BEGIN:VCALENDAR
VERSION:2.0
PRODID:-//Sacra Musica - ECPv6.16.2//NONSGML v1.0//EN
CALSCALE:GREGORIAN
METHOD:PUBLISH
X-WR-CALNAME:Sacra Musica
X-ORIGINAL-URL:https://www.musique-liturgique.com
X-WR-CALDESC:Évènements pour Sacra Musica
REFRESH-INTERVAL;VALUE=DURATION:PT1H
X-Robots-Tag:noindex
X-PUBLISHED-TTL:PT1H
BEGIN:VTIMEZONE
TZID:Europe/Paris
BEGIN:DAYLIGHT
TZOFFSETFROM:+0100
TZOFFSETTO:+0200
TZNAME:CEST
DTSTART:20240331T010000
END:DAYLIGHT
BEGIN:STANDARD
TZOFFSETFROM:+0200
TZOFFSETTO:+0100
TZNAME:CET
DTSTART:20241027T010000
END:STANDARD
BEGIN:DAYLIGHT
TZOFFSETFROM:+0100
TZOFFSETTO:+0200
TZNAME:CEST
DTSTART:20250330T010000
END:DAYLIGHT
BEGIN:STANDARD
TZOFFSETFROM:+0200
TZOFFSETTO:+0100
TZNAME:CET
DTSTART:20251026T010000
END:STANDARD
BEGIN:DAYLIGHT
TZOFFSETFROM:+0100
TZOFFSETTO:+0200
TZNAME:CEST
DTSTART:20260329T010000
END:DAYLIGHT
BEGIN:STANDARD
TZOFFSETFROM:+0200
TZOFFSETTO:+0100
TZNAME:CET
DTSTART:20261025T010000
END:STANDARD
END:VTIMEZONE
BEGIN:VEVENT
DTSTART;VALUE=DATE:20250504
DTEND;VALUE=DATE:20250505
DTSTAMP:20260525T101255
CREATED:20250218T115658Z
LAST-MODIFIED:20260313T201244Z
UID:10000045-1746316800-1746403199@www.musique-liturgique.com
SUMMARY:Deuxième Dimanche après Pâques dit "du Bon Pasteur"
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nINTROÏT\nLE TEXTE\nDe la miséricorde du Seigneur\,Pleine est la terre\, Alleluia.Par la parole de Dieu\,Les cieux ont été faits. Alleluia\, Alleluia\, Alleluia.Ps. – Réjouissez-vous\, justes\, dans le Seigneur.Aux (cœurs) droits convient la louange. Ps. XXXII\, 5\, 6\, 1.Le Psaume XXXII est une louange à la bonté et à la toute puissance que Dieu a exercées dans la création\, dans le gouvernement du monde\, dans les destinées des nations et\, si l’on passe les mots du psalmiste\, dans l’édification de l’Eglise.Les versets 5 et 6 ont été choisis comme texte de l’Introït de ce deuxième Dimanche après Pâques\, non seulement parce qu’ils résument tout le Psaume\, mais parce qu’en eux tient toute l’idée que l’Eglise développe ce jour-là dans sa liturgie.Depuis quinze jours\, elle a contemplé tous les détails de la Résurrection et en a nourri sa joie ; aujourd’hui elle entre plus profondément dans le mystère\, elle va à ce qui en fut la cause et elle trouve la Bonté infinie de Dieu penchée avec amour sur les misères de l’homme. Celle du Père nous prédestinant\, dans le Christ\, à vivre sa propre vie\, à partager sa propre béatitude. Celle du Christ qui nous rachète par sa Passion\, sa Mort\, sa Résurrection\, qui nous prend en lui au Baptême\, qui nous garde dans sa pensée comme l’ami dans la pensée de l’ami\, qui se fixe en nous à demeure\, nourrissant notre amour\, de sa parole\, de sa présence corporelle\, nous conseillant\, nous guidant\, nous pardonnant\, nous relevant et nous serrant de plus près\, semble-t-il\, chaque fois que nous revenons à lui…\, nous menant ainsi\, par sa toute puissante influence librement acceptée\, à sa béatitude de ressuscité.C’est cette Miséricordieuse Bonté\, qui a fait la Résurrection du Christ pour notre propre résurrection\, que l’Eglise célèbre aujourd’hui dans la lumineuse clarté dont le mystère de Pâques enveloppe tous les actes de Dieu et de son Fils. Elle la concrétise à l’Epître et à l’Evangile dans l’allégorie du Bon Pasteur\, mais c’est déjà le divin Berger qui partout sur la terre nourrit ses brebis\, les défend\, les cherche\, les ramène\, les garde dans le chaud bercail\, qu’elle chante en une sorte de prélude dans le misericordia Domini plena est terra de l’Introït… \nLA MÉLODIE\nElle ne saurait être plus réduite\, dans ses éléments matériels : l’étendue d’une tierce dans la première phrase\, d’une quarte dans la seconde. Manifestement ce n’est pas une exaltation de la miséricorde comme dans le verset Confitémini de l’Haec dies. Ce que l’auteur nous livre ici\, c’est sa contemplation ou\, plus précisément\, ce que la contemplation de la miséricorde divine\, réalisée dans la radieuse allégresse du temps de Pâques\, a fait naître dans son âme : la joie d’être aimé de l’infiniment aimable et de pouvoir l’aimer\, sa tendresse pour lui\, sa révérence\, son admiration\, sa confiance… et la paix dont il est tout pénétré. Mais ce sont là choses qui ne se détaillent pas. L’âme en a conscience ; elle pense\, elle voit\, elle admire\, elle remercie\, elle jouit\, mais sans parole ; tout se fond dans l’acte très simple qui la tient fixée en Dieu\, en une quiétude silencieuse. C’est cet état\, très simple au fond\, de joie paisible et aimante\, que la mélodie exprime.Evidemment\, elle n’exulte pas\, cette joie\, elle ne se répand pas\, elle demeure intérieure\, mais pas une note qui n’en soit imprégnée. Elle est dans le premier mot qui\, en dépit du ré initial\, tout de suite s’établit en fa par l’ondulation délicate des demi-tons. Sur Domini\, le nom divin\, un accent de tendresse la pénètre d’une ardeur discrète qui se prolonge sur la tristropha et la clivis allongée. Le mouvement descend sur ré\, mais la mélodie ne s’arrête pas à cette touche du Ier mode qui l’assombrirait\, elle remonte au fa et brode autour de cette tonique du IVe mode en un rythme dont tous les détails contribuent à la faire de plus en plus radieuse : l’accent léger de plena se détendant souple et ferme sur la tristropha\, le podatus et la clivis de est terra\, l’ondulation de l’Alleluia qui touche la tierce majeure\, et rebondit légère et bien posée sur le fa.Elle prend un peu plus d’étendue dans la deuxième phrase\, mais l’atmosphère demeure la même. Il n’est pas jusqu’aux mots qui ne se ressemblent : Dei est revêtu de la même tendresse que Domini avec peut-être quelque chose de plus mystérieux\, que lui donne la cadence sur mi ; et le rythme de firmati sunt est joyeux et ferme comme celui de plena est terra\, plus une nuance d’admiration que lui donne la cadence sur ré.Viennent enfin les Alleluia ; le premier plus extérieur ; c’est la louange qui jaillit de la contemplation\, sans éclat toutefois ; le second qui en ramenant la mélodie à la cadence du IVe mode la garde si bien\, par ce qu’elle a d’inachevé\, dans l’indicible.Ce chant est une contemplation ; il ne doit pas avoir d’éclat\, mais il est aussi l’expression de la joie dans laquelle l’âme contemple et\, de ce fait\, il doit revêtir une certaine ardeur\, être vivant\, souple et ferme. Une juste proportion de ces deux éléments n’est pas facile à réaliser… Il ne faut pas donner toute sa voix\, il va de soi\, mais ne pas trop l’étouffer non plus ; faire les accents légers\, le rythme souple et vivant.Faites l’arsis de Domini arrondie\, sans la ralentir\, en posant doucement la voix sur la tristropha. Veiller à ne pas allonger plus qu’il ne faut la clivis pointée ; rattachez-y plena dont l’accent sera très soulevé et un peu élargi. L’Alleluia\, gracieux\, l’oriscus qui l’achève léger.Un peu plus de mouvement et de force à Verbo Dei. Crescendo léger sur l’arsis de firmati sunt. Que toute cette seconde phrase soit vivante et pleine de joie. Le premier Alleluia très arrondi. Très peu de ralenti au second.Le Psaume bien accentué\, dans une atmosphère de joie simple. \nALLELUIA I\nLE TEXTE\nIls connurent\, les disciples\, le Seigneur Jésus à la fraction du pain. Luc XXIV 31\, 35.Il s’agit des disciples d’Emmaüs reconnaissant le Christ ressuscité : mais en ce dimanche du Bon Pasteur\, ces quelques mots sont plus que le rappel joyeux de l’incident ; ils chantent la réalisation de la parole de Notre Seigneur : « mes brebis me connaissent ». A la nourriture qu’il leur présente\, les disciples\, brebis errantes dans le soir qui tombe\, reconnaissent leur Maître\, le divin Berger.Ainsi entendu cet Alleluia est une très belle paraphrase des derniers mots de l’Epître : Vous êtes retournés à celui qui est le pasteur et l’évêque de vos âmes… Nous le chantons dans la joie de ne plus être des brebis errantes\, mais de vivre sous la vigilance du Pasteur bien aimé\, dans l’intimité duquel nous entrons de plus en plus chaque fois qu’il se donne à nous dans la « fraction du pain ». \nLA MÉLODIE\nUn très bel élan sur les notes principales du mode\, même le mot cognovérunt jusqu’à la dominante où il s’épanouit. C’est le mot important de la phrase et l’âme s’y complait dans la joie\, celle des disciples qu’elle évoque et la sienne qui se renouvelle et s’accentue  à chaque rencontre avec le Christ dans l’Eucharistie et dans l’oraison ; Cet élan\, un instant interrompu\, rebondit sur discipuli et se continue dans la même allégresse jusqu’à Dominum. La joie alors\, sur le mot divin\, devient intérieure\, contemplative ; C’est sa vénération\, sa tendresse\, sa soumission abandonnée\, tout ce qu’il y a d’indicible en elle\, que l’âme chante au Pasteur adoré\, tout le long de cette admirable thésis qui de degré en degré\, comme par des paliers successifs\, ramène\, lentement\, doucement\, religieusement le mot jésum à la cadence finale où il se pose en un rebondissement délicat.La joie s’extériorise à nouveau sur in fractione panis mais elle garde quelque chose de réservé qu’elle tient de la contemplation profonde\, qui pour quelques instants vient de la pénétrer. C’est une très belle phrase d’ailleurs. Admirablement ordonnée par la succession régulière des notes longues en rythme ternaire dans la première incise\, en rythme binaire dans la seconde\, elle se déroule en une ondulation que rien ne trouble jusqu’à ce qu’elle s’achève dans la cadence pleine de mystère du IIIe mode.Il faut bien lancer l’arsis de cognovérunt ; les deux notes qui précèdent le pressus seront légèrement retenues. Les doubles notes de Dominum douces ; ne pas exagérer le ralenti de Jésum. Pour que la reprise du chœur se fasse sans heurt\, on arrondira bien l’accent de panis. Le mouvement ne saurait être rapide ; c’est le Christ qui chante. \nALLELUIA II\nLE TEXTE\nMoi\, je suis le Bon Pasteur.Et je connais mes brebisEt elles me connaissent\, les miennes. Jean X. 14.Notre Seigneur\, ici\, se présente lui-même comme le Bon Pasteur et découvre au monde le secret des relations qui unissent le Berger aux brebis et les brebis au berger\, dans le divin bercail ; « Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent ». Ceci entendu non seulement de la connaissance extérieure que le Pasteur a de son troupeau et le troupeau de son Pasteur\, mais de l’intimité qui les unit. « Comme le Père me connaît et que je connais le Père. »\, lisons-nous au verset suivant. Relation d’amour ; un seul cœur\, une seule vie\, dans la tendresse et la joie.Cette parole prend une actualité vivante après les derniers mots de l’Epître : Vous étiez comme des brebis errantes… vous êtes retournés au Pasteur\, a chanté le sous-diacre. Le Christ répond : C’est moi le Bon Pasteur… \nLA MÉLODIE\nLa première phrase est toute empreinte de bonté\, de douceur aimable et souriante. C’est la tendresse du Pasteur. Il se manifeste\, divinement attirant\, avec je ne sais quoi de profondément heureux ; le bonheur de se trouver avec ses brebis\, de se donner à elles\, et de recevoir en retour leur ardent et joyeux amour. Le motif descendant de Ego sum qui se pose si délicatement sur le mi est particulièrement expressif de cette tendresse heureuse.Dans les deux autres phrases – qui sont semblables – c’est plutôt la joie qui domine\, la joie de connaître et d’être connu\, d’aimer et de se savoir aimé. Le mouvement\, en portant la mélodie à la dominante\, s’avive et s’éclaire un instant sur cognosco et cognoscunt. Il y a là une touche d’allégresse délicate ; elle se répand sur oves et meae en un motif paisible et gracieux qui est comme la contemplation du Divin berger regardant ses brebis dans la joie et l’amour qu’il leur donne et qu’il en reçoit.Ne pas chanter fort. Le tempo doit être assez large\, sans être lent : ici encore c’est le Christ qui chante.Faites l’accent de Ego léger et arrondi\, posez délicatement sum sur le mi et ralentissez légèrement le climacus qui suit.Léger accelerando dans l’arsis de cognosco et de cognoscunt. Le reste de la phrase\, très lié. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nDieu\, mon Dieu\,Vers toi\, dès la lumière\, je me tourne ;Et en ton nom je lèverai mes mains. Ps. LXII. 2\, 5.Le Psaume LXII fut composé par David\, au temps où\, poursuivi par son fils Absalon\, il vivait dans le désert\, entre Jérusalem et la mer Morte.C’était sa prière du matin. Sur cette terre aride\, qui était sans doute l’image de son âme désolée\, il se tournait vers son Dieu\, vers son Pasteur\, brebis errante qu’il était\, lui aussi\, et levait vers lui ses mains dans le geste de la supplication\, avec la confiance inébranlable qu’il serait exaucé.Dans la liturgie de ce jour\, ces deux versets sont une réponse du bercail à la tendresse vigilante du Bon Pasteur qui vient de se révéler dans l’Evangile. Il a dit que son amour est toujours en acte ; ses brebis lui disent\, à leur tour\, qu’il en est de même du leur. A peine éveillées\, leur pensée\, leur désir\, leur tendresse vont vers lui et dans la joie et la sérénité d’une absolue confiance en sa garde vigilante et forte\, elles lui répètent qu’au moindre besoin\, qu’à la moindre alerte\, elles l’appelleront d’un geste\, d’un cri\, pour qu’il vienne et qu’elles se serrent autour de lui. \nLA MÉLODIE\nL’intonation est toute simple\, avec une note de joie tranquille\, mais dès les premières notes qui suivent\, une sorte d’ardeur s’y mêle qui va croissant jusqu’à la triple note sur fa où elle devient intense\, avec quelque chose de personnel\, d’intime que lui donne le pronom meus : mon Dieu à moi. C’est toute la tendresse émue de l’âme qui\, après le noir de la nuit\, retrouve son Seigneur tant aimé. Simple incident d’ailleurs ; sitôt passe le nom divin\, la joie retrouve sa simplicité paisible. Le mot face\, déjà mis en relief par le sommet de l’arsis\, se développe en de longs neumes comme si l’âme insistait pour faire remarquer à l’ami divin qu’il est vraiment sa première pensée.Même joie dans la seconde phrase\, peut-être plus extériorisée. Elle enveloppe nomine tuo d’un beau mouvement\, à la fois retenu et chaud\, puis elle continue avec un accent de fermeté\, de sécurité qui trouve ce qu’il lui faut sur les longues tenues de levabo\, de manus et de l’Alleluia. Ce n’est plus tant son intime tendresse que  sa confiance inébranlable que l’âme veut dire à son fidèle gardien.Il faut faire un crescendo sur Déus meus mais discret ; c’est une prière. La triple note de meus est une trivirga ; la faire très expressive.Reprenez le mouvement léger sur ad te de luce ; arrondissez le podatus du sommet et retenez toute la thésis. La première note de nus et celle de as\, légèrement allongées ; L’Alleluia très paisible. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nJe suis le Bon Pasteur\, Alleluia ;Et je connais mes brebisEt elles me connaissent les miennes\,Alleluia\, Alleluia. Jean X\, 14.C’est le même que celui du second Alleluia. Chanté au moment de la communion\, il prend un sens plus actuel encore. C’est en effet dans l’Eucharistie que se réalise cette connaissance mutuelle intime entre le Christ et nous. « Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi et moi en lui … et je me manifesterai à lui. » C’est donc le Christ qui exprime ici\, sous les termes imagés de l’allégorie du Bon Pasteur\, le mystère de l’union qui se réalise\, au moment même\, entre lui et les âmes. \nLA MÉLODIE\nSous une forme musicale toute différente\, c’est bien la même expression que dans l’Alleluia.Dans la première phrase\, une tendresse souriante\, attirante\, avec une nuance d’intimité extrêmement délicate sur les trois salicus remontant en demi-ton sur le fa ; on dirait que le Christ ne parle que pour l’âme à laquelle il est uni dans le Sacrement.Dans la seconde\, la joie profonde de l’union. La mélodie s’établit\, par ses fréquents contacts avec le do dans une tonalité plus majeure si l’on peut dire ; Il y a dans et cognosco une admirable expression de joie\, une plénitude de joie qui se développe sur oves meae en un beau mouvement arsique au sommet duquel meae est mis en relief par l’accent tonique. Le même motif reprend sur et cognoscunt mais ébauché seulement cette fois. Le pressus met une belle nuance de tendresse sur meae. C’est peut-être dans la courbe du premier Alleluia que la joie profonde trouve sa plus parfaite expression.C’est toujours le Christ qui chante\, le mouvement sera donc modéré.Prenez garde de ne pas faire les salicus de la première phrase trop longs ; posez nettement sur fa la dernière note de bonus pour éviter que ce demi-ton ne soit une plainte ce qui serait un contre-sens.Dans la seconde phrase\, un léger crescendo-accelerando ira jusqu’à la fin de la première incise ; la première note de sco dans cognosco un peu allongée\, le torculus bien arrondi et l’accent de meas lancé et articulé ; retenez à peine la cadence de meae mais enchainez et cognoscunt ; Gardez la voix sonore dans les notes graves du premier Alleluia qui ne sera pas ralenti.Cantiques pour Pâques \n\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\nPolyphonies pour Pâques\n\nEcoutes de pièces \n\nZelenka : messe de la Résurrection\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
URL:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/deuxieme-dimanche-apres-paques-dit-du-bon-pasteur/2025-05-04/
CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Temporal
ATTACH;FMTTYPE=image/jpeg:https://www.musique-liturgique.com/wp-content/uploads/2012/05/2paques.jpg
LOCATION:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/deuxieme-dimanche-apres-paques-dit-du-bon-pasteur/2025-05-04/
END:VEVENT
BEGIN:VEVENT
DTSTART;VALUE=DATE:20250511
DTEND;VALUE=DATE:20250512
DTSTAMP:20260525T101255
CREATED:20250218T115711Z
LAST-MODIFIED:20260313T202321Z
UID:10000048-1746921600-1747007999@www.musique-liturgique.com
SUMMARY:Troisième Dimanche après Pâques
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nINTROÏT\nLE TEXTE\nAcclamez Dieu\, toute la terre\, Alleluia.Un psaume chantez à son nom\, Alleluia.Donnez de l’éclat à sa louange\, Alleluia.Ps. – Dites à Dieu : Que terribles sont tes œuvres !Devant la grandeur de ta puissance\,Ils te mentiront tes ennemis.(obligés qu’ils seront de te louer). Ps. LXV. 1\, 2\, 3. \nCes deux versets\, dans le Psaume\, sont adressés à toute la terre comme une invitation à louer Dieu avec éclat pour l’un des nombreux miracles qu’il fit pour sauver son peuple.Ils sont tout à fait à leur place au temps de Pâques et particulièrement en ce IIIe dimanche où le Christ\, pour la première fois\, nous dit à l’Evangile qu’il va retourner dans la gloire du Père et nous y donne rendez-vous pour « une joie que personne ne nous ravira jamais ».C’est l’Eglise qui les chante\, toute l’Eglise ; celle du Ciel\, de la terre\, du purgatoire\, appelant ses membres\, et toute la création en eux\, à louer Dieu d’avoir ressuscité son Fils\, et nous avec lui\, en nous communiquant\, par le Baptême et l’Eucharistie\, son éternelle vie. \nLA MÉLODIE\nJubilate\, le premier mot de l’intonation\, est revêtu du même motif que dans l’Offertoire du Dimanche dans l’Octave de l’Epiphanie ; mais\, ici\, la syllabe la n’a aucun développement neumatique et la mélodie\, au lieu de se complaire en broderies sur le fa\, remonte au la sur Déo et conduit ainsi le mouvement en arsis vers la double note du torculus par l’accent tonique\, il prend sur cette bivirga\, tout au sommet de la mélodie\, un nouvel élan qui le fait aller\, en des rebondissements thétiques mais pleins de vie\, comme d’un seul jet jusqu’à la cadence de l’Alleluia. Cette première phrase est une merveille d’ardeur et d’entrain ; c’est tout l’enthousiame de l’Eglise reconnaissante et vibrante d’espoir qui passe et voudrait entrainer le monde entier dans la louange.Dans les deux autres phrases\, le mouvement est moins alerte. A quelques exceptions près\, chaque syllabe a son neume et très souvent il est élargi. Ce n’est pas que l’ardeur soit moindre mais elle est plus pondérée\, plus intérieure\, si l’on peut dire ; quelque chose de plus religieux la pénètre. Il semblerait que l’auteur\, prenant les mots dans leur sens précis\, ait vu dans Jubilate omnis terra un appel à toute la création pour une acclamation générale et\, dans le psalmum dicite\, une invitation à la louange liturgique\, d’où cette nuance assez marquée de réserve et de gravité. Le texte et la mélodie\, serrés de près\, prêtent à cette interprétation ; d’autant plus qu’en maints autres cas la même expression musicale se trouve sur psallere\, psalmum dicere\, psallentes\, psallat…(Voir entre autres l’Introït du Dimanche dans l’Octave de l’Epiphanie\, celui du IIe Dimanche après l’Epiphanie ainsi que l’Offertoire de ce même Dimanche\, l’Offertoire de la Septuagésime et celui du IVe Dimanche de Carême).Le psaume\, par son allure décidée\, est bien dans le ton\, et la cadence sur inimici s’adapte parfaitement à la nuance d’ironie qui se trouve dans les mots.La première phrase sera chantée d’un seul mouvement ; l’accent de Jubilate bien lancé\, la première note du podatus de Déo légèrement allongée\, la bivirga de omnis vibrante d’entrain.Pas de contraste poussé entre les deux phrases\, il se fera de lui-même. Gardez le mouvement et faites très souples les beaux rythmes de dicite nomini ejus\, attaquez avec fermeté le salicus de date\, mais retenez délicatement les quatre notes de te ; menez les Alleluia en crescendo vers le troisième qui sera élargi et aura de l’éclat. \nALLELUIA I\nLE TEXTE\nLa rédemption il a envoyée\, le Seigneur à son peuple. Ps. CX. 9. \nC’est de la délivrance de la captivité d’Egypte ou de Babylone qu’il s’agit dans le Psaume. Ici\, dans la liturgie de Pâques\, c’est du salut que le Seigneur nous a envoyé par son Fils ; lequel ayant payé notre rançon de son sang\, nous a délivrés de l’emprise du démon et faits libres.L’Alleluia est ainsi une paraphrase très heureuse de l’Epître\, où il nous est rappelé que c’est en tant qu’hommes libres que nous devons obéir à Dieu et aux hommes qu’il a établis sur nous. \nLA MÉLODIE\nL’Alleluia est celui de la messe du jour de Noël. Comme il est très spécial à la période de la Nativité\, on peut se demander quelle raison l’a fait choisir pour un dimanche qui en est si éloigné. Serait-ce le mot misit ? C’est à Noël que le Sauveur a été envoyé… de telles nuances ne sont pas rares. (cf le Trait Domine audivi du Vendredi Saint)Le verset\, lui\, est original. Une phrase très simple qui\, dans un beau mouvement de joie\, met misit en pleine évidence au sommet de l’arsis puis vient se complaire sur Dominus qu’elle baigne de révérence\, de tendresse et de gratitude. \nALLELUIA II\nLE TEXTE\nIl fallait qu’il souffrit\, le ChristEt qu’il ressuscitât d’entre les mors\, Et qu’ainsi il rentrât dans sa gloire. Luc XXIV. 26. \nSous une forme légèrement différente\, ces paroles furent dites plusieurs fois par Notre Seigneur aux apôtres pour prophétiser sa Passion et sa Résurrection. (Math. XVI. 21. – Marc IX\, 30) Au matin de Pâques les deux anges du tombeau les rappelèrent aux Saintes Femmes : « Souvenez-vous qu’il a dit lorsqu’il était en Galilée ; Il faut que le Fils de l’homme… »(Luc XXOV. 7) Le soir\, Notre Seigneur\, lui-même\, sur un ton qui comportait une nuance de reproche pour leur mémoire si courte\, les redit aux disciples d’Emmaüs : « Ne fallait-il pas que le Christ souffrît et qu’ainsi il entrât dans sa gloire ».(Luc XXIV. 26)C’est de ce dernier texte que ce verset de l’Alleluia se rapproche le plus ; on a seulement ajouté resurgere a mortuis et supprimé la forme interrogative. Ce dernier point a son importance. Par le fait que le texte est revenu une affirmation\, il ne semble pas que ce soit Notre Seigneur qui le chante ici\, mais plutôt l‘Eglise qui se le remet en mémoire\, en méditant les détails de la Résurrection. Il devient ainsi comme une sorte de prélude à l’Evangile où Notre Seigneur\, pour la première fois\, va parler de sn entrée prochaine dans la gloire : dernier accomplissement de la prophétie. \nLA MÉLODIE\nElle est calme\, recueillie\, toute baignée de paix.La première phrase toutefois est empreinte d’une nuance très particulière de tristesse par une certaine réserve qui la maintient dans le grave et plus encore\, par les cadences en demi-ton de oportébat et de Christum. Ce n’est pas la douleur aigüe de la Passion : l’Eglise ne pleure pas ; elle est dans la joie de Pâques ; mais\, au souvenir de ce que le Christ a dû souffrir\, une sorte d’attendrissement pénètre sa contemplation. C’est cette douleur des souffrances du Christ\, cette douleur de souvenir\, qui passe dans son chant et le revêt de nuances si délicates ; de celles-là mêmes que prend tout naturellement notre voix lorsque nous parlons des souffrances passées de nos amis. Resurgere a mortuis n’a pas d’expression particulière\, mais il s’achève tout de même sur une cadence en ton plein où il n’y a plus de tristesse.C’est une heureuse transition à la phrase qui va chanter le prix de la douleur\, à savoir l’entrée du Christ dans la gloire. Elle le fait sur un motif deux fois répété ; sur ita et gloria ; il est plein de noblesse\, de grandeur et d’éclat. L’âme y trouve tout ce qu’il lui faut pour exprimer la joie forte et pleine que les mots divins ont mise en elle en lui révélant le mystère de la souffrance du Christ et celui de sa propre souffrance qui s’y trouve enfermé. La phrase s’achève sur le jubilus de l’Alleluia déjà ébauché sur intrare à la fin de la première incise. Lui aussi\, comme pour reprendre toute l’idée\, a sa première partie nuancée de tristesse\, elle se développe dans le grave et a ses cadences bien posées en demi-ton par le torculus\, tandis que la seconde\, s’établissant dans les hauteurs\, y chante la joie\, se posant à peine sur le mi et s’achevant en ton plein par la cadence de mortuis\, qui reste suspendue\, comme si l’âme continuait\, dans le silence\, la contemplation du Christ entrant dans la gloire.C’est un chant délicat ; il doit être chanté doucement\, sans effort dans un mouvement très souple et très lié.Ralentir la cadence finale de l’Alleluia et de suam afin de bien lui donner son caractère contemplatif et mystérieux. Faites très expressifs les pressus de oportébat et de Christum ; Un peu plus de mouvement dans la seconde phrase. Arrondissez le sommet de ita et de gloriam. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nLoue\, mon âme\, le Seigneur.Je louerai le Seigneur durant ma vie.Je chanterai des psaumes à mon DieuTant que je serai\, Alleluia. Ps. CXLV\, 2.Le verset du Psaume est\, à lui seul\, une sorte de dialogue ; l’âme s’invite d’abord elle-même à louer le Seigneur\, puis\, répondant à l’invitation\, elle commence sa louange – qu’elle développera tout le long du Psaume – en proclamant qu’elle chantera le Seigneur toute sa vie.Cette promesse d’éternelle louange est bien à sa place après l’Evangile qui vient d’être chanté. Notre Seigneur en effet n’y annonce pas seulement qu’il remonte à son Père mais il prédit son retour : « Encore un peu de temps et vous me reverrez… » Interrogé sur le sens de ce retour\, il répondit : « vous êtes dans la tristesse… mais je vous verrai de nouveau et votre cœur se réjouira et personne ne vus ravira votre joie. » La réponse était imprécise ; il est probable que les apôtres n’en saisirent pas le sens profond\, mais\, pour nous\, elle est claire ; c’est l’avènement de gloire et l’éternelle béatitude qui suivra que Notre Seigneur annonce.Cet Offertoire se présente donc comme un chant de reconnaissance dans lequel l’âme dit à Dieu que\, pour tout le bonheur qu’il lui a donné déjà et pour celui qu’il lui promet\, elle le louera\, tant qu’elle vivra. \nLA MÉLODIE\nParole intérieure\, musique intérieure. L’invitation qui prend toute la première phrase\, est baignée de joie intime ; notez la plénitude des intervalles et les cadences sur mi et sur fa si délicates. L’âme\, remplie de la parole divine qui lui promet une félicité accrue et sans fin avec le Christ dans la gloire\, contemple\, dans une atmosphère de gratitude heureuse\, la bonté du Seigneur et\, doucement\, discrètement\, intimement puisqu’elle se parle à elle-même\, elle chante pour s’exciter à le louer. A part l’invitation qui traduit si parfaitement cet état de paisible bonheur\, tout le reste de la phrase est une formule du IVe mode\, mais le mode est lui-même si bien dans le ton !La seconde phrase a plus de mouvement. L’âme\, sans sortir de sa sainte quiétude\, fait à sa propre invitation une réponse empressée\, ardente. Un très bel élan\, un élan de louange déjà\, emporte Dominum sur les hauteurs où il s’épanouit avant d’être ramené tendrement à la tonique. Laudabo Dominum in vita mea ; elle louera\, toute sa vie ; elle insiste sur ces derniers mots : épisème\, quilisma\, pressus ; toutes les ressources de la mélodie sont amenées pour mettre en relief cette promesse d’éternelle louange car la vie de celui qui loue le Seigneur ne finit pas.Après avoir achevé cette affirmation d’ordre général sur la formule si tendre qui finit la première phrase\, l’âme précise ce que sera sa louange : psallam. Je chanterai des Psaumes à mon Dieu. Après les quatre premières notes\, qui ramènent\, très heureusement ici\, la nuance de bonheur profond\, – le bonheur de chanter – le mot s’étend sur la tristropha\, enveloppé de la même religieuse vénération que dans l’Introït sur Psalmum. Cette vénération se pénètre d’ardeur et de tendresse tout le long des arsis de Deo meo et que quamdiu et\, plus encore peut-être\, sur ero que le quilisma et le pressus font si expressif.L’Alleluia reprend le motif de psallam et le prolonge par une bivirga et une clivis allongées\, intensifiant ainsi pour finir le sentiment de contemplation paisible et heureuse qui enveloppe tout depuis le début.Le mouvement sera paisible. Elargir la partie thétique de l’intonation. Bien veiller à ne pas traîner les cadences de Dominum et de mea\, qui\, pour un rien\, deviendraient des plaintes.On mettra un peu plus de mouvement dans la seconde phrase ; accélérant quelque peu l’arsis de laudabo\, mais retenant la dernière syllabe de Dominum. Bien rythmer ero\, à la fin de la dernière phrase. Ralentir progressivement l’Alleluia. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nUn peu de temps et vous ne me verrez plus\, Alleluia.Encore un peu de temps et vous me reverrezParce que je vais à mon Père.Alleluia\, Alleluia. Jean. XVI\, 16.Ces paroles ont été prononcées par Notre Seigneur après la Cène. Il prédisait là sa mort et sa Résurrection\, mais aussi son retour\, à la fin du monde\, pour son triomphe total et définitif.Ici\, ce n’est pas le Christ de la Passion qui les chante ; le Temps Pascal s’y oppose et\, plus encore\, le caractère joyeux de la mélodie qui est tout à l’opposé de la gravité triste du Discours après la Cène ; c’est l’Eglise qui se les remémore ou\, mieux encore\, le Christ Glorieux qui\, dans l’intimité de la communion\, les redit à ceux qui le reçoivent en leur donnant un sens particulier d’intimité : »Vous qui me recevez dans votre âme\, vous ne me voyez pas de vos yeux de chair car je suis remonté vers mon Père\, mais vous me reverrez parce que Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle\, je me manifesterai à lui et je le ressusciterai au dernier jour\, car là où je suis\, je veux qu’il soit aussi. » \nLA MÉLODIE\nLa première phrase\, bien qu’elle évoque le départ et la séparation\, n’est pas triste. C’est un récitatif\, il n’exprime pas de sentiment bien déterminé jusqu’à l’Alleluia qui\, lui\, a une note de joie très nette\, mais peut-être un peu brusquement amenée.Il reste qu’il est une transition heureuse à la seconde phrase qui\, elle\, est joyeuse d’une joie éclatante ; la joie que le Christ\, maintenant dans la gloire\, veut communiquer aux siens comme un réconfort\, en évoquant les jours où ils seront avec lui près du Père.L’attaque de iterum en plein élan sur la dominante a bien ce caractère de force qui convainc et ranime en remplissant l’âme de vivant espoir. La dernière incise\, elle\, se nuance de joie aimable puis la mélodie redevient grave à l’évocation du mystère de la Paternité divine\, bien plus profond et bien plus béatifiant que celui du Christ et que la joie de son visage à jamais contemplé.Liez de près l’Alleluia de la première phrase à me\, qui sera bien posé\, et chantez-le avec une certaine douceur afin d’atténuer ce qu’a d’un peu brusque cette note de joie.La deuxième phrase sera chantée d’un seul mouvement\, avec entrain\, la double note de iterum bien appuyée.Ralentissez quelque peu le vado ad Patrem qui sera bien balancé. Les Alleluia auront leur nuance de joie délicate si on ne les force pas. Elargissez légèrement le podatus du second. Cantiques pour Pâques \n\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\nPolyphonies pour Pâques\n\nÉcoutes de pièces\n\nZelenka : messe de la Résurrection\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
URL:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/troisieme-dimanche-apres-paques/2025-05-11/
CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Temporal
ATTACH;FMTTYPE=image/jpeg:https://www.musique-liturgique.com/wp-content/uploads/2012/05/3paques.jpg
LOCATION:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/troisieme-dimanche-apres-paques/2025-05-11/
END:VEVENT
BEGIN:VEVENT
DTSTART;VALUE=DATE:20250511
DTEND;VALUE=DATE:20250512
DTSTAMP:20260525T101255
CREATED:20250218T115910Z
LAST-MODIFIED:20260313T202742Z
UID:10000087-1746921600-1747007999@www.musique-liturgique.com
SUMMARY:Solennité de sainte Jeanne d'Arc
DESCRIPTION:En France cette fête est solennisée le deuxième dimanche du moi de mai. \n\n\n\nTélécharger le propre de la messe grégorienne de sainte Jeanne d’Arc. \n\n\n\nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n\n\n\nCe n’est pas parce qu’elle a sauvé la patrie que Jeanne d’Arc a été canonisée. Ce n’est pas non plus parce qu’elle a été appelée par Dieu à cette mission ; envoyée\, guidée par lui. C’est tout simplement parce qu’elle a fait la volonté de Dieu et qu’elle l’a faite dans des circonstances qui lui ont fait pratiquer les vertus à un degré héroïque.Il reste que sa mission était d’une importance capitale pour l’Eglise\, tout autant que pour la France : on l’a bien vu lorsque l’hérésie a couvert l’Angleterre. Si la France alors avait été anglaise c’en était fait de sa foi.Jeanne d’Arc a donc lutté à la fois pour Dieu et pour la France. C’est à ce double titre que l’Eglise l’honore et la prie : « Dieu qui avez suscité merveilleusement la Bienheureuse Jeanne pour défendre la foi et la patrie\, donnez-nous\, nus vous en prions\, par son intercession\, que votre Eglise après avoir déjoué les embuches de ses ennemis\, jouisse d’une paix sans fin ». \n\n\n\nINTROÏT\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nChantons au Seigneur.Glorieusement\, en effet\, il a fait éclater sa grandeur.Ma force est l’objet de ma louange est le Seigneur.Et il est devenu pour moi le salut.Alleluia\, Alleluia. \n\n\n\nPs. – Chantez au Seigneur un cantique nouveau\,Car des merveilles il a faites. Exode XV\, 1\, 20. – Ps. XCVII\, 1. \n\n\n\nC’est le début du chant des Isarélites après le passage de la mer Rouge. Alors que les flots ouverts\, obéissant à la main étendue de Moyse\, venaient de se refermer sur l’armée du Pharaon « Moyse et les enfants d’Israël chantèrenet ce cantique à Yahweh :Chantons à Yahweh.Dans la gloire il a déployé sa grandeur.Il a précipité dans la mer le cheval et le cavalier.Yahweh est ma force et l’objet de mes chants.Il a été pour moi le salut…Marie la prophétesse\, sœur d’Aaron\, prit à la main un tambourin et toutes les femmes vinrent à sa suite avec des tambourins et en dansant. Marie répondait aux enfants d’Israël :Chantons à Yahweh.Dans la gloire il a déployé sa grandeur.Il a précipité dans la mer le cheval et le cavalier. »Le choix est heureux. L’application se fait d’elle-même. Ce chant d’action de grâces n’a-t-il pas monté des fois et des fois aux lèvres des Français dans la marche triomphale d’Orléans à Reims. Et n’est-il pas aussi bien sur les lèvres de toute l’Eglise qui par la même victoire fut\, elle aussi\, préservée. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle est calquée sur celle de l’Introït Circumdedérunt du Dimanche de la Septuagésime\, magnificatus est excepté\, qui est emprunté à et conventum facite de l’Introït Laetare du IVe Dimanche de Carême. L’adaptation est très bonne. La première phrase du Circumdedérunt\, sombre et un epu douloureuse\, a été évitée\, de même le pressus qui fait ce premier mot pesant. Rien n’arrête le bel élan de joie qui monte vers Domino et se prolonge jusqu’à la fin de la phrase\, s’étalant sur gloriose enim ferme et sonore comme une fanfare de victoire\, et s’envolant en carillon sur les torculus de magnificatus est.La seconde phrase exulte moins Les paroles d’ailleurs n’ont plus le caractère ardent du début. L’âme se replie sur sa joie intérieure et fait retour au Seigneur de la part qui lui revient dans le triomphe. Une touche de gravité passe sur fortitudo\, ais la ferveur est toujours là\, mêlée à la gratitude sur mea Dominus et factus est. La détente est un peu courte sur salutem. Aussi bien\, ce n’est pas la fin ; les deux Alleluias prolongent la louange qui s’achève en une cadence bien proportionnée cette fois.L’intonation sera très vivante\, sans être précipitée ; on veillera notamment à donner au punctum de méis toute sa valeur. Un crescendo montant sur Domino passera sur gloriose et continuera jusqu’à la fin de la phrase\, se renforçant sur enim qui sera très rythmé. On arrondira le sommet des torculus de magnificatus est. Toute la phrase doit être souple\, enveloppée dans un souffle ardent qui ne cesse que sur le torculus final.Le début de la seconde phrase sera plus doux\, l’intensité commencera de croître à partir du torculus de laus\, sans éclat elle atteindra son maximum sur la double note de factus est\, une bivirga épisématique qui sera bien appuyée ?Retenez quelque peu salutem\, et faites un bon départ a tempo et un crescendo bien mené sur le premier alléluia.En dehors du temps pascal\, la cadence de salutem sera beaucoup plus retenue puisqu’elle sera alors conclusive. \n\n\n\nALLELUIA I\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nTu as agi avec une âme d’hommeEt vaillant est ton cœur.La main du Seigneur t’a revêtu de force\,En conséquence tu seras bénie à jamais. Judith XV\, 11\, 12. \n\n\n\nC’est ainsi que le Grand Prêtre salua Judith lorsqu’après la défaite des Assyriens il vint lui rendre hommage. Elle avait été\, par la force de Dieu\, le principal artisan de la victoire en coupant la tête d’Holopherne. Elle avait sauvé le pays.Ainsi de Jeanne d’Arc. Aussi l’application se fait-elle d’elle-même. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nNous l’avons rencontrée maintes fois : le IIIe Dimanche de l’Avent\, à l’Ascension\, à la Pentecôte. Son caractère discret\, contemplatif\, convient mieux à une louange intérieure qu’à l’ardeur éclatante des jours de victoire. Mais aussi bien\, ce n’est pas tant de ses victoires que Jeanne est louée ici que des vertus dont la main de Dieu l’a gratifiée et de la bénédiction qui est sur elle à jamais. « Je me suis proposée de prendre la Sagesse pour compagne de ma vie… »\, nous dit-elle dans l’Epître. L’Eglise l’en félicite ici en des nuances délicates. Toutefois un mouvement plus rapide et un rythme plus marqué mettront dans la mélodie quelque chose de a joie des victoires qui ne se sépare pas de l’autre en un tel jour.La courbe de fecisti sera gracieuse mais prendra en remontant sur viriliter une certaine vigueur : le punctum qui précède\, posé doucement puis allongé en rinforzando\, donnera cette nuance. Veillez à ne pas précipiter et confortatum est. Lancez bien le début de la seconde phrase et retenez toute la montée de confortavit en la menant crescendo\, le salicus bien appuyé. Par contre\, vous vous complairez sur eis. La montée de aeternum sera menée crescendo-accelerando. \n\n\n\nALLELUIA II\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nMaintenant donc prie pour nousCar tu es une femme sainte et craignant Dieu. Judith VII\, 29. \n\n\n\nC’est encore de l’histoire de Judith que sont extraites ces paroles. C’était à l’heure du danger. Devant la force des Assyriens\, le Grand Prêtre avait perdu courage\, il allait livrer la ville. Judith l’apprit et vint lui reprocher sa conduite. Il reconnut son tort et s’inclinant devant la sagesse de cette femme lui dit : « Maintenant prie pour nous… » Le contexte change ici ; c’est après la victoire que cette prière est adressée à Jeanne d’Arc\, mais le sens est bien le même. Devant le choix que Dieu a fait d’elle pour sauver le pays et la foi\, et devant la sainteté qu’elle a acquise et qui lui donne tant de pouvoir sur le cœur de Dieu\, l’Eglise se confie à elle et se réclame de con patronage. Ne vient-elle pas de dire dans l’Eglise : « Je gouvernerai les peuples et les nations me seront soumises… ». \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nNous l’avons déjà trouvée pour la fête des Saints Innocents. C’est une prière aimable\, joyeuse. Elle loue plus qu’elle ne supplie.La première phrase\, particulièrement gracieuse au début\, finit sur une cadence très commune mais qui prend ici une nuance de prière discrète\, délicate\, et très aimante. La seconde est plutôt empreinte d’admiration\, de vénération. La joie revient avec la vocalise\, souple\, rythmée comme une danse lente et pieuse.Commencez l’Alleluia à mi-voix et menez le crescendo jusqu’à la dernière syllabe que vous arrondirez avec grâce\, puis balancez avec souplesse l’admirable jubilus\, il est ait d’un seul motif\, repris et allongé d’une cadence ; veillez de très près à la liaison de la reprise ; il faut qu’on sente la distinction sans que l’unité en souffre.Le mouvement du verset demeurera assez lent et tout le mot ora sera élargi. On fera très expressif sancta dans la seconde phrase. Deum sera relié au jubilus par dessus le quart de barre sans la moindre interruption. \n\n\n\nOFFERTOIRE\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nIls la béniront tous d’une seule voix disant :Tu es la gloire de Jérusalem\,Tu es la joie d’Israël.Tu es l’honneur de notre peuple.Alleluia ! Judith. XV. 10. \n\n\n\nCe sont les paroles de bénédiction et de gloire que le Grand Prêtre et es anciens de Jérusalem adressèrent à Judith lorsque\, après la défaite totale des Assyriens\, ils vinrent la saluer à Béthulie. Acclamations splendides qui\, après Notre Dame vont à tous ceux qui viennent asséner sur la tête de Satan les coups qui\, les uns après les autres\, contribuent à l’écraser. Jeanne d’Arc en fut. En quoi elle est la gloire\, la joie et l’honneur de l’Eglise\, et de la France\, sa fille aînée. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle est faire de motifs empruntés à des sources très diverses. Mais la centonisation en a été habilement faite.De l’intonation qui va en crescendo se dégage une ferveur intense qui se répand sur toute la phase et prépare les acclamations qui suivent.La première est un beau mouvement de joie\, sans éclat mais animé d’une ardeur qui va vers la seconde\, s’épanouit large et enthousiaste sur la double note et la clivis allongée de laetitia et se prolonge tout le long de la phrase. La troisième se développe très brillante dans les hauteurs où elle s’établit comme une grande clameur qui voudrait ne pas finir.Il faut insister sur le  motif de l’intonation : retenez légèrement le toculus initial et donnez du poids à la première note de tous les podatus comme si elle était affectée d’un épisème horizontal. Marquez bien aussi le salicus de eam. Veillez à bien lier una voce en faisant les notes égales et en marquant très peu les ictus.In Gloria sera très souple et d’un seul jet\, rattachez-y étroitement Jérusalem\, en le conduisant en un discret crescendo vers le dernier podatus.Tu laetitia sera élargi et il y aura une reprise de mouvement et d’intensité sur le dernier motif d’Israël\, de même un crescendo-accelerando unira les premiers neumes de tu honorificéntia et les conduira vers e sommet qui\, lui aussi\, sera élargi et arrondi ; toute la dernière incise sera bien vivante et sonore. Etalez l’Alleluia\, en rythmant avec soin son admirable cadence. \n\n\n\nCOMMUNION\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nMême si je marche au milieu des ombres de la mortJe ne craindrai pas le mal\,Car tu es avec moi\, Seigneur Jésus\,Alleluia.Quel admirable cri de confiance de l’âme envers le Christ présent en elle : On pense au dernier mot de Jeanne sur le bûcher ! \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nC’est celle de la Communion Féci judicium de la messe Me expectavérunt des vierges martyres. Le calque est bon : aussi bien c’est la même idée. Une affirmation douce et ferme qui va vers quoniam tu mecum es\, si pénétrée de joie\, d’amour délicat et qui s’épanouit en tendresse sur Domine Jesu. (Voir la Communion du Dimanche de la Sainte Trinité qui\, elle aussi\, a été calquée sur Feci judicium)On pourra allonger la première note du podatus de ambulavérunt. Tout le reste de la première phrase sera chanté très simplement\, sans effort\, d’un seul mouvement très lié avec une nuance de certitude joyeuse.On donnera un peu de mouvement à la première incise de la seconde phrase qui sera souple et légère. Par contre\, on retiendra avec grâce et expression Domine Jesu. \n\n\n\nCantiques en l’honneur de sainte Jeanne d’Arc\n\n\n\nSainte Jeanne de France \n\n\n\n\nCantique complet\n\n\n\nTélécharger la partition\n\n\n\n\nO sainte Jeanne de Domrémy \n\n\n\n\nCantique complet\n\n\n\nTélécharger la partition\n\n\n\n\n  \n\n\n\nUnique ! Le coffret contenant tous les fichiers (épîtres\, évangiles et préface) sur 1 CD au format MP3.
URL:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/solennite-de-sainte-jeanne-darc/2025-05-11/
CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Sanctoral
ATTACH;FMTTYPE=image/jpeg:https://www.musique-liturgique.com/wp-content/uploads/2012/05/jeanne-darc-418576_1920.jpg
LOCATION:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/solennite-de-sainte-jeanne-darc/2025-05-11/
END:VEVENT
BEGIN:VEVENT
DTSTART;VALUE=DATE:20250518
DTEND;VALUE=DATE:20250519
DTSTAMP:20260525T101255
CREATED:20250218T115709Z
LAST-MODIFIED:20260313T203115Z
UID:10000046-1747526400-1747612799@www.musique-liturgique.com
SUMMARY:Quatrième Dimanche après Pâques
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nINTROÏT\nLE TEXTE\nChantez au Seigneur un cantique nouveau.\nAlleluia.\nCar des merveilles\, il a fait le Seigneur\,\nDevant la face des nations il a révélé sa justice.\nAlleluia\, Alleluia.\nPs. Elle l’a sauvé\, sa main et son saint bras. Ps. XCVII. 1\, 2.\nLe Psaume XCVII est une invitation à louer Dieu parce qu’il a manifesté sa justice devant les nations en sauvant maintes fois son peuple\, selon les promesse qu’il lui avait faites.\nCes interventions de Dieu avaient en fait pour objet le Christ et ses membres. Elles se sont donc continuées\, et elles se continueront jusqu’à la fin des temps\, jusqu’au jour où devant toutes les nations soumises\, a justice de Dieu sera totalement révélée. C’est alors seulement que le Psaume aura tout son sens : mais il l’a déjà d’une certaine manière à la fois actuelle et prophétique\, si l’on peut dire\, en chacun des mystères du Christ car ils sont bien une manifestation de la justice divine que le temps d’ailleurs fait de plus en plus éclatante. Or aucun ne la manifeste avec plus d’éclat que le mystère de la Résurrection. C’est donc dans le sens le plus littéral que l’Eglise entend ces deux versets. Elle les adresse à ses membres comme une invitation à louer le Seigneur qui a révélé une fois de plus sa justice devant les nations en ressuscitant le Christ d’entre les morts par la seule puissance « de sa main et de son bras ». \nLA MÉLODIE\nOn ne trouve pas ici l’enthousiasme qui éclate partout dans le Jubilate du dimanche précédent. C’est une invitation pleine de joie\, certes\, mais simple\, paisible\, avec le caractère très particulier de bonté aimable et souriante de l’Introït du Dimanche de Quasimodo. Les deux mélodies d’ailleurs sont apparentées de très près ; à ce point que\, dans l’une et dans l’autre\, la deuxième phrase est la même. \nLe salicus de Cantate met dans l’intonation une insistance délicate tout à fait de mise ; simple nuance de détail d’ailleurs qui se fond tout de suite dans la révérence toute gracieuse qui enveloppe Domino et dans la joie qui s’élève et se balance jeune\, légère\, souple sur les accents toniques et les rythmes ternaires de canticum novum.\nDans la seconde phrase\, un rien d’enthousiasme passe dans la montée de mirabilia\, et c’est à nouveau sur fecit Dominus et sur Alleluia le motif de l’intonation avec son insistance renouvelée\, avant la cadence sur do si évocatrice de joie profonde.\nIl y a une certaine gravité dans la première partie de la dernière phrase : revelavit surtout est très en relief ; la distropha\, la retombée du mouvement sur le pressus puis sur la clivis allongée vont bien à ce mot qui dit le mystère. La nuance d’enthousiasme de mirabilia se retrouve alors sur justitiam et se prolonge sur les Alleluia qui chantent à nouveau la joie simple\, jeune et fraiche du début. \nLe mouvement sera assez vif. On arrondira bien l’accent de canticum. Léger crescendo sur quia mirabilia.\nLes tristrophas et distrophas de génitum et de revelavit\, douces. Gardez le mouvement jusqu’au bout. \nALLELUIA I\nLE TEXTE\nLa droite du Seigneur a fait éclater sa puissance\,\nLa droite du Seigneur m’a exalté. Ps. CXVII. 16. \nC’est celui de l’Offertoire du IIe Dimanche après l’Epiphanie et du Jeudi Saint. L’interprétation\, ici\, ne saurait être différente\, il va de soi. \nLe Psaume CXVII fut sans doute composé pour la dédicace du second Temple\, ares le retour de la captivité. Le peuple Juif y chante la puissance du Seigneur qui l’a délivré et qui lui a rendu son ancienne gloire. Ce sens en cachait un autre : la délivrance de l’humanité retenue sous l’emprise de Satan et son retour à Dieu\, groupée dans le Christ\, pour être offerte au Père comme le temple vivant dont les temples de pierre ne sont que la figure. C’est donc du monde chrétien qu’il s’agit. C’est le Christ\, c’est tout le Corps mystique qui chante les merveilles que Dieu a faites pour le sauver et le glorifier. \nEn ce temps de Pâques\, les merveilles sont là\, toutes étalées sous nos yeux dans la Résurrection du Christ\, dans la grâce des nouveaux baptisés et dans celle de tous les chrétiens devenue plus vivante et plus forte\, dans la justice de Dieu enfin\, de plus en plus exaltée. Saint Jacques\, dans l’Epître a ramené toutes ces merveilles à leur source : « Toute grâce et tout don descendent du Père des lumières. De sa propre volonté il nous a engendrés par la parole de vérité afin que nous soyons comme les prémices de ses créatures… » L’Eglise les retient ces paroles\, les contemple et trouve dans le verset du Psaume la parfaite expression de sa joie reconnaissante. \nLA MÉLODIE\nUn chant recueilli\, intérieur\, contemplatif que l’Eglise se chante à elle-même dans une atmosphère de vénération reconnaissante.\nIl n’y a rien de plus dans la première phrase ; aussi bien l’idée est-elle d’ordre général.\nElle prend un tour plus actuel et plus personnel dans la seconde sur exaltavit me\, le mot de la Résurrection\, le mot de notre exaltation dans le Christ. La joie\, la reconnaissance\, la fierté le portent dans un magnifique élan au sommet du mode\, lui donnant\, sans sortir de l’atmosphère de contemplation\, l‘éclat qui convient à la gloire qu’il chante. \nL’Alleluia doit être exaltant – c’est le thème du dernier mot – mais en même temps léger et souple.\nBien ralentir les deux notes qui précèdent le quilisma de Déi pour lui donner l’expression de vénération qui convient au nom divin. La troisième note de fecit est un salicus.\nMenez bien le crescendo de exaltavit me avec une bonne articulation de me. La reprise du chœur lui donnera l’ampleur et la force qui conviennent. \nALLELUIA II\nLE TEXTE\nLe Christ ressuscité d’entre les morts ne meurt plus.\nLa mort sur lui désormais ne dominera plus. Rom. VI\, 9. \nCette simple affirmation de Saint Paul ne requiert ni explication ni commentaire.\nL’Eglise s’en sert ici pour célébrer le triomphe du Christ sur la mort ; mais aussi pour chanter en espérance la résurrection future de tous ses membres. Et c’est encore l’idée du premier Alleluia\, mais précisée dans l’exaltation suprême du Christ total ressuscité. \nLA MÉLODIE\nElle est plus développée que celle de l’Alleluia précédent. La joie aussi est plus poussée. Avec une force de plus en plus pressante\, elle prend tout l’arsis de resurgens ex mortuis et demeure jusqu’à la fin de la phrase ; notez les tons pleins de jam non moritur\, si expressifs d’une pleine et totale satisfaction. Mais elle n’a pas d’éclat\, toutes les notes se suivent par degrés conjoints et très rapprochés ; elle ne sort pas l’âme du recueillement paisible dans lequel elle contemple la béatitude du Christ…et la sienne dans les jours à venir ;\nDans la seconde phrase\, l’affirmation a quelque chose de plus fort. Il y a une sorte de fierté\, de défi victorieux dans la montée hardie de mors et dans la répercussion sur le si bémol et comme une joie triomphante dans les rythmes ternaires de la thésis.\nAprès la reprise du chœur\, le non dominabitur monte en un crescendo d’allégresse qui se détend pour finir dans le paisible recueillement du début. \nIl faut chanter Christus avec vénération mais sitôt après laisser la joie dominer. Le crescendo-accelerando se poursuivra jusqu’à la fin de mortuis sans brisure. Bien balancer la cadence de moritur qui est  très affirmative.\nDe même le motif de mors doit être très articulé\, la reprise sur le si bémol\, nette et dans un mouvement assez vif. La première note du torculus de ultra\, bien posée\, un peu élargie. Il doit y avoir beaucoup de fermeté dans ce dernier neume. \nOFFERTOIRE\nC’est celui du IIe Dimanche après l’Epiphanie. Tout ce qui a été dit alors vaut ici\, il va de soi. Il faut seulement élargir l’objet de la reconnaissance. Ce n’est plus seulement pour le miracle de Cana et pour l’Eucharistie que nous louons le Seigneur en ce temps de Pâques\, c’est pour tout le mystère de la Rédemption ; pour la Résurrection du Christ pour la grâce du Baptême qui nous y fait participer\, pour le Paraclet que l’Evangile annonce. « Venez et écoutez\, et je vous dirai que de choses le Seigneur a faites pour mon âme… » \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nLorsque viendra le Paraclet\, l’Esprit de vérité\,\nIl convaincra le monde de ce qu’est le péché\,\nLa justice et le jugement\,\nAlleluia\, Alleluia. Jean XVI. 13\, 8. \nNotre Seigneur prononça ces paroles après la Cène. Il va de soi que ce n’est pas dans cette atmosphère de la Passion qu’elles sont à prendre ici. Il faut les entendre ou de l’Eglise qui se les dit à elle-même dans sa contemplation du mystère pascal\, ou du Christ qui\, du Ciel\, les redit à ses membres comme une annonce de la prochaine Pentecôte qui va renouveler la venue du Paraclet.\nRien ne permet de les rattacher directement à la Communion ; on peut dire cependant que la réception du sacrement cause\, si elle est fervente\, une nouvelle mission du Saint Esprit dans l’âme qui\, de ce fait\, se trouve éclairée par l’Esprit de cérite sur tout ce que le Christ a dit. Rien ne s’oppose donc à ce que ces paroles soient dites par le Christ dans l’intimité à l’âme qui le reçoit. \nLA MÉLODIE\nElle a peu de mouvement ; les mots sont bien soulignés\, mais sans développement mélodique considérable.\nToutefois une insistance assez marquée par les salicus sur Spiritus veritatis amène une cadence suspensive en si qui prépare le bel élan de ille arguet au débit de la seconde phrase. C’est là vraiment le point culminant de l’expression ; on y sent une joie fière ; celle du Christ qui va enfin triompher ; celle de l’âme qui se redresse devant le péché\, l’injustice et toute la perfidie au milieu desquels elle vit et\, dans la liberté de sa pensée intime\, prend force\, courage et joie à l’idée que bientôt va venir celui qui établira le droit véritable et le vengera de tout ce qui le diminue. L’énumération qui suit se fait sur des formules sans grand intérêt\, mais les Alleluia raniment la joie pour finir. \nChantez avec simplicité le mouvement thétique de la première phrase ; le pressus de Paraclitus sera donc peu marqué. Par contre\, appuyez bien les salicus sur le si\, en leur donnant même un peu de mordant. Peu ou pas de ralenti à la cadence.\nLe crescendo sur ille arguet léger et délicat. \n  \nCantiques pour Pâques\n \n\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\nPolyphonies pour Pâques\n\nEcoutes de pièces  \n\nZelenka : messe de la Résurrection\n\n  \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
URL:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/quatrieme-dimanche-apres-paques/2025-05-18/
CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Temporal
ATTACH;FMTTYPE=image/jpeg:https://www.musique-liturgique.com/wp-content/uploads/2012/05/4paques.jpg
LOCATION:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/quatrieme-dimanche-apres-paques/2025-05-18/
END:VEVENT
BEGIN:VEVENT
DTSTART;VALUE=DATE:20250525
DTEND;VALUE=DATE:20250526
DTSTAMP:20260525T101255
CREATED:20250218T115710Z
LAST-MODIFIED:20260313T203629Z
UID:10000047-1748131200-1748217599@www.musique-liturgique.com
SUMMARY:Cinquième Dimanche après Pâques
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n\n\n\nINTROÏT\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nLe cri de joie\, lancez-le et qu’il soit entendu.Allelúia.Lancez-le jusqu’aux extrémités de la terre.Il a libéré son peuple\, le Seigneur.Allelúia\, Allelúia. \n\n\n\nPs. – Acclamez Dieu\, toute la terre.Un psaume chantez à son nom\, donnez de l’éclat à sa louange. Isaïe XLVIII. 20 – Ps. LXV. 1\,2. \n\n\n\nC’est aux Juifs captifs à Babylone que le Prophète s’adresse. Il vient de leur dire qu’enfin le Seigneur va bientôt les délivrer\, lorsque tout à coup\, comme s’il voyait dans l’avenir se dérouler la scène de la libération et qu’il y était avec la mission de porter à ses compatriotes la bonne nouvelle de leur délivrance\, il s’écrie : « Sortez de Babylone\, fuyez les Chaldéens. Lancez le cri de joie et qu’il soit entendu et faites-le parvenir jusqu’aux extrémités de la terre. Dites : le Seigneur a racheté son serviteur Jacob. » \n\n\n\nDans l’Introït tout ce qui avait trait au peuple Juif a disparu : l’ordre de fuir\, au début et « son serviteur Jacob »\, à la fin qui a été remplacé par « son peuple ». Aussi bien ce n’est plus Isaïe qui prophétise\, c’est la prophétie qui se réalise. En effet\, par-delà la libération des Juifs\, ce que le Prophète voyait\, c’était la Rédemption du monde\, et la voix qu’il entendait et dont il reproduisait les accords était celle de l’Eglise invitant ses membres à proclamer sans cesse que le Seigneur a sauvé son peuple par sa mort et sa résurrection. C’est cette voix qui chante ici. \n\n\n\nQuel sens exact donner à vócem jucunditátis ? Le mot de la joie ? Ce n’est pas assez. Le cri de la joie dit bien l’enthousiasme de la libération\, mais crier ce n’est pas liturgique ; pour entrer dans le jeu sacré\, il faut que le cri soit stylisé\, or c’est le chant qui donne au cri le style qui convient ; le sens qui paraît le mieux adapté serait donc : lancez le chant qui annonce la joie ardente de Pâques. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nC’est un chant d’enthousiasme\, mais très nuancé. \n\n\n\nLa première phrase commence par un salicus\, comme si l’Eglise voulait un instant savourer sa joie sur cette double note avant de la laisser aller au souffle de l’enthousiasme. Celui-ci la saisit d’ailleurs tout de suite et l’emporte de plus en plus ardente vers l’accent tonique de jucunditátis et la tristropha de nuntiáte où elle s’épanouit\, vibrante et pressante\, certes\, mais douce aussi\, faisant de cet impératif une aimable invitation plutôt qu’un ordre. Elle se détend ensuite tout au long de la thésis en une nuance de bonheur intime et profond. Mais la phrase n’est pas achevée ; il y a une reprise de mouvement sur audiátur. L’élan de joie y est beaucoup moins marqué\, c’est plutôt l’impératif qui domine ici ; l’Eglise soucieuse de ce que ses enfants mettent à profit la bonne nouvelle\, veut qu’on la fasse entendre et qu’elle soit écoutée. La cadence qui se prolonge dans l’Allelúia revêt la même nuance qu’à la fin de l’incise précédente. \n\n\n\nLa seconde phrase reprend l’invitation. Nuntiáte reproduit exactement l’intonation avec le même souffle ardent\, mais\, passé ce premier mot\, l’Eglise\, toute prise par l’idée de faire se répandre jusqu’au bout du monde la joie de la Résurrection\, élargit son chant à la mesure de sa vision et de son désir. Ce mouvement est parmi les plus beaux du répertoire. D’abord mesuré\, presque scandé\, sur les torculus de nuntiáte\, il se dégage sur úsque en un élan hardi qui le porte du la au ré puis\, balançant la joie sur les clivis allongées de extrémum térræ il se fait souple\, léger\, plus large aussi\, comme pour se préparer à s’épanouir sur le torculus si gracieux et si expressif du sommet avant de s’achever sur la cadence pleine et ferme du VIIIe mode. \n\n\n\nC’est dans cette tonalité nouvelle que débute la troisième phrase. Il faut d’abord en préciser le sens car elle peut s’entendre de deux façons selon qu’on la considère ou non comme une citation : « Annoncez ceci : « Le Seigneur a libéré son peuple » « ; ou bien : « Annoncez (la joie) ; le Seigneur a libéré son peuple « . Or\, il semble bien que ce soit cette seconde interprétation qu’il faille lui donner. En effet\, dans le texte d’Isaïe il y a: « Dites : le Seigneur a libéré son serviteur Jacob »\, et\, dans l’Introït \, « dites » ayant été supprimé\, il reste « annoncez(la joie) : le Seigneur a libéré son peuple. » La mélodie confirme d’ailleurs cette interprétation. Elle est toujours joyeuse\, ardente\, enthousiaste mais l’élan léger des deux premières phrases n’y est plus. Dès le début\, dans l’arsis de liberávit on la sent qui se retient ; c’est une joie plus intérieure\, plus profonde qu’elle exprime. Cette nuance – car ce n’est qu’une nuance – est surtout sensible dans le mouvement thétique\, qui commence d’ailleurs tout de suite ; depuis la tristropha et la clivis de Dóminus jusqu’au salicus de pópulum qui ramène si délicatement la mélodie au la\, tout est enveloppé de vénération\, de gratitude\, de tendresse. Les Allelúia eux-mêmes sont discrets\, retenus ; non seulement le premier\, qui se complait dans l’admirable descente vers le ré\, mais le second aussi dont tous les neumes ralentis par le quilisma s’imprègnent de plus en plus de contemplation à mesure qu’ils approchent de la cadence qui achève si bien de dire ces sentiments délicats. \n\n\n\nLe psaume retrouve l’élan joyeux du début sur le mot même de la joie : Jubiláte. \n\n\n\nCet Introït est difficile à bien chanter. On est exposé en effet à en marquer trop les nuances. Ce serait une erreur qui donnerait un caractère recherché\, précieux alors qu’il est au contraire ferme et fort. Il faut faire les nuances\, mais de telle sorte qu’elles découlent comme naturellement les unes des autres. Que les thésis en particulier ne soient pas d’une douceur qui tranche sur la force de l’arsis ; c’est dans un dégradé presque insensible qu’il faut les faire. D’autre part\, on est assez tenté de le chanter fort à cause de son caractère enthousiaste ; rien ne s’y oppose\, au contraire\, mais à la condition expresse que les voix ne soient pas poussées et qu’elle demeurent souples. C’est de la vie beaucoup plus que de la force qu’il lui faut. \n\n\n\nUne technique rigoureuse permettra d’éviter ces deux écueils. \n\n\n\nQue les doubles notes n’aient que leur valeur et qu’elles demeurent bien dans le mouvement. Celle du début est un salicus ; attaquer doucement la première note. Les deux podatus de Jucunditátis ont leur première note légèrement allongée. Faites une légère accélération vers le sommet et évitez de faire la distropha trop dure. Pas de ralenti à la cadence de annuntiáte. \n\n\n\nLe neume de úsque sera très lié et très léger\, les clivis de extrémum\, à peine pesantes\, le torculus du sommet\, gracieusement élargi. Peu de ralenti à la cadence. \n\n\n\nLa tristopha de Dóminus sera douce. Reliez l’Allelúia à súum. Posez bien la première note des podatus du second Allelúia : crescendo discret dans l’arsis\, la thésis très retenue. \n\n\n\nALLELÚIA I\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nIl est ressuscité le Christ et il (nous) a éclairés nous qu’il a rachetés de son sang. \n\n\n\nCes paroles ne se retrouvent nulle part dans l’Ecriture. \n\n\n\nElles ne se rattachent pas directement à l’Epître encore que l’illúxit nóbis puisse s’entendre de la parole du Christ que Saint Jacques nous invite à entendre. L’Eglise s’en sert simplement comme d’un thème général pour chanter le Christ ressuscité éclairant de sa lumière ceux qu’il a rachetés. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle a très peu d’étendue dans la première incise ; quelques notes qui vont et viennent du ré au fa serrées les unes contre les autres ; mais quelle belle expression de l’âme recueillie dans la contemplation du mystère et qui laisse sa joie et sa gratitude monter en touches délicates ! Sur et illúxit elle prend conscience de la clarté que le Christ ressuscité projette en elle et de tout ce qu’elle y trouve de sécurité et de paix. Sa joie s’anime. D’un seul mouvement de quinte la mélodie monte au la mais elle ne s’extériorise pas pour autant ; elle demeure contemplative et c’est d’un pas mesuré qu’elle redescend vers la tonique\, soulignant seulement illúxit d’une touche de ferveur. \n\n\n\nMais voici l’idée de la Rédemption. L’âme cette fois se laisse aller à l’exaltation. La joie d’être rachetée\, sauvée\, ressuscitée un jour\, la fait clamer au monde – comme le demandait l’Introït – le bonheur infini qu’elle doit au Christ. La mélodie de la dominante où elle s’est établie tout de suite\, gagne les hauteurs et s’y déploie à loisir en un motif léger\, vif\, plein d’une allégresse qui s’avive. Celle-ci toutefois ne dure que le temps du mot redémit ; tout de suite\, sur sánguine\, la mélodie redescend en ré. Le mot est très en relief par ce brusque passage au grave et plus encore par les pressus mais ce n’est pas de la tristesse qu’il exprime. A l’évocation des souffrances du Christ\, l’âme est seulement revenue à sa contemplation recueillie et\, sur ces deux pressus\, comme sur ceux du surréxit\, c’est l’ardeur de sa gratitude qu’elle fait monter vers le Seigneur. Le motif d’ailleurs\, pour finir\, rime très heureusement avec celui de illúxit nóbis. \n\n\n\nLe mouvement sera très tranquille et très lié dans la première phrase\, allant vers les  pressus qu’on fera très expressifs. Bien faire l’élan ré la sur et mais garder le mouvement paisible. \n\n\n\nOn l’animera sur quos redémit mais sans forcer le contraste : ne pas le forcer non plus sur sánguine. Il faudra bien veiller aux transitions pour garder à toute la pièce son unité. \n\n\n\nALLELÚIA II\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nJe suis sorti du PèreEt je suis venu dans le mondeMaintenant je quitte le mondeEt je vais à mon Père. Jean XVI. 28. \n\n\n\nIl y a deux façons d’interpréter ici ces paroles prononcées par Notre Seigneur après la Cène. On peut les mettre sur les lèvres de l’Eglise qui se les chanterait à elle-même en une sorte de contemplation pour se préparer au départ du Christ vers son Père. On peut aussi entendre Notre Seigneur lui-même les chanter ; non pas dans le cadre du Cénacle\, le Jeudi Saint\, mais dans l’atmosphère des jours qui précèdent l’Ascension. Il n’est pas rapporté dans l’Evangile qu’il les prononça de nouveau après sa Résurrection\, mais il n’est pas invraisemblable qu’il le fit pour préparer ses disciples à la séparation prochaine. Cette seconde interprétation fait le texte beaucoup plus expressif\, il devient vivant\, actuel car et le Christ et nous nous nous trouvons ainsi dans le cadre même des jours que la liturgie fait revivre et comme dans le prélude du drame de l’Ascension qui se prépare. \n\n\n\nQuelle que soit l’interprétation que l’on choisisse\, il faut bien donner aux mots tout leur sens\, Notre Seigneur parlait de lui-même en disant qu’il était venu du Père et qu’il retournait au Père mais il ne le disait pas sans penser à ses membres qui ne font qu’un avec lui. Eux aussi viennent de Dieu en ce sens qu’ils ont été de toute éternité portés dans la pensée divine et prédestinés à vivre la vie du Christ à telle époque\, dans telle contrée ; et\, leur vie achevée\, ils quittent le monde et vont vers le Père pour leur éternelle béatitude. Nous pouvons donc\, tout en les mettant sur les lèvres du Christ\, faire nôtres ces paroles et chanter sur elles le cycle de notre vie errante. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle est faite d’un motif qui va du ré au sol et du sol au ré\, presque toujours par degrés conjoints. Ce motif revêt deux formes. Le pressus du sommet rend la seconde beaucoup plus expressive. \n\n\n\nA travers ces montées et ces descentes légères\, fluides\, toujours les mêmes et ans cesse répétées ; (15 fois dans l’ensemble de l’Allelúia et du verset) la voix du Christ nous vient comme de très haut\, planant au-dessus du temps\, au-dessus des évènements\, au-dessus de ses disciples\, au-dessus de la peine qu’ils ont de le voir partir\, au-dessus de nos désirs trop humains à nous aussi\, qui voudrions tant qu’il fût là avec son corps de chair. Et elle chante la seule chose qui importe : le mouvement dans lequel tout être doit avoir son mouvement s’il veut atteindre sa fin : venir du Père\, aller au Père. Et pour la chanter\, elle a l’expression de ce qui ne change pas\, de ce qui ne passe pas\, de ce qui dure : de la joie qui a sa plénitude. C’est une voix de contemplation\, la voix de quelqu’un qui est fixé sur son objet\, sur son bien ; la voix du Christ ressuscité qui juge tout dans sa sagesse infinie\, du Christ heureux dans la volonté du Père qui l’a envoyé et qui le rappelle. \n\n\n\nCe n’est pas que la mélodie soit sans expression ; de beaux accents de tendresse pour le Père montent sur les pressus de a Pátre de vádo de Pátrem ; d’autres\, chargés de désirs et d’amour pour nous\, sur véni et múndum. Mais ce qui le caractérise c’est\, par delà les mots et les neumes\, comme une tendre mélodie ; la mélancolie de tous les départs mais ici tempérée\, dominée même par une douceur qui voudrait consoler ; la douceur inexprimable du discours après la Cène. « Mes petits enfants\, encore un peu de temps je suis avec vous…que votre cœur ne se trouble pas…je ne vous laisserai pas orphelins. Je vais mais je reviendrai vers vous. Il vaut mieux que je parte…Là où je suis\, je veux que vous soyez aussi. Il y a beaucoup de places dans la maison de mon Père. Je vous laisse ma Paix\, je vous donne ma Paix… » \n\n\n\nPour que cette mélodie ait vraiment son expression juste il faut la chanter dans un mouvement modéré\, très souple et sans aucune recherche d’effet. Les crescendo seront très discrets\, la voix effacée\, toutes les notes bien égales\, le rythme très prononcé de façon à donner cette impression de continuité indéfinie\, de calme\, de paix absolue si caractéristique de la contemplation. Les pressus seront eux aussi\, peu poussés encore qu’un accent délicat de ferveur doive y être posé. \n\n\n\nOFFERTOIRE\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nBénissez\, peuples\, le Seigneur notre Dieu.Et faites retentir le chant de sa louange.Lui qui a posé mon âme pour la vieEt n’a pas permis de chanceler à ms pieds.Béni soit le Seigneur qui n’a pas repoussé ma prière et sa miséricorde de moi.Allelúia. Ps. LXV. 8\, 9\, 20. \n\n\n\nDans les versets 8 et 9 du Psaume LXV\, qui forment la première partie de cet Offertoire\, le peuple juif invite les nations à louer le Seigneur qui l’a sauvé d’une catastrophe où il devait périr et dans laquelle il n’a même pas été ébranlé. Le verset 20 est une formule de bénédiction dans laquelle il remercie lui-même le Seigneur de l’avoir exaucé dans sa miséricorde. A eux trois\, ils forment un très beau chant d’action de grâces. \n\n\n\nC’est le Christ et ses membres qui le chantent ici. \n\n\n\nLe Christ en tout premier lieu. Il a bien le droit d’inviter les peuples à bénir et à louer son Père car il vient de les conquérir sur la mort. La conquête a été dure\, mais elle s’est achevée dans l’éclatant triomphe de la résurrection. Le Père lui a donné à nouveau son âme pour la vie ; non seulement pour qu’elle anime son corps mais pour que la vie divine qu’ila en plénitude passe de lui dans tous ceux que la grâce de la Résurrection lui incorporera. Pour tout cela : pour le triomphe\, pour le secours dans l’épreuve\, pour sa prière qu’il a répandue sur tous les siens ; Benedictus Dóminus. Que son Père soit béni. \n\n\n\nAvec le Christ\, toute l’Eglise chante Benedícite géntes. Elle peut bien inviter les nations à la louange ; n’est-elle pas le Christ qui se prolonge sur la terre ? N’a-t-elle pas été\, elle aussi\, sauvée et combien de fois au cours des siècles ? \n\n\n\nEt dans l’Eglise chacun chante pour soi : appelant les peuples à célébrer ce que le Seigneur a fait pour son âme. Il nous a donné la vie : la sienne ; bien souvent peut-être il nous l’a rendue et comme il sait tenir de sa main ferme et forte dans les épreuves variées qui font la trame de nos jours ! Pour avoir si souvent exaucé notre prière\, selon la promesse que votre Fils vient de nous rappeler dans l’Evangile\, pour votre miséricorde qui ne cesse d’être sur nous\, Seigneur\, soyez béni… \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle a très peu d’étendue : le retour répété des notes longues sur fa\, la fixe sur une ligne d’où elle ne s’écarte que par échappée. Elle n’a pas d’éclat ; ni l’invitation n’est pressante\, ni la formule de bénédiction ardente. Elle se développe dans une atmosphère de douceur\, de paix\, de sérénité joyeuse surtout qui est bien celle dans laquelle on se plait à évoquer le Christ\, entre la Résurrection et l’Ascension. \n\n\n\nLa voix demeure dans le grave sur Benedícite géntes\, mais elle fait l’invitation aimable et douce. Sur Dóminum Déum elle se revêt d’un accent de ferveur joyeuse. On notera que le motif de cette incise se rapproche de très près de celui de Dóminus díxit ad me dans l’Introït de la Messe de minuit. \n\n\n\nA part l’arsis do mi sol du début qui lui donne une nuance de joie plus extériorisée\, c’est bien la même tendresse heureuse\, simple\, abandonnée ; la tendresse du Fils\, content jadis de venir dans le monde\, content aujourd’hui de retourner au Père. \n\n\n\nObaudíte vócem éjus a quelque chose de ferme qui fait l’intonation plus pressante et l’incise s’achève sur une cadence aimable qui rappelle ici encore celle de méus es tu dans l’Introït de Noël. \n\n\n\nLa  deuxième phrase chante les bienfaits reçus. La vie d’abord. Le qui pósuit vitam évoque l’in splendóribus qui chantait la génération éternelle dans le Graduel de la Messe de minuit. \n\n\n\nCe n’est qu’un rappel ici encore car la seconde note du second torculus enlève au motif l’autorité majestueuse qu’il prend à Noël sur les lèvres du Père. Elle lui donne par contre quelque chose de plus simple\, de plus doux\, de plus joyeux aussi qui va bien avec l’amabilité\, la bénignité si humaines du Fils. Le même motif est à nouveau esquissé sur ánimam et le mouvement de joie un moment animé par le torculus se fixe presque immobile sur la distropha\, comme si le Christ demeurait un instant en admiration devant la merveille de son âme\, chef d’œuvre de la nature et de la grâce où se concentre toute la vie. Heureuse inspiration vraiment que de faire ainsi le Christ chanter son action de grâces\, pour la vie qui lui a été de nouveau donnée\, sur le motif dont se servait le Père pour chanter sa génération éternelle le jour de sa nativité. \n\n\n\nLa fermeté est la nuance de l’incise suivante. Le motif de dédit bien appuyé sur la double note qui le termine\, repris sur commovéri\, esquissé une troisième fois sur pédes avec la tristropha donne une impression de sécurité\, de solidité qui traduit parfaitement l’idée. \n\n\n\nLa troisième phrase est toute consacrée à l’action de grâces. Le Christ a fini d’inviter à la louange et d’énumérer les bienfaits qu’il a reçus. Il semble désormais fixé sur le Père\, il ne voit que lui et c’est à lui seul qu’il chante sa gratitude. Elle jaillit en une mouvante exclamation : Benedíctus Déus… La mélodie\, tout en gardant sa joie délicate\, épouse cette immobilité de l’âme. Onze fois en trois lignes les distrophas et les tristrophas reviennent se poser sur le fa\, chargées d’amour reconnaissant\, rivées elles aussi\, à cette teneur comme le regard du Fils sur le Père. Les motifs sont d’ailleurs très gracieux dans leur simplicité réduite à l’extrême. Benedíctus Dóminus\, avec le torculus qui amène la tristropha en un  mouvement de paix si doux\, est repris sur non amóvit. Il y a une insistance sur deprecatiónem par la double note\, qui est une bivirga épisématique. Enfin brisant un instant la ligne mais sans troubler la contemplation\, la joie retrouve son élan sur le mot qui porte en lui tout l’amour de Dieu pour nous : misericórdiam súam ; et tout s’achève sur l’Allelúia qui prolonge jusqu’au silence où elle se perd la gratitude du Fils… et la nôtre. \n\n\n\nIl faut chanter dans un bon mouvement pas rapide mais vivant et joyeux : ce n’est pas une joie extatique qui pénètre la mélodie mais une joie très humaine qui\, pour être profonde\, n’en est pas moins pleine de vie. \n\n\n\nAllongez la première note du podatus de Benedícite. L’arsis de Dóminum sera très souple ; la voix lancée sur le podatus retombera douce sur la tristropha ; la double note de obaúdite et celle de laúdis sont des bivirgas épisématiques. \n\n\n\nUn bon départ a tempo\, avec une joie plus marquée au début de la seconde phrase. Posez avec une certaine force la double note de pósuit\, qui est une bivirga épisématique ; mais que les neumes qui suivent soient très légers\, comme toute l’incise d’ailleurs. Très peu de ralenti à vítam. Dans l’incise suivante\, allongez légèrement la première note des podatus de dédit\, de commovéri et le punctum qui précède la virga de pédes. Un bon temps de silence à la fin de la phrase pour marquer le changement d’idée. \n\n\n\nToute la troisième phrase gragnera à être un peu plus lente\, tout en demeurant aussi souple et aussi vivante\, il va de soi. Non est une virga allongée dans les manuscrits. Retenez légèrement le podatus de vit dans amóvit. La double note de deprecatiónem est une bivirga épisématique. Retenez quelque peu les trois premières notes de súam. Tout le dernier Allelúia élargi. \n\n\n\nCOMMUNION\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nChantez au Seigneur\, Allelúia.Chantez au Seigneur\, bénissez son nom.Avec zèle annoncez jour après jourLe salut qui vient de lui Allelúia Allelúia. Ps. XCV. 2. \n\n\n\nIl se pourrait que le Psaume XCV\, ait été chanté lors de l’introduction de l’Arche de l’Alliance dans la tente que David avait préparée pour elle à Jérusalem dès qu’il eut achevé la conquête de son royaume. Il se trouve en effet sous forme  à peu près semblable sitôt après le récit de la fête au premier livre des Chroniques (I Par. XIII. 26). Il est vraisemblable aussi qu’il fit partie du programme musical de la dédicace du Temple après le retour de la captivité comme l’indiquent les Septante. Ce n’est pas seulement en ces deux circonstances d’ailleurs qu’il fut sur les lèvres du peuple. Les Juifs eurent tant de fois à remercier le Seigneur de les avoir sauvés que des occasions innombrables leur étaient offertes de le chanter. Il était le psaume par excellence de l’action de grâces enthousiaste. \n\n\n\nIl est particulièrement bien à sa place au temps de Pâques. L’intronisation à Jérusalem de l’Arche qui fut captive des Philistins\, comme d’ailleurs la dédicace du Temple\, était en effet la figure du retour à Dieu de tous les hommes rachetés\, ressuscités sous la conduite du Christ\, fils de David. C’est donc dans cet esprit d’action de grâces pour le salut de l’humanité\, que l’Eglise le chante ici. Notons bien qu’elle ne demande pas de louer le Seigneur d’une façon générale\, comme dans l’Introït ; elle précise la forme de sa louange : Cantáte\, benedícite\, annuntiáte. Chanter\, c’est à dire lui exprimer les transports d’allégresse que font jaillir dans l’âme le salut du monde et plus particulièrement sa présence Eucharistique en nous\, gage de résurrection et de vie éternelle. Bénir son nom\, du nom nouveau\, du nom au-dessus de tout nom que le Père lui a donné parce qu’il s’est fait obéissant jusqu’à la mort\, comme nous le chantions\, en espérance\, au Graduel du Jeudi Saint\, et qui est Emmanuel : Dieu avec nous. Enfin proclamer le salut qu’il apporte à chacun\, avoir le zèle de faire savoir combien il a été et demeure miséricordieux. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nUne joie ardente et qui veut se communiquer la pénètre toute. \n\n\n\nElle est alerte et entrainante dans l’intonation enveloppant en même temps Dómino d’une nuance de tendresse qui se prolonge discrète et paisible sur les beaux rythmes ternaires de l’Allelúia. \n\n\n\nIl y a plus d’ardeur sur le début de la seconde phrase ; la joie est plus extériorisée si l’on peut dire ; Dómino lui-même entre dans l’élan. Mais peu à peu\, sur benedícite\, revient la discrétion ; il s’agit ici de louer Dieu dans les profondeurs de l’âme et c’est vraiment une touche d’intimité qui est répandue sur nómen éjus ; notez plutôt l’exquise délicatesse de la clivis allongée et de la cadence de éjus. \n\n\n\nVient alors l’admirable motif de béne. C’est moins une invitation qu’une exhortation heureuse\, aimable\, discrète\, comme si l’Eglise voulait nous garder dans le recueillement de l’action de grâces. Nous avons traduit par « de votre mieux » précisément pour tâcher de rendre cette expression très particulière de la mélodie si différente de l’annuntiáte de l’Introït qui\, lui\, poussait à l’action immédiate. Cette modération ce souci de ne pas distraire de la présence divine caractérise d’ailleurs toute la phrase ; le mouvement est partout retenu ; sur nuntiáte\, sur díem et jusque sur le rythme qu’on pourrait bien dire quinaire 3-2\, 3-2\,  de salutáre. La joie légère du début revient pour finir sur les Allelúia mais ici encore tempérée. \n\n\n\nPour chanter cette antienne dans son expression exacte\, il va de soi qu’il faut se faire communicatif ; vouloir entrainer à la joie. Beaucoup d’élan donc dans les arsis\, bien qu’elles soient très brèves ; bien lancer l’accent de cantáte et de Dómino. Beaucoup de souplesse dans les thésis. \n\n\n\nChanter la première phrase d’un seul mouvement et ne ralentissez pas la thésis de la seconde. \n\n\n\nBalancez béne avec grâce et ralentissez les quatre notes qui précèdent le quilisma de nuntiáte. Bien rythmer salutáre en veillant à l’unité du mot. Reprise de joie sur le premier Allelúia. \n\n\n\nCantiques pour Pâques \n\n\n\n\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\n\n\n\nPolyphonies pour Pâques\n\n\n\n\nEcoutes de pièces \n\n\n\n\nZelenka : messe de la Résurrection\n\n\n\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
URL:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/cinquieme-dimanche-apres-paques/2025-05-25/
CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Temporal
ATTACH;FMTTYPE=image/jpeg:https://www.musique-liturgique.com/wp-content/uploads/2012/05/5paques.jpg
LOCATION:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/cinquieme-dimanche-apres-paques/2025-05-25/
END:VEVENT
BEGIN:VEVENT
DTSTART;VALUE=DATE:20250526
DTEND;VALUE=DATE:20250527
DTSTAMP:20260525T101255
CREATED:20250218T115858Z
LAST-MODIFIED:20260510T180044Z
UID:10000085-1748217600-1748303999@www.musique-liturgique.com
SUMMARY:Lundi des Rogations (Litanies mineures)
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n  \nLes rogations sont comme un retour des jours de pénitence au cours du temps pascal. Elles n’existaient pas à Rome à l’époque de Saint Grégoire\, mais dès alors\, il y avait le 25 Avril qu’on appelait les Litanies Majeures. C’était une procession instituée pour prendre la place d’un cortège païen qui emmenait la jeunesse Romaine sacrifier à la déesse Robigo pour lui demander de préserver les blés de la rouille ou de la nielle. Cette procession avait un caractère pénitentiel ; son but était d’apaiser la justice divine irritée par le péché et de demander à Dieu de protéger les moissons. Elle se déroulait selon le rite des processions stationnales. On se réunissait à Saint-Laurent in Lucina. Au départ on chantait sans doute l’Exsurge et le long du parcours\, des répons ; ce n’est qu’à l’approche de Saint-Pierre qu’on commençait les Litanies. Celles-ci achevées\, la messe suivait.\nLe rite aujourd’hui est demeuré le même et pour la procession de la Saint-Marc\, le 25 Avril\, et pour celles des Rogations ; seuls les répons ont disparu. Les Litanies commencent dès le départ et s’achèvent par les prières qui sont chantées à l’arrivée à l’Eglise\, juste avant la messe.\nIl semble bien que primitivement seule la procession avait un caractère de pénitence et de supplication et que la messe était célébrée dans la joie du temps pascal. Saint Grégoire lui-même le laisse entendre dans une lettre qu’il écrivait au peuple de Rome pour le convoquer aux Litanies « que tout le monde appelle Majeures ». « Nous irons à Saint-Pierre\, suppliant le Seigneur par des hymnes et des cantiques spirituels afin que dans la célébration des Saints Mystères nous puissions rendre grâce à sa bonté\, autant qu’il est en notre pouvoir\, pour ses bienfaits passés et futurs ». (P. L. LXXVII. 13. 9.) Tous les textes de la messe en effet\, on le verra\, sont des paroles de reconnaissance. \nLA PROCESSION\nAntienne Exsurge\nLE TEXTE \nDebout\, seigneur\, aide-nous\nEt délivre-nous à cause de ton nom.\nPs. O Dieu\, de nos oreilles nous avons entendu.\nNos pères nous ont dit (ce que tu as fait pour eux). Ps. XLIII\, 26\, 1.\nCes deux versets sont une prière ardente qui est en même temps très habile parce qu’elle fait appel à l’honneur du nom divin et à la fidélité de Dieu à ses promesse.\nIls forment un très beau prélude à la procession qui va se dérouler dans la supplication répétée des Litanies.\nLA MÉLODIE \nC’est la demande très humble d’une âme accablée sous l’épreuve et qui n’ose pas lever les yeux. Le sentiment de dépression est moins poussé que dans l’Introït Exsurge du Dimanche de la Sexagésime qui finit sur le même texte\, mais c’est bien la même supplication effacée\, réservée\, retenue\, sans élan. \nIl faut la chanter lentement. Bien poser l’accent de Dómine en lui donnant un peu de longueur. Retenir légèrement la clivis de ádjuva nos. Ralentir à peine nómen túum\nLITANIES\nBien leur garder leur caractère de supplication. C’est facile dans la première partie par la retombée en demi-ton sur si et la remontée si-do. Dans les autres\, ce l’est moins. Veillez à ne pas donner à Peccatóres un air de triomphe\, on y serait assez porté. \nLA MESSE\nINTROÏT\nLE TEXTE \nIl a écouté\, de son Temple saint\, ma voix.\nAllelúia.\nEt mon cri en sa présence est entré dans ses oreilles.\nAllelúia. Allelúia. \nPs. – Je t’aimerai\, Seigneur\, ma force !\nLe Seigneur est mon abri et mon refuge et mon libérateur. Ps. XVII. 7\, 2\, 3. \nLe Psaume XVII est un cantique d’action de grâces dans lequel David\, après un cri d’amour ardent pour son Sauveur : Diligam te Dómine… expose le processus de sa délivrance. Il était dans l’épreuve\, il a prié\, Dieu l’a écouté et l’a sauvé ; alors\, action de grâces.\nDans l’Introït de la Septuagésime qui y prend aussi son texte\, les différentes phases du drame sont toutes évoquées : circumdedérunt me dolóres mórtis\, et invocávi\, et exaudívit\, diligam te. Ici les deux dernières seulement ont été retenues. Aussi bien ne s’agit-il pour l’Eglise que de rendre grâces. Les épreuves ont été exposées au cours du chemin et la prière aussi. Dieu les a entendues. Son aide n’est pas encore visible dans les prés et les champs qui ne sont qu’en herbe et en fleurs\, mais elle est accordée ; il ne faut plus que l’action du temps\, et la moisson passera la promesse des fleurs.\nC’est dans cette certitude d’espoir qu’il faut chanter cet Introït. \nLA MÉLODIE\nLe texte est des plus simples ; il ne fait que constater que la prière a été entendue. La mélodie\, elle aussi\, n’est qu’un récitatif sans emphase. L’Eglise n’exulte pas ; elle se parle à elle-même\, ou\, si elle se confie\, elle raconte la grâce dont elle est bénéficiaire comme une chose normale dans le cours des relations humano-divines. Seulement on sent partout\, aussi bien dans la ligne générale que dans les détails\, l’émouvante gratitude qui est en elle et qu’elle semble ne pouvoir livrer faute de moyens pour en exprimer l’étendue et la profondeur.\nDès le premier mot\, la voix\, en se posant ferme sur la double note de exaudívit\, met dans la sonorité claire de cette syllabe\, la joie de l’âme enfin satisfaite. Cette joie ne fait ensuite que se laisser aller très simplement à travers le balancement de témplo sáncto\, la remontée de vócem\, la tristropha et l’élan si délicat de l’Allelúia\, vers les cadences en mi de súo\, méam\, Allelúia\, si évocatrices de la tendresse émue dont sont baignés\, au fond de l’âme\, ces simples mots.\nIl y a plus de mouvement dans la deuxième phrase\, voire une discrète exultation. Le texte ne dit rien de plus\, mais il y a un certain lyrisme dans la forme\, qui marque la progression de la prière\, arrivée en présence de Dieu\, reçue par lui\, admise jusqu’en ses oreilles. La mélodie quitte le IVe mode sur in conspéctu et\, par une modulation hardie mais très fine\, s’établit dans le VIIIe mode. Elle se pose un instant sur sol en une cadence lumineuse et ferme puis remonte sur intrávit. L’élan ici est moins marqué. La mélodie se retient\, elle insiste\, comme elle insistera encore sur aúres ; on sent que le recueillement domine à nouveau sur ces deux mots\, comme si\, à l’idée que Dieu a accepté sa demande\, l’âme se refermait sur lui pour lui dire son amour et sa gratitude.\nC’est la même tendresse\, baignée de joie heureuse\, qui anime les deux Allelúia si gracieux.\nLe Psaume alors jaillit comme un beau chant d’amour dans la claire sonorité du la et du si naturel.\nIl est bien clair que chanter cette mélodie « en esprit de pénitence » c’est aller à l’encontre des paroles et de la musique\, et la défigurer totalement.\nIl faut qu’elle soit paisible\, recueillie et joyeuse à la fois.\nVeiller à ne pas s’attarder plus qu’il ne faut sur les cadences en mi de la première phrase\, afin de leur garder leur expression de paix heureuse. Qu’un seul mouvement enveloppe tout\, y compris l’Allelúia qui ne sera en rien forcé.\nLa première incise de la seconde phrase aura le même tempo avec une légère accélération à la fin\, pour la relier à in conspéctu et accuser la venue de la joie qui va dominer un instant. Que le porrectus de conspéctu soit bien léger entre les deux clivis allongées. Arrondissez le torculus si gracieux de introivit. La cadence de éjus très expressive. Une reprise de joie délicate sur le premier Allelúia\, mais sans contraste. \nALLELÚIA\nLE TEXTE \nLouez le Seigneur parce qu’Il est bon.\nParce que éternelle est sa miséricorde. Ps. CXVII. 1. \nL’action de grâces continue. Elle prend cette fois la forme d’un appel à la louange. Sans doute est-il amené par l’épisode de la vie du Prophète Elie rapporté à l’Epître : il pria\, et la pluie ne tomba pas pendant trois ans et six mois… il pria de nouveau\, et le ciel donna de  la pluie. Ainsi le Seigneur exauce-t-il notre prière ; louez-le car il est bon… L’Eglise remercie déjà pour toutes les fécondes rosées qui feront la terre donner son fruit.\nLA MÉLODIE\nElle est très apparentée au Confitémini du Samedi Saint  ; à ce point que\, en plusieurs endroits\, ce sont les mêmes notes sur les mêmes mots mais il y a aussi entre les deux de notables différences. Le Samedi Saint\, l’Allelúia est discret\, gradué\, tout à fait adapté à l’éveil progressif de la joie pascale. Ici il n’y a pas à ménager de transition\, la joie est là depuis le début de la messe ; recueillie\, discrète dans l’Introït\, elle prend tout de suite avec l’Allelúia une ardeur plus vive et même un certain éclat. L’arsis fa-sol-do\, dans un beau mouvement\, va s’épanouir sur la tristropha et se détend ensuite en une thésis très courte mais fort gracieuse qui se relie au jubilus\, très joyeux ; d’une joie assurée\, paisible et sans ombre. \nLe verset\, par contre est moins éclatant que celui du Samedi Saint\, ce n’est plus la joie toute fraiche et si longtemps attendue de Pâques. Le début est le même\, mais la cadence de Dómino a été supprimée ou\, plus exactement\, on y a fait entrer quóniam qui a perdu de ce fait le bel élan qui se prolongeait en exaltation sur bónus. Ces deux mots ont été revêtus d’un motif plus réservé\, plus intime\, plus dans le ton de l’Introït.\nLe deuxième quóniam demeure dans le style du premier. Sur miséricórdia éjus le motif du Samedi Saint revient et le thème de l’Allelúia s’y greffe très habilement avant la dernière syllabe de éjus.\nNe pas précipiter les trois premières notes de l’Allelúia ; elles sont quelque peu allongées dans les manuscrits. Elargir aussi le jubilus : c’est une joie qui s’épanouit plutôt qu’une joie qui exulte.\nCommencez le verset dans un élan plein d’ardeur ; qu’il soit alerte. Allongez un peu la première note de am dans quóniam\, et le climacus de bónus ; de même\, dans la seconde phrase\, la première note de saéculum. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE \nJe louerai le Seigneur on ne peut plus\, par ma voix.\nEt au milieu de la multitude\, je le glorifierai\,\nLui qui s’est tenu à la droite du pauvre (que j’étais) pour sauver des persécuteurs mon âme.\nAllelúia. Ps. CVIII. 30\, 31. \nCes deux versets sont les derniers du Psaume CVIII.  Le Psalmiste\, qui a demandé l’aide de Dieu contre ses ennemis\, se voyant déjà exaucé\, remercie en promettant une louange ardente et partout répétée.\nIls sont parfaitement adaptés à cette messe d’action de grâces pour des bienfaits qui ne sont pas encore arrivés. L’Eglise les a demandés\, ces bienfaits\, tout le long du chemin au rythme des Litanies\, et avec insistance\, suivant les conseils mêmes de Notre Seigneur dans l’Evangile qui vient d’être chanté : « Demandez\, cherchez\, frappez ». Sûre d’être exaucée\, parce que « qui demande recevra\, qui cherche trouvera\, qui frappe verra devant lui s’ouvrir la porte »\, elle chante sa reconnaissance.\nLA MÉLODIE\nElle se déroule dans une atmosphère de joie douce\, délicate\, pleine de tendresse ; on y sent l’âme heureuse qui se berce dans son bonheur\, avec ça et là des accents plus vifs de gratitude.\nLa louange promise ne sera pas quelconque elle prendra toute la vie\, l’assurance en est donnée avec ardeur sur le pressus de nímis. Et ce sera une louange personnelle qui aura la valeur d’un témoignage direct ; in óre méo\, de ma bouche ; l’insistance est très marquée par le développement mélodique et les deux pressus. Au début de la seconde incise\, la mélodie s’allège et prend du mouvement ; elle souligne multórum – car ce sera aussi une louange publique et éclatante – mais seulement en passant comme si l’Eglise était pressée d’arriver à l’objet même de la louange : laudábo éum. Elle monte à la dominante sur éum\, très en relief par la tristropha ; une ardeur très vive commence alors à passer dans les derniers neumes\, se renouvelle sur ástitit avec je ne sais quoi de pressant\, comme un hâte de dévoiler la grande bonté du Seigneur\, et va vers paúperis où elle s’étale à loisir ; notez la montée retenue vers les épisèmes.\nElle ne s’arrête pas là\, elle progresse au contraire vers ce qui est l’objet de la gratitude : ut sálvam fáceret. La mélodie monte plus joyeuse vers la tristropha de sálvam\, rebondit sur celle de fáceret. Alors là\, sans qu’on s’y attende\, brusquement\, est amené sur persequéntibus le motif suppliant qui par quatre fois\, le mercredi des Cendres appelait la miséricorde du Seigneur. Il évoque ici la période terrible des persécutions ; évocation rapide mais émouvante. La mélodie revient à la tonique par le motif très gracieux de ánimam méam ; on y retrouve la paix heureuse du début ; elle se prolonge sur l’Allelúia éclairée encore par les contacts du si naturel et du fa.\nNe pas presser le mouvement\, mais l’entretenir toujours.\nElargissez le punctum de nímis et celui qui précède le pressus de méo ; rattachez laudábo à multórum et commencez-y le crescendo puis accélérez légèrement jusqu’à la première clivis de déxteram. Ne faites pas l’arrêt trop long après paúperis.\nRetenez la note qui précède la tristropha de sálvam\, de même\, la première note du podatus de fáceret et élargissez le torculus de ánimam à cause du grand intervalle. L’Allelúia\, bien dans le mouvement. \nCOMMUNION\nLE TEXTE \nDemandez et vous recevrez.\nCherchez et vous trouverez.\nFrappez et l’on vous ouvrira.\nQuiconque en effet demande reçoit\nEt qui cherche trouve\nEt à qui frappe il sera ouvert\, Allelúia. Luc. XI. 9. 10. \nCe sont les paroles de Notre Seigneur qui ont été lues à l’Evangile.\nC’est lui-même qui les chante ici. D’abord pour dégager la leçon de cette cérémonie des Rogations ; mais aussi pour encourager l’âme\, qui la reçoit en ce moment dans son intimité\, à lui faire part\, dans une absolue confiance\, de tous ses besoins et de tous ses désirs.\nLA MÉLODIE \nElle est composée\, comme le texte d’ailleurs\, de deux phrases – la grande barre qui se trouve après invénit doit être considérée pratiquement comme une demi-barre. Ce serait peut-être trop s’avancer que de vois la seconde comme une variation de la première et pourtant il y a entre les incises de l’une et de l’autre de telles ressemblances qu’on ne peut pas ne pas être frappé de ce parallélisme musical : ómnis qui pétit diffère de pétite et accipiétis que par la cadence ; qui quaérit invénit a la même forme que quærite et inveniéntis\, quelques notes allant vers une cadence très ornée ; pulsáte et pulsánti ont aussi bien des affinités. D’autre part il y a dans les deux phrases la même proportion entre les incises et la même progression d’une incise à l’autre ; la première est simple\, la seconde a sa cadence très développée et la troisième est très amplifiée sur pulsáte et pulsánti…\nIl se dégage de l’ensemble une expression d’amabilité\, d’encouragement. On sent la joie qu’éprouve le Christ  à solliciter des demandes qu’il aura tant de bonheur à exaucer. Tous les mots en sont baignés mais\, plus que les autres\, inveniétis\, pulsáte dans la première phrase et\, dans la seconde\, aperiétis avec la remontée ré-fa et l’Allelúia qui prolonge en des neumes\, souples et retenus\, ce bonheur intime. \nLe mouvement ne sera pas rapide mais très souple. \nRetenez la première note du podatus de Pétite et de celui de accipiétis\, de même les deux notes qui précèdent le quilisma de pulsáte ; le pressus de aperiétus\, très expressif.\nUne reprise a tempo au début de la seconde phrase\, qui sera légère. La première note de podatus de áccipit sera retenue légèrement ; aperiétur sera très rythmé. La double note de tur est une bivirga épisématique\, la presser après l’avoir posée doucement. Bien balancer l’Allelúia dans un mouvement paisible et heureux. \nCantiques pour Pâques\n \n\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\nPolyphonies pour Pâques\n\nEcoutes de pièces\n \n\nZelenka : messe de la Résurrection\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
URL:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/lundi-des-rogations-litanies-mineures/2025-05-26/
CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Temporal
ATTACH;FMTTYPE=image/jpeg:https://www.musique-liturgique.com/wp-content/uploads/2020/05/DSC_3697.jpg
LOCATION:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/lundi-des-rogations-litanies-mineures/2025-05-26/
END:VEVENT
BEGIN:VEVENT
DTSTART;VALUE=DATE:20250527
DTEND;VALUE=DATE:20250528
DTSTAMP:20260525T101255
CREATED:20250218T115909Z
LAST-MODIFIED:20260510T180314Z
UID:10000086-1748304000-1748390399@www.musique-liturgique.com
SUMMARY:Mardi des Rogations (Litanies mineures)
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n  \nLes rogations sont comme un retour des jours de pénitence au cours du temps pascal. Elles n’existaient pas à Rome à l’époque de Saint Grégoire\, mais dès alors\, il y avait le 25 Avril qu’on appelait les Litanies Majeures. C’était une procession instituée pour prendre la place d’un cortège païen qui emmenait la jeunesse Romaine sacrifier à la déesse Robigo pour lui demander de préserver les blés de la rouille ou de la nielle. Cette procession avait un caractère pénitentiel ; son but était d’apaiser la justice divine irritée par le péché et de demander à Dieu de protéger les moissons. Elle se déroulait selon le rite des processions stationnales. On se réunissait à Saint-Laurent in Lucina. Au départ on chantait sans doute l’Exsurge et le long du parcours\, des répons ; ce n’est qu’à l’approche de Saint-Pierre qu’on commençait les Litanies. Celles-ci achevées\, la messe suivait.\nLe rite aujourd’hui est demeuré le même et pour la procession de la Saint-Marc\, le 25 Avril\, et pour celles des Rogations ; seuls les répons ont disparu. Les Litanies commencent dès le départ et s’achèvent par les prières qui sont chantées à l’arrivée à l’Eglise\, juste avant la messe.\nIl semble bien que primitivement seule la procession avait un caractère de pénitence et de supplication et que la messe était célébrée dans la joie du temps pascal. Saint Grégoire lui-même le laisse entendre dans une lettre qu’il écrivait au peuple de Rome pour le convoquer aux Litanies « que tout le monde appelle Majeures ». « Nous irons à Saint-Pierre\, suppliant le Seigneur par des hymnes et des cantiques spirituels afin que dans la célébration des Saints Mystères nous puissions rendre grâce à sa bonté\, autant qu’il est en notre pouvoir\, pour ses bienfaits passés et futurs ». (P. L. LXXVII. 13. 9.) Tous les textes de la messe en effet\, on le verra\, sont des paroles de reconnaissance. \nLA PROCESSION\nAntienne Exsurge\nLE TEXTE \nDebout\, seigneur\, aide-nous\nEt délivre-nous à cause de ton nom.\nPs. O Dieu\, de nos oreilles nous avons entendu.\nNos pères nous ont dit (ce que tu as fait pour eux). Ps. XLIII\, 26\, 1.\nCes deux versets sont une prière ardente qui est en même temps très habile parce qu’elle fait appel à l’honneur du nom divin et à la fidélité de Dieu à ses promesse.\nIls forment un très beau prélude à la procession qui va se dérouler dans la supplication répétée des Litanies.\nLA MÉLODIE \nC’est la demande très humble d’une âme accablée sous l’épreuve et qui n’ose pas lever les yeux. Le sentiment de dépression est moins poussé que dans l’Introït Exsurge du Dimanche de la Sexagésime qui finit sur le même texte\, mais c’est bien la même supplication effacée\, réservée\, retenue\, sans élan. \nIl faut la chanter lentement. Bien poser l’accent de Dómine en lui donnant un peu de longueur. Retenir légèrement la clivis de ádjuva nos. Ralentir à peine nómen túum\nLITANIES\nBien leur garder leur caractère de supplication. C’est facile dans la première partie par la retombée en demi-ton sur si et la remontée si-do. Dans les autres\, ce l’est moins. Veillez à ne pas donner à Peccatóres un air de triomphe\, on y serait assez porté. \nLA MESSE\nINTROÏT\nLE TEXTE \nIl a écouté\, de son Temple saint\, ma voix.\nAllelúia.\nEt mon cri en sa présence est entré dans ses oreilles.\nAllelúia. Allelúia. \nPs. – Je t’aimerai\, Seigneur\, ma force !\nLe Seigneur est mon abri et mon refuge et mon libérateur. Ps. XVII. 7\, 2\, 3. \nLe Psaume XVII est un cantique d’action de grâces dans lequel David\, après un cri d’amour ardent pour son Sauveur : Diligam te Dómine… expose le processus de sa délivrance. Il était dans l’épreuve\, il a prié\, Dieu l’a écouté et l’a sauvé ; alors\, action de grâces.\nDans l’Introït de la Septuagésime qui y prend aussi son texte\, les différentes phases du drame sont toutes évoquées : circumdedérunt me dolóres mórtis\, et invocávi\, et exaudívit\, diligam te. Ici les deux dernières seulement ont été retenues. Aussi bien ne s’agit-il pour l’Eglise que de rendre grâces. Les épreuves ont été exposées au cours du chemin et la prière aussi. Dieu les a entendues. Son aide n’est pas encore visible dans les prés et les champs qui ne sont qu’en herbe et en fleurs\, mais elle est accordée ; il ne faut plus que l’action du temps\, et la moisson passera la promesse des fleurs.\nC’est dans cette certitude d’espoir qu’il faut chanter cet Introït. \nLA MÉLODIE\nLe texte est des plus simples ; il ne fait que constater que la prière a été entendue. La mélodie\, elle aussi\, n’est qu’un récitatif sans emphase. L’Eglise n’exulte pas ; elle se parle à elle-même\, ou\, si elle se confie\, elle raconte la grâce dont elle est bénéficiaire comme une chose normale dans le cours des relations humano-divines. Seulement on sent partout\, aussi bien dans la ligne générale que dans les détails\, l’émouvante gratitude qui est en elle et qu’elle semble ne pouvoir livrer faute de moyens pour en exprimer l’étendue et la profondeur.\nDès le premier mot\, la voix\, en se posant ferme sur la double note de exaudívit\, met dans la sonorité claire de cette syllabe\, la joie de l’âme enfin satisfaite. Cette joie ne fait ensuite que se laisser aller très simplement à travers le balancement de témplo sáncto\, la remontée de vócem\, la tristropha et l’élan si délicat de l’Allelúia\, vers les cadences en mi de súo\, méam\, Allelúia\, si évocatrices de la tendresse émue dont sont baignés\, au fond de l’âme\, ces simples mots.\nIl y a plus de mouvement dans la deuxième phrase\, voire une discrète exultation. Le texte ne dit rien de plus\, mais il y a un certain lyrisme dans la forme\, qui marque la progression de la prière\, arrivée en présence de Dieu\, reçue par lui\, admise jusqu’en ses oreilles. La mélodie quitte le IVe mode sur in conspéctu et\, par une modulation hardie mais très fine\, s’établit dans le VIIIe mode. Elle se pose un instant sur sol en une cadence lumineuse et ferme puis remonte sur intrávit. L’élan ici est moins marqué. La mélodie se retient\, elle insiste\, comme elle insistera encore sur aúres ; on sent que le recueillement domine à nouveau sur ces deux mots\, comme si\, à l’idée que Dieu a accepté sa demande\, l’âme se refermait sur lui pour lui dire son amour et sa gratitude.\nC’est la même tendresse\, baignée de joie heureuse\, qui anime les deux Allelúia si gracieux.\nLe Psaume alors jaillit comme un beau chant d’amour dans la claire sonorité du la et du si naturel.\nIl est bien clair que chanter cette mélodie « en esprit de pénitence » c’est aller à l’encontre des paroles et de la musique\, et la défigurer totalement.\nIl faut qu’elle soit paisible\, recueillie et joyeuse à la fois.\nVeiller à ne pas s’attarder plus qu’il ne faut sur les cadences en mi de la première phrase\, afin de leur garder leur expression de paix heureuse. Qu’un seul mouvement enveloppe tout\, y compris l’Allelúia qui ne sera en rien forcé.\nLa première incise de la seconde phrase aura le même tempo avec une légère accélération à la fin\, pour la relier à in conspéctu et accuser la venue de la joie qui va dominer un instant. Que le porrectus de conspéctu soit bien léger entre les deux clivis allongées. Arrondissez le torculus si gracieux de introivit. La cadence de éjus très expressive. Une reprise de joie délicate sur le premier Allelúia\, mais sans contraste. \nALLELÚIA\nLE TEXTE \nLouez le Seigneur parce qu’Il est bon.\nParce que éternelle est sa miséricorde. Ps. CXVII. 1. \nL’action de grâces continue. Elle prend cette fois la forme d’un appel à la louange. Sans doute est-il amené par l’épisode de la vie du Prophète Elie rapporté à l’Epître : il pria\, et la pluie ne tomba pas pendant trois ans et six mois… il pria de nouveau\, et le ciel donna de  la pluie. Ainsi le Seigneur exauce-t-il notre prière ; louez-le car il est bon… L’Eglise remercie déjà pour toutes les fécondes rosées qui feront la terre donner son fruit.\nLA MÉLODIE\nElle est très apparentée au Confitémini du Samedi Saint  ; à ce point que\, en plusieurs endroits\, ce sont les mêmes notes sur les mêmes mots mais il y a aussi entre les deux de notables différences. Le Samedi Saint\, l’Allelúia est discret\, gradué\, tout à fait adapté à l’éveil progressif de la joie pascale. Ici il n’y a pas à ménager de transition\, la joie est là depuis le début de la messe ; recueillie\, discrète dans l’Introït\, elle prend tout de suite avec l’Allelúia une ardeur plus vive et même un certain éclat. L’arsis fa-sol-do\, dans un beau mouvement\, va s’épanouir sur la tristropha et se détend ensuite en une thésis très courte mais fort gracieuse qui se relie au jubilus\, très joyeux ; d’une joie assurée\, paisible et sans ombre. \nLe verset\, par contre est moins éclatant que celui du Samedi Saint\, ce n’est plus la joie toute fraiche et si longtemps attendue de Pâques. Le début est le même\, mais la cadence de Dómino a été supprimée ou\, plus exactement\, on y a fait entrer quóniam qui a perdu de ce fait le bel élan qui se prolongeait en exaltation sur bónus. Ces deux mots ont été revêtus d’un motif plus réservé\, plus intime\, plus dans le ton de l’Introït.\nLe deuxième quóniam demeure dans le style du premier. Sur miséricórdia éjus le motif du Samedi Saint revient et le thème de l’Allelúia s’y greffe très habilement avant la dernière syllabe de éjus.\nNe pas précipiter les trois premières notes de l’Allelúia ; elles sont quelque peu allongées dans les manuscrits. Elargir aussi le jubilus : c’est une joie qui s’épanouit plutôt qu’une joie qui exulte.\nCommencez le verset dans un élan plein d’ardeur ; qu’il soit alerte. Allongez un peu la première note de am dans quóniam\, et le climacus de bónus ; de même\, dans la seconde phrase\, la première note de saéculum. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE \nJe louerai le Seigneur on ne peut plus\, par ma voix.\nEt au milieu de la multitude\, je le glorifierai\,\nLui qui s’est tenu à la droite du pauvre (que j’étais) pour sauver des persécuteurs mon âme.\nAllelúia. Ps. CVIII. 30\, 31. \nCes deux versets sont les derniers du Psaume CVIII.  Le Psalmiste\, qui a demandé l’aide de Dieu contre ses ennemis\, se voyant déjà exaucé\, remercie en promettant une louange ardente et partout répétée.\nIls sont parfaitement adaptés à cette messe d’action de grâces pour des bienfaits qui ne sont pas encore arrivés. L’Eglise les a demandés\, ces bienfaits\, tout le long du chemin au rythme des Litanies\, et avec insistance\, suivant les conseils mêmes de Notre Seigneur dans l’Evangile qui vient d’être chanté : « Demandez\, cherchez\, frappez ». Sûre d’être exaucée\, parce que « qui demande recevra\, qui cherche trouvera\, qui frappe verra devant lui s’ouvrir la porte »\, elle chante sa reconnaissance.\nLA MÉLODIE\nElle se déroule dans une atmosphère de joie douce\, délicate\, pleine de tendresse ; on y sent l’âme heureuse qui se berce dans son bonheur\, avec ça et là des accents plus vifs de gratitude.\nLa louange promise ne sera pas quelconque elle prendra toute la vie\, l’assurance en est donnée avec ardeur sur le pressus de nímis. Et ce sera une louange personnelle qui aura la valeur d’un témoignage direct ; in óre méo\, de ma bouche ; l’insistance est très marquée par le développement mélodique et les deux pressus. Au début de la seconde incise\, la mélodie s’allège et prend du mouvement ; elle souligne multórum – car ce sera aussi une louange publique et éclatante – mais seulement en passant comme si l’Eglise était pressée d’arriver à l’objet même de la louange : laudábo éum. Elle monte à la dominante sur éum\, très en relief par la tristropha ; une ardeur très vive commence alors à passer dans les derniers neumes\, se renouvelle sur ástitit avec je ne sais quoi de pressant\, comme un hâte de dévoiler la grande bonté du Seigneur\, et va vers paúperis où elle s’étale à loisir ; notez la montée retenue vers les épisèmes.\nElle ne s’arrête pas là\, elle progresse au contraire vers ce qui est l’objet de la gratitude : ut sálvam fáceret. La mélodie monte plus joyeuse vers la tristropha de sálvam\, rebondit sur celle de fáceret. Alors là\, sans qu’on s’y attende\, brusquement\, est amené sur persequéntibus le motif suppliant qui par quatre fois\, le mercredi des Cendres appelait la miséricorde du Seigneur. Il évoque ici la période terrible des persécutions ; évocation rapide mais émouvante. La mélodie revient à la tonique par le motif très gracieux de ánimam méam ; on y retrouve la paix heureuse du début ; elle se prolonge sur l’Allelúia éclairée encore par les contacts du si naturel et du fa.\nNe pas presser le mouvement\, mais l’entretenir toujours.\nElargissez le punctum de nímis et celui qui précède le pressus de méo ; rattachez laudábo à multórum et commencez-y le crescendo puis accélérez légèrement jusqu’à la première clivis de déxteram. Ne faites pas l’arrêt trop long après paúperis.\nRetenez la note qui précède la tristropha de sálvam\, de même\, la première note du podatus de fáceret et élargissez le torculus de ánimam à cause du grand intervalle. L’Allelúia\, bien dans le mouvement. \nCOMMUNION\nLE TEXTE \nDemandez et vous recevrez.\nCherchez et vous trouverez.\nFrappez et l’on vous ouvrira.\nQuiconque en effet demande reçoit\nEt qui cherche trouve\nEt à qui frappe il sera ouvert\, Allelúia. Luc. XI. 9. 10. \nCe sont les paroles de Notre Seigneur qui ont été lues à l’Evangile.\nC’est lui-même qui les chante ici. D’abord pour dégager la leçon de cette cérémonie des Rogations ; mais aussi pour encourager l’âme\, qui la reçoit en ce moment dans son intimité\, à lui faire part\, dans une absolue confiance\, de tous ses besoins et de tous ses désirs.\nLA MÉLODIE \nElle est composée\, comme le texte d’ailleurs\, de deux phrases – la grande barre qui se trouve après invénit doit être considérée pratiquement comme une demi-barre. Ce serait peut-être trop s’avancer que de vois la seconde comme une variation de la première et pourtant il y a entre les incises de l’une et de l’autre de telles ressemblances qu’on ne peut pas ne pas être frappé de ce parallélisme musical : ómnis qui pétit diffère de pétite et accipiétis que par la cadence ; qui quaérit invénit a la même forme que quærite et inveniéntis\, quelques notes allant vers une cadence très ornée ; pulsáte et pulsánti ont aussi bien des affinités. D’autre part il y a dans les deux phrases la même proportion entre les incises et la même progression d’une incise à l’autre ; la première est simple\, la seconde a sa cadence très développée et la troisième est très amplifiée sur pulsáte et pulsánti…\nIl se dégage de l’ensemble une expression d’amabilité\, d’encouragement. On sent la joie qu’éprouve le Christ  à solliciter des demandes qu’il aura tant de bonheur à exaucer. Tous les mots en sont baignés mais\, plus que les autres\, inveniétis\, pulsáte dans la première phrase et\, dans la seconde\, aperiétis avec la remontée ré-fa et l’Allelúia qui prolonge en des neumes\, souples et retenus\, ce bonheur intime. \nLe mouvement ne sera pas rapide mais très souple. \nRetenez la première note du podatus de Pétite et de celui de accipiétis\, de même les deux notes qui précèdent le quilisma de pulsáte ; le pressus de aperiétus\, très expressif.\nUne reprise a tempo au début de la seconde phrase\, qui sera légère. La première note de podatus de áccipit sera retenue légèrement ; aperiétur sera très rythmé. La double note de tur est une bivirga épisématique\, la presser après l’avoir posée doucement. Bien balancer l’Allelúia dans un mouvement paisible et heureux. \nCantiques pour Pâques\n \n\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\nPolyphonies pour Pâques\n\nEcoutes de pièces\n \n\nZelenka : messe de la Résurrection\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
URL:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/mardi-des-rogations-litanies-mineures/2025-05-27/
CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Temporal
ATTACH;FMTTYPE=image/jpeg:https://www.musique-liturgique.com/wp-content/uploads/2025/02/MG_3719.jpg
LOCATION:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/mardi-des-rogations-litanies-mineures/2025-05-27/
END:VEVENT
BEGIN:VEVENT
DTSTART;VALUE=DATE:20250528
DTEND;VALUE=DATE:20250529
DTSTAMP:20260525T101255
CREATED:20250218T115712Z
LAST-MODIFIED:20260510T180525Z
UID:10000049-1748390400-1748476799@www.musique-liturgique.com
SUMMARY:Mercredi des Rogations (Litanies mineures)
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n  \nLes rogations sont comme un retour des jours de pénitence au cours du temps pascal. Elles n’existaient pas à Rome à l’époque de Saint Grégoire\, mais dès alors\, il y avait le 25 Avril qu’on appelait les Litanies Majeures. C’était une procession instituée pour prendre la place d’un cortège païen qui emmenait la jeunesse Romaine sacrifier à la déesse Robigo pour lui demander de préserver les blés de la rouille ou de la nielle. Cette procession avait un caractère pénitentiel ; son but était d’apaiser la justice divine irritée par le péché et de demander à Dieu de protéger les moissons. Elle se déroulait selon le rite des processions stationnales. On se réunissait à Saint-Laurent in Lucina. Au départ on chantait sans doute l’Exsurge et le long du parcours\, des répons ; ce n’est qu’à l’approche de Saint-Pierre qu’on commençait les Litanies. Celles-ci achevées\, la messe suivait.\nLe rite aujourd’hui est demeuré le même et pour la procession de la Saint-Marc\, le 25 Avril\, et pour celles des Rogations ; seuls les répons ont disparu. Les Litanies commencent dès le départ et s’achèvent par les prières qui sont chantées à l’arrivée à l’Eglise\, juste avant la messe.\nIl semble bien que primitivement seule la procession avait un caractère de pénitence et de supplication et que la messe était célébrée dans la joie du temps pascal. Saint Grégoire lui-même le laisse entendre dans une lettre qu’il écrivait au peuple de Rome pour le convoquer aux Litanies « que tout le monde appelle Majeures ». « Nous irons à Saint-Pierre\, suppliant le Seigneur par des hymnes et des cantiques spirituels afin que dans la célébration des Saints Mystères nous puissions rendre grâce à sa bonté\, autant qu’il est en notre pouvoir\, pour ses bienfaits passés et futurs ». (P. L. LXXVII. 13. 9.) Tous les textes de la messe en effet\, on le verra\, sont des paroles de reconnaissance. \nLA PROCESSION\nAntienne Exsurge\nLE TEXTE \nDebout\, seigneur\, aide-nous\nEt délivre-nous à cause de ton nom.\nPs. O Dieu\, de nos oreilles nous avons entendu.\nNos pères nous ont dit (ce que tu as fait pour eux). Ps. XLIII\, 26\, 1.\nCes deux versets sont une prière ardente qui est en même temps très habile parce qu’elle fait appel à l’honneur du nom divin et à la fidélité de Dieu à ses promesse.\nIls forment un très beau prélude à la procession qui va se dérouler dans la supplication répétée des Litanies.\nLA MÉLODIE \nC’est la demande très humble d’une âme accablée sous l’épreuve et qui n’ose pas lever les yeux. Le sentiment de dépression est moins poussé que dans l’Introït Exsurge du Dimanche de la Sexagésime qui finit sur le même texte\, mais c’est bien la même supplication effacée\, réservée\, retenue\, sans élan. \nIl faut la chanter lentement. Bien poser l’accent de Dómine en lui donnant un peu de longueur. Retenir légèrement la clivis de ádjuva nos. Ralentir à peine nómen túum\nLITANIES\nBien leur garder leur caractère de supplication. C’est facile dans la première partie par la retombée en demi-ton sur si et la remontée si-do. Dans les autres\, ce l’est moins. Veillez à ne pas donner à Peccatóres un air de triomphe\, on y serait assez porté. \nLA MESSE\nINTROÏT\nLE TEXTE \nIl a écouté\, de son Temple saint\, ma voix.\nAllelúia.\nEt mon cri en sa présence est entré dans ses oreilles.\nAllelúia. Allelúia. \nPs. – Je t’aimerai\, Seigneur\, ma force !\nLe Seigneur est mon abri et mon refuge et mon libérateur. Ps. XVII. 7\, 2\, 3. \nLe Psaume XVII est un cantique d’action de grâces dans lequel David\, après un cri d’amour ardent pour son Sauveur : Diligam te Dómine… expose le processus de sa délivrance. Il était dans l’épreuve\, il a prié\, Dieu l’a écouté et l’a sauvé ; alors\, action de grâces.\nDans l’Introït de la Septuagésime qui y prend aussi son texte\, les différentes phases du drame sont toutes évoquées : circumdedérunt me dolóres mórtis\, et invocávi\, et exaudívit\, diligam te. Ici les deux dernières seulement ont été retenues. Aussi bien ne s’agit-il pour l’Eglise que de rendre grâces. Les épreuves ont été exposées au cours du chemin et la prière aussi. Dieu les a entendues. Son aide n’est pas encore visible dans les prés et les champs qui ne sont qu’en herbe et en fleurs\, mais elle est accordée ; il ne faut plus que l’action du temps\, et la moisson passera la promesse des fleurs.\nC’est dans cette certitude d’espoir qu’il faut chanter cet Introït. \nLA MÉLODIE\nLe texte est des plus simples ; il ne fait que constater que la prière a été entendue. La mélodie\, elle aussi\, n’est qu’un récitatif sans emphase. L’Eglise n’exulte pas ; elle se parle à elle-même\, ou\, si elle se confie\, elle raconte la grâce dont elle est bénéficiaire comme une chose normale dans le cours des relations humano-divines. Seulement on sent partout\, aussi bien dans la ligne générale que dans les détails\, l’émouvante gratitude qui est en elle et qu’elle semble ne pouvoir livrer faute de moyens pour en exprimer l’étendue et la profondeur.\nDès le premier mot\, la voix\, en se posant ferme sur la double note de exaudívit\, met dans la sonorité claire de cette syllabe\, la joie de l’âme enfin satisfaite. Cette joie ne fait ensuite que se laisser aller très simplement à travers le balancement de témplo sáncto\, la remontée de vócem\, la tristropha et l’élan si délicat de l’Allelúia\, vers les cadences en mi de súo\, méam\, Allelúia\, si évocatrices de la tendresse émue dont sont baignés\, au fond de l’âme\, ces simples mots.\nIl y a plus de mouvement dans la deuxième phrase\, voire une discrète exultation. Le texte ne dit rien de plus\, mais il y a un certain lyrisme dans la forme\, qui marque la progression de la prière\, arrivée en présence de Dieu\, reçue par lui\, admise jusqu’en ses oreilles. La mélodie quitte le IVe mode sur in conspéctu et\, par une modulation hardie mais très fine\, s’établit dans le VIIIe mode. Elle se pose un instant sur sol en une cadence lumineuse et ferme puis remonte sur intrávit. L’élan ici est moins marqué. La mélodie se retient\, elle insiste\, comme elle insistera encore sur aúres ; on sent que le recueillement domine à nouveau sur ces deux mots\, comme si\, à l’idée que Dieu a accepté sa demande\, l’âme se refermait sur lui pour lui dire son amour et sa gratitude.\nC’est la même tendresse\, baignée de joie heureuse\, qui anime les deux Allelúia si gracieux.\nLe Psaume alors jaillit comme un beau chant d’amour dans la claire sonorité du la et du si naturel.\nIl est bien clair que chanter cette mélodie « en esprit de pénitence » c’est aller à l’encontre des paroles et de la musique\, et la défigurer totalement.\nIl faut qu’elle soit paisible\, recueillie et joyeuse à la fois.\nVeiller à ne pas s’attarder plus qu’il ne faut sur les cadences en mi de la première phrase\, afin de leur garder leur expression de paix heureuse. Qu’un seul mouvement enveloppe tout\, y compris l’Allelúia qui ne sera en rien forcé.\nLa première incise de la seconde phrase aura le même tempo avec une légère accélération à la fin\, pour la relier à in conspéctu et accuser la venue de la joie qui va dominer un instant. Que le porrectus de conspéctu soit bien léger entre les deux clivis allongées. Arrondissez le torculus si gracieux de introivit. La cadence de éjus très expressive. Une reprise de joie délicate sur le premier Allelúia\, mais sans contraste. \nALLELÚIA\nLE TEXTE \nLouez le Seigneur parce qu’Il est bon.\nParce que éternelle est sa miséricorde. Ps. CXVII. 1. \nL’action de grâces continue. Elle prend cette fois la forme d’un appel à la louange. Sans doute est-il amené par l’épisode de la vie du Prophète Elie rapporté à l’Epître : il pria\, et la pluie ne tomba pas pendant trois ans et six mois… il pria de nouveau\, et le ciel donna de  la pluie. Ainsi le Seigneur exauce-t-il notre prière ; louez-le car il est bon… L’Eglise remercie déjà pour toutes les fécondes rosées qui feront la terre donner son fruit.\nLA MÉLODIE\nElle est très apparentée au Confitémini du Samedi Saint  ; à ce point que\, en plusieurs endroits\, ce sont les mêmes notes sur les mêmes mots mais il y a aussi entre les deux de notables différences. Le Samedi Saint\, l’Allelúia est discret\, gradué\, tout à fait adapté à l’éveil progressif de la joie pascale. Ici il n’y a pas à ménager de transition\, la joie est là depuis le début de la messe ; recueillie\, discrète dans l’Introït\, elle prend tout de suite avec l’Allelúia une ardeur plus vive et même un certain éclat. L’arsis fa-sol-do\, dans un beau mouvement\, va s’épanouir sur la tristropha et se détend ensuite en une thésis très courte mais fort gracieuse qui se relie au jubilus\, très joyeux ; d’une joie assurée\, paisible et sans ombre. \nLe verset\, par contre est moins éclatant que celui du Samedi Saint\, ce n’est plus la joie toute fraiche et si longtemps attendue de Pâques. Le début est le même\, mais la cadence de Dómino a été supprimée ou\, plus exactement\, on y a fait entrer quóniam qui a perdu de ce fait le bel élan qui se prolongeait en exaltation sur bónus. Ces deux mots ont été revêtus d’un motif plus réservé\, plus intime\, plus dans le ton de l’Introït.\nLe deuxième quóniam demeure dans le style du premier. Sur miséricórdia éjus le motif du Samedi Saint revient et le thème de l’Allelúia s’y greffe très habilement avant la dernière syllabe de éjus.\nNe pas précipiter les trois premières notes de l’Allelúia ; elles sont quelque peu allongées dans les manuscrits. Elargir aussi le jubilus : c’est une joie qui s’épanouit plutôt qu’une joie qui exulte.\nCommencez le verset dans un élan plein d’ardeur ; qu’il soit alerte. Allongez un peu la première note de am dans quóniam\, et le climacus de bónus ; de même\, dans la seconde phrase\, la première note de saéculum. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE \nJe louerai le Seigneur on ne peut plus\, par ma voix.\nEt au milieu de la multitude\, je le glorifierai\,\nLui qui s’est tenu à la droite du pauvre (que j’étais) pour sauver des persécuteurs mon âme.\nAllelúia. Ps. CVIII. 30\, 31. \nCes deux versets sont les derniers du Psaume CVIII.  Le Psalmiste\, qui a demandé l’aide de Dieu contre ses ennemis\, se voyant déjà exaucé\, remercie en promettant une louange ardente et partout répétée.\nIls sont parfaitement adaptés à cette messe d’action de grâces pour des bienfaits qui ne sont pas encore arrivés. L’Eglise les a demandés\, ces bienfaits\, tout le long du chemin au rythme des Litanies\, et avec insistance\, suivant les conseils mêmes de Notre Seigneur dans l’Evangile qui vient d’être chanté : « Demandez\, cherchez\, frappez ». Sûre d’être exaucée\, parce que « qui demande recevra\, qui cherche trouvera\, qui frappe verra devant lui s’ouvrir la porte »\, elle chante sa reconnaissance.\nLA MÉLODIE\nElle se déroule dans une atmosphère de joie douce\, délicate\, pleine de tendresse ; on y sent l’âme heureuse qui se berce dans son bonheur\, avec ça et là des accents plus vifs de gratitude.\nLa louange promise ne sera pas quelconque elle prendra toute la vie\, l’assurance en est donnée avec ardeur sur le pressus de nímis. Et ce sera une louange personnelle qui aura la valeur d’un témoignage direct ; in óre méo\, de ma bouche ; l’insistance est très marquée par le développement mélodique et les deux pressus. Au début de la seconde incise\, la mélodie s’allège et prend du mouvement ; elle souligne multórum – car ce sera aussi une louange publique et éclatante – mais seulement en passant comme si l’Eglise était pressée d’arriver à l’objet même de la louange : laudábo éum. Elle monte à la dominante sur éum\, très en relief par la tristropha ; une ardeur très vive commence alors à passer dans les derniers neumes\, se renouvelle sur ástitit avec je ne sais quoi de pressant\, comme un hâte de dévoiler la grande bonté du Seigneur\, et va vers paúperis où elle s’étale à loisir ; notez la montée retenue vers les épisèmes.\nElle ne s’arrête pas là\, elle progresse au contraire vers ce qui est l’objet de la gratitude : ut sálvam fáceret. La mélodie monte plus joyeuse vers la tristropha de sálvam\, rebondit sur celle de fáceret. Alors là\, sans qu’on s’y attende\, brusquement\, est amené sur persequéntibus le motif suppliant qui par quatre fois\, le mercredi des Cendres appelait la miséricorde du Seigneur. Il évoque ici la période terrible des persécutions ; évocation rapide mais émouvante. La mélodie revient à la tonique par le motif très gracieux de ánimam méam ; on y retrouve la paix heureuse du début ; elle se prolonge sur l’Allelúia éclairée encore par les contacts du si naturel et du fa.\nNe pas presser le mouvement\, mais l’entretenir toujours.\nElargissez le punctum de nímis et celui qui précède le pressus de méo ; rattachez laudábo à multórum et commencez-y le crescendo puis accélérez légèrement jusqu’à la première clivis de déxteram. Ne faites pas l’arrêt trop long après paúperis.\nRetenez la note qui précède la tristropha de sálvam\, de même\, la première note du podatus de fáceret et élargissez le torculus de ánimam à cause du grand intervalle. L’Allelúia\, bien dans le mouvement. \nCOMMUNION\nLE TEXTE \nDemandez et vous recevrez.\nCherchez et vous trouverez.\nFrappez et l’on vous ouvrira.\nQuiconque en effet demande reçoit\nEt qui cherche trouve\nEt à qui frappe il sera ouvert\, Allelúia. Luc. XI. 9. 10. \nCe sont les paroles de Notre Seigneur qui ont été lues à l’Evangile.\nC’est lui-même qui les chante ici. D’abord pour dégager la leçon de cette cérémonie des Rogations ; mais aussi pour encourager l’âme\, qui la reçoit en ce moment dans son intimité\, à lui faire part\, dans une absolue confiance\, de tous ses besoins et de tous ses désirs.\nLA MÉLODIE \nElle est composée\, comme le texte d’ailleurs\, de deux phrases – la grande barre qui se trouve après invénit doit être considérée pratiquement comme une demi-barre. Ce serait peut-être trop s’avancer que de vois la seconde comme une variation de la première et pourtant il y a entre les incises de l’une et de l’autre de telles ressemblances qu’on ne peut pas ne pas être frappé de ce parallélisme musical : ómnis qui pétit diffère de pétite et accipiétis que par la cadence ; qui quaérit invénit a la même forme que quærite et inveniéntis\, quelques notes allant vers une cadence très ornée ; pulsáte et pulsánti ont aussi bien des affinités. D’autre part il y a dans les deux phrases la même proportion entre les incises et la même progression d’une incise à l’autre ; la première est simple\, la seconde a sa cadence très développée et la troisième est très amplifiée sur pulsáte et pulsánti…\nIl se dégage de l’ensemble une expression d’amabilité\, d’encouragement. On sent la joie qu’éprouve le Christ  à solliciter des demandes qu’il aura tant de bonheur à exaucer. Tous les mots en sont baignés mais\, plus que les autres\, inveniétis\, pulsáte dans la première phrase et\, dans la seconde\, aperiétis avec la remontée ré-fa et l’Allelúia qui prolonge en des neumes\, souples et retenus\, ce bonheur intime. \nLe mouvement ne sera pas rapide mais très souple. \nRetenez la première note du podatus de Pétite et de celui de accipiétis\, de même les deux notes qui précèdent le quilisma de pulsáte ; le pressus de aperiétus\, très expressif.\nUne reprise a tempo au début de la seconde phrase\, qui sera légère. La première note de podatus de áccipit sera retenue légèrement ; aperiétur sera très rythmé. La double note de tur est une bivirga épisématique\, la presser après l’avoir posée doucement. Bien balancer l’Allelúia dans un mouvement paisible et heureux. \nCantiques pour Pâques\n \n\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\nPolyphonies pour Pâques\n\nEcoutes de pièces\n \n\nZelenka : messe de la Résurrection\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
URL:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/mercredi-des-rogations-litanies-mineures/2025-05-28/
CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Temporal
ATTACH;FMTTYPE=image/jpeg:https://www.musique-liturgique.com/wp-content/uploads/2020/05/DSC_3697.jpg
LOCATION:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/mercredi-des-rogations-litanies-mineures/2025-05-28/
END:VEVENT
BEGIN:VEVENT
DTSTART;VALUE=DATE:20250529
DTEND;VALUE=DATE:20250530
DTSTAMP:20260525T101255
CREATED:20250218T115714Z
LAST-MODIFIED:20260510T180723Z
UID:10000050-1748476800-1748563199@www.musique-liturgique.com
SUMMARY:Ascension du Seigneur
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nINTROÏT\nLE TEXTE\nHommes de Galilée\, pourquoi demeurez-vous en admiration en regardant le ciel.Allelúia.De même que vous l’avez vu monter au ciel\, ainsi il viendra.Allelúia\, Allelúia\, Allelúia.Ps. – Toutes les nations\, battez des mains.Acclamez Dieu dans un cri de joie. Act. I\, 11. Ps. XLVI. 2.Ce sont les paroles mêmes des deux hommes vêtus de blanc aux disciples qui  demeuraient les yeux fixés sur le point du ciel où Notre Seigneur venait de disparaître.Dans le jeu liturgique\, ce sont encore les deux messagers célestes qui chantent par la voix de l’église. Ils nous disent les mêmes paroles\, à nous qui demeurons aussi fixés sur l’image du Christ montant dans la gloire : « qu’avez-vous à demeurer en admiration\, à regarder\, où il n’y a plus rien à voir ? Le premier acte du mystère est achevé\, c’est vers le second\, qui sera le triomphe éternel du Christ – et le vôtre -\, qu’il faut désormais vous tourner ; car il viendra comme il est monté\, sur les nuées du ciel ; c’est lui qui l’a dit. » (Math. XX V. 39.)Ainsi\, comme au cours de l’Avent\, comme à Noël\, comme à l’Epiphanie\, comme à Pâques c’est vers le triomphe éternel du Christ que notre joie est dirigée.Dans le Psaume\, L’Eglise invite tous les peuples à louer le Seigneur pour sa gloire d’aujourd’hui et pour celle de demain. \nLA MÉLODIE\nL’interrogation des anges surgit brusquement\, sans préparation\, directe\, vive\, un peu en coup de théâtre\, comme ce dut être. Elle est débordante de joie ; une joie légère qui plane sur la distropha des admirámini\, avec peut-être une pointe d’esprit éveillée par l’attitude des disciples\, et qui\, après une courbe gracieuse sur aspiciéntes\, reste suspendue en interrogation sur caélum.La prédiction qui suit du prendre sur les lèvres des messagers divins un tout autre ton ? Il s’agissait de proclamer le retour du Christ et de le faire entrer dans l’esprit des disciples comme une certitude qui serait aussi leur consolation.On imagine une affirmation ferme et insistante. C’est bien ainsi que l’auteur de l’Introït l’a conçue. Il a fixé la mélodie en une teneur sur do avec seulement quelques broderies qui y ramènent toutes les cadences. Il en résulte une expression d’autorité qui s’impose\, avec\, sur íta véniet\, quelque chose de solennel qui évoque ce que sera cette venue en « puissance et en majesté ». En tout cela rien de dur\, il va de soi. Saint Luc nous dit que les disciples s’en allèrent plein de joie ; c’est donc que les paroles des messagers étaient pénétrées de douceur et d’onction. La mélodie l’est aussi. Même íta véniet ; c’est à faux qu’on mettrait sur ces deux mots\, je ne sais quelle nuance annonciatrice des terreurs du Jugement dernier ; les anges s’adressaient à ceux qui seront assis avec le Christ pour juger et à nous qui serons juges avec eux\, c’est donc bien plutôt la joie de ce triomphe final qui est évoquée\, comme une vision lointaine\, sur la tristropha légère et douce.Il n’y a d’ailleurs pas d’opposition entre les deux phrases : la joie de la première passe dans la seconde\, se mêle à la prophétie\, pour ajouter encore à la consolation divine qui s’en dégage\, et éclate\, vibrante d’ardeur\, sur le premier Allelúia avant de se perdre\, gracieuse et paisible\, sur la cadence finale.Le mouvement doit être assez vif et léger. Il faut donc veiller à ce que tout soit très souple : les clivis de Galílæi\, le podatus de admirámini et la distropha qui sera soulevée. Reliez aspiciéntes à admirámini. Faites le torculus et le porrectus de caélum bien réguliers. Après l’Allelúia\, bien posé sur la cadence\, repartez a tempo sur quemádmodum\, passez par-dessus le quart de barre qui précède ascendéntem\, et veillez à ce que la tristropha de véniet soit soulevée\, légère\, et comme mystérieuse.Reprenez le mouvement sur ces Allelúia qui seront pleins de vie et de joie.Le Psaume\, qui est un appel à la joie\, devra être bien rythmé et entraînant. \nALLELÚIA I\nLE TEXTE\nIl s’élève\, Dieu\, au milieu des acclamations.Et le Seigneur\, au son de la trompette. Ps. XLVI\, 6.Le Psaume XLVI est un hymne de louange à Dieu en reconnaissance d’une victoire éclatante. Le Psalmiste le montre comme le vainqueur montant en triomphe vers son palais au milieu des ovations et des fanfares.Il va de soi que\, par delà la victoire sur les ennemis d’Israël\, c’est le triomphe du Christ sur les ennemis de Dieu\, et son retour triomphal vers son Père qui est chanté là\, de sorte que ces deux versets s’appliquent d’eux-mêmes à l’Ascension. Toutefois\, la célébration de cet événement glorieux n’épuise par leur sens car\, sur le mont des Oliviers\, lorsque Notre Seigneur s’éleva\, il n’y eut ni les acclamations ni les  sonneries triomphales qu’ils annoncent. Il faut donc aller plus loin et\, dans cette Ascension qui achève le premier avènement\, chanter déjà l’Ascension qui finira le second ; quand le Christ\, vainqueur du dernier combat\, montera vers son Père au milieu des ovations de tous les élus et de la musique de la terre nouvelle et des cieux nouveaux. \nLA MÉLODIE\nC’est une mélodie type. Nous l’avons déjà rencontrée trois fois : le IIIe Dimanche de l’Avent \,  à la fête des Saints Innocents et le IIe Dimanche après l’Epiphanie  ; nous eussions pu l’entendre encore le Samedi de Pâques et nous l’entendrons à nouveau le Dimanche de la Pentecôte . Deux fois\, le texte qu’elle revêt est une prière ; Excíta poténtiam túam et véni\, le IIIe Dimanche de l’Avent\, Emítte Spíritum túum\, le Dimanche de la Pentecôte. L’application là en est excellente ; son caractère discret\, contemplatif s’harmonisant parfaitement avec la supplication. Les autres textes\, sont des invitations à louer Dieu\, l’adaptation\, moins bonne y est encore très heureuse car une invitation est bien une sorte de prière. Mais ici le texte est un récit qui comporte un certain enthousiasme\, et on pourrait être déçu de ne pas trouver dans la mélodie l’ardeur grandiose qui convient\, si l’on ne prenait soin de mettre cet Allelúia dans son contexte liturgique.Il y a en effet bien des façons de se réjouir et de s’enthousiasmer : les réactions provoquées par les événements heureux ne s’expriment pas toutes\, Dieu merci\, par des acclamations et des cris. C’est affaire de circonstances. Or nous venons juste d’entendre le récit de l’Ascension; le Christ monte bien dans la gloire\, mais nous\, nous le perdons ; dès lors\, une joie éclatante est-elle de mise ? On ne conçoit pas les disciples descendant les pentes du mont des Oliviers dans l’exaltation. Ils étaient dans la joie\, Saint Luc le dit expressément\, mais leur cœur en même temps ne demeurait-il pas serré d’avoir vu partir le Maître adoré ? Une telle joie\, toute dans les profondeurs de l’âme\, ne pouvait s’exprimer que d’une manière très discrète. Telle est aussi l’attitude de l’Eglise. C’est pourquoi cette mélodie\, dans sa discrétion\, est parfaitement adaptée. Elle est joyeuse mais d’une joie toute simple avec une touche délicate de recueillement\, voire de contemplation.La première incise de l’Allelúia Excita a été modifiée.La très belle supplication de excita Dómine a disparu ; c’est bien ainsi car elle n’avait pas sa raison d’être dans un simple récit et elle eut nui à l’expansion de la joie.Celle-ci\, dans la première phrase\, pénètre tout juste les mots ; elle ne s’épanouit que sur Jubilatióne en un motif d’ailleurs extrêmement gracieux. Mais dans la seconde\, elle revêt sur Dóminus son caractère nettement contemplatif ; le récit est interrompu sur le nom divin évoquant le Seigneur qui vient de disparaître\, l’Eglise se laisse aller à ses souvenirs. Sur les mêmes rythmes paisibles\, elle appelait le Messie au temps de l’Avent dans la joie de son espérance…Il est venu. Il est remonté\, sa tâche de Rédempteur accomplie. Elle le contemple aujourd’hui dans la gloire et\, consolée par l’íta véniet des anges\, chante déjà son retour et son Ascension dernière vers le Père avec tous ses membres.Il faut chanter cet Allelúia dans une grande simplicité mais avec beaucoup de vie et de joie.Les accents de Déus et de Jubilatióne seront un peu allongés et la vocalise de Dóminus très liée\, les épisèmes horizontaux légers et bien dans le mouvement. La troisième note de túbæ est un salicus. Veillez bien à faire la formule finale souple et balancée. \nALLELÚIA II\nLE TEXTE\nLe Seigneur\, du Sinaï (vient) dans son sanctuaires’élevant sur la hauteur (de Sion).Il a amené avec lui la captivité captive. LXVII. 18\, 19.Le psaume LXVII célèbre le Dieu d’Israël qui\, après avoir délivré son peuple d’Egypte\, l’a conduit du mont Sinaï dans la Terre Promise et après la lui avoir conquise\, est monté sur la hauteur de Sion et est entré dans son Temple\, traînant après lui les captifs faits dans les combats.Tel est le sens de ces deux versets.Eux aussi entrent\, sans qu’il y ait  à les solliciter\, dans la liturgie de l’Ascension. La sortie d’Egypte\, la marche à travers le désert\, la conquête de la Terre Promise\, la montée de l’Arche vers Jérusalem figuraient en effet la délivrance des hommes du joug de Satan\, la conquête par le Christ de la vie éternelle et la montée de tous les élus\, à sa suite\, vers le Père dans le Paradis retrouvé.Cette montée a commencé le jour de l’Ascension. Le Christ\, nous le savons\, n’est pas monté seul : les âmes des justes qui étaient dans les limbes l’ont suivi\, les autres ont pris leur rang à mesure que la mort les a délivrées et elles continuent de le prendre\, de sorte que le cortège n’a jamais été interrompu\, il dure toujours.Voilà la « captivité captive » que le Christ emmène. Le mot demande explication. Captifs\, nous l’étions tous\, et du démon\, et du péché\, et de nous-mêmes. Notre Seigneur nous a délivrés\, puis\, par son amour\, il nous a fait captifs de lui-même ; il nous a pris. Nous le sommes plus ou moins durant notre vie\, mais ceux à qui la mort permet de le voir\, le sont au point de ne plus pouvoir le quitter. Ce cortège des captifs de l’amour s’allongera jusqu’à ce que le dernier homme vienne s’y joindre. Alors\, ce sera la fin : la résurrection et l’ascension dernière des corps et des âmes de la captivité captive\, conduite par le Christ ver le Père pour l’éternelle béatitude.On le voit\, l’idée de cette montée suprême\, contenue implicitement dans l’Introït \, évoquée dans les acclamations et les trompettes du premier Allelúia\, prend ici toute son ampleur. \nLA MÉLODIE\nElle est\, comme la précédente\, une mélodie type. On la trouve à toutes les étapes du mystère du Christ : le Ier Dimanche de l’Avent \, la nuit de Noël \, le IIe Dimanche après l’Epiphanie \, le samedi de Pâques .Son caractère paisible\, recueilli\, contemplatif est parfaitement adapté à la joie délicate de l’Ascension et sert admirablement le texte.Dóminus\, qui commençait aussi l’Allelúia de Noël\, a la même expression de bonheur intime\, avec une discrète ardeur qui se développe au cours de l’incise et s’épanouit fort à propos sur in sáncto\, qui indique ici le ciel. Très heureux aussi le torculus de ascéndens ; la joie s’avive sur ce mot du jour\, tout en gardant sa douce réserve.La seconde phrase est nettement contemplative. Sur les neumes\, qui s’étalent sans se presser\, l’Eglise chante le Christ et le cortège de la captivité captive qui depuis l’Ascension s’élève à sa suite\, et demeure un instant\, perdue à en contempler la splendeur.Chantez dans un mouvement modéré\, avec beaucoup de simplicité ici encore. Faites de la première incise un seul mouvement qui s’épanouira sur sáncto et se continuera dans l’incise suivante. Le torculus de ascéndens sera légèrement élargi.La seconde phrase\, très souple et très liée. A la fin de la première incise\, la voix s’épanouira doucement sur la tristropha et se laissera aller sur les deux mouvements de l’incise suivante.La reprise du chœur sur captivitátem aura un peu plus de mouvement. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nIl monte\, Dieu\, au milieu des acclamations.Et le Seigneur au son des trompettes. Ps. XLVI\, 6.C’est le texte même du premier Allelúia. Il paraphrase ici le miracle rapporté dans les derniers mots de l’Evangile\, comme il le paraphrasait\, il n’y a qu’un instant\, après les derniers mots de l’Epître. L’interprétation en est donc rigoureusement la même. \nLA MÉLODIE\nElle est pénétrée d’un bel enthousiasme ardent et joyeux que nous n’avons pas encore rencontré dans l’office.La première incise décrit la montée de Notre Seigneur. Bien posé sur la première note du porrectus et quelque peu retenu par le ralenti du quilisma\, le chant s’élève par degrés conjoints dans un rythme mesuré\, souple et fort sur lequel la joie s’exalte progressivement. On notera particulièrement Déus avec l’accent tonique qui communique une nouvelle ardeur à l’arsis et la retombée gracieuse qui enveloppe le mot de vénération.La joie se laisse aller quelque peu sur jubilatióne ; légère d’abord\, elle vibre sur les notes longues de la fin du dernier motif\, mais sans éclater\, elle garde sa réserve.La seconde phrase se développe dans la même atmosphère. A noter le motif de jubilatióne repris sur Dóminus et même sur in vóce ; il donne à toute la phrase un caractère de grâce aimable\, de bonheur paisible\, de joie intérieure\, dans un recueillement qui se fait de plus en plus profond jusqu’à ce qu’il rejoigne un instant le silence à travers la cadence si simple de túbæ.L’Allelúia s’élève alors comme une contemplation où l’on découvre sans peine une nuance de mélancolie… la nostalgie du Maître adoré qui est parti.Il doit  y avoir dans la montée de ascéndit Déus un crescendo-accelerando qui se détendra gracieusement sur les notes qui précèdent le quilisma de Déus ; ce léger ralenti du la et du sol ne doit pas toutefois affecter la cadence\, il faut que le mouvement passe de Déus à in jubilatióne.Posez bien la première note de ti dans jubilatióne et commencez-y l’arsis qui s’épanouira sur le sommet.Repartez a tempo sur Dóminus. Les deux torculus de túbæ\, à peine ralentis.Il faut se complaire dans l’Allelúia sans retenir le mouvement\, il va de soi. La double note sur fa qui suit la clivis allongée est une bivirga et la triple note avant le torculus de la fin\, une trivirga ; les appuyer quelque peu et les prolonger. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nChantez un Psaume au SeigneurQui s’élève par dessus les cieuxDu côté de l’Orient.Allelúia. Ps. LXVII. 33\, 34.Ces versets\, qui sont dans les derniers du Psaume\, sont un appel du peuple Juif aux nations étrangères pour les inviter à célébrer son Roi qui revient vainqueur dans son palais.Ils entrent d’eux-mêmes dans la liturgie de l’Ascension. L’Eglise invite ses membres\, et ceux-là surtout qui communient sacramentellement ou spirituellement au sacrifice\, à louer le Seigneur…qui se perd peu à peu au-dessus des cieux du côté de l’Orient. \nLA MÉLODIE\nL’intonation reproduit celle de la communion du Dimanche précédent mais une quinte au-dessous\, ce qui lui donne une nuance de discrétion\, de recueillement très marquée. La mélodie ensuite devient descriptive et revêt sur súper une magnifique ardeur d’admiration joyeuse. Elle redescend par degrés sur le motif répété de caélos cælórum\, vers ad Oriéntem où elle devient toute contemplative ; il semble que l’âme soit comme fixée dans le soleil. C’est le motif qui chantait le Verbe Incarné\, dans le Sein de Notre-Dame le jour de l’Annonciation (Communion du IVe Dimanche de l’Avent et de la fête de l’Annonciation ).L’âme se perdait alors dans l’admiration du Dieu qui venait avec nous ? Elle s’y perd encore aujourd’hui\, car c’est bien moins l’image du Christ qui monte au-dessus des Cieux qu’elle chante sur ce dernier mot\, que la vision\, obscure mais réelle et qui se fait tous les jours plus claire\, du Christ élevant le monde avec lui vers le Père par la grâce de l’Eucharistie.Que l’intonation soit très recueillie.Posez bien la première note du podatus de Dómino. Le crescendo sera progressif sur qui ascéndit súper\, et le mouvement entretenu jusqu’à la fin de l’incise. Chantez avec beaucoup de grâce le motif de ad Oriéntem et prolongez-en l’expression jusqu’à la fin de l’Allelúia.  \nCantiques pour Pâques\n\nPolyphonies pour l’Ascension\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
URL:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/ascension-du-seigneur/2025-05-29/
CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Temporal
ATTACH;FMTTYPE=image/jpeg:https://www.musique-liturgique.com/wp-content/uploads/2012/05/ascension.jpg
LOCATION:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/ascension-du-seigneur/2025-05-29/
END:VEVENT
BEGIN:VEVENT
DTSTART;VALUE=DATE:20250530
DTEND;VALUE=DATE:20250531
DTSTAMP:20260525T101255
CREATED:20250218T115526Z
LAST-MODIFIED:20260510T180802Z
UID:10000013-1748563200-1748649599@www.musique-liturgique.com
SUMMARY:Fête de sainte Jeanne d'Arc
DESCRIPTION:En France cette fête est solennisée le deuxième dimanche du moi de mai. \n\n\n\nTélécharger le propre de la messe grégorienne de sainte Jeanne d’Arc. \n\n\n\nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n\n\n\nCe n’est pas parce qu’elle a sauvé la patrie que Jeanne d’Arc a été canonisée. Ce n’est pas non plus parce qu’elle a été appelée par Dieu à cette mission ; envoyée\, guidée par lui. C’est tout simplement parce qu’elle a fait la volonté de Dieu et qu’elle l’a faite dans des circonstances qui lui ont fait pratiquer les vertus à un degré héroïque.Il reste que sa mission était d’une importance capitale pour l’Eglise\, tout autant que pour la France : on l’a bien vu lorsque l’hérésie a couvert l’Angleterre. Si la France alors avait été anglaise c’en était fait de sa foi.Jeanne d’Arc a donc lutté à la fois pour Dieu et pour la France. C’est à ce double titre que l’Eglise l’honore et la prie : « Dieu qui avez suscité merveilleusement la Bienheureuse Jeanne pour défendre la foi et la patrie\, donnez-nous\, nus vous en prions\, par son intercession\, que votre Eglise après avoir déjoué les embuches de ses ennemis\, jouisse d’une paix sans fin ». \n\n\n\nINTROÏT\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nChantons au Seigneur.Glorieusement\, en effet\, il a fait éclater sa grandeur.Ma force est l’objet de ma louange est le Seigneur.Et il est devenu pour moi le salut.Alleluia\, Alleluia. \n\n\n\nPs. – Chantez au Seigneur un cantique nouveau\,Car des merveilles il a faites. Exode XV\, 1\, 20. – Ps. XCVII\, 1. \n\n\n\nC’est le début du chant des Isarélites après le passage de la mer Rouge. Alors que les flots ouverts\, obéissant à la main étendue de Moyse\, venaient de se refermer sur l’armée du Pharaon « Moyse et les enfants d’Israël chantèrenet ce cantique à Yahweh :Chantons à Yahweh.Dans la gloire il a déployé sa grandeur.Il a précipité dans la mer le cheval et le cavalier.Yahweh est ma force et l’objet de mes chants.Il a été pour moi le salut…Marie la prophétesse\, sœur d’Aaron\, prit à la main un tambourin et toutes les femmes vinrent à sa suite avec des tambourins et en dansant. Marie répondait aux enfants d’Israël :Chantons à Yahweh.Dans la gloire il a déployé sa grandeur.Il a précipité dans la mer le cheval et le cavalier. »Le choix est heureux. L’application se fait d’elle-même. Ce chant d’action de grâces n’a-t-il pas monté des fois et des fois aux lèvres des Français dans la marche triomphale d’Orléans à Reims. Et n’est-il pas aussi bien sur les lèvres de toute l’Eglise qui par la même victoire fut\, elle aussi\, préservée. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle est calquée sur celle de l’Introït Circumdedérunt du Dimanche de la Septuagésime\, magnificatus est excepté\, qui est emprunté à et conventum facite de l’Introït Laetare du IVe Dimanche de Carême. L’adaptation est très bonne. La première phrase du Circumdedérunt\, sombre et un epu douloureuse\, a été évitée\, de même le pressus qui fait ce premier mot pesant. Rien n’arrête le bel élan de joie qui monte vers Domino et se prolonge jusqu’à la fin de la phrase\, s’étalant sur gloriose enim ferme et sonore comme une fanfare de victoire\, et s’envolant en carillon sur les torculus de magnificatus est.La seconde phrase exulte moins Les paroles d’ailleurs n’ont plus le caractère ardent du début. L’âme se replie sur sa joie intérieure et fait retour au Seigneur de la part qui lui revient dans le triomphe. Une touche de gravité passe sur fortitudo\, ais la ferveur est toujours là\, mêlée à la gratitude sur mea Dominus et factus est. La détente est un peu courte sur salutem. Aussi bien\, ce n’est pas la fin ; les deux Alleluias prolongent la louange qui s’achève en une cadence bien proportionnée cette fois.L’intonation sera très vivante\, sans être précipitée ; on veillera notamment à donner au punctum de méis toute sa valeur. Un crescendo montant sur Domino passera sur gloriose et continuera jusqu’à la fin de la phrase\, se renforçant sur enim qui sera très rythmé. On arrondira le sommet des torculus de magnificatus est. Toute la phrase doit être souple\, enveloppée dans un souffle ardent qui ne cesse que sur le torculus final.Le début de la seconde phrase sera plus doux\, l’intensité commencera de croître à partir du torculus de laus\, sans éclat elle atteindra son maximum sur la double note de factus est\, une bivirga épisématique qui sera bien appuyée ?Retenez quelque peu salutem\, et faites un bon départ a tempo et un crescendo bien mené sur le premier alléluia.En dehors du temps pascal\, la cadence de salutem sera beaucoup plus retenue puisqu’elle sera alors conclusive. \n\n\n\nALLELUIA I\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nTu as agi avec une âme d’hommeEt vaillant est ton cœur.La main du Seigneur t’a revêtu de force\,En conséquence tu seras bénie à jamais. Judith XV\, 11\, 12. \n\n\n\nC’est ainsi que le Grand Prêtre salua Judith lorsqu’après la défaite des Assyriens il vint lui rendre hommage. Elle avait été\, par la force de Dieu\, le principal artisan de la victoire en coupant la tête d’Holopherne. Elle avait sauvé le pays.Ainsi de Jeanne d’Arc. Aussi l’application se fait-elle d’elle-même. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nNous l’avons rencontrée maintes fois : le IIIe Dimanche de l’Avent\, à l’Ascension\, à la Pentecôte. Son caractère discret\, contemplatif\, convient mieux à une louange intérieure qu’à l’ardeur éclatante des jours de victoire. Mais aussi bien\, ce n’est pas tant de ses victoires que Jeanne est louée ici que des vertus dont la main de Dieu l’a gratifiée et de la bénédiction qui est sur elle à jamais. « Je me suis proposée de prendre la Sagesse pour compagne de ma vie… »\, nous dit-elle dans l’Epître. L’Eglise l’en félicite ici en des nuances délicates. Toutefois un mouvement plus rapide et un rythme plus marqué mettront dans la mélodie quelque chose de a joie des victoires qui ne se sépare pas de l’autre en un tel jour.La courbe de fecisti sera gracieuse mais prendra en remontant sur viriliter une certaine vigueur : le punctum qui précède\, posé doucement puis allongé en rinforzando\, donnera cette nuance. Veillez à ne pas précipiter et confortatum est. Lancez bien le début de la seconde phrase et retenez toute la montée de confortavit en la menant crescendo\, le salicus bien appuyé. Par contre\, vous vous complairez sur eis. La montée de aeternum sera menée crescendo-accelerando. \n\n\n\nALLELUIA II\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nMaintenant donc prie pour nousCar tu es une femme sainte et craignant Dieu. Judith VII\, 29. \n\n\n\nC’est encore de l’histoire de Judith que sont extraites ces paroles. C’était à l’heure du danger. Devant la force des Assyriens\, le Grand Prêtre avait perdu courage\, il allait livrer la ville. Judith l’apprit et vint lui reprocher sa conduite. Il reconnut son tort et s’inclinant devant la sagesse de cette femme lui dit : « Maintenant prie pour nous… » Le contexte change ici ; c’est après la victoire que cette prière est adressée à Jeanne d’Arc\, mais le sens est bien le même. Devant le choix que Dieu a fait d’elle pour sauver le pays et la foi\, et devant la sainteté qu’elle a acquise et qui lui donne tant de pouvoir sur le cœur de Dieu\, l’Eglise se confie à elle et se réclame de con patronage. Ne vient-elle pas de dire dans l’Eglise : « Je gouvernerai les peuples et les nations me seront soumises… ». \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nNous l’avons déjà trouvée pour la fête des Saints Innocents. C’est une prière aimable\, joyeuse. Elle loue plus qu’elle ne supplie.La première phrase\, particulièrement gracieuse au début\, finit sur une cadence très commune mais qui prend ici une nuance de prière discrète\, délicate\, et très aimante. La seconde est plutôt empreinte d’admiration\, de vénération. La joie revient avec la vocalise\, souple\, rythmée comme une danse lente et pieuse.Commencez l’Alleluia à mi-voix et menez le crescendo jusqu’à la dernière syllabe que vous arrondirez avec grâce\, puis balancez avec souplesse l’admirable jubilus\, il est ait d’un seul motif\, repris et allongé d’une cadence ; veillez de très près à la liaison de la reprise ; il faut qu’on sente la distinction sans que l’unité en souffre.Le mouvement du verset demeurera assez lent et tout le mot ora sera élargi. On fera très expressif sancta dans la seconde phrase. Deum sera relié au jubilus par dessus le quart de barre sans la moindre interruption. \n\n\n\nOFFERTOIRE\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nIls la béniront tous d’une seule voix disant :Tu es la gloire de Jérusalem\,Tu es la joie d’Israël.Tu es l’honneur de notre peuple.Alleluia ! Judith. XV. 10. \n\n\n\nCe sont les paroles de bénédiction et de gloire que le Grand Prêtre et es anciens de Jérusalem adressèrent à Judith lorsque\, après la défaite totale des Assyriens\, ils vinrent la saluer à Béthulie. Acclamations splendides qui\, après Notre Dame vont à tous ceux qui viennent asséner sur la tête de Satan les coups qui\, les uns après les autres\, contribuent à l’écraser. Jeanne d’Arc en fut. En quoi elle est la gloire\, la joie et l’honneur de l’Eglise\, et de la France\, sa fille aînée. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle est faire de motifs empruntés à des sources très diverses. Mais la centonisation en a été habilement faite.De l’intonation qui va en crescendo se dégage une ferveur intense qui se répand sur toute la phase et prépare les acclamations qui suivent.La première est un beau mouvement de joie\, sans éclat mais animé d’une ardeur qui va vers la seconde\, s’épanouit large et enthousiaste sur la double note et la clivis allongée de laetitia et se prolonge tout le long de la phrase. La troisième se développe très brillante dans les hauteurs où elle s’établit comme une grande clameur qui voudrait ne pas finir.Il faut insister sur le  motif de l’intonation : retenez légèrement le toculus initial et donnez du poids à la première note de tous les podatus comme si elle était affectée d’un épisème horizontal. Marquez bien aussi le salicus de eam. Veillez à bien lier una voce en faisant les notes égales et en marquant très peu les ictus.In Gloria sera très souple et d’un seul jet\, rattachez-y étroitement Jérusalem\, en le conduisant en un discret crescendo vers le dernier podatus.Tu laetitia sera élargi et il y aura une reprise de mouvement et d’intensité sur le dernier motif d’Israël\, de même un crescendo-accelerando unira les premiers neumes de tu honorificéntia et les conduira vers e sommet qui\, lui aussi\, sera élargi et arrondi ; toute la dernière incise sera bien vivante et sonore. Etalez l’Alleluia\, en rythmant avec soin son admirable cadence. \n\n\n\nCOMMUNION\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nMême si je marche au milieu des ombres de la mortJe ne craindrai pas le mal\,Car tu es avec moi\, Seigneur Jésus\,Alleluia.Quel admirable cri de confiance de l’âme envers le Christ présent en elle : On pense au dernier mot de Jeanne sur le bûcher ! \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nC’est celle de la Communion Féci judicium de la messe Me expectavérunt des vierges martyres. Le calque est bon : aussi bien c’est la même idée. Une affirmation douce et ferme qui va vers quoniam tu mecum es\, si pénétrée de joie\, d’amour délicat et qui s’épanouit en tendresse sur Domine Jesu. (Voir la Communion du Dimanche de la Sainte Trinité qui\, elle aussi\, a été calquée sur Feci judicium)On pourra allonger la première note du podatus de ambulavérunt. Tout le reste de la première phrase sera chanté très simplement\, sans effort\, d’un seul mouvement très lié avec une nuance de certitude joyeuse.On donnera un peu de mouvement à la première incise de la seconde phrase qui sera souple et légère. Par contre\, on retiendra avec grâce et expression Domine Jesu. \n\n\n\nCantiques en l’honneur de sainte Jeanne d’Arc\n\n\n\nSainte Jeanne de France \n\n\n\n\nCantique complet\n\n\n\nTélécharger la partition\n\n\n\n\nO sainte Jeanne de Domrémy \n\n\n\n\nCantique complet\n\n\n\nTélécharger la partition\n\n\n\n\n  \n\n\n\nUnique ! Le coffret contenant tous les fichiers (épîtres\, évangiles et préface) sur 1 CD au format MP3.
URL:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/fete-de-sainte-jeanne-darc/2025-05-30/
CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Sanctoral
ATTACH;FMTTYPE=image/jpeg:https://www.musique-liturgique.com/wp-content/uploads/2012/05/jeanne-darc-418576_1920.jpg
LOCATION:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/fete-de-sainte-jeanne-darc/2025-05-30/
END:VEVENT
END:VCALENDAR