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SUMMARY:Dimanche de la Passion
DESCRIPTION:Les Gloria Patri sont supprimés (Asperges me\, introït\, psaume Lavabo). Les crucifix sont voilés. \nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : Prophétie de Jérémie sur la Passion du Christ. \nÉPÎTRE : (Heb. IX\, 11-15). Les fruits de la Passion. Le Christ\, Grand Prêtre par nature\, entre dans le Tabernacle divin\, Le Ciel\, avec son sang et\, remplissant son rôle de médiateur\, rachète le monde une fois pour toutes. \nÉVANGILE : (Jean VIII\, 46-59). Les Juifs accusent Notre Seigneur d’être possédé et essaie de le lapider. \nSTATION : Saint Pierre. \nIDÉE CENTRALE :  La Rédemption du monde par la Passion et la mort du Christ\, annoncée par le prophète\, réalisée par Notre-Seigneur et présentée par Saint Paul dans sa splendeur éternelle. \nINTROÏT\nLE TEXTE \nRends-moi justice\, ô Dieu\, et discerne ma cause de la nation qui n’est pas sainte. De l’homme mauvais et fourbe\, délivre-moi\, car tu es mon Dieu et ma force. \nPs. – Envoie ta lumière et ta vérité : elles me guideront et m’amèneront à ta montagne sainte et à tes Tabernacles. Ps. XLII. 1\,2\,3. \nLe Psaume XLII fut composé dans la captivité. Le psalmiste\, interprétant la prière des captifs\, demande à Dieu de rendre justice à son peuple\, pour le bien qui est en lui\, de ne pas le confondre avec la race idolâtre qiu l’opprime\, et de lui rendre la lumière qui le dégagera des dangers et le guidera vers la montagne sainte et son temple.Lorsque Notre Seigneur\, au cours de sa vie\, eut à réciter ces versets\, ils prirent évidemment sur ses lèvres un autre sens\, leur sens total. Il demandait vraiment que justice lui fût rendue. En tant que Dieu\, il n’avait pas à le demander\, il était l’égal du Père; en tant qu’homme non plus\, car il était d’une absolue pureté. Mais il avait pris sur lui tous les hommes; il les avait à ce point insérés dans sa personnalité qu’ils était vraiment quelque chose de lui\, comme les branches sont quelque chose de l’arbre.  » Je suis la vigne\, vous êtes les branches… » Il les avait pris avec leurs péchés et\, parce que ces péchés étaient un obstacle à leur union avec lui\, il avait résolu d’en assumer la charge devant le Père et de les expédier; ce qu’il faisait depuis le commencement de sa vie et qu’il allait achever dans sa Passion et sa Mort.Lorsqu’il disait :  » Rends-moi justice« \, il demandait donc que le Père le regardât comme justicier\, lui et tous les hommes qui\, dans la suite des temps\, entreraient dans son sacrifice et en recevraient les fruits; et il le demandait comme un droit\, en tant que Verbe fait chair\, en tant que Christ.Il demandait aussi que sa cause fut discernée de celle des hommes qui refuseraient la Rédemption et qui formaient\, dans sa vision de l’avenir\, la nation non sanctifiée\, les réprouvés de Dieu.Enfin\, il implore Dieu de le délivrer de ses ennemis\, qui allaient s’acharner sur lui jusqu’à son dernier souffle\, et de tous ceux qui continueraient\, sous une forme ou sous une autre\, de le persécuter dans ses membres.Cette prière\, le Christ\, dans la gloire\, continue de la dire pour la partie de son humanité collective qui est encore dans les épreuves de la Passion; avec lui\, L’Église\, consciente de ses fautes\, la dit aussi. C’est ainsi qu’elle nous arrive chaque année\, comme la voix du Christ souffrant nous atteignant à travers les siècles\, comme la voix du Christ glorieux intercédant pour nous\, comme la voix du Christ vivant dans l’église qui continue sa passion\, et comme la nôtre\, incluse dans la sienne. \nLA MÉLODIE \nElle commence comme la prière extrêmement humble d’un homme accablé. Judica me Deus. Le Christ sait qu’il a droit à la justice\, mais Il porte sur lui nos péchés et il en a honte; il en souffre; il les regrette comme s’ils étaient les siens; il en a le coeur brisé\, le coeur contri. Voilà bien le sentiment de cette première incise: une prière de contrition\, réservée\, retenue\, sans élan; seul le salicus de Judica me y met une certaine insistance\, tout de suite atténuée d’ailleurs par le si b.Mais voici qu’un autre sentiment se lève et domine. À l’idée d’être confondue avec ceux qui ne veulent pas se repentir\, une sorte de répulsion envahit l’âme du Christ et donne à sa prière un accent à la fois de protestation indignée\, de supplication ardente\, de douleur et d’effroi. Cette expression qui se dessine à partir de causam meam atteint son maximum d’intensité sur la double note de gente – une bivirga épisématique. Ce n’est plus la prière qui demande humblement\, c’est le cri de toute l’âme tendue vers la justice du Père.L’idée est la même dans la seconde phrase\, mais la progression en est plus étendue ; elle se fait lentement sur ab homine\, comme si le Christ s’appliquait à modérer l’horreur qui monte en lui. Elle éclate pourtant à nouveau et plus poussée; eripe me est un véritable appel de détresse. Le fait qu’il s’achève à la quinte supérieure en une cadence sur si\, lui donne encore un caractère de souffrance plus aiguë.La troisième phrase est tout autre. Le Christ ne demande plus\, il ne se plaint plus\, il fait confiance. Tout le long des neumes qui redescendent paisibles vers la tonique\, il n’y a plus qu’une tendresse confiante\, abandonnée\, sûre d’avoir ce qu’elle veut du Père infiniment aimant\, juste et fort. Elle est particulièrement expressive dans la première incise avec le si naturel de Deus\, qui y met une clarté de paix\, et la distropha de meus d’une si intime ferveur.Le Psaume\, par son caractère discret\, paisible et lumineux\, entre bien dans le développement de cette nouvelle idée; l’âme\, ranimée par son abandon en la force du Seigneur\, se livre à lui\, heureuse et confiante\, pour qu’il la conduise à la montagne du sacrifice et\, par-delà le sacrifice\, au lieu de sa béatitude. \nGRADUEL\nLE TEXTEDélivre-moi\,  Seigneur\, de mes ennemis. Enseigne-moi à faire ta volonté. \nVerset. – Délivre-moi\, Seigneur\, des nations en furie. De ceux qui m’attaquent\, tu me feras triompher. De l’homme inique\, tu m’arracheras. Ps. CXLII\, 9-10. XVII\, 48-49.Deux idées bien différentes. La première partie est une prière pour la délivrance et la parfaite soumission à la volonté divine; le Verset\, un cri de foi et d’absolue confiance.Cet appel au secours\, mêlé de soumission humble et d’inébranlable espoir\, qui fut si souvent lancé vers Dieu par David en ses heures d’épreuves\, s’applique pleinement à Notre Seigneur\, au jour de sa Passion. De quelle âme\, à la fois accablée et forte\, dût-il le répéter\, quand tout le monde\, de tous côtés\, s’acharnait contre lui !Il demeure toujours d’actualité sur ses lèvres. Lui\, dans la gloire\, n’a plus à subir les coups de ses ennemis\, mais ses membres qui sont sur la Terre ont besoin\, eux\, d’être délivrés de leurs ennemis toujours actifs; besoin aussi de l’esprit de soumission.Il le demande pour eux et eux le demandent avec lui; puis\, réconfortés par son acte d’éternelle Rédemption que saint Paul vient de leur rappeler dans l’Épître et assurés déjà d’être exaucés\, ils chantent\, dans l’ardeur de leur foi vibrante de certitude\, leur Libérateur. Liberator meus… \nLA MÉLODIE \nLa première incise\, à quelques détails près\, est celle du Graduel Exsurge du IIIe Dimanche de Carême. C’est la même expression que dans le début de l’Introït; le Christ\, accablé\, se tourne vers son Père mais sans pouvoir se dégager de tout ce qui pèse sur lui. Toute humble sous le péché\, sa prière ne monte pas. Même lorsque Domine\, le nom divin\, est amené\, avec tout ce qu’il évoque de miséricorde\, elle demeure réservée\, timide jusqu’en la nuance de tendresse qu’il y met.Au début de la seconde incise\, à l’idée de ses ennemis\, le Christ se relève de sa prostration comme s’il était soudain saisi d’effroi\, et c’est une supplication ardente qu’il lance cette fois. D’un bon\, la mélodie quitte le grave\, touche la dominante sur inimicis\, qu’elle accuse d’un salicus très marqué\, puis se fait de plus en plus insistante\, de plus en plus pressante\, sur les distrophas\, les répercussions\, les torculus allongés de meis. La réserve a disparu devant le danger.Dans la seconde phrase\, l’objet de la prière n’est plus le même. Le Christ sait que le Père ne le délivrera que quand tout son sacrifice aura été accompli; il fera donc sa volonté et de tout coeur\, mais il a besoin de son aide. Doce me… Quel admirable accent sur ces deux mots ! Une prière où l’on sent encore un peu d’angoisse\, mais si soumise! De plus en plus apaisée sur la belle vocalise de facere\, elle s’élève sur voluntatem tuam en un très beau mouvement de ferme assurance\, que la répétition des notes répercutées ponctue de certitude et de ferveur. Quelle que soit la volonté du Père\, elle sera faite jusqu’au dernier souffle\, avec amour. \nVerset. – Après l’humble prière\, l’espoir vibrant de certitude. Le Christ lance vers le Père le cri de sa confiance inébranlable dans une mélodie claire\, ferme\, joyeuse\, toute pénétrée d’amour aussi et à laquelle il donne déjà un accent de triomphe comme s’il anticipait la victoire.Liberatuor meus… Notez que cette première incise est une exclamation; elle n’a pas de verbe. Aussi la mélodie a-t-elle quelque chose de direct\, de spontané\, de vif. Cet empressement de l’âme\, heureuse dans la force de sa confiance\, passe dans le magnifique élan de ce premier mot\, se développe sur meus dans le motif exaltant\, deux fois répété\, qui l’emporte jusqu’au mi; puis\, redescendant vers la tonique du Ier mode\, s’enveloppe d’une tendresse reconnaissante sur Domine\, avant de rebondir\, une fois encore\, sur gentibus iracundis\, dans la joie de la délivrance et l’espoir de la juste vengeance qui vient.Il y a moins que des fusions dans la seconde phrase. Sur insurgentibus in me\, le poids de l’oppression est à nouveau évoquée; la montée est lente et il y a une nuance de plaintes dans les torculus qui descendent vers la cadence en mi. Mais la joie exaltante revient sur exaltabis me qui s’élève à la tonique dans un redressement fier\, noble\, et plein de la même confiance vivante et forte.L’idée de l’homme mauvais\, dans la troisième phrase\, change ce cri d’espoir en une ardente supplication. Il semble bien que cet être mystérieux soit l’ennemi par excellence\, et celui qui fait le plus souffrir. C’est peut-être l’horreur que cause au Christ l’expérience qu’il a eu de ces attaques\, en même temps que le désir qu’il a d’en délivrer à jamais ses membres qui donnent à la bivirga de a viro cette insistance si marquée qui pénètre ensuite tous les mots de l’incise.La confiance\, baignée de joie reconnaissante\, revient sur eripies me\, à la reprise du choeur. Le dernier motif est particulièrement heureux; c’est la troisième fois qu’on l’entend\, mais le voisinage du fa et du si naturel lui confère ici un admirable caractère de suavité; l’âme n’est plus seulement dans la confiance\, elle est dans la paix et elle en jouit. \nTRAIT\nLE TEXTE \n1. Bien des fois ils m’ont assailli depuis ma jeunesse.2. Il le dit maintenant\, Israël : bien des fois ils m’ont assailli depuis ma jeunesse.3. Pourtant ils n’ont pas pu prévaloir sur moi. Sur mon dos\, ils ont tracé des sillons\, les pécheurs.4. Ils ont prolongé  leur iniquité à eux. Le Seigneur brisera le cou des pécheurs. Ps. CXXVIII\, 1-4. \nDans le psaume\, c’est le peuple juif qui raconte ce qu’il a eu à souffrir et qui proclame\, pour finir\, en un mot de dure vengeance\, la certitude que le Seigneur aura le dernier mot.Le sens liturgique est le même; il n’y a qu’à remplacer Israël par le Christ\, et L’Église qui le continu. Le Christ\, persécuté dès son enfance\, demeure imprenable jusqu’à son heure\, comme on va le voir dans l’évangile\, et est finalement vengé par le Dieu tout puissant au matin de sa Résurrection. Ainsi l’Église\, persécutée tout au long de son histoire\, dure\, tandis que\, les uns après les autres\, ses ennemis sont terrassés par la mort\, en attendant le jour de la Résurrection dernière qui sera celui de l’éternelle vengeance de Dieu. \nLA MÉLODIE \nIl n’y a pas d’expression particulière qui tranche sur les formules communes. Il faut signaler toutefois l’intonation des versets; grave dans les deux premiers\, qui évoque les souffrances du Christ; plutôt joyeuse dans les autres\, qui chantent déjà son triomphe; sans presser le contraste toutefois. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTEJe te louerai Seigneur de tout mon coeur. Donne son salaire a ton serviteur. Je vivrai et je garderai tes lois. Vivifie-moi selon ce que tu as dit\, Seigneur. Ps. CX\, 1 – CXVIII\, 15\, 25.Ces idées\, très communes dans les psaumes\, forment un commentaire très heureux de l’évangile. L’âme loue le Seigneur pour la sagesse qu’il a déployée dans sa lutte contre les Pharisiens; puis\, reprenant en quelque sorte l’idée qui fait le fond de l’incident « si quelqu’un garde ma parole\, il vivra« \, elle la lui retourne sous forme de prière : donne-moi ta grâce et je vivrai\, je garderai sa parole; infuse-moi la vie\, selon ce que tu as dit. Chantée au moment où est offerte la matière du sacrifice qui va donner le Pain de vie\, cette prière prend un sens plus actuel encore.LA MÉLODIEElle n’a pas le caractère douloureux des mélodies du temps de la Passion. Aussi bien\, ce n’est pas le Christ qui parle et il ne s’agit pas de ses souffrances. C’est de joie au contraire qu’elle est toute pénétrée. L’âme est heureuse de ce qu’elle vient d’entendre et c’est le bonheur qu’elle a d’être avec le Seigneur\, le bonheur très simple et très intime de recevoir son amour et de lui donner le sien\, qu’elle chante. Il n’y a pas autre chose dans tout l’Offertoire; qu’il s’agisse de la louange de la première phrase ou de la prière des deux autres\, tout est pénétré de la même joie extrêmement paisible\, douce\, intérieur\, contemplative – le mot est exact car l’âme chante pour Dieu seul – avec des nuances très délicates d’ailleurs; tels les accents de ferveur qui s’épanouissent sur le pressus de tibi et sur le torculus de toto corde.La prière qui occupent les deux autres phrases ne supplie pas\, ne presse pas; elle demande\, simplement. Il y a toutefois quelque chose de plus vif dans vivam et custodiam – c’est une promesse que l’âme fait à Dieu – quelque chose de plus pleinement satisfait aussi dans la cadence en fa sur tuos\, comme si le secours du Seigneur faisait entrevoir un avenir plus heureux encore. L’expression est la même dans l’admirable balancement de vivifica me qui met le pronom en un si délicat relief par le rebondissement de tristropha. Il se renouvelle sur verbum tuum avec plus de grâce encore\, la grâce paisible d’un amour que rien ne trouble et qui est devenu\, parce qu’il est très simple\, toute la vie de l’âme. Un dernier accent de ferveur sur le pressus de tuum et tout s’achève sur la cadence pleinement reposée du Ier mode. \nCOMMUNION\nLE TEXTE \nVoilà le Corps qui pour vous sera livré… Ce calice est celui de la nouvelle alliance en mon sang\, dit le Seigneur. Cela\, faites-le chaque fois que vous en prenez en ma mémoire. I Cor. XII\, 24.Ce sont les mots même par lesquels le Christ Jésus à réalisé le sacrifice eucharistique et donné à l’église le pouvoir de le réaliser à nouveau.Ils sont toujours actuels\, et pour le Christ glorieux et pour son Église. Il faut les entendre ici comme la présentation qu’il fait lui-même de son corps et de son sang à ceux qui communient et comme l’invitation qu’il leur adresse de faire ce qu’il a fait : se livrer pour le salut du monde. \nLA MÉLODIE \nLa première phrase est empreinte de sérénité\, de paix profonde et heureuse; la paix du Christ qui est arrivé à son heure\, qui réalise enfin ce à quoi Il a été prédestiné : le sacrifice qui sauve le monde. Rien de dramatique; la simplicité. Quelques notes qui brodent autour de la tonique; c’est toute la première incise. La seconde débute sur le même motif\, s’élève à la tierce et\, après une demi-cadence sur le la\, se pose en fa par le si naturel dans une impression de paix absolue.L’expression de la deuxième phrase n’est pas la même\, c’est l’invitation au sacrifice. Le Christ se fait pressant. On sent l’ardeur du désir qui le brûle : desiderio desideravi… Très marqué dès le début par la clivis allongée sur la dominante\, elle va s’intensifiant jusqu’aux pressus de quoties cumque où elle éclate émouvante; elle s’atténue alors sur sumitis et meam\, et la paix sereine du début revient\, enveloppant toute la cadence finale dans un balancement très simple et très doux.  \nPolyphonies pour le temps de la Passion \nCantiques pour le temps de la Passion (CD 1\, pistes 12 à 16)  \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Dimanche des Rameaux
DESCRIPTION:La Semaine sainte est le sommet de l’année liturgique. Le répertoire est riche\, beau\, mais tout n’est pas accessible à tout le monde. \n\n\n\nAfin de vous aider dans les choix de répertoire\, nous vous proposons des séquences audio d’explications sur ces cérémonies hors du commun et qu’il convient de bien préparer en tenant compte des capacités de votre chorale. Ces explications sont données pour les 4 grandes cérémonies (Rameaux\, messe vespérale du Jeudi-Saint\, Fonction liturgique du vendredi-saint\, Veillée pascale. \n\n\n\nVous trouverez la partition du Trait du dimanche des Rameaux en polyphonie (avec alternance grégorienne) dans notre base de téléchargement. \n\n\n\nLe livre latin français\, La Semaine Sainte est le guide parfait pour suivre les cérémonies de la Semaine Sainte. \n\n\n\nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n\n\n\nL’office comprend deux cérémonies bien différentes : \n\n\n\nLa bénédiction des Rameaux \, qui commémore l’entrée triomphale de Notre Seigneur à Jérusalem\, et la messe \, qui est toute consacrée à la Passion\, dont le récit de saint Mathieu est élu à l’évangile. \n\n\n\nBÉNÉDICTION DES RAMEAUX\n\n\n\nC’est le titre de cette première cérémonie dans le missel. En fait\, le véritable objet en est l’entrée triomphale de Notre-Seigneur.Dès le IVe siècle\, les habitants de la Cité Sainte commémoraient cet événement. Ils se réunissaient à Bethphagé\, à l’endroit même d’où partit Notre Seigneur. On y lisait un passage de l’exode puis\, dans l’évangile\, le récit de l’entrée à Jérusalem. Après quoi\, l’évêque\, revêtu des ornements pontificaux\, montait sur un ânon et était conduit en cortège à l’église du saint sépulcre où la messe était célébrée. Cet usage\, adopté à Rome vers le IXe siècle passa dans la liturgie occidentale. On y ajouta toutefois la bénédiction des rameaux avant le départ de la procession et l’arrêt à la porte de l’église à la fin. C’est ce que nous avons aujourd’hui. \n\n\n\nCinq parties donc dans la cérémonie : \n\n\n\n\nLE DÉPART\n\n\n\nLA BÉNÉDICTION ET LA DISTRIBUTION DES RAMEAUX \n\n\n\nLA PROCESSION\n\n\n\nL’ARRÊT À LA PORTE DE L’ÉGLISE \n\n\n\nL’ENTRÉE DANS L’ÉGLISE\n\n\n\n\nI. LE DÉPART\n\n\n\nCette première partie est organisées comme la messe des catéchumènes : une antienne d’introït\, l’oraison\, l’épître\, un Répons-Graduel\, l’évangile. \n\n\n\nAntienne d’Introït Hosanna\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nHosanna au Fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des Cieux ! \n\n\n\nHosanna est une acclamation de la langue hébraïque qui veut dire : Sauve. Le sens en est donc ici : Salut au Fils de David ! Peut-être la traduction la plus fidèle serait-elle : Vive le Fils de David !Ce sont les paroles mêmes que les Juifs lançaient avec enthousiasme sur le passage de Notre Seigneur.En même temps qu’il les entendait\, criées par la foule\, il nous entendait\, nous aussi\, les chanter à notre place dans le temps\, de sorte que dans la liturgie qui étend jusqu’à nous l’entrée du Christ à Jérusalem\, elles sont sur nos lèvres une réalité bien vivante. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nLes deux Hosanna\, par leur élan en quinte\, sont une très belle acclamation\, spontanée\, vive\, enthousiaste. Le benedictus est plus tempéré\, surtout dans sa partie thétique\, avec même une nuance de gravité sur in nomine Domini. Le rythme de Rex Israël évoque l’enthousiasme éclatant des grandes foules. \n\n\n\nII. LA BÉNÉDICTION ET LA DISTRIBUTION DES RAMEAUX\n\n\n\nC’est une bénédiction très solennelle\, qui comprend le chant de la Préface et du Sanctus. Elle est suivie de la distribution \n\n\n\nAntienne Pueri Hebraeorum\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nLes enfants des Hébreux\, portant des rameaux d’olivier\, allèrent au devant du Seigneur\, criant et disant : Hosanna au plus haut des cieux !Les enfants des Hébreux\, leurs vêtements\, jetaient sur le chemin et ils criaient disant : Beni celui qui vient au nom du Seigneur ! \n\n\n\nC’est une composition libre dans le sens du texte de l’évangile. Elle est chantée comme une évocation de l’accueil triomphal que les Juifs réservèrent à Notre Seigneur et dans lequel nous allons entrer à notre tour. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle est légère\, joyeuse\, fraîche et elle a le souci de mettre en relief\, dans le cadre restreint de l’antienne\, l’acclamation de la fin. \n\n\n\nIII. LA PROCESSION\n\n\n\nAntienne Cum appropinquaret\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nComme il approchait\, le Seigneur\, de Jérusalem\, il confia une mission à deux de ses disciples : allez à ce village qui est en face de vous et vous trouverez le petit d’une ânesse lié\, et sur lequel aucun homme ne s’est assis : déliez-le et amenez-le moi. Si quelqu’un vous interroge\, dites : le Seigneur en a besoin. Le détachant\, il l’amenèrent à Jésus. Ils posèrent sur lui des manteaux et il s’assit sur lui. Les uns étendaient leurs vêtements sur le chemin\, les autres jetaient des branches d’arbres et ceux qui suivait criaient : Hosanna ! Béni Celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni le règne de notre Père David ! Hosanna au plus haut des cieux ! Aies pitié de nous\, Fils de David. \n\n\n\nC’est un arrangement du texte des Évangiles. L’auteur a pris ici et là\, dans saint Mathieu\, saint Marc et saint Jean\, ce qui convenait. Il a seulement ajouté la dernière phrase\, Miserere nobis\, Fili David. L’Église le chante pour évoquer l’événement historique et pour donner à ses membres\, au moment où il revit devant eux\, d’y entrer\, avec les mêmes gestes et les mêmes sentiments que ceux qui en furent les acteurs. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle est un récitatif orné; mais\, à l’encontre du Répons Collegerunt\, l’auteur ne l’a pas dramatisé. Il n’y a rien qui caractérise nettement ni le récitant ni le Christ. Seul le rôle de la foule est vraiment écrit comme une acclamation; l’Hosanna de la fin en particulier est splendide de grandeur et d’enthousiasme vibrant. \n\n\n\nCe qui est le plus curieux\, ce sont les brusques changements de teneur; la mélodie passe du grave à l’aigu sans transition. Quant elle le fait au changement d’interlocuteur\, c’est d’un très heureux effet; comme entre opus Domino\, dernier mot de Notre Seigneur\, et opus Dominoet solventes\, reprise du récit. Ailleurs\, on est un peu surpris\, encore que\, musicalement parlant\, ce soit très beau. \n\n\n\nIV. L’ARRÊT À LA PORTE DE L’ÉGLISE\n\n\n\nCette cérémonie symbolise l’entrée du Christ et des élus dans la Jérusalem céleste. Le péché en avait fermé les portes. La mission du Christ est de les ouvrir à nouveau. C’est lui qui\, en la personne du Pontife\, se tient à la porte. À l’intérieur\, les Anges le saluent d’un hymne de gloire. À l’extérieur\, les élus qu’Il amène avec lui répondent. À la fin\, son heure étant venu\, il ouvre la porte avec sa Croix et\, accompagné des élus\, passe dans la gloire.Ainsi la cérémonie des Rameaux\, s’élargissant à l’infini\, s’achève\, par-delà la Passion et la Résurrection du Christ\, dans la résurrection de tous ses membres\, uns avec lui\, dans la gloire\, a jamais. \n\n\n\n Gloria laus\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nGloire\, louange et honneur soient à toi\, Roi\, Christ\, Rédempteur; à qui la fleur de l’enfance chante l’Hosanna pieux.D’Israël tu es Roi\, de David noble rejeton\, Toi qui vient\, Roi béni au nom du Seigneur !Toute l’armée angélique te loue dans les hauteurs\, et l’homme mortel\, et toutes les créatures ensembles.Le peuple hébreu au devant de toi avec des palmes vient. Avec notre prière\, notre souhait\, nos hymnes\, nous voici\, nous aussi\, devant toi.À toi qui allait souffrir\, ils offraient le tribut de leurs louanges. Nous\, c’est à toi qui règne maintenant\, que nous adressons ces chant.Ils te plurent. Que te plaise aussi notre dévotion\, Roi bon\, Roi clément\, à qui tout ce qui est bon plaît. \n\n\n\nAinsi\, comme on le voit\, sans que l’auteur l’ait voulu\, ce chant se trouve parfaitement adapté à ce dialogue de louanges entre la terre et le ciel qui glorifie le Christ triomphant. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle est un chef-d’oeuvre\, tout le monde en convient. Le premier verset Gloria laus n’a peut-être pas l’élan qu’on souhaiterait pour l’entrée du Christ et des élus dans les splendeurs de la gloire; aussi bien n’a-t-il pas été fait pour une si grandiose acclamation. Il reste qu’il a quelque chose de fort qui convient bien à un conquérant. Les autres versets sont débordants de fraîcheur et de joie aimante. Une seule phrase\, répétée deux fois; c’est tout simple mais\, incontestablement\, le souffle de l’inspiration y passe. \n\n\n\nV. L’ENTRÉE DANS L’ÉGLISE\n\n\n\nRépons Ingrediente\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nÀ l’entrée du Seigneur dans la cité sainte\, les enfants des Hébreux\, annonçant la résurrection de la vie\,  \n\n\n\n * avec des branches de palmiers en main\, Hosanna\, criait-il\, au plus haut des cieux !Versets. Comme il avait appris\, le peuple que Jésus venait à Jérusalem\, il alla au devant de lui.* avec des branches de palmiers… \n\n\n\nCes paroles sont\, comme les autres\, inspirées de L’Évangile. L’auteur a seulement dégagé\, des rameaux printaniers\, le symbolisme de la vie revenue et de la Résurrection du Christ et de ses membres\, qui est le sens de cette dernière cérémonie. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle n’a pas l’éclat qu’on attend d’une antienne qui chante l’entrée triomphale d’un héros et la victoire de la vie sur la mort. Elle a quelque chose de réservé\, de retenu. Avec de beaux élans toutefois; tels Hebraeorum et Hosanna clamabunt où passe facilement\, si on veut l’y faire passer\, le souffle de l’enthousiasme.Elle a du moins le mérite\, si c’en est un\, de faire la transition entre les hosannas éclatants de la procession et les chants douloureux de la messe qui va commencer. \n\n\n\nLA MESSE\n\n\n\nAprès l’entrée triomphale à Jérusalem\, la PassionToute la messe y est consacrée : l’épître rappelle l’abaissement du Christ\, jusqu’à la mort de la Croix; l’évangile en fait le récit; les chants\, eux\, expriment quelque chose du drame intérieur\, quelque chose des états d’âme par lesquels Notre Seigneur passa au cours de ces heures de souffrance.Encore que l’événement historique occupe toute la scène\, il ne faut pas perdre de vue qu’il revit devant nous sous les rites liturgiques et que les mystères du Christ\, en agonie jusqu’à la fin du monde dans ses membres\, est une réalité. Le sens liturgique devient ainsi très actuel et le drame à toute son étendue et toute sa portée. \n\n\n\nINTROÏT\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nSeigneur\, n’éloigne pas ton secours de moi. À ma défense\, veille. Délivre-moi de la gueule du lion et (garde) des cornes des licornes\, ma faiblesse.  \n\n\n\nPs. – Dieu\, mon Dieu\, regarde moi : pourquoi m’as tu abandonné? Elles me mettent loin de mon salut\, les voies de mes péchés. Ps. XXI\, 20\, 22\, 1. \n\n\n\nLe Psaume XXI est messianique au sens le plus strict\, c’est donc du Christ que David écrivait ces paroles\, encore qu’elles puissent s’appliquer à maintes circonstances de sa propre vie.Le Christ\, en face de la souffrance et de la mort qui sont devant lui et qu’il ne peut éviter\, a peur. Il sent\, dans sa nature humaine\, l’horreur de ce châtiment du péché qui va détruire dans son corps l’oeuvre magnifique de Dieu\, la vie; et il appelle au secours le Père pour qu’il le délivre. Prière de son agonie; prière de ses derniers instants sur la Croix; prière de son éternité\, non pas pour lui qui a fini de souffrir\, mais pour ses membres\, pour son humanité collective qui prolonge sa Passion sur la Terre; enfin\, prière toujours actuelle de cette humanité qui trouve\, dans les mots mêmes dont son Chef s’est servi\, la parfaite expression de ce qu’elle souffre\, quand vient sur elle l’épreuve de la croix. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nLa première phrase est d’une admirable sérénité. Quelques notes dans le grave\, revenant à la tonique en des cadences larges et pleines. Un accent de ferveur sur tuum et une insistance bien marquée sur a me donne à la prière un caractère très personnel\, on dirait bien familial : ton secours à toi\, Père\, pour moi\, ton Fils.Toutefois on pourrait y déceler déjà les premières nuances de l’angoisse qui vient.Celles-ci montent peu à peu sur ad defensionem meam et\, après avoir jailli sur aspice en un cri d’ardente supplications\, passent à la phrase suivante où elles mettent sur libera me une insistance\, répétée jusqu’à être émouvante.Après quoi\, comme si le Christ était épuisé par cet appel de détresse\, sa prière se fait plus paisible. Par deux fois – sur ore et sur a cornibus – le motif de ad me\, dans la première phrase\, revient avec son caractère d’intimité; mais\, à l’évocation des bêtes féroces\, symbolisant toutes les tortures physiques et morales qui viennent sur lui\, il se sent à nouveau envahi d’horreur et de répulsion\, et c’est le même appel ardent et chargé d’angoisse qu’il lance au Père sur humilitatem\, le mot même par lequel il dit sa faiblesse et son impuissance. \n\n\n\nL’idée est la même dans le Psaume. Il faut lui donner le même caractère.Que la première phrase soit très calme; chantée à mi-voix. On donnera un peu de longueur à la première note du podatus de ne; le pressus\, discret.C’est dans l’arsis de defensionem que commencera le crescendo de l’angoisse. Bien accentuer meam\, mais que la tristropha soit délicatement posée. Renforcer la voix sur le torculus et la conduire vers le podatus de aspice dont la première note sera allongée. Il y a là un accent de prière émouvant. La double note de la dernière syllabe est une bivirga épisématique\, la faire sonore\, et quelque peu prolongée.Celle de libera me est aussi une bivirga\, épisématique : lui donner du poids\, avec une délicate répercussion; la prière ici\, toujours ardente\, insiste.Bien appuyer la bivirga\, les épisèmes horizontaux et la distropha. Et revenir peu à peu au calme. Renouveler l’insistance sur humilitatem; la note double pourra être répercutée et celles qui précèdent le quilisma\, allongées. \n\n\n\nGRADUEL\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nTu as tenu ma main droite\, dans ta volonté tu m’a conduit\, et dans ta gloire tu m’a pris.Verset.  – Qu’Il est bon\, le Dieu d’Israël ! Ils ont été presque défaillants\, mes pieds\, ils ont été presque chancelants\, mes pas\, parce que je me suis troublé à cause des pécheurs\, en voyant la paix des pécheurs. Ps. LXXII\, 24\, 1-3. \n\n\n\nLe Psaume LXXII est le chant de reconnaissance d’une âme qui se trouve hors de l’épreuve après avoir presque douté de la sagesse de Dieu\, et qui loue le Seigneur de l’avoir gardée dans sa volonté. L’Église applique ces trois versets au Christ souffrant\, ou mieux au Christ consolé. C’est lui qui déchante ici\, à la fois comme une paraphrase de l’épître et comme un émouvant prélude au récit de la Passion qui va suivre. \n\n\n\nSaint Paul vient de nous dire quelle gloire lui a valu l’abaissement de sa Passion. Cette glorification ne se réalisa extérieurement qu’après Pâques\, et ce n’est qu’à la fin des temps qu’elle aura sa plénitude; mais\, parce qu’il jouissait à tout instant de la vision de la béatification\, son abaissement n’a jamais été tel qu’il ait perdu un seul instant la paix et la joie que\, même aux heures les plus terribles de son épreuve\, elle mettait dans les profondeurs de son âme. S’il a permis\, à certains moments\, que sa sensibilité en fût privée\, les ténèbres et les angoisses qu’il subissait alors n’étaient que passagères; leur part de passion réalisée\, la lumière et la paix y revenaient. Il devait alors sentir en lui un bonheur profond et une reconnaissance infinie pour le Père sage et bon qui\, dans l’épreuve\, l’avait guidé et soutenu. \n\n\n\nC’est ce qu’il chante dans le Graduel; ce que fut la paix de son âme profonde\, tout au long de sa Passion et ce qu’elle est à jamais maintenant dans la gloire. Et c’est aussi ce que nous chantons avec lui; la paix de notre âme dans notre passion\, de notre âme éclairée de la lumière du Christ\, soutenue de sa force\, enveloppée déjà dans la gloire du Père\, vers qui va toute épreuve. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nOn n’y trouve pas de tristesse\, ni d’angoisse\, ni le moindre signe de souffrances ou de lourdeurs d’âme\, mais un mélange de complète satisfaction\, de tendresse et de paix. \n\n\n\nDans la première partie\, le Christ s’adresse au Père. Il ne chante que pour lui. Après l’intonation\, si expressive de bonheur et de tendresse dans son élan discret et la plénitude de ses intervalles\, la mélodie ne se meut que sur quelques notes autour du fa. Elle s’élève un peu sur les verbes qui précisent l’action divine : deduxisti me\, assumpsisti me et c’est tout. Beaux mouvements d’ailleurs\, s’achevant sur me en des cadences délicatement humbles qui laissent inachevées\, parce qu’indicibles\, la reconnaissance et l’amour. \n\n\n\nLe verset. – Le Christ ici ne s’adresse plus au Père; c’est au monde entier qu’Il proclame la bonté divine\, comme s’il ne pouvait contenir sa reconnaissance dans les limites de l’intime contemplation. Le ton est donc tout autre. \n\n\n\nLa première phrase est une exclamation de pure louange. Le Christ laisse sa voix s’élever sur Quam bonus en un élan d’admiration joyeuse et de gratitude; puis\, il enveloppe Deus et rectis corde de longs neumes qu’il étend\, retarde\, multiplie comme s’il les trouvait impuissants par eux-mêmes à exprimer tout ce qu’il a à dire. \n\n\n\nLa seconde commence par les derniers neumes du motif de deduxisti me. Il lui donne tout de suite quelque chose de plus réservé. Aussi bien ce n’est plus de la louange pure : le Christ confie ses épreuves. Toutefois\, même au milieu des souvenirs de ces heures sombres\, il ne peut se départir de la joie que le Seigneur\, en dépit de tout\, lui a gardée. Cette joie réapparaît vite et enveloppe moti sont pedes de la même formule que rectis corde et de la même atmosphère de paix heureuse. \n\n\n\nDans la troisième\, la réserve est plus marquée et elle demeure. La mélodie descend dans le grave tout de suite et ne remonte que sur le motif de dedixisti me et de mei autem\, ramené sur gressus mei.  \n\n\n\nCette gravité désormais ne la quittera plus. Ce n’est pas que la joie ait disparu; elle est partout sous-jacente\, mais l’enthousiasme du début n’est plus. \n\n\n\nLe Graduel finissant sur cet humble aveu\, il semble que l’idée ne soit pas conduite à son terme; on aimerait que la louange vînt à nouveau chanter la reconnaissance. Primitivement\, il en était ainsi. Il y avait au cours du verset une reprise en refrain\, à tour de rôle\, de chacune des phrases de la première partie. Tenuisti après rectis corde; in voluntate après gressus mei \, et cum gloria après peccatorum videns. Ce mélange de contemplation et de louange extérieure donnait au Graduel une merveilleuse unité et un parfait achèvement. \n\n\n\nOFFERTOIRE\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nL’insulte\, il l’attendait\, mon coeur\, et la misère. Et j’ai attendu quelqu’un qui avec moi sympathisât\, et il n’y a eu personne; quelqu’un qui me consolât j’ai cherché\, et je n’ai pas trouvé; et ils m’ont donné pour nourriture\, du fiel; et ma soif\, ils l’ont étanchée avec du vinaigre. Ps. LXVIII\, 21-22. \n\n\n\nLe  Psaume LXVIII est messianique au sens le plus strict. C’est deux versets ont donc en eux-mêmes leur sens liturgique ; il nous livre la plainte qui était au coeur du Christ dans les derniers instants de sa vie. Elle nous arrive ainsi par-delà les âges dans toute sa douloureuse réalité\, mais elle continue d’être la plainte du Christ glorifié; non pas qu’il souffre désormais\, mais il a souffert dans sa Passion de tout ce qui l’atteint aujourd’hui. Il suffit de lire les révélations qu’il a faites à Sainte Marguerite-Marie et à tant d’autres pour s’en rendre compte. Les mots du Psaume qui furent l’expression intérieure de sa souffrance au Calvaire servent encore sa pensée aujourd’hui\, hélas ! \n\n\n\nIl est impossible d’entrer totalement dans cette souffrance des abandons et des mépris; elle fut infinie. Il le faut cependant pour autant qu’on le peut. L’Évangile nous y prépare et la mélodie nous y aide grandement. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle n’est qu’une plainte\, du commencement à la fin. Lourde et comme accablée sur improperium\, elle s’élève peu à peu\, s’intensifie\, s’étale insistante sur cor meum\, puis devient plus puissante et plus aiguë sur miseriam. C’est la plainte des opprobres\, des insultes\, de tout ce qui monte vers lui de la colline autour de la croix\, et des siècles autour de la colline; de tout ce qui le couvre de honte et le submerge comme une eau fétide dont il ne peut sortir. Il n’attend plus rien. Il n’a plus d’espoir. Il n’aura\, jusqu’à la fin\, que la solitude. \n\n\n\nIl a cherché. Et sustinui… et voilà que le souvenir de tout ce qu’il a fait et la vision de tout ce qu’il fera pour avoir ses amis avec lui\, lui revient\, avec la douleur des refus qu’ils lui opposent. La mélodie\, toute entière construite sur des cadences en demi-ton\, devient extrêmement douloureuse. Une insistance très prononcée sur non fuit par un salicus\, un épisème horizontale sur la première note du porrectus\, une répercussion sur le pressus de la cadence\, met en plein relief cette douleur des abandons. \n\n\n\nL’expression est la même dans la phrase suivante sur consolantem me\, mais beaucoup plus forte\, beaucoup plus violente. Sur et non inveni c’est un véritable cri. Il s’achève en une déception découragée tout le long de la descente sur fa. \n\n\n\nCe n’est pas tout. Il y a la contrepartie. Ceux qu’il a cherchés sont devenus ses ennemis et ses bourreaux : et dederunt... la plainte se ranime\, elle insiste – notez la tenue et la répercussion – tant est inconcevable une telle ingratitude; mais elle n’est pas violente cette fois\, seul le dernier mot\, fel –  le mot de l’amertume – a une nuance aiguë nettement marquée. \n\n\n\nC’est l’opposition de la méchanceté des hommes au désir ardent qu’il a eu de les aimer\, qui\, sous l’image du vinaigre offert à sa soif\, provoque l’expression la plus forte\, sur et in siti mea; un cri déchirant\, prolongé sur l’épisème horizontale et qui s’achève sur mea en une descente brusque cette fois mais marquée\, par le pressus\, de tout le poids de la souffrance qui dure. Il ne se renouvelle pas; c’est le dernier. La mélodie aussitôt devient calme. Elle est toujours douloureuse\, mais ne fait que se tenir sur quelques notes autour de la dominante. Aceto n’a pas d’expression forte; ce n’est pas de l’aigreur du vinaigre que le Christ se plaint mais de ce que sa soif n’est ni comprise ni apaisée. \n\n\n\nCOMMUNION\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nPère\, s’il ne peut\, ce calice\, passer sans que je le boive\, que soit faite ta volonté. Matth. XXVI\, 42. \n\n\n\nC’est le mot de l’acceptation soumise qui clôt la scène douloureuse de l’agonie; le mot par lequel le Christ s’offre à l’immolation. \n\n\n\nChanté au moment où les fidèles reçoivent le sacrement qui les transforme dans le Christ immolé\, il garde pour eux le même sens précis. Il est le mot par lequel ils acceptent l’immolation qui vient. Ils se sont offert depuis l’Offertoire\, Dieu les a acceptés; il leur reste à se laisser immoler tout au long des heures et des jours\, par les souffrances\, les épreuves\, les difficultés\, portées comme la Croix du Christ\, dans l’esprit de la Rédemption. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nL’intonation est empreinte d’une grande souffrance. Le Christ est à peine sorti de l’agonie où il a été terrassé par la vision de ce qui l’attend. La vision demeure et le fait trembler encore. Toutefois\, dans cet appel qu’il lance vers le Père\, il n’y a rien de violent. C’est une douleur d’accablement déjà toute pacifiée. Cette impression de paix se développe d’ailleurs tout de suite et prend même\, sur la demi-cadence en sol de hic calix\, une touche de joie intime et profonde. Il y a sur nisi bibam illum\, notamment sur la cadence en si\, un retour de douleur assez marqué\, mais fiat voluntas tua\, qui est le mot de l’acceptation proprement dite\, est d’une admirable sérénité. La mélodie se pose sur la tonique en une cadence ferme et douce à la fois\, et d’une telle plénitude\, que ce n’est plus seulement la soumission qu’elle chante mais c’est la joie profonde du sacrifice. \n\n\n\n\nTrait du dimanche des Rameaux en faux-bourdon\n\n\n\nVoir également les partitions pour le temps de la Passion\n\n\n\nL’hymne Vexilla Regis\n\n\n\n\n\nEcoutes de pièces:\n\nMembra Jesu nostri de Buxtehude\n\n\n\n\n\nCantiques: Jésus Christ monte au calvaire \n\nO Croix dressée sur le monde  \n\n\n\nVive Jésus\, vive sa croix\n\n\n\n\n\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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DESCRIPTION:Le livre latin français\, La Semaine Sainte est le guide parfait pour suivre les cérémonies de la Semaine Sainte. \nCommentaires des pièces des offices de ce jour par Dom Baron.\nLes offices du Jeudi Saint commémorent les événements qui vont de la Cène à la Passion. L’agonie\, les complots\, la trahison sont l’objet des Ténèbres du mercredi soir. La messe du Jeudi matin\, elle\, est consacrée exclusivement à la Cène\, ou\, plus exactement\, à l’Institution de l’Eucharistie et du Sacerdoce. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nPour nous\, notre gloire doit être cherchée dans La croix de Notre Seigneur Jésus-Christ\, En qui est notre salut\, notre vie et notre résurrection. Par qui nous avont été sauvés et libérés. \nPs. — Que Dieu ait pitié de nous et qu’il nous bénisse. Qu’il fasse briller son visage sur nous Et qu’il ait pitié de nous. \nC’est une composition libre inspirée de Saint Paul (Gal. VI\, 14). Au début de cette messe qui commémore la première messe\, l’Église se recueille. Elle contemple le mystère et\, fixant ses pensées sur les conséquences qu’il doit avoir jusque dans les sources de notre activité vitale\, elle se dit à elle-même : pour nous\, c’est dans la croix de Notre Seigneur Jésus Christ\, c’est-à-dire dans son sacrifice\, que nous devons mettre notre souci de gloire. Et cela\, non seulement en le regardant et en le vénérant dans la foi comme l’acte qui nous a sauvés\, mais en y entrant\, en nous offrant\, au cours du sacrifice\, à la vertu transformante du sacrement qui nous fait de plus en plus participer à la nature\, et donc à la gloire du Christ ressuscité\, en qui est notre salut\, notre vie et notre résurrection. Le Psaume s’élève alors comme une prière pour que Dieu fasse le sacrement produire en nous le fruit que nous désirons. \nLA MÉLODIE\nElle a bien dans la première incise ce caractère de profonde réflexion ; elle n’a pas grand mouvement mais insiste sur tous les mots\, notamment sur gloriari oportet dont elle fait une affirmation résolue et solennelle ; notez le salicus\, la clivis épisématique et tout le mouvement de oportet si ferme. Dès que l’idée du sacrifice se présente\, elle se pénètre d’émotion ; une arsis pleine de mesure conduit le mouvement vers le sommet\, où il s’épanouit sur nostri en un accent de ferveur qui se prolonge jusqu’à la fin du nom béni. Il est repris dans la phrase suivante sur les mots qui disent les fruits du sacrifice : salus\, vita\, resurrectio nostra. La dernière phrase est plus intérieure\, si l’on peut dire\, mais la ferveur est toujours là ; elle trouve sur la tristropha de per quem salvati et sur la cadence de liberati sumus une très belle expression de gratitude profonde et aimante. Bien balancer le rythme de gloriari oportet et qu’il soit ferme. Le crescendo de la deuxième incise sera mené délicatement. La double note de nostri est une bivirga épisématique ; elle sera appuyée\, mais il faut veiller à ne pas l’attaquer durement. C’est une ferveur d’amour qu’il faut y mettre. Même recommandation pour celle de vita qui est aussi une bivirga épisématique. Appuyer la première note de per\, afin de la lier à la tristropha. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nLe Christ s’est fait pour nous obéissant jusqu’à la mort\,La mort même de la Croix. \nVerset. — A cause de cela\, Dieu l’a exalté\,Et lui a donné un nom qui est au-dessus de tout nom. Philip. II\, 8-9. \nCes deux phrases évoquent tout le drame de la Rédemption ; l’abaissement du Christ et sa glorification. C’est pourquoi l’Église répète la première partie à la fin de toutes les heures durant les jours saints et y ajoute le verset à la fin des laudes du samedi\, comme la première évocation de la résurrection prochaine. Ici\, après la lecture de l’Epître\, où Saint Paul fait le récit de la Cène\, elle les chante en leur donnant leur sens eucharistique. Elle y voit le Christ prolongeant son abaissement dans le sacrifice de la messe et recevant\, de ce même sacrifice\, la gloire d’être aimé dans l’intime des âmes au point de devenir en elles le principe de toute leur vie. Elle les adresse aussi comme un appel à chacun de ses membres — l’appel de l’exemple — pour qu’ils s’abaissent jusqu’à entrer dans le sacrifice du Christ par le don d’eux-mêmes\, afin de pouvoir un jour entrer dans sa gloire ; le jour où leur sera donnée la manne cachée dont l’Eucharistie est le sacrement\, et le caillou blanc sur lequel sera écrit leur nom nouveau… qui sera au-dessus de tout nom. (Apoc. II\, 17.) \nLA MÉLODIE\nChristus factus est pro nobis obédiens usque ad mortem\, mortem autem crucis. C’est une mélodie type. Nous l’avons trouvée déjà à la fête de Saint Jean l’Evangéliste\, mais ici l’application au texte est si parfaite qu’on pourrait se demander si l’on n’est pas en présence de l’original. La première partie se développe dans une atmosphère de gravité profonde. Il n’y a pas de doute que l’auteur n’ait voulu y symboliser l’abaissement du Christ\, comme il symbolisera dans le Verset son exaltation par des neumes légers\, joyeux\, triomphants\, qui se perdent dans les régions les plus élevées du mode. Toutefois ce n’est là qu’un détail ; ce qui passe à travers cette gravité\, c’est le sentiment de l’Église et de ses membres en face du drame de la Passion et de son prolongement dans le sacrifice eucharistique. L’âme se sent couverte de confusion devant l’abaissement du Christ\, et de contrition aussi\, car elle y est bien pour quelque chose. Elle n’ose élever la voix ; elle chante\, comme repliée sur elle-même\, d’un timbre assombri. Toute la première incise est dans cette atmosphère ; nobis en particulier. Peu à peu la mélodie prend de l’ampleur\, mais c’est la même réserve\, la même retenue\, la même gravité. L’âme est seulement plus émue parce que les détails se précisent : l’obéissance\, la mort\, la mort de la croix\, et elle laisse aller son émotion avec la progression des mots et des images\, de plus en plus atterrée devant cette inconcevable abnégation ; jusqu’à ce que vienne la descente de crucis qui est comme une chute de l’esprit dans le vide\, comme le mot au-delà duquel elle ne trouve plus rien qui puisse dire et l’abaissement du Christ et sa confusion à elle-même. \nLe Verset \n Propter quod et Déus exaltavit illum et dedit illi nomen quod est super omne nomen. \nLa glorification après l’abaissement. La joie\, claire\, exubérante\, triomphale\, pleine d’admiration et d’amour pour le Christ glorifié : pleine de fierté et d’espoir pour nous qui entrerons un jour dans sa gloire. Une intonation pleine de mouvement porte la mélodie sur la tonique où elle se fixe et se développe sur illum et illi en de longs neumes pleins de vie et d’éclat. L’âme y chante à loisir le Christ exalté et sa propre joie à elle-même. Ils s’achèvent sur nomen par le motif de triomphe que nous avons trouvé si souvent au temps de Noël et que nous retrouverons dans quelques jours dans le Graduel de Pâques. Quelques notes de transition amènent la formule finale qui est commune mais qui sert admirablement le mot nomen par l’insistance noble et quelque peu grave qu’elle y met. Le mouvement de la première partie sera assez lent ; disons : grave\, c’est encore le mot. La descente sur nobis sera bien retenue. Un crescendo discret sur obédiens. Bien appuyer la double note du sommet qui est une bivirga. Lier la première note de usque au pressus ; qui sera très expressif ; de même celle de mortem. Donner du poids et un peu de longueur à la double note de autem qui souligne déjà l’abaissement de la Croix. Ne pas faire trop sourde la deuxième note de la clivis de Crucis et lui donner toute sa valeur. Le Verset sera plus dégagé\, vivant et joyeux ; éviter toutefois de forcer le contraste. Bien faire l’accent de exaltavit. La virga qui précède la note la plus élevée de illum sera élargie\, comme tout le mot d’ailleurs. Répercussion légère sur la première note du dernier climacus. \nOFFERTOIRE\nLa droite du Seigneur a fait éclater sa puissance\,La droite du Seigneur m’a exalté. Je ne mourrai pas\, mais je vivrai\,Et je ferai connaître les œuvres du Seigneur. Ps. CXVII\, 16-17. \nC’est le même que celui du IIIe Dimanche après l’Epiphanie. Il n’y a rien à ajouter. Le texte prend seulement\, dans le cadre du Jeudi Saint\, un sens eucharistique. Le Christ y chante sa victoire sur la mort\, son exaltation et sa mission de louange. Mais la merveille que la droite du Seigneur a faite en lui\, ce n’est pas seulement sa Résurrection c’est encore le pouvoir qu’il a de communiquer sa vie. C’est dans cette extension de lui-même par l’Eucharistie\, qui prolonge en quelque sorte son Incarnation\, qu’il est exalté\, qu’il vit encore sur terre et qu’il continue d’y louer Dieu : non moriar sed vivam et narrabo opera Domini. Comme on les entend bien\, ces paroles\, dans l’action de grâces débordante d’enthousiasme qui devait remplir l’âme de Notre Seigneur après la Cène ! Comme elles sont bien à leur place aussi sur les lèvres de l’Église et de chacun de ses membres en pareil jour et à pareil moment ; car\, en vérité\, la droite du Seigneur\, par la vertu transformante de l’Eucharistie\, fait en nous ce qu’elle a fait dans le Christ. Elle nous fait un avec lui ; quelle exaltation ! et nous ne mourrons pas\, mais nous serons avec lui\, vivant à jamais pour l’éternelle louange… »Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang ne mourra pas et je le ressusciterai au dernier jour. » \nCOMMUNION\nLE TEXTE \nLe Seigneur Jésus\, après qu’il eut soupé avec ses disciples\,Lava leurs pieds et leur dit : Savez-vous ce que je bous ai fait à vous\,Moi\, le Seigneur et le Maître ? Un exemple je vous ai donné pour qu’ainsi vous aussi vous fassiez. Jean XIII\, 12-15. \nAu moment de la communion\, dont le fruit sacramentel est l’unité des hommes dans la charité du Christ\, l’Église évoque la scène\, déjà lue à l’Evangile\, où Notre Seigneur s’abaissa jusqu’à être le servant des siens\, et le présente dans cette attitude en exemple à tous ses membres en leur redisant ses paroles mêmes. \n LA MÉLODIE \nLe récitatif est très simple. Après l’intonation pleine de tendre révérence pour le Seigneur\, il s’établit sur un motif de quelques notes trois fois répété\, sur cum discipulis suis\, sur lavit pédes eorum et sur ait illis\, créant autour de cette scène émouvante une atmosphère de mystère empreinte de tristesse déjà. La parole de Notre Seigneur s’élève alors lente\, grave\, toute pénétrée de tendresse\, avec ici et là des accents d’une infinie délicatesse. Notez le pressus de scitis\, la montée de vobis et le motif de l’intonation repris sur Dominus et magister qui\, tout en insistant sur les deux mots\, fait cette fin d’interrogation si simple et si douce. La dernière phrase se déroule dans la même simplicité\, avec le motif du récitatif ramenant une fois de plus\, sur et vos ita\, la tendre sollicitude de Notre Seigneur et Maître. Allonger un peu la première note du climacus de l’intonation et remonter avec grâce sur la double note de Jésu ; c’est une bivirga\, l’appuyer d’un accent de ferveur délicat. Mouvement tranquille tout le long du récitatif. Toute la montée de scitis retenue et enveloppée dans un crescendo très recueilli. La même nuance pour toute la parole de Notre Seigneur. \nPange lingua\nLes grands intervalles montant à la dominante\, les cadences sur sol\, sur ré\, sur mi\, donnent à cette hymne un caractère de grandeur et de noblesse très marqué. Bien veiller à la chanter ici avec une certaine ampleur. Elle doit être un chant de procession\, non pas qu’elle doive en prendre exactement le pas\, mais le mouvement doit être adapté au cortège. \nCantiques eucharistiques \n\nQuelques partitions de cantiques eucharistiques\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Vendredi Saint
DESCRIPTION:Le livre latin français\, La Semaine Sainte est le guide parfait pour suivre les cérémonies de la Semaine Sainte. \nCommentaires des pièces de cette cérémonie par Dom Baron.\nINTROÏT\nL’office comprend quatre cérémonies : les lectures de l’Ancien Testament et de la Passion selon Saint Jean\, les grandes oraisons\, l’adoration de la Croix\, la messe des présanctifiés. \nLes Lectures\nTrait Domine audivi\nHabacuc III\, 2-3. \nC’est un très beau commentaire de la première leçon qui annonce et les miséricordes et le châtiment dont\, au dernier jour\, il frappera le peuple qui refuse de les recevoir. Les formules mélodiques sont celles du IIe mode\, avec quelques particularités amenées par le texte ou le contexte.— Seigneur\, j’ai entendu ta parole et j’ai eu peur. J’ai considéré tes œuvres et j’ai été épouvanté. L’intonation\, qui est celle de tous les traits du IIe mode commençant par Domine (Cendres\, Mercredi Saint)\, est une humble supplication. Notez le mot tuum\, très en relief par la distropha et la tristropha\, et la formule de considéravi ; elle ne se trouve généralement que dans les derniers versets\, mais elle va bien ici avec le sentiment qui pénètre tout le texte.— Au milieu de deux animaux tu te manifesteras\, quand les années seront arrivées ; quand les temps seront accomplis\, tu te montreras de nouveau. Ce verset ne se trouve pas dans la Vulgate\, il est de la traduction des Septante. La tradition a toujours vu dans la première partie une évocation de l’âne et du bœuf de la crèche de Bethléem. L’auteur du Trait le voyait certainement ainsi\, car il a évoqué innotescéris une des formules du Graduel de la Messe de minuit\, celle de Doino\, dans le Verset. Notez à nouveau\, sur tempus\, la grande formule de consideravi\, avec la même expression\, bien à sa place sur lemot qui annonce le jugement dernier. — En cela alors mon âme sera troublée. Dans ta colère\, tu te souviendras de ta miséricorde. — Dieu viendra du Liban\, et le Saint\, de la montagne ombragée et boisée. La grande formule de Déus demeure dans la même expression et aussi la grande formule de monte\, pour la troisième fois entendue. — Elle couvrira d’ombre les cieux\, sa majesté ; et de sa louange\, pleine sera la terre. La première partie de ce verset reproduit exactement le motif de Dies et la vocalise de illuxit nobis et de lux magna du verset de l’Alléluia de la Messe du jour de Noël ? C’est d’autant plus frappant que\, là et ici\, il s’agit des cieux qui s’ouvrent pour l’avènement du Christ : premier et second avènement ! \nTrait Eripe me Domine\nPs. CXXXIX\, 2-10\, 14. \nIl fait suite à la lecture du passage de l’Exode sur l’institution de la Pâque ordonnée par Dieu à Moïse. C’est la figure précédant la réalité dont le récit sera fait à l’Évangile\, mais c’est à la réalité qu’il s’applique\, au Christ souffrant dont il est la prière angoissée. Les formules musicales sont généralement très expressives. — Délivre-moi\, Seigneur\, de l’homme méchant ; de l’homme indigne\, délivre-moi. Belle supplication sur Eripe me ; la même que sur Déus meus\, le Dimanche des Rameaux. — Ils ont médité leur malice dans leur cœur ; tous les jours ils ont comploté leurs attaques. La formule de cogitavérunt rend bien « lactivité incessante de comploteurs\, tout en demeurant pénétrée de souffrance ? Notez l’insistance sur corde. — Ils ont aiguisé leurs langues comme celles des serpents ; le venin de l’aspic est sous leur langue. Acuérunt\, très en relief. — Garde-moi\, Seigneur\, de la main des pécheurs ; et des hommes iniques\, délivre-moi. La mélodie partant du fa donne à la prière quelque chose de vif qui fait un heureux contraste avec la longue plainte qui précède.5. — Ils n’ont pensé qu’à me renverser ;Ils ont caché\, les orgueilleux\, un piège pour moi. — Et des filets\, ils ont tendu devant mes pieds ;près du chemin\, ils ont mis de quoi me faire tomber.7. — J’ai dit au Seigneur ; Tu es mon Dieu\, exauce\, Seigneur\, la voix de ma prière. Bel accent de confiance sur meus es tu.8. — Seigneur\, Seigneur\, qui es la force de mon salut. Couvre ma tête au jour du combat. Même accent de confiance sur meae.9. — Ne me livre pas contre mon désir au pécheur. Ils ont formé des projets contre moi ; ne m’abandonne pas de peur qu’ils ne s’en glorifient. La prière s’intensifie et devient sur ne tradas me une admirable supplication.10. — La tête de ceux qui sont autour de moi\, que le travail de leurs lèvres la couvre (de honte).— Mais les justes loueront ton nom. Ils habiteront\, les justes\, devant ta face. Notez la brillante expression de tuo\, confiante et tendre\, et la grande formule sur recti qui prend\, sur cette vision de béatitude\, une nuance de joie. \nAdoration de la Croix\nEcce lignum\nVoici le bois de la Croix sur lequel le Salut du monde a été suspendu. Venez\, adorons-le. L’Église\, par le prêtre\, présent au monde la Croix rédemptrice en quelques mots très simples\, sur une mélodie grave\, qui se nuance d’humble repentir et de commisération pour les souffrances du Christ. La réponse du peuple est dans la même atmosphère d’humble contrition. Toutefois chacun des mots a son expression propre. Venite est résolu comme le mouvement spontané de l’âme qui répond au geste du prêtre. C’est en même temps une sorte d’invitation. Le départ sera décidé\, vigoureux et tout l’arsis aura une ferveur qui se concentrera sur la note qui précède le quilisma\, laquelle coïncide d’ailleurs avec l’accent tonique. Par contre\, la thésis sera paisible\, élargie. Elle dessine par sa courbe l’attitude du corps qui se prosterne et de l’âme qui s’anéantit devant le Christ en Croix\, confuse\, repentante et soumise\, dans la douleur qui lui cause les souffrances qu’il a endurées et ses propres péchés\, qui les lui ont values. Dans cette attitude d’humble prostration adorémus sera chanté doucement dans un mouvement très souple et très recueilli. \nImpropères\nCe sont les reproches que le Christ adresse au peuple juif. C’est donc lui qui est en scène\, et c’est lui que les chantres\, la schola\, toute l’assemblée représentent\, quand ils chantent tout à tour les versets. Rien de plus légitime ; nous sommes le Christ qui continue et nous avons\, à ce titre\, le droit de parler en son nom aux Juifs. Mais\, en même temps qu’aux Juifs\, le Christ\, à travers nous\, s’adresse à nous. Ce qu’il a fait\, il l’a fait pour nous tout autant que pour le peuple hébreu. De quelle Egypte ne nous a-t-il pas tirées ? De quelle manne ne nous-a-t-il pas nourris ? Vers quelle terre promise ne nous conduit-il pas ? Et ne trouve-t-il pas souvent en nous une ingratitude qui dépasse la leur ? Chacun des trois premiers versets est suivi d’une invocation\, en grec et en latin\, au Dieu Saint\, au Dieu fort\, au Dieu Immortel\, laquelle s’achève par un appel à la miséricorde. Il est assez normal d’y voir le cri des Juifs repentants\, et le nôtre\, et celui de tout le monde chrétien\, répondant aux doux appels du Christ crucifié. Popule meus. — Mon peuple\, que t-ai-je fait ? En quoi t’ai-je contristé ? Réponds-moi. Cette interrogation constitue le prélude et va devenir le refrain de tous les impropères. Le ton n’en est pas un ton de reproche ; le mot est trop fort de beaucoup. La mélodie est grave\, triste\, mais pénétrée d’une telle tendresse ! C’est une question que le Christ\, délicatement\, pose à son peuple\, pour savoir si\, comme inconsciemment — qu’il veuille bien excuser le mot —  il ne l’aurait pas\, en quelque façon\, froissé lui-même. Cette tendresse\, qui est prête à s’accuser\, pour se faire attirante\, est partout dans cette admirable phrase. De la cadence si douce de Popule meus\, elle s’élève lentement sur quid feci tibi et s’épanouit\, sur le pressus et la clivis allongée\, en un accent de délicate insistance. La même question\, ardente cette fois\, monte sur in quo contristavi te\, puis\, tout enveloppée de patiente douceur\, redescend le long de la thésis sur des rythmes clames\, paisibles\, qui glissent\, serrés les uns contre les autres\, sans heurt\, de peur qu’un rien de dur ne vienne compromettre l’œuvre de miséricorde. C’est le Christ doux et humble de cœur qui chante là. La douleur y est aussi\, mais\, baignée dans la tendresse\, elle ne se laisse voir que juste ce qu’il faut pour toucher de compassion le cœur du coupable. Quia eduxi te de terra Aegypti. — Parce que je t’ai tiré d’Egypte\, tu as préparé la Croix à ton Sauveur. Ici\, le reproche est formel\, et d’autant plus\, qu’il se fait à la façon d’une antithèse ; l’ingratitude de la passion et de la croix venant s’opposer au bienfait passé remis en mémoire ; mais la mélodie\, qui est exactement la même\, enveloppe le reproche de la même bonté. Le Christ ne reprend que pour exciter et repentir\, et toujours il le fait avec une extrême délicatesse\, délicatesse de l’amour qui veut la miséricorde plus que le sacrifice. C’est cet amour qui met son accent sur le pressus de eduxi\, sur la cadence de te et\, s’il faut bien coir une nuance de reproche sur la cadence finale de Salvatori tuo\, il faut la voir baignée de douceur\, d’une douceur maternelle. Agios o théos. — Dieu Saint\, Dieu fort\, Dieu immortel\, aie pitié de nous. Le peuple touché de repentir\, crie vers la miséricorde. Supplications ardentes. Mêmes dans les deux premières\, l’ardeur est bien marquée ; notez les deux pressus. Elle prend tout sa puissance d’intercession dans la troisième ; la mélodie\, établie sur la dominante\, emporte la prière en un crescendo ininterrompu jusqu’au sommet de eléison où elle prend\, sur le pressus\, un accent d’intense ferveur ; elle rebondit sur la clivis allongée en descendant et s’achève\, sur la cadence commune\, en une dernière pression. Quia eduxi te per desertum. — Parce que je t’ai conduit à travers le désert quarante ans durant et que je t’ai nourri de la manne et que je t’ai introduit dans une terre excellente ; tu as préparé une Croix à ton Sauveur ! Même mélodie\, même expression. Le développement nécessité par la longueur du texte amène deux incises nouvelles qui s’achèvent en des cadences d’une douceur plaintive\, émouvante\, sur cibavi te et optimam. Quid ultra debui facere tibi et non feci. — Qu’est-ce que j’aurais dû faire pour toi et que je n’ai pas fait ? Moi-même\, je t’ai planté comme ma vigne la plus précieuse\, et tu es devenue pour moi plus qu’amère. C’est avec du vinaigre que tu as apaisé ma soif et d’un coup de lance tu as percé le côté de ton Sauveur. Dans l’ensemble l’expression demeure la même. Il y a peut-être plus de douleur\, un peu partout ; une douleur de déception. Elle est très vive sur vineam speciosissimam et sur et tu facta es mihi nimis amara\, marquée surtout par les rythmes binaires des thésis. Il faut évidemment chanter ces versets lentement ; les accents bien légers avec des crescendo discrets et avec un grand souci d’expression\, sans forcer en rien les nuances. Les formules psalmodiques des versets qui suivent\, beaucoup plus simples\, ne sont pas moins expressives. L’atmosphère de miséricordieuse bonté est d’ailleurs entretenue d’une façon fort heureuse par la répétition de Popule meus après chacune d’elles. Il faut mettre très en relief l’antithèse des ego et des et tu. \nAntienne Crucem tuam\nTa Croix\, nous l’adorons\, Seigneur\,Et ta sainte Résurrection nous louons et glorifions. Voilà en effet qu’à cause du bois de la CroixVient la joie pour le monde entier.Ps.— Que Dieu ait pitié de nous\, et qu’il nous bénisse ;Qu’il fasse briller son visage sur nousEt qu’il ait pitié de nous. Elle est chantée au moment où la Croix\, après avoir été vénérée\, est déposée au milieu de l’autel. C’est l’adoration collective après l’adoration individuelle. L’atmosphère est toute autre la glorification du Christ en Croix commence. La tristesse a disparu. Ce n’est pas encore la joie éclatante ; mais les accents de triomphe se font déjà entendre très nets. La première incise reproduit exactement l’intonation du Te Déum. Le reste est assez commun\, aux antiennes du IVe mode et plutôt contemplatif. Il faut noter toutefois Le beau mouvement qui chante a nuance delà joie sur vénit gaudium. Chanter dans un bon mouvement\, avec un rythme vien marqué\, et ferme sur la cadence finale. \nHymne Pange lingua\nLa première phrase est un chant de triomphe enthousiaste et joyeux. La seconde est plus réservée sans que le caractère triomphal ait disparu. La troisième quia reproduit emprunte au texte vénération et tendresse. \nHymne Vexilla Régis\nChant de triomphe encore ; il est moins éclatant que le précédent\, mais ce serait une erreur que d’en faire un chant de deuil et de mort. Le chanter avec enthousiasme\, dans un rythme très marqué\, et dans une sonorité puissante. Polyphonies \n\nPolyphonies classiques pour la Passion \nCantiques pour la Passion\nChant de la Passion selon saint Jean\n2e répons de la fonction liturgique en polyphonie\n\nEcoutes de pièces  \n\nBUXTEHUDE : Membra Jesu nostri\n\nLe chant de la Passion selon saint Jean Disponible dans le coffret des Matines des Jours saints.
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SUMMARY:La Veillée Pascale
DESCRIPTION:Le livre latin français\, La Semaine Sainte est le guide parfait pour suivre les cérémonies de la Semaine Sainte. \nCommentaires des pièces de la Vigile pascale par Dom Baron.\nIntroduction\nL’office comprend sept cérémonies différentes : la bénédiction du Feu nouveau\, la bénédiction du Cierge Pascal\, les Prophéties\, la bénédiction des Fonts Baptismaux\, les Litanies\, la Messe\, les Vêpres. Il n’y a de chant collectif que pour les Traits entre les prophéties\, les Litanies\, la Messe et les Vêpres. \nL’Avant-Messe\nCantique Cantemus\n1. — Chantons au Seigneur\, car il a fait éclater sa gloire : Le cheval et le cavalier il a précipités dans la mer.2. — Il est mon Dieu et je l’honorerai\, le Dieu de mon Père et je l’exalterai.3. — C’est le Dieu qui brise les guerres\, Seigneur est le nom qui lui convient. Exode XV\, 1-2.C’est le cantique de Moyse après la traversée de la Mer Rouge. Notre louange reconnaissante rejoint\, à travers les siècles\, celle des Hébreux délivrés et chante le Baptême\, qui était figuré dans le passage à travers les eaux. Pour tous les traits\, les formules musicales du VIIIe mode sont sans aucune expression particulière. \nCantique Vinea facta est\n1. — Une vigne fut faite pour mon bien-aimé sur un lieu élevé et fertile ;2. — et d’une haie\, il l’a entourée\, et il a creusé autour\, et il y a mis du plant de Sorec\, et il a bâti une tour au milieu.3. — Et il a fait un pressoir. Or la vigne du Seigneur des armées\, c’est la maison d’Israël. Isaïe V\, 1-2.Ce cantique d’Isaïe paraphrase la prophétie qui annonce le lieu de fraicheur et de paix qu’est le Ciel et l’Eglise. La vigne aimée est symbole de l’Eglise et de l’Eucharistie qui en est la vie et vers laquelle tendent tous les désirs des catéchumènes. \nCantique Attende caelum\n1. — Ecoute\, Ciel\, et je parlerai ; et que la terre aussi écoute les paroles de ma bouche.2. — Qu’il soit attendu comme la pluie\, mon discours\, et qu’elles descendent comme la rosée\, mes paroles ;3. — Comme l’eau sur le gazon et comme la neige sur l’herbe des champs ;Car le nom du Seigneur je vais célébrer.4. — Rendez hommage à notre Dieu. Dieu\, ses œuvres sont vraies et toutes ses voies justes.5. — Dieu est fidèle\, en lui pont d’iniquité ;Juste et saint est le Seigneur. Deutéronome XXXII\, 1-4.Ce n’est que le prolongement de la prophétie qui vient d’être lue dans laquelle Moyse donne au peuple ses recommandations après qu’il a eu fini d’écrire la loi. \nCantique Sicut servus\nComme le cerf désire les sources d’eau\, Ainsi soupire mon âme après toi. Elle a soif\, mon âme\, du Dieu vivant. Quand viendrai-je et paraitrai-je devant la face de mon Dieu ? Elles ont été pour moi\, mes larmes\, mon pain jour et nuit\, Lorsqu’on me disait à longueur de jour : où est ton Dieu ? Ps. XLI\, 2-4.C’est le chant des catéchumènes exprimant une dernière fois leur ardent désir du Baptême\, qui leur donnera le Christ consolateur de toutes les souffrances. Il est la conclusion de tant de prières\, lues\, dites et chantées depuis que la Septuagésime a ouvert la période de préparation. A celle-ci\, comme à toutes celles qui ont précédé\, nous avons à nous joindre\, afin que la grâce du Baptême se renouvelle abondante en nous. \nLitanies\nC’est le chant le plus simple qui soit. Il a en lui-même son expression de prière. \nLa Messe\nAlleluia\nIl est très discret. Bien qu’il soit le chant depuis longtemps attendu et désiré et qu’il exprime la joie de Pâques qui nous presse\, il faut lui garder sa discrétion. Tout au plus un crescendo à chaque élévation de la voix. \nConfitemini\nLE TEXTECélébrez le Seigneur parce qu’il est bon\, Parce que éternelle est sa miséricorde. Ps. CXVII\, 1. C’est une invitation que l’Eglise adresse aux nouveaux baptisés et à nous qui avons renouvelé la grâce de notre baptême. Elle n’a pas besoin d’être commentée. L’Epître\, en un mot\, lui donne sa raison d’être et son sens : « vous êtes morts et votre vie est cachée en Dieu et lorsque le Christ\, votre vie\, apparaîtra\, vous apparaîtrez\, vous aussi\, dans la gloire… » C’est assez de notre résurrection\, dans le Christ ressuscité\, pour faire éclater notre reconnaissance joyeuse et inviter tout le monde à louer avec nous la miséricorde éternelle de notre Dieu. LA MÉLODIEElle a bien le caractère d’une invitation. On le sent dès le premier mot qui est tout en élan et qui a\, sur la distropha et la virga répercutée\, quelque chose de pressant. La joie n’est pas encore éclatante mais elle est là\, ardente\, partout\, baignée de tendresse sur Domino\, sur quoniam bonus et sur éjus\, dans le rythme souple et gracieux des distrophas et des clivis répercutées. \nTRAIT\nLE TEXTE 1. — Louez le Seigneur\, toutes les nations\, et louez-le ensemble\, tous les peuples.2. — Parce que est confirmée sur nous sa miséricordeet que la vérité du Seigneur demeure éternellement. Ps. CXVI\, 1-2.Invitation à la terre entière cette fois. C’est l’Eglise\, c’est nous qui invitons\, sachant ce que nous savons de la miséricorde qui est venue sur nous par la grâce de notre Baptême. LA MÉLODIECe sont les formules toutes simples du VIIIe mode\, mais il va de soi qu’il y passera\, sans qu’on ait besoin de rien faire\, toute la joie du Baptême\, et de l’Eucharistie qui vient. \nLes laudes\nAntienne Alleluia\nUn seul mot dit tout : joie. Joie pleine plutôt qu’exubérante. Joie de l’Eucharistie ; joie de la première Communion des catéchumènes\, et de la nôtre aussi\, renouvelée. La chanter dans un mouvement assez large mais très joyeux. \nAntienne Vespere autem Sabbati\nLa nuit du Sabbat\,Quand commence à s’éclairer le premier jour après le Sabbat\, Vinrent Marie-Madeleine et l’autre Marie pour voir le Sépulcre. Alleluia. Simple récit qui nous place dans le mystère de la Résurrection à l’heure même où il va se réaliser. L’intonation est commune au VIIIe mode mais\, sitôt qu’elle est lancée\, une joie légère et fraîche enveloppe les mots\, en se balançant sur les podatus allongés de lucéscit et de in prima. On la retrouve sur vidére\, qui est le mot important\, encore qu’elle n’ait à aucun instant quitté la mélodie. Ite missa estAlleluia. Alleluia. Ici\, la joie éclate\, comme la conclusion enthousiaste du premier acte du mystère pascal et comme le prélude des autres qui vont se dérouler dans la variété des Alleluia cinquante jours durant. Cantiques pour Pâques \n\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\nPolyphonies pour Pâques\n\nEcoutes de pièces \n\nZelenka : messe de la Résurrection\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Dimanche de Pâques
DESCRIPTION:Le livre latin français\, La Semaine Sainte est le guide parfait pour suivre les cérémonies de la Semaine Sainte. \nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nINTROÏT\nLE TEXTE\nJe suis ressuscité et encore avec toi je suis\, Alleluia. Tu as posé ta main sur moi\, Alleluia. Admirable s’est montrée ta science\, Allelauia\, Alleluia. \nPs. — Seigneur\, tu m’as éprouvé et tu m’as connu\,Tu savais (à l’avance) mon coucher et mon réveil. Ps. CXXXVIII. 18\, 5\, 6\, 1\, 2. \nLes trois versets du Psaume CXXXVIIIe n’ont en eux-mêmes aucune relation\, directe ou indirecte\, à la Résurrection ; le psalmiste chante la science parfaite de Dieu\, sa providence\, son infinie puissance ; c’est tout. Mais l’auteur de l’office\, avec une sagesse profonde et un art admirable\, les a mis sur les lèvres u Christ au moment précis où\, vivant à nouveau\, il se retrouve corps et âme\, en présence de son Père. Il en a fait ainsi une des antiennes pascales les plus émouvantes. Notre Seigneur les avait bien des fois prononcés au cours de sa vie\, et\, avec sa science infinie\, il leur avait sans doute donné ce sens\, que le Saint Esprit inspirerait un jour à celui qui serait chargé de composer le drame liturgique de sa Résurrection. Peut-être furent-ils vraiment ses premiers mots de ressuscité… En tout cas\, ils expriment admirablement ce que dut être son premier hommage d’amour au Père qu’il retrouvait. « Je suis ressuscité… » Le Christ prend conscience de la vie qui pénètre à nouveau son corps\, il retrouve la parole ; son premier mot est celui de tous les miraculés : je suis guéri…je suis ressuscité… Et tout de suite après : « je suis encore avec toi… » le mot chargé de tendresse par lequel l’Humanité Glorieuse du Christ dit au Père sa joie de le retrouver. Pas un instant l’âme de Notre Seigneur n’avait cessé de voir le Père face à face\, mais son corps\, lui\, avait été bien mort\, séparé de son âme trois jours durant ; en en reprenant possession l’âme l’associait à nouveau à sa vision : c’est dans ce sens que vraiment le Christ retrouvait son Père. « Tu as posé ta main sur moi… » La reconnaissance\, après la joie du revoir. Tu as posé ta main sur moi pour me conduire le long des voies que tu savais les meilleures pour la réalisation de l’œuvre que tu m’as confiée\, pour me ramener vers toi\, l’ouvrage fini. Elle fut lourde parfois ta main\, et douloureuse en ces derniers jours : mais de la savoir sur moi\, mettait\, au fond de mon âme\, la paix et la joie. « Admirable s’est montrée ta science… » Si à certaines heures\, pris de peur\, je chancelais sous l’épreuve\, toit tu voyais\, tu savais ce que tu me demandais\, où tu me conduisais\, moi et le évènements et le monde et tous les hommes de tous les temps. Je vois si bien les merveilles de ta sagesse. Je les ai rachetés\, les hommes\, je les ai bien à moi\, je les vois tous dans les siècles passés et dans ceux qui viennent et\, les ayant bien présents à ma pensée\, enveloppés en moi comme mes membres qui vont me prolonger\, me continuer\, me donner toute ma taille dans le monde\, je te les présente et\, à l’avance\, je te dis pour eux le mot qu’ils te diront un jour : Resurréxi ; je suis ressuscité\, Alleluia. Ainsi faut-il comprendre cette parole du Christ au matin de sa Résurrection. Dans le drame liturgique qui renouvelle devant nous le mystère\, elle garde tout son sens. Le Christ\, par la voix de ceux qui chantent\, la redit et chacun\, conscient du renouvellement de vie reçu par le Baptême et l’Eucharistie\, se joint à lui\, disant sa reconnaissance pour la résurrection spirituelle\, une fois de plus réalisée et\, à l’avance\, pour l’autre qui\, en tout semblable à celle du Christ\, nous portera corps et âme au Père pour être avec lui à jamais. Resurréxi et adhuc tecum sum… Alleluia \nLA MÉLODIE\nElle est proprement indéfinissable. Des mots murmurés par le Christ qui s’éveille\, entre les pierres du tombeau\, dans le silence de l’aube. Contemplation de l’âme qui les chante au Père qu’elle rejoint\, elle aussi\, dans l’élan de sa vie renouvelée. Elle n’a pas d’éclat\, très peu de « mouvement ». C’est comme un récitatif orné qui se déroule dans une atmosphère de paix\, d’intimité\, de reconnaissance\, de tendresse\, de joie pleine. Mélodie d’extase\, « l’extase de Dieu en Dieu… l’écho\, traduit en langage créé\, de la “conversation” qui se tient dans la trinité ad intra. Pour la chanter il faut pouvoir en toute vérité : Ego in te Pater\, et tu in me. (Moi en toi\, Père\, et toi en moi). Elle est de quelqu’un qui est du Père et qui se déverse dans le Père ». (Dom J. Galard. Revue Grégorienne 1924. P. 64). Cette paix extatique\, se nuance toutefois avec les mots. L’intonation est développée d’une joie délicate\, simple\, spontanée et d’une sénérité admirable ; joie de réveil\, joie de revoir. Elle s’attarde cette joie en un accent de tendresse sur la tristropha et va doucement en suivant seulement les mots\, vers la fin de l’incise. Elle se complaît un instant sur sum puis se pose\, paisible\, sur l’Alleluia en des rebondissements légers qui l’amènent à la finale. Elle a trouvé là\, dans la délicatesse du demi-ton et dans ce qu’a d’inachevé cette cadence du IVe mode\, ce qu’il lui faut pour s’exprimer… autant qu’elle le peut. Même joie paisible et sereine dans la seconde phrase. Mais\, ici\, la main qui se pose est partout ; ferme et appuyée\, sur la double note de posuisti\, douce sur les tristrophas des autres mots. De ces valeurs longues\, répétées quatre fois sur el fa\, résulte une ligne mélodique\, très évocatrice à la fois de l’autorité du Père et de l’immobile contemplation dans laquelle son Fils l’adore et l’aime. Rien de dur d’ailleurs\, rien qui s’impose ; la main paternelle ne faisait que conduire avec amour\, même lorsqu’elle pesait ; de là cette atmosphère d’affectueuse reconnaissance et de joie profonde dans laquelle le souvenir en est ramené. L’Alleluia qui clôt cette deuxième phrase\, très douce\, très retenu\, et comme prolongé par le pressus et le porrectus\, est tout à fait extatique pour peu qu’on en soutienne la dernière note ;« Après un long silence\, le Seigneur\, comme s’éveillant et reprenant conscience de Lui-même\, murmure dans un mouvement d’admiration et d’amour “Oui ! Vraiment vos œuvres sont admirables”\, mirabilis facta est sciéntia tua\, ». (Dom J. Gajard loc. cit. et Revue Grégorienne. 1946. P.65)Quel splendide mouvement ! Il s’élève sur les intervalles pleins et sonores du VIIIe mode qui prennent dans le grave je ne sais quoi de profond\, comme une plénitude de joie\, s’épanouit un instant sur la tristropha et la cadence de facta est\, puis\, en un bel élan\, met en plein relief sciéntia tua\, le mot de la Sagesse divine. Après quoi\, les trois Alleluia se balancent\, très doux — les manuscrits l’indiquent expressément : leniter\, doucement — et le grand calme de la contemplation divine peu à peu rejoint le silence. Le Psaume\, alors\, monte léger\, baigné de joie\, lui aussi\, mais toujours dans la même atmosphère d’inaltérable paix. Le moindre éclat\, la moindre recherche d’effet enlèverait à cette admirable antienne toute sa valeur. « Chantez cet Introït largement\, sans lourdeur toutefois\, presque à mi-voix\, sans grandes nuances\, dans une tonalité plutôt basse. On voit quel contre-sens ce serait de le chanter à grands cris et de le « monter » beaucoup pour lui donner de l’ »éclat » sous prétexte que c’est Pâques. Chantez-le enfin en ne pensant qu’à Celui qui parle et aux choses qu’il dit\, et vous verrez. » (Dom J. Gajard. Revue Grégorienne. 1946. P.65) Que tout soit très lié\, très fondu et bien vivant. Faites les accents de Resurréxi et de técum bien au lever\, légers et arrondis de façon que la voix retombe doucement sur la syllabe de adhuc. Soulevez la virga de l’Alleluia de la fin de la première phrase afin que la retombée sur la tristropha soit souple. Bien appuyer la bivirga de posuisti\, mais faire douces toutes les tristrophas de la seconde phrase ; retenir le punctum qui précède le pressus du dernier Alleluia\, balancer le dernier neume et prolonger la dernière note. Un bon temps de silence\, très marqué. Reprise a tempo sur mirabilis\, mais sans presser ; bien arrondir le torculus de sciéntia\, retenir tout le neume de la dans l’avant-dernier Alleluia et faire le dernier très souple et bien retenu. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nVoici le jour que le Seigneur a fait. Exultons et réjouissons-nous en lui.Verset. — Louez le Seigneur car il est bon\, car éternelle est sa miséricorde. Ps. CXVII\, 24\, 1. L’Introït a mis devant nous ce qui s’est passé entre le Christ et son Père dans l’intimité du premier revoir\, le Graduel est la réaction du monde devant le miracle et le mystère révélé. La révélation vient d’en être faite à l’Epître « Notre Pâque a été immolée : le Christ. Mangeons-la donc dans la sincérité et la vérité. » Ce n’est pas seulement le fait de la Résurrection que Saint Paul nous présente dans ces quelques mots\, mais le prolongement du mystère dans nos âmes\, par l’Eucharistie qui nous donne de vivre nous-mêmes une vie de ressuscités. La réaction qui s’en suit\, va dépasser\, elle aussi\, le fait du jour; elle va être la joie de voir le Christ triompher de la mort\, certes\, mais aussi la joie de sentir en nous sa vie de ressuscité nous pousser\, à travers notre vie et notre mort\, vers notre propre résurrection. L’auteur de l’office a choisi pour exprimer cette joie deux versets du Psaume CXVII. Ce Psaume\, composé sans doute pour la dédicace du second Temple\, fit ensuite partie du Hallel ; six psaumes qui se chantaient aux grandes fêtes de l’année : Pâque\, la Pentecôte\, la fête des Tabernacles\, et la fête de la Dédicace. Il est fait de refrains chantés par la foule et de solos réservés au Chef de chœur ou à divers personnages. L’Haec Dies est l’un de ses refrains. Le choix qui en a été fait pour Pâques est des plus heureux. Voici les jours que le Seigneur a faits… Le Seigneur a fait tous les jours\, mais il en a fait quelques-uns qui sont comme des centres vers lesquels\, emportés par le temps\, les autres vont. Tels furent le jour de la sortie d’Egypte\, le jour où Dieu se choisit le peuple Juif pour son peuple et lui donna la loi sur le mont Sinaï\, le jour de la dédicace du Temple. Tous ces jours mémorables allaient toutefois vers un jour plus central : le jour où le Christ\, vainqueur de la mort et de Satan\, rétablirait les hommes dans leurs droits à la vie éternelle : Pâques. Jour central entre tous\, Pâques n’est cependant pas le dernier ; lui aussi\, dans la succession des ans va vers le jour après lequel il n’y aura plus d’autre\, le jour qui ne finira pas parce qu’en lui sera réalisée la plénitude des temps\, le jour où le Christ avec tous ses membres\, ressuscités à leur tour\, aura réalisé la gloire que le Père attend de la création. C’est ce jour-là que le Seigneur a fat vraiment car tous les autres ne sont que pour lui. Toutefois\, parce que dans la Résurrection du Christ est le germe de toute résurrection et de toute gloire\, Pâques est\, plus qu’aucun autre d’ici la fin du monde\, le jour que le Seigneur a fait. Le verset Confitémini\, lui\, semble avoir été réservé à un chœur qui\, tout au début du Psaume\, lançait l’invitation à louer la divine miséricorde. Louez le Seigneur car éternelle est sa miséricorde… Eternelle au sens le plus strict du mot. Pas un instant Dieu n’a cessé\, depuis toujours\, de nous avoir dans sa pensée avec le désir de nous faire du bien. Depuis la création sa miséricorde est penchée sur le monde\, poussant les hommes et les peuples au Christ\, les fixant en lui\, les sauvant\, les ressuscitant en lui. Chacun peut dire\, pour autant qu’il le sait\, ce qu’elle a été pour soi\, sans pouvoir dire ce qu’elle sera car cela passe les prévisions et les mots. Nous devrions en être conscients à tout instant. C’est pour que nous le soyons davantage que l’Eglise nous fait dire ce verset si souvent dans l’office\, mais\, après la Passion et dans la lumière de la grâce pascale qui nous illumine\, nous sentons mieux tout ce que nous devons à la Miséricordieuse Bonté de notre Dieu ; et le verset du Psaume est vraiment le cri du coeur qui spontanément monte aux lèvres. Les chanteurs jouent dans un double rôle dans ce Graduel. Ils sont dans l’Haec Dies\, l’Eglise toute entière qui dit sa joie et dans le Confitémini\, les ministres qui invitent le peuple à redire sans cesse sa louange au Seigneur dans les reconnaissance et l’amour. \nLA MÉLODIE\nC’est celle des Graduels types du IIe mode\, mais ici\, comme dans le Graduel de la Messe de minuit\, l’auteur a composé\, pour le début\, un motif original merveilleusement adapté à la joie de Pâques. Ce motif va jusqu’à Dominus\, là\, il se soude comme naturellement à une formule commune au IIe et au Ve mode\, laquelle fait la transition à la mélodie classique. C’est d’abord un mouvement de joie légère qui\, de la clivis initiale où il prend élan\, s’enroule\, plein de souplesse et de vie\, autour du la. Un nouvel appui sur la première note du podatus le lance jusqu’au do et\, tout de suite l’enthousiasme\, qui déjà pénétrait les enroulements des premiers neumes\, devient vibrant. Par la plénitude de l’arsis\, l’articulation de la consonne\, la force de l’accent tonique\, la tristropha\, il enveloppe le mot dies dans un souffle d’exaltation qui ne va plus cesser\, emportant tout\, entrainant tout\, dans un rythme admirable\, net\, scandé\, ardent comme le chant d’une foule en liesse ; notez les deux doubles notes de fecit amenées par les podatus de quam\, les rythmes binaires et la tristropha qui élargissent le mouvement\, enfin cette cadence sur do qui sonne comme un branle de cloches. Ainsi se trouve mise en un splendide relief cette exclamation de joie qui est vraiment le mot du jour. Les deux autres phrases ne sont plus\, à proprement parler\, une exclamation de bonheur mais plutôt une invitation à la joie. La mélodie sert fort bien l’ardeur communicative des mots. L’envolée spontanée\, fraiche de Exsultémus qui se détend en un balancement si gracieux tout au long de la thésis est vraiment une exultation. Et laetémur\, a été revêtu d’un motif original très heureux qui le met en évidence par une délicate nuance de gravité qui prépare l’admirable vocalise de in ea sur laquelle l’âme chante à loisir\, et avec un peu plus d’ampleur vers la fin\, le jour qui se déroule.. ;et celui qui ne finira pas. \nLe Verset. \nIci encore\, toute la première phrase est originale. C’est l’invitation à la joie qui continue\, mais dans une ardeur et un enthousiasme qui ne se rencontrent pas une seule autre fois dans l’année. Et c’est bien ainsi car il n’y a pas non plus un autre jour comme Pâques ; c’est le jour que le Seigneur a fait. Sitôt posée l’intonation — qui est celle des graduels types du IIe mode — l’âme laisse déborder sa reconnaissance sur le nom divin qu’elle vient de rencontrer : Domino. Elle s’y complaît en une vocalise qu’elle retient sur les notes les plus élevées du mode et où l’on perçoit\, déplus en plus marqués\, les accents de tendresse qui évoquent la joie émue du revoir ; notez les notes allongées et les climacus\, très retenus eux aussi\, de la fin. Cette joie attendrie qui continue d’abord sur quoniam\, au début de la phrase suivante prend bientôt l’accent pathétique extraordinaire\, on peut bien dire unique : un mouvement\, montant par degrés conjoints\, retenu\, mesuré\, qui soudain bondit d’une quinte jusqu’au sol aigu\, puis redescend délicatement sur bonus où il s’étend\, s’élargit\, se retient\, s’achève enfin comme à regret dans le calme et la douceur revenus. Sur ces mots\, si riches de sens pour elle\, l’âme a pris conscience de tout ce qu’elle doit à la miséricorde divine et ne pouvant retenir le cri de sa reconnaissance\, elle le lance au monde de toute ses forces puis revient à nouveau se perdre toute émue\, dans la contemplation paisible du Christ infiniment bon. Ivresse de joie\, « ivresse de l’état de grâce ». La mélodie alors se soude aux formules communes qui\, comme dans la première partie\, donnent aux mots une très belle expression de joie exultante — c’est le motif de exsultémus celle-ci peu à peu se fait recueillie et contemplative à mesure que s’évoque à nouveau le mystère de l’Eternelle Miséricorde. « Donnez à tout le début un mouvement général très vif\, alerte\, joyeux — régulier\, bien entendu ! Dans la plupart des chœurs\, cette intonation est toujours trop lente\, trop lourde\, trop pesante. C’est évidemment un contre-sens\, et les c (celeriter) des manuscrits sont éloquents. — et cette allure joyeuse ne doit être interrompue par aucune des tenues qui se rencontrent par exemple sur fecit et Dominus. « Rythmez » bien. Les deux doubles do de fecit ne se ressemblent que matériellement ; rythmiquement\, c’est-à-dire réellement\, ils sont tout différents ; le fécit forme un rythme composé dont l’accent fé est l’arsis\, laquelle se repose sur le double do thétique de cit. Essayez ; vous verrez tout ce que ce simple détail technique donne de vie à ces deux neumes\, si souvent exécutés de façon pesante et morte ! C’est cet élan de fé qui doit informer la vocalise de cit et commander même la reprise arsique ré-mi (dont chaque note doit conserver sa pleine valeur de temps). Quant à Dominus\, il sera chanté évidemment dans un grand\, ample et enthousiaste crescendo\, où doit passer toute l’âme ». (Dom J. Gajard. Revue Grégorienne. 1946. P. 61.)On veillera à ce que le climacus de Haec ait bien sa valeur de trois temps simples. La double note de fé dans fécit est une bivirga allongée\, bien l’appuyer\, tout en lui donnant son caractère arsique. Dans la seconde phrase\, lier\, par dessus le quart de barre\, la première incise de exsultémus à la seconde. La double note qui suit le pressus de mus est une bivirga. Ralentir mus dans laetémur. Que la vocalise de la soit très liée\, très souple\, progressivement retenue ; la cadence finale aura quelque peu d’ampleur. Le verset sera un peu plus rapide\, mais toujours très rythmé. Les climacus de Domino\, très retenus et très expressifs. Le début de quoniam\, paisible. Dans la montée\, un crescendo bien mené ; s’appuyer sur la note pointée pour atteindre sans heurt la double note du sommet\, laquelle sera sonore et ardente\, retenir la descente sur la dernière syllabe. Bonus très élargi et très souple. Quoniam in saéculum sera rapide et joyeux. Dans la dernière formule de la finale\, — qui sera très élargie — bien répercuter le premier do du podatus marqué d’un épisème vertical. \nALLELUIA\nLE TEXTE\nNotre Pâque à nous a été immolée : le Christ. I Corinth. V. 7.C’est le mot central de l’Epître\, mais\, sorti de son contexte\, il n’est ici qu’une exclamation joyeuse que les fidèles\, après avoir chanté la grandeur du jour et l’infinie miséricorde du Seigneur\, se redisent les uns aux autres comme l’expression de leur bonheur profond. \nLA MÉLODIE\nElle est\, comme celle du Graduel\, toute pénétrée de joie\, mais c’est une autre joie. Trois motifs\, exposés une première fois dans l’Alleluia et son jubilus\, repris et développés dans le cours du verset\, ramenés enfin sur le dernier mot\, en constituent la trame. Le premier\, celui de l’Alleluia\, est une sorte d’appel sur les notes fondamentales du mode : sol\, la\, si\, ré : introduction à la joie. Le second\, qui prend la première incise du jubilus\, d’abord broderie légère e prolongée sur ré mi\, descend en rythmes souples et retenus sur la tonique qu’il atteint par un pressus bien posé sur le la : expression d’un bonheur paisible\, recueilli\, profond. Il est repris dans l’incise suivante et développé ; la broderie y est la même mais la descente à la tonique est plus retenue encore\, le mouvement se pose un instant sur le si et brode sur le do avant d’atteindre le la et le sol. Le troisième\, qui forme la dernière incise\, est une retombée gracieuse du ré au fa\, en passant par une double broderie sur le sol\, rebondit sur la cadence classique du VIIIe mode : joie de plénitude : l’âme se délecte dans la possession de son bien. Dans le verset\, Pascha nostrum est un développement de la broderie du deuxième motif qui s’achève en une cadence sur le si après l’avoir marqué déjà de deux touches légères : joie simple\, délicate\, pleine de fraicheur mais qui\, par les notes allongées et plus encore par la cadence en demi-ton enveloppe de tendresse nostrum : notre Agneau Pascal\, celui qui nous a sauvés\, tous et chacun de nous\, et qui demeure nôtre à jamais et à tout instant dans le plus intime de nous-mêmes. Vient alors le mot central : Immolatus. La fin du second motif est reprise à la quarte supérieure\, amplifiée par les deux climacus\, qui en font d’ailleurs le rythme différent\, et rendue plus expressive par la distropha et la cadence sur ré. Cette variation du second motif est allongée d’une sorte de coda qui la relie à la forme originale en une cadence sur sol. Il y a alors comme un rebondissement qui évoque le premier motif\, et le tous s’achève en une longue cadence sur la tonique. De cet assemblage savant\, rien ne paraît\, tout est unifié dans une admirable vocalise qui va\, vient\, monte\, descend\, se repose\, rebondit sans jamais vouloir finir\, semble-t-il… précisément parce qu’elle est l’expression de quelque chose qui n’a pas de limite ; la joie de la contemplation. L’âme prise par le mot\, par l’idée\, par le mystère de cette immolation dont la phase douloureuse est achevée\, voit l’Agneau Immolé dans sa gloire de Ressuscité\, dans l’Eucharistie qui le fait vivre en elle\, et par deà le temps\, dans la liturgie de l’éternité où elle-même\, avec son corps ressuscité\, elle louera un jour à jamais…et elle le chante\, éperdument. A la reprise du chœur\, les trois motifs sont ramenés\, concrétisant sur Christus toutes les nuances de la joie pascale : jubilation\, plénitude\, délectation. « La vocalise de l’Alleluia\, avec son début très appuyé dans les manuscrits et ses grands intervalles\, gagnera plutôt à un tempo assez large\, avec des nuances bien marquées sur la magnifique finale\, donnée dans un grand rallentendo\, accompagné d’une sonorité vocale aussi chaude que possible. » (Dom J. Gajard. Loco cit\, 63) Il faut en effet\, ici comme dans le Graduel\, se défier de l’enthousiasme\, de la sonorité\, de la légèreté aussi : un bon mouvement mais calme\, ordonné : c’est une joie\, à la fois exubérante et profonde\, et la profondeur\, presque partout\, domine. Bien faire l’accent de Pascha soulevé et arrondi. Les épisèmes de nostrum ne sont que des nuances délicates d’expression ; les faire légers et dans le mouvement. Graduer Laforce sur le début de Immolatus en appuyant bien la virga pointée de façon à arrondir le sommet\, les climacus\, très souples\, une répercussion très légère sur la clivis jointe à la distropha. On pourrait élargir un peu le salicus qui précède le quart de barre et prendre là\, mais délicatement\, un peu de souffle\, si c’est nécessaire. Elargir les cinq premières notes de tus et reprendre un peu de mouvement sur les autres\, tout en menant le grand ralenti de fin de phrase. Reprise a tempo sur Christus. Faire très retenue et très chaude la grande retombée du troisième motif et bien balancer la cadence finale. \nSEQUENCE\nLE TEXTE\nA la victime pascale\, que des louangesIls immolent\, les Chrétiens. L’Agneau a racheté les brebis. Le Christ innocent\, au PèreA réconcilié les pécheurs. La vie et la mort en un duelEtrange s’engagèrent. Le Chef de la vie tué\, règne vivant. Dis-nous\, Marie\,Ce que tu as vu sur la route. Le sépulcre du Christ vivantEt la gloire\, j’ai vue\, du Ressuscité\,Les anges témoins\,Le suaire et les vêtements. Il est ressuscité\, le Christ mon espéranceIl précédera es siens en Galilée. Nous savons que le Christ est ressuscitéDes morts\, et vraiment. Toi\, de nous\, Roi vainqueur\, aie pitié. Amen ! Alleluia! Ce poème n’a besoin d’aucun commentaire. On en remarquera seulement le caractère dramatique. Il se compose en fait de trois parties ; un prélude chanté par le chœur\, versets 1\, 2\, 3 ; le dialogue entre les Apôtres et Marie-Madeleine\, versets 4\, 5\, 6\, 7 ; la finale chantée par le chœur. \nLA MÉLODIE\nLa joie qui est partout\, revêt dans le prélude une certaine gravité. Le dialogue par contre est ravissant de simplicité et de fraîcheur. La conclusion est d’abord une envolée pleine d’enthousiasme sur scimus Christum surrexisse : elle devient une affirmation forte\, très appuyée sur a mortuis vere et s’achève par une pièce ardente sur : tu nobis Victor Rex miserére. Il faut chanter dans un bon mouvement et bien rythmer\, avec des accents lancés et légers. Le dernier verset doit être triomphal\, a mortuis vere très retenu et la prière finale bien priante. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nLa terre a tremblé (de peur) et est demeurée tranquille\, lorsqu’il s’est levé pour le jugement\, Dieu. Alleluia. Ps. LXXV\, 9\, 10. Il semble bien que ces deux versets\, dans le Psaume\, ont trait à la destruction des 185 000 hommes de l’armée de Sennacherib par l’Ange du Seigneur. (IV. Reg. XIX\, 35 — Isaïe. XXXVII\, 36.) Ce n’est toutefois qu’une image poétique car il n’y eut pas en cette affaire de tremblement de terre mais quel silence de mort\, ce matin-là\, sur le camp !L’Eglise en fat ici l’application à la Résurrection. Application heureuse. Au moment où le Christ est sorti du tombeau\, la terre a bien tremblé puis est redevenue tranquille sous les gardes renversés ; et\, dans un sens c’est bien pour le jugement que le Fils de Dieu s’est levé\, car ce premier acte de son triomphe l’établit dans son état de juge et porte en soi la condamnation de tous ceux qui ont travaillé et travailleront à détruire son œuvre\, jusqu’au jour de la sentence. Toutefois\, c’est moins comme une évocation du drame historique qu’en une sorte de contemplation que l’église chante cet Offertoire. Elle ramène ses souvenirs\, de la victoire éclatante de l’Ange sur les Assyriens à celle du matin de Pâques où les Anges encore gardent le tombeau vide et les soldats atterrés ; puis\, passant les siècles\, elle voit toutes les interventions divines qui ont prolongé celle-ci et pressent\, dans l’avenir\, celles qui suivront jusqu’à ce que la dernière se fasse\, elle aussi\, dans le fracas des mondes renversés et dans la paix des Cieux Nouveaux et de la Terre Nouvelle : Pâque Eternelle vers laquelle vont toutes les Pâques. \nLA MÉLODIE\nElle ne décrit pas le tremblement de terre : c’est plutôt le calme qui suivit qui pourrait être évoqué dans la longue thésis de Quiévit. C’est une mélodie toute de paix\, intérieure\, contemplative. Elle s’anime un peu dans la deuxième phrase. L’âme trouve une expression à sa joie dans la belle arsis aux rythmes binaires de resurgeret qui conduit le mouvement en une sorte d’apothéose à la tristropha du sommet. Il y a là comme un épanouissement\, puis le mouvmenet rebondit\, solennel et grandiose\, sur in judicio\, et va s’achever sur une cadence aimable et gracieuse du Ier mode\, qui enveloppe Déus de tendresse heureuse. La mélodie redevient alors tout baignée de paix sur l’Alleluia\, se balançant en des rythmes qui se répètent\, harmonieux et douc\, jusqu’à ce qu’elle s’achève comme ç regret\, sur la cadence mystique du IVe mode. « Tout ceci demande un tempo très large\, soulignant bien chacun des détails\, mais aussi une voix vibrante\, toute pleine d’admiration\, de reconnaissance et d’amour. »(Dom Gajard\, loc. cit. p.64)Le crescendo de la première phrase partira de trémuit et sera mené avec discrétion vers la double note de et où il s’épanouira sans heurt. De même\, ceux de la seconde phrase. On appuyera bien la première note des deux premiers podatus de resurgeret et de celui de in ; le punctum de di dans judicio doit être traité comme une virga épisématique\, la voix s’y posera bien de façon à attaquer doucement le pressus. Les rythmes si gracieux de la dernière incise de l’Alleluia\, qui ne font que développer ceux de la fin de la première seront très liés. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nNotre Pâque à nous a été immolée : le Christ\, Alleluia. C’est pourquoi\, mangeons avec les pains azymes de la sincérité et de la vérité. Alleluia\, Alleluia\, Alleluia. I Corinth. V\, 7. C’est encore le mot de Saint Paul dans l’Epître. Il prend seulement quelque chose de plus actuel\, de plus vivant au moment où l’agneau immolé est réellement mangé dans l’Eucharistie. Ce n’est pas en effet comme une recommandation qu’il faut entendre ici ces paroles mais comme une sorte de refrain que les fidèles chantent dans la joie de leur âme unie au Christ en sincérité et vérité. \nLA MÉLODIE\nElle est du commencement à la fin ravissante de joie légère. Quelques nuances de tendresse délicate soulignent nostrum et immolatus est dans la première phrase. Itaque\, est légèrement élargi au début de la seconde pour attirer l’attention sur les conseils qui vont suivre\, mais la joie demeure\, un plus retenue toutefois. On notera les deux porrectus de epalémur qui l’amènent dans le grave\, mais comme ceux de azymis\, ce sont des ondulations à peine marquées\, fluides et gracieuses qui doivent conduire le mouvement vers le premier podatus de veritatis où il s’épanouit. « C’est avec le triple Alleluia final\, splendide de ligne\, avec un développement mélodique et rythmique\, qui doit fondre en un seul tout cette merveilleuse acclamation\, d’un souffle puissant et d’une immense allégresse ». (Dom Gajard : loc. cit. p62)Que le mouvement soit alerte et léger. L’accent tonique de Pascha sera bien soulevé et arrondi. Ralentir légèrement le climacus devant le quilisma de immolatus. Mais ne pas élargir la cadence de cette première phrase. Par contre\, Ita dans Itaque sera retenu et appuyé ; les trois notes sur fa sont trois virgas et les deux premières sont épisématiques. Un crescendo et un accelerando délicats conduiront le mouvement vers ve de veritatis qui sera bien affirmé. Les Alleluia seront pris dans un mouvement plus large ; le premier\, piano\, le second en crescendo\, le troisième\, très fort ; la première note du podatus de le allongée\, le sommet arrondi\, et la cadence très scandée. Cantiques pour Pâques \n\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\nPolyphonies pour Pâques\n\nEcoutes de pièces \n\nZelenka : messe de la Résurrection\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nINTROÏT\nINTROÏTLE \nTEXTE \nIl vous a introduits\, le Seigneur\,Dans la terre où coulent le lait et le miel\, Alleluia. Que la loi du SeigneurToujours soit dans votre bouche. Alleluia. Alleluia. Ps. – Louez le Seigneur et invoquez son nom\, Annoncez parmi les nations ses œuvres. Ps. CIV\, 1. \nCes paroles ne se trouvent pas textuellement dans l’Ecriture mais elles sont inspirées des versets 5 et 9 du ch. XIII de l’Exode… Moyse là s’adresse au peuple et lui dit : « Lorsque le Seigneur t’aura introduit dans la terre du chananéen… terre où coulent le lait et le miel\, tu célébreras\, ce mois-ci\, ce rite sacré (la Pâque) … et ce sera comme un signe dans ta main et un monument devant tes yeux afin que la loi du Seigneur soit toujours dans ta bouche. »La terre de Chanaan\, si riche qu’elle fût\, n’était que la figure du Royaume de Dieu : l’Eglise et le Ciel\, lieu de la Béatitude. En cette terre spirituelle où coulent les richesses inénarrables de la grâce et de la gloire\, les nouveaux baptisés ont été introduits le Samedi-Saint par le Baptême et l’Eucharistie. C’est d’abord à eux que l’Eglise s’adresse. Notons qu’aux premiers siècles\, et encore à l’époque de Saint Grégoire\, pendant toute la semaine de Pâque\, ils étaient aux premiers rangs de l’assistance vêtus de l’aube blanche de leur Baptême. Elle constate avec eux que le Seigneur a tenu la promesse qui leur fut faite tant de fois au cours du Carême : il les a introduits dans la terre de Bénédictions (Le fluentem lac et mel est une allusion – et elle était alors très claire pour tout le monde – au breuvage de lait et de miel\, qui était donné aux nouveaux baptisés\, aussitôt après leur communion) et elle en tire la conséquence : Que la loi du Seigneur soit désormais toujours sur vos lèvres.Mais en même temps qu’à eux\, l’Eglise s’adresse aussi à nous car\, en participant au mystère pascal\, nous avons été réintroduits dans le Royaume\, et si nous y étions déjà\, nous avons été amenés\, plus avant dans cette terre mystérieuse où il est donné de goûter de plus en plus les ineffables suavités divines. \nLA MÉLODIE \nElle n’est certainement pas une simple constatation faite sur un ton d’indifférence officielle\, mais le sentiment qu’elle exprime ne saurait être absolument précisé. On peut l’entendre sur un ton grave ; l’intonation et le début de la seconde phrase s’y prêteraient assez. Mais il est tout aussi légitime d’y découvrir un accent de douceur aimable et de voir comme un sourire d’accueil\, empreint de paternelle bonté\, sur les lèvres et dans les yeux du Pasteur qui parle. Cette seconde interprétation\, sans s’imposer\, semble plus dans l’atmosphère de la joie pascale et concorde peut-être mieux avec l’ensemble de la mélodie.Cette aimable bienvenue\, répandue sur les neumes\, tous retenus et très liés\, de l’intonation\, prend un peu de chaleur dans la montée de terram fluéntem puis se revêt de douceur délicate sur lac et mel où se trouve évoqué le breuvage symbolique qui accompagna la première réception de l’Eucharistie le samedi précédent\, et toutes les délectations de la grâce et de la gloire qui suivront.La deuxième phrase se trouve bien\, elle aussi\, de cette atmosphère cordiale. La mélodie enveloppe Domini de tendresse\, insiste sur semper et\, après une retombée délicate sur sit\, rebondit sur vestro en un neume plein de grâce\, dans la même nuance de douceur simple et paternelle.Les Alleluia ramènent alors la mélodie à la tonique dans la plénitude de leurs intervalles.Le psaume est une invitation à louer le Seigneur et à proclamer ses œuvres ; la formule du VIIIe mode lui donne quelque chose de vif qui convient bien à l’enthousiasme des jeunes baptisés.Si l’on choisit la seconde interprétation\, il va de soi que la voix ne devra pas être poussée mais avoir une certaine onction.Toute l’intonation sera quelque peu retenue. Le punctum de am dans terram est une virga épisématique dans les manuscrits\, il faut le bien poser\, arrondissez bien le motif de fluéntem ; faites la distropha de mel douce\, la répercussion délicate et la retombée sur le pressus\, fluide\, mais tout cela dans le mouvement.Reprenez a tempo au début de la seconde phrase ; faites l’accent de Domini levé et arrondi et liez ni à semper qui sera retenu légèrement.GRADUELC’est encore l’Haec dies. Le jour est prolongé ; la joie reconnaissante aussi…Le début du verset est différent : Dicat nunc Israël au lieu de Confitémini. Au fond\, l’idée est la même\, et l’expression aussi\, car les deux verbes sont à l’impératif : invitation à louer la miséricorde infinie du Seigneur. Quant à la vocalise si expressive de Domini dans le Confitémini\, elle garde ici tout son sens et toutes ses nuances sur Israël\, le nom du fils chéri\, devenu celui du Peuple Choisi puis celui de l’Eglise. Il est appliqué ici plus particulièrement aux nouveaux baptisés et à ceux qui ont renouvelé la grâce de leur Baptême\, avec toute la tendresse de l’Eglise pour ses nouveau-nés. \nALLELUIA \nLE TEXTE \nL’Ange du Seigneur descendit du Ciel Et s’approchant roula la pierre et s’assit dessus. Math. XXVIII\, 2. \nSimple récit mais qui n’est pas ici une annonce du miracle. L’Eglise se le chante à elle-même et au monde pour en faire l’expression à la fois de sa joie et de sa louange au Christ Ressuscité. \nLA MÉLODIE \nUn beau chant très lié. Il n’exprime pas de sentiment particulier mais une atmosphère de joie très calme. L’auteur semble avoir été plutôt préoccupé de faire une mélodie descriptive ; descendit évoque sans aucun doute le vol descendant de l’Ange. Sans se laisser aller à la fantaisie\, on peut aussi voir\, dans revolvit lapidem\, une sorte d’harmonie imitative de la pierre qui roule. Ce motif étant celui de l’Alleluia et de la reprise du chœur\, toute la pièce en reçoit un caractère très pittoresque.L’Alleluia et son jubilus sont légèrement retenus dans les manuscrits ; de même le climacus de descéndit et dans la second phrase accédens revolvit lapidem qui reproduit l’Alleluia : mais veillez bien\, en les élargissant\, à garder le legato. \nOFFERTOIRE \nLE TEXTE \nL’Ange du Seigneur descendit du Ciel et dit aux femmes :Celui que vous cherchez est ressuscité comme il l’a dit\, Alleluia.C’est une combinaison des versets 2\, 5 et 6 du chapitre XXVIII de Saint Mathieu… Il est à interpréter dans le même sens que l’Alleluia ; comme l’expression de la joie et de la louange de l’Eglise. \nLA MÉLODIE \nCette mélodie se trouve aussi adaptée à l’Offertoire Posuisti de la Messe Laetabitur du Commun d’un martyr non Pontife. Il est impossible de déterminer laquelle des deux est l’originale. Elle a été plus tard adaptée à nouveau à l’Offertoire Assumpta est de l’Assomption.C’est un chant très orné\, dans une atmosphère de joie calme\, paisible\, contemplative qui s’exalte par moment avec les mots\, selon que les images sont plus brillantes ou que le cœur s’échauffe de reconnaissance et d’amour.Angelus Domini développe d’une grâce exquise la vénération de l’Eglise pour e messager du Seigneur. Descéndit\, ici encore\, décrit la descente de l’Ange\, mais cette fois de caelo n’est pas ans le mouvement thétique\, c’est au contraire une splendide arsis sur les notes élevées ; évocation\, sans aucun doute\, des hauteurs célestes. Muliéribus reçoit aussi un revêtement somptueux et qui s’apparente de très près à celui de caelo.Quem quaéritis tranche par son caractère thétique et marque très heureusement l’entrée en action de l’ange. Le mouvement s’anime sur resurréxit et s’éclaire d’une joie délicate\, extrêmement gracieuse qui prend de l’ampleur et je ne sais quoi de grandiose sur sicut dixit. Alleluia.Cette mélodie à la fois légère\, solennelle et brillante demande une grande souplesse de voix et de rythme ; la chanter fort serait la défigurer. Le tempo en sera assez large ; on ne se pressera pas\, mais on sera très vivant. Les crescendo\, pris de loin\, ne seront jamais poussés.On arrondira les sommets de Angelus et de Domini. Descéndit sera chanté sans effort\, glissant comme un vol d’ange ; le do qui précède le quart de barre sera quelque peu allongé ; la remontée\, très came\, de même la descente de caelo. La triple note de dixit est une trivirga dont les deux premières sont allongées\, il faut bien les appuyer ; il y a là une nuance qui remet en relief l’importance du message de l’ange. Posez bien la cadence sur sol de muliéribus.Un bon temps de silence\, puis chantez avec beaucoup de calme la parole de lange\, la première note des climacus bien posée\, faites surréxit très souple\, sans le presser.Le crescendo de sicut dixit se continue dans l’Alleluia presque jusqu’à la fin. C’est sur ce dernier mot que la joie revêt le plus d’éclat\, faites-le enthousiaste et gracieux à la fois. Les deux torculus de la fin seront très élargis et la dernière note prolongée\, après avoir été doucement posée. \nCOMMUNION \nLE TEXTE \nIl est ressuscité\, le Seigneur\,Et il est apparu à Pierre\, Alleluia. Luc XXIV\, 34.Ce verset\, choisi sans doute à cause de la station qui était à Saint-Pierre et de l’Epître qui est le témoignage de l’Apôtre au Christ ressuscité\, n’a aucun rapport avec la communion. Il est seulement\, l’expression de la joie de l’Eglise qui loue le Seigneur des merveilles de sa résurrection. \nLA MÉLODIE \nA part l’intonation et l’Alleluia\, elle est\, à quelques détails près\, la reproduction de la dernière incise de la Communion de la Messe de minuit : ante luciferum génui te. Très belle adaptation d’ailleurs. Une arsis\, marquée d’une joie pleine de fraîcheur\, s’épanouit sur les notes élevées de Dominus avant de descendre en une révérence gracieuse sur la dernière syllabe. Apparuit Petro n’est qu’une cadence enveloppée dans la joie générale ; mais elle a sur la double note de ru quelque chose de ferme qui dit fort bien la certitude de l’affirmation. La joie se prolonge sur les longs neumes de l’Alleluia\, noble\, gracieuse toujours et plus contemplative maintenant qu’elle n’a plus qu’à louer sur le mot qui dit  tout.Il faut lui donner un mouvement allègre et très vivant. Retenez les quatre dernières notes de Dominus\, appuyez fermement\, sans la heurter\, la double note de apparuit qui est une bivirga épisématique. L’Alleluia sera un peu plus retenu et très lié. Balancez avec grâce la dernière incise.  \nCantiques pour Pâques \n\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\nPolyphonies pour Pâques\n\nEcoutes de pièces \n\nZelenka : messe de la Résurrection\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron. \nINTROÏT\nLE TEXTE \nComme des enfants nouveau-nés\, Alleluia Devenus raisonnables (spirituels)Un lait sans mélange désirez Alleluia\, Alleluia\, Alleluia. \nPs. – Acclamez Dieu\, notre secours\, Acclamez le Dieu de Jacob. I Petr. II. 2. – Ps. 80. 2. \nCes paroles de Saint Pierre contiennent sous les dehors d’une aimable comparaison\, toute la doctrine de la Vie Eternelle. Lorsque nous recevons le Baptême\, nous recevons\, par la vertu même du sacrement\, quelque chose de la vigueur surnaturelle qui tenait son intelligence et sa volonté fixées sur le Père et le Saint Esprit dans la contemplation et l’amour. Cette vigueur nous pousse\, nous aussi\, à demeurer avec les divines Personnes et à vivre leur vie qui est de s’aimer : c’est la grâce sanctifiante agissant par la Foi\, l’Espérance et la Charité ; force vitale nouvelle qui s’ajoute à celle que nous avons reçue par nature et qui fait que vraiment\, au sortir du Baptême\, nous sommes « comme des nouveau-nés ». Quasi modo géniti infantes.Cette puissance de vie n’est au débit que très faible. Pour se développer\, elle a besoin d’être nourrie d’une nourriture substantielle et adaptée. Ce lait spirituel\, l’Eglise le présente sous deux formes : la Parole divine et l’Eucharistie. C’est à chacun de le prendre et de l’assimiler. « Etant devenus spirituels\, nés à la vie de l’Esprit du Christ\, désirez la vraie et solide nourriture » : sine dolo lac concupiscite.Il n’y a pas de doute que ce texte ne s’adressât autrefois aux nouveaux baptisés. La veille ils avaient quitté la robe blanche de leur baptême et\, à cette occasion\, il leur avait été lu à l’Epître de la messe. En ce dimanche où\, pour la première fois\, ils prenaient place dans la vie de la communauté chrétienne\, l’Eglise tenait à le répéter comme un conseil maternel à leur adolescence qui commençait.Il  va de soi que ce conseil garde pour nous tout son sens et demeure toujours opportun. Par le renouvellement ou l’augmentation de vie qui nous est donné chaque année à Pâques\, nous sommes\, nous aussi\, d’une certaine façon\, des nouveau-nés\, et\, étant toujours en croissance dans le Christ jusqu’à ce que la mort fixe notre taille\, nous devons avoir de plus en plus vif le désir de la nourriture qui nous fait grandir. \nLA MÉLODIE \nCouvrant juste les mots et les soulignant ici et là de quelques neumes\, elle a l’allure d’un simple récitatif sur quelques notes\, mais tout est disposé de telle sorte\, dans cette extrême simplicité\, que les mots nous viennent enveloppés de bienveillance\, de douceur\, de maternelle et souriante bonté ; le sourire de l’Eglise qui\, dans la joie de sa nouvelle maternité\, dispense\, avec toute sa tendresse\, à ses nouveaux-nés et à ses adolescents\, les avis de sa divine sagesse.Cette joie accueillante\, qui laisse entrevoir ce qu’elle a de profond plutôt qu’elle ne se répand\, est particulièrement marquée ans la première phrase ; surtout si on lui donne le sens d’un vocatif\, ce qui semble la meilleure façon de la traduire ; on trouvera alors dans la cadence de infantes l’accent de tendre fierté qui est celui des mères heureuses.Les Alleluia entrent dans la sobre ordonnance de cette joie discrète comme l’expression du bonheur profond de la mère remontant en louange de reconnaissance vers le Père d’où vient toute génération.Chantez avec douceur\, simplicité\, légèreté dans un bon mouvement\, allant\, plein de vie\, de fraicheur et de jeunesse.Que la première phrase soit dans un seul mouvement géniti bien en relief\, la distropha\, douce ; l’accent de infantes bien soulevé.Dans la deuxième phrase\, mettez en évidence sine dolo\, la clivis de do légèrement élargie.Appuyez bien la double note du premier et du troisième Alleluia ; c’est une bivirga épisématique.Le Psaume\, alerte comme une invitation à la louange les rythmes binaires de l’intonation seront bien balancés. \nALLELUIA I\nLE TEXTE \nLe jour de ma résurrection\, dit le Seigneur\, Je vous précéderai en Galilée. Math. XXVI\, 32.Ces paroles furent dites par Notre Seigneur comme une prophétie\, le soir du Jeudi Saint\, entre le Cénacle et le jardin de l’Agonie.Il est bien évident qu’ici ce n’est pas lui qui parle ; l’atmosphère dans laquelle il prononça ces mots était tout à l’opposé de celle de Pâques. C’est l’Eglise qui se redit à elle-même la prophétie du temps de la Passion. Elle rend ainsi hommage à la puissance prophétique du Christ tout en donnant une expression à sa joie débordante. \nLA MÉLODIE \nAprès l’intonation\, joyeuse et pleine de fraîcheur\, la première phrase se déroule dans un grand calme\, comme une contemplation paisible.Soudain\, au début de la seconde\, le mot de la prophétie est porté à la quinte supérieure en un mouvement hardi qui permet à la joie d’exulter à loisir. Le motif est allègre et léger ; deux fois répété sur les notes les plus élevées du mode\, il s’épanouit sur un pressus qui commande une thésis gracieuse sur le ré ; c’est alors\, à la quinte inférieure\, la reprise de l’Alleluia et le retour à la paisible contemplation.Il faut que tout soit très lié et très gracieux\, surtout les grands intervalles de Alleluia et de in die. Pas de contraste forcé entre les deux phrases : le tempo de proecédam ne doit pas être beaucoup plus rapide : mais le mouvement très calme et très « chanté ». \nALLELUIA II\nLE TEXTE \nAprès huit jours\, les portes étant closes\, Il se tint\, Jésus\, au milieu de ses disciples et dit : Paix à vous. Jean XX\, 26.Simple récit que l’Eglise\, ici encore\, se chant à elle-même dans la joie du mystère pascal\, mais aussi\, cette fois\, comme le prélude de l’incident dramatique dont le récit va être fait à l’Evangile. \nLA MÉLODIE \nElle est comme celle du premier Alleluia très joyeuse\, de la même joie fraîche\, simple sans exaltation\, ni recherche d’effet ; comme un air sortant spontanément de l’âme qui livre son bonheur sans s’en douter. Il n’y a pas de mots particulièrement en relief si ce n’est Pax vobis à la reprise du chœur\, si admirablement rythmé\, par la clivis allongée et le salicus\, en un salut large\, joyeux et doux.On notera la belle composition de l’ensemble ; la première phrase répétée\, la troisième reprenant le thème de l’Alleluia\, lui-même composé d’un motif trois fois redit.Chantez dans un legato absolu.Dans le jubilus de l’Alleluia\, allez vers l’épisème horizontal de la clivis du sommet en un discret crescendo-accelerando et laissez vote voix descendre sans effort la thésis ; le pressus de la fin à peine marqué. \nOFFERTOIRE\nC’est celui du lundi de Pâques\, avec la même interprétation et du texte et de la mélodie. \nCOMMUNION\nLE TEXTE \nMets ta main Et prends connaissance de la place des clous. Et ne sois pas incrédule\, mais fidèle. Alleluia\, Alleluia. Jean XX\, 27.Ce verset de Saint Jean\, n’a aucun rapport direct à la communion. On peut toutefois en faire une application à l’augmentation de foi que produit la grâce du sacrement et il est ainsi pour nous tout autant que pour Saint Thomas. C’est en effet le Christ ressuscité que nous recevons dans l’Eucharistie. En venant en nous\, il nous donne une lumière qui nous fait mieux voir qu’il est bien vivant et qu’il porte pour nous\, à tout instant\, devant le Père\, les plaies glorifiées de sa Passion… Mets ta main\, prends conscience de ce que je suis\, de ce que j’ai fait pour toi\, de ma puissance divine qui te ressuscitera… et sois un homme de foi\, d’espoir et d’amour. \nLA MÉLODIE C’est Notre Seigneur qui parle. Le ton est simple\, sans rien de grave\, sans la moindre nuance de reproche. Tout est enveloppé dans une atmosphère de bonté souriante qui comprend et encourage ; Peut-être verrait-on bien une pointe d’esprit dans la double note de l’intonation et dans le climacus de et…Il y a comme une pression plus marquée dans la deuxième phrase. Le sed fidélis est admirable de miséricordieuse bonté…Il n’y a pas dans les Alleluia la moindre nuance d’exaltation ; c’est la même voix discrète et douce.Ne pas chanter vite : mais dans une grande paix ; les accents bien légers et arrondis. Appuyez légèrement la double note de l’intonation ; la première des deux est une virga épisématique. Tombez avec un peu de poids sur de fidélis. Les deux Alleluia un peu élargis.  \nCantiques pour Pâques \n\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\nPolyphonies pour Pâques\n\nEcoutes de pièces \n\nZelenka : messe de la Résurrection\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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