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SUMMARY:Purification de la Bienheureuse Vierge Marie
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nL’une des fêtes les plus anciennes en l’honneur de Notre Dame. Célébrée à Jérusalem dès la moitié du IVe siècle\, elle est déjà répandue partout en Orient vers le milieu du VIe et\, un siècle plus tard\, introduite à Rome. La messe est précédée de la bénédiction des cierges et de la procession ; il s’agit de trois cérémonies distinctes.\nA Jérusalem\, dès le IVe siècle\, on fêtait\, quarante jours après la Nativité de Notre Seigneur\, sa présentation au temple\, avec la rencontre de la sainte Famille et du vieillard Siméon. Le mot par lequel le saint vieillard salua l’Enfant-Dieu devait donner à cette fête son caractère propre : Lumen ad revelatiónem gentium. Elle devint la fête de la lumière. \nA Rome\, bien avant que la fête n’existât en Orient\, il y avait\, la nuit du 1er au 2 février\, une procession pénitentielle qui avait pris la place d’un cortège païen. On y portait des cierges\, lesquels remplaçaient probablement les torches profanes. Lorsqu’au VIIe siècle la fête de la Présentation fut introduite\, elle se trouva coïncider avec cette procession. Celle-ci demeura avec son caractère propre de pénitence ; on y chantait l’Exsurge Dómine et l’on se dirigeait vers Sainte-Marie-Majeure en chantant les litanies comme au 25  avril et aux Rogations . Mais\, à l’approche de la basilique\, on remplaçait les invocations des litanies par des antiennes spéciales qui célébraient la marche de Notre Dame vers le temple : Adorna thalamum tuum entre autres. A partir de ce moment\, la procession pénitentielle cessait et la célébration du mystère de la Présentation commençait.\nLe rite de la bénédiction des cierges fut ajouté au XIe siècle. En même temps\, les litanies disparurent de sorte que la procession perdit presque tout son caractère de pénitence. Il n’en est resté que l’Exsurge Dómine et les ornements violets. \nAntienne Adorna\n« Orne ta chambre nuptiale\, Sion\, et reçois le Christ Roi\, accueille Marie qui est la céleste porte\, elle-même en effet porte le Roi de Gloire. Nuée de lumière\, elle s’arrête\, la Vierge\, tenant dans ses mains le Fils engendré avant la lumière et que Siméon\, après l’avoir pris dans ses bras\, présentait aux peuples comme le Maître de la vie et de la mort\, et comme le Sauveur du monde. » \nCette antienne est grecque d’origine. Le début est une invitation adressée à l’Eglise - Sion - d’avoir à revêtir ses parures de joie pour recevoir le Roi de gloire. Suit la description de Notre Dame qui s’avance portant son Fils\, et s’arrêtant devant le saint vieillard qui prend l’enfant et le présente au monde comme son sauveur. \nRépons Obtulerunt\n« Ils offrirent pour lui au Seigneur une paire de tourterelles ou deux colombes\, comme il est écrit dans la loi du Seigneur. Après que furent accomplis les jours de la purification de Marie selon la loi de Moïse\, ils portèrent Jésus à Jérusalem pour le présenter au Seigneur. » \nLa mélodie est calquée sur le répons Emendémus de la distribution des cendres\, mais les passages plus sombres ont\, en grande partie\, été laissées de côté de sorte que le caractère pénitentiel se laisse moins ressentir. La mélodie et l’esprit de la pièce sont également apparentés au Ingrediente du dimanche des Rameaux. \nINTROÏT et GRADUEL\n« Nous avons reçu\, ô Dieu\, ta miséricorde au milieu de ton temple\, comme ton nom\, ainsi ta louange s’étend jusqu’aux confins de la terre. De justice est pleine ta main. » Pas. 47\, 10 \nPeu de textes pouvaient être mieux choisis. Chant de pèlerinage\, il était en effet tout désigné pour accompagner la première venue en son Temple de l’Ange du Testament que Malachie annonça et qu’il va nous présenter à l’Epître. Ce sont les témoins de la scène qui chantent : Notre Dame\, saint Joseph\, le vieillard Siméon\, la prophétesse Anne… et nous avec eux\, qui venons de recevoir par notre participation au mystère liturgique\, les grâces que nous réservait dès lors la miséricorde du Seigneur. \nALLELUIA\n« C’est le vieillard qui portait l’enfant ; mais c’est l’enfant qui conduisait le vieillard. » \nCette phrase évoque tout l’invisible du mystère : l’impulsion mystérieuse de cet Enfant qui pousse son vieux serviteur à le saisir\, qui va lui faire chanter son admirable Nunc dimittis et l’annoncer au monde comme la lumière des nations et le Sauveur attendu. On retrouve la mélodie dans la fête de saint André ainsi qu’au vendredi et samedi de la semaine de la Pentecôte. \nOFFERTOIRE\n« Elle est répandue la grâce sur vos lèvres. C’est pourquoi Dieu vous a béni\, éternellement. » Pas 44\, 3 \nCe psaume est un cantique nuptial dans lequel l’épouse chante l’époux. Etant messianique au sens strict\, il ne s’entend que de l’Eglise et du Christ.\nCe verset\, qui se trouve au début du chant de l’épouse\, s’adresse ici à l’Enfant divin souriant dans les bras de sa mère ou entre les mains du vieillard Siméon : ce sont eux qui chantent et\, avec eux\, l’Eglise qui les rejoint. Ravie\, elle s’extasie sur la beauté de l’Enfant Dieu qui lui est présenté. \nCOMMUNION\n« Réponse il reçut\, Siméon\, de l’Esprit-Saint qu’il ne verrait pas la mort sans avoir vu le Christ du Seigneur. » Luc 2\,26 \nLa mélodie se chante légèrement\, tout en élargissant certains passages comme la cadence sur Simeon et ceci jusqu’à la fin de l’incise. On redonne de l’élan sur non visurum pour élargir sur mortem\, relié à nisi\, chantant la fin de façon retenue. \nPropositions polyphoniques\n\n Ecce Virgo concipiet de Handl\nO gloriosa Virginum de Palestrina\nPraeclara custos virginum\nDifférents motets à la Vierge\n\nComment fonctionne cette page ? \nUnique ! Le coffret contenant tous les fichiers (épîtres\, évangiles et préfaces) sur 2 CD au format MP3.
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SUMMARY:Dimanche de Septuagésime
DESCRIPTION:À noter : il n’y a pas de Gloria à partir de ce dimanche aux messes du temps. L’alléluia est remplacé par le Trait. Durant la Septuagésime\, l’usage de l’orgue est autorisé. \nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : Histoire de la Création et de la Chute (Genèse I-IV) \nEPÎTRE : Comparaison du chrétien avec les coureurs du stade (I Cor. IX\, 24 — X\, 5) \nÉVANGILE : Les ouvriers de la Vigne (Math. XX\, I – 16) \nSTATION : Saint-Laurent hors les murs. \nIDÉE CENTRALE : Nous sommes tous touchés par le péché\, par celui d’Adam et par les nôtres propres. Dieu nous sauve dans sa miséricorde\, mais nous ne participons au salut qu’apporte le Rédempteur par sa Passion et sa Résurrection que si nous prions et que si nous travaillons par la mortification à maintenir notre âme en parfait état\, à l’instar de ce que font les coureurs pour leur corps. C’est à cette œuvre que chacun est appelé par Dieu. Il travaille ainsi à la Vigne du Père de famille\, c’est-à-dire à l’édification du Corps mystique du Christ\, pour la Gloire du Père et pour sa propre béatitude. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nIls m’ont entouré\, les gémissements de mort. Des douleurs d’enfer m’ont entouré. Et dans ma tribulation\, j’ai invoqué le Seigneur\,Et il a écouté\, de son saint Temple\, ma voix. \nPs. — Je t’aimerai\, Seigneur\, ma force ! Le Seigneur est mon abri et mon refuge et mon libérateur. Ps. XVII\, 5-7\, 2-3. \nLe Psaume XVII est un cantique d’action de grâces dans lequel David chante sa reconnaissance au Seigneur pour l’avoir délivré de ses ennemis. Il y décrit tour à tour ses épreuves\, sa prière et la façon merveilleuse dont Dieu l’a sauvé. Mais c’est plus que sa propre histoire qu’il chante ; c’est l’histoire du monde\, ou mieux l’histoire du Christ\, du Christ total\, du Corps mystique\, telle qu’elle s’est déroulée pour le Corps entier au cours des siècles\, pour le Christ\, tout au long de sa vie ; telle qu’elle se déroule pour chacun de ses membres\, selon le même rythme toujours : épreuve\, prière\, secours divin\, reconnaissance. Les versets choisis pour cet Introït en sont le prélude. On y trouve les quatre idées du Psaume : les épreuves ; circumdedérunt\, la prière\, et invocávi\, l’aide divine\, et exaudívit me et\, dans le Verset\, l’action de grâce\, Diligam te… Au début de cette période\, où elle va avoir à porter les rudes épreuves de la pénitence\, l’Eglise le chante pour y entendre la voix pleine d’expérience de ceux qui les ont déjà traversées : Adam\, David\, le Christ\, les élus\, tous ceux du Purgatoire\, tous ceux de la terre aussi qui ont su en profiter et qui vont en profiter à nouveau. Ce sont bien eux qui chantent. Ils disent à ceux qui ont encore à subir les dures purifications nécessaires — aux catéchumènes entre autres — qu’ils n’ont qu’à prier avec confiance ; le Seigneur les entendra et\, avec la grâce du Baptême renouvelée à Pâques\, leur apportera la délivrance. \nLA MÉLODIE \nA cause de l’idée de mort évoquée dans la première ligne du texte\, on est assez porté à lui donner un caractère de sombre gravité. L’a-t-elle vraiment ? Ne se développe-t-elle pas plutôt dans une atmosphère de confiance et de paix profonde\, en un grand mouvement qui va tout droit vers l’idée principale : et invocávi Dóminum et exaudívit me ? Ce n’est qu’un simple récit\, il ne faut pas l’oublier\, et il est fait par ceux qui ont passé l’épreuve ou qui n’en ont plus peur parce qu’ils ont trouvé le moyen de la traverser sains et saufs et d’en tirer profit. Ils sont établis dans la paix. La mort et la souffrance\, ils les apprécient désormais comme une bénédiction : pourquoi dès lors en parleraient-ils à ceux qu’ils veulent encourager sur un ton déprimant ? D’autant plus que l’épreuve n’est pas l’idée principale\, mais seulement la circonstance qui a motivé l’appel à Dieu. La première phrase a bien quelque chose de lourd ; Circumdedérunt tombe comme un poids sur me et la remontée de gémitus mórtis est sans élan ; le si naturel donne même à dolóres mórtis un caractère de souffrance aigüe. L’âme évoque sa détresse et sa misère d’autrefois ; elle ne saurait le faire sans que sa sensibilité en soit affectée. Mais ce n’est là qu’un appel du passé\, un incident qui laisse intacte l’idée générale ; aussi bien la cadence finale est-elle toute paisible. En fait\, ce qui est chanté là\, c’est l’emprise de l’épreuve sur l’âme — notez que les deux mots en relief sont les deux circumdedérunt\, le second\, par son enroulement compliqué\, est même très évocateur — mais la mélodie\, encore qu’elle soit traitée avec emphase est marquée en un point d’une touche de souffrance aigüe\, n’est pas une plainte ; c’est un simple récit. Ce caractère de narration paisible est encore plus marqué au début de la seconde phrase où l’on retrouve sur in tribulatióne méa le motif de l’intonation quelque peu développé mais revêtu de neumes légers. Peu à peu\, l’intérêt grandit sur invocávi Dóminum. Nous sommes arrivés à ce qui a obtenu le salut\, à la prière\, que l’on recommande indirectement comme le moyen efficace entre tous. Les rythmes s’élargissent ; un salicus vient souligner le mot invocávi qui se prolonge en de grands intervalles où se sent encore l’ardeur de la supplication de jadis\, puis se joint à Dóminum en une cadence pleine d’une tendre révérence pour le Seigneur et tout imprégnée de la paix retrouvée grâce à lui. Cette cadence n’est que transitoire. Elle conduit à et exaudívit\, à l’idée centrale : l’accueil miséricordieux que le Seigneur a réservé à l’appel lancé vers lui. Un souffle de joie reconnaissante\, et plein de réconfort pour ceux qui écoutent\, passe dans toute cette dernière phrase. Il prend sur la double note de exáudi\, attaquée en plein élan sur la dominante\, ce bel accent de certitude entrainante qu’apporte le témoignage de l’expérience puis se détend peu à peu sur sáncto súo et sur la cadence finale où l’âme\, en une sorte d’évocation de la bonté divine\, laisse sa gratitude heureuse se complaire. Alors\, sur la formule claire et pleine de vie du Psaume\, monte la confiance aimante de toute l’Eglise ; de celle qui réconforte et de celle qui est réconfortée…Je t’aimerai\, Seigneur\, ma force. Chanter simplement ; ce qui n’empêchera pas de souligner les mots qui le sont dans le texte et de donner à chaque phrase son expression ; mais se garder de rechercher l’effet. La dernière syllabe du premier circumdedérunt sera bien retenue. Donner du poids et de la sonorité à me. La première note du podatus de gémitus allongée ; la note double bien appuyée\, c’est une bivirga. Veiller à ne pas précipiter le second circumdedérunt et ralentir toute la cadence de me.Retenir invocávi Dóminum. Y relier de très près et exaudívit ; la double note est une bivirga épisématique ; qu’elle soit très appuyée\, sonore\, vibrante même. Faire très expressive la montée vers le pressus de vócem. Le Psaume\, très alerte et bien accentué. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nIl y a une aide dans la tribulation. Qu’ils aient confiance en toi\, ceux qui te connaissent ! Car tu n’abandonnes pas ceux qui te cherchent\, Seigneur. \nVerset. — Car ce n’est pas toujours que l’oubli sera sur les malheureux. L’attente des malheureux ne sera pas trompée à jamais. Debout\, Seigneur\, qu’il ne triomphe pas\, l’homme ! Ps. IX\, 9-10\, 18-19. \nLe Psaume IX est un chant d’action de grâces dans lequel David dit à Dieu sa reconnaissance pour l’aide qu’il en a reçue dans ses épreuves. Il est d’abord pure louange puis\, à partir du verset 9\, le psalmiste s’efforce d’inspirer à ceux qui sont dans l’épreuve\, comme il le fut\, une inébranlable confiance en Dieu. C’est tout le sens du Graduel. Après l’Epître\, où Saint Paul a décrit la rude épreuve qu’est la vie chrétienne et dit combien elle impose de sacrifices\, l’Eglise le chante comme un réconfort pour ceux qui se seraient laissés quelque peu effrayer par les paroles de l’Apôtre : « C’est vrai que c’est dur…mais le Seigneur aide… » \nLA MÉLODIE \nElle a bien le ton d’une parole ardente qui s’efforce de remonter des âmes déprimées. Elle affirme avec force et elle est pénétrée d’une vie intense\, avec en plus l’accent direct\, persuasif\, enthousiaste même en un certain sens\, de quelqu’un qui a passé par l’expérience à la fois de l’épreuve et de la consolation\, et qui veut faire profiter ceux qui souffrent de ce qu’il a appris dans la souffrance. Cet accent est très net dès le premier mot. L’élan porte la mélodie d’un bond à la dominante et le mouvement est intense. Opportunitátibus et tribulatióne sont fortement soulignés\, comme il convient\, mais sans la moindre nuance de tristesse ; au contraire\, une certaine joie les pénètre\, la joie profonde qui se trouve dans toute espérance forte et qui veut se communiquer comme un secours.Une autre interprétation de la première phrase est possible. Parce qu’elle n’a pas de verbe\, on pourrait aussi l’entendre comme s’adressant à Dieu : Tu es un Aide…Il va de soi que dans ce cas la mélodie serait une prière et devrait être chantée comme telle : une prière forte\, pressante… Peut-être alors le spérent in te qui suit perdrait-il de son caractère.Après cette affirmation ardente\, brusquement la mélodie change. Elle devient suppliante. L’Eglise se tourne vers Dieu et\, dans une exclamation qui est à la fois un souhait et une prière\, elle émet le vœu que ceux qui sont dans l’épreuve mettent en lui leur confiance. C’est un très beau mouvement. La double note de spérent fermement attaquée sur la dominante et un peu prolongée fait la supplication spontanée et ardente. Elle se prolonge\, délicate et douce sur la tristropha\, descend sur te\, qu’elle enveloppe de vénération\, et rebondit sur novérunt pour retrouver à nouveau le même pronom te et\, à ravers lui\, monte vers Dieu en un nouvel accent de ferveur.Dans la troisième phrase\, dès le début\, elle devient pénétrée de confiance ; plus que cela\, de certitude. C’est d’abord une affirmation très forte : notez l’insistance de non\, avec le pressus et les distrophas sans cesse ramenés à la dominante. Peu à peu\, une sorte de joie paisible s’y mêle. On la perçoit déjà dans la cadence sur mi ; elle monte avec l’arsis\, s’épanouit sur la distropha de te et enveloppe Dómine d’une longue vocalise toute baignée d’une tendresse intime qui supplie encore mais qui contemple surtout.Le Verset. – L’Eglise s’adresse-t-elle à Dieu\, à elle-même ou aux déprimés ? Il est difficile de le préciser ; sans doute aux trois à la fois. Elle crie sa confiance à Dieu pour se rassurer elle-même et réconforter les malheureux qui l’entendent. C’est la même affirmation que dans le quóniam non de la première partie. L’intonation est identique mais le développement qui suit revêt ici une ardeur persuasive plus accentuée encore : le salicus\, les petits motifs revenant sans cesse à la dominante si\, le grand élan qui monte au fa avec sa note de joie\, l’insistance à nouveau sur la tonique… Quelle admirable certitude ! Fínem est mis en relief par une sorte de rejet qui lui donne une force considérable. Un accent de supplication sur la cadence de páuperis\, et l’ardeur de la foi confiante reprend plus vive dans la montée de patiéntia. Elle s’épanouit à nouveau dans la joie du bonheur futur sur páuperum et y demeure fixée jusqu’à la fin de la phrase. Elle s’achève sur ætérnum en une très belle cadence du VIIIe mode\, ferme\, paisible\, heureuse.Pour finir\, un appel direct à Dieu : « Lève-toi\, Seigneur ; que la nature effrayée\, ne l’emporte pas sur al confiance en ta bonté ». Il n’est pas angoisé\, il jaillit d’une telle confiance ! Mais\, les intervalles de quarte\, trois fois répétés\, et les trois doubles notes sur lesquelles s’appuie le mouvement lui donnent quelque chose de très fort. Ils e fait insistant sur non prævaléat et plus encore sur hómo qui se revêt à la fin d’un admirable accent de prière confiante\, aimante\, intime ; comme l’était le Dómine de la première partie.Ces sentiments si différents qui se succèdent\, souvent sans transition\, d’une phrase à l’autre\, rendent l’exécution difficile. Le mouvement ne saurait être le même d’un bout à l’autre\, il va de soi. Assez vif pour la première phrase\, il se tempérera dans la secondre\, pour reprendre dans la troisième\, au moins au début\, quelque chose de son allure première. Mais que tout cela se fasse sans contrastes forcés.L’élan de opportunitátibus ira jusqu’à l’accent. Attaquer te avec ferveur. Articuler les deux t dans novérunt te. La montée de Dómine retenue.Ardeur contenue au début du Verset. Ne pas précipiter le grand élan de non ; la deuxième note de la clivis après le quart de barre sera allongée ; retenir la cadence en ré. Bien rythmer patiéntia. La double note de Dó dans Dómine est une bivirga épisématique. Retenir légèrement la thésis de hómo et ralentir la dernière formule. \nTRAIT\nLE TEXTE\n1.     Des profondeurs\, j’ai crié vers toi\, Seigneur : Seigneur\, écoute ma voix. \n2.     Qu’elles se fassent\, tes oreilles\, attentives à la prière de ton serviteur. \n3.     Nos iniquités\, si tu les considères\, Seigneur\, Seigneur\, qui subsistera ? \n4.     Mais en toi est la miséricorde\, et à cause de ta parole\, j’ai espéré en toi\, Seigneur. Ps. CXXIX\, 1-4. \nLe Psaume CXXIX fut sans doute composé aux jours les plus sombres de la captivité. Il fut\, sur les lèvres des Juifs\, une supplication très humble mais toute pénétrée de confiance dans la miséricorde de Dieu. C’est dans ce sens qu’il faut l’entendre ici.Il est bien à sa place après le Graduel. L’Eglise vient de chanter : « Qu’ils espèrent en toi\, qui ne saurais oublier les souffrance des malheureux » ; le peuple\, conscient de son péché\, mais\, confiant aussi en la miséricorde du Seigneur\, jette en lui son espoir. \nLA MÉLODIE \nBeaucoup des formules sont très bien adaptées aux mots. À noter entre autres : l’accent de supplication de Dómine et de exáudi dans le premier verset ; de túæ et de oratiónem dans le second ; l’interrogation nuancée de crainte sur quis sustinébit dans le troisième et\, dans le quatrième la paix de propitiátio et de sustínui te\, Dómine.En général\, l’allure des traits du VIIIe mode est alerte. Ce sont des psaumes ornés. Ralentir les cadences et repartir a tempo. La triple note sur do dans la dernière incise est une trivirga épisématique. Il faut l’attaquer avec fermeté et l’appuyer. Bien balancer la cadence finale. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nIl fait bon louer le Seigneur\,Et chanter ton nom\, ô Très-Haut. Ps. XCI\, 1.Ce verset\, dit très simplement\, la béatitude qu’il y a à louer Dieu. Mais\, chanté après l’Évangile\, où Notre-Seigneur nous est montré sous la figure du Père de famille appelant tous les hommes à sa vigne et les payant\, à la fin de leur vie\, quelle qu’en ait été la longueur\, du même salaire d’infinie béatitude\, il devient\, sur les lèvres de l’Eglise\, une louange de reconnaissance pour la miséricordieuse bonté du Seigneur. Il est en même temps l’expression de la joie qui nous est donnée de pouvoir le louer dans le sacrifice de louange qui commence sur l’autel et de trouver\, dans cette louange\, le gage comme l’avant-goût de la béatitude\, dans laquelle éternellement nous chanterons. \nLA MÉLODIE \nIl y a dans l’intonation une expression simple\, naturelle\, de joie profonde\, disons de béatitude. Cette expression demeure tout au long de la mélodie et lui donne son caractère\, qui n’est pas de louer à proprement parler ni d’inviter à la louange\, mais de dire le bonheur qu’il y a à louer Dieu en chantant.C’est ce bonheur qui passe dans Bónum est. La double note est une bivirga épisématique ; bien posé sur cette base de départ et rebondissant en des intervalles sonores et pleins\, ce motif dit la pleine satisfaction de l’âme qui se complaît dans sa joie.Aussitôt après\, sur confitéri\, c’est l’enthousiasme qui monte et va s’épanouir au sommet sur la triple note – une trivirga épisématique et donc répercutée. Magnifique ampleur de grande louange qui s’achève dignement sur la large cadence de Dómino.L’enthousiasme demeure dans la troisième phrase ; il s’intensifie même\, mais en même temps\, dès le début\, il se pénètre de douceur. Toutes les doubles et triples notes sont ici des distrophas et des tristrophas. On voit la nuance de vénération joyeuse et douce qu’elles donnent à toute l’incise ; il ne s’agit plus de la louange commune\, extérieure\, éclatante\, mais de la louange chantée\, de la louange des cantiques qui jaillissent du cœur de l’Epouse. Dans l’Offertoire Jubiláte du IIe Dimanche après l’Epiphanie\, la nuance était la même sur Psálmum dícite nómini éjus. On pourrait dire que cette onction caractérise toute la phrase car c’est bien en une douce contemplation qu’elle s’achève sur les pressus et la double note de Altíssime\, qui semble prolonger jusqu’à l’éternité la joie de chanter.Le mouvement aura une certaine ampleur mais sera plein de vie ; Peu de ralenti à la fin de la première phrase. Renforcer la tristropha vers le podatus sur psállere. La double note de Altíssime est une bivirga épisématique. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nFais luire ton visage sur ton serviteur\,Et sauve-moi\, dans ta miséricorde.Seigneur\, que je ne sois pas confondu\,Puisque je t’ai invoqué. Ps. XXX\, 17-18.Une prière pour demander que Dieu prenne sa joie à regarder son serviteur – il semble bien que ce soit le sens de illumina fáciem túam – une joie qui serait le signe de la miséricorde et du salut. David l’écrivit au cours d’une de ses grandes épreuves. Elle a été bien souvent sur les lèvres d’Adam et de ses fils aux heures de leur repentir ; elle est bien à sa place sur les lèvres des fidèles au débit de cette période de pénitence qui leur  apportera le salut ; elle vient comme leur réponse au conseil que l’Eglise leur a donné à l’Introït et au Graduel. Toutefois\, chantée au moment de la communion\, c’est peut-être moins le pardon des péchés qu’elle demande que la lumière et la joie profonde de la présence divine qui aide à porter l’épreuve comme il faut. \nLA MÉLODIE \nC’est une prière très discrète\, très humble\, mais ardente tout de même. Peut-être\, intimité serait-il le mot qui la caractériserait le mieux. Elle est comme une pression aimante et délicate de l’âme sur le Christ qui est en elle. Elle s’anime un peu à l’idée du salut et devient sur túa misericórdia un appel pressant ; puis elle reprend sur Dómine son caractère de douceur intime\, persuasive\, avec un accent qui met en relief quóniam pour bien marquer que\, la condition du salut étant remplie\, le Seigneur a\, lui aussi\, à tenir sa promesse.La première note des podatus de sálvum sera un peu allongée ; y lier in túa\, qui sera d’ailleurs englobé dans l’arsis qui part du début de la phrase. Bien accentuer Dómine au début de la dernière phrase.Le graduel grégorien (Adjutor) est très beau\, mais difficile à chanter; il suppose une bonne connaissance du grégorien et une schola bien rodée.Le Trait est un classique en mode 8. Voici néanmoins une adaptation polyphonique. \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici.
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SUMMARY:Dimanche de Sexagésime
DESCRIPTION:À noter : il n’y a pas de Gloria. L’Alléluia est remplacé par le Trait. Durant le temps de la Septuagésime\, l’usage de l’orgue est autorisé. \nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : Histoire du déluge (Gen. VI sq.) \nÉPÎTRE : Lettre de Saint Paul contre les judaïsants de Corinthe. Fondements de son ministère auprès des Gentils (II Cor. XI\, 19 — XII\, 1). \nÉVANGILE : Parabole de la semence (Luc VIII\, 4 sq.). \nSTATION : Saint-Paul hors les murs. \nIDÉE CENTRALE : Les hommes se sont dressés contre Dieu ; Dieu les brise dans le déluge. Dans sa miséricorde\, à cause de Noé\, il sauve la race. Il renouvelle son alliance avec lui dans le sacrifice et lui confie la mission de repeupler la terre. Noé était la figure\, le Christ est la réalité. Par lui Dieu sauve les hommes\, établit la Nouvelle Alliance dans le sacrifice de la Cène et du Calvaire et lui confie la mission de repeupler la terre d’une race nouvelle en faisant les hommes vivre de sa vie\, par la foi à sa parole et la communion à son sacrifice. Cette mission\, le Christ\, après sa mort\, la confie à ses apôtres et\, d’une façon particulière pour les gentils\, à Saint Paul dont la personnalité domine toute la messe en raison de la station. Cette grâce de renaissance dans le Christ\, reçue au baptême\, nous est à nouveau offerte à Pâques. Elle n’aura toutefois son effet que si chacun s’y dispose par l’audition\, l’acceptation\, l’assimilation de la parole divine et le détachement de tout ce qui s’oppose au développement de cette semence de vie. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nLève-toi\, pourquoi dors-tu\, Seigneur ? Lève-toi et ne me repousse pas jusqu’à la fin. Pourquoi détournes-tu ton visage ? Oublies-tu notre tribulation ? Il est courbé jusqu’à terre\, notre corps. Lève-toi\, Seigneur\, aide-nous et délivre-nous. \nPs. —O Dieu\, de nos oreilles nous avons entendu ;Nos pères nous ont raconté ce que tu as fait pour eux. Ps. XLIII\, 23-26\, 2. \nCes deux versets sont une prière très simple dans laquelle le peuple Juif\, écrasé sous l’épreuve et se croyant abandonné de Dieu sans raison\, lui demande de revenir et de le sauver. Elle est l’expression naturelle de ceux qui sont à ce point accablés sous l’épreuve\, qu’ils sont devenus impuissants à prendre conscience du secours que leur procure le Seigneur\, ou même de l’intérêt qu’il prend à leurs souffrances. Ils ne voient plus. Leur prière est courte : « Seigneur\, revenez »\, et tout naturellement la plainte s’y mêle : « Pourquoi…Pourquoi m’avez-vous abandonné ? ». Noé fut de ceux-là au temps du déluge\, et le Christ Jésus dans son agonie et dans sa mort\, et Saint Paul au milieu des épreuves variées qu’il nous conte dans l’Épître. Avec eux\, les continuant\, tous ceux qui souffrent au purgatoire et tous ceux qui sur la terre portent\, dans l’esprit du Christ\, les épreuves que Dieu laisse venir sur eux pour que leur âme\, purifiée et fortifiée dans la foi\, la confiance et l’amour\, devienne capable d’une union plus étroite avec lui. C’est leur voix qui chante dans l’Introït. La voix de l’Eglise qui prenant conscience de toutes ses souffrances physiques et morales\, se tourne vers Dieu\, comme brisée de fatigue\, pour lui demander de lui rendre\, avec la joie de son visage\, la lumière qui l’aidera\, elle et chacun de ses membres\, à porter\, comme il faut et aussi longtemps qu’il le faut\, la croix rédemptrice. \nLA MÉLODIE\nElle donne bien\, dès le début\, cette impression d’accablement\, de dépression lourde. Le premier exsúrge est une prière à peine soupirée qui ne bouge pas et\, avant même que le nom du Seigneur ait été prononcé\, la plainte monte lente et triste : quáre… Sans amertume toutefois ; elle a même une touche délicate de tendresse qui s’épanouit sur Dómine et amène le second exsúrge\, beaucoup plus osé\, fort\, pressant comme un appel d’ami. Mais ce n’est qu’un éclair. La mélodie redevient basse et pesante et la plainte monte à nouveau sur quáre. Elle est toujours lourde\, mais pas aussi triste. C’est peut-être moins une plainte qu’un plaidoyer\, l’exposé de la misère… Le Seigneur aurait-il oubliéNotez l’insistance sur tribulatióne — quatre fois le podatus sol-la ; et le salicus\, en plus\, pour renforcer l’idée\, — et la descente si réaliste de adhaésit qui est comme l’enfoncement de l’âme dans l’épreuve qui la cloue à terre\, impuissante à se libérer. Puis\, brusquement\, un sursaut : c’est toujours le même mot suppliant\, exsúrge\, mais il jaillit cette fois plus ardent\, plus vif qu’il n’a jamais été : « Debout\, Seigneur\, aide-nous. » La mélodie\, presque syllabique — à part le dernier mot qu’elle souligne d’un salicus — ne s’arrête nulle part ; elle a quelque chose de dramatique\, comme un appel de détresse. Le Psaume arrive alors comme le plaidoyer qui continue\, très habilement d’ailleurs\, en évoquant ce que le Seigneur a fait dans le passé pour son peuple. Mener avec discrétion le crescendo de la première phrase\, qui s’épanouira sur les deux pressus du second exsúrge avec beaucoup de ferveur. Bien accentuer repéllas et fínem. Retenir la montée de quáre dans la seconde phrase\, élargir légèrement le torculus de oblivísceris. La première note de vénter bien posée. Un a tempo au début de la troisième phrase\, mais discret. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nQu’elles sachent\, les nations\, que ton nom est Dieu ;Tu es seul le Très-Haut sur toute la terre. \nVerset. — Mon Dieu mets-les comme une roue et comme une paille devant la face du vent. Ps. LXXXII\, 19\, 14. \nDans le Psaume LXXXII\, le psalmiste énumère devant Dieu les complots que ses ennemis ont tramés\, puis il lui demande de les dissiper « Mets-les comme une roue et une paille devant le vent »\, et de leur faire savoir qu’il est le seul Dieu\, « et qu’ils sachent que ton nom est Dieu ». Dans le Graduel\, comme on le voit\, l’ordre est interverti. Il en très souvent ainsi parce que la première partie du Graduel était comme l’antienne\, et les versets\, le psaume. De plus\, le mot géntes est ajouté\, ce qui adapte très heureusement le texte à l’Épître. Saint Paul\, en une sorte de plaidoyer pro dómo\, s’oppose avec force à ceux qui contrarient son œuvre. Ce plaidoyer qui\, en raison de la station est tout à fait à sa place\, prend dans le cadre liturgique un sens beaucoup plus étendu : il va contre tous ceux qui s’opposent au règne du Christ et demeure ainsi actuel pour tous les temps. C’est dans ce sens universel\, que l’Église entend aussi le Graduel. Elle en fait une prière et en même temps une sorte de sentence\, qu’elle porte\, avec l’assurance d’une autorité forte\, contre ceux qui font obstacle à l’œuvre du Christ qu’elle a pour mission de réaliser. \nLA MÉLODIE\n(I) Scíant gentes quóniam nómen tíbi Déus    Tu sólus Altíssimus super ómnem térram. La première phrase est une prière qui demande avec force. L’Église veut que le Seigneur en finisse avec tant d’opposition\, et elle le lui dit avec insistance. Il y a même dans le ton qu’elle emploie une sorte d’indignation à peine contenue qui\, par-delà le Très-Haut\, va vers ses adversaires dont elle veut se faire entendre. Cette attitude ferme\, quelque peu dure même\, se décèle déjà dans les notes longues de scíant géntes sans cesse ramenées sur le fa\, mais c’est dans le mouvement qui suit qu’elle se manifeste vraiment. Dans les rythmes ternaires qui montent légers mais de plus en plus pressants\, on sent passer le zèle ardent de l’âme\, impatiente des lenteurs de Dieu. Notez en particulier l’insistance sur le la des derniers neumes de Déus. La seconde phrase n’est plus une prière à proprement parler ; c’est une protestation de foi\, une proclamation de la divinité. Encore que cette proclamation soit faite à la face des nations\, elle n’est pas pour elles ; elle est l’expression du peuple disant à Dieu sa croyance. C’est pourquoi il n’y a plus rien de dur ; la mélodie s’est établie en fa\, et de beaux mouvements\, pleins de noblesse et de grandeur\, enveloppent les deux phrases\, qui montent avec éclat vers les notes longues du sommet et redescendent en de longues thésis\, toujours fermes\, mais pleines de respect et de vénération. \nLe Verset. — Déus méus\, póne íllos ut rótam et sícut stípulam ánte fáciem vénti. C’est une prière que l’Église adresse à Dieu\, sans aucune intention cette fois de toucher ses ennemis\, sur qui elle demande que tombe enfin le juste châtiment. D’abord toute simple\, avec quelque chose de paisible\, d’aimable\, de familier\, sur Déusméus\, elle se fait très pressante sur póne íllos. Plus encore\, sur rótam ; c’est un motif qui évoque\, par son rythme et sa légèreté\, la ronde qui tourne toujours\, mais il est\, en même temps\, une très belle expression de prière ardente. Celui de stípulam\, qui évoque la paille dans le vent\, l’est moins\, encore que la distropha en ait bien l’accent. L’objet de la prière n’est pas bien profond ; le châtiment des ennemis de Dieu s’accomode sans peine de ces fantaisies. La finale est une cadence que l’on rencontre assez souvent ; elle prend ici un caractère de gravité qui finit bien le Graduel. Il faut bien entretenir le mouvement dans la première phrase. Il doit aller\, sans rien qui l’arrête\, jusqu’à la fin. Une légère accélération des porrectus de quóniam nómen ; ceux de Déus au contraire\, un peu retenus. Beaucoup de vigueur dans la seconde phrase. Rótam et stípulam très liés. \nTRAIT\nLE TEXTE\nTu as ébranlé la terre et tu l’as déchirée ;Guéris ses meurtrissures car elle est troublée ;Afin qu’ils fuient devant l’arc\,Afin qu’ils soient sauvés\, ceux que tu as choisis. Ps. LIX\, 4\, 6. David écrivit le Psaume LIX à un moment où son royaume était attaqué de tous les côtés à la fois. Il est une prière pour que le Seigneur rétablisse la situation et permette à son peuple choisi de se sauver de la défaite. Dans la liturgique de la Sexagésime\, il est une prière pour le salut du monde : la prière de Noé et de ses fils à l’heure du Déluge\, la prière de David\, la prière du Christ\, enfin la prière de tous les fidèles qui attendent\, de la Rédemption et de Pâques qui la prolonge\, le rétablissement de l’ordre et le salut des prédestinés. Tout en gardant ce sens général\, on appliquera le second verset à la conversion des gentils et de tous les peuples dispersés après le Déluge et la tour de Babel. Beaucoup de Pères de l’Église interprètent le Psaume dans ce sens\, ce qui contribua peut-être à en fixer le choix comme paraphrase de l’Épître\, le jour où Saint Paul était fêté dans sa basilique. \nLA MÉLODIE\nL’intonation est à signaler comme particulièrement expressive. Certains manuscrits ont les doubles notes écrites en bivirgas ; ce qui indiquerait un appui très suppliant. Toute la phrase d’ailleurs a le caractère d’une prière ardente. Sána est moins déprécatif ; se garder de la chanter trop fort. Sur ut fúgiant au contraire\, le même thème sonne très juste car ce sont des mots qui demandent la défaite des ennemis. La double note de fúgiant est une bivirga ; qu’elle soit appuyée et forte. Liberéntur\, très priant ; de même toute la formule finale. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nAffermis mes pas dans tes sentiers\,Afin qu’ils ne soient pas chancelants\, mes pieds. Incline ton oreille et exauce mes paroles. Rends éclatantes tes miséricordes Et sauve ceux qui espèrent en toi. Ps. XVI\, 5\, 6\, 7. \nIl y a deux façons de faire entre ces trois versets dans la liturgie de la Sexagésime. On peut les considérer comme faisant suite aux derniers mots de l’Évangile : « Le grain qui tombe dans la bonne terre\, ce sont ceux qui\, ayant écouté la Parole avec un cœur bon et excellent\, la retiennent\, et portent du fruit dans la patience ». Ils sont alors une prière pour obtenir la grâce de mener à bien le long et dur labeur de l’assimilation de la parole divine. Pérfice gréssus méos… Rends fermes ma pensée et ma volonté dans les voies que m’ont tracées tes paroles. Ce qui est bien suivre le Christ : « Je suis la Voie\, je suis la Lumière ; celui qui me suit ne marche pas dans les ténèbres… ». On peut ainsi les rattacher au sacrifice\, qui commence avec l’offrande du pain et du vin. Ce serait alors une prière pour demander la persévérance dans la voie du sacrifice ; dans l’offrande de soi et l’immolation qui s’opère peu à peu par l’acceptation et le support des épreuves dans l’esprit du Christ : ce qui est bien aussi mettre ses pas dans la trace de ses pas. « Celui qui veut venir après moi\, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. »Aucune des deux applications ne s’impose\, il va de soi. La seconde toutefois cadre mieux avec l’ensemble de la messe ; elle est comme l’acceptation par l’âme\, enfin pacifiée\, des épreuves si lourdes dont elle se plaignait dans l’Introït\, et qu’elle voit mieux\, à la lumière de l’Évangile\, comme la croix nécessaire que la miséricorde divine a posée sur elle et qui portera en son temps son fruit d’éternelle vie. \nLA MÉLODIE\nElle a du commencement à la fin un caractère d’intimité paisible. L’âme parle à Dieu et ne se soucie que de lui et d’elle-même. Elle souligne très fortement gréssus méos d’un motif simple\, doux\, mais très ferme — notez les deux répercussions\, le salicus\, la clivis allongée et la cadence sur fa par l’oriscus — puis elle laisse sa tendresse heureuse s’épanouir sur sémitis túis en un admirable motif\, gracieux\, souple\, et qui sachève en une nuance d’exquise délicatesse sur la cadence du IVe mode. La même nuance de douce fermeté revient sur non moveántur et aussi la même délicate tendresse sur vestígia méa\, encore que la joie y soit moins marquée. Dans la seconde phrase\, le ton de la supplication est\, au début du moins\, quelque peu plus vif\, mais c’est la même atmosphère de simplicité\, de confiance abandonnée\, de paix. La mélodie ne bouge pas… L’âme est fixée en Dieu et si sûre d’être exaucée\, qu’elle ne sent nul besoin de presser sa demande. La troisième\, plus encore que les autres\, chante le bonheur profond de l’intimité divine dans lequel est fondue la prière. Le premier mot est mirífica est particulièrement expressif de cette plénitude de joie. C’est le motif de mirabilis dans l’Introït de Pâques. Le mouvement\, un peu plus marqué\, souligne de nuances délicates túas\, sálvos fácis et surtout sperántes in te\, qui est le mot de la confiance enfin réalisée. Mouvement tranquille. Gréssus méos quelque peu retenu. Le motif de sémitis très lié\, le sommet bien arrondi. Pas de ralenti à túis\, y lier tout de suite ut non. Bien faire les accents toniques de la seconde phrase — túa\, exáudi\, vérba — légers et soulevés. Les premières notes du podatus de misericórdias un peu allongées. Soulever l’accent de fácis et poser la voix délicatement sur la distropha ; allonger le podatus répercuté. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nJe m’approcherai de l’autel du Seigneur\,Du Dieu qui réjouit ma jeunesse. Ps. XLII\, 4. Dans le Psaume\, ce verset dépend étroitement de celui qui précède : « Envoie ta lumière et ta vérité. Elles me conduiront sur ta montagne sainte et dans tes tabernacles. Et je m’approcherai de l’autel… »Remis ainsi dans son contexte il entre pleinement dans la liturgie du jour. La lumière\, fruit de la parole divine\, conduit l’âme au sacrifice où elle trouve\, dans le pain qui a toutes les délectations\, la joie de la jeunesse\, indispensable pour porter\, dans l’esprit du Christ\, et jusqu’au bout\, les épreuves de la vie. C’est dans cet esprit que l’âme le chante ; comme le chantèrent ceux qui lui sont proposés en modèle aujourd’hui : Noé\, élevant son autel dans la lumière des paroles réconciliatrices\, Saint Paul\, ravi jusqu’à la vision du sacrifice éternel. Avec toute l’Église\, qui\, en ce moment même\, entre dans la joie du sacrifice eucharistique\, elle le chante au futur parce que\, plus elle participe au sacrifice du Christ\, plus elle sent ardent en elle le désir d’y participer davantage. \nLA MÉLODIE\nUn seul sentiment : la joie ; la joie d’un bonheur vers lequel on va. Elle exulte dès le début dans le bel élan de Introíbo\, avec quelque chose de vif qui est le propre de toutes les joies de départ\, puis va croissant jusqu’à altáre Déi où elle s’épanouit en une nuance de vénération aimante sur le nom divin. Il y a moins d’éclat dans la deuxième phrase. C’est une joie plus intérieure\, une joie d’intimité\, avec un accent de juvénile ardeur sur juventútem. Ainsi s’achève dans la joie exultante du sacrifice désiré l’admirable processus de cette messe. L’âme\, écrasée sous l’épreuve\, commence par se plaindre\, dans l’Introït\, de la lourdeur de la croix. Éclairée par la parole divine\, et après avoir prié avec ferveur dans le Graduel et dans le Trait\, elle est pacifiée et demande\, dans l’Offertoire\, que le Seigneur la garde dans son sacrifice. À la Communion\, réconfortée par le sacrement\, elle va à ce sacrifice de toute la force et de toute la joie de son désir. Chanter dans un bon mouvement\, sans ralentir à la cadence de Déi. Par contre\, la clivis de lætíficat sera bien retenue ; de même le podatus de juventútem. \nTrait polyphonique \nÉpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Temporal
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