BEGIN:VCALENDAR
VERSION:2.0
PRODID:-//Sacra Musica - ECPv6.16.2//NONSGML v1.0//EN
CALSCALE:GREGORIAN
METHOD:PUBLISH
X-WR-CALNAME:Sacra Musica
X-ORIGINAL-URL:https://www.musique-liturgique.com
X-WR-CALDESC:Évènements pour Sacra Musica
REFRESH-INTERVAL;VALUE=DURATION:PT1H
X-Robots-Tag:noindex
X-PUBLISHED-TTL:PT1H
BEGIN:VTIMEZONE
TZID:Europe/Paris
BEGIN:DAYLIGHT
TZOFFSETFROM:+0100
TZOFFSETTO:+0200
TZNAME:CEST
DTSTART:20260329T010000
END:DAYLIGHT
BEGIN:STANDARD
TZOFFSETFROM:+0200
TZOFFSETTO:+0100
TZNAME:CET
DTSTART:20261025T010000
END:STANDARD
BEGIN:DAYLIGHT
TZOFFSETFROM:+0100
TZOFFSETTO:+0200
TZNAME:CEST
DTSTART:20270328T010000
END:DAYLIGHT
BEGIN:STANDARD
TZOFFSETFROM:+0200
TZOFFSETTO:+0100
TZNAME:CET
DTSTART:20271031T010000
END:STANDARD
BEGIN:DAYLIGHT
TZOFFSETFROM:+0100
TZOFFSETTO:+0200
TZNAME:CEST
DTSTART:20280326T010000
END:DAYLIGHT
BEGIN:STANDARD
TZOFFSETFROM:+0200
TZOFFSETTO:+0100
TZNAME:CET
DTSTART:20281029T010000
END:STANDARD
END:VTIMEZONE
BEGIN:VEVENT
DTSTART;VALUE=DATE:20270202
DTEND;VALUE=DATE:20270203
DTSTAMP:20260525T131713
CREATED:20250218T115525Z
LAST-MODIFIED:20260113T124304Z
UID:10000156-1801526400-1801612799@www.musique-liturgique.com
SUMMARY:Purification de la Bienheureuse Vierge Marie
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nL’une des fêtes les plus anciennes en l’honneur de Notre Dame. Célébrée à Jérusalem dès la moitié du IVe siècle\, elle est déjà répandue partout en Orient vers le milieu du VIe et\, un siècle plus tard\, introduite à Rome. La messe est précédée de la bénédiction des cierges et de la procession ; il s’agit de trois cérémonies distinctes.\nA Jérusalem\, dès le IVe siècle\, on fêtait\, quarante jours après la Nativité de Notre Seigneur\, sa présentation au temple\, avec la rencontre de la sainte Famille et du vieillard Siméon. Le mot par lequel le saint vieillard salua l’Enfant-Dieu devait donner à cette fête son caractère propre : Lumen ad revelatiónem gentium. Elle devint la fête de la lumière. \nA Rome\, bien avant que la fête n’existât en Orient\, il y avait\, la nuit du 1er au 2 février\, une procession pénitentielle qui avait pris la place d’un cortège païen. On y portait des cierges\, lesquels remplaçaient probablement les torches profanes. Lorsqu’au VIIe siècle la fête de la Présentation fut introduite\, elle se trouva coïncider avec cette procession. Celle-ci demeura avec son caractère propre de pénitence ; on y chantait l’Exsurge Dómine et l’on se dirigeait vers Sainte-Marie-Majeure en chantant les litanies comme au 25  avril et aux Rogations . Mais\, à l’approche de la basilique\, on remplaçait les invocations des litanies par des antiennes spéciales qui célébraient la marche de Notre Dame vers le temple : Adorna thalamum tuum entre autres. A partir de ce moment\, la procession pénitentielle cessait et la célébration du mystère de la Présentation commençait.\nLe rite de la bénédiction des cierges fut ajouté au XIe siècle. En même temps\, les litanies disparurent de sorte que la procession perdit presque tout son caractère de pénitence. Il n’en est resté que l’Exsurge Dómine et les ornements violets. \nAntienne Adorna\n« Orne ta chambre nuptiale\, Sion\, et reçois le Christ Roi\, accueille Marie qui est la céleste porte\, elle-même en effet porte le Roi de Gloire. Nuée de lumière\, elle s’arrête\, la Vierge\, tenant dans ses mains le Fils engendré avant la lumière et que Siméon\, après l’avoir pris dans ses bras\, présentait aux peuples comme le Maître de la vie et de la mort\, et comme le Sauveur du monde. » \nCette antienne est grecque d’origine. Le début est une invitation adressée à l’Eglise - Sion - d’avoir à revêtir ses parures de joie pour recevoir le Roi de gloire. Suit la description de Notre Dame qui s’avance portant son Fils\, et s’arrêtant devant le saint vieillard qui prend l’enfant et le présente au monde comme son sauveur. \nRépons Obtulerunt\n« Ils offrirent pour lui au Seigneur une paire de tourterelles ou deux colombes\, comme il est écrit dans la loi du Seigneur. Après que furent accomplis les jours de la purification de Marie selon la loi de Moïse\, ils portèrent Jésus à Jérusalem pour le présenter au Seigneur. » \nLa mélodie est calquée sur le répons Emendémus de la distribution des cendres\, mais les passages plus sombres ont\, en grande partie\, été laissées de côté de sorte que le caractère pénitentiel se laisse moins ressentir. La mélodie et l’esprit de la pièce sont également apparentés au Ingrediente du dimanche des Rameaux. \nINTROÏT et GRADUEL\n« Nous avons reçu\, ô Dieu\, ta miséricorde au milieu de ton temple\, comme ton nom\, ainsi ta louange s’étend jusqu’aux confins de la terre. De justice est pleine ta main. » Pas. 47\, 10 \nPeu de textes pouvaient être mieux choisis. Chant de pèlerinage\, il était en effet tout désigné pour accompagner la première venue en son Temple de l’Ange du Testament que Malachie annonça et qu’il va nous présenter à l’Epître. Ce sont les témoins de la scène qui chantent : Notre Dame\, saint Joseph\, le vieillard Siméon\, la prophétesse Anne… et nous avec eux\, qui venons de recevoir par notre participation au mystère liturgique\, les grâces que nous réservait dès lors la miséricorde du Seigneur. \nALLELUIA\n« C’est le vieillard qui portait l’enfant ; mais c’est l’enfant qui conduisait le vieillard. » \nCette phrase évoque tout l’invisible du mystère : l’impulsion mystérieuse de cet Enfant qui pousse son vieux serviteur à le saisir\, qui va lui faire chanter son admirable Nunc dimittis et l’annoncer au monde comme la lumière des nations et le Sauveur attendu. On retrouve la mélodie dans la fête de saint André ainsi qu’au vendredi et samedi de la semaine de la Pentecôte. \nOFFERTOIRE\n« Elle est répandue la grâce sur vos lèvres. C’est pourquoi Dieu vous a béni\, éternellement. » Pas 44\, 3 \nCe psaume est un cantique nuptial dans lequel l’épouse chante l’époux. Etant messianique au sens strict\, il ne s’entend que de l’Eglise et du Christ.\nCe verset\, qui se trouve au début du chant de l’épouse\, s’adresse ici à l’Enfant divin souriant dans les bras de sa mère ou entre les mains du vieillard Siméon : ce sont eux qui chantent et\, avec eux\, l’Eglise qui les rejoint. Ravie\, elle s’extasie sur la beauté de l’Enfant Dieu qui lui est présenté. \nCOMMUNION\n« Réponse il reçut\, Siméon\, de l’Esprit-Saint qu’il ne verrait pas la mort sans avoir vu le Christ du Seigneur. » Luc 2\,26 \nLa mélodie se chante légèrement\, tout en élargissant certains passages comme la cadence sur Simeon et ceci jusqu’à la fin de l’incise. On redonne de l’élan sur non visurum pour élargir sur mortem\, relié à nisi\, chantant la fin de façon retenue. \nPropositions polyphoniques\n\n Ecce Virgo concipiet de Handl\nO gloriosa Virginum de Palestrina\nPraeclara custos virginum\nDifférents motets à la Vierge\n\nComment fonctionne cette page ? \nUnique ! Le coffret contenant tous les fichiers (épîtres\, évangiles et préfaces) sur 2 CD au format MP3.
URL:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/purification-de-la-bienheureuse-vierge-marie/2027-02-02/
CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Sanctoral
ATTACH;FMTTYPE=image/png:https://www.musique-liturgique.com/wp-content/uploads/2020/01/ALCG_09.png
LOCATION:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/purification-de-la-bienheureuse-vierge-marie/2027-02-02/
END:VEVENT
BEGIN:VEVENT
DTSTART;VALUE=DATE:20270207
DTEND;VALUE=DATE:20270208
DTSTAMP:20260525T131713
CREATED:20250218T115639Z
LAST-MODIFIED:20260113T131820Z
UID:10000187-1801958400-1802041199@www.musique-liturgique.com
SUMMARY:Quatrième Dimanche de Carême
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : Histoire de Moyse.(Exode II). \nÉPÎTRE : (Gal. IV\, 22). Les deux fils d’Abraham\, enfants de deux mères\, l’une esclave\, l’autre libre\, symboles des deux alliances : celle de la Jérusalem terrestre\, réalisée avec Moyse sur le Mont Sina ; celle de la Jérusalem céleste\, scellée dans le sang du Christ sur le Calvaire. \nÉVANGILE : (Jean VI\, 1). Multiplication des pains. \nSTATION : Sainte Croix de Jérusalem. \nIDÉE CENTRALE : C’est le Dimanche de la Mi-Carême\, Dominica mediána. De très bonne heure on prit l’habitude d’en faire\, sur le chemin de Pâques\, comme une étape où l’on se reposait un peu et où l’on prenait courage pour le reste de la route. Toutes les observances de pénitence et de deuil étaient suspendues et les offices célébrés dans une atmosphère festivale.Toutefois\, à côté de ce motif de joie toute extérieure\, l’Eglise en proposa aux fidèles un autre plus profond : celui du développement de l’Eglise qui allait se faire par le mystère de la Rédemption\, de nouveau réalisé à Pâques. Le choix de ce thème fut sans doute déterminé par le premier scrutin pour l’admission des candidats au baptême\, qui avait eu lieu le mercredi précédent. Ils avaient été inscrits sur les registres\, puis exorcisés par l’exsufflation\, le signe de la croix\, l’imposition des mains ; toutes cérémonies qui étaient et qui sont demeurées le prélude du baptême. C’était déjà\, comme avait dit l’archidiacre au peuple en annonçant le scrutin\, « le mystère céleste par lequel est vaincu le diable avec toute sa pompe\, la porte du ciel ouverte ». Beau sujet d’allégresse que cette fécondité de l’Eglise\, entrevue\, et qui allait précisément se réaliser en ce jour de Pâques vers lequel tous les désirs étaient tendus.La station  fut fixée à Sainte Croix de Jérusalem et là\, devant les reliques de la Croix sur laquelle fut scellée l’alliance éternelle qui  donne la fécondité à l’Eglise\, on chanta son accroissement présent et futur sur les textes de l’Écriture qui l’ont annoncé et chanté à l’avance. C’est encore ce que nous chantons.A l’Office de nuit\, c’est l’histoire de Moyse. Elle vient là\, à son tour\, après celle de Joseph\, mais elle entre\, sans qu’on ait à la forcer\, dans la liturgie du jour. C’est en effet Moyse qui\, après avoir délivré le peuple\, conclut\, en son nom\, l’Alliance avec Dieu\, obtint pour eux la manne céleste et le conduisit en vue de la Terre Promise où devait s’élever un jour la Jérusalem terrestre.A la Messe\, c’est de la Jérusalem céleste et de son merveilleux développement qu’il est question. L’Épître le précise nettement : « Réjouis-toi\, stérile qui n’enfantes pas… » A Moyse\, succède le Christ ; la réalité après la figure. Il nous a délivré de l’esclavage qui pesait sur nous depuis l’origine du monde. Il a noué entre nous et Dieu et scellé de son sang l’Alliance nouvelle\, et il a fait de son peuple comme une cité spirituelle\, la Jérusalem nouvelle\, l’Eglise dans laquelle il donne à chacun de nous la béatitude ; ici-bas\, en nous nourrissant de son corps et de son sang\, et là-haut\, en nous rassasiant de Dieu vu face à face. \nINTROÏT\nLE TEXTERéjouis-toi\, Jérusalem\, et rassemblez-vous\, vous tous qui l’aimez.Réjouissez-vous dans la joie\, vous qui fûtes dans la tristesse ;Afin que tous\, vous exultiez et soyez rassasiés aux sources de votre consolation. \nPs. – Je me réjouis de ce qui m’a été dit : Dans la maison du Seigneur\, nous irons. Isaïe LXVI\, 10\, 11. Ps. CXXI\, 1.C’est une invitation à la joie. L’objet n’en est pas précisé\, mais on le trouve clairement indiqué dans le contexte. On lit en effet en Isaïe\, dans les versets qui suivent : « Réjouissez-vous avec Jérusalem…car voici que je ferai couler sur elle un fleuve de paix ; je répandrai sur elle la gloire des nations comme un torrent qui déborde. Les mauvais périront tous\, mais j’enverrai ceux d’entre eux qui ont été sauvés vers les nations\, et ils annonceront ma gloire aux Gentils\, et ils amèneront tous vos frères de toutes les nations à ma montagne sainte Jérusalem. » (LXVI\, 12\, 19\, 20).Le prophète voit Jérusalem agrandie à la mesure du monde et il appelle le peuple à s’en réjouir.Cette vision se réalise toujours plus\, à mesure que viennent au Christ\, de toutes les nations\, les âmes qu’il appelle. Pâques va lui amener les nouveaux baptisés\, et le fleuve de paix et le torrent de gloire vont déborder un peu plus sur la Jérusalem nouvelle et\, par elle\, sur le monde.Voilà de quoi l’Eglise nous invite à nous réjouir. Il n’y a donc pas un mot à ajouter à la prophétie ; elle a en elle-même son sens liturgique\, et il est toujours d’actualité car\, si désormais les baptisés sont rares le Samedi Saint\, la grâce du sacrement est renouvelée chez tous ceux qui participent au mystère pascal. Il faut seulement donner au mots leur précision liturgique : le convéntum fácite doit s’entendre de l’assemblée des fidèles pour le sacrifice et le satiémini ab ubéribus consolatiónis véstræ\, sans doute de la joie rassasiante que donnera l’Eucharistie à ceux qui sauront s’en délecter. \nLA MÉLODIEQuand l’Eglise lance son invitation à la joie\, elle jouit déjà de la vision glorieuse à laquelle elle convie ses membres ; sa joie passe donc à travers son appel pour se communiquer. Une joie qui se colore d’ailleurs de toutes les nuances du texte : empreinte d’aimable douceur sur les deux premiers mots\, qui s’adressent à la cité sainte elle-même ; ardente\, enthousiaste\, bondissante\, impérative même sur et convéntum fácite ; enveloppée\, sur dilígitis éam\, d’une tendresse qui va\, chargée de désirs\, vers la Jérusalem céleste.Dans la seconde phrase\, elle se fait tout intime. Après la reprise alerte de gaudéte\, elle s’atténue en effet peu à peu et disparaît presque sur in tristítia fuístis pour faire place à une nuance de tristesse compatissante au souvenir de ceux qui\, dans l’exil\, ont pleuré de ne plus jouir des joies de la patrie. Notez les cadences en demi-ton de tristítia et de fuístis et\, surtout\, le si naturel qui exprime si délicatement l’acuité de la douleur.Elle retrouve d’ailleurs tout de suite sur ut exsultétis – et sans transition\, comme l’exige le texte – son ardeur et ses rythmes bondissants ; et\, après avoir souligné satiéminid’un accent de chaude et profonde ferveur\, redevient à nouveau intime\, douce et tendre sur les mots qui évoquent les consolations inénarrables qui sont promises.Chanter dans un bon mouvement alerte et très vivant.L’ictus sera bien placé sur la seconde note de Jerúsalem ; certains manuscrits indiquent qu’elle doit être légèrement retenue. La double note de la dernière syllabe est une bivirga ; la bien poser\, qu’elle ne soit pas dure mais sonore et quelque peu prolongée\, sans ralentir le mouvement toutefois. Arrondir les torculus de convéntum. La tristropha de fácite\, légère ; le torculus ralenti\, mais dans le mouvement\, lequel continue sur ómnes. Veiller à ne pas ralentir cette longue thésis. La double note de dilígitis est une bivirga\, la faire très expressive; ralentir sur les deux notes qui suivent\, mais pas les autres\, le mouvement doit continuer jusqu’à la fin ; la cadence à peine retenue.Un a tempo sur gaudéte. Ne pas forcer le contraste sur tristítia.Reprise du mouvement sur ut exsultétis. La double note de ubéribus est une bivirga.Le Psaume\, qui est comme la réponse du peuple\, doit être chanté dans un bon mouvement de joie\, qu’il a d’ailleurs par lui-même\, avec des accents légers et fervents. \nGRADUEL\nLE TEXTEJe me suis réjoui de ce qui m’a été dit :Dans la maison du Seigneur nous irons. \nVerset. – Que la paix soit dans ta force et l’abondance dans tes fortifications. Ps. CXXI\, 1\, 7.Le Psaume CXXI est un de ceux que les Juifs chantaient au cours de leurs pèlerinages à Jérusalem. Tout en avançant sur le chemin\, ils évoquaient ainsi la joie qui avait envahi leur âme au départ. Cette joie se faisait de plus en plus vive à mesure qu’ils approchaient et\, lorsque la Cité sainte et le Temple s’offraient à leurs regards émerveillés\, les souhaits de bénédiction et de prospérité jaillissaient de leurs cœurs…Paix sur tes remparts\, abondance dans tes tours !…Pour la plupart\, l’objet de la joie s’arrêtait là. En fait\, le Psaume va plus loin\, il va à la réalité dont Jérusalem et le Temple étaient la figure. La joie d’aller dans la maison de Dieu\, c’est la joie d’aller là où il se manifeste\, là où il demeure\, là où il donne\, à ceux qui sont avec lui\, de jouir de sa présence\, dans l’intimité des relations familiales. Cette maison\, c’est la Jérusalem Céleste\, le Ciel\, et en attendant que nous y soyons\, l’Eglise.C’est dans ce sens qu’il faut chanter ici le Lætátus sum. Après la lecture de l’Épître où Saint Paul met en relief\, avec tant de force\, la qualité de fils que nous vaut la Rédemption\, il est l’expression des catéchumènes qui de tous les fidèles qui chantent le bonheur qu’ils vont avoir à Pâques\, d’entrer plus profondément dans le Christ et\, cachés avec lui en Dieu\, de vivre une vie d’intimité avec les divines Personnes…la vie de la Maison pour laquelle nous sommes faits.Le Verset est légèrement différent. La joie y prend la forme d’un souhait de paix et de prospérité à l’adresse de la Jérusalem céleste encore en formation. Dans l’Évangile\, Notre Seigneur va réaliser en quelque sorte ce souhait d’abondance par la multiplication des pains\, symbole de l’Eucharistie qui donnera à Pâques\, à tous les habitants de la Cité Sainte\, la paix dans la force. \nLA MÉLODIEElle a pour objet de dire la joie. Elle la dit\, mais d’une façon discrète\, si discrète qu’on a quelque peine à la découvrir dans l’intonation ; elle ne paraît vraiment que dans la seconde incise sur in his quæ dicta sunt míhi. Elle y est d’ailleurs très nette\, légère\, souple\, tout en élan\, sans avoit toutefois la sonorité grandiose qu’elle avait dans l’Introït\, sur convéntumfácite\, et sur et exultétis ; ce n’est plus une joie qui cherche à se communiquer ; elle est plus personnelle\, plus intime. Elle ne manque pas pour autant d’être ardente ; on notera en particulier le motif si fin qui prolonge míhi avec la clivis allongée du sommet qui y met un si bel accent de ferveur.La seconde phrase\, elle\, est toute grave\, comme si l’âme se fixait en une sorte de contemplation sur son objet divin. Contemplation heureuse\, dont le bonheur profond est partout ; dans la descente de dómum Dómini\, dans le mouvement souple et retenu de íbimus\, dans la cadence finale enfin\, sonore\, pleine\, assurée\, sur laquelle l’âme s’attarde comme sur le mot de l’espérance. \nLe Verset. – Bien que l’idée soit différente\, l’expression demeure la même\, à ce point que les deux phrases sont l’une et l’autre construites sur le même plan que la première partie. Un première incise\, sur fíat pax et abundántia\, correspond à in his quæ dicta sunt míhi et se termine par le même motif : souhait ardent\, pénétré de joie légère\, extérieure\, heureuse. Une seconde incise s’achevant dans le grave sur in virtúte\, répond à dómum Dómini avec la même expression de bonheur profond. Il y a des nuances\, il va de soi : le très bel élan de in virtúte par exemple\, avec l’insistance pleine de ferveur des deux tristrophas et la descente gracieuse\, mesurée et forte de túa ; de même\, le développement de abundántia\, évocateur peut-être de l’Eucharistie ; enfin la cadence finale qui\, pour être commune\, n’en est pas moins parfaitement adaptée à la joie discrète du début qu’elle ramène pour finir.Le mouvement sera léger et assez vif. La double note de lætátus est une bivirga épisématique ;  lui donner de l’ampleur et y mettre la joie. Départ très lancé sur in his. Passer par-dessus le quart de barre de míhi.Les premières notes des podatus de in dómum allongées quelque peu.Départ a tempo sur fíat pax et très en élan. Arrondir le sommet de virtúte. Apporter grand soin au legato de abundántia\, qui sera quelque peu élargi en raison des grands intervalles. \nTRAIT\nLE TEXTE1 .     – Ceux qui se confient dans le Seigneur (sont) comme le Mont Sion.          Il ne sera ébranlé jamais\, celui qui habite en Jérusalem. \n2.     – Des montagnes (sont) autour d’elle\, et le Seigneur autour de son peuple\,          maintenant et à jamais. Ps. CXXIV\, 1-2. \nJérusalem\, bâtie sur un plateau entouré de vallées profondes et dominées sur trois côtés par un demi-cercle de montagnes plus élevées que le centre de la ville\, donnait l’impression d’une citadelle que personne ne pouvait prendre ; celui qui y vivait était en sécurité. D’où la comparaison du psalmiste : « Ainsi seront ceux qui habitent dans le Seigneur » ; c’est à dire ceux qui se donnent à lui au point de fondre dans la sienne leur personnalité ; il est autour d’eux\, comme les montagnes autour de Jérusalem.Le Trait est ainsi comme une réplique au souhait du Graduel. En même temps\, il prélude à l’Évangile qui va mettre sous nos yeux un des exemples les plus frappants de la sollicitude du Seigneur… « Le seigneur est autour de son peuple ». \nLA MÉLODIE \nDans le premier verset un seul motif sort des formules ordinaires – toutes d’ailleurs fort bien adaptées aux mots – c’est le début de commovébitur. Il y a dans la montée du scandicus et dans le pressus qui suit une certaine fermeté qui rend bien l’idée de force inébranlable.Dans le second\, le début de móntes est tout à ait original. Peut-être l’auteur a-t-il voulu\, par ces montées et descentes hardies et brusques\, évoquer les monts et les vallées qui entourent Jérusalem. Le mot Dóminus qui commence la deuxième phrase est en éclatant relief. L’auteur l’a revêtu d’une formule brillante\, très expressive de force\, dans les tenues sur la dominante\, puis d’admiration et de louange\, dans l’élan qui l’emporte jusqu’aux limites du mode avant de la laisser revenir à la tonique en un mouvement thétique tout imprégné de tendre confiance.Faire une pause pour séparer les deux idées après Síon et relier Qui hábitat à in ætérnum. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE \nLoue le Seigneur parce qu’il est bon.Chantez à son nom parce qu’il est doux.Tout ce qu’il a voulu\, il l’a fait\, dans le ciel et sur la terre. Ps. CXXXIV\, 3-6.Deux idées : une invitation à louer Dieu et une affirmation de sa toute puissance. Elles sont d’ordre général\, mais la liturgie précise la raison de l’invitation et le motif de la louange.L’Évangile en effet vient de nous faire entendre le récit de la multiplication des pains\, symbole de l’Eucharistie. Dieu qui a nourri son peuple de lamane autrefois\, le nourrit à nouveau du pain qu’il multiplie. Il continue à le nourrir de la chair et du sang de son Fils. A ce moment même de l’Offertoire\, le miracle se prépare entre les mains du prêtre\, par l’offrande du pain et du vin qui vont\, dans le sacrifice\, devenir la nourriture et le breuvage spirituels de toute l’assemblée.Voilà en quoi le Seigneur est bon\, doux et puissant.Voilà de quoi l’Eglise nous invite à le louer. \nLA MÉLODIEL’invitation est pressante mais discrète ; il semble que l’Eglise\, repliée sur elle-même dans la méditation du miracle dont on vient de faire le récit et du ystère qu’il annonce\, ne veuille pas sortir de son recueillement. C’est un appel tout pénétré de contemplation qu’elle fait entendre.Un IIe mode sans éclat qui se balance en des formules communes sur quelques notes entre le do et le fa. Mais quelle admirable expression de douceur confiante\, paisible\, abandonnée ! Ici et là\, appelés par les mots\, des accents de fervente tendresse : Laudáte\, benígnus est et sa cadence de paix heureuse\, psállite qui renouvelle l’appel et insiste par ses douces tristrophas\, suávis est si paisible\, et suave comme le mot.La troisième phrase a plus de mouvement. Il y a sur ómnia une certaine grandeur et\, dans les notes doubles et les répercussions qui se multiplient sur le fa\, une volonté qui impose sa force ? Après un tel bel élan sur caélo\, la formule finale ramène la contemplation très douce du début.Ne pas chanter trop lentement ; que le mouvement soit  souple et vivant sur benígnus et sur nómine\, lier à la tristropha la note qui la précède en la retenant quelque peu.On fera un a tempo assez marqué au début de la seconde phrase. Ne pas ralentir la cadence de éjus et y rattacher quóniam. La double note de suávis est une bivirga ; lui donner un peu d’ampleur et conduire la voix vers l’accent en la renforçant légèrement.Faire une bonne pause avant la troisième phrase à cause de l’idée nouvelle. Bien appuyer les notes doubles sans leur enlever de leur douceur. \nCOMMUNION\nLE TEXTE \nJérusalem\, qui est bâtie comme une cité compacte et bien ordonnée ! C’est là que montèrent les tribus du Seigneur\, pour louer ton nom\, Seigneur. Ps. CXXI\, 3\, 6. \nIl faut noter tout d’abord que la première partie est une exclamation. C’est le cri des pèlerins qui\, arrivant en vue de la cité\, laissent jaillir leur admiration. La seconde\, qui suit naturellement\, est une évocation du passé\, si riche d’émotions : « C’est là que montèrent les tribus… ». \nTelle est aussi l’attitude de l’Eglise quand elle chante cette antienne. Au moment où les fidèles reçoivent le sacrement qui fait son unité parce qu’il porte en lui la grâce de l’incorporation au Christ\, elle contemple cette union de toutes les âmes et\, fixée dans cette vision de force et de paix\, elle redit\, dans son sens spirituel cette fois\, l’exclamation du psalmiste : Jérusalem nouvelle\, bâtie sur le Christ\, Cité des âmes scellées à la Pierre fondamentale et jointes entre elles par la charité\, Coté compacte et ordonnée par la sagesse et la volonté de celui qui en est le Roi ! Jérusalem vers qui sont venues toutes les tribus de toutes les nations et de toutes les races ; vers qui elles viennent pour la Pâque qui s’annonce ; vers qui elles ne cesseront de venir jusqu’au jour de son éternelle et parfaite splendeur\, pour la louange de ton nom\, Seigneur\, dans le sacrifice glorieux de ton Fils. \nLA MÉLODIE \nDans toute la première partie\, elle est vraiment contemplative. L’Eglise voit la cité et elle admire\, c’est tout. Notez la nuance de tendre respect et de bonheur sur Jerúsalem\, et\, sur la candence de cívitas\, je ne sais quoi de mystérieux\, d’infini\, d’inachevé\, qui prolonge la vision heureuse. Peu à peu cette vision se précise : l’Eglise pend conscience de l’admirable unité des êmes dans le Christ et cette merveille l’exalte. Le mouvement s’anime sur cujus participátio et la phrase se déploie\, mesurée dans sa montée et sa descente\, mais\, en même temps\, pleine d’une joie qui s’enthousiasme.Cette joie d’admiration\, un instant contenue dans le si beau motif de éjus in idípsum\, rebondit et atteint sa plénitude avec l’image des tribus montant vers le Christ. La mélodie s’établit sur les hauteurs ; elle y demeure un instant\, chantant la joie de l’Eglise\, sa fécondité et son plein développement ; puis\, par une descente admirablement ordonnée et dont le motif exprime si fidèlement la vision extasiée et dont le motif exprime si fidèlement la vision extasiée des innombrables tribus\, elle revient à la tonique\, en mettant sur Dómini une nuance de tendre vénération pour le Seigneur. Dans la dernière incise\, c’est encore la vision\, mais l’Eglise s’adresse à Dieu et c’est lui qu’elle voit au premier plan. La mélodie se fait toute de paix simple et heureuse\, s’attardant seulement sur túo\, en un motif gracieux dont la ferveur se prolonge\, intime et délicate\, sur les quelques notes très simples de Dómine.Faire un départ net ; la voix\, bien posée sur le salicus du début\, s’en ira légère vers le pressus de la dernière syllabe\, qui ira quelque peu ralenti\, donnant au mot la nuance de tendresse qui convient. Ne pas précipiter le mouvement\, mais qu’il soit vivant. Veiller en particulier à ne pas traîner la cadence de cívitas. Bien mener le crescendo sur cujus participátio avec une très légère nuance d’accélération vers le sommet. Très peu ralenti sur éjus in idípsum.Illuc énim bien alerte\, et que rien ne retienne le souffle d’enthousiasme de cette admirable phrase ; la cadence de ascendérunt notamment sera bien vivante et on y rattachera de près tribus dont la tristropha légère commencera le mouvement thétique. La première note du podatus de nómini sera élargie. La double note de túo est une bivirga épisématique ; y appuyer la nuance de tendresse\, qui s’épanouira ensuite légère sur la note allongée. \nPolyphonies pour le carême \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici.
URL:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/quatrieme-dimanche-de-careme/2027-02-07/
CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Temporal
ATTACH;FMTTYPE=image/jpeg:https://www.musique-liturgique.com/wp-content/uploads/2012/05/4careme.jpg
LOCATION:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/quatrieme-dimanche-de-careme/2027-02-07/
END:VEVENT
BEGIN:VEVENT
DTSTART;VALUE=DATE:20270207
DTEND;VALUE=DATE:20270208
DTSTAMP:20260525T131713
CREATED:20250218T115641Z
LAST-MODIFIED:20251130T182451Z
UID:10000151-1801958400-1802044799@www.musique-liturgique.com
SUMMARY:Dimanche de la Quinquagésime
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : Histoire d’Abraham (Gen. XII). \nÉPÎTRE : Hymne à la Charité (I Cor. XIII) \nÉVANGILE : Annonce de la Passion ; Guérison de l’aveugle de Jéricho (Luc XVIII\, 31-43). \nSTATION : Saint-Pierre. \nIDÉE CENTRALE : La grande figure d’Abraham domine et unifie tout. Dieu le choisit pour se faire un peuple. Il lui donne une foi inébranlable\, une confiance absolue et une charité qui a toutes les qualités que nous décrit Saint Paul dans l’Épître. Dans cette soumission totale de son intelligence et de sa volonté\, il est mené par Dieu\, qui le fait réaliser ses desseins au milieu d’épreuves terribles. Il renouvelle l’alliance avec lui et le fait père d’une innombrable postérité\, qui n’est pas seulement le peuple juif\, mais tout le peuple chrétien qui en est l’achèvement. Abraham était la figure du Christ qui devait\, lui\, donner au peuple de Dieu sa forme parfaite et le conduire\, par la sagesse de sa vision et l’infinie miséricorde de sa charité\, dans la terre promise de l’éternelle béatitude. Il demeure\, par toutes ses qualités\, le modèle du chrétien qui doit\, s’il veut recevoir comme lui en récompense la vision du Christ dans la joie\, tendre de toutes ses forces vers la même foi\, la même confiance\, la même charité\, et en vivre ; toutes choses qui sont le fruit du sacrifice que Pâques va ramener et renouveler devant nous pour que nous y entrions de plus en plus profondément. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nSois pour moi un Dieu protecteur et un lieu de refuge afin que tu me sauves. Car tu es mon firmament et mon refuge. Et à cause de ton nom tu seras mon guide et tu me nourriras. \nPs. —En toi\, Seigneur\, j’ai espéré\, que je ne sois pas confondu. Dans ta justice\, délivre-moi. Ps. XXX\, 3-4\, 1. \nUne expression est à préciser dans la traduction : própter nómen túum. Elle peut revêtir des sens légèrement différents : à cause de ta bonté\, pour la gloire de ton nom\, pour l’honneur de ton nom\, en raison de ce que tu as promis en engageant ta parole. C’est le dernier qui est sans doute le plus dans le contexte\, Dieu ayant fait à Abraham et à sa postérité de multiples promesses qui l’engageaient effectivement. Écrit par David au cours de ses persécutions\, le Psaume XXXe est devenu le Psaume de l’abandon absolu dans la paix\, depuis que Notre Seigneur s’est servi du verset 6e pour exprimer au Père\, au moment où il allait mourir\, la remise de son âme pacifiée : In mánus túas comméndo Spíritum méum… Entre tes mains je remets mon esprit. C’est dans ce sens qu’il faut entendre les trois versets qui forment l’Introït. Ils sont la voix d’Abraham\, du Christ\, de tous ceux de leur race\, de tous les membres de l’Église\, demandant à Dieu de les recevoir\, de les prendre en lui\, de les couvrir de sa protection comme nous couvre le firmament ; de les nourrir\, en leur donnant sans cesse le Pain de vie qui est son Verbe : Parole divine et Eucharistie. Tout cela\, en attendant que\, la mort nous ayant permis de mettre en acte toute notre puissance de vie\, nous jouissions à jamais de la vision des Trois établis en paix dans la Terre promise et nourrie éternellement\, dans cette vision même\, du pain des anges qui fait la béatitude. \nLA MÉLODIE\nElle se déroule dans une atmosphère de douceur\, de tendresse joyeuse\, de paix abandonnée. Il n’y a pas d’angoisse\, pas de supplication ardente ; on sent que l’âme est sûre d’être exaucée ; mieux encore\, qu’elle l’est déjà. Elle a ce qu’elle demande : Dieu. Elle ne le cherche pas ; elle le possède\, elle se repose en lui\, réfugiée\, à l’abri\, couverte de sa tendresse dont elle expérimente la protection\, forte comme un rocher à l’entrée d’une grotte\, douce\, lumineuse\, immense et profonde comme le firmament. C’est moins une prière proprement dite qu’une sorte de parole d’amour\, dans laquelle l’âme demande\, uniquement pour recevoir une réponse où sera toute la tendresse de l’aimé. D’om le caractère d’intimité heureuse qui est partout. Le développement mélodique est très restreint dans les deux premières phrases : quelques notes bien posées sur la tonique\, une douce pression\, qui commence sur les deux syllabes de Déum\, monte en un rythme gracieux sur protectórem et se renouvelle\, avec une nuance bien marquée de supplication\, sur refúgii. Après un accent un peu plus prononcé sur ut sálvam me qui met en relief le désir ardent qu’a l’âme d’être sauvée\, cette douce ardeur se détend en un retour paisible et heureux à la tonique. Même atmosphère de bonheur dans la seconde phrase\, mais nuancé d’une joie de plus en plus vive à mesure que se présentent à l’esprit les raisons d’avoir confiance. La mélodie a monté d’une tierce sur firmaméntum. Elle le fait à nouveau sur refúgium mais\, dans l’une et l’autre incise\, c’est vers méum que va tout le mouvement. Il y a là une tendresse que chacun comprend : « Tu es mon firmament à moi… » Gracieuse sur le premier méum\, elle devient sur le second beaucoup plus ardente avec une nuance délicate de bonheur intime qui va trouver son plein développement dans la douceur profonde de la finale es tu. La troisième phrase chante le guide bien aimé qui conduira l’âme dans les sentiers de la béatitude promise. Après avoir souligné d’un accent de ferme confiance própter nómen túum\, le mot de la promesse\, la mélodie dans un très bel élan s’élève d’une octave et va s’épanouir sur míhi dans un accent de joie enthousiaste cette fois ; la joie d’être conduit sur le chemin de la lumière et de l’amour par celui qui est la Lumière et l’Amour mêmes. La dernière incise est\, elle aussi\, pleine de bonheur\, mais d’un bonheur plus intime encore. La mélodie est revenue à la tonique ; elle souligne et d’un pressus sur lequel se mettra l’ardeur du désir\, et\, par une cadence bien posée sur la double note et le torculus allongé\, elle s’achève dans la paix heureuse qui depuis le début ne l’a pas quittée. Le Psaume reprend l’idée sur son rythme plein de joie et dans la même atmosphère. Toutes les doubles notes ; celles de Déum\, les deux — de méum\, de própter\, de enútries sont des bivirgas épisématiques. La première note du climacus de refúgii\, dans certains manuscrits\, est doublée d’une virga et les deux sont marquées d’un épisème. Bien les appuyer toutes\, avec une pression délicate où passe le cœur. C’est de ces nuances d’intelligence et d’amour\, disons : de vie\, qu’est faite toute l’expression de cette pièce merveilleuse. Retenir avec grâce le motif de Déum. Les porrectus de protectórem\, légers. Bien accentuer sálvum. Dans la deuxième phrase\, veiller au phrasé de firmaméntum. Le crescendo de la troisième s’épanouira sur míhi avec une grande douceur. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nTu es le Dieu qui fait des merveilles à toi tout seul : Tu as fait connaître aux nations ta puissance. \nVerset. — Tu as délivré par ton bras ton peuple\, les fils d’Israël et de Joseph. Ps. LXXVI\, 15-16. \nDans leur sens littéral\, ces deux versets ont trait à tout ce que Dieu a fait pour le peuple juif. Ils s’appliquent ici d’une façon particulière à Abraham\, au Christ\, à l’Église. Par eux Dieu a manifesté sa puissance. Il a fait à Abraham et à sa race une place parmi les nations. Il a fait le Christ et l’Église conquérir les peuples eux-mêmes. Plus encore\, il a\, par son bras\, sauvé tous les hommes\, en les faisant un avec lui dans la charité et en les fixant dans l’éternelle béatitude de la Terre promise. C’est son admiration et sa reconnaissance pour cette merveille d’amour\, décrites en termes si précis par Saint Paul dans l’Épître\, que l’Église chante dans le Graduel\, comme un hommage à la miséricordieuse bonté qui l’a voulue et qui l’a faite. \nLA MÉLODIE\n(III) Tu es Déus qui fácis mirabília sólusNótam fecísti in géntibus virtútem túam. L’intonation est admirable de révérence humble et douce. Montant du grave vers la cadence si fine de mi\, elle amène le motif de Déus — presque exclusivement réservé au nom divin — qui se développe dans le même sentiment avec peut-être une nuance de tendresse plus marquée. Après cette première incise\, qui nous établit en relation d’intimité avec le Seigneur\, la mélodie s’emploie à chanter sa louange. Elle s’élève sur qui fácis mirabília dans un magnifique élan d’ardeur enthousiaste qui ne la quittera plus. Par delà la cadence de sólus\, où se retrouve la révérence du début\, cette ardeur passe à la seconde phrase où elle s’intensifie en un mouvement hardi qui dit fort bien la joie et la fierté de ceux qui ont été l’objet et l’instrument de cette puissance divine ; Notez le pressus qui insiste sur le si de fecísti et ceux de géntibus qui mettent le mot en un relief si fort. Même cadence de vénération pour finir la phrase\, et le mouvement repart sur virtútem. Ce n’est pas un élan hardi qui le caractérise cette fois\, mais une série de notes longues. Bien posées et répercutées sur le mot même qui dit la puissance de Dieu\, elles donnent très nettement l’impression d’une autorité qui s’impose et de la force qui l’impose. \nLe Verset. — Liberásti in bráchio túo pópulum túum\, fílios Israël et Joseph. L’expression est la même que dans la première partie. Aussi bien le sens aussi est le même ; c’est seulement un exemple particulier de la puissance divine se manifestant au monde. Une nuance de reconnaissance émue s’y mêle toutefois dans la première phrase\, amenée par bráchio túo\, si évocateur des bras du Christ étendus sur la Croix. Il s’agit de nous ; chacun de nous ayant été touché par les bras sauveurs\, qui\, à travers les sacrements\, s’offrent à tous ceux qui veulent les saisir et profiter de leur force libératrice. La mélodie a moins d’éclat cependant dans son ensemble. La première phrase s’achève bien sur la cadence du VIIIe mode\, mais toute l’incise de bráchio túo demeure en la mineur\, sans compter que\, selon toute probabilité\, l’intonation était sol-si et non sol-do. Cette nuance\, où passe comme une touche délicate de compassion et de repentir\, se prolonge sur pópulum túum tout le long de la seconde phrase. C’est une longue insistance. Les trois cadences en demi-ton sur si ou sur mi\, y mettent comme une nuance de tendresse qui n’ose pas se laisser aller\, retenue qu’elle est par le souvenir du passé. Dans la troisième phrase\, un bel accent de joie jeune\, fraiche\, ardente\, soulève l’admirable vocalise qui\, sur fílios Israël\, chante la radieuse beauté de l’Église rachetée par le Christ et sans cesse embellie du vif éclat de son Sang précieux. On remarquera notamment le motif répété de la deuxième incise si léger\, la grâce du retour de sol à do et la cadence qui\, de la tristropha où s’est épanouie l’idée\, descend vers le grave\, mais s’arrête dans la plénitude du Ier mode cette fois. Le dernier mot repart en sol. C’est comme un nouveau mouvement qui se développe en une thésis\, pleine de modération et de grâce\, elle aussi\, et qui s’achève sur la cadence du mode en une nuance toute de contemplation. Il faut chanter avec vie\, faute de quoi\, au lieu d’une louange\, ce serait une plainte. Elargir légèrement le torculus de fácis ; de même le motif de nótam. Rattacher d’aussi près que possible virtútem à géntibus. Faire les répercussions de la troisième phrase assez fortes. Dans le Verset\, passer sans respirer par-dessus le quart de barre de túo\, retenir légèrement le début de pópulum\, y compris la montée qui suit le quart de barre. Faire attention de ne pas précipiter fílios Israël après la cadence de túum ; lier et arrondir les sommets de la vocalise\, ralentir la descente sur re. Bien rythmer la cadence de Joseph. \nTRAIT\nLE TEXTE\nAcclamez le Seigneur\, toute la terre\,Servez le Seigneur dans la joie ;Entrez en sa présence avec joie. Sachez que c’est le Seigneur qui\, lui-même\, est Dieu. Lui nous a fait et non pas nous ;Nous\, nous sommes son peuple et les brebis de son pâturage. Ps. XCIX\, 1-2.Une invitation à louer Dieu et à le servir dans la joie. Elle vient ici fort à propos. Dans le Graduel\, l’Église a glorifié le Seigneur pour tout ce qu’il a fait ; elle invite maintenant toute la terre et chacun de ses habitants à se joindre à elle en une louange universelle. \nLA MÉLODIE\nCe sont les formules ordinaires des Traits du VIIIe mode. L’application aux paroles n’a rien de particulier. Un mouvement alerte contribuera à donner à cette invitation son caractère d’appel joyeux. La première phrase du dernier verset est originale. Elle attire l’attention sur et non ípsi nos\, avec une pointe d’esprit peut-être ; mais elle est bien à sa place. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nBéni es-tu Seigneur\, enseigne-moi tes justes lois. De mes lèvres\, je dirai tous les préceptes de ta bouche. Ps. CXVIII\, 12-13. Ces deux versets sont une belle paraphrase de l’Évangile. « L’aveugle guéri le suivait en glorifiant Dieu et tout le peuple ayant vu cela rendit gloire à Dieu… » Nous sommes à la fois l’aveugle guéri et le peuple qui loue. Nous glorifions Dieu : Benedictus… ; et nous lui demandons ce que l’aveugle a demandé : de connaître de mieux en mieux sa volonté et de voir en toute circonstance ce qu’il convient de dire et ce qu’il convient de faire. \nLA MÉLODIE\nElle est toute en demi-teinte ; il n’y a pas de supplication poussée dans la prière ni d’éclat dans la louange. Elle se développe dans une douce atmosphère de paix et de joie délicate. Elle n’a pas absolument le ton d’intimité de l’Introït\, mais s’en approche de très près. Les deux punctums allongés de l’intonation\, la grâce ravissante des rythmes binaires de ce premier mot\, les clivis do-si répétées et allongées\, elles aussi\, donnent à toute la première partie quelque chose de très tendre et de très humble à la fois. L’âme\, toute avec le Seigneur\, ne sent pas le besoin de pousser sa prière\, mais se trouve en même temps comme timide dans l’expression de sa louange. Elle s’enhardit quelque peu sur le premier justificatiónes túas ; mais c’est seulement à la fin de la deuxième phrase\, après qu’elle a redit\, sur les mêmes notes\, sa louange délicate\, qu’elle lance sa joie sur túas en un très beau motif qui proclame en même temps son ardente admiration pour la sagesse et l’amour de celui qui est la lumière et qui la donne avec tant de bonté. Il y a dans la troisième phrase plus de mouvement et aussi une nuance de fermeté — notamment sur lábiis méis et sur pronuntiávi — qui sert bien les mots de la promesse. Après une nouvelle cadence en fa qui rime avec celle de túas\, cette même ferme assurance se retrouve dans la troisième phrase qui s’achève en une très belle formule. L’âme toute en contemplation de la divine Sagesse\, y berce son bonheur sur les rythmes admirables dont elle s’est déjà servie pour chanter les charmes de l’Epoux dans le Graduel Diffúsa est. Ce chant demande beaucoup de délicatesse. Bien élargir les clivis de dóce me. Elargir également quelque peu la montée sur in lábiis ; y relier pronuntiávi. Relier aussi la dernière phrase à la précédente de très près. Oris demande beaucoup de soin. Pour lier comme il faut les intervalles de quarte sol-do\, on élargira légèrement le sol. Bien balancer les rythmes binaires de túi. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nIls mangèrent et furent rassasiés à l’excès ;Et leur désir\, il le leur accorda\, le Seigneur ;Ils ne furent pas déçus dans leur désir… Ps. LXXVII\, 29-30. Ces deux versets ont trait à la manne qui fut\, dans le désert\, la nourriture du peuple en marche vers la Terre promise. Dans un sens très large et en dehors du contexte\, on peut l’entendre aussi des bienfaits matériels de toute sorte dont Dieu combla Abraham et sa postérité ; mais son vrai sens spirituel a trait à l’Eucharistie dont la manne était la figure. Chant de communion parfaitement adapté. Au moment où elle se nourrit de la chair et du sang du Christ\, l’Église se redit à elle-même ces mots par lesquels les Juifs chantaient la satisfaction de leur désir\, comme le témoignage de la joie que lui apporte la communion et comme le gage de la béatitude dont\, apr elle\, elle jouira un jour dans la Terre promise de l’éternité. \nLA MÉLODIE\nLe texte n’est qu’un récit et l’auteur l’a traité comme tel\, très sobrement\, mais dans une atmosphère de joie profonde. Joie sans éclat ici encore\, mais qui est partout ; dans le mouvement discret de l’intonation qui va s’épanouir sur le pressus dans un rythme et une tonalité si franche\, dans la souplesse admirable de saturáti sunt\, dans les cadences profondes de nímis et de eórum si expressives d’une satisfaction totale\, dans le beau mouvement de éis si plein de fervente gratitude pour la miséricorde du Seigneur qui se pencha sur les pèlerins de la Terre promise et qui continue de se pencher sur ceux de la Jérusalem céleste\, dont nous sommes… Dans la dernière phrase\, il faut noter le bel accent de fraudáti. Cette constatation heureuse de la promesse tenue et dépassée se développe jusqu’à la fin. Sur l’admirable motif de a desidério vient s’y ajouter l’assurance que le désir\, sans cesse renaissant\, de posséder toujours plus le Seigneur dans l’Eucharistie sera\, lui aussi\, sans cesse comblé… et au-delà. Chanter avec beaucoup de souplesse. Donner un peu de poids à la syllabe accentuée de manducavérunt\, de même à la première note des podatus de et saturáti. Pas de ralenti à eórum. La double note de fraudáti est une bivirga épisématique. Qu’elle soit bien appuyée et que toute la confiance que donne à l’âme l’action miséricordieuse du Seigneur\, y passe et se continue\, mêlée au désir\, sur a desidério\, qui sera très expressif. \n Polyphonies pour le Carême \nÉpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici.
URL:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/dimanche-de-la-quinquagesime/2027-02-07/
CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Temporal
ATTACH;FMTTYPE=image/jpeg:https://www.musique-liturgique.com/wp-content/uploads/2012/05/quincagesime.jpg
LOCATION:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/dimanche-de-la-quinquagesime/2027-02-07/
END:VEVENT
BEGIN:VEVENT
DTSTART;VALUE=DATE:20270210
DTEND;VALUE=DATE:20270211
DTSTAMP:20260525T131713
CREATED:20250218T115642Z
LAST-MODIFIED:20260113T125119Z
UID:10000161-1802217600-1802303999@www.musique-liturgique.com
SUMMARY:Mercredi des Cendres
DESCRIPTION:A noter: il n’y pas de Gloria. \nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nAutrefois\, le mercredi avant le premier Dimanche de Carême les pécheurs\, qui\, en raison de leurs fautes graves étaient soumis à la pénitence publique se réunissaient à l’Église. Le pontife bénissait les cilices qu’ils auraient à porter et leur imposait les cendres\, symbole du repentir et de la mort qui tue la concupiscence ; puis\, au chant des Psaumes de la pénitence\, ils recevaient l’ordre de se retirer dans un monastère jusqu’au Jeudi Saint.La cérémonie actuelle garde l’esprit de cette ancienne coutume ; les chants sont tous des appels à la miséricorde\, pénétrés à la fois d’humble contrition et de l’énergie qui caractérise la résolution d’être meilleur. \nI – La Bénédiction des Cendres –\nAntienne Exáudi nos\nLE TEXTE\nExauce-nous\, Seigneur\, puisque compatissante est ta bonté. Selon l’abondance de ta miséricorde\, regarde-nous\, Seigneur.Ps. – Sauve-moi\, ô Dieu : car elles sont entrées\, les eaux\, jusque dans mon âme. Ps. LXVIII\, 17\, 2.Le Psaume LXVIII n’est pas un des Psaumes de la pénitence\, mais c’est un émouvant appel à la pitié divine. David fait plus que d’y exposer ses malheurs et de crier vers Dieu ; c’est l’histoire du Christ dans la Passion\, l’histoire du Christ souffrant pour la rémission des péchés et appelant la miséricorde du Père sur ses membres repentants qu’il chante. Aussi bien\, l’Eglise\, qui continue le Christ\, n’a-t-elle eu qu’à choisir quelques versets pour y trouver l’expression de sa misère criant vers la miséricordieuse bonté de celui qui détient le pardon. \nLA MÉLODIE\nIl y a un motif qui revient quatre fois ; sur quóniam benígna est (deux fois)\, sur misericórdia et sur secúndummultitúdinem ; un intervalle de tierce mineure ré-fa – qui se prolonge sur une tristropha. Il caractérise toute la première partie de l’antienne. Il en fait une sorte d’appel\, comme un cri de détresse où se mêle de l’effroi ; le cri des âmes perdues dans l’abîme du péché qui supplient le Seigneur de les en retirer. Peu à peu\, à l’idée de la miséricorde\, la plainte diminue et se change en supplication. Dans la première incise\, elle a complètement disparu ; il y a même un accent d’intimité sur réspice nos Dómine. L’amour a chassé la crainte.Les tristrophas doivent être douces\, comme toute la mélodie d’ailleurs. \nII – La distribution des Cendres –\nAntienne Immutémur\nLE TEXTE\nChangeons notre vêtement en cendre et en cilice :Jeûnons et pleurons devant le Seigneur :Car il est très miséricordieux et prêt à nous remettre nos péchés\, notre Dieu.Ces paroles ne sont pas dans l’Ecriture\, mais les idées y sont familières\, particulièrement en Joël II\, 13.Elles sont ici comme un réponse à la dernière oraison de la Bénédiction. L’Eglise y demandait pour les fidèles la grâce de faire pénitence sous la cendre et le cilice. Disposés à recevoir cette grâce\, ceux-ci chantent la résolution qu’ils ont prise…Changeons notre vêtement… \nLA MÉLODIE\nOn y trouve tous les sentiments qui se mêlent dans le repentir : Sur Immutémur hábitu\, si ferme et si décidé\, la résolution de changer de vie ; sur cínere\, la contrition humble qui se voile et s’efface ; sur et cilício\, le cri de douleur ; le repentir qui se lamente\, dans le grave\, sur plorémus et\, brusquement\, à l’aigu\, sur ánte Dóminum. La troisième phrase chante plutôt la miséricorde\, c’est une sorte de réflexion dans laquelle l’âme nourrit sa raison d’espérer ; les demi-cadences du IVe mode la pénètrent de confiance et déjà d’une nuance de paix.Retenir légèrement la descente de quía dans la troisième phrase ; de même celle de nóstra. \nAntienne Júxta vestibulum\nLE TEXTE\nEntre le vestibule et l’autel\, se lamenteront les prêtres et les lévites du Seigneur\, et ils diront :Epargne\, Seigneur\, épargne ton Peuple :Et ne ferme pas les bouches de ceux qui crient vers toi. Joël II\, 17.C’est l’ordre donné par Joël pour la pénitence qui réconciliera Dieu avec son peuple. L’Eglise s’en sert ici pour le même objet. \nLA MÉLODIE\nDans la première partie\, la mélodie se développe comme une plainte sombre\, fort bien servie par les formules du IVe mode\, notamment la tristropha de et et les cadences de altáre et de sacerdótes. Dans la seconde\, elle est une nouvelle supplication sur óra clamántium et s’achève sur Dómine\, qui reçoit\, comme il convient\, un large développement\, dans une atmosphère d’humble contrition.Bien appuyer le salicus de Párce Dómine\, si expressif. \nAntienne Emendémus\nLE TEXTE\nRéparons par une vie meilleure les péchés que\, dans notre ignorance\, nous avons commis :De peur que soudain préoccupés le jour de la mort\, nous cherchions le temps de la pénitence sans pouvoir le trouver.Prête-nous attention\, Seigneur\, et aie pitié :Parce que nous avons péché contre toi.Verset. – Aide-nous\, Dieu notre salut : et pour l’honneur de ton nom\, Seigneur\, délivre-nous.La première partie et le refrain s’inspirent de nombreux passages d’Esther et de Joël. Le verset est tiré du Psaume LXXVIII\, VV. 7\, 8\, 9. \nLA MÉLODIE\nToute la première partie est empreinte d’énergie. L’Eglise exhorte avec force ses membres à réaliser ce qu’ils ont décidé de faire. Notez l’élan du début\, avec le salicus fortement posé sur emendémus et je ne sais quoi de vif sur in mélius\, comme l’élan d’un départ. Une nuance de tristesse s’étend sur peccávimus\, la tristesse lourde du péché. Dans la deuxième phrase\, l’idée de la mort amène comme une touche de frayeur. La prière jaillit alors dans un bel accent de ferveur confiante sur Atténde Dómine ; puis\, après s’être faite très humble et comme chargée de honte sur miserére\, elle s’achève elle aussi\, à l’évocation du péché\, sur la même formule lourde de tristesse qui vient rimer\, pour la troisième fois\, avec peccávimus et possímus.Dans le Verset\, la supplication est plus osée\, plus confiante\, plus intime. C’est très remarquable dans l’élan du début et dans le mouvement plus dégagé qui se continue jusqu’à la fin. On notera l’insistance habile sur salutáris nóster\, «toi qui es chargé de notre salut »\, et\, après le própter nómen túum\, traité en teneur de psaume\, le très suppliant Dómine líbera nos préparant la reprise ardente de Atténde.Faire l’accent de Atténde fort ainsi que celui de Dómine. Ne pas ralentir miserére. \nIII – La Messe –\nINTROÏT\nLE TEXTE\nTu as pitié de nous\, Seigneur\, et tu ne hais rien de ce que tu as fait\,Dissimulant les péchés des hommes à cause de la pénitence et leur pardonnant !Parce que tu es le Seigneur notre Dieu.Ps. – Aie pitié de moi\, ô Dieu\, aie pitié de moi car\, en toi\, elle se confie\, mon âme. Sagesse XI\, 24\, 27. Ps. LVI\, 2.Ces deux versets sont un hommage à la miséricorde divine qui ne cesse pas d’agir en dépit des ingratitudes des hommes. C’est dans ce sens général\, que l’Eglise les entend ici. Toutefois\, après la  réception des Cendres qui a valu tant de grâces de pardon à ses membres\, elle y mêle tout naturellement sa reconnaissance ; sa confiance et sa supplication aussi\, car elle sait bien qu’il y a encore à pardonner ; de sorte que cette affirmation très simple est en même temps hommage de foi\, action de grâces\, et prière. \nLA MÉLODIE\nL’âme parle au Seigneur dans l’intimité. Elle le fait avec une grande simplicité tout au long de la première phrase\, enveloppant Dómine de tendresse et soulignant\, par son insistance sur ómnium et sur níhil eórum\, l’universalité de la miséricorde divine.Dans la seconde\, elle s’anime un peu. L’idée\, si actuelle\, du péché et de la pénitence semble faire la supplication dominer. C’est elle qui\, sur la formule entendue trois fois déjà dans le Répons Emendémus\, mais reprise ici à la quinte supérieure\, monte ardente\, mettant en plein relief devant le Seigneur própter pæniténtiam\, le mot auquel la miséricorde ne résiste pas.Après ce cri qui met en relief son mérite\, l’âme revient à l’intimité paisible du début\, s’attardant toutefois sur párcens íllis comme en une pression délicate ?  Puis\, évoquant sur quía tu es Dóminus Déus nóster le choix que Dieu a fait de l’Eglise et les promesses qu’il lui a données\, elle y met une fois de plus son amour reconnaissant\, sa confiance et sa supplication. Celle-ci devient directe et ardente dans le Psaume… «Aie pitié de moi\, Seigneur\, aie pitié de moi… »Le mouvement sera modéré\, sans lenteur\, et entretenu.Prolonger la double note de eórum ; dans certains manuscrits c’est une bivirga épisématique.La seconde phrase\, a tempo. La première note des podatus de própter un peu allongée. Peu ou pas de ralenti à la fin de pæniténtiam. Retenir párcens íllis. Elargir le torculus de tu es.Le Psaume\, très humble et très priant. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nAie pitié de moi\, ô Dieu\, aie pitié de moi :Car\, en toi\, mon âme se confie.Verset. – Il a envoyé du ciel\, et m’a délivré :Il a livré à l’opprobre eux qui m’ont foulé aux pieds. Ps. LVI 2\, 4.Dans le premier verset\, le psalmiste lance un appel à la miséricorde du Seigneur. Dans le second\, il voit dans l’avenir son appel exaucé.Le sens demeure le même dans le cadre liturgique de ce début de Carême. Le sous-diacre vient de lire à l’Epître le texte de Joël : « Le Seigneur a été touché  de zèle pour son pays et il a épargné son peuple et il a dit : Voici\, je vous enverrai du blé\, du vin\, de l’huile… » L’âme\, remise en confiance\, en dépit de son péché\, par ce qu’elle a entendu\, se tourne vers Dieu. Elle lui demande d’avoir pitié d’elle\, lui redit sa confiance et\, dans un cri tout vibrant d’espoir\, voit déjà le secours qui vient du ciel. Non pas du blé\, du vin\, de l’huile cette fois\, mais le Christ\, l’Envoyé\, Celui qui changera le blé et le vin en son Corps et en son Sang et donnera à l’huile un pouvoir de salut\, mettant ainsi sur nous la puissance libératrice de sa passion\, de sa mort et de sa résurrection. \nLA MÉLODIE\nMiserére méi Déus miserére méi : quóniam in te confídit ánima méa.La première phrase\, qui se déroule toute entière dans le grave\, est sombre. Elle ne manque pas d’ardeur\, notamment sur méi\, mais l’âme\, couverte de confusion\, n’ose pas lever les yeux sur celui qu’elle implore.Dans la seconde\, peu à peu elle domine sa honte et c’est une prière intense que\, de toutes ses forces\, elle lance vers Dieu. La mélodie monte de plus en plus insistante sur les rythmes ternaires de miserére\, met un accent d’ardente supplication sur méi et va s’épanouir\, toujours suppliante\, sur le pressus qui commence la dernière incise\, avant de redescendre doucement vers la tonique\, humble encore\, mais apaisée.Les deux autres phrases ne sont plus un appel direct à la miséricorde. L’âme dit à Dieu sa confiance et s’en sert pour plaider sa cause. La mélodie est tout autre ; il n’y a plus de honte ni de supplication ardente\, c’est la paix et presque la joie ; notez le motif de quóniam qui revient sur ánima et les rythmes qui s’allègent peu à peu. Le tout s’achève sur méa en une longue vocalise toute heureuse\, qui se revêt à la fin\, sur les trois punctums – qui sont trois virgas épisématiques – d’un dernier accent de confiance assurée et forte.Verset. – Mísit de caélo et liberávit me\, dédit in oppróbrirum conculcántes me.La mélodie\, établie dès le début sur la dominante dans l’attitude de confiance où elle s’est mise ; elle la voit venir si précise et si nette dans la personne du Christ\, dans son Esprit\, dans sa grâce qui va lui appliquer de nouveau à Pâques le fruit de la Rédemption\, que c’est déjà la joie de sa délivrance qu’elle chante. Notez le long développement de caélo en une sorte de contemplation heureuse\, et la progression des pressus sur liberávit me avec l’ardeur qu’ils font s’épanouir sur la double note du sommet.Le mouvement de la seconde phrase qui est léger au début\, avec peut-être une nuance de revanche quelque peu hautaine\, se fait plus retenu dans la suite\, comme si l’âme s’indignait à la pensée de tout ce qu’elle a eu à supporter. Cet assombrissement passager disparaît dans la finale\, qui est un bel élan de joie s’achevant dans la paix\, avec le même accent de confiance sur les dernières notes.Le mouvement ne doit pas être rapide\, mais il ne faut pas traîner.La double note de méi est une bivirga épisématique\, la bien appuyer de tout le poids de la supplication ; Déus\, ensuite\, léger. Bien mener le mouvement du deuxième miserére en progression  jusqu’à la double note sur do. Très peu  de ralenti au torculus de la fin de la phrase.Relier la troisième phrase à la seconde. Les podatus de in te un peu  retenus sur leur première note. Rattacher ánima à confídit. Prolonger et même répercuter délicatement la triple note de la fin qui est une trivirga épisématique\, en l’appuyant bien ; l’expression en sera considérablement accrue.Le verset\, plus léger\, joyeux même.Le scandicus qui monte au do\, sur caélo\, retenu ; le reste du mot souple. La double note qui suit les pressus est bivirga épisématique\, la pression exercée sur les pressus se continuera sur chacune des bivirgas. Même interprétation sur liberávit me.Que le mouvement thétique de oppróbrium soit très lié\, les ictus à peine touchés\, intellectuels. Mener le mouvement en progression sur conculcántes. Exécuter\, de la même façon que dans la première partie\, la trivirga de la fin. \nTRAIT\nLE TEXTE\nSeigneur\, ne nous traite ni selon les péchés que nous avons commis\, ni selon nos iniquités.Seigneur\, ne garde pas souvenir de nos iniquités passées.Qu’elles se hâtent vers nous\, tes miséricordes\, car malheureux nous sommes devenus à l’excès.Aide-nous\, Dieu notre salut\, et pour la gloire de ton nom\, délivre-nous ;Et sois bien disposé à l’égard de nos péchés à cause de ton nom. Ps. CII\, 10\, LXXVIII\, 8-9.Ces versets forment à eux trois une supplication qui contient tous les éléments de la prière pénitente : appel à la clémence\, à l’oubli\, à l’aide. \nLA MÉLODIE\nLe premier verset se déroule dans le grave autrour de re. L’intonation\, très priante dans la progression de plus en plus ardente des pressus\, ne s’élève que peu à peu\, mais demeure\, comme tout le verset d’ailleurs\, timide\, humble\, pénétrée de contrition. Ici encore\, l’âme n’ose pas regarder celui qu’elle implore ; son chant ne s’élève que sur les mots où elle s’accuse : peccáta nóstra quæ fécimus nos\, iniquitátes nóstras. La dernière syllabe de nóbis qui reprend le très beau motif du début de l’intonation est caractéristique de cette prière en plaintes étouffées.Le second verset s’établit dès le début sur le fa. Le mot Dómine n’a plus rien de sombre. Il semble que la honte ait disparu ; la supplication prend tout. Elle éclate\, ardente\, sur memíneris et aux cadences de antiquárum et de túæ.C’est au début du troisième verset\, établi cette fois sur le la\, qu’elle atteint son maximum. Dès les premières notes\, elle  touche sur adjuva nos les limites extrêmes du mode. Cet appel au secours\, qui monte pressant comme un cri de détresse\, a quelque chose d’émouvant d’autant qu’à ce moment tout le monde se met à genoux. Les mêmes motifs de prière ardente se retrouvent aux cadences\, sur salutáris nóster\, sur líbera nos et\, avec quelque chose de plus fort encore\, sur peccátis nóstris. L’âme peu à peu s’apaise sur la longue finale\, et c’est dans une atmosphère de douce confiance que la prière prend fin.Dans l’intonation\, mener le mouvement en progression jusqu’au pressus de Dómine. Ne pas mettre d’emphase dans les teneurs\, que tout soit simple et humble. Bien conduire le mouvement vers les pressus de nos et de nóstra\, et bien accentuer nóbis. Que le pressus de la fin soit doux.A tempo sur Dómine\, au début du second verset. La distropha et la tristropha de antiquárum\, douces.On peut chanter le dernier verset un peu plus lentement ; surtout le faire pressant. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nJe t’exalterai\, Seigneur\, parce que tu m’as accepté et que tu n’as pas fait se réjouir mes ennemis sur moi.Seigneur\, j’ai crié vers toi et tu m’as guéri. Ps. XXIX\, 2-3.Ces deux versets n’ont rien de pénitentiel. Ils demeurent ce qu’ils furent sur les lèvres du peuple Juif\, une louange de reconnaissance.L’Eglise qui s’offre avec la matière du sacrifice\, súscipe sáncte Páter…\, prend conscience que Dieu l’accepte et que cette acceptation l’enlève à la domination du démon et la guérit un peu plus des maux qu’il lui a causés. D’où sa joie et l’action de grâces qu’elle fait monter en louange vers le Seigneur et sa miséricorde. \nLA MÉLODIE\nElle est toute pénétrée de joie comme il convient à un chant de reconnaissance.Cette joie\, nette et franche dans les intervalles pleins et sonores de l’intonation\, se nuance de tendre vénération sur Dómine et va s’épanouir sur suscepísti me en une cadence du Ve mode\, paisible et heureuse\, non sans avoir souligné fortement sur quóniam l’intérêt capital de ce mot sauveur.La même insistance se retrouve sur nec delectásti\, second objet de la reconnaissance\, et la mélodie s’élève dans un très beau mouvement de joie fière et forte qui enveloppe toute la fin de la phrase après s’être épanoui avec éclat sur súper me.Les deux première phrases ont chanté le motif de la  reconnaissance ; la troisième\, elle\, est reconnaissance pure : « J’ai crié vers toi\, tu m’as guéri. » Le ton est différent\, il devient tout intime ; l’âme s’est repliée sur le Seigneur. La mélodie descend sur Dómine gracieuse et pleine de tendre vénération\, remonte en un accent de ferveur sur ad te\, puis s’étend sur sanásti me en de longs neumes contemplatifs qui ne voudraient pas finir de dire merci.Faire l’intonation légère et vivante\, qu’elle aille vraiment vers le Seigneur. Dómine\, doux et très expressif ; les dernières notes retenues. La double note de quóniam est une bivirga allongée : la bien appuyer et y faire passer l’ardeur de la reconnaissance ; la tristropha\, légère ; les quatre premières notes qui suivent\, un peu retenues. Suscepísti me\, bien souple.Un peu de mordant sur le salicus de nec ; lier les punctums aux tristrophas sur delectásti : la double note de méos est une bivirga allongée. Donner de l’éclat à súper me.La dernière phrase\, légère ; les trois dernières notes de Dómine\, élargies ; de même la montée de clamávi ad te dont la double note est une bivirga épisématique.Ralentir sanásti me jusqu’au premier torculus. La triple note du milieu est une trivirga dont les deux premières notes sont épisématiques. La dernière tristropha\, légère. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nQui méditera la loi du Seigneur\, jour et nuit\, donnera son fruit en son temps. Ps. I\, 2-3.Le sens littéraire est très clair. Le sens liturgique l’est moins. On ne voit pas de prime abord comment cette sentence s’applique au Carême et surtout au moment de la Communion. Cela tient à ce que les communions des féries du Carême\, à quelques exceptions près\, ont été choisies dans les 26 premiers psaumes à la suite les uns des autres\, sans qu’il ait été tenu compte d’autre considération. On peut toutefois l’interpréter dans le sens de cette période de pénitence qui est un temps où la méditation et le lever matinal font partie de l’ascèse ; et même dans le sens de l’Eucharistie en donnant à qui meditábitur in lége Dómini le sens de : qui gardera son esprit sur le Seigneur. La présence divine réalisée de plus en plus est en effet le fruit principal de la Communion : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi… et celui qui demeure en moi porte beaucoup de fruit. » \nLA MÉLODIE\nBien que le texte ne se prête pas à l’expression de sentiments forts\, elle est un beau mouvement de joie. Simple et alerte dans la première phrase ce mouvement eut été parfait si le si bémol n’avait pas malencontreusement pris la place du si naturel sur ac nócte.Dans la deuxième phrase\, la joie est plus intérieure. L’âme\, prise par le mot frúctum s’y arrête et contemple\, dans l’avenir tout proche\, le fruit merveilleux qu’elle va produire au cours de cette période en prêtant concours à la grâce\, et qui n’est rien moins que la vie même du Christ intensifiée en elle. L’adaptation de la mélodie est admirable. Après le bel élan de frúctum\, elle descend sur la tonique et s’y enroule\, sans autre mouvement que d’y revenir sans cesse\, comme l’âme à son idée\, et d’y prendre fin en une cadence qui porte\, en ce qu’elle a d’inachevé\, l’accent si particulier de la joie du désir.Le mouvement doit être vif dans la première phrase. La note qui précède le torculus de Dómini est une virga épisématique\, elle a l’ictus ; díe sera lié à Dómine sans aucune pause au quart de barre.Dans la seconde phrase\, à part la première partie du mot frúctum\, le mouvement est le même mais légèrement tempéré. Les podatus de témpore auront leur première note bien posée. La finale\, très peu ralentie.Polyphonies pour le carêmeEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
URL:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/mercredi-des-cendres/2027-02-10/
CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Temporal
ATTACH;FMTTYPE=image/jpeg:https://www.musique-liturgique.com/wp-content/uploads/2020/02/ash-wednesday-4823377_1280.jpg
LOCATION:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/mercredi-des-cendres/2027-02-10/
END:VEVENT
BEGIN:VEVENT
DTSTART;VALUE=DATE:20270214
DTEND;VALUE=DATE:20270215
DTSTAMP:20260525T131713
CREATED:20250218T115643Z
LAST-MODIFIED:20260113T125627Z
UID:10000166-1802563200-1802649599@www.musique-liturgique.com
SUMMARY:Premier Dimanche de Carême
DESCRIPTION:A noter: il n’y pas de Gloria. L’Alleluia est remplacé par le Trait. \nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : (II Cor. VI). Voici le temps du salut\, profiter de la grâce de l’épreuve.ÉPÎTRE : id.ÉVANGILE : Episode de la tentation de Notre Seigneur (Math. IV\, 1-11).STATION : Saint Jean de Latran.IDÉE CENTRALE : Le Carême est un temps d’épreuve. Dans les épreuves\, une grâce est mise par Dieu. Pour en profiter\, il faut vaincre l’épreuve ou la porter comme le Christ\, et sans avoir peur\, car Dieu nous grade et nous aide par ses anges. Après quoi viendra le salut\, dans la joie de Pâques\, gage de l’éternelle joie. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nIl m’invoquera\, et moi\, je l’exaucerai.Je l’arracherai (de l’épreuve) et je le glorifierai.D’une longue suite de jours\, je le comblerai.Ps. – Celui qui est à demeure sous l’assistance du Très-Haut\,        Sous la protection du Dieu du Ciel reposera. Ps. XC\, 15-16\, 1.Ces deux versets sont comme l’ouverture du drame de la tentation de Notre Seigneur\, qui est aujourd’hui l’objet de tous les chants. Le Père entre en scène et annonce ce qui va se passer. C’est donc au Christ qu’ils s’appliquent en tout premier lieu. Mais\, comme le drame continue et qu’il s’étend à tous les membres du Christ\, c’est le processus de l’aide divine dans la lutte qui se livre\, à un moment ou à un autre en chacun de nous\, que le Père décrit et qu’il enveloppe de sa parole forte et pleine de réconfort.Ranimée par cette promesse du secours divin qui la fera sans faiblir traverser l’épreuve et atteindre le bienheureux repos\, l’Eglise chante alors dans le Psaume sa confiance inébranlable. \nLA MÉLODIE\nC’est le Père qui parle. Sa voix dès le premier mot est empreinte de paix\, de douceur\, d’aimable bienveillance. Elle se nuance d’autorité et de ferme assurance sur et égo exáudiam et sur érípiam ; s’exalte sur glorificábo en un mouvement plein d’éclat qui évoque la splendeur de la gloire promise ; s’étale sur longitúdine comme pour symboliser la durée des jours heureux qui seront l’issue de la lutte et s’achève sur adimplébo dans la même docueur paisible et forte.On ne ralentira que très peu les fins de phrase et on les fera bien semblables\, car elles riment\, et dans le texte et dans la mélodie\, mettant d’ailleurs ainsi en un très frappant relief le Christ et ses membres\, que le pronom éum représente.Pas de dureté sur la tristropha de exáudiam ni sur erípiam\, qui sera toutefois bien appuyé. Les deux derniers neumes de glorificábo légèrement retenus. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nA ses Anges\, il t’a recommandé\, afin qu’ils te gardent sur tous les chemins.Verset. – Dans leurs mains ils te porteront\, pour que jamais tu ne blesses à la pierre ton pied. Ps. XC\, 10-11.Si l’on se borne à ne voir dans l’office que la représentation liturgique du drame de la tentation du Christ\, ces deux versets sont comme la voix du prophète qui vient se faire entendre en manière d’encouragement avant que commence l’action. Mais il faut aller plus loin. Le drame est élargi ici à la mesure du Corps mystique. Après l’incident du désert\, Satan ne s’est éloigné que pour un temps. Il est revenu très vite autour de l’Eglise et de  chacun de ses membres\, pour qui il demeure un danger toujours actuel. Dès lors\, ce n’est plus à Notre Seigneur seul que s’appliquent les versets du psaume mais à tous ses membres ; et ce n’est plus seulement la voix du prophète qui chante mais la voix de l’Eglise\, chargée de fortifier\, d’encourager\, de réconforter ceux qui ont à porter le  fardeau de la résistance ; la voix de toute l’Eglise\, celle du Christ et des élus et des âmes du Purgatoire qui parlent d’expérience\, et celle de tous ceux qui\, sur la terre\, ont mission de nous aider\, en nous communiquant quelque chose de leur foi et de leur confiance.Ainsi entendu\, le Graduel est tout à fait à sa place après l’Epître où Saint Paul nous présente le dur labeur de l’ascèse chrétienne comme l’arme défensive et offensive du combat. \nLA MÉLODIE\nC’est la mélodie type des graduels du IIe mode. On ne saurait\, il va de soi\, y chercher une expression particulière ; il reste que dans l’ensemble elle a bien le ton de sympathie\, de bienveillance\, de tendresse délicate qui communique aux mots la puissance merveilleuse du réconfort. Beaucoup d’ailleurs se trouvent fort bien servis : mandávit\, à qui le salicus donne une touche de ferme autorité ; ut custódiant\, avec la bivirga qui fait la recommandation si pressante ; les deux pronoms te qui reçoivent une marque particulière de sollicitude\, ainsi que túis à la fin de la première partie ; in mánibus portábunt te\, léger comme un vol d’ange ; ne únquam\, avec une nuance d’expresse recommandation…Compte tenu de ce qui vient d’être dit\, on ne saurait ajouter quoi que ce soit aux conseils d’exécution donnés à la fin des graduels de la Vigile de Noël et de la Messe de Minuit . \nTRAIT\nPs. XC.Le Psaume XC est un dialogue entre une âme qui se confie à Dieu et une autre âme qui lui réplique en lui détaillant tout ce qu’elle recevra du divin Protecteur. Le Seigneur intervient à la fin pour tout confirmer.Au sens liturgique\, la première sera l’âme qui va se livrer à la pratique de l’ascèse durant le Carême\, la seconde\, l’Eglise\, comme dans le Graduel. C’est Dieu le Père qui interviendra à la fin.Comme le texte est composé du Psaume XC presque tout entier et que la mélodie n’a pas d’originalité propre\, étant faite des formules psalmiques du IIe mode\, il a paru préférable de ne pas les traiter à part l’un de l’autre mais d’indiquer seulement\, après la traduction de chaque verset\, les expressions particulièrement marquées. \nI – Chant de l’âme qui se confie à la garde du Très-Haut –\n– Celui qui est à demeure sans assistance du Très-Haut\, sous la protection du Dieu du Ciel reposera.Le mot hábitat est bien en évidence. Il ne s’agit pas en effet de celui qui  demande\, en passant\, la protection divine mais de celui qui demeure sous l’assistance du Très-Haut. Les deux premières notes doivent être très légèrement élargies et unies en un seul temps. Altíssime arrive très heureusement à la cadence de la médiante. Déi caéli est le mot le plus expressif ; par le punctum allongé\, la quinte descendante et la distropha suivie de la tristropha répercutée\, il est enveloppé de tendresse\, en même temps qu’est mis en évidence tout ce qu’a de précieux une si haute protection. Il y a sur non commorábitur une belle touche de ferme assurance.– Il dira au Seigneur : Tu es celui qui m’a pris et mon refuge\, mon Dieu. Je mettrai mon espoir en toi.Un léger ralentissement sur le premier climacus de Dómino lui donne une belle nuance de vénération. Méus es et Déus méus sont bien en relief aux cadences\, enveloppés de confiance et d’amour\, de même éum à la fin.– Parce que lui-même m’a délivré du filet des chasseurs et de la parole dure.Long développement\, confiant et tendre\, sur Ipse. Líberavit a un motif joyeux de libération. \nII – Réplique de l’Eglise –\n– Comme un oiseau\, de ses ailes\, il te couvrira et sous ses plumes\, tu auras confiance.Cadences heureuses sur obumbrábit tíbi et sur pénnis éjus.– D’un bouclier t’entourera sa fidélité. Tu ne craindras pas les frayeurs de la nuit.Scúto est très caractéristique à cause des notes prolongées et répercutées qui évoquent le bouclier étendu en protection.– Ni la flèche qui vole durant le jour\, ni les complots qui se trament dans la nuit\, ni la ruine\, ni le démon de midi.Les trois mots\, ságitta volánte\, ruína et dæmónio meridiáno ont des motifs originaux ; le même pour les deux derniers. Les triples notes sur negótio et ruína sont des trivirgas épisématiques.– Ils tomberont\, à ta gauche\, mille\, et dix mille à ta droite\, mais\, de toi\, rien n’approchera.Toute la première partie\, par le développement sur les notes élevées\, a quelque chose de joyeux qui cadre bien avec l’idée de salut assuré par la protection divine.– Parce que à ses Anges il t’a recommandé\, afin qu’ils te gardent sur tous tes chemins.Heureuses applications à te et custódiant te.– Dans leurs mains ils te porteront pour que jamais tu ne blesses\, à la pierre\, ton pied – Tu marcheras sur l’aspic et sur le basilic et tu fouleras aux pieds le lion et le dragon.Ambulábis\, leónem et dracónem ont un développement qui les souligne fortement. \nIII – Intervention du Seigneur –\n– Parce qu’en moi il a mis sa confiance\, je le délivrerai ; je le protégerai\, parce qu’il a fait appel à mon nom.Sperávit\, mot entre tous important\, est en plein relief; de même les deux éum.– Il m’invoquera\, et moi je l’exaucerai\, je suis avec lui dans la tribulation.Ego sur la formule ordinaire est particulièrement expressif : le ralentir légèrement.– Je le retirerai de l’épreuve et je le glorifierai. D’une longue suite de jours je le comblerai et je lui ferai voir le salut.Tous les pronoms éum sont en relief. Longitúdinem diérum a la même formule que dans l’Introït\, une longue tenue répercutée\, très évocatrice. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nSous ses ailes\, il te couvrira d’ombre\, le Seigneur ;Et sous ses plumes\, tu pourras espérer ;D’un bouclier\, t’entourera sa fidélité. Ps. XC\, 4-5.Après avoir entendu le récit de la tentation du Christ et l’avoir vu dans le triomphe de sa victoire\, servi par les Anges de Dieu\, l’Eglise chante ces deux versets aux fidèles pour leur dire tout ce qu’ils trouveront de confiance\, de force\, de tendresse maternelle\, dans le Seigneur s’ils veulent s’abandonner à sa protection et se réfugier en lui\, comme les poussins sous les ailes de leur mère. \nLA MÉLODIE\nElle est aimable\, douce et tendre comme la voix d’un ami annonçant à un ami des félicités dont il a déjà fait lui-même l’expérience.L’intonation\, toute paisible\, est déjà pénétrée de joie ; une joie qui s’exalte un peu sur obumbrábit et qui devient toute tendresse dans l’admirable retombée de tíbi Dóminus.Il y a plus de mouvement dans la seconde phrase ; l’exaltation grandit. La mélodie souligne éjus d’une fervente vénération qui est comme un tendre hommage à la maternelle douceur du Père et qui en évoque les joies profondes\,  puis elle va s’évanouir sur sperábis\, chantant avec éclat l’espérance qui garde le courage intact.Ce mouvement plein d’élan continue dans la dernière phrase. Scúto a la même formule que dans le Trait\, étendue comme une force protectrice. Sur circúmdabit te une nuance de tendresse très marquée domine\, mais pour un instant seulement. C’est dans une sorte de grandeur majestueuse que tout s’achève sur véritas éjus\, comme un hommage à la  fidélité infinie de Dieu\, sur quoi tout repose.Bien mener le crescendo jusqu’à tíbi dans la première phrase et qu’il soit discret.Ralentir légèrement la descente de éjus\, y rattacher sperábis dans un seul mouvement. La double note est une bivirga épisématique\, y mettre le ferme appui de l’espoir vivant. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nSous ses ailes\, il te couvrira d’ombre\, le Seigneur ;Et sous ses plumes\, tu pourras espérer ;D’un bouclier\, t’entourera sa fidélité. Ps. XC\, 4-5.C’est le même que pour l’Offertoire. L’interprétation aussi est la même\, rendue seulement plus actuelle et plus vivante du fait de la communion ; le bonheur d’être caché en Dieu\, maintenant et à jamais\, et de jouir de lui\, dans la confiance et la paix\, étant le fruit de l’Eucharistie. \nLA MÉLODIE\nL’expression d’ensemble ne diffère guère de celle de l’Offertoire que par des nuances. C’est bien la même tendresse révélant le même bonheur. On la trouve dès l’intonation avec toutefois\, sur súis\, un accent qui a quelque chose de plus profond\, de plus intime : l’évocation des joies de la présence divine. Dans la seconde phrase\, c’est pénnis qui est en relief et non éjus\, mais c’est bien le même amour ardent et délicat. Scúto légèrement élargi prend cette fois avec circúmdabit te la forme d’une enveloppante sollicitude.La double note de súis est une bivirga épisématique ; la faire très expressive. Bien allonger pénnis\, comme une aile qui s’étend ; donner tout le poids du rythme à la dernière note. Elargir circúmdabit.Polyphonies pour le carêmeLe Trait de la messe de ce 1er dimanche de Carême étant particulièrement long (3 pages et demie)\, nous vous proposons une version en faux-bourdon\, à savoir une alternance de psalmodie grégorienne et de polyphonie; cette dernière est sur le thème du De profundis parisien. Le résultat est très beau et la mise en œuvre aisée.Epître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
URL:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/premier-dimanche-de-careme/2027-02-14/
CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Temporal
ATTACH;FMTTYPE=image/jpeg:https://www.musique-liturgique.com/wp-content/uploads/2012/05/1careme.jpg
LOCATION:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/premier-dimanche-de-careme/2027-02-14/
END:VEVENT
BEGIN:VEVENT
DTSTART;VALUE=DATE:20270221
DTEND;VALUE=DATE:20270222
DTSTAMP:20260525T131713
CREATED:20250218T115654Z
LAST-MODIFIED:20260113T130044Z
UID:10000171-1803168000-1803254399@www.musique-liturgique.com
SUMMARY:Deuxième Dimanche de Carême
DESCRIPTION:A noter: il n’y pas de Gloria. \nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : Histoire de Jacob (Gen XVII). \nÉPÎTRE : I Thess. IV\, 1-7. S’abstenir de pécher afin de réaliser la sanctification à laquelle Dieu nous a appelés en Jésus-Christ. \nÉVANGILE : Transfiguration de Notre Seigneur. \nSTATION : Sainte Marie in Dominica. \nIDÉE CENTRALE : Le Samedi des Quatre-Temps était jour d’ordination. La cérémonie commencée tard dans la soirée durait toute la nuit et s’achevait aux premières heures du dimanche par la messe qui est aujourd’hui celle du Samedi. Il n’y avait donc pas de messe le Dimanche. Ce n’est que plus tard\, quand la liturgie romaine fut célébrée hors de Rome\, que celle que nous chantons aujourd’hui fut composée. Les chants furent empruntés au mercredi précédent\, l’Évangile au samedi ; l’Épître est propre. Voulue ou non\, une idée se dégage assez nette de l’ensemble. Jacob\, le béni de son père\, doit souffrir de longues années avant de conquérir l’épouse avec laquelle il fondera sa race. Avant d’entre dans l’épreuve\, il jouit à Béthel\, de la vision de la gloire céleste et reçoit la bénédiction du Très-Haut pour lui et sa postérité. Ainsi le Christ\, Fils bien-aimé du Père\, doit-il passer par la souffrance et la mort pour conquérir son épouse\, l’Eglise. Avant d’entrer dans l’épreuve\, il laisse la splendeur de sa gloire paraître et le transfigurer aux yeux des apôtres\, puis\, lui aussi\, reçoit la bénédiction du Père : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé… » Ainsi de nous ; avant d’atteindre le jour où nous serons unis à l’Epoux\, dans la gloire des noces de l’Agneau\, nous avons à passer par les épreuves ; la souffrance\, la mort : toutes choses mises sur notre chemin pour nus purifier et nous rendre dignes de l’union divine qui nous attend. Le Carême et la Passion en sont\, plus que toutes les autres périodes\, le temps. Au moment où nous commençons à en entir le poids\, la vision du Christ transfiguré nous est offerte\, comme pour révéler la béatitude qui sera le fruit de notre épreuve\, quand nous serons avec lui enveloppés dans la même lumière de gloire. Mais cet état ne se réalisera que par la miséricorde de Dieu : tous les chants de la messe la demandent donc.Dimanche de la miséricorde\, demandée\, manifestée\, expérimentée. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nSouviens-toi de tes bontés\, Seigneur\, Et de ta miséricorde\, qui avant le temps sont. \nQue jamais ne dominent sur nous nos ennemis : libère-nous\, Dieu d’Israël\, de toutes nos angoisses. \nPs. – Vers toi Seigneur\, j’ai levé mon âme. \nMon Dieu\, en toi j’ai confiance\, je n’aurai pas à rougir. Ps. XXIV\, 7\, 22\, 1\, 2. \nIl faut distinguer dans ce texte deux idées différents : un appel à la miséricorde du Seigneur et une prière pour qu’il nous délivre de nos ennemis. Ce serait une erreur de traduire ne par afin que\, reliant ainsi ne únquam à reminíscere. « Souviens-toi...» forme une phrase ; « Que nos ennemis ne nous dominent pas…» en forme une autre. La mélodie appuie fortement cette interprétation. Il reste que le tout ne fait qu’une seule prière\, mais avec deux objets.Le premier\, c’est le pardon des péchés. Il n’est pas explicitement mentionné car la miséricorde a un objet plus étendu\, mais tout le contexte du Psaume l’indique\, de même le contexte liturgique. Le fait d’ailleurs qu’il demeure inexprimé donne au texte quelque chose de plus intime\, comme une plainte dont on garde au fond de l’âme l’objet précis\, sachant bien qu’il est connu de celui à qui l’on s’adresse.Le second\, c’est d’être libéré. De quels ennemis ? Pour le psalmiste\, il s’agissait tout d’abord de ses ennemis personnels ou de ceux du peuple juif. Pour l’Eglise\, il s’agit aussi de ses ennemis extérieurs\, toujours agissant ici et là de quelque manière\, mais\, plus encore\, des ennemis de l’âme : le démon\, le monde\, la concupiscence\, plus actifs peut-être en un temps de pénitence qu’en tout autre période. Entendue ainsi\, dans un sens spirituel\, cette seconde idée rejoint la première et forme avec elle un ensemble qui se tient comme se tiennent les dernières demande du Páter : Pardonnez-nous nos offenses… et ne nous laissez pas succomber à la tentation\, mais délivrez-nous du mal.Prière de l’Eglise pénitente. \nLA MÉLODIE\nElle aussi se compose de deux parties.La première est faite de deux phrases à peu près semblables. Elles sont composées l’une et l’autre de deux incises qui commencent par une tristropha. Nous avons déjà rencontré cette forme musicale dans l’Introït Omnis térra\, le IIe Dimanche après l’Epiphanie. Elle s’alliait là à un développement mélodique assez considérable ; il n’en n’est pas de même ici\, la mélodie descend du fa au re\, remonte du re au fa avec quelques broderies au sol et au la et c’est tout. Il s’ensuit une sorte de monotonie sans couleur\, un ton de grisaille\, mais qui est de la plus haute expression. Prière de contrition. Elle n’est pas seulement humble\, elle est lourde de souffrance\, de cette souffrance particulière qu’est le poids du péché revenant toujours le même. Il n’y a pas d’appel angoissé\, pas de cri de détresse\, pas de passion ; une plainte murmurée délicatement\, sans souci de plaider\, ni de presser\, répétée sur le même motif quatre fois\, alourdie par la longueur de la tristropha du début et s’achevant sur une cadence\, triste elle aussi\, de la tristesse du péché. Mais au fond de cette monotonie\, l’enveloppant\, la vivifiant de l’intérieur\, une tendresse toute fixée sur Dieu\, confiante\, assurée déjà\, par l’expérience\, du pardon qui\, une fois de plus\, va venir.Dans la seconde partie\, c’est la même sobriété\, la même réserve\, avec toutefois quelque chose de plus extérieur. Un sentiment plus vif perce un peu partout. La supplication se fait plus osée. Elle insiste. Aussi bien ne s’agit-il plus seulement de l’âme elle-même et de son péché mais de ses ennemis qui sont aussi les ennemis de Dieu. Il y a sur le pressus et sur la double note de ne únquam – qui est une bivirga épisématique – une allure de décision ferme\, avec une touche d’indignation qui devient de plus en plus ardente sur inimíci nóstri.Elle passe à la phrase suivante où elle mêle à la supplication revenue une nuance de force ; au début du moins\, car peu à peu la mélodie redevient paisible\, abandonnée\, intérieure\, traversée seulement à la fin\, sur angústiis\, par une sorte d’angoisse qui la fait plus émouvante encore.Tout doit être très lié. Les tristrophas seront légères\, les torculus de miseratiónum et de misericórdiæ bien arrondis.Le crescendo de la deuxième phrase sera discret mais englobera toute la phrase. Ne pas trop élargir la dernière cadence ;  un léger crescendo\, appuyé dès le début de angústiissur la clivis élargie\, le quilisma\, l’oriscus\, le salicus ; c’est un mot qui a ici un sens considérable. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nLes tribulations de mon cœur se sont multipliées :de mes angoisses\, délivre-moi\, Seigneur. \nVerset. – Vois mon abaissement et ma peine : et pardonne-moi tous mes péchés. Ps. XXIV\, 17-18.Encore deux versets du Psaume XXIV. Le sens en est clair. Le psalmiste dit à Dieu que sa souffrance d’avoir péché – disons sa contrition\, car c’est bien ce qu’il faut entendre par les tribulations de son cœur – se fait de plus en plus vive. Il le supplie de regarder son âme abaissée dans l’humble repentir\, et la peine qu’il prend pour se libérer de son péché ; et de lui pardonner enfin.Prière de l’âme repentante\, comme l’Introït. Encore qu’elle ait dû se trouver bien des fois sur les lèvres de Jacob\, et sur celles du Christ quand il avait sur lui le poids de nos péchés\, il n’y a rien qui la rattache à quelque épisode de leurs vies. Elle est une prière de pénitence qui demande miséricorde\, c’est tout ; et c’est assez\, hélas ! pour qu’elle soit toujours d’actualité sur nos lèvres. Elle est toutefois bien à sa place après l’Epître\, qui nous énumère les instruments variés de la mortification et avant l’Évangile\, qui nous révèlera la gloire du Christ miséricordieux en qui nous recevons la misériorde du Père. \nLA MÉLODIE\nIl est rare de trouver une mélodie du Ve mode tout entière en fa comme celle-ci\, sur un texte qui est un appel à la miséricorde. Ses tons pleins\, son atmosphère paisible\, heureuse\, parfois joyeuse et exultante s’allie mal avec le poids du péché\, la tristesse du remord et les appels douloureux vers la pitié divine. Aussi\, si l’on ne chante pas la première phrase avec un peu de lenteur et de poids et dans un sentiment de contrition\, elle sonnera faux parce qu’elle aura sur les mots mêmes de la souffrance\, Tribulatiónes córdis méi et dilatátæ sunt quelque chose de satisfait qui reflète le bonheur. Mais\, si on lui donne le mouvement qui convient et qui semble indiqué dans les manuscrits où les doubles notes de tribulatiónes et de méi sont des bivirgas épisématiques\, elle sera\, avant la prière elle-même\,  un très bel exposé des motifs\, humble et déjà suppliant.La seconde phrase\, par contre\, est admirablement adaptée. Dès le début\, elle module vers le la et s’y établit sur méis en une cadence mineure qui la met en  plein accord avec les mots. Elle s’élève alors sur éripe me en un très bel accent de prière\, spontané\, vif\, ardent\, chargé d’angoisse\, et qui peu à peu se pénètre de confiance et de paix sur le motif final de Dómine. \nLe Verset. – (V) Víde humilitátem méam et labórem méum et dimítte ómnia peccáta méa.Le défaut de la première partie reparait quelque peu au début sur víde mais\, tout de suite\, la même modulation en la intervient sur humilitátem et donne au mot son expression parfaite de prière intense et triste. Il n’en va pas ainsi du reste\, malheureusement. Il faudra donc\, ici encore\, remédier au défaut d’adaptation et s’efforcer d’atténuer le caractère de joie qui se dégage de presque toutes les formules.Faire lourdes et bien allongées les bivirgas de la première phrase dont presque tous les mots sont ralentis.Mener le crescendo de la seconde\, du début\, discrètement d’abord et progressivement\, jusqu’à me qui sera bien accentué. Retenir le mot Dómine\, surtout dans les arsis ; et bien arrondir le sommet.Le verset\, lent aussi. Sur víde\, les deux doubles notes sont des virgas épisématiques\, y faire peser la supplication. De même sur labórem.Faire la formule finale aussi priante que possible. \nTRAIT\nLE TEXTE\n1. – Louez le Seigneur parce qu’il est bon\,parce que tout au long des siècles est sa miséricorde.2. – Qui dira la puissance du Seigneur ?Qui fera entendre toutes les louanges qu’il mérite ?3. – Bienheureux ceux qui suivent son jugement\,et qu’ils accomplissent sa justice en tout temps.4. – Souviens-toi de nous\, Seigneur\, pour le bien de ton peuple :visite-nous\, dans celui qui vient de toi\, pour nous sauver. Ps. CVLe Psaume CV\, qui est un Psaume d’allégresse\, vient comme une surprise\, en Carême. En fait\, il est tout à fait à sa place si on le rattache au dernier mot de l’Épître : « Dieu vous a appelés à la sanctification en Notre Seigneur Jésus-Christ. » Cet appel de Dieu est l’acte éternel de sa miséricorde. L’Eglise vient de l’entendre dire. Elle a d’abord montré sa misère à Dieu dans le Graduel\, comme pour le presser d’agir ; maintenant\, sûre d’être sauvée\, elle chante la miséricordieuse bonté et\, pour finir\, demande à Dieu\, dans une prière qui précise l’idée de l’Introït\, de la visiter en Celui qui\, s’étant fait chair par miséricorde\, apportera à chacun le pardon\, dans son sacrifice. \nLA MÉLODIE\nLe VIIIe mode eût peut-être mieux convenu au texte. Il est réservé au Samedi-Saint avec l’éclat qui convient aux premières joies pascales. Le IIe mode est bien dans l’atmosphère violette du Carême.Les formules psalmiques sont absolument régulières. Quelques mots d’importance tombent bien aux cadences ; mais ce n’est pas là qu’il faut chercher l’expression cette fois\, c’est dans l’ensemble.De la première à la dernière note il y a\, par delà les fluctuations des incises\, des phrases et des versets\, une montée ininterrompue qui fait de tout le Trait une louange de plus en plus ample\, de plus en plus éclatante\, jusqu’à ce qu’elle s’achève\, transformée en ardente supplication\, dans les régions extrêmes du mode.Le premier verset débute en ré\, et ne dépasse le fa que par quelques broderies. Le second part du ré mais s’établit sur le fa et le mouvement s’anime\, avec le texte d’ailleurs. Notez le très beau motif de quis loquétur si bien adapté au mot\, à l’idée et à l’interrogation. Le troisième s’établit dès le début sur fa et\, en trois notes\, il est sur le la ; mouvement rapide qui rend parfaitement le sentiment spontané d’admiration et de désir de Béati\, lequel se développe très heureusement sur les formules de custódiunt judícium. Le quatrième est\, dans toute sa première partie\, nettement basé sur le la. Il se développe sur mémento en  une supplication qui\, dans les régions élevées\, prend une valeur peu commune. L’ardeur ne s’en manifeste pas par des élans impétueux mais par la redite paisible des mêmes motifs sur les mêmes notes. Il en résulte une insistance très poussée et\, en même temps\, très délicate et très intime. Une gracieuse ondulation sur nóstri amène le mot Dómine enveloppé de tendresse. Túi est bien à sa place\, très en relief à la fin de la phrase ; et l’incise finale porte jusqu’au si bémol qui est le sommet de la mélodie\, le mot visita nos qui est aussi le mot de la miséricorde et le sommet de la prière.Il ne doit y avoir aucun retard sur quis loquétur ; au contraire\, le mouvement devra être entretenu en raison des pressus qui s’attirent les uns les autres.Elargir légèrement Béati et custódiunt ; de même Dómine dans le dernier verset. Bien arrondir le sommet de visita nos. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nJe méditerai tes préceptes que j’aime tant ;Et je lèverai mes mains vers tes lois\, que j’aime. Ps. CXVIII\, 47-48.Le Psaume CXVIII est le Psaume de la fidélité à la Loi divine. Ces deux versets disent\, d’une façon très simple\, l’amour de l’âme pour la volonté du Seigneur qui lui est manifestée soit par la loi écrite\, soit par les inspirations du Saint-Esprit. L’expression Je lèverai mes mains doit être entendue comme le désir qu’a l’âme de demeurer tendue vers tout ce qui la lui fera connaître pkus précise et plus détaillée\, de sorte que le second verset\, tout en disant la même chose\, est en progression sur le premier.Ils forment ici tous les deux une belle paraphrase de l’Évangile. Notre Seigneur nous y est montré transfiguré\, entouré de Moyse\, le législateur\, et d’Elie\, le prophète\, et il est présenté par le Père comme son Fils bien-aimé qu’il faut écouter : la Loi\, les Prophètes et l’Évangile ; tout l’enseignement divin. L’Eglise chante sa joie de l’avoir ainsi concentré dans le gloire du Christ\, et le désir qu’elle sent grandir en elle de le méditer et d’en vivre. \nLA MÉLODIE\nElle est composée de deux phrases d’ossature semblable\, la seconde développant la première comme dans les offertoires Jubilate\, à la manière d’une variation.Une première idée sur in mandátis est reprise\, développée et trois fois répétées dans la seconde phrase : et levábo mánus méas ad mandáta. C’est le motif de la méditation.Une seconde idée sur quæ diléxi est\, elle aussi reprise\, et développée sur les mêmes mots\, dans la seconde phrase. C’est le motif de l’amour.Sur cette construction si parfaitement ordonnée\, un chant exquis de contemplation\, de conversation intime et tendre. L’âme chante pour Dieu seul\, sans souci de se faire entendre de quiconque d’autre. Elle ne lui demande rien ; elle lui parle. Elle lui dit\, dans un sentiment d’admiration extasiée et d’amour ardent\, ce que le récit évangélique a éveillé en elle. C’est tout.Toute la paix heureuse dont elle est remplie se trouve dans l’intonation où est esquissé déjà le motif de la méditation. Il prend toute sa forme sur in mandátis\, une ligne toute simple qui ondule en broderies légères et qui s’infléchit vers la tonique pour finir ; admiration mêlée de tendresse\, d’une tendresse toutefois qui ne se livre pas encore. Mais voici le mot de l’amour : quæ diléxi. L’amour est actif ; il soulève l’âme qui cette fois se laisse aller à la joie sur un rythme ravissant de grâce légère\, avant de mettre sa ferveur sur le dernier mot\, válde\, si expressif de tout ce qui ne peut pas se dire.Mêmes sentiments dans la seconde phrase ; ils sont seulement plus accentués. Rien ne s’oppose à ce qu’on voit dans les longues tenues répétées de levábo mánus méas comme une description des mains levées ; mais elles sont surtout l’expression du désir sans cesse renouvelé et toujours le même. Le quæ diléxi\, si pénétré de joie dans la première incise\, s’achève en  un balancement nuancé d’une teinte de mélancolie qui dit bien le désir insatisfait de l’amour qui ne possède pas encore son objet mais qui y tend de toutes ses forces.La première phrase sera légère et dans un bon mouvement\, quæ sera quelque peu élargi et les torculus de diléxi bien arrondis.La fin de mánus túas légèrement retenue ; de même quæ\, comme dans la première phrase.La dernière syllabe de diléxi\, bien élargie dans un rythme très balancé. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nComprends le cri de mon âme.Prête attention à la voix de ma prière\, mon Roi et mon Dieu\,Car\, vers toi\, je ferai monter ma supplication\, Seigneur. Ps. V\, 2\, 4.Le sens de ce verset est très simple. Il faut seulement noter que clamórem selon l’hébreu n’est pas le cri extérieur mais « la voix intérieure de la pensée ». Traduit par « le cri de mon âme »\, le texte est ainsi plus adapté au moment de la communion. L’âme\, qui reçoit le Seigneur\, le prie de ne pas distraire d’elle sa pensée car\, elle aussi\, va se refermer sur lui en une oraison de plus en plus intime\, de plus en plus ininterrompue\, jusqu’à ce que soit réalisée l’unité de vie dans l’amour. \nLA MÉLODIE\nElle est moins contemplative que celle de l’Offertoire\, mais elle se développe dans les mêmes sentiments. Elle est une prière de demande\, c’est vrai\, mais qui demande à un être très cher\, et dans un moment d’intime union\, ce qui la fait toute pénétrée de joie.Il y a quelque chose de pressant dans l’intonation ; puis presque aussitôt la supplication se fait douce avec une nuance de tendresse sur toute la phrase\,  y compris le salicus de méæ\, qui la renforce encore et la conduit à l’exclamation\, ardente comme un cri d’amour\, de Rex méus et à la tendresse profonde de Déus méus.La seconde phrase\, elle\, débute dans le grave. C’est comme un secret\, une confidence qui peu à peu monte sur orábo avec déjà l’intensité de la prière future\, et s’achève\, sur le nom divin\, en un murmure d’amour.Bien accentuer clamórem. Retenir quelque peu la thésis de oratiónis méæ\, y relier de très près Rex méus\, en gardant bien sa valeur au punctum de Rex. Retenir le début de Dómine. \nPolyphonies pour le carême \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
URL:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/deuxieme-dimanche-de-careme/2027-02-21/
CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Temporal
ATTACH;FMTTYPE=image/jpeg:https://www.musique-liturgique.com/wp-content/uploads/2012/05/2careme.jpg
LOCATION:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/deuxieme-dimanche-de-careme/2027-02-21/
END:VEVENT
BEGIN:VEVENT
DTSTART;VALUE=DATE:20270228
DTEND;VALUE=DATE:20270301
DTSTAMP:20260525T131713
CREATED:20250218T115508Z
LAST-MODIFIED:20260113T131330Z
UID:10000182-1803772800-1803859199@www.musique-liturgique.com
SUMMARY:Troisième Dimanche de Carême
DESCRIPTION:A noter: il n’y pas de Gloria. L’Alleluia est remplacé par le Trait. \nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : Gen. XXXVII). Histoire de Joseph.ÉPÎTRE : (Ephes. V 1-19). Il faut s’écarter de toute chose déshonnête\, marcher dans la lumière\, afin d’être enfant de lumière.ÉVANGILE : (Luc XI 14-28). Notre Seigneur chasse un démon. Accusé de le chasser par Beelzébuth\, il met en garde contre l’action de Satan.STATION : Saint Laurent hors les murs.IDÉE CENTRALE : Il semble bien que l’idée dominante de la catéchèse soit le démon\, son action et ce que nous avons à faire pour nous en garder. Parce que Joseph était l’héritier de la promesse\, Satan mit tout en œuvre pour le perdre. Il poussa ses frères au meurtre et la femme de Putiphar à l’adultère. Dieu sauva le fils bien aimé de Jacob et\, par lui\, sauva son peuple.Quand le Christ\, Fils bien-aimé du Père et Fils de la promesse\, lui aussi\, vint accomplir ce que Joseph n’avait fait que figurer\, le démon ne cessa de le poursuivre à son tour. Il inspira la jalousie d’Hérode et le massacre des Saints Innocents. Il vint lui-même le tenter au désert. Vaincu\, il dressa contre lui les Scribes et les Pharisiens pour perdre sa réputation et le faire mourir. Il crut avoir réussi\, le soir du Vendredi Saint\, mais Dieu sauva son Christ dans sa résurrection et\, par lui\, sauva le monde.Le Christ continuant dans l’Eglise qui est son Corps mystique\, et en chacun de nous qui sommes ses membres\, le démon déploie autour de nous la même sollicitude mauvaise. Il est l’inspirateur de tous les vices contre lesquels Saint Paul nous met en garde dans l’Épître. Notre Seigneur nous garde – Il nous le montre dans l’Évangile – à condition toutefois que nous nous confions à lui et que nous mettions en pratique les avis qu’il nous donne. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nMes yeux sont sans cesse sur le Seigneur\,Car lui-même dégagera mes pieds du filet.Regarde-moi et aie pitié de moi\,Car seul et pauvre je suis.Ps. – Vers toi\, Seigneur\, j’ai levé mon âme :Mon Dieu\, en toi je me confie\, je n’aurai pas à rougir. Ps. XXIV\, 15\, 16.Le psalmiste emploie l’image du filet qui est très commune dans l’Ecriture et se représente les pieds déjà engagés dans les lacs ou susceptibles de l’être d’un moment à l’autre. Dans cette situation\, deux sentiments se succèdent en lui. D’abord une confiance totale en la puissance de Dieu – c’est le sens qu’il faut donner aux yeux fixés sur le Seigneur. Puis l’appel à la pitié : Aie pitié de moi\, car je suis seul et impuissant.Telles ont été la confiance et la prière de Joseph\, de tout le peuple Juif\, du Christ\, de Saint Laurent sur le gril : telles sont encore celles de l’Eglise dans la lutte qu’elle continue à soutenir. Cette lutte\, plus marquée peut-être pour nous en cette période de pénitence\, nous incite à les faire monter vers Dieu une fois de plus pour obtenir l’aide de son bras\, sans laquelle nous ne saurions vaincre. \nLA MÉLODIE\nDans un bel élan simple\, pénétré de confiance\, de paix\, l’âme chante sur Oculi méi la courbe de sa pensée montant sans cesse vers le Seigneur. C’est son attitude habituelle\, elle souligne donc abondamment sémper. Elle s’incline ensuite\, pleine de vénération\, sur Dóminum et se laisse aller\, sur quía ípse evéllet\, à la joie que mettent en elle ces mots de délivrance. Une joie d’espoir seulement. Elle n’exulte pas. Peut-être même pourrait-on y déceler une certaine lourdeur\, annonciatrice de la misère et de l’impuissance dont il sera fait état tout à l’heure. Mais le bel élan de confiance demeure.Il passe à la phrase suivante. C’est dans la même simplicité que l’âme demande au Seigneur de jeter les yeux sur elle ; réspice in me est bien  dans le ton de óculi méi. Mais\, en même temps qu’elle appelle le regard divin\, elle commence à se montrer\, elle expose sa misère. C’est alors l’humble supplication. La mélodie\, descendue dans le grave\, remonte péniblement sur miserére avec tout le poids du péché et de la honte ; et les appels à la miséricorde se succèdent\, retenus\, doux\, timides et pressants\, sur les distrophas et les tristrophas de méi\, de únicus et de páuper. Il n’y a qu’un mot qui ait de l’assurance\, c’est quóniam. Sur ce pressus\, l’âme dit son impuissance et s’y appuie de toute son ardeur\, comme sur l’argument irrésistible qui lui vaudra le salut : cor contrítum et humiliátum Déus non despícies….un cœur contrit et humilié\, ô Dieu\, tu ne le rejetteras pas. (Ps. L\, 19).Le Psaume ramène l’abandon tout simple du début. La mélodie sert parfaitement le texte. La cadence sur non erubéscam\, avec sa nuance de ferme certitude\, est particulièrement heureuse.Beaucoup de légèreté dans l’intonation. Que toute la première phrase soit simple comme un chant d’enfant. Bien lancer evéllet et veiller à l’accentuation de pédes.Réspice\, au début de la seconde phrase\, sera quelque peu retenu. Ne pas accentuer fortement méi ; la double note est une distropha\, qu’elle soit douce ; la voix ira en un discret crescendo vers la clivis qui suit et on aura la nuance à la fois humble et suppliante qui convient.Le pressus de quóniam bien posé avec un accent de ferveur. La tristropha de únicus légère et douce ; de même la distropha de pauper.Le Psaume sera pris a tempo mais à une allure qui ne doit pas faire avec l’antienne un contraste poussé. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nLève-toi Seigneur\, qu’il n’ait pas le dessus\, l’homme ;Qu’elles soient jugées\, les nations\, en ta présence.Verset. – Quand tu tourneras mon ennemi en arrière\, ils seront défaits et périront devant ta face. Ps. IX\, 20\, 3.Deux versets pris aux deux extrémités du Psaume. Le premier est une prière qui demande à Dieu d’intervenir afin que l’homme\, c’est à dire la nature mauvaise\, n’ait pas le dessus sur la grâce. Le second\, bien qu’il soit adressé à Dieu comme le premier\, n’est pas une prière proprement dite. ; le psalmiste dit ce qu’il voit dans l’avenir : l’ennemi s’enfuyant\, battu\, défait\, anéanti devant la face de Dieu.Ils forment ici comme un lien entre l’Épître et l’Évangile. Saint Paul nous dit : n’ayez rien de commun avec les fils de l’incrédulité\, marchez comme des enfants de lumière…C’est bien ce que l’Eglise demande dans la première partie ; que l’homme n’ait pas le dessus. L’Évangile nous montre l’ennemi fuyant sous le geste souverain du Christ ; c’est ce qu’elle chante dans la seconde. \nLA MÉLODIE\n(III) Exsúrge Dómine non præváleat hómoJudicéntur géntes in conspéctu túo.Bien que l’intonation soit douce et lente\, il y passe une ardente supplication\, qui\, délicatement posée sur la virga du début\, va s’intensifiant jusqu’à la dernière tristropha\, où elle se prolonge comme en une plainte. Cette teneur dans le grave\, coupée de notes répercutées\, lui donne toutefois quelque chose de sombre et de pesant. On a l’impression que l’âme est accablée sous le poids de l’épreuve.Sur Dómine – formule presque exclusivement réservée au Seigneur (à une exception près\, on ne la trouve que sur les mots Dòminus ou Déus) – la mélodie s’éclaire d’une nuance de tendresse intime puis\, s’animant soudain\, se fait de plus en plus pressante sur non præváleat. L’âme\, sortie de sa torpeur au contact du nom divin\, est maintenant pleine d’audace. Elle dit le danger sans réticence et dénonce l’ennemi avec force ; on sent même un peu d’angoisse et comme un frisson de peur sur la montée des torculus de præváleat\, et plus encore sur la magnifique formule de hómo. A deux reprises le motif de præváleat revient ; sur judicéntur et sur in conspéctu. Il y a là une insistance qui prend\, sur le pressus de géntes et plus encore sur les répercussions de conspéctu túo – notez qu’il n’y en a pas moins de huit – une extraordinaire intensité.Mais\, est-ce encore la prière qui domine ? Il semble bien plutôt que ce soit l’idée du Jugement dernier – car en fait c’est bien de quoi il s’agit – qui est évoquée fans cette finale. Elle a en effet tous les caractères d’une autorité forte qui s’impose\, implacable et terrible. On y sent la terreur du Juge dont le seul aspect fera les damnés sécher de frayeur.Le Verset. – In converténdo inimícum méum retrórsum infirmabúntur et períbunt a fácie túa.L’idée est toute différente de celle de la première partie. L’expression aussi diffère\, il va de soi. C’est dans une joie débordante que l’Eglise chante la vision prophétique de son ennemi en déroute.Cette joie commence dès le début sur In converténdo par un balancement léger sur la clivis la-sol\, la note qui précède le quilisma\, et la clivis do-si. Le branle ainsi donné\, quelques notes conduisent le mouvement vers retrórsum. Il s’élargit d’abord quelque peu sur les notes qui précèdent le quilisma pour souligner ce mot de déroute puis\, s’allégeant\, il emporte la mélodie d’un magnifique élan jusqu’au mi où elle s’épanouit en un motif plein de vie et d’esprit. Ce n’est plus seulement de la joie\, c’est de l’exultation\, une exultation délirante ; on peut bien dire le mot car elle sonne vraiment par endroit comme l’éclat de rire du vainqueur sur le vaincu en fuite.La même idée est reprise dans la phrase suivante et traitée de la même manière ; des notes légères vont vers peribunt et\, sur ce mot de victoire totale\, se renouvelle l’explosion de joie.Au début de la troisième phrase\, sur a fácie\, passe comme une nuance de gravité ; nous sommes revenus au Seigneur\, au Juge. Il y a ensuite un bel élan qui touche le mi mais c’est une exaltation tempérée\, paisible. La joie de l’Eglise s’est imprégnée de la joie de Dieu\, et c’est de sa justice qui triomphe\, plus que de la déroute de l’ennemi\, qu’elle se réjouit maintenant. L’idée du jugement et de sa terreur revient d’ailleurs peu à peu avec le mouvement thétique sur re et se développe\, pour finir\, sur la même formule et sur le même mot que  dans la première partie.L’intonation sera lente\, toutes les répercussions bien faites et assez poussées. Renforcer délicatement la voix sur Dómine ; c’est une formule très expressive. Pas de contraste forcé à non preváleat ; la montée de hómo retenue.A tempo sur judicéntur. Les répercussions de in conspéctu túo\, bien marquées. Garder le mouvement jusqu’à la fin.Le Verset\, léger. Un crescendo et un peu d’accélération à partir de l’accent de converténdo\, mais bien dans le rythme. Retenir légèrement les quatre notes qui précèdent le quilisma de retrórsum.Faire un peu longues les distrophas de fácie\, et retenir la thésis sur re. \nTRAIT\nLE TEXTE\n1.     – Vers toi j’ai levé mes yeux\, (vers toi) qui habites dans les cieux.2.     – Voici\, comme les yeux des serviteurs sur les mains de leurs maîtres.3.     – Et comme les yeux des servantes sur les mains de leur maîtresse ;4.     – Ainsi (sont) nos yeux sur le Seigneur notre Dieu\, jusqu’à ce qu’il ait pitié de nous.5.     – Aie pitié de nous\, Seigneur\, aie pitié de nous. Ps. CXXII\, 1\, 2\, 3.C’est la même idée que dans l’Introït. La confiance toutefois n’est pas aussi fortement marquée. L’Eglise ici la chante dans le même sentiment que la première partie du Graduel. \nLA MÉLODIE\nDans le premier verset\, la formule d’intonation a reçu un développement qui en fait une très belle supplication\, à la fois humble et forte. Le mot caéli\, planant sur la dominante\, évoque très heureusement et le Dieu Très-Haut et l’admiration q’uil provoque chez ceux qui savent le contempler dans ses célestes demeures.Les versets 2 et 3\, parallèles comme le texte\, n’ont de remarquable que l’accent de ferveur de sícut.Deux mots sont particulièrement expressifs dans le 4e : Ita\, au début\, qui met très en relief le second terme de la comparaison ; et la cadence finale\, très commune\, mais qui devient sur nóstri une très ardente supplication.Tout le 5e est une splendide prière humble et suppliante. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nLes volontés du Seigneur sont droites\, réjouissant les cœurs ;Et ce sont choses plus douces que le miel et le « favum » (le rayon de miel)Aussi ton serviteur les gardera. Ps. XVIII\, 9\, 10\, 11\, 12.Il n’y a pas de doute que ces versets n’aient été choisis à cause de l’épisode qui termine l’Évangile. « Une femme cria\, de la foule : Bienheureux le sein qui t’a porté et les mamelles qui t’ont allaité. Et il dit : Bienheureux encore plus\, ceux qui écoutent la parole de Dieu et la gardent. »L’Eglise demeure dans la contemplation de cet incident qui la ravit et\, pour chanter sa joie\, emprunte les paroles du Psaume.Elles sont l’expression naturelle de tous ceux qui savent jouir du Verbe de Dieu\, dans l’Ecriture\, dans l’Eglise\, dans les profondeurs de leur âme où il habite ; mais il s’y ajoute ici quelque chose de plus\, comme un désir ardent de remplir avec un amour accru la condition de la béatitude promise. \nLA MÉLODIE\nC’est un chant tout intime\, doux\, paisible\, heureux. L’âme fixée dans la contemplation des paroles du Christ\, les confirme en quelque sorte de son expérience\, se disant à elle-même\, en des mots qui en sont tout pénétrés\, le bonheur que lui procure l’abandon aimant à tout ce que lui demande le Seigneur.Elle le fait par un petit motif très simple de quelques notes qui montent du fa au la et y reviennent après une broderie légère très courte.C’est un rien\, mais si expressif de paix et de bonheur intime. On le trouve sur justítiæ\, sur réctæ\, sur lætificántes córda\, avec cette fois une nuance de joie plus profonde qu’il prend dans le grave et qui va si bien avec le mot.Dans la seconde phrase\, dulcióra en est un développement et súper méi et fávum ne fait que reproduire\, avec quelques nuances de détail\, le mouvement grave de læticántes… En cela nulle monotonie\, mais une sorte de balancement qui berce la continuité de l’idée et la garde enveloppée dans une atmosphère de béatitude.Le mouvement est peut-être un peu plus prononcé dans la troisième phrase\, du moins au début. L’âme s’adresse à Dieu\, et son ardeur naturellement s’anime quelque peu quand elle lui renouvelle sa fidélité\, mais elle demeure toujours dans la paix et la joie. Notez le rythme de nam avec ce bel élan de quarte qui se détend en repos sur la tristropha ; quelle délectation ! Sur custódiet\, le ton redevient contemplatif avec une nuance de fermeté qui convient à la promesse ; ce sont de longues tenues répercutées qui s’achèvent sur la cadence délicate du IVe mode\, toute pénétrée d’une tendresse qui ne trouve pas de quoi s’exprimer.Le mouvement ne doit pas être lent\, mais paisible. On l’entretiendra par les délicates nuances d’intensité qu’exige le leit-motiv.Ralentir légèrement la cadence finale de la première phrase en retenant quelque peu la première note du climacus.Un crescendo délicat\, au début de la troisième phrase. Bien rythmer les deux climacus de la fin en les allongeant légèrement. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nLe passereau trouve pour lui une maison et la tourterelle un nid où reposer ses petits…Tes autels\, Seigneur\, Dieu des vertus\, mon Roi et mon Dieu !Bienheureux ceux qui habitent dans ta maison.Dans les siècles des siècles ils te loueront. Ps. LXXXIII\, 4-5.Le Psaume LXXXIII est le psaume du juif exilé qui entrevoit le retour prochain dans la patrie et dans le temple\, où il retrouvera la présence du Seigneur\, son Roi et son Dieu. Au verset 4\, la comparaison gracieuse des oiseaux et de leur nid fait le désir du psalmiste jaillir ardent : « Tes autels Seigneur… ! » et se perdre ensuite dans le rêve de la béatitude qu’il attend. Trois idées donc : la comparaison\, le cri d’amour\, la béatitude désirée.Ces deux versets se trouvent tout naturellement adaptés au moment de la communion. Altária en effet ne désigne pas seulement l’autel matériel mais le sacrifice dont il est la table. Ce que l’âme chante\, c’est son désir d’être unie dans l’Eucharistie au Christ\, et de jouir de la protection aimante qu’elle trouvera en lui et\, à travers lui\, dans l’amour des divines Personnes. C’est bien là\, pour ce qui est de la terre\, la béatitude d’habiter dans la maison du Seigneur. « Si quelqu’un m’aime\, nous viendrons en lui et ferons notre demeure en lui… ». \nLA MÉLODIE\nLa première phrase est un récitatif\, mais traité avec un soin délicat et pénétré déjà de l’ardent désir qui va jaillir tout à l’heure.Les rythmes binaires qui se succèdent sur dómum\, túrtur\, nídum\, sont délicieux de fraîcheur\, avec leur nuance d’harmonie imitative qui évoque le roucoulement de la tourterelle. L’âme les chante\, simplement\, dans l’atmosphère heureuse où elle vit\, jouissant de tout ce que lui dit cette gracieuse comparaison. Sur repónat\, elle s’arrête. C’est le mot de la tendresse ; celle de l’oiseau qui a fait pour ses petits le nid chaud et moelleux où il les pose et demeure avec eux ; celle du Seigneur aussi\, qui a préparé le Christ et son sacrifice eucharistique\, comme le lieu où l’âme se reposera dans la joie de sa présence. Elle y pose un long accent qui se détend\, lent et doux\, sur les deux mots de la fin en une admirable cadence. Puis\, soudain\, jaillit le cri d’amour.Il éclate comme l’élan d’un désir spontané. L’âme n’a pas le temps de faire une phrase. Dans la succession des accents et des rythmes de plus en plus marqués\, le mouvement l’emporte jusqu’au sommet\, où son ardeur s’épanouit enfin sur Dómine\, le nom divin. Elle la laisse ensuite se détendre en une tendresse douce et confiante sur la tristropha de virtútum qui rime si heureusement avec le repónat de la première phrase. Puis ce sont les mots d’amour : Rex méus et Déus méus ! qu’elle retient à loisir dans la paix de sa contemplation.De cette paix s’exhale alors l’exclamation de béatitude : Beáti qui hábitant…Très calme d’abord\, sur les beaux rythmes binaires de hábitant\, l’âme s’exalte peu à peu. L’ardeur de son désir s’avive à nouveau sur dómo túa : le Temple\, le Christ\, l’Eucharistie\, le Ciel ; c’est tout cela en effet qu’elle chante en chantant la maison du bonheur. Elle revient pour finir à la contemplation du début et\, sur le dernier mot\, orné plus que tous les autres\, elle célèbre la louange\, fruit de la vision\, de l’amour et de la béatitude.Que la dernière phrase soit simple. Bien balancer les rythmes binaires qui se succèdent sur dómum et túrtur ; la première note des podatus de dómum bien posée\, un peu élargie.La virga de repónat bien attaquée\, la répercussion délicate sur la tristropha qui sera douce. A la fin de la phrase\, une pause.Le mouvement de altária túa Dómine virtútum\, vif et ardent ; mais que la progression soit bien rythmée jusqu’à l’accent de Dómine qui sera fort\, mais bien lancé. La détente se fera sur virtútum.Bien accentuer Déus méus avec une nuance de tendresse. A la fin de la phrase une pause encore.Le torculus de beáti très arrondi. La dernière syllabe de hábitant retenue légèrement. La montée de laudábunt quelque peu élargie. \n\nPolyphonies pour le carêmeEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
URL:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/troisieme-dimanche-de-careme/2027-02-28/
CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Temporal
ATTACH;FMTTYPE=image/jpeg:https://www.musique-liturgique.com/wp-content/uploads/2012/05/3careme.jpg
LOCATION:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/troisieme-dimanche-de-careme/2027-02-28/
END:VEVENT
END:VCALENDAR