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SUMMARY:Dixième dimanche après la Pentecôte
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : Mort de Jézabel. Règne d’Athalie. (IV Rois. IX. X) \nÉPÎTRE : le Saint-Esprit inspire tout en nous pour l’utilité commune. En dehors de lui rien de bon ne peut venir de nous. (I Cor. XII. 2-11). \nÉVANGILE : Le Pharisien et le publicain. (Luc. XVIII. 91. 4) \nIDÉE CENTRALE : Il semble que l’on peut tout ramener autour de l’épître. Rien de bon ne se fait en dehors de l’Esprit du Christ qui est en nous pour nous guider et nous utiliser en vue du bien commun. Nos propres actions peuvent avoir des effets heureux\, mais qui passent. \nL’exemple de Jézabel celui d’Athalie et celui du Pharisien sont typiques. Ils ont agi par orgueil; ils finissent mal. Le Publicain par contre est justifié et exalté parce qu’il a utilisé l’Esprit qui l’inspirait. La collecte elle-même peut être entendue dans ce sens\, car nous ne « courrons vers les biens promis » que sous l’inspiration et la conduite de l’Esprit; c’est donc la docilité à l’entendre et à le suivre que nous demandons en fait à la Toute-Puissance de Dieu. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nComme j’invoquais le Seigneur\, il entendit ma voix (et me mit à l’abri) de ceux qui me cherchaient. Et il les a humiliés\, lui qui est avant les siècles et demeure éternellement. Jette ta pensée sur le Seigneur et lui-même prendra soin de toi. Ps. – Exauce\, Dieu\, ma prière et ne dédaigne pas ma supplication. Écoute-moi et exauce-moi. Ps. LIV. 17\, 18\, 20\, 29\, 2. \nLe Psalmiste qui\, dans la première partie du Psaume\, s’est lamenté sur le mal que lui font ses ennemis\, se remémore\, pour se donner confiance\, ce que le Seigneur a fait pour lui dans le passé et s’exhorte à tout lui abandonner une fois de plus : « jette ta pensée\, ton souci sur le Seigneur… » \nAu sens liturgique\, l’Église se rappelant\, elle aussi\, les bienfaits répétés du Seigneur\, s’exhorte\, et exhorte les siens\, à s’en remettre à lui ou plus précisément à son Esprit qui a mission de nous guider et de nous garder. \nLA MÉLODIE\nLes deux premières phrases\, comme dans le texte\, ne sont qu’un récitatif\, mais l’auteur l’a voulu très orné et très expressif. \nLa succession de quatre temps composés ternaires en mouvement arsique donne au début de la première phrase quelque chose de décidé\, de vif même\, et de joyeux aussi\, comme si après une longue délibération l’âme mettait en pratique\, sur le champ\, la décision qu’elle vient de prendre : « tu as été exaucée jadis\, jette encore ton souci sur le Seigneur ». Le mouvement s’épanouit sur la tristropha de exaudi en une nuance délicate qui évoque les souvenirs heureux Après une légère détente il rebondit sur appropinquant; la bivirga y met comme une touche de terreur\, au souvenir des ennemis menaçants. \nDans la deuxième phrase\, la mélodie\, d’abord très calme\, s’anime peu à peu sur humiliaviteos. Ce sont les souvenirs heureux qui continuent. Mais sur qui est ante saecula et manet in æternum à l’idée de l’éternité de Dieu\, si magnifiquement décrite en ces quelques mots\, une sorte de grandeur mystique la pénètre. Notez les deux doubles notes de qui est ante saeculamanet qui fixent la mélodie sur do et les deux pressus qui\, par degré\, la ramènent à la tonique. C’est noble\, grand\, somptueux comme un cortège royal. \nTout autre est la dernière phrase. On sent l’âme comme déchargée du poids de son souci et heureuse de faire partager aux autres son expérience. Son chant s’allège; il monte joyeux vers Domino qu’il enveloppe d’un motif aimable puis met te en un admirable relief; soit qu’elle se parle à elle-même ou qu’elle s’adresse à un ami\, elle sait et dit avec insistance combien\, malgré sa petitesse et son indignité\, elle est précieuse devant le Seigneur. Ce texte est celui du graduel du IIIe Dimanche après la Pentecôte. Dans un genre différent l’expression est la même. On aura profit à le constater\, notamment sur te\, où l’insistance est également remarquable. \nLa prière se fait alors\, dans le psaume\, légère et riche d’espoir. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nGarde-moi? Seigneur\, comme la pupille de l’œil. Sous l’ombre de tes ailes protège-moi. Verset. – De ton visage que ma justification sorte\, que tes yeux voient l’équité. Ps. XVI. 8. \nCes versets par lesquels\, sous des images si expressives\, David demandait à Dieu de le garder\, comme son bien précieux\, dans la chaleur de son amour et de le juger avec un visage plein de la joie de son innocence\, servent ici à l’Église pour solliciter la même protection et la même justice. Elle a bien des dangers autour d’elle\, bien des attirances mauvaises s’exercent sur ses membres par les idoles muettes dont parle Saint Paul dans l’Épître; elle voudrait qu’ils demeurent sous cette conduite de l’Esprit qui les fasse penser\, juger\, vouloir selon Dieu. Prière de l’Église. Prière de chacun de nous… Custodi me Domine. \nLA MÉLODIE\nLa première phrase a un caractère d’intimité très marqué. C’est comme une prière du fond de l’âme\, confiée\, murmurée à un ami. La mélodie ne dépasse pas la tierce dans la première incise; mais\, dans cette réserve humble et familière à la fois\, quelle pression sur l’être cher qui peut aider ! Notez la double note de me qui fait la voix s’y appuyer comme en un accent de détresse et la thésis qui suit; plainte délicate qui devient prière intense sur les longs neumes de Domine. Il y a sur pupillam un petit élan qui entraîne la mélodie vers le sib\, mais si retenu\, si timide\, avec cette plainte à peine émise\, émouvante\, et qui s’étend jusqu’à la dernière note de oculi. \nDès le début de la seconde phrase il y a un changement. L’arsis est mouvementée\, avec de grands intervalles qui portent la prière sur les pressus de umbra et de alarum. Ce n’est pas que la supplication soit angoissée ni même plus intense : la mélodie s’est seulement éclairée. La sérénité du mode de fa pénètre tout et\, sur alarum\, se dessine le motif des grandes allégresses du Ve mode. Incontestablement\, c’est la joie. La cadence en mi de tuorum apporte à cette joie une nuance de repos qui se poursuit sur protege\, s’étale\, s’élargit jusqu’à la cadence qui ramène tout en re\, mais seulement pour finir. C’est comme si l’âme se trouvait enfin dans le refuge sollicité et\, blottie dans les bras du Père\, lui disait\, tranquille désormais\, apaisée\, joyeuse\, sous cette protection divine: « sous tes ailes étendues garde-moi bien ». \nLe verset \nLa prière continue\, mais différente; ce n’est ni le murmure d’intimité\, ni la joie parfois éclatante de la première partie. Il y a ici plus de paix et de sérénité. C’est d’abord pour chanter vultu tuo comme un bercement léger sur la sol puis sur do la et une cadence paisible sur fa. L’âme contemple le visage aimé\, c’est tout. Cette contemplation se prolonge sur Judicium meum. Ce n’est que sur prodeat que monte un accent de supplication\, très beau d’ailleurs dans sa simplicité. \nDans la seconde phrase\, la joie revient. Elle est aussi marquée que sur sub umbra dans la première partie mais\, ici\, toute contemplative. Notez plutôt la douce paix de la vocalise de tui qui monte et descend par degrés conjoints sur des rythmes d’une grâce exquise. \nCes deux premières phrases chantaient la joie de la Rédemption entrevue par-delà le péché\, dans le Graduel de la messe du Mercredi des Cendres. \nSur videant le mouvement s’amplifie et la supplication domine à son tour\, fervente\, avec une nuance de plainte assez marquée sur la dernière syllabe \nALLELUIA\nLE TEXTE\nA toi convient\, un hymne\, ô Dieu\, dans Sion. Et à toi on acquittera un vœu dans Jérusalem. Ps. LXIV. 2. \nAprès la  demande du Graduel\, l’action de grâces. L’âme a trouvé un chaud refuge sous les ailes protectrices; elle peut dire maintenant sa louange et le vœu qu’elle accomplira pour témoigner de sa gratitude. \nOn attendait sur ce texte qui évoque Jérusalem et les cérémonies du Temple une joie plus exubérante\, celle-ci est sans emphase\, simple\, intime comme celle du Graduel. \nLA MÉLODIE\nLes podatus de la première incise ne font en somme que conduire le mouvement vers Deus\, enveloppé\, lui\, d’une belle révérence\, aimable\, gracieuse et d’une grande délicatesse par la cadence en si. L’incise qui suit est toute consacrée à Sion qui\, comme toujours\, est chantée avec amour. L’âme contemple la Cité Sainte\, l’Église\, le Ciel\, et s’enflamme peu à peu de désir; notez le pressus\, la distropha\, la répercussion\, les deux notes doubles\, et le pressus; il y a là un mouvement dont l’ardeur monte\, encore qu’elle soit retenue. \nLa deuxième phrase est plus développée. Chaque mot a son motif\, si l’on peut dire. Tibi\, bien en relief au sommet\, s’achève sur la même nuance délicate de Deus\, une quarte au-dessus; reddetur a la ferveur de la promesse et de la gratitude à la fois\, sur la distropha\, la répercussion et la cadence en demi-ton par la clivis allongée et le pressus; votum\, hanté comme Sion et Jérusalem\, déroule sa longue vocalise contemplative dans un rythme d’une ordonnance admirable où la joie et l’amour se mêlent en des motifs simples à travers lesquels passe le désir de la Cité Sainte… et du Ciel où tout ne sera que louange et gratitude. \nOFFERTOIRE\nC’est celui du Ier Dimanche de l’Avent . Son caractère de prière très humble convient admirablement ici après la parabole du Pharisien et du Publicain. Il est l’expression de cette âme très simple priant au bas du Temple\, et qui fut justifiée et exaltée. Il doit être l’expression de notre confiance abandonnée montant avec le sacrifice vers le Père qui nous donnera en retour l’Esprit et ses dons pour nous guider vers la Cité Sainte\, où\, dans la Gloire du Christ\, nous serons à jamais exaltés pour avoir partagé son abaissement. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nTu accepteras le sacrifice de justice\, les oblations et les holocaustes sur ton autel\, Seigneur. Ps. L. 21. \nTrès belle adaptation à la Communion du dernier verset du Miserere. Et quelle belle conclusion de toute la messe ! Nous avons jeté nos soucis sur le Seigneur à la fin de l’Introït\, nous lui avons demandé\, dans le Graduel\, de nous couvrir de l’ombre de ses ailes\, nous lui avons dit notre gratitude dans l’Alleluia\, à l’Offertoire\, nous offrant avec son Fils\, nous avons affirmé notre confiance en sa venue. Nous avons maintenant l’âme telle qu’il la veut. Il peut venir prendre en nous la place du Maître et recevoir nos holocaustes et nos oblations. Il ne saurait les refuser\, car elles lui viennent à travers son Fils qui nous a transformés en lui. \nLA MÉLODIE\nElle est aimable\, familière\, douce. Il n’y a pas de sentiment particulièrement marqué mais une égalité d’âme paisible. C’est le mot altare qui l’emporte; il a une belle expression de respect\, de révérence profonde et aimante. \n\nCantiques pour tous les temps\nPolyphonies pour tous les temps\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Onzième dimanche après la Pentecôte (XI)
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nÉPÎTRE: Sait Paul insiste sur l’Évangile qu’il prêche\, à savoir : le Christ ressuscité et son action efficace. (I Cor. XV) \nÉVANGILE : Notre-Seigneur guérit un sourd-muet avec sa salive (Marc VII. 31. 37) \nIDÉE CENTRALE : Comme le IXe Dimanche était sous le signe du châtiment\, on peut bien dire que celui-ci est sous le signe du miracle. Dieu manifeste sa puissance sur la vie du corps en prolongeant les années d’Ezéchias\, sur la vie des âmes en les ressuscitant\, comme le dit Saint Paul dans l’Épître\, sur la santé en rendant\, par Notre-Seigneur Jésus-Christ\, la parole et l’ouïe au sourd-muet. Il s’ensuit en nous une attitude d’admiration\, de joie\, de confiance; un optimisme qui nous fait tout demander au Seigneur; même ce dont nous n’osons pas formuler la demande\, comme nous le fait dire la Collecte. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nDieu dans son saint lieu\, Dieu qui fait habiter (les hommes) unis\, dans une maison\, lui-même donnera force et courage à son peuple. \nPs. – Que le Seigneur se lève\, et qu’ils soient dispersés ses ennemis\, que ceux qui le haïssent\, fuient devant sa face. \nPs. LXVII\, 6\, 7\, 36\, 3. \nLe Psaume LXVII célèbre le Dieu d’Israël qui après avoir tiré son peuple d’Égypte et fait alliance avec lui le ramène du mont Sinaï dans la Terre Promise. \nLe sens des versets qui composent cet Introït est celui-ci : Dieu\, qui est là dans son  Palais ou dans son Temple\, lui qui a donné une maison à son peule qui n’en avait pas\, alors qu’il errait dans les solitudes du désert et qui l’y a fait habiter dans l’unité d’un même désir\, d’une même confiance\, d’un même amour\, continuera à donner à la nation qu’il a choisie force et courage. \nVient alors le verset\, qui était le signal du départ de l’Arche dans la marche de quarante années. \nIl suffit de les appliquer à l’Église\, pour faire entrer ces quatre versets dans la liturgie du jour. Dieu\, de son Temple\, le ciel\, a uni les hommes dans la foi\, l’espérance et la charité\, et les a fait habiter dans une demeure spirituelle : l’Église\, qui est comme la maison de famille\, en attendant la demeure céleste où l’unanimité sera absolue. Et il n’a tant donné que parce qu’il veut continuer à donner encore\, en fournissant à chacun la force et le courage de vivre dans cette unité de l’Esprit. Que ceux qui s’opposent en quoi que ce soit au développement de son peuple se tiennent sur leur garde car Dieu se lève et il va les disperser\, comme l’Église l’en prie pour finir. \nRien ne s’oppose à ce qu’on ne précise davantage le sens\, pour les faire entrer dans l’idée centrale de la messe telle que nous l’avons dégagée. Cette unanimité des hommes dans l’Église tient du prodige. C’est peut-être la plus grande manifestation de la puissance divine : le miracle permanent de l’Église. Pour le continuer\, Dieu ne ménagera à personne sa force ni le courage. \nAinsi l’Église se chante à elle-même\, et chante au monde\, son optimisme. \nLA MÉLODIE\nIl y a dans la première incise une certaine grandeur qui va bien à l’idée du Dieu Tout-Pusissant dans son lieu sacré. Mais une joie profonde pénètre cette noblesse\, la joie de la tranquillité\, de la paix\, du bonheur final assuré par cette protection du Dieu Très-Haut. L’idée reprend dans la seconde incise en une progression très marquée qui met en plein relief cette chose extraordinaire qu’est le rassemblement de millions d’individus unanimes dans l’Église. Le rythme ternaire des deux porrectus\, la montée à la dominante\, le motif de facit qui se meut vers le mi\, si léger et si gracieux; tout cet ensemble arsique avive l’expression de bonheur déjà esquissée : la joie s’allège\, s’extériorise\, prend de l’éclat. \nVient alors l’affirmation pleine de confiance : Ipse dabit virtutem. La bivirga épisématique sur la dernière syllabe de Ipse\, le podatus allongé de dabit\, la bivirga de virtutem et\, dans le grave\, la clivis allongée de fortitudinem\, enfin la remontée de plebis avec la nuance de respect qui entoure le peuple d’élection\, donnent à cette phrase une magnifique expression de certitude forte et fière. \nSuit alors le Psaume\, vif\, décidé\, comme un ordre de marche. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nEn Dieu il a espéré\, mon cœur\, et j’ai été aidé. Et elle a refleuri\, ma chair. Et de tout mon cœur je le louerai.  \nVerset. – Vers toi Seigneur\, j’ai crié. Mon Dieu ne te tais pas\, ne t’éloigne pas de moi.  \nPs. XXVII. 7\, 1. \nLe Psalmiste avait prié. Il a été exaucé et il a senti comme une jeunesse plus ardente pénétrer son cœur. Il rend grâce. \nAprès l’Épître où Saint Paul affirme avec une telle assurance que si nous gardons l’Évangile du Christ ressuscité nous serons nous-mêmes ressuscités\, cette parole vient sur les lèvres de l’Église avec un sens plus plein encore. Et refloruit caro mea évoque la résurrection des corps en pleine jeunesse; dès lors\, en même temps qu’une action de grâces\, c’est comme un chant d’espoir où s’exalte sa confiance renouvelée qu’elle fait monter vers le Seigneur. \nToutefois\, sachant tout ce qui l’entoure\, elle lui demande de lui continuer son secours et la joie de sa présence. \nLA MÉLODIE\nLa première phrase est une simple constatation mais où passent des accents de gratitude et de bonheur profond\, notamment sur la double note de cor meum\, sur le pressus de adjutus sum et sur le balancement si délicatement expressif de refloruit. \nDe cette atmosphère heureuse\, la louange jaillit alors au début de la seconde en un magnifique élan qui va droit à la dominante\, plein d’une ardeur qui promet\, avec enthousiasme. La prose même est renforcée sur mea\, avec une nuance de gravité d’où rebondit le confitebor. C’est un bel accent de ferveur\, qui descend vite dans le grave pour devenir\, sur les broderies très simples de illi une sorte de contemplation\, comme si l’âme demeurait fixée sur la louange qu’éternellement elle chantera devant la face du Sauveur aimé. \nLe Verset. \nLa formule de clamavi sert bien le mot. L’âme prend d’abord le temps d’évoquer les heures difficiles sur des balancements très calmes\, puis le cri ardent monte. Il n’est pas angoissé; c’est la joie qui le pousse\, une joie enthousiaste qui continue sur les beaux rythmes de la thésis. \nC’est encore elle qu’on rencontre au début de la phrase suivante sur Deus meus\, en dépit du texte qui devient plus déprécatif. La prière n’est vraiment supplication que sur ne sileas: tout à fait à propos d’ailleurs. Le motif est très beau. Il se soude admirablement à la formule finale qui\, elle aussi\, a une nuance de gravité fort bien adaptée. \nALLELUIA\nLE TEXTE\nChantez avec transport Dieu notre aide. Acclamez le Dieu de Jacob. Entonnez un psaume joyeux avec la cithare.  \nPs LXXX. 2\, 3. \nCette invitation à la louange est tout à fait à sa place ici. L’Église après avoir dit dans le Graduel qu’elle va louer le Seigneur : et in voluntate mea confitebor illi\, invite ses membres à commencer. \nLA MÉLODIE\nC’est une invitation discrète. Basée sur l’intonation de la formule psalmique du VIIe mode – elle est répétée trois fois – la mélodie ne dépasse la teneur du psaume que dans des détails d’ornement. Dans les deux première phrases\, elle met seulement en relief\, et par des motifs sans enthousiasme\, adjutori et Deo Jacob. \nCe n’est que sur psalmum qu’elle s’exalte  un peu. Exaltation toute passagère d’ailleurs\, car jucundum\, sur le motif de adjutori\, ramène tout de suite la discrétion. \nLe jubilus de cithara est caractéristique de cette joie fervente mais contenue\, intérieure\, qui ne perce que rarement et sur des mots choisis. \nOFFERTOIRE\nC’est celui du Mercredi des Cendres.   Il est bien ici sur les lèvres du sourd-muet guéri… Clamavi ad te et sanasti me… et sur les nôtres\, car Notre-Seigneur nous a bien acceptés dans le sacrifice qui est offert sur l’autel : quoniam suscepisti me. Il nous a guéris aussi. Le même mot qu’au sourd-muet\, avec le même geste\, n’a-t-il pas été dit sur nous le jour de notre Baptême : Epheta.  Et nous avons été délivrés de la surdité et du mutisme que le péché avait mis en nous. Bien des fois la merveille a été renouvelée; aussi\, avec nos oreilles redevenues sensibles et nos langues déliées\, pouvons-nous chanter le psaume de la reconnaissance : Exaltabo te Domine. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nHonore le Seigneur de ta substance\, et des prémices de tes fruits\, afin que soient remplies tes granges à satiété et que tes pressoirs débordent.  \nProv. III\, 9\, 10. \nEn cette période de la moisson\, l’Église invite les fidèles à donner au Seigneur les prémices de ce qu’ils récoltent\, comme le prix de leur fermage\, comme la part du propriétaire\, afin que\, satisfait de cet hommage\, le Seigneur donne encore et au centuple. Mais par delà ce sens matériel\, il faut entendre l’invitation qui nous est faite de nous offrir au Christ dans la Communion\, afin de recevoir de lui une nourriture spirituelle de plus en plus abondante\, jusqu’au jour où il nous rassasiera dans la Gloire de son Être à jamais contemplé. \nLA MÉLODIE\nLa première phrase\, comme celle du Graduel\, est très simple; invitation discrète sans expression particulière. Substantia tua est en fort relief\, comme il convient; il s’agit de notre être\, de notre vie. \nLa seconde a plus d’élan mais demeure sans chaleur. \nC’est la troisième qui est la plus expressive. La mélodie s’élève ardente sur impleantur\, et\, sur horrea tua\, s’élargit à la mesure des granges et des moissons. Il passe en outre dans tout ce mouvement un souffle de joie qui chante l’abondance heureuse du présent et de l’avenir. \nLa dernière phrase est plutôt thétique mais chante fort bien aussi dans le grave\, sur torcularia et sur redundabunt\, les paroles riches de promesses pour l’année qui vient. \n  \n\nCantiques pour tous les temps\nPolyphonies pour tous les temps\n\n  \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Assomption
DESCRIPTION:Notre-Dame est morte comme tout le monde meurt.\nMais la mort\, châtiment du péché\, ne pouvait lui être imposée\, à elle que le péché n’avait pas touchée; elle était immortelle en droit. C’est donc en quelque sorte librement qu’elle est morte\, acceptant d’être ainsi associée\, jusqu’en son acte suprême\, à l’œuvre rédemptrice de son fils. \nElle n’est morte ni d’usure\, ni de maladie\, mais d’amour. Un moment est arrivé où son corps n’a plus été capable de porter l’ardeur de son âme. Dieu alors a laissé l’amour déborder sur la sensibilité qui en un instant a été consumée.\nSon âme monta droit au ciel. Son corps fut mis au tombeau. Mais il ne devait pas retourner en poussière. De droit\, lui aussi était incorruptible. Après un laps de temps\, sans doute très court\, quelques jours\, quelques heures\, peut-être\, l’âme l’occupa à nouveau et il fut glorifié. \nAlors\, par la force même de la gloire qui fait les corps agiles et dociles à tous les désirs de l’âme et de l’Esprit-Saint\, Notre-Dame monta vers les Cieux\, s’éleva au-dessus des anges et des saints qui l’acclamaient et\, dans le midi éternel\, près de son fils\, commença à chanter\, sur le mode de l’éternité\, son Magnificat. \nTel est l’événement historique de l’Assomption. Il fut célébré de très bonne heure. Dès la fin du Ve siècle la fête était organisée en Orient. A la fin du VIIe elle fut introduite à Rome et devint rapidement très solennelle. \nL’Eglise la célèbre dans une atmosphère de joie tour à tour contemplative et exultante\, faisant entrer dans le jeu tout le ciel et toute la terre: le Père qui reçoit sa fille bien aimée\, le Fils qui retrouve sa mère\, le Saint-Esprit qui enveloppe son épouse dans l’amour béatifiant\, elle-même qui nous dit son bonheur\, et les anges et les élus et tous les chrétiens de la terre et du purgatoire qui l’acclament et félicitent le Christ glorieux d’avoir enfin près de lui\, corps et âme\, sa mère.\n(Texte d’introduction à la fête dans le commentaire de Dom Baron) \nLa messe actuelle de l’Assomption date de la proclamation du dogme par le pape Pie XII (1950). Elle n’a pas été commentée par Dom Baron qui a publié son ouvrage bien avant.\nNotons qu’il s’agit d’une messe créée pour cette occasion\, donc d’une composition récente\, particulièrement réussie\, bien qu’il y ait peu d’usage de mélodies-types. Seul l’Alleluia est une mélodie-type\, mais qui n’est pas particulièrement modale\, donc de facture plutôt récente. Cela n’enlève rien à son caractère joyeux\, léger et adapté à la fête liturgique. L’introït et le graduel sont du mode 7\, le mode angélique. Celui-ci a une tessiture très large\, ce qui permet des envolées particulièrement élancées; il était difficile de mieux correspondre à l’esprit de la fête. A chanter avec élan et légèreté. \nCette messe montre qu’il est possible de créer de nouvelles pièces qui soient belles\, priantes et qui correspondent au thème et à l’esprit de la fête liturgique. Même si le caractère modal est moins marqué que dans le répertoire primitif\, le but est néanmoins atteint\, à savoir l’élévation des âmes par la beauté du chant. \nBernard Lorber \n  \n\nMotets polyphoniques en l’honneur de Marie
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