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SUMMARY:Deuxième Dimanche de Carême
DESCRIPTION:A noter: il n’y pas de Gloria. \nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : Histoire de Jacob (Gen XVII). \nÉPÎTRE : I Thess. IV\, 1-7. S’abstenir de pécher afin de réaliser la sanctification à laquelle Dieu nous a appelés en Jésus-Christ. \nÉVANGILE : Transfiguration de Notre Seigneur. \nSTATION : Sainte Marie in Dominica. \nIDÉE CENTRALE : Le Samedi des Quatre-Temps était jour d’ordination. La cérémonie commencée tard dans la soirée durait toute la nuit et s’achevait aux premières heures du dimanche par la messe qui est aujourd’hui celle du Samedi. Il n’y avait donc pas de messe le Dimanche. Ce n’est que plus tard\, quand la liturgie romaine fut célébrée hors de Rome\, que celle que nous chantons aujourd’hui fut composée. Les chants furent empruntés au mercredi précédent\, l’Évangile au samedi ; l’Épître est propre. Voulue ou non\, une idée se dégage assez nette de l’ensemble. Jacob\, le béni de son père\, doit souffrir de longues années avant de conquérir l’épouse avec laquelle il fondera sa race. Avant d’entre dans l’épreuve\, il jouit à Béthel\, de la vision de la gloire céleste et reçoit la bénédiction du Très-Haut pour lui et sa postérité. Ainsi le Christ\, Fils bien-aimé du Père\, doit-il passer par la souffrance et la mort pour conquérir son épouse\, l’Eglise. Avant d’entrer dans l’épreuve\, il laisse la splendeur de sa gloire paraître et le transfigurer aux yeux des apôtres\, puis\, lui aussi\, reçoit la bénédiction du Père : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé… » Ainsi de nous ; avant d’atteindre le jour où nous serons unis à l’Epoux\, dans la gloire des noces de l’Agneau\, nous avons à passer par les épreuves ; la souffrance\, la mort : toutes choses mises sur notre chemin pour nus purifier et nous rendre dignes de l’union divine qui nous attend. Le Carême et la Passion en sont\, plus que toutes les autres périodes\, le temps. Au moment où nous commençons à en entir le poids\, la vision du Christ transfiguré nous est offerte\, comme pour révéler la béatitude qui sera le fruit de notre épreuve\, quand nous serons avec lui enveloppés dans la même lumière de gloire. Mais cet état ne se réalisera que par la miséricorde de Dieu : tous les chants de la messe la demandent donc.Dimanche de la miséricorde\, demandée\, manifestée\, expérimentée. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nSouviens-toi de tes bontés\, Seigneur\, Et de ta miséricorde\, qui avant le temps sont. \nQue jamais ne dominent sur nous nos ennemis : libère-nous\, Dieu d’Israël\, de toutes nos angoisses. \nPs. – Vers toi Seigneur\, j’ai levé mon âme. \nMon Dieu\, en toi j’ai confiance\, je n’aurai pas à rougir. Ps. XXIV\, 7\, 22\, 1\, 2. \nIl faut distinguer dans ce texte deux idées différents : un appel à la miséricorde du Seigneur et une prière pour qu’il nous délivre de nos ennemis. Ce serait une erreur de traduire ne par afin que\, reliant ainsi ne únquam à reminíscere. « Souviens-toi...» forme une phrase ; « Que nos ennemis ne nous dominent pas…» en forme une autre. La mélodie appuie fortement cette interprétation. Il reste que le tout ne fait qu’une seule prière\, mais avec deux objets.Le premier\, c’est le pardon des péchés. Il n’est pas explicitement mentionné car la miséricorde a un objet plus étendu\, mais tout le contexte du Psaume l’indique\, de même le contexte liturgique. Le fait d’ailleurs qu’il demeure inexprimé donne au texte quelque chose de plus intime\, comme une plainte dont on garde au fond de l’âme l’objet précis\, sachant bien qu’il est connu de celui à qui l’on s’adresse.Le second\, c’est d’être libéré. De quels ennemis ? Pour le psalmiste\, il s’agissait tout d’abord de ses ennemis personnels ou de ceux du peuple juif. Pour l’Eglise\, il s’agit aussi de ses ennemis extérieurs\, toujours agissant ici et là de quelque manière\, mais\, plus encore\, des ennemis de l’âme : le démon\, le monde\, la concupiscence\, plus actifs peut-être en un temps de pénitence qu’en tout autre période. Entendue ainsi\, dans un sens spirituel\, cette seconde idée rejoint la première et forme avec elle un ensemble qui se tient comme se tiennent les dernières demande du Páter : Pardonnez-nous nos offenses… et ne nous laissez pas succomber à la tentation\, mais délivrez-nous du mal.Prière de l’Eglise pénitente. \nLA MÉLODIE\nElle aussi se compose de deux parties.La première est faite de deux phrases à peu près semblables. Elles sont composées l’une et l’autre de deux incises qui commencent par une tristropha. Nous avons déjà rencontré cette forme musicale dans l’Introït Omnis térra\, le IIe Dimanche après l’Epiphanie. Elle s’alliait là à un développement mélodique assez considérable ; il n’en n’est pas de même ici\, la mélodie descend du fa au re\, remonte du re au fa avec quelques broderies au sol et au la et c’est tout. Il s’ensuit une sorte de monotonie sans couleur\, un ton de grisaille\, mais qui est de la plus haute expression. Prière de contrition. Elle n’est pas seulement humble\, elle est lourde de souffrance\, de cette souffrance particulière qu’est le poids du péché revenant toujours le même. Il n’y a pas d’appel angoissé\, pas de cri de détresse\, pas de passion ; une plainte murmurée délicatement\, sans souci de plaider\, ni de presser\, répétée sur le même motif quatre fois\, alourdie par la longueur de la tristropha du début et s’achevant sur une cadence\, triste elle aussi\, de la tristesse du péché. Mais au fond de cette monotonie\, l’enveloppant\, la vivifiant de l’intérieur\, une tendresse toute fixée sur Dieu\, confiante\, assurée déjà\, par l’expérience\, du pardon qui\, une fois de plus\, va venir.Dans la seconde partie\, c’est la même sobriété\, la même réserve\, avec toutefois quelque chose de plus extérieur. Un sentiment plus vif perce un peu partout. La supplication se fait plus osée. Elle insiste. Aussi bien ne s’agit-il plus seulement de l’âme elle-même et de son péché mais de ses ennemis qui sont aussi les ennemis de Dieu. Il y a sur le pressus et sur la double note de ne únquam – qui est une bivirga épisématique – une allure de décision ferme\, avec une touche d’indignation qui devient de plus en plus ardente sur inimíci nóstri.Elle passe à la phrase suivante où elle mêle à la supplication revenue une nuance de force ; au début du moins\, car peu à peu la mélodie redevient paisible\, abandonnée\, intérieure\, traversée seulement à la fin\, sur angústiis\, par une sorte d’angoisse qui la fait plus émouvante encore.Tout doit être très lié. Les tristrophas seront légères\, les torculus de miseratiónum et de misericórdiæ bien arrondis.Le crescendo de la deuxième phrase sera discret mais englobera toute la phrase. Ne pas trop élargir la dernière cadence ;  un léger crescendo\, appuyé dès le début de angústiissur la clivis élargie\, le quilisma\, l’oriscus\, le salicus ; c’est un mot qui a ici un sens considérable. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nLes tribulations de mon cœur se sont multipliées :de mes angoisses\, délivre-moi\, Seigneur. \nVerset. – Vois mon abaissement et ma peine : et pardonne-moi tous mes péchés. Ps. XXIV\, 17-18.Encore deux versets du Psaume XXIV. Le sens en est clair. Le psalmiste dit à Dieu que sa souffrance d’avoir péché – disons sa contrition\, car c’est bien ce qu’il faut entendre par les tribulations de son cœur – se fait de plus en plus vive. Il le supplie de regarder son âme abaissée dans l’humble repentir\, et la peine qu’il prend pour se libérer de son péché ; et de lui pardonner enfin.Prière de l’âme repentante\, comme l’Introït. Encore qu’elle ait dû se trouver bien des fois sur les lèvres de Jacob\, et sur celles du Christ quand il avait sur lui le poids de nos péchés\, il n’y a rien qui la rattache à quelque épisode de leurs vies. Elle est une prière de pénitence qui demande miséricorde\, c’est tout ; et c’est assez\, hélas ! pour qu’elle soit toujours d’actualité sur nos lèvres. Elle est toutefois bien à sa place après l’Epître\, qui nous énumère les instruments variés de la mortification et avant l’Évangile\, qui nous révèlera la gloire du Christ miséricordieux en qui nous recevons la misériorde du Père. \nLA MÉLODIE\nIl est rare de trouver une mélodie du Ve mode tout entière en fa comme celle-ci\, sur un texte qui est un appel à la miséricorde. Ses tons pleins\, son atmosphère paisible\, heureuse\, parfois joyeuse et exultante s’allie mal avec le poids du péché\, la tristesse du remord et les appels douloureux vers la pitié divine. Aussi\, si l’on ne chante pas la première phrase avec un peu de lenteur et de poids et dans un sentiment de contrition\, elle sonnera faux parce qu’elle aura sur les mots mêmes de la souffrance\, Tribulatiónes córdis méi et dilatátæ sunt quelque chose de satisfait qui reflète le bonheur. Mais\, si on lui donne le mouvement qui convient et qui semble indiqué dans les manuscrits où les doubles notes de tribulatiónes et de méi sont des bivirgas épisématiques\, elle sera\, avant la prière elle-même\,  un très bel exposé des motifs\, humble et déjà suppliant.La seconde phrase\, par contre\, est admirablement adaptée. Dès le début\, elle module vers le la et s’y établit sur méis en une cadence mineure qui la met en  plein accord avec les mots. Elle s’élève alors sur éripe me en un très bel accent de prière\, spontané\, vif\, ardent\, chargé d’angoisse\, et qui peu à peu se pénètre de confiance et de paix sur le motif final de Dómine. \nLe Verset. – (V) Víde humilitátem méam et labórem méum et dimítte ómnia peccáta méa.Le défaut de la première partie reparait quelque peu au début sur víde mais\, tout de suite\, la même modulation en la intervient sur humilitátem et donne au mot son expression parfaite de prière intense et triste. Il n’en va pas ainsi du reste\, malheureusement. Il faudra donc\, ici encore\, remédier au défaut d’adaptation et s’efforcer d’atténuer le caractère de joie qui se dégage de presque toutes les formules.Faire lourdes et bien allongées les bivirgas de la première phrase dont presque tous les mots sont ralentis.Mener le crescendo de la seconde\, du début\, discrètement d’abord et progressivement\, jusqu’à me qui sera bien accentué. Retenir le mot Dómine\, surtout dans les arsis ; et bien arrondir le sommet.Le verset\, lent aussi. Sur víde\, les deux doubles notes sont des virgas épisématiques\, y faire peser la supplication. De même sur labórem.Faire la formule finale aussi priante que possible. \nTRAIT\nLE TEXTE\n1. – Louez le Seigneur parce qu’il est bon\,parce que tout au long des siècles est sa miséricorde.2. – Qui dira la puissance du Seigneur ?Qui fera entendre toutes les louanges qu’il mérite ?3. – Bienheureux ceux qui suivent son jugement\,et qu’ils accomplissent sa justice en tout temps.4. – Souviens-toi de nous\, Seigneur\, pour le bien de ton peuple :visite-nous\, dans celui qui vient de toi\, pour nous sauver. Ps. CVLe Psaume CV\, qui est un Psaume d’allégresse\, vient comme une surprise\, en Carême. En fait\, il est tout à fait à sa place si on le rattache au dernier mot de l’Épître : « Dieu vous a appelés à la sanctification en Notre Seigneur Jésus-Christ. » Cet appel de Dieu est l’acte éternel de sa miséricorde. L’Eglise vient de l’entendre dire. Elle a d’abord montré sa misère à Dieu dans le Graduel\, comme pour le presser d’agir ; maintenant\, sûre d’être sauvée\, elle chante la miséricordieuse bonté et\, pour finir\, demande à Dieu\, dans une prière qui précise l’idée de l’Introït\, de la visiter en Celui qui\, s’étant fait chair par miséricorde\, apportera à chacun le pardon\, dans son sacrifice. \nLA MÉLODIE\nLe VIIIe mode eût peut-être mieux convenu au texte. Il est réservé au Samedi-Saint avec l’éclat qui convient aux premières joies pascales. Le IIe mode est bien dans l’atmosphère violette du Carême.Les formules psalmiques sont absolument régulières. Quelques mots d’importance tombent bien aux cadences ; mais ce n’est pas là qu’il faut chercher l’expression cette fois\, c’est dans l’ensemble.De la première à la dernière note il y a\, par delà les fluctuations des incises\, des phrases et des versets\, une montée ininterrompue qui fait de tout le Trait une louange de plus en plus ample\, de plus en plus éclatante\, jusqu’à ce qu’elle s’achève\, transformée en ardente supplication\, dans les régions extrêmes du mode.Le premier verset débute en ré\, et ne dépasse le fa que par quelques broderies. Le second part du ré mais s’établit sur le fa et le mouvement s’anime\, avec le texte d’ailleurs. Notez le très beau motif de quis loquétur si bien adapté au mot\, à l’idée et à l’interrogation. Le troisième s’établit dès le début sur fa et\, en trois notes\, il est sur le la ; mouvement rapide qui rend parfaitement le sentiment spontané d’admiration et de désir de Béati\, lequel se développe très heureusement sur les formules de custódiunt judícium. Le quatrième est\, dans toute sa première partie\, nettement basé sur le la. Il se développe sur mémento en  une supplication qui\, dans les régions élevées\, prend une valeur peu commune. L’ardeur ne s’en manifeste pas par des élans impétueux mais par la redite paisible des mêmes motifs sur les mêmes notes. Il en résulte une insistance très poussée et\, en même temps\, très délicate et très intime. Une gracieuse ondulation sur nóstri amène le mot Dómine enveloppé de tendresse. Túi est bien à sa place\, très en relief à la fin de la phrase ; et l’incise finale porte jusqu’au si bémol qui est le sommet de la mélodie\, le mot visita nos qui est aussi le mot de la miséricorde et le sommet de la prière.Il ne doit y avoir aucun retard sur quis loquétur ; au contraire\, le mouvement devra être entretenu en raison des pressus qui s’attirent les uns les autres.Elargir légèrement Béati et custódiunt ; de même Dómine dans le dernier verset. Bien arrondir le sommet de visita nos. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nJe méditerai tes préceptes que j’aime tant ;Et je lèverai mes mains vers tes lois\, que j’aime. Ps. CXVIII\, 47-48.Le Psaume CXVIII est le Psaume de la fidélité à la Loi divine. Ces deux versets disent\, d’une façon très simple\, l’amour de l’âme pour la volonté du Seigneur qui lui est manifestée soit par la loi écrite\, soit par les inspirations du Saint-Esprit. L’expression Je lèverai mes mains doit être entendue comme le désir qu’a l’âme de demeurer tendue vers tout ce qui la lui fera connaître pkus précise et plus détaillée\, de sorte que le second verset\, tout en disant la même chose\, est en progression sur le premier.Ils forment ici tous les deux une belle paraphrase de l’Évangile. Notre Seigneur nous y est montré transfiguré\, entouré de Moyse\, le législateur\, et d’Elie\, le prophète\, et il est présenté par le Père comme son Fils bien-aimé qu’il faut écouter : la Loi\, les Prophètes et l’Évangile ; tout l’enseignement divin. L’Eglise chante sa joie de l’avoir ainsi concentré dans le gloire du Christ\, et le désir qu’elle sent grandir en elle de le méditer et d’en vivre. \nLA MÉLODIE\nElle est composée de deux phrases d’ossature semblable\, la seconde développant la première comme dans les offertoires Jubilate\, à la manière d’une variation.Une première idée sur in mandátis est reprise\, développée et trois fois répétées dans la seconde phrase : et levábo mánus méas ad mandáta. C’est le motif de la méditation.Une seconde idée sur quæ diléxi est\, elle aussi reprise\, et développée sur les mêmes mots\, dans la seconde phrase. C’est le motif de l’amour.Sur cette construction si parfaitement ordonnée\, un chant exquis de contemplation\, de conversation intime et tendre. L’âme chante pour Dieu seul\, sans souci de se faire entendre de quiconque d’autre. Elle ne lui demande rien ; elle lui parle. Elle lui dit\, dans un sentiment d’admiration extasiée et d’amour ardent\, ce que le récit évangélique a éveillé en elle. C’est tout.Toute la paix heureuse dont elle est remplie se trouve dans l’intonation où est esquissé déjà le motif de la méditation. Il prend toute sa forme sur in mandátis\, une ligne toute simple qui ondule en broderies légères et qui s’infléchit vers la tonique pour finir ; admiration mêlée de tendresse\, d’une tendresse toutefois qui ne se livre pas encore. Mais voici le mot de l’amour : quæ diléxi. L’amour est actif ; il soulève l’âme qui cette fois se laisse aller à la joie sur un rythme ravissant de grâce légère\, avant de mettre sa ferveur sur le dernier mot\, válde\, si expressif de tout ce qui ne peut pas se dire.Mêmes sentiments dans la seconde phrase ; ils sont seulement plus accentués. Rien ne s’oppose à ce qu’on voit dans les longues tenues répétées de levábo mánus méas comme une description des mains levées ; mais elles sont surtout l’expression du désir sans cesse renouvelé et toujours le même. Le quæ diléxi\, si pénétré de joie dans la première incise\, s’achève en  un balancement nuancé d’une teinte de mélancolie qui dit bien le désir insatisfait de l’amour qui ne possède pas encore son objet mais qui y tend de toutes ses forces.La première phrase sera légère et dans un bon mouvement\, quæ sera quelque peu élargi et les torculus de diléxi bien arrondis.La fin de mánus túas légèrement retenue ; de même quæ\, comme dans la première phrase.La dernière syllabe de diléxi\, bien élargie dans un rythme très balancé. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nComprends le cri de mon âme.Prête attention à la voix de ma prière\, mon Roi et mon Dieu\,Car\, vers toi\, je ferai monter ma supplication\, Seigneur. Ps. V\, 2\, 4.Le sens de ce verset est très simple. Il faut seulement noter que clamórem selon l’hébreu n’est pas le cri extérieur mais « la voix intérieure de la pensée ». Traduit par « le cri de mon âme »\, le texte est ainsi plus adapté au moment de la communion. L’âme\, qui reçoit le Seigneur\, le prie de ne pas distraire d’elle sa pensée car\, elle aussi\, va se refermer sur lui en une oraison de plus en plus intime\, de plus en plus ininterrompue\, jusqu’à ce que soit réalisée l’unité de vie dans l’amour. \nLA MÉLODIE\nElle est moins contemplative que celle de l’Offertoire\, mais elle se développe dans les mêmes sentiments. Elle est une prière de demande\, c’est vrai\, mais qui demande à un être très cher\, et dans un moment d’intime union\, ce qui la fait toute pénétrée de joie.Il y a quelque chose de pressant dans l’intonation ; puis presque aussitôt la supplication se fait douce avec une nuance de tendresse sur toute la phrase\,  y compris le salicus de méæ\, qui la renforce encore et la conduit à l’exclamation\, ardente comme un cri d’amour\, de Rex méus et à la tendresse profonde de Déus méus.La seconde phrase\, elle\, débute dans le grave. C’est comme un secret\, une confidence qui peu à peu monte sur orábo avec déjà l’intensité de la prière future\, et s’achève\, sur le nom divin\, en un murmure d’amour.Bien accentuer clamórem. Retenir quelque peu la thésis de oratiónis méæ\, y relier de très près Rex méus\, en gardant bien sa valeur au punctum de Rex. Retenir le début de Dómine. \nPolyphonies pour le carême \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Troisième Dimanche de Carême
DESCRIPTION:A noter: il n’y pas de Gloria. L’Alleluia est remplacé par le Trait. \nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : Gen. XXXVII). Histoire de Joseph.ÉPÎTRE : (Ephes. V 1-19). Il faut s’écarter de toute chose déshonnête\, marcher dans la lumière\, afin d’être enfant de lumière.ÉVANGILE : (Luc XI 14-28). Notre Seigneur chasse un démon. Accusé de le chasser par Beelzébuth\, il met en garde contre l’action de Satan.STATION : Saint Laurent hors les murs.IDÉE CENTRALE : Il semble bien que l’idée dominante de la catéchèse soit le démon\, son action et ce que nous avons à faire pour nous en garder. Parce que Joseph était l’héritier de la promesse\, Satan mit tout en œuvre pour le perdre. Il poussa ses frères au meurtre et la femme de Putiphar à l’adultère. Dieu sauva le fils bien aimé de Jacob et\, par lui\, sauva son peuple.Quand le Christ\, Fils bien-aimé du Père et Fils de la promesse\, lui aussi\, vint accomplir ce que Joseph n’avait fait que figurer\, le démon ne cessa de le poursuivre à son tour. Il inspira la jalousie d’Hérode et le massacre des Saints Innocents. Il vint lui-même le tenter au désert. Vaincu\, il dressa contre lui les Scribes et les Pharisiens pour perdre sa réputation et le faire mourir. Il crut avoir réussi\, le soir du Vendredi Saint\, mais Dieu sauva son Christ dans sa résurrection et\, par lui\, sauva le monde.Le Christ continuant dans l’Eglise qui est son Corps mystique\, et en chacun de nous qui sommes ses membres\, le démon déploie autour de nous la même sollicitude mauvaise. Il est l’inspirateur de tous les vices contre lesquels Saint Paul nous met en garde dans l’Épître. Notre Seigneur nous garde – Il nous le montre dans l’Évangile – à condition toutefois que nous nous confions à lui et que nous mettions en pratique les avis qu’il nous donne. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nMes yeux sont sans cesse sur le Seigneur\,Car lui-même dégagera mes pieds du filet.Regarde-moi et aie pitié de moi\,Car seul et pauvre je suis.Ps. – Vers toi\, Seigneur\, j’ai levé mon âme :Mon Dieu\, en toi je me confie\, je n’aurai pas à rougir. Ps. XXIV\, 15\, 16.Le psalmiste emploie l’image du filet qui est très commune dans l’Ecriture et se représente les pieds déjà engagés dans les lacs ou susceptibles de l’être d’un moment à l’autre. Dans cette situation\, deux sentiments se succèdent en lui. D’abord une confiance totale en la puissance de Dieu – c’est le sens qu’il faut donner aux yeux fixés sur le Seigneur. Puis l’appel à la pitié : Aie pitié de moi\, car je suis seul et impuissant.Telles ont été la confiance et la prière de Joseph\, de tout le peuple Juif\, du Christ\, de Saint Laurent sur le gril : telles sont encore celles de l’Eglise dans la lutte qu’elle continue à soutenir. Cette lutte\, plus marquée peut-être pour nous en cette période de pénitence\, nous incite à les faire monter vers Dieu une fois de plus pour obtenir l’aide de son bras\, sans laquelle nous ne saurions vaincre. \nLA MÉLODIE\nDans un bel élan simple\, pénétré de confiance\, de paix\, l’âme chante sur Oculi méi la courbe de sa pensée montant sans cesse vers le Seigneur. C’est son attitude habituelle\, elle souligne donc abondamment sémper. Elle s’incline ensuite\, pleine de vénération\, sur Dóminum et se laisse aller\, sur quía ípse evéllet\, à la joie que mettent en elle ces mots de délivrance. Une joie d’espoir seulement. Elle n’exulte pas. Peut-être même pourrait-on y déceler une certaine lourdeur\, annonciatrice de la misère et de l’impuissance dont il sera fait état tout à l’heure. Mais le bel élan de confiance demeure.Il passe à la phrase suivante. C’est dans la même simplicité que l’âme demande au Seigneur de jeter les yeux sur elle ; réspice in me est bien  dans le ton de óculi méi. Mais\, en même temps qu’elle appelle le regard divin\, elle commence à se montrer\, elle expose sa misère. C’est alors l’humble supplication. La mélodie\, descendue dans le grave\, remonte péniblement sur miserére avec tout le poids du péché et de la honte ; et les appels à la miséricorde se succèdent\, retenus\, doux\, timides et pressants\, sur les distrophas et les tristrophas de méi\, de únicus et de páuper. Il n’y a qu’un mot qui ait de l’assurance\, c’est quóniam. Sur ce pressus\, l’âme dit son impuissance et s’y appuie de toute son ardeur\, comme sur l’argument irrésistible qui lui vaudra le salut : cor contrítum et humiliátum Déus non despícies….un cœur contrit et humilié\, ô Dieu\, tu ne le rejetteras pas. (Ps. L\, 19).Le Psaume ramène l’abandon tout simple du début. La mélodie sert parfaitement le texte. La cadence sur non erubéscam\, avec sa nuance de ferme certitude\, est particulièrement heureuse.Beaucoup de légèreté dans l’intonation. Que toute la première phrase soit simple comme un chant d’enfant. Bien lancer evéllet et veiller à l’accentuation de pédes.Réspice\, au début de la seconde phrase\, sera quelque peu retenu. Ne pas accentuer fortement méi ; la double note est une distropha\, qu’elle soit douce ; la voix ira en un discret crescendo vers la clivis qui suit et on aura la nuance à la fois humble et suppliante qui convient.Le pressus de quóniam bien posé avec un accent de ferveur. La tristropha de únicus légère et douce ; de même la distropha de pauper.Le Psaume sera pris a tempo mais à une allure qui ne doit pas faire avec l’antienne un contraste poussé. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nLève-toi Seigneur\, qu’il n’ait pas le dessus\, l’homme ;Qu’elles soient jugées\, les nations\, en ta présence.Verset. – Quand tu tourneras mon ennemi en arrière\, ils seront défaits et périront devant ta face. Ps. IX\, 20\, 3.Deux versets pris aux deux extrémités du Psaume. Le premier est une prière qui demande à Dieu d’intervenir afin que l’homme\, c’est à dire la nature mauvaise\, n’ait pas le dessus sur la grâce. Le second\, bien qu’il soit adressé à Dieu comme le premier\, n’est pas une prière proprement dite. ; le psalmiste dit ce qu’il voit dans l’avenir : l’ennemi s’enfuyant\, battu\, défait\, anéanti devant la face de Dieu.Ils forment ici comme un lien entre l’Épître et l’Évangile. Saint Paul nous dit : n’ayez rien de commun avec les fils de l’incrédulité\, marchez comme des enfants de lumière…C’est bien ce que l’Eglise demande dans la première partie ; que l’homme n’ait pas le dessus. L’Évangile nous montre l’ennemi fuyant sous le geste souverain du Christ ; c’est ce qu’elle chante dans la seconde. \nLA MÉLODIE\n(III) Exsúrge Dómine non præváleat hómoJudicéntur géntes in conspéctu túo.Bien que l’intonation soit douce et lente\, il y passe une ardente supplication\, qui\, délicatement posée sur la virga du début\, va s’intensifiant jusqu’à la dernière tristropha\, où elle se prolonge comme en une plainte. Cette teneur dans le grave\, coupée de notes répercutées\, lui donne toutefois quelque chose de sombre et de pesant. On a l’impression que l’âme est accablée sous le poids de l’épreuve.Sur Dómine – formule presque exclusivement réservée au Seigneur (à une exception près\, on ne la trouve que sur les mots Dòminus ou Déus) – la mélodie s’éclaire d’une nuance de tendresse intime puis\, s’animant soudain\, se fait de plus en plus pressante sur non præváleat. L’âme\, sortie de sa torpeur au contact du nom divin\, est maintenant pleine d’audace. Elle dit le danger sans réticence et dénonce l’ennemi avec force ; on sent même un peu d’angoisse et comme un frisson de peur sur la montée des torculus de præváleat\, et plus encore sur la magnifique formule de hómo. A deux reprises le motif de præváleat revient ; sur judicéntur et sur in conspéctu. Il y a là une insistance qui prend\, sur le pressus de géntes et plus encore sur les répercussions de conspéctu túo – notez qu’il n’y en a pas moins de huit – une extraordinaire intensité.Mais\, est-ce encore la prière qui domine ? Il semble bien plutôt que ce soit l’idée du Jugement dernier – car en fait c’est bien de quoi il s’agit – qui est évoquée fans cette finale. Elle a en effet tous les caractères d’une autorité forte qui s’impose\, implacable et terrible. On y sent la terreur du Juge dont le seul aspect fera les damnés sécher de frayeur.Le Verset. – In converténdo inimícum méum retrórsum infirmabúntur et períbunt a fácie túa.L’idée est toute différente de celle de la première partie. L’expression aussi diffère\, il va de soi. C’est dans une joie débordante que l’Eglise chante la vision prophétique de son ennemi en déroute.Cette joie commence dès le début sur In converténdo par un balancement léger sur la clivis la-sol\, la note qui précède le quilisma\, et la clivis do-si. Le branle ainsi donné\, quelques notes conduisent le mouvement vers retrórsum. Il s’élargit d’abord quelque peu sur les notes qui précèdent le quilisma pour souligner ce mot de déroute puis\, s’allégeant\, il emporte la mélodie d’un magnifique élan jusqu’au mi où elle s’épanouit en un motif plein de vie et d’esprit. Ce n’est plus seulement de la joie\, c’est de l’exultation\, une exultation délirante ; on peut bien dire le mot car elle sonne vraiment par endroit comme l’éclat de rire du vainqueur sur le vaincu en fuite.La même idée est reprise dans la phrase suivante et traitée de la même manière ; des notes légères vont vers peribunt et\, sur ce mot de victoire totale\, se renouvelle l’explosion de joie.Au début de la troisième phrase\, sur a fácie\, passe comme une nuance de gravité ; nous sommes revenus au Seigneur\, au Juge. Il y a ensuite un bel élan qui touche le mi mais c’est une exaltation tempérée\, paisible. La joie de l’Eglise s’est imprégnée de la joie de Dieu\, et c’est de sa justice qui triomphe\, plus que de la déroute de l’ennemi\, qu’elle se réjouit maintenant. L’idée du jugement et de sa terreur revient d’ailleurs peu à peu avec le mouvement thétique sur re et se développe\, pour finir\, sur la même formule et sur le même mot que  dans la première partie.L’intonation sera lente\, toutes les répercussions bien faites et assez poussées. Renforcer délicatement la voix sur Dómine ; c’est une formule très expressive. Pas de contraste forcé à non preváleat ; la montée de hómo retenue.A tempo sur judicéntur. Les répercussions de in conspéctu túo\, bien marquées. Garder le mouvement jusqu’à la fin.Le Verset\, léger. Un crescendo et un peu d’accélération à partir de l’accent de converténdo\, mais bien dans le rythme. Retenir légèrement les quatre notes qui précèdent le quilisma de retrórsum.Faire un peu longues les distrophas de fácie\, et retenir la thésis sur re. \nTRAIT\nLE TEXTE\n1.     – Vers toi j’ai levé mes yeux\, (vers toi) qui habites dans les cieux.2.     – Voici\, comme les yeux des serviteurs sur les mains de leurs maîtres.3.     – Et comme les yeux des servantes sur les mains de leur maîtresse ;4.     – Ainsi (sont) nos yeux sur le Seigneur notre Dieu\, jusqu’à ce qu’il ait pitié de nous.5.     – Aie pitié de nous\, Seigneur\, aie pitié de nous. Ps. CXXII\, 1\, 2\, 3.C’est la même idée que dans l’Introït. La confiance toutefois n’est pas aussi fortement marquée. L’Eglise ici la chante dans le même sentiment que la première partie du Graduel. \nLA MÉLODIE\nDans le premier verset\, la formule d’intonation a reçu un développement qui en fait une très belle supplication\, à la fois humble et forte. Le mot caéli\, planant sur la dominante\, évoque très heureusement et le Dieu Très-Haut et l’admiration q’uil provoque chez ceux qui savent le contempler dans ses célestes demeures.Les versets 2 et 3\, parallèles comme le texte\, n’ont de remarquable que l’accent de ferveur de sícut.Deux mots sont particulièrement expressifs dans le 4e : Ita\, au début\, qui met très en relief le second terme de la comparaison ; et la cadence finale\, très commune\, mais qui devient sur nóstri une très ardente supplication.Tout le 5e est une splendide prière humble et suppliante. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nLes volontés du Seigneur sont droites\, réjouissant les cœurs ;Et ce sont choses plus douces que le miel et le « favum » (le rayon de miel)Aussi ton serviteur les gardera. Ps. XVIII\, 9\, 10\, 11\, 12.Il n’y a pas de doute que ces versets n’aient été choisis à cause de l’épisode qui termine l’Évangile. « Une femme cria\, de la foule : Bienheureux le sein qui t’a porté et les mamelles qui t’ont allaité. Et il dit : Bienheureux encore plus\, ceux qui écoutent la parole de Dieu et la gardent. »L’Eglise demeure dans la contemplation de cet incident qui la ravit et\, pour chanter sa joie\, emprunte les paroles du Psaume.Elles sont l’expression naturelle de tous ceux qui savent jouir du Verbe de Dieu\, dans l’Ecriture\, dans l’Eglise\, dans les profondeurs de leur âme où il habite ; mais il s’y ajoute ici quelque chose de plus\, comme un désir ardent de remplir avec un amour accru la condition de la béatitude promise. \nLA MÉLODIE\nC’est un chant tout intime\, doux\, paisible\, heureux. L’âme fixée dans la contemplation des paroles du Christ\, les confirme en quelque sorte de son expérience\, se disant à elle-même\, en des mots qui en sont tout pénétrés\, le bonheur que lui procure l’abandon aimant à tout ce que lui demande le Seigneur.Elle le fait par un petit motif très simple de quelques notes qui montent du fa au la et y reviennent après une broderie légère très courte.C’est un rien\, mais si expressif de paix et de bonheur intime. On le trouve sur justítiæ\, sur réctæ\, sur lætificántes córda\, avec cette fois une nuance de joie plus profonde qu’il prend dans le grave et qui va si bien avec le mot.Dans la seconde phrase\, dulcióra en est un développement et súper méi et fávum ne fait que reproduire\, avec quelques nuances de détail\, le mouvement grave de læticántes… En cela nulle monotonie\, mais une sorte de balancement qui berce la continuité de l’idée et la garde enveloppée dans une atmosphère de béatitude.Le mouvement est peut-être un peu plus prononcé dans la troisième phrase\, du moins au début. L’âme s’adresse à Dieu\, et son ardeur naturellement s’anime quelque peu quand elle lui renouvelle sa fidélité\, mais elle demeure toujours dans la paix et la joie. Notez le rythme de nam avec ce bel élan de quarte qui se détend en repos sur la tristropha ; quelle délectation ! Sur custódiet\, le ton redevient contemplatif avec une nuance de fermeté qui convient à la promesse ; ce sont de longues tenues répercutées qui s’achèvent sur la cadence délicate du IVe mode\, toute pénétrée d’une tendresse qui ne trouve pas de quoi s’exprimer.Le mouvement ne doit pas être lent\, mais paisible. On l’entretiendra par les délicates nuances d’intensité qu’exige le leit-motiv.Ralentir légèrement la cadence finale de la première phrase en retenant quelque peu la première note du climacus.Un crescendo délicat\, au début de la troisième phrase. Bien rythmer les deux climacus de la fin en les allongeant légèrement. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nLe passereau trouve pour lui une maison et la tourterelle un nid où reposer ses petits…Tes autels\, Seigneur\, Dieu des vertus\, mon Roi et mon Dieu !Bienheureux ceux qui habitent dans ta maison.Dans les siècles des siècles ils te loueront. Ps. LXXXIII\, 4-5.Le Psaume LXXXIII est le psaume du juif exilé qui entrevoit le retour prochain dans la patrie et dans le temple\, où il retrouvera la présence du Seigneur\, son Roi et son Dieu. Au verset 4\, la comparaison gracieuse des oiseaux et de leur nid fait le désir du psalmiste jaillir ardent : « Tes autels Seigneur… ! » et se perdre ensuite dans le rêve de la béatitude qu’il attend. Trois idées donc : la comparaison\, le cri d’amour\, la béatitude désirée.Ces deux versets se trouvent tout naturellement adaptés au moment de la communion. Altária en effet ne désigne pas seulement l’autel matériel mais le sacrifice dont il est la table. Ce que l’âme chante\, c’est son désir d’être unie dans l’Eucharistie au Christ\, et de jouir de la protection aimante qu’elle trouvera en lui et\, à travers lui\, dans l’amour des divines Personnes. C’est bien là\, pour ce qui est de la terre\, la béatitude d’habiter dans la maison du Seigneur. « Si quelqu’un m’aime\, nous viendrons en lui et ferons notre demeure en lui… ». \nLA MÉLODIE\nLa première phrase est un récitatif\, mais traité avec un soin délicat et pénétré déjà de l’ardent désir qui va jaillir tout à l’heure.Les rythmes binaires qui se succèdent sur dómum\, túrtur\, nídum\, sont délicieux de fraîcheur\, avec leur nuance d’harmonie imitative qui évoque le roucoulement de la tourterelle. L’âme les chante\, simplement\, dans l’atmosphère heureuse où elle vit\, jouissant de tout ce que lui dit cette gracieuse comparaison. Sur repónat\, elle s’arrête. C’est le mot de la tendresse ; celle de l’oiseau qui a fait pour ses petits le nid chaud et moelleux où il les pose et demeure avec eux ; celle du Seigneur aussi\, qui a préparé le Christ et son sacrifice eucharistique\, comme le lieu où l’âme se reposera dans la joie de sa présence. Elle y pose un long accent qui se détend\, lent et doux\, sur les deux mots de la fin en une admirable cadence. Puis\, soudain\, jaillit le cri d’amour.Il éclate comme l’élan d’un désir spontané. L’âme n’a pas le temps de faire une phrase. Dans la succession des accents et des rythmes de plus en plus marqués\, le mouvement l’emporte jusqu’au sommet\, où son ardeur s’épanouit enfin sur Dómine\, le nom divin. Elle la laisse ensuite se détendre en une tendresse douce et confiante sur la tristropha de virtútum qui rime si heureusement avec le repónat de la première phrase. Puis ce sont les mots d’amour : Rex méus et Déus méus ! qu’elle retient à loisir dans la paix de sa contemplation.De cette paix s’exhale alors l’exclamation de béatitude : Beáti qui hábitant…Très calme d’abord\, sur les beaux rythmes binaires de hábitant\, l’âme s’exalte peu à peu. L’ardeur de son désir s’avive à nouveau sur dómo túa : le Temple\, le Christ\, l’Eucharistie\, le Ciel ; c’est tout cela en effet qu’elle chante en chantant la maison du bonheur. Elle revient pour finir à la contemplation du début et\, sur le dernier mot\, orné plus que tous les autres\, elle célèbre la louange\, fruit de la vision\, de l’amour et de la béatitude.Que la dernière phrase soit simple. Bien balancer les rythmes binaires qui se succèdent sur dómum et túrtur ; la première note des podatus de dómum bien posée\, un peu élargie.La virga de repónat bien attaquée\, la répercussion délicate sur la tristropha qui sera douce. A la fin de la phrase\, une pause.Le mouvement de altária túa Dómine virtútum\, vif et ardent ; mais que la progression soit bien rythmée jusqu’à l’accent de Dómine qui sera fort\, mais bien lancé. La détente se fera sur virtútum.Bien accentuer Déus méus avec une nuance de tendresse. A la fin de la phrase une pause encore.Le torculus de beáti très arrondi. La dernière syllabe de hábitant retenue légèrement. La montée de laudábunt quelque peu élargie. \n\nPolyphonies pour le carêmeEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Quatrième Dimanche de Carême
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : Histoire de Moyse.(Exode II). \nÉPÎTRE : (Gal. IV\, 22). Les deux fils d’Abraham\, enfants de deux mères\, l’une esclave\, l’autre libre\, symboles des deux alliances : celle de la Jérusalem terrestre\, réalisée avec Moyse sur le Mont Sina ; celle de la Jérusalem céleste\, scellée dans le sang du Christ sur le Calvaire. \nÉVANGILE : (Jean VI\, 1). Multiplication des pains. \nSTATION : Sainte Croix de Jérusalem. \nIDÉE CENTRALE : C’est le Dimanche de la Mi-Carême\, Dominica mediána. De très bonne heure on prit l’habitude d’en faire\, sur le chemin de Pâques\, comme une étape où l’on se reposait un peu et où l’on prenait courage pour le reste de la route. Toutes les observances de pénitence et de deuil étaient suspendues et les offices célébrés dans une atmosphère festivale.Toutefois\, à côté de ce motif de joie toute extérieure\, l’Eglise en proposa aux fidèles un autre plus profond : celui du développement de l’Eglise qui allait se faire par le mystère de la Rédemption\, de nouveau réalisé à Pâques. Le choix de ce thème fut sans doute déterminé par le premier scrutin pour l’admission des candidats au baptême\, qui avait eu lieu le mercredi précédent. Ils avaient été inscrits sur les registres\, puis exorcisés par l’exsufflation\, le signe de la croix\, l’imposition des mains ; toutes cérémonies qui étaient et qui sont demeurées le prélude du baptême. C’était déjà\, comme avait dit l’archidiacre au peuple en annonçant le scrutin\, « le mystère céleste par lequel est vaincu le diable avec toute sa pompe\, la porte du ciel ouverte ». Beau sujet d’allégresse que cette fécondité de l’Eglise\, entrevue\, et qui allait précisément se réaliser en ce jour de Pâques vers lequel tous les désirs étaient tendus.La station  fut fixée à Sainte Croix de Jérusalem et là\, devant les reliques de la Croix sur laquelle fut scellée l’alliance éternelle qui  donne la fécondité à l’Eglise\, on chanta son accroissement présent et futur sur les textes de l’Écriture qui l’ont annoncé et chanté à l’avance. C’est encore ce que nous chantons.A l’Office de nuit\, c’est l’histoire de Moyse. Elle vient là\, à son tour\, après celle de Joseph\, mais elle entre\, sans qu’on ait à la forcer\, dans la liturgie du jour. C’est en effet Moyse qui\, après avoir délivré le peuple\, conclut\, en son nom\, l’Alliance avec Dieu\, obtint pour eux la manne céleste et le conduisit en vue de la Terre Promise où devait s’élever un jour la Jérusalem terrestre.A la Messe\, c’est de la Jérusalem céleste et de son merveilleux développement qu’il est question. L’Épître le précise nettement : « Réjouis-toi\, stérile qui n’enfantes pas… » A Moyse\, succède le Christ ; la réalité après la figure. Il nous a délivré de l’esclavage qui pesait sur nous depuis l’origine du monde. Il a noué entre nous et Dieu et scellé de son sang l’Alliance nouvelle\, et il a fait de son peuple comme une cité spirituelle\, la Jérusalem nouvelle\, l’Eglise dans laquelle il donne à chacun de nous la béatitude ; ici-bas\, en nous nourrissant de son corps et de son sang\, et là-haut\, en nous rassasiant de Dieu vu face à face. \nINTROÏT\nLE TEXTERéjouis-toi\, Jérusalem\, et rassemblez-vous\, vous tous qui l’aimez.Réjouissez-vous dans la joie\, vous qui fûtes dans la tristesse ;Afin que tous\, vous exultiez et soyez rassasiés aux sources de votre consolation. \nPs. – Je me réjouis de ce qui m’a été dit : Dans la maison du Seigneur\, nous irons. Isaïe LXVI\, 10\, 11. Ps. CXXI\, 1.C’est une invitation à la joie. L’objet n’en est pas précisé\, mais on le trouve clairement indiqué dans le contexte. On lit en effet en Isaïe\, dans les versets qui suivent : « Réjouissez-vous avec Jérusalem…car voici que je ferai couler sur elle un fleuve de paix ; je répandrai sur elle la gloire des nations comme un torrent qui déborde. Les mauvais périront tous\, mais j’enverrai ceux d’entre eux qui ont été sauvés vers les nations\, et ils annonceront ma gloire aux Gentils\, et ils amèneront tous vos frères de toutes les nations à ma montagne sainte Jérusalem. » (LXVI\, 12\, 19\, 20).Le prophète voit Jérusalem agrandie à la mesure du monde et il appelle le peuple à s’en réjouir.Cette vision se réalise toujours plus\, à mesure que viennent au Christ\, de toutes les nations\, les âmes qu’il appelle. Pâques va lui amener les nouveaux baptisés\, et le fleuve de paix et le torrent de gloire vont déborder un peu plus sur la Jérusalem nouvelle et\, par elle\, sur le monde.Voilà de quoi l’Eglise nous invite à nous réjouir. Il n’y a donc pas un mot à ajouter à la prophétie ; elle a en elle-même son sens liturgique\, et il est toujours d’actualité car\, si désormais les baptisés sont rares le Samedi Saint\, la grâce du sacrement est renouvelée chez tous ceux qui participent au mystère pascal. Il faut seulement donner au mots leur précision liturgique : le convéntum fácite doit s’entendre de l’assemblée des fidèles pour le sacrifice et le satiémini ab ubéribus consolatiónis véstræ\, sans doute de la joie rassasiante que donnera l’Eucharistie à ceux qui sauront s’en délecter. \nLA MÉLODIEQuand l’Eglise lance son invitation à la joie\, elle jouit déjà de la vision glorieuse à laquelle elle convie ses membres ; sa joie passe donc à travers son appel pour se communiquer. Une joie qui se colore d’ailleurs de toutes les nuances du texte : empreinte d’aimable douceur sur les deux premiers mots\, qui s’adressent à la cité sainte elle-même ; ardente\, enthousiaste\, bondissante\, impérative même sur et convéntum fácite ; enveloppée\, sur dilígitis éam\, d’une tendresse qui va\, chargée de désirs\, vers la Jérusalem céleste.Dans la seconde phrase\, elle se fait tout intime. Après la reprise alerte de gaudéte\, elle s’atténue en effet peu à peu et disparaît presque sur in tristítia fuístis pour faire place à une nuance de tristesse compatissante au souvenir de ceux qui\, dans l’exil\, ont pleuré de ne plus jouir des joies de la patrie. Notez les cadences en demi-ton de tristítia et de fuístis et\, surtout\, le si naturel qui exprime si délicatement l’acuité de la douleur.Elle retrouve d’ailleurs tout de suite sur ut exsultétis – et sans transition\, comme l’exige le texte – son ardeur et ses rythmes bondissants ; et\, après avoir souligné satiéminid’un accent de chaude et profonde ferveur\, redevient à nouveau intime\, douce et tendre sur les mots qui évoquent les consolations inénarrables qui sont promises.Chanter dans un bon mouvement alerte et très vivant.L’ictus sera bien placé sur la seconde note de Jerúsalem ; certains manuscrits indiquent qu’elle doit être légèrement retenue. La double note de la dernière syllabe est une bivirga ; la bien poser\, qu’elle ne soit pas dure mais sonore et quelque peu prolongée\, sans ralentir le mouvement toutefois. Arrondir les torculus de convéntum. La tristropha de fácite\, légère ; le torculus ralenti\, mais dans le mouvement\, lequel continue sur ómnes. Veiller à ne pas ralentir cette longue thésis. La double note de dilígitis est une bivirga\, la faire très expressive; ralentir sur les deux notes qui suivent\, mais pas les autres\, le mouvement doit continuer jusqu’à la fin ; la cadence à peine retenue.Un a tempo sur gaudéte. Ne pas forcer le contraste sur tristítia.Reprise du mouvement sur ut exsultétis. La double note de ubéribus est une bivirga.Le Psaume\, qui est comme la réponse du peuple\, doit être chanté dans un bon mouvement de joie\, qu’il a d’ailleurs par lui-même\, avec des accents légers et fervents. \nGRADUEL\nLE TEXTEJe me suis réjoui de ce qui m’a été dit :Dans la maison du Seigneur nous irons. \nVerset. – Que la paix soit dans ta force et l’abondance dans tes fortifications. Ps. CXXI\, 1\, 7.Le Psaume CXXI est un de ceux que les Juifs chantaient au cours de leurs pèlerinages à Jérusalem. Tout en avançant sur le chemin\, ils évoquaient ainsi la joie qui avait envahi leur âme au départ. Cette joie se faisait de plus en plus vive à mesure qu’ils approchaient et\, lorsque la Cité sainte et le Temple s’offraient à leurs regards émerveillés\, les souhaits de bénédiction et de prospérité jaillissaient de leurs cœurs…Paix sur tes remparts\, abondance dans tes tours !…Pour la plupart\, l’objet de la joie s’arrêtait là. En fait\, le Psaume va plus loin\, il va à la réalité dont Jérusalem et le Temple étaient la figure. La joie d’aller dans la maison de Dieu\, c’est la joie d’aller là où il se manifeste\, là où il demeure\, là où il donne\, à ceux qui sont avec lui\, de jouir de sa présence\, dans l’intimité des relations familiales. Cette maison\, c’est la Jérusalem Céleste\, le Ciel\, et en attendant que nous y soyons\, l’Eglise.C’est dans ce sens qu’il faut chanter ici le Lætátus sum. Après la lecture de l’Épître où Saint Paul met en relief\, avec tant de force\, la qualité de fils que nous vaut la Rédemption\, il est l’expression des catéchumènes qui de tous les fidèles qui chantent le bonheur qu’ils vont avoir à Pâques\, d’entrer plus profondément dans le Christ et\, cachés avec lui en Dieu\, de vivre une vie d’intimité avec les divines Personnes…la vie de la Maison pour laquelle nous sommes faits.Le Verset est légèrement différent. La joie y prend la forme d’un souhait de paix et de prospérité à l’adresse de la Jérusalem céleste encore en formation. Dans l’Évangile\, Notre Seigneur va réaliser en quelque sorte ce souhait d’abondance par la multiplication des pains\, symbole de l’Eucharistie qui donnera à Pâques\, à tous les habitants de la Cité Sainte\, la paix dans la force. \nLA MÉLODIEElle a pour objet de dire la joie. Elle la dit\, mais d’une façon discrète\, si discrète qu’on a quelque peine à la découvrir dans l’intonation ; elle ne paraît vraiment que dans la seconde incise sur in his quæ dicta sunt míhi. Elle y est d’ailleurs très nette\, légère\, souple\, tout en élan\, sans avoit toutefois la sonorité grandiose qu’elle avait dans l’Introït\, sur convéntumfácite\, et sur et exultétis ; ce n’est plus une joie qui cherche à se communiquer ; elle est plus personnelle\, plus intime. Elle ne manque pas pour autant d’être ardente ; on notera en particulier le motif si fin qui prolonge míhi avec la clivis allongée du sommet qui y met un si bel accent de ferveur.La seconde phrase\, elle\, est toute grave\, comme si l’âme se fixait en une sorte de contemplation sur son objet divin. Contemplation heureuse\, dont le bonheur profond est partout ; dans la descente de dómum Dómini\, dans le mouvement souple et retenu de íbimus\, dans la cadence finale enfin\, sonore\, pleine\, assurée\, sur laquelle l’âme s’attarde comme sur le mot de l’espérance. \nLe Verset. – Bien que l’idée soit différente\, l’expression demeure la même\, à ce point que les deux phrases sont l’une et l’autre construites sur le même plan que la première partie. Un première incise\, sur fíat pax et abundántia\, correspond à in his quæ dicta sunt míhi et se termine par le même motif : souhait ardent\, pénétré de joie légère\, extérieure\, heureuse. Une seconde incise s’achevant dans le grave sur in virtúte\, répond à dómum Dómini avec la même expression de bonheur profond. Il y a des nuances\, il va de soi : le très bel élan de in virtúte par exemple\, avec l’insistance pleine de ferveur des deux tristrophas et la descente gracieuse\, mesurée et forte de túa ; de même\, le développement de abundántia\, évocateur peut-être de l’Eucharistie ; enfin la cadence finale qui\, pour être commune\, n’en est pas moins parfaitement adaptée à la joie discrète du début qu’elle ramène pour finir.Le mouvement sera léger et assez vif. La double note de lætátus est une bivirga épisématique ;  lui donner de l’ampleur et y mettre la joie. Départ très lancé sur in his. Passer par-dessus le quart de barre de míhi.Les premières notes des podatus de in dómum allongées quelque peu.Départ a tempo sur fíat pax et très en élan. Arrondir le sommet de virtúte. Apporter grand soin au legato de abundántia\, qui sera quelque peu élargi en raison des grands intervalles. \nTRAIT\nLE TEXTE1 .     – Ceux qui se confient dans le Seigneur (sont) comme le Mont Sion.          Il ne sera ébranlé jamais\, celui qui habite en Jérusalem. \n2.     – Des montagnes (sont) autour d’elle\, et le Seigneur autour de son peuple\,          maintenant et à jamais. Ps. CXXIV\, 1-2. \nJérusalem\, bâtie sur un plateau entouré de vallées profondes et dominées sur trois côtés par un demi-cercle de montagnes plus élevées que le centre de la ville\, donnait l’impression d’une citadelle que personne ne pouvait prendre ; celui qui y vivait était en sécurité. D’où la comparaison du psalmiste : « Ainsi seront ceux qui habitent dans le Seigneur » ; c’est à dire ceux qui se donnent à lui au point de fondre dans la sienne leur personnalité ; il est autour d’eux\, comme les montagnes autour de Jérusalem.Le Trait est ainsi comme une réplique au souhait du Graduel. En même temps\, il prélude à l’Évangile qui va mettre sous nos yeux un des exemples les plus frappants de la sollicitude du Seigneur… « Le seigneur est autour de son peuple ». \nLA MÉLODIE \nDans le premier verset un seul motif sort des formules ordinaires – toutes d’ailleurs fort bien adaptées aux mots – c’est le début de commovébitur. Il y a dans la montée du scandicus et dans le pressus qui suit une certaine fermeté qui rend bien l’idée de force inébranlable.Dans le second\, le début de móntes est tout à ait original. Peut-être l’auteur a-t-il voulu\, par ces montées et descentes hardies et brusques\, évoquer les monts et les vallées qui entourent Jérusalem. Le mot Dóminus qui commence la deuxième phrase est en éclatant relief. L’auteur l’a revêtu d’une formule brillante\, très expressive de force\, dans les tenues sur la dominante\, puis d’admiration et de louange\, dans l’élan qui l’emporte jusqu’aux limites du mode avant de la laisser revenir à la tonique en un mouvement thétique tout imprégné de tendre confiance.Faire une pause pour séparer les deux idées après Síon et relier Qui hábitat à in ætérnum. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE \nLoue le Seigneur parce qu’il est bon.Chantez à son nom parce qu’il est doux.Tout ce qu’il a voulu\, il l’a fait\, dans le ciel et sur la terre. Ps. CXXXIV\, 3-6.Deux idées : une invitation à louer Dieu et une affirmation de sa toute puissance. Elles sont d’ordre général\, mais la liturgie précise la raison de l’invitation et le motif de la louange.L’Évangile en effet vient de nous faire entendre le récit de la multiplication des pains\, symbole de l’Eucharistie. Dieu qui a nourri son peuple de lamane autrefois\, le nourrit à nouveau du pain qu’il multiplie. Il continue à le nourrir de la chair et du sang de son Fils. A ce moment même de l’Offertoire\, le miracle se prépare entre les mains du prêtre\, par l’offrande du pain et du vin qui vont\, dans le sacrifice\, devenir la nourriture et le breuvage spirituels de toute l’assemblée.Voilà en quoi le Seigneur est bon\, doux et puissant.Voilà de quoi l’Eglise nous invite à le louer. \nLA MÉLODIEL’invitation est pressante mais discrète ; il semble que l’Eglise\, repliée sur elle-même dans la méditation du miracle dont on vient de faire le récit et du ystère qu’il annonce\, ne veuille pas sortir de son recueillement. C’est un appel tout pénétré de contemplation qu’elle fait entendre.Un IIe mode sans éclat qui se balance en des formules communes sur quelques notes entre le do et le fa. Mais quelle admirable expression de douceur confiante\, paisible\, abandonnée ! Ici et là\, appelés par les mots\, des accents de fervente tendresse : Laudáte\, benígnus est et sa cadence de paix heureuse\, psállite qui renouvelle l’appel et insiste par ses douces tristrophas\, suávis est si paisible\, et suave comme le mot.La troisième phrase a plus de mouvement. Il y a sur ómnia une certaine grandeur et\, dans les notes doubles et les répercussions qui se multiplient sur le fa\, une volonté qui impose sa force ? Après un tel bel élan sur caélo\, la formule finale ramène la contemplation très douce du début.Ne pas chanter trop lentement ; que le mouvement soit  souple et vivant sur benígnus et sur nómine\, lier à la tristropha la note qui la précède en la retenant quelque peu.On fera un a tempo assez marqué au début de la seconde phrase. Ne pas ralentir la cadence de éjus et y rattacher quóniam. La double note de suávis est une bivirga ; lui donner un peu d’ampleur et conduire la voix vers l’accent en la renforçant légèrement.Faire une bonne pause avant la troisième phrase à cause de l’idée nouvelle. Bien appuyer les notes doubles sans leur enlever de leur douceur. \nCOMMUNION\nLE TEXTE \nJérusalem\, qui est bâtie comme une cité compacte et bien ordonnée ! C’est là que montèrent les tribus du Seigneur\, pour louer ton nom\, Seigneur. Ps. CXXI\, 3\, 6. \nIl faut noter tout d’abord que la première partie est une exclamation. C’est le cri des pèlerins qui\, arrivant en vue de la cité\, laissent jaillir leur admiration. La seconde\, qui suit naturellement\, est une évocation du passé\, si riche d’émotions : « C’est là que montèrent les tribus… ». \nTelle est aussi l’attitude de l’Eglise quand elle chante cette antienne. Au moment où les fidèles reçoivent le sacrement qui fait son unité parce qu’il porte en lui la grâce de l’incorporation au Christ\, elle contemple cette union de toutes les âmes et\, fixée dans cette vision de force et de paix\, elle redit\, dans son sens spirituel cette fois\, l’exclamation du psalmiste : Jérusalem nouvelle\, bâtie sur le Christ\, Cité des âmes scellées à la Pierre fondamentale et jointes entre elles par la charité\, Coté compacte et ordonnée par la sagesse et la volonté de celui qui en est le Roi ! Jérusalem vers qui sont venues toutes les tribus de toutes les nations et de toutes les races ; vers qui elles viennent pour la Pâque qui s’annonce ; vers qui elles ne cesseront de venir jusqu’au jour de son éternelle et parfaite splendeur\, pour la louange de ton nom\, Seigneur\, dans le sacrifice glorieux de ton Fils. \nLA MÉLODIE \nDans toute la première partie\, elle est vraiment contemplative. L’Eglise voit la cité et elle admire\, c’est tout. Notez la nuance de tendre respect et de bonheur sur Jerúsalem\, et\, sur la candence de cívitas\, je ne sais quoi de mystérieux\, d’infini\, d’inachevé\, qui prolonge la vision heureuse. Peu à peu cette vision se précise : l’Eglise pend conscience de l’admirable unité des êmes dans le Christ et cette merveille l’exalte. Le mouvement s’anime sur cujus participátio et la phrase se déploie\, mesurée dans sa montée et sa descente\, mais\, en même temps\, pleine d’une joie qui s’enthousiasme.Cette joie d’admiration\, un instant contenue dans le si beau motif de éjus in idípsum\, rebondit et atteint sa plénitude avec l’image des tribus montant vers le Christ. La mélodie s’établit sur les hauteurs ; elle y demeure un instant\, chantant la joie de l’Eglise\, sa fécondité et son plein développement ; puis\, par une descente admirablement ordonnée et dont le motif exprime si fidèlement la vision extasiée et dont le motif exprime si fidèlement la vision extasiée des innombrables tribus\, elle revient à la tonique\, en mettant sur Dómini une nuance de tendre vénération pour le Seigneur. Dans la dernière incise\, c’est encore la vision\, mais l’Eglise s’adresse à Dieu et c’est lui qu’elle voit au premier plan. La mélodie se fait toute de paix simple et heureuse\, s’attardant seulement sur túo\, en un motif gracieux dont la ferveur se prolonge\, intime et délicate\, sur les quelques notes très simples de Dómine.Faire un départ net ; la voix\, bien posée sur le salicus du début\, s’en ira légère vers le pressus de la dernière syllabe\, qui ira quelque peu ralenti\, donnant au mot la nuance de tendresse qui convient. Ne pas précipiter le mouvement\, mais qu’il soit vivant. Veiller en particulier à ne pas traîner la cadence de cívitas. Bien mener le crescendo sur cujus participátio avec une très légère nuance d’accélération vers le sommet. Très peu ralenti sur éjus in idípsum.Illuc énim bien alerte\, et que rien ne retienne le souffle d’enthousiasme de cette admirable phrase ; la cadence de ascendérunt notamment sera bien vivante et on y rattachera de près tribus dont la tristropha légère commencera le mouvement thétique. La première note du podatus de nómini sera élargie. La double note de túo est une bivirga épisématique ; y appuyer la nuance de tendresse\, qui s’épanouira ensuite légère sur la note allongée. \nPolyphonies pour le carême \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici.
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SUMMARY:Saint Joseph\, époux de la Vierge Marie
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nAprès Notre Dame\, saint Joseph est de tous les saints le plus éminent dans l’ordre de la sainteté. Ce n’est pas de ses œuvres extérieures qu’on le déduit mais du rôle auquel il a été prédestiné. Quand Dieu choisit\, il donne à son élu ce qu’il lui faut\, et ce qu’il lui donne est d’autant plus précieux que sa vocation est plus élevée. Or\, Notre Dame mise à part\, personne n’a été appelé à une plus haute mission que saint Joseph : époux de la mère du Christ\, témoin de sa virginité\, gardien de son honneur\, père nourricier\, père légal du Fils de Dieu qu’il a l’honneur de recevoir à son foyer\, mais dont il a aussi la charge de faire l’éducation en le formant à la connaissance expérimentale et à l’usage des choses de la vie. On pressent de très loin quelles qualités naturelles et surnaturelles lui étaient nécessaires.Saint Joseph fut un saint de la vie cachée. Passés les incidents de la Nativité\, on n’en sait plus rien. Il disparaît. Tellement que l’Eglise ne commence que très tard à le fêter. Ce n’est qu’au Xe siècle qu’on le trouve mentionné dans les martyrologes et sa fête en Occident date seulement du XVe siècle. Aujourd’hui en revanche\, il est fêté deux fois. \nINTROÏT\n« Le juste comme un palmier fleurira. Comme le cèdre du Liban il se multipliera. Planté dans la maison du Seigneur\, dans les parvis de la maison de notre Dieu. » Ps. 41\, 13.La mélodie est des plus contemplatives. De la première à la dernière note\, il n’y a que recueillement. Cet effet est obtenu par une succession de tristropha\, de bivirga et de pressus ; notez comment la mélodie suit le texte sur sicut cedrus Libani\, elle s’élance dans une gracieuse montée. \nGRADUEL\n« Seigneur\, tu l’as prévenu de bénédictions de douceur. Tu as posé sur sa tête une couronne de pierres précieuses. La vie il a demandée\, et tu lui as accordé la longueur des jours dans les siècles des siècles. » Ps. 20\, 4 \nTRAIT\n« Bienheureux l’homme qui craint le Seigneur. Ses préceptes\, il désire ardemment les accomplir. – Puissante sur la terre sera sa race\, la postérité des hommes droits sera bénie. – La gloire et la richesse seront en sa maison\, et sa justice demeure dans les siècles des siècles. » Ps. 111\, 1L’application de cette louange du juste se fait d’elle-même à saint Joseph. Il est bien de ceux qui ont pratiqué la docilité à la volonté de Dieu avec une absolue souplesse et dans cet esprit de révérence filiale qui est la crainte à son plus haut degré de perfection. La mélodie relève de la formule ordinaire des traits du 8e mode\, sans expression particulière. On notera toutefois que le mot ejus arrive toujours avec les motifs principaux. \nOFFERTOIRE\n« Ma vérité et ma miséricorde sont avec lui. Et par mon nom s’élèvera sa puissance. » Ps 88\, 25Dans le psaume\, c’est de David qu’il s’agit. Dieu\, une fois de plus lui donne l’assurance de sa fidélité - c’est le sens qu’il faut donner à veritas - en plus de sa bonté.La mélodie de la première phrase révèle une assurance très marquée qui donne à ses mots de promesse toute leur valeur d’expression. La deuxième phrase est pénétrée d’une joie qui s’exalte\, c’est la promesse de la gloire ; d’où le mouvement plus animé pour éclater dans l’ardente montée du cornu ejus. \nCOMMUNION\n« Joseph\, fils de David\, ne crains pas de prendre chez toi Marie\, ton épouse. Ce qui en effet en elle est né\, est du Saint-Esprit. » Math. 1\, 20Cantiques pour Pâques \n\nCoffret de cantiques\, CD 2\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\n\nEcoutes de pièces  \n\nVecci : motets et messe de la Résurrection\nZelenka : messe de la Résurrection\n\nUnique ! Le coffret contenant tous les fichiers (épîtres\, évangiles et préface) sur 1 CD au format MP3 + tous les textes des épîtres et évangiles enrichis sur 1 CD.
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SUMMARY:Dimanche de la Passion
DESCRIPTION:Les Gloria Patri sont supprimés (Asperges me\, introït\, psaume Lavabo). Les crucifix sont voilés. \nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : Prophétie de Jérémie sur la Passion du Christ. \nÉPÎTRE : (Heb. IX\, 11-15). Les fruits de la Passion. Le Christ\, Grand Prêtre par nature\, entre dans le Tabernacle divin\, Le Ciel\, avec son sang et\, remplissant son rôle de médiateur\, rachète le monde une fois pour toutes. \nÉVANGILE : (Jean VIII\, 46-59). Les Juifs accusent Notre Seigneur d’être possédé et essaie de le lapider. \nSTATION : Saint Pierre. \nIDÉE CENTRALE :  La Rédemption du monde par la Passion et la mort du Christ\, annoncée par le prophète\, réalisée par Notre-Seigneur et présentée par Saint Paul dans sa splendeur éternelle. \nINTROÏT\nLE TEXTE \nRends-moi justice\, ô Dieu\, et discerne ma cause de la nation qui n’est pas sainte. De l’homme mauvais et fourbe\, délivre-moi\, car tu es mon Dieu et ma force. \nPs. – Envoie ta lumière et ta vérité : elles me guideront et m’amèneront à ta montagne sainte et à tes Tabernacles. Ps. XLII. 1\,2\,3. \nLe Psaume XLII fut composé dans la captivité. Le psalmiste\, interprétant la prière des captifs\, demande à Dieu de rendre justice à son peuple\, pour le bien qui est en lui\, de ne pas le confondre avec la race idolâtre qiu l’opprime\, et de lui rendre la lumière qui le dégagera des dangers et le guidera vers la montagne sainte et son temple.Lorsque Notre Seigneur\, au cours de sa vie\, eut à réciter ces versets\, ils prirent évidemment sur ses lèvres un autre sens\, leur sens total. Il demandait vraiment que justice lui fût rendue. En tant que Dieu\, il n’avait pas à le demander\, il était l’égal du Père; en tant qu’homme non plus\, car il était d’une absolue pureté. Mais il avait pris sur lui tous les hommes; il les avait à ce point insérés dans sa personnalité qu’ils était vraiment quelque chose de lui\, comme les branches sont quelque chose de l’arbre.  » Je suis la vigne\, vous êtes les branches… » Il les avait pris avec leurs péchés et\, parce que ces péchés étaient un obstacle à leur union avec lui\, il avait résolu d’en assumer la charge devant le Père et de les expédier; ce qu’il faisait depuis le commencement de sa vie et qu’il allait achever dans sa Passion et sa Mort.Lorsqu’il disait :  » Rends-moi justice« \, il demandait donc que le Père le regardât comme justicier\, lui et tous les hommes qui\, dans la suite des temps\, entreraient dans son sacrifice et en recevraient les fruits; et il le demandait comme un droit\, en tant que Verbe fait chair\, en tant que Christ.Il demandait aussi que sa cause fut discernée de celle des hommes qui refuseraient la Rédemption et qui formaient\, dans sa vision de l’avenir\, la nation non sanctifiée\, les réprouvés de Dieu.Enfin\, il implore Dieu de le délivrer de ses ennemis\, qui allaient s’acharner sur lui jusqu’à son dernier souffle\, et de tous ceux qui continueraient\, sous une forme ou sous une autre\, de le persécuter dans ses membres.Cette prière\, le Christ\, dans la gloire\, continue de la dire pour la partie de son humanité collective qui est encore dans les épreuves de la Passion; avec lui\, L’Église\, consciente de ses fautes\, la dit aussi. C’est ainsi qu’elle nous arrive chaque année\, comme la voix du Christ souffrant nous atteignant à travers les siècles\, comme la voix du Christ glorieux intercédant pour nous\, comme la voix du Christ vivant dans l’église qui continue sa passion\, et comme la nôtre\, incluse dans la sienne. \nLA MÉLODIE \nElle commence comme la prière extrêmement humble d’un homme accablé. Judica me Deus. Le Christ sait qu’il a droit à la justice\, mais Il porte sur lui nos péchés et il en a honte; il en souffre; il les regrette comme s’ils étaient les siens; il en a le coeur brisé\, le coeur contri. Voilà bien le sentiment de cette première incise: une prière de contrition\, réservée\, retenue\, sans élan; seul le salicus de Judica me y met une certaine insistance\, tout de suite atténuée d’ailleurs par le si b.Mais voici qu’un autre sentiment se lève et domine. À l’idée d’être confondue avec ceux qui ne veulent pas se repentir\, une sorte de répulsion envahit l’âme du Christ et donne à sa prière un accent à la fois de protestation indignée\, de supplication ardente\, de douleur et d’effroi. Cette expression qui se dessine à partir de causam meam atteint son maximum d’intensité sur la double note de gente – une bivirga épisématique. Ce n’est plus la prière qui demande humblement\, c’est le cri de toute l’âme tendue vers la justice du Père.L’idée est la même dans la seconde phrase\, mais la progression en est plus étendue ; elle se fait lentement sur ab homine\, comme si le Christ s’appliquait à modérer l’horreur qui monte en lui. Elle éclate pourtant à nouveau et plus poussée; eripe me est un véritable appel de détresse. Le fait qu’il s’achève à la quinte supérieure en une cadence sur si\, lui donne encore un caractère de souffrance plus aiguë.La troisième phrase est tout autre. Le Christ ne demande plus\, il ne se plaint plus\, il fait confiance. Tout le long des neumes qui redescendent paisibles vers la tonique\, il n’y a plus qu’une tendresse confiante\, abandonnée\, sûre d’avoir ce qu’elle veut du Père infiniment aimant\, juste et fort. Elle est particulièrement expressive dans la première incise avec le si naturel de Deus\, qui y met une clarté de paix\, et la distropha de meus d’une si intime ferveur.Le Psaume\, par son caractère discret\, paisible et lumineux\, entre bien dans le développement de cette nouvelle idée; l’âme\, ranimée par son abandon en la force du Seigneur\, se livre à lui\, heureuse et confiante\, pour qu’il la conduise à la montagne du sacrifice et\, par-delà le sacrifice\, au lieu de sa béatitude. \nGRADUEL\nLE TEXTEDélivre-moi\,  Seigneur\, de mes ennemis. Enseigne-moi à faire ta volonté. \nVerset. – Délivre-moi\, Seigneur\, des nations en furie. De ceux qui m’attaquent\, tu me feras triompher. De l’homme inique\, tu m’arracheras. Ps. CXLII\, 9-10. XVII\, 48-49.Deux idées bien différentes. La première partie est une prière pour la délivrance et la parfaite soumission à la volonté divine; le Verset\, un cri de foi et d’absolue confiance.Cet appel au secours\, mêlé de soumission humble et d’inébranlable espoir\, qui fut si souvent lancé vers Dieu par David en ses heures d’épreuves\, s’applique pleinement à Notre Seigneur\, au jour de sa Passion. De quelle âme\, à la fois accablée et forte\, dût-il le répéter\, quand tout le monde\, de tous côtés\, s’acharnait contre lui !Il demeure toujours d’actualité sur ses lèvres. Lui\, dans la gloire\, n’a plus à subir les coups de ses ennemis\, mais ses membres qui sont sur la Terre ont besoin\, eux\, d’être délivrés de leurs ennemis toujours actifs; besoin aussi de l’esprit de soumission.Il le demande pour eux et eux le demandent avec lui; puis\, réconfortés par son acte d’éternelle Rédemption que saint Paul vient de leur rappeler dans l’Épître et assurés déjà d’être exaucés\, ils chantent\, dans l’ardeur de leur foi vibrante de certitude\, leur Libérateur. Liberator meus… \nLA MÉLODIE \nLa première incise\, à quelques détails près\, est celle du Graduel Exsurge du IIIe Dimanche de Carême. C’est la même expression que dans le début de l’Introït; le Christ\, accablé\, se tourne vers son Père mais sans pouvoir se dégager de tout ce qui pèse sur lui. Toute humble sous le péché\, sa prière ne monte pas. Même lorsque Domine\, le nom divin\, est amené\, avec tout ce qu’il évoque de miséricorde\, elle demeure réservée\, timide jusqu’en la nuance de tendresse qu’il y met.Au début de la seconde incise\, à l’idée de ses ennemis\, le Christ se relève de sa prostration comme s’il était soudain saisi d’effroi\, et c’est une supplication ardente qu’il lance cette fois. D’un bon\, la mélodie quitte le grave\, touche la dominante sur inimicis\, qu’elle accuse d’un salicus très marqué\, puis se fait de plus en plus insistante\, de plus en plus pressante\, sur les distrophas\, les répercussions\, les torculus allongés de meis. La réserve a disparu devant le danger.Dans la seconde phrase\, l’objet de la prière n’est plus le même. Le Christ sait que le Père ne le délivrera que quand tout son sacrifice aura été accompli; il fera donc sa volonté et de tout coeur\, mais il a besoin de son aide. Doce me… Quel admirable accent sur ces deux mots ! Une prière où l’on sent encore un peu d’angoisse\, mais si soumise! De plus en plus apaisée sur la belle vocalise de facere\, elle s’élève sur voluntatem tuam en un très beau mouvement de ferme assurance\, que la répétition des notes répercutées ponctue de certitude et de ferveur. Quelle que soit la volonté du Père\, elle sera faite jusqu’au dernier souffle\, avec amour. \nVerset. – Après l’humble prière\, l’espoir vibrant de certitude. Le Christ lance vers le Père le cri de sa confiance inébranlable dans une mélodie claire\, ferme\, joyeuse\, toute pénétrée d’amour aussi et à laquelle il donne déjà un accent de triomphe comme s’il anticipait la victoire.Liberatuor meus… Notez que cette première incise est une exclamation; elle n’a pas de verbe. Aussi la mélodie a-t-elle quelque chose de direct\, de spontané\, de vif. Cet empressement de l’âme\, heureuse dans la force de sa confiance\, passe dans le magnifique élan de ce premier mot\, se développe sur meus dans le motif exaltant\, deux fois répété\, qui l’emporte jusqu’au mi; puis\, redescendant vers la tonique du Ier mode\, s’enveloppe d’une tendresse reconnaissante sur Domine\, avant de rebondir\, une fois encore\, sur gentibus iracundis\, dans la joie de la délivrance et l’espoir de la juste vengeance qui vient.Il y a moins que des fusions dans la seconde phrase. Sur insurgentibus in me\, le poids de l’oppression est à nouveau évoquée; la montée est lente et il y a une nuance de plaintes dans les torculus qui descendent vers la cadence en mi. Mais la joie exaltante revient sur exaltabis me qui s’élève à la tonique dans un redressement fier\, noble\, et plein de la même confiance vivante et forte.L’idée de l’homme mauvais\, dans la troisième phrase\, change ce cri d’espoir en une ardente supplication. Il semble bien que cet être mystérieux soit l’ennemi par excellence\, et celui qui fait le plus souffrir. C’est peut-être l’horreur que cause au Christ l’expérience qu’il a eu de ces attaques\, en même temps que le désir qu’il a d’en délivrer à jamais ses membres qui donnent à la bivirga de a viro cette insistance si marquée qui pénètre ensuite tous les mots de l’incise.La confiance\, baignée de joie reconnaissante\, revient sur eripies me\, à la reprise du choeur. Le dernier motif est particulièrement heureux; c’est la troisième fois qu’on l’entend\, mais le voisinage du fa et du si naturel lui confère ici un admirable caractère de suavité; l’âme n’est plus seulement dans la confiance\, elle est dans la paix et elle en jouit. \nTRAIT\nLE TEXTE \n1. Bien des fois ils m’ont assailli depuis ma jeunesse.2. Il le dit maintenant\, Israël : bien des fois ils m’ont assailli depuis ma jeunesse.3. Pourtant ils n’ont pas pu prévaloir sur moi. Sur mon dos\, ils ont tracé des sillons\, les pécheurs.4. Ils ont prolongé  leur iniquité à eux. Le Seigneur brisera le cou des pécheurs. Ps. CXXVIII\, 1-4. \nDans le psaume\, c’est le peuple juif qui raconte ce qu’il a eu à souffrir et qui proclame\, pour finir\, en un mot de dure vengeance\, la certitude que le Seigneur aura le dernier mot.Le sens liturgique est le même; il n’y a qu’à remplacer Israël par le Christ\, et L’Église qui le continu. Le Christ\, persécuté dès son enfance\, demeure imprenable jusqu’à son heure\, comme on va le voir dans l’évangile\, et est finalement vengé par le Dieu tout puissant au matin de sa Résurrection. Ainsi l’Église\, persécutée tout au long de son histoire\, dure\, tandis que\, les uns après les autres\, ses ennemis sont terrassés par la mort\, en attendant le jour de la Résurrection dernière qui sera celui de l’éternelle vengeance de Dieu. \nLA MÉLODIE \nIl n’y a pas d’expression particulière qui tranche sur les formules communes. Il faut signaler toutefois l’intonation des versets; grave dans les deux premiers\, qui évoque les souffrances du Christ; plutôt joyeuse dans les autres\, qui chantent déjà son triomphe; sans presser le contraste toutefois. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTEJe te louerai Seigneur de tout mon coeur. Donne son salaire a ton serviteur. Je vivrai et je garderai tes lois. Vivifie-moi selon ce que tu as dit\, Seigneur. Ps. CX\, 1 – CXVIII\, 15\, 25.Ces idées\, très communes dans les psaumes\, forment un commentaire très heureux de l’évangile. L’âme loue le Seigneur pour la sagesse qu’il a déployée dans sa lutte contre les Pharisiens; puis\, reprenant en quelque sorte l’idée qui fait le fond de l’incident « si quelqu’un garde ma parole\, il vivra« \, elle la lui retourne sous forme de prière : donne-moi ta grâce et je vivrai\, je garderai sa parole; infuse-moi la vie\, selon ce que tu as dit. Chantée au moment où est offerte la matière du sacrifice qui va donner le Pain de vie\, cette prière prend un sens plus actuel encore.LA MÉLODIEElle n’a pas le caractère douloureux des mélodies du temps de la Passion. Aussi bien\, ce n’est pas le Christ qui parle et il ne s’agit pas de ses souffrances. C’est de joie au contraire qu’elle est toute pénétrée. L’âme est heureuse de ce qu’elle vient d’entendre et c’est le bonheur qu’elle a d’être avec le Seigneur\, le bonheur très simple et très intime de recevoir son amour et de lui donner le sien\, qu’elle chante. Il n’y a pas autre chose dans tout l’Offertoire; qu’il s’agisse de la louange de la première phrase ou de la prière des deux autres\, tout est pénétré de la même joie extrêmement paisible\, douce\, intérieur\, contemplative – le mot est exact car l’âme chante pour Dieu seul – avec des nuances très délicates d’ailleurs; tels les accents de ferveur qui s’épanouissent sur le pressus de tibi et sur le torculus de toto corde.La prière qui occupent les deux autres phrases ne supplie pas\, ne presse pas; elle demande\, simplement. Il y a toutefois quelque chose de plus vif dans vivam et custodiam – c’est une promesse que l’âme fait à Dieu – quelque chose de plus pleinement satisfait aussi dans la cadence en fa sur tuos\, comme si le secours du Seigneur faisait entrevoir un avenir plus heureux encore. L’expression est la même dans l’admirable balancement de vivifica me qui met le pronom en un si délicat relief par le rebondissement de tristropha. Il se renouvelle sur verbum tuum avec plus de grâce encore\, la grâce paisible d’un amour que rien ne trouble et qui est devenu\, parce qu’il est très simple\, toute la vie de l’âme. Un dernier accent de ferveur sur le pressus de tuum et tout s’achève sur la cadence pleinement reposée du Ier mode. \nCOMMUNION\nLE TEXTE \nVoilà le Corps qui pour vous sera livré… Ce calice est celui de la nouvelle alliance en mon sang\, dit le Seigneur. Cela\, faites-le chaque fois que vous en prenez en ma mémoire. I Cor. XII\, 24.Ce sont les mots même par lesquels le Christ Jésus à réalisé le sacrifice eucharistique et donné à l’église le pouvoir de le réaliser à nouveau.Ils sont toujours actuels\, et pour le Christ glorieux et pour son Église. Il faut les entendre ici comme la présentation qu’il fait lui-même de son corps et de son sang à ceux qui communient et comme l’invitation qu’il leur adresse de faire ce qu’il a fait : se livrer pour le salut du monde. \nLA MÉLODIE \nLa première phrase est empreinte de sérénité\, de paix profonde et heureuse; la paix du Christ qui est arrivé à son heure\, qui réalise enfin ce à quoi Il a été prédestiné : le sacrifice qui sauve le monde. Rien de dramatique; la simplicité. Quelques notes qui brodent autour de la tonique; c’est toute la première incise. La seconde débute sur le même motif\, s’élève à la tierce et\, après une demi-cadence sur le la\, se pose en fa par le si naturel dans une impression de paix absolue.L’expression de la deuxième phrase n’est pas la même\, c’est l’invitation au sacrifice. Le Christ se fait pressant. On sent l’ardeur du désir qui le brûle : desiderio desideravi… Très marqué dès le début par la clivis allongée sur la dominante\, elle va s’intensifiant jusqu’aux pressus de quoties cumque où elle éclate émouvante; elle s’atténue alors sur sumitis et meam\, et la paix sereine du début revient\, enveloppant toute la cadence finale dans un balancement très simple et très doux.  \nPolyphonies pour le temps de la Passion \nCantiques pour le temps de la Passion (CD 1\, pistes 12 à 16)  \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nPourquoi l’ange demande-t-il le consentement de cette jeune fille de quinze ans ? Qu’a-t-elle donc qui lui donne autorité pour représenter les hommes en cette affaire capitale ? Extérieurement\, rien. Intérieurement\, tout. Dieu en effet\, de toute éternité\, l’a prédestinée à être la mère du Christ et\, en lui\, spirituellement\, la mère de tous les hommes. Ainsi\, habilitée par Dieu lui-même\, elle peut à bon droit donner le consentement de tous ses fils. \nINTROÏT Vultum tuum\n« Ton visage ils le chercheront\, tous les puissants du peuple\, on amènera au Roi des vierges après elle. Ses proches te seront présentées dans la joie et l’exultation. Il a chanté\, mon cœur\, un chant merveilleux. Je vais dire moi-même mon œuvre au Roi. » Ps 44\, 13 \nLe psaume 44 est le cantique nuptial du Christ et de l’Eglise. Les versets qui forment ici l’antienne de l’introït sont extraits de la réplique de l’ami de l’Epoux à l’Epouse mais\, dans le cadre liturgique de l’Annonciation\, ils prennent un sens quelque peu différent. Ils sont le compliment de l’Eglise au Christ qui vient d’être conçu ou à sa mère qui vient de le concevoir. A l’un ou à l’autre\, car ils peuvent être interprétés dans les deux sens. \nGRADUEL Diffusa est\n« Elle est répandue\, la grâce\, sur tes lèvres. A cause de cela\, le Seigneur t’a bénie à jamais. A cause de ta fidélité et de ta douceur et de ta sainteté (tu as été choisie). Elle te conduira merveilleusement\, ta main. » Ps 44\, 3 \nIci encore\, on ne saurait préciser à qui ces paroles s’adressent : ou au Christ pour célébrer l’éternelle louange du Père qu’il commence dans le sein de Notre Dame\, sa fidélité\, sa douceur\, sa justice et la merveilleuse destinée où sa droite le conduira ; ou à Notre Dame qui vient de dire les paroles si riches de l’Ecce ancilla Dómini et du fiat\, et qui\, elle aussi\, bénie dans les siècles\, s’en va vers sa destinée triomphale\, fidèle\, douce et sainte. \nALLELUIA Ave Maria gratia plena\nC’est le salut de l’ange. A cette louange divine\, qui dépasse tout\, l’Eglise mêle la sienne et la fait monter vers Notre Dame comme l’hommage le plus parfait à sa sainteté et à sa maternité divine. \nL’original de la mélodie est l’Alleluia Eripe me du IXe dimanche après la Pentecôte. L’adaptation n’en est cependant pas très heureuse. L’Ave Maria est une salutation joyeuse\, et Eripe me la prière d’une âme accablée ; la mélodie\, lourde et plaintive par elle-même\, ne saurait exprimer la joie délicate et profonde du salut angélique. Cet Ave Maria n’est beau que chanté en supplication humble. \nCantiques pour Pâques \n\nCoffret de cantiques\, CD 2\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\n\nEcoutes de pièces  \n\nVecci : motets et messe de la Résurrection\nZelenka : messe de la Résurrection\n\n\n 
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CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Sanctoral
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SUMMARY:Dimanche des Rameaux
DESCRIPTION:La Semaine sainte est le sommet de l’année liturgique. Le répertoire est riche\, beau\, mais tout n’est pas accessible à tout le monde. \n\n\n\nAfin de vous aider dans les choix de répertoire\, nous vous proposons des séquences audio d’explications sur ces cérémonies hors du commun et qu’il convient de bien préparer en tenant compte des capacités de votre chorale. Ces explications sont données pour les 4 grandes cérémonies (Rameaux\, messe vespérale du Jeudi-Saint\, Fonction liturgique du vendredi-saint\, Veillée pascale. \n\n\n\nVous trouverez la partition du Trait du dimanche des Rameaux en polyphonie (avec alternance grégorienne) dans notre base de téléchargement. \n\n\n\nLe livre latin français\, La Semaine Sainte est le guide parfait pour suivre les cérémonies de la Semaine Sainte. \n\n\n\nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n\n\n\nL’office comprend deux cérémonies bien différentes : \n\n\n\nLa bénédiction des Rameaux \, qui commémore l’entrée triomphale de Notre Seigneur à Jérusalem\, et la messe \, qui est toute consacrée à la Passion\, dont le récit de saint Mathieu est élu à l’évangile. \n\n\n\nBÉNÉDICTION DES RAMEAUX\n\n\n\nC’est le titre de cette première cérémonie dans le missel. En fait\, le véritable objet en est l’entrée triomphale de Notre-Seigneur.Dès le IVe siècle\, les habitants de la Cité Sainte commémoraient cet événement. Ils se réunissaient à Bethphagé\, à l’endroit même d’où partit Notre Seigneur. On y lisait un passage de l’exode puis\, dans l’évangile\, le récit de l’entrée à Jérusalem. Après quoi\, l’évêque\, revêtu des ornements pontificaux\, montait sur un ânon et était conduit en cortège à l’église du saint sépulcre où la messe était célébrée. Cet usage\, adopté à Rome vers le IXe siècle passa dans la liturgie occidentale. On y ajouta toutefois la bénédiction des rameaux avant le départ de la procession et l’arrêt à la porte de l’église à la fin. C’est ce que nous avons aujourd’hui. \n\n\n\nCinq parties donc dans la cérémonie : \n\n\n\n\nLE DÉPART\n\n\n\nLA BÉNÉDICTION ET LA DISTRIBUTION DES RAMEAUX \n\n\n\nLA PROCESSION\n\n\n\nL’ARRÊT À LA PORTE DE L’ÉGLISE \n\n\n\nL’ENTRÉE DANS L’ÉGLISE\n\n\n\n\nI. LE DÉPART\n\n\n\nCette première partie est organisées comme la messe des catéchumènes : une antienne d’introït\, l’oraison\, l’épître\, un Répons-Graduel\, l’évangile. \n\n\n\nAntienne d’Introït Hosanna\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nHosanna au Fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des Cieux ! \n\n\n\nHosanna est une acclamation de la langue hébraïque qui veut dire : Sauve. Le sens en est donc ici : Salut au Fils de David ! Peut-être la traduction la plus fidèle serait-elle : Vive le Fils de David !Ce sont les paroles mêmes que les Juifs lançaient avec enthousiasme sur le passage de Notre Seigneur.En même temps qu’il les entendait\, criées par la foule\, il nous entendait\, nous aussi\, les chanter à notre place dans le temps\, de sorte que dans la liturgie qui étend jusqu’à nous l’entrée du Christ à Jérusalem\, elles sont sur nos lèvres une réalité bien vivante. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nLes deux Hosanna\, par leur élan en quinte\, sont une très belle acclamation\, spontanée\, vive\, enthousiaste. Le benedictus est plus tempéré\, surtout dans sa partie thétique\, avec même une nuance de gravité sur in nomine Domini. Le rythme de Rex Israël évoque l’enthousiasme éclatant des grandes foules. \n\n\n\nII. LA BÉNÉDICTION ET LA DISTRIBUTION DES RAMEAUX\n\n\n\nC’est une bénédiction très solennelle\, qui comprend le chant de la Préface et du Sanctus. Elle est suivie de la distribution \n\n\n\nAntienne Pueri Hebraeorum\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nLes enfants des Hébreux\, portant des rameaux d’olivier\, allèrent au devant du Seigneur\, criant et disant : Hosanna au plus haut des cieux !Les enfants des Hébreux\, leurs vêtements\, jetaient sur le chemin et ils criaient disant : Beni celui qui vient au nom du Seigneur ! \n\n\n\nC’est une composition libre dans le sens du texte de l’évangile. Elle est chantée comme une évocation de l’accueil triomphal que les Juifs réservèrent à Notre Seigneur et dans lequel nous allons entrer à notre tour. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle est légère\, joyeuse\, fraîche et elle a le souci de mettre en relief\, dans le cadre restreint de l’antienne\, l’acclamation de la fin. \n\n\n\nIII. LA PROCESSION\n\n\n\nAntienne Cum appropinquaret\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nComme il approchait\, le Seigneur\, de Jérusalem\, il confia une mission à deux de ses disciples : allez à ce village qui est en face de vous et vous trouverez le petit d’une ânesse lié\, et sur lequel aucun homme ne s’est assis : déliez-le et amenez-le moi. Si quelqu’un vous interroge\, dites : le Seigneur en a besoin. Le détachant\, il l’amenèrent à Jésus. Ils posèrent sur lui des manteaux et il s’assit sur lui. Les uns étendaient leurs vêtements sur le chemin\, les autres jetaient des branches d’arbres et ceux qui suivait criaient : Hosanna ! Béni Celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni le règne de notre Père David ! Hosanna au plus haut des cieux ! Aies pitié de nous\, Fils de David. \n\n\n\nC’est un arrangement du texte des Évangiles. L’auteur a pris ici et là\, dans saint Mathieu\, saint Marc et saint Jean\, ce qui convenait. Il a seulement ajouté la dernière phrase\, Miserere nobis\, Fili David. L’Église le chante pour évoquer l’événement historique et pour donner à ses membres\, au moment où il revit devant eux\, d’y entrer\, avec les mêmes gestes et les mêmes sentiments que ceux qui en furent les acteurs. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle est un récitatif orné; mais\, à l’encontre du Répons Collegerunt\, l’auteur ne l’a pas dramatisé. Il n’y a rien qui caractérise nettement ni le récitant ni le Christ. Seul le rôle de la foule est vraiment écrit comme une acclamation; l’Hosanna de la fin en particulier est splendide de grandeur et d’enthousiasme vibrant. \n\n\n\nCe qui est le plus curieux\, ce sont les brusques changements de teneur; la mélodie passe du grave à l’aigu sans transition. Quant elle le fait au changement d’interlocuteur\, c’est d’un très heureux effet; comme entre opus Domino\, dernier mot de Notre Seigneur\, et opus Dominoet solventes\, reprise du récit. Ailleurs\, on est un peu surpris\, encore que\, musicalement parlant\, ce soit très beau. \n\n\n\nIV. L’ARRÊT À LA PORTE DE L’ÉGLISE\n\n\n\nCette cérémonie symbolise l’entrée du Christ et des élus dans la Jérusalem céleste. Le péché en avait fermé les portes. La mission du Christ est de les ouvrir à nouveau. C’est lui qui\, en la personne du Pontife\, se tient à la porte. À l’intérieur\, les Anges le saluent d’un hymne de gloire. À l’extérieur\, les élus qu’Il amène avec lui répondent. À la fin\, son heure étant venu\, il ouvre la porte avec sa Croix et\, accompagné des élus\, passe dans la gloire.Ainsi la cérémonie des Rameaux\, s’élargissant à l’infini\, s’achève\, par-delà la Passion et la Résurrection du Christ\, dans la résurrection de tous ses membres\, uns avec lui\, dans la gloire\, a jamais. \n\n\n\n Gloria laus\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nGloire\, louange et honneur soient à toi\, Roi\, Christ\, Rédempteur; à qui la fleur de l’enfance chante l’Hosanna pieux.D’Israël tu es Roi\, de David noble rejeton\, Toi qui vient\, Roi béni au nom du Seigneur !Toute l’armée angélique te loue dans les hauteurs\, et l’homme mortel\, et toutes les créatures ensembles.Le peuple hébreu au devant de toi avec des palmes vient. Avec notre prière\, notre souhait\, nos hymnes\, nous voici\, nous aussi\, devant toi.À toi qui allait souffrir\, ils offraient le tribut de leurs louanges. Nous\, c’est à toi qui règne maintenant\, que nous adressons ces chant.Ils te plurent. Que te plaise aussi notre dévotion\, Roi bon\, Roi clément\, à qui tout ce qui est bon plaît. \n\n\n\nAinsi\, comme on le voit\, sans que l’auteur l’ait voulu\, ce chant se trouve parfaitement adapté à ce dialogue de louanges entre la terre et le ciel qui glorifie le Christ triomphant. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle est un chef-d’oeuvre\, tout le monde en convient. Le premier verset Gloria laus n’a peut-être pas l’élan qu’on souhaiterait pour l’entrée du Christ et des élus dans les splendeurs de la gloire; aussi bien n’a-t-il pas été fait pour une si grandiose acclamation. Il reste qu’il a quelque chose de fort qui convient bien à un conquérant. Les autres versets sont débordants de fraîcheur et de joie aimante. Une seule phrase\, répétée deux fois; c’est tout simple mais\, incontestablement\, le souffle de l’inspiration y passe. \n\n\n\nV. L’ENTRÉE DANS L’ÉGLISE\n\n\n\nRépons Ingrediente\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nÀ l’entrée du Seigneur dans la cité sainte\, les enfants des Hébreux\, annonçant la résurrection de la vie\,  \n\n\n\n * avec des branches de palmiers en main\, Hosanna\, criait-il\, au plus haut des cieux !Versets. Comme il avait appris\, le peuple que Jésus venait à Jérusalem\, il alla au devant de lui.* avec des branches de palmiers… \n\n\n\nCes paroles sont\, comme les autres\, inspirées de L’Évangile. L’auteur a seulement dégagé\, des rameaux printaniers\, le symbolisme de la vie revenue et de la Résurrection du Christ et de ses membres\, qui est le sens de cette dernière cérémonie. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle n’a pas l’éclat qu’on attend d’une antienne qui chante l’entrée triomphale d’un héros et la victoire de la vie sur la mort. Elle a quelque chose de réservé\, de retenu. Avec de beaux élans toutefois; tels Hebraeorum et Hosanna clamabunt où passe facilement\, si on veut l’y faire passer\, le souffle de l’enthousiasme.Elle a du moins le mérite\, si c’en est un\, de faire la transition entre les hosannas éclatants de la procession et les chants douloureux de la messe qui va commencer. \n\n\n\nLA MESSE\n\n\n\nAprès l’entrée triomphale à Jérusalem\, la PassionToute la messe y est consacrée : l’épître rappelle l’abaissement du Christ\, jusqu’à la mort de la Croix; l’évangile en fait le récit; les chants\, eux\, expriment quelque chose du drame intérieur\, quelque chose des états d’âme par lesquels Notre Seigneur passa au cours de ces heures de souffrance.Encore que l’événement historique occupe toute la scène\, il ne faut pas perdre de vue qu’il revit devant nous sous les rites liturgiques et que les mystères du Christ\, en agonie jusqu’à la fin du monde dans ses membres\, est une réalité. Le sens liturgique devient ainsi très actuel et le drame à toute son étendue et toute sa portée. \n\n\n\nINTROÏT\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nSeigneur\, n’éloigne pas ton secours de moi. À ma défense\, veille. Délivre-moi de la gueule du lion et (garde) des cornes des licornes\, ma faiblesse.  \n\n\n\nPs. – Dieu\, mon Dieu\, regarde moi : pourquoi m’as tu abandonné? Elles me mettent loin de mon salut\, les voies de mes péchés. Ps. XXI\, 20\, 22\, 1. \n\n\n\nLe Psaume XXI est messianique au sens le plus strict\, c’est donc du Christ que David écrivait ces paroles\, encore qu’elles puissent s’appliquer à maintes circonstances de sa propre vie.Le Christ\, en face de la souffrance et de la mort qui sont devant lui et qu’il ne peut éviter\, a peur. Il sent\, dans sa nature humaine\, l’horreur de ce châtiment du péché qui va détruire dans son corps l’oeuvre magnifique de Dieu\, la vie; et il appelle au secours le Père pour qu’il le délivre. Prière de son agonie; prière de ses derniers instants sur la Croix; prière de son éternité\, non pas pour lui qui a fini de souffrir\, mais pour ses membres\, pour son humanité collective qui prolonge sa Passion sur la Terre; enfin\, prière toujours actuelle de cette humanité qui trouve\, dans les mots mêmes dont son Chef s’est servi\, la parfaite expression de ce qu’elle souffre\, quand vient sur elle l’épreuve de la croix. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nLa première phrase est d’une admirable sérénité. Quelques notes dans le grave\, revenant à la tonique en des cadences larges et pleines. Un accent de ferveur sur tuum et une insistance bien marquée sur a me donne à la prière un caractère très personnel\, on dirait bien familial : ton secours à toi\, Père\, pour moi\, ton Fils.Toutefois on pourrait y déceler déjà les premières nuances de l’angoisse qui vient.Celles-ci montent peu à peu sur ad defensionem meam et\, après avoir jailli sur aspice en un cri d’ardente supplications\, passent à la phrase suivante où elles mettent sur libera me une insistance\, répétée jusqu’à être émouvante.Après quoi\, comme si le Christ était épuisé par cet appel de détresse\, sa prière se fait plus paisible. Par deux fois – sur ore et sur a cornibus – le motif de ad me\, dans la première phrase\, revient avec son caractère d’intimité; mais\, à l’évocation des bêtes féroces\, symbolisant toutes les tortures physiques et morales qui viennent sur lui\, il se sent à nouveau envahi d’horreur et de répulsion\, et c’est le même appel ardent et chargé d’angoisse qu’il lance au Père sur humilitatem\, le mot même par lequel il dit sa faiblesse et son impuissance. \n\n\n\nL’idée est la même dans le Psaume. Il faut lui donner le même caractère.Que la première phrase soit très calme; chantée à mi-voix. On donnera un peu de longueur à la première note du podatus de ne; le pressus\, discret.C’est dans l’arsis de defensionem que commencera le crescendo de l’angoisse. Bien accentuer meam\, mais que la tristropha soit délicatement posée. Renforcer la voix sur le torculus et la conduire vers le podatus de aspice dont la première note sera allongée. Il y a là un accent de prière émouvant. La double note de la dernière syllabe est une bivirga épisématique\, la faire sonore\, et quelque peu prolongée.Celle de libera me est aussi une bivirga\, épisématique : lui donner du poids\, avec une délicate répercussion; la prière ici\, toujours ardente\, insiste.Bien appuyer la bivirga\, les épisèmes horizontaux et la distropha. Et revenir peu à peu au calme. Renouveler l’insistance sur humilitatem; la note double pourra être répercutée et celles qui précèdent le quilisma\, allongées. \n\n\n\nGRADUEL\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nTu as tenu ma main droite\, dans ta volonté tu m’a conduit\, et dans ta gloire tu m’a pris.Verset.  – Qu’Il est bon\, le Dieu d’Israël ! Ils ont été presque défaillants\, mes pieds\, ils ont été presque chancelants\, mes pas\, parce que je me suis troublé à cause des pécheurs\, en voyant la paix des pécheurs. Ps. LXXII\, 24\, 1-3. \n\n\n\nLe Psaume LXXII est le chant de reconnaissance d’une âme qui se trouve hors de l’épreuve après avoir presque douté de la sagesse de Dieu\, et qui loue le Seigneur de l’avoir gardée dans sa volonté. L’Église applique ces trois versets au Christ souffrant\, ou mieux au Christ consolé. C’est lui qui déchante ici\, à la fois comme une paraphrase de l’épître et comme un émouvant prélude au récit de la Passion qui va suivre. \n\n\n\nSaint Paul vient de nous dire quelle gloire lui a valu l’abaissement de sa Passion. Cette glorification ne se réalisa extérieurement qu’après Pâques\, et ce n’est qu’à la fin des temps qu’elle aura sa plénitude; mais\, parce qu’il jouissait à tout instant de la vision de la béatification\, son abaissement n’a jamais été tel qu’il ait perdu un seul instant la paix et la joie que\, même aux heures les plus terribles de son épreuve\, elle mettait dans les profondeurs de son âme. S’il a permis\, à certains moments\, que sa sensibilité en fût privée\, les ténèbres et les angoisses qu’il subissait alors n’étaient que passagères; leur part de passion réalisée\, la lumière et la paix y revenaient. Il devait alors sentir en lui un bonheur profond et une reconnaissance infinie pour le Père sage et bon qui\, dans l’épreuve\, l’avait guidé et soutenu. \n\n\n\nC’est ce qu’il chante dans le Graduel; ce que fut la paix de son âme profonde\, tout au long de sa Passion et ce qu’elle est à jamais maintenant dans la gloire. Et c’est aussi ce que nous chantons avec lui; la paix de notre âme dans notre passion\, de notre âme éclairée de la lumière du Christ\, soutenue de sa force\, enveloppée déjà dans la gloire du Père\, vers qui va toute épreuve. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nOn n’y trouve pas de tristesse\, ni d’angoisse\, ni le moindre signe de souffrances ou de lourdeurs d’âme\, mais un mélange de complète satisfaction\, de tendresse et de paix. \n\n\n\nDans la première partie\, le Christ s’adresse au Père. Il ne chante que pour lui. Après l’intonation\, si expressive de bonheur et de tendresse dans son élan discret et la plénitude de ses intervalles\, la mélodie ne se meut que sur quelques notes autour du fa. Elle s’élève un peu sur les verbes qui précisent l’action divine : deduxisti me\, assumpsisti me et c’est tout. Beaux mouvements d’ailleurs\, s’achevant sur me en des cadences délicatement humbles qui laissent inachevées\, parce qu’indicibles\, la reconnaissance et l’amour. \n\n\n\nLe verset. – Le Christ ici ne s’adresse plus au Père; c’est au monde entier qu’Il proclame la bonté divine\, comme s’il ne pouvait contenir sa reconnaissance dans les limites de l’intime contemplation. Le ton est donc tout autre. \n\n\n\nLa première phrase est une exclamation de pure louange. Le Christ laisse sa voix s’élever sur Quam bonus en un élan d’admiration joyeuse et de gratitude; puis\, il enveloppe Deus et rectis corde de longs neumes qu’il étend\, retarde\, multiplie comme s’il les trouvait impuissants par eux-mêmes à exprimer tout ce qu’il a à dire. \n\n\n\nLa seconde commence par les derniers neumes du motif de deduxisti me. Il lui donne tout de suite quelque chose de plus réservé. Aussi bien ce n’est plus de la louange pure : le Christ confie ses épreuves. Toutefois\, même au milieu des souvenirs de ces heures sombres\, il ne peut se départir de la joie que le Seigneur\, en dépit de tout\, lui a gardée. Cette joie réapparaît vite et enveloppe moti sont pedes de la même formule que rectis corde et de la même atmosphère de paix heureuse. \n\n\n\nDans la troisième\, la réserve est plus marquée et elle demeure. La mélodie descend dans le grave tout de suite et ne remonte que sur le motif de dedixisti me et de mei autem\, ramené sur gressus mei.  \n\n\n\nCette gravité désormais ne la quittera plus. Ce n’est pas que la joie ait disparu; elle est partout sous-jacente\, mais l’enthousiasme du début n’est plus. \n\n\n\nLe Graduel finissant sur cet humble aveu\, il semble que l’idée ne soit pas conduite à son terme; on aimerait que la louange vînt à nouveau chanter la reconnaissance. Primitivement\, il en était ainsi. Il y avait au cours du verset une reprise en refrain\, à tour de rôle\, de chacune des phrases de la première partie. Tenuisti après rectis corde; in voluntate après gressus mei \, et cum gloria après peccatorum videns. Ce mélange de contemplation et de louange extérieure donnait au Graduel une merveilleuse unité et un parfait achèvement. \n\n\n\nOFFERTOIRE\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nL’insulte\, il l’attendait\, mon coeur\, et la misère. Et j’ai attendu quelqu’un qui avec moi sympathisât\, et il n’y a eu personne; quelqu’un qui me consolât j’ai cherché\, et je n’ai pas trouvé; et ils m’ont donné pour nourriture\, du fiel; et ma soif\, ils l’ont étanchée avec du vinaigre. Ps. LXVIII\, 21-22. \n\n\n\nLe  Psaume LXVIII est messianique au sens le plus strict. C’est deux versets ont donc en eux-mêmes leur sens liturgique ; il nous livre la plainte qui était au coeur du Christ dans les derniers instants de sa vie. Elle nous arrive ainsi par-delà les âges dans toute sa douloureuse réalité\, mais elle continue d’être la plainte du Christ glorifié; non pas qu’il souffre désormais\, mais il a souffert dans sa Passion de tout ce qui l’atteint aujourd’hui. Il suffit de lire les révélations qu’il a faites à Sainte Marguerite-Marie et à tant d’autres pour s’en rendre compte. Les mots du Psaume qui furent l’expression intérieure de sa souffrance au Calvaire servent encore sa pensée aujourd’hui\, hélas ! \n\n\n\nIl est impossible d’entrer totalement dans cette souffrance des abandons et des mépris; elle fut infinie. Il le faut cependant pour autant qu’on le peut. L’Évangile nous y prépare et la mélodie nous y aide grandement. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle n’est qu’une plainte\, du commencement à la fin. Lourde et comme accablée sur improperium\, elle s’élève peu à peu\, s’intensifie\, s’étale insistante sur cor meum\, puis devient plus puissante et plus aiguë sur miseriam. C’est la plainte des opprobres\, des insultes\, de tout ce qui monte vers lui de la colline autour de la croix\, et des siècles autour de la colline; de tout ce qui le couvre de honte et le submerge comme une eau fétide dont il ne peut sortir. Il n’attend plus rien. Il n’a plus d’espoir. Il n’aura\, jusqu’à la fin\, que la solitude. \n\n\n\nIl a cherché. Et sustinui… et voilà que le souvenir de tout ce qu’il a fait et la vision de tout ce qu’il fera pour avoir ses amis avec lui\, lui revient\, avec la douleur des refus qu’ils lui opposent. La mélodie\, toute entière construite sur des cadences en demi-ton\, devient extrêmement douloureuse. Une insistance très prononcée sur non fuit par un salicus\, un épisème horizontale sur la première note du porrectus\, une répercussion sur le pressus de la cadence\, met en plein relief cette douleur des abandons. \n\n\n\nL’expression est la même dans la phrase suivante sur consolantem me\, mais beaucoup plus forte\, beaucoup plus violente. Sur et non inveni c’est un véritable cri. Il s’achève en une déception découragée tout le long de la descente sur fa. \n\n\n\nCe n’est pas tout. Il y a la contrepartie. Ceux qu’il a cherchés sont devenus ses ennemis et ses bourreaux : et dederunt... la plainte se ranime\, elle insiste – notez la tenue et la répercussion – tant est inconcevable une telle ingratitude; mais elle n’est pas violente cette fois\, seul le dernier mot\, fel –  le mot de l’amertume – a une nuance aiguë nettement marquée. \n\n\n\nC’est l’opposition de la méchanceté des hommes au désir ardent qu’il a eu de les aimer\, qui\, sous l’image du vinaigre offert à sa soif\, provoque l’expression la plus forte\, sur et in siti mea; un cri déchirant\, prolongé sur l’épisème horizontale et qui s’achève sur mea en une descente brusque cette fois mais marquée\, par le pressus\, de tout le poids de la souffrance qui dure. Il ne se renouvelle pas; c’est le dernier. La mélodie aussitôt devient calme. Elle est toujours douloureuse\, mais ne fait que se tenir sur quelques notes autour de la dominante. Aceto n’a pas d’expression forte; ce n’est pas de l’aigreur du vinaigre que le Christ se plaint mais de ce que sa soif n’est ni comprise ni apaisée. \n\n\n\nCOMMUNION\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nPère\, s’il ne peut\, ce calice\, passer sans que je le boive\, que soit faite ta volonté. Matth. XXVI\, 42. \n\n\n\nC’est le mot de l’acceptation soumise qui clôt la scène douloureuse de l’agonie; le mot par lequel le Christ s’offre à l’immolation. \n\n\n\nChanté au moment où les fidèles reçoivent le sacrement qui les transforme dans le Christ immolé\, il garde pour eux le même sens précis. Il est le mot par lequel ils acceptent l’immolation qui vient. Ils se sont offert depuis l’Offertoire\, Dieu les a acceptés; il leur reste à se laisser immoler tout au long des heures et des jours\, par les souffrances\, les épreuves\, les difficultés\, portées comme la Croix du Christ\, dans l’esprit de la Rédemption. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nL’intonation est empreinte d’une grande souffrance. Le Christ est à peine sorti de l’agonie où il a été terrassé par la vision de ce qui l’attend. La vision demeure et le fait trembler encore. Toutefois\, dans cet appel qu’il lance vers le Père\, il n’y a rien de violent. C’est une douleur d’accablement déjà toute pacifiée. Cette impression de paix se développe d’ailleurs tout de suite et prend même\, sur la demi-cadence en sol de hic calix\, une touche de joie intime et profonde. Il y a sur nisi bibam illum\, notamment sur la cadence en si\, un retour de douleur assez marqué\, mais fiat voluntas tua\, qui est le mot de l’acceptation proprement dite\, est d’une admirable sérénité. La mélodie se pose sur la tonique en une cadence ferme et douce à la fois\, et d’une telle plénitude\, que ce n’est plus seulement la soumission qu’elle chante mais c’est la joie profonde du sacrifice. \n\n\n\n\nTrait du dimanche des Rameaux en faux-bourdon\n\n\n\nVoir également les partitions pour le temps de la Passion\n\n\n\nL’hymne Vexilla Regis\n\n\n\n\n\nEcoutes de pièces:\n\nMembra Jesu nostri de Buxtehude\n\n\n\n\n\nCantiques: Jésus Christ monte au calvaire \n\nO Croix dressée sur le monde  \n\n\n\nVive Jésus\, vive sa croix\n\n\n\n\n\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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