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SUMMARY:Troisième Dimanche de Carême
DESCRIPTION:A noter: il n’y pas de Gloria. L’Alleluia est remplacé par le Trait. \nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : Gen. XXXVII). Histoire de Joseph.ÉPÎTRE : (Ephes. V 1-19). Il faut s’écarter de toute chose déshonnête\, marcher dans la lumière\, afin d’être enfant de lumière.ÉVANGILE : (Luc XI 14-28). Notre Seigneur chasse un démon. Accusé de le chasser par Beelzébuth\, il met en garde contre l’action de Satan.STATION : Saint Laurent hors les murs.IDÉE CENTRALE : Il semble bien que l’idée dominante de la catéchèse soit le démon\, son action et ce que nous avons à faire pour nous en garder. Parce que Joseph était l’héritier de la promesse\, Satan mit tout en œuvre pour le perdre. Il poussa ses frères au meurtre et la femme de Putiphar à l’adultère. Dieu sauva le fils bien aimé de Jacob et\, par lui\, sauva son peuple.Quand le Christ\, Fils bien-aimé du Père et Fils de la promesse\, lui aussi\, vint accomplir ce que Joseph n’avait fait que figurer\, le démon ne cessa de le poursuivre à son tour. Il inspira la jalousie d’Hérode et le massacre des Saints Innocents. Il vint lui-même le tenter au désert. Vaincu\, il dressa contre lui les Scribes et les Pharisiens pour perdre sa réputation et le faire mourir. Il crut avoir réussi\, le soir du Vendredi Saint\, mais Dieu sauva son Christ dans sa résurrection et\, par lui\, sauva le monde.Le Christ continuant dans l’Eglise qui est son Corps mystique\, et en chacun de nous qui sommes ses membres\, le démon déploie autour de nous la même sollicitude mauvaise. Il est l’inspirateur de tous les vices contre lesquels Saint Paul nous met en garde dans l’Épître. Notre Seigneur nous garde – Il nous le montre dans l’Évangile – à condition toutefois que nous nous confions à lui et que nous mettions en pratique les avis qu’il nous donne. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nMes yeux sont sans cesse sur le Seigneur\,Car lui-même dégagera mes pieds du filet.Regarde-moi et aie pitié de moi\,Car seul et pauvre je suis.Ps. – Vers toi\, Seigneur\, j’ai levé mon âme :Mon Dieu\, en toi je me confie\, je n’aurai pas à rougir. Ps. XXIV\, 15\, 16.Le psalmiste emploie l’image du filet qui est très commune dans l’Ecriture et se représente les pieds déjà engagés dans les lacs ou susceptibles de l’être d’un moment à l’autre. Dans cette situation\, deux sentiments se succèdent en lui. D’abord une confiance totale en la puissance de Dieu – c’est le sens qu’il faut donner aux yeux fixés sur le Seigneur. Puis l’appel à la pitié : Aie pitié de moi\, car je suis seul et impuissant.Telles ont été la confiance et la prière de Joseph\, de tout le peuple Juif\, du Christ\, de Saint Laurent sur le gril : telles sont encore celles de l’Eglise dans la lutte qu’elle continue à soutenir. Cette lutte\, plus marquée peut-être pour nous en cette période de pénitence\, nous incite à les faire monter vers Dieu une fois de plus pour obtenir l’aide de son bras\, sans laquelle nous ne saurions vaincre. \nLA MÉLODIE\nDans un bel élan simple\, pénétré de confiance\, de paix\, l’âme chante sur Oculi méi la courbe de sa pensée montant sans cesse vers le Seigneur. C’est son attitude habituelle\, elle souligne donc abondamment sémper. Elle s’incline ensuite\, pleine de vénération\, sur Dóminum et se laisse aller\, sur quía ípse evéllet\, à la joie que mettent en elle ces mots de délivrance. Une joie d’espoir seulement. Elle n’exulte pas. Peut-être même pourrait-on y déceler une certaine lourdeur\, annonciatrice de la misère et de l’impuissance dont il sera fait état tout à l’heure. Mais le bel élan de confiance demeure.Il passe à la phrase suivante. C’est dans la même simplicité que l’âme demande au Seigneur de jeter les yeux sur elle ; réspice in me est bien  dans le ton de óculi méi. Mais\, en même temps qu’elle appelle le regard divin\, elle commence à se montrer\, elle expose sa misère. C’est alors l’humble supplication. La mélodie\, descendue dans le grave\, remonte péniblement sur miserére avec tout le poids du péché et de la honte ; et les appels à la miséricorde se succèdent\, retenus\, doux\, timides et pressants\, sur les distrophas et les tristrophas de méi\, de únicus et de páuper. Il n’y a qu’un mot qui ait de l’assurance\, c’est quóniam. Sur ce pressus\, l’âme dit son impuissance et s’y appuie de toute son ardeur\, comme sur l’argument irrésistible qui lui vaudra le salut : cor contrítum et humiliátum Déus non despícies….un cœur contrit et humilié\, ô Dieu\, tu ne le rejetteras pas. (Ps. L\, 19).Le Psaume ramène l’abandon tout simple du début. La mélodie sert parfaitement le texte. La cadence sur non erubéscam\, avec sa nuance de ferme certitude\, est particulièrement heureuse.Beaucoup de légèreté dans l’intonation. Que toute la première phrase soit simple comme un chant d’enfant. Bien lancer evéllet et veiller à l’accentuation de pédes.Réspice\, au début de la seconde phrase\, sera quelque peu retenu. Ne pas accentuer fortement méi ; la double note est une distropha\, qu’elle soit douce ; la voix ira en un discret crescendo vers la clivis qui suit et on aura la nuance à la fois humble et suppliante qui convient.Le pressus de quóniam bien posé avec un accent de ferveur. La tristropha de únicus légère et douce ; de même la distropha de pauper.Le Psaume sera pris a tempo mais à une allure qui ne doit pas faire avec l’antienne un contraste poussé. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nLève-toi Seigneur\, qu’il n’ait pas le dessus\, l’homme ;Qu’elles soient jugées\, les nations\, en ta présence.Verset. – Quand tu tourneras mon ennemi en arrière\, ils seront défaits et périront devant ta face. Ps. IX\, 20\, 3.Deux versets pris aux deux extrémités du Psaume. Le premier est une prière qui demande à Dieu d’intervenir afin que l’homme\, c’est à dire la nature mauvaise\, n’ait pas le dessus sur la grâce. Le second\, bien qu’il soit adressé à Dieu comme le premier\, n’est pas une prière proprement dite. ; le psalmiste dit ce qu’il voit dans l’avenir : l’ennemi s’enfuyant\, battu\, défait\, anéanti devant la face de Dieu.Ils forment ici comme un lien entre l’Épître et l’Évangile. Saint Paul nous dit : n’ayez rien de commun avec les fils de l’incrédulité\, marchez comme des enfants de lumière…C’est bien ce que l’Eglise demande dans la première partie ; que l’homme n’ait pas le dessus. L’Évangile nous montre l’ennemi fuyant sous le geste souverain du Christ ; c’est ce qu’elle chante dans la seconde. \nLA MÉLODIE\n(III) Exsúrge Dómine non præváleat hómoJudicéntur géntes in conspéctu túo.Bien que l’intonation soit douce et lente\, il y passe une ardente supplication\, qui\, délicatement posée sur la virga du début\, va s’intensifiant jusqu’à la dernière tristropha\, où elle se prolonge comme en une plainte. Cette teneur dans le grave\, coupée de notes répercutées\, lui donne toutefois quelque chose de sombre et de pesant. On a l’impression que l’âme est accablée sous le poids de l’épreuve.Sur Dómine – formule presque exclusivement réservée au Seigneur (à une exception près\, on ne la trouve que sur les mots Dòminus ou Déus) – la mélodie s’éclaire d’une nuance de tendresse intime puis\, s’animant soudain\, se fait de plus en plus pressante sur non præváleat. L’âme\, sortie de sa torpeur au contact du nom divin\, est maintenant pleine d’audace. Elle dit le danger sans réticence et dénonce l’ennemi avec force ; on sent même un peu d’angoisse et comme un frisson de peur sur la montée des torculus de præváleat\, et plus encore sur la magnifique formule de hómo. A deux reprises le motif de præváleat revient ; sur judicéntur et sur in conspéctu. Il y a là une insistance qui prend\, sur le pressus de géntes et plus encore sur les répercussions de conspéctu túo – notez qu’il n’y en a pas moins de huit – une extraordinaire intensité.Mais\, est-ce encore la prière qui domine ? Il semble bien plutôt que ce soit l’idée du Jugement dernier – car en fait c’est bien de quoi il s’agit – qui est évoquée fans cette finale. Elle a en effet tous les caractères d’une autorité forte qui s’impose\, implacable et terrible. On y sent la terreur du Juge dont le seul aspect fera les damnés sécher de frayeur.Le Verset. – In converténdo inimícum méum retrórsum infirmabúntur et períbunt a fácie túa.L’idée est toute différente de celle de la première partie. L’expression aussi diffère\, il va de soi. C’est dans une joie débordante que l’Eglise chante la vision prophétique de son ennemi en déroute.Cette joie commence dès le début sur In converténdo par un balancement léger sur la clivis la-sol\, la note qui précède le quilisma\, et la clivis do-si. Le branle ainsi donné\, quelques notes conduisent le mouvement vers retrórsum. Il s’élargit d’abord quelque peu sur les notes qui précèdent le quilisma pour souligner ce mot de déroute puis\, s’allégeant\, il emporte la mélodie d’un magnifique élan jusqu’au mi où elle s’épanouit en un motif plein de vie et d’esprit. Ce n’est plus seulement de la joie\, c’est de l’exultation\, une exultation délirante ; on peut bien dire le mot car elle sonne vraiment par endroit comme l’éclat de rire du vainqueur sur le vaincu en fuite.La même idée est reprise dans la phrase suivante et traitée de la même manière ; des notes légères vont vers peribunt et\, sur ce mot de victoire totale\, se renouvelle l’explosion de joie.Au début de la troisième phrase\, sur a fácie\, passe comme une nuance de gravité ; nous sommes revenus au Seigneur\, au Juge. Il y a ensuite un bel élan qui touche le mi mais c’est une exaltation tempérée\, paisible. La joie de l’Eglise s’est imprégnée de la joie de Dieu\, et c’est de sa justice qui triomphe\, plus que de la déroute de l’ennemi\, qu’elle se réjouit maintenant. L’idée du jugement et de sa terreur revient d’ailleurs peu à peu avec le mouvement thétique sur re et se développe\, pour finir\, sur la même formule et sur le même mot que  dans la première partie.L’intonation sera lente\, toutes les répercussions bien faites et assez poussées. Renforcer délicatement la voix sur Dómine ; c’est une formule très expressive. Pas de contraste forcé à non preváleat ; la montée de hómo retenue.A tempo sur judicéntur. Les répercussions de in conspéctu túo\, bien marquées. Garder le mouvement jusqu’à la fin.Le Verset\, léger. Un crescendo et un peu d’accélération à partir de l’accent de converténdo\, mais bien dans le rythme. Retenir légèrement les quatre notes qui précèdent le quilisma de retrórsum.Faire un peu longues les distrophas de fácie\, et retenir la thésis sur re. \nTRAIT\nLE TEXTE\n1.     – Vers toi j’ai levé mes yeux\, (vers toi) qui habites dans les cieux.2.     – Voici\, comme les yeux des serviteurs sur les mains de leurs maîtres.3.     – Et comme les yeux des servantes sur les mains de leur maîtresse ;4.     – Ainsi (sont) nos yeux sur le Seigneur notre Dieu\, jusqu’à ce qu’il ait pitié de nous.5.     – Aie pitié de nous\, Seigneur\, aie pitié de nous. Ps. CXXII\, 1\, 2\, 3.C’est la même idée que dans l’Introït. La confiance toutefois n’est pas aussi fortement marquée. L’Eglise ici la chante dans le même sentiment que la première partie du Graduel. \nLA MÉLODIE\nDans le premier verset\, la formule d’intonation a reçu un développement qui en fait une très belle supplication\, à la fois humble et forte. Le mot caéli\, planant sur la dominante\, évoque très heureusement et le Dieu Très-Haut et l’admiration q’uil provoque chez ceux qui savent le contempler dans ses célestes demeures.Les versets 2 et 3\, parallèles comme le texte\, n’ont de remarquable que l’accent de ferveur de sícut.Deux mots sont particulièrement expressifs dans le 4e : Ita\, au début\, qui met très en relief le second terme de la comparaison ; et la cadence finale\, très commune\, mais qui devient sur nóstri une très ardente supplication.Tout le 5e est une splendide prière humble et suppliante. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nLes volontés du Seigneur sont droites\, réjouissant les cœurs ;Et ce sont choses plus douces que le miel et le « favum » (le rayon de miel)Aussi ton serviteur les gardera. Ps. XVIII\, 9\, 10\, 11\, 12.Il n’y a pas de doute que ces versets n’aient été choisis à cause de l’épisode qui termine l’Évangile. « Une femme cria\, de la foule : Bienheureux le sein qui t’a porté et les mamelles qui t’ont allaité. Et il dit : Bienheureux encore plus\, ceux qui écoutent la parole de Dieu et la gardent. »L’Eglise demeure dans la contemplation de cet incident qui la ravit et\, pour chanter sa joie\, emprunte les paroles du Psaume.Elles sont l’expression naturelle de tous ceux qui savent jouir du Verbe de Dieu\, dans l’Ecriture\, dans l’Eglise\, dans les profondeurs de leur âme où il habite ; mais il s’y ajoute ici quelque chose de plus\, comme un désir ardent de remplir avec un amour accru la condition de la béatitude promise. \nLA MÉLODIE\nC’est un chant tout intime\, doux\, paisible\, heureux. L’âme fixée dans la contemplation des paroles du Christ\, les confirme en quelque sorte de son expérience\, se disant à elle-même\, en des mots qui en sont tout pénétrés\, le bonheur que lui procure l’abandon aimant à tout ce que lui demande le Seigneur.Elle le fait par un petit motif très simple de quelques notes qui montent du fa au la et y reviennent après une broderie légère très courte.C’est un rien\, mais si expressif de paix et de bonheur intime. On le trouve sur justítiæ\, sur réctæ\, sur lætificántes córda\, avec cette fois une nuance de joie plus profonde qu’il prend dans le grave et qui va si bien avec le mot.Dans la seconde phrase\, dulcióra en est un développement et súper méi et fávum ne fait que reproduire\, avec quelques nuances de détail\, le mouvement grave de læticántes… En cela nulle monotonie\, mais une sorte de balancement qui berce la continuité de l’idée et la garde enveloppée dans une atmosphère de béatitude.Le mouvement est peut-être un peu plus prononcé dans la troisième phrase\, du moins au début. L’âme s’adresse à Dieu\, et son ardeur naturellement s’anime quelque peu quand elle lui renouvelle sa fidélité\, mais elle demeure toujours dans la paix et la joie. Notez le rythme de nam avec ce bel élan de quarte qui se détend en repos sur la tristropha ; quelle délectation ! Sur custódiet\, le ton redevient contemplatif avec une nuance de fermeté qui convient à la promesse ; ce sont de longues tenues répercutées qui s’achèvent sur la cadence délicate du IVe mode\, toute pénétrée d’une tendresse qui ne trouve pas de quoi s’exprimer.Le mouvement ne doit pas être lent\, mais paisible. On l’entretiendra par les délicates nuances d’intensité qu’exige le leit-motiv.Ralentir légèrement la cadence finale de la première phrase en retenant quelque peu la première note du climacus.Un crescendo délicat\, au début de la troisième phrase. Bien rythmer les deux climacus de la fin en les allongeant légèrement. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nLe passereau trouve pour lui une maison et la tourterelle un nid où reposer ses petits…Tes autels\, Seigneur\, Dieu des vertus\, mon Roi et mon Dieu !Bienheureux ceux qui habitent dans ta maison.Dans les siècles des siècles ils te loueront. Ps. LXXXIII\, 4-5.Le Psaume LXXXIII est le psaume du juif exilé qui entrevoit le retour prochain dans la patrie et dans le temple\, où il retrouvera la présence du Seigneur\, son Roi et son Dieu. Au verset 4\, la comparaison gracieuse des oiseaux et de leur nid fait le désir du psalmiste jaillir ardent : « Tes autels Seigneur… ! » et se perdre ensuite dans le rêve de la béatitude qu’il attend. Trois idées donc : la comparaison\, le cri d’amour\, la béatitude désirée.Ces deux versets se trouvent tout naturellement adaptés au moment de la communion. Altária en effet ne désigne pas seulement l’autel matériel mais le sacrifice dont il est la table. Ce que l’âme chante\, c’est son désir d’être unie dans l’Eucharistie au Christ\, et de jouir de la protection aimante qu’elle trouvera en lui et\, à travers lui\, dans l’amour des divines Personnes. C’est bien là\, pour ce qui est de la terre\, la béatitude d’habiter dans la maison du Seigneur. « Si quelqu’un m’aime\, nous viendrons en lui et ferons notre demeure en lui… ». \nLA MÉLODIE\nLa première phrase est un récitatif\, mais traité avec un soin délicat et pénétré déjà de l’ardent désir qui va jaillir tout à l’heure.Les rythmes binaires qui se succèdent sur dómum\, túrtur\, nídum\, sont délicieux de fraîcheur\, avec leur nuance d’harmonie imitative qui évoque le roucoulement de la tourterelle. L’âme les chante\, simplement\, dans l’atmosphère heureuse où elle vit\, jouissant de tout ce que lui dit cette gracieuse comparaison. Sur repónat\, elle s’arrête. C’est le mot de la tendresse ; celle de l’oiseau qui a fait pour ses petits le nid chaud et moelleux où il les pose et demeure avec eux ; celle du Seigneur aussi\, qui a préparé le Christ et son sacrifice eucharistique\, comme le lieu où l’âme se reposera dans la joie de sa présence. Elle y pose un long accent qui se détend\, lent et doux\, sur les deux mots de la fin en une admirable cadence. Puis\, soudain\, jaillit le cri d’amour.Il éclate comme l’élan d’un désir spontané. L’âme n’a pas le temps de faire une phrase. Dans la succession des accents et des rythmes de plus en plus marqués\, le mouvement l’emporte jusqu’au sommet\, où son ardeur s’épanouit enfin sur Dómine\, le nom divin. Elle la laisse ensuite se détendre en une tendresse douce et confiante sur la tristropha de virtútum qui rime si heureusement avec le repónat de la première phrase. Puis ce sont les mots d’amour : Rex méus et Déus méus ! qu’elle retient à loisir dans la paix de sa contemplation.De cette paix s’exhale alors l’exclamation de béatitude : Beáti qui hábitant…Très calme d’abord\, sur les beaux rythmes binaires de hábitant\, l’âme s’exalte peu à peu. L’ardeur de son désir s’avive à nouveau sur dómo túa : le Temple\, le Christ\, l’Eucharistie\, le Ciel ; c’est tout cela en effet qu’elle chante en chantant la maison du bonheur. Elle revient pour finir à la contemplation du début et\, sur le dernier mot\, orné plus que tous les autres\, elle célèbre la louange\, fruit de la vision\, de l’amour et de la béatitude.Que la dernière phrase soit simple. Bien balancer les rythmes binaires qui se succèdent sur dómum et túrtur ; la première note des podatus de dómum bien posée\, un peu élargie.La virga de repónat bien attaquée\, la répercussion délicate sur la tristropha qui sera douce. A la fin de la phrase\, une pause.Le mouvement de altária túa Dómine virtútum\, vif et ardent ; mais que la progression soit bien rythmée jusqu’à l’accent de Dómine qui sera fort\, mais bien lancé. La détente se fera sur virtútum.Bien accentuer Déus méus avec une nuance de tendresse. A la fin de la phrase une pause encore.Le torculus de beáti très arrondi. La dernière syllabe de hábitant retenue légèrement. La montée de laudábunt quelque peu élargie. \n\nPolyphonies pour le carêmeEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Dimanche de la Passion
DESCRIPTION:Les Gloria Patri sont supprimés (Asperges me\, introït\, psaume Lavabo). Les crucifix sont voilés. \nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : Prophétie de Jérémie sur la Passion du Christ. \nÉPÎTRE : (Heb. IX\, 11-15). Les fruits de la Passion. Le Christ\, Grand Prêtre par nature\, entre dans le Tabernacle divin\, Le Ciel\, avec son sang et\, remplissant son rôle de médiateur\, rachète le monde une fois pour toutes. \nÉVANGILE : (Jean VIII\, 46-59). Les Juifs accusent Notre Seigneur d’être possédé et essaie de le lapider. \nSTATION : Saint Pierre. \nIDÉE CENTRALE :  La Rédemption du monde par la Passion et la mort du Christ\, annoncée par le prophète\, réalisée par Notre-Seigneur et présentée par Saint Paul dans sa splendeur éternelle. \nINTROÏT\nLE TEXTE \nRends-moi justice\, ô Dieu\, et discerne ma cause de la nation qui n’est pas sainte. De l’homme mauvais et fourbe\, délivre-moi\, car tu es mon Dieu et ma force. \nPs. – Envoie ta lumière et ta vérité : elles me guideront et m’amèneront à ta montagne sainte et à tes Tabernacles. Ps. XLII. 1\,2\,3. \nLe Psaume XLII fut composé dans la captivité. Le psalmiste\, interprétant la prière des captifs\, demande à Dieu de rendre justice à son peuple\, pour le bien qui est en lui\, de ne pas le confondre avec la race idolâtre qiu l’opprime\, et de lui rendre la lumière qui le dégagera des dangers et le guidera vers la montagne sainte et son temple.Lorsque Notre Seigneur\, au cours de sa vie\, eut à réciter ces versets\, ils prirent évidemment sur ses lèvres un autre sens\, leur sens total. Il demandait vraiment que justice lui fût rendue. En tant que Dieu\, il n’avait pas à le demander\, il était l’égal du Père; en tant qu’homme non plus\, car il était d’une absolue pureté. Mais il avait pris sur lui tous les hommes; il les avait à ce point insérés dans sa personnalité qu’ils était vraiment quelque chose de lui\, comme les branches sont quelque chose de l’arbre.  » Je suis la vigne\, vous êtes les branches… » Il les avait pris avec leurs péchés et\, parce que ces péchés étaient un obstacle à leur union avec lui\, il avait résolu d’en assumer la charge devant le Père et de les expédier; ce qu’il faisait depuis le commencement de sa vie et qu’il allait achever dans sa Passion et sa Mort.Lorsqu’il disait :  » Rends-moi justice« \, il demandait donc que le Père le regardât comme justicier\, lui et tous les hommes qui\, dans la suite des temps\, entreraient dans son sacrifice et en recevraient les fruits; et il le demandait comme un droit\, en tant que Verbe fait chair\, en tant que Christ.Il demandait aussi que sa cause fut discernée de celle des hommes qui refuseraient la Rédemption et qui formaient\, dans sa vision de l’avenir\, la nation non sanctifiée\, les réprouvés de Dieu.Enfin\, il implore Dieu de le délivrer de ses ennemis\, qui allaient s’acharner sur lui jusqu’à son dernier souffle\, et de tous ceux qui continueraient\, sous une forme ou sous une autre\, de le persécuter dans ses membres.Cette prière\, le Christ\, dans la gloire\, continue de la dire pour la partie de son humanité collective qui est encore dans les épreuves de la Passion; avec lui\, L’Église\, consciente de ses fautes\, la dit aussi. C’est ainsi qu’elle nous arrive chaque année\, comme la voix du Christ souffrant nous atteignant à travers les siècles\, comme la voix du Christ glorieux intercédant pour nous\, comme la voix du Christ vivant dans l’église qui continue sa passion\, et comme la nôtre\, incluse dans la sienne. \nLA MÉLODIE \nElle commence comme la prière extrêmement humble d’un homme accablé. Judica me Deus. Le Christ sait qu’il a droit à la justice\, mais Il porte sur lui nos péchés et il en a honte; il en souffre; il les regrette comme s’ils étaient les siens; il en a le coeur brisé\, le coeur contri. Voilà bien le sentiment de cette première incise: une prière de contrition\, réservée\, retenue\, sans élan; seul le salicus de Judica me y met une certaine insistance\, tout de suite atténuée d’ailleurs par le si b.Mais voici qu’un autre sentiment se lève et domine. À l’idée d’être confondue avec ceux qui ne veulent pas se repentir\, une sorte de répulsion envahit l’âme du Christ et donne à sa prière un accent à la fois de protestation indignée\, de supplication ardente\, de douleur et d’effroi. Cette expression qui se dessine à partir de causam meam atteint son maximum d’intensité sur la double note de gente – une bivirga épisématique. Ce n’est plus la prière qui demande humblement\, c’est le cri de toute l’âme tendue vers la justice du Père.L’idée est la même dans la seconde phrase\, mais la progression en est plus étendue ; elle se fait lentement sur ab homine\, comme si le Christ s’appliquait à modérer l’horreur qui monte en lui. Elle éclate pourtant à nouveau et plus poussée; eripe me est un véritable appel de détresse. Le fait qu’il s’achève à la quinte supérieure en une cadence sur si\, lui donne encore un caractère de souffrance plus aiguë.La troisième phrase est tout autre. Le Christ ne demande plus\, il ne se plaint plus\, il fait confiance. Tout le long des neumes qui redescendent paisibles vers la tonique\, il n’y a plus qu’une tendresse confiante\, abandonnée\, sûre d’avoir ce qu’elle veut du Père infiniment aimant\, juste et fort. Elle est particulièrement expressive dans la première incise avec le si naturel de Deus\, qui y met une clarté de paix\, et la distropha de meus d’une si intime ferveur.Le Psaume\, par son caractère discret\, paisible et lumineux\, entre bien dans le développement de cette nouvelle idée; l’âme\, ranimée par son abandon en la force du Seigneur\, se livre à lui\, heureuse et confiante\, pour qu’il la conduise à la montagne du sacrifice et\, par-delà le sacrifice\, au lieu de sa béatitude. \nGRADUEL\nLE TEXTEDélivre-moi\,  Seigneur\, de mes ennemis. Enseigne-moi à faire ta volonté. \nVerset. – Délivre-moi\, Seigneur\, des nations en furie. De ceux qui m’attaquent\, tu me feras triompher. De l’homme inique\, tu m’arracheras. Ps. CXLII\, 9-10. XVII\, 48-49.Deux idées bien différentes. La première partie est une prière pour la délivrance et la parfaite soumission à la volonté divine; le Verset\, un cri de foi et d’absolue confiance.Cet appel au secours\, mêlé de soumission humble et d’inébranlable espoir\, qui fut si souvent lancé vers Dieu par David en ses heures d’épreuves\, s’applique pleinement à Notre Seigneur\, au jour de sa Passion. De quelle âme\, à la fois accablée et forte\, dût-il le répéter\, quand tout le monde\, de tous côtés\, s’acharnait contre lui !Il demeure toujours d’actualité sur ses lèvres. Lui\, dans la gloire\, n’a plus à subir les coups de ses ennemis\, mais ses membres qui sont sur la Terre ont besoin\, eux\, d’être délivrés de leurs ennemis toujours actifs; besoin aussi de l’esprit de soumission.Il le demande pour eux et eux le demandent avec lui; puis\, réconfortés par son acte d’éternelle Rédemption que saint Paul vient de leur rappeler dans l’Épître et assurés déjà d’être exaucés\, ils chantent\, dans l’ardeur de leur foi vibrante de certitude\, leur Libérateur. Liberator meus… \nLA MÉLODIE \nLa première incise\, à quelques détails près\, est celle du Graduel Exsurge du IIIe Dimanche de Carême. C’est la même expression que dans le début de l’Introït; le Christ\, accablé\, se tourne vers son Père mais sans pouvoir se dégager de tout ce qui pèse sur lui. Toute humble sous le péché\, sa prière ne monte pas. Même lorsque Domine\, le nom divin\, est amené\, avec tout ce qu’il évoque de miséricorde\, elle demeure réservée\, timide jusqu’en la nuance de tendresse qu’il y met.Au début de la seconde incise\, à l’idée de ses ennemis\, le Christ se relève de sa prostration comme s’il était soudain saisi d’effroi\, et c’est une supplication ardente qu’il lance cette fois. D’un bon\, la mélodie quitte le grave\, touche la dominante sur inimicis\, qu’elle accuse d’un salicus très marqué\, puis se fait de plus en plus insistante\, de plus en plus pressante\, sur les distrophas\, les répercussions\, les torculus allongés de meis. La réserve a disparu devant le danger.Dans la seconde phrase\, l’objet de la prière n’est plus le même. Le Christ sait que le Père ne le délivrera que quand tout son sacrifice aura été accompli; il fera donc sa volonté et de tout coeur\, mais il a besoin de son aide. Doce me… Quel admirable accent sur ces deux mots ! Une prière où l’on sent encore un peu d’angoisse\, mais si soumise! De plus en plus apaisée sur la belle vocalise de facere\, elle s’élève sur voluntatem tuam en un très beau mouvement de ferme assurance\, que la répétition des notes répercutées ponctue de certitude et de ferveur. Quelle que soit la volonté du Père\, elle sera faite jusqu’au dernier souffle\, avec amour. \nVerset. – Après l’humble prière\, l’espoir vibrant de certitude. Le Christ lance vers le Père le cri de sa confiance inébranlable dans une mélodie claire\, ferme\, joyeuse\, toute pénétrée d’amour aussi et à laquelle il donne déjà un accent de triomphe comme s’il anticipait la victoire.Liberatuor meus… Notez que cette première incise est une exclamation; elle n’a pas de verbe. Aussi la mélodie a-t-elle quelque chose de direct\, de spontané\, de vif. Cet empressement de l’âme\, heureuse dans la force de sa confiance\, passe dans le magnifique élan de ce premier mot\, se développe sur meus dans le motif exaltant\, deux fois répété\, qui l’emporte jusqu’au mi; puis\, redescendant vers la tonique du Ier mode\, s’enveloppe d’une tendresse reconnaissante sur Domine\, avant de rebondir\, une fois encore\, sur gentibus iracundis\, dans la joie de la délivrance et l’espoir de la juste vengeance qui vient.Il y a moins que des fusions dans la seconde phrase. Sur insurgentibus in me\, le poids de l’oppression est à nouveau évoquée; la montée est lente et il y a une nuance de plaintes dans les torculus qui descendent vers la cadence en mi. Mais la joie exaltante revient sur exaltabis me qui s’élève à la tonique dans un redressement fier\, noble\, et plein de la même confiance vivante et forte.L’idée de l’homme mauvais\, dans la troisième phrase\, change ce cri d’espoir en une ardente supplication. Il semble bien que cet être mystérieux soit l’ennemi par excellence\, et celui qui fait le plus souffrir. C’est peut-être l’horreur que cause au Christ l’expérience qu’il a eu de ces attaques\, en même temps que le désir qu’il a d’en délivrer à jamais ses membres qui donnent à la bivirga de a viro cette insistance si marquée qui pénètre ensuite tous les mots de l’incise.La confiance\, baignée de joie reconnaissante\, revient sur eripies me\, à la reprise du choeur. Le dernier motif est particulièrement heureux; c’est la troisième fois qu’on l’entend\, mais le voisinage du fa et du si naturel lui confère ici un admirable caractère de suavité; l’âme n’est plus seulement dans la confiance\, elle est dans la paix et elle en jouit. \nTRAIT\nLE TEXTE \n1. Bien des fois ils m’ont assailli depuis ma jeunesse.2. Il le dit maintenant\, Israël : bien des fois ils m’ont assailli depuis ma jeunesse.3. Pourtant ils n’ont pas pu prévaloir sur moi. Sur mon dos\, ils ont tracé des sillons\, les pécheurs.4. Ils ont prolongé  leur iniquité à eux. Le Seigneur brisera le cou des pécheurs. Ps. CXXVIII\, 1-4. \nDans le psaume\, c’est le peuple juif qui raconte ce qu’il a eu à souffrir et qui proclame\, pour finir\, en un mot de dure vengeance\, la certitude que le Seigneur aura le dernier mot.Le sens liturgique est le même; il n’y a qu’à remplacer Israël par le Christ\, et L’Église qui le continu. Le Christ\, persécuté dès son enfance\, demeure imprenable jusqu’à son heure\, comme on va le voir dans l’évangile\, et est finalement vengé par le Dieu tout puissant au matin de sa Résurrection. Ainsi l’Église\, persécutée tout au long de son histoire\, dure\, tandis que\, les uns après les autres\, ses ennemis sont terrassés par la mort\, en attendant le jour de la Résurrection dernière qui sera celui de l’éternelle vengeance de Dieu. \nLA MÉLODIE \nIl n’y a pas d’expression particulière qui tranche sur les formules communes. Il faut signaler toutefois l’intonation des versets; grave dans les deux premiers\, qui évoque les souffrances du Christ; plutôt joyeuse dans les autres\, qui chantent déjà son triomphe; sans presser le contraste toutefois. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTEJe te louerai Seigneur de tout mon coeur. Donne son salaire a ton serviteur. Je vivrai et je garderai tes lois. Vivifie-moi selon ce que tu as dit\, Seigneur. Ps. CX\, 1 – CXVIII\, 15\, 25.Ces idées\, très communes dans les psaumes\, forment un commentaire très heureux de l’évangile. L’âme loue le Seigneur pour la sagesse qu’il a déployée dans sa lutte contre les Pharisiens; puis\, reprenant en quelque sorte l’idée qui fait le fond de l’incident « si quelqu’un garde ma parole\, il vivra« \, elle la lui retourne sous forme de prière : donne-moi ta grâce et je vivrai\, je garderai sa parole; infuse-moi la vie\, selon ce que tu as dit. Chantée au moment où est offerte la matière du sacrifice qui va donner le Pain de vie\, cette prière prend un sens plus actuel encore.LA MÉLODIEElle n’a pas le caractère douloureux des mélodies du temps de la Passion. Aussi bien\, ce n’est pas le Christ qui parle et il ne s’agit pas de ses souffrances. C’est de joie au contraire qu’elle est toute pénétrée. L’âme est heureuse de ce qu’elle vient d’entendre et c’est le bonheur qu’elle a d’être avec le Seigneur\, le bonheur très simple et très intime de recevoir son amour et de lui donner le sien\, qu’elle chante. Il n’y a pas autre chose dans tout l’Offertoire; qu’il s’agisse de la louange de la première phrase ou de la prière des deux autres\, tout est pénétré de la même joie extrêmement paisible\, douce\, intérieur\, contemplative – le mot est exact car l’âme chante pour Dieu seul – avec des nuances très délicates d’ailleurs; tels les accents de ferveur qui s’épanouissent sur le pressus de tibi et sur le torculus de toto corde.La prière qui occupent les deux autres phrases ne supplie pas\, ne presse pas; elle demande\, simplement. Il y a toutefois quelque chose de plus vif dans vivam et custodiam – c’est une promesse que l’âme fait à Dieu – quelque chose de plus pleinement satisfait aussi dans la cadence en fa sur tuos\, comme si le secours du Seigneur faisait entrevoir un avenir plus heureux encore. L’expression est la même dans l’admirable balancement de vivifica me qui met le pronom en un si délicat relief par le rebondissement de tristropha. Il se renouvelle sur verbum tuum avec plus de grâce encore\, la grâce paisible d’un amour que rien ne trouble et qui est devenu\, parce qu’il est très simple\, toute la vie de l’âme. Un dernier accent de ferveur sur le pressus de tuum et tout s’achève sur la cadence pleinement reposée du Ier mode. \nCOMMUNION\nLE TEXTE \nVoilà le Corps qui pour vous sera livré… Ce calice est celui de la nouvelle alliance en mon sang\, dit le Seigneur. Cela\, faites-le chaque fois que vous en prenez en ma mémoire. I Cor. XII\, 24.Ce sont les mots même par lesquels le Christ Jésus à réalisé le sacrifice eucharistique et donné à l’église le pouvoir de le réaliser à nouveau.Ils sont toujours actuels\, et pour le Christ glorieux et pour son Église. Il faut les entendre ici comme la présentation qu’il fait lui-même de son corps et de son sang à ceux qui communient et comme l’invitation qu’il leur adresse de faire ce qu’il a fait : se livrer pour le salut du monde. \nLA MÉLODIE \nLa première phrase est empreinte de sérénité\, de paix profonde et heureuse; la paix du Christ qui est arrivé à son heure\, qui réalise enfin ce à quoi Il a été prédestiné : le sacrifice qui sauve le monde. Rien de dramatique; la simplicité. Quelques notes qui brodent autour de la tonique; c’est toute la première incise. La seconde débute sur le même motif\, s’élève à la tierce et\, après une demi-cadence sur le la\, se pose en fa par le si naturel dans une impression de paix absolue.L’expression de la deuxième phrase n’est pas la même\, c’est l’invitation au sacrifice. Le Christ se fait pressant. On sent l’ardeur du désir qui le brûle : desiderio desideravi… Très marqué dès le début par la clivis allongée sur la dominante\, elle va s’intensifiant jusqu’aux pressus de quoties cumque où elle éclate émouvante; elle s’atténue alors sur sumitis et meam\, et la paix sereine du début revient\, enveloppant toute la cadence finale dans un balancement très simple et très doux.  \nPolyphonies pour le temps de la Passion \nCantiques pour le temps de la Passion (CD 1\, pistes 12 à 16)  \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Saint Joseph\, époux de la Vierge Marie
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nAprès Notre Dame\, saint Joseph est de tous les saints le plus éminent dans l’ordre de la sainteté. Ce n’est pas de ses œuvres extérieures qu’on le déduit mais du rôle auquel il a été prédestiné. Quand Dieu choisit\, il donne à son élu ce qu’il lui faut\, et ce qu’il lui donne est d’autant plus précieux que sa vocation est plus élevée. Or\, Notre Dame mise à part\, personne n’a été appelé à une plus haute mission que saint Joseph : époux de la mère du Christ\, témoin de sa virginité\, gardien de son honneur\, père nourricier\, père légal du Fils de Dieu qu’il a l’honneur de recevoir à son foyer\, mais dont il a aussi la charge de faire l’éducation en le formant à la connaissance expérimentale et à l’usage des choses de la vie. On pressent de très loin quelles qualités naturelles et surnaturelles lui étaient nécessaires.Saint Joseph fut un saint de la vie cachée. Passés les incidents de la Nativité\, on n’en sait plus rien. Il disparaît. Tellement que l’Eglise ne commence que très tard à le fêter. Ce n’est qu’au Xe siècle qu’on le trouve mentionné dans les martyrologes et sa fête en Occident date seulement du XVe siècle. Aujourd’hui en revanche\, il est fêté deux fois. \nINTROÏT\n« Le juste comme un palmier fleurira. Comme le cèdre du Liban il se multipliera. Planté dans la maison du Seigneur\, dans les parvis de la maison de notre Dieu. » Ps. 41\, 13.La mélodie est des plus contemplatives. De la première à la dernière note\, il n’y a que recueillement. Cet effet est obtenu par une succession de tristropha\, de bivirga et de pressus ; notez comment la mélodie suit le texte sur sicut cedrus Libani\, elle s’élance dans une gracieuse montée. \nGRADUEL\n« Seigneur\, tu l’as prévenu de bénédictions de douceur. Tu as posé sur sa tête une couronne de pierres précieuses. La vie il a demandée\, et tu lui as accordé la longueur des jours dans les siècles des siècles. » Ps. 20\, 4 \nTRAIT\n« Bienheureux l’homme qui craint le Seigneur. Ses préceptes\, il désire ardemment les accomplir. – Puissante sur la terre sera sa race\, la postérité des hommes droits sera bénie. – La gloire et la richesse seront en sa maison\, et sa justice demeure dans les siècles des siècles. » Ps. 111\, 1L’application de cette louange du juste se fait d’elle-même à saint Joseph. Il est bien de ceux qui ont pratiqué la docilité à la volonté de Dieu avec une absolue souplesse et dans cet esprit de révérence filiale qui est la crainte à son plus haut degré de perfection. La mélodie relève de la formule ordinaire des traits du 8e mode\, sans expression particulière. On notera toutefois que le mot ejus arrive toujours avec les motifs principaux. \nOFFERTOIRE\n« Ma vérité et ma miséricorde sont avec lui. Et par mon nom s’élèvera sa puissance. » Ps 88\, 25Dans le psaume\, c’est de David qu’il s’agit. Dieu\, une fois de plus lui donne l’assurance de sa fidélité - c’est le sens qu’il faut donner à veritas - en plus de sa bonté.La mélodie de la première phrase révèle une assurance très marquée qui donne à ses mots de promesse toute leur valeur d’expression. La deuxième phrase est pénétrée d’une joie qui s’exalte\, c’est la promesse de la gloire ; d’où le mouvement plus animé pour éclater dans l’ardente montée du cornu ejus. \nCOMMUNION\n« Joseph\, fils de David\, ne crains pas de prendre chez toi Marie\, ton épouse. Ce qui en effet en elle est né\, est du Saint-Esprit. » Math. 1\, 20Cantiques pour Pâques \n\nCoffret de cantiques\, CD 2\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\n\nEcoutes de pièces  \n\nVecci : motets et messe de la Résurrection\nZelenka : messe de la Résurrection\n\nUnique ! Le coffret contenant tous les fichiers (épîtres\, évangiles et préface) sur 1 CD au format MP3 + tous les textes des épîtres et évangiles enrichis sur 1 CD.
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SUMMARY:Dimanche des Rameaux
DESCRIPTION:La Semaine sainte est le sommet de l’année liturgique. Le répertoire est riche\, beau\, mais tout n’est pas accessible à tout le monde. \n\n\n\nAfin de vous aider dans les choix de répertoire\, nous vous proposons des séquences audio d’explications sur ces cérémonies hors du commun et qu’il convient de bien préparer en tenant compte des capacités de votre chorale. Ces explications sont données pour les 4 grandes cérémonies (Rameaux\, messe vespérale du Jeudi-Saint\, Fonction liturgique du vendredi-saint\, Veillée pascale. \n\n\n\nVous trouverez la partition du Trait du dimanche des Rameaux en polyphonie (avec alternance grégorienne) dans notre base de téléchargement. \n\n\n\nLe livre latin français\, La Semaine Sainte est le guide parfait pour suivre les cérémonies de la Semaine Sainte. \n\n\n\nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n\n\n\nL’office comprend deux cérémonies bien différentes : \n\n\n\nLa bénédiction des Rameaux \, qui commémore l’entrée triomphale de Notre Seigneur à Jérusalem\, et la messe \, qui est toute consacrée à la Passion\, dont le récit de saint Mathieu est élu à l’évangile. \n\n\n\nBÉNÉDICTION DES RAMEAUX\n\n\n\nC’est le titre de cette première cérémonie dans le missel. En fait\, le véritable objet en est l’entrée triomphale de Notre-Seigneur.Dès le IVe siècle\, les habitants de la Cité Sainte commémoraient cet événement. Ils se réunissaient à Bethphagé\, à l’endroit même d’où partit Notre Seigneur. On y lisait un passage de l’exode puis\, dans l’évangile\, le récit de l’entrée à Jérusalem. Après quoi\, l’évêque\, revêtu des ornements pontificaux\, montait sur un ânon et était conduit en cortège à l’église du saint sépulcre où la messe était célébrée. Cet usage\, adopté à Rome vers le IXe siècle passa dans la liturgie occidentale. On y ajouta toutefois la bénédiction des rameaux avant le départ de la procession et l’arrêt à la porte de l’église à la fin. C’est ce que nous avons aujourd’hui. \n\n\n\nCinq parties donc dans la cérémonie : \n\n\n\n\nLE DÉPART\n\n\n\nLA BÉNÉDICTION ET LA DISTRIBUTION DES RAMEAUX \n\n\n\nLA PROCESSION\n\n\n\nL’ARRÊT À LA PORTE DE L’ÉGLISE \n\n\n\nL’ENTRÉE DANS L’ÉGLISE\n\n\n\n\nI. LE DÉPART\n\n\n\nCette première partie est organisées comme la messe des catéchumènes : une antienne d’introït\, l’oraison\, l’épître\, un Répons-Graduel\, l’évangile. \n\n\n\nAntienne d’Introït Hosanna\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nHosanna au Fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des Cieux ! \n\n\n\nHosanna est une acclamation de la langue hébraïque qui veut dire : Sauve. Le sens en est donc ici : Salut au Fils de David ! Peut-être la traduction la plus fidèle serait-elle : Vive le Fils de David !Ce sont les paroles mêmes que les Juifs lançaient avec enthousiasme sur le passage de Notre Seigneur.En même temps qu’il les entendait\, criées par la foule\, il nous entendait\, nous aussi\, les chanter à notre place dans le temps\, de sorte que dans la liturgie qui étend jusqu’à nous l’entrée du Christ à Jérusalem\, elles sont sur nos lèvres une réalité bien vivante. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nLes deux Hosanna\, par leur élan en quinte\, sont une très belle acclamation\, spontanée\, vive\, enthousiaste. Le benedictus est plus tempéré\, surtout dans sa partie thétique\, avec même une nuance de gravité sur in nomine Domini. Le rythme de Rex Israël évoque l’enthousiasme éclatant des grandes foules. \n\n\n\nII. LA BÉNÉDICTION ET LA DISTRIBUTION DES RAMEAUX\n\n\n\nC’est une bénédiction très solennelle\, qui comprend le chant de la Préface et du Sanctus. Elle est suivie de la distribution \n\n\n\nAntienne Pueri Hebraeorum\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nLes enfants des Hébreux\, portant des rameaux d’olivier\, allèrent au devant du Seigneur\, criant et disant : Hosanna au plus haut des cieux !Les enfants des Hébreux\, leurs vêtements\, jetaient sur le chemin et ils criaient disant : Beni celui qui vient au nom du Seigneur ! \n\n\n\nC’est une composition libre dans le sens du texte de l’évangile. Elle est chantée comme une évocation de l’accueil triomphal que les Juifs réservèrent à Notre Seigneur et dans lequel nous allons entrer à notre tour. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle est légère\, joyeuse\, fraîche et elle a le souci de mettre en relief\, dans le cadre restreint de l’antienne\, l’acclamation de la fin. \n\n\n\nIII. LA PROCESSION\n\n\n\nAntienne Cum appropinquaret\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nComme il approchait\, le Seigneur\, de Jérusalem\, il confia une mission à deux de ses disciples : allez à ce village qui est en face de vous et vous trouverez le petit d’une ânesse lié\, et sur lequel aucun homme ne s’est assis : déliez-le et amenez-le moi. Si quelqu’un vous interroge\, dites : le Seigneur en a besoin. Le détachant\, il l’amenèrent à Jésus. Ils posèrent sur lui des manteaux et il s’assit sur lui. Les uns étendaient leurs vêtements sur le chemin\, les autres jetaient des branches d’arbres et ceux qui suivait criaient : Hosanna ! Béni Celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni le règne de notre Père David ! Hosanna au plus haut des cieux ! Aies pitié de nous\, Fils de David. \n\n\n\nC’est un arrangement du texte des Évangiles. L’auteur a pris ici et là\, dans saint Mathieu\, saint Marc et saint Jean\, ce qui convenait. Il a seulement ajouté la dernière phrase\, Miserere nobis\, Fili David. L’Église le chante pour évoquer l’événement historique et pour donner à ses membres\, au moment où il revit devant eux\, d’y entrer\, avec les mêmes gestes et les mêmes sentiments que ceux qui en furent les acteurs. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle est un récitatif orné; mais\, à l’encontre du Répons Collegerunt\, l’auteur ne l’a pas dramatisé. Il n’y a rien qui caractérise nettement ni le récitant ni le Christ. Seul le rôle de la foule est vraiment écrit comme une acclamation; l’Hosanna de la fin en particulier est splendide de grandeur et d’enthousiasme vibrant. \n\n\n\nCe qui est le plus curieux\, ce sont les brusques changements de teneur; la mélodie passe du grave à l’aigu sans transition. Quant elle le fait au changement d’interlocuteur\, c’est d’un très heureux effet; comme entre opus Domino\, dernier mot de Notre Seigneur\, et opus Dominoet solventes\, reprise du récit. Ailleurs\, on est un peu surpris\, encore que\, musicalement parlant\, ce soit très beau. \n\n\n\nIV. L’ARRÊT À LA PORTE DE L’ÉGLISE\n\n\n\nCette cérémonie symbolise l’entrée du Christ et des élus dans la Jérusalem céleste. Le péché en avait fermé les portes. La mission du Christ est de les ouvrir à nouveau. C’est lui qui\, en la personne du Pontife\, se tient à la porte. À l’intérieur\, les Anges le saluent d’un hymne de gloire. À l’extérieur\, les élus qu’Il amène avec lui répondent. À la fin\, son heure étant venu\, il ouvre la porte avec sa Croix et\, accompagné des élus\, passe dans la gloire.Ainsi la cérémonie des Rameaux\, s’élargissant à l’infini\, s’achève\, par-delà la Passion et la Résurrection du Christ\, dans la résurrection de tous ses membres\, uns avec lui\, dans la gloire\, a jamais. \n\n\n\n Gloria laus\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nGloire\, louange et honneur soient à toi\, Roi\, Christ\, Rédempteur; à qui la fleur de l’enfance chante l’Hosanna pieux.D’Israël tu es Roi\, de David noble rejeton\, Toi qui vient\, Roi béni au nom du Seigneur !Toute l’armée angélique te loue dans les hauteurs\, et l’homme mortel\, et toutes les créatures ensembles.Le peuple hébreu au devant de toi avec des palmes vient. Avec notre prière\, notre souhait\, nos hymnes\, nous voici\, nous aussi\, devant toi.À toi qui allait souffrir\, ils offraient le tribut de leurs louanges. Nous\, c’est à toi qui règne maintenant\, que nous adressons ces chant.Ils te plurent. Que te plaise aussi notre dévotion\, Roi bon\, Roi clément\, à qui tout ce qui est bon plaît. \n\n\n\nAinsi\, comme on le voit\, sans que l’auteur l’ait voulu\, ce chant se trouve parfaitement adapté à ce dialogue de louanges entre la terre et le ciel qui glorifie le Christ triomphant. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle est un chef-d’oeuvre\, tout le monde en convient. Le premier verset Gloria laus n’a peut-être pas l’élan qu’on souhaiterait pour l’entrée du Christ et des élus dans les splendeurs de la gloire; aussi bien n’a-t-il pas été fait pour une si grandiose acclamation. Il reste qu’il a quelque chose de fort qui convient bien à un conquérant. Les autres versets sont débordants de fraîcheur et de joie aimante. Une seule phrase\, répétée deux fois; c’est tout simple mais\, incontestablement\, le souffle de l’inspiration y passe. \n\n\n\nV. L’ENTRÉE DANS L’ÉGLISE\n\n\n\nRépons Ingrediente\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nÀ l’entrée du Seigneur dans la cité sainte\, les enfants des Hébreux\, annonçant la résurrection de la vie\,  \n\n\n\n * avec des branches de palmiers en main\, Hosanna\, criait-il\, au plus haut des cieux !Versets. Comme il avait appris\, le peuple que Jésus venait à Jérusalem\, il alla au devant de lui.* avec des branches de palmiers… \n\n\n\nCes paroles sont\, comme les autres\, inspirées de L’Évangile. L’auteur a seulement dégagé\, des rameaux printaniers\, le symbolisme de la vie revenue et de la Résurrection du Christ et de ses membres\, qui est le sens de cette dernière cérémonie. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle n’a pas l’éclat qu’on attend d’une antienne qui chante l’entrée triomphale d’un héros et la victoire de la vie sur la mort. Elle a quelque chose de réservé\, de retenu. Avec de beaux élans toutefois; tels Hebraeorum et Hosanna clamabunt où passe facilement\, si on veut l’y faire passer\, le souffle de l’enthousiasme.Elle a du moins le mérite\, si c’en est un\, de faire la transition entre les hosannas éclatants de la procession et les chants douloureux de la messe qui va commencer. \n\n\n\nLA MESSE\n\n\n\nAprès l’entrée triomphale à Jérusalem\, la PassionToute la messe y est consacrée : l’épître rappelle l’abaissement du Christ\, jusqu’à la mort de la Croix; l’évangile en fait le récit; les chants\, eux\, expriment quelque chose du drame intérieur\, quelque chose des états d’âme par lesquels Notre Seigneur passa au cours de ces heures de souffrance.Encore que l’événement historique occupe toute la scène\, il ne faut pas perdre de vue qu’il revit devant nous sous les rites liturgiques et que les mystères du Christ\, en agonie jusqu’à la fin du monde dans ses membres\, est une réalité. Le sens liturgique devient ainsi très actuel et le drame à toute son étendue et toute sa portée. \n\n\n\nINTROÏT\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nSeigneur\, n’éloigne pas ton secours de moi. À ma défense\, veille. Délivre-moi de la gueule du lion et (garde) des cornes des licornes\, ma faiblesse.  \n\n\n\nPs. – Dieu\, mon Dieu\, regarde moi : pourquoi m’as tu abandonné? Elles me mettent loin de mon salut\, les voies de mes péchés. Ps. XXI\, 20\, 22\, 1. \n\n\n\nLe Psaume XXI est messianique au sens le plus strict\, c’est donc du Christ que David écrivait ces paroles\, encore qu’elles puissent s’appliquer à maintes circonstances de sa propre vie.Le Christ\, en face de la souffrance et de la mort qui sont devant lui et qu’il ne peut éviter\, a peur. Il sent\, dans sa nature humaine\, l’horreur de ce châtiment du péché qui va détruire dans son corps l’oeuvre magnifique de Dieu\, la vie; et il appelle au secours le Père pour qu’il le délivre. Prière de son agonie; prière de ses derniers instants sur la Croix; prière de son éternité\, non pas pour lui qui a fini de souffrir\, mais pour ses membres\, pour son humanité collective qui prolonge sa Passion sur la Terre; enfin\, prière toujours actuelle de cette humanité qui trouve\, dans les mots mêmes dont son Chef s’est servi\, la parfaite expression de ce qu’elle souffre\, quand vient sur elle l’épreuve de la croix. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nLa première phrase est d’une admirable sérénité. Quelques notes dans le grave\, revenant à la tonique en des cadences larges et pleines. Un accent de ferveur sur tuum et une insistance bien marquée sur a me donne à la prière un caractère très personnel\, on dirait bien familial : ton secours à toi\, Père\, pour moi\, ton Fils.Toutefois on pourrait y déceler déjà les premières nuances de l’angoisse qui vient.Celles-ci montent peu à peu sur ad defensionem meam et\, après avoir jailli sur aspice en un cri d’ardente supplications\, passent à la phrase suivante où elles mettent sur libera me une insistance\, répétée jusqu’à être émouvante.Après quoi\, comme si le Christ était épuisé par cet appel de détresse\, sa prière se fait plus paisible. Par deux fois – sur ore et sur a cornibus – le motif de ad me\, dans la première phrase\, revient avec son caractère d’intimité; mais\, à l’évocation des bêtes féroces\, symbolisant toutes les tortures physiques et morales qui viennent sur lui\, il se sent à nouveau envahi d’horreur et de répulsion\, et c’est le même appel ardent et chargé d’angoisse qu’il lance au Père sur humilitatem\, le mot même par lequel il dit sa faiblesse et son impuissance. \n\n\n\nL’idée est la même dans le Psaume. Il faut lui donner le même caractère.Que la première phrase soit très calme; chantée à mi-voix. On donnera un peu de longueur à la première note du podatus de ne; le pressus\, discret.C’est dans l’arsis de defensionem que commencera le crescendo de l’angoisse. Bien accentuer meam\, mais que la tristropha soit délicatement posée. Renforcer la voix sur le torculus et la conduire vers le podatus de aspice dont la première note sera allongée. Il y a là un accent de prière émouvant. La double note de la dernière syllabe est une bivirga épisématique\, la faire sonore\, et quelque peu prolongée.Celle de libera me est aussi une bivirga\, épisématique : lui donner du poids\, avec une délicate répercussion; la prière ici\, toujours ardente\, insiste.Bien appuyer la bivirga\, les épisèmes horizontaux et la distropha. Et revenir peu à peu au calme. Renouveler l’insistance sur humilitatem; la note double pourra être répercutée et celles qui précèdent le quilisma\, allongées. \n\n\n\nGRADUEL\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nTu as tenu ma main droite\, dans ta volonté tu m’a conduit\, et dans ta gloire tu m’a pris.Verset.  – Qu’Il est bon\, le Dieu d’Israël ! Ils ont été presque défaillants\, mes pieds\, ils ont été presque chancelants\, mes pas\, parce que je me suis troublé à cause des pécheurs\, en voyant la paix des pécheurs. Ps. LXXII\, 24\, 1-3. \n\n\n\nLe Psaume LXXII est le chant de reconnaissance d’une âme qui se trouve hors de l’épreuve après avoir presque douté de la sagesse de Dieu\, et qui loue le Seigneur de l’avoir gardée dans sa volonté. L’Église applique ces trois versets au Christ souffrant\, ou mieux au Christ consolé. C’est lui qui déchante ici\, à la fois comme une paraphrase de l’épître et comme un émouvant prélude au récit de la Passion qui va suivre. \n\n\n\nSaint Paul vient de nous dire quelle gloire lui a valu l’abaissement de sa Passion. Cette glorification ne se réalisa extérieurement qu’après Pâques\, et ce n’est qu’à la fin des temps qu’elle aura sa plénitude; mais\, parce qu’il jouissait à tout instant de la vision de la béatification\, son abaissement n’a jamais été tel qu’il ait perdu un seul instant la paix et la joie que\, même aux heures les plus terribles de son épreuve\, elle mettait dans les profondeurs de son âme. S’il a permis\, à certains moments\, que sa sensibilité en fût privée\, les ténèbres et les angoisses qu’il subissait alors n’étaient que passagères; leur part de passion réalisée\, la lumière et la paix y revenaient. Il devait alors sentir en lui un bonheur profond et une reconnaissance infinie pour le Père sage et bon qui\, dans l’épreuve\, l’avait guidé et soutenu. \n\n\n\nC’est ce qu’il chante dans le Graduel; ce que fut la paix de son âme profonde\, tout au long de sa Passion et ce qu’elle est à jamais maintenant dans la gloire. Et c’est aussi ce que nous chantons avec lui; la paix de notre âme dans notre passion\, de notre âme éclairée de la lumière du Christ\, soutenue de sa force\, enveloppée déjà dans la gloire du Père\, vers qui va toute épreuve. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nOn n’y trouve pas de tristesse\, ni d’angoisse\, ni le moindre signe de souffrances ou de lourdeurs d’âme\, mais un mélange de complète satisfaction\, de tendresse et de paix. \n\n\n\nDans la première partie\, le Christ s’adresse au Père. Il ne chante que pour lui. Après l’intonation\, si expressive de bonheur et de tendresse dans son élan discret et la plénitude de ses intervalles\, la mélodie ne se meut que sur quelques notes autour du fa. Elle s’élève un peu sur les verbes qui précisent l’action divine : deduxisti me\, assumpsisti me et c’est tout. Beaux mouvements d’ailleurs\, s’achevant sur me en des cadences délicatement humbles qui laissent inachevées\, parce qu’indicibles\, la reconnaissance et l’amour. \n\n\n\nLe verset. – Le Christ ici ne s’adresse plus au Père; c’est au monde entier qu’Il proclame la bonté divine\, comme s’il ne pouvait contenir sa reconnaissance dans les limites de l’intime contemplation. Le ton est donc tout autre. \n\n\n\nLa première phrase est une exclamation de pure louange. Le Christ laisse sa voix s’élever sur Quam bonus en un élan d’admiration joyeuse et de gratitude; puis\, il enveloppe Deus et rectis corde de longs neumes qu’il étend\, retarde\, multiplie comme s’il les trouvait impuissants par eux-mêmes à exprimer tout ce qu’il a à dire. \n\n\n\nLa seconde commence par les derniers neumes du motif de deduxisti me. Il lui donne tout de suite quelque chose de plus réservé. Aussi bien ce n’est plus de la louange pure : le Christ confie ses épreuves. Toutefois\, même au milieu des souvenirs de ces heures sombres\, il ne peut se départir de la joie que le Seigneur\, en dépit de tout\, lui a gardée. Cette joie réapparaît vite et enveloppe moti sont pedes de la même formule que rectis corde et de la même atmosphère de paix heureuse. \n\n\n\nDans la troisième\, la réserve est plus marquée et elle demeure. La mélodie descend dans le grave tout de suite et ne remonte que sur le motif de dedixisti me et de mei autem\, ramené sur gressus mei.  \n\n\n\nCette gravité désormais ne la quittera plus. Ce n’est pas que la joie ait disparu; elle est partout sous-jacente\, mais l’enthousiasme du début n’est plus. \n\n\n\nLe Graduel finissant sur cet humble aveu\, il semble que l’idée ne soit pas conduite à son terme; on aimerait que la louange vînt à nouveau chanter la reconnaissance. Primitivement\, il en était ainsi. Il y avait au cours du verset une reprise en refrain\, à tour de rôle\, de chacune des phrases de la première partie. Tenuisti après rectis corde; in voluntate après gressus mei \, et cum gloria après peccatorum videns. Ce mélange de contemplation et de louange extérieure donnait au Graduel une merveilleuse unité et un parfait achèvement. \n\n\n\nOFFERTOIRE\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nL’insulte\, il l’attendait\, mon coeur\, et la misère. Et j’ai attendu quelqu’un qui avec moi sympathisât\, et il n’y a eu personne; quelqu’un qui me consolât j’ai cherché\, et je n’ai pas trouvé; et ils m’ont donné pour nourriture\, du fiel; et ma soif\, ils l’ont étanchée avec du vinaigre. Ps. LXVIII\, 21-22. \n\n\n\nLe  Psaume LXVIII est messianique au sens le plus strict. C’est deux versets ont donc en eux-mêmes leur sens liturgique ; il nous livre la plainte qui était au coeur du Christ dans les derniers instants de sa vie. Elle nous arrive ainsi par-delà les âges dans toute sa douloureuse réalité\, mais elle continue d’être la plainte du Christ glorifié; non pas qu’il souffre désormais\, mais il a souffert dans sa Passion de tout ce qui l’atteint aujourd’hui. Il suffit de lire les révélations qu’il a faites à Sainte Marguerite-Marie et à tant d’autres pour s’en rendre compte. Les mots du Psaume qui furent l’expression intérieure de sa souffrance au Calvaire servent encore sa pensée aujourd’hui\, hélas ! \n\n\n\nIl est impossible d’entrer totalement dans cette souffrance des abandons et des mépris; elle fut infinie. Il le faut cependant pour autant qu’on le peut. L’Évangile nous y prépare et la mélodie nous y aide grandement. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle n’est qu’une plainte\, du commencement à la fin. Lourde et comme accablée sur improperium\, elle s’élève peu à peu\, s’intensifie\, s’étale insistante sur cor meum\, puis devient plus puissante et plus aiguë sur miseriam. C’est la plainte des opprobres\, des insultes\, de tout ce qui monte vers lui de la colline autour de la croix\, et des siècles autour de la colline; de tout ce qui le couvre de honte et le submerge comme une eau fétide dont il ne peut sortir. Il n’attend plus rien. Il n’a plus d’espoir. Il n’aura\, jusqu’à la fin\, que la solitude. \n\n\n\nIl a cherché. Et sustinui… et voilà que le souvenir de tout ce qu’il a fait et la vision de tout ce qu’il fera pour avoir ses amis avec lui\, lui revient\, avec la douleur des refus qu’ils lui opposent. La mélodie\, toute entière construite sur des cadences en demi-ton\, devient extrêmement douloureuse. Une insistance très prononcée sur non fuit par un salicus\, un épisème horizontale sur la première note du porrectus\, une répercussion sur le pressus de la cadence\, met en plein relief cette douleur des abandons. \n\n\n\nL’expression est la même dans la phrase suivante sur consolantem me\, mais beaucoup plus forte\, beaucoup plus violente. Sur et non inveni c’est un véritable cri. Il s’achève en une déception découragée tout le long de la descente sur fa. \n\n\n\nCe n’est pas tout. Il y a la contrepartie. Ceux qu’il a cherchés sont devenus ses ennemis et ses bourreaux : et dederunt... la plainte se ranime\, elle insiste – notez la tenue et la répercussion – tant est inconcevable une telle ingratitude; mais elle n’est pas violente cette fois\, seul le dernier mot\, fel –  le mot de l’amertume – a une nuance aiguë nettement marquée. \n\n\n\nC’est l’opposition de la méchanceté des hommes au désir ardent qu’il a eu de les aimer\, qui\, sous l’image du vinaigre offert à sa soif\, provoque l’expression la plus forte\, sur et in siti mea; un cri déchirant\, prolongé sur l’épisème horizontale et qui s’achève sur mea en une descente brusque cette fois mais marquée\, par le pressus\, de tout le poids de la souffrance qui dure. Il ne se renouvelle pas; c’est le dernier. La mélodie aussitôt devient calme. Elle est toujours douloureuse\, mais ne fait que se tenir sur quelques notes autour de la dominante. Aceto n’a pas d’expression forte; ce n’est pas de l’aigreur du vinaigre que le Christ se plaint mais de ce que sa soif n’est ni comprise ni apaisée. \n\n\n\nCOMMUNION\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nPère\, s’il ne peut\, ce calice\, passer sans que je le boive\, que soit faite ta volonté. Matth. XXVI\, 42. \n\n\n\nC’est le mot de l’acceptation soumise qui clôt la scène douloureuse de l’agonie; le mot par lequel le Christ s’offre à l’immolation. \n\n\n\nChanté au moment où les fidèles reçoivent le sacrement qui les transforme dans le Christ immolé\, il garde pour eux le même sens précis. Il est le mot par lequel ils acceptent l’immolation qui vient. Ils se sont offert depuis l’Offertoire\, Dieu les a acceptés; il leur reste à se laisser immoler tout au long des heures et des jours\, par les souffrances\, les épreuves\, les difficultés\, portées comme la Croix du Christ\, dans l’esprit de la Rédemption. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nL’intonation est empreinte d’une grande souffrance. Le Christ est à peine sorti de l’agonie où il a été terrassé par la vision de ce qui l’attend. La vision demeure et le fait trembler encore. Toutefois\, dans cet appel qu’il lance vers le Père\, il n’y a rien de violent. C’est une douleur d’accablement déjà toute pacifiée. Cette impression de paix se développe d’ailleurs tout de suite et prend même\, sur la demi-cadence en sol de hic calix\, une touche de joie intime et profonde. Il y a sur nisi bibam illum\, notamment sur la cadence en si\, un retour de douleur assez marqué\, mais fiat voluntas tua\, qui est le mot de l’acceptation proprement dite\, est d’une admirable sérénité. La mélodie se pose sur la tonique en une cadence ferme et douce à la fois\, et d’une telle plénitude\, que ce n’est plus seulement la soumission qu’elle chante mais c’est la joie profonde du sacrifice. \n\n\n\n\nTrait du dimanche des Rameaux en faux-bourdon\n\n\n\nVoir également les partitions pour le temps de la Passion\n\n\n\nL’hymne Vexilla Regis\n\n\n\n\n\nEcoutes de pièces:\n\nMembra Jesu nostri de Buxtehude\n\n\n\n\n\nCantiques: Jésus Christ monte au calvaire \n\nO Croix dressée sur le monde  \n\n\n\nVive Jésus\, vive sa croix\n\n\n\n\n\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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DESCRIPTION:Le livre latin français\, La Semaine Sainte est le guide parfait pour suivre les cérémonies de la Semaine Sainte. \nCommentaires des pièces des offices de ce jour par Dom Baron.\nLes offices du Jeudi Saint commémorent les événements qui vont de la Cène à la Passion. L’agonie\, les complots\, la trahison sont l’objet des Ténèbres du mercredi soir. La messe du Jeudi matin\, elle\, est consacrée exclusivement à la Cène\, ou\, plus exactement\, à l’Institution de l’Eucharistie et du Sacerdoce. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nPour nous\, notre gloire doit être cherchée dans La croix de Notre Seigneur Jésus-Christ\, En qui est notre salut\, notre vie et notre résurrection. Par qui nous avont été sauvés et libérés. \nPs. — Que Dieu ait pitié de nous et qu’il nous bénisse. Qu’il fasse briller son visage sur nous Et qu’il ait pitié de nous. \nC’est une composition libre inspirée de Saint Paul (Gal. VI\, 14). Au début de cette messe qui commémore la première messe\, l’Église se recueille. Elle contemple le mystère et\, fixant ses pensées sur les conséquences qu’il doit avoir jusque dans les sources de notre activité vitale\, elle se dit à elle-même : pour nous\, c’est dans la croix de Notre Seigneur Jésus Christ\, c’est-à-dire dans son sacrifice\, que nous devons mettre notre souci de gloire. Et cela\, non seulement en le regardant et en le vénérant dans la foi comme l’acte qui nous a sauvés\, mais en y entrant\, en nous offrant\, au cours du sacrifice\, à la vertu transformante du sacrement qui nous fait de plus en plus participer à la nature\, et donc à la gloire du Christ ressuscité\, en qui est notre salut\, notre vie et notre résurrection. Le Psaume s’élève alors comme une prière pour que Dieu fasse le sacrement produire en nous le fruit que nous désirons. \nLA MÉLODIE\nElle a bien dans la première incise ce caractère de profonde réflexion ; elle n’a pas grand mouvement mais insiste sur tous les mots\, notamment sur gloriari oportet dont elle fait une affirmation résolue et solennelle ; notez le salicus\, la clivis épisématique et tout le mouvement de oportet si ferme. Dès que l’idée du sacrifice se présente\, elle se pénètre d’émotion ; une arsis pleine de mesure conduit le mouvement vers le sommet\, où il s’épanouit sur nostri en un accent de ferveur qui se prolonge jusqu’à la fin du nom béni. Il est repris dans la phrase suivante sur les mots qui disent les fruits du sacrifice : salus\, vita\, resurrectio nostra. La dernière phrase est plus intérieure\, si l’on peut dire\, mais la ferveur est toujours là ; elle trouve sur la tristropha de per quem salvati et sur la cadence de liberati sumus une très belle expression de gratitude profonde et aimante. Bien balancer le rythme de gloriari oportet et qu’il soit ferme. Le crescendo de la deuxième incise sera mené délicatement. La double note de nostri est une bivirga épisématique ; elle sera appuyée\, mais il faut veiller à ne pas l’attaquer durement. C’est une ferveur d’amour qu’il faut y mettre. Même recommandation pour celle de vita qui est aussi une bivirga épisématique. Appuyer la première note de per\, afin de la lier à la tristropha. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nLe Christ s’est fait pour nous obéissant jusqu’à la mort\,La mort même de la Croix. \nVerset. — A cause de cela\, Dieu l’a exalté\,Et lui a donné un nom qui est au-dessus de tout nom. Philip. II\, 8-9. \nCes deux phrases évoquent tout le drame de la Rédemption ; l’abaissement du Christ et sa glorification. C’est pourquoi l’Église répète la première partie à la fin de toutes les heures durant les jours saints et y ajoute le verset à la fin des laudes du samedi\, comme la première évocation de la résurrection prochaine. Ici\, après la lecture de l’Epître\, où Saint Paul fait le récit de la Cène\, elle les chante en leur donnant leur sens eucharistique. Elle y voit le Christ prolongeant son abaissement dans le sacrifice de la messe et recevant\, de ce même sacrifice\, la gloire d’être aimé dans l’intime des âmes au point de devenir en elles le principe de toute leur vie. Elle les adresse aussi comme un appel à chacun de ses membres — l’appel de l’exemple — pour qu’ils s’abaissent jusqu’à entrer dans le sacrifice du Christ par le don d’eux-mêmes\, afin de pouvoir un jour entrer dans sa gloire ; le jour où leur sera donnée la manne cachée dont l’Eucharistie est le sacrement\, et le caillou blanc sur lequel sera écrit leur nom nouveau… qui sera au-dessus de tout nom. (Apoc. II\, 17.) \nLA MÉLODIE\nChristus factus est pro nobis obédiens usque ad mortem\, mortem autem crucis. C’est une mélodie type. Nous l’avons trouvée déjà à la fête de Saint Jean l’Evangéliste\, mais ici l’application au texte est si parfaite qu’on pourrait se demander si l’on n’est pas en présence de l’original. La première partie se développe dans une atmosphère de gravité profonde. Il n’y a pas de doute que l’auteur n’ait voulu y symboliser l’abaissement du Christ\, comme il symbolisera dans le Verset son exaltation par des neumes légers\, joyeux\, triomphants\, qui se perdent dans les régions les plus élevées du mode. Toutefois ce n’est là qu’un détail ; ce qui passe à travers cette gravité\, c’est le sentiment de l’Église et de ses membres en face du drame de la Passion et de son prolongement dans le sacrifice eucharistique. L’âme se sent couverte de confusion devant l’abaissement du Christ\, et de contrition aussi\, car elle y est bien pour quelque chose. Elle n’ose élever la voix ; elle chante\, comme repliée sur elle-même\, d’un timbre assombri. Toute la première incise est dans cette atmosphère ; nobis en particulier. Peu à peu la mélodie prend de l’ampleur\, mais c’est la même réserve\, la même retenue\, la même gravité. L’âme est seulement plus émue parce que les détails se précisent : l’obéissance\, la mort\, la mort de la croix\, et elle laisse aller son émotion avec la progression des mots et des images\, de plus en plus atterrée devant cette inconcevable abnégation ; jusqu’à ce que vienne la descente de crucis qui est comme une chute de l’esprit dans le vide\, comme le mot au-delà duquel elle ne trouve plus rien qui puisse dire et l’abaissement du Christ et sa confusion à elle-même. \nLe Verset \n Propter quod et Déus exaltavit illum et dedit illi nomen quod est super omne nomen. \nLa glorification après l’abaissement. La joie\, claire\, exubérante\, triomphale\, pleine d’admiration et d’amour pour le Christ glorifié : pleine de fierté et d’espoir pour nous qui entrerons un jour dans sa gloire. Une intonation pleine de mouvement porte la mélodie sur la tonique où elle se fixe et se développe sur illum et illi en de longs neumes pleins de vie et d’éclat. L’âme y chante à loisir le Christ exalté et sa propre joie à elle-même. Ils s’achèvent sur nomen par le motif de triomphe que nous avons trouvé si souvent au temps de Noël et que nous retrouverons dans quelques jours dans le Graduel de Pâques. Quelques notes de transition amènent la formule finale qui est commune mais qui sert admirablement le mot nomen par l’insistance noble et quelque peu grave qu’elle y met. Le mouvement de la première partie sera assez lent ; disons : grave\, c’est encore le mot. La descente sur nobis sera bien retenue. Un crescendo discret sur obédiens. Bien appuyer la double note du sommet qui est une bivirga. Lier la première note de usque au pressus ; qui sera très expressif ; de même celle de mortem. Donner du poids et un peu de longueur à la double note de autem qui souligne déjà l’abaissement de la Croix. Ne pas faire trop sourde la deuxième note de la clivis de Crucis et lui donner toute sa valeur. Le Verset sera plus dégagé\, vivant et joyeux ; éviter toutefois de forcer le contraste. Bien faire l’accent de exaltavit. La virga qui précède la note la plus élevée de illum sera élargie\, comme tout le mot d’ailleurs. Répercussion légère sur la première note du dernier climacus. \nOFFERTOIRE\nLa droite du Seigneur a fait éclater sa puissance\,La droite du Seigneur m’a exalté. Je ne mourrai pas\, mais je vivrai\,Et je ferai connaître les œuvres du Seigneur. Ps. CXVII\, 16-17. \nC’est le même que celui du IIIe Dimanche après l’Epiphanie. Il n’y a rien à ajouter. Le texte prend seulement\, dans le cadre du Jeudi Saint\, un sens eucharistique. Le Christ y chante sa victoire sur la mort\, son exaltation et sa mission de louange. Mais la merveille que la droite du Seigneur a faite en lui\, ce n’est pas seulement sa Résurrection c’est encore le pouvoir qu’il a de communiquer sa vie. C’est dans cette extension de lui-même par l’Eucharistie\, qui prolonge en quelque sorte son Incarnation\, qu’il est exalté\, qu’il vit encore sur terre et qu’il continue d’y louer Dieu : non moriar sed vivam et narrabo opera Domini. Comme on les entend bien\, ces paroles\, dans l’action de grâces débordante d’enthousiasme qui devait remplir l’âme de Notre Seigneur après la Cène ! Comme elles sont bien à leur place aussi sur les lèvres de l’Église et de chacun de ses membres en pareil jour et à pareil moment ; car\, en vérité\, la droite du Seigneur\, par la vertu transformante de l’Eucharistie\, fait en nous ce qu’elle a fait dans le Christ. Elle nous fait un avec lui ; quelle exaltation ! et nous ne mourrons pas\, mais nous serons avec lui\, vivant à jamais pour l’éternelle louange… »Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang ne mourra pas et je le ressusciterai au dernier jour. » \nCOMMUNION\nLE TEXTE \nLe Seigneur Jésus\, après qu’il eut soupé avec ses disciples\,Lava leurs pieds et leur dit : Savez-vous ce que je bous ai fait à vous\,Moi\, le Seigneur et le Maître ? Un exemple je vous ai donné pour qu’ainsi vous aussi vous fassiez. Jean XIII\, 12-15. \nAu moment de la communion\, dont le fruit sacramentel est l’unité des hommes dans la charité du Christ\, l’Église évoque la scène\, déjà lue à l’Evangile\, où Notre Seigneur s’abaissa jusqu’à être le servant des siens\, et le présente dans cette attitude en exemple à tous ses membres en leur redisant ses paroles mêmes. \n LA MÉLODIE \nLe récitatif est très simple. Après l’intonation pleine de tendre révérence pour le Seigneur\, il s’établit sur un motif de quelques notes trois fois répété\, sur cum discipulis suis\, sur lavit pédes eorum et sur ait illis\, créant autour de cette scène émouvante une atmosphère de mystère empreinte de tristesse déjà. La parole de Notre Seigneur s’élève alors lente\, grave\, toute pénétrée de tendresse\, avec ici et là des accents d’une infinie délicatesse. Notez le pressus de scitis\, la montée de vobis et le motif de l’intonation repris sur Dominus et magister qui\, tout en insistant sur les deux mots\, fait cette fin d’interrogation si simple et si douce. La dernière phrase se déroule dans la même simplicité\, avec le motif du récitatif ramenant une fois de plus\, sur et vos ita\, la tendre sollicitude de Notre Seigneur et Maître. Allonger un peu la première note du climacus de l’intonation et remonter avec grâce sur la double note de Jésu ; c’est une bivirga\, l’appuyer d’un accent de ferveur délicat. Mouvement tranquille tout le long du récitatif. Toute la montée de scitis retenue et enveloppée dans un crescendo très recueilli. La même nuance pour toute la parole de Notre Seigneur. \nPange lingua\nLes grands intervalles montant à la dominante\, les cadences sur sol\, sur ré\, sur mi\, donnent à cette hymne un caractère de grandeur et de noblesse très marqué. Bien veiller à la chanter ici avec une certaine ampleur. Elle doit être un chant de procession\, non pas qu’elle doive en prendre exactement le pas\, mais le mouvement doit être adapté au cortège. \nCantiques eucharistiques \n\nQuelques partitions de cantiques eucharistiques\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Vendredi Saint
DESCRIPTION:Le livre latin français\, La Semaine Sainte est le guide parfait pour suivre les cérémonies de la Semaine Sainte. \nCommentaires des pièces de cette cérémonie par Dom Baron.\nINTROÏT\nL’office comprend quatre cérémonies : les lectures de l’Ancien Testament et de la Passion selon Saint Jean\, les grandes oraisons\, l’adoration de la Croix\, la messe des présanctifiés. \nLes Lectures\nTrait Domine audivi\nHabacuc III\, 2-3. \nC’est un très beau commentaire de la première leçon qui annonce et les miséricordes et le châtiment dont\, au dernier jour\, il frappera le peuple qui refuse de les recevoir. Les formules mélodiques sont celles du IIe mode\, avec quelques particularités amenées par le texte ou le contexte.— Seigneur\, j’ai entendu ta parole et j’ai eu peur. J’ai considéré tes œuvres et j’ai été épouvanté. L’intonation\, qui est celle de tous les traits du IIe mode commençant par Domine (Cendres\, Mercredi Saint)\, est une humble supplication. Notez le mot tuum\, très en relief par la distropha et la tristropha\, et la formule de considéravi ; elle ne se trouve généralement que dans les derniers versets\, mais elle va bien ici avec le sentiment qui pénètre tout le texte.— Au milieu de deux animaux tu te manifesteras\, quand les années seront arrivées ; quand les temps seront accomplis\, tu te montreras de nouveau. Ce verset ne se trouve pas dans la Vulgate\, il est de la traduction des Septante. La tradition a toujours vu dans la première partie une évocation de l’âne et du bœuf de la crèche de Bethléem. L’auteur du Trait le voyait certainement ainsi\, car il a évoqué innotescéris une des formules du Graduel de la Messe de minuit\, celle de Doino\, dans le Verset. Notez à nouveau\, sur tempus\, la grande formule de consideravi\, avec la même expression\, bien à sa place sur lemot qui annonce le jugement dernier. — En cela alors mon âme sera troublée. Dans ta colère\, tu te souviendras de ta miséricorde. — Dieu viendra du Liban\, et le Saint\, de la montagne ombragée et boisée. La grande formule de Déus demeure dans la même expression et aussi la grande formule de monte\, pour la troisième fois entendue. — Elle couvrira d’ombre les cieux\, sa majesté ; et de sa louange\, pleine sera la terre. La première partie de ce verset reproduit exactement le motif de Dies et la vocalise de illuxit nobis et de lux magna du verset de l’Alléluia de la Messe du jour de Noël ? C’est d’autant plus frappant que\, là et ici\, il s’agit des cieux qui s’ouvrent pour l’avènement du Christ : premier et second avènement ! \nTrait Eripe me Domine\nPs. CXXXIX\, 2-10\, 14. \nIl fait suite à la lecture du passage de l’Exode sur l’institution de la Pâque ordonnée par Dieu à Moïse. C’est la figure précédant la réalité dont le récit sera fait à l’Évangile\, mais c’est à la réalité qu’il s’applique\, au Christ souffrant dont il est la prière angoissée. Les formules musicales sont généralement très expressives. — Délivre-moi\, Seigneur\, de l’homme méchant ; de l’homme indigne\, délivre-moi. Belle supplication sur Eripe me ; la même que sur Déus meus\, le Dimanche des Rameaux. — Ils ont médité leur malice dans leur cœur ; tous les jours ils ont comploté leurs attaques. La formule de cogitavérunt rend bien « lactivité incessante de comploteurs\, tout en demeurant pénétrée de souffrance ? Notez l’insistance sur corde. — Ils ont aiguisé leurs langues comme celles des serpents ; le venin de l’aspic est sous leur langue. Acuérunt\, très en relief. — Garde-moi\, Seigneur\, de la main des pécheurs ; et des hommes iniques\, délivre-moi. La mélodie partant du fa donne à la prière quelque chose de vif qui fait un heureux contraste avec la longue plainte qui précède.5. — Ils n’ont pensé qu’à me renverser ;Ils ont caché\, les orgueilleux\, un piège pour moi. — Et des filets\, ils ont tendu devant mes pieds ;près du chemin\, ils ont mis de quoi me faire tomber.7. — J’ai dit au Seigneur ; Tu es mon Dieu\, exauce\, Seigneur\, la voix de ma prière. Bel accent de confiance sur meus es tu.8. — Seigneur\, Seigneur\, qui es la force de mon salut. Couvre ma tête au jour du combat. Même accent de confiance sur meae.9. — Ne me livre pas contre mon désir au pécheur. Ils ont formé des projets contre moi ; ne m’abandonne pas de peur qu’ils ne s’en glorifient. La prière s’intensifie et devient sur ne tradas me une admirable supplication.10. — La tête de ceux qui sont autour de moi\, que le travail de leurs lèvres la couvre (de honte).— Mais les justes loueront ton nom. Ils habiteront\, les justes\, devant ta face. Notez la brillante expression de tuo\, confiante et tendre\, et la grande formule sur recti qui prend\, sur cette vision de béatitude\, une nuance de joie. \nAdoration de la Croix\nEcce lignum\nVoici le bois de la Croix sur lequel le Salut du monde a été suspendu. Venez\, adorons-le. L’Église\, par le prêtre\, présent au monde la Croix rédemptrice en quelques mots très simples\, sur une mélodie grave\, qui se nuance d’humble repentir et de commisération pour les souffrances du Christ. La réponse du peuple est dans la même atmosphère d’humble contrition. Toutefois chacun des mots a son expression propre. Venite est résolu comme le mouvement spontané de l’âme qui répond au geste du prêtre. C’est en même temps une sorte d’invitation. Le départ sera décidé\, vigoureux et tout l’arsis aura une ferveur qui se concentrera sur la note qui précède le quilisma\, laquelle coïncide d’ailleurs avec l’accent tonique. Par contre\, la thésis sera paisible\, élargie. Elle dessine par sa courbe l’attitude du corps qui se prosterne et de l’âme qui s’anéantit devant le Christ en Croix\, confuse\, repentante et soumise\, dans la douleur qui lui cause les souffrances qu’il a endurées et ses propres péchés\, qui les lui ont values. Dans cette attitude d’humble prostration adorémus sera chanté doucement dans un mouvement très souple et très recueilli. \nImpropères\nCe sont les reproches que le Christ adresse au peuple juif. C’est donc lui qui est en scène\, et c’est lui que les chantres\, la schola\, toute l’assemblée représentent\, quand ils chantent tout à tour les versets. Rien de plus légitime ; nous sommes le Christ qui continue et nous avons\, à ce titre\, le droit de parler en son nom aux Juifs. Mais\, en même temps qu’aux Juifs\, le Christ\, à travers nous\, s’adresse à nous. Ce qu’il a fait\, il l’a fait pour nous tout autant que pour le peuple hébreu. De quelle Egypte ne nous a-t-il pas tirées ? De quelle manne ne nous-a-t-il pas nourris ? Vers quelle terre promise ne nous conduit-il pas ? Et ne trouve-t-il pas souvent en nous une ingratitude qui dépasse la leur ? Chacun des trois premiers versets est suivi d’une invocation\, en grec et en latin\, au Dieu Saint\, au Dieu fort\, au Dieu Immortel\, laquelle s’achève par un appel à la miséricorde. Il est assez normal d’y voir le cri des Juifs repentants\, et le nôtre\, et celui de tout le monde chrétien\, répondant aux doux appels du Christ crucifié. Popule meus. — Mon peuple\, que t-ai-je fait ? En quoi t’ai-je contristé ? Réponds-moi. Cette interrogation constitue le prélude et va devenir le refrain de tous les impropères. Le ton n’en est pas un ton de reproche ; le mot est trop fort de beaucoup. La mélodie est grave\, triste\, mais pénétrée d’une telle tendresse ! C’est une question que le Christ\, délicatement\, pose à son peuple\, pour savoir si\, comme inconsciemment — qu’il veuille bien excuser le mot —  il ne l’aurait pas\, en quelque façon\, froissé lui-même. Cette tendresse\, qui est prête à s’accuser\, pour se faire attirante\, est partout dans cette admirable phrase. De la cadence si douce de Popule meus\, elle s’élève lentement sur quid feci tibi et s’épanouit\, sur le pressus et la clivis allongée\, en un accent de délicate insistance. La même question\, ardente cette fois\, monte sur in quo contristavi te\, puis\, tout enveloppée de patiente douceur\, redescend le long de la thésis sur des rythmes clames\, paisibles\, qui glissent\, serrés les uns contre les autres\, sans heurt\, de peur qu’un rien de dur ne vienne compromettre l’œuvre de miséricorde. C’est le Christ doux et humble de cœur qui chante là. La douleur y est aussi\, mais\, baignée dans la tendresse\, elle ne se laisse voir que juste ce qu’il faut pour toucher de compassion le cœur du coupable. Quia eduxi te de terra Aegypti. — Parce que je t’ai tiré d’Egypte\, tu as préparé la Croix à ton Sauveur. Ici\, le reproche est formel\, et d’autant plus\, qu’il se fait à la façon d’une antithèse ; l’ingratitude de la passion et de la croix venant s’opposer au bienfait passé remis en mémoire ; mais la mélodie\, qui est exactement la même\, enveloppe le reproche de la même bonté. Le Christ ne reprend que pour exciter et repentir\, et toujours il le fait avec une extrême délicatesse\, délicatesse de l’amour qui veut la miséricorde plus que le sacrifice. C’est cet amour qui met son accent sur le pressus de eduxi\, sur la cadence de te et\, s’il faut bien coir une nuance de reproche sur la cadence finale de Salvatori tuo\, il faut la voir baignée de douceur\, d’une douceur maternelle. Agios o théos. — Dieu Saint\, Dieu fort\, Dieu immortel\, aie pitié de nous. Le peuple touché de repentir\, crie vers la miséricorde. Supplications ardentes. Mêmes dans les deux premières\, l’ardeur est bien marquée ; notez les deux pressus. Elle prend tout sa puissance d’intercession dans la troisième ; la mélodie\, établie sur la dominante\, emporte la prière en un crescendo ininterrompu jusqu’au sommet de eléison où elle prend\, sur le pressus\, un accent d’intense ferveur ; elle rebondit sur la clivis allongée en descendant et s’achève\, sur la cadence commune\, en une dernière pression. Quia eduxi te per desertum. — Parce que je t’ai conduit à travers le désert quarante ans durant et que je t’ai nourri de la manne et que je t’ai introduit dans une terre excellente ; tu as préparé une Croix à ton Sauveur ! Même mélodie\, même expression. Le développement nécessité par la longueur du texte amène deux incises nouvelles qui s’achèvent en des cadences d’une douceur plaintive\, émouvante\, sur cibavi te et optimam. Quid ultra debui facere tibi et non feci. — Qu’est-ce que j’aurais dû faire pour toi et que je n’ai pas fait ? Moi-même\, je t’ai planté comme ma vigne la plus précieuse\, et tu es devenue pour moi plus qu’amère. C’est avec du vinaigre que tu as apaisé ma soif et d’un coup de lance tu as percé le côté de ton Sauveur. Dans l’ensemble l’expression demeure la même. Il y a peut-être plus de douleur\, un peu partout ; une douleur de déception. Elle est très vive sur vineam speciosissimam et sur et tu facta es mihi nimis amara\, marquée surtout par les rythmes binaires des thésis. Il faut évidemment chanter ces versets lentement ; les accents bien légers avec des crescendo discrets et avec un grand souci d’expression\, sans forcer en rien les nuances. Les formules psalmodiques des versets qui suivent\, beaucoup plus simples\, ne sont pas moins expressives. L’atmosphère de miséricordieuse bonté est d’ailleurs entretenue d’une façon fort heureuse par la répétition de Popule meus après chacune d’elles. Il faut mettre très en relief l’antithèse des ego et des et tu. \nAntienne Crucem tuam\nTa Croix\, nous l’adorons\, Seigneur\,Et ta sainte Résurrection nous louons et glorifions. Voilà en effet qu’à cause du bois de la CroixVient la joie pour le monde entier.Ps.— Que Dieu ait pitié de nous\, et qu’il nous bénisse ;Qu’il fasse briller son visage sur nousEt qu’il ait pitié de nous. Elle est chantée au moment où la Croix\, après avoir été vénérée\, est déposée au milieu de l’autel. C’est l’adoration collective après l’adoration individuelle. L’atmosphère est toute autre la glorification du Christ en Croix commence. La tristesse a disparu. Ce n’est pas encore la joie éclatante ; mais les accents de triomphe se font déjà entendre très nets. La première incise reproduit exactement l’intonation du Te Déum. Le reste est assez commun\, aux antiennes du IVe mode et plutôt contemplatif. Il faut noter toutefois Le beau mouvement qui chante a nuance delà joie sur vénit gaudium. Chanter dans un bon mouvement\, avec un rythme vien marqué\, et ferme sur la cadence finale. \nHymne Pange lingua\nLa première phrase est un chant de triomphe enthousiaste et joyeux. La seconde est plus réservée sans que le caractère triomphal ait disparu. La troisième quia reproduit emprunte au texte vénération et tendresse. \nHymne Vexilla Régis\nChant de triomphe encore ; il est moins éclatant que le précédent\, mais ce serait une erreur que d’en faire un chant de deuil et de mort. Le chanter avec enthousiasme\, dans un rythme très marqué\, et dans une sonorité puissante. Polyphonies \n\nPolyphonies classiques pour la Passion \nCantiques pour la Passion\nChant de la Passion selon saint Jean\n2e répons de la fonction liturgique en polyphonie\n\nEcoutes de pièces  \n\nBUXTEHUDE : Membra Jesu nostri\n\nLe chant de la Passion selon saint Jean Disponible dans le coffret des Matines des Jours saints.
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DESCRIPTION:Le livre latin français\, La Semaine Sainte est le guide parfait pour suivre les cérémonies de la Semaine Sainte. \nCommentaires des pièces de la Vigile pascale par Dom Baron.\nIntroduction\nL’office comprend sept cérémonies différentes : la bénédiction du Feu nouveau\, la bénédiction du Cierge Pascal\, les Prophéties\, la bénédiction des Fonts Baptismaux\, les Litanies\, la Messe\, les Vêpres. Il n’y a de chant collectif que pour les Traits entre les prophéties\, les Litanies\, la Messe et les Vêpres. \nL’Avant-Messe\nCantique Cantemus\n1. — Chantons au Seigneur\, car il a fait éclater sa gloire : Le cheval et le cavalier il a précipités dans la mer.2. — Il est mon Dieu et je l’honorerai\, le Dieu de mon Père et je l’exalterai.3. — C’est le Dieu qui brise les guerres\, Seigneur est le nom qui lui convient. Exode XV\, 1-2.C’est le cantique de Moyse après la traversée de la Mer Rouge. Notre louange reconnaissante rejoint\, à travers les siècles\, celle des Hébreux délivrés et chante le Baptême\, qui était figuré dans le passage à travers les eaux. Pour tous les traits\, les formules musicales du VIIIe mode sont sans aucune expression particulière. \nCantique Vinea facta est\n1. — Une vigne fut faite pour mon bien-aimé sur un lieu élevé et fertile ;2. — et d’une haie\, il l’a entourée\, et il a creusé autour\, et il y a mis du plant de Sorec\, et il a bâti une tour au milieu.3. — Et il a fait un pressoir. Or la vigne du Seigneur des armées\, c’est la maison d’Israël. Isaïe V\, 1-2.Ce cantique d’Isaïe paraphrase la prophétie qui annonce le lieu de fraicheur et de paix qu’est le Ciel et l’Eglise. La vigne aimée est symbole de l’Eglise et de l’Eucharistie qui en est la vie et vers laquelle tendent tous les désirs des catéchumènes. \nCantique Attende caelum\n1. — Ecoute\, Ciel\, et je parlerai ; et que la terre aussi écoute les paroles de ma bouche.2. — Qu’il soit attendu comme la pluie\, mon discours\, et qu’elles descendent comme la rosée\, mes paroles ;3. — Comme l’eau sur le gazon et comme la neige sur l’herbe des champs ;Car le nom du Seigneur je vais célébrer.4. — Rendez hommage à notre Dieu. Dieu\, ses œuvres sont vraies et toutes ses voies justes.5. — Dieu est fidèle\, en lui pont d’iniquité ;Juste et saint est le Seigneur. Deutéronome XXXII\, 1-4.Ce n’est que le prolongement de la prophétie qui vient d’être lue dans laquelle Moyse donne au peuple ses recommandations après qu’il a eu fini d’écrire la loi. \nCantique Sicut servus\nComme le cerf désire les sources d’eau\, Ainsi soupire mon âme après toi. Elle a soif\, mon âme\, du Dieu vivant. Quand viendrai-je et paraitrai-je devant la face de mon Dieu ? Elles ont été pour moi\, mes larmes\, mon pain jour et nuit\, Lorsqu’on me disait à longueur de jour : où est ton Dieu ? Ps. XLI\, 2-4.C’est le chant des catéchumènes exprimant une dernière fois leur ardent désir du Baptême\, qui leur donnera le Christ consolateur de toutes les souffrances. Il est la conclusion de tant de prières\, lues\, dites et chantées depuis que la Septuagésime a ouvert la période de préparation. A celle-ci\, comme à toutes celles qui ont précédé\, nous avons à nous joindre\, afin que la grâce du Baptême se renouvelle abondante en nous. \nLitanies\nC’est le chant le plus simple qui soit. Il a en lui-même son expression de prière. \nLa Messe\nAlleluia\nIl est très discret. Bien qu’il soit le chant depuis longtemps attendu et désiré et qu’il exprime la joie de Pâques qui nous presse\, il faut lui garder sa discrétion. Tout au plus un crescendo à chaque élévation de la voix. \nConfitemini\nLE TEXTECélébrez le Seigneur parce qu’il est bon\, Parce que éternelle est sa miséricorde. Ps. CXVII\, 1. C’est une invitation que l’Eglise adresse aux nouveaux baptisés et à nous qui avons renouvelé la grâce de notre baptême. Elle n’a pas besoin d’être commentée. L’Epître\, en un mot\, lui donne sa raison d’être et son sens : « vous êtes morts et votre vie est cachée en Dieu et lorsque le Christ\, votre vie\, apparaîtra\, vous apparaîtrez\, vous aussi\, dans la gloire… » C’est assez de notre résurrection\, dans le Christ ressuscité\, pour faire éclater notre reconnaissance joyeuse et inviter tout le monde à louer avec nous la miséricorde éternelle de notre Dieu. LA MÉLODIEElle a bien le caractère d’une invitation. On le sent dès le premier mot qui est tout en élan et qui a\, sur la distropha et la virga répercutée\, quelque chose de pressant. La joie n’est pas encore éclatante mais elle est là\, ardente\, partout\, baignée de tendresse sur Domino\, sur quoniam bonus et sur éjus\, dans le rythme souple et gracieux des distrophas et des clivis répercutées. \nTRAIT\nLE TEXTE 1. — Louez le Seigneur\, toutes les nations\, et louez-le ensemble\, tous les peuples.2. — Parce que est confirmée sur nous sa miséricordeet que la vérité du Seigneur demeure éternellement. Ps. CXVI\, 1-2.Invitation à la terre entière cette fois. C’est l’Eglise\, c’est nous qui invitons\, sachant ce que nous savons de la miséricorde qui est venue sur nous par la grâce de notre Baptême. LA MÉLODIECe sont les formules toutes simples du VIIIe mode\, mais il va de soi qu’il y passera\, sans qu’on ait besoin de rien faire\, toute la joie du Baptême\, et de l’Eucharistie qui vient. \nLes laudes\nAntienne Alleluia\nUn seul mot dit tout : joie. Joie pleine plutôt qu’exubérante. Joie de l’Eucharistie ; joie de la première Communion des catéchumènes\, et de la nôtre aussi\, renouvelée. La chanter dans un mouvement assez large mais très joyeux. \nAntienne Vespere autem Sabbati\nLa nuit du Sabbat\,Quand commence à s’éclairer le premier jour après le Sabbat\, Vinrent Marie-Madeleine et l’autre Marie pour voir le Sépulcre. Alleluia. Simple récit qui nous place dans le mystère de la Résurrection à l’heure même où il va se réaliser. L’intonation est commune au VIIIe mode mais\, sitôt qu’elle est lancée\, une joie légère et fraîche enveloppe les mots\, en se balançant sur les podatus allongés de lucéscit et de in prima. On la retrouve sur vidére\, qui est le mot important\, encore qu’elle n’ait à aucun instant quitté la mélodie. Ite missa estAlleluia. Alleluia. Ici\, la joie éclate\, comme la conclusion enthousiaste du premier acte du mystère pascal et comme le prélude des autres qui vont se dérouler dans la variété des Alleluia cinquante jours durant. Cantiques pour Pâques \n\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\nPolyphonies pour Pâques\n\nEcoutes de pièces \n\nZelenka : messe de la Résurrection\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Dimanche de Pâques
DESCRIPTION:Le livre latin français\, La Semaine Sainte est le guide parfait pour suivre les cérémonies de la Semaine Sainte. \nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nINTROÏT\nLE TEXTE\nJe suis ressuscité et encore avec toi je suis\, Alleluia. Tu as posé ta main sur moi\, Alleluia. Admirable s’est montrée ta science\, Allelauia\, Alleluia. \nPs. — Seigneur\, tu m’as éprouvé et tu m’as connu\,Tu savais (à l’avance) mon coucher et mon réveil. Ps. CXXXVIII. 18\, 5\, 6\, 1\, 2. \nLes trois versets du Psaume CXXXVIIIe n’ont en eux-mêmes aucune relation\, directe ou indirecte\, à la Résurrection ; le psalmiste chante la science parfaite de Dieu\, sa providence\, son infinie puissance ; c’est tout. Mais l’auteur de l’office\, avec une sagesse profonde et un art admirable\, les a mis sur les lèvres u Christ au moment précis où\, vivant à nouveau\, il se retrouve corps et âme\, en présence de son Père. Il en a fait ainsi une des antiennes pascales les plus émouvantes. Notre Seigneur les avait bien des fois prononcés au cours de sa vie\, et\, avec sa science infinie\, il leur avait sans doute donné ce sens\, que le Saint Esprit inspirerait un jour à celui qui serait chargé de composer le drame liturgique de sa Résurrection. Peut-être furent-ils vraiment ses premiers mots de ressuscité… En tout cas\, ils expriment admirablement ce que dut être son premier hommage d’amour au Père qu’il retrouvait. « Je suis ressuscité… » Le Christ prend conscience de la vie qui pénètre à nouveau son corps\, il retrouve la parole ; son premier mot est celui de tous les miraculés : je suis guéri…je suis ressuscité… Et tout de suite après : « je suis encore avec toi… » le mot chargé de tendresse par lequel l’Humanité Glorieuse du Christ dit au Père sa joie de le retrouver. Pas un instant l’âme de Notre Seigneur n’avait cessé de voir le Père face à face\, mais son corps\, lui\, avait été bien mort\, séparé de son âme trois jours durant ; en en reprenant possession l’âme l’associait à nouveau à sa vision : c’est dans ce sens que vraiment le Christ retrouvait son Père. « Tu as posé ta main sur moi… » La reconnaissance\, après la joie du revoir. Tu as posé ta main sur moi pour me conduire le long des voies que tu savais les meilleures pour la réalisation de l’œuvre que tu m’as confiée\, pour me ramener vers toi\, l’ouvrage fini. Elle fut lourde parfois ta main\, et douloureuse en ces derniers jours : mais de la savoir sur moi\, mettait\, au fond de mon âme\, la paix et la joie. « Admirable s’est montrée ta science… » Si à certaines heures\, pris de peur\, je chancelais sous l’épreuve\, toit tu voyais\, tu savais ce que tu me demandais\, où tu me conduisais\, moi et le évènements et le monde et tous les hommes de tous les temps. Je vois si bien les merveilles de ta sagesse. Je les ai rachetés\, les hommes\, je les ai bien à moi\, je les vois tous dans les siècles passés et dans ceux qui viennent et\, les ayant bien présents à ma pensée\, enveloppés en moi comme mes membres qui vont me prolonger\, me continuer\, me donner toute ma taille dans le monde\, je te les présente et\, à l’avance\, je te dis pour eux le mot qu’ils te diront un jour : Resurréxi ; je suis ressuscité\, Alleluia. Ainsi faut-il comprendre cette parole du Christ au matin de sa Résurrection. Dans le drame liturgique qui renouvelle devant nous le mystère\, elle garde tout son sens. Le Christ\, par la voix de ceux qui chantent\, la redit et chacun\, conscient du renouvellement de vie reçu par le Baptême et l’Eucharistie\, se joint à lui\, disant sa reconnaissance pour la résurrection spirituelle\, une fois de plus réalisée et\, à l’avance\, pour l’autre qui\, en tout semblable à celle du Christ\, nous portera corps et âme au Père pour être avec lui à jamais. Resurréxi et adhuc tecum sum… Alleluia \nLA MÉLODIE\nElle est proprement indéfinissable. Des mots murmurés par le Christ qui s’éveille\, entre les pierres du tombeau\, dans le silence de l’aube. Contemplation de l’âme qui les chante au Père qu’elle rejoint\, elle aussi\, dans l’élan de sa vie renouvelée. Elle n’a pas d’éclat\, très peu de « mouvement ». C’est comme un récitatif orné qui se déroule dans une atmosphère de paix\, d’intimité\, de reconnaissance\, de tendresse\, de joie pleine. Mélodie d’extase\, « l’extase de Dieu en Dieu… l’écho\, traduit en langage créé\, de la “conversation” qui se tient dans la trinité ad intra. Pour la chanter il faut pouvoir en toute vérité : Ego in te Pater\, et tu in me. (Moi en toi\, Père\, et toi en moi). Elle est de quelqu’un qui est du Père et qui se déverse dans le Père ». (Dom J. Galard. Revue Grégorienne 1924. P. 64). Cette paix extatique\, se nuance toutefois avec les mots. L’intonation est développée d’une joie délicate\, simple\, spontanée et d’une sénérité admirable ; joie de réveil\, joie de revoir. Elle s’attarde cette joie en un accent de tendresse sur la tristropha et va doucement en suivant seulement les mots\, vers la fin de l’incise. Elle se complaît un instant sur sum puis se pose\, paisible\, sur l’Alleluia en des rebondissements légers qui l’amènent à la finale. Elle a trouvé là\, dans la délicatesse du demi-ton et dans ce qu’a d’inachevé cette cadence du IVe mode\, ce qu’il lui faut pour s’exprimer… autant qu’elle le peut. Même joie paisible et sereine dans la seconde phrase. Mais\, ici\, la main qui se pose est partout ; ferme et appuyée\, sur la double note de posuisti\, douce sur les tristrophas des autres mots. De ces valeurs longues\, répétées quatre fois sur el fa\, résulte une ligne mélodique\, très évocatrice à la fois de l’autorité du Père et de l’immobile contemplation dans laquelle son Fils l’adore et l’aime. Rien de dur d’ailleurs\, rien qui s’impose ; la main paternelle ne faisait que conduire avec amour\, même lorsqu’elle pesait ; de là cette atmosphère d’affectueuse reconnaissance et de joie profonde dans laquelle le souvenir en est ramené. L’Alleluia qui clôt cette deuxième phrase\, très douce\, très retenu\, et comme prolongé par le pressus et le porrectus\, est tout à fait extatique pour peu qu’on en soutienne la dernière note ;« Après un long silence\, le Seigneur\, comme s’éveillant et reprenant conscience de Lui-même\, murmure dans un mouvement d’admiration et d’amour “Oui ! Vraiment vos œuvres sont admirables”\, mirabilis facta est sciéntia tua\, ». (Dom J. Gajard loc. cit. et Revue Grégorienne. 1946. P.65)Quel splendide mouvement ! Il s’élève sur les intervalles pleins et sonores du VIIIe mode qui prennent dans le grave je ne sais quoi de profond\, comme une plénitude de joie\, s’épanouit un instant sur la tristropha et la cadence de facta est\, puis\, en un bel élan\, met en plein relief sciéntia tua\, le mot de la Sagesse divine. Après quoi\, les trois Alleluia se balancent\, très doux — les manuscrits l’indiquent expressément : leniter\, doucement — et le grand calme de la contemplation divine peu à peu rejoint le silence. Le Psaume\, alors\, monte léger\, baigné de joie\, lui aussi\, mais toujours dans la même atmosphère d’inaltérable paix. Le moindre éclat\, la moindre recherche d’effet enlèverait à cette admirable antienne toute sa valeur. « Chantez cet Introït largement\, sans lourdeur toutefois\, presque à mi-voix\, sans grandes nuances\, dans une tonalité plutôt basse. On voit quel contre-sens ce serait de le chanter à grands cris et de le « monter » beaucoup pour lui donner de l’ »éclat » sous prétexte que c’est Pâques. Chantez-le enfin en ne pensant qu’à Celui qui parle et aux choses qu’il dit\, et vous verrez. » (Dom J. Gajard. Revue Grégorienne. 1946. P.65) Que tout soit très lié\, très fondu et bien vivant. Faites les accents de Resurréxi et de técum bien au lever\, légers et arrondis de façon que la voix retombe doucement sur la syllabe de adhuc. Soulevez la virga de l’Alleluia de la fin de la première phrase afin que la retombée sur la tristropha soit souple. Bien appuyer la bivirga de posuisti\, mais faire douces toutes les tristrophas de la seconde phrase ; retenir le punctum qui précède le pressus du dernier Alleluia\, balancer le dernier neume et prolonger la dernière note. Un bon temps de silence\, très marqué. Reprise a tempo sur mirabilis\, mais sans presser ; bien arrondir le torculus de sciéntia\, retenir tout le neume de la dans l’avant-dernier Alleluia et faire le dernier très souple et bien retenu. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nVoici le jour que le Seigneur a fait. Exultons et réjouissons-nous en lui.Verset. — Louez le Seigneur car il est bon\, car éternelle est sa miséricorde. Ps. CXVII\, 24\, 1. L’Introït a mis devant nous ce qui s’est passé entre le Christ et son Père dans l’intimité du premier revoir\, le Graduel est la réaction du monde devant le miracle et le mystère révélé. La révélation vient d’en être faite à l’Epître « Notre Pâque a été immolée : le Christ. Mangeons-la donc dans la sincérité et la vérité. » Ce n’est pas seulement le fait de la Résurrection que Saint Paul nous présente dans ces quelques mots\, mais le prolongement du mystère dans nos âmes\, par l’Eucharistie qui nous donne de vivre nous-mêmes une vie de ressuscités. La réaction qui s’en suit\, va dépasser\, elle aussi\, le fait du jour; elle va être la joie de voir le Christ triompher de la mort\, certes\, mais aussi la joie de sentir en nous sa vie de ressuscité nous pousser\, à travers notre vie et notre mort\, vers notre propre résurrection. L’auteur de l’office a choisi pour exprimer cette joie deux versets du Psaume CXVII. Ce Psaume\, composé sans doute pour la dédicace du second Temple\, fit ensuite partie du Hallel ; six psaumes qui se chantaient aux grandes fêtes de l’année : Pâque\, la Pentecôte\, la fête des Tabernacles\, et la fête de la Dédicace. Il est fait de refrains chantés par la foule et de solos réservés au Chef de chœur ou à divers personnages. L’Haec Dies est l’un de ses refrains. Le choix qui en a été fait pour Pâques est des plus heureux. Voici les jours que le Seigneur a faits… Le Seigneur a fait tous les jours\, mais il en a fait quelques-uns qui sont comme des centres vers lesquels\, emportés par le temps\, les autres vont. Tels furent le jour de la sortie d’Egypte\, le jour où Dieu se choisit le peuple Juif pour son peuple et lui donna la loi sur le mont Sinaï\, le jour de la dédicace du Temple. Tous ces jours mémorables allaient toutefois vers un jour plus central : le jour où le Christ\, vainqueur de la mort et de Satan\, rétablirait les hommes dans leurs droits à la vie éternelle : Pâques. Jour central entre tous\, Pâques n’est cependant pas le dernier ; lui aussi\, dans la succession des ans va vers le jour après lequel il n’y aura plus d’autre\, le jour qui ne finira pas parce qu’en lui sera réalisée la plénitude des temps\, le jour où le Christ avec tous ses membres\, ressuscités à leur tour\, aura réalisé la gloire que le Père attend de la création. C’est ce jour-là que le Seigneur a fat vraiment car tous les autres ne sont que pour lui. Toutefois\, parce que dans la Résurrection du Christ est le germe de toute résurrection et de toute gloire\, Pâques est\, plus qu’aucun autre d’ici la fin du monde\, le jour que le Seigneur a fait. Le verset Confitémini\, lui\, semble avoir été réservé à un chœur qui\, tout au début du Psaume\, lançait l’invitation à louer la divine miséricorde. Louez le Seigneur car éternelle est sa miséricorde… Eternelle au sens le plus strict du mot. Pas un instant Dieu n’a cessé\, depuis toujours\, de nous avoir dans sa pensée avec le désir de nous faire du bien. Depuis la création sa miséricorde est penchée sur le monde\, poussant les hommes et les peuples au Christ\, les fixant en lui\, les sauvant\, les ressuscitant en lui. Chacun peut dire\, pour autant qu’il le sait\, ce qu’elle a été pour soi\, sans pouvoir dire ce qu’elle sera car cela passe les prévisions et les mots. Nous devrions en être conscients à tout instant. C’est pour que nous le soyons davantage que l’Eglise nous fait dire ce verset si souvent dans l’office\, mais\, après la Passion et dans la lumière de la grâce pascale qui nous illumine\, nous sentons mieux tout ce que nous devons à la Miséricordieuse Bonté de notre Dieu ; et le verset du Psaume est vraiment le cri du coeur qui spontanément monte aux lèvres. Les chanteurs jouent dans un double rôle dans ce Graduel. Ils sont dans l’Haec Dies\, l’Eglise toute entière qui dit sa joie et dans le Confitémini\, les ministres qui invitent le peuple à redire sans cesse sa louange au Seigneur dans les reconnaissance et l’amour. \nLA MÉLODIE\nC’est celle des Graduels types du IIe mode\, mais ici\, comme dans le Graduel de la Messe de minuit\, l’auteur a composé\, pour le début\, un motif original merveilleusement adapté à la joie de Pâques. Ce motif va jusqu’à Dominus\, là\, il se soude comme naturellement à une formule commune au IIe et au Ve mode\, laquelle fait la transition à la mélodie classique. C’est d’abord un mouvement de joie légère qui\, de la clivis initiale où il prend élan\, s’enroule\, plein de souplesse et de vie\, autour du la. Un nouvel appui sur la première note du podatus le lance jusqu’au do et\, tout de suite l’enthousiasme\, qui déjà pénétrait les enroulements des premiers neumes\, devient vibrant. Par la plénitude de l’arsis\, l’articulation de la consonne\, la force de l’accent tonique\, la tristropha\, il enveloppe le mot dies dans un souffle d’exaltation qui ne va plus cesser\, emportant tout\, entrainant tout\, dans un rythme admirable\, net\, scandé\, ardent comme le chant d’une foule en liesse ; notez les deux doubles notes de fecit amenées par les podatus de quam\, les rythmes binaires et la tristropha qui élargissent le mouvement\, enfin cette cadence sur do qui sonne comme un branle de cloches. Ainsi se trouve mise en un splendide relief cette exclamation de joie qui est vraiment le mot du jour. Les deux autres phrases ne sont plus\, à proprement parler\, une exclamation de bonheur mais plutôt une invitation à la joie. La mélodie sert fort bien l’ardeur communicative des mots. L’envolée spontanée\, fraiche de Exsultémus qui se détend en un balancement si gracieux tout au long de la thésis est vraiment une exultation. Et laetémur\, a été revêtu d’un motif original très heureux qui le met en évidence par une délicate nuance de gravité qui prépare l’admirable vocalise de in ea sur laquelle l’âme chante à loisir\, et avec un peu plus d’ampleur vers la fin\, le jour qui se déroule.. ;et celui qui ne finira pas. \nLe Verset. \nIci encore\, toute la première phrase est originale. C’est l’invitation à la joie qui continue\, mais dans une ardeur et un enthousiasme qui ne se rencontrent pas une seule autre fois dans l’année. Et c’est bien ainsi car il n’y a pas non plus un autre jour comme Pâques ; c’est le jour que le Seigneur a fait. Sitôt posée l’intonation — qui est celle des graduels types du IIe mode — l’âme laisse déborder sa reconnaissance sur le nom divin qu’elle vient de rencontrer : Domino. Elle s’y complaît en une vocalise qu’elle retient sur les notes les plus élevées du mode et où l’on perçoit\, déplus en plus marqués\, les accents de tendresse qui évoquent la joie émue du revoir ; notez les notes allongées et les climacus\, très retenus eux aussi\, de la fin. Cette joie attendrie qui continue d’abord sur quoniam\, au début de la phrase suivante prend bientôt l’accent pathétique extraordinaire\, on peut bien dire unique : un mouvement\, montant par degrés conjoints\, retenu\, mesuré\, qui soudain bondit d’une quinte jusqu’au sol aigu\, puis redescend délicatement sur bonus où il s’étend\, s’élargit\, se retient\, s’achève enfin comme à regret dans le calme et la douceur revenus. Sur ces mots\, si riches de sens pour elle\, l’âme a pris conscience de tout ce qu’elle doit à la miséricorde divine et ne pouvant retenir le cri de sa reconnaissance\, elle le lance au monde de toute ses forces puis revient à nouveau se perdre toute émue\, dans la contemplation paisible du Christ infiniment bon. Ivresse de joie\, « ivresse de l’état de grâce ». La mélodie alors se soude aux formules communes qui\, comme dans la première partie\, donnent aux mots une très belle expression de joie exultante — c’est le motif de exsultémus celle-ci peu à peu se fait recueillie et contemplative à mesure que s’évoque à nouveau le mystère de l’Eternelle Miséricorde. « Donnez à tout le début un mouvement général très vif\, alerte\, joyeux — régulier\, bien entendu ! Dans la plupart des chœurs\, cette intonation est toujours trop lente\, trop lourde\, trop pesante. C’est évidemment un contre-sens\, et les c (celeriter) des manuscrits sont éloquents. — et cette allure joyeuse ne doit être interrompue par aucune des tenues qui se rencontrent par exemple sur fecit et Dominus. « Rythmez » bien. Les deux doubles do de fecit ne se ressemblent que matériellement ; rythmiquement\, c’est-à-dire réellement\, ils sont tout différents ; le fécit forme un rythme composé dont l’accent fé est l’arsis\, laquelle se repose sur le double do thétique de cit. Essayez ; vous verrez tout ce que ce simple détail technique donne de vie à ces deux neumes\, si souvent exécutés de façon pesante et morte ! C’est cet élan de fé qui doit informer la vocalise de cit et commander même la reprise arsique ré-mi (dont chaque note doit conserver sa pleine valeur de temps). Quant à Dominus\, il sera chanté évidemment dans un grand\, ample et enthousiaste crescendo\, où doit passer toute l’âme ». (Dom J. Gajard. Revue Grégorienne. 1946. P. 61.)On veillera à ce que le climacus de Haec ait bien sa valeur de trois temps simples. La double note de fé dans fécit est une bivirga allongée\, bien l’appuyer\, tout en lui donnant son caractère arsique. Dans la seconde phrase\, lier\, par dessus le quart de barre\, la première incise de exsultémus à la seconde. La double note qui suit le pressus de mus est une bivirga. Ralentir mus dans laetémur. Que la vocalise de la soit très liée\, très souple\, progressivement retenue ; la cadence finale aura quelque peu d’ampleur. Le verset sera un peu plus rapide\, mais toujours très rythmé. Les climacus de Domino\, très retenus et très expressifs. Le début de quoniam\, paisible. Dans la montée\, un crescendo bien mené ; s’appuyer sur la note pointée pour atteindre sans heurt la double note du sommet\, laquelle sera sonore et ardente\, retenir la descente sur la dernière syllabe. Bonus très élargi et très souple. Quoniam in saéculum sera rapide et joyeux. Dans la dernière formule de la finale\, — qui sera très élargie — bien répercuter le premier do du podatus marqué d’un épisème vertical. \nALLELUIA\nLE TEXTE\nNotre Pâque à nous a été immolée : le Christ. I Corinth. V. 7.C’est le mot central de l’Epître\, mais\, sorti de son contexte\, il n’est ici qu’une exclamation joyeuse que les fidèles\, après avoir chanté la grandeur du jour et l’infinie miséricorde du Seigneur\, se redisent les uns aux autres comme l’expression de leur bonheur profond. \nLA MÉLODIE\nElle est\, comme celle du Graduel\, toute pénétrée de joie\, mais c’est une autre joie. Trois motifs\, exposés une première fois dans l’Alleluia et son jubilus\, repris et développés dans le cours du verset\, ramenés enfin sur le dernier mot\, en constituent la trame. Le premier\, celui de l’Alleluia\, est une sorte d’appel sur les notes fondamentales du mode : sol\, la\, si\, ré : introduction à la joie. Le second\, qui prend la première incise du jubilus\, d’abord broderie légère e prolongée sur ré mi\, descend en rythmes souples et retenus sur la tonique qu’il atteint par un pressus bien posé sur le la : expression d’un bonheur paisible\, recueilli\, profond. Il est repris dans l’incise suivante et développé ; la broderie y est la même mais la descente à la tonique est plus retenue encore\, le mouvement se pose un instant sur le si et brode sur le do avant d’atteindre le la et le sol. Le troisième\, qui forme la dernière incise\, est une retombée gracieuse du ré au fa\, en passant par une double broderie sur le sol\, rebondit sur la cadence classique du VIIIe mode : joie de plénitude : l’âme se délecte dans la possession de son bien. Dans le verset\, Pascha nostrum est un développement de la broderie du deuxième motif qui s’achève en une cadence sur le si après l’avoir marqué déjà de deux touches légères : joie simple\, délicate\, pleine de fraicheur mais qui\, par les notes allongées et plus encore par la cadence en demi-ton enveloppe de tendresse nostrum : notre Agneau Pascal\, celui qui nous a sauvés\, tous et chacun de nous\, et qui demeure nôtre à jamais et à tout instant dans le plus intime de nous-mêmes. Vient alors le mot central : Immolatus. La fin du second motif est reprise à la quarte supérieure\, amplifiée par les deux climacus\, qui en font d’ailleurs le rythme différent\, et rendue plus expressive par la distropha et la cadence sur ré. Cette variation du second motif est allongée d’une sorte de coda qui la relie à la forme originale en une cadence sur sol. Il y a alors comme un rebondissement qui évoque le premier motif\, et le tous s’achève en une longue cadence sur la tonique. De cet assemblage savant\, rien ne paraît\, tout est unifié dans une admirable vocalise qui va\, vient\, monte\, descend\, se repose\, rebondit sans jamais vouloir finir\, semble-t-il… précisément parce qu’elle est l’expression de quelque chose qui n’a pas de limite ; la joie de la contemplation. L’âme prise par le mot\, par l’idée\, par le mystère de cette immolation dont la phase douloureuse est achevée\, voit l’Agneau Immolé dans sa gloire de Ressuscité\, dans l’Eucharistie qui le fait vivre en elle\, et par deà le temps\, dans la liturgie de l’éternité où elle-même\, avec son corps ressuscité\, elle louera un jour à jamais…et elle le chante\, éperdument. A la reprise du chœur\, les trois motifs sont ramenés\, concrétisant sur Christus toutes les nuances de la joie pascale : jubilation\, plénitude\, délectation. « La vocalise de l’Alleluia\, avec son début très appuyé dans les manuscrits et ses grands intervalles\, gagnera plutôt à un tempo assez large\, avec des nuances bien marquées sur la magnifique finale\, donnée dans un grand rallentendo\, accompagné d’une sonorité vocale aussi chaude que possible. » (Dom J. Gajard. Loco cit\, 63) Il faut en effet\, ici comme dans le Graduel\, se défier de l’enthousiasme\, de la sonorité\, de la légèreté aussi : un bon mouvement mais calme\, ordonné : c’est une joie\, à la fois exubérante et profonde\, et la profondeur\, presque partout\, domine. Bien faire l’accent de Pascha soulevé et arrondi. Les épisèmes de nostrum ne sont que des nuances délicates d’expression ; les faire légers et dans le mouvement. Graduer Laforce sur le début de Immolatus en appuyant bien la virga pointée de façon à arrondir le sommet\, les climacus\, très souples\, une répercussion très légère sur la clivis jointe à la distropha. On pourrait élargir un peu le salicus qui précède le quart de barre et prendre là\, mais délicatement\, un peu de souffle\, si c’est nécessaire. Elargir les cinq premières notes de tus et reprendre un peu de mouvement sur les autres\, tout en menant le grand ralenti de fin de phrase. Reprise a tempo sur Christus. Faire très retenue et très chaude la grande retombée du troisième motif et bien balancer la cadence finale. \nSEQUENCE\nLE TEXTE\nA la victime pascale\, que des louangesIls immolent\, les Chrétiens. L’Agneau a racheté les brebis. Le Christ innocent\, au PèreA réconcilié les pécheurs. La vie et la mort en un duelEtrange s’engagèrent. Le Chef de la vie tué\, règne vivant. Dis-nous\, Marie\,Ce que tu as vu sur la route. Le sépulcre du Christ vivantEt la gloire\, j’ai vue\, du Ressuscité\,Les anges témoins\,Le suaire et les vêtements. Il est ressuscité\, le Christ mon espéranceIl précédera es siens en Galilée. Nous savons que le Christ est ressuscitéDes morts\, et vraiment. Toi\, de nous\, Roi vainqueur\, aie pitié. Amen ! Alleluia! Ce poème n’a besoin d’aucun commentaire. On en remarquera seulement le caractère dramatique. Il se compose en fait de trois parties ; un prélude chanté par le chœur\, versets 1\, 2\, 3 ; le dialogue entre les Apôtres et Marie-Madeleine\, versets 4\, 5\, 6\, 7 ; la finale chantée par le chœur. \nLA MÉLODIE\nLa joie qui est partout\, revêt dans le prélude une certaine gravité. Le dialogue par contre est ravissant de simplicité et de fraîcheur. La conclusion est d’abord une envolée pleine d’enthousiasme sur scimus Christum surrexisse : elle devient une affirmation forte\, très appuyée sur a mortuis vere et s’achève par une pièce ardente sur : tu nobis Victor Rex miserére. Il faut chanter dans un bon mouvement et bien rythmer\, avec des accents lancés et légers. Le dernier verset doit être triomphal\, a mortuis vere très retenu et la prière finale bien priante. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nLa terre a tremblé (de peur) et est demeurée tranquille\, lorsqu’il s’est levé pour le jugement\, Dieu. Alleluia. Ps. LXXV\, 9\, 10. Il semble bien que ces deux versets\, dans le Psaume\, ont trait à la destruction des 185 000 hommes de l’armée de Sennacherib par l’Ange du Seigneur. (IV. Reg. XIX\, 35 — Isaïe. XXXVII\, 36.) Ce n’est toutefois qu’une image poétique car il n’y eut pas en cette affaire de tremblement de terre mais quel silence de mort\, ce matin-là\, sur le camp !L’Eglise en fat ici l’application à la Résurrection. Application heureuse. Au moment où le Christ est sorti du tombeau\, la terre a bien tremblé puis est redevenue tranquille sous les gardes renversés ; et\, dans un sens c’est bien pour le jugement que le Fils de Dieu s’est levé\, car ce premier acte de son triomphe l’établit dans son état de juge et porte en soi la condamnation de tous ceux qui ont travaillé et travailleront à détruire son œuvre\, jusqu’au jour de la sentence. Toutefois\, c’est moins comme une évocation du drame historique qu’en une sorte de contemplation que l’église chante cet Offertoire. Elle ramène ses souvenirs\, de la victoire éclatante de l’Ange sur les Assyriens à celle du matin de Pâques où les Anges encore gardent le tombeau vide et les soldats atterrés ; puis\, passant les siècles\, elle voit toutes les interventions divines qui ont prolongé celle-ci et pressent\, dans l’avenir\, celles qui suivront jusqu’à ce que la dernière se fasse\, elle aussi\, dans le fracas des mondes renversés et dans la paix des Cieux Nouveaux et de la Terre Nouvelle : Pâque Eternelle vers laquelle vont toutes les Pâques. \nLA MÉLODIE\nElle ne décrit pas le tremblement de terre : c’est plutôt le calme qui suivit qui pourrait être évoqué dans la longue thésis de Quiévit. C’est une mélodie toute de paix\, intérieure\, contemplative. Elle s’anime un peu dans la deuxième phrase. L’âme trouve une expression à sa joie dans la belle arsis aux rythmes binaires de resurgeret qui conduit le mouvement en une sorte d’apothéose à la tristropha du sommet. Il y a là comme un épanouissement\, puis le mouvmenet rebondit\, solennel et grandiose\, sur in judicio\, et va s’achever sur une cadence aimable et gracieuse du Ier mode\, qui enveloppe Déus de tendresse heureuse. La mélodie redevient alors tout baignée de paix sur l’Alleluia\, se balançant en des rythmes qui se répètent\, harmonieux et douc\, jusqu’à ce qu’elle s’achève comme ç regret\, sur la cadence mystique du IVe mode. « Tout ceci demande un tempo très large\, soulignant bien chacun des détails\, mais aussi une voix vibrante\, toute pleine d’admiration\, de reconnaissance et d’amour. »(Dom Gajard\, loc. cit. p.64)Le crescendo de la première phrase partira de trémuit et sera mené avec discrétion vers la double note de et où il s’épanouira sans heurt. De même\, ceux de la seconde phrase. On appuyera bien la première note des deux premiers podatus de resurgeret et de celui de in ; le punctum de di dans judicio doit être traité comme une virga épisématique\, la voix s’y posera bien de façon à attaquer doucement le pressus. Les rythmes si gracieux de la dernière incise de l’Alleluia\, qui ne font que développer ceux de la fin de la première seront très liés. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nNotre Pâque à nous a été immolée : le Christ\, Alleluia. C’est pourquoi\, mangeons avec les pains azymes de la sincérité et de la vérité. Alleluia\, Alleluia\, Alleluia. I Corinth. V\, 7. C’est encore le mot de Saint Paul dans l’Epître. Il prend seulement quelque chose de plus actuel\, de plus vivant au moment où l’agneau immolé est réellement mangé dans l’Eucharistie. Ce n’est pas en effet comme une recommandation qu’il faut entendre ici ces paroles mais comme une sorte de refrain que les fidèles chantent dans la joie de leur âme unie au Christ en sincérité et vérité. \nLA MÉLODIE\nElle est du commencement à la fin ravissante de joie légère. Quelques nuances de tendresse délicate soulignent nostrum et immolatus est dans la première phrase. Itaque\, est légèrement élargi au début de la seconde pour attirer l’attention sur les conseils qui vont suivre\, mais la joie demeure\, un plus retenue toutefois. On notera les deux porrectus de epalémur qui l’amènent dans le grave\, mais comme ceux de azymis\, ce sont des ondulations à peine marquées\, fluides et gracieuses qui doivent conduire le mouvement vers le premier podatus de veritatis où il s’épanouit. « C’est avec le triple Alleluia final\, splendide de ligne\, avec un développement mélodique et rythmique\, qui doit fondre en un seul tout cette merveilleuse acclamation\, d’un souffle puissant et d’une immense allégresse ». (Dom Gajard : loc. cit. p62)Que le mouvement soit alerte et léger. L’accent tonique de Pascha sera bien soulevé et arrondi. Ralentir légèrement le climacus devant le quilisma de immolatus. Mais ne pas élargir la cadence de cette première phrase. Par contre\, Ita dans Itaque sera retenu et appuyé ; les trois notes sur fa sont trois virgas et les deux premières sont épisématiques. Un crescendo et un accelerando délicats conduiront le mouvement vers ve de veritatis qui sera bien affirmé. Les Alleluia seront pris dans un mouvement plus large ; le premier\, piano\, le second en crescendo\, le troisième\, très fort ; la première note du podatus de le allongée\, le sommet arrondi\, et la cadence très scandée. Cantiques pour Pâques \n\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\nPolyphonies pour Pâques\n\nEcoutes de pièces \n\nZelenka : messe de la Résurrection\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Le Lundi de Pâques
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nINTROÏT\nINTROÏTLE \nTEXTE \nIl vous a introduits\, le Seigneur\,Dans la terre où coulent le lait et le miel\, Alleluia. Que la loi du SeigneurToujours soit dans votre bouche. Alleluia. Alleluia. Ps. – Louez le Seigneur et invoquez son nom\, Annoncez parmi les nations ses œuvres. Ps. CIV\, 1. \nCes paroles ne se trouvent pas textuellement dans l’Ecriture mais elles sont inspirées des versets 5 et 9 du ch. XIII de l’Exode… Moyse là s’adresse au peuple et lui dit : « Lorsque le Seigneur t’aura introduit dans la terre du chananéen… terre où coulent le lait et le miel\, tu célébreras\, ce mois-ci\, ce rite sacré (la Pâque) … et ce sera comme un signe dans ta main et un monument devant tes yeux afin que la loi du Seigneur soit toujours dans ta bouche. »La terre de Chanaan\, si riche qu’elle fût\, n’était que la figure du Royaume de Dieu : l’Eglise et le Ciel\, lieu de la Béatitude. En cette terre spirituelle où coulent les richesses inénarrables de la grâce et de la gloire\, les nouveaux baptisés ont été introduits le Samedi-Saint par le Baptême et l’Eucharistie. C’est d’abord à eux que l’Eglise s’adresse. Notons qu’aux premiers siècles\, et encore à l’époque de Saint Grégoire\, pendant toute la semaine de Pâque\, ils étaient aux premiers rangs de l’assistance vêtus de l’aube blanche de leur Baptême. Elle constate avec eux que le Seigneur a tenu la promesse qui leur fut faite tant de fois au cours du Carême : il les a introduits dans la terre de Bénédictions (Le fluentem lac et mel est une allusion – et elle était alors très claire pour tout le monde – au breuvage de lait et de miel\, qui était donné aux nouveaux baptisés\, aussitôt après leur communion) et elle en tire la conséquence : Que la loi du Seigneur soit désormais toujours sur vos lèvres.Mais en même temps qu’à eux\, l’Eglise s’adresse aussi à nous car\, en participant au mystère pascal\, nous avons été réintroduits dans le Royaume\, et si nous y étions déjà\, nous avons été amenés\, plus avant dans cette terre mystérieuse où il est donné de goûter de plus en plus les ineffables suavités divines. \nLA MÉLODIE \nElle n’est certainement pas une simple constatation faite sur un ton d’indifférence officielle\, mais le sentiment qu’elle exprime ne saurait être absolument précisé. On peut l’entendre sur un ton grave ; l’intonation et le début de la seconde phrase s’y prêteraient assez. Mais il est tout aussi légitime d’y découvrir un accent de douceur aimable et de voir comme un sourire d’accueil\, empreint de paternelle bonté\, sur les lèvres et dans les yeux du Pasteur qui parle. Cette seconde interprétation\, sans s’imposer\, semble plus dans l’atmosphère de la joie pascale et concorde peut-être mieux avec l’ensemble de la mélodie.Cette aimable bienvenue\, répandue sur les neumes\, tous retenus et très liés\, de l’intonation\, prend un peu de chaleur dans la montée de terram fluéntem puis se revêt de douceur délicate sur lac et mel où se trouve évoqué le breuvage symbolique qui accompagna la première réception de l’Eucharistie le samedi précédent\, et toutes les délectations de la grâce et de la gloire qui suivront.La deuxième phrase se trouve bien\, elle aussi\, de cette atmosphère cordiale. La mélodie enveloppe Domini de tendresse\, insiste sur semper et\, après une retombée délicate sur sit\, rebondit sur vestro en un neume plein de grâce\, dans la même nuance de douceur simple et paternelle.Les Alleluia ramènent alors la mélodie à la tonique dans la plénitude de leurs intervalles.Le psaume est une invitation à louer le Seigneur et à proclamer ses œuvres ; la formule du VIIIe mode lui donne quelque chose de vif qui convient bien à l’enthousiasme des jeunes baptisés.Si l’on choisit la seconde interprétation\, il va de soi que la voix ne devra pas être poussée mais avoir une certaine onction.Toute l’intonation sera quelque peu retenue. Le punctum de am dans terram est une virga épisématique dans les manuscrits\, il faut le bien poser\, arrondissez bien le motif de fluéntem ; faites la distropha de mel douce\, la répercussion délicate et la retombée sur le pressus\, fluide\, mais tout cela dans le mouvement.Reprenez a tempo au début de la seconde phrase ; faites l’accent de Domini levé et arrondi et liez ni à semper qui sera retenu légèrement.GRADUELC’est encore l’Haec dies. Le jour est prolongé ; la joie reconnaissante aussi…Le début du verset est différent : Dicat nunc Israël au lieu de Confitémini. Au fond\, l’idée est la même\, et l’expression aussi\, car les deux verbes sont à l’impératif : invitation à louer la miséricorde infinie du Seigneur. Quant à la vocalise si expressive de Domini dans le Confitémini\, elle garde ici tout son sens et toutes ses nuances sur Israël\, le nom du fils chéri\, devenu celui du Peuple Choisi puis celui de l’Eglise. Il est appliqué ici plus particulièrement aux nouveaux baptisés et à ceux qui ont renouvelé la grâce de leur Baptême\, avec toute la tendresse de l’Eglise pour ses nouveau-nés. \nALLELUIA \nLE TEXTE \nL’Ange du Seigneur descendit du Ciel Et s’approchant roula la pierre et s’assit dessus. Math. XXVIII\, 2. \nSimple récit mais qui n’est pas ici une annonce du miracle. L’Eglise se le chante à elle-même et au monde pour en faire l’expression à la fois de sa joie et de sa louange au Christ Ressuscité. \nLA MÉLODIE \nUn beau chant très lié. Il n’exprime pas de sentiment particulier mais une atmosphère de joie très calme. L’auteur semble avoir été plutôt préoccupé de faire une mélodie descriptive ; descendit évoque sans aucun doute le vol descendant de l’Ange. Sans se laisser aller à la fantaisie\, on peut aussi voir\, dans revolvit lapidem\, une sorte d’harmonie imitative de la pierre qui roule. Ce motif étant celui de l’Alleluia et de la reprise du chœur\, toute la pièce en reçoit un caractère très pittoresque.L’Alleluia et son jubilus sont légèrement retenus dans les manuscrits ; de même le climacus de descéndit et dans la second phrase accédens revolvit lapidem qui reproduit l’Alleluia : mais veillez bien\, en les élargissant\, à garder le legato. \nOFFERTOIRE \nLE TEXTE \nL’Ange du Seigneur descendit du Ciel et dit aux femmes :Celui que vous cherchez est ressuscité comme il l’a dit\, Alleluia.C’est une combinaison des versets 2\, 5 et 6 du chapitre XXVIII de Saint Mathieu… Il est à interpréter dans le même sens que l’Alleluia ; comme l’expression de la joie et de la louange de l’Eglise. \nLA MÉLODIE \nCette mélodie se trouve aussi adaptée à l’Offertoire Posuisti de la Messe Laetabitur du Commun d’un martyr non Pontife. Il est impossible de déterminer laquelle des deux est l’originale. Elle a été plus tard adaptée à nouveau à l’Offertoire Assumpta est de l’Assomption.C’est un chant très orné\, dans une atmosphère de joie calme\, paisible\, contemplative qui s’exalte par moment avec les mots\, selon que les images sont plus brillantes ou que le cœur s’échauffe de reconnaissance et d’amour.Angelus Domini développe d’une grâce exquise la vénération de l’Eglise pour e messager du Seigneur. Descéndit\, ici encore\, décrit la descente de l’Ange\, mais cette fois de caelo n’est pas ans le mouvement thétique\, c’est au contraire une splendide arsis sur les notes élevées ; évocation\, sans aucun doute\, des hauteurs célestes. Muliéribus reçoit aussi un revêtement somptueux et qui s’apparente de très près à celui de caelo.Quem quaéritis tranche par son caractère thétique et marque très heureusement l’entrée en action de l’ange. Le mouvement s’anime sur resurréxit et s’éclaire d’une joie délicate\, extrêmement gracieuse qui prend de l’ampleur et je ne sais quoi de grandiose sur sicut dixit. Alleluia.Cette mélodie à la fois légère\, solennelle et brillante demande une grande souplesse de voix et de rythme ; la chanter fort serait la défigurer. Le tempo en sera assez large ; on ne se pressera pas\, mais on sera très vivant. Les crescendo\, pris de loin\, ne seront jamais poussés.On arrondira les sommets de Angelus et de Domini. Descéndit sera chanté sans effort\, glissant comme un vol d’ange ; le do qui précède le quart de barre sera quelque peu allongé ; la remontée\, très came\, de même la descente de caelo. La triple note de dixit est une trivirga dont les deux premières sont allongées\, il faut bien les appuyer ; il y a là une nuance qui remet en relief l’importance du message de l’ange. Posez bien la cadence sur sol de muliéribus.Un bon temps de silence\, puis chantez avec beaucoup de calme la parole de lange\, la première note des climacus bien posée\, faites surréxit très souple\, sans le presser.Le crescendo de sicut dixit se continue dans l’Alleluia presque jusqu’à la fin. C’est sur ce dernier mot que la joie revêt le plus d’éclat\, faites-le enthousiaste et gracieux à la fois. Les deux torculus de la fin seront très élargis et la dernière note prolongée\, après avoir été doucement posée. \nCOMMUNION \nLE TEXTE \nIl est ressuscité\, le Seigneur\,Et il est apparu à Pierre\, Alleluia. Luc XXIV\, 34.Ce verset\, choisi sans doute à cause de la station qui était à Saint-Pierre et de l’Epître qui est le témoignage de l’Apôtre au Christ ressuscité\, n’a aucun rapport avec la communion. Il est seulement\, l’expression de la joie de l’Eglise qui loue le Seigneur des merveilles de sa résurrection. \nLA MÉLODIE \nA part l’intonation et l’Alleluia\, elle est\, à quelques détails près\, la reproduction de la dernière incise de la Communion de la Messe de minuit : ante luciferum génui te. Très belle adaptation d’ailleurs. Une arsis\, marquée d’une joie pleine de fraîcheur\, s’épanouit sur les notes élevées de Dominus avant de descendre en une révérence gracieuse sur la dernière syllabe. Apparuit Petro n’est qu’une cadence enveloppée dans la joie générale ; mais elle a sur la double note de ru quelque chose de ferme qui dit fort bien la certitude de l’affirmation. La joie se prolonge sur les longs neumes de l’Alleluia\, noble\, gracieuse toujours et plus contemplative maintenant qu’elle n’a plus qu’à louer sur le mot qui dit  tout.Il faut lui donner un mouvement allègre et très vivant. Retenez les quatre dernières notes de Dominus\, appuyez fermement\, sans la heurter\, la double note de apparuit qui est une bivirga épisématique. L’Alleluia sera un peu plus retenu et très lié. Balancez avec grâce la dernière incise.  \nCantiques pour Pâques \n\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\nPolyphonies pour Pâques\n\nEcoutes de pièces \n\nZelenka : messe de la Résurrection\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron. \nINTROÏT\nLE TEXTE \nComme des enfants nouveau-nés\, Alleluia Devenus raisonnables (spirituels)Un lait sans mélange désirez Alleluia\, Alleluia\, Alleluia. \nPs. – Acclamez Dieu\, notre secours\, Acclamez le Dieu de Jacob. I Petr. II. 2. – Ps. 80. 2. \nCes paroles de Saint Pierre contiennent sous les dehors d’une aimable comparaison\, toute la doctrine de la Vie Eternelle. Lorsque nous recevons le Baptême\, nous recevons\, par la vertu même du sacrement\, quelque chose de la vigueur surnaturelle qui tenait son intelligence et sa volonté fixées sur le Père et le Saint Esprit dans la contemplation et l’amour. Cette vigueur nous pousse\, nous aussi\, à demeurer avec les divines Personnes et à vivre leur vie qui est de s’aimer : c’est la grâce sanctifiante agissant par la Foi\, l’Espérance et la Charité ; force vitale nouvelle qui s’ajoute à celle que nous avons reçue par nature et qui fait que vraiment\, au sortir du Baptême\, nous sommes « comme des nouveau-nés ». Quasi modo géniti infantes.Cette puissance de vie n’est au débit que très faible. Pour se développer\, elle a besoin d’être nourrie d’une nourriture substantielle et adaptée. Ce lait spirituel\, l’Eglise le présente sous deux formes : la Parole divine et l’Eucharistie. C’est à chacun de le prendre et de l’assimiler. « Etant devenus spirituels\, nés à la vie de l’Esprit du Christ\, désirez la vraie et solide nourriture » : sine dolo lac concupiscite.Il n’y a pas de doute que ce texte ne s’adressât autrefois aux nouveaux baptisés. La veille ils avaient quitté la robe blanche de leur baptême et\, à cette occasion\, il leur avait été lu à l’Epître de la messe. En ce dimanche où\, pour la première fois\, ils prenaient place dans la vie de la communauté chrétienne\, l’Eglise tenait à le répéter comme un conseil maternel à leur adolescence qui commençait.Il  va de soi que ce conseil garde pour nous tout son sens et demeure toujours opportun. Par le renouvellement ou l’augmentation de vie qui nous est donné chaque année à Pâques\, nous sommes\, nous aussi\, d’une certaine façon\, des nouveau-nés\, et\, étant toujours en croissance dans le Christ jusqu’à ce que la mort fixe notre taille\, nous devons avoir de plus en plus vif le désir de la nourriture qui nous fait grandir. \nLA MÉLODIE \nCouvrant juste les mots et les soulignant ici et là de quelques neumes\, elle a l’allure d’un simple récitatif sur quelques notes\, mais tout est disposé de telle sorte\, dans cette extrême simplicité\, que les mots nous viennent enveloppés de bienveillance\, de douceur\, de maternelle et souriante bonté ; le sourire de l’Eglise qui\, dans la joie de sa nouvelle maternité\, dispense\, avec toute sa tendresse\, à ses nouveaux-nés et à ses adolescents\, les avis de sa divine sagesse.Cette joie accueillante\, qui laisse entrevoir ce qu’elle a de profond plutôt qu’elle ne se répand\, est particulièrement marquée ans la première phrase ; surtout si on lui donne le sens d’un vocatif\, ce qui semble la meilleure façon de la traduire ; on trouvera alors dans la cadence de infantes l’accent de tendre fierté qui est celui des mères heureuses.Les Alleluia entrent dans la sobre ordonnance de cette joie discrète comme l’expression du bonheur profond de la mère remontant en louange de reconnaissance vers le Père d’où vient toute génération.Chantez avec douceur\, simplicité\, légèreté dans un bon mouvement\, allant\, plein de vie\, de fraicheur et de jeunesse.Que la première phrase soit dans un seul mouvement géniti bien en relief\, la distropha\, douce ; l’accent de infantes bien soulevé.Dans la deuxième phrase\, mettez en évidence sine dolo\, la clivis de do légèrement élargie.Appuyez bien la double note du premier et du troisième Alleluia ; c’est une bivirga épisématique.Le Psaume\, alerte comme une invitation à la louange les rythmes binaires de l’intonation seront bien balancés. \nALLELUIA I\nLE TEXTE \nLe jour de ma résurrection\, dit le Seigneur\, Je vous précéderai en Galilée. Math. XXVI\, 32.Ces paroles furent dites par Notre Seigneur comme une prophétie\, le soir du Jeudi Saint\, entre le Cénacle et le jardin de l’Agonie.Il est bien évident qu’ici ce n’est pas lui qui parle ; l’atmosphère dans laquelle il prononça ces mots était tout à l’opposé de celle de Pâques. C’est l’Eglise qui se redit à elle-même la prophétie du temps de la Passion. Elle rend ainsi hommage à la puissance prophétique du Christ tout en donnant une expression à sa joie débordante. \nLA MÉLODIE \nAprès l’intonation\, joyeuse et pleine de fraîcheur\, la première phrase se déroule dans un grand calme\, comme une contemplation paisible.Soudain\, au début de la seconde\, le mot de la prophétie est porté à la quinte supérieure en un mouvement hardi qui permet à la joie d’exulter à loisir. Le motif est allègre et léger ; deux fois répété sur les notes les plus élevées du mode\, il s’épanouit sur un pressus qui commande une thésis gracieuse sur le ré ; c’est alors\, à la quinte inférieure\, la reprise de l’Alleluia et le retour à la paisible contemplation.Il faut que tout soit très lié et très gracieux\, surtout les grands intervalles de Alleluia et de in die. Pas de contraste forcé entre les deux phrases : le tempo de proecédam ne doit pas être beaucoup plus rapide : mais le mouvement très calme et très « chanté ». \nALLELUIA II\nLE TEXTE \nAprès huit jours\, les portes étant closes\, Il se tint\, Jésus\, au milieu de ses disciples et dit : Paix à vous. Jean XX\, 26.Simple récit que l’Eglise\, ici encore\, se chant à elle-même dans la joie du mystère pascal\, mais aussi\, cette fois\, comme le prélude de l’incident dramatique dont le récit va être fait à l’Evangile. \nLA MÉLODIE \nElle est comme celle du premier Alleluia très joyeuse\, de la même joie fraîche\, simple sans exaltation\, ni recherche d’effet ; comme un air sortant spontanément de l’âme qui livre son bonheur sans s’en douter. Il n’y a pas de mots particulièrement en relief si ce n’est Pax vobis à la reprise du chœur\, si admirablement rythmé\, par la clivis allongée et le salicus\, en un salut large\, joyeux et doux.On notera la belle composition de l’ensemble ; la première phrase répétée\, la troisième reprenant le thème de l’Alleluia\, lui-même composé d’un motif trois fois redit.Chantez dans un legato absolu.Dans le jubilus de l’Alleluia\, allez vers l’épisème horizontal de la clivis du sommet en un discret crescendo-accelerando et laissez vote voix descendre sans effort la thésis ; le pressus de la fin à peine marqué. \nOFFERTOIRE\nC’est celui du lundi de Pâques\, avec la même interprétation et du texte et de la mélodie. \nCOMMUNION\nLE TEXTE \nMets ta main Et prends connaissance de la place des clous. Et ne sois pas incrédule\, mais fidèle. Alleluia\, Alleluia. Jean XX\, 27.Ce verset de Saint Jean\, n’a aucun rapport direct à la communion. On peut toutefois en faire une application à l’augmentation de foi que produit la grâce du sacrement et il est ainsi pour nous tout autant que pour Saint Thomas. C’est en effet le Christ ressuscité que nous recevons dans l’Eucharistie. En venant en nous\, il nous donne une lumière qui nous fait mieux voir qu’il est bien vivant et qu’il porte pour nous\, à tout instant\, devant le Père\, les plaies glorifiées de sa Passion… Mets ta main\, prends conscience de ce que je suis\, de ce que j’ai fait pour toi\, de ma puissance divine qui te ressuscitera… et sois un homme de foi\, d’espoir et d’amour. \nLA MÉLODIE C’est Notre Seigneur qui parle. Le ton est simple\, sans rien de grave\, sans la moindre nuance de reproche. Tout est enveloppé dans une atmosphère de bonté souriante qui comprend et encourage ; Peut-être verrait-on bien une pointe d’esprit dans la double note de l’intonation et dans le climacus de et…Il y a comme une pression plus marquée dans la deuxième phrase. Le sed fidélis est admirable de miséricordieuse bonté…Il n’y a pas dans les Alleluia la moindre nuance d’exaltation ; c’est la même voix discrète et douce.Ne pas chanter vite : mais dans une grande paix ; les accents bien légers et arrondis. Appuyez légèrement la double note de l’intonation ; la première des deux est une virga épisématique. Tombez avec un peu de poids sur de fidélis. Les deux Alleluia un peu élargis.  \nCantiques pour Pâques \n\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\nPolyphonies pour Pâques\n\nEcoutes de pièces \n\nZelenka : messe de la Résurrection\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Annonciation
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nPourquoi l’ange demande-t-il le consentement de cette jeune fille de quinze ans ? Qu’a-t-elle donc qui lui donne autorité pour représenter les hommes en cette affaire capitale ? Extérieurement\, rien. Intérieurement\, tout. Dieu en effet\, de toute éternité\, l’a prédestinée à être la mère du Christ et\, en lui\, spirituellement\, la mère de tous les hommes. Ainsi\, habilitée par Dieu lui-même\, elle peut à bon droit donner le consentement de tous ses fils. \nINTROÏT Vultum tuum\n« Ton visage ils le chercheront\, tous les puissants du peuple\, on amènera au Roi des vierges après elle. Ses proches te seront présentées dans la joie et l’exultation. Il a chanté\, mon cœur\, un chant merveilleux. Je vais dire moi-même mon œuvre au Roi. » Ps 44\, 13 \nLe psaume 44 est le cantique nuptial du Christ et de l’Eglise. Les versets qui forment ici l’antienne de l’introït sont extraits de la réplique de l’ami de l’Epoux à l’Epouse mais\, dans le cadre liturgique de l’Annonciation\, ils prennent un sens quelque peu différent. Ils sont le compliment de l’Eglise au Christ qui vient d’être conçu ou à sa mère qui vient de le concevoir. A l’un ou à l’autre\, car ils peuvent être interprétés dans les deux sens. \nGRADUEL Diffusa est\n« Elle est répandue\, la grâce\, sur tes lèvres. A cause de cela\, le Seigneur t’a bénie à jamais. A cause de ta fidélité et de ta douceur et de ta sainteté (tu as été choisie). Elle te conduira merveilleusement\, ta main. » Ps 44\, 3 \nIci encore\, on ne saurait préciser à qui ces paroles s’adressent : ou au Christ pour célébrer l’éternelle louange du Père qu’il commence dans le sein de Notre Dame\, sa fidélité\, sa douceur\, sa justice et la merveilleuse destinée où sa droite le conduira ; ou à Notre Dame qui vient de dire les paroles si riches de l’Ecce ancilla Dómini et du fiat\, et qui\, elle aussi\, bénie dans les siècles\, s’en va vers sa destinée triomphale\, fidèle\, douce et sainte. \nALLELUIA Ave Maria gratia plena\nC’est le salut de l’ange. A cette louange divine\, qui dépasse tout\, l’Eglise mêle la sienne et la fait monter vers Notre Dame comme l’hommage le plus parfait à sa sainteté et à sa maternité divine. \nL’original de la mélodie est l’Alleluia Eripe me du IXe dimanche après la Pentecôte. L’adaptation n’en est cependant pas très heureuse. L’Ave Maria est une salutation joyeuse\, et Eripe me la prière d’une âme accablée ; la mélodie\, lourde et plaintive par elle-même\, ne saurait exprimer la joie délicate et profonde du salut angélique. Cet Ave Maria n’est beau que chanté en supplication humble. \nCantiques pour Pâques \n\nCoffret de cantiques\, CD 2\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\n\nEcoutes de pièces  \n\nVecci : motets et messe de la Résurrection\nZelenka : messe de la Résurrection\n\n\n 
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SUMMARY:Deuxième Dimanche après Pâques dit "du Bon Pasteur"
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nINTROÏT\nLE TEXTE\nDe la miséricorde du Seigneur\,Pleine est la terre\, Alleluia.Par la parole de Dieu\,Les cieux ont été faits. Alleluia\, Alleluia\, Alleluia.Ps. – Réjouissez-vous\, justes\, dans le Seigneur.Aux (cœurs) droits convient la louange. Ps. XXXII\, 5\, 6\, 1.Le Psaume XXXII est une louange à la bonté et à la toute puissance que Dieu a exercées dans la création\, dans le gouvernement du monde\, dans les destinées des nations et\, si l’on passe les mots du psalmiste\, dans l’édification de l’Eglise.Les versets 5 et 6 ont été choisis comme texte de l’Introït de ce deuxième Dimanche après Pâques\, non seulement parce qu’ils résument tout le Psaume\, mais parce qu’en eux tient toute l’idée que l’Eglise développe ce jour-là dans sa liturgie.Depuis quinze jours\, elle a contemplé tous les détails de la Résurrection et en a nourri sa joie ; aujourd’hui elle entre plus profondément dans le mystère\, elle va à ce qui en fut la cause et elle trouve la Bonté infinie de Dieu penchée avec amour sur les misères de l’homme. Celle du Père nous prédestinant\, dans le Christ\, à vivre sa propre vie\, à partager sa propre béatitude. Celle du Christ qui nous rachète par sa Passion\, sa Mort\, sa Résurrection\, qui nous prend en lui au Baptême\, qui nous garde dans sa pensée comme l’ami dans la pensée de l’ami\, qui se fixe en nous à demeure\, nourrissant notre amour\, de sa parole\, de sa présence corporelle\, nous conseillant\, nous guidant\, nous pardonnant\, nous relevant et nous serrant de plus près\, semble-t-il\, chaque fois que nous revenons à lui…\, nous menant ainsi\, par sa toute puissante influence librement acceptée\, à sa béatitude de ressuscité.C’est cette Miséricordieuse Bonté\, qui a fait la Résurrection du Christ pour notre propre résurrection\, que l’Eglise célèbre aujourd’hui dans la lumineuse clarté dont le mystère de Pâques enveloppe tous les actes de Dieu et de son Fils. Elle la concrétise à l’Epître et à l’Evangile dans l’allégorie du Bon Pasteur\, mais c’est déjà le divin Berger qui partout sur la terre nourrit ses brebis\, les défend\, les cherche\, les ramène\, les garde dans le chaud bercail\, qu’elle chante en une sorte de prélude dans le misericordia Domini plena est terra de l’Introït… \nLA MÉLODIE\nElle ne saurait être plus réduite\, dans ses éléments matériels : l’étendue d’une tierce dans la première phrase\, d’une quarte dans la seconde. Manifestement ce n’est pas une exaltation de la miséricorde comme dans le verset Confitémini de l’Haec dies. Ce que l’auteur nous livre ici\, c’est sa contemplation ou\, plus précisément\, ce que la contemplation de la miséricorde divine\, réalisée dans la radieuse allégresse du temps de Pâques\, a fait naître dans son âme : la joie d’être aimé de l’infiniment aimable et de pouvoir l’aimer\, sa tendresse pour lui\, sa révérence\, son admiration\, sa confiance… et la paix dont il est tout pénétré. Mais ce sont là choses qui ne se détaillent pas. L’âme en a conscience ; elle pense\, elle voit\, elle admire\, elle remercie\, elle jouit\, mais sans parole ; tout se fond dans l’acte très simple qui la tient fixée en Dieu\, en une quiétude silencieuse. C’est cet état\, très simple au fond\, de joie paisible et aimante\, que la mélodie exprime.Evidemment\, elle n’exulte pas\, cette joie\, elle ne se répand pas\, elle demeure intérieure\, mais pas une note qui n’en soit imprégnée. Elle est dans le premier mot qui\, en dépit du ré initial\, tout de suite s’établit en fa par l’ondulation délicate des demi-tons. Sur Domini\, le nom divin\, un accent de tendresse la pénètre d’une ardeur discrète qui se prolonge sur la tristropha et la clivis allongée. Le mouvement descend sur ré\, mais la mélodie ne s’arrête pas à cette touche du Ier mode qui l’assombrirait\, elle remonte au fa et brode autour de cette tonique du IVe mode en un rythme dont tous les détails contribuent à la faire de plus en plus radieuse : l’accent léger de plena se détendant souple et ferme sur la tristropha\, le podatus et la clivis de est terra\, l’ondulation de l’Alleluia qui touche la tierce majeure\, et rebondit légère et bien posée sur le fa.Elle prend un peu plus d’étendue dans la deuxième phrase\, mais l’atmosphère demeure la même. Il n’est pas jusqu’aux mots qui ne se ressemblent : Dei est revêtu de la même tendresse que Domini avec peut-être quelque chose de plus mystérieux\, que lui donne la cadence sur mi ; et le rythme de firmati sunt est joyeux et ferme comme celui de plena est terra\, plus une nuance d’admiration que lui donne la cadence sur ré.Viennent enfin les Alleluia ; le premier plus extérieur ; c’est la louange qui jaillit de la contemplation\, sans éclat toutefois ; le second qui en ramenant la mélodie à la cadence du IVe mode la garde si bien\, par ce qu’elle a d’inachevé\, dans l’indicible.Ce chant est une contemplation ; il ne doit pas avoir d’éclat\, mais il est aussi l’expression de la joie dans laquelle l’âme contemple et\, de ce fait\, il doit revêtir une certaine ardeur\, être vivant\, souple et ferme. Une juste proportion de ces deux éléments n’est pas facile à réaliser… Il ne faut pas donner toute sa voix\, il va de soi\, mais ne pas trop l’étouffer non plus ; faire les accents légers\, le rythme souple et vivant.Faites l’arsis de Domini arrondie\, sans la ralentir\, en posant doucement la voix sur la tristropha. Veiller à ne pas allonger plus qu’il ne faut la clivis pointée ; rattachez-y plena dont l’accent sera très soulevé et un peu élargi. L’Alleluia\, gracieux\, l’oriscus qui l’achève léger.Un peu plus de mouvement et de force à Verbo Dei. Crescendo léger sur l’arsis de firmati sunt. Que toute cette seconde phrase soit vivante et pleine de joie. Le premier Alleluia très arrondi. Très peu de ralenti au second.Le Psaume bien accentué\, dans une atmosphère de joie simple. \nALLELUIA I\nLE TEXTE\nIls connurent\, les disciples\, le Seigneur Jésus à la fraction du pain. Luc XXIV 31\, 35.Il s’agit des disciples d’Emmaüs reconnaissant le Christ ressuscité : mais en ce dimanche du Bon Pasteur\, ces quelques mots sont plus que le rappel joyeux de l’incident ; ils chantent la réalisation de la parole de Notre Seigneur : « mes brebis me connaissent ». A la nourriture qu’il leur présente\, les disciples\, brebis errantes dans le soir qui tombe\, reconnaissent leur Maître\, le divin Berger.Ainsi entendu cet Alleluia est une très belle paraphrase des derniers mots de l’Epître : Vous êtes retournés à celui qui est le pasteur et l’évêque de vos âmes… Nous le chantons dans la joie de ne plus être des brebis errantes\, mais de vivre sous la vigilance du Pasteur bien aimé\, dans l’intimité duquel nous entrons de plus en plus chaque fois qu’il se donne à nous dans la « fraction du pain ». \nLA MÉLODIE\nUn très bel élan sur les notes principales du mode\, même le mot cognovérunt jusqu’à la dominante où il s’épanouit. C’est le mot important de la phrase et l’âme s’y complait dans la joie\, celle des disciples qu’elle évoque et la sienne qui se renouvelle et s’accentue  à chaque rencontre avec le Christ dans l’Eucharistie et dans l’oraison ; Cet élan\, un instant interrompu\, rebondit sur discipuli et se continue dans la même allégresse jusqu’à Dominum. La joie alors\, sur le mot divin\, devient intérieure\, contemplative ; C’est sa vénération\, sa tendresse\, sa soumission abandonnée\, tout ce qu’il y a d’indicible en elle\, que l’âme chante au Pasteur adoré\, tout le long de cette admirable thésis qui de degré en degré\, comme par des paliers successifs\, ramène\, lentement\, doucement\, religieusement le mot jésum à la cadence finale où il se pose en un rebondissement délicat.La joie s’extériorise à nouveau sur in fractione panis mais elle garde quelque chose de réservé qu’elle tient de la contemplation profonde\, qui pour quelques instants vient de la pénétrer. C’est une très belle phrase d’ailleurs. Admirablement ordonnée par la succession régulière des notes longues en rythme ternaire dans la première incise\, en rythme binaire dans la seconde\, elle se déroule en une ondulation que rien ne trouble jusqu’à ce qu’elle s’achève dans la cadence pleine de mystère du IIIe mode.Il faut bien lancer l’arsis de cognovérunt ; les deux notes qui précèdent le pressus seront légèrement retenues. Les doubles notes de Dominum douces ; ne pas exagérer le ralenti de Jésum. Pour que la reprise du chœur se fasse sans heurt\, on arrondira bien l’accent de panis. Le mouvement ne saurait être rapide ; c’est le Christ qui chante. \nALLELUIA II\nLE TEXTE\nMoi\, je suis le Bon Pasteur.Et je connais mes brebisEt elles me connaissent\, les miennes. Jean X. 14.Notre Seigneur\, ici\, se présente lui-même comme le Bon Pasteur et découvre au monde le secret des relations qui unissent le Berger aux brebis et les brebis au berger\, dans le divin bercail ; « Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent ». Ceci entendu non seulement de la connaissance extérieure que le Pasteur a de son troupeau et le troupeau de son Pasteur\, mais de l’intimité qui les unit. « Comme le Père me connaît et que je connais le Père. »\, lisons-nous au verset suivant. Relation d’amour ; un seul cœur\, une seule vie\, dans la tendresse et la joie.Cette parole prend une actualité vivante après les derniers mots de l’Epître : Vous étiez comme des brebis errantes… vous êtes retournés au Pasteur\, a chanté le sous-diacre. Le Christ répond : C’est moi le Bon Pasteur… \nLA MÉLODIE\nLa première phrase est toute empreinte de bonté\, de douceur aimable et souriante. C’est la tendresse du Pasteur. Il se manifeste\, divinement attirant\, avec je ne sais quoi de profondément heureux ; le bonheur de se trouver avec ses brebis\, de se donner à elles\, et de recevoir en retour leur ardent et joyeux amour. Le motif descendant de Ego sum qui se pose si délicatement sur le mi est particulièrement expressif de cette tendresse heureuse.Dans les deux autres phrases – qui sont semblables – c’est plutôt la joie qui domine\, la joie de connaître et d’être connu\, d’aimer et de se savoir aimé. Le mouvement\, en portant la mélodie à la dominante\, s’avive et s’éclaire un instant sur cognosco et cognoscunt. Il y a là une touche d’allégresse délicate ; elle se répand sur oves et meae en un motif paisible et gracieux qui est comme la contemplation du Divin berger regardant ses brebis dans la joie et l’amour qu’il leur donne et qu’il en reçoit.Ne pas chanter fort. Le tempo doit être assez large\, sans être lent : ici encore c’est le Christ qui chante.Faites l’accent de Ego léger et arrondi\, posez délicatement sum sur le mi et ralentissez légèrement le climacus qui suit.Léger accelerando dans l’arsis de cognosco et de cognoscunt. Le reste de la phrase\, très lié. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nDieu\, mon Dieu\,Vers toi\, dès la lumière\, je me tourne ;Et en ton nom je lèverai mes mains. Ps. LXII. 2\, 5.Le Psaume LXII fut composé par David\, au temps où\, poursuivi par son fils Absalon\, il vivait dans le désert\, entre Jérusalem et la mer Morte.C’était sa prière du matin. Sur cette terre aride\, qui était sans doute l’image de son âme désolée\, il se tournait vers son Dieu\, vers son Pasteur\, brebis errante qu’il était\, lui aussi\, et levait vers lui ses mains dans le geste de la supplication\, avec la confiance inébranlable qu’il serait exaucé.Dans la liturgie de ce jour\, ces deux versets sont une réponse du bercail à la tendresse vigilante du Bon Pasteur qui vient de se révéler dans l’Evangile. Il a dit que son amour est toujours en acte ; ses brebis lui disent\, à leur tour\, qu’il en est de même du leur. A peine éveillées\, leur pensée\, leur désir\, leur tendresse vont vers lui et dans la joie et la sérénité d’une absolue confiance en sa garde vigilante et forte\, elles lui répètent qu’au moindre besoin\, qu’à la moindre alerte\, elles l’appelleront d’un geste\, d’un cri\, pour qu’il vienne et qu’elles se serrent autour de lui. \nLA MÉLODIE\nL’intonation est toute simple\, avec une note de joie tranquille\, mais dès les premières notes qui suivent\, une sorte d’ardeur s’y mêle qui va croissant jusqu’à la triple note sur fa où elle devient intense\, avec quelque chose de personnel\, d’intime que lui donne le pronom meus : mon Dieu à moi. C’est toute la tendresse émue de l’âme qui\, après le noir de la nuit\, retrouve son Seigneur tant aimé. Simple incident d’ailleurs ; sitôt passe le nom divin\, la joie retrouve sa simplicité paisible. Le mot face\, déjà mis en relief par le sommet de l’arsis\, se développe en de longs neumes comme si l’âme insistait pour faire remarquer à l’ami divin qu’il est vraiment sa première pensée.Même joie dans la seconde phrase\, peut-être plus extériorisée. Elle enveloppe nomine tuo d’un beau mouvement\, à la fois retenu et chaud\, puis elle continue avec un accent de fermeté\, de sécurité qui trouve ce qu’il lui faut sur les longues tenues de levabo\, de manus et de l’Alleluia. Ce n’est plus tant son intime tendresse que  sa confiance inébranlable que l’âme veut dire à son fidèle gardien.Il faut faire un crescendo sur Déus meus mais discret ; c’est une prière. La triple note de meus est une trivirga ; la faire très expressive.Reprenez le mouvement léger sur ad te de luce ; arrondissez le podatus du sommet et retenez toute la thésis. La première note de nus et celle de as\, légèrement allongées ; L’Alleluia très paisible. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nJe suis le Bon Pasteur\, Alleluia ;Et je connais mes brebisEt elles me connaissent les miennes\,Alleluia\, Alleluia. Jean X\, 14.C’est le même que celui du second Alleluia. Chanté au moment de la communion\, il prend un sens plus actuel encore. C’est en effet dans l’Eucharistie que se réalise cette connaissance mutuelle intime entre le Christ et nous. « Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi et moi en lui … et je me manifesterai à lui. » C’est donc le Christ qui exprime ici\, sous les termes imagés de l’allégorie du Bon Pasteur\, le mystère de l’union qui se réalise\, au moment même\, entre lui et les âmes. \nLA MÉLODIE\nSous une forme musicale toute différente\, c’est bien la même expression que dans l’Alleluia.Dans la première phrase\, une tendresse souriante\, attirante\, avec une nuance d’intimité extrêmement délicate sur les trois salicus remontant en demi-ton sur le fa ; on dirait que le Christ ne parle que pour l’âme à laquelle il est uni dans le Sacrement.Dans la seconde\, la joie profonde de l’union. La mélodie s’établit\, par ses fréquents contacts avec le do dans une tonalité plus majeure si l’on peut dire ; Il y a dans et cognosco une admirable expression de joie\, une plénitude de joie qui se développe sur oves meae en un beau mouvement arsique au sommet duquel meae est mis en relief par l’accent tonique. Le même motif reprend sur et cognoscunt mais ébauché seulement cette fois. Le pressus met une belle nuance de tendresse sur meae. C’est peut-être dans la courbe du premier Alleluia que la joie profonde trouve sa plus parfaite expression.C’est toujours le Christ qui chante\, le mouvement sera donc modéré.Prenez garde de ne pas faire les salicus de la première phrase trop longs ; posez nettement sur fa la dernière note de bonus pour éviter que ce demi-ton ne soit une plainte ce qui serait un contre-sens.Dans la seconde phrase\, un léger crescendo-accelerando ira jusqu’à la fin de la première incise ; la première note de sco dans cognosco un peu allongée\, le torculus bien arrondi et l’accent de meas lancé et articulé ; retenez à peine la cadence de meae mais enchainez et cognoscunt ; Gardez la voix sonore dans les notes graves du premier Alleluia qui ne sera pas ralenti.Cantiques pour Pâques \n\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\nPolyphonies pour Pâques\n\nEcoutes de pièces \n\nZelenka : messe de la Résurrection\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Troisième Dimanche après Pâques
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nINTROÏT\nLE TEXTE\nAcclamez Dieu\, toute la terre\, Alleluia.Un psaume chantez à son nom\, Alleluia.Donnez de l’éclat à sa louange\, Alleluia.Ps. – Dites à Dieu : Que terribles sont tes œuvres !Devant la grandeur de ta puissance\,Ils te mentiront tes ennemis.(obligés qu’ils seront de te louer). Ps. LXV. 1\, 2\, 3. \nCes deux versets\, dans le Psaume\, sont adressés à toute la terre comme une invitation à louer Dieu avec éclat pour l’un des nombreux miracles qu’il fit pour sauver son peuple.Ils sont tout à fait à leur place au temps de Pâques et particulièrement en ce IIIe dimanche où le Christ\, pour la première fois\, nous dit à l’Evangile qu’il va retourner dans la gloire du Père et nous y donne rendez-vous pour « une joie que personne ne nous ravira jamais ».C’est l’Eglise qui les chante\, toute l’Eglise ; celle du Ciel\, de la terre\, du purgatoire\, appelant ses membres\, et toute la création en eux\, à louer Dieu d’avoir ressuscité son Fils\, et nous avec lui\, en nous communiquant\, par le Baptême et l’Eucharistie\, son éternelle vie. \nLA MÉLODIE\nJubilate\, le premier mot de l’intonation\, est revêtu du même motif que dans l’Offertoire du Dimanche dans l’Octave de l’Epiphanie ; mais\, ici\, la syllabe la n’a aucun développement neumatique et la mélodie\, au lieu de se complaire en broderies sur le fa\, remonte au la sur Déo et conduit ainsi le mouvement en arsis vers la double note du torculus par l’accent tonique\, il prend sur cette bivirga\, tout au sommet de la mélodie\, un nouvel élan qui le fait aller\, en des rebondissements thétiques mais pleins de vie\, comme d’un seul jet jusqu’à la cadence de l’Alleluia. Cette première phrase est une merveille d’ardeur et d’entrain ; c’est tout l’enthousiame de l’Eglise reconnaissante et vibrante d’espoir qui passe et voudrait entrainer le monde entier dans la louange.Dans les deux autres phrases\, le mouvement est moins alerte. A quelques exceptions près\, chaque syllabe a son neume et très souvent il est élargi. Ce n’est pas que l’ardeur soit moindre mais elle est plus pondérée\, plus intérieure\, si l’on peut dire ; quelque chose de plus religieux la pénètre. Il semblerait que l’auteur\, prenant les mots dans leur sens précis\, ait vu dans Jubilate omnis terra un appel à toute la création pour une acclamation générale et\, dans le psalmum dicite\, une invitation à la louange liturgique\, d’où cette nuance assez marquée de réserve et de gravité. Le texte et la mélodie\, serrés de près\, prêtent à cette interprétation ; d’autant plus qu’en maints autres cas la même expression musicale se trouve sur psallere\, psalmum dicere\, psallentes\, psallat…(Voir entre autres l’Introït du Dimanche dans l’Octave de l’Epiphanie\, celui du IIe Dimanche après l’Epiphanie ainsi que l’Offertoire de ce même Dimanche\, l’Offertoire de la Septuagésime et celui du IVe Dimanche de Carême).Le psaume\, par son allure décidée\, est bien dans le ton\, et la cadence sur inimici s’adapte parfaitement à la nuance d’ironie qui se trouve dans les mots.La première phrase sera chantée d’un seul mouvement ; l’accent de Jubilate bien lancé\, la première note du podatus de Déo légèrement allongée\, la bivirga de omnis vibrante d’entrain.Pas de contraste poussé entre les deux phrases\, il se fera de lui-même. Gardez le mouvement et faites très souples les beaux rythmes de dicite nomini ejus\, attaquez avec fermeté le salicus de date\, mais retenez délicatement les quatre notes de te ; menez les Alleluia en crescendo vers le troisième qui sera élargi et aura de l’éclat. \nALLELUIA I\nLE TEXTE\nLa rédemption il a envoyée\, le Seigneur à son peuple. Ps. CX. 9. \nC’est de la délivrance de la captivité d’Egypte ou de Babylone qu’il s’agit dans le Psaume. Ici\, dans la liturgie de Pâques\, c’est du salut que le Seigneur nous a envoyé par son Fils ; lequel ayant payé notre rançon de son sang\, nous a délivrés de l’emprise du démon et faits libres.L’Alleluia est ainsi une paraphrase très heureuse de l’Epître\, où il nous est rappelé que c’est en tant qu’hommes libres que nous devons obéir à Dieu et aux hommes qu’il a établis sur nous. \nLA MÉLODIE\nL’Alleluia est celui de la messe du jour de Noël. Comme il est très spécial à la période de la Nativité\, on peut se demander quelle raison l’a fait choisir pour un dimanche qui en est si éloigné. Serait-ce le mot misit ? C’est à Noël que le Sauveur a été envoyé… de telles nuances ne sont pas rares. (cf le Trait Domine audivi du Vendredi Saint)Le verset\, lui\, est original. Une phrase très simple qui\, dans un beau mouvement de joie\, met misit en pleine évidence au sommet de l’arsis puis vient se complaire sur Dominus qu’elle baigne de révérence\, de tendresse et de gratitude. \nALLELUIA II\nLE TEXTE\nIl fallait qu’il souffrit\, le ChristEt qu’il ressuscitât d’entre les mors\, Et qu’ainsi il rentrât dans sa gloire. Luc XXIV. 26. \nSous une forme légèrement différente\, ces paroles furent dites plusieurs fois par Notre Seigneur aux apôtres pour prophétiser sa Passion et sa Résurrection. (Math. XVI. 21. – Marc IX\, 30) Au matin de Pâques les deux anges du tombeau les rappelèrent aux Saintes Femmes : « Souvenez-vous qu’il a dit lorsqu’il était en Galilée ; Il faut que le Fils de l’homme… »(Luc XXOV. 7) Le soir\, Notre Seigneur\, lui-même\, sur un ton qui comportait une nuance de reproche pour leur mémoire si courte\, les redit aux disciples d’Emmaüs : « Ne fallait-il pas que le Christ souffrît et qu’ainsi il entrât dans sa gloire ».(Luc XXIV. 26)C’est de ce dernier texte que ce verset de l’Alleluia se rapproche le plus ; on a seulement ajouté resurgere a mortuis et supprimé la forme interrogative. Ce dernier point a son importance. Par le fait que le texte est revenu une affirmation\, il ne semble pas que ce soit Notre Seigneur qui le chante ici\, mais plutôt l‘Eglise qui se le remet en mémoire\, en méditant les détails de la Résurrection. Il devient ainsi comme une sorte de prélude à l’Evangile où Notre Seigneur\, pour la première fois\, va parler de sn entrée prochaine dans la gloire : dernier accomplissement de la prophétie. \nLA MÉLODIE\nElle est calme\, recueillie\, toute baignée de paix.La première phrase toutefois est empreinte d’une nuance très particulière de tristesse par une certaine réserve qui la maintient dans le grave et plus encore\, par les cadences en demi-ton de oportébat et de Christum. Ce n’est pas la douleur aigüe de la Passion : l’Eglise ne pleure pas ; elle est dans la joie de Pâques ; mais\, au souvenir de ce que le Christ a dû souffrir\, une sorte d’attendrissement pénètre sa contemplation. C’est cette douleur des souffrances du Christ\, cette douleur de souvenir\, qui passe dans son chant et le revêt de nuances si délicates ; de celles-là mêmes que prend tout naturellement notre voix lorsque nous parlons des souffrances passées de nos amis. Resurgere a mortuis n’a pas d’expression particulière\, mais il s’achève tout de même sur une cadence en ton plein où il n’y a plus de tristesse.C’est une heureuse transition à la phrase qui va chanter le prix de la douleur\, à savoir l’entrée du Christ dans la gloire. Elle le fait sur un motif deux fois répété ; sur ita et gloria ; il est plein de noblesse\, de grandeur et d’éclat. L’âme y trouve tout ce qu’il lui faut pour exprimer la joie forte et pleine que les mots divins ont mise en elle en lui révélant le mystère de la souffrance du Christ et celui de sa propre souffrance qui s’y trouve enfermé. La phrase s’achève sur le jubilus de l’Alleluia déjà ébauché sur intrare à la fin de la première incise. Lui aussi\, comme pour reprendre toute l’idée\, a sa première partie nuancée de tristesse\, elle se développe dans le grave et a ses cadences bien posées en demi-ton par le torculus\, tandis que la seconde\, s’établissant dans les hauteurs\, y chante la joie\, se posant à peine sur le mi et s’achevant en ton plein par la cadence de mortuis\, qui reste suspendue\, comme si l’âme continuait\, dans le silence\, la contemplation du Christ entrant dans la gloire.C’est un chant délicat ; il doit être chanté doucement\, sans effort dans un mouvement très souple et très lié.Ralentir la cadence finale de l’Alleluia et de suam afin de bien lui donner son caractère contemplatif et mystérieux. Faites très expressifs les pressus de oportébat et de Christum ; Un peu plus de mouvement dans la seconde phrase. Arrondissez le sommet de ita et de gloriam. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nLoue\, mon âme\, le Seigneur.Je louerai le Seigneur durant ma vie.Je chanterai des psaumes à mon DieuTant que je serai\, Alleluia. Ps. CXLV\, 2.Le verset du Psaume est\, à lui seul\, une sorte de dialogue ; l’âme s’invite d’abord elle-même à louer le Seigneur\, puis\, répondant à l’invitation\, elle commence sa louange – qu’elle développera tout le long du Psaume – en proclamant qu’elle chantera le Seigneur toute sa vie.Cette promesse d’éternelle louange est bien à sa place après l’Evangile qui vient d’être chanté. Notre Seigneur en effet n’y annonce pas seulement qu’il remonte à son Père mais il prédit son retour : « Encore un peu de temps et vous me reverrez… » Interrogé sur le sens de ce retour\, il répondit : « vous êtes dans la tristesse… mais je vous verrai de nouveau et votre cœur se réjouira et personne ne vus ravira votre joie. » La réponse était imprécise ; il est probable que les apôtres n’en saisirent pas le sens profond\, mais\, pour nous\, elle est claire ; c’est l’avènement de gloire et l’éternelle béatitude qui suivra que Notre Seigneur annonce.Cet Offertoire se présente donc comme un chant de reconnaissance dans lequel l’âme dit à Dieu que\, pour tout le bonheur qu’il lui a donné déjà et pour celui qu’il lui promet\, elle le louera\, tant qu’elle vivra. \nLA MÉLODIE\nParole intérieure\, musique intérieure. L’invitation qui prend toute la première phrase\, est baignée de joie intime ; notez la plénitude des intervalles et les cadences sur mi et sur fa si délicates. L’âme\, remplie de la parole divine qui lui promet une félicité accrue et sans fin avec le Christ dans la gloire\, contemple\, dans une atmosphère de gratitude heureuse\, la bonté du Seigneur et\, doucement\, discrètement\, intimement puisqu’elle se parle à elle-même\, elle chante pour s’exciter à le louer. A part l’invitation qui traduit si parfaitement cet état de paisible bonheur\, tout le reste de la phrase est une formule du IVe mode\, mais le mode est lui-même si bien dans le ton !La seconde phrase a plus de mouvement. L’âme\, sans sortir de sa sainte quiétude\, fait à sa propre invitation une réponse empressée\, ardente. Un très bel élan\, un élan de louange déjà\, emporte Dominum sur les hauteurs où il s’épanouit avant d’être ramené tendrement à la tonique. Laudabo Dominum in vita mea ; elle louera\, toute sa vie ; elle insiste sur ces derniers mots : épisème\, quilisma\, pressus ; toutes les ressources de la mélodie sont amenées pour mettre en relief cette promesse d’éternelle louange car la vie de celui qui loue le Seigneur ne finit pas.Après avoir achevé cette affirmation d’ordre général sur la formule si tendre qui finit la première phrase\, l’âme précise ce que sera sa louange : psallam. Je chanterai des Psaumes à mon Dieu. Après les quatre premières notes\, qui ramènent\, très heureusement ici\, la nuance de bonheur profond\, – le bonheur de chanter – le mot s’étend sur la tristropha\, enveloppé de la même religieuse vénération que dans l’Introït sur Psalmum. Cette vénération se pénètre d’ardeur et de tendresse tout le long des arsis de Deo meo et que quamdiu et\, plus encore peut-être\, sur ero que le quilisma et le pressus font si expressif.L’Alleluia reprend le motif de psallam et le prolonge par une bivirga et une clivis allongées\, intensifiant ainsi pour finir le sentiment de contemplation paisible et heureuse qui enveloppe tout depuis le début.Le mouvement sera paisible. Elargir la partie thétique de l’intonation. Bien veiller à ne pas traîner les cadences de Dominum et de mea\, qui\, pour un rien\, deviendraient des plaintes.On mettra un peu plus de mouvement dans la seconde phrase ; accélérant quelque peu l’arsis de laudabo\, mais retenant la dernière syllabe de Dominum. Bien rythmer ero\, à la fin de la dernière phrase. Ralentir progressivement l’Alleluia. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nUn peu de temps et vous ne me verrez plus\, Alleluia.Encore un peu de temps et vous me reverrezParce que je vais à mon Père.Alleluia\, Alleluia. Jean. XVI\, 16.Ces paroles ont été prononcées par Notre Seigneur après la Cène. Il prédisait là sa mort et sa Résurrection\, mais aussi son retour\, à la fin du monde\, pour son triomphe total et définitif.Ici\, ce n’est pas le Christ de la Passion qui les chante ; le Temps Pascal s’y oppose et\, plus encore\, le caractère joyeux de la mélodie qui est tout à l’opposé de la gravité triste du Discours après la Cène ; c’est l’Eglise qui se les remémore ou\, mieux encore\, le Christ Glorieux qui\, dans l’intimité de la communion\, les redit à ceux qui le reçoivent en leur donnant un sens particulier d’intimité : »Vous qui me recevez dans votre âme\, vous ne me voyez pas de vos yeux de chair car je suis remonté vers mon Père\, mais vous me reverrez parce que Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle\, je me manifesterai à lui et je le ressusciterai au dernier jour\, car là où je suis\, je veux qu’il soit aussi. » \nLA MÉLODIE\nLa première phrase\, bien qu’elle évoque le départ et la séparation\, n’est pas triste. C’est un récitatif\, il n’exprime pas de sentiment bien déterminé jusqu’à l’Alleluia qui\, lui\, a une note de joie très nette\, mais peut-être un peu brusquement amenée.Il reste qu’il est une transition heureuse à la seconde phrase qui\, elle\, est joyeuse d’une joie éclatante ; la joie que le Christ\, maintenant dans la gloire\, veut communiquer aux siens comme un réconfort\, en évoquant les jours où ils seront avec lui près du Père.L’attaque de iterum en plein élan sur la dominante a bien ce caractère de force qui convainc et ranime en remplissant l’âme de vivant espoir. La dernière incise\, elle\, se nuance de joie aimable puis la mélodie redevient grave à l’évocation du mystère de la Paternité divine\, bien plus profond et bien plus béatifiant que celui du Christ et que la joie de son visage à jamais contemplé.Liez de près l’Alleluia de la première phrase à me\, qui sera bien posé\, et chantez-le avec une certaine douceur afin d’atténuer ce qu’a d’un peu brusque cette note de joie.La deuxième phrase sera chantée d’un seul mouvement\, avec entrain\, la double note de iterum bien appuyée.Ralentissez quelque peu le vado ad Patrem qui sera bien balancé. Les Alleluia auront leur nuance de joie délicate si on ne les force pas. Elargissez légèrement le podatus du second. Cantiques pour Pâques \n\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\nPolyphonies pour Pâques\n\nÉcoutes de pièces\n\nZelenka : messe de la Résurrection\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Quatrième Dimanche après Pâques
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nINTROÏT\nLE TEXTE\nChantez au Seigneur un cantique nouveau.\nAlleluia.\nCar des merveilles\, il a fait le Seigneur\,\nDevant la face des nations il a révélé sa justice.\nAlleluia\, Alleluia.\nPs. Elle l’a sauvé\, sa main et son saint bras. Ps. XCVII. 1\, 2.\nLe Psaume XCVII est une invitation à louer Dieu parce qu’il a manifesté sa justice devant les nations en sauvant maintes fois son peuple\, selon les promesse qu’il lui avait faites.\nCes interventions de Dieu avaient en fait pour objet le Christ et ses membres. Elles se sont donc continuées\, et elles se continueront jusqu’à la fin des temps\, jusqu’au jour où devant toutes les nations soumises\, a justice de Dieu sera totalement révélée. C’est alors seulement que le Psaume aura tout son sens : mais il l’a déjà d’une certaine manière à la fois actuelle et prophétique\, si l’on peut dire\, en chacun des mystères du Christ car ils sont bien une manifestation de la justice divine que le temps d’ailleurs fait de plus en plus éclatante. Or aucun ne la manifeste avec plus d’éclat que le mystère de la Résurrection. C’est donc dans le sens le plus littéral que l’Eglise entend ces deux versets. Elle les adresse à ses membres comme une invitation à louer le Seigneur qui a révélé une fois de plus sa justice devant les nations en ressuscitant le Christ d’entre les morts par la seule puissance « de sa main et de son bras ». \nLA MÉLODIE\nOn ne trouve pas ici l’enthousiasme qui éclate partout dans le Jubilate du dimanche précédent. C’est une invitation pleine de joie\, certes\, mais simple\, paisible\, avec le caractère très particulier de bonté aimable et souriante de l’Introït du Dimanche de Quasimodo. Les deux mélodies d’ailleurs sont apparentées de très près ; à ce point que\, dans l’une et dans l’autre\, la deuxième phrase est la même. \nLe salicus de Cantate met dans l’intonation une insistance délicate tout à fait de mise ; simple nuance de détail d’ailleurs qui se fond tout de suite dans la révérence toute gracieuse qui enveloppe Domino et dans la joie qui s’élève et se balance jeune\, légère\, souple sur les accents toniques et les rythmes ternaires de canticum novum.\nDans la seconde phrase\, un rien d’enthousiasme passe dans la montée de mirabilia\, et c’est à nouveau sur fecit Dominus et sur Alleluia le motif de l’intonation avec son insistance renouvelée\, avant la cadence sur do si évocatrice de joie profonde.\nIl y a une certaine gravité dans la première partie de la dernière phrase : revelavit surtout est très en relief ; la distropha\, la retombée du mouvement sur le pressus puis sur la clivis allongée vont bien à ce mot qui dit le mystère. La nuance d’enthousiasme de mirabilia se retrouve alors sur justitiam et se prolonge sur les Alleluia qui chantent à nouveau la joie simple\, jeune et fraiche du début. \nLe mouvement sera assez vif. On arrondira bien l’accent de canticum. Léger crescendo sur quia mirabilia.\nLes tristrophas et distrophas de génitum et de revelavit\, douces. Gardez le mouvement jusqu’au bout. \nALLELUIA I\nLE TEXTE\nLa droite du Seigneur a fait éclater sa puissance\,\nLa droite du Seigneur m’a exalté. Ps. CXVII. 16. \nC’est celui de l’Offertoire du IIe Dimanche après l’Epiphanie et du Jeudi Saint. L’interprétation\, ici\, ne saurait être différente\, il va de soi. \nLe Psaume CXVII fut sans doute composé pour la dédicace du second Temple\, ares le retour de la captivité. Le peuple Juif y chante la puissance du Seigneur qui l’a délivré et qui lui a rendu son ancienne gloire. Ce sens en cachait un autre : la délivrance de l’humanité retenue sous l’emprise de Satan et son retour à Dieu\, groupée dans le Christ\, pour être offerte au Père comme le temple vivant dont les temples de pierre ne sont que la figure. C’est donc du monde chrétien qu’il s’agit. C’est le Christ\, c’est tout le Corps mystique qui chante les merveilles que Dieu a faites pour le sauver et le glorifier. \nEn ce temps de Pâques\, les merveilles sont là\, toutes étalées sous nos yeux dans la Résurrection du Christ\, dans la grâce des nouveaux baptisés et dans celle de tous les chrétiens devenue plus vivante et plus forte\, dans la justice de Dieu enfin\, de plus en plus exaltée. Saint Jacques\, dans l’Epître a ramené toutes ces merveilles à leur source : « Toute grâce et tout don descendent du Père des lumières. De sa propre volonté il nous a engendrés par la parole de vérité afin que nous soyons comme les prémices de ses créatures… » L’Eglise les retient ces paroles\, les contemple et trouve dans le verset du Psaume la parfaite expression de sa joie reconnaissante. \nLA MÉLODIE\nUn chant recueilli\, intérieur\, contemplatif que l’Eglise se chante à elle-même dans une atmosphère de vénération reconnaissante.\nIl n’y a rien de plus dans la première phrase ; aussi bien l’idée est-elle d’ordre général.\nElle prend un tour plus actuel et plus personnel dans la seconde sur exaltavit me\, le mot de la Résurrection\, le mot de notre exaltation dans le Christ. La joie\, la reconnaissance\, la fierté le portent dans un magnifique élan au sommet du mode\, lui donnant\, sans sortir de l’atmosphère de contemplation\, l‘éclat qui convient à la gloire qu’il chante. \nL’Alleluia doit être exaltant – c’est le thème du dernier mot – mais en même temps léger et souple.\nBien ralentir les deux notes qui précèdent le quilisma de Déi pour lui donner l’expression de vénération qui convient au nom divin. La troisième note de fecit est un salicus.\nMenez bien le crescendo de exaltavit me avec une bonne articulation de me. La reprise du chœur lui donnera l’ampleur et la force qui conviennent. \nALLELUIA II\nLE TEXTE\nLe Christ ressuscité d’entre les morts ne meurt plus.\nLa mort sur lui désormais ne dominera plus. Rom. VI\, 9. \nCette simple affirmation de Saint Paul ne requiert ni explication ni commentaire.\nL’Eglise s’en sert ici pour célébrer le triomphe du Christ sur la mort ; mais aussi pour chanter en espérance la résurrection future de tous ses membres. Et c’est encore l’idée du premier Alleluia\, mais précisée dans l’exaltation suprême du Christ total ressuscité. \nLA MÉLODIE\nElle est plus développée que celle de l’Alleluia précédent. La joie aussi est plus poussée. Avec une force de plus en plus pressante\, elle prend tout l’arsis de resurgens ex mortuis et demeure jusqu’à la fin de la phrase ; notez les tons pleins de jam non moritur\, si expressifs d’une pleine et totale satisfaction. Mais elle n’a pas d’éclat\, toutes les notes se suivent par degrés conjoints et très rapprochés ; elle ne sort pas l’âme du recueillement paisible dans lequel elle contemple la béatitude du Christ…et la sienne dans les jours à venir ;\nDans la seconde phrase\, l’affirmation a quelque chose de plus fort. Il y a une sorte de fierté\, de défi victorieux dans la montée hardie de mors et dans la répercussion sur le si bémol et comme une joie triomphante dans les rythmes ternaires de la thésis.\nAprès la reprise du chœur\, le non dominabitur monte en un crescendo d’allégresse qui se détend pour finir dans le paisible recueillement du début. \nIl faut chanter Christus avec vénération mais sitôt après laisser la joie dominer. Le crescendo-accelerando se poursuivra jusqu’à la fin de mortuis sans brisure. Bien balancer la cadence de moritur qui est  très affirmative.\nDe même le motif de mors doit être très articulé\, la reprise sur le si bémol\, nette et dans un mouvement assez vif. La première note du torculus de ultra\, bien posée\, un peu élargie. Il doit y avoir beaucoup de fermeté dans ce dernier neume. \nOFFERTOIRE\nC’est celui du IIe Dimanche après l’Epiphanie. Tout ce qui a été dit alors vaut ici\, il va de soi. Il faut seulement élargir l’objet de la reconnaissance. Ce n’est plus seulement pour le miracle de Cana et pour l’Eucharistie que nous louons le Seigneur en ce temps de Pâques\, c’est pour tout le mystère de la Rédemption ; pour la Résurrection du Christ pour la grâce du Baptême qui nous y fait participer\, pour le Paraclet que l’Evangile annonce. « Venez et écoutez\, et je vous dirai que de choses le Seigneur a faites pour mon âme… » \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nLorsque viendra le Paraclet\, l’Esprit de vérité\,\nIl convaincra le monde de ce qu’est le péché\,\nLa justice et le jugement\,\nAlleluia\, Alleluia. Jean XVI. 13\, 8. \nNotre Seigneur prononça ces paroles après la Cène. Il va de soi que ce n’est pas dans cette atmosphère de la Passion qu’elles sont à prendre ici. Il faut les entendre ou de l’Eglise qui se les dit à elle-même dans sa contemplation du mystère pascal\, ou du Christ qui\, du Ciel\, les redit à ses membres comme une annonce de la prochaine Pentecôte qui va renouveler la venue du Paraclet.\nRien ne permet de les rattacher directement à la Communion ; on peut dire cependant que la réception du sacrement cause\, si elle est fervente\, une nouvelle mission du Saint Esprit dans l’âme qui\, de ce fait\, se trouve éclairée par l’Esprit de cérite sur tout ce que le Christ a dit. Rien ne s’oppose donc à ce que ces paroles soient dites par le Christ dans l’intimité à l’âme qui le reçoit. \nLA MÉLODIE\nElle a peu de mouvement ; les mots sont bien soulignés\, mais sans développement mélodique considérable.\nToutefois une insistance assez marquée par les salicus sur Spiritus veritatis amène une cadence suspensive en si qui prépare le bel élan de ille arguet au débit de la seconde phrase. C’est là vraiment le point culminant de l’expression ; on y sent une joie fière ; celle du Christ qui va enfin triompher ; celle de l’âme qui se redresse devant le péché\, l’injustice et toute la perfidie au milieu desquels elle vit et\, dans la liberté de sa pensée intime\, prend force\, courage et joie à l’idée que bientôt va venir celui qui établira le droit véritable et le vengera de tout ce qui le diminue. L’énumération qui suit se fait sur des formules sans grand intérêt\, mais les Alleluia raniment la joie pour finir. \nChantez avec simplicité le mouvement thétique de la première phrase ; le pressus de Paraclitus sera donc peu marqué. Par contre\, appuyez bien les salicus sur le si\, en leur donnant même un peu de mordant. Peu ou pas de ralenti à la cadence.\nLe crescendo sur ille arguet léger et délicat. \n  \nCantiques pour Pâques\n \n\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\nPolyphonies pour Pâques\n\nEcoutes de pièces  \n\nZelenka : messe de la Résurrection\n\n  \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Cinquième Dimanche après Pâques
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n\n\n\nINTROÏT\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nLe cri de joie\, lancez-le et qu’il soit entendu.Allelúia.Lancez-le jusqu’aux extrémités de la terre.Il a libéré son peuple\, le Seigneur.Allelúia\, Allelúia. \n\n\n\nPs. – Acclamez Dieu\, toute la terre.Un psaume chantez à son nom\, donnez de l’éclat à sa louange. Isaïe XLVIII. 20 – Ps. LXV. 1\,2. \n\n\n\nC’est aux Juifs captifs à Babylone que le Prophète s’adresse. Il vient de leur dire qu’enfin le Seigneur va bientôt les délivrer\, lorsque tout à coup\, comme s’il voyait dans l’avenir se dérouler la scène de la libération et qu’il y était avec la mission de porter à ses compatriotes la bonne nouvelle de leur délivrance\, il s’écrie : « Sortez de Babylone\, fuyez les Chaldéens. Lancez le cri de joie et qu’il soit entendu et faites-le parvenir jusqu’aux extrémités de la terre. Dites : le Seigneur a racheté son serviteur Jacob. » \n\n\n\nDans l’Introït tout ce qui avait trait au peuple Juif a disparu : l’ordre de fuir\, au début et « son serviteur Jacob »\, à la fin qui a été remplacé par « son peuple ». Aussi bien ce n’est plus Isaïe qui prophétise\, c’est la prophétie qui se réalise. En effet\, par-delà la libération des Juifs\, ce que le Prophète voyait\, c’était la Rédemption du monde\, et la voix qu’il entendait et dont il reproduisait les accords était celle de l’Eglise invitant ses membres à proclamer sans cesse que le Seigneur a sauvé son peuple par sa mort et sa résurrection. C’est cette voix qui chante ici. \n\n\n\nQuel sens exact donner à vócem jucunditátis ? Le mot de la joie ? Ce n’est pas assez. Le cri de la joie dit bien l’enthousiasme de la libération\, mais crier ce n’est pas liturgique ; pour entrer dans le jeu sacré\, il faut que le cri soit stylisé\, or c’est le chant qui donne au cri le style qui convient ; le sens qui paraît le mieux adapté serait donc : lancez le chant qui annonce la joie ardente de Pâques. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nC’est un chant d’enthousiasme\, mais très nuancé. \n\n\n\nLa première phrase commence par un salicus\, comme si l’Eglise voulait un instant savourer sa joie sur cette double note avant de la laisser aller au souffle de l’enthousiasme. Celui-ci la saisit d’ailleurs tout de suite et l’emporte de plus en plus ardente vers l’accent tonique de jucunditátis et la tristropha de nuntiáte où elle s’épanouit\, vibrante et pressante\, certes\, mais douce aussi\, faisant de cet impératif une aimable invitation plutôt qu’un ordre. Elle se détend ensuite tout au long de la thésis en une nuance de bonheur intime et profond. Mais la phrase n’est pas achevée ; il y a une reprise de mouvement sur audiátur. L’élan de joie y est beaucoup moins marqué\, c’est plutôt l’impératif qui domine ici ; l’Eglise soucieuse de ce que ses enfants mettent à profit la bonne nouvelle\, veut qu’on la fasse entendre et qu’elle soit écoutée. La cadence qui se prolonge dans l’Allelúia revêt la même nuance qu’à la fin de l’incise précédente. \n\n\n\nLa seconde phrase reprend l’invitation. Nuntiáte reproduit exactement l’intonation avec le même souffle ardent\, mais\, passé ce premier mot\, l’Eglise\, toute prise par l’idée de faire se répandre jusqu’au bout du monde la joie de la Résurrection\, élargit son chant à la mesure de sa vision et de son désir. Ce mouvement est parmi les plus beaux du répertoire. D’abord mesuré\, presque scandé\, sur les torculus de nuntiáte\, il se dégage sur úsque en un élan hardi qui le porte du la au ré puis\, balançant la joie sur les clivis allongées de extrémum térræ il se fait souple\, léger\, plus large aussi\, comme pour se préparer à s’épanouir sur le torculus si gracieux et si expressif du sommet avant de s’achever sur la cadence pleine et ferme du VIIIe mode. \n\n\n\nC’est dans cette tonalité nouvelle que débute la troisième phrase. Il faut d’abord en préciser le sens car elle peut s’entendre de deux façons selon qu’on la considère ou non comme une citation : « Annoncez ceci : « Le Seigneur a libéré son peuple » « ; ou bien : « Annoncez (la joie) ; le Seigneur a libéré son peuple « . Or\, il semble bien que ce soit cette seconde interprétation qu’il faille lui donner. En effet\, dans le texte d’Isaïe il y a: « Dites : le Seigneur a libéré son serviteur Jacob »\, et\, dans l’Introït \, « dites » ayant été supprimé\, il reste « annoncez(la joie) : le Seigneur a libéré son peuple. » La mélodie confirme d’ailleurs cette interprétation. Elle est toujours joyeuse\, ardente\, enthousiaste mais l’élan léger des deux premières phrases n’y est plus. Dès le début\, dans l’arsis de liberávit on la sent qui se retient ; c’est une joie plus intérieure\, plus profonde qu’elle exprime. Cette nuance – car ce n’est qu’une nuance – est surtout sensible dans le mouvement thétique\, qui commence d’ailleurs tout de suite ; depuis la tristropha et la clivis de Dóminus jusqu’au salicus de pópulum qui ramène si délicatement la mélodie au la\, tout est enveloppé de vénération\, de gratitude\, de tendresse. Les Allelúia eux-mêmes sont discrets\, retenus ; non seulement le premier\, qui se complait dans l’admirable descente vers le ré\, mais le second aussi dont tous les neumes ralentis par le quilisma s’imprègnent de plus en plus de contemplation à mesure qu’ils approchent de la cadence qui achève si bien de dire ces sentiments délicats. \n\n\n\nLe psaume retrouve l’élan joyeux du début sur le mot même de la joie : Jubiláte. \n\n\n\nCet Introït est difficile à bien chanter. On est exposé en effet à en marquer trop les nuances. Ce serait une erreur qui donnerait un caractère recherché\, précieux alors qu’il est au contraire ferme et fort. Il faut faire les nuances\, mais de telle sorte qu’elles découlent comme naturellement les unes des autres. Que les thésis en particulier ne soient pas d’une douceur qui tranche sur la force de l’arsis ; c’est dans un dégradé presque insensible qu’il faut les faire. D’autre part\, on est assez tenté de le chanter fort à cause de son caractère enthousiaste ; rien ne s’y oppose\, au contraire\, mais à la condition expresse que les voix ne soient pas poussées et qu’elle demeurent souples. C’est de la vie beaucoup plus que de la force qu’il lui faut. \n\n\n\nUne technique rigoureuse permettra d’éviter ces deux écueils. \n\n\n\nQue les doubles notes n’aient que leur valeur et qu’elles demeurent bien dans le mouvement. Celle du début est un salicus ; attaquer doucement la première note. Les deux podatus de Jucunditátis ont leur première note légèrement allongée. Faites une légère accélération vers le sommet et évitez de faire la distropha trop dure. Pas de ralenti à la cadence de annuntiáte. \n\n\n\nLe neume de úsque sera très lié et très léger\, les clivis de extrémum\, à peine pesantes\, le torculus du sommet\, gracieusement élargi. Peu de ralenti à la cadence. \n\n\n\nLa tristopha de Dóminus sera douce. Reliez l’Allelúia à súum. Posez bien la première note des podatus du second Allelúia : crescendo discret dans l’arsis\, la thésis très retenue. \n\n\n\nALLELÚIA I\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nIl est ressuscité le Christ et il (nous) a éclairés nous qu’il a rachetés de son sang. \n\n\n\nCes paroles ne se retrouvent nulle part dans l’Ecriture. \n\n\n\nElles ne se rattachent pas directement à l’Epître encore que l’illúxit nóbis puisse s’entendre de la parole du Christ que Saint Jacques nous invite à entendre. L’Eglise s’en sert simplement comme d’un thème général pour chanter le Christ ressuscité éclairant de sa lumière ceux qu’il a rachetés. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle a très peu d’étendue dans la première incise ; quelques notes qui vont et viennent du ré au fa serrées les unes contre les autres ; mais quelle belle expression de l’âme recueillie dans la contemplation du mystère et qui laisse sa joie et sa gratitude monter en touches délicates ! Sur et illúxit elle prend conscience de la clarté que le Christ ressuscité projette en elle et de tout ce qu’elle y trouve de sécurité et de paix. Sa joie s’anime. D’un seul mouvement de quinte la mélodie monte au la mais elle ne s’extériorise pas pour autant ; elle demeure contemplative et c’est d’un pas mesuré qu’elle redescend vers la tonique\, soulignant seulement illúxit d’une touche de ferveur. \n\n\n\nMais voici l’idée de la Rédemption. L’âme cette fois se laisse aller à l’exaltation. La joie d’être rachetée\, sauvée\, ressuscitée un jour\, la fait clamer au monde – comme le demandait l’Introït – le bonheur infini qu’elle doit au Christ. La mélodie de la dominante où elle s’est établie tout de suite\, gagne les hauteurs et s’y déploie à loisir en un motif léger\, vif\, plein d’une allégresse qui s’avive. Celle-ci toutefois ne dure que le temps du mot redémit ; tout de suite\, sur sánguine\, la mélodie redescend en ré. Le mot est très en relief par ce brusque passage au grave et plus encore par les pressus mais ce n’est pas de la tristesse qu’il exprime. A l’évocation des souffrances du Christ\, l’âme est seulement revenue à sa contemplation recueillie et\, sur ces deux pressus\, comme sur ceux du surréxit\, c’est l’ardeur de sa gratitude qu’elle fait monter vers le Seigneur. Le motif d’ailleurs\, pour finir\, rime très heureusement avec celui de illúxit nóbis. \n\n\n\nLe mouvement sera très tranquille et très lié dans la première phrase\, allant vers les  pressus qu’on fera très expressifs. Bien faire l’élan ré la sur et mais garder le mouvement paisible. \n\n\n\nOn l’animera sur quos redémit mais sans forcer le contraste : ne pas le forcer non plus sur sánguine. Il faudra bien veiller aux transitions pour garder à toute la pièce son unité. \n\n\n\nALLELÚIA II\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nJe suis sorti du PèreEt je suis venu dans le mondeMaintenant je quitte le mondeEt je vais à mon Père. Jean XVI. 28. \n\n\n\nIl y a deux façons d’interpréter ici ces paroles prononcées par Notre Seigneur après la Cène. On peut les mettre sur les lèvres de l’Eglise qui se les chanterait à elle-même en une sorte de contemplation pour se préparer au départ du Christ vers son Père. On peut aussi entendre Notre Seigneur lui-même les chanter ; non pas dans le cadre du Cénacle\, le Jeudi Saint\, mais dans l’atmosphère des jours qui précèdent l’Ascension. Il n’est pas rapporté dans l’Evangile qu’il les prononça de nouveau après sa Résurrection\, mais il n’est pas invraisemblable qu’il le fit pour préparer ses disciples à la séparation prochaine. Cette seconde interprétation fait le texte beaucoup plus expressif\, il devient vivant\, actuel car et le Christ et nous nous nous trouvons ainsi dans le cadre même des jours que la liturgie fait revivre et comme dans le prélude du drame de l’Ascension qui se prépare. \n\n\n\nQuelle que soit l’interprétation que l’on choisisse\, il faut bien donner aux mots tout leur sens\, Notre Seigneur parlait de lui-même en disant qu’il était venu du Père et qu’il retournait au Père mais il ne le disait pas sans penser à ses membres qui ne font qu’un avec lui. Eux aussi viennent de Dieu en ce sens qu’ils ont été de toute éternité portés dans la pensée divine et prédestinés à vivre la vie du Christ à telle époque\, dans telle contrée ; et\, leur vie achevée\, ils quittent le monde et vont vers le Père pour leur éternelle béatitude. Nous pouvons donc\, tout en les mettant sur les lèvres du Christ\, faire nôtres ces paroles et chanter sur elles le cycle de notre vie errante. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle est faite d’un motif qui va du ré au sol et du sol au ré\, presque toujours par degrés conjoints. Ce motif revêt deux formes. Le pressus du sommet rend la seconde beaucoup plus expressive. \n\n\n\nA travers ces montées et ces descentes légères\, fluides\, toujours les mêmes et ans cesse répétées ; (15 fois dans l’ensemble de l’Allelúia et du verset) la voix du Christ nous vient comme de très haut\, planant au-dessus du temps\, au-dessus des évènements\, au-dessus de ses disciples\, au-dessus de la peine qu’ils ont de le voir partir\, au-dessus de nos désirs trop humains à nous aussi\, qui voudrions tant qu’il fût là avec son corps de chair. Et elle chante la seule chose qui importe : le mouvement dans lequel tout être doit avoir son mouvement s’il veut atteindre sa fin : venir du Père\, aller au Père. Et pour la chanter\, elle a l’expression de ce qui ne change pas\, de ce qui ne passe pas\, de ce qui dure : de la joie qui a sa plénitude. C’est une voix de contemplation\, la voix de quelqu’un qui est fixé sur son objet\, sur son bien ; la voix du Christ ressuscité qui juge tout dans sa sagesse infinie\, du Christ heureux dans la volonté du Père qui l’a envoyé et qui le rappelle. \n\n\n\nCe n’est pas que la mélodie soit sans expression ; de beaux accents de tendresse pour le Père montent sur les pressus de a Pátre de vádo de Pátrem ; d’autres\, chargés de désirs et d’amour pour nous\, sur véni et múndum. Mais ce qui le caractérise c’est\, par delà les mots et les neumes\, comme une tendre mélodie ; la mélancolie de tous les départs mais ici tempérée\, dominée même par une douceur qui voudrait consoler ; la douceur inexprimable du discours après la Cène. « Mes petits enfants\, encore un peu de temps je suis avec vous…que votre cœur ne se trouble pas…je ne vous laisserai pas orphelins. Je vais mais je reviendrai vers vous. Il vaut mieux que je parte…Là où je suis\, je veux que vous soyez aussi. Il y a beaucoup de places dans la maison de mon Père. Je vous laisse ma Paix\, je vous donne ma Paix… » \n\n\n\nPour que cette mélodie ait vraiment son expression juste il faut la chanter dans un mouvement modéré\, très souple et sans aucune recherche d’effet. Les crescendo seront très discrets\, la voix effacée\, toutes les notes bien égales\, le rythme très prononcé de façon à donner cette impression de continuité indéfinie\, de calme\, de paix absolue si caractéristique de la contemplation. Les pressus seront eux aussi\, peu poussés encore qu’un accent délicat de ferveur doive y être posé. \n\n\n\nOFFERTOIRE\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nBénissez\, peuples\, le Seigneur notre Dieu.Et faites retentir le chant de sa louange.Lui qui a posé mon âme pour la vieEt n’a pas permis de chanceler à ms pieds.Béni soit le Seigneur qui n’a pas repoussé ma prière et sa miséricorde de moi.Allelúia. Ps. LXV. 8\, 9\, 20. \n\n\n\nDans les versets 8 et 9 du Psaume LXV\, qui forment la première partie de cet Offertoire\, le peuple juif invite les nations à louer le Seigneur qui l’a sauvé d’une catastrophe où il devait périr et dans laquelle il n’a même pas été ébranlé. Le verset 20 est une formule de bénédiction dans laquelle il remercie lui-même le Seigneur de l’avoir exaucé dans sa miséricorde. A eux trois\, ils forment un très beau chant d’action de grâces. \n\n\n\nC’est le Christ et ses membres qui le chantent ici. \n\n\n\nLe Christ en tout premier lieu. Il a bien le droit d’inviter les peuples à bénir et à louer son Père car il vient de les conquérir sur la mort. La conquête a été dure\, mais elle s’est achevée dans l’éclatant triomphe de la résurrection. Le Père lui a donné à nouveau son âme pour la vie ; non seulement pour qu’elle anime son corps mais pour que la vie divine qu’ila en plénitude passe de lui dans tous ceux que la grâce de la Résurrection lui incorporera. Pour tout cela : pour le triomphe\, pour le secours dans l’épreuve\, pour sa prière qu’il a répandue sur tous les siens ; Benedictus Dóminus. Que son Père soit béni. \n\n\n\nAvec le Christ\, toute l’Eglise chante Benedícite géntes. Elle peut bien inviter les nations à la louange ; n’est-elle pas le Christ qui se prolonge sur la terre ? N’a-t-elle pas été\, elle aussi\, sauvée et combien de fois au cours des siècles ? \n\n\n\nEt dans l’Eglise chacun chante pour soi : appelant les peuples à célébrer ce que le Seigneur a fait pour son âme. Il nous a donné la vie : la sienne ; bien souvent peut-être il nous l’a rendue et comme il sait tenir de sa main ferme et forte dans les épreuves variées qui font la trame de nos jours ! Pour avoir si souvent exaucé notre prière\, selon la promesse que votre Fils vient de nous rappeler dans l’Evangile\, pour votre miséricorde qui ne cesse d’être sur nous\, Seigneur\, soyez béni… \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle a très peu d’étendue : le retour répété des notes longues sur fa\, la fixe sur une ligne d’où elle ne s’écarte que par échappée. Elle n’a pas d’éclat ; ni l’invitation n’est pressante\, ni la formule de bénédiction ardente. Elle se développe dans une atmosphère de douceur\, de paix\, de sérénité joyeuse surtout qui est bien celle dans laquelle on se plait à évoquer le Christ\, entre la Résurrection et l’Ascension. \n\n\n\nLa voix demeure dans le grave sur Benedícite géntes\, mais elle fait l’invitation aimable et douce. Sur Dóminum Déum elle se revêt d’un accent de ferveur joyeuse. On notera que le motif de cette incise se rapproche de très près de celui de Dóminus díxit ad me dans l’Introït de la Messe de minuit. \n\n\n\nA part l’arsis do mi sol du début qui lui donne une nuance de joie plus extériorisée\, c’est bien la même tendresse heureuse\, simple\, abandonnée ; la tendresse du Fils\, content jadis de venir dans le monde\, content aujourd’hui de retourner au Père. \n\n\n\nObaudíte vócem éjus a quelque chose de ferme qui fait l’intonation plus pressante et l’incise s’achève sur une cadence aimable qui rappelle ici encore celle de méus es tu dans l’Introït de Noël. \n\n\n\nLa  deuxième phrase chante les bienfaits reçus. La vie d’abord. Le qui pósuit vitam évoque l’in splendóribus qui chantait la génération éternelle dans le Graduel de la Messe de minuit. \n\n\n\nCe n’est qu’un rappel ici encore car la seconde note du second torculus enlève au motif l’autorité majestueuse qu’il prend à Noël sur les lèvres du Père. Elle lui donne par contre quelque chose de plus simple\, de plus doux\, de plus joyeux aussi qui va bien avec l’amabilité\, la bénignité si humaines du Fils. Le même motif est à nouveau esquissé sur ánimam et le mouvement de joie un moment animé par le torculus se fixe presque immobile sur la distropha\, comme si le Christ demeurait un instant en admiration devant la merveille de son âme\, chef d’œuvre de la nature et de la grâce où se concentre toute la vie. Heureuse inspiration vraiment que de faire ainsi le Christ chanter son action de grâces\, pour la vie qui lui a été de nouveau donnée\, sur le motif dont se servait le Père pour chanter sa génération éternelle le jour de sa nativité. \n\n\n\nLa fermeté est la nuance de l’incise suivante. Le motif de dédit bien appuyé sur la double note qui le termine\, repris sur commovéri\, esquissé une troisième fois sur pédes avec la tristropha donne une impression de sécurité\, de solidité qui traduit parfaitement l’idée. \n\n\n\nLa troisième phrase est toute consacrée à l’action de grâces. Le Christ a fini d’inviter à la louange et d’énumérer les bienfaits qu’il a reçus. Il semble désormais fixé sur le Père\, il ne voit que lui et c’est à lui seul qu’il chante sa gratitude. Elle jaillit en une mouvante exclamation : Benedíctus Déus… La mélodie\, tout en gardant sa joie délicate\, épouse cette immobilité de l’âme. Onze fois en trois lignes les distrophas et les tristrophas reviennent se poser sur le fa\, chargées d’amour reconnaissant\, rivées elles aussi\, à cette teneur comme le regard du Fils sur le Père. Les motifs sont d’ailleurs très gracieux dans leur simplicité réduite à l’extrême. Benedíctus Dóminus\, avec le torculus qui amène la tristropha en un  mouvement de paix si doux\, est repris sur non amóvit. Il y a une insistance sur deprecatiónem par la double note\, qui est une bivirga épisématique. Enfin brisant un instant la ligne mais sans troubler la contemplation\, la joie retrouve son élan sur le mot qui porte en lui tout l’amour de Dieu pour nous : misericórdiam súam ; et tout s’achève sur l’Allelúia qui prolonge jusqu’au silence où elle se perd la gratitude du Fils… et la nôtre. \n\n\n\nIl faut chanter dans un bon mouvement pas rapide mais vivant et joyeux : ce n’est pas une joie extatique qui pénètre la mélodie mais une joie très humaine qui\, pour être profonde\, n’en est pas moins pleine de vie. \n\n\n\nAllongez la première note du podatus de Benedícite. L’arsis de Dóminum sera très souple ; la voix lancée sur le podatus retombera douce sur la tristropha ; la double note de obaúdite et celle de laúdis sont des bivirgas épisématiques. \n\n\n\nUn bon départ a tempo\, avec une joie plus marquée au début de la seconde phrase. Posez avec une certaine force la double note de pósuit\, qui est une bivirga épisématique ; mais que les neumes qui suivent soient très légers\, comme toute l’incise d’ailleurs. Très peu de ralenti à vítam. Dans l’incise suivante\, allongez légèrement la première note des podatus de dédit\, de commovéri et le punctum qui précède la virga de pédes. Un bon temps de silence à la fin de la phrase pour marquer le changement d’idée. \n\n\n\nToute la troisième phrase gragnera à être un peu plus lente\, tout en demeurant aussi souple et aussi vivante\, il va de soi. Non est une virga allongée dans les manuscrits. Retenez légèrement le podatus de vit dans amóvit. La double note de deprecatiónem est une bivirga épisématique. Retenez quelque peu les trois premières notes de súam. Tout le dernier Allelúia élargi. \n\n\n\nCOMMUNION\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nChantez au Seigneur\, Allelúia.Chantez au Seigneur\, bénissez son nom.Avec zèle annoncez jour après jourLe salut qui vient de lui Allelúia Allelúia. Ps. XCV. 2. \n\n\n\nIl se pourrait que le Psaume XCV\, ait été chanté lors de l’introduction de l’Arche de l’Alliance dans la tente que David avait préparée pour elle à Jérusalem dès qu’il eut achevé la conquête de son royaume. Il se trouve en effet sous forme  à peu près semblable sitôt après le récit de la fête au premier livre des Chroniques (I Par. XIII. 26). Il est vraisemblable aussi qu’il fit partie du programme musical de la dédicace du Temple après le retour de la captivité comme l’indiquent les Septante. Ce n’est pas seulement en ces deux circonstances d’ailleurs qu’il fut sur les lèvres du peuple. Les Juifs eurent tant de fois à remercier le Seigneur de les avoir sauvés que des occasions innombrables leur étaient offertes de le chanter. Il était le psaume par excellence de l’action de grâces enthousiaste. \n\n\n\nIl est particulièrement bien à sa place au temps de Pâques. L’intronisation à Jérusalem de l’Arche qui fut captive des Philistins\, comme d’ailleurs la dédicace du Temple\, était en effet la figure du retour à Dieu de tous les hommes rachetés\, ressuscités sous la conduite du Christ\, fils de David. C’est donc dans cet esprit d’action de grâces pour le salut de l’humanité\, que l’Eglise le chante ici. Notons bien qu’elle ne demande pas de louer le Seigneur d’une façon générale\, comme dans l’Introït ; elle précise la forme de sa louange : Cantáte\, benedícite\, annuntiáte. Chanter\, c’est à dire lui exprimer les transports d’allégresse que font jaillir dans l’âme le salut du monde et plus particulièrement sa présence Eucharistique en nous\, gage de résurrection et de vie éternelle. Bénir son nom\, du nom nouveau\, du nom au-dessus de tout nom que le Père lui a donné parce qu’il s’est fait obéissant jusqu’à la mort\, comme nous le chantions\, en espérance\, au Graduel du Jeudi Saint\, et qui est Emmanuel : Dieu avec nous. Enfin proclamer le salut qu’il apporte à chacun\, avoir le zèle de faire savoir combien il a été et demeure miséricordieux. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nUne joie ardente et qui veut se communiquer la pénètre toute. \n\n\n\nElle est alerte et entrainante dans l’intonation enveloppant en même temps Dómino d’une nuance de tendresse qui se prolonge discrète et paisible sur les beaux rythmes ternaires de l’Allelúia. \n\n\n\nIl y a plus d’ardeur sur le début de la seconde phrase ; la joie est plus extériorisée si l’on peut dire ; Dómino lui-même entre dans l’élan. Mais peu à peu\, sur benedícite\, revient la discrétion ; il s’agit ici de louer Dieu dans les profondeurs de l’âme et c’est vraiment une touche d’intimité qui est répandue sur nómen éjus ; notez plutôt l’exquise délicatesse de la clivis allongée et de la cadence de éjus. \n\n\n\nVient alors l’admirable motif de béne. C’est moins une invitation qu’une exhortation heureuse\, aimable\, discrète\, comme si l’Eglise voulait nous garder dans le recueillement de l’action de grâces. Nous avons traduit par « de votre mieux » précisément pour tâcher de rendre cette expression très particulière de la mélodie si différente de l’annuntiáte de l’Introït qui\, lui\, poussait à l’action immédiate. Cette modération ce souci de ne pas distraire de la présence divine caractérise d’ailleurs toute la phrase ; le mouvement est partout retenu ; sur nuntiáte\, sur díem et jusque sur le rythme qu’on pourrait bien dire quinaire 3-2\, 3-2\,  de salutáre. La joie légère du début revient pour finir sur les Allelúia mais ici encore tempérée. \n\n\n\nPour chanter cette antienne dans son expression exacte\, il va de soi qu’il faut se faire communicatif ; vouloir entrainer à la joie. Beaucoup d’élan donc dans les arsis\, bien qu’elles soient très brèves ; bien lancer l’accent de cantáte et de Dómino. Beaucoup de souplesse dans les thésis. \n\n\n\nChanter la première phrase d’un seul mouvement et ne ralentissez pas la thésis de la seconde. \n\n\n\nBalancez béne avec grâce et ralentissez les quatre notes qui précèdent le quilisma de nuntiáte. Bien rythmer salutáre en veillant à l’unité du mot. Reprise de joie sur le premier Allelúia. \n\n\n\nCantiques pour Pâques \n\n\n\n\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\n\n\n\nPolyphonies pour Pâques\n\n\n\n\nEcoutes de pièces \n\n\n\n\nZelenka : messe de la Résurrection\n\n\n\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Lundi des Rogations (Litanies mineures)
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n  \nLes rogations sont comme un retour des jours de pénitence au cours du temps pascal. Elles n’existaient pas à Rome à l’époque de Saint Grégoire\, mais dès alors\, il y avait le 25 Avril qu’on appelait les Litanies Majeures. C’était une procession instituée pour prendre la place d’un cortège païen qui emmenait la jeunesse Romaine sacrifier à la déesse Robigo pour lui demander de préserver les blés de la rouille ou de la nielle. Cette procession avait un caractère pénitentiel ; son but était d’apaiser la justice divine irritée par le péché et de demander à Dieu de protéger les moissons. Elle se déroulait selon le rite des processions stationnales. On se réunissait à Saint-Laurent in Lucina. Au départ on chantait sans doute l’Exsurge et le long du parcours\, des répons ; ce n’est qu’à l’approche de Saint-Pierre qu’on commençait les Litanies. Celles-ci achevées\, la messe suivait.\nLe rite aujourd’hui est demeuré le même et pour la procession de la Saint-Marc\, le 25 Avril\, et pour celles des Rogations ; seuls les répons ont disparu. Les Litanies commencent dès le départ et s’achèvent par les prières qui sont chantées à l’arrivée à l’Eglise\, juste avant la messe.\nIl semble bien que primitivement seule la procession avait un caractère de pénitence et de supplication et que la messe était célébrée dans la joie du temps pascal. Saint Grégoire lui-même le laisse entendre dans une lettre qu’il écrivait au peuple de Rome pour le convoquer aux Litanies « que tout le monde appelle Majeures ». « Nous irons à Saint-Pierre\, suppliant le Seigneur par des hymnes et des cantiques spirituels afin que dans la célébration des Saints Mystères nous puissions rendre grâce à sa bonté\, autant qu’il est en notre pouvoir\, pour ses bienfaits passés et futurs ». (P. L. LXXVII. 13. 9.) Tous les textes de la messe en effet\, on le verra\, sont des paroles de reconnaissance. \nLA PROCESSION\nAntienne Exsurge\nLE TEXTE \nDebout\, seigneur\, aide-nous\nEt délivre-nous à cause de ton nom.\nPs. O Dieu\, de nos oreilles nous avons entendu.\nNos pères nous ont dit (ce que tu as fait pour eux). Ps. XLIII\, 26\, 1.\nCes deux versets sont une prière ardente qui est en même temps très habile parce qu’elle fait appel à l’honneur du nom divin et à la fidélité de Dieu à ses promesse.\nIls forment un très beau prélude à la procession qui va se dérouler dans la supplication répétée des Litanies.\nLA MÉLODIE \nC’est la demande très humble d’une âme accablée sous l’épreuve et qui n’ose pas lever les yeux. Le sentiment de dépression est moins poussé que dans l’Introït Exsurge du Dimanche de la Sexagésime qui finit sur le même texte\, mais c’est bien la même supplication effacée\, réservée\, retenue\, sans élan. \nIl faut la chanter lentement. Bien poser l’accent de Dómine en lui donnant un peu de longueur. Retenir légèrement la clivis de ádjuva nos. Ralentir à peine nómen túum\nLITANIES\nBien leur garder leur caractère de supplication. C’est facile dans la première partie par la retombée en demi-ton sur si et la remontée si-do. Dans les autres\, ce l’est moins. Veillez à ne pas donner à Peccatóres un air de triomphe\, on y serait assez porté. \nLA MESSE\nINTROÏT\nLE TEXTE \nIl a écouté\, de son Temple saint\, ma voix.\nAllelúia.\nEt mon cri en sa présence est entré dans ses oreilles.\nAllelúia. Allelúia. \nPs. – Je t’aimerai\, Seigneur\, ma force !\nLe Seigneur est mon abri et mon refuge et mon libérateur. Ps. XVII. 7\, 2\, 3. \nLe Psaume XVII est un cantique d’action de grâces dans lequel David\, après un cri d’amour ardent pour son Sauveur : Diligam te Dómine… expose le processus de sa délivrance. Il était dans l’épreuve\, il a prié\, Dieu l’a écouté et l’a sauvé ; alors\, action de grâces.\nDans l’Introït de la Septuagésime qui y prend aussi son texte\, les différentes phases du drame sont toutes évoquées : circumdedérunt me dolóres mórtis\, et invocávi\, et exaudívit\, diligam te. Ici les deux dernières seulement ont été retenues. Aussi bien ne s’agit-il pour l’Eglise que de rendre grâces. Les épreuves ont été exposées au cours du chemin et la prière aussi. Dieu les a entendues. Son aide n’est pas encore visible dans les prés et les champs qui ne sont qu’en herbe et en fleurs\, mais elle est accordée ; il ne faut plus que l’action du temps\, et la moisson passera la promesse des fleurs.\nC’est dans cette certitude d’espoir qu’il faut chanter cet Introït. \nLA MÉLODIE\nLe texte est des plus simples ; il ne fait que constater que la prière a été entendue. La mélodie\, elle aussi\, n’est qu’un récitatif sans emphase. L’Eglise n’exulte pas ; elle se parle à elle-même\, ou\, si elle se confie\, elle raconte la grâce dont elle est bénéficiaire comme une chose normale dans le cours des relations humano-divines. Seulement on sent partout\, aussi bien dans la ligne générale que dans les détails\, l’émouvante gratitude qui est en elle et qu’elle semble ne pouvoir livrer faute de moyens pour en exprimer l’étendue et la profondeur.\nDès le premier mot\, la voix\, en se posant ferme sur la double note de exaudívit\, met dans la sonorité claire de cette syllabe\, la joie de l’âme enfin satisfaite. Cette joie ne fait ensuite que se laisser aller très simplement à travers le balancement de témplo sáncto\, la remontée de vócem\, la tristropha et l’élan si délicat de l’Allelúia\, vers les cadences en mi de súo\, méam\, Allelúia\, si évocatrices de la tendresse émue dont sont baignés\, au fond de l’âme\, ces simples mots.\nIl y a plus de mouvement dans la deuxième phrase\, voire une discrète exultation. Le texte ne dit rien de plus\, mais il y a un certain lyrisme dans la forme\, qui marque la progression de la prière\, arrivée en présence de Dieu\, reçue par lui\, admise jusqu’en ses oreilles. La mélodie quitte le IVe mode sur in conspéctu et\, par une modulation hardie mais très fine\, s’établit dans le VIIIe mode. Elle se pose un instant sur sol en une cadence lumineuse et ferme puis remonte sur intrávit. L’élan ici est moins marqué. La mélodie se retient\, elle insiste\, comme elle insistera encore sur aúres ; on sent que le recueillement domine à nouveau sur ces deux mots\, comme si\, à l’idée que Dieu a accepté sa demande\, l’âme se refermait sur lui pour lui dire son amour et sa gratitude.\nC’est la même tendresse\, baignée de joie heureuse\, qui anime les deux Allelúia si gracieux.\nLe Psaume alors jaillit comme un beau chant d’amour dans la claire sonorité du la et du si naturel.\nIl est bien clair que chanter cette mélodie « en esprit de pénitence » c’est aller à l’encontre des paroles et de la musique\, et la défigurer totalement.\nIl faut qu’elle soit paisible\, recueillie et joyeuse à la fois.\nVeiller à ne pas s’attarder plus qu’il ne faut sur les cadences en mi de la première phrase\, afin de leur garder leur expression de paix heureuse. Qu’un seul mouvement enveloppe tout\, y compris l’Allelúia qui ne sera en rien forcé.\nLa première incise de la seconde phrase aura le même tempo avec une légère accélération à la fin\, pour la relier à in conspéctu et accuser la venue de la joie qui va dominer un instant. Que le porrectus de conspéctu soit bien léger entre les deux clivis allongées. Arrondissez le torculus si gracieux de introivit. La cadence de éjus très expressive. Une reprise de joie délicate sur le premier Allelúia\, mais sans contraste. \nALLELÚIA\nLE TEXTE \nLouez le Seigneur parce qu’Il est bon.\nParce que éternelle est sa miséricorde. Ps. CXVII. 1. \nL’action de grâces continue. Elle prend cette fois la forme d’un appel à la louange. Sans doute est-il amené par l’épisode de la vie du Prophète Elie rapporté à l’Epître : il pria\, et la pluie ne tomba pas pendant trois ans et six mois… il pria de nouveau\, et le ciel donna de  la pluie. Ainsi le Seigneur exauce-t-il notre prière ; louez-le car il est bon… L’Eglise remercie déjà pour toutes les fécondes rosées qui feront la terre donner son fruit.\nLA MÉLODIE\nElle est très apparentée au Confitémini du Samedi Saint  ; à ce point que\, en plusieurs endroits\, ce sont les mêmes notes sur les mêmes mots mais il y a aussi entre les deux de notables différences. Le Samedi Saint\, l’Allelúia est discret\, gradué\, tout à fait adapté à l’éveil progressif de la joie pascale. Ici il n’y a pas à ménager de transition\, la joie est là depuis le début de la messe ; recueillie\, discrète dans l’Introït\, elle prend tout de suite avec l’Allelúia une ardeur plus vive et même un certain éclat. L’arsis fa-sol-do\, dans un beau mouvement\, va s’épanouir sur la tristropha et se détend ensuite en une thésis très courte mais fort gracieuse qui se relie au jubilus\, très joyeux ; d’une joie assurée\, paisible et sans ombre. \nLe verset\, par contre est moins éclatant que celui du Samedi Saint\, ce n’est plus la joie toute fraiche et si longtemps attendue de Pâques. Le début est le même\, mais la cadence de Dómino a été supprimée ou\, plus exactement\, on y a fait entrer quóniam qui a perdu de ce fait le bel élan qui se prolongeait en exaltation sur bónus. Ces deux mots ont été revêtus d’un motif plus réservé\, plus intime\, plus dans le ton de l’Introït.\nLe deuxième quóniam demeure dans le style du premier. Sur miséricórdia éjus le motif du Samedi Saint revient et le thème de l’Allelúia s’y greffe très habilement avant la dernière syllabe de éjus.\nNe pas précipiter les trois premières notes de l’Allelúia ; elles sont quelque peu allongées dans les manuscrits. Elargir aussi le jubilus : c’est une joie qui s’épanouit plutôt qu’une joie qui exulte.\nCommencez le verset dans un élan plein d’ardeur ; qu’il soit alerte. Allongez un peu la première note de am dans quóniam\, et le climacus de bónus ; de même\, dans la seconde phrase\, la première note de saéculum. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE \nJe louerai le Seigneur on ne peut plus\, par ma voix.\nEt au milieu de la multitude\, je le glorifierai\,\nLui qui s’est tenu à la droite du pauvre (que j’étais) pour sauver des persécuteurs mon âme.\nAllelúia. Ps. CVIII. 30\, 31. \nCes deux versets sont les derniers du Psaume CVIII.  Le Psalmiste\, qui a demandé l’aide de Dieu contre ses ennemis\, se voyant déjà exaucé\, remercie en promettant une louange ardente et partout répétée.\nIls sont parfaitement adaptés à cette messe d’action de grâces pour des bienfaits qui ne sont pas encore arrivés. L’Eglise les a demandés\, ces bienfaits\, tout le long du chemin au rythme des Litanies\, et avec insistance\, suivant les conseils mêmes de Notre Seigneur dans l’Evangile qui vient d’être chanté : « Demandez\, cherchez\, frappez ». Sûre d’être exaucée\, parce que « qui demande recevra\, qui cherche trouvera\, qui frappe verra devant lui s’ouvrir la porte »\, elle chante sa reconnaissance.\nLA MÉLODIE\nElle se déroule dans une atmosphère de joie douce\, délicate\, pleine de tendresse ; on y sent l’âme heureuse qui se berce dans son bonheur\, avec ça et là des accents plus vifs de gratitude.\nLa louange promise ne sera pas quelconque elle prendra toute la vie\, l’assurance en est donnée avec ardeur sur le pressus de nímis. Et ce sera une louange personnelle qui aura la valeur d’un témoignage direct ; in óre méo\, de ma bouche ; l’insistance est très marquée par le développement mélodique et les deux pressus. Au début de la seconde incise\, la mélodie s’allège et prend du mouvement ; elle souligne multórum – car ce sera aussi une louange publique et éclatante – mais seulement en passant comme si l’Eglise était pressée d’arriver à l’objet même de la louange : laudábo éum. Elle monte à la dominante sur éum\, très en relief par la tristropha ; une ardeur très vive commence alors à passer dans les derniers neumes\, se renouvelle sur ástitit avec je ne sais quoi de pressant\, comme un hâte de dévoiler la grande bonté du Seigneur\, et va vers paúperis où elle s’étale à loisir ; notez la montée retenue vers les épisèmes.\nElle ne s’arrête pas là\, elle progresse au contraire vers ce qui est l’objet de la gratitude : ut sálvam fáceret. La mélodie monte plus joyeuse vers la tristropha de sálvam\, rebondit sur celle de fáceret. Alors là\, sans qu’on s’y attende\, brusquement\, est amené sur persequéntibus le motif suppliant qui par quatre fois\, le mercredi des Cendres appelait la miséricorde du Seigneur. Il évoque ici la période terrible des persécutions ; évocation rapide mais émouvante. La mélodie revient à la tonique par le motif très gracieux de ánimam méam ; on y retrouve la paix heureuse du début ; elle se prolonge sur l’Allelúia éclairée encore par les contacts du si naturel et du fa.\nNe pas presser le mouvement\, mais l’entretenir toujours.\nElargissez le punctum de nímis et celui qui précède le pressus de méo ; rattachez laudábo à multórum et commencez-y le crescendo puis accélérez légèrement jusqu’à la première clivis de déxteram. Ne faites pas l’arrêt trop long après paúperis.\nRetenez la note qui précède la tristropha de sálvam\, de même\, la première note du podatus de fáceret et élargissez le torculus de ánimam à cause du grand intervalle. L’Allelúia\, bien dans le mouvement. \nCOMMUNION\nLE TEXTE \nDemandez et vous recevrez.\nCherchez et vous trouverez.\nFrappez et l’on vous ouvrira.\nQuiconque en effet demande reçoit\nEt qui cherche trouve\nEt à qui frappe il sera ouvert\, Allelúia. Luc. XI. 9. 10. \nCe sont les paroles de Notre Seigneur qui ont été lues à l’Evangile.\nC’est lui-même qui les chante ici. D’abord pour dégager la leçon de cette cérémonie des Rogations ; mais aussi pour encourager l’âme\, qui la reçoit en ce moment dans son intimité\, à lui faire part\, dans une absolue confiance\, de tous ses besoins et de tous ses désirs.\nLA MÉLODIE \nElle est composée\, comme le texte d’ailleurs\, de deux phrases – la grande barre qui se trouve après invénit doit être considérée pratiquement comme une demi-barre. Ce serait peut-être trop s’avancer que de vois la seconde comme une variation de la première et pourtant il y a entre les incises de l’une et de l’autre de telles ressemblances qu’on ne peut pas ne pas être frappé de ce parallélisme musical : ómnis qui pétit diffère de pétite et accipiétis que par la cadence ; qui quaérit invénit a la même forme que quærite et inveniéntis\, quelques notes allant vers une cadence très ornée ; pulsáte et pulsánti ont aussi bien des affinités. D’autre part il y a dans les deux phrases la même proportion entre les incises et la même progression d’une incise à l’autre ; la première est simple\, la seconde a sa cadence très développée et la troisième est très amplifiée sur pulsáte et pulsánti…\nIl se dégage de l’ensemble une expression d’amabilité\, d’encouragement. On sent la joie qu’éprouve le Christ  à solliciter des demandes qu’il aura tant de bonheur à exaucer. Tous les mots en sont baignés mais\, plus que les autres\, inveniétis\, pulsáte dans la première phrase et\, dans la seconde\, aperiétis avec la remontée ré-fa et l’Allelúia qui prolonge en des neumes\, souples et retenus\, ce bonheur intime. \nLe mouvement ne sera pas rapide mais très souple. \nRetenez la première note du podatus de Pétite et de celui de accipiétis\, de même les deux notes qui précèdent le quilisma de pulsáte ; le pressus de aperiétus\, très expressif.\nUne reprise a tempo au début de la seconde phrase\, qui sera légère. La première note de podatus de áccipit sera retenue légèrement ; aperiétur sera très rythmé. La double note de tur est une bivirga épisématique\, la presser après l’avoir posée doucement. Bien balancer l’Allelúia dans un mouvement paisible et heureux. \nCantiques pour Pâques\n \n\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\nPolyphonies pour Pâques\n\nEcoutes de pièces\n \n\nZelenka : messe de la Résurrection\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Mardi des Rogations (Litanies mineures)
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n  \nLes rogations sont comme un retour des jours de pénitence au cours du temps pascal. Elles n’existaient pas à Rome à l’époque de Saint Grégoire\, mais dès alors\, il y avait le 25 Avril qu’on appelait les Litanies Majeures. C’était une procession instituée pour prendre la place d’un cortège païen qui emmenait la jeunesse Romaine sacrifier à la déesse Robigo pour lui demander de préserver les blés de la rouille ou de la nielle. Cette procession avait un caractère pénitentiel ; son but était d’apaiser la justice divine irritée par le péché et de demander à Dieu de protéger les moissons. Elle se déroulait selon le rite des processions stationnales. On se réunissait à Saint-Laurent in Lucina. Au départ on chantait sans doute l’Exsurge et le long du parcours\, des répons ; ce n’est qu’à l’approche de Saint-Pierre qu’on commençait les Litanies. 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Tous les textes de la messe en effet\, on le verra\, sont des paroles de reconnaissance. \nLA PROCESSION\nAntienne Exsurge\nLE TEXTE \nDebout\, seigneur\, aide-nous\nEt délivre-nous à cause de ton nom.\nPs. O Dieu\, de nos oreilles nous avons entendu.\nNos pères nous ont dit (ce que tu as fait pour eux). Ps. XLIII\, 26\, 1.\nCes deux versets sont une prière ardente qui est en même temps très habile parce qu’elle fait appel à l’honneur du nom divin et à la fidélité de Dieu à ses promesse.\nIls forment un très beau prélude à la procession qui va se dérouler dans la supplication répétée des Litanies.\nLA MÉLODIE \nC’est la demande très humble d’une âme accablée sous l’épreuve et qui n’ose pas lever les yeux. Le sentiment de dépression est moins poussé que dans l’Introït Exsurge du Dimanche de la Sexagésime qui finit sur le même texte\, mais c’est bien la même supplication effacée\, réservée\, retenue\, sans élan. \nIl faut la chanter lentement. Bien poser l’accent de Dómine en lui donnant un peu de longueur. Retenir légèrement la clivis de ádjuva nos. Ralentir à peine nómen túum\nLITANIES\nBien leur garder leur caractère de supplication. C’est facile dans la première partie par la retombée en demi-ton sur si et la remontée si-do. Dans les autres\, ce l’est moins. Veillez à ne pas donner à Peccatóres un air de triomphe\, on y serait assez porté. \nLA MESSE\nINTROÏT\nLE TEXTE \nIl a écouté\, de son Temple saint\, ma voix.\nAllelúia.\nEt mon cri en sa présence est entré dans ses oreilles.\nAllelúia. Allelúia. \nPs. – Je t’aimerai\, Seigneur\, ma force !\nLe Seigneur est mon abri et mon refuge et mon libérateur. Ps. XVII. 7\, 2\, 3. \nLe Psaume XVII est un cantique d’action de grâces dans lequel David\, après un cri d’amour ardent pour son Sauveur : Diligam te Dómine… expose le processus de sa délivrance. Il était dans l’épreuve\, il a prié\, Dieu l’a écouté et l’a sauvé ; alors\, action de grâces.\nDans l’Introït de la Septuagésime qui y prend aussi son texte\, les différentes phases du drame sont toutes évoquées : circumdedérunt me dolóres mórtis\, et invocávi\, et exaudívit\, diligam te. Ici les deux dernières seulement ont été retenues. Aussi bien ne s’agit-il pour l’Eglise que de rendre grâces. Les épreuves ont été exposées au cours du chemin et la prière aussi. Dieu les a entendues. Son aide n’est pas encore visible dans les prés et les champs qui ne sont qu’en herbe et en fleurs\, mais elle est accordée ; il ne faut plus que l’action du temps\, et la moisson passera la promesse des fleurs.\nC’est dans cette certitude d’espoir qu’il faut chanter cet Introït. \nLA MÉLODIE\nLe texte est des plus simples ; il ne fait que constater que la prière a été entendue. La mélodie\, elle aussi\, n’est qu’un récitatif sans emphase. L’Eglise n’exulte pas ; elle se parle à elle-même\, ou\, si elle se confie\, elle raconte la grâce dont elle est bénéficiaire comme une chose normale dans le cours des relations humano-divines. Seulement on sent partout\, aussi bien dans la ligne générale que dans les détails\, l’émouvante gratitude qui est en elle et qu’elle semble ne pouvoir livrer faute de moyens pour en exprimer l’étendue et la profondeur.\nDès le premier mot\, la voix\, en se posant ferme sur la double note de exaudívit\, met dans la sonorité claire de cette syllabe\, la joie de l’âme enfin satisfaite. Cette joie ne fait ensuite que se laisser aller très simplement à travers le balancement de témplo sáncto\, la remontée de vócem\, la tristropha et l’élan si délicat de l’Allelúia\, vers les cadences en mi de súo\, méam\, Allelúia\, si évocatrices de la tendresse émue dont sont baignés\, au fond de l’âme\, ces simples mots.\nIl y a plus de mouvement dans la deuxième phrase\, voire une discrète exultation. Le texte ne dit rien de plus\, mais il y a un certain lyrisme dans la forme\, qui marque la progression de la prière\, arrivée en présence de Dieu\, reçue par lui\, admise jusqu’en ses oreilles. La mélodie quitte le IVe mode sur in conspéctu et\, par une modulation hardie mais très fine\, s’établit dans le VIIIe mode. Elle se pose un instant sur sol en une cadence lumineuse et ferme puis remonte sur intrávit. L’élan ici est moins marqué. La mélodie se retient\, elle insiste\, comme elle insistera encore sur aúres ; on sent que le recueillement domine à nouveau sur ces deux mots\, comme si\, à l’idée que Dieu a accepté sa demande\, l’âme se refermait sur lui pour lui dire son amour et sa gratitude.\nC’est la même tendresse\, baignée de joie heureuse\, qui anime les deux Allelúia si gracieux.\nLe Psaume alors jaillit comme un beau chant d’amour dans la claire sonorité du la et du si naturel.\nIl est bien clair que chanter cette mélodie « en esprit de pénitence » c’est aller à l’encontre des paroles et de la musique\, et la défigurer totalement.\nIl faut qu’elle soit paisible\, recueillie et joyeuse à la fois.\nVeiller à ne pas s’attarder plus qu’il ne faut sur les cadences en mi de la première phrase\, afin de leur garder leur expression de paix heureuse. Qu’un seul mouvement enveloppe tout\, y compris l’Allelúia qui ne sera en rien forcé.\nLa première incise de la seconde phrase aura le même tempo avec une légère accélération à la fin\, pour la relier à in conspéctu et accuser la venue de la joie qui va dominer un instant. Que le porrectus de conspéctu soit bien léger entre les deux clivis allongées. Arrondissez le torculus si gracieux de introivit. La cadence de éjus très expressive. Une reprise de joie délicate sur le premier Allelúia\, mais sans contraste. \nALLELÚIA\nLE TEXTE \nLouez le Seigneur parce qu’Il est bon.\nParce que éternelle est sa miséricorde. Ps. CXVII. 1. \nL’action de grâces continue. Elle prend cette fois la forme d’un appel à la louange. Sans doute est-il amené par l’épisode de la vie du Prophète Elie rapporté à l’Epître : il pria\, et la pluie ne tomba pas pendant trois ans et six mois… il pria de nouveau\, et le ciel donna de  la pluie. Ainsi le Seigneur exauce-t-il notre prière ; louez-le car il est bon… L’Eglise remercie déjà pour toutes les fécondes rosées qui feront la terre donner son fruit.\nLA MÉLODIE\nElle est très apparentée au Confitémini du Samedi Saint  ; à ce point que\, en plusieurs endroits\, ce sont les mêmes notes sur les mêmes mots mais il y a aussi entre les deux de notables différences. Le Samedi Saint\, l’Allelúia est discret\, gradué\, tout à fait adapté à l’éveil progressif de la joie pascale. Ici il n’y a pas à ménager de transition\, la joie est là depuis le début de la messe ; recueillie\, discrète dans l’Introït\, elle prend tout de suite avec l’Allelúia une ardeur plus vive et même un certain éclat. L’arsis fa-sol-do\, dans un beau mouvement\, va s’épanouir sur la tristropha et se détend ensuite en une thésis très courte mais fort gracieuse qui se relie au jubilus\, très joyeux ; d’une joie assurée\, paisible et sans ombre. \nLe verset\, par contre est moins éclatant que celui du Samedi Saint\, ce n’est plus la joie toute fraiche et si longtemps attendue de Pâques. Le début est le même\, mais la cadence de Dómino a été supprimée ou\, plus exactement\, on y a fait entrer quóniam qui a perdu de ce fait le bel élan qui se prolongeait en exaltation sur bónus. Ces deux mots ont été revêtus d’un motif plus réservé\, plus intime\, plus dans le ton de l’Introït.\nLe deuxième quóniam demeure dans le style du premier. Sur miséricórdia éjus le motif du Samedi Saint revient et le thème de l’Allelúia s’y greffe très habilement avant la dernière syllabe de éjus.\nNe pas précipiter les trois premières notes de l’Allelúia ; elles sont quelque peu allongées dans les manuscrits. Elargir aussi le jubilus : c’est une joie qui s’épanouit plutôt qu’une joie qui exulte.\nCommencez le verset dans un élan plein d’ardeur ; qu’il soit alerte. Allongez un peu la première note de am dans quóniam\, et le climacus de bónus ; de même\, dans la seconde phrase\, la première note de saéculum. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE \nJe louerai le Seigneur on ne peut plus\, par ma voix.\nEt au milieu de la multitude\, je le glorifierai\,\nLui qui s’est tenu à la droite du pauvre (que j’étais) pour sauver des persécuteurs mon âme.\nAllelúia. Ps. CVIII. 30\, 31. \nCes deux versets sont les derniers du Psaume CVIII.  Le Psalmiste\, qui a demandé l’aide de Dieu contre ses ennemis\, se voyant déjà exaucé\, remercie en promettant une louange ardente et partout répétée.\nIls sont parfaitement adaptés à cette messe d’action de grâces pour des bienfaits qui ne sont pas encore arrivés. L’Eglise les a demandés\, ces bienfaits\, tout le long du chemin au rythme des Litanies\, et avec insistance\, suivant les conseils mêmes de Notre Seigneur dans l’Evangile qui vient d’être chanté : « Demandez\, cherchez\, frappez ». Sûre d’être exaucée\, parce que « qui demande recevra\, qui cherche trouvera\, qui frappe verra devant lui s’ouvrir la porte »\, elle chante sa reconnaissance.\nLA MÉLODIE\nElle se déroule dans une atmosphère de joie douce\, délicate\, pleine de tendresse ; on y sent l’âme heureuse qui se berce dans son bonheur\, avec ça et là des accents plus vifs de gratitude.\nLa louange promise ne sera pas quelconque elle prendra toute la vie\, l’assurance en est donnée avec ardeur sur le pressus de nímis. Et ce sera une louange personnelle qui aura la valeur d’un témoignage direct ; in óre méo\, de ma bouche ; l’insistance est très marquée par le développement mélodique et les deux pressus. Au début de la seconde incise\, la mélodie s’allège et prend du mouvement ; elle souligne multórum – car ce sera aussi une louange publique et éclatante – mais seulement en passant comme si l’Eglise était pressée d’arriver à l’objet même de la louange : laudábo éum. Elle monte à la dominante sur éum\, très en relief par la tristropha ; une ardeur très vive commence alors à passer dans les derniers neumes\, se renouvelle sur ástitit avec je ne sais quoi de pressant\, comme un hâte de dévoiler la grande bonté du Seigneur\, et va vers paúperis où elle s’étale à loisir ; notez la montée retenue vers les épisèmes.\nElle ne s’arrête pas là\, elle progresse au contraire vers ce qui est l’objet de la gratitude : ut sálvam fáceret. La mélodie monte plus joyeuse vers la tristropha de sálvam\, rebondit sur celle de fáceret. Alors là\, sans qu’on s’y attende\, brusquement\, est amené sur persequéntibus le motif suppliant qui par quatre fois\, le mercredi des Cendres appelait la miséricorde du Seigneur. Il évoque ici la période terrible des persécutions ; évocation rapide mais émouvante. La mélodie revient à la tonique par le motif très gracieux de ánimam méam ; on y retrouve la paix heureuse du début ; elle se prolonge sur l’Allelúia éclairée encore par les contacts du si naturel et du fa.\nNe pas presser le mouvement\, mais l’entretenir toujours.\nElargissez le punctum de nímis et celui qui précède le pressus de méo ; rattachez laudábo à multórum et commencez-y le crescendo puis accélérez légèrement jusqu’à la première clivis de déxteram. Ne faites pas l’arrêt trop long après paúperis.\nRetenez la note qui précède la tristropha de sálvam\, de même\, la première note du podatus de fáceret et élargissez le torculus de ánimam à cause du grand intervalle. L’Allelúia\, bien dans le mouvement. \nCOMMUNION\nLE TEXTE \nDemandez et vous recevrez.\nCherchez et vous trouverez.\nFrappez et l’on vous ouvrira.\nQuiconque en effet demande reçoit\nEt qui cherche trouve\nEt à qui frappe il sera ouvert\, Allelúia. Luc. XI. 9. 10. \nCe sont les paroles de Notre Seigneur qui ont été lues à l’Evangile.\nC’est lui-même qui les chante ici. D’abord pour dégager la leçon de cette cérémonie des Rogations ; mais aussi pour encourager l’âme\, qui la reçoit en ce moment dans son intimité\, à lui faire part\, dans une absolue confiance\, de tous ses besoins et de tous ses désirs.\nLA MÉLODIE \nElle est composée\, comme le texte d’ailleurs\, de deux phrases – la grande barre qui se trouve après invénit doit être considérée pratiquement comme une demi-barre. Ce serait peut-être trop s’avancer que de vois la seconde comme une variation de la première et pourtant il y a entre les incises de l’une et de l’autre de telles ressemblances qu’on ne peut pas ne pas être frappé de ce parallélisme musical : ómnis qui pétit diffère de pétite et accipiétis que par la cadence ; qui quaérit invénit a la même forme que quærite et inveniéntis\, quelques notes allant vers une cadence très ornée ; pulsáte et pulsánti ont aussi bien des affinités. D’autre part il y a dans les deux phrases la même proportion entre les incises et la même progression d’une incise à l’autre ; la première est simple\, la seconde a sa cadence très développée et la troisième est très amplifiée sur pulsáte et pulsánti…\nIl se dégage de l’ensemble une expression d’amabilité\, d’encouragement. On sent la joie qu’éprouve le Christ  à solliciter des demandes qu’il aura tant de bonheur à exaucer. Tous les mots en sont baignés mais\, plus que les autres\, inveniétis\, pulsáte dans la première phrase et\, dans la seconde\, aperiétis avec la remontée ré-fa et l’Allelúia qui prolonge en des neumes\, souples et retenus\, ce bonheur intime. \nLe mouvement ne sera pas rapide mais très souple. \nRetenez la première note du podatus de Pétite et de celui de accipiétis\, de même les deux notes qui précèdent le quilisma de pulsáte ; le pressus de aperiétus\, très expressif.\nUne reprise a tempo au début de la seconde phrase\, qui sera légère. La première note de podatus de áccipit sera retenue légèrement ; aperiétur sera très rythmé. La double note de tur est une bivirga épisématique\, la presser après l’avoir posée doucement. Bien balancer l’Allelúia dans un mouvement paisible et heureux. \nCantiques pour Pâques\n \n\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\nPolyphonies pour Pâques\n\nEcoutes de pièces\n \n\nZelenka : messe de la Résurrection\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Mercredi des Rogations (Litanies mineures)
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n  \nLes rogations sont comme un retour des jours de pénitence au cours du temps pascal. Elles n’existaient pas à Rome à l’époque de Saint Grégoire\, mais dès alors\, il y avait le 25 Avril qu’on appelait les Litanies Majeures. C’était une procession instituée pour prendre la place d’un cortège païen qui emmenait la jeunesse Romaine sacrifier à la déesse Robigo pour lui demander de préserver les blés de la rouille ou de la nielle. Cette procession avait un caractère pénitentiel ; son but était d’apaiser la justice divine irritée par le péché et de demander à Dieu de protéger les moissons. Elle se déroulait selon le rite des processions stationnales. On se réunissait à Saint-Laurent in Lucina. Au départ on chantait sans doute l’Exsurge et le long du parcours\, des répons ; ce n’est qu’à l’approche de Saint-Pierre qu’on commençait les Litanies. Celles-ci achevées\, la messe suivait.\nLe rite aujourd’hui est demeuré le même et pour la procession de la Saint-Marc\, le 25 Avril\, et pour celles des Rogations ; seuls les répons ont disparu. Les Litanies commencent dès le départ et s’achèvent par les prières qui sont chantées à l’arrivée à l’Eglise\, juste avant la messe.\nIl semble bien que primitivement seule la procession avait un caractère de pénitence et de supplication et que la messe était célébrée dans la joie du temps pascal. Saint Grégoire lui-même le laisse entendre dans une lettre qu’il écrivait au peuple de Rome pour le convoquer aux Litanies « que tout le monde appelle Majeures ». « Nous irons à Saint-Pierre\, suppliant le Seigneur par des hymnes et des cantiques spirituels afin que dans la célébration des Saints Mystères nous puissions rendre grâce à sa bonté\, autant qu’il est en notre pouvoir\, pour ses bienfaits passés et futurs ». (P. L. LXXVII. 13. 9.) Tous les textes de la messe en effet\, on le verra\, sont des paroles de reconnaissance. \nLA PROCESSION\nAntienne Exsurge\nLE TEXTE \nDebout\, seigneur\, aide-nous\nEt délivre-nous à cause de ton nom.\nPs. O Dieu\, de nos oreilles nous avons entendu.\nNos pères nous ont dit (ce que tu as fait pour eux). Ps. XLIII\, 26\, 1.\nCes deux versets sont une prière ardente qui est en même temps très habile parce qu’elle fait appel à l’honneur du nom divin et à la fidélité de Dieu à ses promesse.\nIls forment un très beau prélude à la procession qui va se dérouler dans la supplication répétée des Litanies.\nLA MÉLODIE \nC’est la demande très humble d’une âme accablée sous l’épreuve et qui n’ose pas lever les yeux. Le sentiment de dépression est moins poussé que dans l’Introït Exsurge du Dimanche de la Sexagésime qui finit sur le même texte\, mais c’est bien la même supplication effacée\, réservée\, retenue\, sans élan. \nIl faut la chanter lentement. Bien poser l’accent de Dómine en lui donnant un peu de longueur. Retenir légèrement la clivis de ádjuva nos. Ralentir à peine nómen túum\nLITANIES\nBien leur garder leur caractère de supplication. C’est facile dans la première partie par la retombée en demi-ton sur si et la remontée si-do. Dans les autres\, ce l’est moins. Veillez à ne pas donner à Peccatóres un air de triomphe\, on y serait assez porté. \nLA MESSE\nINTROÏT\nLE TEXTE \nIl a écouté\, de son Temple saint\, ma voix.\nAllelúia.\nEt mon cri en sa présence est entré dans ses oreilles.\nAllelúia. Allelúia. \nPs. – Je t’aimerai\, Seigneur\, ma force !\nLe Seigneur est mon abri et mon refuge et mon libérateur. Ps. XVII. 7\, 2\, 3. \nLe Psaume XVII est un cantique d’action de grâces dans lequel David\, après un cri d’amour ardent pour son Sauveur : Diligam te Dómine… expose le processus de sa délivrance. Il était dans l’épreuve\, il a prié\, Dieu l’a écouté et l’a sauvé ; alors\, action de grâces.\nDans l’Introït de la Septuagésime qui y prend aussi son texte\, les différentes phases du drame sont toutes évoquées : circumdedérunt me dolóres mórtis\, et invocávi\, et exaudívit\, diligam te. Ici les deux dernières seulement ont été retenues. Aussi bien ne s’agit-il pour l’Eglise que de rendre grâces. Les épreuves ont été exposées au cours du chemin et la prière aussi. Dieu les a entendues. Son aide n’est pas encore visible dans les prés et les champs qui ne sont qu’en herbe et en fleurs\, mais elle est accordée ; il ne faut plus que l’action du temps\, et la moisson passera la promesse des fleurs.\nC’est dans cette certitude d’espoir qu’il faut chanter cet Introït. \nLA MÉLODIE\nLe texte est des plus simples ; il ne fait que constater que la prière a été entendue. La mélodie\, elle aussi\, n’est qu’un récitatif sans emphase. L’Eglise n’exulte pas ; elle se parle à elle-même\, ou\, si elle se confie\, elle raconte la grâce dont elle est bénéficiaire comme une chose normale dans le cours des relations humano-divines. Seulement on sent partout\, aussi bien dans la ligne générale que dans les détails\, l’émouvante gratitude qui est en elle et qu’elle semble ne pouvoir livrer faute de moyens pour en exprimer l’étendue et la profondeur.\nDès le premier mot\, la voix\, en se posant ferme sur la double note de exaudívit\, met dans la sonorité claire de cette syllabe\, la joie de l’âme enfin satisfaite. Cette joie ne fait ensuite que se laisser aller très simplement à travers le balancement de témplo sáncto\, la remontée de vócem\, la tristropha et l’élan si délicat de l’Allelúia\, vers les cadences en mi de súo\, méam\, Allelúia\, si évocatrices de la tendresse émue dont sont baignés\, au fond de l’âme\, ces simples mots.\nIl y a plus de mouvement dans la deuxième phrase\, voire une discrète exultation. Le texte ne dit rien de plus\, mais il y a un certain lyrisme dans la forme\, qui marque la progression de la prière\, arrivée en présence de Dieu\, reçue par lui\, admise jusqu’en ses oreilles. La mélodie quitte le IVe mode sur in conspéctu et\, par une modulation hardie mais très fine\, s’établit dans le VIIIe mode. Elle se pose un instant sur sol en une cadence lumineuse et ferme puis remonte sur intrávit. L’élan ici est moins marqué. La mélodie se retient\, elle insiste\, comme elle insistera encore sur aúres ; on sent que le recueillement domine à nouveau sur ces deux mots\, comme si\, à l’idée que Dieu a accepté sa demande\, l’âme se refermait sur lui pour lui dire son amour et sa gratitude.\nC’est la même tendresse\, baignée de joie heureuse\, qui anime les deux Allelúia si gracieux.\nLe Psaume alors jaillit comme un beau chant d’amour dans la claire sonorité du la et du si naturel.\nIl est bien clair que chanter cette mélodie « en esprit de pénitence » c’est aller à l’encontre des paroles et de la musique\, et la défigurer totalement.\nIl faut qu’elle soit paisible\, recueillie et joyeuse à la fois.\nVeiller à ne pas s’attarder plus qu’il ne faut sur les cadences en mi de la première phrase\, afin de leur garder leur expression de paix heureuse. Qu’un seul mouvement enveloppe tout\, y compris l’Allelúia qui ne sera en rien forcé.\nLa première incise de la seconde phrase aura le même tempo avec une légère accélération à la fin\, pour la relier à in conspéctu et accuser la venue de la joie qui va dominer un instant. Que le porrectus de conspéctu soit bien léger entre les deux clivis allongées. Arrondissez le torculus si gracieux de introivit. La cadence de éjus très expressive. Une reprise de joie délicate sur le premier Allelúia\, mais sans contraste. \nALLELÚIA\nLE TEXTE \nLouez le Seigneur parce qu’Il est bon.\nParce que éternelle est sa miséricorde. Ps. CXVII. 1. \nL’action de grâces continue. Elle prend cette fois la forme d’un appel à la louange. Sans doute est-il amené par l’épisode de la vie du Prophète Elie rapporté à l’Epître : il pria\, et la pluie ne tomba pas pendant trois ans et six mois… il pria de nouveau\, et le ciel donna de  la pluie. Ainsi le Seigneur exauce-t-il notre prière ; louez-le car il est bon… L’Eglise remercie déjà pour toutes les fécondes rosées qui feront la terre donner son fruit.\nLA MÉLODIE\nElle est très apparentée au Confitémini du Samedi Saint  ; à ce point que\, en plusieurs endroits\, ce sont les mêmes notes sur les mêmes mots mais il y a aussi entre les deux de notables différences. Le Samedi Saint\, l’Allelúia est discret\, gradué\, tout à fait adapté à l’éveil progressif de la joie pascale. Ici il n’y a pas à ménager de transition\, la joie est là depuis le début de la messe ; recueillie\, discrète dans l’Introït\, elle prend tout de suite avec l’Allelúia une ardeur plus vive et même un certain éclat. L’arsis fa-sol-do\, dans un beau mouvement\, va s’épanouir sur la tristropha et se détend ensuite en une thésis très courte mais fort gracieuse qui se relie au jubilus\, très joyeux ; d’une joie assurée\, paisible et sans ombre. \nLe verset\, par contre est moins éclatant que celui du Samedi Saint\, ce n’est plus la joie toute fraiche et si longtemps attendue de Pâques. Le début est le même\, mais la cadence de Dómino a été supprimée ou\, plus exactement\, on y a fait entrer quóniam qui a perdu de ce fait le bel élan qui se prolongeait en exaltation sur bónus. Ces deux mots ont été revêtus d’un motif plus réservé\, plus intime\, plus dans le ton de l’Introït.\nLe deuxième quóniam demeure dans le style du premier. Sur miséricórdia éjus le motif du Samedi Saint revient et le thème de l’Allelúia s’y greffe très habilement avant la dernière syllabe de éjus.\nNe pas précipiter les trois premières notes de l’Allelúia ; elles sont quelque peu allongées dans les manuscrits. Elargir aussi le jubilus : c’est une joie qui s’épanouit plutôt qu’une joie qui exulte.\nCommencez le verset dans un élan plein d’ardeur ; qu’il soit alerte. Allongez un peu la première note de am dans quóniam\, et le climacus de bónus ; de même\, dans la seconde phrase\, la première note de saéculum. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE \nJe louerai le Seigneur on ne peut plus\, par ma voix.\nEt au milieu de la multitude\, je le glorifierai\,\nLui qui s’est tenu à la droite du pauvre (que j’étais) pour sauver des persécuteurs mon âme.\nAllelúia. Ps. CVIII. 30\, 31. \nCes deux versets sont les derniers du Psaume CVIII.  Le Psalmiste\, qui a demandé l’aide de Dieu contre ses ennemis\, se voyant déjà exaucé\, remercie en promettant une louange ardente et partout répétée.\nIls sont parfaitement adaptés à cette messe d’action de grâces pour des bienfaits qui ne sont pas encore arrivés. L’Eglise les a demandés\, ces bienfaits\, tout le long du chemin au rythme des Litanies\, et avec insistance\, suivant les conseils mêmes de Notre Seigneur dans l’Evangile qui vient d’être chanté : « Demandez\, cherchez\, frappez ». Sûre d’être exaucée\, parce que « qui demande recevra\, qui cherche trouvera\, qui frappe verra devant lui s’ouvrir la porte »\, elle chante sa reconnaissance.\nLA MÉLODIE\nElle se déroule dans une atmosphère de joie douce\, délicate\, pleine de tendresse ; on y sent l’âme heureuse qui se berce dans son bonheur\, avec ça et là des accents plus vifs de gratitude.\nLa louange promise ne sera pas quelconque elle prendra toute la vie\, l’assurance en est donnée avec ardeur sur le pressus de nímis. Et ce sera une louange personnelle qui aura la valeur d’un témoignage direct ; in óre méo\, de ma bouche ; l’insistance est très marquée par le développement mélodique et les deux pressus. Au début de la seconde incise\, la mélodie s’allège et prend du mouvement ; elle souligne multórum – car ce sera aussi une louange publique et éclatante – mais seulement en passant comme si l’Eglise était pressée d’arriver à l’objet même de la louange : laudábo éum. Elle monte à la dominante sur éum\, très en relief par la tristropha ; une ardeur très vive commence alors à passer dans les derniers neumes\, se renouvelle sur ástitit avec je ne sais quoi de pressant\, comme un hâte de dévoiler la grande bonté du Seigneur\, et va vers paúperis où elle s’étale à loisir ; notez la montée retenue vers les épisèmes.\nElle ne s’arrête pas là\, elle progresse au contraire vers ce qui est l’objet de la gratitude : ut sálvam fáceret. La mélodie monte plus joyeuse vers la tristropha de sálvam\, rebondit sur celle de fáceret. Alors là\, sans qu’on s’y attende\, brusquement\, est amené sur persequéntibus le motif suppliant qui par quatre fois\, le mercredi des Cendres appelait la miséricorde du Seigneur. Il évoque ici la période terrible des persécutions ; évocation rapide mais émouvante. La mélodie revient à la tonique par le motif très gracieux de ánimam méam ; on y retrouve la paix heureuse du début ; elle se prolonge sur l’Allelúia éclairée encore par les contacts du si naturel et du fa.\nNe pas presser le mouvement\, mais l’entretenir toujours.\nElargissez le punctum de nímis et celui qui précède le pressus de méo ; rattachez laudábo à multórum et commencez-y le crescendo puis accélérez légèrement jusqu’à la première clivis de déxteram. Ne faites pas l’arrêt trop long après paúperis.\nRetenez la note qui précède la tristropha de sálvam\, de même\, la première note du podatus de fáceret et élargissez le torculus de ánimam à cause du grand intervalle. L’Allelúia\, bien dans le mouvement. \nCOMMUNION\nLE TEXTE \nDemandez et vous recevrez.\nCherchez et vous trouverez.\nFrappez et l’on vous ouvrira.\nQuiconque en effet demande reçoit\nEt qui cherche trouve\nEt à qui frappe il sera ouvert\, Allelúia. Luc. XI. 9. 10. \nCe sont les paroles de Notre Seigneur qui ont été lues à l’Evangile.\nC’est lui-même qui les chante ici. D’abord pour dégager la leçon de cette cérémonie des Rogations ; mais aussi pour encourager l’âme\, qui la reçoit en ce moment dans son intimité\, à lui faire part\, dans une absolue confiance\, de tous ses besoins et de tous ses désirs.\nLA MÉLODIE \nElle est composée\, comme le texte d’ailleurs\, de deux phrases – la grande barre qui se trouve après invénit doit être considérée pratiquement comme une demi-barre. Ce serait peut-être trop s’avancer que de vois la seconde comme une variation de la première et pourtant il y a entre les incises de l’une et de l’autre de telles ressemblances qu’on ne peut pas ne pas être frappé de ce parallélisme musical : ómnis qui pétit diffère de pétite et accipiétis que par la cadence ; qui quaérit invénit a la même forme que quærite et inveniéntis\, quelques notes allant vers une cadence très ornée ; pulsáte et pulsánti ont aussi bien des affinités. D’autre part il y a dans les deux phrases la même proportion entre les incises et la même progression d’une incise à l’autre ; la première est simple\, la seconde a sa cadence très développée et la troisième est très amplifiée sur pulsáte et pulsánti…\nIl se dégage de l’ensemble une expression d’amabilité\, d’encouragement. On sent la joie qu’éprouve le Christ  à solliciter des demandes qu’il aura tant de bonheur à exaucer. Tous les mots en sont baignés mais\, plus que les autres\, inveniétis\, pulsáte dans la première phrase et\, dans la seconde\, aperiétis avec la remontée ré-fa et l’Allelúia qui prolonge en des neumes\, souples et retenus\, ce bonheur intime. \nLe mouvement ne sera pas rapide mais très souple. \nRetenez la première note du podatus de Pétite et de celui de accipiétis\, de même les deux notes qui précèdent le quilisma de pulsáte ; le pressus de aperiétus\, très expressif.\nUne reprise a tempo au début de la seconde phrase\, qui sera légère. La première note de podatus de áccipit sera retenue légèrement ; aperiétur sera très rythmé. La double note de tur est une bivirga épisématique\, la presser après l’avoir posée doucement. Bien balancer l’Allelúia dans un mouvement paisible et heureux. \nCantiques pour Pâques\n \n\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\nPolyphonies pour Pâques\n\nEcoutes de pièces\n \n\nZelenka : messe de la Résurrection\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Ascension du Seigneur
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nINTROÏT\nLE TEXTE\nHommes de Galilée\, pourquoi demeurez-vous en admiration en regardant le ciel.Allelúia.De même que vous l’avez vu monter au ciel\, ainsi il viendra.Allelúia\, Allelúia\, Allelúia.Ps. – Toutes les nations\, battez des mains.Acclamez Dieu dans un cri de joie. Act. I\, 11. Ps. XLVI. 2.Ce sont les paroles mêmes des deux hommes vêtus de blanc aux disciples qui  demeuraient les yeux fixés sur le point du ciel où Notre Seigneur venait de disparaître.Dans le jeu liturgique\, ce sont encore les deux messagers célestes qui chantent par la voix de l’église. Ils nous disent les mêmes paroles\, à nous qui demeurons aussi fixés sur l’image du Christ montant dans la gloire : « qu’avez-vous à demeurer en admiration\, à regarder\, où il n’y a plus rien à voir ? Le premier acte du mystère est achevé\, c’est vers le second\, qui sera le triomphe éternel du Christ – et le vôtre -\, qu’il faut désormais vous tourner ; car il viendra comme il est monté\, sur les nuées du ciel ; c’est lui qui l’a dit. » (Math. XX V. 39.)Ainsi\, comme au cours de l’Avent\, comme à Noël\, comme à l’Epiphanie\, comme à Pâques c’est vers le triomphe éternel du Christ que notre joie est dirigée.Dans le Psaume\, L’Eglise invite tous les peuples à louer le Seigneur pour sa gloire d’aujourd’hui et pour celle de demain. \nLA MÉLODIE\nL’interrogation des anges surgit brusquement\, sans préparation\, directe\, vive\, un peu en coup de théâtre\, comme ce dut être. Elle est débordante de joie ; une joie légère qui plane sur la distropha des admirámini\, avec peut-être une pointe d’esprit éveillée par l’attitude des disciples\, et qui\, après une courbe gracieuse sur aspiciéntes\, reste suspendue en interrogation sur caélum.La prédiction qui suit du prendre sur les lèvres des messagers divins un tout autre ton ? Il s’agissait de proclamer le retour du Christ et de le faire entrer dans l’esprit des disciples comme une certitude qui serait aussi leur consolation.On imagine une affirmation ferme et insistante. C’est bien ainsi que l’auteur de l’Introït l’a conçue. Il a fixé la mélodie en une teneur sur do avec seulement quelques broderies qui y ramènent toutes les cadences. Il en résulte une expression d’autorité qui s’impose\, avec\, sur íta véniet\, quelque chose de solennel qui évoque ce que sera cette venue en « puissance et en majesté ». En tout cela rien de dur\, il va de soi. Saint Luc nous dit que les disciples s’en allèrent plein de joie ; c’est donc que les paroles des messagers étaient pénétrées de douceur et d’onction. La mélodie l’est aussi. Même íta véniet ; c’est à faux qu’on mettrait sur ces deux mots\, je ne sais quelle nuance annonciatrice des terreurs du Jugement dernier ; les anges s’adressaient à ceux qui seront assis avec le Christ pour juger et à nous qui serons juges avec eux\, c’est donc bien plutôt la joie de ce triomphe final qui est évoquée\, comme une vision lointaine\, sur la tristropha légère et douce.Il n’y a d’ailleurs pas d’opposition entre les deux phrases : la joie de la première passe dans la seconde\, se mêle à la prophétie\, pour ajouter encore à la consolation divine qui s’en dégage\, et éclate\, vibrante d’ardeur\, sur le premier Allelúia avant de se perdre\, gracieuse et paisible\, sur la cadence finale.Le mouvement doit être assez vif et léger. Il faut donc veiller à ce que tout soit très souple : les clivis de Galílæi\, le podatus de admirámini et la distropha qui sera soulevée. Reliez aspiciéntes à admirámini. Faites le torculus et le porrectus de caélum bien réguliers. Après l’Allelúia\, bien posé sur la cadence\, repartez a tempo sur quemádmodum\, passez par-dessus le quart de barre qui précède ascendéntem\, et veillez à ce que la tristropha de véniet soit soulevée\, légère\, et comme mystérieuse.Reprenez le mouvement sur ces Allelúia qui seront pleins de vie et de joie.Le Psaume\, qui est un appel à la joie\, devra être bien rythmé et entraînant. \nALLELÚIA I\nLE TEXTE\nIl s’élève\, Dieu\, au milieu des acclamations.Et le Seigneur\, au son de la trompette. Ps. XLVI\, 6.Le Psaume XLVI est un hymne de louange à Dieu en reconnaissance d’une victoire éclatante. Le Psalmiste le montre comme le vainqueur montant en triomphe vers son palais au milieu des ovations et des fanfares.Il va de soi que\, par delà la victoire sur les ennemis d’Israël\, c’est le triomphe du Christ sur les ennemis de Dieu\, et son retour triomphal vers son Père qui est chanté là\, de sorte que ces deux versets s’appliquent d’eux-mêmes à l’Ascension. Toutefois\, la célébration de cet événement glorieux n’épuise par leur sens car\, sur le mont des Oliviers\, lorsque Notre Seigneur s’éleva\, il n’y eut ni les acclamations ni les  sonneries triomphales qu’ils annoncent. Il faut donc aller plus loin et\, dans cette Ascension qui achève le premier avènement\, chanter déjà l’Ascension qui finira le second ; quand le Christ\, vainqueur du dernier combat\, montera vers son Père au milieu des ovations de tous les élus et de la musique de la terre nouvelle et des cieux nouveaux. \nLA MÉLODIE\nC’est une mélodie type. Nous l’avons déjà rencontrée trois fois : le IIIe Dimanche de l’Avent \,  à la fête des Saints Innocents et le IIe Dimanche après l’Epiphanie  ; nous eussions pu l’entendre encore le Samedi de Pâques et nous l’entendrons à nouveau le Dimanche de la Pentecôte . Deux fois\, le texte qu’elle revêt est une prière ; Excíta poténtiam túam et véni\, le IIIe Dimanche de l’Avent\, Emítte Spíritum túum\, le Dimanche de la Pentecôte. L’application là en est excellente ; son caractère discret\, contemplatif s’harmonisant parfaitement avec la supplication. Les autres textes\, sont des invitations à louer Dieu\, l’adaptation\, moins bonne y est encore très heureuse car une invitation est bien une sorte de prière. Mais ici le texte est un récit qui comporte un certain enthousiasme\, et on pourrait être déçu de ne pas trouver dans la mélodie l’ardeur grandiose qui convient\, si l’on ne prenait soin de mettre cet Allelúia dans son contexte liturgique.Il y a en effet bien des façons de se réjouir et de s’enthousiasmer : les réactions provoquées par les événements heureux ne s’expriment pas toutes\, Dieu merci\, par des acclamations et des cris. C’est affaire de circonstances. Or nous venons juste d’entendre le récit de l’Ascension; le Christ monte bien dans la gloire\, mais nous\, nous le perdons ; dès lors\, une joie éclatante est-elle de mise ? On ne conçoit pas les disciples descendant les pentes du mont des Oliviers dans l’exaltation. Ils étaient dans la joie\, Saint Luc le dit expressément\, mais leur cœur en même temps ne demeurait-il pas serré d’avoir vu partir le Maître adoré ? Une telle joie\, toute dans les profondeurs de l’âme\, ne pouvait s’exprimer que d’une manière très discrète. Telle est aussi l’attitude de l’Eglise. C’est pourquoi cette mélodie\, dans sa discrétion\, est parfaitement adaptée. Elle est joyeuse mais d’une joie toute simple avec une touche délicate de recueillement\, voire de contemplation.La première incise de l’Allelúia Excita a été modifiée.La très belle supplication de excita Dómine a disparu ; c’est bien ainsi car elle n’avait pas sa raison d’être dans un simple récit et elle eut nui à l’expansion de la joie.Celle-ci\, dans la première phrase\, pénètre tout juste les mots ; elle ne s’épanouit que sur Jubilatióne en un motif d’ailleurs extrêmement gracieux. Mais dans la seconde\, elle revêt sur Dóminus son caractère nettement contemplatif ; le récit est interrompu sur le nom divin évoquant le Seigneur qui vient de disparaître\, l’Eglise se laisse aller à ses souvenirs. Sur les mêmes rythmes paisibles\, elle appelait le Messie au temps de l’Avent dans la joie de son espérance…Il est venu. Il est remonté\, sa tâche de Rédempteur accomplie. Elle le contemple aujourd’hui dans la gloire et\, consolée par l’íta véniet des anges\, chante déjà son retour et son Ascension dernière vers le Père avec tous ses membres.Il faut chanter cet Allelúia dans une grande simplicité mais avec beaucoup de vie et de joie.Les accents de Déus et de Jubilatióne seront un peu allongés et la vocalise de Dóminus très liée\, les épisèmes horizontaux légers et bien dans le mouvement. La troisième note de túbæ est un salicus. Veillez bien à faire la formule finale souple et balancée. \nALLELÚIA II\nLE TEXTE\nLe Seigneur\, du Sinaï (vient) dans son sanctuaires’élevant sur la hauteur (de Sion).Il a amené avec lui la captivité captive. LXVII. 18\, 19.Le psaume LXVII célèbre le Dieu d’Israël qui\, après avoir délivré son peuple d’Egypte\, l’a conduit du mont Sinaï dans la Terre Promise et après la lui avoir conquise\, est monté sur la hauteur de Sion et est entré dans son Temple\, traînant après lui les captifs faits dans les combats.Tel est le sens de ces deux versets.Eux aussi entrent\, sans qu’il y ait  à les solliciter\, dans la liturgie de l’Ascension. La sortie d’Egypte\, la marche à travers le désert\, la conquête de la Terre Promise\, la montée de l’Arche vers Jérusalem figuraient en effet la délivrance des hommes du joug de Satan\, la conquête par le Christ de la vie éternelle et la montée de tous les élus\, à sa suite\, vers le Père dans le Paradis retrouvé.Cette montée a commencé le jour de l’Ascension. Le Christ\, nous le savons\, n’est pas monté seul : les âmes des justes qui étaient dans les limbes l’ont suivi\, les autres ont pris leur rang à mesure que la mort les a délivrées et elles continuent de le prendre\, de sorte que le cortège n’a jamais été interrompu\, il dure toujours.Voilà la « captivité captive » que le Christ emmène. Le mot demande explication. Captifs\, nous l’étions tous\, et du démon\, et du péché\, et de nous-mêmes. Notre Seigneur nous a délivrés\, puis\, par son amour\, il nous a fait captifs de lui-même ; il nous a pris. Nous le sommes plus ou moins durant notre vie\, mais ceux à qui la mort permet de le voir\, le sont au point de ne plus pouvoir le quitter. Ce cortège des captifs de l’amour s’allongera jusqu’à ce que le dernier homme vienne s’y joindre. Alors\, ce sera la fin : la résurrection et l’ascension dernière des corps et des âmes de la captivité captive\, conduite par le Christ ver le Père pour l’éternelle béatitude.On le voit\, l’idée de cette montée suprême\, contenue implicitement dans l’Introït \, évoquée dans les acclamations et les trompettes du premier Allelúia\, prend ici toute son ampleur. \nLA MÉLODIE\nElle est\, comme la précédente\, une mélodie type. On la trouve à toutes les étapes du mystère du Christ : le Ier Dimanche de l’Avent \, la nuit de Noël \, le IIe Dimanche après l’Epiphanie \, le samedi de Pâques .Son caractère paisible\, recueilli\, contemplatif est parfaitement adapté à la joie délicate de l’Ascension et sert admirablement le texte.Dóminus\, qui commençait aussi l’Allelúia de Noël\, a la même expression de bonheur intime\, avec une discrète ardeur qui se développe au cours de l’incise et s’épanouit fort à propos sur in sáncto\, qui indique ici le ciel. Très heureux aussi le torculus de ascéndens ; la joie s’avive sur ce mot du jour\, tout en gardant sa douce réserve.La seconde phrase est nettement contemplative. Sur les neumes\, qui s’étalent sans se presser\, l’Eglise chante le Christ et le cortège de la captivité captive qui depuis l’Ascension s’élève à sa suite\, et demeure un instant\, perdue à en contempler la splendeur.Chantez dans un mouvement modéré\, avec beaucoup de simplicité ici encore. Faites de la première incise un seul mouvement qui s’épanouira sur sáncto et se continuera dans l’incise suivante. Le torculus de ascéndens sera légèrement élargi.La seconde phrase\, très souple et très liée. A la fin de la première incise\, la voix s’épanouira doucement sur la tristropha et se laissera aller sur les deux mouvements de l’incise suivante.La reprise du chœur sur captivitátem aura un peu plus de mouvement. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nIl monte\, Dieu\, au milieu des acclamations.Et le Seigneur au son des trompettes. Ps. XLVI\, 6.C’est le texte même du premier Allelúia. Il paraphrase ici le miracle rapporté dans les derniers mots de l’Evangile\, comme il le paraphrasait\, il n’y a qu’un instant\, après les derniers mots de l’Epître. L’interprétation en est donc rigoureusement la même. \nLA MÉLODIE\nElle est pénétrée d’un bel enthousiasme ardent et joyeux que nous n’avons pas encore rencontré dans l’office.La première incise décrit la montée de Notre Seigneur. Bien posé sur la première note du porrectus et quelque peu retenu par le ralenti du quilisma\, le chant s’élève par degrés conjoints dans un rythme mesuré\, souple et fort sur lequel la joie s’exalte progressivement. On notera particulièrement Déus avec l’accent tonique qui communique une nouvelle ardeur à l’arsis et la retombée gracieuse qui enveloppe le mot de vénération.La joie se laisse aller quelque peu sur jubilatióne ; légère d’abord\, elle vibre sur les notes longues de la fin du dernier motif\, mais sans éclater\, elle garde sa réserve.La seconde phrase se développe dans la même atmosphère. A noter le motif de jubilatióne repris sur Dóminus et même sur in vóce ; il donne à toute la phrase un caractère de grâce aimable\, de bonheur paisible\, de joie intérieure\, dans un recueillement qui se fait de plus en plus profond jusqu’à ce qu’il rejoigne un instant le silence à travers la cadence si simple de túbæ.L’Allelúia s’élève alors comme une contemplation où l’on découvre sans peine une nuance de mélancolie… la nostalgie du Maître adoré qui est parti.Il doit  y avoir dans la montée de ascéndit Déus un crescendo-accelerando qui se détendra gracieusement sur les notes qui précèdent le quilisma de Déus ; ce léger ralenti du la et du sol ne doit pas toutefois affecter la cadence\, il faut que le mouvement passe de Déus à in jubilatióne.Posez bien la première note de ti dans jubilatióne et commencez-y l’arsis qui s’épanouira sur le sommet.Repartez a tempo sur Dóminus. Les deux torculus de túbæ\, à peine ralentis.Il faut se complaire dans l’Allelúia sans retenir le mouvement\, il va de soi. La double note sur fa qui suit la clivis allongée est une bivirga et la triple note avant le torculus de la fin\, une trivirga ; les appuyer quelque peu et les prolonger. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nChantez un Psaume au SeigneurQui s’élève par dessus les cieuxDu côté de l’Orient.Allelúia. Ps. LXVII. 33\, 34.Ces versets\, qui sont dans les derniers du Psaume\, sont un appel du peuple Juif aux nations étrangères pour les inviter à célébrer son Roi qui revient vainqueur dans son palais.Ils entrent d’eux-mêmes dans la liturgie de l’Ascension. L’Eglise invite ses membres\, et ceux-là surtout qui communient sacramentellement ou spirituellement au sacrifice\, à louer le Seigneur…qui se perd peu à peu au-dessus des cieux du côté de l’Orient. \nLA MÉLODIE\nL’intonation reproduit celle de la communion du Dimanche précédent mais une quinte au-dessous\, ce qui lui donne une nuance de discrétion\, de recueillement très marquée. La mélodie ensuite devient descriptive et revêt sur súper une magnifique ardeur d’admiration joyeuse. Elle redescend par degrés sur le motif répété de caélos cælórum\, vers ad Oriéntem où elle devient toute contemplative ; il semble que l’âme soit comme fixée dans le soleil. C’est le motif qui chantait le Verbe Incarné\, dans le Sein de Notre-Dame le jour de l’Annonciation (Communion du IVe Dimanche de l’Avent et de la fête de l’Annonciation ).L’âme se perdait alors dans l’admiration du Dieu qui venait avec nous ? Elle s’y perd encore aujourd’hui\, car c’est bien moins l’image du Christ qui monte au-dessus des Cieux qu’elle chante sur ce dernier mot\, que la vision\, obscure mais réelle et qui se fait tous les jours plus claire\, du Christ élevant le monde avec lui vers le Père par la grâce de l’Eucharistie.Que l’intonation soit très recueillie.Posez bien la première note du podatus de Dómino. Le crescendo sera progressif sur qui ascéndit súper\, et le mouvement entretenu jusqu’à la fin de l’incise. Chantez avec beaucoup de grâce le motif de ad Oriéntem et prolongez-en l’expression jusqu’à la fin de l’Allelúia.  \nCantiques pour Pâques\n\nPolyphonies pour l’Ascension\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Dimanche dans l'Octave de l'Ascension
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n\n\n\nINTROÏT\n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nEcoute\, Seigneur\, ma voix que j’élève vers toi.Allelúia.A toi\, il dit\, mon cœur : je cherche ton visage.Ton visage\, Seigneur\, je le chercherai.Ne détourne pas don visage de moi.Allelúia\, Allelúia.Ps. Le Seigneur est ma lumière. Et  mon salut\, que craindrai-je ? Ps. XXVI. 7\, 8\, 9\, 1.  \n\n\n\nToute la première partie du Psaume XXVI est un cri de confiance enthousiaste ; quelque peu téméraire même : Le Seigneur est mon salut…que craindrai-je ?… Mais au verset 7\, soudain\, le Psalmiste se fait suppliant. Comme si une vague de brouillard l’enveloppait il n’a plus conscience de la présence lumineuse du Seigneur\, il ne sent plus la chaleur de son amour\, il se croit abandonné ; c’est la nuit… Alors sa belle assurance disparaît et l’appel plaintif monte de ses lèvres : « Ecoute ma voix…je cherche ton visage…ne détourne pas ton visage de moi. »L’Eglise a tout naturellement choisi ces deux versets pour exprimer ses sentiments après le départ de Notre Seigneur. Elle était habituée à sa présence visible\, si l’on peut dire : depuis Noël\, elle le suivait partout. Elle ne l’a plus. Elle le  cherche comme on cherche souvent dans le souvenir le visage aimé du disparu. Elle n’en trouve que l’ombre… Notre Seigneur l’avait avertie : « Vous me chercherez…la tristesse vous remplira le cœur.  » (Jean XIII. 33. XVI. 6.) C’est bien ce qui est arrivé. Elle se tourne vers lui et\, sur le ton d’amour qui a été celui de leurs relations intimes\, elle l’appelle : « Ecoute-moi ; mon cœur te cherche…ton visage ne le détourne pas de moi ; dès maintenant\, garde-moi la joie de ta présence invisible dans la foi et\, à jamais\, la béatitude de te voir face à face. »Alors\, réconfortée par cette effusion\, elle reprend premier verset du Psaume dans un cri d’espérance : le Seigneur est ma lumière…qui craindrai-je ?LA MÉLODIEOn ne saurait d’un mot caractériser l’atmosphère dans laquelle elle se développe. Ce n’est pas de la joie\, évidemment ; ce n’est pas de la tristesse non plus\, pas même de la mélancolie. C’est comme un mélange des deux. L’âme sait que le Seigneur est là par sa personne divine\, que le Consolateur est annoncé ; elle ne se plaint pas…mais elle voudrait revoir le cher visage. C’est une prière très douce\, très aimante\, avec une touche délicate de nostalgie. Il ne semble pas qu’il faille aller plus loin.On peut déceler cette nuance de nostalgie dès la cadence en demi-ton de Dómine\, elle n’est là que passagère\, toute la première phrase est bien en majeur : notamment le motif central qua clamávi ad te si simple et si expressif de paix heureuse dont sont faites les conversations intimes entre amis.Cette atmosphère paisible se prolonge dans les deux premières incises de la seconde phrase. Il y a une délicate expression de tendresse sur cor méum et le motif de clamávi\, revient sur quæsívi. L’ardeur du désir est plus marquée sur vúltum túum mais c’est encore la simplicité paisible : nous sommes toujours en majeur. C’est sur vúltum túum Dómine requíram que le changement se produit. La mélodie va vers le la et\, par une cadence nettement modale\, s’établit en Ier mode. Dans cette  très belle descente syllabique\, la prière prend quelque chose de plus sombre : elle supplie davantage aussi ; sans rien de violent\, le ton d’intimité demeure mais la pression augmente\, notez l’accent de Dómine et la cadence un peu lourde de requíram.L’insistance s’accentue sur toute la dernière phrase qui ne quitte plus le la. Le motif de clamávi est repris sur me avértas mais au lieu d’aller vers le fa il revient au ré par une cadence que les neumes binaires allongés rendent  plus pesante encore. Les Alléluia demeurent dans la même atmosphère de nostalgie.Le Psaume en fa avec son bel élan\, vient alors comme un cri dans lequel l’âme\, qui a repris conscience du Seigneur toujours présent\, lui dit sa confiance retrouvée.Chantez dans un mouvement modéré et veillez à ce que les voix soient douces et comme étouffées.Vous donnerez un peu d’ampleur aux accents toniques de exáudi et de clamávi dans la première phrase et vous élargirez de même légèrement le climacus qui précède le quilisma de méum dans la seconde. Retenez aussi quelque peu quæsívi vúltum et le passage syllabique vúltum túum…Dómine requíram\, surtout dans la thésis.Dans la troisième phrase\, ne sera très élargi et la première note de tous les podatus légèrement allongée\, mais que le rythme demeure bien balancé. \n\n\n\nALLELÚIA I \n\n\n\nLE TEXTEIl règne le Seigneur\, sur toutes les nations.Dieu siège sur son trône saint. Ps. XLVI. 9.Nous retrouvons le Psaume du Roi ramené en triomphe à son palais. Après l’avoir exalté dans le cortège\, le Psalmiste le montre ici siégeant en dominateur des nations conquises.L’Eglise fait de même. Après avoir fêté l’Ascension du Christ\, elle l’exalte dans la splendeur de son règne. Peut-être cette idée de triomphe\, si différente de celle de l’Introït\, est-elle amenée par les derniers mots de l’Epître : Afin qu’en toutes choses Dieu soit glorifié. Il l’est dès maintenant par le Christ qui règne en droit sur toutes les nations\, il le sera un jour en fait lorsque son Fils aura réalisé la plénitude de son royaume siégeant au milieu des Douzes il jugera le monde et conduira toute la création sanctifiée en hommage à son Père.LA MÉLODIEElle est joyeuse et paisible à la fois dans la première phrase sur le balancement des rythmes binaires de Regnávit Dóminus. Le pressus bien posé sur la dominante par un mouvement de quinte donne à súper ómnes géntes un très bel accent d’autorité.Au début de la seconde phrase\, l’âme s’exalte sur Déus qui monte en un élan enthousiaste d’ardeur joyeuse. Elan très court d’ailleurs ; la mélodie revient tout de suite au grave avec une très belle cadence\, pleine de bonheur sur sédem. Le dernier mot\, par ses rythmes\, 1.2.3-1.2\, 3 fois répétés\, ramène la joie calme du début.Marquez bien\, sans forcer toutefois\, le rythme binaire de Regnávit\, et faites le pressus de súper très expressif.Il faudra attaquer avec une certaine ardeur Déus et faire l’élan léger\, on reviendra ensuite dans un mouvement très régulier à la tonique. Bien marquer les neumes de súam qui font comme un rythme quinaire. Le mouvement doit être assez modéré. \n\n\n\nALLELÚIA II \n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nJe ne vous laisserai pas orphelins ;Je m’en vais\, mais je reviendrai vers vous\,Et il se réjouira votre cœur. Jean XIV\, 18\, 28. \n\n\n\nC’est évidemment Notre Seigneur qui parle ici du haut du Ciel. En même temps qu’il est le Roi qui siège en Majesté et domine les peuples\, il demeure le Maître plein de tendresse qui\, quelques heures avant de mourir\, appelait ses disciples : mes petits enfants. C’est à nous\, qui les continuons\, qu’il s’adresse. Il a entendu la plainte si délicate que l’Eglise a fait monter vers lui dans l’Introït : « Je cherche ton visage »…Il répond : « Je ne vous laisserai pas orphelins… «  \n\n\n\nLA MÉLODIECes mots divins\, adressés par le Christ à l’Eglise qui cherche son visage\, nous arrivent enveloppés d’une sympathie délicate et forte avec ce je ne sais quoi d’indiciblement bon qui fait les paroles consolatrices d’un père\, précieuses au-dessus de tout.Ce sentiment est très net dès les premiers mots. La voix fermement posée sur la note qui précède le quilisma\, monte sur non douce et ferme à la fois puis redescend vers la tonique par un pressus qui met sur vos une touche de tendresse extrêmement délicate : non\, n’ayez pas peur\, je ne vous laisserai pas\, vous\, je vous aime trop. C’est le thème du réconfort. Non vos.La mélodie se faite ensuite de plus en plus insistante sur relínquam et par les deux quilismas et par le mouvement de l’arsis\, comme si le Christ sentait le besoin d’appuyer fortement sa promesse à cette heure où l’âme se trouve quelque peu déprimée par son départ. Il fait plus. Pour montrer à ses membres qu’il souffre de les voir souffrir\, il laisse passer sur le mot órphanos quelque chose de sa propre souffrance. C’est le thème de la tendresse compatissante.Il est doux et délicat comme un mot de consolation\, avec un accent de tristesse\, si naturel et si simple sur la cadence en demi-ton\, qu’il est émouvant\, sur ce mot\, par lui-même si triste.Au début de la seconde phrase\, il est repris et développé\, fort à propos là encore\, sur vádo\, le mot du départ. Mais voici le mot du retour promis : vénio. La tristesse s’efface ; une assurance\, ferme comme une promesse divine\, soulève l’accent tonique allongé par l’épisème horizontal et\, dans la détente de l’élan\, la mélodie glisse paisible\, heureuse vers la tonique. Elle se complaît un instant sur les neumes très liés de la dernière syllabe et\, sans s’arrêter\, remonte à la dominante avec une grâce aimable qui s’épanouit comme un sourire sur ad vos. Alors\, sur gaudébit\, le mot qui promet l’éternelle allégresse\, la joie se laisse aller\, montant et descendant sur les clivis allongées et les climacus\, se posant sur les pressus avec une touche de ferveur ; toute en mouvement mais sans éclat\, sans bruit\, sans exaltation. C’est une joie de contemplation. Le Christ voit le bonheur des siens quand ils seront près de lui et il leur chante son propre bonheur pour le mettre déjà comme un espoir en eux. Car ce n’est qu’un espoir\, elle est assurée certes cette réunion\, mais d’ici qu’elle soit réalisée\, il y a la séparation ; aussi\, à la fin de gaudébit\, les climacus de vádo reviennent-il amenant avec eux\, une foi encore\, la cadence du thème de la tendresse compatissante.A  la reprise du chœur\, les deux thèmes se joignent\, mais celui de la compassion sans la cadence si b – la ce qui en atténue considérablement l’expression.Le mélange de ces deux sentiments\, si délicatement exprimés\, fait de cet Allelúia un des plus purs chefs-d’œuvre du répertoire.La voix sera douce\, et\, le mouvement retenu ; c’est une mélodie délicate et c’est le Christ qui chante.Lancez avec souplesse la première note de non\, accusez le pressus et montez doucement au crescendo sur relínquam dont vous retiendrez le salicus descendant vers le quilisma ; vous rythmerez alors avec beaucoup d’expression órphanos.Tout le motif de vádo sera très lié avec un délicat renforcement de la voix sur la première note pointée de la clivis finale. Un accent de ferveur joyeuse animera vénio ; ad vos sera ralenti et gracieux. Veillez à la régularité du rythme de gaudébit ; allongez quelque peu la première note de de et que tout soit très lié\, les notes à épisèmes horizontaux à peine élargies\, les climacus bien exacts\, la cadence balancée\, sans précipitation mais dans un mouvement toujours entretenu. \n\n\n\nOFFERTOIREC’est le même que celui de l’Ascension avec la même interprétation.COMMUNION \n\n\n\nLE TEXTEPère\, lorsque j’étais avec eux\,Moi-même je gardais ceux que tu m’as donnés.Allelúia.Mais maintenant près de toi je suis venu.Je ne demande pas que tu enlèves ceux-ci du monde\,Mais que tu les gardes du mal.Allelúia\, Allelúia. Jean XVII. 12\, 13\, 15.Ces paroles sont extraites de la prière que Notre Seigneur adresse à son Père après la Cène. Il lui demande de veiller sur les siens qu’il va quitter. Tant qu’il était avec eux\, il les gardait de l’erreur\, de l’esprit du monde\, du mal de toute sorte. Là où il va\, il ne peut les emmener ; c’est trop tôt\, il faut qu’ils demeurent sur terre. Il les confie donc au Père. Pas seulement les onze qui sont là\, mais toute l’Eglise qui se trouve en eux comme dans son germe\, afin que tout au long des siècles elle vive et grandisse au milieu du monde pour le  sanctifier\, au milieu du mal\, sans être souillée.Au sens liturgique\, c’est Notre Seigneur qui prie\, mais au Ciel\, cette fois. On se l’imagine arrivant avec son Humanité Glorieuse près du Père et lui indiquant ses apôtres et ses disciples qu’il voit en bas\, les yeux fixés sur lui… « Je les ai gardés ; gardez-les maintenant. » Aujourd’hui sa prière ne change pas. Nous venons de lui demande dans l’Introït de se montrer à nous ; il nous a répondu dans l’Allelúia II qu’il ne nous laisserait pas orphelins ; maintenant il s’adresse au Père : « Gardez-les eux qui sont un avec moi dans l’Eucharistie\, ne les prenez pas\, ils ont leur rôle à remplir…mais gardez-les du mal. » \n\n\n\nLA MÉLODIEL’intonation est simple\, intime\, avec une touche de joie aimable qui vraiment va bien du Fils au Père. Un bel élan monte aussitôt sur éssem et établit la mélodie sur la dominante autour de laquelle elle borde dans une grande simplicité. Essem est souligné par le salicus\, égo par le torculus sur la dernière syllabe\, ce qui lui donne un relief très prononcé\, et la phrase descend paisible et heureuse vers le do. Sur l’Allelúia elle module vers la cadence du IVe mode qui vient mettre une touche mystique sur ce chant d’éternité.Nunc aútem\, au début de la deuxième phrase\, reprend l’intonation en la développant\, puis vient le mot du revoir : ad te vénio. Il est court mais quel admirable mouvement de joie vive\, ardente\, enthousiaste dans cette montée de la mélodie qui va planer un instant tout épanouie sur le porrectus de la syllabe accentuée et qui se pose sur le sol dans la plénitude du VIIIe mode ; la joie indicible du Christ qui retrouve son Père.Ce n’est qu’une parenthèse très courte. Le Christ tout de suite revient aux siens qui luttent et peinent sur terre et le même sentiment de compassion passe dans sa voix. La mélodie de nouveau en Ier mode est toute thétique ; notez\, dans la première incise\, le torculus de rógo\, les podatus allongés de tóllas et de éos\, la cadence de múndo\, et\, dans la seconde\, le torculus de éos très allongé\, et la cadence bien mineure de málo.Les Allelúia de la fin demeurent ans cette atmosphère.Ici encore\, on chantera à mi-voix avec beaucoup d’onction. Ce qui n’empêchera pas que le chant soit très vivant.Après avoir bien mis en relief l’intonation on donnera à cum éssem un bon élan et une allure dégagée que l’on gardera tout le long de la phrase\, élargissant\, d’une nuance seulement\, la première note de éis et le torculus de égo. Cette première phrase doit être simple.On soulignera nunc aútem et\, sans brusquerie mais avec ardeur\, on montera avec la mélodie vers l’accent tonique qui sera bien lancé et expressif.Arrondissez le torculus de rógo et appuyez les podatus de tóllas\, de éos et de sérves ; c’est là qu’est la prière. Ne retenez pas trop l’Allelúia de la fin.  \n\n\n\n\nPolyphonies pour l’Ascension\n\n\n\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Solennité de sainte Jeanne d'Arc
DESCRIPTION:En France cette fête est solennisée le deuxième dimanche du moi de mai. \n\n\n\nTélécharger le propre de la messe grégorienne de sainte Jeanne d’Arc. \n\n\n\nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n\n\n\nCe n’est pas parce qu’elle a sauvé la patrie que Jeanne d’Arc a été canonisée. Ce n’est pas non plus parce qu’elle a été appelée par Dieu à cette mission ; envoyée\, guidée par lui. C’est tout simplement parce qu’elle a fait la volonté de Dieu et qu’elle l’a faite dans des circonstances qui lui ont fait pratiquer les vertus à un degré héroïque.Il reste que sa mission était d’une importance capitale pour l’Eglise\, tout autant que pour la France : on l’a bien vu lorsque l’hérésie a couvert l’Angleterre. Si la France alors avait été anglaise c’en était fait de sa foi.Jeanne d’Arc a donc lutté à la fois pour Dieu et pour la France. C’est à ce double titre que l’Eglise l’honore et la prie : « Dieu qui avez suscité merveilleusement la Bienheureuse Jeanne pour défendre la foi et la patrie\, donnez-nous\, nus vous en prions\, par son intercession\, que votre Eglise après avoir déjoué les embuches de ses ennemis\, jouisse d’une paix sans fin ». \n\n\n\nINTROÏT\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nChantons au Seigneur.Glorieusement\, en effet\, il a fait éclater sa grandeur.Ma force est l’objet de ma louange est le Seigneur.Et il est devenu pour moi le salut.Alleluia\, Alleluia. \n\n\n\nPs. – Chantez au Seigneur un cantique nouveau\,Car des merveilles il a faites. Exode XV\, 1\, 20. – Ps. XCVII\, 1. \n\n\n\nC’est le début du chant des Isarélites après le passage de la mer Rouge. Alors que les flots ouverts\, obéissant à la main étendue de Moyse\, venaient de se refermer sur l’armée du Pharaon « Moyse et les enfants d’Israël chantèrenet ce cantique à Yahweh :Chantons à Yahweh.Dans la gloire il a déployé sa grandeur.Il a précipité dans la mer le cheval et le cavalier.Yahweh est ma force et l’objet de mes chants.Il a été pour moi le salut…Marie la prophétesse\, sœur d’Aaron\, prit à la main un tambourin et toutes les femmes vinrent à sa suite avec des tambourins et en dansant. Marie répondait aux enfants d’Israël :Chantons à Yahweh.Dans la gloire il a déployé sa grandeur.Il a précipité dans la mer le cheval et le cavalier. »Le choix est heureux. L’application se fait d’elle-même. Ce chant d’action de grâces n’a-t-il pas monté des fois et des fois aux lèvres des Français dans la marche triomphale d’Orléans à Reims. Et n’est-il pas aussi bien sur les lèvres de toute l’Eglise qui par la même victoire fut\, elle aussi\, préservée. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle est calquée sur celle de l’Introït Circumdedérunt du Dimanche de la Septuagésime\, magnificatus est excepté\, qui est emprunté à et conventum facite de l’Introït Laetare du IVe Dimanche de Carême. L’adaptation est très bonne. La première phrase du Circumdedérunt\, sombre et un epu douloureuse\, a été évitée\, de même le pressus qui fait ce premier mot pesant. Rien n’arrête le bel élan de joie qui monte vers Domino et se prolonge jusqu’à la fin de la phrase\, s’étalant sur gloriose enim ferme et sonore comme une fanfare de victoire\, et s’envolant en carillon sur les torculus de magnificatus est.La seconde phrase exulte moins Les paroles d’ailleurs n’ont plus le caractère ardent du début. L’âme se replie sur sa joie intérieure et fait retour au Seigneur de la part qui lui revient dans le triomphe. Une touche de gravité passe sur fortitudo\, ais la ferveur est toujours là\, mêlée à la gratitude sur mea Dominus et factus est. La détente est un peu courte sur salutem. Aussi bien\, ce n’est pas la fin ; les deux Alleluias prolongent la louange qui s’achève en une cadence bien proportionnée cette fois.L’intonation sera très vivante\, sans être précipitée ; on veillera notamment à donner au punctum de méis toute sa valeur. Un crescendo montant sur Domino passera sur gloriose et continuera jusqu’à la fin de la phrase\, se renforçant sur enim qui sera très rythmé. On arrondira le sommet des torculus de magnificatus est. Toute la phrase doit être souple\, enveloppée dans un souffle ardent qui ne cesse que sur le torculus final.Le début de la seconde phrase sera plus doux\, l’intensité commencera de croître à partir du torculus de laus\, sans éclat elle atteindra son maximum sur la double note de factus est\, une bivirga épisématique qui sera bien appuyée ?Retenez quelque peu salutem\, et faites un bon départ a tempo et un crescendo bien mené sur le premier alléluia.En dehors du temps pascal\, la cadence de salutem sera beaucoup plus retenue puisqu’elle sera alors conclusive. \n\n\n\nALLELUIA I\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nTu as agi avec une âme d’hommeEt vaillant est ton cœur.La main du Seigneur t’a revêtu de force\,En conséquence tu seras bénie à jamais. Judith XV\, 11\, 12. \n\n\n\nC’est ainsi que le Grand Prêtre salua Judith lorsqu’après la défaite des Assyriens il vint lui rendre hommage. Elle avait été\, par la force de Dieu\, le principal artisan de la victoire en coupant la tête d’Holopherne. Elle avait sauvé le pays.Ainsi de Jeanne d’Arc. Aussi l’application se fait-elle d’elle-même. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nNous l’avons rencontrée maintes fois : le IIIe Dimanche de l’Avent\, à l’Ascension\, à la Pentecôte. Son caractère discret\, contemplatif\, convient mieux à une louange intérieure qu’à l’ardeur éclatante des jours de victoire. Mais aussi bien\, ce n’est pas tant de ses victoires que Jeanne est louée ici que des vertus dont la main de Dieu l’a gratifiée et de la bénédiction qui est sur elle à jamais. « Je me suis proposée de prendre la Sagesse pour compagne de ma vie… »\, nous dit-elle dans l’Epître. L’Eglise l’en félicite ici en des nuances délicates. Toutefois un mouvement plus rapide et un rythme plus marqué mettront dans la mélodie quelque chose de a joie des victoires qui ne se sépare pas de l’autre en un tel jour.La courbe de fecisti sera gracieuse mais prendra en remontant sur viriliter une certaine vigueur : le punctum qui précède\, posé doucement puis allongé en rinforzando\, donnera cette nuance. Veillez à ne pas précipiter et confortatum est. Lancez bien le début de la seconde phrase et retenez toute la montée de confortavit en la menant crescendo\, le salicus bien appuyé. Par contre\, vous vous complairez sur eis. La montée de aeternum sera menée crescendo-accelerando. \n\n\n\nALLELUIA II\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nMaintenant donc prie pour nousCar tu es une femme sainte et craignant Dieu. Judith VII\, 29. \n\n\n\nC’est encore de l’histoire de Judith que sont extraites ces paroles. C’était à l’heure du danger. Devant la force des Assyriens\, le Grand Prêtre avait perdu courage\, il allait livrer la ville. Judith l’apprit et vint lui reprocher sa conduite. Il reconnut son tort et s’inclinant devant la sagesse de cette femme lui dit : « Maintenant prie pour nous… » Le contexte change ici ; c’est après la victoire que cette prière est adressée à Jeanne d’Arc\, mais le sens est bien le même. Devant le choix que Dieu a fait d’elle pour sauver le pays et la foi\, et devant la sainteté qu’elle a acquise et qui lui donne tant de pouvoir sur le cœur de Dieu\, l’Eglise se confie à elle et se réclame de con patronage. Ne vient-elle pas de dire dans l’Eglise : « Je gouvernerai les peuples et les nations me seront soumises… ». \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nNous l’avons déjà trouvée pour la fête des Saints Innocents. C’est une prière aimable\, joyeuse. Elle loue plus qu’elle ne supplie.La première phrase\, particulièrement gracieuse au début\, finit sur une cadence très commune mais qui prend ici une nuance de prière discrète\, délicate\, et très aimante. La seconde est plutôt empreinte d’admiration\, de vénération. La joie revient avec la vocalise\, souple\, rythmée comme une danse lente et pieuse.Commencez l’Alleluia à mi-voix et menez le crescendo jusqu’à la dernière syllabe que vous arrondirez avec grâce\, puis balancez avec souplesse l’admirable jubilus\, il est ait d’un seul motif\, repris et allongé d’une cadence ; veillez de très près à la liaison de la reprise ; il faut qu’on sente la distinction sans que l’unité en souffre.Le mouvement du verset demeurera assez lent et tout le mot ora sera élargi. On fera très expressif sancta dans la seconde phrase. Deum sera relié au jubilus par dessus le quart de barre sans la moindre interruption. \n\n\n\nOFFERTOIRE\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nIls la béniront tous d’une seule voix disant :Tu es la gloire de Jérusalem\,Tu es la joie d’Israël.Tu es l’honneur de notre peuple.Alleluia ! Judith. XV. 10. \n\n\n\nCe sont les paroles de bénédiction et de gloire que le Grand Prêtre et es anciens de Jérusalem adressèrent à Judith lorsque\, après la défaite totale des Assyriens\, ils vinrent la saluer à Béthulie. Acclamations splendides qui\, après Notre Dame vont à tous ceux qui viennent asséner sur la tête de Satan les coups qui\, les uns après les autres\, contribuent à l’écraser. Jeanne d’Arc en fut. En quoi elle est la gloire\, la joie et l’honneur de l’Eglise\, et de la France\, sa fille aînée. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle est faire de motifs empruntés à des sources très diverses. Mais la centonisation en a été habilement faite.De l’intonation qui va en crescendo se dégage une ferveur intense qui se répand sur toute la phase et prépare les acclamations qui suivent.La première est un beau mouvement de joie\, sans éclat mais animé d’une ardeur qui va vers la seconde\, s’épanouit large et enthousiaste sur la double note et la clivis allongée de laetitia et se prolonge tout le long de la phrase. La troisième se développe très brillante dans les hauteurs où elle s’établit comme une grande clameur qui voudrait ne pas finir.Il faut insister sur le  motif de l’intonation : retenez légèrement le toculus initial et donnez du poids à la première note de tous les podatus comme si elle était affectée d’un épisème horizontal. Marquez bien aussi le salicus de eam. Veillez à bien lier una voce en faisant les notes égales et en marquant très peu les ictus.In Gloria sera très souple et d’un seul jet\, rattachez-y étroitement Jérusalem\, en le conduisant en un discret crescendo vers le dernier podatus.Tu laetitia sera élargi et il y aura une reprise de mouvement et d’intensité sur le dernier motif d’Israël\, de même un crescendo-accelerando unira les premiers neumes de tu honorificéntia et les conduira vers e sommet qui\, lui aussi\, sera élargi et arrondi ; toute la dernière incise sera bien vivante et sonore. Etalez l’Alleluia\, en rythmant avec soin son admirable cadence. \n\n\n\nCOMMUNION\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nMême si je marche au milieu des ombres de la mortJe ne craindrai pas le mal\,Car tu es avec moi\, Seigneur Jésus\,Alleluia.Quel admirable cri de confiance de l’âme envers le Christ présent en elle : On pense au dernier mot de Jeanne sur le bûcher ! \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nC’est celle de la Communion Féci judicium de la messe Me expectavérunt des vierges martyres. Le calque est bon : aussi bien c’est la même idée. Une affirmation douce et ferme qui va vers quoniam tu mecum es\, si pénétrée de joie\, d’amour délicat et qui s’épanouit en tendresse sur Domine Jesu. (Voir la Communion du Dimanche de la Sainte Trinité qui\, elle aussi\, a été calquée sur Feci judicium)On pourra allonger la première note du podatus de ambulavérunt. Tout le reste de la première phrase sera chanté très simplement\, sans effort\, d’un seul mouvement très lié avec une nuance de certitude joyeuse.On donnera un peu de mouvement à la première incise de la seconde phrase qui sera souple et légère. Par contre\, on retiendra avec grâce et expression Domine Jesu. \n\n\n\nCantiques en l’honneur de sainte Jeanne d’Arc\n\n\n\nSainte Jeanne de France \n\n\n\n\nCantique complet\n\n\n\nTélécharger la partition\n\n\n\n\nO sainte Jeanne de Domrémy \n\n\n\n\nCantique complet\n\n\n\nTélécharger la partition\n\n\n\n\n  \n\n\n\nUnique ! Le coffret contenant tous les fichiers (épîtres\, évangiles et préface) sur 1 CD au format MP3.
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SUMMARY:Fête de la Pentecôte
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLa Pentecôte fait partie du Temps Pascal\, elle en est comme le couronnement. Le Christ ressuscité remonté à son Père envoie son Esprit pour former\, avec l’humanité collective des prédestinés\, son corps mystique\, l’Église\, qui va continuer sur terre l’œuvre qu’il n’a fait qu’ébaucher et qui s’achèvera par la résurrection de tous ses membres. Mais\, tout en étant englobé dans le cycle de Pâques\, le temps de la Pentecôte a son atmosphère propre.Au matin du cinquième jour après la Résurrection\, au moment où\, sous le souffle violent de l’esprit qui venait en eux\, ce n’est pas du triomphe de Pâques ou de la glorieuse Ascension qu’ils étaient occupés\, mais d’une ardeur impétueuse qui\, comme une force vitale s’emparait d’eux\, et les poussait à la louange et à l’apostolat. Un souffle venait de Dieu sur eux\, un souffle de vie\, le même qui fut insufflé sur la face du premier homme ; il les animait et\, mêlé à leur propre souffle\, remontait vers Dieu avec toute l’activité de leur être.C’est cette atmosphère de vie ardente qui fut celle de l’Église naissante qui caractérise le temps de la Pentecôte.Aussi bien\, le mystère continue. La vie nouvelle que l’Esprit Saint infusait à l’Église\, en la personne des disciples et des trois mille baptisés\, pénètre toujours les âmes et les anime d’une flamme de jeunesse durant cette courte période. Primitivement\, le Baptême\, la Confirmation et l’Eucharistie étaient conférés aux catéchumènes la nuit du samedi et\, toute la semaine comme pendant la semaine de Pâques\, l’Église entourait de sa sollicitude maternelle les nouveaux chrétiens. Il en va autrement aujourd’hui\, mais les rites de cette semaine baptismale demeurent et\, par eux\, les grâces du Baptême\, de l’Eucharistie\, de la Confirmation sont à nouveau prodiguées à ceux qui sont disposés à les recevoir\, de sorte qu’à travers le jeu liturgique\, le souffle même de la Pentecôte nous atteint et\, de nous\, remonte à Dieu.C’est dans cet esprit de vie communiquée\, aspirée\, et expirée\, dans cette atmosphère d’enthousiasme ardent\, que nous devons vivre et chanter la Pentecôte. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nL’Esprit du Seigneur a rempli la terre.Allelúia.Et lui\, qui contient tout\, a la science de la parole.Allelúia\, Allelúia\, Allelúia.Ps. – Qu’il se lève\, Dieu.Et qu’ils se dispersent ses ennemis.Et qu’ils fuient\, ceux qui le haïssent\, devant sa face. Sagesse I\, 7. Ps. LXVII. 2.Le sens littéral de ce verset du livre de la Sagesse n’offre aucune difficulté. Le Seigneur est présent partout et\, parce qu’il contient tout – au sens qu’il pénètre et soutient tout : les corps comme les esprits – il sait tout ce qui se dit et se pense\, en quelque langue que ce soit.En faisant entrer ces mots dans la liturgie de la Pentecôte\, l’Église leur donne un autre sens. Il ne s’agit plus seulement\, dans le Spíritus Dómini replévit órbem terrárum\, de l’acte par lequel l’Esprit du Seigneur\, depuis la création\, pénètre tous les êtres pour les maintenir en existence\, mais de la possession personnelle de la terre comme de son royaume. Il y vient de ce jour-là comme l’Esprit du Christ avec la mission de tout régir\, de tout gouverner selon le Christ pour la gloire du Père. De même le sciéntiam hábet vócis ne s’entend plus seulement de la connaissance qu’il a de tout ce qui se dit\, mais encore de la communication qu’il fait de sa science\, par le don des langues\, aux disciples et\, par eux et leurs successeurs\, aux fidèles de tous les temps qui sauront l’écouter. Ceci n’est pas dans le texte d’une façon explicite\, mais s’en dégage sans qu’on ait à le solliciter.C’est donc plutôt l’aspect extérieur du miracle de la Pentecôte qui est chanté ici ; le miracle de ce matin-là en tant qu’il contenait\, comme en germe tout ce qui s’est réalisé depuis par l’Église et le miracle d’aujourd’hui en tant qu’il poursuit l’achèvement de l’œuvre commencée alors.L’Église chante donc cet Introït à la fois comme un rappel du texte sacré et comme la constatation enthousiaste de son accomplissement de plus en plus achevé. \nLA MÉLODIE\nElle commence dans le recueillement grave d’un Ier mode qui module en fa. Spíritus Dómini se trouve ainsi enveloppé de mystère et de vénération. Mais\, dès que se précise l’idée de la Pentecôte\, un souffle se lève qui prend les mots\, les emporte dans son élan impétueux jusqu’aux sommets les plus élevés puis les dépose\, les uns après les autres\, dans le calme et la paix\, sur les notes principales du VIIIe mode bien établi. Il y a dans cette phrase une expression de grandeur et d’enthousiasme qu’on rencontre rarement à ce degré de perfection. Évocation de l’immensité des terres et du grand vent qui ébranla le Cénacle\, sans aucun doute. Mais à travers cette évocation\, passe l’ardeur de l’Église\, celle des 3 000 baptisés\, celle de tous ceux qui ont suivi et qui à l’heure de ces souvenirs grandioses de la première Pentecôte\, sentent la même ferveur et la même joie exultante.La seconde n’a pas\, au début\, le recueillement de la première. La mélodie monte tout de suite\, par une quarte hardie\, de la tonique à la dominante. C’est un nouveau souffle\, ou\, si l’on veut\, le même qui continue en une onde nouvelle. Après une légère dépression\, il s’enfle de nouveau sur ómnia et\, progressivement\, avec moins d’impétuosité\, mais avec la même force enveloppante\, entraîne vers hábet vócis\, le mot qui évoque le miracle des langues et toutes les grâces de lumière qui\, en des modes divers\, l’ont prolongé dans les âmes.La détente commencée sur vócis\, se poursuit sur les Allelúia\, avec une ondulation montante assez marquée sur le second. Elle s’achève en une plénitude toute paisible sur une belle cadence modale élargie par les deux torculus.Le Psaume est plein du même enthousiasme\, avec je ne sais quoi de conquérant… Ce sont les mots par lesquels Moïse donnait aux tribus d’Israël le signal du départ au cours de leur marche dans le désert : Lève-toi Seigneur…; et on levait l’arche sur les épaules et l’on marchait. Ce chant de confiance des Hébreux devient le nôtre dans cette marche du nouveau Sinaï vers la Terre Promise de l’éternité qui commence avec la Pentecôte.Chantez dans un mouvement ample\, mais très vivant et très enthousiaste. La voix\, retenue sur Spíritus Dómini prendra de l’ampleur et de la sonorité sur replévit et\, bien appuyée sur le salicus lancera d’un bel élan órbem qui s’arrondira au sommet souple et léger et retombera sur la tonique pour amorcer la thésis de terrárum dont on arrondira le creux en l’élargissant. La cadence de l’Allelúia suivra le ralenti. À noter que la double note de rum dans terrárum est une bivirga épisématique ; elle devra être posée avec une certaine fermeté.Après un départ a tempo on veillera à ce que la première incise de la seconde phrase soit chantée sans précipitation. Omnia bien posé et commençant le crescendo d’enthousiasme qui montera jusqu’à hábet vócis en un mouvement de plus en plus élargi.Veillez au rythme du second Allelúia.Le Psaume net et énergique. \nALLELÚIA I\nLE TEXTE\nEnvoie ton Esprit et ils seront créés.Et tu renouvelleras la face de la terre. Ps. CIII. 30\, 31.C’est le même texte que celui de l’Offertoire de la Vigile\, avec une nuance toutefois qu’il tient du caractère de l’Office. Il y a en effet comme deux actes dans le « jeu » de cette messe de la Pentecôte. Le premier évoque le miracle extérieur ; l’Introït en est l’ouverture grandiose et l’Église nous en fait le récit détaillé et dramatique. Le second reproduit le miracle intérieur : l’envahissement des âmes par l’Esprit Saint qui prolonge jusqu’à nous son œuvre de la Pentecôte. Il n’y a pas d’éclat dans cette pénétration ; elle se fait comme elle se fit pour les Disciples\, dans le secret de l’âme ; c’est quelque chose de personnel\, d’intime\, de mystérieux.Or c’est précisément avec les Allelúia que commence ce second acte du drame. Tous les textes à partir de là en effet\, jusqu’à la Communion\, sont un appel à l’Esprit Saint\, hôte de l’âme. Il ne faut donc pas donner à Emítte Spíritum túum le caractère de joie enthousiaste qu’il prenait la veille lorsqu’il jaillissait du cœur de l’Église comme un cri d’espoir ardent. Ici\, c’est l’âme qui discrètement\, humblement\, demande que se renouvelle en elle le mystère d’amour que Dieu a voulu réaliser par l’Esprit de son Fils. C’est une prière. \nLA MÉLODIE\nLa première phrase n’est pas aussi suppliante que dans l’Allelúia Excíta du IIIe dimanche de l’Avent : il y manque le beau motif de Dómine. Mais c’est bien la même prière paisible\, intime\, avec une pression délicate\, qui n’exige pas\, mais qui a plus de puissance que des cris.La seconde phrase est la même que dans les autres Allelúia du même type. Ici encore elle est merveilleusement adaptée. Sur creabúntur\, comme sur véni (Allelúia Excíta du IIIe dimanche de l’Avent ) et sur Dóminus (Allelúia Ascéndit de l’Ascension )\, l’âme jouit de ce qu’elle voit dans l’avenir. Contemplation heureuse de la terre se remplissant de la vie du Christ petit à petit sous le souffle de l’Esprit.Un élan de désir plus poussé monte sur térræ et donne à la reprise du chœur un caractère de supplication plus ardente.Lancez bien l’accent tonique de Emítte ; que la voix retombe sur te douce et souple dans l’articulation des deux t. Retenez quelque peu Spíritum túum. Liez avec grand soin toute la seconde phrase. Balancez délicatement fáciem térræ. \nALLELÚIA II\nLE TEXTE\nViens Esprit Saint.Remplis le cœur de tes fidèles\,Et de ton amour en eux allume le feu.On ignore l’auteur de cette très belle prière.Elle est toujours d’actualité\, car l’Esprit n’a jamais fini de venir et\, tant que nous sommes sur terre\, nous n’avons jamais fini d’en avoir besoin. Ce qui nous manque en effet c’est d’en être remplis au point qu’il soit l’inspirateur exclusif de nos penses\, de nos vouloirs\, de nos actes\, et de l’avoir en nous comme un feu\, comme un désir brûlant qui nous pousse avec une force irrésistible à aller où il nous veut pour y faire ce qu’il veut.L’Église la chante pour tous ses membres\, et la chante à genoux. Elle lui donne\, par ce geste\, un caractère d’émouvante supplication. \nLA MÉLODIE\nOn l’attribue assez communément à Robert le Pieux.La prière est délicate dans la première phrase\, quelque peu timide\, humble même\, comme si l’âme ne se sentait pas digne d’appeler en elle une plus intime présence de l’Esprit divin après avoir été si souvent indélicate à son égard. Mais quelle admirable supplication ; si pénétrée d’amour\, de cet amour à la fois tendre et discret que la souffrance indicible de ne pas voir l’aimé nuance de mélancolie ! Elle se fait plus ardente sur sáncte quoique toujours retenue. C’est plutôt dans la thésis sur les rythmes ternaires paisibles et doux de Spíritus que l’âme se laisse aller. Une nouvelle supplication non moins intense\, mais toujours délicate\, se dessine sur réple ; elle va s’intensifiant sur le pressus\, s’épanouit un instant sur la note allongée de córda et redescend à la tonique sur le motif répété de Spíritus.La seconde phrase est la phrase du feu: amóris ígnem. La réserve n’a pas totalement disparu\, mais l’ardeur de l’âme est telle que\, dès le début\, en quatre notes\, elle emporte la mélodie à l’extrême limite du mode.Elle en descend\, balancée sur des rythmes binaires qui la ramènent par degrés à la tonique. Mais le mouvement ne la laisse se poser nulle part : il l’enlève à nouveau\, plus ardente\, dans les hauteurs où elle se déploie\, intensifiée jusqu’à être émouvante. Par le même motif thétique\, elle revient à la tonique. A peine l’a-t-elle touchée qu’elle se relève en un dernier rebondissement pour aller se poser sur le mi en une cadence en demi-ton qui la fait à nouveau délicate et humble.Vient alors la grande formule de l’Allelúia où se retrouvent successivement la supplication discrète de véni Sáncte\, la délicate thésis de Spíritus\, et l’ardeur brûlante de amóris.Ne pressez pas le mouvement. Chantez doucement la première phrase ; tout y est en demi-teinte et tout y est délicat… Les pressus seront tout juste touchés d’une petite pression\, les crescendo esquissés seulement\, les accents légèrement soulevés… Ce sont des nuances.Dans la seconde phrase il y aura plus de mouvement\, mais sans contraste poussé avec la première. On ménagera la transition dans l’arsis de túi\, et le crescendo s’achèvera sur l’accent tonique de amóris qui sera bien lancé\, léger et élargi. Aller sur les notes longues de la thésis et ne pas presser\, retenir plutôt.Le podatus qui suit la double note au début de la dernière incise de accénde sera très arrondi et élargi. \nSÉQUENCE\nLE TEXTE\nViens\, Esprit Saint\, et envoie du ciel\,De ta lumière un rayon.Viens\, père des pauvres\, viens\, donneur des dons\,Viens\, lumière des cœurs.Consolateur très bon\, doux hôte de l’âme.Douceur rafraîchissante\,Dans le labeur\, repos ; dans l’ardeur\, modération ;Dans les larmes\, consolation.Ô lumière bienheureuse\, remplis le fond du cœur de tes fidèles.Sans ta puissance\, rien n’est dans l’homme.Rien n’est sans danger de mal.Lave ce qui est souillé\, arrose ce qui est aride\,Guéris ce qui est blessé.Rends souple ce qui est rigide\, réchauffe ce qui est froid\,Ramène dans le vrai chemin ce qui a dévié.Donne à tes fidèles qui en toi se confientLes sept dons sacrés.Donne ce que la vertu a mérité\, donne le chemin du salut\,Donne l’éternelle joieAmen\, Allelúia. \nLA MÉLODIE\nUne séquence\, le mot le dit\, est un chant qui continue celui qui précède. Normalement\, il doit même lui emprunter son intonation. C’est bien le cas ici : Véni Sáncte Spíritus a le même motif syllabique que véni dans le verset de l’Allelúia .Cette séquence de la Pentecôte est de toute beauté\, et les idées et les sentiments qu’elle exprime sont assez clairs pour se passer de commentaire.Signalons toutefois que la forme générale de cette prière – car c’est une prière\, il ne faut pas l’oublier – est la même que celle de l’Allelúia. Dans les deux premiers versets\, la mélodie est discrète\, retenue\, humble. Dans le troisième et le quatrième\, elle s’anime dès le début par l’élan qui va du la au ré. Dans le cinquième et le sixième\, elle atteint son maximum de puissance et d’ardeur par l’attaque discrète sur le ré supérieur. Dans le septième et le huitième\, elle revient à la discrétion du début. De même dans les deux derniers\, à part l’arsis du commencement\, qui est d’ailleurs toute passagère.On la chante généralement très bien\, car elle est facile. Elle demande toutefois pour avoir toute sa perfection que l’on demeure dans l’esprit de prière et que l’on évite de forcer les notes élevées. Une prière n’exige pas\, elle demande\, même quand elle supplie avec ardeur elle doit demeurer humble. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nConfirme ce que\, ô Dieu\,Tu as opéré en nous.De ton Temple qui est en Jérusalem\,Ils t’offriront\, les rois\, des présents. Allelúia. Ps. LXVII. 29\, 30.Dans le Psaume\, qui chante le retour triomphal du Roi à Jérusalem\, comme nous l’avons vu à l’occasion de l’Allelúia II de l’Ascension \, ces deux versets sont une prière du peuple qui demande au Seigneur de confirmer les victoires acquises\, par l’établissement solide de son règne. Alors\, dans la splendeur de son Temple\, les rois étrangers viendront l’adorer en lui offrant des présents.Dans le cadre liturgique de la Pentecôte\, les deux idées demeurent. L’Église demande d’abord à Dieu de confirmer\, d’affermir\, de consolider ce que l’Esprit a opéré dans les âmes\, en ajoutant à leurs efforts la puissance de sa grâce ; en fait\, de rendre cette amitié qu’est l’état de grâce effective\, durable\, de plus en plus vive\, par la docilité de notre esprit aux inspirations de son Esprit. Alors « les Rois offriront des présents ». Ce qu’il faut entendre dans un sens à la fois individuel et collectif. Dans notre âme devenue temple de la Trinité\, nous viendrons\, nous aussi rois et prêtres comme le Christ\, offrir aux Divines Personnes l’hommage de notre être. Dans l’Église\, ce Temple Spirituel\, les rois et les peuples de la terre\, pénétrés de cet Esprit d’amour\, s’offriront en hommage au Christ Roi immortel des siècles et\, par lui\, au Père. Enfin dans le Ciel\, Jérusalem céleste\, le Seigneur et l’Agneau seront le Temple et\, en eux\, éternellement\, les rois et les peuples ne cesseront plus de s’offrir et d’offrir le monde nouveau qu’ils posséderont.Ainsi compris\, cet offertoire est une très belle paraphrase de l’Évangile où l’on entend précisément Notre Seigneur nous dire que si nous l’aimons\, il fera de notre âme sa demeure et que le Paraclet y parlera sans cesse pour nous guider dans l’amitié qu’il établira avec nous. \nLA MÉLODIE\nElle a une ressemblance très marque avec celle de l’Offertoire de la Messe de Minuit . L’intonation et le début de la deuxième incise sont identiques dans les deux et le motif de la troisième phrase\, à peu près le même sur tíbi ófferent ici\, et là sur ánte fáciem.Mais ici la joie domine moins\, elle est plus intérieure\, si l’on peut dire\, plus profonde. C’est comme un chant très recueilli\, très priant même\, que l’âme\, sans pousser sa supplication\, adresse à Dieu dans l’atmosphère de bonheur qui l’enveloppe depuis que lui ont été dites\, à l’Evangile\, les paroles si riches de promesses qui fondent son intimité avec Dieu : « Si quelqu’un m’aime…nous ferons notre demeure en lui »… Ils sont déjà venus. Seigneur\, confirme ce qu’a fait ton Esprit : Confírma hoc…Le développement neumatique est considérable par sur tous les mots.Dans la première phrase\, in nóbis est très en relief par la montée en deux mouvements de quarte sur la tristropha et par la cadence du VIIIe mode si expressive de joie ferme et pleine.Dans la seconde\, la mélodie\, après avoir repris deux fois\, sur túo et sur quod est\, le motif de hoc dans la phrase précédente\, déroule ses beaux rythmes gracieux et paisibles sur Jérúsalem qu’elle enveloppe de tendresse et d’espoir.La troisième a sur tíbi un motif propre qui est repris sur réges. Il se joint\, les deux fois\, au motif de hoc Déus\, repris pour la cinquième fois sur ófferent et Allelúia. Ce motif\, très discret\, qui se balance ainsi tout au long des phrases\, contribue à donner à cet Offertoire son caractère de paix intime et heureuse.Chantez dans un mouvement assez large\, mais léger\, souple et vivant.Donnez un peu d’ampleur à fir dans confirma. Balancez bien la cadence de Déus et liez in nóbis à la clivis allongée de es où commencera le crescendo. La cadence du VIIIe mode sur sol sera très nette et largement posée ; puis on fera un bon temps de silence pour séparer les deux idées.Elargir quelque peu la cadence de túo et se complaire sur les neumes de Jerúsalem qui seront très liés.Faites les broderies de ófferent\, très légères. Le punctum de ne dans múnera sera allongé avant le torculus. La double note de ra dans le même mot est une bivirga épisématique ; bien l’appuyer. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nIl vint tout à coup du ciel et le bruitD’un souffle véhément\,Là où ils étaient assis.Allelúia.Et ils furent remplis tous du Saint-Esprit\,Chantant les merveilles de Dieu.Allelúia\, Allelúia. Act. II. 2\, 4\, 11.Ce récit est bien à sa place au moment de la Communion sur les lèvres de l’Église. La réception de l’Eucharistie renouvelle en effet d’une certaine manière le miracle\, car elle produit une augmentation de la charité qui est accompagnée\, si la communion est fervente\, d’une nouvelle mission des Personnes divines. Ainsi donc\, comme le jour de la Pentecôte\, mais sans vent et sans bruit cette fois\, le Saint Esprit envahit l’âme qui\, elle aussi\, dans le silence de l’action de grâces se met à chanter les merveilles de Dieu. \nLA MÉLODIE\nC’est un récitatif très vivant\, dramatique même. Toutes les réactions sensibles provoquées par le miracle s’y trouvent. La surprise et l’émoi dans les quintes montantes et descendantes de Fáctus est repénte ; l’étonnement émerveillé dans la montée au fa de sónus en allant mourir\, petit à petit\, comme épuisé sur les dernières notes de l’Allelúia et repartant avec la même véhémence sur et repléti sunt en une seconde vague qui déferle sur toute la phrase jusqu’à la fin de la dernière cadence.A travers ce mouvement\, quelque chose de l’enthousiasme à l’ardeur de feu qui animait les Apôtres\, passe. Très marqué dans toute la première phrase\, particulièrement dans la période arsique sur sónus\, il l’est davantage encore sur repléti sunt ómnes Spíritu sáncto au début de la seconde. L’âme chant non seulement ce qui lui arrive à Jérusalem\, mais ce qui lui arrive à ce moment\, à elle aussi\, qui se sent toute remplie de l’esprit de Dieu.Sur loquéntes magnália Déi qui aurait pu\, à bon droit d’avoir de l’ampleur et de l’éclat\, la mélodie devient thétique et toute apaisée. C’est assez imprévu\, mais très expressif du chant intérieur de l’âme toute recueillie sous le flot de grâces qui l’envahit.Le mouvement sera assez rapide et on y mettra beaucoup d’enthousiasme ; dans les passages syllabiques surtout. Sónus sera très lancé avec une bonne articulation de l’s. Les deux autres incises de la première phrase\, plutôt thétiques seront quelque peu retenues. Leur forme neumatique amènera d’ailleurs cette nuance sans qu’on ait à s’en occuper. Liez de près Allelúia à sedéntes.Reprise a tempo sur et replévit et mouvement ardent. Elargissez loquéntes et particulièrement la dernière syllabe tes. Les deux Allelúia\, très paisibles. \n\nPolyphonies pour la Pentecôte\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n  \nINTROÏT\n  \nLE TEXTE\nIl les a nourris de la fleur de froment.Allelúia.Et du miel de la pierre il les a rassasiés.Allelúia\, Allelúia\, Allelúia.Ps. Acclamez Dieu\, notre aide.Poussez des cris de joie au Dieu de Jacob. Ps. LXXX. 17\, 2.Les expressions imagées de ces deux versets ont à peine besoin d’explication. La fleur de froment c’est l’Eucharistie dont le Seigneur a nourri les nouveaux chrétiens d’hier sitôt après leur baptême. Le miel de la pierre a le même sens. (Les abeilles font parfois leur miel dans le creux des rochers en Palestine) Pétra aútem érat Chrístus dit Saint Augustin dans son commentaire du Psaume\, citant Saint Paul (I. Cor. X. 4.). C’était aussi une allusion au mélange de lait et de miel que l’on donnait aux premiers communiants pour symboliser la suavité du Christ dans l’Eucharistie. La progression des verbes est à noter : cibávit éos\, saturávit éos. Il les a nourris\, il les a rassasiés…rassasiés\, car on a tout ce qu’on peut désirer dans le Christ\, même dès cette terre\, sans parler de la Béatitude dont la vision de Dieu comblera dans l’éternité notre faim et notre soif de bonheur : Satiábor cum apparúerit gloria túa. (Je  serai rassasié quand se montrera ta gloire. Ps. XVI\, 15.)L’Eglise\, quand elle chante cet Introït\, n’a pas à l’esprit ceux-là seuls qui ont fait leur première communion au cours de la Vigile – ils sont très rares désormais – mais tous ceux qui en ont fait revivre la grâce à l’occasion de la Pentecôte. Plus encore : tous les communiants de tous les temps qui sont au ciel et au purgatoire\, car\, eux aussi\, à leur façon\, ont pris part à la liturgie Eucharistique de la Vigile. C’est à eux tous qu’elle pense en se redisant à elle-même\, en une sorte de contemplation\, le verset du psaume qui devient ainsi l’expression de sa reconnaissance et de son admiration enthousiaste pour cette nourriture divine dont Dieu a voulu nourrir ses membres. \nLA MÉLODIE\nL’âme berce d’abord sa pensée sur les rythmes passibles et souples de cibávit éos\, puis\, à l’évocation de l’Eucharistie\, qui lui est présentée sous l’image de la fleur de froment\, elle s’anime un peu et met sur ádipe un accent de ferveur où passe son amour reconnaissant. C’est toute la première phrase.Il y a plus de mouvement dans la seconde. L’âme contemple toujours\, mais\, à mesure que l’idée de l’Eucharistie se renforce avec l’image nouvelle et qu’apparaît le rassasiement de l’éternelle vision\, l’ardeur se lève en elle et la laisse aller. On le sent dès les premières notes ; elles vont\, en une arsis pleine d’élan vers Pétra qui figure ici le Christ. Il y a ensuite une petite thésis délicate puis l’élan reprend et s’accentue sur saturávit où il devient enthousiaste. La détente se fait alors sur les trois Allelúia qui ramènent peu à peu la paisible contemplation du début.Chantez simplement\, doucement. Dans la première phrase\, faites l’accent de ádipe léger et arrondi\, que votre voix retombe douce sur la tristropha\, descende délicatement sur fruménti et se relève\, sans effort toujours sur l’Allelúia. Dans  la seconde\, il faudra faire sentir l’enthousiasme. Le départ sera a tempo et la voix ira se renforçant sur Pétra. Appuyez bien cette double note\, c’est une bivirga épisématique. C’est le Christ que vous chantez là. Ne vous arrêtez pas toutefois\, allez vers l’accent de mélle ; qu’il soit léger\, comme aussi la thésis qui suit. Puis\, dans le même mouvement tout en élan\, mais élargi\, chantez\, presqu’à pleine voix sur saturávit\, votre reconnaissance et vote espoir de l’éternelle vie. Après quoi viendront les  Allelúia\, chacun avec son arsis et sa thésis\, mais enveloppés dans le grand rythme qui les ramènera\, en un beau dégradé à la cadence finale. Notez que le premier part du fa\, le second du mi et la troisième du ré ; progression descendante après la progression montante.Le Psaume n’est plus une contemplation\, mais une invitation à louer Dieu. Il doit être brillant. L’Introït reprendra ensuite en demi-teinte. \nALLELÚIA\nLE TEXTE\nIls annonçaient en diverses langues\, les Apôtres\,Les merveilles de Dieu. Act. II. 4\, 11.Il ne s’agit pas seulement dans ce verset du miracle des langues qui eut lieu le matin de la Pentecôte mais aussi de celui qui se produisit\, lors du baptême des premiers gentils par Saint Pierre\, dans la maison de Corneille et dont le sous-diacre vient de faire le récit à l’Epître. L’Eglise enveloppe les deux dans sa pensée durant les instants qui suivent et\, dans sa contemplation elle dit à Dieu sa joie de le voir se manifester ainsi avec tant d’éclat\, et prolonger\, par les merveilles de sa grâce\, dans les âmes la louange de son nom\, sur toute la surface de la terre\, et dans toutes les langues du monde. \nLA MÉLODIE\nElle est très joyeuse dans l’Allelúia\, mais d’une joie qui n’a pas d’éclat. Délicate et comme intérieure sur les premières notes\, elle ne commence à s’extérioriser que sur la montée fa – si b. Beau mouvement d’ailleurs qui s’épanouit en une sonorité claire sur le porrectus et le torculus de la dernière syllabe et se détend ensuite en neumes très rythmés qui l’amènent à la cadence sur do. Il ne s’y pose qu’à peine\, une arsis le lance à nouveau vers le la. Il en redescend en se balançant sur deux motifs qui se répondent avec grâce et\, doucement\, touchent trois fois la tonique avant de s’y poser enfin.Ce caractère de musique intérieure est très marqué dans la première incise du verset loquebántur. L’Eglise médite ; notez la longue tenue sur fa avec ses répercussions\, et la descente si paisible des deux climacus et de la clivis vers le do. Sur váriis línguis\, le mot du miracle\, la joie s’élève. Elle retrouve la première partie du jubilus et s’y déploie à loisir mais\, au lieu de revenir au ré\, elle remonte au contraire et s’épanouit sur le mot apóstoli dans l’admiration des apôtres et de l’œuvre du Saint Esprit en eux et dans les âmes de tous les Chrétiens.La dernière phrase reprend l’Allelúia entier qui se trouve fort bien de magnália Déi pour louer dans la joie les merveilles de Dieu.Il ne faut pas chanter fort les premières notes de l’Allelúia. Ménager un bon crescendo qui commencera délicatement sur le fa et aura toute sa force sur le porrectus qu’on élargira légèrement.Retenez le mouvement sur loquebántur qui a quelque chose de mystérieux et reliez-y d’assez près váriis en lui donnant a même expression que dans l’Allelúia. Autant que possible\, ne pas respirer au quart de barre. Lier aussi de très près apóstoli à línguis et mener le crescendo jusqu’à la note répercutée. Faire la reprise a tempo mais sans excès\, sur magnália. \nALLELÚIA II\nVéni Sáncte Spíritus.Comme à la Fête de la Pentecôte. \nSÉQUENCE\nVéni Sáncte Spíritus.Comme à la Fête de la Pentecôte. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nComme un tonnerre\, il se fait entendre du ciel\, le Seigneur\,Et le Très-Haut fit éclater sa voix.Et apparurent les sources des eaux. Ps. XVII. 14\, 16.Dans ces deux versets\, le Psalmiste décrit l’orage\, symbole de la colère de Dieu contre les ennemis de son peuple ; le tonnerre et la violence du vent et des tremblements de terre qui soulèvent les flots\, au point qu’on découvre\, au fond de la mer\, et des fleuves\, la source de leurs eaux.Dans le cadre liturgique de la Pentecôte c’est le vent impétueux et l’apparition des langues de feu qui sont évoqués\, celles-ci symbolisant le Saint Esprit\, source des eaux merveilleuses de la grâce qui allaient couler sur les trois mille auditeurs de Saint Pierre et se répandre jusqu’à la fin des temps sur touts les âmes de bonne volonté. Ainsi\, sur ces quelques mots\, l’Eglise trouve de quoi chanter les deux objets qu’elle se propose : le miracle du Jour et son développement\, l’effusion de la grâce baptismale sur le monde. \nLA MÉLODIE\nLe texte n’est qu’un récit ; il ne se prête pas à l’expression de sentiments très vifs. La mélodie ne s’y applique pas non plus. Elle se déroule dans une atmosphère de joie paisible en revêtant seulement les mots de longs neumes sur lesquels l’âme trouve le temps de saisir et d’exprimer ce que le texte lui suggère.Elle monte tout de suitée de ré au la dans la première phrase\, brode autour et redescend sur le mi en une cadence qui enveloppe Dóminus d’admiration et de tendresse reconnaissante.Dans la seconde\, elle s’établit dès le début sur le la mais le mouvement est le même. La cadence mystique de Dóminus se retrouve sur Altíssime. Dédit vócem est très insistant\, mais toujours méditatif ; la cadence sur ré assez inattendue.Il y a plus de mouvement dans la troisième phrase. On le sent tout de suite dans la montée joyeuse de apparuérunt\, les mots aussi sont moins chargés de neumes.Avec l’Allelúia\, la contemplation paisible revient et tout s’achève sur la cadence mystique entendue pour la quatrième fois.Plus que toutes les autres prières de l’office\, celle-ci est délicate ; précisément parce qu’elle est dépourvue de tout effet. Il faut la chanter à mi-voix\, comme une méditation\, dans un mouvement pas rapide\, mais bien vivant. Evitez de traîner surtout sur les cadences en mi ; elles deviendraient plaintives\, alors qu’elles sont l’expression d’une joie toute pénétrée de tendresse pour le Seigneur. On notera qu’elles ne se trouvent que sur Dóminus\, Altíssime\, Allelúia et apparuérunt\, le verbe qui annonce la grâce du jour. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nLe Saint Esprit vous enseigneraAllelúia.Tout ce que je vous aurai dit.Allelúia. Jean XIV. 16.Au moment où ses membres communient\, l’Eglise se redit les paroles que Notre Seigneur disait à ses Apôtres après la Cène. Elles sont bien à leur place. Par la grâce du sacrement en effet\, la charité croît et\, le Saint Esprit se fait mieux entendre parce que\, devenus plus aimants\, nous sommes plus attentifs à saisir ce qu’il nous dit. \nLA MÉLODIE\nAimable et douce dans l’intonation\, elle s’élève sur docébit vos en une joie enthousiaste pénétrée de certitude\, qui enveloppe tout jusqu’à la fin. Comme si l’Eglise voulait dire aux jeunes baptisés\, au seuil de leur vie chrétienne\, et rappeler à tous ses membres\, que l’Esprit de lumière étant en eux ils n’ont pas à avoir peur ; il les mène à la lumière de l’éternelle vérité.Il faut chanter dans un mouvement alerte et à pleine voix\, les accents bien marqués et sans arrêt. Ne ralentir qu’à la cadence finale qui sera posée. \n\nPolyphonies pour la Pentecôte\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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