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SUMMARY:La Fête de la Circoncision (1er janvier)
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron. \n\n\n\nSeul l’Alleluia est propre. Tout le reste est emprunté à la Messe du jour de Noël. Il n’y a rien à ajouter au commentaire qui en a été fait. Toutefois\, la Circoncision ayant été la cérémonie au cours de laquelle le nom de Jésus qui veut dire Sauveur fut donné à Notre Seigneur\, tous les textes qui y ont trait prennent un accent d’actualité plus marqué : et vocabitur\, nomen éjus dans l’Introït\, Salutare Déi dans la Communion sont dans ce cas. Il sera facile de les rattacher à l’Evangile qui fait le récit historique de l’événement. \n\n\n\nALLELUIA\n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nDe bien des manières\, autrefois\,Dieu a parlé par les prophètes.D’une façon toute nouvelle\, en ces jours\,Il nous a parlé\, à nous\, par son Fils. Héb. I\, 1. \n\n\n\nIl est bien évident qu’il ne faut pas faire de ce texte une application qui se limiterait à la Circoncision ; ce n’est pas au huitième jour de sa vie que Notre Seigneur a parlé. Il faut l’entendre de la Révélation du Christ dans toute son étendue\, de celle qu’il apporte à tous les hommes de tous les temps ; les mots istis diébus gardant un sens présent qui fait ces paroles de Saint Paul actuelles pour toutes les générations. Il reste que le jour où le Verbe fait chair reçoit officiellement le nom qui définit sa mission\, elles sont tout à fait à leur place sur les lèvres de l’Eglise qui\, après elles\, dit sa joie de voir venir la Parole de Dieu en la personne même de son Fils. \n\n\n\nLA MÉLODIE \n\n\n\nComme toutes les mélodies du VIIe mode\, elle est caractérisée par de grand intervalles\, par sa teneur élevée sur la dominante\, par la variété de ses rythmes\, la grâce de son mouvement\, l’élan qui l’emporte jusqu’aux limites du mode et au-delà\, et surtout par l’admirable composition de ses phrases qui s’allongent\, au gré de l’inspiration sans qu’on ait jamais l’impression de l’effort\, de l’excès ou du forcé. Elle est un chef-d’œuvre de mélodie libre dans le genre improvisation. Tout cela\, qui lui donne une vie intense\, contribue très heureusement à exprimer l’attitude de l’âme qui se laisse aller toute à la joie. Tous les mots en sont imprégnés. Quelques-uns\, caractéristiques\, le sont plus que d’autres : Déus\, prophétis\, diébus istis et nobis surtout. Filio suo n’est qu’une réplique de l’Alleluia\, mais\, placé soudain dans le grave\, il évoque admirablement la reconnaissance émue de l’âme devant l’amour du Père\, qui est allé jusqu’à nous donner son Fils. \n\n\n\nPrendre un mouvement dégagé et chanter légèrement toutes les magnifiques vocalises qui se déroulent dans les hauteurs. \n\n\n\nFaire une bonne pause après prophétis\, mais relier locutus est à diébus istis. La deuxième note du second podatus de locutus est a l’ictus rythmique. \n\n\n\nDans la dernière incise\, bien lier tout le mouvement à la virga pointée en y posant doucement la voix et en la renforçant ensuite vers la virga du sommet.  \n\n\n\nPartitions \n\n\n\n\nPolyphonies pour Noël\n\n\n\n\nEcoutes de pièces  \n\n\n\n\nNoëls anciens et populaires\n\n\n\nRistori – Vivaldi : Messe de la nativité\n\n\n\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:La Fête du Saint Nom de Jésus
DESCRIPTION:Cette fête est célébrée le dimanche se situant entre le 2 et le 5 janvier; s’il n’y en a pas\, elle est célébrée le 2 janvier. Avec Credo. \n\n\n\nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n\n\n\nINTROÏT\n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nAu nom de Jésus\, que tout genou fléchisseAux cieux\, sur la terre\, et dans les enfers.Et que toute langue proclameQue le Seigneur Jésus-Christ est dans la gloire du Père \n\n\n\nPs. – Seigneur notre Maître\,Qu’admirable est votre nom sur toute la terre ! Phil. II\, 10. – Ps. VIII\, 2. \n\n\n\nCet Introït est celui du Mercredi Saint\, avec quelques légères modifications dans le texte et la mélodie. \n\n\n\nDans l’Epître aux Philippiens\, ce texte est la conclusion de l’enseignement de Saint Paul sur l’abaissement du Christ. « Lui qui était l’image de la substance du Père\, il s’est fait obéissant jusqu’à la mort. C’est pourquoi Dieu lui a donné un nom au-dessus de tout nom\, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse… » Séparé de son contexte\, il prend ici un sens un peu différent. C’est un ordre. L’Eglise proclame qu’au nom de Jésus toute créature dit se courber pour lui rendre hommage. \n\n\n\nLA MÉLODIE \n\n\n\nL’expression de la première phrase est bien celle d’un ordre donné. L’intonation qui établit tout de suite la mélodie sur la dominante\, les tristrophas de génu et de infernorum traduisent parfaitement le sentiment fort d’une volonté qui s’impose. \n\n\n\nDans la seconde phrase\, c’est l’hommage de l’âme qui est demandé : la louange de la voix. La mélodie\, pleine d’une allégresse qui chante\, monte d’un superbe élan jusqu’aux sommets puis\, à l’évocation du nom de Jésus\, elle se revêt de gravité et se courbe\, elle aussi\, si l’on peut dire. Toute recueillie et toute humble devant la gloire du Père\, elle n’a plus rien d’impératif\, elle n’est que vénération et tendresse. \n\n\n\nSe tenir en garde contre la lenteur. C’est le danger du IIIe mode\, pourtant vigoureux entre tous. \n\n\n\nBien arrondir l’accent de génu ; ne pas adoucir trop les cadences sur si et ne pas les ralentir\, à part celle de infernorum qui le sera légèrement. \n\n\n\nBeaucoup de légèreté\, de souplesse et de ferveur dans l’incise omnis lingua. A partir de quia Dominus\, on retiendra quelque peu le mouvement. \n\n\n\nLe Psaume sera pris a tempo\, comme une belle louange. La tristropha de la médiante bien prolongée. \n\n\n\nGRADUEL\n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nSauve-nous\, Seigneur notre Dieu\,Et rassemble-nous de toutes les nations ;Afin que nous louions ton saint nomEt que nous soyons glorifiés dans ta gloire. \n\n\n\nVerset. – Toi Seigneur\, notre Père\,Et notre Rédempteur.Avant les siècles ton nom (est). Ps. CV\, 47\, Isaie LXIII\, 16. \n\n\n\nLe Psaume CV est un psaume de la captivité. Le psalmiste et les juifs qui le chantaient\, le long des fleuves de Babylone\, demandaient au Seigneur de les sauver\, c’est-à-dire\, de les tirer de l’exil et de les réunir dans la Cité sainte et dans le temple\, où ils loueraient Dieu et seraient enveloppés dans sa gloire. A ce premier sens\, s’ajoutait sans doute\, pour les esprits les plus profonds\, l’idée du saint éternel et de la réunion dans la gloire de l’éternité pour la parfaite louange. \n\n\n\nSeul\, ce dernier sens demeure pour nous. Après l’Epître qui s’achève sur le mot de Saint Pierre devant le Sanhédrin « Aucun autre nom au ciel n’a été donné aux hommes par lequel nous devions être sauvés ». Cette admirable prière est comme la supplication de toute l’Eglise demandant au Christ de réunir tous ses membres autour de lui pour être\, par lui\, avec lui\, et en lui\, glorifiés dans la gloire dont le Père l’a glorifié lui-même avant que rien ne fût. \n\n\n\nLe Verset est plus une louange qu’une prière. Ce fut la louange du prophète au Messie qu’il voyait venir d’Edom\, la robe rouge de sang. Elle devient la louange de l’Eglise qui proclame sa foi dans l’œuvre rédemptrice et dans le nom éternel du Christ Sauveur. \n\n\n\nLA MÉLODIE \n\n\n\nSalvos fac nos Domine Déus noster et congrega nos de nationibus ut confiteamur nomini sancto duo et gloriémur in gloria tua. \n\n\n\nLa première phrase est la reproduction exacte de la première incise du Graduel du Dimanche de la Passion: Eripe me Domine ; seul le motif de Domine a été élargi pour y faire entrer Déus noster. Formule admirable de prière humble. La mélodie se meut à peine\, elle demeure dans le grave comme dans une longue prostration. Elle se soulève un peu sur Domine Déus noster dans un accent de supplication plus intense\, puis retombe\, réservée jusque dans la nuance de tendresse qu’elle met sur le Nom Divin. \n\n\n\nAu début de la troisième phrase elle s’établit tout de suit en VIIIe mode et sur la dominante. L’idée de l’heureuse réunion dans l’éternité la fait se relever. Elle est encore suppliante\, mais sa supplication s’éclaire. Il passe même une vraie nuance de joie dans la vocalise de nationibus. \n\n\n\nElle demeure dans cette atmosphère de béatitude entrevue et désirée tout au long de la troisième phrase\, mais elle ne supplie plus : l’âme semble plutôt se laisser aller à une sorte de contemplation et de vénération du Nom Divin. La formule finale la ramène au grave\, mais ce n’est que pour un instant. \n\n\n\nDès le début de la troisième phrase\, elle se relève à l’idée de la gloire et prend même un certain éclat qui atteint toute sa force sur tua en une conclusion grandiose qui s’étend comme la glorieuse éternité. \n\n\n\nLe Verset. – Tu Domine Pater noster et Redémptor noster : a saeculo nomen tuum. \n\n\n\nLa mélodie est empruntée au Graduel de la Passion. L’adaptation est excellente. Dans l’un et l’autre cas c’est un cri de confiance lancé vers Dieu. Là\, le Messie\, après avoir demandé d’être délivré de ses ennemis\, se voyant déjà exaucé\, dit au Père dans un cri de reconnaissance qu’il est son libérateur. Ici\, l’Eglise\, après avoir elle aussi demandé à être sauvée\, assurée qu’elle est d’être glorifiée par le nom du Christ\, clame sa foi et sa gratitude. \n\n\n\nLa formule du début a quelque chose de réservé\, comme si l’âme n’osait pas tout d’abord laisser aller le mouvement de sa confiance joyeuse. Il lui faut les deux mots qui fondent l’espérance : Pater et Redémptor. Dès qu’elle les a\, elle se livre toute à l’enthousiasme\, chantant éperdument sa reconnaissance d’enfant et de rachetée sur des motifs aux lignes fermes\, se développant dans les régions élevées et sans cesse ramenés à la dominante\, où ils s’attachent\, comme un espoir que rien n’ébranle. Pour finir\, la même formule que dans la première partie plane sur le même mot\, sur le nom du Seigneur en qui tout est unifié\, et l’enveloppe de gloire\, de vénération et de tendresse. \n\n\n\nComme pour l’Introït\, veiller à ne pas traîner\, à entretenir le mouvement\, à donner aux distrophas et tristrophas leur exacte valeur et rien de plus\, à bien faire les répercussions.Dans la troisième phrase de la première partie\, ne pas ralentir la cadence de tuo et y rattacher la phrase suivante. \n\n\n\nFaire de même dans le Verset pour noster qui doit être lié à redémptor. \n\n\n\nALLELUIA\n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nLa louange du Seigneur\, elle la dira\, ma bouche\,Et qu’il soit béni par toute chair\, le nom du Seigneur. Ps. CXLIV\, 21. \n\n\n\nC’est celui du Verset du Graduel du IVe Dimanche de l’Avent. Un hommage de reconnaissance à Dieu sous la double forme d’une promesse : Ma bouche louera le Seigneur... et d’un souhait ou mieux d’une invitation : Que toute chair bénisse le nom du Seigneur. \n\n\n\nLA MÉLODIE \n\n\n\nElle est une adaptation de l’Alleluia Domine Déus du Dimanche dans l’Octave de la Fête du Saint-Sacrement. Le texte là est une prière\, ce qui explique sans doute le caractère discret de l’Alleluia. \n\n\n\nL’adaptation du Verset a été faite d’une façon très large et avec une grande liberté. L’auteur a disposé des phrases et des incises au mieux de son texte. Il en est résulté que le caractère de prière de l’original a disparu et que la mélodie s’est pliée au sens du texte nouveau. \n\n\n\nLa première phrase est une affirmation paisible qui enveloppe Domini de vénération et qui prend\, sur les pressus de loquétur\, la fermeté qui convient à une promesse. \n\n\n\nLa seconde\, elle\, est une louange explicite et une invitation en même temps. Après s’être établie sur la dominante\, la mélodie se développe sur benedicat en une arsis brillante et pleine d’entrain. Pour finir\, le chœur reprend le même motif sur nomen éjus\, mettant sur le mot du jour l’éclat qui lui convient. \n\n\n\nRalentir légèrement la descente de Domini.Bien poser les podatus de benedicat. Relier de très près nomen sanctum à omnis caro. \n\n\n\nOFFERTOIRE\n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nJe te louerai\, Seigneur mon Dieu\, de tout mon cœurEt je glorifierai ton nom éternellement\,Parce que\, toi Seigneur\, tu es suave et douxEt de grande miséricorde pour ceux qui t’invoquent. Ps. LXXXV\, 12\, 5. \n\n\n\nDans cette louange\, que l’Eglise offre en hommage au Christ qui reçoit son nom officiel\, il y a trois idées : la résolution de s’employer à louer Dieu\, l’espoir et le désir d’entrer dans  la louange éternelle\, et la raison de cette vie et de cette éternité de louange\, à savoir : la douceur miséricordieuse du Seigneur Jésus. \n\n\n\nLA MÉLODIE \n\n\n\nLa première partie\, qui comprend les deux premières phrases est une adaptation de l’Offertoire Jubilate du IIe Dimanche après l’Epiphanie. Adaptation très libre\, comme pour l’Alleluia. L’auteur a pris ici et là des phrases\, ou seulement des formules\, qu’il a soudées d’une façon plus ou moins heureuse. La seconde partie est sans doute originale. Dans l’ensemble\, l’expression répond bien à ce que suggère le texte. \n\n\n\nLa mélodie du Jubilate donne à la première partie son caractère si marqué de louange éclatante et joyeuse. Il se trouve toutefois tempéré dans la première phrase par les paroles qui\, au lieu de s’adresser à la terre en un appel à la joie\, s’adressent au Seigneur lui-même. Il s’ensuit une nuance de vénération et c’est de la ferveur plutôt que de l’enthousiasme. L’auteur l’a compris et\, très judicieusement\, a coupé le grand élan du second jubilate. C’est une amputation qu’on peut regretter\, mais il faut reconnaître que la mélodie ainsi adaptée donne à cette première phrase une expression d’intimité qui sert bien le texte. Il s’agit en effet d’une louange d’amour. Elle trouve des accents ardents et délicats à la fois sur la tristropha de Déus\, la demi-cadence de méus et le très beau motif de corde méo. \n\n\n\nLa seconde phrase anticipe\, si l’on peut dire\, en expoir et en désir\, la gloire de l’éternité\, c’est  pourquoi l’éclat du venite de l’Offertoire primitif lui va si bien ; il lui donne l’éclat qui convient à la louange glorifiante des élus. \n\n\n\nL’idée de la deuxième partie est différente ; l’âme s’arrête à méditer la douceur et la miséricorde du seigneur qui lui donne à espérer l’éternelle béatitude. La mélodie prend un tour plus intime encore qu’au début et se nuance de la douceur que les mots suavis et mitis est suggèrent. \n\n\n\nFaire un départ très vivant sur tibi dont on balancera bien le rythme. Commencer sur Domine le crescendo qui s’épanouira sans heurt sur la tristropha de Déus. Bien relier toto à corde. Crescendo sur méo à partir du début.Attaquer nettement glorificabo. Toute cette phrase doit être chantée dans un enthousiasme ardent qui en unifiera tous les éléments. Crescendo sur l’arsis de aetérnum.Elargir les torculus de suavis et mitis\, mais bien prendre garde de ne pas pousser la nuance qui pourrait tourner au précieux… \n\n\n\nCOMMUNION\n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nToutes les nations que tu as faites viendrontEt se prosterneront en adoration devant toi\, Seigneur\,Et elles glorifieront ton nom.Parce que tu es grandEt que tu as fait des choses merveilleuses.Tu es le Dieu unique. Alleluia. Ps. LXXXV\, 9\, 10. \n\n\n\nDeux idées. La première est comme une prophétie. Le psalmiste voit dans l’avenir tous les peuples prosternés devant Dieu dans l’adoration et la louange pour rendre hommage à son Nom. La seconde évoque la raison de cette soumission universelle : la grandeur de Dieu et les merveilles qu’il opère\, et la chante comme une louange au Nom divin. En conclusion\, le mot qui dit tout : Tu es le seul Dieu\, Alleluia. \n\n\n\nL’Eglise fait sienne les deux idées et s’en sert pour dire la joie de voir la prophétie se réaliser chaque jour plus pleinement dans le mystère de l’Eucharistie\, qui s’accomplit au moment où elle chante. \n\n\n\nLA MÉLODIE \n\n\n\nElle est la reproduction note pour note – on ne saurait dire phrase pour phrase car la coupe des phrases a été modifiée – de la Communion Domine memorabor du XVIe Dimanche après la Pentecôte. En dépit d’imperfections inévitables en toute adaptation\, l’expression juste a été réalisée. \n\n\n\nLa première partie\, qui comprend les deux premières phrases\, débute par un récitatif dont les cadences ont un certain intérêt car on les retrouve tout au long de la pièce et elles ne sont pas sans contribuer à en faire l’unité. \n\n\n\nLa première\, sur fecisti\,  est répétée sur véniet un peu plus ornée\, puis sur adorabunt à la quarte supérieure. \n\n\n\nA part ce détail de composition\, rien ne retient l’attention dans cette première incise. Il est clair que l’auteur a laissé de côté l’idée de la venue des peuples pour concentrer l’expression sur le but de leur rassemblement : la glorification du Seigneur et de son Nom qui est précisément l’objet de la fête. Il y a plié la mélodie très habilement. Elle s’épanouit sur coram te en un accent d’ardente ferveur\, rebondit avec éclat sur glorificabunt et s’achève dans la vénération sur nomen tuum\, le mot du jour. \n\n\n\nDans la deuxième partie c’est l’idée de grandeur. Elle est fort bien rendue par l’arsis mesurée et forte de magnus es tu qui est en même temps un bel hommage de foi. Faciens mirabilia est moins heureux en dépit des premières cadences du récitatif qu’on y retrouve deux fois. Mais la conclusion est bien ce que le texte demande : une affirmation\, simple\, nette\, catégorique\, qui s’achève sur la cadence du début retrouvée à nouveau\, à la quarte.Il faudra bien lier entre elles les incises de la première phrase afin d’éviter l’impression d’essouflement qui ne manquerait pas autrement de se produire. Relier adorabunt à coram te\, dont la tristropha sera douce. \n\n\n\nDe même\, la seconde phrase sera rattachée de très près à la première\, c’est la même idée. Même liaison étroite entre faciens et mirabilia\, et entre tu es et Déus solus\, dont les intervalles seront élargis. \n\n\n\nPartitions \n\n\n\nPolyphonies en l’honneur du saint Nom de Jésus: \n\n\n\n\nO bone Jesu \n\n\n\nO Domine Jesu Christe \n\n\n\nJesu Rex admirabilis\, etc.\n\n\n\n\nEcoutes de pièces  \n\n\n\n\nNoëls anciens et populaires\n\n\n\nRistori – Vivaldi : Messe de la nativité\n\n\n\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:La Fête de l'Epiphanie
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nINTROÏT\nLE TEXTEVoici que vient le Souverain Seigneur ;Et le règne est dans sa main\,Et la puissance et le commandement.Ps. – O Dieu\, ton jugement\, au Roi donne-le.Et ta justice\, au Fils du Roi.Ce texte n’est pas dans l’Ecriture\, encore que l’idée qu’il exprime se trouve en maints endroits notamment en Malachie III\, 1. Il a toutefois été composé dans le sens et le style des prophéties royales. Dans la reproduction liturgique du mystère\, cet Introït est le chant de l’Eglise saluant l’entrée en scène du Christ Roi qui va exercer pour la première fois ses prérogatives royales en recevant les hommages des peuples de l’univers. Mais\, dépassant la scène historique et la splendeur des rites symboliques sous lesquels elle revit\, l’Eglise y chante en même temps la manifestation toujours plus étendue de la royauté du Christ et\, par delà les temps\, l’Epiphanie suprême\, quand au dernier jour il se montrera Maître et Seigneur\, ayant en main toute puissance et exerçant le pouvoir et l’empire\, non plus seulement en droit mais en fait\, sur les peuples et les rois prosternés.Le Psaume est une prière qui demande pour le Christ la Sagesse et la Justice. (Ps. LXXI\, 1). \nLA MÉLODIE\nElle a bien l’ampleur\, la puissance\, la solennelle gravité d’un cortège royal ; avec des nuances de modération et de douceur qui conviennent si bien à celui qui est Prêtre en même temps que Roi.Elle prend très peu de développement ; quelques notes revenant sans cesse au fa où elles se posent longues et fortes\, pour ponctuer\, les uns après les autres\, les attributs royaux. Rien de rigide toutefois dans cette sobre ordonnance. Le mouvement au contraire est d’une admirable souplesse. Un souffle d’enthousiasme\, contenu comme il convient à un cortège liturgique\, mais puissant\, nous soulève dès l’intonation et\, après nous avoir courbés sur advénit\, en une respectueuse révérence\, devant Celui qui vient\, nous emporte vers dominator et\, par delà les cadences de Dominus et de éjus\, toutes pénétrées elles aussi de respect\, vers régnum\, potéstas et impérium\, pour nous y faire proclamer la puissance du Roi en de splendides accents pleins de grandeur et de fierté. Ce sont ces accents toujours les mêmes – un mouvement ascendant de quarte ou de tierce venant s’étaler ferme et fort sur le fa – qui font la mélodie si parfaitement adaptée à l’imposante entrée du Souverain dans son royaume.Bien balancer le rythme dans la première incise. Attaquer sans heurt avec fermeté la double note de dominator\, qui est une bivirga épisématique ; renforcer ensuite la voix vers l’accent qui sera légèrement allongé et qui conduira le mouvement vers Dominus. Cette cadence doit demeurer forte\, ce qui ne veut pas dire qu’elle soit dure. Elle ne sera que très peu ralentie.Un bon départ sur et régnum ; l’accent tonique bien soulevé et la voix se posant ferme sur la tristropha qui ne sera pas dure ni même forte\, mais sonore ; un léger crescendo la conduira vers le pressus de manu\, dans un rythme bien exact. La cadence de éjus sera élargie mais sans allonger plus qu’il ne faut la clivis finale\, car le mouvement ne doit pas être un instant interrompu mais aller progressant vers al double note de potestas – une bivirga épisématique – qui sera très ferme et ira elle-même vers le salicus et l’accent de impérium où commencera la cadence finale qu’on fera large.Le Psaume est une prière. La chanter avec ferveur. \nGRADUEL\nLE TEXTETous de Saba viendront\,De l’or et de l’encens portant\,Et la louange du Seigneur proclamant.Verset. – Lève-toi et resplendis de lumière\, Jérusalem.Car la gloire du SeigneurSur toi s’est levée. Isaïe LX\, 6\, 1.La première partie est-elle vraiment dans Isaïe l’annonce de l’Epiphanie ? Ce n’est pas sûr\, mais l’Eglise fait à cet événement l’application du texte\, c’est donc que\, d’une certaine manière\, il y était contenu et c’est assez pour nous. Toutefois ce serait une erreur que de restreindre à ce fait d’un jour la portée de l’annonce prophétique\, elle est beaucoup plus vaste. Ce que le prophète voit\, c’est la venue vers Jérusalem – qu’il faut entendre ici au sens de l’Eglise – des nations et des rois de la gentilité. Cette marche des peuples vers la lumière du Christ a commencé le jour de l’Epiphanie\, elle ne s’achèvera qu’au jour du second avènement\, lorsque réunis autour du Christ Glorieux dans la Jérusalem céleste\, ils chanteront\, baignés dans sa lumière\, l’éternelle louange.Le Verset\, bien que faisant partie de la prophétie\, n’est pas à proprement parler prophétique. Il est un appel du prophète à Jérusalem et à l’Eglise les invitant à prendre conscience de la gloire du Christ qui se lève de plus en plus éclatante et à s’en réjouir.Chantés au Graduel\, ces deux versets ne sont pas une prophétie. Ils l’étaient à l’Epître dont ils sont la conclusion. Ici\, c’est l’Eglise qui se les redit et qui se délecte dans la joie de les voir réalisés et dans la joie\, plus profonde encore\, de ce qu’ils promettent. \nLA MÉLODIE\nOmnes de Saba vénient\, aurum et thus déférentes\, et laudem Domino annuntiantesIl y a dans toute la première phrase la même ampleur majestueuse que dans l’Introït\, mais pénétrée d’une joie enthousiaste qui monte comme un chant de triomphe à travers les rythmes larges et les sonorités éclatantes ; la joie de l’Eglise qui voit le cortège des peuples\, conduit par les Mages dans la splendeur des pompes orientales se développer tout au long des siècles et se perdre dans l’avenir en une perspective infinie et un éclat qui la soulève d’admiration et de fierté.C’est la même joie dans la seconde phrase\, mais avec quelque chose de plus léger\, de plus vif\, comme si la vue des présents que chacun sellons sa nature et la richesse de son âme apporte au sacrifice de louange excitait en l’Eglise une nouvelle ardeur. Seuls les deux verbes déférentes et annuntiantes\, qui riment d’ailleurs en un motif plein d e charme retiennent l’Eglise qui se complaît un instant dans le geste et la louange des Mages … et des peuples.Le Verset. – Surge et illuminare Jerusalem\, quia gloria Domini super te orta est.C’est un appel à la joie. Il reçoit tout de suite du podatus de Surge\, lancé sans préparation sur la dominante\, le ton direct et pressant qui lui convient\, mais très tôt une nuance de douceur\, voire de tendresse\, le pénètre ; c’est à Jérusalem qu’il s’adresse… à l’Eglise. Il s’exalte cependant peu à peu à mesure qu’il monte sur illuminare\, et s’en va faire éclater son ardeur aussi haut qu’il peut dans la sonorité brillante de la syllabe accentuée. Puis l’exaltation s’atténue et la tendresse\, qui n’avait été qu’une nuance dans la formule du début\, s’épanche à loisir sur le nom béni. Elle passe à la phrase suivante\, jusqu’à ce que l’idée de la gloire du Christ ayant pris forme\, l’exaltation l’emporte à nouveau et domine enthousiaste et vibrante sur Domini\, la formule même qui chantait le triomphe futur du Nouveau-né\, dans le Graduel de la Messe du jour de Noël. Alors\, une fois encore l’ardeur s’efface devant la tendresse qui vient mettre sur super te un accent de ferveur infinie – notez les distrophas\, la répercussion\, le pressus – et enveloppe toute la fin de la phrase de sa douceur paisible et heureuse.Le mouvement de la première partie aura de l’ampleur et il faut lui donner de l’éclat.Garder une bonne sonorité jusqu’à la dernière syllabe de Omnes. Bien accentuer Saba et mener le crescendo en belle progression à travers la virga pointée et la tristropha qui aura bien sa valeur de trois notes. Bien lancer aurum. Crescendo délicat ans l’arsis de annuntiantes.Après l’accent léger de surgé\, ne pas presser la vocalise\, la montée de illuminare non plus\, mais que la vie y passe ardente\, exaltée\, et que les notes du sommet soient brillantes\, ce sont des virgas épisématiques. Ménager la transition à Jerusalem\, qui sera retenu avec amour ; le pressus allongé. De même les quatre dernières notes de Domini\, dont la double note est une bivirga.Ne pas faire la reprise du chœur sur orta est trop forte. Cette finale doit entrer dans l’idée générale de contemplation qui est celle de tout le Graduel. \nALLELUIA\nLE TEXTENous avons vu son étoile en Orient ;Et nous sommes venus avec des présentsAdorer le Seigneur. Math. II\, 2.C’est la parole des Mages aux habitants de Jérusalem\, quand ils leur demandèrent où se trouvait le Roi des Juifs.Historiquement ce sont les Mages qui parlent\, mas en la circonstance ils représentaient les Gentils\, de sorte que c’est toute l’Eglise qui est attitrée à dire cette parole ; et chacun de nous peut la dire en toute vérité car tous nous avons vu\, non pas son étoile\, mais\, ce qui est mieux\, la réalité dont elle était le symbole\, la lumière que le Christ est venu apporter au monde. Et c’est\, parce que nous l’avons vue et que nous avons cru en elle et que nous avons marché dans sa clarté\, que nous venons aujourd’hui rendre au Roi des Rois l’hommage de notre foi\, de notre confiance\, de notre amour\, qui se concentre dans le don de nous-mêmes en sacrifice comme en un présent non plus symbolique mais réel. \nLA MÉLODIE\nC’est encore l’Alleluia de la Messe du jour de Noël.Rien de spécial à dire sur sa structure mélodique ; les quatre phrases psalmiques sont bien là et aussi la joie simple et enthousiaste de Noël.Elle se nuance d’admiration contemplative sur vidimus puis\, s’élevant comme en un épanouissement\, enveloppe de tendresse le nom divin à travers éjus qui en tient la place.Vénimus répond à vidimus au commencement de la troisième phrase. C’est la même formule\, avec dans l’arsis quelque chose de plus vif\, qui évoque très heureusement l’empressement de l’âme à suivre la lumière.Adorare Dominum vers qui va le mouvement\, comme va vers le Seigneur toute contemplation et toute action\, a l’enthousiasme qui convient et évoque parfaitement dans sa courbe descendante l’adoration soumise et aimante.Il faut lier de très près in Oriente à éjus par-dessus la grande barre. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTELes rois de Tharse et des îles lui offriront des présents.Les rois d’Arabie et de Saba lui apporteront des dons.Et ils l’adoreront\, tous les rois de la terre ;Toutes les nations lui seront soumises. Ps. LXXI\, 10\, 11.Le premier verset prophétise l’Epiphanie ; l’autre\, la royauté universelle du Christ-Roi\, telle que nous la voyons de plus en plus se manifester depuis le jour des Mages\, telle qu’elle sera au jour du second avènement.L’Eglise les chante comme une contemplation du mystère annoncé par le prophète\, commencé par l’adoration des Mages\, réalisé de plus en plus par la soumission des peuples et par le don des âmes qui précisément se fait à ce moment avec l’offrande de la matière du sacrifice ; chacun se donnant sous le symbole du pain et du vin comme les Mages se donnèrent sous le symbole de leurs présents. \nLA MÉLODIE\nUn chant de contemplation baigné de joie.L’intonation est curieuse. L’auteur a-t-il voulu marquer\, par ces trois temps longs et répercutés sur la dernière syllabe de Tharsis\, l’éloignement fabuleux de Tharse – c’était\, dit-on\, une ville d’Espagne\, le bout du monde pour alors – comme nous le faisons dans la diction en traînant les syllabes : « … loin …très loin » ? C’est possible. En tous cas\, il a offert là une forme admirable d’expression à la pensée qui\, s’en allant tout au long des siècles\, et jusqu’à l’éternité\, voit la suite des rois et des peuples converger vers le Christ Souverain pour l’adorer dans l’absolue soumission de leur puissance. Tout le reste de la phrase\, remarquable d’ailleurs par l’élégance et le charme de la mélodie\, exprime la même contemplation heureuse. A noter particulièrement la répétition sur offerent du motif de munera à la tierce inférieure par le jeu du si b qui module si naturellement. Le balancement de ces deux motifs\, dans le dégradé de la thésis\, donne à toute cette fin de phrase un admirable caractère de paix et de joie profonde.Il passe à la phrase suivante sans que rien d’abord ne le modifie sensiblement\, mais peu à peu\, à travers les rythmes somptueux d’Arabum et de Saba\, le mouvement s’amplifie et s’anime en allant vers dona adducent\, les deux mots de l’offrande\, qu’il place au sommet de l’arsis\, revêtus d’une formule de joie éclatante cette fois.Dans le deux dernières phrases\, il n’y a pas de différence de style\, bien que la mélodie dans l’ensemble soit plus retenue.Aussi bien ne s’agit-il plus des Mages et de la joie de la fête\, mais de l’adoration universelle des rois et des peuples ; d’où le caractère de contemplation qui domine à nouveau. La dernière phrase\, qui est comme la thésis de toute la pièce\, est une merveille de composition. La formule de omnes est redite sur gentes\, et les deux premiers neumes de sérvient exquissent une troisième répétition qui se développe en une cadence finale large\, somptueuse et d’une élégance achevée.Cette dernière phrase était le refrain au temps où l’Offertoire comportait des versets ; reprise par le chœur\, elle devait produire un grand effet\, à la fois de puissance et de grâce.Ne chanter ni trop vite ni trop fort. Ce serait enlever à cette mélodie si délicate toute son expression.Les répercussions de Tharsis devront être très discrètes\, c’est comme une sorte d’ondulation qui doit envelopper le mot. Beaucoup de souplesse dans les rythmes de insulae\, de munera\, qui sera ralenti légèrement comme offerent\, et dans les motifs répétés de Saba. Crescendo discrètement conduit sur dona adducent et pris dès la première répercussion de dona.Faire là une pause un peu plus marquée. Les motifs de omnes gentes légers et bien semblables. La finale gracieusement retenue. \nCOMMUNION\nLE TEXTENous avons vu son étoile en OrientEt nous sommes venus adorer le Seigneur.C’est le même texte que celui de l’Alleluia . L’interprétation sera aussi la même avec une nuance toutefois qui tient au moment de la communion.A la joie d’offrir des présents\, s’ajoute la joie de les voir acceptés et d’en recevoir en retour. Les Mages eurent cette joie\, n’est-il pas vrai ? dans les sourires de l’Enfant-Dieu et plus encore dans la grâce qui envahit leurs âmes. Nous\, de même ; nous nous offrons au moment de la communion à l’influence transformante du Christ\, il nous accepte et vient. C’est donc dans un sentiment de joie reconnaissante qu’il faut chanter. \nLA MÉLODIE\nAprès l’intonation que met en relief le mot de la vision avec une nuance de contemplation\, ici encore la mélodie s’élève dans un mouvement de joie simple et fraiche ; la joie de la découverte. Le même mouvement et la même joie conduisent vénimus au sommet de l’arsis avec une touche d’empressement bien à sa place comme dans l’Alleluia. Mais\, aussitôt après\, la mélodie descend dans le grave\, comme envahie par la profondeur du mystère et c’est l’idée de l’adoration qui prévaut. Non pas que la joie ait disparu ; elle pénètre encore la dernière incise mais elle est plus tempérée. Elle rejoint celle de vidimus de l’intonation : la joie de l’âme qui se referme sur son Dieu pour être seule avec lui.Veiller à ne pas chanter trop rapidement les porrectus de l’intonation\, de même les quelques notes isolées de vénimus cum munéribus ; donner à l’accent de adorare une certaine ampleur tout en le faisant léger. Partitions \n\nCantiques pour l’Epiphanie \nPolyphonies pour l’Epiphanie\nL’hymne Crudelis Herodes (polyphonie)\n\n Epître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:La Fête de la Sainte Famille
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nINTROÏT\nLE TEXTE \nQu’il tressaille de joie\, le Père du Juste !Qu’ils se réjouissent\, ton Père et ta Mère !Qu’elle tressaille de joie\, celle qui t’a mis au monde ! \nPs. – Qu’ils sont aimés\, tes tabernacles\, Dieu des vertus !Elle soupire et languit\, mon âme\,Sur les paroles du Seigneur. Prov. XXIII\, 23. Ps. LXXXIII\, 2\, 3. \nDans le Livre des Proverbes\, ces mots sont un compliment à l’adresse des parents de l‘homme qui pratique la sagesse. \nAu sens liturgique\, ils ne disent rien de plus\, sinon que le Juste ici est le Sage par excellence\, Notre Seigneur Jésus-Christ. Peut-être même vinrent-ils bien des fois comme spontanément sur les lèvres de ceux qui eurent l’occasion d’admirer les qualités du fils du charpentier de Nazareth. Peut-être furent-ils dits à Notre-Dame et à Saint Joseph comme une citation des Livres saints qui trouvait en eux son application. Peut-être même quelques docteurs du Temple\, émerveillés\, les prononcèrent-ils quand ils virent Notre Seigneur s’en aller\, entre son Père et sa Mère qui venaient de le retrouver au milieu d’eux. En tout cas\, c’et ainsi que l’Eglise les chante\, comme un compliment à la Sainte Famille reconstituée dans la gloire. Ils prennent ainsi leur sens total et la destination dernière que le Saint-Esprit leur donna en inspirant l’Ecrivain sacré. \nLe Psaume exprime le désir de rejoindre la Sainte Famille au ciel. Tant que l’âme est sur la terre\, elle n’est que sur le parvis. C’est pourquoi elle soupire. \nLA MÉLODIE\nLa mélodie n’est pas originale\, il va de soi\, puisque la fête est d’institution récente. Elle a été faite de formules empruntées ici et là aux Introïts du VIIe mode. Exultet Gaudio Pater Justi est calqué sur Audivit Dominus et misértus du Vendredi après les Cendres – Gaudeat Pater tuus\, sur de laqueo pédes méos de l’Introït Oculi méi du IIIe dimanche du Carême. – Et mater tua\, sur Patris méi de l’Introït Venite benedicti du Mercredi de Pâques. – Et exultet quae genuit te\, sur et ne obtiviscaris voces quaeréntim te de l’Introït Réspice du XIIIe dimanche après la Pentecôte. \nL’élan de la première incise\, qui gravit en trois bonds l’octave entière pour s’épanouir sur Pater Justi\, est admirable de proportion et d’à propos par la joie vibrante qui l’enveloppe toute\, avec une nuance de vénération délicatement posée sur Justi. Cette joie a moins d’éclat dans la suite ; aussi bien c’est à Notre Seigneur que l’Eglise s’adresse désormais et un caractère de discrétion plus prononcée est tout à fait de mise. Notez le mot tuus\, la cadence de mater tua et l’incise finale quae génuit te\, avec leur accent de profonde admiration\, qui en font une louange si délicate et si pleine de tendresse et à Saint Joseph et à Notre-Dame. \nL’épisème horizontal de Pater pourra être renouvelé sur le podatus. Bien rattacher Mater tua à Pater tuus. \nLa cadence finale du Psaume est particulièrement expressive du désir ardent qui est dans le texte. \nGRADUEL\nLE TEXTE \nUne seule chose j’ai demandée au Seigneur\,Et je la demanderai encore\,Que j’habite dans la maison du SeigneurTous les jours de ma vie. \nVerset. – Heureux ceux qui habitent dans ta maison\, Seigneur.Dans les siècles des siècles\, ils te loueront. Ps. LXXXIII\, 5. \nLe sens littéral est très simple. Le psalmiste révèle l’objet constant de sa prière : qu’il puisse habiter dans le Temple\, près de l’Arche où Dieu manifeste sa présence toute sa vie. Même idée dans le Verset\, avec en plus l’évocation de l’éternité dont le Temple n’était que le parvis. \nCe fut sans aucun doute l’ardent désir de Notre-Dame et de Saint Joseph. Le Seigneur le combla au-delà de tout ce qu’ils espéraient\, en leur donnant de vivre avec le Christ dans l’intimité de la maison de Nazareth\, et il continue de le combler de plus en plus\, dans la gloire. \nC’est ce désir de la Sainte Famille qui nous arrive ainsi du passé. Mais\, en même temps que l’Eglise lui prête sa voix\, elle en fait le désir de tous ses membres. \nSaint Paul vient de nous dire\, dans l’Epître\, que nous sommes un avec le Christ. Par lui\, avec lui\, et en lui\, nous sommes donc de la famille divine ; frères du Christ\, fils du Père et de Notre-Dame et de Saint Joseph\, nous aussi. Ce que nous demandons\, c’est d’être avec eux dans la maison de famille. La maison\, c’est Dieu qui enveloppe tout de son être infini. Vivre en relation de pensée et d’amour avec eux tous\, en lui\, dans l’invisible présence\, en attendant de les rejoindre et de les voir\, dans l’éternelle et béatifiante vision\, voilà ce que l’Eglise nous fait chanter\, en union avec ce que Notre-Dame et Saint Joseph chantaient eux aussi dans leur cœur lorsqu’ils étaient\, comme nous\, sur la terre de désir. \nLA MÉLODIE\n(V) unam pétii a Domino\, hanc requiram :ut inhabitem in domo Domini omnibus diébus vitae méae. \nC’est le Graduel du Vendredi qui suit les Cendres. La mélodie a seulement été allongée par une formule de remplissage entre Domini et la finale. \nLe désir\, très discret dans l’intonation\, monte peu à peu sur Domine en un motif qui est presque exclusivement réservé au Nom divin ; formule très humble qui supplie d’en bas\, s’élevant à peine. Il se fait insistant et ferme sur hanc requiram ; brusquement la mélodie passe à la dominante et par l’intervalle de tierce quatre fois répété\, l’épisème horizontal\, le pressus\, elle marque la volonté forte de l’âme\, résolue à obtenir\, à force de prière\, ce qu’elle demande. C’est cette supplication qui se développe ardente sur ut inhabitem. Formule originale d’une belle inspiration ; il y a dans tout le mouvement une chaleur que l’on sent retenue mais qui anime tout et qui se nuance très heureusement d’intimité sur Domini. Malheureusement l’incise finit sur la tonique en une cadence presque conclusive alors que le texte continue. \nLe Verset. – Beati qui habitant in domo tua Domine :In saecula saeculorum laudabunt te. \nLa finale exceptée\, il est calqué sur le Verset Beatus du Graduel Ego dixi du Ier Dimanche après la Pentecôte. \nLe calque est heureux\, comme fut heureux le choix des formules pour exprimer cette exclamation à la fois enthousiaste et pleine de désir. Elles ont de l’ardeur\, de la joie\, et se complètent l’une l’autre\, Domine emportant la mélodie dans un magnifique élan qui dit au Seigneur l’ardeur de l’âme pour la béatitude qu’elle entrevoit\, qu’elle salue et vers laquelle elle crie. Le motif de saeculorum\, en broderies légère\, sur des notes élevées\, évoque\, lui\, la lointaine éternité que chantaient jadis les Saints Innocents. La finale est une formule commune qui donne au pronom te\, objet à la fois du désir et de la louange\, la vénération et la tendresse qui conviennent. \nIl ne faut pas craindre de donner de la force à l’incise hanc requiram. Il y a là une révolution ferme qui doit être mise en évidence. \nContinuer le mouvement avec la même force sur inhabitem avec un bel accent de ferveur. Lier de très près omnibus diébus à Domini afin de faire\, autant qu’il se peut\, l’unité de l’incise. \nRattacher aussi Domine à tua dans le Verset. \nALLELUIA\nLE TEXTE \nVraiment tu es un Roi caché\,Dieu d’Israël\, Sauveur. Isaïe XLV\, 15. \nDans Isaïe\, cette parole est une louange à Dieu qui\, sans être vu\, fait tout contribuer à la gloire et au salut d’Israël. \nC’est évidemment le mot absconditus qui en a déterminé le choix pour la liturgie de la Sainte Famille et c’est à Notre Seigneur et aux trente années qu’il a vécu caché à Nazareth\, qu’elle s’applique d’abord. Mais l’Eglise\, en faisant le mot de sa louange\, y mêle ici comme dans le Graduel\, le désir\, qui ne la quitte pas\, d’avoir tous ses membres cachés avec Lui dans l’invisible Trinité\, en attendant la béatifique vision. \nLA MÉLODIE\nElle n’a sans doute pas été faite pour les paroles mais l’application est excellente. Il y a dans le premier mot de l’intonation une admiration pénétrée d’amour qui se développe ensuite très heureusement tout le long de la phrase. Déus Israël\, qui dit la réalité cachée sous le mystère\, domine tout\, au début de la seconde phrase. Son motif plein d’élan et le pressus qui le couronne sont une très belle louange\, qui se continue sur Salvator dans la nuance d’admiration aimante du début. \nNe pas chanter trop vite. Bien lier les deux phrases. La longue descente de la dernière incise de Salvator sera légèrement retenue et la remontée du re au sol avec grâce. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE \nIls portèrent Jésus\, ses parents\, à Jérusalem\,Afin de l’offrir au Seigneur. Luc II\, 22. \nC’est le début du récit de la Présentation de Notre Seigneur au temple. On  a seulement ajouté paréntes éjus\, sans doute pour mettre plus en évidence le rôle de Notre-Dame et de Saint Joseph. \nCe fut le premier acte officiel de la Sainte Famille. L’évocation qui en est faite ici est donc bien adaptée à la fête ; et à l’Offertoire aussi\, car ce fut la première fois que l’offrande de Notre Seigneur à son Père\, toujours vivante en son âme\, fut extériorisée en un sacrifice rituel\, figure de celui qui allait venir\, qui est venu\, qui ne cesse plus. \nL’Eglise\, au moment où les fidèles offrent le Christ et s’offrent eux-mêmes avec lui au Père sous le symbole du pain et du vin\, se chante à elle-même le récit de cette première offrande du Christ\, comme pour rattacher la réalité à la figure et y prendre le modèle de son propre sacrifice. \nLA MÉLODIE\nC’est\, à quelques détails près\, celles de l’Offertoire de la Messe de minuit. Malheureusement le texte ici est très différent ; ce n’est qu’un simple récit. Il lui manque le lyrisme dont était enveloppé le Laeténtur caeli et qui concordait si parfaitement avec la joie délicate des rythmes et des cadences du IVe mode. Il reste que le caractère de contemplation heureuse qui s’en dégage\, aide à faire de ce récit une méditation du mystère\, dans la joie de Noël à nouveau évoquée. \nDans l’original\, la première phrase finissait à éjus\, elle a été ici prolongée jusqu’à Jérusalem\, mais  la cadence sur re demeure conclusive ; il faut donc rattacher de très près in Jerusalem à Domino et bien poser sur le la la cadence de Jerusalem pour pallier à ce défaut. \nCOMMUNION\nLE TEXTE \nIl descendit\, Jésus\, avec eux\, et vint à Nazareth ;Et il leur était soumis. Luc II\, 51. \nC’est la fin de l’Evangile du jour. \nAu moment où les fidèles viennent de communier\, l’Eglise se dit à elle-même ces mots qui révèlent\, dans le cadre de la Sainte Famille\, le mystère de la soumission du Dieu fait homme à ses créatures et à travers elles au Père. Elle dessine ainsi l’attitude de l’âme devant la grâce qui vient en elle et qui doit la faire une avec le Christ ; dans l’absolue soumission au Père et à ceux en qui il a déposé son autorité. \nLA MÉLODIE\nC’est celle de la Communion de la Messe du jour de Noël. \nL’intonation est très appropriée au mot et l’idée de soumission se trouve en pleine évidence dans le très beau mouvement de erat subditus\, plein de joie comme l’était l’obéissance du Christ\, comme doit être la nôtre. Cette joie\, qu’on pourrait appeler ici la joie de la Sainte Famille\, se dégage d’ailleurs de toute la pièce et lui donne son expression vraie. \nPartitions \n\nCantiques pour l’Epiphanie \nPolyphonies pour l’Epiphanie\nL’hymne Crudelis Herodes (polyphonie)\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici \n\n 
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SUMMARY:Deuxième dimanche après l'Épiphanie
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nINTROÏT\nLE TEXTE \nQue toute la terre t’adore\, ô Dieu\, et chante pour Toi.Qu’un hymne elle dise à ton Nom\, ô Très-Haut. \nPs. – Acclamez Dieu\, toute la terre\,Dites un hymne à son Nom ;Donnez de l’éclat à sa louange. Ps. LXV\, 1-2. \nLe Psaume LXV porte en sous-titre dans la Vulgate : Canticum psalmi resurrectionis\, ce qui fait croire qu’il fut composé en reconnaissance de quelque délivrance nationale. C’est un appel à toute la terre pour qu’elle loue le Seigneur.L’Eglise\, qui continue\, dans les Dimanches après l’Epiphanie\, de célébrer la manifestation du Christ au monde\, s’en sert pour convier tous les hommes à l’adorer avec les Mages et à le louer pour le miracle de Cana\, dans lequel il se manifeste avec un éclat nouveau et qui est  l’objet de l’Evangile du jour.Il faut bien noter les deux formes que prend cet appel ; un souhait et un désir exprimés à Dieu dans l’antienne\, et une invitation adressée aux peuples dans le psaume. \nLA MÉLODIE \nElle se compose de deux phrases qui à quelques détails près sont identiques. Psalmum dicat dans la seconde répond à Omnis terra dans la première et de même Altissime à psallat tibi. Parallélisme musical qui suit le parallélisme littéraire.Toutes les incises commencent par une tristropha ; d’où cette atmosphère de modération\, de repos\, de paix\, qui enveloppe tout. D’autre part\, après avoir concentré son ardeur sur ces trois notes\, l’âme la laisse aller sur adoret et nomini tuo en de beaux élans qui portent haut le désir et qui pénètrent toute la phrase d’une ferveur nuancée de touches délicates\, telles ces reprises de mouvement sur te Deus\, psallat tibi\, Altissime\, d’un caractère si intime et si tendre.C’est une mélodie très contemplative qui est en même temps l’expression d’un désir ardent.Ce double caractère rend son exécution difficile. Il faut lui garder du début à la fin  une ardeur paisible. Veiller à ce ue les tristrophas ne sient pas des repos\, mais un élan retenu. Les faré exactement de trois temps légers avec un renforcement de voix qui conduit le mouvement vers l’arsis qui suit. Eviter par contre que ces arsis ne soient trop poussées.Un grand crescendo délicat et très lié jusqu’au pressus de adoret ; la thésis en dégradé\, la distropha légère\, le torculus sans ralenti et rattaché à te\, qui sera très expressif. Pas de ralenti à Déus qui sera lui aussi lié à et psallat.Même interprétation pour la seconde phrase. Bien balancer Nomini ; la distropha légère entre les deux groupes ternaires\, le second légèrement élargi : ne pas trop retenir Altissime. Le Psaume alerte et joyeux. \nGRADUEL\nLE TEXTE \nIl a envoyé\, le Seigneur\, sa Parole\,Et il les a guéris ;Et il les a arrachés de leur mort. \nVerset. – Qu’ils louent le Seigneur pour sa miséricorde\, Et pour ses merveilles envers les enfants des hommes. Ps. CVI\, 20-21. \nLe Psaume CVI est un chant d’action de grâces. Le psalmiste énumère en quelques strophes les misères et les malheurs variés qui sont venus sur les hommes : guerre\, famine\, emprisonnement\, travaux forcés\, maladies… et la façon dont le Seigneur les a secourus. Après chaque strophe\, il y a comme un refrain qui prend la forme d’un appel au peuple pour qu’il chante sa reconnaissance. Le verset 20\, misit\, est la fin de la strophe consacrée aux maladies\, et le verset 21\, confiteantur l’appel à la reconnaissance. La parole dont il est question\, c’est le Verbe\, seconde personne de la Sainte Trinité\, qui opéra toutes les merveilles dont fut gratifié le peuple juif\, mais aussi\, dans un sens prophétique\, le Christ\, Verbe fait chair\, que le Père enverrait un jour pour guérir les cœurs brisés et annoncer aux captifs leur délivrance.Au sens liturgique\, c’est l’Eglise qui\, sur les mots mêmes qui prophétisaient le Christ miséricordieux\, chante la prophétie au moment où elle se réalise. Elle vient d’entendre Saint Paul énumérer dans l’Epître les dons divins qui viennent en nous par la grâce\, elle a déjà à l’esprit l’épisode des noces de Cana qui va être lu à l’Evangile et\, par delà le geste si délicat du Christ qui change l’eau en vin pour secourir la détresse passagère de deux époux\, elle voit l’Eucharistie qui soulage tant de misères morales et qui arrache à l’étreinte de la mort tous ceux qui s’en nourrissent. Devant cette manifestation de plus en plus éclatante de celui qui fut prophétisé\, elle reprend la parole du Psalmiste et la fait monter comme un hommage de sa foi et de sa reconnaissance vers le Père qui l’envoya. Se tournant alors vers les siens\, elle les appelle à chanter la miséricorde du Seigneur et toutes les merveilles qu’il a faites et qu’il continue de faire. \nLA MÉLODIE \nMisit Dominus Verbum suum et sanavit éos. Et eripuit éos de intéritu eorum.La première phrase est empreinte de gravité. C’est bien l’atmosphère dans laquelle l’âme se trouve baignée chaque fois qu’elle se met en présence du drame de la miséricorde divine sauvant le monde. (L’auteur a choisi deux formules centons qu’on ne trouve guère que sur des textes qui ont trait à la Rédemption et qui sont fréquentes dans les graduels du temps de la Passion ; Mardi de la semaine de la Passion\, Mercredi-Saint\, Jeudi-Saint.) Toute recueillie\, elle enveloppe de respect Dominus puis\, s’élevant peu à peu\, elle laisse son ardeur se répandre pleine de noblesse\, de vénération et d’amour sur vérbum\, avec un accent particulier sur suum\, qui évoque le Fils unique et la valeur infinie de ce don d’amour fait au monde.La seconde est une magnifique expression de joie. L’Eglise demeure d’abord sur et sanavit dans la même atmosphère mais peu à peu\, à l’idée des bienfaits que le Verbe fait chair a répandu autour de lui\, elle laisse sa reconnaissance se dilater dans la joie et la proclame très haut. Les deux motifs de éos sont très beaux. Le premier chantait la lumière dans le Graduel de l’Epiphanie\, le second la délivrance des Saints Innocents\, le jour de leur fête. Sur ces montées progressives et chaudes\, l’âme\, s’englobant elle-même dans le nombre des guéris et des ressuscités\, exalte à loisir Celui qui l’a sauvée.Entre les deux phrases il n’y a pas de contraste la transition étant admirablement ménagée par la formule de et sanavit. Dans la mélodie comme dans le texte\, une seule chose est dite et chantée\, la manifestation de la miséricorde et de la puissance divine du Verbe fait chair\, envoyé de Dieu. \nLe Verset. – Confiteantur Domino misericordiae éjus et mirabilia éjus filiis hominum. \nIdée nouvelle. L’Eglise sort de la contemplation du mystère pour exhorter tous ceux qui en  ont profité à dire leur reconnaissance dans un hymne de louange.Sur un motif très simple de deux ou trois notes\, qui évoque l’appel des élus à la louange éternelle dans le Graduel du IIe Dimanche de l’Avent\, elle se fait pressante sur Confiteantur ; elle insiste\, revenant par trois fois. Sur Domino elle s’incline\, pleine de vénération joyeuse ; puis\, comme si elle oubliait l’appel qu’elle lance\, elle se laisse prendre par le mot misericordiae et y demeure\, contemplant à nouveau\, sur la courbe de la mélodie qui monte et descend lentement\, le mystère de la bonté du Christ\, son mystère à lui…et son mystère à elle… Ce n’est pas tant de la joie qu’une paix heureuse. La paix que lui a value la divine miséricorde. Elle s’y délecte\, bercée dans un rythme binaire qui s’étend\, calme\, régulier\, léger aussi\, comme planant au-dessus du temps et de l’espace\, spirituel.  A l’évocation du nom divin elle s’exalte quelque peu sur les deux pronoms éjus en un hommage plus ardent de reconnaissance ; puis reprend sur filiis hominum le thème de l’exhortation. Englobé dans le très beau mouvement de la formule finale\, il permet au chœur\, qui représente précisément les fils des hommes\, de se joindre aux chantres dans le même élan de ferveur reconnaissante.Retenir le mot Dominus dans l’intonation. Après qui\, un bon mouvement plein d’élan jusqu’au sommet de éos\, qui sera éclatant. Le même enthousiasme passe à la phrase suivante et dure jusqu’à la fin.Confiteantur Domino doit être à la fois léger et pressant ; les pressus seront bien appuyés mais la note qui les sépare\, très souple ; la tristropha posée doucement. Le ré qui débute la troisième reprise un peu allongé ; toute la finale de Domino élargie\, mais le climacus de la fin à peine retenu et très rythmé.La vocalise de misericordiae très régulière\, mais très souple. Le crescendo sera très peu poussé\, toutes les notes pointées bien reliées à la suivante par un discret renforcement de la voix.Bien rattacher mirabilia à éjus. Le second éjus\, léger et joyeux. Bien faire les répercussions de la formule finale. La dernière incise très élargie. \nALLELUIA\nLE TEXTE \nLouez Dieu\, tous ses Anges.Louez-le\, toutes ses Puissances. Ps. CXLVIII\, 2. \nIl est à prendre dans le même sens que le Graduel. L’Eglise invite les Puissances célestes à louer Dieu avec nous pour nous avoir donné le Christ\, qui se manifeste si puissant et si miséricordieux. \nLA MÉLODIE \nC’est celle des Alleluia du IIIe Dimanche de l’Avent et des Saints Innocents\, à part la première incise qui est ici simplifiée.Dans toute la première phrase\, l’invitation est directe et vivante mais\, dans la seconde\, l’Eglise\, prise par l’idée de Dieu\, s’oublie sur éum à le contempler et se complaît dans sa contemplation jusqu’à la fin. La mélodie est admirable de paix et de tendresse délicate ; on décèle ici et là\, particulièrement dans la dernière incise\, comme une pression plus poussée\, le désir d’être avec les Anges pour l’éternelle et parfaite louange.Veiller à ne pas précipiter les deux notes isolées entre les clivis de omnes et le podatus de tu dans virtutes. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE \nAcclamez Dieu\, toute la terre !Acclamez Dieu\, toute la terre !Chantez un hymne à son nom.Venez\, écoutez\,Et je raconterai\, à vous tous qui craignez Dieu\,Tout ce que le Seigneur a fait pour mon âme. Ps. LXV\, 1-2\, 16. \nDans le Psaume\, ces trois versets sont une invitation à louer Dieu pour ses bienfaits.Ici\, l’objet de la reconnaissance est le miracle de Cana\, dans lequel le Christ révèle pour la première fois sa puissance divine et\, plus encore\, l’Eucharistie qui y était figurée.Sans doute est-ce ce dernier objet qui déterminera le choix du verset : Venez écoutez et je vous raconterai ce que Dieu a fait pour mon âme. L’Offertoire en effet accompagne l’offrande du pain et du vin qui seront changés au corps et au sang de Notre Seigneur et donnés ensuite en communion comme le don de Dieu qui\, en nous apportant la vie du Christ\, nous transforme en lui spirituellement ; pour l’âme qui en bénéficie\, il y a de quoi louer le Seigneur et de quoi confier aux amis. C’est cette miséricordieuse bonté du Christ\, toujours en action\, que l’Eglise nous invite à acclamer et qu’elle brûle de confier en détail à qui veut l’écouter. \nLA MÉLODIE \nElle ne ressemble en rien au Jubilate du dimanche précédent. C’est encore une acclamation\, du moins dans la première partie mais\, au lieu de la joie légère\, c’est la grandeur et l’enthousiasme qui dominent.Trois idées : acclamez Dieu\, chantez un hymne à son nom\, venez et écoutez ce qu’il a fait pour moi. Jubilate\, psalmum dicite\, venite et audite.Jubilate… L’intonation\, par son mouvement hardi vers la dominante et son appui sur le salicus\, a bien le caractère direct et entrainant d’une invitation joyeuse. Déo est à peine souligné ; tout le mouvment va vers universa terra\, qui reçoit de la tristropha et des intervalles de quarte et de quinte qui l’encadrent une ampleur magnifique\, à travers laquelle passe\, ardent et large\, l’appel à la joie.Dans la seconde phrase qui\, ici encore\, reprend la première en thème varié\, cette idée de joie\, qui avait été un peu laissée dans l’ombre\, se développe en une acclamation splendide\, ordonnée\, mesurée et\, en même temps\, pénétrée d’une ardeur qui monte\, s’enfle\, éclate\, enthousiaste comme le cri d’une foule qui chante son héros. C’est toute l’Eglise\, toute la terre\, qui s’excite elle-même à clamer son admiration\, sa reconnaissance\, son amour au Dieu si bon qui nous a donné son Fils et qui nous incorpore à lui pour être des fils nous-mêmes. Déo est reproduit sans changement. Universa terra non plus n’est pas changé ; mais\, à la fin de la première formule\, le si naturel amène un très beau développement qui amplifie le mot et en renforce considérablement l’expression.Psalmum dicite… Une invitation encore ; non plus à acclamer\, cette fois\, mais à chanter un psaume : c’est une invitation à la louange liturgique. Il y a une nuance et elle est bien dans la mélodie. Celle-ci garde son ardeur\, certes – notez la tristropha de dicite entre les clivis épisématiques qui l’amènent si délicatement\, l’admirable montée de nomini où elle s’épanouit\, ravivée encore par la répercussion de la clivis\, et le rebondissement sur éjus ; progression splendide qui la fait de note en note plus pressante et plus chaude – mais cette ardeur est modérée\, retenue\, comme enveloppée de religieux respect et de vénération.Venite et audite… Pour la troisième fois l’invitation est redite. Jamais elle ne fut plus ardente et plus joyeuse. C’est une invitation à partager un secret de bonheur. La mélodie qui s’était étable en la  la fin de la phrase précédente passe sans transition au do\, dominante du VIIIe mode et de là s’élance à la tierce supérieure sur un motif de quelques notes très simple mais qui rend admirablement l’appel plein d’entrain que l’on adresse spontanément aux amis sur le chemin de la joie commune. Ce motif est répété 3 fois.Mais sur narrabo quelque chose s’ajoute à l’appel. Il semble que l’âme\, à la pensée de ce qu’elle a à dire\, retienne son élan et s’arrête sur la tristropha\, comme pour prendre dans un seul regard toutes les grâces qu’elle a reçues\, la voix commence à revêtir le ton des communications intimes. La joie extérieure s’est atténuée\, il n’y a plus que la joie profonde… La mélodie qui est descendue graduellement\, se relève bien quelque peu sur omnes qui timétis\, mais c’est en empruntant le motif plein de révérence de nomini éjus.Après un dernier accent sur quanta fécit\, pour souligner la grandeur des merveilles divines et l’ardeur d’amour qui réveille leur souvenir\, elle devient toute thétique ; elle souligne Dominus au passage et s’achève\, sur animae méae\, en des neumes gracieux et paisibles. L’âme\, devenue toute contemplative admire la transformation qui s’est faite en elle et qui laisse bien loin le changement de l’eau en vin qui en était la figure. L’Alleluia redit une dernière fois le mot de la louange\, mais en une formule toute reposée qui ne fait que prolonger la quiétude de la contemplation.Chanter dans un bon mouvement plein de vie et avec une grande souplesse.Commencer le crescendo de univérsa\, dans la première phrase\, dès le torculus du début de l’incise\, le concentrer sur la virga pointée et le faire s’épanouir\, sans heurt et tout en élan\, sur la tristropha\, qui doit être légère. Donner un peu de longueur à la première note du podatus de sa dans universa et entretenir l’élan jusqu’à la fin de terra.Reprise a tempo discrète sur le second jubilate. Dans la vocalise\, bien distinguer les distrophas et tristrophas\, qui sont légères\, des pressus qui eux ont un peu plus de poids et de mordant ; mais que tout soit englobé dans le mouvement\, sans heurt ni passion. Il s’épanouira sur les notes du sommet qui seront légères et arrondies. Bien accentuer Déo et y relier univérsa terra\, dont le crescendo ira jusqu’à la fin\, avivé par le si naturel.Une bonne pause\, avant Psalmum ; plus de modération\, la tristropha de dicite légère et douce. Crescendo bien conduit sur Domino\, repris sur éjus et beaucoup plus poussé\, jusqu’à la note répercutée.Une nouvelle pause\, puis attaquer Venite\, très en élan\, très léger et conduire toute la phrase de même. Que le sentiment de paix demeure à partir de narrabo.Rattacher quanta à Déum. Beaucoup d’onction dans toute la dernière phrase. Bien accentuer meae à la fin. L’Alleluia dans le mouvement\, sans reprise a tempo. \nCOMMUNION\nLE TEXTE \nIl dit\, le Seigneur : Remplissez les vases d’eau et portez au maître d’hôtel.Quand il eut goûté\, le maître d’hôtel\,L’eau devenue du vin\, il dit à l ‘époux :Tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant.Ce miracle que fit Jésus fut le premier devant ses disciples. Jean II\, 7. \nC’est le résumé de l’épisode des noces de Cana. En ces quelques lignes\, faites des mots essentiels de l’Evangile\, tient tout le drame.Ce rappel du miracle dans l’antienne de la Communion le met en plein relief comme figure de l’Eucharistie. Au moment où elle goûte la suavité du pain et du vin devenus le corps et le sang du Christ\, l’Eglise se chante à elle-même les paroles qui en furent l’annonce prochaine et\, dans la joie de sa vie renouvelée\, les fait monter vers le Christ Jésus comme l’hommage de son amour reconnaissant…Servasti vinum bonum usque adhuc. \nLA MÉLODIE \nElle se plie avec une admirable souplesse au caractère et à l’action des personnages. Il y en a trois : le récitant\, Notre Seigneur et le maître d’hôtel.C’est le récitant qui commence. Il annonce les paroles divines. Deux mots très simples et sur un ton empreint de gravité\, comme il convient. Notez de quelle dévotion il enveloppe Dominus.Le chant de Notre seigneur est très discret\, comme fut son geste. Il n’y a pour ainsi dire pas de mélodie ; juste assez pour revêtir les mots de sa bonté douce et si simple\, avec une légère insistance sur aqua\, la matière du miracle\, et une délicate nuance de joie sur ferté architriclino.Le récitant décrit alors le maître d’hôtel goûtant le vin nouveau. La description est très réaliste. Le motif de gystasset\, avec le si bécarre et le si bémol à une note d’intervalle\, a quelque chose d’incertain qui rend parfaitement l’étonnement du brave homme. Cet étonnement devient plus marqué sur aquam vinum factam\, à la faveur peut-être de la sonorité de la voyelle a quatre fois répétée\, puis fait place soudain\, sur dicit sponso\, à la joie qui va éclater.Elle éclate en effet sur les lèvres du chef\, sonore et quelque peu exubérante ; mais il est si heureux d’être enfin tiré d’angoisse ! Il souligne même d’un accent de délectation le mot bonum et va jusqu’à mettre une pointe de finesse sur usque adhuc ; par quoi il apprécie à sa juste valeur le bon tour que l’époux joue à ses hôtes en gardant\, contrairement à la coutume\, le bon vin pour la fin.Si réaliste qu’elle soit\, cette interprétation est exacte. Tout cela se trouve dans la mélodie et rien ne s’oppose\, ni dans le texte ni dans le contexte du récit évangélique au caractère qu’elle donne aux personnages. Mais l’expression n’est pas toute là. Cette antienne en effet n’a pas pour seul objet\, ni même pour objet principal\, de nous chanter le miracle de Cana. A travers le drame historique qu’elle fait revivre\, un autre drame se joue : le drame liturgique de l’Eucharistie figurée\, annoncée\, réalisée : et c’est pour chanter ce drame-là qu’elle a été faite. Les personnages en sont réels et vivants : c’est l’Eglise qui\, par la voix du récitant\, nous présente la scène et nous annonce les acteurs ; c’est le Christ qui change le pain et le vin en son corps et son sang et\, dans la communion\, nous en lui ; ce sont toutes les âmes enfin\, nous tous\, qui à travers ce chant du maître d’hôtel disons au Christ\, l’Epoux de nos âmes\, notre joie reconnaissante pour la nourriture et le breuvage aux suavités inexprimables qu’il nous dispense à la table de ses noces. Si donc nous nous contentons de chanter le drame historique sous le drame liturgique nous ne comprenons pas la pièce et nous lui enlevons\, faute de l’avoir découverte\, son expression vraie.Il nous faut donc entrer\, en la chantant\, dans les personnages du drame actuel et les vivre. Il passera alors dans la mélodie quelque chose de plus profond\, de plus spirituel qui atténuera ce qu’il peut y avoir de trop humain ici ou là ; et elle aura toute son expression.Chanter dans une rigoureuse technique en veillant à ne pas forcer les caractères.Donner une rondeur quelque peu élargie aux accents de impléte hydrias\, dont la tristropha sera légère. Par contre\, la double note de aqua sera bien appuyée\, comme si elle était surmontée de deux épisèmes horizontaux\, c’est une bivirga épisématique. Un crescendo discret en montant sur architriclino.Une bonne pause\, puis départ a tempo sur cum gustasset. Toute la phrase légère jusqu’à aquam qui sera quelque peu élargi. La distropha de dicit bien accentuée et se balançant avec le salicus qui suit.Beaucoup d’entrain joyeux dans le chant du maître d’hôtel ; prendre garde toutefois à la précipitation\, bien arrondir les torculus et donner toute leur valeur aux notes isolées ; mais conduire le mouvement jusqu’à usque. La dernière phrase très souple ; poser avec un peu d’ampleur la première note des podatus de Jesus et de primum. Balancer le rythme de discipulis suis sans trop l’élargir.  \nPartitions \n\nCantiques pour l’Epiphanie \nPolyphonies pour l’Epiphanie\nL’hymne Crudelis Herodes (polyphonie)\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Troisième au sixième dimanche après l'Épiphanie
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nINTROÏT\nLE TEXTE\nAdorez Dieu\, tous ses Anges. Elle a entendu et elle s’est réjouie\, Sion ; Et elles ont bondi de joie\, les filles de Judée. \nPs. — Le Seigneur règne\, qu’elle exulte\, la terre\, Et qu’elles soient dans la joie\, toutes les îles. Ps. XCVI\, 7-8\, 1. \nLe Psaume XCVI dans la Vulgate porte en tête : De David\, quand son pays lui fut rendu. C’est un chant d’action de grâces\, dans lequel le Prophète royal se sert des images les plus éclatantes pour décrire la façon merveilleuse dont Dieu est venu à son aide. La nuée l’enveloppe… Le feu marche devant lui… Ses foudres illuminent le monde… Les monts coulent comme la cire à son aspect… Soudain au milieu de cette scène terrifiante ; une voix donne un ordre : Vous tous ses anges\, adorez-le. C’est alors la joie du peuple : Elle a entendu\, Sion\, et se réjouit… Il faut évidemment aller plus loin que l’événement historique qu’il célèbre si l’on veut avoir tout le sens de ce Psaume. Par delà la terre d’Israël rendu au peuple de Dieu\, c’est la terre entière — entendue au sens de tout le monde créé — rendue totalement et définitivement à Dieu au dernier jour. Dans le cadre grandiose des éléments bouleversés qui préparent sa venue\, le Christ donne aux Anges l’ordre de se courber devant Dieu\, montrant par là qu’il est le maître des esprits les plus hauts\, que tout lui est soumis\, qu’il a tout en main pour remettre tout au Père ; ce dont les élus se réjouissent. Telle est l’interprétation stricte du texte de la Vulgate. — Il y en a une autre qui est plus dans l’idée générale du Psaume. Le mot que la Vulgate après les Septante a traduit par Angeli est dans le texte hébreu Elohim. Il signale tous les êtres surnaturels\, anges ou démons ; selon le contexte\, il s’entend bien ici des idoles\, ou mieux encore des démons dont elles étaient en fait les représentations. Ce sont eux qui se prosternent et\, c’est de voir leur foi justifiée dans cette adoration du Christ par toutes les puissances qui lui furent opposées\, que les élus se réjouissent. Dans le cadre des derniers dimanches après l’Epiphanie — car cet Introit est celui de tous ceux qui peuvent suivre — le sens de ces deux versets n’a pas à subir la moindre adaptation. Ils entrent d’eux-mêmes dans l’idée qui continue d’occuper l’Eglise depuis la fête : la manifestation de la Royauté du Christ. Le premier Dimanche\, les Anges l’adorent dans l’éternité : « Sur un trône élevé\, j’ai vu siéger un homme que la multitude des anges adorent ». Le second\, c’est la terre qui est appelée à lui rendre hommage : « que toute la terre t’adore ». Ici\, ce sont toutes les puissances supra-terrestres\, au jour de l’Epiphanie suprême. On notera l’à-propos et la grandeur que revêt\, dans ce développement progressif\, l’interprétation du mot Angeli dans le sens de l’hébreu : le Christ courbant les puissances rebelles à ses pieds\, achevant ainsi par ce geste qui les écrase à jamais la lutte qu’elles n’ont cessé de mener contre lui depuis le commencement. « Alors viendra la fin\, lorsqu’il aura remis le royaume à son Père\, après avoir anéanti toute principauté\, toute domination\, toute puissance ». (I Cor. XV\, 24.)Quelle que soit l’interprétation que l’on choisisse\, il faut faire grande attention à la forme très dramatique que prennent ces deux versets isolés de leur contexte. Les chanteurs auront donc à être d’abord le Christ glorieux qui commande\, puis le prophète qui rapporte la scène ou\, mieux encore\, l’Eglise qui évoque sur les paroles du Psaume ce que sera le triomphe de son Chef\, et qui en jouit déjà\, car depuis la résurrection du Christ cette parole ne cesse d’être entendue des anges\, bons et mauvais\, dans la joie… ou dans la rage. \nLA MÉLODIE\nElle est incontestablement revêtue d’autorité dans la première phrase ; la douceur n’en est pas exclue mais c’et bien une volonté qui s’impose. Cette volonté\, très nette dès l’intonation sur l’impératif de adorate — la double note est en effet une bivirga épisématique\, la voix s’y appuie donc et va se renforçant vers l’accent tonique\, lui-même quelque peu élargi — s’accentue et se renforce sur l’accent de Déum et sur le salicus de omnes\, et atteint toute sa puissance sur la bivirga de Angeli\, elle aussi épisématique. On notera enfin que la cadence a quelque chose de brusque\, les trois notes de éjus n’ayant aucun signe d’allongement. Ce n’est pas à dire que le ton doive être rude. Si on fait le Christ s’adressant aux Anges il faut même que toute la phrase soit pénétrée de sa douceur\, mais qu’elle soit ferme aussi\, puisque c’est précisément son autorité de Roi universel qu’il manifeste. Si on le fait parler aux démons\, elle aura\, il va de soi\, plus de mordant en même temps qu’un accent de triomphe. Dans les deux autres phrases\, c’est la joie. Elle est très marquée dans les rythmes binaires de laetata est\, dans la broderie légère et si gracieuse de et exultavérunt et jusque dans la quinte descendante de filiae\, si expressive d’un bonheur profond. Joie de l’Eglise qui voit le Christ et tous ses membres\, un dans l’adoration éternelle du Père\, accomplissant enfin le geste en vue duquel tout a été fait. Un autre sentiment se fait jour dans la dernière incise ; la tendresse qui s’éveille dans l’âme à l’idée des « filles de Juda ». Le mot est à prendre dans un sens poétique. Il s’agit des villes de Judée\, filles de Jérusalem\, mais pour nous\, c’est toute la Jérusalem céleste\, toute la terre de Dieu et son peuple d’élus\, qui est évoquée là et enveloppée de respect et d’admiration. La montée sur la dernière syllabe de Judae et surtout la répercussion sur la clivis avec le rebondissement léger sur le pressus\, avant la retombée finale\, en rendent fort bien les nuances délicates. Selon l’interprétation que l’on donnera au texte\, la première phrase sera plus douce ou plus forte\, pour ne pas dire plus dure. La technique sera la même\, il va de soi\, mais les nuances\, la force des accents\, la puissance du crescendo sur omnes angeli et la cadence finale différeront nécessairement. Mettre un bon intervalle entre la première et la seconde phrase. Audivit sera pris a tempo. Bien poser les premières notes des podatus de laetata. Pas de ralenti à Sion : y relier d’assez près exsultavérunt dont la descente sera retenue avec grâce\, ainsi que toute la cadence finale. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nElles craindront\, les nations\, ton nom\, Seigneur\,Et tous les rois de la terre\, ta gloire.Verset. — Parce qu’il a édifié\, le Seigneur\, Sion. Et il sera vu en majesté. Ps. CI\, 16-17. \nLe Psaume CI est la plainte du peuple juif en captivité. Il s’achève en un acte de confiance en Dieu qui reconstruira Jérusalem et lui rendra sa gloire : Tu te lèveras\, Seigneur\, et tu auras pitié de Sion ; Alors elles craindront\, les nations\, ton nom\, Seigneur. Mais\, par delà la cité matérielle relevée de ses ruines\, l’autre aussi est évoquée\, la Jérusalem Céleste où le Verbe fait chair\, Nom substantiel de Dieu\, dominera tous les rois et sera vu dans la majesté de son infinie splendeur. Les miracles et les enseignements pleins de sagesse de Notre Seigneur\, que la liturgie fait revivre en ces Dimanches après l’Epiphanie\, furent les premiers actes par lesquels il faisait reconnaître la puissance de son nom divin\, comme aussi les premiers fondements de la Jérusalem nouvelle. La prophétie du Psaume commençait donc à s’accomplir. L’Eglise la redit ici dans la joie de la voir réalisée en ces événements merveilleux ; de la voir s’accomplir de plus en plus au cours du temps ; puis\, se tournant vers l’avenir et lui gardant son sens prophétique\, elle la chante comme la vision future de l’éternité évoquée dans l’Introït\, quand le Christ\, après avoir achevé la Jérusalem nouvelle\, y règnera dans la splendeur d’une gloire incontestée et reconnue de tous les peuples soumis dans l’amour. \nLA MÉLODIE\n(V) Timebunt gentes nomen tuum Domine\,Et omnes règes terrae gloria tuam.La première phrase est la même que celle du Graduel Misit Dominus du Dimanche précédent. Elle s’accorde bien avec le caractère de crainte révérentielle qui est partout dans le texte en raison de la vision d’éternité qu’il évoque\, mais elle est surtout pénétrée de certitude. La belle et noble formule de verbum suum\, dans le Graduel Misit\, se retrouve ici sur nomen tuum tout à fait adaptée\, car le Verbe\, qui est e Mot par lequel le Père se dit à lui-même ce qu’il est\, est aussi son Nom. Elle l’enveloppe du même amour et de la même confiance\, avec une nuance de grandeur\, de puissance\, d’autorité\, peut-être plus marquée encore en raison du contexte. C’est la même expression d’espérance forte dans la première incise de la seconde phrase\, mais\, à travers l’insistance très marquée de règes terrae\, tout le mouvement va vers gloria tuam et en fait une magnifique louange qui s’élève lentement sur un motif qui évoque le grand Jubilate du Dimanche précédent. Elle s’achève en une très belle cadence finale\, toute de paix : la paix de l’Eglise en contemplation devant la glorieuse éternité. \nLe Verset. — Quoniam aedificavit Dominus Sion et videbitur in majestate sua. Il n’y a ici que de la joie. L’Eglise voit l’œuvre du Seigneur\, la cité bâtie peu à peu\, resplendissant\, dans la vision lointaine de l’éternité\, de la clarté de Dieu et de la majesté du Christ. Après avoir revêtu le nom divin d’une formule de tendresse à lui seul réservée\, elle laisse aller sur Sion sa joie débordante d’enthousiasme\, de fierté\, de reconnaissance\, d’amour\, de désir. L’élan est splendide\, c’est comme un cri modéré\, retenu\, prolongé\, qui s’achève sur la cadence en la en une nuance délicate d’espoir — car ce n’est qu’une vision d’avenir… L’enthousiasme passe dans la phrase suivante où il se détend peu à peu sur vidébitur\, le mot de la vision béatifique. La formule finale est très commune mais parfaitement adaptée à la contemplation de la majesté divine qu’elle chante. La double note de timébunt bien appuyée de même celle de nomen\, ce sont des bivirgas épisématiques. Avec le pressus de tuum\, elles contribuent à donner un caractère de puissance et d’autorité à toute cette première phrase. Beaucoup de vie dans la seconde ; relier gloria à térrae. Un fort crescendo sur l’arsis de tuam ; toute la thésis très retenue. Le Verset\, très alerte et joyeux. Bien rythmer quoniam aedificavit. Se complaire sur Dominus\, bien appuyer la double note de la fin qui est une bivirga et porter l’élan jusqu’à la première du climacus au sommet\, répercuter sur la première du second climacus\, ne pas ralentir\, ou très peu\, et bien lancer Sion\, large et ardent. A la fin sur le fa ce sont trois virgas. Peu de ralenti à la cadence. Et videbitur\, léger. La formule finale\, paisible. \nALLELUIA\nLE TEXTE\nLe Seigneur règne\, qu’elle se réjouisse\, la terre ! Qu’elles soient dans la joie\, toutes les îles ! Ps. XCI\, 1. C’est le Psaume de l’Introït. Le sens est le même : l’Eglise dit sa joie de voir le Christ régner. \nLA MÉLODIE\nMélodie type déjà entendue le Ier Dimanche de l’Avent\, et à la Messe de Minuit ; on l’entendra à nouveau le Samedi de Pâques et pour l’Ascension. Les textes qu’elle revêt sont différents\, mais ils se rapportent tous à Notre Seigneur Jésus-Christ. Elle est en quelque sorte le leit-motiv qui chante les diverses étapes du voyage divin : l’attente du Sauveur\, sa naissance\, son règne qui commence avec sa vie publique\, sa Résurrection\, son Ascension. L’expression varie avec les mots\, mais la joie est toujours là. Même le Premier Dimanche de l’Avent\, alors que le texte est une supplication\, à l’évocation du Sauveur\, la prière\, nous l’avons vu\, fait place sur salutare tuum à une contemplation heureuse. Ici il n’y a pas autre chose ; de la première à la dernière note\, l’allégresse est partout ; Elle revêt au début une certaine ardeur sur regnavit\, puis se fait légère et paisible tout le long des neumes qui se déroulent : avec\, ici et là\, des accents qui révèlent de quel amour profond elle jaillit. Bien que ce soit une invitation à la joie\, il ne faut pas presser le mouvement ; qu’il soit retenu\, mais sans lenteur et bien vivant. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nLa droite du Seigneur a fait éclater sa puissance. La droite du Seigneur m’a exalté. Je ne mourrai pas\, mais je vivrai\,Et je raconterai les œuvres du Seigneur. Ps. CXVII\, 16-17. Le Psaume CXVII fut sans doute composé pour la dédicace du second Temple après le retour de la captivité. C’est un chant d’action de grâces\, qui s’achève en un cri de confiance et une promesse d’éternelle louange. Dans ces deux versets\, il s’agit du peuple juif et c’est lui qui parle. La main du Seigneur lui a rendu sa gloire. Il ne périra pas et proclamera les œuvres merveilleuses de son libérateur. Tel est le sens historique. Il y en a un autre. Le retour de la captivité et la dédicace du nouveau temple étaient la figure d’une autre délivrance et d’une autre dédicace : la délivrance de l’humanité retenue sous l’emprise de Satan et son retour à Dieu\, toute groupée dans le Christ pour être offerte par lui au Père\, comme le temple vivant dont tous les autres ne sont que la figure. C’est le sens de cet Offertoire. Le Christ — et avec lui tout le Corps mystique — chante les merveilles que Dieu a faites pour lui ; le miracle qui vient d’être relaté dans l’Evangile et\, par delà cet incident\, entre tant d’autres semblables\, l’Incarnation\, la Rédemption\, l’Eglise… Déxtera Domini fecit virtutem. Puis\, tourné vers l’avenir\, vers la glorieuse éternité\, il chante l’exaltation de cette absolue royauté qui se déploiera pour lui et ses membres en cette Epiphanie suprême\, qui sera l’éternelle vie dans l’éternelle louange… Dextera Domini exaltavit me… vivam et narrabo opéra Domini. Un sens plus actuel et plus personnel encore\, si l’on peut dire\, s’ajoute\, du fait que ce texte est chanté au moment où se fait l’offrande de la matière du sacrifice. C’est en effet par l’Eucharistie que Dieu continue à déployer sa puissance en nous et qu’il nous exalte et qu’il nous donne la vie qui ne meurt pas et qui est\, dès maintenant\, éternelle louange. \nLA MÉLODIE\nL’Eglise commence par se complaire sur Dextera Domini en une sorte d’admiration reconnaissante et de vénération qui se courbe aussi bas que possible sur le nom divin. La louange y est déjà\, mais comme retenue par la contemplation. Ce n’est qu’à partir de fecit virtutem qu’elle s’exalte. Alors\, comme si elle prenait peu à peu conscience de tout ce que Dieu a fait dans le Christ et en elle\, l’âme se laisse gagner par l’enthousiasme. Il monte\, grandit\, éclate sur le pressus du sommet ; passe dans la phrase suivante et y prend sur dextera Domini\, nettement établi sur le do cette fois\, une ardeur de plus en plus intense qui pénètre tous les mots d’un courant de joie éclatante et les lance comme une proclamation glorieuse. Notez la fermeté de la ligne sur do\, et les neumes qui insistent sur chaque syllabe\, la distropha de déxtera — qui devrait être une bivirga allongée et répercutée —\, la clivis épisématique de te\, la répercussion sur celle de ra après la distropha\, le pressus de Domini et le beau motif de exaltavit me avec son magnifique élan\, ses deux répercussions\, son pressus et la cadence pleine en VIIIe mode. Quelle affirmation fière et noble ! Cette ardeur se pénètre au début de la troisième phrase d’une inébranlable certitude\, affirmée par l’arsis de non moriar et la tristropha de sed. Celle-ci toutefois a moins d’éclat ;il commence à insinuer une certaine douceur qui va se répandre sur les rythmes ternaires de vivam et pénétrer peu à peu la dernière incise qui chante\, elle\, la louange paisible de l’éternité. Elle s’achève sur l’admirable formule de Domini qui\, entre le quilisma et les deux pressus\, berce pour finir l’ardeur de notre désir. Le mouvement sera plutôt large. Le crescendo partira de la première note de fécit et sera conduit avec soin jusqu’au podatus allongé. Pas de ralenti ou si peu à virtutem. Le second déxtera très affirmé — la double note est une bivirga épisématique — sera rattaché de près à la première phrase dans le même mouvement de grande arsis qui va jusqu’au sommet de exaltavit me\, lequel sera arrondi et ralenti. Beaucoup d’énergie dans non moriar. La première note de sed bien posée et liée à la tristropha. Bien rythmer narrabo. Faire les pressus de Domini bien expressifs. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nIls étaient dans l’admiration\, tous\,Des choses qui sortaient de la bouche de Dieu. C’est le résumé du verset 22 du chapitre IVe de Saint Luc. Il nous livre l’impression des habitants de Nazareth\, lorsqu’ils entendirent Notre Seigneur parler\, pour la première fois\, dans leur synagogue. Ces mots sont bien à leur place car ce fut sans doute la même admiration après chacun de ses miracles. Mais il ne faut pas se contenter de les entendre dans ce sens historique. L’Eglise les chante en effet comme l’expression de notre admiration pour ce que nous entendons du Christ\, dans l’Evangile\, dans l’enseignement de l’Eglise\, dans l’Eucharistie ; et non seulement du Christ\, mais des Trois Divines Personnes qui habitent en notre âme et qui parlent à qui sait les entendre. Notez que le texte porte ici ex ore Déi et non ex ore ipsius comme dans l’Evangile. \nLA MÉLODIE\nElle commence par évoquer d’une façon très heureuse sur mirabantur l’admiration qu’elle décrit. Elle signale ensuite les paroles divines par une gracieuse arsis sur de his et s’achève par un motif de tendre vénération sur de ore Déi. Beaucoup de délicatesse dans mirabantur. Bien lier de his à quae. Arrondir la note qui précède le pressus de ore. \nPartitions \n\nCantiques pour l’Epiphanie \nPolyphonies pour l’Epiphanie\nL’hymne Crudelis Herodes (polyphonie)\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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DESCRIPTION:À noter : il n’y a pas de Gloria à partir de ce dimanche aux messes du temps. L’alléluia est remplacé par le Trait. Durant la Septuagésime\, l’usage de l’orgue est autorisé. \nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : Histoire de la Création et de la Chute (Genèse I-IV) \nEPÎTRE : Comparaison du chrétien avec les coureurs du stade (I Cor. IX\, 24 — X\, 5) \nÉVANGILE : Les ouvriers de la Vigne (Math. XX\, I – 16) \nSTATION : Saint-Laurent hors les murs. \nIDÉE CENTRALE : Nous sommes tous touchés par le péché\, par celui d’Adam et par les nôtres propres. Dieu nous sauve dans sa miséricorde\, mais nous ne participons au salut qu’apporte le Rédempteur par sa Passion et sa Résurrection que si nous prions et que si nous travaillons par la mortification à maintenir notre âme en parfait état\, à l’instar de ce que font les coureurs pour leur corps. C’est à cette œuvre que chacun est appelé par Dieu. Il travaille ainsi à la Vigne du Père de famille\, c’est-à-dire à l’édification du Corps mystique du Christ\, pour la Gloire du Père et pour sa propre béatitude. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nIls m’ont entouré\, les gémissements de mort. Des douleurs d’enfer m’ont entouré. Et dans ma tribulation\, j’ai invoqué le Seigneur\,Et il a écouté\, de son saint Temple\, ma voix. \nPs. — Je t’aimerai\, Seigneur\, ma force ! Le Seigneur est mon abri et mon refuge et mon libérateur. Ps. XVII\, 5-7\, 2-3. \nLe Psaume XVII est un cantique d’action de grâces dans lequel David chante sa reconnaissance au Seigneur pour l’avoir délivré de ses ennemis. Il y décrit tour à tour ses épreuves\, sa prière et la façon merveilleuse dont Dieu l’a sauvé. Mais c’est plus que sa propre histoire qu’il chante ; c’est l’histoire du monde\, ou mieux l’histoire du Christ\, du Christ total\, du Corps mystique\, telle qu’elle s’est déroulée pour le Corps entier au cours des siècles\, pour le Christ\, tout au long de sa vie ; telle qu’elle se déroule pour chacun de ses membres\, selon le même rythme toujours : épreuve\, prière\, secours divin\, reconnaissance. Les versets choisis pour cet Introït en sont le prélude. On y trouve les quatre idées du Psaume : les épreuves ; circumdedérunt\, la prière\, et invocávi\, l’aide divine\, et exaudívit me et\, dans le Verset\, l’action de grâce\, Diligam te… Au début de cette période\, où elle va avoir à porter les rudes épreuves de la pénitence\, l’Eglise le chante pour y entendre la voix pleine d’expérience de ceux qui les ont déjà traversées : Adam\, David\, le Christ\, les élus\, tous ceux du Purgatoire\, tous ceux de la terre aussi qui ont su en profiter et qui vont en profiter à nouveau. Ce sont bien eux qui chantent. Ils disent à ceux qui ont encore à subir les dures purifications nécessaires — aux catéchumènes entre autres — qu’ils n’ont qu’à prier avec confiance ; le Seigneur les entendra et\, avec la grâce du Baptême renouvelée à Pâques\, leur apportera la délivrance. \nLA MÉLODIE \nA cause de l’idée de mort évoquée dans la première ligne du texte\, on est assez porté à lui donner un caractère de sombre gravité. L’a-t-elle vraiment ? Ne se développe-t-elle pas plutôt dans une atmosphère de confiance et de paix profonde\, en un grand mouvement qui va tout droit vers l’idée principale : et invocávi Dóminum et exaudívit me ? Ce n’est qu’un simple récit\, il ne faut pas l’oublier\, et il est fait par ceux qui ont passé l’épreuve ou qui n’en ont plus peur parce qu’ils ont trouvé le moyen de la traverser sains et saufs et d’en tirer profit. Ils sont établis dans la paix. La mort et la souffrance\, ils les apprécient désormais comme une bénédiction : pourquoi dès lors en parleraient-ils à ceux qu’ils veulent encourager sur un ton déprimant ? D’autant plus que l’épreuve n’est pas l’idée principale\, mais seulement la circonstance qui a motivé l’appel à Dieu. La première phrase a bien quelque chose de lourd ; Circumdedérunt tombe comme un poids sur me et la remontée de gémitus mórtis est sans élan ; le si naturel donne même à dolóres mórtis un caractère de souffrance aigüe. L’âme évoque sa détresse et sa misère d’autrefois ; elle ne saurait le faire sans que sa sensibilité en soit affectée. Mais ce n’est là qu’un appel du passé\, un incident qui laisse intacte l’idée générale ; aussi bien la cadence finale est-elle toute paisible. En fait\, ce qui est chanté là\, c’est l’emprise de l’épreuve sur l’âme — notez que les deux mots en relief sont les deux circumdedérunt\, le second\, par son enroulement compliqué\, est même très évocateur — mais la mélodie\, encore qu’elle soit traitée avec emphase est marquée en un point d’une touche de souffrance aigüe\, n’est pas une plainte ; c’est un simple récit. Ce caractère de narration paisible est encore plus marqué au début de la seconde phrase où l’on retrouve sur in tribulatióne méa le motif de l’intonation quelque peu développé mais revêtu de neumes légers. Peu à peu\, l’intérêt grandit sur invocávi Dóminum. Nous sommes arrivés à ce qui a obtenu le salut\, à la prière\, que l’on recommande indirectement comme le moyen efficace entre tous. Les rythmes s’élargissent ; un salicus vient souligner le mot invocávi qui se prolonge en de grands intervalles où se sent encore l’ardeur de la supplication de jadis\, puis se joint à Dóminum en une cadence pleine d’une tendre révérence pour le Seigneur et tout imprégnée de la paix retrouvée grâce à lui. Cette cadence n’est que transitoire. Elle conduit à et exaudívit\, à l’idée centrale : l’accueil miséricordieux que le Seigneur a réservé à l’appel lancé vers lui. Un souffle de joie reconnaissante\, et plein de réconfort pour ceux qui écoutent\, passe dans toute cette dernière phrase. Il prend sur la double note de exáudi\, attaquée en plein élan sur la dominante\, ce bel accent de certitude entrainante qu’apporte le témoignage de l’expérience puis se détend peu à peu sur sáncto súo et sur la cadence finale où l’âme\, en une sorte d’évocation de la bonté divine\, laisse sa gratitude heureuse se complaire. Alors\, sur la formule claire et pleine de vie du Psaume\, monte la confiance aimante de toute l’Eglise ; de celle qui réconforte et de celle qui est réconfortée…Je t’aimerai\, Seigneur\, ma force. Chanter simplement ; ce qui n’empêchera pas de souligner les mots qui le sont dans le texte et de donner à chaque phrase son expression ; mais se garder de rechercher l’effet. La dernière syllabe du premier circumdedérunt sera bien retenue. Donner du poids et de la sonorité à me. La première note du podatus de gémitus allongée ; la note double bien appuyée\, c’est une bivirga. Veiller à ne pas précipiter le second circumdedérunt et ralentir toute la cadence de me.Retenir invocávi Dóminum. Y relier de très près et exaudívit ; la double note est une bivirga épisématique ; qu’elle soit très appuyée\, sonore\, vibrante même. Faire très expressive la montée vers le pressus de vócem. Le Psaume\, très alerte et bien accentué. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nIl y a une aide dans la tribulation. Qu’ils aient confiance en toi\, ceux qui te connaissent ! Car tu n’abandonnes pas ceux qui te cherchent\, Seigneur. \nVerset. — Car ce n’est pas toujours que l’oubli sera sur les malheureux. L’attente des malheureux ne sera pas trompée à jamais. Debout\, Seigneur\, qu’il ne triomphe pas\, l’homme ! Ps. IX\, 9-10\, 18-19. \nLe Psaume IX est un chant d’action de grâces dans lequel David dit à Dieu sa reconnaissance pour l’aide qu’il en a reçue dans ses épreuves. Il est d’abord pure louange puis\, à partir du verset 9\, le psalmiste s’efforce d’inspirer à ceux qui sont dans l’épreuve\, comme il le fut\, une inébranlable confiance en Dieu. C’est tout le sens du Graduel. Après l’Epître\, où Saint Paul a décrit la rude épreuve qu’est la vie chrétienne et dit combien elle impose de sacrifices\, l’Eglise le chante comme un réconfort pour ceux qui se seraient laissés quelque peu effrayer par les paroles de l’Apôtre : « C’est vrai que c’est dur…mais le Seigneur aide… » \nLA MÉLODIE \nElle a bien le ton d’une parole ardente qui s’efforce de remonter des âmes déprimées. Elle affirme avec force et elle est pénétrée d’une vie intense\, avec en plus l’accent direct\, persuasif\, enthousiaste même en un certain sens\, de quelqu’un qui a passé par l’expérience à la fois de l’épreuve et de la consolation\, et qui veut faire profiter ceux qui souffrent de ce qu’il a appris dans la souffrance. Cet accent est très net dès le premier mot. L’élan porte la mélodie d’un bond à la dominante et le mouvement est intense. Opportunitátibus et tribulatióne sont fortement soulignés\, comme il convient\, mais sans la moindre nuance de tristesse ; au contraire\, une certaine joie les pénètre\, la joie profonde qui se trouve dans toute espérance forte et qui veut se communiquer comme un secours.Une autre interprétation de la première phrase est possible. Parce qu’elle n’a pas de verbe\, on pourrait aussi l’entendre comme s’adressant à Dieu : Tu es un Aide…Il va de soi que dans ce cas la mélodie serait une prière et devrait être chantée comme telle : une prière forte\, pressante… Peut-être alors le spérent in te qui suit perdrait-il de son caractère.Après cette affirmation ardente\, brusquement la mélodie change. Elle devient suppliante. L’Eglise se tourne vers Dieu et\, dans une exclamation qui est à la fois un souhait et une prière\, elle émet le vœu que ceux qui sont dans l’épreuve mettent en lui leur confiance. C’est un très beau mouvement. La double note de spérent fermement attaquée sur la dominante et un peu prolongée fait la supplication spontanée et ardente. Elle se prolonge\, délicate et douce sur la tristropha\, descend sur te\, qu’elle enveloppe de vénération\, et rebondit sur novérunt pour retrouver à nouveau le même pronom te et\, à ravers lui\, monte vers Dieu en un nouvel accent de ferveur.Dans la troisième phrase\, dès le début\, elle devient pénétrée de confiance ; plus que cela\, de certitude. C’est d’abord une affirmation très forte : notez l’insistance de non\, avec le pressus et les distrophas sans cesse ramenés à la dominante. Peu à peu\, une sorte de joie paisible s’y mêle. On la perçoit déjà dans la cadence sur mi ; elle monte avec l’arsis\, s’épanouit sur la distropha de te et enveloppe Dómine d’une longue vocalise toute baignée d’une tendresse intime qui supplie encore mais qui contemple surtout.Le Verset. – L’Eglise s’adresse-t-elle à Dieu\, à elle-même ou aux déprimés ? Il est difficile de le préciser ; sans doute aux trois à la fois. Elle crie sa confiance à Dieu pour se rassurer elle-même et réconforter les malheureux qui l’entendent. C’est la même affirmation que dans le quóniam non de la première partie. L’intonation est identique mais le développement qui suit revêt ici une ardeur persuasive plus accentuée encore : le salicus\, les petits motifs revenant sans cesse à la dominante si\, le grand élan qui monte au fa avec sa note de joie\, l’insistance à nouveau sur la tonique… Quelle admirable certitude ! Fínem est mis en relief par une sorte de rejet qui lui donne une force considérable. Un accent de supplication sur la cadence de páuperis\, et l’ardeur de la foi confiante reprend plus vive dans la montée de patiéntia. Elle s’épanouit à nouveau dans la joie du bonheur futur sur páuperum et y demeure fixée jusqu’à la fin de la phrase. Elle s’achève sur ætérnum en une très belle cadence du VIIIe mode\, ferme\, paisible\, heureuse.Pour finir\, un appel direct à Dieu : « Lève-toi\, Seigneur ; que la nature effrayée\, ne l’emporte pas sur al confiance en ta bonté ». Il n’est pas angoisé\, il jaillit d’une telle confiance ! Mais\, les intervalles de quarte\, trois fois répétés\, et les trois doubles notes sur lesquelles s’appuie le mouvement lui donnent quelque chose de très fort. Ils e fait insistant sur non prævaléat et plus encore sur hómo qui se revêt à la fin d’un admirable accent de prière confiante\, aimante\, intime ; comme l’était le Dómine de la première partie.Ces sentiments si différents qui se succèdent\, souvent sans transition\, d’une phrase à l’autre\, rendent l’exécution difficile. Le mouvement ne saurait être le même d’un bout à l’autre\, il va de soi. Assez vif pour la première phrase\, il se tempérera dans la secondre\, pour reprendre dans la troisième\, au moins au début\, quelque chose de son allure première. Mais que tout cela se fasse sans contrastes forcés.L’élan de opportunitátibus ira jusqu’à l’accent. Attaquer te avec ferveur. Articuler les deux t dans novérunt te. La montée de Dómine retenue.Ardeur contenue au début du Verset. Ne pas précipiter le grand élan de non ; la deuxième note de la clivis après le quart de barre sera allongée ; retenir la cadence en ré. Bien rythmer patiéntia. La double note de Dó dans Dómine est une bivirga épisématique. Retenir légèrement la thésis de hómo et ralentir la dernière formule. \nTRAIT\nLE TEXTE\n1.     Des profondeurs\, j’ai crié vers toi\, Seigneur : Seigneur\, écoute ma voix. \n2.     Qu’elles se fassent\, tes oreilles\, attentives à la prière de ton serviteur. \n3.     Nos iniquités\, si tu les considères\, Seigneur\, Seigneur\, qui subsistera ? \n4.     Mais en toi est la miséricorde\, et à cause de ta parole\, j’ai espéré en toi\, Seigneur. Ps. CXXIX\, 1-4. \nLe Psaume CXXIX fut sans doute composé aux jours les plus sombres de la captivité. Il fut\, sur les lèvres des Juifs\, une supplication très humble mais toute pénétrée de confiance dans la miséricorde de Dieu. C’est dans ce sens qu’il faut l’entendre ici.Il est bien à sa place après le Graduel. L’Eglise vient de chanter : « Qu’ils espèrent en toi\, qui ne saurais oublier les souffrance des malheureux » ; le peuple\, conscient de son péché\, mais\, confiant aussi en la miséricorde du Seigneur\, jette en lui son espoir. \nLA MÉLODIE \nBeaucoup des formules sont très bien adaptées aux mots. À noter entre autres : l’accent de supplication de Dómine et de exáudi dans le premier verset ; de túæ et de oratiónem dans le second ; l’interrogation nuancée de crainte sur quis sustinébit dans le troisième et\, dans le quatrième la paix de propitiátio et de sustínui te\, Dómine.En général\, l’allure des traits du VIIIe mode est alerte. Ce sont des psaumes ornés. Ralentir les cadences et repartir a tempo. La triple note sur do dans la dernière incise est une trivirga épisématique. Il faut l’attaquer avec fermeté et l’appuyer. Bien balancer la cadence finale. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nIl fait bon louer le Seigneur\,Et chanter ton nom\, ô Très-Haut. Ps. XCI\, 1.Ce verset\, dit très simplement\, la béatitude qu’il y a à louer Dieu. Mais\, chanté après l’Évangile\, où Notre-Seigneur nous est montré sous la figure du Père de famille appelant tous les hommes à sa vigne et les payant\, à la fin de leur vie\, quelle qu’en ait été la longueur\, du même salaire d’infinie béatitude\, il devient\, sur les lèvres de l’Eglise\, une louange de reconnaissance pour la miséricordieuse bonté du Seigneur. Il est en même temps l’expression de la joie qui nous est donnée de pouvoir le louer dans le sacrifice de louange qui commence sur l’autel et de trouver\, dans cette louange\, le gage comme l’avant-goût de la béatitude\, dans laquelle éternellement nous chanterons. \nLA MÉLODIE \nIl y a dans l’intonation une expression simple\, naturelle\, de joie profonde\, disons de béatitude. Cette expression demeure tout au long de la mélodie et lui donne son caractère\, qui n’est pas de louer à proprement parler ni d’inviter à la louange\, mais de dire le bonheur qu’il y a à louer Dieu en chantant.C’est ce bonheur qui passe dans Bónum est. La double note est une bivirga épisématique ; bien posé sur cette base de départ et rebondissant en des intervalles sonores et pleins\, ce motif dit la pleine satisfaction de l’âme qui se complaît dans sa joie.Aussitôt après\, sur confitéri\, c’est l’enthousiasme qui monte et va s’épanouir au sommet sur la triple note – une trivirga épisématique et donc répercutée. Magnifique ampleur de grande louange qui s’achève dignement sur la large cadence de Dómino.L’enthousiasme demeure dans la troisième phrase ; il s’intensifie même\, mais en même temps\, dès le début\, il se pénètre de douceur. Toutes les doubles et triples notes sont ici des distrophas et des tristrophas. On voit la nuance de vénération joyeuse et douce qu’elles donnent à toute l’incise ; il ne s’agit plus de la louange commune\, extérieure\, éclatante\, mais de la louange chantée\, de la louange des cantiques qui jaillissent du cœur de l’Epouse. Dans l’Offertoire Jubiláte du IIe Dimanche après l’Epiphanie\, la nuance était la même sur Psálmum dícite nómini éjus. On pourrait dire que cette onction caractérise toute la phrase car c’est bien en une douce contemplation qu’elle s’achève sur les pressus et la double note de Altíssime\, qui semble prolonger jusqu’à l’éternité la joie de chanter.Le mouvement aura une certaine ampleur mais sera plein de vie ; Peu de ralenti à la fin de la première phrase. Renforcer la tristropha vers le podatus sur psállere. La double note de Altíssime est une bivirga épisématique. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nFais luire ton visage sur ton serviteur\,Et sauve-moi\, dans ta miséricorde.Seigneur\, que je ne sois pas confondu\,Puisque je t’ai invoqué. Ps. XXX\, 17-18.Une prière pour demander que Dieu prenne sa joie à regarder son serviteur – il semble bien que ce soit le sens de illumina fáciem túam – une joie qui serait le signe de la miséricorde et du salut. David l’écrivit au cours d’une de ses grandes épreuves. Elle a été bien souvent sur les lèvres d’Adam et de ses fils aux heures de leur repentir ; elle est bien à sa place sur les lèvres des fidèles au débit de cette période de pénitence qui leur  apportera le salut ; elle vient comme leur réponse au conseil que l’Eglise leur a donné à l’Introït et au Graduel. Toutefois\, chantée au moment de la communion\, c’est peut-être moins le pardon des péchés qu’elle demande que la lumière et la joie profonde de la présence divine qui aide à porter l’épreuve comme il faut. \nLA MÉLODIE \nC’est une prière très discrète\, très humble\, mais ardente tout de même. Peut-être\, intimité serait-il le mot qui la caractériserait le mieux. Elle est comme une pression aimante et délicate de l’âme sur le Christ qui est en elle. Elle s’anime un peu à l’idée du salut et devient sur túa misericórdia un appel pressant ; puis elle reprend sur Dómine son caractère de douceur intime\, persuasive\, avec un accent qui met en relief quóniam pour bien marquer que\, la condition du salut étant remplie\, le Seigneur a\, lui aussi\, à tenir sa promesse.La première note des podatus de sálvum sera un peu allongée ; y lier in túa\, qui sera d’ailleurs englobé dans l’arsis qui part du début de la phrase. Bien accentuer Dómine au début de la dernière phrase.Le graduel grégorien (Adjutor) est très beau\, mais difficile à chanter; il suppose une bonne connaissance du grégorien et une schola bien rodée.Le Trait est un classique en mode 8. Voici néanmoins une adaptation polyphonique. \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici.
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SUMMARY:Dimanche de Sexagésime
DESCRIPTION:À noter : il n’y a pas de Gloria. L’Alléluia est remplacé par le Trait. Durant le temps de la Septuagésime\, l’usage de l’orgue est autorisé. \nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : Histoire du déluge (Gen. VI sq.) \nÉPÎTRE : Lettre de Saint Paul contre les judaïsants de Corinthe. Fondements de son ministère auprès des Gentils (II Cor. XI\, 19 — XII\, 1). \nÉVANGILE : Parabole de la semence (Luc VIII\, 4 sq.). \nSTATION : Saint-Paul hors les murs. \nIDÉE CENTRALE : Les hommes se sont dressés contre Dieu ; Dieu les brise dans le déluge. Dans sa miséricorde\, à cause de Noé\, il sauve la race. Il renouvelle son alliance avec lui dans le sacrifice et lui confie la mission de repeupler la terre. Noé était la figure\, le Christ est la réalité. Par lui Dieu sauve les hommes\, établit la Nouvelle Alliance dans le sacrifice de la Cène et du Calvaire et lui confie la mission de repeupler la terre d’une race nouvelle en faisant les hommes vivre de sa vie\, par la foi à sa parole et la communion à son sacrifice. Cette mission\, le Christ\, après sa mort\, la confie à ses apôtres et\, d’une façon particulière pour les gentils\, à Saint Paul dont la personnalité domine toute la messe en raison de la station. Cette grâce de renaissance dans le Christ\, reçue au baptême\, nous est à nouveau offerte à Pâques. Elle n’aura toutefois son effet que si chacun s’y dispose par l’audition\, l’acceptation\, l’assimilation de la parole divine et le détachement de tout ce qui s’oppose au développement de cette semence de vie. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nLève-toi\, pourquoi dors-tu\, Seigneur ? Lève-toi et ne me repousse pas jusqu’à la fin. Pourquoi détournes-tu ton visage ? Oublies-tu notre tribulation ? Il est courbé jusqu’à terre\, notre corps. Lève-toi\, Seigneur\, aide-nous et délivre-nous. \nPs. —O Dieu\, de nos oreilles nous avons entendu ;Nos pères nous ont raconté ce que tu as fait pour eux. Ps. XLIII\, 23-26\, 2. \nCes deux versets sont une prière très simple dans laquelle le peuple Juif\, écrasé sous l’épreuve et se croyant abandonné de Dieu sans raison\, lui demande de revenir et de le sauver. Elle est l’expression naturelle de ceux qui sont à ce point accablés sous l’épreuve\, qu’ils sont devenus impuissants à prendre conscience du secours que leur procure le Seigneur\, ou même de l’intérêt qu’il prend à leurs souffrances. Ils ne voient plus. Leur prière est courte : « Seigneur\, revenez »\, et tout naturellement la plainte s’y mêle : « Pourquoi…Pourquoi m’avez-vous abandonné ? ». Noé fut de ceux-là au temps du déluge\, et le Christ Jésus dans son agonie et dans sa mort\, et Saint Paul au milieu des épreuves variées qu’il nous conte dans l’Épître. Avec eux\, les continuant\, tous ceux qui souffrent au purgatoire et tous ceux qui sur la terre portent\, dans l’esprit du Christ\, les épreuves que Dieu laisse venir sur eux pour que leur âme\, purifiée et fortifiée dans la foi\, la confiance et l’amour\, devienne capable d’une union plus étroite avec lui. C’est leur voix qui chante dans l’Introït. La voix de l’Eglise qui prenant conscience de toutes ses souffrances physiques et morales\, se tourne vers Dieu\, comme brisée de fatigue\, pour lui demander de lui rendre\, avec la joie de son visage\, la lumière qui l’aidera\, elle et chacun de ses membres\, à porter\, comme il faut et aussi longtemps qu’il le faut\, la croix rédemptrice. \nLA MÉLODIE\nElle donne bien\, dès le début\, cette impression d’accablement\, de dépression lourde. Le premier exsúrge est une prière à peine soupirée qui ne bouge pas et\, avant même que le nom du Seigneur ait été prononcé\, la plainte monte lente et triste : quáre… Sans amertume toutefois ; elle a même une touche délicate de tendresse qui s’épanouit sur Dómine et amène le second exsúrge\, beaucoup plus osé\, fort\, pressant comme un appel d’ami. Mais ce n’est qu’un éclair. La mélodie redevient basse et pesante et la plainte monte à nouveau sur quáre. Elle est toujours lourde\, mais pas aussi triste. C’est peut-être moins une plainte qu’un plaidoyer\, l’exposé de la misère… Le Seigneur aurait-il oubliéNotez l’insistance sur tribulatióne — quatre fois le podatus sol-la ; et le salicus\, en plus\, pour renforcer l’idée\, — et la descente si réaliste de adhaésit qui est comme l’enfoncement de l’âme dans l’épreuve qui la cloue à terre\, impuissante à se libérer. Puis\, brusquement\, un sursaut : c’est toujours le même mot suppliant\, exsúrge\, mais il jaillit cette fois plus ardent\, plus vif qu’il n’a jamais été : « Debout\, Seigneur\, aide-nous. » La mélodie\, presque syllabique — à part le dernier mot qu’elle souligne d’un salicus — ne s’arrête nulle part ; elle a quelque chose de dramatique\, comme un appel de détresse. Le Psaume arrive alors comme le plaidoyer qui continue\, très habilement d’ailleurs\, en évoquant ce que le Seigneur a fait dans le passé pour son peuple. Mener avec discrétion le crescendo de la première phrase\, qui s’épanouira sur les deux pressus du second exsúrge avec beaucoup de ferveur. Bien accentuer repéllas et fínem. Retenir la montée de quáre dans la seconde phrase\, élargir légèrement le torculus de oblivísceris. La première note de vénter bien posée. Un a tempo au début de la troisième phrase\, mais discret. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nQu’elles sachent\, les nations\, que ton nom est Dieu ;Tu es seul le Très-Haut sur toute la terre. \nVerset. — Mon Dieu mets-les comme une roue et comme une paille devant la face du vent. Ps. LXXXII\, 19\, 14. \nDans le Psaume LXXXII\, le psalmiste énumère devant Dieu les complots que ses ennemis ont tramés\, puis il lui demande de les dissiper « Mets-les comme une roue et une paille devant le vent »\, et de leur faire savoir qu’il est le seul Dieu\, « et qu’ils sachent que ton nom est Dieu ». Dans le Graduel\, comme on le voit\, l’ordre est interverti. Il en très souvent ainsi parce que la première partie du Graduel était comme l’antienne\, et les versets\, le psaume. De plus\, le mot géntes est ajouté\, ce qui adapte très heureusement le texte à l’Épître. Saint Paul\, en une sorte de plaidoyer pro dómo\, s’oppose avec force à ceux qui contrarient son œuvre. Ce plaidoyer qui\, en raison de la station est tout à fait à sa place\, prend dans le cadre liturgique un sens beaucoup plus étendu : il va contre tous ceux qui s’opposent au règne du Christ et demeure ainsi actuel pour tous les temps. C’est dans ce sens universel\, que l’Église entend aussi le Graduel. Elle en fait une prière et en même temps une sorte de sentence\, qu’elle porte\, avec l’assurance d’une autorité forte\, contre ceux qui font obstacle à l’œuvre du Christ qu’elle a pour mission de réaliser. \nLA MÉLODIE\n(I) Scíant gentes quóniam nómen tíbi Déus    Tu sólus Altíssimus super ómnem térram. La première phrase est une prière qui demande avec force. L’Église veut que le Seigneur en finisse avec tant d’opposition\, et elle le lui dit avec insistance. Il y a même dans le ton qu’elle emploie une sorte d’indignation à peine contenue qui\, par-delà le Très-Haut\, va vers ses adversaires dont elle veut se faire entendre. Cette attitude ferme\, quelque peu dure même\, se décèle déjà dans les notes longues de scíant géntes sans cesse ramenées sur le fa\, mais c’est dans le mouvement qui suit qu’elle se manifeste vraiment. Dans les rythmes ternaires qui montent légers mais de plus en plus pressants\, on sent passer le zèle ardent de l’âme\, impatiente des lenteurs de Dieu. Notez en particulier l’insistance sur le la des derniers neumes de Déus. La seconde phrase n’est plus une prière à proprement parler ; c’est une protestation de foi\, une proclamation de la divinité. Encore que cette proclamation soit faite à la face des nations\, elle n’est pas pour elles ; elle est l’expression du peuple disant à Dieu sa croyance. C’est pourquoi il n’y a plus rien de dur ; la mélodie s’est établie en fa\, et de beaux mouvements\, pleins de noblesse et de grandeur\, enveloppent les deux phrases\, qui montent avec éclat vers les notes longues du sommet et redescendent en de longues thésis\, toujours fermes\, mais pleines de respect et de vénération. \nLe Verset. — Déus méus\, póne íllos ut rótam et sícut stípulam ánte fáciem vénti. C’est une prière que l’Église adresse à Dieu\, sans aucune intention cette fois de toucher ses ennemis\, sur qui elle demande que tombe enfin le juste châtiment. D’abord toute simple\, avec quelque chose de paisible\, d’aimable\, de familier\, sur Déusméus\, elle se fait très pressante sur póne íllos. Plus encore\, sur rótam ; c’est un motif qui évoque\, par son rythme et sa légèreté\, la ronde qui tourne toujours\, mais il est\, en même temps\, une très belle expression de prière ardente. Celui de stípulam\, qui évoque la paille dans le vent\, l’est moins\, encore que la distropha en ait bien l’accent. L’objet de la prière n’est pas bien profond ; le châtiment des ennemis de Dieu s’accomode sans peine de ces fantaisies. La finale est une cadence que l’on rencontre assez souvent ; elle prend ici un caractère de gravité qui finit bien le Graduel. Il faut bien entretenir le mouvement dans la première phrase. Il doit aller\, sans rien qui l’arrête\, jusqu’à la fin. Une légère accélération des porrectus de quóniam nómen ; ceux de Déus au contraire\, un peu retenus. Beaucoup de vigueur dans la seconde phrase. Rótam et stípulam très liés. \nTRAIT\nLE TEXTE\nTu as ébranlé la terre et tu l’as déchirée ;Guéris ses meurtrissures car elle est troublée ;Afin qu’ils fuient devant l’arc\,Afin qu’ils soient sauvés\, ceux que tu as choisis. Ps. LIX\, 4\, 6. David écrivit le Psaume LIX à un moment où son royaume était attaqué de tous les côtés à la fois. Il est une prière pour que le Seigneur rétablisse la situation et permette à son peuple choisi de se sauver de la défaite. Dans la liturgique de la Sexagésime\, il est une prière pour le salut du monde : la prière de Noé et de ses fils à l’heure du Déluge\, la prière de David\, la prière du Christ\, enfin la prière de tous les fidèles qui attendent\, de la Rédemption et de Pâques qui la prolonge\, le rétablissement de l’ordre et le salut des prédestinés. Tout en gardant ce sens général\, on appliquera le second verset à la conversion des gentils et de tous les peuples dispersés après le Déluge et la tour de Babel. Beaucoup de Pères de l’Église interprètent le Psaume dans ce sens\, ce qui contribua peut-être à en fixer le choix comme paraphrase de l’Épître\, le jour où Saint Paul était fêté dans sa basilique. \nLA MÉLODIE\nL’intonation est à signaler comme particulièrement expressive. Certains manuscrits ont les doubles notes écrites en bivirgas ; ce qui indiquerait un appui très suppliant. Toute la phrase d’ailleurs a le caractère d’une prière ardente. Sána est moins déprécatif ; se garder de la chanter trop fort. Sur ut fúgiant au contraire\, le même thème sonne très juste car ce sont des mots qui demandent la défaite des ennemis. La double note de fúgiant est une bivirga ; qu’elle soit appuyée et forte. Liberéntur\, très priant ; de même toute la formule finale. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nAffermis mes pas dans tes sentiers\,Afin qu’ils ne soient pas chancelants\, mes pieds. Incline ton oreille et exauce mes paroles. Rends éclatantes tes miséricordes Et sauve ceux qui espèrent en toi. Ps. XVI\, 5\, 6\, 7. \nIl y a deux façons de faire entre ces trois versets dans la liturgie de la Sexagésime. On peut les considérer comme faisant suite aux derniers mots de l’Évangile : « Le grain qui tombe dans la bonne terre\, ce sont ceux qui\, ayant écouté la Parole avec un cœur bon et excellent\, la retiennent\, et portent du fruit dans la patience ». Ils sont alors une prière pour obtenir la grâce de mener à bien le long et dur labeur de l’assimilation de la parole divine. Pérfice gréssus méos… Rends fermes ma pensée et ma volonté dans les voies que m’ont tracées tes paroles. Ce qui est bien suivre le Christ : « Je suis la Voie\, je suis la Lumière ; celui qui me suit ne marche pas dans les ténèbres… ». On peut ainsi les rattacher au sacrifice\, qui commence avec l’offrande du pain et du vin. Ce serait alors une prière pour demander la persévérance dans la voie du sacrifice ; dans l’offrande de soi et l’immolation qui s’opère peu à peu par l’acceptation et le support des épreuves dans l’esprit du Christ : ce qui est bien aussi mettre ses pas dans la trace de ses pas. « Celui qui veut venir après moi\, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. »Aucune des deux applications ne s’impose\, il va de soi. La seconde toutefois cadre mieux avec l’ensemble de la messe ; elle est comme l’acceptation par l’âme\, enfin pacifiée\, des épreuves si lourdes dont elle se plaignait dans l’Introït\, et qu’elle voit mieux\, à la lumière de l’Évangile\, comme la croix nécessaire que la miséricorde divine a posée sur elle et qui portera en son temps son fruit d’éternelle vie. \nLA MÉLODIE\nElle a du commencement à la fin un caractère d’intimité paisible. L’âme parle à Dieu et ne se soucie que de lui et d’elle-même. Elle souligne très fortement gréssus méos d’un motif simple\, doux\, mais très ferme — notez les deux répercussions\, le salicus\, la clivis allongée et la cadence sur fa par l’oriscus — puis elle laisse sa tendresse heureuse s’épanouir sur sémitis túis en un admirable motif\, gracieux\, souple\, et qui sachève en une nuance d’exquise délicatesse sur la cadence du IVe mode. La même nuance de douce fermeté revient sur non moveántur et aussi la même délicate tendresse sur vestígia méa\, encore que la joie y soit moins marquée. Dans la seconde phrase\, le ton de la supplication est\, au début du moins\, quelque peu plus vif\, mais c’est la même atmosphère de simplicité\, de confiance abandonnée\, de paix. La mélodie ne bouge pas… L’âme est fixée en Dieu et si sûre d’être exaucée\, qu’elle ne sent nul besoin de presser sa demande. La troisième\, plus encore que les autres\, chante le bonheur profond de l’intimité divine dans lequel est fondue la prière. Le premier mot est mirífica est particulièrement expressif de cette plénitude de joie. C’est le motif de mirabilis dans l’Introït de Pâques. Le mouvement\, un peu plus marqué\, souligne de nuances délicates túas\, sálvos fácis et surtout sperántes in te\, qui est le mot de la confiance enfin réalisée. Mouvement tranquille. Gréssus méos quelque peu retenu. Le motif de sémitis très lié\, le sommet bien arrondi. Pas de ralenti à túis\, y lier tout de suite ut non. Bien faire les accents toniques de la seconde phrase — túa\, exáudi\, vérba — légers et soulevés. Les premières notes du podatus de misericórdias un peu allongées. Soulever l’accent de fácis et poser la voix délicatement sur la distropha ; allonger le podatus répercuté. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nJe m’approcherai de l’autel du Seigneur\,Du Dieu qui réjouit ma jeunesse. Ps. XLII\, 4. Dans le Psaume\, ce verset dépend étroitement de celui qui précède : « Envoie ta lumière et ta vérité. Elles me conduiront sur ta montagne sainte et dans tes tabernacles. Et je m’approcherai de l’autel… »Remis ainsi dans son contexte il entre pleinement dans la liturgie du jour. La lumière\, fruit de la parole divine\, conduit l’âme au sacrifice où elle trouve\, dans le pain qui a toutes les délectations\, la joie de la jeunesse\, indispensable pour porter\, dans l’esprit du Christ\, et jusqu’au bout\, les épreuves de la vie. C’est dans cet esprit que l’âme le chante ; comme le chantèrent ceux qui lui sont proposés en modèle aujourd’hui : Noé\, élevant son autel dans la lumière des paroles réconciliatrices\, Saint Paul\, ravi jusqu’à la vision du sacrifice éternel. Avec toute l’Église\, qui\, en ce moment même\, entre dans la joie du sacrifice eucharistique\, elle le chante au futur parce que\, plus elle participe au sacrifice du Christ\, plus elle sent ardent en elle le désir d’y participer davantage. \nLA MÉLODIE\nUn seul sentiment : la joie ; la joie d’un bonheur vers lequel on va. Elle exulte dès le début dans le bel élan de Introíbo\, avec quelque chose de vif qui est le propre de toutes les joies de départ\, puis va croissant jusqu’à altáre Déi où elle s’épanouit en une nuance de vénération aimante sur le nom divin. Il y a moins d’éclat dans la deuxième phrase. C’est une joie plus intérieure\, une joie d’intimité\, avec un accent de juvénile ardeur sur juventútem. Ainsi s’achève dans la joie exultante du sacrifice désiré l’admirable processus de cette messe. L’âme\, écrasée sous l’épreuve\, commence par se plaindre\, dans l’Introït\, de la lourdeur de la croix. Éclairée par la parole divine\, et après avoir prié avec ferveur dans le Graduel et dans le Trait\, elle est pacifiée et demande\, dans l’Offertoire\, que le Seigneur la garde dans son sacrifice. À la Communion\, réconfortée par le sacrement\, elle va à ce sacrifice de toute la force et de toute la joie de son désir. Chanter dans un bon mouvement\, sans ralentir à la cadence de Déi. Par contre\, la clivis de lætíficat sera bien retenue ; de même le podatus de juventútem. \nTrait polyphonique \nÉpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Temporal
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