enfant au Père : « Allez au Seigneur et vous sentirez votre âme en paix\, et votre visage brillera de joie ». \n\n\n\nIci\, ne n’est plus David qui parle. Dans la première partie\, c’est le Christ. Il nous invite à écouter la sagesse qui lui est venue du Père et qu’il nous disperse\, par l’Église et par son Esprit dans l’intime de notre âme\, lorsque nous allons à lui. Dans le verset\, c’est l’Église qui nous pousse à suivre l’invitation. « Allez à la parole divine\, elle dilatera votre cœur et votre visage. » \n\n\n\nLe Graduel conduit ainsi tout droit à l’Évangile où le Christ va nous faire entendre sa divine Sagesse. \n\n\n\nLA MÉLODIE \n\n\n\nIl y a dans l’intonation une douceur aimable et aimante qui est bien dans le ton du Christ-Jésus. Notez la double note de Venite avec sa délicate pression\, les neumes qui se succèdent par degrés conjoints dans la tierce majeure fa la et l’épisème horizontal de filii qui fait la cadence retomber avec une grâce si attirante. Audite me a le même caractère\, et prend bien\, autour de la dominante\, un peu plus de vie\, mais l’invitation n’est pas poussée\, elle demeure aimable et douce. \n\n\n\nLa deuxième phrase a moins le caractère d’un appel. C’est comme un chant de joie dans lequel le Christ laisse passer le bonheur qu’il aura à nous faire connaître et expérimenter cette révérence toute pénétrée d’amour qui fait la béatitude des élus devant la face de Dieu. La cadence sur vos qui achève cette si fluante thésis est très caractéristique de ce bonheur profond qui s’épanouit d’ailleurs à loisir sur la belle formule de la fin. \n\n\n\nLe Verset. \n\n\n\nL’invitation ici est d’abord très ardente. Les trois notes de accedite qui vont d’un trait à la dominante et appuient leur élan sur la bivirga qui fait pressus\, nous poussent vraiment\, mais ce n’est qu’une nuance\, très heureuse d’ailleurs. La longue vocalise qui suit revêt\, presque aussitôt qu’elle commence\, un caractère contemplatif. L’Église\, prise par ce qu’elle sait de cette sagesse du Christ dont elle a l’expérience de tous les instants chante le bonheur qu’elle y goûte; c’est sa joie et son amour qui montent vers eum et\, à nouveau\, plus extasiés encore\, sur illuminamini. A la fin de la phrase\, elle semble se ressaisir. Très simplement\, mais toujours dans le joie\, elle revient à ceux qu’elle invite et leur dit que le bonheur qu’ils goûteront près du Seigneur se reflétera jusque sur leur visage. \n\n\n\nALLELUIA \n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nCe sont à nouveau les paroles de l’Introït. Chantées après le Graduel\, elles peuvent être entendues comme une invitation à nous réjouir d’avoir\, dans la personne de Notre-Seigneur et dans son Église\, la Sagesse de Dieu toujours à notre portée. \n\n\n\nLA MÉLODIE \n\n\n\nElle ne ressemble en rien à celle de l’Introït\, non seulement du point de vue de la forme\, il va de soi\, mais du point de vue de l’expression; du moins dans la première phrase. Le long développement de gentes fait l’invitation plus persuasive qu’entraînante\, encore que le salicus de omnes et la trivirga de gentes – car c’en est une – aient une force bien accentuée. La joie aussi est moins vive\, moins éclatante\, moins extérieure. L’Église semble s’y complaire au lieu d’avoir le souci de la communiquer. Elle est bien là tout de même\, dans la courbe gracieuse qui couronne le sommet de gentes\, dans le motif si simple\, si léger de plaudite\, deux fois répété et qui va s’épanouir en une grâce achevée sur les hauteurs\, enfin dans la retombée si mesurée et si souple de manibus. \n\n\n\nTout change brusquement\, au début de la seconde phrase. La montée vers le si fortement accusée par le pressus\, donne à jubilate un élan de vie qui\, cette fois\, cherche vraiment à se communiquer. L’invitation\, du coup\, devient pressante\, et de plus en plus\, à mesure que la mélodie se développe sur la montée de Deo et sur les pressus de voce. Sur exultationis la joie pure\, peu à peu\, domine à nouveau. L’entrain est toujours là\, mais sans avoir le souci d’entraîner\, si l’on peut dire; la joie se suffit\, elle entraîne par elle-même. \n\n\n\nOFFERTOIRE \n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nComme un holocauste de béliers et de taureaux et comme (l’holocauste) de mille béliers gras\, qu’ainsi soit notre sacrifice en ta présence aujourd’hui\, afin qu’il te plaise\, car il n’y a pas de confusion pour ceux qui se confient en toi\, Seigneur. Daniel. III. 40 \n\n\n\nC’est l’invocation d’Azarias\, debout au milieu de la fournaise dont les flammes s’écartent autour de lui. Il prie au nom de ses deux compagnons avant qu’ils ne se joignent à lui dans le cantique Benedicite. « Il n’y a plus pour nous ni prince\, ni chef\, ni prophète\, ni holocauste\, ni sacrifice\, ni oblation\, ni encens\, ni endroit pour apporter devant toi les prémices\, afin que nous puissions obtenir miséricorde. Mais\, Seigneur\, reçois-nous le cœur contrit et l’esprit humilié… comme tu reçois un holocauste de béliers… que notre sacrifice soit devant toi… » Le prêtre récite cette admirable prière incliné\, après l’offrande du vin\, à la messe. \n\n\n\nCeci indique assez que cet offertoire a été fait plutôt pour accompagner l’offrande du sacrifice\, que pour paraphraser l’Évangile. Mais en fait il réalise les deux car cette offrande extérieure n’est que le symbole de l’offrande de nous-même qui se fait au fond de l’âme\, et celle-ci\, c’est le bon fruit dont Notre-Seigneur parle dans l’Évangile et que le Père accepte dans la joie. \n\n\n\nL’église\, dans ses difficultés de toutes sortes qui sont sa vie et la vie de ses membres\, le chante comme le chantaient les trois enfants dans la fournaise\, dans la même confiance\, englobant dans cette offrande tous les sacrifices de tous ses membres qui\, ici et là\, à chaque seconde\, viennent se mêler au sacrifice du Christ et s’ajouter aux sacrifices très imparfaits des taureaux\, à celui des trois enfants\, à ceux de tous les juifs et de tous les Chrétiens pour former devant le Père\, qui les voit tous de son regard divin\, le fruit du bon arbre de la terre qu’est la Croix sur laquelle meurt le Christ. \n\n\n\nLA MÉLODIE \n\n\n\nC’est un chant très simple\, une prière qui offre\, mais sans pression\, et qui s’achève dans un acte de confiance en la justice de Dieu. \n\n\n\nLe caractère de prière est accusé dès l’intonation par la montée de sicut\, retenue\, grave\, et à laquelle le sib donne un ton d’humble révérence très à sa place; c’est le premier thème. \n\n\n\nIl y a une progression assez nette sur et taurorum\, elle s’accentue sur le second sicut en proportion de la valeur des victimes; notez le thème de l’intonation repris à la quarte supérieure. La cadence de cette première phrase va devenir le second thème\, repris en progression sur fiat et sur sacrificium. \n\n\n\nC’est l’offrande proprement dite. La supplication est un peu plus poussée. Elle prend de l’éclat sur in conspectu\,  avec une note de joie qui l’éclaire\, et où l’on trouve déjà la confiance qui va chanter dans la dernière phrase. La cadence se fait sur le troisième thème. Il est assez apparenté au second mais s’achève sur  un motif du Ve mode paisible\, assuré\, et qui donne quelque chose d’aimable\, de familier à la prière. \n\n\n\nCe thème est repris sur quia non au début de la phrase suivante\, comme le second l’a été au début de la deuxième phrase\, après avoir été annoncé à la fin de la première. \n\n\n\nOn l’entend à nouveau sur confidentibus in te Domine. Il est prolongé là par un très beau motif\, deux fois répété\, qui achève l’offertoire dans une atmosphère de paix nuancée de tendresse. \n\n\n\nCOMMUNION \n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nIncline ton oreille\, hâte-toi\, afin de nous délivrer. Ps. XXX. 2\, 3. \n\n\n\nC’est la fin de l’Offertoire du dimanche précédent. Prière très simple de l’âme qui sent tout ce qu’a de difficile la production du bon fruit\, tout ce qui s’oppose à sa croissance\, et qui\, prise par la béatitude que met en elle la grâce du sacrement\, demande au Christ-Jésus de la délivrer de tout ce qui retarde la moisson de mûrir… et d’être engrangée dans les greniers du Père. \n\n\n\nLA MÉLODIE \n\n\n\nLa première phrase est toute simple\, avec une cadence sur le la qui en fait une prière d’une extrême délicatesse. \n\n\n\nElle prend\, dans la seconde phrase\, le ton suppliant d’un enfant qui presse plus qu’il n’exige. La cadence de accelera prépare le mot de la prière\, qui se fait insistante par la triple répétition du petit motif sol la sol fa et\, plus encore\, par la dernière note qui arrive sur mi avec toute la force de la supplication. \n\n\n\n\nCantiques pour tous les temps\n\n\n\nPolyphonies pour tous les temps\n\n\n\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
URL:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/septieme-dimanche-apres-la-pentecote/2028-07-23/
CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Temporal
ATTACH;FMTTYPE=image/jpeg:https://www.musique-liturgique.com/wp-content/uploads/2012/05/7pentecote.jpg
LOCATION:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/septieme-dimanche-apres-la-pentecote/2028-07-23/
END:VEVENT
BEGIN:VEVENT
DTSTART;VALUE=DATE:20280730
DTEND;VALUE=DATE:20280731
DTSTAMP:20260708T142117Z
CREATED:20250218T115756Z
LAST-MODIFIED:20260708T142117Z
UID:10000369-1848528000-1848614399@www.musique-liturgique.com
SUMMARY:Huitième dimanche après la Pentecôte
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n  \nINTROÏT\nLE TEXTE\nNous avons reçu\, ô Dieu\, ta miséricorde au milieu de ton temple. Comme ton nom\, ainsi ta louange s’étend jusqu’aux confins de la terre. De justice est pleine ta main. Ps. – Grand est le Seigneur et digne de louange dans le Cité de Dieu sur la montagne sainte. Ps. XLVII\, 10\, 11\, 1. \nLe Psaume XLVII est un cantique de pèlerinage à Jérusalem. Il commence par un cri d’admiration : « Grand est le Seigneur. » Suit la description de la ville. Il y a alors\, pour le moment où le pèlerin est dans le Temple\, une strophe qui chante sa reconnaissance. « Nous avons reçu\, ô Dieu\, ta miséricorde au milieu de ton Temple… Ta louange est partout car ta main est pleine de justice ». Et par ce dernier mot\, est évoquée sans doute la fidélité de Dieu à ses promesses. \nÉvidement\, il ne s’agit pas ici du Temple de Jérusalem\, encore qu’il ait été le sujet des leçons de Matines. Ces versets du psaume n’ont d’autre objet que de dire à Dieu notre reconnaissance pour les grâces innombrables que nous avons reçues de lui. \nEn tout premier lieu\, pour le don de son Esprit qui a mis en nous la vie divine et qui l’entretient et qui nous pousse\, par son action incessante\, à la vivre à plein…Et pour tout le reste que chacun sait pour soi. \nCes grâces\, nous les avons reçues dans son Temple : qu’on l’entende des Églises matérielles ou de l’Église spirituelle ou seulement de notre âme qui est bien le Temple du Dieu vivant. \nAinsi\, pour tout ce qu’il lui a dispensé\, à elle et à chacun de ses membres\, l’Église remercie Dieu par ce chant de louange qu’elle voudrait voir s’étendre aussi loin que son nom : jusqu’aux extrémités du monde. \nLA MÉLODIE\nLa première phrase est douce\, tranquille. C’est une évocation toute simple des heures qui furent remplies des dons de Dieu. L’âme la chante dans le joie\, sur le motif du Gaudeamus et du Jubilate et de tant d’autres chants d’allégresse. Une nuance de ferveur reconnaissante s’élève sur misericordiam mais c’est la joie qui domine\, fraîche\, souriante; notez les fines broderies de in medio templi tui et la cadence en fa. \nDe ces souvenirs heureux\, la louange jaillit soudain éclatante\, enthousiaste. L’âme\, exaltée\, fait monter la mélodie en un bond hardi\, pour célébrer le nom divin qu’elle enveloppe ensuite de pieux respect sur tu Deus. \nPuis elle expose son souhait  ita et laus tua. Avec fermeté et emphase à la fois\, notez la double note – une bivirga\, – le torculus élargi\, la ferveur du pressus de tua. La phrase s’achève comme la première\, fines terrae rimant avec templi tui. \nLa troisième phrase est d’un caractère tout différent. Liée de très près à la précédente\, elle est comme un témoignage à la sagesse de Dieu. La mélodie demeure dans le grave\, comme si l’âme évoquait\, dans sa vie intime\, les innombrables fidélités du Seigneur qui fondent sa louange et sa joie. \n  \nGRADUEL\nLE TEXTE\nSois pour moi un Dieu protecteur et un lieu de refuge\, afin que tu me sauves. \nVerset. – O dieu\, en toi j’ai déjà espéré. Seigneur\, non\, je ne serai pas confondu à jamais. Ps. XXX\, 3\, 4\, 1. \nLe Psaume XXX est devenu le Psaume de l’abandon absolu dans la paix depuis que Notre-Seigneur s’est servi du verset 6e pour exprimer à son Père\, au moment où il allait mourir\, la remise de son âme pacifiée : In manus tuas commendo spiritum meum. \nCes trois versets forment une prière tout empreinte de confiance qui est bien à sa place après l’Épître. Saint Paul nous dit en effet que\, si nous voulons suivre l’Esprit dans la voie de la mortification où il nous guide\, nous serons vraiment les enfants de Dieu et ses héritiers. Cette mortification de toute notre vie pourrait nous effrayer\, mais il y a le Père\, et ce n’est pas un Esprit de crainte que nous avons reçu mais un Esprit de confiance filiale. Alors\, nous l’appelons le Père\, et nous lui demandons de nous recevoir comme un refuge où toute crainte s’évanouit. \nLA MÉLODIE\n« La première partie se déroule dans une atmosphère de douceur\, de tendresse joyeuse\, de paix abandonnée. Il n’y a pas d’angoisse\, pas de supplication ardente; on sent que l’âme est sûre d’être exaucée; mieux encore\, qu’elle l’est déjà… C’est moins une prière proprement dite qu’une sorte de parole d’amour dans laquelle l’âme demande uniquement pour recevoir une réponse où sera la tendresse de l’aimé. D’où le caractère d’intimité heureuse qui est partout ». \nNous écrivions ceci de l’Introït de la Quinquagésime. Nous pouvons l’écrire de ce graduel. Le texte est le même. La mélodie a une forme différente mais c’est bien le même climat. Notez la paix heureuse de la première phrase\, avec sur protectorem une douce pression qui s’achève dans le grave en une nuance de bonheur profond. Un désir plus ardent monte sur refugii\, mais dans la paix toujours; ce n’est pas un refuge contre l’ennemi qui menace que l’âme demande\, mais un lieu de repos : les bras du Père pour s’y enfouir et y être à jamais. \nLa dernière phrase ut salvum me facias a bien la même joie assurée et baignée de tendresse abandonnée. \nLE VERSET\nIci la joie est plus extérieure\, plus exaltée. L’âme ne demande plus; elle a reçu ce qu’elle demandait\, elle est dans les bras du Père\, bien gardée; elle exulte. Le bel élan qui l’emporte sur Deus in te speravi\, en pleine joie\, en plein amour\, qui s’épanouit un instant sur cette cadence suspendue do re\, lumineuse et simple comme un sourire\, et qui l’emmène se complaire dans une tendresse baignée de gratitude sur les neumes de Domine multipliés et retenus avec ferveur. \nPuis c’est l’affirmation\, la certitude absolue posée sur non et qui devient tout de suite\, sur le motif de confundar la joie légère\, exubérante de l’espoir enfin comblé. Le chœur reprenant sur in æternam chante l’éternité. Il y a dans cette formule finale\, commune mais très belle\, quelque chose de profond qui sert vraiment bien le mot. \nALLELUIA\nLE TEXTE\nGrand est le Seigneur et très digne de louange\, dans la cité de notre Dieu\, sur sa montagne sainte. Ps. XLVII\, 1. \nC’est l’exclamation qui commence le Psaume des pèlerins. Elle chante la grandeur de Dieu qui se dégage de la Cité\, posée sur le Mont Sion comme le trône terrestre du Tout-Puissant. \nSion était l’image du ciel\, la figure de cette Jérusalem céleste où nous allons\, nous aussi\, pèlerins de toute notre vie\, pour y recueillir l’héritage du Père que nous autorise à réclamer l’Esprit qui nous a faits ses enfants. Nous la voyons dans le lointain\, figurée à nos yeux par les splendeurs du monde matériel et les splendeurs\, plus exaltantes encore\, du monde spirituel. Ce n’est pas elle que nous chantons\, c’est l’ineffable merveille que nous ne voyons pas\, mais qui nous a été révélée : la beauté infinie de Dieu qui dépasse tout\, la Jérusalem céleste elle-même\, car il est la Cité et le Temple… Dominus enim Deus omnipotens templum illius est\, et Agnus. \nLA MÉLODIE\nOn a dit que l’Alleluia fait penser aux chansons du moyen âge. C’est bien vrai que sa montée en quinte et le retour au ré par le la et le do lui donne une teinte de musique primitive. Mais la répétition deux par deux des motifs du jubilus le rapproche plus encore des vocalises\, toutes naïves mais d’une ligne et d’un rythme si purs\, que l’on entend chanter parfois dans la campagne. \nC’est le chant d’un enfant paisible\, simple\, heureux qui laisse passer son bonheur sur ses lèvres sans souci de ce qu’il chante\, avec peut-être une pointe de désir qui se précisera avec le texte du verset. \nCelui-ci reprend d’abord sur Magnus\, les derniers neumes de l’Alleluia qui précèdent le jubilus\, puis\, sur Domine\, jaillit une envolée de joie exubérante. Une envolée vraiment\, car c’est léger comme un vol d’oiseau et souple et frais. Trois temps composés ternaires qui s’élèvent dans l’élan de l’accent tonique et qui vont\, sans un ralenti\, mais avec une délicatesse extrême\, se poser sur la dernière syllabe du mot. Quelle louange exaltante et pure pour le nom divin ! Et Laudabilis s’y joint dans la même simplicité. Quatre temps binaires rythment la descente\, puis il y a une remontée : le motif de magnus est redit sur valde qui se trouve ainsi comme en rejet\, mais d’une façon si imprévue\, si simple aussi « qu’on a l’impression que le compositeur arrivé là s’est aperçu qu’il n’avait pas suffisamment rendu toute la louange qui débordait de son cœur et que comme dédommagement il a ajouté ingénument ce petit valde. « Joie de l’Église à la pensée de tout ce que le Seigneur est pour elle et de l’héritage de béatitude auquel il convie les siens dans sa Cité Sainte. \nLes neumes de l’Alleluia reviennent sur civitate et à nouveau sur in monte ejus. Ils prennent avec le texte\, non pas de la gravité\, c’est trop dire\, mais comme une nuance de contemplation. L’Église est fixée sur le ciel et chante sa joie\, mais en mêlant à la réalité béatifiante de demain l’espoir d’aujourd’hui de sorte qu’on décèlerait aisément sur le sommet du premier motif comme un élan de désir. Cette nuance disparaît ensuite et c’est la joie pure jusqu’à la fin de la thésis. Un nouvel élan sur in monte ravive le désir qui se mêle à nouveau à la joie sur le jubilus pour la troisième fois entendu. \nOn l’entendra une quatrième à la reprise de l’Alleluia\, mais on ne s’en lasse pas car il berce vraiment la contemplation heureuse de la Cité sur la Sainte Montagne. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nLe peuple qui est humble\, tu le sauveras\, Seigneur. Et les regards des superbes\, tu les abaisseras. Car qui est Dieu en dehors de toi\, Seigneur ? Ps. XVII. 28\, 31. \nAu centre du Psaume  XVII\, dans lequel David chante sa gratitude à Dieu qui l’a délivré de la poursuite de Saül\, ces deux versets sont une attestation de la justice divine agissant en toute circonstance. Dieu est bon avec ceux qui sont droits et simples et il les sauve; il est dur avec les orgueilleux\, ceux qui se dressent et le regardent avec mépris; il les abaisse. Il n’en saurait être autrement car qui est Dieu en dehors de lui ? Or\, ceux qui le bravent\, en fait placent au-dessus de lui\, et cela ne se peut ni ne se doit \nCet offertoire ne se rattache pas à l’Évangile\, mais il s’harmonise si parfaitement avec l’offrande du sacrifice qu’il semble avoir été fait pour l’accompagner. Cette offrande en effet est essentiellement un acte d’humilité. In spiritu humilitatis et in animo contrito suscipiamur a te Domine… \nL’homme reconnaît que Dieu est tout\, qu’il lui doit tout\, et il se donne à lui; en retour Dieu l’accepte et\, par le fait\, le faisant sien\, il le sauve. Les autres\, ceux qui ont leurs regards pleins d’eux-mêmes et qui ne veulent pas s’offrir\, il les abaissera en les laissant ce qu’ils sont pour un temps et en les mettant\, à son heure\, avec le premier qui n’a pas voulu s’offrir et qui\, s’étant élevé au-dessus de Dieu\, a été abaissé au-dessous de toute créature. \nNotons toutefois que ce texte n’est ni une prière ni une offrande. C’est une affirmation. L’Église chante sa confiance à Dieu\, au moment où il accepte son oblation. \nLA MÉLODIE\nUn chant de joie encore\, mais avec sa couleur propre. \nLa première incise est simple\, paisible\, elle a le ton d’une conversation familière. Humilem est mis en relief par le salicus et la montée à la dominante\, mais sans expression particulière. Tout de suite après\, et sans transition\, salvum facies jaillit dans un magnifique élan de joie. La montée do la do mi re do lui donne quelque chose d’exaltant qui devient peu à peu\, sur la tristropha et sur la cadence si gracieuse la do sol fa sol\, une sorte de recueillement\, comme si l’âme\, prenant conscience un instant de toute l’idée\, se laissait aller à une gratitude baignée de tendresse\, laquelle d’ailleurs s’épanche à loisir sur l’admirable motif de Domine. Cette ascension lente s’épanouit sur le sommet et retombe dans une plénitude que l’intervalle de quinte\, et plus encore la proximité de si et de fa\, font absolue. \nLa deuxième phrase est moins expressive\, encore que sur humiliabis il  y ait un élan assez marqué\, et que le motif qui s’y développe ait une allure de joie bien assurée\, voire quelque peu piquante. \nPar contre la troisième phrase est une très belle proclamation de la puissance et de la justice de Dieu qui n’a personne au-dessus de lui et qui ne saurait supporter quiconque essaie de le dominer. Le mouvement monte sur quoniam dans un rythme syllabique ternaire net et ferme qui met quis Deus en pleine évidence\, avec je ne sais quoi de fort qui le lance comme un défi aux superbes. Cette force\, sur praeter te\, devient une affirmation noble et fière pleine de grandeur. Domine est alors enveloppé dans un mouvement thétique de joie tendre qui ramène l’atmosphère de la première phrase. Notez le motif repris deux fois et esquissé encore sur la belle cadence en fa. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nGoûtez et voyez combien est suave le Seigneur. Heureux l’homme qui met son espoir en lui. Ps. XXXIII\, 3 »\, 9. \nCe verset\, dans  lequel le Psalmiste nous invite à profiter de son expérience\, est un curieux assemblage de mots : goûtez et voyez. Et pourtant\, c’est l’ordre des choses. Il y a bien un premier regard sur l’objet pour savoir ce qu’il est\, mais ce regard ne nous en donne pas la connaissance profonde\, ne nous fait pas communier à ce qui en lui s’harmonise avec notre être et nous donne la joie. Il faut pour y arriver le regarder longuement\, l’observer\, l’étudier\, sympathiser avec lui\, l’aimer\, devenir lui-même en quelque sorte; alors\, dans la joie de l’amour\, il se révèle et nous en jouissons vraiment. \nAinsi en va-t-il avec Dieu. Un regard de foi superficiel\, ne saurait suffire à nous le faire connaître\, c’est dans la méditation silencieuse de son être\, de ses opérations\, de sa vie\, au contact de l’amour qu’il nous porte à tout instant\, dans cette sympathie profonde où se fait l’échange de nos deux êtres que nous le connaissons\, que nous sentons combien il est bon. Or c’est cela le goûter. \nAinsi entendu\, comme ce verset est bien à sa pace sur les lèvres de l’Église au moment de la Communion : Goûter le Christ qui se donne à nous\, dans l’Eucharistie\, c’est l’aimer\, en nous donnant à lui. Dans cet acte amour mutuel\, se réalise notre transformation en lui; recevant alors sa lumière et la puissance de son amour\, nous voyons mieux combien il est bon\, doux et tendre et nous comprenons quel bonheur c’est pour nous d’espérer en lui\, car après cette vision de ce qu’est Dieu\, déjà si délectable\, mais encore obscure\, viendra l’autre. A force de goûter le Seigneur nous le verrons tel qu’il est… et ce sera le rassasiement absolu. \nLA MÉLODIE\nUne invitation délicate chante sur Gustate mais c’est vers videte que va le mouvement comme vers le mot qui importe. Il y a là\, sur la tristropha\, une prolongation très expressive; comme si l’Église savourait sa vision en même temps qu’elle invite à la partager. \nCette délectation s’étend ailleurs à toute la phrase. Elle trouve sa dernière expression sur suavis est Dominus\, si évocateur des délicatesses de l’amour divin. \nSortant alors de sa délectation\, l’Église s’exclame : « Bienheureux l’homme qui espère en lui. » Il y a un peu plus de mouvement au début mais la jouissance mystique revient très vite et la cadence finale de eo rime avec celle de Domine dans la même atmosphère \n\nCantiques pour tous les temps\nPolyphonies pour tous les temps\n\n  \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
URL:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/huitieme-dimanche-apres-la-pentecote/2028-07-30/
CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Temporal
ATTACH;FMTTYPE=image/jpeg:https://www.musique-liturgique.com/wp-content/uploads/2012/05/8pentecote.jpg
LOCATION:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/huitieme-dimanche-apres-la-pentecote/2028-07-30/
END:VEVENT
END:VCALENDAR