BEGIN:VCALENDAR
VERSION:2.0
PRODID:-//Sacra Musica - ECPv6.16.2//NONSGML v1.0//EN
CALSCALE:GREGORIAN
METHOD:PUBLISH
X-WR-CALNAME:Sacra Musica
X-ORIGINAL-URL:https://www.musique-liturgique.com
X-WR-CALDESC:Évènements pour Sacra Musica
REFRESH-INTERVAL;VALUE=DURATION:PT1H
X-Robots-Tag:noindex
X-PUBLISHED-TTL:PT1H
BEGIN:VTIMEZONE
TZID:Europe/Paris
BEGIN:DAYLIGHT
TZOFFSETFROM:+0100
TZOFFSETTO:+0200
TZNAME:CEST
DTSTART:20260329T010000
END:DAYLIGHT
BEGIN:STANDARD
TZOFFSETFROM:+0200
TZOFFSETTO:+0100
TZNAME:CET
DTSTART:20261025T010000
END:STANDARD
BEGIN:DAYLIGHT
TZOFFSETFROM:+0100
TZOFFSETTO:+0200
TZNAME:CEST
DTSTART:20270328T010000
END:DAYLIGHT
BEGIN:STANDARD
TZOFFSETFROM:+0200
TZOFFSETTO:+0100
TZNAME:CET
DTSTART:20271031T010000
END:STANDARD
BEGIN:DAYLIGHT
TZOFFSETFROM:+0100
TZOFFSETTO:+0200
TZNAME:CEST
DTSTART:20280326T010000
END:DAYLIGHT
BEGIN:STANDARD
TZOFFSETFROM:+0200
TZOFFSETTO:+0100
TZNAME:CET
DTSTART:20281029T010000
END:STANDARD
END:VTIMEZONE
BEGIN:VEVENT
DTSTART;VALUE=DATE:20270502
DTEND;VALUE=DATE:20270503
DTSTAMP:20260525T155100
CREATED:20250218T115710Z
LAST-MODIFIED:20260313T203629Z
UID:10000258-1809216000-1809302399@www.musique-liturgique.com
SUMMARY:Cinquième Dimanche après Pâques
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n\n\n\nINTROÏT\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nLe cri de joie\, lancez-le et qu’il soit entendu.Allelúia.Lancez-le jusqu’aux extrémités de la terre.Il a libéré son peuple\, le Seigneur.Allelúia\, Allelúia. \n\n\n\nPs. – Acclamez Dieu\, toute la terre.Un psaume chantez à son nom\, donnez de l’éclat à sa louange. Isaïe XLVIII. 20 – Ps. LXV. 1\,2. \n\n\n\nC’est aux Juifs captifs à Babylone que le Prophète s’adresse. Il vient de leur dire qu’enfin le Seigneur va bientôt les délivrer\, lorsque tout à coup\, comme s’il voyait dans l’avenir se dérouler la scène de la libération et qu’il y était avec la mission de porter à ses compatriotes la bonne nouvelle de leur délivrance\, il s’écrie : « Sortez de Babylone\, fuyez les Chaldéens. Lancez le cri de joie et qu’il soit entendu et faites-le parvenir jusqu’aux extrémités de la terre. Dites : le Seigneur a racheté son serviteur Jacob. » \n\n\n\nDans l’Introït tout ce qui avait trait au peuple Juif a disparu : l’ordre de fuir\, au début et « son serviteur Jacob »\, à la fin qui a été remplacé par « son peuple ». Aussi bien ce n’est plus Isaïe qui prophétise\, c’est la prophétie qui se réalise. En effet\, par-delà la libération des Juifs\, ce que le Prophète voyait\, c’était la Rédemption du monde\, et la voix qu’il entendait et dont il reproduisait les accords était celle de l’Eglise invitant ses membres à proclamer sans cesse que le Seigneur a sauvé son peuple par sa mort et sa résurrection. C’est cette voix qui chante ici. \n\n\n\nQuel sens exact donner à vócem jucunditátis ? Le mot de la joie ? Ce n’est pas assez. Le cri de la joie dit bien l’enthousiasme de la libération\, mais crier ce n’est pas liturgique ; pour entrer dans le jeu sacré\, il faut que le cri soit stylisé\, or c’est le chant qui donne au cri le style qui convient ; le sens qui paraît le mieux adapté serait donc : lancez le chant qui annonce la joie ardente de Pâques. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nC’est un chant d’enthousiasme\, mais très nuancé. \n\n\n\nLa première phrase commence par un salicus\, comme si l’Eglise voulait un instant savourer sa joie sur cette double note avant de la laisser aller au souffle de l’enthousiasme. Celui-ci la saisit d’ailleurs tout de suite et l’emporte de plus en plus ardente vers l’accent tonique de jucunditátis et la tristropha de nuntiáte où elle s’épanouit\, vibrante et pressante\, certes\, mais douce aussi\, faisant de cet impératif une aimable invitation plutôt qu’un ordre. Elle se détend ensuite tout au long de la thésis en une nuance de bonheur intime et profond. Mais la phrase n’est pas achevée ; il y a une reprise de mouvement sur audiátur. L’élan de joie y est beaucoup moins marqué\, c’est plutôt l’impératif qui domine ici ; l’Eglise soucieuse de ce que ses enfants mettent à profit la bonne nouvelle\, veut qu’on la fasse entendre et qu’elle soit écoutée. La cadence qui se prolonge dans l’Allelúia revêt la même nuance qu’à la fin de l’incise précédente. \n\n\n\nLa seconde phrase reprend l’invitation. Nuntiáte reproduit exactement l’intonation avec le même souffle ardent\, mais\, passé ce premier mot\, l’Eglise\, toute prise par l’idée de faire se répandre jusqu’au bout du monde la joie de la Résurrection\, élargit son chant à la mesure de sa vision et de son désir. Ce mouvement est parmi les plus beaux du répertoire. D’abord mesuré\, presque scandé\, sur les torculus de nuntiáte\, il se dégage sur úsque en un élan hardi qui le porte du la au ré puis\, balançant la joie sur les clivis allongées de extrémum térræ il se fait souple\, léger\, plus large aussi\, comme pour se préparer à s’épanouir sur le torculus si gracieux et si expressif du sommet avant de s’achever sur la cadence pleine et ferme du VIIIe mode. \n\n\n\nC’est dans cette tonalité nouvelle que débute la troisième phrase. Il faut d’abord en préciser le sens car elle peut s’entendre de deux façons selon qu’on la considère ou non comme une citation : « Annoncez ceci : « Le Seigneur a libéré son peuple » « ; ou bien : « Annoncez (la joie) ; le Seigneur a libéré son peuple « . Or\, il semble bien que ce soit cette seconde interprétation qu’il faille lui donner. En effet\, dans le texte d’Isaïe il y a: « Dites : le Seigneur a libéré son serviteur Jacob »\, et\, dans l’Introït \, « dites » ayant été supprimé\, il reste « annoncez(la joie) : le Seigneur a libéré son peuple. » La mélodie confirme d’ailleurs cette interprétation. Elle est toujours joyeuse\, ardente\, enthousiaste mais l’élan léger des deux premières phrases n’y est plus. Dès le début\, dans l’arsis de liberávit on la sent qui se retient ; c’est une joie plus intérieure\, plus profonde qu’elle exprime. Cette nuance – car ce n’est qu’une nuance – est surtout sensible dans le mouvement thétique\, qui commence d’ailleurs tout de suite ; depuis la tristropha et la clivis de Dóminus jusqu’au salicus de pópulum qui ramène si délicatement la mélodie au la\, tout est enveloppé de vénération\, de gratitude\, de tendresse. Les Allelúia eux-mêmes sont discrets\, retenus ; non seulement le premier\, qui se complait dans l’admirable descente vers le ré\, mais le second aussi dont tous les neumes ralentis par le quilisma s’imprègnent de plus en plus de contemplation à mesure qu’ils approchent de la cadence qui achève si bien de dire ces sentiments délicats. \n\n\n\nLe psaume retrouve l’élan joyeux du début sur le mot même de la joie : Jubiláte. \n\n\n\nCet Introït est difficile à bien chanter. On est exposé en effet à en marquer trop les nuances. Ce serait une erreur qui donnerait un caractère recherché\, précieux alors qu’il est au contraire ferme et fort. Il faut faire les nuances\, mais de telle sorte qu’elles découlent comme naturellement les unes des autres. Que les thésis en particulier ne soient pas d’une douceur qui tranche sur la force de l’arsis ; c’est dans un dégradé presque insensible qu’il faut les faire. D’autre part\, on est assez tenté de le chanter fort à cause de son caractère enthousiaste ; rien ne s’y oppose\, au contraire\, mais à la condition expresse que les voix ne soient pas poussées et qu’elle demeurent souples. C’est de la vie beaucoup plus que de la force qu’il lui faut. \n\n\n\nUne technique rigoureuse permettra d’éviter ces deux écueils. \n\n\n\nQue les doubles notes n’aient que leur valeur et qu’elles demeurent bien dans le mouvement. Celle du début est un salicus ; attaquer doucement la première note. Les deux podatus de Jucunditátis ont leur première note légèrement allongée. Faites une légère accélération vers le sommet et évitez de faire la distropha trop dure. Pas de ralenti à la cadence de annuntiáte. \n\n\n\nLe neume de úsque sera très lié et très léger\, les clivis de extrémum\, à peine pesantes\, le torculus du sommet\, gracieusement élargi. Peu de ralenti à la cadence. \n\n\n\nLa tristopha de Dóminus sera douce. Reliez l’Allelúia à súum. Posez bien la première note des podatus du second Allelúia : crescendo discret dans l’arsis\, la thésis très retenue. \n\n\n\nALLELÚIA I\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nIl est ressuscité le Christ et il (nous) a éclairés nous qu’il a rachetés de son sang. \n\n\n\nCes paroles ne se retrouvent nulle part dans l’Ecriture. \n\n\n\nElles ne se rattachent pas directement à l’Epître encore que l’illúxit nóbis puisse s’entendre de la parole du Christ que Saint Jacques nous invite à entendre. L’Eglise s’en sert simplement comme d’un thème général pour chanter le Christ ressuscité éclairant de sa lumière ceux qu’il a rachetés. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle a très peu d’étendue dans la première incise ; quelques notes qui vont et viennent du ré au fa serrées les unes contre les autres ; mais quelle belle expression de l’âme recueillie dans la contemplation du mystère et qui laisse sa joie et sa gratitude monter en touches délicates ! Sur et illúxit elle prend conscience de la clarté que le Christ ressuscité projette en elle et de tout ce qu’elle y trouve de sécurité et de paix. Sa joie s’anime. D’un seul mouvement de quinte la mélodie monte au la mais elle ne s’extériorise pas pour autant ; elle demeure contemplative et c’est d’un pas mesuré qu’elle redescend vers la tonique\, soulignant seulement illúxit d’une touche de ferveur. \n\n\n\nMais voici l’idée de la Rédemption. L’âme cette fois se laisse aller à l’exaltation. La joie d’être rachetée\, sauvée\, ressuscitée un jour\, la fait clamer au monde – comme le demandait l’Introït – le bonheur infini qu’elle doit au Christ. La mélodie de la dominante où elle s’est établie tout de suite\, gagne les hauteurs et s’y déploie à loisir en un motif léger\, vif\, plein d’une allégresse qui s’avive. Celle-ci toutefois ne dure que le temps du mot redémit ; tout de suite\, sur sánguine\, la mélodie redescend en ré. Le mot est très en relief par ce brusque passage au grave et plus encore par les pressus mais ce n’est pas de la tristesse qu’il exprime. A l’évocation des souffrances du Christ\, l’âme est seulement revenue à sa contemplation recueillie et\, sur ces deux pressus\, comme sur ceux du surréxit\, c’est l’ardeur de sa gratitude qu’elle fait monter vers le Seigneur. Le motif d’ailleurs\, pour finir\, rime très heureusement avec celui de illúxit nóbis. \n\n\n\nLe mouvement sera très tranquille et très lié dans la première phrase\, allant vers les  pressus qu’on fera très expressifs. Bien faire l’élan ré la sur et mais garder le mouvement paisible. \n\n\n\nOn l’animera sur quos redémit mais sans forcer le contraste : ne pas le forcer non plus sur sánguine. Il faudra bien veiller aux transitions pour garder à toute la pièce son unité. \n\n\n\nALLELÚIA II\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nJe suis sorti du PèreEt je suis venu dans le mondeMaintenant je quitte le mondeEt je vais à mon Père. Jean XVI. 28. \n\n\n\nIl y a deux façons d’interpréter ici ces paroles prononcées par Notre Seigneur après la Cène. On peut les mettre sur les lèvres de l’Eglise qui se les chanterait à elle-même en une sorte de contemplation pour se préparer au départ du Christ vers son Père. On peut aussi entendre Notre Seigneur lui-même les chanter ; non pas dans le cadre du Cénacle\, le Jeudi Saint\, mais dans l’atmosphère des jours qui précèdent l’Ascension. Il n’est pas rapporté dans l’Evangile qu’il les prononça de nouveau après sa Résurrection\, mais il n’est pas invraisemblable qu’il le fit pour préparer ses disciples à la séparation prochaine. Cette seconde interprétation fait le texte beaucoup plus expressif\, il devient vivant\, actuel car et le Christ et nous nous nous trouvons ainsi dans le cadre même des jours que la liturgie fait revivre et comme dans le prélude du drame de l’Ascension qui se prépare. \n\n\n\nQuelle que soit l’interprétation que l’on choisisse\, il faut bien donner aux mots tout leur sens\, Notre Seigneur parlait de lui-même en disant qu’il était venu du Père et qu’il retournait au Père mais il ne le disait pas sans penser à ses membres qui ne font qu’un avec lui. Eux aussi viennent de Dieu en ce sens qu’ils ont été de toute éternité portés dans la pensée divine et prédestinés à vivre la vie du Christ à telle époque\, dans telle contrée ; et\, leur vie achevée\, ils quittent le monde et vont vers le Père pour leur éternelle béatitude. Nous pouvons donc\, tout en les mettant sur les lèvres du Christ\, faire nôtres ces paroles et chanter sur elles le cycle de notre vie errante. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle est faite d’un motif qui va du ré au sol et du sol au ré\, presque toujours par degrés conjoints. Ce motif revêt deux formes. Le pressus du sommet rend la seconde beaucoup plus expressive. \n\n\n\nA travers ces montées et ces descentes légères\, fluides\, toujours les mêmes et ans cesse répétées ; (15 fois dans l’ensemble de l’Allelúia et du verset) la voix du Christ nous vient comme de très haut\, planant au-dessus du temps\, au-dessus des évènements\, au-dessus de ses disciples\, au-dessus de la peine qu’ils ont de le voir partir\, au-dessus de nos désirs trop humains à nous aussi\, qui voudrions tant qu’il fût là avec son corps de chair. Et elle chante la seule chose qui importe : le mouvement dans lequel tout être doit avoir son mouvement s’il veut atteindre sa fin : venir du Père\, aller au Père. Et pour la chanter\, elle a l’expression de ce qui ne change pas\, de ce qui ne passe pas\, de ce qui dure : de la joie qui a sa plénitude. C’est une voix de contemplation\, la voix de quelqu’un qui est fixé sur son objet\, sur son bien ; la voix du Christ ressuscité qui juge tout dans sa sagesse infinie\, du Christ heureux dans la volonté du Père qui l’a envoyé et qui le rappelle. \n\n\n\nCe n’est pas que la mélodie soit sans expression ; de beaux accents de tendresse pour le Père montent sur les pressus de a Pátre de vádo de Pátrem ; d’autres\, chargés de désirs et d’amour pour nous\, sur véni et múndum. Mais ce qui le caractérise c’est\, par delà les mots et les neumes\, comme une tendre mélodie ; la mélancolie de tous les départs mais ici tempérée\, dominée même par une douceur qui voudrait consoler ; la douceur inexprimable du discours après la Cène. « Mes petits enfants\, encore un peu de temps je suis avec vous…que votre cœur ne se trouble pas…je ne vous laisserai pas orphelins. Je vais mais je reviendrai vers vous. Il vaut mieux que je parte…Là où je suis\, je veux que vous soyez aussi. Il y a beaucoup de places dans la maison de mon Père. Je vous laisse ma Paix\, je vous donne ma Paix… » \n\n\n\nPour que cette mélodie ait vraiment son expression juste il faut la chanter dans un mouvement modéré\, très souple et sans aucune recherche d’effet. Les crescendo seront très discrets\, la voix effacée\, toutes les notes bien égales\, le rythme très prononcé de façon à donner cette impression de continuité indéfinie\, de calme\, de paix absolue si caractéristique de la contemplation. Les pressus seront eux aussi\, peu poussés encore qu’un accent délicat de ferveur doive y être posé. \n\n\n\nOFFERTOIRE\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nBénissez\, peuples\, le Seigneur notre Dieu.Et faites retentir le chant de sa louange.Lui qui a posé mon âme pour la vieEt n’a pas permis de chanceler à ms pieds.Béni soit le Seigneur qui n’a pas repoussé ma prière et sa miséricorde de moi.Allelúia. Ps. LXV. 8\, 9\, 20. \n\n\n\nDans les versets 8 et 9 du Psaume LXV\, qui forment la première partie de cet Offertoire\, le peuple juif invite les nations à louer le Seigneur qui l’a sauvé d’une catastrophe où il devait périr et dans laquelle il n’a même pas été ébranlé. Le verset 20 est une formule de bénédiction dans laquelle il remercie lui-même le Seigneur de l’avoir exaucé dans sa miséricorde. A eux trois\, ils forment un très beau chant d’action de grâces. \n\n\n\nC’est le Christ et ses membres qui le chantent ici. \n\n\n\nLe Christ en tout premier lieu. Il a bien le droit d’inviter les peuples à bénir et à louer son Père car il vient de les conquérir sur la mort. La conquête a été dure\, mais elle s’est achevée dans l’éclatant triomphe de la résurrection. Le Père lui a donné à nouveau son âme pour la vie ; non seulement pour qu’elle anime son corps mais pour que la vie divine qu’ila en plénitude passe de lui dans tous ceux que la grâce de la Résurrection lui incorporera. Pour tout cela : pour le triomphe\, pour le secours dans l’épreuve\, pour sa prière qu’il a répandue sur tous les siens ; Benedictus Dóminus. Que son Père soit béni. \n\n\n\nAvec le Christ\, toute l’Eglise chante Benedícite géntes. Elle peut bien inviter les nations à la louange ; n’est-elle pas le Christ qui se prolonge sur la terre ? N’a-t-elle pas été\, elle aussi\, sauvée et combien de fois au cours des siècles ? \n\n\n\nEt dans l’Eglise chacun chante pour soi : appelant les peuples à célébrer ce que le Seigneur a fait pour son âme. Il nous a donné la vie : la sienne ; bien souvent peut-être il nous l’a rendue et comme il sait tenir de sa main ferme et forte dans les épreuves variées qui font la trame de nos jours ! Pour avoir si souvent exaucé notre prière\, selon la promesse que votre Fils vient de nous rappeler dans l’Evangile\, pour votre miséricorde qui ne cesse d’être sur nous\, Seigneur\, soyez béni… \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle a très peu d’étendue : le retour répété des notes longues sur fa\, la fixe sur une ligne d’où elle ne s’écarte que par échappée. Elle n’a pas d’éclat ; ni l’invitation n’est pressante\, ni la formule de bénédiction ardente. Elle se développe dans une atmosphère de douceur\, de paix\, de sérénité joyeuse surtout qui est bien celle dans laquelle on se plait à évoquer le Christ\, entre la Résurrection et l’Ascension. \n\n\n\nLa voix demeure dans le grave sur Benedícite géntes\, mais elle fait l’invitation aimable et douce. Sur Dóminum Déum elle se revêt d’un accent de ferveur joyeuse. On notera que le motif de cette incise se rapproche de très près de celui de Dóminus díxit ad me dans l’Introït de la Messe de minuit. \n\n\n\nA part l’arsis do mi sol du début qui lui donne une nuance de joie plus extériorisée\, c’est bien la même tendresse heureuse\, simple\, abandonnée ; la tendresse du Fils\, content jadis de venir dans le monde\, content aujourd’hui de retourner au Père. \n\n\n\nObaudíte vócem éjus a quelque chose de ferme qui fait l’intonation plus pressante et l’incise s’achève sur une cadence aimable qui rappelle ici encore celle de méus es tu dans l’Introït de Noël. \n\n\n\nLa  deuxième phrase chante les bienfaits reçus. La vie d’abord. Le qui pósuit vitam évoque l’in splendóribus qui chantait la génération éternelle dans le Graduel de la Messe de minuit. \n\n\n\nCe n’est qu’un rappel ici encore car la seconde note du second torculus enlève au motif l’autorité majestueuse qu’il prend à Noël sur les lèvres du Père. Elle lui donne par contre quelque chose de plus simple\, de plus doux\, de plus joyeux aussi qui va bien avec l’amabilité\, la bénignité si humaines du Fils. Le même motif est à nouveau esquissé sur ánimam et le mouvement de joie un moment animé par le torculus se fixe presque immobile sur la distropha\, comme si le Christ demeurait un instant en admiration devant la merveille de son âme\, chef d’œuvre de la nature et de la grâce où se concentre toute la vie. Heureuse inspiration vraiment que de faire ainsi le Christ chanter son action de grâces\, pour la vie qui lui a été de nouveau donnée\, sur le motif dont se servait le Père pour chanter sa génération éternelle le jour de sa nativité. \n\n\n\nLa fermeté est la nuance de l’incise suivante. Le motif de dédit bien appuyé sur la double note qui le termine\, repris sur commovéri\, esquissé une troisième fois sur pédes avec la tristropha donne une impression de sécurité\, de solidité qui traduit parfaitement l’idée. \n\n\n\nLa troisième phrase est toute consacrée à l’action de grâces. Le Christ a fini d’inviter à la louange et d’énumérer les bienfaits qu’il a reçus. Il semble désormais fixé sur le Père\, il ne voit que lui et c’est à lui seul qu’il chante sa gratitude. Elle jaillit en une mouvante exclamation : Benedíctus Déus… La mélodie\, tout en gardant sa joie délicate\, épouse cette immobilité de l’âme. Onze fois en trois lignes les distrophas et les tristrophas reviennent se poser sur le fa\, chargées d’amour reconnaissant\, rivées elles aussi\, à cette teneur comme le regard du Fils sur le Père. Les motifs sont d’ailleurs très gracieux dans leur simplicité réduite à l’extrême. Benedíctus Dóminus\, avec le torculus qui amène la tristropha en un  mouvement de paix si doux\, est repris sur non amóvit. Il y a une insistance sur deprecatiónem par la double note\, qui est une bivirga épisématique. Enfin brisant un instant la ligne mais sans troubler la contemplation\, la joie retrouve son élan sur le mot qui porte en lui tout l’amour de Dieu pour nous : misericórdiam súam ; et tout s’achève sur l’Allelúia qui prolonge jusqu’au silence où elle se perd la gratitude du Fils… et la nôtre. \n\n\n\nIl faut chanter dans un bon mouvement pas rapide mais vivant et joyeux : ce n’est pas une joie extatique qui pénètre la mélodie mais une joie très humaine qui\, pour être profonde\, n’en est pas moins pleine de vie. \n\n\n\nAllongez la première note du podatus de Benedícite. L’arsis de Dóminum sera très souple ; la voix lancée sur le podatus retombera douce sur la tristropha ; la double note de obaúdite et celle de laúdis sont des bivirgas épisématiques. \n\n\n\nUn bon départ a tempo\, avec une joie plus marquée au début de la seconde phrase. Posez avec une certaine force la double note de pósuit\, qui est une bivirga épisématique ; mais que les neumes qui suivent soient très légers\, comme toute l’incise d’ailleurs. Très peu de ralenti à vítam. Dans l’incise suivante\, allongez légèrement la première note des podatus de dédit\, de commovéri et le punctum qui précède la virga de pédes. Un bon temps de silence à la fin de la phrase pour marquer le changement d’idée. \n\n\n\nToute la troisième phrase gragnera à être un peu plus lente\, tout en demeurant aussi souple et aussi vivante\, il va de soi. Non est une virga allongée dans les manuscrits. Retenez légèrement le podatus de vit dans amóvit. La double note de deprecatiónem est une bivirga épisématique. Retenez quelque peu les trois premières notes de súam. Tout le dernier Allelúia élargi. \n\n\n\nCOMMUNION\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nChantez au Seigneur\, Allelúia.Chantez au Seigneur\, bénissez son nom.Avec zèle annoncez jour après jourLe salut qui vient de lui Allelúia Allelúia. Ps. XCV. 2. \n\n\n\nIl se pourrait que le Psaume XCV\, ait été chanté lors de l’introduction de l’Arche de l’Alliance dans la tente que David avait préparée pour elle à Jérusalem dès qu’il eut achevé la conquête de son royaume. Il se trouve en effet sous forme  à peu près semblable sitôt après le récit de la fête au premier livre des Chroniques (I Par. XIII. 26). Il est vraisemblable aussi qu’il fit partie du programme musical de la dédicace du Temple après le retour de la captivité comme l’indiquent les Septante. Ce n’est pas seulement en ces deux circonstances d’ailleurs qu’il fut sur les lèvres du peuple. Les Juifs eurent tant de fois à remercier le Seigneur de les avoir sauvés que des occasions innombrables leur étaient offertes de le chanter. Il était le psaume par excellence de l’action de grâces enthousiaste. \n\n\n\nIl est particulièrement bien à sa place au temps de Pâques. L’intronisation à Jérusalem de l’Arche qui fut captive des Philistins\, comme d’ailleurs la dédicace du Temple\, était en effet la figure du retour à Dieu de tous les hommes rachetés\, ressuscités sous la conduite du Christ\, fils de David. C’est donc dans cet esprit d’action de grâces pour le salut de l’humanité\, que l’Eglise le chante ici. Notons bien qu’elle ne demande pas de louer le Seigneur d’une façon générale\, comme dans l’Introït ; elle précise la forme de sa louange : Cantáte\, benedícite\, annuntiáte. Chanter\, c’est à dire lui exprimer les transports d’allégresse que font jaillir dans l’âme le salut du monde et plus particulièrement sa présence Eucharistique en nous\, gage de résurrection et de vie éternelle. Bénir son nom\, du nom nouveau\, du nom au-dessus de tout nom que le Père lui a donné parce qu’il s’est fait obéissant jusqu’à la mort\, comme nous le chantions\, en espérance\, au Graduel du Jeudi Saint\, et qui est Emmanuel : Dieu avec nous. Enfin proclamer le salut qu’il apporte à chacun\, avoir le zèle de faire savoir combien il a été et demeure miséricordieux. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nUne joie ardente et qui veut se communiquer la pénètre toute. \n\n\n\nElle est alerte et entrainante dans l’intonation enveloppant en même temps Dómino d’une nuance de tendresse qui se prolonge discrète et paisible sur les beaux rythmes ternaires de l’Allelúia. \n\n\n\nIl y a plus d’ardeur sur le début de la seconde phrase ; la joie est plus extériorisée si l’on peut dire ; Dómino lui-même entre dans l’élan. Mais peu à peu\, sur benedícite\, revient la discrétion ; il s’agit ici de louer Dieu dans les profondeurs de l’âme et c’est vraiment une touche d’intimité qui est répandue sur nómen éjus ; notez plutôt l’exquise délicatesse de la clivis allongée et de la cadence de éjus. \n\n\n\nVient alors l’admirable motif de béne. C’est moins une invitation qu’une exhortation heureuse\, aimable\, discrète\, comme si l’Eglise voulait nous garder dans le recueillement de l’action de grâces. Nous avons traduit par « de votre mieux » précisément pour tâcher de rendre cette expression très particulière de la mélodie si différente de l’annuntiáte de l’Introït qui\, lui\, poussait à l’action immédiate. Cette modération ce souci de ne pas distraire de la présence divine caractérise d’ailleurs toute la phrase ; le mouvement est partout retenu ; sur nuntiáte\, sur díem et jusque sur le rythme qu’on pourrait bien dire quinaire 3-2\, 3-2\,  de salutáre. La joie légère du début revient pour finir sur les Allelúia mais ici encore tempérée. \n\n\n\nPour chanter cette antienne dans son expression exacte\, il va de soi qu’il faut se faire communicatif ; vouloir entrainer à la joie. Beaucoup d’élan donc dans les arsis\, bien qu’elles soient très brèves ; bien lancer l’accent de cantáte et de Dómino. Beaucoup de souplesse dans les thésis. \n\n\n\nChanter la première phrase d’un seul mouvement et ne ralentissez pas la thésis de la seconde. \n\n\n\nBalancez béne avec grâce et ralentissez les quatre notes qui précèdent le quilisma de nuntiáte. Bien rythmer salutáre en veillant à l’unité du mot. Reprise de joie sur le premier Allelúia. \n\n\n\nCantiques pour Pâques \n\n\n\n\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\n\n\n\nPolyphonies pour Pâques\n\n\n\n\nEcoutes de pièces \n\n\n\n\nZelenka : messe de la Résurrection\n\n\n\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
URL:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/cinquieme-dimanche-apres-paques/2027-05-02/
CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Temporal
ATTACH;FMTTYPE=image/jpeg:https://www.musique-liturgique.com/wp-content/uploads/2012/05/5paques.jpg
LOCATION:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/cinquieme-dimanche-apres-paques/2027-05-02/
END:VEVENT
BEGIN:VEVENT
DTSTART;VALUE=DATE:20270503
DTEND;VALUE=DATE:20270504
DTSTAMP:20260525T155100
CREATED:20250218T115858Z
LAST-MODIFIED:20260510T180044Z
UID:10000263-1809302400-1809388799@www.musique-liturgique.com
SUMMARY:Lundi des Rogations (Litanies mineures)
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n  \nLes rogations sont comme un retour des jours de pénitence au cours du temps pascal. Elles n’existaient pas à Rome à l’époque de Saint Grégoire\, mais dès alors\, il y avait le 25 Avril qu’on appelait les Litanies Majeures. C’était une procession instituée pour prendre la place d’un cortège païen qui emmenait la jeunesse Romaine sacrifier à la déesse Robigo pour lui demander de préserver les blés de la rouille ou de la nielle. Cette procession avait un caractère pénitentiel ; son but était d’apaiser la justice divine irritée par le péché et de demander à Dieu de protéger les moissons. Elle se déroulait selon le rite des processions stationnales. On se réunissait à Saint-Laurent in Lucina. Au départ on chantait sans doute l’Exsurge et le long du parcours\, des répons ; ce n’est qu’à l’approche de Saint-Pierre qu’on commençait les Litanies. Celles-ci achevées\, la messe suivait.\nLe rite aujourd’hui est demeuré le même et pour la procession de la Saint-Marc\, le 25 Avril\, et pour celles des Rogations ; seuls les répons ont disparu. Les Litanies commencent dès le départ et s’achèvent par les prières qui sont chantées à l’arrivée à l’Eglise\, juste avant la messe.\nIl semble bien que primitivement seule la procession avait un caractère de pénitence et de supplication et que la messe était célébrée dans la joie du temps pascal. Saint Grégoire lui-même le laisse entendre dans une lettre qu’il écrivait au peuple de Rome pour le convoquer aux Litanies « que tout le monde appelle Majeures ». « Nous irons à Saint-Pierre\, suppliant le Seigneur par des hymnes et des cantiques spirituels afin que dans la célébration des Saints Mystères nous puissions rendre grâce à sa bonté\, autant qu’il est en notre pouvoir\, pour ses bienfaits passés et futurs ». (P. L. LXXVII. 13. 9.) Tous les textes de la messe en effet\, on le verra\, sont des paroles de reconnaissance. \nLA PROCESSION\nAntienne Exsurge\nLE TEXTE \nDebout\, seigneur\, aide-nous\nEt délivre-nous à cause de ton nom.\nPs. O Dieu\, de nos oreilles nous avons entendu.\nNos pères nous ont dit (ce que tu as fait pour eux). Ps. XLIII\, 26\, 1.\nCes deux versets sont une prière ardente qui est en même temps très habile parce qu’elle fait appel à l’honneur du nom divin et à la fidélité de Dieu à ses promesse.\nIls forment un très beau prélude à la procession qui va se dérouler dans la supplication répétée des Litanies.\nLA MÉLODIE \nC’est la demande très humble d’une âme accablée sous l’épreuve et qui n’ose pas lever les yeux. Le sentiment de dépression est moins poussé que dans l’Introït Exsurge du Dimanche de la Sexagésime qui finit sur le même texte\, mais c’est bien la même supplication effacée\, réservée\, retenue\, sans élan. \nIl faut la chanter lentement. Bien poser l’accent de Dómine en lui donnant un peu de longueur. Retenir légèrement la clivis de ádjuva nos. Ralentir à peine nómen túum\nLITANIES\nBien leur garder leur caractère de supplication. C’est facile dans la première partie par la retombée en demi-ton sur si et la remontée si-do. Dans les autres\, ce l’est moins. Veillez à ne pas donner à Peccatóres un air de triomphe\, on y serait assez porté. \nLA MESSE\nINTROÏT\nLE TEXTE \nIl a écouté\, de son Temple saint\, ma voix.\nAllelúia.\nEt mon cri en sa présence est entré dans ses oreilles.\nAllelúia. Allelúia. \nPs. – Je t’aimerai\, Seigneur\, ma force !\nLe Seigneur est mon abri et mon refuge et mon libérateur. Ps. XVII. 7\, 2\, 3. \nLe Psaume XVII est un cantique d’action de grâces dans lequel David\, après un cri d’amour ardent pour son Sauveur : Diligam te Dómine… expose le processus de sa délivrance. Il était dans l’épreuve\, il a prié\, Dieu l’a écouté et l’a sauvé ; alors\, action de grâces.\nDans l’Introït de la Septuagésime qui y prend aussi son texte\, les différentes phases du drame sont toutes évoquées : circumdedérunt me dolóres mórtis\, et invocávi\, et exaudívit\, diligam te. Ici les deux dernières seulement ont été retenues. Aussi bien ne s’agit-il pour l’Eglise que de rendre grâces. Les épreuves ont été exposées au cours du chemin et la prière aussi. Dieu les a entendues. Son aide n’est pas encore visible dans les prés et les champs qui ne sont qu’en herbe et en fleurs\, mais elle est accordée ; il ne faut plus que l’action du temps\, et la moisson passera la promesse des fleurs.\nC’est dans cette certitude d’espoir qu’il faut chanter cet Introït. \nLA MÉLODIE\nLe texte est des plus simples ; il ne fait que constater que la prière a été entendue. La mélodie\, elle aussi\, n’est qu’un récitatif sans emphase. L’Eglise n’exulte pas ; elle se parle à elle-même\, ou\, si elle se confie\, elle raconte la grâce dont elle est bénéficiaire comme une chose normale dans le cours des relations humano-divines. Seulement on sent partout\, aussi bien dans la ligne générale que dans les détails\, l’émouvante gratitude qui est en elle et qu’elle semble ne pouvoir livrer faute de moyens pour en exprimer l’étendue et la profondeur.\nDès le premier mot\, la voix\, en se posant ferme sur la double note de exaudívit\, met dans la sonorité claire de cette syllabe\, la joie de l’âme enfin satisfaite. Cette joie ne fait ensuite que se laisser aller très simplement à travers le balancement de témplo sáncto\, la remontée de vócem\, la tristropha et l’élan si délicat de l’Allelúia\, vers les cadences en mi de súo\, méam\, Allelúia\, si évocatrices de la tendresse émue dont sont baignés\, au fond de l’âme\, ces simples mots.\nIl y a plus de mouvement dans la deuxième phrase\, voire une discrète exultation. Le texte ne dit rien de plus\, mais il y a un certain lyrisme dans la forme\, qui marque la progression de la prière\, arrivée en présence de Dieu\, reçue par lui\, admise jusqu’en ses oreilles. La mélodie quitte le IVe mode sur in conspéctu et\, par une modulation hardie mais très fine\, s’établit dans le VIIIe mode. Elle se pose un instant sur sol en une cadence lumineuse et ferme puis remonte sur intrávit. L’élan ici est moins marqué. La mélodie se retient\, elle insiste\, comme elle insistera encore sur aúres ; on sent que le recueillement domine à nouveau sur ces deux mots\, comme si\, à l’idée que Dieu a accepté sa demande\, l’âme se refermait sur lui pour lui dire son amour et sa gratitude.\nC’est la même tendresse\, baignée de joie heureuse\, qui anime les deux Allelúia si gracieux.\nLe Psaume alors jaillit comme un beau chant d’amour dans la claire sonorité du la et du si naturel.\nIl est bien clair que chanter cette mélodie « en esprit de pénitence » c’est aller à l’encontre des paroles et de la musique\, et la défigurer totalement.\nIl faut qu’elle soit paisible\, recueillie et joyeuse à la fois.\nVeiller à ne pas s’attarder plus qu’il ne faut sur les cadences en mi de la première phrase\, afin de leur garder leur expression de paix heureuse. Qu’un seul mouvement enveloppe tout\, y compris l’Allelúia qui ne sera en rien forcé.\nLa première incise de la seconde phrase aura le même tempo avec une légère accélération à la fin\, pour la relier à in conspéctu et accuser la venue de la joie qui va dominer un instant. Que le porrectus de conspéctu soit bien léger entre les deux clivis allongées. Arrondissez le torculus si gracieux de introivit. La cadence de éjus très expressive. Une reprise de joie délicate sur le premier Allelúia\, mais sans contraste. \nALLELÚIA\nLE TEXTE \nLouez le Seigneur parce qu’Il est bon.\nParce que éternelle est sa miséricorde. Ps. CXVII. 1. \nL’action de grâces continue. Elle prend cette fois la forme d’un appel à la louange. Sans doute est-il amené par l’épisode de la vie du Prophète Elie rapporté à l’Epître : il pria\, et la pluie ne tomba pas pendant trois ans et six mois… il pria de nouveau\, et le ciel donna de  la pluie. Ainsi le Seigneur exauce-t-il notre prière ; louez-le car il est bon… L’Eglise remercie déjà pour toutes les fécondes rosées qui feront la terre donner son fruit.\nLA MÉLODIE\nElle est très apparentée au Confitémini du Samedi Saint  ; à ce point que\, en plusieurs endroits\, ce sont les mêmes notes sur les mêmes mots mais il y a aussi entre les deux de notables différences. Le Samedi Saint\, l’Allelúia est discret\, gradué\, tout à fait adapté à l’éveil progressif de la joie pascale. Ici il n’y a pas à ménager de transition\, la joie est là depuis le début de la messe ; recueillie\, discrète dans l’Introït\, elle prend tout de suite avec l’Allelúia une ardeur plus vive et même un certain éclat. L’arsis fa-sol-do\, dans un beau mouvement\, va s’épanouir sur la tristropha et se détend ensuite en une thésis très courte mais fort gracieuse qui se relie au jubilus\, très joyeux ; d’une joie assurée\, paisible et sans ombre. \nLe verset\, par contre est moins éclatant que celui du Samedi Saint\, ce n’est plus la joie toute fraiche et si longtemps attendue de Pâques. Le début est le même\, mais la cadence de Dómino a été supprimée ou\, plus exactement\, on y a fait entrer quóniam qui a perdu de ce fait le bel élan qui se prolongeait en exaltation sur bónus. Ces deux mots ont été revêtus d’un motif plus réservé\, plus intime\, plus dans le ton de l’Introït.\nLe deuxième quóniam demeure dans le style du premier. Sur miséricórdia éjus le motif du Samedi Saint revient et le thème de l’Allelúia s’y greffe très habilement avant la dernière syllabe de éjus.\nNe pas précipiter les trois premières notes de l’Allelúia ; elles sont quelque peu allongées dans les manuscrits. Elargir aussi le jubilus : c’est une joie qui s’épanouit plutôt qu’une joie qui exulte.\nCommencez le verset dans un élan plein d’ardeur ; qu’il soit alerte. Allongez un peu la première note de am dans quóniam\, et le climacus de bónus ; de même\, dans la seconde phrase\, la première note de saéculum. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE \nJe louerai le Seigneur on ne peut plus\, par ma voix.\nEt au milieu de la multitude\, je le glorifierai\,\nLui qui s’est tenu à la droite du pauvre (que j’étais) pour sauver des persécuteurs mon âme.\nAllelúia. Ps. CVIII. 30\, 31. \nCes deux versets sont les derniers du Psaume CVIII.  Le Psalmiste\, qui a demandé l’aide de Dieu contre ses ennemis\, se voyant déjà exaucé\, remercie en promettant une louange ardente et partout répétée.\nIls sont parfaitement adaptés à cette messe d’action de grâces pour des bienfaits qui ne sont pas encore arrivés. L’Eglise les a demandés\, ces bienfaits\, tout le long du chemin au rythme des Litanies\, et avec insistance\, suivant les conseils mêmes de Notre Seigneur dans l’Evangile qui vient d’être chanté : « Demandez\, cherchez\, frappez ». Sûre d’être exaucée\, parce que « qui demande recevra\, qui cherche trouvera\, qui frappe verra devant lui s’ouvrir la porte »\, elle chante sa reconnaissance.\nLA MÉLODIE\nElle se déroule dans une atmosphère de joie douce\, délicate\, pleine de tendresse ; on y sent l’âme heureuse qui se berce dans son bonheur\, avec ça et là des accents plus vifs de gratitude.\nLa louange promise ne sera pas quelconque elle prendra toute la vie\, l’assurance en est donnée avec ardeur sur le pressus de nímis. Et ce sera une louange personnelle qui aura la valeur d’un témoignage direct ; in óre méo\, de ma bouche ; l’insistance est très marquée par le développement mélodique et les deux pressus. Au début de la seconde incise\, la mélodie s’allège et prend du mouvement ; elle souligne multórum – car ce sera aussi une louange publique et éclatante – mais seulement en passant comme si l’Eglise était pressée d’arriver à l’objet même de la louange : laudábo éum. Elle monte à la dominante sur éum\, très en relief par la tristropha ; une ardeur très vive commence alors à passer dans les derniers neumes\, se renouvelle sur ástitit avec je ne sais quoi de pressant\, comme un hâte de dévoiler la grande bonté du Seigneur\, et va vers paúperis où elle s’étale à loisir ; notez la montée retenue vers les épisèmes.\nElle ne s’arrête pas là\, elle progresse au contraire vers ce qui est l’objet de la gratitude : ut sálvam fáceret. La mélodie monte plus joyeuse vers la tristropha de sálvam\, rebondit sur celle de fáceret. Alors là\, sans qu’on s’y attende\, brusquement\, est amené sur persequéntibus le motif suppliant qui par quatre fois\, le mercredi des Cendres appelait la miséricorde du Seigneur. Il évoque ici la période terrible des persécutions ; évocation rapide mais émouvante. La mélodie revient à la tonique par le motif très gracieux de ánimam méam ; on y retrouve la paix heureuse du début ; elle se prolonge sur l’Allelúia éclairée encore par les contacts du si naturel et du fa.\nNe pas presser le mouvement\, mais l’entretenir toujours.\nElargissez le punctum de nímis et celui qui précède le pressus de méo ; rattachez laudábo à multórum et commencez-y le crescendo puis accélérez légèrement jusqu’à la première clivis de déxteram. Ne faites pas l’arrêt trop long après paúperis.\nRetenez la note qui précède la tristropha de sálvam\, de même\, la première note du podatus de fáceret et élargissez le torculus de ánimam à cause du grand intervalle. L’Allelúia\, bien dans le mouvement. \nCOMMUNION\nLE TEXTE \nDemandez et vous recevrez.\nCherchez et vous trouverez.\nFrappez et l’on vous ouvrira.\nQuiconque en effet demande reçoit\nEt qui cherche trouve\nEt à qui frappe il sera ouvert\, Allelúia. Luc. XI. 9. 10. \nCe sont les paroles de Notre Seigneur qui ont été lues à l’Evangile.\nC’est lui-même qui les chante ici. D’abord pour dégager la leçon de cette cérémonie des Rogations ; mais aussi pour encourager l’âme\, qui la reçoit en ce moment dans son intimité\, à lui faire part\, dans une absolue confiance\, de tous ses besoins et de tous ses désirs.\nLA MÉLODIE \nElle est composée\, comme le texte d’ailleurs\, de deux phrases – la grande barre qui se trouve après invénit doit être considérée pratiquement comme une demi-barre. Ce serait peut-être trop s’avancer que de vois la seconde comme une variation de la première et pourtant il y a entre les incises de l’une et de l’autre de telles ressemblances qu’on ne peut pas ne pas être frappé de ce parallélisme musical : ómnis qui pétit diffère de pétite et accipiétis que par la cadence ; qui quaérit invénit a la même forme que quærite et inveniéntis\, quelques notes allant vers une cadence très ornée ; pulsáte et pulsánti ont aussi bien des affinités. D’autre part il y a dans les deux phrases la même proportion entre les incises et la même progression d’une incise à l’autre ; la première est simple\, la seconde a sa cadence très développée et la troisième est très amplifiée sur pulsáte et pulsánti…\nIl se dégage de l’ensemble une expression d’amabilité\, d’encouragement. On sent la joie qu’éprouve le Christ  à solliciter des demandes qu’il aura tant de bonheur à exaucer. Tous les mots en sont baignés mais\, plus que les autres\, inveniétis\, pulsáte dans la première phrase et\, dans la seconde\, aperiétis avec la remontée ré-fa et l’Allelúia qui prolonge en des neumes\, souples et retenus\, ce bonheur intime. \nLe mouvement ne sera pas rapide mais très souple. \nRetenez la première note du podatus de Pétite et de celui de accipiétis\, de même les deux notes qui précèdent le quilisma de pulsáte ; le pressus de aperiétus\, très expressif.\nUne reprise a tempo au début de la seconde phrase\, qui sera légère. La première note de podatus de áccipit sera retenue légèrement ; aperiétur sera très rythmé. La double note de tur est une bivirga épisématique\, la presser après l’avoir posée doucement. Bien balancer l’Allelúia dans un mouvement paisible et heureux. \nCantiques pour Pâques\n \n\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\nPolyphonies pour Pâques\n\nEcoutes de pièces\n \n\nZelenka : messe de la Résurrection\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
URL:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/lundi-des-rogations-litanies-mineures/2027-05-03/
CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Temporal
ATTACH;FMTTYPE=image/jpeg:https://www.musique-liturgique.com/wp-content/uploads/2020/05/DSC_3697.jpg
LOCATION:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/lundi-des-rogations-litanies-mineures/2027-05-03/
END:VEVENT
BEGIN:VEVENT
DTSTART;VALUE=DATE:20270504
DTEND;VALUE=DATE:20270505
DTSTAMP:20260525T155100
CREATED:20250218T115909Z
LAST-MODIFIED:20260510T180314Z
UID:10000268-1809388800-1809475199@www.musique-liturgique.com
SUMMARY:Mardi des Rogations (Litanies mineures)
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n  \nLes rogations sont comme un retour des jours de pénitence au cours du temps pascal. Elles n’existaient pas à Rome à l’époque de Saint Grégoire\, mais dès alors\, il y avait le 25 Avril qu’on appelait les Litanies Majeures. C’était une procession instituée pour prendre la place d’un cortège païen qui emmenait la jeunesse Romaine sacrifier à la déesse Robigo pour lui demander de préserver les blés de la rouille ou de la nielle. Cette procession avait un caractère pénitentiel ; son but était d’apaiser la justice divine irritée par le péché et de demander à Dieu de protéger les moissons. Elle se déroulait selon le rite des processions stationnales. On se réunissait à Saint-Laurent in Lucina. Au départ on chantait sans doute l’Exsurge et le long du parcours\, des répons ; ce n’est qu’à l’approche de Saint-Pierre qu’on commençait les Litanies. Celles-ci achevées\, la messe suivait.\nLe rite aujourd’hui est demeuré le même et pour la procession de la Saint-Marc\, le 25 Avril\, et pour celles des Rogations ; seuls les répons ont disparu. Les Litanies commencent dès le départ et s’achèvent par les prières qui sont chantées à l’arrivée à l’Eglise\, juste avant la messe.\nIl semble bien que primitivement seule la procession avait un caractère de pénitence et de supplication et que la messe était célébrée dans la joie du temps pascal. Saint Grégoire lui-même le laisse entendre dans une lettre qu’il écrivait au peuple de Rome pour le convoquer aux Litanies « que tout le monde appelle Majeures ». « Nous irons à Saint-Pierre\, suppliant le Seigneur par des hymnes et des cantiques spirituels afin que dans la célébration des Saints Mystères nous puissions rendre grâce à sa bonté\, autant qu’il est en notre pouvoir\, pour ses bienfaits passés et futurs ». (P. L. LXXVII. 13. 9.) Tous les textes de la messe en effet\, on le verra\, sont des paroles de reconnaissance. \nLA PROCESSION\nAntienne Exsurge\nLE TEXTE \nDebout\, seigneur\, aide-nous\nEt délivre-nous à cause de ton nom.\nPs. O Dieu\, de nos oreilles nous avons entendu.\nNos pères nous ont dit (ce que tu as fait pour eux). Ps. XLIII\, 26\, 1.\nCes deux versets sont une prière ardente qui est en même temps très habile parce qu’elle fait appel à l’honneur du nom divin et à la fidélité de Dieu à ses promesse.\nIls forment un très beau prélude à la procession qui va se dérouler dans la supplication répétée des Litanies.\nLA MÉLODIE \nC’est la demande très humble d’une âme accablée sous l’épreuve et qui n’ose pas lever les yeux. Le sentiment de dépression est moins poussé que dans l’Introït Exsurge du Dimanche de la Sexagésime qui finit sur le même texte\, mais c’est bien la même supplication effacée\, réservée\, retenue\, sans élan. \nIl faut la chanter lentement. Bien poser l’accent de Dómine en lui donnant un peu de longueur. Retenir légèrement la clivis de ádjuva nos. Ralentir à peine nómen túum\nLITANIES\nBien leur garder leur caractère de supplication. C’est facile dans la première partie par la retombée en demi-ton sur si et la remontée si-do. Dans les autres\, ce l’est moins. Veillez à ne pas donner à Peccatóres un air de triomphe\, on y serait assez porté. \nLA MESSE\nINTROÏT\nLE TEXTE \nIl a écouté\, de son Temple saint\, ma voix.\nAllelúia.\nEt mon cri en sa présence est entré dans ses oreilles.\nAllelúia. Allelúia. \nPs. – Je t’aimerai\, Seigneur\, ma force !\nLe Seigneur est mon abri et mon refuge et mon libérateur. Ps. XVII. 7\, 2\, 3. \nLe Psaume XVII est un cantique d’action de grâces dans lequel David\, après un cri d’amour ardent pour son Sauveur : Diligam te Dómine… expose le processus de sa délivrance. Il était dans l’épreuve\, il a prié\, Dieu l’a écouté et l’a sauvé ; alors\, action de grâces.\nDans l’Introït de la Septuagésime qui y prend aussi son texte\, les différentes phases du drame sont toutes évoquées : circumdedérunt me dolóres mórtis\, et invocávi\, et exaudívit\, diligam te. Ici les deux dernières seulement ont été retenues. Aussi bien ne s’agit-il pour l’Eglise que de rendre grâces. Les épreuves ont été exposées au cours du chemin et la prière aussi. Dieu les a entendues. Son aide n’est pas encore visible dans les prés et les champs qui ne sont qu’en herbe et en fleurs\, mais elle est accordée ; il ne faut plus que l’action du temps\, et la moisson passera la promesse des fleurs.\nC’est dans cette certitude d’espoir qu’il faut chanter cet Introït. \nLA MÉLODIE\nLe texte est des plus simples ; il ne fait que constater que la prière a été entendue. La mélodie\, elle aussi\, n’est qu’un récitatif sans emphase. L’Eglise n’exulte pas ; elle se parle à elle-même\, ou\, si elle se confie\, elle raconte la grâce dont elle est bénéficiaire comme une chose normale dans le cours des relations humano-divines. Seulement on sent partout\, aussi bien dans la ligne générale que dans les détails\, l’émouvante gratitude qui est en elle et qu’elle semble ne pouvoir livrer faute de moyens pour en exprimer l’étendue et la profondeur.\nDès le premier mot\, la voix\, en se posant ferme sur la double note de exaudívit\, met dans la sonorité claire de cette syllabe\, la joie de l’âme enfin satisfaite. Cette joie ne fait ensuite que se laisser aller très simplement à travers le balancement de témplo sáncto\, la remontée de vócem\, la tristropha et l’élan si délicat de l’Allelúia\, vers les cadences en mi de súo\, méam\, Allelúia\, si évocatrices de la tendresse émue dont sont baignés\, au fond de l’âme\, ces simples mots.\nIl y a plus de mouvement dans la deuxième phrase\, voire une discrète exultation. Le texte ne dit rien de plus\, mais il y a un certain lyrisme dans la forme\, qui marque la progression de la prière\, arrivée en présence de Dieu\, reçue par lui\, admise jusqu’en ses oreilles. La mélodie quitte le IVe mode sur in conspéctu et\, par une modulation hardie mais très fine\, s’établit dans le VIIIe mode. Elle se pose un instant sur sol en une cadence lumineuse et ferme puis remonte sur intrávit. L’élan ici est moins marqué. La mélodie se retient\, elle insiste\, comme elle insistera encore sur aúres ; on sent que le recueillement domine à nouveau sur ces deux mots\, comme si\, à l’idée que Dieu a accepté sa demande\, l’âme se refermait sur lui pour lui dire son amour et sa gratitude.\nC’est la même tendresse\, baignée de joie heureuse\, qui anime les deux Allelúia si gracieux.\nLe Psaume alors jaillit comme un beau chant d’amour dans la claire sonorité du la et du si naturel.\nIl est bien clair que chanter cette mélodie « en esprit de pénitence » c’est aller à l’encontre des paroles et de la musique\, et la défigurer totalement.\nIl faut qu’elle soit paisible\, recueillie et joyeuse à la fois.\nVeiller à ne pas s’attarder plus qu’il ne faut sur les cadences en mi de la première phrase\, afin de leur garder leur expression de paix heureuse. Qu’un seul mouvement enveloppe tout\, y compris l’Allelúia qui ne sera en rien forcé.\nLa première incise de la seconde phrase aura le même tempo avec une légère accélération à la fin\, pour la relier à in conspéctu et accuser la venue de la joie qui va dominer un instant. Que le porrectus de conspéctu soit bien léger entre les deux clivis allongées. Arrondissez le torculus si gracieux de introivit. La cadence de éjus très expressive. Une reprise de joie délicate sur le premier Allelúia\, mais sans contraste. \nALLELÚIA\nLE TEXTE \nLouez le Seigneur parce qu’Il est bon.\nParce que éternelle est sa miséricorde. Ps. CXVII. 1. \nL’action de grâces continue. Elle prend cette fois la forme d’un appel à la louange. Sans doute est-il amené par l’épisode de la vie du Prophète Elie rapporté à l’Epître : il pria\, et la pluie ne tomba pas pendant trois ans et six mois… il pria de nouveau\, et le ciel donna de  la pluie. Ainsi le Seigneur exauce-t-il notre prière ; louez-le car il est bon… L’Eglise remercie déjà pour toutes les fécondes rosées qui feront la terre donner son fruit.\nLA MÉLODIE\nElle est très apparentée au Confitémini du Samedi Saint  ; à ce point que\, en plusieurs endroits\, ce sont les mêmes notes sur les mêmes mots mais il y a aussi entre les deux de notables différences. Le Samedi Saint\, l’Allelúia est discret\, gradué\, tout à fait adapté à l’éveil progressif de la joie pascale. Ici il n’y a pas à ménager de transition\, la joie est là depuis le début de la messe ; recueillie\, discrète dans l’Introït\, elle prend tout de suite avec l’Allelúia une ardeur plus vive et même un certain éclat. L’arsis fa-sol-do\, dans un beau mouvement\, va s’épanouir sur la tristropha et se détend ensuite en une thésis très courte mais fort gracieuse qui se relie au jubilus\, très joyeux ; d’une joie assurée\, paisible et sans ombre. \nLe verset\, par contre est moins éclatant que celui du Samedi Saint\, ce n’est plus la joie toute fraiche et si longtemps attendue de Pâques. Le début est le même\, mais la cadence de Dómino a été supprimée ou\, plus exactement\, on y a fait entrer quóniam qui a perdu de ce fait le bel élan qui se prolongeait en exaltation sur bónus. Ces deux mots ont été revêtus d’un motif plus réservé\, plus intime\, plus dans le ton de l’Introït.\nLe deuxième quóniam demeure dans le style du premier. Sur miséricórdia éjus le motif du Samedi Saint revient et le thème de l’Allelúia s’y greffe très habilement avant la dernière syllabe de éjus.\nNe pas précipiter les trois premières notes de l’Allelúia ; elles sont quelque peu allongées dans les manuscrits. Elargir aussi le jubilus : c’est une joie qui s’épanouit plutôt qu’une joie qui exulte.\nCommencez le verset dans un élan plein d’ardeur ; qu’il soit alerte. Allongez un peu la première note de am dans quóniam\, et le climacus de bónus ; de même\, dans la seconde phrase\, la première note de saéculum. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE \nJe louerai le Seigneur on ne peut plus\, par ma voix.\nEt au milieu de la multitude\, je le glorifierai\,\nLui qui s’est tenu à la droite du pauvre (que j’étais) pour sauver des persécuteurs mon âme.\nAllelúia. Ps. CVIII. 30\, 31. \nCes deux versets sont les derniers du Psaume CVIII.  Le Psalmiste\, qui a demandé l’aide de Dieu contre ses ennemis\, se voyant déjà exaucé\, remercie en promettant une louange ardente et partout répétée.\nIls sont parfaitement adaptés à cette messe d’action de grâces pour des bienfaits qui ne sont pas encore arrivés. L’Eglise les a demandés\, ces bienfaits\, tout le long du chemin au rythme des Litanies\, et avec insistance\, suivant les conseils mêmes de Notre Seigneur dans l’Evangile qui vient d’être chanté : « Demandez\, cherchez\, frappez ». Sûre d’être exaucée\, parce que « qui demande recevra\, qui cherche trouvera\, qui frappe verra devant lui s’ouvrir la porte »\, elle chante sa reconnaissance.\nLA MÉLODIE\nElle se déroule dans une atmosphère de joie douce\, délicate\, pleine de tendresse ; on y sent l’âme heureuse qui se berce dans son bonheur\, avec ça et là des accents plus vifs de gratitude.\nLa louange promise ne sera pas quelconque elle prendra toute la vie\, l’assurance en est donnée avec ardeur sur le pressus de nímis. Et ce sera une louange personnelle qui aura la valeur d’un témoignage direct ; in óre méo\, de ma bouche ; l’insistance est très marquée par le développement mélodique et les deux pressus. Au début de la seconde incise\, la mélodie s’allège et prend du mouvement ; elle souligne multórum – car ce sera aussi une louange publique et éclatante – mais seulement en passant comme si l’Eglise était pressée d’arriver à l’objet même de la louange : laudábo éum. Elle monte à la dominante sur éum\, très en relief par la tristropha ; une ardeur très vive commence alors à passer dans les derniers neumes\, se renouvelle sur ástitit avec je ne sais quoi de pressant\, comme un hâte de dévoiler la grande bonté du Seigneur\, et va vers paúperis où elle s’étale à loisir ; notez la montée retenue vers les épisèmes.\nElle ne s’arrête pas là\, elle progresse au contraire vers ce qui est l’objet de la gratitude : ut sálvam fáceret. La mélodie monte plus joyeuse vers la tristropha de sálvam\, rebondit sur celle de fáceret. Alors là\, sans qu’on s’y attende\, brusquement\, est amené sur persequéntibus le motif suppliant qui par quatre fois\, le mercredi des Cendres appelait la miséricorde du Seigneur. Il évoque ici la période terrible des persécutions ; évocation rapide mais émouvante. La mélodie revient à la tonique par le motif très gracieux de ánimam méam ; on y retrouve la paix heureuse du début ; elle se prolonge sur l’Allelúia éclairée encore par les contacts du si naturel et du fa.\nNe pas presser le mouvement\, mais l’entretenir toujours.\nElargissez le punctum de nímis et celui qui précède le pressus de méo ; rattachez laudábo à multórum et commencez-y le crescendo puis accélérez légèrement jusqu’à la première clivis de déxteram. Ne faites pas l’arrêt trop long après paúperis.\nRetenez la note qui précède la tristropha de sálvam\, de même\, la première note du podatus de fáceret et élargissez le torculus de ánimam à cause du grand intervalle. L’Allelúia\, bien dans le mouvement. \nCOMMUNION\nLE TEXTE \nDemandez et vous recevrez.\nCherchez et vous trouverez.\nFrappez et l’on vous ouvrira.\nQuiconque en effet demande reçoit\nEt qui cherche trouve\nEt à qui frappe il sera ouvert\, Allelúia. Luc. XI. 9. 10. \nCe sont les paroles de Notre Seigneur qui ont été lues à l’Evangile.\nC’est lui-même qui les chante ici. D’abord pour dégager la leçon de cette cérémonie des Rogations ; mais aussi pour encourager l’âme\, qui la reçoit en ce moment dans son intimité\, à lui faire part\, dans une absolue confiance\, de tous ses besoins et de tous ses désirs.\nLA MÉLODIE \nElle est composée\, comme le texte d’ailleurs\, de deux phrases – la grande barre qui se trouve après invénit doit être considérée pratiquement comme une demi-barre. Ce serait peut-être trop s’avancer que de vois la seconde comme une variation de la première et pourtant il y a entre les incises de l’une et de l’autre de telles ressemblances qu’on ne peut pas ne pas être frappé de ce parallélisme musical : ómnis qui pétit diffère de pétite et accipiétis que par la cadence ; qui quaérit invénit a la même forme que quærite et inveniéntis\, quelques notes allant vers une cadence très ornée ; pulsáte et pulsánti ont aussi bien des affinités. D’autre part il y a dans les deux phrases la même proportion entre les incises et la même progression d’une incise à l’autre ; la première est simple\, la seconde a sa cadence très développée et la troisième est très amplifiée sur pulsáte et pulsánti…\nIl se dégage de l’ensemble une expression d’amabilité\, d’encouragement. On sent la joie qu’éprouve le Christ  à solliciter des demandes qu’il aura tant de bonheur à exaucer. Tous les mots en sont baignés mais\, plus que les autres\, inveniétis\, pulsáte dans la première phrase et\, dans la seconde\, aperiétis avec la remontée ré-fa et l’Allelúia qui prolonge en des neumes\, souples et retenus\, ce bonheur intime. \nLe mouvement ne sera pas rapide mais très souple. \nRetenez la première note du podatus de Pétite et de celui de accipiétis\, de même les deux notes qui précèdent le quilisma de pulsáte ; le pressus de aperiétus\, très expressif.\nUne reprise a tempo au début de la seconde phrase\, qui sera légère. La première note de podatus de áccipit sera retenue légèrement ; aperiétur sera très rythmé. La double note de tur est une bivirga épisématique\, la presser après l’avoir posée doucement. Bien balancer l’Allelúia dans un mouvement paisible et heureux. \nCantiques pour Pâques\n \n\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\nPolyphonies pour Pâques\n\nEcoutes de pièces\n \n\nZelenka : messe de la Résurrection\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
URL:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/mardi-des-rogations-litanies-mineures/2027-05-04/
CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Temporal
ATTACH;FMTTYPE=image/jpeg:https://www.musique-liturgique.com/wp-content/uploads/2025/02/MG_3719.jpg
LOCATION:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/mardi-des-rogations-litanies-mineures/2027-05-04/
END:VEVENT
BEGIN:VEVENT
DTSTART;VALUE=DATE:20270505
DTEND;VALUE=DATE:20270506
DTSTAMP:20260525T155100
CREATED:20250218T115712Z
LAST-MODIFIED:20260510T180525Z
UID:10000273-1809475200-1809561599@www.musique-liturgique.com
SUMMARY:Mercredi des Rogations (Litanies mineures)
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n  \nLes rogations sont comme un retour des jours de pénitence au cours du temps pascal. Elles n’existaient pas à Rome à l’époque de Saint Grégoire\, mais dès alors\, il y avait le 25 Avril qu’on appelait les Litanies Majeures. C’était une procession instituée pour prendre la place d’un cortège païen qui emmenait la jeunesse Romaine sacrifier à la déesse Robigo pour lui demander de préserver les blés de la rouille ou de la nielle. Cette procession avait un caractère pénitentiel ; son but était d’apaiser la justice divine irritée par le péché et de demander à Dieu de protéger les moissons. Elle se déroulait selon le rite des processions stationnales. On se réunissait à Saint-Laurent in Lucina. Au départ on chantait sans doute l’Exsurge et le long du parcours\, des répons ; ce n’est qu’à l’approche de Saint-Pierre qu’on commençait les Litanies. Celles-ci achevées\, la messe suivait.\nLe rite aujourd’hui est demeuré le même et pour la procession de la Saint-Marc\, le 25 Avril\, et pour celles des Rogations ; seuls les répons ont disparu. Les Litanies commencent dès le départ et s’achèvent par les prières qui sont chantées à l’arrivée à l’Eglise\, juste avant la messe.\nIl semble bien que primitivement seule la procession avait un caractère de pénitence et de supplication et que la messe était célébrée dans la joie du temps pascal. Saint Grégoire lui-même le laisse entendre dans une lettre qu’il écrivait au peuple de Rome pour le convoquer aux Litanies « que tout le monde appelle Majeures ». « Nous irons à Saint-Pierre\, suppliant le Seigneur par des hymnes et des cantiques spirituels afin que dans la célébration des Saints Mystères nous puissions rendre grâce à sa bonté\, autant qu’il est en notre pouvoir\, pour ses bienfaits passés et futurs ». (P. L. LXXVII. 13. 9.) Tous les textes de la messe en effet\, on le verra\, sont des paroles de reconnaissance. \nLA PROCESSION\nAntienne Exsurge\nLE TEXTE \nDebout\, seigneur\, aide-nous\nEt délivre-nous à cause de ton nom.\nPs. O Dieu\, de nos oreilles nous avons entendu.\nNos pères nous ont dit (ce que tu as fait pour eux). Ps. XLIII\, 26\, 1.\nCes deux versets sont une prière ardente qui est en même temps très habile parce qu’elle fait appel à l’honneur du nom divin et à la fidélité de Dieu à ses promesse.\nIls forment un très beau prélude à la procession qui va se dérouler dans la supplication répétée des Litanies.\nLA MÉLODIE \nC’est la demande très humble d’une âme accablée sous l’épreuve et qui n’ose pas lever les yeux. Le sentiment de dépression est moins poussé que dans l’Introït Exsurge du Dimanche de la Sexagésime qui finit sur le même texte\, mais c’est bien la même supplication effacée\, réservée\, retenue\, sans élan. \nIl faut la chanter lentement. Bien poser l’accent de Dómine en lui donnant un peu de longueur. Retenir légèrement la clivis de ádjuva nos. Ralentir à peine nómen túum\nLITANIES\nBien leur garder leur caractère de supplication. C’est facile dans la première partie par la retombée en demi-ton sur si et la remontée si-do. Dans les autres\, ce l’est moins. Veillez à ne pas donner à Peccatóres un air de triomphe\, on y serait assez porté. \nLA MESSE\nINTROÏT\nLE TEXTE \nIl a écouté\, de son Temple saint\, ma voix.\nAllelúia.\nEt mon cri en sa présence est entré dans ses oreilles.\nAllelúia. Allelúia. \nPs. – Je t’aimerai\, Seigneur\, ma force !\nLe Seigneur est mon abri et mon refuge et mon libérateur. Ps. XVII. 7\, 2\, 3. \nLe Psaume XVII est un cantique d’action de grâces dans lequel David\, après un cri d’amour ardent pour son Sauveur : Diligam te Dómine… expose le processus de sa délivrance. Il était dans l’épreuve\, il a prié\, Dieu l’a écouté et l’a sauvé ; alors\, action de grâces.\nDans l’Introït de la Septuagésime qui y prend aussi son texte\, les différentes phases du drame sont toutes évoquées : circumdedérunt me dolóres mórtis\, et invocávi\, et exaudívit\, diligam te. Ici les deux dernières seulement ont été retenues. Aussi bien ne s’agit-il pour l’Eglise que de rendre grâces. Les épreuves ont été exposées au cours du chemin et la prière aussi. Dieu les a entendues. Son aide n’est pas encore visible dans les prés et les champs qui ne sont qu’en herbe et en fleurs\, mais elle est accordée ; il ne faut plus que l’action du temps\, et la moisson passera la promesse des fleurs.\nC’est dans cette certitude d’espoir qu’il faut chanter cet Introït. \nLA MÉLODIE\nLe texte est des plus simples ; il ne fait que constater que la prière a été entendue. La mélodie\, elle aussi\, n’est qu’un récitatif sans emphase. L’Eglise n’exulte pas ; elle se parle à elle-même\, ou\, si elle se confie\, elle raconte la grâce dont elle est bénéficiaire comme une chose normale dans le cours des relations humano-divines. Seulement on sent partout\, aussi bien dans la ligne générale que dans les détails\, l’émouvante gratitude qui est en elle et qu’elle semble ne pouvoir livrer faute de moyens pour en exprimer l’étendue et la profondeur.\nDès le premier mot\, la voix\, en se posant ferme sur la double note de exaudívit\, met dans la sonorité claire de cette syllabe\, la joie de l’âme enfin satisfaite. Cette joie ne fait ensuite que se laisser aller très simplement à travers le balancement de témplo sáncto\, la remontée de vócem\, la tristropha et l’élan si délicat de l’Allelúia\, vers les cadences en mi de súo\, méam\, Allelúia\, si évocatrices de la tendresse émue dont sont baignés\, au fond de l’âme\, ces simples mots.\nIl y a plus de mouvement dans la deuxième phrase\, voire une discrète exultation. Le texte ne dit rien de plus\, mais il y a un certain lyrisme dans la forme\, qui marque la progression de la prière\, arrivée en présence de Dieu\, reçue par lui\, admise jusqu’en ses oreilles. La mélodie quitte le IVe mode sur in conspéctu et\, par une modulation hardie mais très fine\, s’établit dans le VIIIe mode. Elle se pose un instant sur sol en une cadence lumineuse et ferme puis remonte sur intrávit. L’élan ici est moins marqué. La mélodie se retient\, elle insiste\, comme elle insistera encore sur aúres ; on sent que le recueillement domine à nouveau sur ces deux mots\, comme si\, à l’idée que Dieu a accepté sa demande\, l’âme se refermait sur lui pour lui dire son amour et sa gratitude.\nC’est la même tendresse\, baignée de joie heureuse\, qui anime les deux Allelúia si gracieux.\nLe Psaume alors jaillit comme un beau chant d’amour dans la claire sonorité du la et du si naturel.\nIl est bien clair que chanter cette mélodie « en esprit de pénitence » c’est aller à l’encontre des paroles et de la musique\, et la défigurer totalement.\nIl faut qu’elle soit paisible\, recueillie et joyeuse à la fois.\nVeiller à ne pas s’attarder plus qu’il ne faut sur les cadences en mi de la première phrase\, afin de leur garder leur expression de paix heureuse. Qu’un seul mouvement enveloppe tout\, y compris l’Allelúia qui ne sera en rien forcé.\nLa première incise de la seconde phrase aura le même tempo avec une légère accélération à la fin\, pour la relier à in conspéctu et accuser la venue de la joie qui va dominer un instant. Que le porrectus de conspéctu soit bien léger entre les deux clivis allongées. Arrondissez le torculus si gracieux de introivit. La cadence de éjus très expressive. Une reprise de joie délicate sur le premier Allelúia\, mais sans contraste. \nALLELÚIA\nLE TEXTE \nLouez le Seigneur parce qu’Il est bon.\nParce que éternelle est sa miséricorde. Ps. CXVII. 1. \nL’action de grâces continue. Elle prend cette fois la forme d’un appel à la louange. Sans doute est-il amené par l’épisode de la vie du Prophète Elie rapporté à l’Epître : il pria\, et la pluie ne tomba pas pendant trois ans et six mois… il pria de nouveau\, et le ciel donna de  la pluie. Ainsi le Seigneur exauce-t-il notre prière ; louez-le car il est bon… L’Eglise remercie déjà pour toutes les fécondes rosées qui feront la terre donner son fruit.\nLA MÉLODIE\nElle est très apparentée au Confitémini du Samedi Saint  ; à ce point que\, en plusieurs endroits\, ce sont les mêmes notes sur les mêmes mots mais il y a aussi entre les deux de notables différences. Le Samedi Saint\, l’Allelúia est discret\, gradué\, tout à fait adapté à l’éveil progressif de la joie pascale. Ici il n’y a pas à ménager de transition\, la joie est là depuis le début de la messe ; recueillie\, discrète dans l’Introït\, elle prend tout de suite avec l’Allelúia une ardeur plus vive et même un certain éclat. L’arsis fa-sol-do\, dans un beau mouvement\, va s’épanouir sur la tristropha et se détend ensuite en une thésis très courte mais fort gracieuse qui se relie au jubilus\, très joyeux ; d’une joie assurée\, paisible et sans ombre. \nLe verset\, par contre est moins éclatant que celui du Samedi Saint\, ce n’est plus la joie toute fraiche et si longtemps attendue de Pâques. Le début est le même\, mais la cadence de Dómino a été supprimée ou\, plus exactement\, on y a fait entrer quóniam qui a perdu de ce fait le bel élan qui se prolongeait en exaltation sur bónus. Ces deux mots ont été revêtus d’un motif plus réservé\, plus intime\, plus dans le ton de l’Introït.\nLe deuxième quóniam demeure dans le style du premier. Sur miséricórdia éjus le motif du Samedi Saint revient et le thème de l’Allelúia s’y greffe très habilement avant la dernière syllabe de éjus.\nNe pas précipiter les trois premières notes de l’Allelúia ; elles sont quelque peu allongées dans les manuscrits. Elargir aussi le jubilus : c’est une joie qui s’épanouit plutôt qu’une joie qui exulte.\nCommencez le verset dans un élan plein d’ardeur ; qu’il soit alerte. Allongez un peu la première note de am dans quóniam\, et le climacus de bónus ; de même\, dans la seconde phrase\, la première note de saéculum. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE \nJe louerai le Seigneur on ne peut plus\, par ma voix.\nEt au milieu de la multitude\, je le glorifierai\,\nLui qui s’est tenu à la droite du pauvre (que j’étais) pour sauver des persécuteurs mon âme.\nAllelúia. Ps. CVIII. 30\, 31. \nCes deux versets sont les derniers du Psaume CVIII.  Le Psalmiste\, qui a demandé l’aide de Dieu contre ses ennemis\, se voyant déjà exaucé\, remercie en promettant une louange ardente et partout répétée.\nIls sont parfaitement adaptés à cette messe d’action de grâces pour des bienfaits qui ne sont pas encore arrivés. L’Eglise les a demandés\, ces bienfaits\, tout le long du chemin au rythme des Litanies\, et avec insistance\, suivant les conseils mêmes de Notre Seigneur dans l’Evangile qui vient d’être chanté : « Demandez\, cherchez\, frappez ». Sûre d’être exaucée\, parce que « qui demande recevra\, qui cherche trouvera\, qui frappe verra devant lui s’ouvrir la porte »\, elle chante sa reconnaissance.\nLA MÉLODIE\nElle se déroule dans une atmosphère de joie douce\, délicate\, pleine de tendresse ; on y sent l’âme heureuse qui se berce dans son bonheur\, avec ça et là des accents plus vifs de gratitude.\nLa louange promise ne sera pas quelconque elle prendra toute la vie\, l’assurance en est donnée avec ardeur sur le pressus de nímis. Et ce sera une louange personnelle qui aura la valeur d’un témoignage direct ; in óre méo\, de ma bouche ; l’insistance est très marquée par le développement mélodique et les deux pressus. Au début de la seconde incise\, la mélodie s’allège et prend du mouvement ; elle souligne multórum – car ce sera aussi une louange publique et éclatante – mais seulement en passant comme si l’Eglise était pressée d’arriver à l’objet même de la louange : laudábo éum. Elle monte à la dominante sur éum\, très en relief par la tristropha ; une ardeur très vive commence alors à passer dans les derniers neumes\, se renouvelle sur ástitit avec je ne sais quoi de pressant\, comme un hâte de dévoiler la grande bonté du Seigneur\, et va vers paúperis où elle s’étale à loisir ; notez la montée retenue vers les épisèmes.\nElle ne s’arrête pas là\, elle progresse au contraire vers ce qui est l’objet de la gratitude : ut sálvam fáceret. La mélodie monte plus joyeuse vers la tristropha de sálvam\, rebondit sur celle de fáceret. Alors là\, sans qu’on s’y attende\, brusquement\, est amené sur persequéntibus le motif suppliant qui par quatre fois\, le mercredi des Cendres appelait la miséricorde du Seigneur. Il évoque ici la période terrible des persécutions ; évocation rapide mais émouvante. La mélodie revient à la tonique par le motif très gracieux de ánimam méam ; on y retrouve la paix heureuse du début ; elle se prolonge sur l’Allelúia éclairée encore par les contacts du si naturel et du fa.\nNe pas presser le mouvement\, mais l’entretenir toujours.\nElargissez le punctum de nímis et celui qui précède le pressus de méo ; rattachez laudábo à multórum et commencez-y le crescendo puis accélérez légèrement jusqu’à la première clivis de déxteram. Ne faites pas l’arrêt trop long après paúperis.\nRetenez la note qui précède la tristropha de sálvam\, de même\, la première note du podatus de fáceret et élargissez le torculus de ánimam à cause du grand intervalle. L’Allelúia\, bien dans le mouvement. \nCOMMUNION\nLE TEXTE \nDemandez et vous recevrez.\nCherchez et vous trouverez.\nFrappez et l’on vous ouvrira.\nQuiconque en effet demande reçoit\nEt qui cherche trouve\nEt à qui frappe il sera ouvert\, Allelúia. Luc. XI. 9. 10. \nCe sont les paroles de Notre Seigneur qui ont été lues à l’Evangile.\nC’est lui-même qui les chante ici. D’abord pour dégager la leçon de cette cérémonie des Rogations ; mais aussi pour encourager l’âme\, qui la reçoit en ce moment dans son intimité\, à lui faire part\, dans une absolue confiance\, de tous ses besoins et de tous ses désirs.\nLA MÉLODIE \nElle est composée\, comme le texte d’ailleurs\, de deux phrases – la grande barre qui se trouve après invénit doit être considérée pratiquement comme une demi-barre. Ce serait peut-être trop s’avancer que de vois la seconde comme une variation de la première et pourtant il y a entre les incises de l’une et de l’autre de telles ressemblances qu’on ne peut pas ne pas être frappé de ce parallélisme musical : ómnis qui pétit diffère de pétite et accipiétis que par la cadence ; qui quaérit invénit a la même forme que quærite et inveniéntis\, quelques notes allant vers une cadence très ornée ; pulsáte et pulsánti ont aussi bien des affinités. D’autre part il y a dans les deux phrases la même proportion entre les incises et la même progression d’une incise à l’autre ; la première est simple\, la seconde a sa cadence très développée et la troisième est très amplifiée sur pulsáte et pulsánti…\nIl se dégage de l’ensemble une expression d’amabilité\, d’encouragement. On sent la joie qu’éprouve le Christ  à solliciter des demandes qu’il aura tant de bonheur à exaucer. Tous les mots en sont baignés mais\, plus que les autres\, inveniétis\, pulsáte dans la première phrase et\, dans la seconde\, aperiétis avec la remontée ré-fa et l’Allelúia qui prolonge en des neumes\, souples et retenus\, ce bonheur intime. \nLe mouvement ne sera pas rapide mais très souple. \nRetenez la première note du podatus de Pétite et de celui de accipiétis\, de même les deux notes qui précèdent le quilisma de pulsáte ; le pressus de aperiétus\, très expressif.\nUne reprise a tempo au début de la seconde phrase\, qui sera légère. La première note de podatus de áccipit sera retenue légèrement ; aperiétur sera très rythmé. La double note de tur est une bivirga épisématique\, la presser après l’avoir posée doucement. Bien balancer l’Allelúia dans un mouvement paisible et heureux. \nCantiques pour Pâques\n \n\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\nPolyphonies pour Pâques\n\nEcoutes de pièces\n \n\nZelenka : messe de la Résurrection\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
URL:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/mercredi-des-rogations-litanies-mineures/2027-05-05/
CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Temporal
ATTACH;FMTTYPE=image/jpeg:https://www.musique-liturgique.com/wp-content/uploads/2020/05/DSC_3697.jpg
LOCATION:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/mercredi-des-rogations-litanies-mineures/2027-05-05/
END:VEVENT
BEGIN:VEVENT
DTSTART;VALUE=DATE:20270506
DTEND;VALUE=DATE:20270507
DTSTAMP:20260525T155100
CREATED:20250218T115714Z
LAST-MODIFIED:20260510T180723Z
UID:10000278-1809561600-1809647999@www.musique-liturgique.com
SUMMARY:Ascension du Seigneur
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nINTROÏT\nLE TEXTE\nHommes de Galilée\, pourquoi demeurez-vous en admiration en regardant le ciel.Allelúia.De même que vous l’avez vu monter au ciel\, ainsi il viendra.Allelúia\, Allelúia\, Allelúia.Ps. – Toutes les nations\, battez des mains.Acclamez Dieu dans un cri de joie. Act. I\, 11. Ps. XLVI. 2.Ce sont les paroles mêmes des deux hommes vêtus de blanc aux disciples qui  demeuraient les yeux fixés sur le point du ciel où Notre Seigneur venait de disparaître.Dans le jeu liturgique\, ce sont encore les deux messagers célestes qui chantent par la voix de l’église. Ils nous disent les mêmes paroles\, à nous qui demeurons aussi fixés sur l’image du Christ montant dans la gloire : « qu’avez-vous à demeurer en admiration\, à regarder\, où il n’y a plus rien à voir ? Le premier acte du mystère est achevé\, c’est vers le second\, qui sera le triomphe éternel du Christ – et le vôtre -\, qu’il faut désormais vous tourner ; car il viendra comme il est monté\, sur les nuées du ciel ; c’est lui qui l’a dit. » (Math. XX V. 39.)Ainsi\, comme au cours de l’Avent\, comme à Noël\, comme à l’Epiphanie\, comme à Pâques c’est vers le triomphe éternel du Christ que notre joie est dirigée.Dans le Psaume\, L’Eglise invite tous les peuples à louer le Seigneur pour sa gloire d’aujourd’hui et pour celle de demain. \nLA MÉLODIE\nL’interrogation des anges surgit brusquement\, sans préparation\, directe\, vive\, un peu en coup de théâtre\, comme ce dut être. Elle est débordante de joie ; une joie légère qui plane sur la distropha des admirámini\, avec peut-être une pointe d’esprit éveillée par l’attitude des disciples\, et qui\, après une courbe gracieuse sur aspiciéntes\, reste suspendue en interrogation sur caélum.La prédiction qui suit du prendre sur les lèvres des messagers divins un tout autre ton ? Il s’agissait de proclamer le retour du Christ et de le faire entrer dans l’esprit des disciples comme une certitude qui serait aussi leur consolation.On imagine une affirmation ferme et insistante. C’est bien ainsi que l’auteur de l’Introït l’a conçue. Il a fixé la mélodie en une teneur sur do avec seulement quelques broderies qui y ramènent toutes les cadences. Il en résulte une expression d’autorité qui s’impose\, avec\, sur íta véniet\, quelque chose de solennel qui évoque ce que sera cette venue en « puissance et en majesté ». En tout cela rien de dur\, il va de soi. Saint Luc nous dit que les disciples s’en allèrent plein de joie ; c’est donc que les paroles des messagers étaient pénétrées de douceur et d’onction. La mélodie l’est aussi. Même íta véniet ; c’est à faux qu’on mettrait sur ces deux mots\, je ne sais quelle nuance annonciatrice des terreurs du Jugement dernier ; les anges s’adressaient à ceux qui seront assis avec le Christ pour juger et à nous qui serons juges avec eux\, c’est donc bien plutôt la joie de ce triomphe final qui est évoquée\, comme une vision lointaine\, sur la tristropha légère et douce.Il n’y a d’ailleurs pas d’opposition entre les deux phrases : la joie de la première passe dans la seconde\, se mêle à la prophétie\, pour ajouter encore à la consolation divine qui s’en dégage\, et éclate\, vibrante d’ardeur\, sur le premier Allelúia avant de se perdre\, gracieuse et paisible\, sur la cadence finale.Le mouvement doit être assez vif et léger. Il faut donc veiller à ce que tout soit très souple : les clivis de Galílæi\, le podatus de admirámini et la distropha qui sera soulevée. Reliez aspiciéntes à admirámini. Faites le torculus et le porrectus de caélum bien réguliers. Après l’Allelúia\, bien posé sur la cadence\, repartez a tempo sur quemádmodum\, passez par-dessus le quart de barre qui précède ascendéntem\, et veillez à ce que la tristropha de véniet soit soulevée\, légère\, et comme mystérieuse.Reprenez le mouvement sur ces Allelúia qui seront pleins de vie et de joie.Le Psaume\, qui est un appel à la joie\, devra être bien rythmé et entraînant. \nALLELÚIA I\nLE TEXTE\nIl s’élève\, Dieu\, au milieu des acclamations.Et le Seigneur\, au son de la trompette. Ps. XLVI\, 6.Le Psaume XLVI est un hymne de louange à Dieu en reconnaissance d’une victoire éclatante. Le Psalmiste le montre comme le vainqueur montant en triomphe vers son palais au milieu des ovations et des fanfares.Il va de soi que\, par delà la victoire sur les ennemis d’Israël\, c’est le triomphe du Christ sur les ennemis de Dieu\, et son retour triomphal vers son Père qui est chanté là\, de sorte que ces deux versets s’appliquent d’eux-mêmes à l’Ascension. Toutefois\, la célébration de cet événement glorieux n’épuise par leur sens car\, sur le mont des Oliviers\, lorsque Notre Seigneur s’éleva\, il n’y eut ni les acclamations ni les  sonneries triomphales qu’ils annoncent. Il faut donc aller plus loin et\, dans cette Ascension qui achève le premier avènement\, chanter déjà l’Ascension qui finira le second ; quand le Christ\, vainqueur du dernier combat\, montera vers son Père au milieu des ovations de tous les élus et de la musique de la terre nouvelle et des cieux nouveaux. \nLA MÉLODIE\nC’est une mélodie type. Nous l’avons déjà rencontrée trois fois : le IIIe Dimanche de l’Avent \,  à la fête des Saints Innocents et le IIe Dimanche après l’Epiphanie  ; nous eussions pu l’entendre encore le Samedi de Pâques et nous l’entendrons à nouveau le Dimanche de la Pentecôte . Deux fois\, le texte qu’elle revêt est une prière ; Excíta poténtiam túam et véni\, le IIIe Dimanche de l’Avent\, Emítte Spíritum túum\, le Dimanche de la Pentecôte. L’application là en est excellente ; son caractère discret\, contemplatif s’harmonisant parfaitement avec la supplication. Les autres textes\, sont des invitations à louer Dieu\, l’adaptation\, moins bonne y est encore très heureuse car une invitation est bien une sorte de prière. Mais ici le texte est un récit qui comporte un certain enthousiasme\, et on pourrait être déçu de ne pas trouver dans la mélodie l’ardeur grandiose qui convient\, si l’on ne prenait soin de mettre cet Allelúia dans son contexte liturgique.Il y a en effet bien des façons de se réjouir et de s’enthousiasmer : les réactions provoquées par les événements heureux ne s’expriment pas toutes\, Dieu merci\, par des acclamations et des cris. C’est affaire de circonstances. Or nous venons juste d’entendre le récit de l’Ascension; le Christ monte bien dans la gloire\, mais nous\, nous le perdons ; dès lors\, une joie éclatante est-elle de mise ? On ne conçoit pas les disciples descendant les pentes du mont des Oliviers dans l’exaltation. Ils étaient dans la joie\, Saint Luc le dit expressément\, mais leur cœur en même temps ne demeurait-il pas serré d’avoir vu partir le Maître adoré ? Une telle joie\, toute dans les profondeurs de l’âme\, ne pouvait s’exprimer que d’une manière très discrète. Telle est aussi l’attitude de l’Eglise. C’est pourquoi cette mélodie\, dans sa discrétion\, est parfaitement adaptée. Elle est joyeuse mais d’une joie toute simple avec une touche délicate de recueillement\, voire de contemplation.La première incise de l’Allelúia Excita a été modifiée.La très belle supplication de excita Dómine a disparu ; c’est bien ainsi car elle n’avait pas sa raison d’être dans un simple récit et elle eut nui à l’expansion de la joie.Celle-ci\, dans la première phrase\, pénètre tout juste les mots ; elle ne s’épanouit que sur Jubilatióne en un motif d’ailleurs extrêmement gracieux. Mais dans la seconde\, elle revêt sur Dóminus son caractère nettement contemplatif ; le récit est interrompu sur le nom divin évoquant le Seigneur qui vient de disparaître\, l’Eglise se laisse aller à ses souvenirs. Sur les mêmes rythmes paisibles\, elle appelait le Messie au temps de l’Avent dans la joie de son espérance…Il est venu. Il est remonté\, sa tâche de Rédempteur accomplie. Elle le contemple aujourd’hui dans la gloire et\, consolée par l’íta véniet des anges\, chante déjà son retour et son Ascension dernière vers le Père avec tous ses membres.Il faut chanter cet Allelúia dans une grande simplicité mais avec beaucoup de vie et de joie.Les accents de Déus et de Jubilatióne seront un peu allongés et la vocalise de Dóminus très liée\, les épisèmes horizontaux légers et bien dans le mouvement. La troisième note de túbæ est un salicus. Veillez bien à faire la formule finale souple et balancée. \nALLELÚIA II\nLE TEXTE\nLe Seigneur\, du Sinaï (vient) dans son sanctuaires’élevant sur la hauteur (de Sion).Il a amené avec lui la captivité captive. LXVII. 18\, 19.Le psaume LXVII célèbre le Dieu d’Israël qui\, après avoir délivré son peuple d’Egypte\, l’a conduit du mont Sinaï dans la Terre Promise et après la lui avoir conquise\, est monté sur la hauteur de Sion et est entré dans son Temple\, traînant après lui les captifs faits dans les combats.Tel est le sens de ces deux versets.Eux aussi entrent\, sans qu’il y ait  à les solliciter\, dans la liturgie de l’Ascension. La sortie d’Egypte\, la marche à travers le désert\, la conquête de la Terre Promise\, la montée de l’Arche vers Jérusalem figuraient en effet la délivrance des hommes du joug de Satan\, la conquête par le Christ de la vie éternelle et la montée de tous les élus\, à sa suite\, vers le Père dans le Paradis retrouvé.Cette montée a commencé le jour de l’Ascension. Le Christ\, nous le savons\, n’est pas monté seul : les âmes des justes qui étaient dans les limbes l’ont suivi\, les autres ont pris leur rang à mesure que la mort les a délivrées et elles continuent de le prendre\, de sorte que le cortège n’a jamais été interrompu\, il dure toujours.Voilà la « captivité captive » que le Christ emmène. Le mot demande explication. Captifs\, nous l’étions tous\, et du démon\, et du péché\, et de nous-mêmes. Notre Seigneur nous a délivrés\, puis\, par son amour\, il nous a fait captifs de lui-même ; il nous a pris. Nous le sommes plus ou moins durant notre vie\, mais ceux à qui la mort permet de le voir\, le sont au point de ne plus pouvoir le quitter. Ce cortège des captifs de l’amour s’allongera jusqu’à ce que le dernier homme vienne s’y joindre. Alors\, ce sera la fin : la résurrection et l’ascension dernière des corps et des âmes de la captivité captive\, conduite par le Christ ver le Père pour l’éternelle béatitude.On le voit\, l’idée de cette montée suprême\, contenue implicitement dans l’Introït \, évoquée dans les acclamations et les trompettes du premier Allelúia\, prend ici toute son ampleur. \nLA MÉLODIE\nElle est\, comme la précédente\, une mélodie type. On la trouve à toutes les étapes du mystère du Christ : le Ier Dimanche de l’Avent \, la nuit de Noël \, le IIe Dimanche après l’Epiphanie \, le samedi de Pâques .Son caractère paisible\, recueilli\, contemplatif est parfaitement adapté à la joie délicate de l’Ascension et sert admirablement le texte.Dóminus\, qui commençait aussi l’Allelúia de Noël\, a la même expression de bonheur intime\, avec une discrète ardeur qui se développe au cours de l’incise et s’épanouit fort à propos sur in sáncto\, qui indique ici le ciel. Très heureux aussi le torculus de ascéndens ; la joie s’avive sur ce mot du jour\, tout en gardant sa douce réserve.La seconde phrase est nettement contemplative. Sur les neumes\, qui s’étalent sans se presser\, l’Eglise chante le Christ et le cortège de la captivité captive qui depuis l’Ascension s’élève à sa suite\, et demeure un instant\, perdue à en contempler la splendeur.Chantez dans un mouvement modéré\, avec beaucoup de simplicité ici encore. Faites de la première incise un seul mouvement qui s’épanouira sur sáncto et se continuera dans l’incise suivante. Le torculus de ascéndens sera légèrement élargi.La seconde phrase\, très souple et très liée. A la fin de la première incise\, la voix s’épanouira doucement sur la tristropha et se laissera aller sur les deux mouvements de l’incise suivante.La reprise du chœur sur captivitátem aura un peu plus de mouvement. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nIl monte\, Dieu\, au milieu des acclamations.Et le Seigneur au son des trompettes. Ps. XLVI\, 6.C’est le texte même du premier Allelúia. Il paraphrase ici le miracle rapporté dans les derniers mots de l’Evangile\, comme il le paraphrasait\, il n’y a qu’un instant\, après les derniers mots de l’Epître. L’interprétation en est donc rigoureusement la même. \nLA MÉLODIE\nElle est pénétrée d’un bel enthousiasme ardent et joyeux que nous n’avons pas encore rencontré dans l’office.La première incise décrit la montée de Notre Seigneur. Bien posé sur la première note du porrectus et quelque peu retenu par le ralenti du quilisma\, le chant s’élève par degrés conjoints dans un rythme mesuré\, souple et fort sur lequel la joie s’exalte progressivement. On notera particulièrement Déus avec l’accent tonique qui communique une nouvelle ardeur à l’arsis et la retombée gracieuse qui enveloppe le mot de vénération.La joie se laisse aller quelque peu sur jubilatióne ; légère d’abord\, elle vibre sur les notes longues de la fin du dernier motif\, mais sans éclater\, elle garde sa réserve.La seconde phrase se développe dans la même atmosphère. A noter le motif de jubilatióne repris sur Dóminus et même sur in vóce ; il donne à toute la phrase un caractère de grâce aimable\, de bonheur paisible\, de joie intérieure\, dans un recueillement qui se fait de plus en plus profond jusqu’à ce qu’il rejoigne un instant le silence à travers la cadence si simple de túbæ.L’Allelúia s’élève alors comme une contemplation où l’on découvre sans peine une nuance de mélancolie… la nostalgie du Maître adoré qui est parti.Il doit  y avoir dans la montée de ascéndit Déus un crescendo-accelerando qui se détendra gracieusement sur les notes qui précèdent le quilisma de Déus ; ce léger ralenti du la et du sol ne doit pas toutefois affecter la cadence\, il faut que le mouvement passe de Déus à in jubilatióne.Posez bien la première note de ti dans jubilatióne et commencez-y l’arsis qui s’épanouira sur le sommet.Repartez a tempo sur Dóminus. Les deux torculus de túbæ\, à peine ralentis.Il faut se complaire dans l’Allelúia sans retenir le mouvement\, il va de soi. La double note sur fa qui suit la clivis allongée est une bivirga et la triple note avant le torculus de la fin\, une trivirga ; les appuyer quelque peu et les prolonger. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nChantez un Psaume au SeigneurQui s’élève par dessus les cieuxDu côté de l’Orient.Allelúia. Ps. LXVII. 33\, 34.Ces versets\, qui sont dans les derniers du Psaume\, sont un appel du peuple Juif aux nations étrangères pour les inviter à célébrer son Roi qui revient vainqueur dans son palais.Ils entrent d’eux-mêmes dans la liturgie de l’Ascension. L’Eglise invite ses membres\, et ceux-là surtout qui communient sacramentellement ou spirituellement au sacrifice\, à louer le Seigneur…qui se perd peu à peu au-dessus des cieux du côté de l’Orient. \nLA MÉLODIE\nL’intonation reproduit celle de la communion du Dimanche précédent mais une quinte au-dessous\, ce qui lui donne une nuance de discrétion\, de recueillement très marquée. La mélodie ensuite devient descriptive et revêt sur súper une magnifique ardeur d’admiration joyeuse. Elle redescend par degrés sur le motif répété de caélos cælórum\, vers ad Oriéntem où elle devient toute contemplative ; il semble que l’âme soit comme fixée dans le soleil. C’est le motif qui chantait le Verbe Incarné\, dans le Sein de Notre-Dame le jour de l’Annonciation (Communion du IVe Dimanche de l’Avent et de la fête de l’Annonciation ).L’âme se perdait alors dans l’admiration du Dieu qui venait avec nous ? Elle s’y perd encore aujourd’hui\, car c’est bien moins l’image du Christ qui monte au-dessus des Cieux qu’elle chante sur ce dernier mot\, que la vision\, obscure mais réelle et qui se fait tous les jours plus claire\, du Christ élevant le monde avec lui vers le Père par la grâce de l’Eucharistie.Que l’intonation soit très recueillie.Posez bien la première note du podatus de Dómino. Le crescendo sera progressif sur qui ascéndit súper\, et le mouvement entretenu jusqu’à la fin de l’incise. Chantez avec beaucoup de grâce le motif de ad Oriéntem et prolongez-en l’expression jusqu’à la fin de l’Allelúia.  \nCantiques pour Pâques\n\nPolyphonies pour l’Ascension\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
URL:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/ascension-du-seigneur/2027-05-06/
CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Temporal
ATTACH;FMTTYPE=image/jpeg:https://www.musique-liturgique.com/wp-content/uploads/2012/05/ascension.jpg
LOCATION:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/ascension-du-seigneur/2027-05-06/
END:VEVENT
BEGIN:VEVENT
DTSTART;VALUE=DATE:20270509
DTEND;VALUE=DATE:20270510
DTSTAMP:20260525T155101
CREATED:20250218T115725Z
LAST-MODIFIED:20260510T181031Z
UID:10000288-1809820800-1809907199@www.musique-liturgique.com
SUMMARY:Dimanche dans l'Octave de l'Ascension
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n\n\n\nINTROÏT\n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nEcoute\, Seigneur\, ma voix que j’élève vers toi.Allelúia.A toi\, il dit\, mon cœur : je cherche ton visage.Ton visage\, Seigneur\, je le chercherai.Ne détourne pas don visage de moi.Allelúia\, Allelúia.Ps. Le Seigneur est ma lumière. Et  mon salut\, que craindrai-je ? Ps. XXVI. 7\, 8\, 9\, 1.  \n\n\n\nToute la première partie du Psaume XXVI est un cri de confiance enthousiaste ; quelque peu téméraire même : Le Seigneur est mon salut…que craindrai-je ?… Mais au verset 7\, soudain\, le Psalmiste se fait suppliant. Comme si une vague de brouillard l’enveloppait il n’a plus conscience de la présence lumineuse du Seigneur\, il ne sent plus la chaleur de son amour\, il se croit abandonné ; c’est la nuit… Alors sa belle assurance disparaît et l’appel plaintif monte de ses lèvres : « Ecoute ma voix…je cherche ton visage…ne détourne pas ton visage de moi. »L’Eglise a tout naturellement choisi ces deux versets pour exprimer ses sentiments après le départ de Notre Seigneur. Elle était habituée à sa présence visible\, si l’on peut dire : depuis Noël\, elle le suivait partout. Elle ne l’a plus. Elle le  cherche comme on cherche souvent dans le souvenir le visage aimé du disparu. Elle n’en trouve que l’ombre… Notre Seigneur l’avait avertie : « Vous me chercherez…la tristesse vous remplira le cœur.  » (Jean XIII. 33. XVI. 6.) C’est bien ce qui est arrivé. Elle se tourne vers lui et\, sur le ton d’amour qui a été celui de leurs relations intimes\, elle l’appelle : « Ecoute-moi ; mon cœur te cherche…ton visage ne le détourne pas de moi ; dès maintenant\, garde-moi la joie de ta présence invisible dans la foi et\, à jamais\, la béatitude de te voir face à face. »Alors\, réconfortée par cette effusion\, elle reprend premier verset du Psaume dans un cri d’espérance : le Seigneur est ma lumière…qui craindrai-je ?LA MÉLODIEOn ne saurait d’un mot caractériser l’atmosphère dans laquelle elle se développe. Ce n’est pas de la joie\, évidemment ; ce n’est pas de la tristesse non plus\, pas même de la mélancolie. C’est comme un mélange des deux. L’âme sait que le Seigneur est là par sa personne divine\, que le Consolateur est annoncé ; elle ne se plaint pas…mais elle voudrait revoir le cher visage. C’est une prière très douce\, très aimante\, avec une touche délicate de nostalgie. Il ne semble pas qu’il faille aller plus loin.On peut déceler cette nuance de nostalgie dès la cadence en demi-ton de Dómine\, elle n’est là que passagère\, toute la première phrase est bien en majeur : notamment le motif central qua clamávi ad te si simple et si expressif de paix heureuse dont sont faites les conversations intimes entre amis.Cette atmosphère paisible se prolonge dans les deux premières incises de la seconde phrase. Il y a une délicate expression de tendresse sur cor méum et le motif de clamávi\, revient sur quæsívi. L’ardeur du désir est plus marquée sur vúltum túum mais c’est encore la simplicité paisible : nous sommes toujours en majeur. C’est sur vúltum túum Dómine requíram que le changement se produit. La mélodie va vers le la et\, par une cadence nettement modale\, s’établit en Ier mode. Dans cette  très belle descente syllabique\, la prière prend quelque chose de plus sombre : elle supplie davantage aussi ; sans rien de violent\, le ton d’intimité demeure mais la pression augmente\, notez l’accent de Dómine et la cadence un peu lourde de requíram.L’insistance s’accentue sur toute la dernière phrase qui ne quitte plus le la. Le motif de clamávi est repris sur me avértas mais au lieu d’aller vers le fa il revient au ré par une cadence que les neumes binaires allongés rendent  plus pesante encore. Les Alléluia demeurent dans la même atmosphère de nostalgie.Le Psaume en fa avec son bel élan\, vient alors comme un cri dans lequel l’âme\, qui a repris conscience du Seigneur toujours présent\, lui dit sa confiance retrouvée.Chantez dans un mouvement modéré et veillez à ce que les voix soient douces et comme étouffées.Vous donnerez un peu d’ampleur aux accents toniques de exáudi et de clamávi dans la première phrase et vous élargirez de même légèrement le climacus qui précède le quilisma de méum dans la seconde. Retenez aussi quelque peu quæsívi vúltum et le passage syllabique vúltum túum…Dómine requíram\, surtout dans la thésis.Dans la troisième phrase\, ne sera très élargi et la première note de tous les podatus légèrement allongée\, mais que le rythme demeure bien balancé. \n\n\n\nALLELÚIA I \n\n\n\nLE TEXTEIl règne le Seigneur\, sur toutes les nations.Dieu siège sur son trône saint. Ps. XLVI. 9.Nous retrouvons le Psaume du Roi ramené en triomphe à son palais. Après l’avoir exalté dans le cortège\, le Psalmiste le montre ici siégeant en dominateur des nations conquises.L’Eglise fait de même. Après avoir fêté l’Ascension du Christ\, elle l’exalte dans la splendeur de son règne. Peut-être cette idée de triomphe\, si différente de celle de l’Introït\, est-elle amenée par les derniers mots de l’Epître : Afin qu’en toutes choses Dieu soit glorifié. Il l’est dès maintenant par le Christ qui règne en droit sur toutes les nations\, il le sera un jour en fait lorsque son Fils aura réalisé la plénitude de son royaume siégeant au milieu des Douzes il jugera le monde et conduira toute la création sanctifiée en hommage à son Père.LA MÉLODIEElle est joyeuse et paisible à la fois dans la première phrase sur le balancement des rythmes binaires de Regnávit Dóminus. Le pressus bien posé sur la dominante par un mouvement de quinte donne à súper ómnes géntes un très bel accent d’autorité.Au début de la seconde phrase\, l’âme s’exalte sur Déus qui monte en un élan enthousiaste d’ardeur joyeuse. Elan très court d’ailleurs ; la mélodie revient tout de suite au grave avec une très belle cadence\, pleine de bonheur sur sédem. Le dernier mot\, par ses rythmes\, 1.2.3-1.2\, 3 fois répétés\, ramène la joie calme du début.Marquez bien\, sans forcer toutefois\, le rythme binaire de Regnávit\, et faites le pressus de súper très expressif.Il faudra attaquer avec une certaine ardeur Déus et faire l’élan léger\, on reviendra ensuite dans un mouvement très régulier à la tonique. Bien marquer les neumes de súam qui font comme un rythme quinaire. Le mouvement doit être assez modéré. \n\n\n\nALLELÚIA II \n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nJe ne vous laisserai pas orphelins ;Je m’en vais\, mais je reviendrai vers vous\,Et il se réjouira votre cœur. Jean XIV\, 18\, 28. \n\n\n\nC’est évidemment Notre Seigneur qui parle ici du haut du Ciel. En même temps qu’il est le Roi qui siège en Majesté et domine les peuples\, il demeure le Maître plein de tendresse qui\, quelques heures avant de mourir\, appelait ses disciples : mes petits enfants. C’est à nous\, qui les continuons\, qu’il s’adresse. Il a entendu la plainte si délicate que l’Eglise a fait monter vers lui dans l’Introït : « Je cherche ton visage »…Il répond : « Je ne vous laisserai pas orphelins… «  \n\n\n\nLA MÉLODIECes mots divins\, adressés par le Christ à l’Eglise qui cherche son visage\, nous arrivent enveloppés d’une sympathie délicate et forte avec ce je ne sais quoi d’indiciblement bon qui fait les paroles consolatrices d’un père\, précieuses au-dessus de tout.Ce sentiment est très net dès les premiers mots. La voix fermement posée sur la note qui précède le quilisma\, monte sur non douce et ferme à la fois puis redescend vers la tonique par un pressus qui met sur vos une touche de tendresse extrêmement délicate : non\, n’ayez pas peur\, je ne vous laisserai pas\, vous\, je vous aime trop. C’est le thème du réconfort. Non vos.La mélodie se faite ensuite de plus en plus insistante sur relínquam et par les deux quilismas et par le mouvement de l’arsis\, comme si le Christ sentait le besoin d’appuyer fortement sa promesse à cette heure où l’âme se trouve quelque peu déprimée par son départ. Il fait plus. Pour montrer à ses membres qu’il souffre de les voir souffrir\, il laisse passer sur le mot órphanos quelque chose de sa propre souffrance. C’est le thème de la tendresse compatissante.Il est doux et délicat comme un mot de consolation\, avec un accent de tristesse\, si naturel et si simple sur la cadence en demi-ton\, qu’il est émouvant\, sur ce mot\, par lui-même si triste.Au début de la seconde phrase\, il est repris et développé\, fort à propos là encore\, sur vádo\, le mot du départ. Mais voici le mot du retour promis : vénio. La tristesse s’efface ; une assurance\, ferme comme une promesse divine\, soulève l’accent tonique allongé par l’épisème horizontal et\, dans la détente de l’élan\, la mélodie glisse paisible\, heureuse vers la tonique. Elle se complaît un instant sur les neumes très liés de la dernière syllabe et\, sans s’arrêter\, remonte à la dominante avec une grâce aimable qui s’épanouit comme un sourire sur ad vos. Alors\, sur gaudébit\, le mot qui promet l’éternelle allégresse\, la joie se laisse aller\, montant et descendant sur les clivis allongées et les climacus\, se posant sur les pressus avec une touche de ferveur ; toute en mouvement mais sans éclat\, sans bruit\, sans exaltation. C’est une joie de contemplation. Le Christ voit le bonheur des siens quand ils seront près de lui et il leur chante son propre bonheur pour le mettre déjà comme un espoir en eux. Car ce n’est qu’un espoir\, elle est assurée certes cette réunion\, mais d’ici qu’elle soit réalisée\, il y a la séparation ; aussi\, à la fin de gaudébit\, les climacus de vádo reviennent-il amenant avec eux\, une foi encore\, la cadence du thème de la tendresse compatissante.A  la reprise du chœur\, les deux thèmes se joignent\, mais celui de la compassion sans la cadence si b – la ce qui en atténue considérablement l’expression.Le mélange de ces deux sentiments\, si délicatement exprimés\, fait de cet Allelúia un des plus purs chefs-d’œuvre du répertoire.La voix sera douce\, et\, le mouvement retenu ; c’est une mélodie délicate et c’est le Christ qui chante.Lancez avec souplesse la première note de non\, accusez le pressus et montez doucement au crescendo sur relínquam dont vous retiendrez le salicus descendant vers le quilisma ; vous rythmerez alors avec beaucoup d’expression órphanos.Tout le motif de vádo sera très lié avec un délicat renforcement de la voix sur la première note pointée de la clivis finale. Un accent de ferveur joyeuse animera vénio ; ad vos sera ralenti et gracieux. Veillez à la régularité du rythme de gaudébit ; allongez quelque peu la première note de de et que tout soit très lié\, les notes à épisèmes horizontaux à peine élargies\, les climacus bien exacts\, la cadence balancée\, sans précipitation mais dans un mouvement toujours entretenu. \n\n\n\nOFFERTOIREC’est le même que celui de l’Ascension avec la même interprétation.COMMUNION \n\n\n\nLE TEXTEPère\, lorsque j’étais avec eux\,Moi-même je gardais ceux que tu m’as donnés.Allelúia.Mais maintenant près de toi je suis venu.Je ne demande pas que tu enlèves ceux-ci du monde\,Mais que tu les gardes du mal.Allelúia\, Allelúia. Jean XVII. 12\, 13\, 15.Ces paroles sont extraites de la prière que Notre Seigneur adresse à son Père après la Cène. Il lui demande de veiller sur les siens qu’il va quitter. Tant qu’il était avec eux\, il les gardait de l’erreur\, de l’esprit du monde\, du mal de toute sorte. Là où il va\, il ne peut les emmener ; c’est trop tôt\, il faut qu’ils demeurent sur terre. Il les confie donc au Père. Pas seulement les onze qui sont là\, mais toute l’Eglise qui se trouve en eux comme dans son germe\, afin que tout au long des siècles elle vive et grandisse au milieu du monde pour le  sanctifier\, au milieu du mal\, sans être souillée.Au sens liturgique\, c’est Notre Seigneur qui prie\, mais au Ciel\, cette fois. On se l’imagine arrivant avec son Humanité Glorieuse près du Père et lui indiquant ses apôtres et ses disciples qu’il voit en bas\, les yeux fixés sur lui… « Je les ai gardés ; gardez-les maintenant. » Aujourd’hui sa prière ne change pas. Nous venons de lui demande dans l’Introït de se montrer à nous ; il nous a répondu dans l’Allelúia II qu’il ne nous laisserait pas orphelins ; maintenant il s’adresse au Père : « Gardez-les eux qui sont un avec moi dans l’Eucharistie\, ne les prenez pas\, ils ont leur rôle à remplir…mais gardez-les du mal. » \n\n\n\nLA MÉLODIEL’intonation est simple\, intime\, avec une touche de joie aimable qui vraiment va bien du Fils au Père. Un bel élan monte aussitôt sur éssem et établit la mélodie sur la dominante autour de laquelle elle borde dans une grande simplicité. Essem est souligné par le salicus\, égo par le torculus sur la dernière syllabe\, ce qui lui donne un relief très prononcé\, et la phrase descend paisible et heureuse vers le do. Sur l’Allelúia elle module vers la cadence du IVe mode qui vient mettre une touche mystique sur ce chant d’éternité.Nunc aútem\, au début de la deuxième phrase\, reprend l’intonation en la développant\, puis vient le mot du revoir : ad te vénio. Il est court mais quel admirable mouvement de joie vive\, ardente\, enthousiaste dans cette montée de la mélodie qui va planer un instant tout épanouie sur le porrectus de la syllabe accentuée et qui se pose sur le sol dans la plénitude du VIIIe mode ; la joie indicible du Christ qui retrouve son Père.Ce n’est qu’une parenthèse très courte. Le Christ tout de suite revient aux siens qui luttent et peinent sur terre et le même sentiment de compassion passe dans sa voix. La mélodie de nouveau en Ier mode est toute thétique ; notez\, dans la première incise\, le torculus de rógo\, les podatus allongés de tóllas et de éos\, la cadence de múndo\, et\, dans la seconde\, le torculus de éos très allongé\, et la cadence bien mineure de málo.Les Allelúia de la fin demeurent ans cette atmosphère.Ici encore\, on chantera à mi-voix avec beaucoup d’onction. Ce qui n’empêchera pas que le chant soit très vivant.Après avoir bien mis en relief l’intonation on donnera à cum éssem un bon élan et une allure dégagée que l’on gardera tout le long de la phrase\, élargissant\, d’une nuance seulement\, la première note de éis et le torculus de égo. Cette première phrase doit être simple.On soulignera nunc aútem et\, sans brusquerie mais avec ardeur\, on montera avec la mélodie vers l’accent tonique qui sera bien lancé et expressif.Arrondissez le torculus de rógo et appuyez les podatus de tóllas\, de éos et de sérves ; c’est là qu’est la prière. Ne retenez pas trop l’Allelúia de la fin.  \n\n\n\n\nPolyphonies pour l’Ascension\n\n\n\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
URL:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/dimanche-dans-loctave-de-lascension/2027-05-09/
CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Temporal
ATTACH;FMTTYPE=image/jpeg:https://www.musique-liturgique.com/wp-content/uploads/2012/05/octaveascension.jpg
LOCATION:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/dimanche-dans-loctave-de-lascension/2027-05-09/
END:VEVENT
BEGIN:VEVENT
DTSTART;VALUE=DATE:20270509
DTEND;VALUE=DATE:20270510
DTSTAMP:20260525T155101
CREATED:20250218T115910Z
LAST-MODIFIED:20260313T202742Z
UID:10000248-1809820800-1809907199@www.musique-liturgique.com
SUMMARY:Solennité de sainte Jeanne d'Arc
DESCRIPTION:En France cette fête est solennisée le deuxième dimanche du moi de mai. \n\n\n\nTélécharger le propre de la messe grégorienne de sainte Jeanne d’Arc. \n\n\n\nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n\n\n\nCe n’est pas parce qu’elle a sauvé la patrie que Jeanne d’Arc a été canonisée. Ce n’est pas non plus parce qu’elle a été appelée par Dieu à cette mission ; envoyée\, guidée par lui. C’est tout simplement parce qu’elle a fait la volonté de Dieu et qu’elle l’a faite dans des circonstances qui lui ont fait pratiquer les vertus à un degré héroïque.Il reste que sa mission était d’une importance capitale pour l’Eglise\, tout autant que pour la France : on l’a bien vu lorsque l’hérésie a couvert l’Angleterre. Si la France alors avait été anglaise c’en était fait de sa foi.Jeanne d’Arc a donc lutté à la fois pour Dieu et pour la France. C’est à ce double titre que l’Eglise l’honore et la prie : « Dieu qui avez suscité merveilleusement la Bienheureuse Jeanne pour défendre la foi et la patrie\, donnez-nous\, nus vous en prions\, par son intercession\, que votre Eglise après avoir déjoué les embuches de ses ennemis\, jouisse d’une paix sans fin ». \n\n\n\nINTROÏT\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nChantons au Seigneur.Glorieusement\, en effet\, il a fait éclater sa grandeur.Ma force est l’objet de ma louange est le Seigneur.Et il est devenu pour moi le salut.Alleluia\, Alleluia. \n\n\n\nPs. – Chantez au Seigneur un cantique nouveau\,Car des merveilles il a faites. Exode XV\, 1\, 20. – Ps. XCVII\, 1. \n\n\n\nC’est le début du chant des Isarélites après le passage de la mer Rouge. Alors que les flots ouverts\, obéissant à la main étendue de Moyse\, venaient de se refermer sur l’armée du Pharaon « Moyse et les enfants d’Israël chantèrenet ce cantique à Yahweh :Chantons à Yahweh.Dans la gloire il a déployé sa grandeur.Il a précipité dans la mer le cheval et le cavalier.Yahweh est ma force et l’objet de mes chants.Il a été pour moi le salut…Marie la prophétesse\, sœur d’Aaron\, prit à la main un tambourin et toutes les femmes vinrent à sa suite avec des tambourins et en dansant. Marie répondait aux enfants d’Israël :Chantons à Yahweh.Dans la gloire il a déployé sa grandeur.Il a précipité dans la mer le cheval et le cavalier. »Le choix est heureux. L’application se fait d’elle-même. Ce chant d’action de grâces n’a-t-il pas monté des fois et des fois aux lèvres des Français dans la marche triomphale d’Orléans à Reims. Et n’est-il pas aussi bien sur les lèvres de toute l’Eglise qui par la même victoire fut\, elle aussi\, préservée. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle est calquée sur celle de l’Introït Circumdedérunt du Dimanche de la Septuagésime\, magnificatus est excepté\, qui est emprunté à et conventum facite de l’Introït Laetare du IVe Dimanche de Carême. L’adaptation est très bonne. La première phrase du Circumdedérunt\, sombre et un epu douloureuse\, a été évitée\, de même le pressus qui fait ce premier mot pesant. Rien n’arrête le bel élan de joie qui monte vers Domino et se prolonge jusqu’à la fin de la phrase\, s’étalant sur gloriose enim ferme et sonore comme une fanfare de victoire\, et s’envolant en carillon sur les torculus de magnificatus est.La seconde phrase exulte moins Les paroles d’ailleurs n’ont plus le caractère ardent du début. L’âme se replie sur sa joie intérieure et fait retour au Seigneur de la part qui lui revient dans le triomphe. Une touche de gravité passe sur fortitudo\, ais la ferveur est toujours là\, mêlée à la gratitude sur mea Dominus et factus est. La détente est un peu courte sur salutem. Aussi bien\, ce n’est pas la fin ; les deux Alleluias prolongent la louange qui s’achève en une cadence bien proportionnée cette fois.L’intonation sera très vivante\, sans être précipitée ; on veillera notamment à donner au punctum de méis toute sa valeur. Un crescendo montant sur Domino passera sur gloriose et continuera jusqu’à la fin de la phrase\, se renforçant sur enim qui sera très rythmé. On arrondira le sommet des torculus de magnificatus est. Toute la phrase doit être souple\, enveloppée dans un souffle ardent qui ne cesse que sur le torculus final.Le début de la seconde phrase sera plus doux\, l’intensité commencera de croître à partir du torculus de laus\, sans éclat elle atteindra son maximum sur la double note de factus est\, une bivirga épisématique qui sera bien appuyée ?Retenez quelque peu salutem\, et faites un bon départ a tempo et un crescendo bien mené sur le premier alléluia.En dehors du temps pascal\, la cadence de salutem sera beaucoup plus retenue puisqu’elle sera alors conclusive. \n\n\n\nALLELUIA I\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nTu as agi avec une âme d’hommeEt vaillant est ton cœur.La main du Seigneur t’a revêtu de force\,En conséquence tu seras bénie à jamais. Judith XV\, 11\, 12. \n\n\n\nC’est ainsi que le Grand Prêtre salua Judith lorsqu’après la défaite des Assyriens il vint lui rendre hommage. Elle avait été\, par la force de Dieu\, le principal artisan de la victoire en coupant la tête d’Holopherne. Elle avait sauvé le pays.Ainsi de Jeanne d’Arc. Aussi l’application se fait-elle d’elle-même. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nNous l’avons rencontrée maintes fois : le IIIe Dimanche de l’Avent\, à l’Ascension\, à la Pentecôte. Son caractère discret\, contemplatif\, convient mieux à une louange intérieure qu’à l’ardeur éclatante des jours de victoire. Mais aussi bien\, ce n’est pas tant de ses victoires que Jeanne est louée ici que des vertus dont la main de Dieu l’a gratifiée et de la bénédiction qui est sur elle à jamais. « Je me suis proposée de prendre la Sagesse pour compagne de ma vie… »\, nous dit-elle dans l’Epître. L’Eglise l’en félicite ici en des nuances délicates. Toutefois un mouvement plus rapide et un rythme plus marqué mettront dans la mélodie quelque chose de a joie des victoires qui ne se sépare pas de l’autre en un tel jour.La courbe de fecisti sera gracieuse mais prendra en remontant sur viriliter une certaine vigueur : le punctum qui précède\, posé doucement puis allongé en rinforzando\, donnera cette nuance. Veillez à ne pas précipiter et confortatum est. Lancez bien le début de la seconde phrase et retenez toute la montée de confortavit en la menant crescendo\, le salicus bien appuyé. Par contre\, vous vous complairez sur eis. La montée de aeternum sera menée crescendo-accelerando. \n\n\n\nALLELUIA II\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nMaintenant donc prie pour nousCar tu es une femme sainte et craignant Dieu. Judith VII\, 29. \n\n\n\nC’est encore de l’histoire de Judith que sont extraites ces paroles. C’était à l’heure du danger. Devant la force des Assyriens\, le Grand Prêtre avait perdu courage\, il allait livrer la ville. Judith l’apprit et vint lui reprocher sa conduite. Il reconnut son tort et s’inclinant devant la sagesse de cette femme lui dit : « Maintenant prie pour nous… » Le contexte change ici ; c’est après la victoire que cette prière est adressée à Jeanne d’Arc\, mais le sens est bien le même. Devant le choix que Dieu a fait d’elle pour sauver le pays et la foi\, et devant la sainteté qu’elle a acquise et qui lui donne tant de pouvoir sur le cœur de Dieu\, l’Eglise se confie à elle et se réclame de con patronage. Ne vient-elle pas de dire dans l’Eglise : « Je gouvernerai les peuples et les nations me seront soumises… ». \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nNous l’avons déjà trouvée pour la fête des Saints Innocents. C’est une prière aimable\, joyeuse. Elle loue plus qu’elle ne supplie.La première phrase\, particulièrement gracieuse au début\, finit sur une cadence très commune mais qui prend ici une nuance de prière discrète\, délicate\, et très aimante. La seconde est plutôt empreinte d’admiration\, de vénération. La joie revient avec la vocalise\, souple\, rythmée comme une danse lente et pieuse.Commencez l’Alleluia à mi-voix et menez le crescendo jusqu’à la dernière syllabe que vous arrondirez avec grâce\, puis balancez avec souplesse l’admirable jubilus\, il est ait d’un seul motif\, repris et allongé d’une cadence ; veillez de très près à la liaison de la reprise ; il faut qu’on sente la distinction sans que l’unité en souffre.Le mouvement du verset demeurera assez lent et tout le mot ora sera élargi. On fera très expressif sancta dans la seconde phrase. Deum sera relié au jubilus par dessus le quart de barre sans la moindre interruption. \n\n\n\nOFFERTOIRE\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nIls la béniront tous d’une seule voix disant :Tu es la gloire de Jérusalem\,Tu es la joie d’Israël.Tu es l’honneur de notre peuple.Alleluia ! Judith. XV. 10. \n\n\n\nCe sont les paroles de bénédiction et de gloire que le Grand Prêtre et es anciens de Jérusalem adressèrent à Judith lorsque\, après la défaite totale des Assyriens\, ils vinrent la saluer à Béthulie. Acclamations splendides qui\, après Notre Dame vont à tous ceux qui viennent asséner sur la tête de Satan les coups qui\, les uns après les autres\, contribuent à l’écraser. Jeanne d’Arc en fut. En quoi elle est la gloire\, la joie et l’honneur de l’Eglise\, et de la France\, sa fille aînée. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle est faire de motifs empruntés à des sources très diverses. Mais la centonisation en a été habilement faite.De l’intonation qui va en crescendo se dégage une ferveur intense qui se répand sur toute la phase et prépare les acclamations qui suivent.La première est un beau mouvement de joie\, sans éclat mais animé d’une ardeur qui va vers la seconde\, s’épanouit large et enthousiaste sur la double note et la clivis allongée de laetitia et se prolonge tout le long de la phrase. La troisième se développe très brillante dans les hauteurs où elle s’établit comme une grande clameur qui voudrait ne pas finir.Il faut insister sur le  motif de l’intonation : retenez légèrement le toculus initial et donnez du poids à la première note de tous les podatus comme si elle était affectée d’un épisème horizontal. Marquez bien aussi le salicus de eam. Veillez à bien lier una voce en faisant les notes égales et en marquant très peu les ictus.In Gloria sera très souple et d’un seul jet\, rattachez-y étroitement Jérusalem\, en le conduisant en un discret crescendo vers le dernier podatus.Tu laetitia sera élargi et il y aura une reprise de mouvement et d’intensité sur le dernier motif d’Israël\, de même un crescendo-accelerando unira les premiers neumes de tu honorificéntia et les conduira vers e sommet qui\, lui aussi\, sera élargi et arrondi ; toute la dernière incise sera bien vivante et sonore. Etalez l’Alleluia\, en rythmant avec soin son admirable cadence. \n\n\n\nCOMMUNION\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nMême si je marche au milieu des ombres de la mortJe ne craindrai pas le mal\,Car tu es avec moi\, Seigneur Jésus\,Alleluia.Quel admirable cri de confiance de l’âme envers le Christ présent en elle : On pense au dernier mot de Jeanne sur le bûcher ! \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nC’est celle de la Communion Féci judicium de la messe Me expectavérunt des vierges martyres. Le calque est bon : aussi bien c’est la même idée. Une affirmation douce et ferme qui va vers quoniam tu mecum es\, si pénétrée de joie\, d’amour délicat et qui s’épanouit en tendresse sur Domine Jesu. (Voir la Communion du Dimanche de la Sainte Trinité qui\, elle aussi\, a été calquée sur Feci judicium)On pourra allonger la première note du podatus de ambulavérunt. Tout le reste de la première phrase sera chanté très simplement\, sans effort\, d’un seul mouvement très lié avec une nuance de certitude joyeuse.On donnera un peu de mouvement à la première incise de la seconde phrase qui sera souple et légère. Par contre\, on retiendra avec grâce et expression Domine Jesu. \n\n\n\nCantiques en l’honneur de sainte Jeanne d’Arc\n\n\n\nSainte Jeanne de France \n\n\n\n\nCantique complet\n\n\n\nTélécharger la partition\n\n\n\n\nO sainte Jeanne de Domrémy \n\n\n\n\nCantique complet\n\n\n\nTélécharger la partition\n\n\n\n\n  \n\n\n\nUnique ! Le coffret contenant tous les fichiers (épîtres\, évangiles et préface) sur 1 CD au format MP3.
URL:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/solennite-de-sainte-jeanne-darc/2027-05-09/
CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Sanctoral
ATTACH;FMTTYPE=image/jpeg:https://www.musique-liturgique.com/wp-content/uploads/2012/05/jeanne-darc-418576_1920.jpg
LOCATION:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/solennite-de-sainte-jeanne-darc/2027-05-09/
END:VEVENT
BEGIN:VEVENT
DTSTART;VALUE=DATE:20270516
DTEND;VALUE=DATE:20270517
DTSTAMP:20260525T155101
CREATED:20250218T115726Z
LAST-MODIFIED:20260510T181156Z
UID:10000293-1810425600-1810511999@www.musique-liturgique.com
SUMMARY:Fête de la Pentecôte
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLa Pentecôte fait partie du Temps Pascal\, elle en est comme le couronnement. Le Christ ressuscité remonté à son Père envoie son Esprit pour former\, avec l’humanité collective des prédestinés\, son corps mystique\, l’Église\, qui va continuer sur terre l’œuvre qu’il n’a fait qu’ébaucher et qui s’achèvera par la résurrection de tous ses membres. Mais\, tout en étant englobé dans le cycle de Pâques\, le temps de la Pentecôte a son atmosphère propre.Au matin du cinquième jour après la Résurrection\, au moment où\, sous le souffle violent de l’esprit qui venait en eux\, ce n’est pas du triomphe de Pâques ou de la glorieuse Ascension qu’ils étaient occupés\, mais d’une ardeur impétueuse qui\, comme une force vitale s’emparait d’eux\, et les poussait à la louange et à l’apostolat. Un souffle venait de Dieu sur eux\, un souffle de vie\, le même qui fut insufflé sur la face du premier homme ; il les animait et\, mêlé à leur propre souffle\, remontait vers Dieu avec toute l’activité de leur être.C’est cette atmosphère de vie ardente qui fut celle de l’Église naissante qui caractérise le temps de la Pentecôte.Aussi bien\, le mystère continue. La vie nouvelle que l’Esprit Saint infusait à l’Église\, en la personne des disciples et des trois mille baptisés\, pénètre toujours les âmes et les anime d’une flamme de jeunesse durant cette courte période. Primitivement\, le Baptême\, la Confirmation et l’Eucharistie étaient conférés aux catéchumènes la nuit du samedi et\, toute la semaine comme pendant la semaine de Pâques\, l’Église entourait de sa sollicitude maternelle les nouveaux chrétiens. Il en va autrement aujourd’hui\, mais les rites de cette semaine baptismale demeurent et\, par eux\, les grâces du Baptême\, de l’Eucharistie\, de la Confirmation sont à nouveau prodiguées à ceux qui sont disposés à les recevoir\, de sorte qu’à travers le jeu liturgique\, le souffle même de la Pentecôte nous atteint et\, de nous\, remonte à Dieu.C’est dans cet esprit de vie communiquée\, aspirée\, et expirée\, dans cette atmosphère d’enthousiasme ardent\, que nous devons vivre et chanter la Pentecôte. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nL’Esprit du Seigneur a rempli la terre.Allelúia.Et lui\, qui contient tout\, a la science de la parole.Allelúia\, Allelúia\, Allelúia.Ps. – Qu’il se lève\, Dieu.Et qu’ils se dispersent ses ennemis.Et qu’ils fuient\, ceux qui le haïssent\, devant sa face. Sagesse I\, 7. Ps. LXVII. 2.Le sens littéral de ce verset du livre de la Sagesse n’offre aucune difficulté. Le Seigneur est présent partout et\, parce qu’il contient tout – au sens qu’il pénètre et soutient tout : les corps comme les esprits – il sait tout ce qui se dit et se pense\, en quelque langue que ce soit.En faisant entrer ces mots dans la liturgie de la Pentecôte\, l’Église leur donne un autre sens. Il ne s’agit plus seulement\, dans le Spíritus Dómini replévit órbem terrárum\, de l’acte par lequel l’Esprit du Seigneur\, depuis la création\, pénètre tous les êtres pour les maintenir en existence\, mais de la possession personnelle de la terre comme de son royaume. Il y vient de ce jour-là comme l’Esprit du Christ avec la mission de tout régir\, de tout gouverner selon le Christ pour la gloire du Père. De même le sciéntiam hábet vócis ne s’entend plus seulement de la connaissance qu’il a de tout ce qui se dit\, mais encore de la communication qu’il fait de sa science\, par le don des langues\, aux disciples et\, par eux et leurs successeurs\, aux fidèles de tous les temps qui sauront l’écouter. Ceci n’est pas dans le texte d’une façon explicite\, mais s’en dégage sans qu’on ait à le solliciter.C’est donc plutôt l’aspect extérieur du miracle de la Pentecôte qui est chanté ici ; le miracle de ce matin-là en tant qu’il contenait\, comme en germe tout ce qui s’est réalisé depuis par l’Église et le miracle d’aujourd’hui en tant qu’il poursuit l’achèvement de l’œuvre commencée alors.L’Église chante donc cet Introït à la fois comme un rappel du texte sacré et comme la constatation enthousiaste de son accomplissement de plus en plus achevé. \nLA MÉLODIE\nElle commence dans le recueillement grave d’un Ier mode qui module en fa. Spíritus Dómini se trouve ainsi enveloppé de mystère et de vénération. Mais\, dès que se précise l’idée de la Pentecôte\, un souffle se lève qui prend les mots\, les emporte dans son élan impétueux jusqu’aux sommets les plus élevés puis les dépose\, les uns après les autres\, dans le calme et la paix\, sur les notes principales du VIIIe mode bien établi. Il y a dans cette phrase une expression de grandeur et d’enthousiasme qu’on rencontre rarement à ce degré de perfection. Évocation de l’immensité des terres et du grand vent qui ébranla le Cénacle\, sans aucun doute. Mais à travers cette évocation\, passe l’ardeur de l’Église\, celle des 3 000 baptisés\, celle de tous ceux qui ont suivi et qui à l’heure de ces souvenirs grandioses de la première Pentecôte\, sentent la même ferveur et la même joie exultante.La seconde n’a pas\, au début\, le recueillement de la première. La mélodie monte tout de suite\, par une quarte hardie\, de la tonique à la dominante. C’est un nouveau souffle\, ou\, si l’on veut\, le même qui continue en une onde nouvelle. Après une légère dépression\, il s’enfle de nouveau sur ómnia et\, progressivement\, avec moins d’impétuosité\, mais avec la même force enveloppante\, entraîne vers hábet vócis\, le mot qui évoque le miracle des langues et toutes les grâces de lumière qui\, en des modes divers\, l’ont prolongé dans les âmes.La détente commencée sur vócis\, se poursuit sur les Allelúia\, avec une ondulation montante assez marquée sur le second. Elle s’achève en une plénitude toute paisible sur une belle cadence modale élargie par les deux torculus.Le Psaume est plein du même enthousiasme\, avec je ne sais quoi de conquérant… Ce sont les mots par lesquels Moïse donnait aux tribus d’Israël le signal du départ au cours de leur marche dans le désert : Lève-toi Seigneur…; et on levait l’arche sur les épaules et l’on marchait. Ce chant de confiance des Hébreux devient le nôtre dans cette marche du nouveau Sinaï vers la Terre Promise de l’éternité qui commence avec la Pentecôte.Chantez dans un mouvement ample\, mais très vivant et très enthousiaste. La voix\, retenue sur Spíritus Dómini prendra de l’ampleur et de la sonorité sur replévit et\, bien appuyée sur le salicus lancera d’un bel élan órbem qui s’arrondira au sommet souple et léger et retombera sur la tonique pour amorcer la thésis de terrárum dont on arrondira le creux en l’élargissant. La cadence de l’Allelúia suivra le ralenti. À noter que la double note de rum dans terrárum est une bivirga épisématique ; elle devra être posée avec une certaine fermeté.Après un départ a tempo on veillera à ce que la première incise de la seconde phrase soit chantée sans précipitation. Omnia bien posé et commençant le crescendo d’enthousiasme qui montera jusqu’à hábet vócis en un mouvement de plus en plus élargi.Veillez au rythme du second Allelúia.Le Psaume net et énergique. \nALLELÚIA I\nLE TEXTE\nEnvoie ton Esprit et ils seront créés.Et tu renouvelleras la face de la terre. Ps. CIII. 30\, 31.C’est le même texte que celui de l’Offertoire de la Vigile\, avec une nuance toutefois qu’il tient du caractère de l’Office. Il y a en effet comme deux actes dans le « jeu » de cette messe de la Pentecôte. Le premier évoque le miracle extérieur ; l’Introït en est l’ouverture grandiose et l’Église nous en fait le récit détaillé et dramatique. Le second reproduit le miracle intérieur : l’envahissement des âmes par l’Esprit Saint qui prolonge jusqu’à nous son œuvre de la Pentecôte. Il n’y a pas d’éclat dans cette pénétration ; elle se fait comme elle se fit pour les Disciples\, dans le secret de l’âme ; c’est quelque chose de personnel\, d’intime\, de mystérieux.Or c’est précisément avec les Allelúia que commence ce second acte du drame. Tous les textes à partir de là en effet\, jusqu’à la Communion\, sont un appel à l’Esprit Saint\, hôte de l’âme. Il ne faut donc pas donner à Emítte Spíritum túum le caractère de joie enthousiaste qu’il prenait la veille lorsqu’il jaillissait du cœur de l’Église comme un cri d’espoir ardent. Ici\, c’est l’âme qui discrètement\, humblement\, demande que se renouvelle en elle le mystère d’amour que Dieu a voulu réaliser par l’Esprit de son Fils. C’est une prière. \nLA MÉLODIE\nLa première phrase n’est pas aussi suppliante que dans l’Allelúia Excíta du IIIe dimanche de l’Avent : il y manque le beau motif de Dómine. Mais c’est bien la même prière paisible\, intime\, avec une pression délicate\, qui n’exige pas\, mais qui a plus de puissance que des cris.La seconde phrase est la même que dans les autres Allelúia du même type. Ici encore elle est merveilleusement adaptée. Sur creabúntur\, comme sur véni (Allelúia Excíta du IIIe dimanche de l’Avent ) et sur Dóminus (Allelúia Ascéndit de l’Ascension )\, l’âme jouit de ce qu’elle voit dans l’avenir. Contemplation heureuse de la terre se remplissant de la vie du Christ petit à petit sous le souffle de l’Esprit.Un élan de désir plus poussé monte sur térræ et donne à la reprise du chœur un caractère de supplication plus ardente.Lancez bien l’accent tonique de Emítte ; que la voix retombe sur te douce et souple dans l’articulation des deux t. Retenez quelque peu Spíritum túum. Liez avec grand soin toute la seconde phrase. Balancez délicatement fáciem térræ. \nALLELÚIA II\nLE TEXTE\nViens Esprit Saint.Remplis le cœur de tes fidèles\,Et de ton amour en eux allume le feu.On ignore l’auteur de cette très belle prière.Elle est toujours d’actualité\, car l’Esprit n’a jamais fini de venir et\, tant que nous sommes sur terre\, nous n’avons jamais fini d’en avoir besoin. Ce qui nous manque en effet c’est d’en être remplis au point qu’il soit l’inspirateur exclusif de nos penses\, de nos vouloirs\, de nos actes\, et de l’avoir en nous comme un feu\, comme un désir brûlant qui nous pousse avec une force irrésistible à aller où il nous veut pour y faire ce qu’il veut.L’Église la chante pour tous ses membres\, et la chante à genoux. Elle lui donne\, par ce geste\, un caractère d’émouvante supplication. \nLA MÉLODIE\nOn l’attribue assez communément à Robert le Pieux.La prière est délicate dans la première phrase\, quelque peu timide\, humble même\, comme si l’âme ne se sentait pas digne d’appeler en elle une plus intime présence de l’Esprit divin après avoir été si souvent indélicate à son égard. Mais quelle admirable supplication ; si pénétrée d’amour\, de cet amour à la fois tendre et discret que la souffrance indicible de ne pas voir l’aimé nuance de mélancolie ! Elle se fait plus ardente sur sáncte quoique toujours retenue. C’est plutôt dans la thésis sur les rythmes ternaires paisibles et doux de Spíritus que l’âme se laisse aller. Une nouvelle supplication non moins intense\, mais toujours délicate\, se dessine sur réple ; elle va s’intensifiant sur le pressus\, s’épanouit un instant sur la note allongée de córda et redescend à la tonique sur le motif répété de Spíritus.La seconde phrase est la phrase du feu: amóris ígnem. La réserve n’a pas totalement disparu\, mais l’ardeur de l’âme est telle que\, dès le début\, en quatre notes\, elle emporte la mélodie à l’extrême limite du mode.Elle en descend\, balancée sur des rythmes binaires qui la ramènent par degrés à la tonique. Mais le mouvement ne la laisse se poser nulle part : il l’enlève à nouveau\, plus ardente\, dans les hauteurs où elle se déploie\, intensifiée jusqu’à être émouvante. Par le même motif thétique\, elle revient à la tonique. A peine l’a-t-elle touchée qu’elle se relève en un dernier rebondissement pour aller se poser sur le mi en une cadence en demi-ton qui la fait à nouveau délicate et humble.Vient alors la grande formule de l’Allelúia où se retrouvent successivement la supplication discrète de véni Sáncte\, la délicate thésis de Spíritus\, et l’ardeur brûlante de amóris.Ne pressez pas le mouvement. Chantez doucement la première phrase ; tout y est en demi-teinte et tout y est délicat… Les pressus seront tout juste touchés d’une petite pression\, les crescendo esquissés seulement\, les accents légèrement soulevés… Ce sont des nuances.Dans la seconde phrase il y aura plus de mouvement\, mais sans contraste poussé avec la première. On ménagera la transition dans l’arsis de túi\, et le crescendo s’achèvera sur l’accent tonique de amóris qui sera bien lancé\, léger et élargi. Aller sur les notes longues de la thésis et ne pas presser\, retenir plutôt.Le podatus qui suit la double note au début de la dernière incise de accénde sera très arrondi et élargi. \nSÉQUENCE\nLE TEXTE\nViens\, Esprit Saint\, et envoie du ciel\,De ta lumière un rayon.Viens\, père des pauvres\, viens\, donneur des dons\,Viens\, lumière des cœurs.Consolateur très bon\, doux hôte de l’âme.Douceur rafraîchissante\,Dans le labeur\, repos ; dans l’ardeur\, modération ;Dans les larmes\, consolation.Ô lumière bienheureuse\, remplis le fond du cœur de tes fidèles.Sans ta puissance\, rien n’est dans l’homme.Rien n’est sans danger de mal.Lave ce qui est souillé\, arrose ce qui est aride\,Guéris ce qui est blessé.Rends souple ce qui est rigide\, réchauffe ce qui est froid\,Ramène dans le vrai chemin ce qui a dévié.Donne à tes fidèles qui en toi se confientLes sept dons sacrés.Donne ce que la vertu a mérité\, donne le chemin du salut\,Donne l’éternelle joieAmen\, Allelúia. \nLA MÉLODIE\nUne séquence\, le mot le dit\, est un chant qui continue celui qui précède. Normalement\, il doit même lui emprunter son intonation. C’est bien le cas ici : Véni Sáncte Spíritus a le même motif syllabique que véni dans le verset de l’Allelúia .Cette séquence de la Pentecôte est de toute beauté\, et les idées et les sentiments qu’elle exprime sont assez clairs pour se passer de commentaire.Signalons toutefois que la forme générale de cette prière – car c’est une prière\, il ne faut pas l’oublier – est la même que celle de l’Allelúia. Dans les deux premiers versets\, la mélodie est discrète\, retenue\, humble. Dans le troisième et le quatrième\, elle s’anime dès le début par l’élan qui va du la au ré. Dans le cinquième et le sixième\, elle atteint son maximum de puissance et d’ardeur par l’attaque discrète sur le ré supérieur. Dans le septième et le huitième\, elle revient à la discrétion du début. De même dans les deux derniers\, à part l’arsis du commencement\, qui est d’ailleurs toute passagère.On la chante généralement très bien\, car elle est facile. Elle demande toutefois pour avoir toute sa perfection que l’on demeure dans l’esprit de prière et que l’on évite de forcer les notes élevées. Une prière n’exige pas\, elle demande\, même quand elle supplie avec ardeur elle doit demeurer humble. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nConfirme ce que\, ô Dieu\,Tu as opéré en nous.De ton Temple qui est en Jérusalem\,Ils t’offriront\, les rois\, des présents. Allelúia. Ps. LXVII. 29\, 30.Dans le Psaume\, qui chante le retour triomphal du Roi à Jérusalem\, comme nous l’avons vu à l’occasion de l’Allelúia II de l’Ascension \, ces deux versets sont une prière du peuple qui demande au Seigneur de confirmer les victoires acquises\, par l’établissement solide de son règne. Alors\, dans la splendeur de son Temple\, les rois étrangers viendront l’adorer en lui offrant des présents.Dans le cadre liturgique de la Pentecôte\, les deux idées demeurent. L’Église demande d’abord à Dieu de confirmer\, d’affermir\, de consolider ce que l’Esprit a opéré dans les âmes\, en ajoutant à leurs efforts la puissance de sa grâce ; en fait\, de rendre cette amitié qu’est l’état de grâce effective\, durable\, de plus en plus vive\, par la docilité de notre esprit aux inspirations de son Esprit. Alors « les Rois offriront des présents ». Ce qu’il faut entendre dans un sens à la fois individuel et collectif. Dans notre âme devenue temple de la Trinité\, nous viendrons\, nous aussi rois et prêtres comme le Christ\, offrir aux Divines Personnes l’hommage de notre être. Dans l’Église\, ce Temple Spirituel\, les rois et les peuples de la terre\, pénétrés de cet Esprit d’amour\, s’offriront en hommage au Christ Roi immortel des siècles et\, par lui\, au Père. Enfin dans le Ciel\, Jérusalem céleste\, le Seigneur et l’Agneau seront le Temple et\, en eux\, éternellement\, les rois et les peuples ne cesseront plus de s’offrir et d’offrir le monde nouveau qu’ils posséderont.Ainsi compris\, cet offertoire est une très belle paraphrase de l’Évangile où l’on entend précisément Notre Seigneur nous dire que si nous l’aimons\, il fera de notre âme sa demeure et que le Paraclet y parlera sans cesse pour nous guider dans l’amitié qu’il établira avec nous. \nLA MÉLODIE\nElle a une ressemblance très marque avec celle de l’Offertoire de la Messe de Minuit . L’intonation et le début de la deuxième incise sont identiques dans les deux et le motif de la troisième phrase\, à peu près le même sur tíbi ófferent ici\, et là sur ánte fáciem.Mais ici la joie domine moins\, elle est plus intérieure\, si l’on peut dire\, plus profonde. C’est comme un chant très recueilli\, très priant même\, que l’âme\, sans pousser sa supplication\, adresse à Dieu dans l’atmosphère de bonheur qui l’enveloppe depuis que lui ont été dites\, à l’Evangile\, les paroles si riches de promesses qui fondent son intimité avec Dieu : « Si quelqu’un m’aime…nous ferons notre demeure en lui »… Ils sont déjà venus. Seigneur\, confirme ce qu’a fait ton Esprit : Confírma hoc…Le développement neumatique est considérable par sur tous les mots.Dans la première phrase\, in nóbis est très en relief par la montée en deux mouvements de quarte sur la tristropha et par la cadence du VIIIe mode si expressive de joie ferme et pleine.Dans la seconde\, la mélodie\, après avoir repris deux fois\, sur túo et sur quod est\, le motif de hoc dans la phrase précédente\, déroule ses beaux rythmes gracieux et paisibles sur Jérúsalem qu’elle enveloppe de tendresse et d’espoir.La troisième a sur tíbi un motif propre qui est repris sur réges. Il se joint\, les deux fois\, au motif de hoc Déus\, repris pour la cinquième fois sur ófferent et Allelúia. Ce motif\, très discret\, qui se balance ainsi tout au long des phrases\, contribue à donner à cet Offertoire son caractère de paix intime et heureuse.Chantez dans un mouvement assez large\, mais léger\, souple et vivant.Donnez un peu d’ampleur à fir dans confirma. Balancez bien la cadence de Déus et liez in nóbis à la clivis allongée de es où commencera le crescendo. La cadence du VIIIe mode sur sol sera très nette et largement posée ; puis on fera un bon temps de silence pour séparer les deux idées.Elargir quelque peu la cadence de túo et se complaire sur les neumes de Jerúsalem qui seront très liés.Faites les broderies de ófferent\, très légères. Le punctum de ne dans múnera sera allongé avant le torculus. La double note de ra dans le même mot est une bivirga épisématique ; bien l’appuyer. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nIl vint tout à coup du ciel et le bruitD’un souffle véhément\,Là où ils étaient assis.Allelúia.Et ils furent remplis tous du Saint-Esprit\,Chantant les merveilles de Dieu.Allelúia\, Allelúia. Act. II. 2\, 4\, 11.Ce récit est bien à sa place au moment de la Communion sur les lèvres de l’Église. La réception de l’Eucharistie renouvelle en effet d’une certaine manière le miracle\, car elle produit une augmentation de la charité qui est accompagnée\, si la communion est fervente\, d’une nouvelle mission des Personnes divines. Ainsi donc\, comme le jour de la Pentecôte\, mais sans vent et sans bruit cette fois\, le Saint Esprit envahit l’âme qui\, elle aussi\, dans le silence de l’action de grâces se met à chanter les merveilles de Dieu. \nLA MÉLODIE\nC’est un récitatif très vivant\, dramatique même. Toutes les réactions sensibles provoquées par le miracle s’y trouvent. La surprise et l’émoi dans les quintes montantes et descendantes de Fáctus est repénte ; l’étonnement émerveillé dans la montée au fa de sónus en allant mourir\, petit à petit\, comme épuisé sur les dernières notes de l’Allelúia et repartant avec la même véhémence sur et repléti sunt en une seconde vague qui déferle sur toute la phrase jusqu’à la fin de la dernière cadence.A travers ce mouvement\, quelque chose de l’enthousiasme à l’ardeur de feu qui animait les Apôtres\, passe. Très marqué dans toute la première phrase\, particulièrement dans la période arsique sur sónus\, il l’est davantage encore sur repléti sunt ómnes Spíritu sáncto au début de la seconde. L’âme chant non seulement ce qui lui arrive à Jérusalem\, mais ce qui lui arrive à ce moment\, à elle aussi\, qui se sent toute remplie de l’esprit de Dieu.Sur loquéntes magnália Déi qui aurait pu\, à bon droit d’avoir de l’ampleur et de l’éclat\, la mélodie devient thétique et toute apaisée. C’est assez imprévu\, mais très expressif du chant intérieur de l’âme toute recueillie sous le flot de grâces qui l’envahit.Le mouvement sera assez rapide et on y mettra beaucoup d’enthousiasme ; dans les passages syllabiques surtout. Sónus sera très lancé avec une bonne articulation de l’s. Les deux autres incises de la première phrase\, plutôt thétiques seront quelque peu retenues. Leur forme neumatique amènera d’ailleurs cette nuance sans qu’on ait à s’en occuper. Liez de près Allelúia à sedéntes.Reprise a tempo sur et replévit et mouvement ardent. Elargissez loquéntes et particulièrement la dernière syllabe tes. Les deux Allelúia\, très paisibles. \n\nPolyphonies pour la Pentecôte\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
URL:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/fete-de-la-pentecote/2027-05-16/
CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Temporal
ATTACH;FMTTYPE=image/jpeg:https://www.musique-liturgique.com/wp-content/uploads/2012/05/pentecote.jpg
LOCATION:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/fete-de-la-pentecote/2027-05-16/
END:VEVENT
BEGIN:VEVENT
DTSTART;VALUE=DATE:20270517
DTEND;VALUE=DATE:20270518
DTSTAMP:20260525T155101
CREATED:20250218T115740Z
LAST-MODIFIED:20260510T181310Z
UID:10000298-1810540800-1810573200@www.musique-liturgique.com
SUMMARY:Le Lundi de Pentecôte
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n  \nINTROÏT\n  \nLE TEXTE\nIl les a nourris de la fleur de froment.Allelúia.Et du miel de la pierre il les a rassasiés.Allelúia\, Allelúia\, Allelúia.Ps. Acclamez Dieu\, notre aide.Poussez des cris de joie au Dieu de Jacob. Ps. LXXX. 17\, 2.Les expressions imagées de ces deux versets ont à peine besoin d’explication. La fleur de froment c’est l’Eucharistie dont le Seigneur a nourri les nouveaux chrétiens d’hier sitôt après leur baptême. Le miel de la pierre a le même sens. (Les abeilles font parfois leur miel dans le creux des rochers en Palestine) Pétra aútem érat Chrístus dit Saint Augustin dans son commentaire du Psaume\, citant Saint Paul (I. Cor. X. 4.). C’était aussi une allusion au mélange de lait et de miel que l’on donnait aux premiers communiants pour symboliser la suavité du Christ dans l’Eucharistie. La progression des verbes est à noter : cibávit éos\, saturávit éos. Il les a nourris\, il les a rassasiés…rassasiés\, car on a tout ce qu’on peut désirer dans le Christ\, même dès cette terre\, sans parler de la Béatitude dont la vision de Dieu comblera dans l’éternité notre faim et notre soif de bonheur : Satiábor cum apparúerit gloria túa. (Je  serai rassasié quand se montrera ta gloire. Ps. XVI\, 15.)L’Eglise\, quand elle chante cet Introït\, n’a pas à l’esprit ceux-là seuls qui ont fait leur première communion au cours de la Vigile – ils sont très rares désormais – mais tous ceux qui en ont fait revivre la grâce à l’occasion de la Pentecôte. Plus encore : tous les communiants de tous les temps qui sont au ciel et au purgatoire\, car\, eux aussi\, à leur façon\, ont pris part à la liturgie Eucharistique de la Vigile. C’est à eux tous qu’elle pense en se redisant à elle-même\, en une sorte de contemplation\, le verset du psaume qui devient ainsi l’expression de sa reconnaissance et de son admiration enthousiaste pour cette nourriture divine dont Dieu a voulu nourrir ses membres. \nLA MÉLODIE\nL’âme berce d’abord sa pensée sur les rythmes passibles et souples de cibávit éos\, puis\, à l’évocation de l’Eucharistie\, qui lui est présentée sous l’image de la fleur de froment\, elle s’anime un peu et met sur ádipe un accent de ferveur où passe son amour reconnaissant. C’est toute la première phrase.Il y a plus de mouvement dans la seconde. L’âme contemple toujours\, mais\, à mesure que l’idée de l’Eucharistie se renforce avec l’image nouvelle et qu’apparaît le rassasiement de l’éternelle vision\, l’ardeur se lève en elle et la laisse aller. On le sent dès les premières notes ; elles vont\, en une arsis pleine d’élan vers Pétra qui figure ici le Christ. Il y a ensuite une petite thésis délicate puis l’élan reprend et s’accentue sur saturávit où il devient enthousiaste. La détente se fait alors sur les trois Allelúia qui ramènent peu à peu la paisible contemplation du début.Chantez simplement\, doucement. Dans la première phrase\, faites l’accent de ádipe léger et arrondi\, que votre voix retombe douce sur la tristropha\, descende délicatement sur fruménti et se relève\, sans effort toujours sur l’Allelúia. Dans  la seconde\, il faudra faire sentir l’enthousiasme. Le départ sera a tempo et la voix ira se renforçant sur Pétra. Appuyez bien cette double note\, c’est une bivirga épisématique. C’est le Christ que vous chantez là. Ne vous arrêtez pas toutefois\, allez vers l’accent de mélle ; qu’il soit léger\, comme aussi la thésis qui suit. Puis\, dans le même mouvement tout en élan\, mais élargi\, chantez\, presqu’à pleine voix sur saturávit\, votre reconnaissance et vote espoir de l’éternelle vie. Après quoi viendront les  Allelúia\, chacun avec son arsis et sa thésis\, mais enveloppés dans le grand rythme qui les ramènera\, en un beau dégradé à la cadence finale. Notez que le premier part du fa\, le second du mi et la troisième du ré ; progression descendante après la progression montante.Le Psaume n’est plus une contemplation\, mais une invitation à louer Dieu. Il doit être brillant. L’Introït reprendra ensuite en demi-teinte. \nALLELÚIA\nLE TEXTE\nIls annonçaient en diverses langues\, les Apôtres\,Les merveilles de Dieu. Act. II. 4\, 11.Il ne s’agit pas seulement dans ce verset du miracle des langues qui eut lieu le matin de la Pentecôte mais aussi de celui qui se produisit\, lors du baptême des premiers gentils par Saint Pierre\, dans la maison de Corneille et dont le sous-diacre vient de faire le récit à l’Epître. L’Eglise enveloppe les deux dans sa pensée durant les instants qui suivent et\, dans sa contemplation elle dit à Dieu sa joie de le voir se manifester ainsi avec tant d’éclat\, et prolonger\, par les merveilles de sa grâce\, dans les âmes la louange de son nom\, sur toute la surface de la terre\, et dans toutes les langues du monde. \nLA MÉLODIE\nElle est très joyeuse dans l’Allelúia\, mais d’une joie qui n’a pas d’éclat. Délicate et comme intérieure sur les premières notes\, elle ne commence à s’extérioriser que sur la montée fa – si b. Beau mouvement d’ailleurs qui s’épanouit en une sonorité claire sur le porrectus et le torculus de la dernière syllabe et se détend ensuite en neumes très rythmés qui l’amènent à la cadence sur do. Il ne s’y pose qu’à peine\, une arsis le lance à nouveau vers le la. Il en redescend en se balançant sur deux motifs qui se répondent avec grâce et\, doucement\, touchent trois fois la tonique avant de s’y poser enfin.Ce caractère de musique intérieure est très marqué dans la première incise du verset loquebántur. L’Eglise médite ; notez la longue tenue sur fa avec ses répercussions\, et la descente si paisible des deux climacus et de la clivis vers le do. Sur váriis línguis\, le mot du miracle\, la joie s’élève. Elle retrouve la première partie du jubilus et s’y déploie à loisir mais\, au lieu de revenir au ré\, elle remonte au contraire et s’épanouit sur le mot apóstoli dans l’admiration des apôtres et de l’œuvre du Saint Esprit en eux et dans les âmes de tous les Chrétiens.La dernière phrase reprend l’Allelúia entier qui se trouve fort bien de magnália Déi pour louer dans la joie les merveilles de Dieu.Il ne faut pas chanter fort les premières notes de l’Allelúia. Ménager un bon crescendo qui commencera délicatement sur le fa et aura toute sa force sur le porrectus qu’on élargira légèrement.Retenez le mouvement sur loquebántur qui a quelque chose de mystérieux et reliez-y d’assez près váriis en lui donnant a même expression que dans l’Allelúia. Autant que possible\, ne pas respirer au quart de barre. Lier aussi de très près apóstoli à línguis et mener le crescendo jusqu’à la note répercutée. Faire la reprise a tempo mais sans excès\, sur magnália. \nALLELÚIA II\nVéni Sáncte Spíritus.Comme à la Fête de la Pentecôte. \nSÉQUENCE\nVéni Sáncte Spíritus.Comme à la Fête de la Pentecôte. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nComme un tonnerre\, il se fait entendre du ciel\, le Seigneur\,Et le Très-Haut fit éclater sa voix.Et apparurent les sources des eaux. Ps. XVII. 14\, 16.Dans ces deux versets\, le Psalmiste décrit l’orage\, symbole de la colère de Dieu contre les ennemis de son peuple ; le tonnerre et la violence du vent et des tremblements de terre qui soulèvent les flots\, au point qu’on découvre\, au fond de la mer\, et des fleuves\, la source de leurs eaux.Dans le cadre liturgique de la Pentecôte c’est le vent impétueux et l’apparition des langues de feu qui sont évoqués\, celles-ci symbolisant le Saint Esprit\, source des eaux merveilleuses de la grâce qui allaient couler sur les trois mille auditeurs de Saint Pierre et se répandre jusqu’à la fin des temps sur touts les âmes de bonne volonté. Ainsi\, sur ces quelques mots\, l’Eglise trouve de quoi chanter les deux objets qu’elle se propose : le miracle du Jour et son développement\, l’effusion de la grâce baptismale sur le monde. \nLA MÉLODIE\nLe texte n’est qu’un récit ; il ne se prête pas à l’expression de sentiments très vifs. La mélodie ne s’y applique pas non plus. Elle se déroule dans une atmosphère de joie paisible en revêtant seulement les mots de longs neumes sur lesquels l’âme trouve le temps de saisir et d’exprimer ce que le texte lui suggère.Elle monte tout de suitée de ré au la dans la première phrase\, brode autour et redescend sur le mi en une cadence qui enveloppe Dóminus d’admiration et de tendresse reconnaissante.Dans la seconde\, elle s’établit dès le début sur le la mais le mouvement est le même. La cadence mystique de Dóminus se retrouve sur Altíssime. Dédit vócem est très insistant\, mais toujours méditatif ; la cadence sur ré assez inattendue.Il y a plus de mouvement dans la troisième phrase. On le sent tout de suite dans la montée joyeuse de apparuérunt\, les mots aussi sont moins chargés de neumes.Avec l’Allelúia\, la contemplation paisible revient et tout s’achève sur la cadence mystique entendue pour la quatrième fois.Plus que toutes les autres prières de l’office\, celle-ci est délicate ; précisément parce qu’elle est dépourvue de tout effet. Il faut la chanter à mi-voix\, comme une méditation\, dans un mouvement pas rapide\, mais bien vivant. Evitez de traîner surtout sur les cadences en mi ; elles deviendraient plaintives\, alors qu’elles sont l’expression d’une joie toute pénétrée de tendresse pour le Seigneur. On notera qu’elles ne se trouvent que sur Dóminus\, Altíssime\, Allelúia et apparuérunt\, le verbe qui annonce la grâce du jour. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nLe Saint Esprit vous enseigneraAllelúia.Tout ce que je vous aurai dit.Allelúia. Jean XIV. 16.Au moment où ses membres communient\, l’Eglise se redit les paroles que Notre Seigneur disait à ses Apôtres après la Cène. Elles sont bien à leur place. Par la grâce du sacrement en effet\, la charité croît et\, le Saint Esprit se fait mieux entendre parce que\, devenus plus aimants\, nous sommes plus attentifs à saisir ce qu’il nous dit. \nLA MÉLODIE\nAimable et douce dans l’intonation\, elle s’élève sur docébit vos en une joie enthousiaste pénétrée de certitude\, qui enveloppe tout jusqu’à la fin. Comme si l’Eglise voulait dire aux jeunes baptisés\, au seuil de leur vie chrétienne\, et rappeler à tous ses membres\, que l’Esprit de lumière étant en eux ils n’ont pas à avoir peur ; il les mène à la lumière de l’éternelle vérité.Il faut chanter dans un mouvement alerte et à pleine voix\, les accents bien marqués et sans arrêt. Ne ralentir qu’à la cadence finale qui sera posée. \n\nPolyphonies pour la Pentecôte\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
URL:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/le-lundi-de-pentecote/2027-05-17/
CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Temporal
ATTACH;FMTTYPE=image/jpeg:https://www.musique-liturgique.com/wp-content/uploads/2012/05/lundipentecote.jpg
LOCATION:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/le-lundi-de-pentecote/2027-05-17/
END:VEVENT
BEGIN:VEVENT
DTSTART;VALUE=DATE:20270523
DTEND;VALUE=DATE:20270524
DTSTAMP:20260525T155101
CREATED:20250218T115741Z
LAST-MODIFIED:20260510T181559Z
UID:10000303-1811030400-1811116799@www.musique-liturgique.com
SUMMARY:La Fête de la Sainte Trinité
DESCRIPTION: \n\n\n\nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n\n\n\nLe temps après la Pentecôte représente dans l’Année liturgique la période qui va de la descente du Saint Esprit sur les Apôtres à la fin des temps.Il n’y a pas\, dans ces quatre-vingt Dimanches qui se suivent de plan d’ensemble. Il est même impossible\, à cause des changements qui ont été effectués à plusieurs reprises dans le Missel\, de savoir quelle était l’ordonnance primitive de chaque messe. Il serait donc vain de chercher à dégager l’idée qui a présidé à la composition.Doit-on pour autant se refuser à chercher dans le Missel\, tel qu’il se présente à nous\, un lien ente les prières\, les lectures et les chants ? Nous ne le croyons pas. Du point de vue historique un tel lien est sans valeur\, c’est entendu\, mais il existe en réalité\, il ne saurait être fictif. Or il existe et on le découvre sans qu’il soit nécessaire de solliciter les textes à l’excès. Nous nous sommes donc appliqué à le dégager\, persuadé que l’unité ainsi réalisée aidera à entrer efficacement dans le jeu liturgique et à le vivre. (Nous ne l’avons pas fait pour les fêtes qui\, elles\, ont leur objet propre).Il va de soi que ce lieu\, n’affectant pas l’essentiel de l’expression des diverses pièces chantées\, chacun peut l’utiliser\, ou non. \n\n\n\nINTROÏT\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nBénie soit la Sainte Trinité et l’indivisible Unité.Nous lui rendrons gloire Car elle a exaucé envers nous sa miséricorde. \n\n\n\nPs. – Seigneur\, notre Seigneur\,Que votre nom est digne d’être loué sur toute la terre ! Tobie. XII. 16. – Ps. VIII. 2. \n\n\n\nC’est une adaptation des paroles de l’Archange Raphaël à Tobie et à son fils\, au moment où il les quitte. Ceux-ci\, pour le remercier de tout ce qu’il avait fait pour eux lui proposaient la moitié de l’argent recouvré grâce à lui « Alors il leur dit en secret : Bénissez le Dieu du ciel et louez-le devant tous les vivants parce qu’il a exercé envers vous sa miséricorde ». \n\n\n\nL’Archange leur demandait de bénir et de louer le Dieu du ciel ; l’Eglise\, elle\, qui a reçu du Christ la révélation explicite du mystère de la vie intime de Dieu\, bénit et loue la Trinité Sainte\, et l’Invisible Unité des Divines Personnes. \n\n\n\nLe choix de ces paroles d’action de grâces comme Introït est vraiment très heureux. Devant ce mystère des mystères qui nous est plus que tous les autres fermé\, qui nous écrase par son infinie grandeur\, la seule idée qui nous vienne en effet\, après le silence\, c’est la reconnaissance envers les Divines Personnes qui\, de toute éternité\, se sont penchés avec amour sur notre néant\, qui ont fait note salut et qui nous conduisent\, à travers les vicissitudes de nos existences\, vers la Béatitude de leur vie intime dans laquelle elles nous veulent à jamais. Benedícta sit sáncta Trínitas… \n\n\n\nLe Psaume est une exclamation par laquelle l’âme exprime son admiration\, pour toutes les merveilles qu’elle découvre dans l’action des Divines Personnes. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle est calquée sur l’Introït Invocávit me du Ier Dimanche de Carême . Dans l’ensemble l’expression est satisfaisante. \n\n\n\nLes mots de bénédiction s’accommodent assez bien de la première incise. Le motif de Benedícta sit est recueilli\, adorant même. \n\n\n\nUn bel élan de ferveur lui succède sur Sáncta et s’épanouit sur la triple note de indívisa. Malheureusement la cadence de Trínitas sur do par le si\, qui fait la sensible de la gamme majeure\, est bien mauvaise. Dans l’Introït Invocábit cette montée se reliait tout de suite à éum que le porrectus ramenait au sol. \n\n\n\nEn dépit de l’accent tonique fort mal servi\, le motif de confitébimur répond bien à l’ardeur de louange que demande le mot\, et l’idée de miséricorde a son expression délicate tout le long des deux dernières incises. Mais on est bien obligé de constater un peu partout que le rythme des mots et le rythme de la mélodie ne sont pas accordés. \n\n\n\nOn chantera sans forcer la voix\, mais dans un bon mouvement. \n\n\n\nLa première phrase sera plutôt recueillie. Faites bien la répercussion sur la clivis qui suit la distropha de Trínitas. La double note de Indívisa devra être bien appuyée et élargie; elle devrait porter selon les manuscrits deux épisèmes horizontaux. \n\n\n\nDonnez de l’élan à confitébimur\, faites bien l’accent et veillez à arrondir le sommet. Lancez bien l’accent de fécit dans l’incise qui suit. \n\n\n\nLe Psaume sera bien rythmé. \n\n\n\nGRADUEL\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nBéni es-tu\, Seigneur\, toi qui sondes les abîmes.Et qui sièges au-dessus des Chérubins. \n\n\n\nVerset. – Béni es-tu\, Seigneur\,Dans le firmament du cielEt digne de louange dans les siècles. Daniel III. 55\, 56. \n\n\n\nC’est encore une formule de bénédiction. Elle est empruntée cette fois au Cantique des trois enfants dans la fournaise. \n\n\n\nL’Eglise\, interprète en droit de tout le monde créé parce qu’elle est le Christ continué\, s’en sert pour remercier Dieu du regard d’amour qu’il pose sans cesse et sur les esprits et sur les plus éminents des cieux et sur les êtres les plus infimes\, au fond des gouffres\, et lui dire sa reconnaissance pour les merveilles dont il a rempli les mondes. \n\n\n\nLes jeunes Hébreux qui le louaient dans les flammes ne voyaient rien de plus que ce que nous voyons dans le bleu du firmament\, dans les nuages qui voilent ou dans les feux dont il scintille la nuit\, mais nous savons\, nous\, ce qu’il y a d’invisible par delà les étoiles\, et\, pour les milliards et les milliards de soleils que le Seigneur a créés et qui se meuvent dans l’ordre qu’il a fixé\, nous pouvons le bénir et le déclarer digne de louange dans les siècles\, lui qui\, après nous avoir émerveillés durant notre vie de la splendeur du monde\, nourrira de la beauté infinie de ses Trois Personnes la louange de note éternité. Car on vient de le chanter à l’Epître « c’est de lui et par lui et en lui que sont toutes choses. A lui la Gloire dans les siècles. Amen. » \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\n(V) Benedíctus es Dómine qui intuéris abýssos et sédes súper Chérubim \n\n\n\nL’original est le Graduel Constítues éos de la Fête des Saints Apôtres Pierre et Paul. Le calque\, comme dans l’Introït\, a été fait sans souci d’adapter les phrases de la mélodie aux phrases du texte. C’est ainsi que la première phrase du Graduel Constítues a été prolongée de tout le motif de mémores pour couvrir ici le texte jusqu’à abýssos. Malgré ce défaut qui\, il faut bien le dire\, paraît fort peu si l’on ne fait pas la comparaison\, l’expression est juste. Il se dégage du Graduel Constítues éos une gravité qui devient ici sur les paroles de bénédiction qui chantent l’infini regard de Dieu\, une vénération pieuse et tendre. Très marquée sur le motif de Dómine qui courbe l’âme en adoration\, elle prend de plus en plus\, sur intuéris abýssos\, un caractère d’admiration\, mêlé de grandeur\, qui ne la quitte plus et qui est vraiment ce qui convient sur de telles paroles. Le Verset. – Benedíctus es Dómine in firmaménto coéli et laudábilis in saécula. \n\n\n\nL’adaptation ici est très bonne et l’expression parfaite. Une louange pleine de ferveur\, tendre et réservée d’abord\, qui s’exalte peu à peu sur Benedíctus et qui devient ardente sur les deux pressus de Dómine. Après une nuance délicate de vénération sur la finale du mot\, elle rebondit sur in en un cri d’admiration exultante qui peu à peu se détend sur les beaux rythmes thétiques de firmaménto\, comme si l’âme\, après cette exclamation émerveillée\, prolongeait en elle la contemplation de ce qu’elle ne peut ni dire\, ni chanter. \n\n\n\nLa double note de Benedíctus est une bivirga épisématique\, elle fait toute l’intonation grave. En fait\, le Graduel tout entier doit être chanté avec ampleur. \n\n\n\nElargissez toute la thésis de Dómine. Allongez aussi qui et veillez à ce que intuéris soit très lié. Un crescendo discret et un léger retard du dernier climacus portera la voix avec grâce du sol au ré. Toute cette cadence doit être très liée. \n\n\n\nLe verset sera un peu plus rapide et très léger. La double note de Benedíctus est ici encore une bivirga épisématique\, la faire expressive. Pressez légèrement le mouvement sur les broderies : ré-do\, ré-do\, ré-do\, ré-mi-do et commencez-y un crescendo qui s’épanouira sur les doubles notes de Dómine lesquelles seront retenues. Il faut faire la montée sur in ardénte et se complaire ensuite sur caéli dont les deux groupes de quatre notes la si la sol\, la si sol fa\, seront élargis\, mais\, pas les autres\, à part un léger ralenti à la cadence. \n\n\n\nALLELÚIA\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nBéni es-tu\, Seigneur\, Dieu de nos pères.Et digne de louange dans les siècles. Daniel III. 52. \n\n\n\nAutre strophe du cantique dans la fournaise. Les jeunes gens y exaltent le Dieu de toute la lignée d’Adam\, de Noé\, d’Abraham pour avoir rempli l’âme de leurs pères de l’espoir et de la joie du Messie. Avec eux\, l’Eglise chante maintenant les Trois Personnes et leur action bienfaisante jour après jour en chacun de ses membres. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle est originale\, ce n’est pas un calque. Cet Allelúia\, texte et mélodie\, est en effet celui qui a été chanté la veille\, samedi des Quatre-temps\, après la cinquième Leçon. (Nous l’avons trouvée sur d’autres paroles à la Vigile de Noël ) \n\n\n\nMélodie joyeuse\, d’une joie plutôt extérieure\, sans être exubérante\, avec de beaux élans de ferveur sur Benedíctus\, sur Dómine Déus et une nuance délicate de tendresse reconnaissante sur la cadence en si de pátrum nostrórum. \n\n\n\nLa seconde phrase reprend le motif de Benedíctus es. Sur la tristropha de in saécula\, comme sur celle de Benedíctus\, au début\, l’âme a le loisir de rassembler ses désirs d’éternelle louange avant de les faire s’épanouir sur les neumes légers du jubilus. \n\n\n\nLe mouvement doit être dégagé. Dans la première incise du jubilus bien faire la répercussion sur la distropha et accélérez légèrement les deux clivis qui suivent. \n\n\n\nChantez doucement la tristropha du début\, retenez quelque peu le climacus de déus et\, après avoir bien rythmé les deux clivis de nostrórum\, renforcez la voix sur l’arsis qui termine la phrase. Même expression de douceur et de légèreté sur la tristropha de in saécula. \n\n\n\nOFFERTOIRE\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nBéni soit Dieu le Père\,Et l’unique Fils de Dieu\,Et aussi le Saint EspritParce qu’il a fait envers nous  sa miséricorde. Tobie. XII. 6. \n\n\n\nC’est une merveilleuse adaptation des paroles de l’Ange aux deux Tobie. \n\n\n\nL’auteur de l’office\, au lieu de Sáncta Trínitas comme dans l’Introït\, a énuméré ici les trois Personnes. Il a rattaché ainsi d’une façon très heureuse l’Offertoire à l’Evangile. Le diacre en effet vient de chanter la parole de Notre Seigneur à ses disciples : « Allez\, enseignez toutes les nations\, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit… » L’Eglise y répond par un chant qui bénit chacune des Personnes pour avoir répandu sur nous leur miséricorde à travers tous les sacrements et tous les enseignements qui nous ont été dispensés en leur nom. Chantée au moment où se prépare le sacrifice de miséricorde\, l’idée prend quelque chose de plus émouvant encore. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nC’est sur l’Offertoire Constítues éos de la Fête des Saints Apôtres Pierre et Paul que le  calque a été fait. On pourra se rendre compte\, en comparant les deux\, que l’auteur de l’adaptation\, ici plus que dans toutes les autres pièces\, n’a tenu aucun compte des phrases musicales. \n\n\n\nIl n’y a rien qui choque dans Benedíctus Déus Páter. On y trouve au contraire une certaine onction bien à sa place et un mouvement très lié et sans emphase qui convient bien à des paroles de bénédiction. Mais la cadence sur la n’est pas assez conclusive pour l’idée qui\, en fait\, finit bien là ; de sorte que\, musicalement\, nous restons quelque peu dans le vide. \n\n\n\nLe motif de unigenitúsque\, lui aussi satisfait jusqu’à la cadence en fa\, mais là\, à l’encontre de la première phrase\, la mélodie conclut en pleine phrase littéraire ; le mouvement de la pensée est ainsi coupé. La tristropha de Déi n’aide pas à le mettre en marche à nouveau\, et\, quand il a repris sur le très beau motif de Fílius\, et qu’il s’arrête\, la mélodie\, elle\, n’a qu’une demi-cadence à peine accusée. \n\n\n\nSánctus quóque Spíritus est\, de même\, établi entre un départ fictif et une cadence qui ne finit pas l’idée. \n\n\n\nSeule\, la dernière phrase est bien équilibrée et donne vraiment à l’idée de miséricorde une très belle expression. \n\n\n\nIl faut s’efforcer de pallier à ces défauts d’adaptation. \n\n\n\nLe mieux\, semble-t-il\, serait de faire une seule phrase du début jusqu’à quía fécit en reliant Páter à unigenitúsque et Fílius à Sánctus quóque\, et surtout en joignant étroitement\, dans la seconde incise\, faute de mieux\, sera sauvegardée. \n\n\n\nOn retiendra toue la montée de l’intonation et le mouvement sera assez large\, lié et souple. La descente qui précède le quilisma de quóque sera retenue et on fera une bonne cadence sur Spíritus. \n\n\n\nLa première note des podatus de quía sera légèrement allongée de même que tout le dernier mot. \n\n\n\nCOMMUNION\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nBénissons le Dieu du ciel.Et devant tous les vivants\, louons-le\, Parce qu’il a exercé envers nous sa miséricorde. Tobie. XII. 6. \n\n\n\nCette fois ce sont les paroles mêmes de l’Ange ; l’auteur de l’office a seulement mis les verbes à la première personne du pluriel. \n\n\n\nL’Eglise invite les fidèles à bénir le Seigneur\, et à le bénir à l’instant même : Bénissons. C’est bien ainsi\, car c’est le moment où le Christ accomplit son acte essentiel de miséricorde\, en  nous incorporant à lui dans l’Eucharistie\, nous unissant ainsi à travers lui aux Divines Personnes. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nLe calque cette fois est bon. Il a été fait sur la Communion Féci judícium de la Messe Me expectavérunt\, seconde du Commun d’une Vierge Martyre. Les phrases sont les mêmes que dans l’original et l’ensemble rend vraiment bien le texte. Le IVe mode l’enveloppe de ses rythmes paisibles et d’une atmosphère de recueillement et de contemplation qui convient tout à fait à un chant d’action de grâces eucharistiques. \n\n\n\nNotez la cadence de Benedícimus sur mi\, si délicate\, le motif de Déum caéli\, commun\, c’est vrai\, mais qui finit si bien cette première phrase\, enfin la progression sur córam ómnibus par l’attaque directe sur la dominante et la remontée sur éi à la fin de la seconde phrase. \n\n\n\nLa troisième phrase – sans doute originale – avec le  bel élan de vobíscum et le long développement de misericórdiam conclut noblement et dans une teinte vraiment mystique ce chant tout intérieur. \n\n\n\nOn pourra allonger la première note du podatus de di dans l’intonation. Tout le reste de la première phrase sera chanté très simplement sans effort\, d’un seul mouvement très lié. \n\n\n\nDans la seconde phrase\, la première note de tous les podatus de ómnibus vivéntibus gagnera à être bien posée. Liez bien les neumes de confitébimur. \n\n\n\nFaites très expressif de votre reconnaissance le motif de quía répété sur fécit et liez-y de près\, en l’élargissant quelque peu\, nobíscum. \n\n\n\n\nJam Sol\n\n\n\nPlusieurs chants pour la Trinité dans le Mgnificat Dominum\n\n\n\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
URL:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/la-fete-de-la-sainte-trinite/2027-05-23/
CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Temporal
ATTACH;FMTTYPE=image/jpeg:https://www.musique-liturgique.com/wp-content/uploads/2012/05/trinité.jpg
LOCATION:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/la-fete-de-la-sainte-trinite/2027-05-23/
END:VEVENT
BEGIN:VEVENT
DTSTART;VALUE=DATE:20270527
DTEND;VALUE=DATE:20270528
DTSTAMP:20260525T155101
CREATED:20250218T115724Z
LAST-MODIFIED:20260510T181746Z
UID:10000308-1811376000-1811462399@www.musique-liturgique.com
SUMMARY:La Fête-Dieu
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nINTROÏT\nC’est celui du lundi de Pentecôte.\nIl n’y  rien à ajouter au commentaire qui en a été écrit car ce jour-là comme aujourd’hui c’est l’Eucharistie qu’il chante. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nLes yeux de tous les êtres en toi espèrent\, Seigneur\, Et tu leur donnes la nourriture en temps opportun. \nVerset. – Tu ouvres\, toi\, ta main et tu remplis tout animal de bénédiction. Ps.CXLIV.15\,16. \nLe Psalmiste\, dans ces deux versets\, loue le Seigneur du soin qu’il prend de nourrir tous les êtres qu’il a créés. Sous des images splendides\, le psaume en lui-même ne dit rien de plus. C’est dans ce sens purement littéral que l’Eglise s’en sert pour la bénédiction des peuples\, des champs\, des moissons\, du bétail\, en temps de famine.\nDans le Graduel du XXe Dimanche après la Pentecôte\, ces mêmes versets n’ont pas d’autre sens : ils paraphrasent le conseil de Saint Paul qui achève l’épître : « Soyez remplis du Saint-Esprit…chantant\, psalmodiant dans vos cœurs au Seigneur et lui rendant grâce pour toutes choses. »\nMais\, de très bonne heure\, on eut l’idée d’appliquer ce passage à l’Eucharistie. Saint Jean Chrysostome le recommandait déjà en ce sens : « parce qu’il contient des paroles que les initiés entendent du banquet Eucharistique. » Saint Thomas\, lorsqu’il composa l’office du Saint-Sacrement\, eut l’idée très heureuse de prendre dans ce sens Eucharistique le Graduel du XXe Dimanche après la Pentecôte\, et sans rien y changer.\nAprès\, l’épître\, qui nous rapporte le récit de l’institution du sacrement\, il est\, sous l’image émouvante des yeux levés vers le Seigneur\, un très bel hommage au Père qui\, par son Fils\, a voulu nous nourrir du pain qui entretient en nous la vie divine et nous est un gage de la plénitude de notre être dans la béatitude pour l’éternité. \nLA MÉLODIE\nIl y a dans la première incise comme une religieuse gravité. L’Église se complait dans l’image des yeux pleins d’espoir fixés sur Dieu et se laisse prendre par un sentiment d’admiration émue. Cette image ne tarde pas d’ailleurs à l’exalter\, dès le début de la seconde incise\, le mouvement s’anime; une ardeur y passe qui enveloppe les mots et les emporte vers la clivis allongée de Domíne où l’exaltation s’épanouit\, large et sonore\, en un splendide accent de louange reconnaissante.\nLa deuxième phrase commence dans le même élan enthousiaste sur le pronom tu\, très en relief\, mais\, tout de suite\, sur la clivis allongée de illis et plus encore sur la période thétique de escam toute retenue\, passe quelque chose de plus recueilli\, de plus intérieur. Ce sont les mots qui disent la bonté de Dieu pour ses créatures\, et nous en sommes; l’âme envahie par le souvenir de tout ce qu’elle a reçu\, s’y complait dans un sentiment de tendre reconnaissance; Le mouvement s’allège ensuite sur temporé puis s’élargit à nouveau sur opportúno pour chanter la sagesse de Dieu qui sait ce qu’il faut faire pour chacun et à quel moment le faire.\nLe verset  – Le motif de Aperis est ravissant de grâce aimable dans le balancement de ses rythmes souples et légers. L’Église\, fixée sur l’image des mains divines ouvertes sur elle\, chante dans la paix sa gratitude et sa confiance abandonnée. Elle s’exalte peu à peu en reprenant sur manum le motif de Dómine\, dans la première partie\, et le développant sur tuam\nen une très belle cadence qui prolonge sa joie.\nLa seconde phrase\, plus ample\, se déploie\, sur les mots de plénitude\, dans une atmosphère de bonheur grave\, recueilli\, profond. Ce n’est que sur le dernier mot que le mouvement redevient léger\, sans perdre d’ailleurs la gravité qui va si bien au mot de la bénédiction.\nIl faut\, il va de soi\, commencer doucement afin de ménager le crescendo qui va vers Dómine. Les deux doubles notes de Oculi pourront être allongées. Balancez-en bien le rythme\, comme aussi celui des deux podatus de in te dont la première note sera bien posée et élargissez toute la vocalise de Dómine.\nLa première note de tu sera allongée\, de même la montée sur escam et les dernières notes de la descente avant la demi-barre. Ménagez bien le crescendo sur opportúno en le prenant dès les premiers podatus qui seront bien scandés.\nAperi\, premier mot du verset\, sera léger\, ce qui ne veut pas dire rapide; au contraire\,  on retiendra quelque peu les punctum marqués d’un épisème vertical; par contre\, on accélèrera légèrement les huit dernières notes en les reliant\, par un crescendo discret\, à manum qui s’amplifiera comme Dómine dans la première partie. Retenez les trois notes de tuam qui précèdent le quilisma.\nEt sera bien élargi\, au début de la troisième phrase\, et la première note de  ples dans imples\, posée comme si elle avait un épisème horizontal. Sur benedictióne\, même interprétation que sur opportúno. \nALLELUIA\nLE TEXTE\nMa chair vraiment est une nourriture.\nEt mon sang vraiment est un breuvage.\nQui mange ma chair et boit mon sang\,\nEn moi demeure et moi en lui. Jean VI. 56\,57. \nCes paroles sont comme la réplique de Notre Seigneur à ce que l’Église vient de chanter à Dieu dans le Graduel. Elle l’a loué pour la nourriture qu’il dispense aux créatures et tout particulièrement pour le Pain Vivant dont il alimente ses membres. Il répond : « la vraie nourriture c’est bien ma chair\, le vrai breuvage c’est bien mon sang car qui les prend demeure en moi qui suis la vie\, et moi en lui.» \nLA MÉLODIE\nElle est calquée sur l’Alleluia Laetabítur Justus qui n’est plus en usage. Il servait autrefois pour un Martyr Pontife\, on le trouve notamment dans les manuscrits\, à la fête de Saint Hippolyte\, le 13 Août. Le texte en est celui-ci : « Il se réjouira\, le juste\, dans le Seigneur et espèrera en lui\, et ils chanteront des louanges\, tous les cœurs droits. » L’idée ici\, on le voit\, est très différente: l’application ne saurait donc être parfaite.\nLa première phrase est très satisfaisante. Il y a sur caro un accent de ferveur qui dit bien l’amour intense de Notre Seigneur pour nous. Cette ardeur se développe ensuite sur les notes élevées de sanguis et de potus de la façon la plus heureuse. Qui mandúcat\, au début de la seconde phrase\, se déploie dans la même atmosphère ardente et est encore excellent\, mais la cadence de carnem est trop conclusive et la liaison entre meum et sánguinem pas assez serrée. Quand à la dernière incise et ego in eo\, le caractère de joie extérieure en est bien fortement marquée pour des paroles aussi graves.\nIl faut évidemment chanter dans un mouvement assez lent et sans forcer la voix pour garder à ces paroles divines\, si pleines de tendresse\, la suavité qui leur convient.\nLa première incise sera très calme et très liée. Sur et sanguis\, commencera un crescendo discret qui s’épanouira sur potus et sur mandúcat\, mais sans éclat\, animant seulement cette très belle ligne musicale qui plane\, comme immatérielle\, sur les hauteurs.\nFaites la liaison serrée entre carnem et bibit\, ralentissez manet et\, plus encore\, et ego in eo et vous en atténuerez le caractère de joie trop marqué qui serait ici un contresens musical. \nSEQUENCE\nLE TEXTE\nLoue\, Sion\, le Sauveur\nLoue le Chef et le Pasteur\nPar des hymnes et des cantiques.\nAutant que tu peux\, ose\,\nCar il est plus grand que toute louange\nEt\, à te louer\, tu ne suffis pas.\nDe la louange le thème spécial\,\nC’est le pain vivant et vivifiant\nQu’aujourd’hui on te propose.\nLe pain qui sur la Table de la Sainte Cène\,\nAu groupe des douze frères\,\nFut donné\, il n’y a pas à en douter.\nQue la louange soit pleine\, qu’elle soit sonore\,\nQu’elle soit joyeuse ; qu’elle soit belle\,\nLa jubilation de l’âme.\nNous fêtons en effet le jour solennel\nQui rappelle de ce banquet\nLa première institution.\nA cette table du nouveau Roi\,\nLa nouvelle Pâques de la nouvelle loi\nFinit l’ancienne Pâque.\nLe nouveau chasse l’antique\,\nLa vérité chasse l’ombre\,\nLa lumière dissipe la nuit.\nCe que le Christ a fait à la Cène\,\nIl a ordonné de le faire\nEn mémoire de Lui.\nInstruits par ces ordres sacrés\,\nNous consacrons le pain et le vin\nEn hostie de salut.\nC’est un dogme proposé aux Chrétiens\,\nQue le pain devient la Chair\nEt le vin le Sang du Christ.\nCe que tu ne saisis pas\, ce que tu ne vois pas\,\nLa foi vive l’atteste\nMalgré le cours ordinaire des choses.\nSous des espèces diverses\,\nSignes et non substances\,\nSe cachent les sublimes réalités.\nLa Chair est nourriture\, le Sang breuvage\,\nMais le Christ demeure entier\nSous chaque espèce.\nPar celui qui le prend\, non divisé\,\nNon brisé\, non rompu\,\nMai\, tout entier\, il est reçu.\nUn le reçoit\, mille le reçoivent ;\nCeux-là l’ont autant que celui-là\,\nEt\, absorbé\, il n’est pas consommé.\nLes bons le reçoivent\, les méchants le reçoivent ;\nMais leur sort diffère :\nC’est la vie et la mort.\nIl est\, mort pour les mauvais\, vie pour les bons.\nVois comme la même manducation\nA des effets différents.\nParce que le sacrement est divisé\, ne le trouble pas\,\nMais souviens-toi qu’il est autant\nDans une parcelle que dans le tout.\nIl n’y a pas e division de la réalité\,\nIl n’y a fraction que du signe ;\nNi l’état\, ni la grandeur de la réalité ne sont diminués.\nVoici le pain des Anges\nDevenu la nourriture de l’homme pèlerin ;\nVrai pain des enfants\nQu’il ne faut pas donner aux chiens. \nLe texte de cette Séquence est l’œuvre de Saint Thomas d’Aquin\, chacun le sait. La mélodie est celle d’une séquence d’Adam de Saint-Victor qui se chantait sans doute à la fête de l’Invention de la Sainte Croix\, le 3 Mai\, à la suite de l’Alleluia Dulce lignum dont elle emprunte le thème pour ses premières notes.\nNi dans le Laudes Crucis\, ni dans le Lauda Sion il ne faut chercher pour chaque verset une expression propre dans la mélodie. Celle-ci d’ailleurs se prête d’elle-même assez facilement aux mots et aux idées.\nOn la chantera dans un bon mouvement\, pas trop vite et en la rythmant bien. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nLes prêtres du Seigneur\nLe pain et l’encens offrent à Dieu.\nC’est pourquoi Saints ils seront devant leur Dieu.\nEt ils ne souilleront pas son nom.\nAllelúia. \nCette prescription du Seigneur à Moyse\, au sujet des prêtres\, est d’un heureux choix comme Offertoire car elle se réalise au moment où on la chante; le prêtre offre en effet alors le pain et l’encens. Mais\, par delà l’acte liturgique de l’offrande\, c’est le sacerdoce\, et le sacrifice\, son acte essentiel\, que l’Eglise chante comme une sorte d’action de grâces au Seigneur pour le  sacrement qui perpétue son propre sacerdoce et son propre sacrifice. \nLA MÉLODIE\nElle est calquée sur celle de l’Offertoire Confirma hoc du Dimanche de la Pentecôte. Le calque est très réussi. Le caractère recueilli\, intime\, contemplatif de l’original va bien à ces paroles graves qui sont en fait comme une contemplation de l’Église reconnaissante devant l’acte qui se déroule à l’autel.\nLes mots importants sont bien en relief; Dómini\, dans la première phrase\, ófferunt surtout\, qui reçoit de la tristopha et de toute l’arsis qui s’y épanouit\, une bel élan de ferveur.\nDans la seconde phrase\, Deo suo a pris la place de Jérúsalem et reçoit\, des neumes gracieux\, la même tendresse délicate.\nLa dernière phrase a été malheureusement amputée de quelques neumes\, mais\, malgré cette fin d’incise un peu brusquement amenée\, en fa\, sur ejus\, elle garde\, grâce à l’Allelúia\, la même expression de contemplation paisible.\nDans l’ensemble\, les conseils d’exécution donnés pour le Confirma hoc valent ici. Les nuances devront toutefois varier avec les mots. Le punctum de mi\, dans Dómini\, par exemple\, n’aura pas l’élan soulevé qu’avait le De de Déus; tandis que le podatus de Deo\, dans la seconde phrase\, l’aura au contraire. Donnez un peu d’ampleur à non au début de la troisième phrase et ralentissez bien les cinq notes de nomen pour pallier à l’arrivée un peu brusque de la cadence en fa sur ejus. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nToutes les fois que vous mangerez ce pain et boirez ce calice La mort du Seigneur vous annoncerez jusqu’à ce qu’il vienne. C’est pourquoi quiconque mangera le pain ou boira le calice du Seigneur indignement\, ccoupable sera du Corps et du Sang du Seigneur. Allelúia. I. Cor. XI. 26\,27. \nLe sens de ces paroles de Saint Paul est clair. Celui qui communie prend part au Sacrifice Eucharistique; il reçoit du Père la victime qu’il lui a offerte au préalable. Il contribue donc à prolonger jusqu’à la fin des temps la Passion et la mort du Christ et\, s’il le fait indignement\, il a la même culpabilité que ceux qui mirent Notre Seigneur à mort en pleine conscience du crime qu’ils accomplissaient; il est déicide.\nCet exposé dogmatique et moral sérait quelque peu déplacé au moment de la Communion si on ne le voyait que comme un avertissement. Il faut l’entendre comme une médiation de l’Église qui se redit les graves paroles de Saint Paul pour entrer plus pleinement dans l’esprit du Sacrement. \nLA MÉLODIE\nC’est une mauvaise adaptation de la Communion de la Pentecôte. Dans ce chef-d’œuvre incomparable qu’est le Factus est repénte\, la mélodie fait corps avec les paroles à un tel point qu’elle ne saurait s’appliquer à aucun autre texte. Elle décrit le drame et c’est de cette description qu’est fait son rythme et son expression. Ici\, sur le texte de Saint Paul\, elle sonne faux.\nLa descente brusque de repénte\, qui peignait si bien l’émotion des Apôtres\, donne à quotiescúm que une sorte d’essoufflement qui  se communique en fait à toute la pièce car la mélodie est toute en mouvement et\, sur ces paroles si calmes et si graves\, elle donne l’impression de quelqu’un qui les prononcerait soit avec un enthousiasme qui n’a aucune raison d’être\, soit avec une précipitation qui non plus n’est pas de mise.\nUn seul mot est expressif\, et encore\, par hasard : donec véniat. On y trouve enfin le lyrisme qui nous fait entrevoir\, à partir de ce mot mystérieux\, la vision du Christ Glorieux qui nous rassasiera à jamais quand elle nous sera offerte sans sacrement.\nPour faire cette mélodie acceptable\, il n’est pas d’autre moyen que de lui donner de l’ampleur. Elle prendra ainsi quelque gravité. Retenez tout le motif de donec véniat de même indigne\, et Dómini à la fin. \n\nCantiques pour L’Eucharistie\nPolyphonies pour l’Eucharistie\n\n  \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
URL:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/la-fete-dieu/2027-05-27/
CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Temporal
ATTACH;FMTTYPE=image/jpeg:https://www.musique-liturgique.com/wp-content/uploads/2022/06/IMG_2666.jpg
LOCATION:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/la-fete-dieu/2027-05-27/
END:VEVENT
BEGIN:VEVENT
DTSTART;VALUE=DATE:20270530
DTEND;VALUE=DATE:20270531
DTSTAMP:20260525T155101
CREATED:20250218T115526Z
LAST-MODIFIED:20260510T180802Z
UID:10000283-1811635200-1811721599@www.musique-liturgique.com
SUMMARY:Fête de sainte Jeanne d'Arc
DESCRIPTION:En France cette fête est solennisée le deuxième dimanche du moi de mai. \n\n\n\nTélécharger le propre de la messe grégorienne de sainte Jeanne d’Arc. \n\n\n\nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n\n\n\nCe n’est pas parce qu’elle a sauvé la patrie que Jeanne d’Arc a été canonisée. Ce n’est pas non plus parce qu’elle a été appelée par Dieu à cette mission ; envoyée\, guidée par lui. C’est tout simplement parce qu’elle a fait la volonté de Dieu et qu’elle l’a faite dans des circonstances qui lui ont fait pratiquer les vertus à un degré héroïque.Il reste que sa mission était d’une importance capitale pour l’Eglise\, tout autant que pour la France : on l’a bien vu lorsque l’hérésie a couvert l’Angleterre. Si la France alors avait été anglaise c’en était fait de sa foi.Jeanne d’Arc a donc lutté à la fois pour Dieu et pour la France. C’est à ce double titre que l’Eglise l’honore et la prie : « Dieu qui avez suscité merveilleusement la Bienheureuse Jeanne pour défendre la foi et la patrie\, donnez-nous\, nus vous en prions\, par son intercession\, que votre Eglise après avoir déjoué les embuches de ses ennemis\, jouisse d’une paix sans fin ». \n\n\n\nINTROÏT\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nChantons au Seigneur.Glorieusement\, en effet\, il a fait éclater sa grandeur.Ma force est l’objet de ma louange est le Seigneur.Et il est devenu pour moi le salut.Alleluia\, Alleluia. \n\n\n\nPs. – Chantez au Seigneur un cantique nouveau\,Car des merveilles il a faites. Exode XV\, 1\, 20. – Ps. XCVII\, 1. \n\n\n\nC’est le début du chant des Isarélites après le passage de la mer Rouge. Alors que les flots ouverts\, obéissant à la main étendue de Moyse\, venaient de se refermer sur l’armée du Pharaon « Moyse et les enfants d’Israël chantèrenet ce cantique à Yahweh :Chantons à Yahweh.Dans la gloire il a déployé sa grandeur.Il a précipité dans la mer le cheval et le cavalier.Yahweh est ma force et l’objet de mes chants.Il a été pour moi le salut…Marie la prophétesse\, sœur d’Aaron\, prit à la main un tambourin et toutes les femmes vinrent à sa suite avec des tambourins et en dansant. Marie répondait aux enfants d’Israël :Chantons à Yahweh.Dans la gloire il a déployé sa grandeur.Il a précipité dans la mer le cheval et le cavalier. »Le choix est heureux. L’application se fait d’elle-même. Ce chant d’action de grâces n’a-t-il pas monté des fois et des fois aux lèvres des Français dans la marche triomphale d’Orléans à Reims. Et n’est-il pas aussi bien sur les lèvres de toute l’Eglise qui par la même victoire fut\, elle aussi\, préservée. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle est calquée sur celle de l’Introït Circumdedérunt du Dimanche de la Septuagésime\, magnificatus est excepté\, qui est emprunté à et conventum facite de l’Introït Laetare du IVe Dimanche de Carême. L’adaptation est très bonne. La première phrase du Circumdedérunt\, sombre et un epu douloureuse\, a été évitée\, de même le pressus qui fait ce premier mot pesant. Rien n’arrête le bel élan de joie qui monte vers Domino et se prolonge jusqu’à la fin de la phrase\, s’étalant sur gloriose enim ferme et sonore comme une fanfare de victoire\, et s’envolant en carillon sur les torculus de magnificatus est.La seconde phrase exulte moins Les paroles d’ailleurs n’ont plus le caractère ardent du début. L’âme se replie sur sa joie intérieure et fait retour au Seigneur de la part qui lui revient dans le triomphe. Une touche de gravité passe sur fortitudo\, ais la ferveur est toujours là\, mêlée à la gratitude sur mea Dominus et factus est. La détente est un peu courte sur salutem. Aussi bien\, ce n’est pas la fin ; les deux Alleluias prolongent la louange qui s’achève en une cadence bien proportionnée cette fois.L’intonation sera très vivante\, sans être précipitée ; on veillera notamment à donner au punctum de méis toute sa valeur. Un crescendo montant sur Domino passera sur gloriose et continuera jusqu’à la fin de la phrase\, se renforçant sur enim qui sera très rythmé. On arrondira le sommet des torculus de magnificatus est. Toute la phrase doit être souple\, enveloppée dans un souffle ardent qui ne cesse que sur le torculus final.Le début de la seconde phrase sera plus doux\, l’intensité commencera de croître à partir du torculus de laus\, sans éclat elle atteindra son maximum sur la double note de factus est\, une bivirga épisématique qui sera bien appuyée ?Retenez quelque peu salutem\, et faites un bon départ a tempo et un crescendo bien mené sur le premier alléluia.En dehors du temps pascal\, la cadence de salutem sera beaucoup plus retenue puisqu’elle sera alors conclusive. \n\n\n\nALLELUIA I\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nTu as agi avec une âme d’hommeEt vaillant est ton cœur.La main du Seigneur t’a revêtu de force\,En conséquence tu seras bénie à jamais. Judith XV\, 11\, 12. \n\n\n\nC’est ainsi que le Grand Prêtre salua Judith lorsqu’après la défaite des Assyriens il vint lui rendre hommage. Elle avait été\, par la force de Dieu\, le principal artisan de la victoire en coupant la tête d’Holopherne. Elle avait sauvé le pays.Ainsi de Jeanne d’Arc. Aussi l’application se fait-elle d’elle-même. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nNous l’avons rencontrée maintes fois : le IIIe Dimanche de l’Avent\, à l’Ascension\, à la Pentecôte. Son caractère discret\, contemplatif\, convient mieux à une louange intérieure qu’à l’ardeur éclatante des jours de victoire. Mais aussi bien\, ce n’est pas tant de ses victoires que Jeanne est louée ici que des vertus dont la main de Dieu l’a gratifiée et de la bénédiction qui est sur elle à jamais. « Je me suis proposée de prendre la Sagesse pour compagne de ma vie… »\, nous dit-elle dans l’Epître. L’Eglise l’en félicite ici en des nuances délicates. Toutefois un mouvement plus rapide et un rythme plus marqué mettront dans la mélodie quelque chose de a joie des victoires qui ne se sépare pas de l’autre en un tel jour.La courbe de fecisti sera gracieuse mais prendra en remontant sur viriliter une certaine vigueur : le punctum qui précède\, posé doucement puis allongé en rinforzando\, donnera cette nuance. Veillez à ne pas précipiter et confortatum est. Lancez bien le début de la seconde phrase et retenez toute la montée de confortavit en la menant crescendo\, le salicus bien appuyé. Par contre\, vous vous complairez sur eis. La montée de aeternum sera menée crescendo-accelerando. \n\n\n\nALLELUIA II\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nMaintenant donc prie pour nousCar tu es une femme sainte et craignant Dieu. Judith VII\, 29. \n\n\n\nC’est encore de l’histoire de Judith que sont extraites ces paroles. C’était à l’heure du danger. Devant la force des Assyriens\, le Grand Prêtre avait perdu courage\, il allait livrer la ville. Judith l’apprit et vint lui reprocher sa conduite. Il reconnut son tort et s’inclinant devant la sagesse de cette femme lui dit : « Maintenant prie pour nous… » Le contexte change ici ; c’est après la victoire que cette prière est adressée à Jeanne d’Arc\, mais le sens est bien le même. Devant le choix que Dieu a fait d’elle pour sauver le pays et la foi\, et devant la sainteté qu’elle a acquise et qui lui donne tant de pouvoir sur le cœur de Dieu\, l’Eglise se confie à elle et se réclame de con patronage. Ne vient-elle pas de dire dans l’Eglise : « Je gouvernerai les peuples et les nations me seront soumises… ». \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nNous l’avons déjà trouvée pour la fête des Saints Innocents. C’est une prière aimable\, joyeuse. Elle loue plus qu’elle ne supplie.La première phrase\, particulièrement gracieuse au début\, finit sur une cadence très commune mais qui prend ici une nuance de prière discrète\, délicate\, et très aimante. La seconde est plutôt empreinte d’admiration\, de vénération. La joie revient avec la vocalise\, souple\, rythmée comme une danse lente et pieuse.Commencez l’Alleluia à mi-voix et menez le crescendo jusqu’à la dernière syllabe que vous arrondirez avec grâce\, puis balancez avec souplesse l’admirable jubilus\, il est ait d’un seul motif\, repris et allongé d’une cadence ; veillez de très près à la liaison de la reprise ; il faut qu’on sente la distinction sans que l’unité en souffre.Le mouvement du verset demeurera assez lent et tout le mot ora sera élargi. On fera très expressif sancta dans la seconde phrase. Deum sera relié au jubilus par dessus le quart de barre sans la moindre interruption. \n\n\n\nOFFERTOIRE\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nIls la béniront tous d’une seule voix disant :Tu es la gloire de Jérusalem\,Tu es la joie d’Israël.Tu es l’honneur de notre peuple.Alleluia ! Judith. XV. 10. \n\n\n\nCe sont les paroles de bénédiction et de gloire que le Grand Prêtre et es anciens de Jérusalem adressèrent à Judith lorsque\, après la défaite totale des Assyriens\, ils vinrent la saluer à Béthulie. Acclamations splendides qui\, après Notre Dame vont à tous ceux qui viennent asséner sur la tête de Satan les coups qui\, les uns après les autres\, contribuent à l’écraser. Jeanne d’Arc en fut. En quoi elle est la gloire\, la joie et l’honneur de l’Eglise\, et de la France\, sa fille aînée. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle est faire de motifs empruntés à des sources très diverses. Mais la centonisation en a été habilement faite.De l’intonation qui va en crescendo se dégage une ferveur intense qui se répand sur toute la phase et prépare les acclamations qui suivent.La première est un beau mouvement de joie\, sans éclat mais animé d’une ardeur qui va vers la seconde\, s’épanouit large et enthousiaste sur la double note et la clivis allongée de laetitia et se prolonge tout le long de la phrase. La troisième se développe très brillante dans les hauteurs où elle s’établit comme une grande clameur qui voudrait ne pas finir.Il faut insister sur le  motif de l’intonation : retenez légèrement le toculus initial et donnez du poids à la première note de tous les podatus comme si elle était affectée d’un épisème horizontal. Marquez bien aussi le salicus de eam. Veillez à bien lier una voce en faisant les notes égales et en marquant très peu les ictus.In Gloria sera très souple et d’un seul jet\, rattachez-y étroitement Jérusalem\, en le conduisant en un discret crescendo vers le dernier podatus.Tu laetitia sera élargi et il y aura une reprise de mouvement et d’intensité sur le dernier motif d’Israël\, de même un crescendo-accelerando unira les premiers neumes de tu honorificéntia et les conduira vers e sommet qui\, lui aussi\, sera élargi et arrondi ; toute la dernière incise sera bien vivante et sonore. Etalez l’Alleluia\, en rythmant avec soin son admirable cadence. \n\n\n\nCOMMUNION\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nMême si je marche au milieu des ombres de la mortJe ne craindrai pas le mal\,Car tu es avec moi\, Seigneur Jésus\,Alleluia.Quel admirable cri de confiance de l’âme envers le Christ présent en elle : On pense au dernier mot de Jeanne sur le bûcher ! \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nC’est celle de la Communion Féci judicium de la messe Me expectavérunt des vierges martyres. Le calque est bon : aussi bien c’est la même idée. Une affirmation douce et ferme qui va vers quoniam tu mecum es\, si pénétrée de joie\, d’amour délicat et qui s’épanouit en tendresse sur Domine Jesu. (Voir la Communion du Dimanche de la Sainte Trinité qui\, elle aussi\, a été calquée sur Feci judicium)On pourra allonger la première note du podatus de ambulavérunt. Tout le reste de la première phrase sera chanté très simplement\, sans effort\, d’un seul mouvement très lié avec une nuance de certitude joyeuse.On donnera un peu de mouvement à la première incise de la seconde phrase qui sera souple et légère. Par contre\, on retiendra avec grâce et expression Domine Jesu. \n\n\n\nCantiques en l’honneur de sainte Jeanne d’Arc\n\n\n\nSainte Jeanne de France \n\n\n\n\nCantique complet\n\n\n\nTélécharger la partition\n\n\n\n\nO sainte Jeanne de Domrémy \n\n\n\n\nCantique complet\n\n\n\nTélécharger la partition\n\n\n\n\n  \n\n\n\nUnique ! Le coffret contenant tous les fichiers (épîtres\, évangiles et préface) sur 1 CD au format MP3.
URL:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/fete-de-sainte-jeanne-darc/2027-05-30/
CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Sanctoral
ATTACH;FMTTYPE=image/jpeg:https://www.musique-liturgique.com/wp-content/uploads/2012/05/jeanne-darc-418576_1920.jpg
LOCATION:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/fete-de-sainte-jeanne-darc/2027-05-30/
END:VEVENT
BEGIN:VEVENT
DTSTART;VALUE=DATE:20270530
DTEND;VALUE=DATE:20270531
DTSTAMP:20260525T155101
CREATED:20250218T115727Z
LAST-MODIFIED:20260510T181942Z
UID:10000313-1811635200-1811721599@www.musique-liturgique.com
SUMMARY:Dimanche dans l'Octave de la Fête Dieu
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLECONS DES MATINES : Naissance et vocation de Samuel I. Rois I. \nEPÎTRE : l’amour de Dieu pour nous jusqu’à la mort\, modèle de note charité envers le prochain (I Jean. III. 13. 18.) \nEVANGILE : Parabole de ceux qui refusent l’invitation au banquet et de ceux qui sont invités à les remplacer. (Luc XIV. 16\, 24.) \nIDÉE CENTRALE : Il semble que tout peut se grouper\, sans qu’on ait à solliciter les textes\, autour de l’idée de la miséricordieuse bonté du Seigneur sans cesse penchée sur nous et toujours prête\, pour peu qu’on la sollicite\, ou même sans qu’on y pense\, pourvu qu’on ne s’y oppose pas\, à aider notre marche vers la Béatitude de l’éternité. \nEvoquée déjà à Matines\, dans l’épisode d’Anne la stérile à qui le Seigneur donne Samuel\, elle se précise dans la collecte : « Tu ne cesses pas\, Seigneur\, de diriger ceux que\, dans ta sollicitude\, tu as établis dans ton amour ». Dans l’Epître\, elle nous est présentée comme le modèle de notre charité fraternelle. « Nous avons connu l’amour de Dieu à ce qu’il a donné sa vie pour nous ; nous aussi nous devons donner notre vie pour nos frères ». A l’Evangile\,  elle est en plein relief sous la figure de l’homme riche qui appelle au banquet\, pour remplacer ceux qui n’ont pas accepté de venir\, « les pauvres\, les estropiées\, les aveugles\, les boiteux… ». En ce dimanche dans l’Octave de la fête du Saint-Sacrement\, nous demeurons ainsi dans l’atmosphère baignée de miséricorde de l’Eucharistie. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nIl s’est fait\, le Seigneur\, mon protecteur. Il m’a tiré dehors\, au large. Il m’a sauvé parce qu’il m’a voulu. \nPs. – Je t’aimerai\, Seigneur\, ma force. Le Seigneur est mon abri\, mon refuge et mon libérateur. Ps. XVII. 19\, 20 – 2\,3. \nCes deux versets du psaume XVII font allusion à l’un des nombreux incidents de la vie de David où\, assailli par des ennemis puissants\, il fut finalement délivré\, « tiré au large » par le Seigneur.\nL’Eglise s’en sert ici pour chanter elle aussi sa reconnaissance. Si souvent\, au cours de son histoire\, le Seigneur l’a tirée des mains de ceux qui voulaient la détruire ou\, tout au moins\, entraver sa liberté ! Avec elle nous pouvons tous dire notre propre gratitude car\, en maintes circonstances\, dont la plupart nous échappent\, le Seigneur nous a « tirés au large »\, nous aussi\, nous dégageant des horizons limités de la vie matérielle et nous plaçant dans les perspectives infinies de sa propre vie\, tout à fait en dehors des atteintes de nos ennemis\, si nous le voulons. Enfin par son sacrifice\, et par l’Eucharistie qui nous en applique le mérite\, il nous a sauvés. Et cela parce qu’il nous voulait : Quoniam voluisti me. Ce sont les mots les plus marquants du texte. Il faut les prendre dans leur sens strict. Il ne nous a pas gardés\, protégés\, sauvés parce qu’il avait quelque intérêt à le faire ; il ne nous a pas aimés parce qu’il y avait en nous quelque chose d’aimable qui l’attirait ; il nous a choisis dans un acte de sa volonté éternelle parce qu’il nous a voulus : c’est tout. Toute sa miséricordieuse bonté tient dans ce choix gratuit\, pour lequel nous ne chanterons jamais assez notre reconnaissance. \nLA MÉLODIE\nL’intonation est toute pénétrée de joie. C’est celle du Gaudeámus\, du Jubiláte\, du Roráte. L’âme\, dès le premier mot\, exulte\, toute au bonheur d’être libérée du péché et des limites étroites du monde\, au large dans l’amour\, fixée sur les horizons infinis de la Béatitude vers laquelle elle va. Après une nuance de vénération\, qui l’incline en passant sur le mot Dóminus\, la mélodie monte\, en une progression ternaire légère et souple\, vers la dominante  d’où elle s’élance\, de plus en plus ardente\, sur les doubles notes de edúxit pour s’épanouir\, large et éclatante\, sur latitúdinem.\nLa seconde phrase est tout autre. Il s’agit du salut. L’âme n’exulte plus. C’est quelque chose de si profond\, de si mystérieux que cette prédestination éternelle ! Elle se replie sur son bonheur\, sa joie devient toute intérieure. La mélodie\, après avoir souligné ne d’un salicus atteint la tonique\, par une progression descendante\, en s’étendant autant qu’elle peut sur toutes les syllabes elle remonte égrenant la reconnaissance sur les neumes qui se serrent\, se multiplient\, s’étalent enfin en une cadence que l’âme retient autant qu’elle peut\, comme si elle ne pouvait se résoudre à cesser son chant.\nLe Psaume alors\, par son rythme plus vif\, sort l’âme de sa contemplation et la fait chanter son amour en un bel accent de tendresse heureuse.\nL’intonation sera légère et Dóminus de même. Mais\, dès le premier torculus de protéctor commencera le crescendo qui ira en progression discrète mais constante jusqu’à latitúdinem. Les doubles notes de edúxit et de latitúdinem sont des bivirgus épisématiques.\nRetenez quelque peu le mouvement de la seconde phrase et faites la cadence finale très expressive. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nVers le Seigneur\, quand j’étais dans la tribulation\, j’ai crié\, et il m’a exaucé. \nVerset. – Seigneur\, délivre mon âme des lèvres méchantes et de la langue rusée. Ps. CXIX. 1\, 2. \nLe Psaume CXIX est une prière pour être délivré des mauvaises langues. Le premier Verset. – dont est faite la première partie du Graduel – en est comme le prélude ; le Psalmiste se remémore\, à titre d’encouragement\, les cas où son recours à Dieu a été exaucé\, puis il expose sa requête dans le second qui compose le verset.\nCe Graduel est chanté une première fois le Vendredi qui suit le Ie Dimanche de Carême après qu’on a lu à l’Épître l’histoire de Joseph. Il est là tout à fait à sa place\, on le voit\, après le récit de ce complot fratricide. Ici\, il a aussi son sens après l’Épître qui contient les conseils de Saint Jean sur la Charité. L’Église demande d’abord de n’être pas calomniée\, d’être délivrée de ceux qui sans cesse la poursuivent de leurs paroles de haine\, et en particulier de celui qui\, par jalousie\, accuse ses membres devant Dieu jour et nuit : Satan (Apoc XII.10.). Mais sans doute demande-t-elle aussi que ses membres cessent de se déchirer entre eux et pratiquent la Charité du Christ en s’aimant les uns les autres comme il nous a aimés\, miséricordieux et silencieux sous l’injure jusqu’à la mort. \nLA MÉLODIE\nAd dóminum ⎜dum tribulárer ⎜clamávi et exaudívit ⎜me ⎜⎜. \nL’intonation a quelque chose de grave qui enveloppe de vénération le nom divin\, mais c’est une gravité toute pénétrée de bonheur ; les intervalles sont pleins et la cadence sur do bien majeure\, il y a même sur la double note de Do un accent de ferveur qui avive encore la joie. Tribulárer ne fait que conduire la mélodie à la dominante\, mais la montée à partir de fa sur les trois notes de l’accord parfait et la tristropha du sommet où la voix s’étale légère y font monter\, toujours plus vive\, l’allégresse\, qui va s’épanouir à loisir sur le très beau motif de clamávi. Avec des nuances\, il va de soi. Il y a entre autres sur les clivis allongées et sur la triple note qui suit comme une évocation des jours où de l’âme angoissée jaillissaient\, ardents et pleins de confiance\, les appels au Seigneur. \nLa mélodie redescend sur et exaudívit en un motif que le salicus et le pressus font particulièrement expressif. On y sent le bonheur de l’âme et\, plus encore\, la reconnaissance dont elle déborde au souvenir des interventions divines. C’est cette gratitude qui\, sur me\, s’exalte et monte vers le Seigneur ; admirable mouvement\, vibrant et retenu à la fois\, et qui s’achève balancé sur des rythmes d’une plénitude et d’une paix totales.\nLe Verset. – Dómine libera ánimam meam ⎜a lábiis ⎜iníquis et ⎜a lingua ⎜dolósa ⎜⎜.\nPar le climacus qui descend au la et les retours répétés sur le si\, la mélodie\, sur Dómine\, comme le texte d’ailleurs\, devient une supplication que la double note de ne et les épisèmes horizontaux font très pressante. Une sorte de cadence sur le la par le sol donne un instant l’impression que l’âme est apaisée ; mais\, non\, sur la double note – une bivirga épisématique – et sur les deux tristrophas c’est encore la plainte qui se prolonge. Il y a bien une petite remontée au ré mais l’élan retombe sur le si b et c’est dans la même atmosphère de prière suppliante\, que s’achève le mot. Cette atmosphère s’alourdit encore\, si l’on peut dire\, sur líbera ánimam – notez les deux salicus et la tristropha de méam. La cadence\, il est vrai est en fa et le motif de lábiis est celui des versets enthousiastes\, comme si l’âme voulait se dégager de ce qui lui pèse ; mais il ne s’épanouit pas au fa supérieur et\, sur iníquis\, le motif de clamávi\, qui évoquait tout à l’heure les heures d’angoisse\, revient. Même les deux retombées\, en fa pourtant\, de lingua dolósa reçoivent\, des notes longues et de la répercussion\, quelque chose de pesant. L’âme\, accablée sous les coups des langues mauvaises\, ne peut vraiment que se plaindre et supplier. \nIl faut bien se garder de faire pesante l’intonation ; la double note est bien une bivirg épisématique mais elle n’implique aucune lourdeur\, elle souligne seulement le mot. Dum tribulárer suivra alors dans un mouvement léger qu’on n’aura pas à forcer. Clamávi aussi sera léger ; la triple note est une trivirga épisématique\, la prolonger. Ralentissez à peine la cadence sur do.\nFaites très expressif le podatus de vit dans exaudívit et retenez tout le motif de me.\nLe verset sera plus lent. La double note sur do de ne dans Dómine est une bivirga épisématique\, de même celle qui précède la tristropha sur fa.\nFaites très expressives les clivis allongées de iníqui. La triple note est une trivirga\, comme dans clamávi. \nALLELUIA\nLE TEXTE\nSeigneur\, mon Dieu\, en toi j’ai espéré. Sauve-moi de tous mes persécuteurs et délivre-moi. Psm. VII. 2. \nC’est la même supplication que dans le verset du Graduel. Au lieu des mauvaises langues\, c’est des persécuteurs que l’Église demande à être délivrée\, mais il n’est pas de persécution sans calomnies\, médisances et mensonges et ceux qui manquent à la justice par la langue sont bien des persécuteurs. \nLA MÉLODIE\nNous l’avons déjà trouvée à la fête du Saint Nom de Jésus. Adaptée là à un texte de louange\, elle avait perdu son caractère de prière ; nous pouvons l’admirer ici et nous laisser pénétrer et animer par ses nuances délicates.\nLa supplication est très humble sur Dómine Déus\, mais sans contrainte\, confiante même et pénétrée de tendresse ; notez plutôt le posé délicat en mi de la dernière syllabe de Dómine\, le retard avant le quilisma\, les pressus de déus surtout. C’est cette confiance\, d’abord contenue\, qui s’épanouit sur in te sperávi comme en un cri par lequel l’âme\, avant de l’invoquer\, remet le Seigneur en présence de la fidélité qu’elle lui a gardée. Le ralenti des derniers neumes et la cadence sur la  gardent à ce rappel ardent son caractère de supplication.\nC’est une heureuse transition à la prière humble qui revient au début de la seconde phrase sur Sálvum me fac. Sur ómnibus persequéntibus le motif de sperávi s’élève à nouveau ; la montée\, ralentie par un torculus allongé et un porrectus\, s’adapte bien à l’ardeur de la supplication qui se poursuit dans le grave sur la même thésis que sálvum me fac. Alors pour la troisième fois le motif de in te sperávi monte avec ardeur sur libera me\, comme un cri de détresse qui se détend ensuite doucement sur les neumes du jubilus.\nIl y a dans ce verset un mélange de discrétion et d’audace qui est bien l’attitude de l’âme en peine devant le Seigneur infiniment bon et infiniment grand aussi.\nChantez dans un mouvement de prière très simple et très lié. Ralentissez les quelques notes qui précèdent le quilisma de Dómine\, mais par contre ne retenez que très peu meus qui doit rejoindre in te sperávi où s’achève l’idée. Marquez bien les trois podatus qui montent en arsis. Même liaison étroite entre fac et omni dans la seconde phrase.\nLa vocalise finale de me sera très liée et très thétique. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nSeigneur\, reviens et délivre mon âme\, Sauve-moi par ta miséricorde. Ps. VI. 5. \nCe verset que David chantait lorsque le Seigneur détournait de lui sa face est ici une émouvante paraphrase de la parabole des invités au banquet\, lue à l’Évangile. L’âme a conscience d’avoir souvent refusé les invitations à ce banquet du Seigneur\, qu’il ne faut pas seulement entendre ici de la communion Eucharistique mais de tout entretien d’amour avec les divines Personnes résidant en nous. Les derniers mots lui donnent sans doute à réfléchir : «  aucun de ceux qui avaient été invités ne goûtera de ma table ». Ce n’est pas qu’elle ait peur de perdre à jamais le Seigneur aimé\, elle n’est pas de ceux qui ont refusé définitivement\, elle ne l’a fait que par faiblesse ; mais elle sent en elle des liens qui la lient à mille choses et elle a tant de peine à les briser… Elle appelle à son aide la miséricorde du Seigneur qui comprend si bien ? Reviens\, et délivre-moi… \nLA MÉLODIE\nIl n’en saurait être de plus simple ; un tenue sur le fa avec quelques broderies à la tierce\, c’est tout. Pas d’angoisse\, pas de pression non plus ; l’âme sait bien au fond que la parole terrible n’est pas pour elle. Aussi est-ce sur un ton d’intimité\, nuancée de joie\, qu’elle parle au Seigneur.\nDans la première phrase le mot éripe est délicatement mis en relief par les deux torculus – le second allongé – avant la cadence\, si expressive d’une paix heureuse. Dans la seconde\, c’est propter misericórdiam tuam sur une formule pleine de sérénité.\nChantez dans une grande simplicité. Il faut seulement accentuer délicatement\, bien rythmer\, et élargir la dernière incise en faisant une légère pression sur le pressus de propter. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nJe chanterai au Seigneur qui de biens m’a comblé. Et je chanterai des Psaumes au nom du Seigneur le Très-Haut. Ps. XII. 6. \nL’âme qui dans l’Offertoire demandait au Seigneur de revenir\, a été exaucée. Le Seigneur est revenu\, et il l’a invitée au banquet à nouveau. Il l’a même invitée en épouse. En ce moment\, elle ne fait qu’un avec lui et comme elle sent en elle sa force libératrice qui agit\, tout naturellement la joie reconnaissante monte à ses lèvres et elle chante. \nLA MÉLODIE\nElle ne fait que moduler du commencement à la fin. Modulations hardies qui surviennent brusquement mais qui expriment ainsi\, de la façon la plus heureuse\, la progression de la joie dans l’âme.\nElle est d’abord très retenue\, tout intérieure et comme contemplative sur cantábo Dómino ; l’âme jouit de son Dieu et semble ne chanter que pour elle et pour lui sa musique profonde. Brusquement\, après la cadence en demi-ton\, un intervalle majeur du VIIIe mode monte sur qui bona ; l’idée de tout ce qu’elle a reçu\, et de ce qu’elle vient de recevoir\, à l’instant même\, dans l’Eucharistie\, excite à ce point la reconnaissance de l’âme qu’elle ne retient plus son chant ; il monte\, s’affirme – notez les notes doubles – s’éclaire d’une joie qui a comme besoin de s’épancher ; la cadence est encore en la mais les si b ont disparu et\, d’autre part\, toute impression de mineur en est écartée.\nSur cette idée de reconnaissance\, l’enthousiasme jaillit. On le sent déjà dans les premières notes légères de la deuxième phrase. Sur nómini\, il éclate\, vibrant\, et la mélodie monte aussi haut que peut monter la voix. Elle redescend sur les rythmes souples et légers de Dómini qui se courbent pleins de vénération et\, toujours sans souci des modes\, continuent à se courber gracieux et tendres et à se revêtir à nouveau de l’intimité contemplative sur la cadence en la de la fin\, claire et aimable comme un sourire heureux.\nIl n’y a qu’à suivre l‘expression pour être dans le juste mouvement.\nCommencez assez doucement. La première note de Dómino et la quatrième\, qui est la première du climacus\, pourront être légèrement allongées. Etalez un peu la cadence de míhi.\nLa montée sur nómini sera très en élan : la première phrase de ni allongée et le torculus très arrondi ; se complaire sur Altíssimi.\n  \n\nCantiques pour la Pentecôte\nPolyphonies pour la Pentecôte\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
URL:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/dimanche-dans-loctave-de-la-fete-dieu/2027-05-30/
CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Temporal
ATTACH;FMTTYPE=image/jpeg:https://www.musique-liturgique.com/wp-content/uploads/2012/05/2pentecote.jpg
LOCATION:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/dimanche-dans-loctave-de-la-fete-dieu/2027-05-30/
END:VEVENT
END:VCALENDAR