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SUMMARY:La Fête de l'Epiphanie
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nINTROÏT\nLE TEXTEVoici que vient le Souverain Seigneur ;Et le règne est dans sa main\,Et la puissance et le commandement.Ps. – O Dieu\, ton jugement\, au Roi donne-le.Et ta justice\, au Fils du Roi.Ce texte n’est pas dans l’Ecriture\, encore que l’idée qu’il exprime se trouve en maints endroits notamment en Malachie III\, 1. Il a toutefois été composé dans le sens et le style des prophéties royales. Dans la reproduction liturgique du mystère\, cet Introït est le chant de l’Eglise saluant l’entrée en scène du Christ Roi qui va exercer pour la première fois ses prérogatives royales en recevant les hommages des peuples de l’univers. Mais\, dépassant la scène historique et la splendeur des rites symboliques sous lesquels elle revit\, l’Eglise y chante en même temps la manifestation toujours plus étendue de la royauté du Christ et\, par delà les temps\, l’Epiphanie suprême\, quand au dernier jour il se montrera Maître et Seigneur\, ayant en main toute puissance et exerçant le pouvoir et l’empire\, non plus seulement en droit mais en fait\, sur les peuples et les rois prosternés.Le Psaume est une prière qui demande pour le Christ la Sagesse et la Justice. (Ps. LXXI\, 1). \nLA MÉLODIE\nElle a bien l’ampleur\, la puissance\, la solennelle gravité d’un cortège royal ; avec des nuances de modération et de douceur qui conviennent si bien à celui qui est Prêtre en même temps que Roi.Elle prend très peu de développement ; quelques notes revenant sans cesse au fa où elles se posent longues et fortes\, pour ponctuer\, les uns après les autres\, les attributs royaux. Rien de rigide toutefois dans cette sobre ordonnance. Le mouvement au contraire est d’une admirable souplesse. Un souffle d’enthousiasme\, contenu comme il convient à un cortège liturgique\, mais puissant\, nous soulève dès l’intonation et\, après nous avoir courbés sur advénit\, en une respectueuse révérence\, devant Celui qui vient\, nous emporte vers dominator et\, par delà les cadences de Dominus et de éjus\, toutes pénétrées elles aussi de respect\, vers régnum\, potéstas et impérium\, pour nous y faire proclamer la puissance du Roi en de splendides accents pleins de grandeur et de fierté. Ce sont ces accents toujours les mêmes – un mouvement ascendant de quarte ou de tierce venant s’étaler ferme et fort sur le fa – qui font la mélodie si parfaitement adaptée à l’imposante entrée du Souverain dans son royaume.Bien balancer le rythme dans la première incise. Attaquer sans heurt avec fermeté la double note de dominator\, qui est une bivirga épisématique ; renforcer ensuite la voix vers l’accent qui sera légèrement allongé et qui conduira le mouvement vers Dominus. Cette cadence doit demeurer forte\, ce qui ne veut pas dire qu’elle soit dure. Elle ne sera que très peu ralentie.Un bon départ sur et régnum ; l’accent tonique bien soulevé et la voix se posant ferme sur la tristropha qui ne sera pas dure ni même forte\, mais sonore ; un léger crescendo la conduira vers le pressus de manu\, dans un rythme bien exact. La cadence de éjus sera élargie mais sans allonger plus qu’il ne faut la clivis finale\, car le mouvement ne doit pas être un instant interrompu mais aller progressant vers al double note de potestas – une bivirga épisématique – qui sera très ferme et ira elle-même vers le salicus et l’accent de impérium où commencera la cadence finale qu’on fera large.Le Psaume est une prière. La chanter avec ferveur. \nGRADUEL\nLE TEXTETous de Saba viendront\,De l’or et de l’encens portant\,Et la louange du Seigneur proclamant.Verset. – Lève-toi et resplendis de lumière\, Jérusalem.Car la gloire du SeigneurSur toi s’est levée. Isaïe LX\, 6\, 1.La première partie est-elle vraiment dans Isaïe l’annonce de l’Epiphanie ? Ce n’est pas sûr\, mais l’Eglise fait à cet événement l’application du texte\, c’est donc que\, d’une certaine manière\, il y était contenu et c’est assez pour nous. Toutefois ce serait une erreur que de restreindre à ce fait d’un jour la portée de l’annonce prophétique\, elle est beaucoup plus vaste. Ce que le prophète voit\, c’est la venue vers Jérusalem – qu’il faut entendre ici au sens de l’Eglise – des nations et des rois de la gentilité. Cette marche des peuples vers la lumière du Christ a commencé le jour de l’Epiphanie\, elle ne s’achèvera qu’au jour du second avènement\, lorsque réunis autour du Christ Glorieux dans la Jérusalem céleste\, ils chanteront\, baignés dans sa lumière\, l’éternelle louange.Le Verset\, bien que faisant partie de la prophétie\, n’est pas à proprement parler prophétique. Il est un appel du prophète à Jérusalem et à l’Eglise les invitant à prendre conscience de la gloire du Christ qui se lève de plus en plus éclatante et à s’en réjouir.Chantés au Graduel\, ces deux versets ne sont pas une prophétie. Ils l’étaient à l’Epître dont ils sont la conclusion. Ici\, c’est l’Eglise qui se les redit et qui se délecte dans la joie de les voir réalisés et dans la joie\, plus profonde encore\, de ce qu’ils promettent. \nLA MÉLODIE\nOmnes de Saba vénient\, aurum et thus déférentes\, et laudem Domino annuntiantesIl y a dans toute la première phrase la même ampleur majestueuse que dans l’Introït\, mais pénétrée d’une joie enthousiaste qui monte comme un chant de triomphe à travers les rythmes larges et les sonorités éclatantes ; la joie de l’Eglise qui voit le cortège des peuples\, conduit par les Mages dans la splendeur des pompes orientales se développer tout au long des siècles et se perdre dans l’avenir en une perspective infinie et un éclat qui la soulève d’admiration et de fierté.C’est la même joie dans la seconde phrase\, mais avec quelque chose de plus léger\, de plus vif\, comme si la vue des présents que chacun sellons sa nature et la richesse de son âme apporte au sacrifice de louange excitait en l’Eglise une nouvelle ardeur. Seuls les deux verbes déférentes et annuntiantes\, qui riment d’ailleurs en un motif plein d e charme retiennent l’Eglise qui se complaît un instant dans le geste et la louange des Mages … et des peuples.Le Verset. – Surge et illuminare Jerusalem\, quia gloria Domini super te orta est.C’est un appel à la joie. Il reçoit tout de suite du podatus de Surge\, lancé sans préparation sur la dominante\, le ton direct et pressant qui lui convient\, mais très tôt une nuance de douceur\, voire de tendresse\, le pénètre ; c’est à Jérusalem qu’il s’adresse… à l’Eglise. Il s’exalte cependant peu à peu à mesure qu’il monte sur illuminare\, et s’en va faire éclater son ardeur aussi haut qu’il peut dans la sonorité brillante de la syllabe accentuée. Puis l’exaltation s’atténue et la tendresse\, qui n’avait été qu’une nuance dans la formule du début\, s’épanche à loisir sur le nom béni. Elle passe à la phrase suivante\, jusqu’à ce que l’idée de la gloire du Christ ayant pris forme\, l’exaltation l’emporte à nouveau et domine enthousiaste et vibrante sur Domini\, la formule même qui chantait le triomphe futur du Nouveau-né\, dans le Graduel de la Messe du jour de Noël. Alors\, une fois encore l’ardeur s’efface devant la tendresse qui vient mettre sur super te un accent de ferveur infinie – notez les distrophas\, la répercussion\, le pressus – et enveloppe toute la fin de la phrase de sa douceur paisible et heureuse.Le mouvement de la première partie aura de l’ampleur et il faut lui donner de l’éclat.Garder une bonne sonorité jusqu’à la dernière syllabe de Omnes. Bien accentuer Saba et mener le crescendo en belle progression à travers la virga pointée et la tristropha qui aura bien sa valeur de trois notes. Bien lancer aurum. Crescendo délicat ans l’arsis de annuntiantes.Après l’accent léger de surgé\, ne pas presser la vocalise\, la montée de illuminare non plus\, mais que la vie y passe ardente\, exaltée\, et que les notes du sommet soient brillantes\, ce sont des virgas épisématiques. Ménager la transition à Jerusalem\, qui sera retenu avec amour ; le pressus allongé. De même les quatre dernières notes de Domini\, dont la double note est une bivirga.Ne pas faire la reprise du chœur sur orta est trop forte. Cette finale doit entrer dans l’idée générale de contemplation qui est celle de tout le Graduel. \nALLELUIA\nLE TEXTENous avons vu son étoile en Orient ;Et nous sommes venus avec des présentsAdorer le Seigneur. Math. II\, 2.C’est la parole des Mages aux habitants de Jérusalem\, quand ils leur demandèrent où se trouvait le Roi des Juifs.Historiquement ce sont les Mages qui parlent\, mas en la circonstance ils représentaient les Gentils\, de sorte que c’est toute l’Eglise qui est attitrée à dire cette parole ; et chacun de nous peut la dire en toute vérité car tous nous avons vu\, non pas son étoile\, mais\, ce qui est mieux\, la réalité dont elle était le symbole\, la lumière que le Christ est venu apporter au monde. Et c’est\, parce que nous l’avons vue et que nous avons cru en elle et que nous avons marché dans sa clarté\, que nous venons aujourd’hui rendre au Roi des Rois l’hommage de notre foi\, de notre confiance\, de notre amour\, qui se concentre dans le don de nous-mêmes en sacrifice comme en un présent non plus symbolique mais réel. \nLA MÉLODIE\nC’est encore l’Alleluia de la Messe du jour de Noël.Rien de spécial à dire sur sa structure mélodique ; les quatre phrases psalmiques sont bien là et aussi la joie simple et enthousiaste de Noël.Elle se nuance d’admiration contemplative sur vidimus puis\, s’élevant comme en un épanouissement\, enveloppe de tendresse le nom divin à travers éjus qui en tient la place.Vénimus répond à vidimus au commencement de la troisième phrase. C’est la même formule\, avec dans l’arsis quelque chose de plus vif\, qui évoque très heureusement l’empressement de l’âme à suivre la lumière.Adorare Dominum vers qui va le mouvement\, comme va vers le Seigneur toute contemplation et toute action\, a l’enthousiasme qui convient et évoque parfaitement dans sa courbe descendante l’adoration soumise et aimante.Il faut lier de très près in Oriente à éjus par-dessus la grande barre. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTELes rois de Tharse et des îles lui offriront des présents.Les rois d’Arabie et de Saba lui apporteront des dons.Et ils l’adoreront\, tous les rois de la terre ;Toutes les nations lui seront soumises. Ps. LXXI\, 10\, 11.Le premier verset prophétise l’Epiphanie ; l’autre\, la royauté universelle du Christ-Roi\, telle que nous la voyons de plus en plus se manifester depuis le jour des Mages\, telle qu’elle sera au jour du second avènement.L’Eglise les chante comme une contemplation du mystère annoncé par le prophète\, commencé par l’adoration des Mages\, réalisé de plus en plus par la soumission des peuples et par le don des âmes qui précisément se fait à ce moment avec l’offrande de la matière du sacrifice ; chacun se donnant sous le symbole du pain et du vin comme les Mages se donnèrent sous le symbole de leurs présents. \nLA MÉLODIE\nUn chant de contemplation baigné de joie.L’intonation est curieuse. L’auteur a-t-il voulu marquer\, par ces trois temps longs et répercutés sur la dernière syllabe de Tharsis\, l’éloignement fabuleux de Tharse – c’était\, dit-on\, une ville d’Espagne\, le bout du monde pour alors – comme nous le faisons dans la diction en traînant les syllabes : « … loin …très loin » ? C’est possible. En tous cas\, il a offert là une forme admirable d’expression à la pensée qui\, s’en allant tout au long des siècles\, et jusqu’à l’éternité\, voit la suite des rois et des peuples converger vers le Christ Souverain pour l’adorer dans l’absolue soumission de leur puissance. Tout le reste de la phrase\, remarquable d’ailleurs par l’élégance et le charme de la mélodie\, exprime la même contemplation heureuse. A noter particulièrement la répétition sur offerent du motif de munera à la tierce inférieure par le jeu du si b qui module si naturellement. Le balancement de ces deux motifs\, dans le dégradé de la thésis\, donne à toute cette fin de phrase un admirable caractère de paix et de joie profonde.Il passe à la phrase suivante sans que rien d’abord ne le modifie sensiblement\, mais peu à peu\, à travers les rythmes somptueux d’Arabum et de Saba\, le mouvement s’amplifie et s’anime en allant vers dona adducent\, les deux mots de l’offrande\, qu’il place au sommet de l’arsis\, revêtus d’une formule de joie éclatante cette fois.Dans le deux dernières phrases\, il n’y a pas de différence de style\, bien que la mélodie dans l’ensemble soit plus retenue.Aussi bien ne s’agit-il plus des Mages et de la joie de la fête\, mais de l’adoration universelle des rois et des peuples ; d’où le caractère de contemplation qui domine à nouveau. La dernière phrase\, qui est comme la thésis de toute la pièce\, est une merveille de composition. La formule de omnes est redite sur gentes\, et les deux premiers neumes de sérvient exquissent une troisième répétition qui se développe en une cadence finale large\, somptueuse et d’une élégance achevée.Cette dernière phrase était le refrain au temps où l’Offertoire comportait des versets ; reprise par le chœur\, elle devait produire un grand effet\, à la fois de puissance et de grâce.Ne chanter ni trop vite ni trop fort. Ce serait enlever à cette mélodie si délicate toute son expression.Les répercussions de Tharsis devront être très discrètes\, c’est comme une sorte d’ondulation qui doit envelopper le mot. Beaucoup de souplesse dans les rythmes de insulae\, de munera\, qui sera ralenti légèrement comme offerent\, et dans les motifs répétés de Saba. Crescendo discrètement conduit sur dona adducent et pris dès la première répercussion de dona.Faire là une pause un peu plus marquée. Les motifs de omnes gentes légers et bien semblables. La finale gracieusement retenue. \nCOMMUNION\nLE TEXTENous avons vu son étoile en OrientEt nous sommes venus adorer le Seigneur.C’est le même texte que celui de l’Alleluia . L’interprétation sera aussi la même avec une nuance toutefois qui tient au moment de la communion.A la joie d’offrir des présents\, s’ajoute la joie de les voir acceptés et d’en recevoir en retour. Les Mages eurent cette joie\, n’est-il pas vrai ? dans les sourires de l’Enfant-Dieu et plus encore dans la grâce qui envahit leurs âmes. Nous\, de même ; nous nous offrons au moment de la communion à l’influence transformante du Christ\, il nous accepte et vient. C’est donc dans un sentiment de joie reconnaissante qu’il faut chanter. \nLA MÉLODIE\nAprès l’intonation que met en relief le mot de la vision avec une nuance de contemplation\, ici encore la mélodie s’élève dans un mouvement de joie simple et fraiche ; la joie de la découverte. Le même mouvement et la même joie conduisent vénimus au sommet de l’arsis avec une touche d’empressement bien à sa place comme dans l’Alleluia. Mais\, aussitôt après\, la mélodie descend dans le grave\, comme envahie par la profondeur du mystère et c’est l’idée de l’adoration qui prévaut. Non pas que la joie ait disparu ; elle pénètre encore la dernière incise mais elle est plus tempérée. Elle rejoint celle de vidimus de l’intonation : la joie de l’âme qui se referme sur son Dieu pour être seule avec lui.Veiller à ne pas chanter trop rapidement les porrectus de l’intonation\, de même les quelques notes isolées de vénimus cum munéribus ; donner à l’accent de adorare une certaine ampleur tout en le faisant léger. Partitions \n\nCantiques pour l’Epiphanie \nPolyphonies pour l’Epiphanie\nL’hymne Crudelis Herodes (polyphonie)\n\n Epître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:La Fête de la Sainte Famille
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nINTROÏT\nLE TEXTE \nQu’il tressaille de joie\, le Père du Juste !Qu’ils se réjouissent\, ton Père et ta Mère !Qu’elle tressaille de joie\, celle qui t’a mis au monde ! \nPs. – Qu’ils sont aimés\, tes tabernacles\, Dieu des vertus !Elle soupire et languit\, mon âme\,Sur les paroles du Seigneur. Prov. XXIII\, 23. Ps. LXXXIII\, 2\, 3. \nDans le Livre des Proverbes\, ces mots sont un compliment à l’adresse des parents de l‘homme qui pratique la sagesse. \nAu sens liturgique\, ils ne disent rien de plus\, sinon que le Juste ici est le Sage par excellence\, Notre Seigneur Jésus-Christ. Peut-être même vinrent-ils bien des fois comme spontanément sur les lèvres de ceux qui eurent l’occasion d’admirer les qualités du fils du charpentier de Nazareth. Peut-être furent-ils dits à Notre-Dame et à Saint Joseph comme une citation des Livres saints qui trouvait en eux son application. Peut-être même quelques docteurs du Temple\, émerveillés\, les prononcèrent-ils quand ils virent Notre Seigneur s’en aller\, entre son Père et sa Mère qui venaient de le retrouver au milieu d’eux. En tout cas\, c’et ainsi que l’Eglise les chante\, comme un compliment à la Sainte Famille reconstituée dans la gloire. Ils prennent ainsi leur sens total et la destination dernière que le Saint-Esprit leur donna en inspirant l’Ecrivain sacré. \nLe Psaume exprime le désir de rejoindre la Sainte Famille au ciel. Tant que l’âme est sur la terre\, elle n’est que sur le parvis. C’est pourquoi elle soupire. \nLA MÉLODIE\nLa mélodie n’est pas originale\, il va de soi\, puisque la fête est d’institution récente. Elle a été faite de formules empruntées ici et là aux Introïts du VIIe mode. Exultet Gaudio Pater Justi est calqué sur Audivit Dominus et misértus du Vendredi après les Cendres – Gaudeat Pater tuus\, sur de laqueo pédes méos de l’Introït Oculi méi du IIIe dimanche du Carême. – Et mater tua\, sur Patris méi de l’Introït Venite benedicti du Mercredi de Pâques. – Et exultet quae genuit te\, sur et ne obtiviscaris voces quaeréntim te de l’Introït Réspice du XIIIe dimanche après la Pentecôte. \nL’élan de la première incise\, qui gravit en trois bonds l’octave entière pour s’épanouir sur Pater Justi\, est admirable de proportion et d’à propos par la joie vibrante qui l’enveloppe toute\, avec une nuance de vénération délicatement posée sur Justi. Cette joie a moins d’éclat dans la suite ; aussi bien c’est à Notre Seigneur que l’Eglise s’adresse désormais et un caractère de discrétion plus prononcée est tout à fait de mise. Notez le mot tuus\, la cadence de mater tua et l’incise finale quae génuit te\, avec leur accent de profonde admiration\, qui en font une louange si délicate et si pleine de tendresse et à Saint Joseph et à Notre-Dame. \nL’épisème horizontal de Pater pourra être renouvelé sur le podatus. Bien rattacher Mater tua à Pater tuus. \nLa cadence finale du Psaume est particulièrement expressive du désir ardent qui est dans le texte. \nGRADUEL\nLE TEXTE \nUne seule chose j’ai demandée au Seigneur\,Et je la demanderai encore\,Que j’habite dans la maison du SeigneurTous les jours de ma vie. \nVerset. – Heureux ceux qui habitent dans ta maison\, Seigneur.Dans les siècles des siècles\, ils te loueront. Ps. LXXXIII\, 5. \nLe sens littéral est très simple. Le psalmiste révèle l’objet constant de sa prière : qu’il puisse habiter dans le Temple\, près de l’Arche où Dieu manifeste sa présence toute sa vie. Même idée dans le Verset\, avec en plus l’évocation de l’éternité dont le Temple n’était que le parvis. \nCe fut sans aucun doute l’ardent désir de Notre-Dame et de Saint Joseph. Le Seigneur le combla au-delà de tout ce qu’ils espéraient\, en leur donnant de vivre avec le Christ dans l’intimité de la maison de Nazareth\, et il continue de le combler de plus en plus\, dans la gloire. \nC’est ce désir de la Sainte Famille qui nous arrive ainsi du passé. Mais\, en même temps que l’Eglise lui prête sa voix\, elle en fait le désir de tous ses membres. \nSaint Paul vient de nous dire\, dans l’Epître\, que nous sommes un avec le Christ. Par lui\, avec lui\, et en lui\, nous sommes donc de la famille divine ; frères du Christ\, fils du Père et de Notre-Dame et de Saint Joseph\, nous aussi. Ce que nous demandons\, c’est d’être avec eux dans la maison de famille. La maison\, c’est Dieu qui enveloppe tout de son être infini. Vivre en relation de pensée et d’amour avec eux tous\, en lui\, dans l’invisible présence\, en attendant de les rejoindre et de les voir\, dans l’éternelle et béatifiante vision\, voilà ce que l’Eglise nous fait chanter\, en union avec ce que Notre-Dame et Saint Joseph chantaient eux aussi dans leur cœur lorsqu’ils étaient\, comme nous\, sur la terre de désir. \nLA MÉLODIE\n(V) unam pétii a Domino\, hanc requiram :ut inhabitem in domo Domini omnibus diébus vitae méae. \nC’est le Graduel du Vendredi qui suit les Cendres. La mélodie a seulement été allongée par une formule de remplissage entre Domini et la finale. \nLe désir\, très discret dans l’intonation\, monte peu à peu sur Domine en un motif qui est presque exclusivement réservé au Nom divin ; formule très humble qui supplie d’en bas\, s’élevant à peine. Il se fait insistant et ferme sur hanc requiram ; brusquement la mélodie passe à la dominante et par l’intervalle de tierce quatre fois répété\, l’épisème horizontal\, le pressus\, elle marque la volonté forte de l’âme\, résolue à obtenir\, à force de prière\, ce qu’elle demande. C’est cette supplication qui se développe ardente sur ut inhabitem. Formule originale d’une belle inspiration ; il y a dans tout le mouvement une chaleur que l’on sent retenue mais qui anime tout et qui se nuance très heureusement d’intimité sur Domini. Malheureusement l’incise finit sur la tonique en une cadence presque conclusive alors que le texte continue. \nLe Verset. – Beati qui habitant in domo tua Domine :In saecula saeculorum laudabunt te. \nLa finale exceptée\, il est calqué sur le Verset Beatus du Graduel Ego dixi du Ier Dimanche après la Pentecôte. \nLe calque est heureux\, comme fut heureux le choix des formules pour exprimer cette exclamation à la fois enthousiaste et pleine de désir. Elles ont de l’ardeur\, de la joie\, et se complètent l’une l’autre\, Domine emportant la mélodie dans un magnifique élan qui dit au Seigneur l’ardeur de l’âme pour la béatitude qu’elle entrevoit\, qu’elle salue et vers laquelle elle crie. Le motif de saeculorum\, en broderies légère\, sur des notes élevées\, évoque\, lui\, la lointaine éternité que chantaient jadis les Saints Innocents. La finale est une formule commune qui donne au pronom te\, objet à la fois du désir et de la louange\, la vénération et la tendresse qui conviennent. \nIl ne faut pas craindre de donner de la force à l’incise hanc requiram. Il y a là une révolution ferme qui doit être mise en évidence. \nContinuer le mouvement avec la même force sur inhabitem avec un bel accent de ferveur. Lier de très près omnibus diébus à Domini afin de faire\, autant qu’il se peut\, l’unité de l’incise. \nRattacher aussi Domine à tua dans le Verset. \nALLELUIA\nLE TEXTE \nVraiment tu es un Roi caché\,Dieu d’Israël\, Sauveur. Isaïe XLV\, 15. \nDans Isaïe\, cette parole est une louange à Dieu qui\, sans être vu\, fait tout contribuer à la gloire et au salut d’Israël. \nC’est évidemment le mot absconditus qui en a déterminé le choix pour la liturgie de la Sainte Famille et c’est à Notre Seigneur et aux trente années qu’il a vécu caché à Nazareth\, qu’elle s’applique d’abord. Mais l’Eglise\, en faisant le mot de sa louange\, y mêle ici comme dans le Graduel\, le désir\, qui ne la quitte pas\, d’avoir tous ses membres cachés avec Lui dans l’invisible Trinité\, en attendant la béatifique vision. \nLA MÉLODIE\nElle n’a sans doute pas été faite pour les paroles mais l’application est excellente. Il y a dans le premier mot de l’intonation une admiration pénétrée d’amour qui se développe ensuite très heureusement tout le long de la phrase. Déus Israël\, qui dit la réalité cachée sous le mystère\, domine tout\, au début de la seconde phrase. Son motif plein d’élan et le pressus qui le couronne sont une très belle louange\, qui se continue sur Salvator dans la nuance d’admiration aimante du début. \nNe pas chanter trop vite. Bien lier les deux phrases. La longue descente de la dernière incise de Salvator sera légèrement retenue et la remontée du re au sol avec grâce. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE \nIls portèrent Jésus\, ses parents\, à Jérusalem\,Afin de l’offrir au Seigneur. Luc II\, 22. \nC’est le début du récit de la Présentation de Notre Seigneur au temple. On  a seulement ajouté paréntes éjus\, sans doute pour mettre plus en évidence le rôle de Notre-Dame et de Saint Joseph. \nCe fut le premier acte officiel de la Sainte Famille. L’évocation qui en est faite ici est donc bien adaptée à la fête ; et à l’Offertoire aussi\, car ce fut la première fois que l’offrande de Notre Seigneur à son Père\, toujours vivante en son âme\, fut extériorisée en un sacrifice rituel\, figure de celui qui allait venir\, qui est venu\, qui ne cesse plus. \nL’Eglise\, au moment où les fidèles offrent le Christ et s’offrent eux-mêmes avec lui au Père sous le symbole du pain et du vin\, se chante à elle-même le récit de cette première offrande du Christ\, comme pour rattacher la réalité à la figure et y prendre le modèle de son propre sacrifice. \nLA MÉLODIE\nC’est\, à quelques détails près\, celles de l’Offertoire de la Messe de minuit. Malheureusement le texte ici est très différent ; ce n’est qu’un simple récit. Il lui manque le lyrisme dont était enveloppé le Laeténtur caeli et qui concordait si parfaitement avec la joie délicate des rythmes et des cadences du IVe mode. Il reste que le caractère de contemplation heureuse qui s’en dégage\, aide à faire de ce récit une méditation du mystère\, dans la joie de Noël à nouveau évoquée. \nDans l’original\, la première phrase finissait à éjus\, elle a été ici prolongée jusqu’à Jérusalem\, mais  la cadence sur re demeure conclusive ; il faut donc rattacher de très près in Jerusalem à Domino et bien poser sur le la la cadence de Jerusalem pour pallier à ce défaut. \nCOMMUNION\nLE TEXTE \nIl descendit\, Jésus\, avec eux\, et vint à Nazareth ;Et il leur était soumis. Luc II\, 51. \nC’est la fin de l’Evangile du jour. \nAu moment où les fidèles viennent de communier\, l’Eglise se dit à elle-même ces mots qui révèlent\, dans le cadre de la Sainte Famille\, le mystère de la soumission du Dieu fait homme à ses créatures et à travers elles au Père. Elle dessine ainsi l’attitude de l’âme devant la grâce qui vient en elle et qui doit la faire une avec le Christ ; dans l’absolue soumission au Père et à ceux en qui il a déposé son autorité. \nLA MÉLODIE\nC’est celle de la Communion de la Messe du jour de Noël. \nL’intonation est très appropriée au mot et l’idée de soumission se trouve en pleine évidence dans le très beau mouvement de erat subditus\, plein de joie comme l’était l’obéissance du Christ\, comme doit être la nôtre. Cette joie\, qu’on pourrait appeler ici la joie de la Sainte Famille\, se dégage d’ailleurs de toute la pièce et lui donne son expression vraie. \nPartitions \n\nCantiques pour l’Epiphanie \nPolyphonies pour l’Epiphanie\nL’hymne Crudelis Herodes (polyphonie)\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici \n\n 
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SUMMARY:Deuxième dimanche après l'Épiphanie
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nINTROÏT\nLE TEXTE \nQue toute la terre t’adore\, ô Dieu\, et chante pour Toi.Qu’un hymne elle dise à ton Nom\, ô Très-Haut. \nPs. – Acclamez Dieu\, toute la terre\,Dites un hymne à son Nom ;Donnez de l’éclat à sa louange. Ps. LXV\, 1-2. \nLe Psaume LXV porte en sous-titre dans la Vulgate : Canticum psalmi resurrectionis\, ce qui fait croire qu’il fut composé en reconnaissance de quelque délivrance nationale. C’est un appel à toute la terre pour qu’elle loue le Seigneur.L’Eglise\, qui continue\, dans les Dimanches après l’Epiphanie\, de célébrer la manifestation du Christ au monde\, s’en sert pour convier tous les hommes à l’adorer avec les Mages et à le louer pour le miracle de Cana\, dans lequel il se manifeste avec un éclat nouveau et qui est  l’objet de l’Evangile du jour.Il faut bien noter les deux formes que prend cet appel ; un souhait et un désir exprimés à Dieu dans l’antienne\, et une invitation adressée aux peuples dans le psaume. \nLA MÉLODIE \nElle se compose de deux phrases qui à quelques détails près sont identiques. Psalmum dicat dans la seconde répond à Omnis terra dans la première et de même Altissime à psallat tibi. Parallélisme musical qui suit le parallélisme littéraire.Toutes les incises commencent par une tristropha ; d’où cette atmosphère de modération\, de repos\, de paix\, qui enveloppe tout. D’autre part\, après avoir concentré son ardeur sur ces trois notes\, l’âme la laisse aller sur adoret et nomini tuo en de beaux élans qui portent haut le désir et qui pénètrent toute la phrase d’une ferveur nuancée de touches délicates\, telles ces reprises de mouvement sur te Deus\, psallat tibi\, Altissime\, d’un caractère si intime et si tendre.C’est une mélodie très contemplative qui est en même temps l’expression d’un désir ardent.Ce double caractère rend son exécution difficile. Il faut lui garder du début à la fin  une ardeur paisible. Veiller à ce ue les tristrophas ne sient pas des repos\, mais un élan retenu. Les faré exactement de trois temps légers avec un renforcement de voix qui conduit le mouvement vers l’arsis qui suit. Eviter par contre que ces arsis ne soient trop poussées.Un grand crescendo délicat et très lié jusqu’au pressus de adoret ; la thésis en dégradé\, la distropha légère\, le torculus sans ralenti et rattaché à te\, qui sera très expressif. Pas de ralenti à Déus qui sera lui aussi lié à et psallat.Même interprétation pour la seconde phrase. Bien balancer Nomini ; la distropha légère entre les deux groupes ternaires\, le second légèrement élargi : ne pas trop retenir Altissime. Le Psaume alerte et joyeux. \nGRADUEL\nLE TEXTE \nIl a envoyé\, le Seigneur\, sa Parole\,Et il les a guéris ;Et il les a arrachés de leur mort. \nVerset. – Qu’ils louent le Seigneur pour sa miséricorde\, Et pour ses merveilles envers les enfants des hommes. Ps. CVI\, 20-21. \nLe Psaume CVI est un chant d’action de grâces. Le psalmiste énumère en quelques strophes les misères et les malheurs variés qui sont venus sur les hommes : guerre\, famine\, emprisonnement\, travaux forcés\, maladies… et la façon dont le Seigneur les a secourus. Après chaque strophe\, il y a comme un refrain qui prend la forme d’un appel au peuple pour qu’il chante sa reconnaissance. Le verset 20\, misit\, est la fin de la strophe consacrée aux maladies\, et le verset 21\, confiteantur l’appel à la reconnaissance. La parole dont il est question\, c’est le Verbe\, seconde personne de la Sainte Trinité\, qui opéra toutes les merveilles dont fut gratifié le peuple juif\, mais aussi\, dans un sens prophétique\, le Christ\, Verbe fait chair\, que le Père enverrait un jour pour guérir les cœurs brisés et annoncer aux captifs leur délivrance.Au sens liturgique\, c’est l’Eglise qui\, sur les mots mêmes qui prophétisaient le Christ miséricordieux\, chante la prophétie au moment où elle se réalise. Elle vient d’entendre Saint Paul énumérer dans l’Epître les dons divins qui viennent en nous par la grâce\, elle a déjà à l’esprit l’épisode des noces de Cana qui va être lu à l’Evangile et\, par delà le geste si délicat du Christ qui change l’eau en vin pour secourir la détresse passagère de deux époux\, elle voit l’Eucharistie qui soulage tant de misères morales et qui arrache à l’étreinte de la mort tous ceux qui s’en nourrissent. Devant cette manifestation de plus en plus éclatante de celui qui fut prophétisé\, elle reprend la parole du Psalmiste et la fait monter comme un hommage de sa foi et de sa reconnaissance vers le Père qui l’envoya. Se tournant alors vers les siens\, elle les appelle à chanter la miséricorde du Seigneur et toutes les merveilles qu’il a faites et qu’il continue de faire. \nLA MÉLODIE \nMisit Dominus Verbum suum et sanavit éos. Et eripuit éos de intéritu eorum.La première phrase est empreinte de gravité. C’est bien l’atmosphère dans laquelle l’âme se trouve baignée chaque fois qu’elle se met en présence du drame de la miséricorde divine sauvant le monde. (L’auteur a choisi deux formules centons qu’on ne trouve guère que sur des textes qui ont trait à la Rédemption et qui sont fréquentes dans les graduels du temps de la Passion ; Mardi de la semaine de la Passion\, Mercredi-Saint\, Jeudi-Saint.) Toute recueillie\, elle enveloppe de respect Dominus puis\, s’élevant peu à peu\, elle laisse son ardeur se répandre pleine de noblesse\, de vénération et d’amour sur vérbum\, avec un accent particulier sur suum\, qui évoque le Fils unique et la valeur infinie de ce don d’amour fait au monde.La seconde est une magnifique expression de joie. L’Eglise demeure d’abord sur et sanavit dans la même atmosphère mais peu à peu\, à l’idée des bienfaits que le Verbe fait chair a répandu autour de lui\, elle laisse sa reconnaissance se dilater dans la joie et la proclame très haut. Les deux motifs de éos sont très beaux. Le premier chantait la lumière dans le Graduel de l’Epiphanie\, le second la délivrance des Saints Innocents\, le jour de leur fête. Sur ces montées progressives et chaudes\, l’âme\, s’englobant elle-même dans le nombre des guéris et des ressuscités\, exalte à loisir Celui qui l’a sauvée.Entre les deux phrases il n’y a pas de contraste la transition étant admirablement ménagée par la formule de et sanavit. Dans la mélodie comme dans le texte\, une seule chose est dite et chantée\, la manifestation de la miséricorde et de la puissance divine du Verbe fait chair\, envoyé de Dieu. \nLe Verset. – Confiteantur Domino misericordiae éjus et mirabilia éjus filiis hominum. \nIdée nouvelle. L’Eglise sort de la contemplation du mystère pour exhorter tous ceux qui en  ont profité à dire leur reconnaissance dans un hymne de louange.Sur un motif très simple de deux ou trois notes\, qui évoque l’appel des élus à la louange éternelle dans le Graduel du IIe Dimanche de l’Avent\, elle se fait pressante sur Confiteantur ; elle insiste\, revenant par trois fois. Sur Domino elle s’incline\, pleine de vénération joyeuse ; puis\, comme si elle oubliait l’appel qu’elle lance\, elle se laisse prendre par le mot misericordiae et y demeure\, contemplant à nouveau\, sur la courbe de la mélodie qui monte et descend lentement\, le mystère de la bonté du Christ\, son mystère à lui…et son mystère à elle… Ce n’est pas tant de la joie qu’une paix heureuse. La paix que lui a value la divine miséricorde. Elle s’y délecte\, bercée dans un rythme binaire qui s’étend\, calme\, régulier\, léger aussi\, comme planant au-dessus du temps et de l’espace\, spirituel.  A l’évocation du nom divin elle s’exalte quelque peu sur les deux pronoms éjus en un hommage plus ardent de reconnaissance ; puis reprend sur filiis hominum le thème de l’exhortation. Englobé dans le très beau mouvement de la formule finale\, il permet au chœur\, qui représente précisément les fils des hommes\, de se joindre aux chantres dans le même élan de ferveur reconnaissante.Retenir le mot Dominus dans l’intonation. Après qui\, un bon mouvement plein d’élan jusqu’au sommet de éos\, qui sera éclatant. Le même enthousiasme passe à la phrase suivante et dure jusqu’à la fin.Confiteantur Domino doit être à la fois léger et pressant ; les pressus seront bien appuyés mais la note qui les sépare\, très souple ; la tristropha posée doucement. Le ré qui débute la troisième reprise un peu allongé ; toute la finale de Domino élargie\, mais le climacus de la fin à peine retenu et très rythmé.La vocalise de misericordiae très régulière\, mais très souple. Le crescendo sera très peu poussé\, toutes les notes pointées bien reliées à la suivante par un discret renforcement de la voix.Bien rattacher mirabilia à éjus. Le second éjus\, léger et joyeux. Bien faire les répercussions de la formule finale. La dernière incise très élargie. \nALLELUIA\nLE TEXTE \nLouez Dieu\, tous ses Anges.Louez-le\, toutes ses Puissances. Ps. CXLVIII\, 2. \nIl est à prendre dans le même sens que le Graduel. L’Eglise invite les Puissances célestes à louer Dieu avec nous pour nous avoir donné le Christ\, qui se manifeste si puissant et si miséricordieux. \nLA MÉLODIE \nC’est celle des Alleluia du IIIe Dimanche de l’Avent et des Saints Innocents\, à part la première incise qui est ici simplifiée.Dans toute la première phrase\, l’invitation est directe et vivante mais\, dans la seconde\, l’Eglise\, prise par l’idée de Dieu\, s’oublie sur éum à le contempler et se complaît dans sa contemplation jusqu’à la fin. La mélodie est admirable de paix et de tendresse délicate ; on décèle ici et là\, particulièrement dans la dernière incise\, comme une pression plus poussée\, le désir d’être avec les Anges pour l’éternelle et parfaite louange.Veiller à ne pas précipiter les deux notes isolées entre les clivis de omnes et le podatus de tu dans virtutes. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE \nAcclamez Dieu\, toute la terre !Acclamez Dieu\, toute la terre !Chantez un hymne à son nom.Venez\, écoutez\,Et je raconterai\, à vous tous qui craignez Dieu\,Tout ce que le Seigneur a fait pour mon âme. Ps. LXV\, 1-2\, 16. \nDans le Psaume\, ces trois versets sont une invitation à louer Dieu pour ses bienfaits.Ici\, l’objet de la reconnaissance est le miracle de Cana\, dans lequel le Christ révèle pour la première fois sa puissance divine et\, plus encore\, l’Eucharistie qui y était figurée.Sans doute est-ce ce dernier objet qui déterminera le choix du verset : Venez écoutez et je vous raconterai ce que Dieu a fait pour mon âme. L’Offertoire en effet accompagne l’offrande du pain et du vin qui seront changés au corps et au sang de Notre Seigneur et donnés ensuite en communion comme le don de Dieu qui\, en nous apportant la vie du Christ\, nous transforme en lui spirituellement ; pour l’âme qui en bénéficie\, il y a de quoi louer le Seigneur et de quoi confier aux amis. C’est cette miséricordieuse bonté du Christ\, toujours en action\, que l’Eglise nous invite à acclamer et qu’elle brûle de confier en détail à qui veut l’écouter. \nLA MÉLODIE \nElle ne ressemble en rien au Jubilate du dimanche précédent. C’est encore une acclamation\, du moins dans la première partie mais\, au lieu de la joie légère\, c’est la grandeur et l’enthousiasme qui dominent.Trois idées : acclamez Dieu\, chantez un hymne à son nom\, venez et écoutez ce qu’il a fait pour moi. Jubilate\, psalmum dicite\, venite et audite.Jubilate… L’intonation\, par son mouvement hardi vers la dominante et son appui sur le salicus\, a bien le caractère direct et entrainant d’une invitation joyeuse. Déo est à peine souligné ; tout le mouvment va vers universa terra\, qui reçoit de la tristropha et des intervalles de quarte et de quinte qui l’encadrent une ampleur magnifique\, à travers laquelle passe\, ardent et large\, l’appel à la joie.Dans la seconde phrase qui\, ici encore\, reprend la première en thème varié\, cette idée de joie\, qui avait été un peu laissée dans l’ombre\, se développe en une acclamation splendide\, ordonnée\, mesurée et\, en même temps\, pénétrée d’une ardeur qui monte\, s’enfle\, éclate\, enthousiaste comme le cri d’une foule qui chante son héros. C’est toute l’Eglise\, toute la terre\, qui s’excite elle-même à clamer son admiration\, sa reconnaissance\, son amour au Dieu si bon qui nous a donné son Fils et qui nous incorpore à lui pour être des fils nous-mêmes. Déo est reproduit sans changement. Universa terra non plus n’est pas changé ; mais\, à la fin de la première formule\, le si naturel amène un très beau développement qui amplifie le mot et en renforce considérablement l’expression.Psalmum dicite… Une invitation encore ; non plus à acclamer\, cette fois\, mais à chanter un psaume : c’est une invitation à la louange liturgique. Il y a une nuance et elle est bien dans la mélodie. Celle-ci garde son ardeur\, certes – notez la tristropha de dicite entre les clivis épisématiques qui l’amènent si délicatement\, l’admirable montée de nomini où elle s’épanouit\, ravivée encore par la répercussion de la clivis\, et le rebondissement sur éjus ; progression splendide qui la fait de note en note plus pressante et plus chaude – mais cette ardeur est modérée\, retenue\, comme enveloppée de religieux respect et de vénération.Venite et audite… Pour la troisième fois l’invitation est redite. Jamais elle ne fut plus ardente et plus joyeuse. C’est une invitation à partager un secret de bonheur. La mélodie qui s’était étable en la  la fin de la phrase précédente passe sans transition au do\, dominante du VIIIe mode et de là s’élance à la tierce supérieure sur un motif de quelques notes très simple mais qui rend admirablement l’appel plein d’entrain que l’on adresse spontanément aux amis sur le chemin de la joie commune. Ce motif est répété 3 fois.Mais sur narrabo quelque chose s’ajoute à l’appel. Il semble que l’âme\, à la pensée de ce qu’elle a à dire\, retienne son élan et s’arrête sur la tristropha\, comme pour prendre dans un seul regard toutes les grâces qu’elle a reçues\, la voix commence à revêtir le ton des communications intimes. La joie extérieure s’est atténuée\, il n’y a plus que la joie profonde… La mélodie qui est descendue graduellement\, se relève bien quelque peu sur omnes qui timétis\, mais c’est en empruntant le motif plein de révérence de nomini éjus.Après un dernier accent sur quanta fécit\, pour souligner la grandeur des merveilles divines et l’ardeur d’amour qui réveille leur souvenir\, elle devient toute thétique ; elle souligne Dominus au passage et s’achève\, sur animae méae\, en des neumes gracieux et paisibles. L’âme\, devenue toute contemplative admire la transformation qui s’est faite en elle et qui laisse bien loin le changement de l’eau en vin qui en était la figure. L’Alleluia redit une dernière fois le mot de la louange\, mais en une formule toute reposée qui ne fait que prolonger la quiétude de la contemplation.Chanter dans un bon mouvement plein de vie et avec une grande souplesse.Commencer le crescendo de univérsa\, dans la première phrase\, dès le torculus du début de l’incise\, le concentrer sur la virga pointée et le faire s’épanouir\, sans heurt et tout en élan\, sur la tristropha\, qui doit être légère. Donner un peu de longueur à la première note du podatus de sa dans universa et entretenir l’élan jusqu’à la fin de terra.Reprise a tempo discrète sur le second jubilate. Dans la vocalise\, bien distinguer les distrophas et tristrophas\, qui sont légères\, des pressus qui eux ont un peu plus de poids et de mordant ; mais que tout soit englobé dans le mouvement\, sans heurt ni passion. Il s’épanouira sur les notes du sommet qui seront légères et arrondies. Bien accentuer Déo et y relier univérsa terra\, dont le crescendo ira jusqu’à la fin\, avivé par le si naturel.Une bonne pause\, avant Psalmum ; plus de modération\, la tristropha de dicite légère et douce. Crescendo bien conduit sur Domino\, repris sur éjus et beaucoup plus poussé\, jusqu’à la note répercutée.Une nouvelle pause\, puis attaquer Venite\, très en élan\, très léger et conduire toute la phrase de même. Que le sentiment de paix demeure à partir de narrabo.Rattacher quanta à Déum. Beaucoup d’onction dans toute la dernière phrase. Bien accentuer meae à la fin. L’Alleluia dans le mouvement\, sans reprise a tempo. \nCOMMUNION\nLE TEXTE \nIl dit\, le Seigneur : Remplissez les vases d’eau et portez au maître d’hôtel.Quand il eut goûté\, le maître d’hôtel\,L’eau devenue du vin\, il dit à l ‘époux :Tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant.Ce miracle que fit Jésus fut le premier devant ses disciples. Jean II\, 7. \nC’est le résumé de l’épisode des noces de Cana. En ces quelques lignes\, faites des mots essentiels de l’Evangile\, tient tout le drame.Ce rappel du miracle dans l’antienne de la Communion le met en plein relief comme figure de l’Eucharistie. Au moment où elle goûte la suavité du pain et du vin devenus le corps et le sang du Christ\, l’Eglise se chante à elle-même les paroles qui en furent l’annonce prochaine et\, dans la joie de sa vie renouvelée\, les fait monter vers le Christ Jésus comme l’hommage de son amour reconnaissant…Servasti vinum bonum usque adhuc. \nLA MÉLODIE \nElle se plie avec une admirable souplesse au caractère et à l’action des personnages. Il y en a trois : le récitant\, Notre Seigneur et le maître d’hôtel.C’est le récitant qui commence. Il annonce les paroles divines. Deux mots très simples et sur un ton empreint de gravité\, comme il convient. Notez de quelle dévotion il enveloppe Dominus.Le chant de Notre seigneur est très discret\, comme fut son geste. Il n’y a pour ainsi dire pas de mélodie ; juste assez pour revêtir les mots de sa bonté douce et si simple\, avec une légère insistance sur aqua\, la matière du miracle\, et une délicate nuance de joie sur ferté architriclino.Le récitant décrit alors le maître d’hôtel goûtant le vin nouveau. La description est très réaliste. Le motif de gystasset\, avec le si bécarre et le si bémol à une note d’intervalle\, a quelque chose d’incertain qui rend parfaitement l’étonnement du brave homme. Cet étonnement devient plus marqué sur aquam vinum factam\, à la faveur peut-être de la sonorité de la voyelle a quatre fois répétée\, puis fait place soudain\, sur dicit sponso\, à la joie qui va éclater.Elle éclate en effet sur les lèvres du chef\, sonore et quelque peu exubérante ; mais il est si heureux d’être enfin tiré d’angoisse ! Il souligne même d’un accent de délectation le mot bonum et va jusqu’à mettre une pointe de finesse sur usque adhuc ; par quoi il apprécie à sa juste valeur le bon tour que l’époux joue à ses hôtes en gardant\, contrairement à la coutume\, le bon vin pour la fin.Si réaliste qu’elle soit\, cette interprétation est exacte. Tout cela se trouve dans la mélodie et rien ne s’oppose\, ni dans le texte ni dans le contexte du récit évangélique au caractère qu’elle donne aux personnages. Mais l’expression n’est pas toute là. Cette antienne en effet n’a pas pour seul objet\, ni même pour objet principal\, de nous chanter le miracle de Cana. A travers le drame historique qu’elle fait revivre\, un autre drame se joue : le drame liturgique de l’Eucharistie figurée\, annoncée\, réalisée : et c’est pour chanter ce drame-là qu’elle a été faite. Les personnages en sont réels et vivants : c’est l’Eglise qui\, par la voix du récitant\, nous présente la scène et nous annonce les acteurs ; c’est le Christ qui change le pain et le vin en son corps et son sang et\, dans la communion\, nous en lui ; ce sont toutes les âmes enfin\, nous tous\, qui à travers ce chant du maître d’hôtel disons au Christ\, l’Epoux de nos âmes\, notre joie reconnaissante pour la nourriture et le breuvage aux suavités inexprimables qu’il nous dispense à la table de ses noces. Si donc nous nous contentons de chanter le drame historique sous le drame liturgique nous ne comprenons pas la pièce et nous lui enlevons\, faute de l’avoir découverte\, son expression vraie.Il nous faut donc entrer\, en la chantant\, dans les personnages du drame actuel et les vivre. Il passera alors dans la mélodie quelque chose de plus profond\, de plus spirituel qui atténuera ce qu’il peut y avoir de trop humain ici ou là ; et elle aura toute son expression.Chanter dans une rigoureuse technique en veillant à ne pas forcer les caractères.Donner une rondeur quelque peu élargie aux accents de impléte hydrias\, dont la tristropha sera légère. Par contre\, la double note de aqua sera bien appuyée\, comme si elle était surmontée de deux épisèmes horizontaux\, c’est une bivirga épisématique. Un crescendo discret en montant sur architriclino.Une bonne pause\, puis départ a tempo sur cum gustasset. Toute la phrase légère jusqu’à aquam qui sera quelque peu élargi. La distropha de dicit bien accentuée et se balançant avec le salicus qui suit.Beaucoup d’entrain joyeux dans le chant du maître d’hôtel ; prendre garde toutefois à la précipitation\, bien arrondir les torculus et donner toute leur valeur aux notes isolées ; mais conduire le mouvement jusqu’à usque. La dernière phrase très souple ; poser avec un peu d’ampleur la première note des podatus de Jesus et de primum. Balancer le rythme de discipulis suis sans trop l’élargir.  \nPartitions \n\nCantiques pour l’Epiphanie \nPolyphonies pour l’Epiphanie\nL’hymne Crudelis Herodes (polyphonie)\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Troisième au sixième dimanche après l'Épiphanie
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nINTROÏT\nLE TEXTE\nAdorez Dieu\, tous ses Anges. Elle a entendu et elle s’est réjouie\, Sion ; Et elles ont bondi de joie\, les filles de Judée. \nPs. — Le Seigneur règne\, qu’elle exulte\, la terre\, Et qu’elles soient dans la joie\, toutes les îles. Ps. XCVI\, 7-8\, 1. \nLe Psaume XCVI dans la Vulgate porte en tête : De David\, quand son pays lui fut rendu. C’est un chant d’action de grâces\, dans lequel le Prophète royal se sert des images les plus éclatantes pour décrire la façon merveilleuse dont Dieu est venu à son aide. La nuée l’enveloppe… Le feu marche devant lui… Ses foudres illuminent le monde… Les monts coulent comme la cire à son aspect… Soudain au milieu de cette scène terrifiante ; une voix donne un ordre : Vous tous ses anges\, adorez-le. C’est alors la joie du peuple : Elle a entendu\, Sion\, et se réjouit… Il faut évidemment aller plus loin que l’événement historique qu’il célèbre si l’on veut avoir tout le sens de ce Psaume. Par delà la terre d’Israël rendu au peuple de Dieu\, c’est la terre entière — entendue au sens de tout le monde créé — rendue totalement et définitivement à Dieu au dernier jour. Dans le cadre grandiose des éléments bouleversés qui préparent sa venue\, le Christ donne aux Anges l’ordre de se courber devant Dieu\, montrant par là qu’il est le maître des esprits les plus hauts\, que tout lui est soumis\, qu’il a tout en main pour remettre tout au Père ; ce dont les élus se réjouissent. Telle est l’interprétation stricte du texte de la Vulgate. — Il y en a une autre qui est plus dans l’idée générale du Psaume. Le mot que la Vulgate après les Septante a traduit par Angeli est dans le texte hébreu Elohim. Il signale tous les êtres surnaturels\, anges ou démons ; selon le contexte\, il s’entend bien ici des idoles\, ou mieux encore des démons dont elles étaient en fait les représentations. Ce sont eux qui se prosternent et\, c’est de voir leur foi justifiée dans cette adoration du Christ par toutes les puissances qui lui furent opposées\, que les élus se réjouissent. Dans le cadre des derniers dimanches après l’Epiphanie — car cet Introit est celui de tous ceux qui peuvent suivre — le sens de ces deux versets n’a pas à subir la moindre adaptation. Ils entrent d’eux-mêmes dans l’idée qui continue d’occuper l’Eglise depuis la fête : la manifestation de la Royauté du Christ. Le premier Dimanche\, les Anges l’adorent dans l’éternité : « Sur un trône élevé\, j’ai vu siéger un homme que la multitude des anges adorent ». Le second\, c’est la terre qui est appelée à lui rendre hommage : « que toute la terre t’adore ». Ici\, ce sont toutes les puissances supra-terrestres\, au jour de l’Epiphanie suprême. On notera l’à-propos et la grandeur que revêt\, dans ce développement progressif\, l’interprétation du mot Angeli dans le sens de l’hébreu : le Christ courbant les puissances rebelles à ses pieds\, achevant ainsi par ce geste qui les écrase à jamais la lutte qu’elles n’ont cessé de mener contre lui depuis le commencement. « Alors viendra la fin\, lorsqu’il aura remis le royaume à son Père\, après avoir anéanti toute principauté\, toute domination\, toute puissance ». (I Cor. XV\, 24.)Quelle que soit l’interprétation que l’on choisisse\, il faut faire grande attention à la forme très dramatique que prennent ces deux versets isolés de leur contexte. Les chanteurs auront donc à être d’abord le Christ glorieux qui commande\, puis le prophète qui rapporte la scène ou\, mieux encore\, l’Eglise qui évoque sur les paroles du Psaume ce que sera le triomphe de son Chef\, et qui en jouit déjà\, car depuis la résurrection du Christ cette parole ne cesse d’être entendue des anges\, bons et mauvais\, dans la joie… ou dans la rage. \nLA MÉLODIE\nElle est incontestablement revêtue d’autorité dans la première phrase ; la douceur n’en est pas exclue mais c’et bien une volonté qui s’impose. Cette volonté\, très nette dès l’intonation sur l’impératif de adorate — la double note est en effet une bivirga épisématique\, la voix s’y appuie donc et va se renforçant vers l’accent tonique\, lui-même quelque peu élargi — s’accentue et se renforce sur l’accent de Déum et sur le salicus de omnes\, et atteint toute sa puissance sur la bivirga de Angeli\, elle aussi épisématique. On notera enfin que la cadence a quelque chose de brusque\, les trois notes de éjus n’ayant aucun signe d’allongement. Ce n’est pas à dire que le ton doive être rude. Si on fait le Christ s’adressant aux Anges il faut même que toute la phrase soit pénétrée de sa douceur\, mais qu’elle soit ferme aussi\, puisque c’est précisément son autorité de Roi universel qu’il manifeste. Si on le fait parler aux démons\, elle aura\, il va de soi\, plus de mordant en même temps qu’un accent de triomphe. Dans les deux autres phrases\, c’est la joie. Elle est très marquée dans les rythmes binaires de laetata est\, dans la broderie légère et si gracieuse de et exultavérunt et jusque dans la quinte descendante de filiae\, si expressive d’un bonheur profond. Joie de l’Eglise qui voit le Christ et tous ses membres\, un dans l’adoration éternelle du Père\, accomplissant enfin le geste en vue duquel tout a été fait. Un autre sentiment se fait jour dans la dernière incise ; la tendresse qui s’éveille dans l’âme à l’idée des « filles de Juda ». Le mot est à prendre dans un sens poétique. Il s’agit des villes de Judée\, filles de Jérusalem\, mais pour nous\, c’est toute la Jérusalem céleste\, toute la terre de Dieu et son peuple d’élus\, qui est évoquée là et enveloppée de respect et d’admiration. La montée sur la dernière syllabe de Judae et surtout la répercussion sur la clivis avec le rebondissement léger sur le pressus\, avant la retombée finale\, en rendent fort bien les nuances délicates. Selon l’interprétation que l’on donnera au texte\, la première phrase sera plus douce ou plus forte\, pour ne pas dire plus dure. La technique sera la même\, il va de soi\, mais les nuances\, la force des accents\, la puissance du crescendo sur omnes angeli et la cadence finale différeront nécessairement. Mettre un bon intervalle entre la première et la seconde phrase. Audivit sera pris a tempo. Bien poser les premières notes des podatus de laetata. Pas de ralenti à Sion : y relier d’assez près exsultavérunt dont la descente sera retenue avec grâce\, ainsi que toute la cadence finale. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nElles craindront\, les nations\, ton nom\, Seigneur\,Et tous les rois de la terre\, ta gloire.Verset. — Parce qu’il a édifié\, le Seigneur\, Sion. Et il sera vu en majesté. Ps. CI\, 16-17. \nLe Psaume CI est la plainte du peuple juif en captivité. Il s’achève en un acte de confiance en Dieu qui reconstruira Jérusalem et lui rendra sa gloire : Tu te lèveras\, Seigneur\, et tu auras pitié de Sion ; Alors elles craindront\, les nations\, ton nom\, Seigneur. Mais\, par delà la cité matérielle relevée de ses ruines\, l’autre aussi est évoquée\, la Jérusalem Céleste où le Verbe fait chair\, Nom substantiel de Dieu\, dominera tous les rois et sera vu dans la majesté de son infinie splendeur. Les miracles et les enseignements pleins de sagesse de Notre Seigneur\, que la liturgie fait revivre en ces Dimanches après l’Epiphanie\, furent les premiers actes par lesquels il faisait reconnaître la puissance de son nom divin\, comme aussi les premiers fondements de la Jérusalem nouvelle. La prophétie du Psaume commençait donc à s’accomplir. L’Eglise la redit ici dans la joie de la voir réalisée en ces événements merveilleux ; de la voir s’accomplir de plus en plus au cours du temps ; puis\, se tournant vers l’avenir et lui gardant son sens prophétique\, elle la chante comme la vision future de l’éternité évoquée dans l’Introït\, quand le Christ\, après avoir achevé la Jérusalem nouvelle\, y règnera dans la splendeur d’une gloire incontestée et reconnue de tous les peuples soumis dans l’amour. \nLA MÉLODIE\n(V) Timebunt gentes nomen tuum Domine\,Et omnes règes terrae gloria tuam.La première phrase est la même que celle du Graduel Misit Dominus du Dimanche précédent. Elle s’accorde bien avec le caractère de crainte révérentielle qui est partout dans le texte en raison de la vision d’éternité qu’il évoque\, mais elle est surtout pénétrée de certitude. La belle et noble formule de verbum suum\, dans le Graduel Misit\, se retrouve ici sur nomen tuum tout à fait adaptée\, car le Verbe\, qui est e Mot par lequel le Père se dit à lui-même ce qu’il est\, est aussi son Nom. Elle l’enveloppe du même amour et de la même confiance\, avec une nuance de grandeur\, de puissance\, d’autorité\, peut-être plus marquée encore en raison du contexte. C’est la même expression d’espérance forte dans la première incise de la seconde phrase\, mais\, à travers l’insistance très marquée de règes terrae\, tout le mouvement va vers gloria tuam et en fait une magnifique louange qui s’élève lentement sur un motif qui évoque le grand Jubilate du Dimanche précédent. Elle s’achève en une très belle cadence finale\, toute de paix : la paix de l’Eglise en contemplation devant la glorieuse éternité. \nLe Verset. — Quoniam aedificavit Dominus Sion et videbitur in majestate sua. Il n’y a ici que de la joie. L’Eglise voit l’œuvre du Seigneur\, la cité bâtie peu à peu\, resplendissant\, dans la vision lointaine de l’éternité\, de la clarté de Dieu et de la majesté du Christ. Après avoir revêtu le nom divin d’une formule de tendresse à lui seul réservée\, elle laisse aller sur Sion sa joie débordante d’enthousiasme\, de fierté\, de reconnaissance\, d’amour\, de désir. L’élan est splendide\, c’est comme un cri modéré\, retenu\, prolongé\, qui s’achève sur la cadence en la en une nuance délicate d’espoir — car ce n’est qu’une vision d’avenir… L’enthousiasme passe dans la phrase suivante où il se détend peu à peu sur vidébitur\, le mot de la vision béatifique. La formule finale est très commune mais parfaitement adaptée à la contemplation de la majesté divine qu’elle chante. La double note de timébunt bien appuyée de même celle de nomen\, ce sont des bivirgas épisématiques. Avec le pressus de tuum\, elles contribuent à donner un caractère de puissance et d’autorité à toute cette première phrase. Beaucoup de vie dans la seconde ; relier gloria à térrae. Un fort crescendo sur l’arsis de tuam ; toute la thésis très retenue. Le Verset\, très alerte et joyeux. Bien rythmer quoniam aedificavit. Se complaire sur Dominus\, bien appuyer la double note de la fin qui est une bivirga et porter l’élan jusqu’à la première du climacus au sommet\, répercuter sur la première du second climacus\, ne pas ralentir\, ou très peu\, et bien lancer Sion\, large et ardent. A la fin sur le fa ce sont trois virgas. Peu de ralenti à la cadence. Et videbitur\, léger. La formule finale\, paisible. \nALLELUIA\nLE TEXTE\nLe Seigneur règne\, qu’elle se réjouisse\, la terre ! Qu’elles soient dans la joie\, toutes les îles ! Ps. XCI\, 1. C’est le Psaume de l’Introït. Le sens est le même : l’Eglise dit sa joie de voir le Christ régner. \nLA MÉLODIE\nMélodie type déjà entendue le Ier Dimanche de l’Avent\, et à la Messe de Minuit ; on l’entendra à nouveau le Samedi de Pâques et pour l’Ascension. Les textes qu’elle revêt sont différents\, mais ils se rapportent tous à Notre Seigneur Jésus-Christ. Elle est en quelque sorte le leit-motiv qui chante les diverses étapes du voyage divin : l’attente du Sauveur\, sa naissance\, son règne qui commence avec sa vie publique\, sa Résurrection\, son Ascension. L’expression varie avec les mots\, mais la joie est toujours là. Même le Premier Dimanche de l’Avent\, alors que le texte est une supplication\, à l’évocation du Sauveur\, la prière\, nous l’avons vu\, fait place sur salutare tuum à une contemplation heureuse. Ici il n’y a pas autre chose ; de la première à la dernière note\, l’allégresse est partout ; Elle revêt au début une certaine ardeur sur regnavit\, puis se fait légère et paisible tout le long des neumes qui se déroulent : avec\, ici et là\, des accents qui révèlent de quel amour profond elle jaillit. Bien que ce soit une invitation à la joie\, il ne faut pas presser le mouvement ; qu’il soit retenu\, mais sans lenteur et bien vivant. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nLa droite du Seigneur a fait éclater sa puissance. La droite du Seigneur m’a exalté. Je ne mourrai pas\, mais je vivrai\,Et je raconterai les œuvres du Seigneur. Ps. CXVII\, 16-17. Le Psaume CXVII fut sans doute composé pour la dédicace du second Temple après le retour de la captivité. C’est un chant d’action de grâces\, qui s’achève en un cri de confiance et une promesse d’éternelle louange. Dans ces deux versets\, il s’agit du peuple juif et c’est lui qui parle. La main du Seigneur lui a rendu sa gloire. Il ne périra pas et proclamera les œuvres merveilleuses de son libérateur. Tel est le sens historique. Il y en a un autre. Le retour de la captivité et la dédicace du nouveau temple étaient la figure d’une autre délivrance et d’une autre dédicace : la délivrance de l’humanité retenue sous l’emprise de Satan et son retour à Dieu\, toute groupée dans le Christ pour être offerte par lui au Père\, comme le temple vivant dont tous les autres ne sont que la figure. C’est le sens de cet Offertoire. Le Christ — et avec lui tout le Corps mystique — chante les merveilles que Dieu a faites pour lui ; le miracle qui vient d’être relaté dans l’Evangile et\, par delà cet incident\, entre tant d’autres semblables\, l’Incarnation\, la Rédemption\, l’Eglise… Déxtera Domini fecit virtutem. Puis\, tourné vers l’avenir\, vers la glorieuse éternité\, il chante l’exaltation de cette absolue royauté qui se déploiera pour lui et ses membres en cette Epiphanie suprême\, qui sera l’éternelle vie dans l’éternelle louange… Dextera Domini exaltavit me… vivam et narrabo opéra Domini. Un sens plus actuel et plus personnel encore\, si l’on peut dire\, s’ajoute\, du fait que ce texte est chanté au moment où se fait l’offrande de la matière du sacrifice. C’est en effet par l’Eucharistie que Dieu continue à déployer sa puissance en nous et qu’il nous exalte et qu’il nous donne la vie qui ne meurt pas et qui est\, dès maintenant\, éternelle louange. \nLA MÉLODIE\nL’Eglise commence par se complaire sur Dextera Domini en une sorte d’admiration reconnaissante et de vénération qui se courbe aussi bas que possible sur le nom divin. La louange y est déjà\, mais comme retenue par la contemplation. Ce n’est qu’à partir de fecit virtutem qu’elle s’exalte. Alors\, comme si elle prenait peu à peu conscience de tout ce que Dieu a fait dans le Christ et en elle\, l’âme se laisse gagner par l’enthousiasme. Il monte\, grandit\, éclate sur le pressus du sommet ; passe dans la phrase suivante et y prend sur dextera Domini\, nettement établi sur le do cette fois\, une ardeur de plus en plus intense qui pénètre tous les mots d’un courant de joie éclatante et les lance comme une proclamation glorieuse. Notez la fermeté de la ligne sur do\, et les neumes qui insistent sur chaque syllabe\, la distropha de déxtera — qui devrait être une bivirga allongée et répercutée —\, la clivis épisématique de te\, la répercussion sur celle de ra après la distropha\, le pressus de Domini et le beau motif de exaltavit me avec son magnifique élan\, ses deux répercussions\, son pressus et la cadence pleine en VIIIe mode. Quelle affirmation fière et noble ! Cette ardeur se pénètre au début de la troisième phrase d’une inébranlable certitude\, affirmée par l’arsis de non moriar et la tristropha de sed. Celle-ci toutefois a moins d’éclat ;il commence à insinuer une certaine douceur qui va se répandre sur les rythmes ternaires de vivam et pénétrer peu à peu la dernière incise qui chante\, elle\, la louange paisible de l’éternité. Elle s’achève sur l’admirable formule de Domini qui\, entre le quilisma et les deux pressus\, berce pour finir l’ardeur de notre désir. Le mouvement sera plutôt large. Le crescendo partira de la première note de fécit et sera conduit avec soin jusqu’au podatus allongé. Pas de ralenti ou si peu à virtutem. Le second déxtera très affirmé — la double note est une bivirga épisématique — sera rattaché de près à la première phrase dans le même mouvement de grande arsis qui va jusqu’au sommet de exaltavit me\, lequel sera arrondi et ralenti. Beaucoup d’énergie dans non moriar. La première note de sed bien posée et liée à la tristropha. Bien rythmer narrabo. Faire les pressus de Domini bien expressifs. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nIls étaient dans l’admiration\, tous\,Des choses qui sortaient de la bouche de Dieu. C’est le résumé du verset 22 du chapitre IVe de Saint Luc. Il nous livre l’impression des habitants de Nazareth\, lorsqu’ils entendirent Notre Seigneur parler\, pour la première fois\, dans leur synagogue. Ces mots sont bien à leur place car ce fut sans doute la même admiration après chacun de ses miracles. Mais il ne faut pas se contenter de les entendre dans ce sens historique. L’Eglise les chante en effet comme l’expression de notre admiration pour ce que nous entendons du Christ\, dans l’Evangile\, dans l’enseignement de l’Eglise\, dans l’Eucharistie ; et non seulement du Christ\, mais des Trois Divines Personnes qui habitent en notre âme et qui parlent à qui sait les entendre. Notez que le texte porte ici ex ore Déi et non ex ore ipsius comme dans l’Evangile. \nLA MÉLODIE\nElle commence par évoquer d’une façon très heureuse sur mirabantur l’admiration qu’elle décrit. Elle signale ensuite les paroles divines par une gracieuse arsis sur de his et s’achève par un motif de tendre vénération sur de ore Déi. Beaucoup de délicatesse dans mirabantur. Bien lier de his à quae. Arrondir la note qui précède le pressus de ore. \nPartitions \n\nCantiques pour l’Epiphanie \nPolyphonies pour l’Epiphanie\nL’hymne Crudelis Herodes (polyphonie)\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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DESCRIPTION:À noter : il n’y a pas de Gloria à partir de ce dimanche aux messes du temps. L’alléluia est remplacé par le Trait. Durant la Septuagésime\, l’usage de l’orgue est autorisé. \nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : Histoire de la Création et de la Chute (Genèse I-IV) \nEPÎTRE : Comparaison du chrétien avec les coureurs du stade (I Cor. IX\, 24 — X\, 5) \nÉVANGILE : Les ouvriers de la Vigne (Math. XX\, I – 16) \nSTATION : Saint-Laurent hors les murs. \nIDÉE CENTRALE : Nous sommes tous touchés par le péché\, par celui d’Adam et par les nôtres propres. Dieu nous sauve dans sa miséricorde\, mais nous ne participons au salut qu’apporte le Rédempteur par sa Passion et sa Résurrection que si nous prions et que si nous travaillons par la mortification à maintenir notre âme en parfait état\, à l’instar de ce que font les coureurs pour leur corps. C’est à cette œuvre que chacun est appelé par Dieu. Il travaille ainsi à la Vigne du Père de famille\, c’est-à-dire à l’édification du Corps mystique du Christ\, pour la Gloire du Père et pour sa propre béatitude. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nIls m’ont entouré\, les gémissements de mort. Des douleurs d’enfer m’ont entouré. Et dans ma tribulation\, j’ai invoqué le Seigneur\,Et il a écouté\, de son saint Temple\, ma voix. \nPs. — Je t’aimerai\, Seigneur\, ma force ! Le Seigneur est mon abri et mon refuge et mon libérateur. Ps. XVII\, 5-7\, 2-3. \nLe Psaume XVII est un cantique d’action de grâces dans lequel David chante sa reconnaissance au Seigneur pour l’avoir délivré de ses ennemis. Il y décrit tour à tour ses épreuves\, sa prière et la façon merveilleuse dont Dieu l’a sauvé. Mais c’est plus que sa propre histoire qu’il chante ; c’est l’histoire du monde\, ou mieux l’histoire du Christ\, du Christ total\, du Corps mystique\, telle qu’elle s’est déroulée pour le Corps entier au cours des siècles\, pour le Christ\, tout au long de sa vie ; telle qu’elle se déroule pour chacun de ses membres\, selon le même rythme toujours : épreuve\, prière\, secours divin\, reconnaissance. Les versets choisis pour cet Introït en sont le prélude. On y trouve les quatre idées du Psaume : les épreuves ; circumdedérunt\, la prière\, et invocávi\, l’aide divine\, et exaudívit me et\, dans le Verset\, l’action de grâce\, Diligam te… Au début de cette période\, où elle va avoir à porter les rudes épreuves de la pénitence\, l’Eglise le chante pour y entendre la voix pleine d’expérience de ceux qui les ont déjà traversées : Adam\, David\, le Christ\, les élus\, tous ceux du Purgatoire\, tous ceux de la terre aussi qui ont su en profiter et qui vont en profiter à nouveau. Ce sont bien eux qui chantent. Ils disent à ceux qui ont encore à subir les dures purifications nécessaires — aux catéchumènes entre autres — qu’ils n’ont qu’à prier avec confiance ; le Seigneur les entendra et\, avec la grâce du Baptême renouvelée à Pâques\, leur apportera la délivrance. \nLA MÉLODIE \nA cause de l’idée de mort évoquée dans la première ligne du texte\, on est assez porté à lui donner un caractère de sombre gravité. L’a-t-elle vraiment ? Ne se développe-t-elle pas plutôt dans une atmosphère de confiance et de paix profonde\, en un grand mouvement qui va tout droit vers l’idée principale : et invocávi Dóminum et exaudívit me ? Ce n’est qu’un simple récit\, il ne faut pas l’oublier\, et il est fait par ceux qui ont passé l’épreuve ou qui n’en ont plus peur parce qu’ils ont trouvé le moyen de la traverser sains et saufs et d’en tirer profit. Ils sont établis dans la paix. La mort et la souffrance\, ils les apprécient désormais comme une bénédiction : pourquoi dès lors en parleraient-ils à ceux qu’ils veulent encourager sur un ton déprimant ? D’autant plus que l’épreuve n’est pas l’idée principale\, mais seulement la circonstance qui a motivé l’appel à Dieu. La première phrase a bien quelque chose de lourd ; Circumdedérunt tombe comme un poids sur me et la remontée de gémitus mórtis est sans élan ; le si naturel donne même à dolóres mórtis un caractère de souffrance aigüe. L’âme évoque sa détresse et sa misère d’autrefois ; elle ne saurait le faire sans que sa sensibilité en soit affectée. Mais ce n’est là qu’un appel du passé\, un incident qui laisse intacte l’idée générale ; aussi bien la cadence finale est-elle toute paisible. En fait\, ce qui est chanté là\, c’est l’emprise de l’épreuve sur l’âme — notez que les deux mots en relief sont les deux circumdedérunt\, le second\, par son enroulement compliqué\, est même très évocateur — mais la mélodie\, encore qu’elle soit traitée avec emphase est marquée en un point d’une touche de souffrance aigüe\, n’est pas une plainte ; c’est un simple récit. Ce caractère de narration paisible est encore plus marqué au début de la seconde phrase où l’on retrouve sur in tribulatióne méa le motif de l’intonation quelque peu développé mais revêtu de neumes légers. Peu à peu\, l’intérêt grandit sur invocávi Dóminum. Nous sommes arrivés à ce qui a obtenu le salut\, à la prière\, que l’on recommande indirectement comme le moyen efficace entre tous. Les rythmes s’élargissent ; un salicus vient souligner le mot invocávi qui se prolonge en de grands intervalles où se sent encore l’ardeur de la supplication de jadis\, puis se joint à Dóminum en une cadence pleine d’une tendre révérence pour le Seigneur et tout imprégnée de la paix retrouvée grâce à lui. Cette cadence n’est que transitoire. Elle conduit à et exaudívit\, à l’idée centrale : l’accueil miséricordieux que le Seigneur a réservé à l’appel lancé vers lui. Un souffle de joie reconnaissante\, et plein de réconfort pour ceux qui écoutent\, passe dans toute cette dernière phrase. Il prend sur la double note de exáudi\, attaquée en plein élan sur la dominante\, ce bel accent de certitude entrainante qu’apporte le témoignage de l’expérience puis se détend peu à peu sur sáncto súo et sur la cadence finale où l’âme\, en une sorte d’évocation de la bonté divine\, laisse sa gratitude heureuse se complaire. Alors\, sur la formule claire et pleine de vie du Psaume\, monte la confiance aimante de toute l’Eglise ; de celle qui réconforte et de celle qui est réconfortée…Je t’aimerai\, Seigneur\, ma force. Chanter simplement ; ce qui n’empêchera pas de souligner les mots qui le sont dans le texte et de donner à chaque phrase son expression ; mais se garder de rechercher l’effet. La dernière syllabe du premier circumdedérunt sera bien retenue. Donner du poids et de la sonorité à me. La première note du podatus de gémitus allongée ; la note double bien appuyée\, c’est une bivirga. Veiller à ne pas précipiter le second circumdedérunt et ralentir toute la cadence de me.Retenir invocávi Dóminum. Y relier de très près et exaudívit ; la double note est une bivirga épisématique ; qu’elle soit très appuyée\, sonore\, vibrante même. Faire très expressive la montée vers le pressus de vócem. Le Psaume\, très alerte et bien accentué. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nIl y a une aide dans la tribulation. Qu’ils aient confiance en toi\, ceux qui te connaissent ! Car tu n’abandonnes pas ceux qui te cherchent\, Seigneur. \nVerset. — Car ce n’est pas toujours que l’oubli sera sur les malheureux. L’attente des malheureux ne sera pas trompée à jamais. Debout\, Seigneur\, qu’il ne triomphe pas\, l’homme ! Ps. IX\, 9-10\, 18-19. \nLe Psaume IX est un chant d’action de grâces dans lequel David dit à Dieu sa reconnaissance pour l’aide qu’il en a reçue dans ses épreuves. Il est d’abord pure louange puis\, à partir du verset 9\, le psalmiste s’efforce d’inspirer à ceux qui sont dans l’épreuve\, comme il le fut\, une inébranlable confiance en Dieu. C’est tout le sens du Graduel. Après l’Epître\, où Saint Paul a décrit la rude épreuve qu’est la vie chrétienne et dit combien elle impose de sacrifices\, l’Eglise le chante comme un réconfort pour ceux qui se seraient laissés quelque peu effrayer par les paroles de l’Apôtre : « C’est vrai que c’est dur…mais le Seigneur aide… » \nLA MÉLODIE \nElle a bien le ton d’une parole ardente qui s’efforce de remonter des âmes déprimées. Elle affirme avec force et elle est pénétrée d’une vie intense\, avec en plus l’accent direct\, persuasif\, enthousiaste même en un certain sens\, de quelqu’un qui a passé par l’expérience à la fois de l’épreuve et de la consolation\, et qui veut faire profiter ceux qui souffrent de ce qu’il a appris dans la souffrance. Cet accent est très net dès le premier mot. L’élan porte la mélodie d’un bond à la dominante et le mouvement est intense. Opportunitátibus et tribulatióne sont fortement soulignés\, comme il convient\, mais sans la moindre nuance de tristesse ; au contraire\, une certaine joie les pénètre\, la joie profonde qui se trouve dans toute espérance forte et qui veut se communiquer comme un secours.Une autre interprétation de la première phrase est possible. Parce qu’elle n’a pas de verbe\, on pourrait aussi l’entendre comme s’adressant à Dieu : Tu es un Aide…Il va de soi que dans ce cas la mélodie serait une prière et devrait être chantée comme telle : une prière forte\, pressante… Peut-être alors le spérent in te qui suit perdrait-il de son caractère.Après cette affirmation ardente\, brusquement la mélodie change. Elle devient suppliante. L’Eglise se tourne vers Dieu et\, dans une exclamation qui est à la fois un souhait et une prière\, elle émet le vœu que ceux qui sont dans l’épreuve mettent en lui leur confiance. C’est un très beau mouvement. La double note de spérent fermement attaquée sur la dominante et un peu prolongée fait la supplication spontanée et ardente. Elle se prolonge\, délicate et douce sur la tristropha\, descend sur te\, qu’elle enveloppe de vénération\, et rebondit sur novérunt pour retrouver à nouveau le même pronom te et\, à ravers lui\, monte vers Dieu en un nouvel accent de ferveur.Dans la troisième phrase\, dès le début\, elle devient pénétrée de confiance ; plus que cela\, de certitude. C’est d’abord une affirmation très forte : notez l’insistance de non\, avec le pressus et les distrophas sans cesse ramenés à la dominante. Peu à peu\, une sorte de joie paisible s’y mêle. On la perçoit déjà dans la cadence sur mi ; elle monte avec l’arsis\, s’épanouit sur la distropha de te et enveloppe Dómine d’une longue vocalise toute baignée d’une tendresse intime qui supplie encore mais qui contemple surtout.Le Verset. – L’Eglise s’adresse-t-elle à Dieu\, à elle-même ou aux déprimés ? Il est difficile de le préciser ; sans doute aux trois à la fois. Elle crie sa confiance à Dieu pour se rassurer elle-même et réconforter les malheureux qui l’entendent. C’est la même affirmation que dans le quóniam non de la première partie. L’intonation est identique mais le développement qui suit revêt ici une ardeur persuasive plus accentuée encore : le salicus\, les petits motifs revenant sans cesse à la dominante si\, le grand élan qui monte au fa avec sa note de joie\, l’insistance à nouveau sur la tonique… Quelle admirable certitude ! Fínem est mis en relief par une sorte de rejet qui lui donne une force considérable. Un accent de supplication sur la cadence de páuperis\, et l’ardeur de la foi confiante reprend plus vive dans la montée de patiéntia. Elle s’épanouit à nouveau dans la joie du bonheur futur sur páuperum et y demeure fixée jusqu’à la fin de la phrase. Elle s’achève sur ætérnum en une très belle cadence du VIIIe mode\, ferme\, paisible\, heureuse.Pour finir\, un appel direct à Dieu : « Lève-toi\, Seigneur ; que la nature effrayée\, ne l’emporte pas sur al confiance en ta bonté ». Il n’est pas angoisé\, il jaillit d’une telle confiance ! Mais\, les intervalles de quarte\, trois fois répétés\, et les trois doubles notes sur lesquelles s’appuie le mouvement lui donnent quelque chose de très fort. Ils e fait insistant sur non prævaléat et plus encore sur hómo qui se revêt à la fin d’un admirable accent de prière confiante\, aimante\, intime ; comme l’était le Dómine de la première partie.Ces sentiments si différents qui se succèdent\, souvent sans transition\, d’une phrase à l’autre\, rendent l’exécution difficile. Le mouvement ne saurait être le même d’un bout à l’autre\, il va de soi. Assez vif pour la première phrase\, il se tempérera dans la secondre\, pour reprendre dans la troisième\, au moins au début\, quelque chose de son allure première. Mais que tout cela se fasse sans contrastes forcés.L’élan de opportunitátibus ira jusqu’à l’accent. Attaquer te avec ferveur. Articuler les deux t dans novérunt te. La montée de Dómine retenue.Ardeur contenue au début du Verset. Ne pas précipiter le grand élan de non ; la deuxième note de la clivis après le quart de barre sera allongée ; retenir la cadence en ré. Bien rythmer patiéntia. La double note de Dó dans Dómine est une bivirga épisématique. Retenir légèrement la thésis de hómo et ralentir la dernière formule. \nTRAIT\nLE TEXTE\n1.     Des profondeurs\, j’ai crié vers toi\, Seigneur : Seigneur\, écoute ma voix. \n2.     Qu’elles se fassent\, tes oreilles\, attentives à la prière de ton serviteur. \n3.     Nos iniquités\, si tu les considères\, Seigneur\, Seigneur\, qui subsistera ? \n4.     Mais en toi est la miséricorde\, et à cause de ta parole\, j’ai espéré en toi\, Seigneur. Ps. CXXIX\, 1-4. \nLe Psaume CXXIX fut sans doute composé aux jours les plus sombres de la captivité. Il fut\, sur les lèvres des Juifs\, une supplication très humble mais toute pénétrée de confiance dans la miséricorde de Dieu. C’est dans ce sens qu’il faut l’entendre ici.Il est bien à sa place après le Graduel. L’Eglise vient de chanter : « Qu’ils espèrent en toi\, qui ne saurais oublier les souffrance des malheureux » ; le peuple\, conscient de son péché\, mais\, confiant aussi en la miséricorde du Seigneur\, jette en lui son espoir. \nLA MÉLODIE \nBeaucoup des formules sont très bien adaptées aux mots. À noter entre autres : l’accent de supplication de Dómine et de exáudi dans le premier verset ; de túæ et de oratiónem dans le second ; l’interrogation nuancée de crainte sur quis sustinébit dans le troisième et\, dans le quatrième la paix de propitiátio et de sustínui te\, Dómine.En général\, l’allure des traits du VIIIe mode est alerte. Ce sont des psaumes ornés. Ralentir les cadences et repartir a tempo. La triple note sur do dans la dernière incise est une trivirga épisématique. Il faut l’attaquer avec fermeté et l’appuyer. Bien balancer la cadence finale. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nIl fait bon louer le Seigneur\,Et chanter ton nom\, ô Très-Haut. Ps. XCI\, 1.Ce verset\, dit très simplement\, la béatitude qu’il y a à louer Dieu. Mais\, chanté après l’Évangile\, où Notre-Seigneur nous est montré sous la figure du Père de famille appelant tous les hommes à sa vigne et les payant\, à la fin de leur vie\, quelle qu’en ait été la longueur\, du même salaire d’infinie béatitude\, il devient\, sur les lèvres de l’Eglise\, une louange de reconnaissance pour la miséricordieuse bonté du Seigneur. Il est en même temps l’expression de la joie qui nous est donnée de pouvoir le louer dans le sacrifice de louange qui commence sur l’autel et de trouver\, dans cette louange\, le gage comme l’avant-goût de la béatitude\, dans laquelle éternellement nous chanterons. \nLA MÉLODIE \nIl y a dans l’intonation une expression simple\, naturelle\, de joie profonde\, disons de béatitude. Cette expression demeure tout au long de la mélodie et lui donne son caractère\, qui n’est pas de louer à proprement parler ni d’inviter à la louange\, mais de dire le bonheur qu’il y a à louer Dieu en chantant.C’est ce bonheur qui passe dans Bónum est. La double note est une bivirga épisématique ; bien posé sur cette base de départ et rebondissant en des intervalles sonores et pleins\, ce motif dit la pleine satisfaction de l’âme qui se complaît dans sa joie.Aussitôt après\, sur confitéri\, c’est l’enthousiasme qui monte et va s’épanouir au sommet sur la triple note – une trivirga épisématique et donc répercutée. Magnifique ampleur de grande louange qui s’achève dignement sur la large cadence de Dómino.L’enthousiasme demeure dans la troisième phrase ; il s’intensifie même\, mais en même temps\, dès le début\, il se pénètre de douceur. Toutes les doubles et triples notes sont ici des distrophas et des tristrophas. On voit la nuance de vénération joyeuse et douce qu’elles donnent à toute l’incise ; il ne s’agit plus de la louange commune\, extérieure\, éclatante\, mais de la louange chantée\, de la louange des cantiques qui jaillissent du cœur de l’Epouse. Dans l’Offertoire Jubiláte du IIe Dimanche après l’Epiphanie\, la nuance était la même sur Psálmum dícite nómini éjus. On pourrait dire que cette onction caractérise toute la phrase car c’est bien en une douce contemplation qu’elle s’achève sur les pressus et la double note de Altíssime\, qui semble prolonger jusqu’à l’éternité la joie de chanter.Le mouvement aura une certaine ampleur mais sera plein de vie ; Peu de ralenti à la fin de la première phrase. Renforcer la tristropha vers le podatus sur psállere. La double note de Altíssime est une bivirga épisématique. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nFais luire ton visage sur ton serviteur\,Et sauve-moi\, dans ta miséricorde.Seigneur\, que je ne sois pas confondu\,Puisque je t’ai invoqué. Ps. XXX\, 17-18.Une prière pour demander que Dieu prenne sa joie à regarder son serviteur – il semble bien que ce soit le sens de illumina fáciem túam – une joie qui serait le signe de la miséricorde et du salut. David l’écrivit au cours d’une de ses grandes épreuves. Elle a été bien souvent sur les lèvres d’Adam et de ses fils aux heures de leur repentir ; elle est bien à sa place sur les lèvres des fidèles au débit de cette période de pénitence qui leur  apportera le salut ; elle vient comme leur réponse au conseil que l’Eglise leur a donné à l’Introït et au Graduel. Toutefois\, chantée au moment de la communion\, c’est peut-être moins le pardon des péchés qu’elle demande que la lumière et la joie profonde de la présence divine qui aide à porter l’épreuve comme il faut. \nLA MÉLODIE \nC’est une prière très discrète\, très humble\, mais ardente tout de même. Peut-être\, intimité serait-il le mot qui la caractériserait le mieux. Elle est comme une pression aimante et délicate de l’âme sur le Christ qui est en elle. Elle s’anime un peu à l’idée du salut et devient sur túa misericórdia un appel pressant ; puis elle reprend sur Dómine son caractère de douceur intime\, persuasive\, avec un accent qui met en relief quóniam pour bien marquer que\, la condition du salut étant remplie\, le Seigneur a\, lui aussi\, à tenir sa promesse.La première note des podatus de sálvum sera un peu allongée ; y lier in túa\, qui sera d’ailleurs englobé dans l’arsis qui part du début de la phrase. Bien accentuer Dómine au début de la dernière phrase.Le graduel grégorien (Adjutor) est très beau\, mais difficile à chanter; il suppose une bonne connaissance du grégorien et une schola bien rodée.Le Trait est un classique en mode 8. Voici néanmoins une adaptation polyphonique. \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici.
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SUMMARY:Dimanche de Sexagésime
DESCRIPTION:À noter : il n’y a pas de Gloria. L’Alléluia est remplacé par le Trait. Durant le temps de la Septuagésime\, l’usage de l’orgue est autorisé. \nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : Histoire du déluge (Gen. VI sq.) \nÉPÎTRE : Lettre de Saint Paul contre les judaïsants de Corinthe. Fondements de son ministère auprès des Gentils (II Cor. XI\, 19 — XII\, 1). \nÉVANGILE : Parabole de la semence (Luc VIII\, 4 sq.). \nSTATION : Saint-Paul hors les murs. \nIDÉE CENTRALE : Les hommes se sont dressés contre Dieu ; Dieu les brise dans le déluge. Dans sa miséricorde\, à cause de Noé\, il sauve la race. Il renouvelle son alliance avec lui dans le sacrifice et lui confie la mission de repeupler la terre. Noé était la figure\, le Christ est la réalité. Par lui Dieu sauve les hommes\, établit la Nouvelle Alliance dans le sacrifice de la Cène et du Calvaire et lui confie la mission de repeupler la terre d’une race nouvelle en faisant les hommes vivre de sa vie\, par la foi à sa parole et la communion à son sacrifice. Cette mission\, le Christ\, après sa mort\, la confie à ses apôtres et\, d’une façon particulière pour les gentils\, à Saint Paul dont la personnalité domine toute la messe en raison de la station. Cette grâce de renaissance dans le Christ\, reçue au baptême\, nous est à nouveau offerte à Pâques. Elle n’aura toutefois son effet que si chacun s’y dispose par l’audition\, l’acceptation\, l’assimilation de la parole divine et le détachement de tout ce qui s’oppose au développement de cette semence de vie. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nLève-toi\, pourquoi dors-tu\, Seigneur ? Lève-toi et ne me repousse pas jusqu’à la fin. Pourquoi détournes-tu ton visage ? Oublies-tu notre tribulation ? Il est courbé jusqu’à terre\, notre corps. Lève-toi\, Seigneur\, aide-nous et délivre-nous. \nPs. —O Dieu\, de nos oreilles nous avons entendu ;Nos pères nous ont raconté ce que tu as fait pour eux. Ps. XLIII\, 23-26\, 2. \nCes deux versets sont une prière très simple dans laquelle le peuple Juif\, écrasé sous l’épreuve et se croyant abandonné de Dieu sans raison\, lui demande de revenir et de le sauver. Elle est l’expression naturelle de ceux qui sont à ce point accablés sous l’épreuve\, qu’ils sont devenus impuissants à prendre conscience du secours que leur procure le Seigneur\, ou même de l’intérêt qu’il prend à leurs souffrances. Ils ne voient plus. Leur prière est courte : « Seigneur\, revenez »\, et tout naturellement la plainte s’y mêle : « Pourquoi…Pourquoi m’avez-vous abandonné ? ». Noé fut de ceux-là au temps du déluge\, et le Christ Jésus dans son agonie et dans sa mort\, et Saint Paul au milieu des épreuves variées qu’il nous conte dans l’Épître. Avec eux\, les continuant\, tous ceux qui souffrent au purgatoire et tous ceux qui sur la terre portent\, dans l’esprit du Christ\, les épreuves que Dieu laisse venir sur eux pour que leur âme\, purifiée et fortifiée dans la foi\, la confiance et l’amour\, devienne capable d’une union plus étroite avec lui. C’est leur voix qui chante dans l’Introït. La voix de l’Eglise qui prenant conscience de toutes ses souffrances physiques et morales\, se tourne vers Dieu\, comme brisée de fatigue\, pour lui demander de lui rendre\, avec la joie de son visage\, la lumière qui l’aidera\, elle et chacun de ses membres\, à porter\, comme il faut et aussi longtemps qu’il le faut\, la croix rédemptrice. \nLA MÉLODIE\nElle donne bien\, dès le début\, cette impression d’accablement\, de dépression lourde. Le premier exsúrge est une prière à peine soupirée qui ne bouge pas et\, avant même que le nom du Seigneur ait été prononcé\, la plainte monte lente et triste : quáre… Sans amertume toutefois ; elle a même une touche délicate de tendresse qui s’épanouit sur Dómine et amène le second exsúrge\, beaucoup plus osé\, fort\, pressant comme un appel d’ami. Mais ce n’est qu’un éclair. La mélodie redevient basse et pesante et la plainte monte à nouveau sur quáre. Elle est toujours lourde\, mais pas aussi triste. C’est peut-être moins une plainte qu’un plaidoyer\, l’exposé de la misère… Le Seigneur aurait-il oubliéNotez l’insistance sur tribulatióne — quatre fois le podatus sol-la ; et le salicus\, en plus\, pour renforcer l’idée\, — et la descente si réaliste de adhaésit qui est comme l’enfoncement de l’âme dans l’épreuve qui la cloue à terre\, impuissante à se libérer. Puis\, brusquement\, un sursaut : c’est toujours le même mot suppliant\, exsúrge\, mais il jaillit cette fois plus ardent\, plus vif qu’il n’a jamais été : « Debout\, Seigneur\, aide-nous. » La mélodie\, presque syllabique — à part le dernier mot qu’elle souligne d’un salicus — ne s’arrête nulle part ; elle a quelque chose de dramatique\, comme un appel de détresse. Le Psaume arrive alors comme le plaidoyer qui continue\, très habilement d’ailleurs\, en évoquant ce que le Seigneur a fait dans le passé pour son peuple. Mener avec discrétion le crescendo de la première phrase\, qui s’épanouira sur les deux pressus du second exsúrge avec beaucoup de ferveur. Bien accentuer repéllas et fínem. Retenir la montée de quáre dans la seconde phrase\, élargir légèrement le torculus de oblivísceris. La première note de vénter bien posée. Un a tempo au début de la troisième phrase\, mais discret. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nQu’elles sachent\, les nations\, que ton nom est Dieu ;Tu es seul le Très-Haut sur toute la terre. \nVerset. — Mon Dieu mets-les comme une roue et comme une paille devant la face du vent. Ps. LXXXII\, 19\, 14. \nDans le Psaume LXXXII\, le psalmiste énumère devant Dieu les complots que ses ennemis ont tramés\, puis il lui demande de les dissiper « Mets-les comme une roue et une paille devant le vent »\, et de leur faire savoir qu’il est le seul Dieu\, « et qu’ils sachent que ton nom est Dieu ». Dans le Graduel\, comme on le voit\, l’ordre est interverti. Il en très souvent ainsi parce que la première partie du Graduel était comme l’antienne\, et les versets\, le psaume. De plus\, le mot géntes est ajouté\, ce qui adapte très heureusement le texte à l’Épître. Saint Paul\, en une sorte de plaidoyer pro dómo\, s’oppose avec force à ceux qui contrarient son œuvre. Ce plaidoyer qui\, en raison de la station est tout à fait à sa place\, prend dans le cadre liturgique un sens beaucoup plus étendu : il va contre tous ceux qui s’opposent au règne du Christ et demeure ainsi actuel pour tous les temps. C’est dans ce sens universel\, que l’Église entend aussi le Graduel. Elle en fait une prière et en même temps une sorte de sentence\, qu’elle porte\, avec l’assurance d’une autorité forte\, contre ceux qui font obstacle à l’œuvre du Christ qu’elle a pour mission de réaliser. \nLA MÉLODIE\n(I) Scíant gentes quóniam nómen tíbi Déus    Tu sólus Altíssimus super ómnem térram. La première phrase est une prière qui demande avec force. L’Église veut que le Seigneur en finisse avec tant d’opposition\, et elle le lui dit avec insistance. Il y a même dans le ton qu’elle emploie une sorte d’indignation à peine contenue qui\, par-delà le Très-Haut\, va vers ses adversaires dont elle veut se faire entendre. Cette attitude ferme\, quelque peu dure même\, se décèle déjà dans les notes longues de scíant géntes sans cesse ramenées sur le fa\, mais c’est dans le mouvement qui suit qu’elle se manifeste vraiment. Dans les rythmes ternaires qui montent légers mais de plus en plus pressants\, on sent passer le zèle ardent de l’âme\, impatiente des lenteurs de Dieu. Notez en particulier l’insistance sur le la des derniers neumes de Déus. La seconde phrase n’est plus une prière à proprement parler ; c’est une protestation de foi\, une proclamation de la divinité. Encore que cette proclamation soit faite à la face des nations\, elle n’est pas pour elles ; elle est l’expression du peuple disant à Dieu sa croyance. C’est pourquoi il n’y a plus rien de dur ; la mélodie s’est établie en fa\, et de beaux mouvements\, pleins de noblesse et de grandeur\, enveloppent les deux phrases\, qui montent avec éclat vers les notes longues du sommet et redescendent en de longues thésis\, toujours fermes\, mais pleines de respect et de vénération. \nLe Verset. — Déus méus\, póne íllos ut rótam et sícut stípulam ánte fáciem vénti. C’est une prière que l’Église adresse à Dieu\, sans aucune intention cette fois de toucher ses ennemis\, sur qui elle demande que tombe enfin le juste châtiment. D’abord toute simple\, avec quelque chose de paisible\, d’aimable\, de familier\, sur Déusméus\, elle se fait très pressante sur póne íllos. Plus encore\, sur rótam ; c’est un motif qui évoque\, par son rythme et sa légèreté\, la ronde qui tourne toujours\, mais il est\, en même temps\, une très belle expression de prière ardente. Celui de stípulam\, qui évoque la paille dans le vent\, l’est moins\, encore que la distropha en ait bien l’accent. L’objet de la prière n’est pas bien profond ; le châtiment des ennemis de Dieu s’accomode sans peine de ces fantaisies. La finale est une cadence que l’on rencontre assez souvent ; elle prend ici un caractère de gravité qui finit bien le Graduel. Il faut bien entretenir le mouvement dans la première phrase. Il doit aller\, sans rien qui l’arrête\, jusqu’à la fin. Une légère accélération des porrectus de quóniam nómen ; ceux de Déus au contraire\, un peu retenus. Beaucoup de vigueur dans la seconde phrase. Rótam et stípulam très liés. \nTRAIT\nLE TEXTE\nTu as ébranlé la terre et tu l’as déchirée ;Guéris ses meurtrissures car elle est troublée ;Afin qu’ils fuient devant l’arc\,Afin qu’ils soient sauvés\, ceux que tu as choisis. Ps. LIX\, 4\, 6. David écrivit le Psaume LIX à un moment où son royaume était attaqué de tous les côtés à la fois. Il est une prière pour que le Seigneur rétablisse la situation et permette à son peuple choisi de se sauver de la défaite. Dans la liturgique de la Sexagésime\, il est une prière pour le salut du monde : la prière de Noé et de ses fils à l’heure du Déluge\, la prière de David\, la prière du Christ\, enfin la prière de tous les fidèles qui attendent\, de la Rédemption et de Pâques qui la prolonge\, le rétablissement de l’ordre et le salut des prédestinés. Tout en gardant ce sens général\, on appliquera le second verset à la conversion des gentils et de tous les peuples dispersés après le Déluge et la tour de Babel. Beaucoup de Pères de l’Église interprètent le Psaume dans ce sens\, ce qui contribua peut-être à en fixer le choix comme paraphrase de l’Épître\, le jour où Saint Paul était fêté dans sa basilique. \nLA MÉLODIE\nL’intonation est à signaler comme particulièrement expressive. Certains manuscrits ont les doubles notes écrites en bivirgas ; ce qui indiquerait un appui très suppliant. Toute la phrase d’ailleurs a le caractère d’une prière ardente. Sána est moins déprécatif ; se garder de la chanter trop fort. Sur ut fúgiant au contraire\, le même thème sonne très juste car ce sont des mots qui demandent la défaite des ennemis. La double note de fúgiant est une bivirga ; qu’elle soit appuyée et forte. Liberéntur\, très priant ; de même toute la formule finale. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nAffermis mes pas dans tes sentiers\,Afin qu’ils ne soient pas chancelants\, mes pieds. Incline ton oreille et exauce mes paroles. Rends éclatantes tes miséricordes Et sauve ceux qui espèrent en toi. Ps. XVI\, 5\, 6\, 7. \nIl y a deux façons de faire entre ces trois versets dans la liturgie de la Sexagésime. On peut les considérer comme faisant suite aux derniers mots de l’Évangile : « Le grain qui tombe dans la bonne terre\, ce sont ceux qui\, ayant écouté la Parole avec un cœur bon et excellent\, la retiennent\, et portent du fruit dans la patience ». Ils sont alors une prière pour obtenir la grâce de mener à bien le long et dur labeur de l’assimilation de la parole divine. Pérfice gréssus méos… Rends fermes ma pensée et ma volonté dans les voies que m’ont tracées tes paroles. Ce qui est bien suivre le Christ : « Je suis la Voie\, je suis la Lumière ; celui qui me suit ne marche pas dans les ténèbres… ». On peut ainsi les rattacher au sacrifice\, qui commence avec l’offrande du pain et du vin. Ce serait alors une prière pour demander la persévérance dans la voie du sacrifice ; dans l’offrande de soi et l’immolation qui s’opère peu à peu par l’acceptation et le support des épreuves dans l’esprit du Christ : ce qui est bien aussi mettre ses pas dans la trace de ses pas. « Celui qui veut venir après moi\, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. »Aucune des deux applications ne s’impose\, il va de soi. La seconde toutefois cadre mieux avec l’ensemble de la messe ; elle est comme l’acceptation par l’âme\, enfin pacifiée\, des épreuves si lourdes dont elle se plaignait dans l’Introït\, et qu’elle voit mieux\, à la lumière de l’Évangile\, comme la croix nécessaire que la miséricorde divine a posée sur elle et qui portera en son temps son fruit d’éternelle vie. \nLA MÉLODIE\nElle a du commencement à la fin un caractère d’intimité paisible. L’âme parle à Dieu et ne se soucie que de lui et d’elle-même. Elle souligne très fortement gréssus méos d’un motif simple\, doux\, mais très ferme — notez les deux répercussions\, le salicus\, la clivis allongée et la cadence sur fa par l’oriscus — puis elle laisse sa tendresse heureuse s’épanouir sur sémitis túis en un admirable motif\, gracieux\, souple\, et qui sachève en une nuance d’exquise délicatesse sur la cadence du IVe mode. La même nuance de douce fermeté revient sur non moveántur et aussi la même délicate tendresse sur vestígia méa\, encore que la joie y soit moins marquée. Dans la seconde phrase\, le ton de la supplication est\, au début du moins\, quelque peu plus vif\, mais c’est la même atmosphère de simplicité\, de confiance abandonnée\, de paix. La mélodie ne bouge pas… L’âme est fixée en Dieu et si sûre d’être exaucée\, qu’elle ne sent nul besoin de presser sa demande. La troisième\, plus encore que les autres\, chante le bonheur profond de l’intimité divine dans lequel est fondue la prière. Le premier mot est mirífica est particulièrement expressif de cette plénitude de joie. C’est le motif de mirabilis dans l’Introït de Pâques. Le mouvement\, un peu plus marqué\, souligne de nuances délicates túas\, sálvos fácis et surtout sperántes in te\, qui est le mot de la confiance enfin réalisée. Mouvement tranquille. Gréssus méos quelque peu retenu. Le motif de sémitis très lié\, le sommet bien arrondi. Pas de ralenti à túis\, y lier tout de suite ut non. Bien faire les accents toniques de la seconde phrase — túa\, exáudi\, vérba — légers et soulevés. Les premières notes du podatus de misericórdias un peu allongées. Soulever l’accent de fácis et poser la voix délicatement sur la distropha ; allonger le podatus répercuté. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nJe m’approcherai de l’autel du Seigneur\,Du Dieu qui réjouit ma jeunesse. Ps. XLII\, 4. Dans le Psaume\, ce verset dépend étroitement de celui qui précède : « Envoie ta lumière et ta vérité. Elles me conduiront sur ta montagne sainte et dans tes tabernacles. Et je m’approcherai de l’autel… »Remis ainsi dans son contexte il entre pleinement dans la liturgie du jour. La lumière\, fruit de la parole divine\, conduit l’âme au sacrifice où elle trouve\, dans le pain qui a toutes les délectations\, la joie de la jeunesse\, indispensable pour porter\, dans l’esprit du Christ\, et jusqu’au bout\, les épreuves de la vie. C’est dans cet esprit que l’âme le chante ; comme le chantèrent ceux qui lui sont proposés en modèle aujourd’hui : Noé\, élevant son autel dans la lumière des paroles réconciliatrices\, Saint Paul\, ravi jusqu’à la vision du sacrifice éternel. Avec toute l’Église\, qui\, en ce moment même\, entre dans la joie du sacrifice eucharistique\, elle le chante au futur parce que\, plus elle participe au sacrifice du Christ\, plus elle sent ardent en elle le désir d’y participer davantage. \nLA MÉLODIE\nUn seul sentiment : la joie ; la joie d’un bonheur vers lequel on va. Elle exulte dès le début dans le bel élan de Introíbo\, avec quelque chose de vif qui est le propre de toutes les joies de départ\, puis va croissant jusqu’à altáre Déi où elle s’épanouit en une nuance de vénération aimante sur le nom divin. Il y a moins d’éclat dans la deuxième phrase. C’est une joie plus intérieure\, une joie d’intimité\, avec un accent de juvénile ardeur sur juventútem. Ainsi s’achève dans la joie exultante du sacrifice désiré l’admirable processus de cette messe. L’âme\, écrasée sous l’épreuve\, commence par se plaindre\, dans l’Introït\, de la lourdeur de la croix. Éclairée par la parole divine\, et après avoir prié avec ferveur dans le Graduel et dans le Trait\, elle est pacifiée et demande\, dans l’Offertoire\, que le Seigneur la garde dans son sacrifice. À la Communion\, réconfortée par le sacrement\, elle va à ce sacrifice de toute la force et de toute la joie de son désir. Chanter dans un bon mouvement\, sans ralentir à la cadence de Déi. Par contre\, la clivis de lætíficat sera bien retenue ; de même le podatus de juventútem. \nTrait polyphonique \nÉpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Purification de la Bienheureuse Vierge Marie
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nL’une des fêtes les plus anciennes en l’honneur de Notre Dame. Célébrée à Jérusalem dès la moitié du IVe siècle\, elle est déjà répandue partout en Orient vers le milieu du VIe et\, un siècle plus tard\, introduite à Rome. La messe est précédée de la bénédiction des cierges et de la procession ; il s’agit de trois cérémonies distinctes.\nA Jérusalem\, dès le IVe siècle\, on fêtait\, quarante jours après la Nativité de Notre Seigneur\, sa présentation au temple\, avec la rencontre de la sainte Famille et du vieillard Siméon. Le mot par lequel le saint vieillard salua l’Enfant-Dieu devait donner à cette fête son caractère propre : Lumen ad revelatiónem gentium. Elle devint la fête de la lumière. \nA Rome\, bien avant que la fête n’existât en Orient\, il y avait\, la nuit du 1er au 2 février\, une procession pénitentielle qui avait pris la place d’un cortège païen. On y portait des cierges\, lesquels remplaçaient probablement les torches profanes. Lorsqu’au VIIe siècle la fête de la Présentation fut introduite\, elle se trouva coïncider avec cette procession. Celle-ci demeura avec son caractère propre de pénitence ; on y chantait l’Exsurge Dómine et l’on se dirigeait vers Sainte-Marie-Majeure en chantant les litanies comme au 25  avril et aux Rogations . Mais\, à l’approche de la basilique\, on remplaçait les invocations des litanies par des antiennes spéciales qui célébraient la marche de Notre Dame vers le temple : Adorna thalamum tuum entre autres. A partir de ce moment\, la procession pénitentielle cessait et la célébration du mystère de la Présentation commençait.\nLe rite de la bénédiction des cierges fut ajouté au XIe siècle. En même temps\, les litanies disparurent de sorte que la procession perdit presque tout son caractère de pénitence. Il n’en est resté que l’Exsurge Dómine et les ornements violets. \nAntienne Adorna\n« Orne ta chambre nuptiale\, Sion\, et reçois le Christ Roi\, accueille Marie qui est la céleste porte\, elle-même en effet porte le Roi de Gloire. Nuée de lumière\, elle s’arrête\, la Vierge\, tenant dans ses mains le Fils engendré avant la lumière et que Siméon\, après l’avoir pris dans ses bras\, présentait aux peuples comme le Maître de la vie et de la mort\, et comme le Sauveur du monde. » \nCette antienne est grecque d’origine. Le début est une invitation adressée à l’Eglise - Sion - d’avoir à revêtir ses parures de joie pour recevoir le Roi de gloire. Suit la description de Notre Dame qui s’avance portant son Fils\, et s’arrêtant devant le saint vieillard qui prend l’enfant et le présente au monde comme son sauveur. \nRépons Obtulerunt\n« Ils offrirent pour lui au Seigneur une paire de tourterelles ou deux colombes\, comme il est écrit dans la loi du Seigneur. Après que furent accomplis les jours de la purification de Marie selon la loi de Moïse\, ils portèrent Jésus à Jérusalem pour le présenter au Seigneur. » \nLa mélodie est calquée sur le répons Emendémus de la distribution des cendres\, mais les passages plus sombres ont\, en grande partie\, été laissées de côté de sorte que le caractère pénitentiel se laisse moins ressentir. La mélodie et l’esprit de la pièce sont également apparentés au Ingrediente du dimanche des Rameaux. \nINTROÏT et GRADUEL\n« Nous avons reçu\, ô Dieu\, ta miséricorde au milieu de ton temple\, comme ton nom\, ainsi ta louange s’étend jusqu’aux confins de la terre. De justice est pleine ta main. » Pas. 47\, 10 \nPeu de textes pouvaient être mieux choisis. Chant de pèlerinage\, il était en effet tout désigné pour accompagner la première venue en son Temple de l’Ange du Testament que Malachie annonça et qu’il va nous présenter à l’Epître. Ce sont les témoins de la scène qui chantent : Notre Dame\, saint Joseph\, le vieillard Siméon\, la prophétesse Anne… et nous avec eux\, qui venons de recevoir par notre participation au mystère liturgique\, les grâces que nous réservait dès lors la miséricorde du Seigneur. \nALLELUIA\n« C’est le vieillard qui portait l’enfant ; mais c’est l’enfant qui conduisait le vieillard. » \nCette phrase évoque tout l’invisible du mystère : l’impulsion mystérieuse de cet Enfant qui pousse son vieux serviteur à le saisir\, qui va lui faire chanter son admirable Nunc dimittis et l’annoncer au monde comme la lumière des nations et le Sauveur attendu. On retrouve la mélodie dans la fête de saint André ainsi qu’au vendredi et samedi de la semaine de la Pentecôte. \nOFFERTOIRE\n« Elle est répandue la grâce sur vos lèvres. C’est pourquoi Dieu vous a béni\, éternellement. » Pas 44\, 3 \nCe psaume est un cantique nuptial dans lequel l’épouse chante l’époux. Etant messianique au sens strict\, il ne s’entend que de l’Eglise et du Christ.\nCe verset\, qui se trouve au début du chant de l’épouse\, s’adresse ici à l’Enfant divin souriant dans les bras de sa mère ou entre les mains du vieillard Siméon : ce sont eux qui chantent et\, avec eux\, l’Eglise qui les rejoint. Ravie\, elle s’extasie sur la beauté de l’Enfant Dieu qui lui est présenté. \nCOMMUNION\n« Réponse il reçut\, Siméon\, de l’Esprit-Saint qu’il ne verrait pas la mort sans avoir vu le Christ du Seigneur. » Luc 2\,26 \nLa mélodie se chante légèrement\, tout en élargissant certains passages comme la cadence sur Simeon et ceci jusqu’à la fin de l’incise. On redonne de l’élan sur non visurum pour élargir sur mortem\, relié à nisi\, chantant la fin de façon retenue. \nPropositions polyphoniques\n\n Ecce Virgo concipiet de Handl\nO gloriosa Virginum de Palestrina\nPraeclara custos virginum\nDifférents motets à la Vierge\n\nComment fonctionne cette page ? \nUnique ! Le coffret contenant tous les fichiers (épîtres\, évangiles et préfaces) sur 2 CD au format MP3.
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SUMMARY:Quatrième Dimanche de Carême
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : Histoire de Moyse.(Exode II). \nÉPÎTRE : (Gal. IV\, 22). Les deux fils d’Abraham\, enfants de deux mères\, l’une esclave\, l’autre libre\, symboles des deux alliances : celle de la Jérusalem terrestre\, réalisée avec Moyse sur le Mont Sina ; celle de la Jérusalem céleste\, scellée dans le sang du Christ sur le Calvaire. \nÉVANGILE : (Jean VI\, 1). Multiplication des pains. \nSTATION : Sainte Croix de Jérusalem. \nIDÉE CENTRALE : C’est le Dimanche de la Mi-Carême\, Dominica mediána. De très bonne heure on prit l’habitude d’en faire\, sur le chemin de Pâques\, comme une étape où l’on se reposait un peu et où l’on prenait courage pour le reste de la route. Toutes les observances de pénitence et de deuil étaient suspendues et les offices célébrés dans une atmosphère festivale.Toutefois\, à côté de ce motif de joie toute extérieure\, l’Eglise en proposa aux fidèles un autre plus profond : celui du développement de l’Eglise qui allait se faire par le mystère de la Rédemption\, de nouveau réalisé à Pâques. Le choix de ce thème fut sans doute déterminé par le premier scrutin pour l’admission des candidats au baptême\, qui avait eu lieu le mercredi précédent. Ils avaient été inscrits sur les registres\, puis exorcisés par l’exsufflation\, le signe de la croix\, l’imposition des mains ; toutes cérémonies qui étaient et qui sont demeurées le prélude du baptême. C’était déjà\, comme avait dit l’archidiacre au peuple en annonçant le scrutin\, « le mystère céleste par lequel est vaincu le diable avec toute sa pompe\, la porte du ciel ouverte ». Beau sujet d’allégresse que cette fécondité de l’Eglise\, entrevue\, et qui allait précisément se réaliser en ce jour de Pâques vers lequel tous les désirs étaient tendus.La station  fut fixée à Sainte Croix de Jérusalem et là\, devant les reliques de la Croix sur laquelle fut scellée l’alliance éternelle qui  donne la fécondité à l’Eglise\, on chanta son accroissement présent et futur sur les textes de l’Écriture qui l’ont annoncé et chanté à l’avance. C’est encore ce que nous chantons.A l’Office de nuit\, c’est l’histoire de Moyse. Elle vient là\, à son tour\, après celle de Joseph\, mais elle entre\, sans qu’on ait à la forcer\, dans la liturgie du jour. C’est en effet Moyse qui\, après avoir délivré le peuple\, conclut\, en son nom\, l’Alliance avec Dieu\, obtint pour eux la manne céleste et le conduisit en vue de la Terre Promise où devait s’élever un jour la Jérusalem terrestre.A la Messe\, c’est de la Jérusalem céleste et de son merveilleux développement qu’il est question. L’Épître le précise nettement : « Réjouis-toi\, stérile qui n’enfantes pas… » A Moyse\, succède le Christ ; la réalité après la figure. Il nous a délivré de l’esclavage qui pesait sur nous depuis l’origine du monde. Il a noué entre nous et Dieu et scellé de son sang l’Alliance nouvelle\, et il a fait de son peuple comme une cité spirituelle\, la Jérusalem nouvelle\, l’Eglise dans laquelle il donne à chacun de nous la béatitude ; ici-bas\, en nous nourrissant de son corps et de son sang\, et là-haut\, en nous rassasiant de Dieu vu face à face. \nINTROÏT\nLE TEXTERéjouis-toi\, Jérusalem\, et rassemblez-vous\, vous tous qui l’aimez.Réjouissez-vous dans la joie\, vous qui fûtes dans la tristesse ;Afin que tous\, vous exultiez et soyez rassasiés aux sources de votre consolation. \nPs. – Je me réjouis de ce qui m’a été dit : Dans la maison du Seigneur\, nous irons. Isaïe LXVI\, 10\, 11. Ps. CXXI\, 1.C’est une invitation à la joie. L’objet n’en est pas précisé\, mais on le trouve clairement indiqué dans le contexte. On lit en effet en Isaïe\, dans les versets qui suivent : « Réjouissez-vous avec Jérusalem…car voici que je ferai couler sur elle un fleuve de paix ; je répandrai sur elle la gloire des nations comme un torrent qui déborde. Les mauvais périront tous\, mais j’enverrai ceux d’entre eux qui ont été sauvés vers les nations\, et ils annonceront ma gloire aux Gentils\, et ils amèneront tous vos frères de toutes les nations à ma montagne sainte Jérusalem. » (LXVI\, 12\, 19\, 20).Le prophète voit Jérusalem agrandie à la mesure du monde et il appelle le peuple à s’en réjouir.Cette vision se réalise toujours plus\, à mesure que viennent au Christ\, de toutes les nations\, les âmes qu’il appelle. Pâques va lui amener les nouveaux baptisés\, et le fleuve de paix et le torrent de gloire vont déborder un peu plus sur la Jérusalem nouvelle et\, par elle\, sur le monde.Voilà de quoi l’Eglise nous invite à nous réjouir. Il n’y a donc pas un mot à ajouter à la prophétie ; elle a en elle-même son sens liturgique\, et il est toujours d’actualité car\, si désormais les baptisés sont rares le Samedi Saint\, la grâce du sacrement est renouvelée chez tous ceux qui participent au mystère pascal. Il faut seulement donner au mots leur précision liturgique : le convéntum fácite doit s’entendre de l’assemblée des fidèles pour le sacrifice et le satiémini ab ubéribus consolatiónis véstræ\, sans doute de la joie rassasiante que donnera l’Eucharistie à ceux qui sauront s’en délecter. \nLA MÉLODIEQuand l’Eglise lance son invitation à la joie\, elle jouit déjà de la vision glorieuse à laquelle elle convie ses membres ; sa joie passe donc à travers son appel pour se communiquer. Une joie qui se colore d’ailleurs de toutes les nuances du texte : empreinte d’aimable douceur sur les deux premiers mots\, qui s’adressent à la cité sainte elle-même ; ardente\, enthousiaste\, bondissante\, impérative même sur et convéntum fácite ; enveloppée\, sur dilígitis éam\, d’une tendresse qui va\, chargée de désirs\, vers la Jérusalem céleste.Dans la seconde phrase\, elle se fait tout intime. Après la reprise alerte de gaudéte\, elle s’atténue en effet peu à peu et disparaît presque sur in tristítia fuístis pour faire place à une nuance de tristesse compatissante au souvenir de ceux qui\, dans l’exil\, ont pleuré de ne plus jouir des joies de la patrie. Notez les cadences en demi-ton de tristítia et de fuístis et\, surtout\, le si naturel qui exprime si délicatement l’acuité de la douleur.Elle retrouve d’ailleurs tout de suite sur ut exsultétis – et sans transition\, comme l’exige le texte – son ardeur et ses rythmes bondissants ; et\, après avoir souligné satiéminid’un accent de chaude et profonde ferveur\, redevient à nouveau intime\, douce et tendre sur les mots qui évoquent les consolations inénarrables qui sont promises.Chanter dans un bon mouvement alerte et très vivant.L’ictus sera bien placé sur la seconde note de Jerúsalem ; certains manuscrits indiquent qu’elle doit être légèrement retenue. La double note de la dernière syllabe est une bivirga ; la bien poser\, qu’elle ne soit pas dure mais sonore et quelque peu prolongée\, sans ralentir le mouvement toutefois. Arrondir les torculus de convéntum. La tristropha de fácite\, légère ; le torculus ralenti\, mais dans le mouvement\, lequel continue sur ómnes. Veiller à ne pas ralentir cette longue thésis. La double note de dilígitis est une bivirga\, la faire très expressive; ralentir sur les deux notes qui suivent\, mais pas les autres\, le mouvement doit continuer jusqu’à la fin ; la cadence à peine retenue.Un a tempo sur gaudéte. Ne pas forcer le contraste sur tristítia.Reprise du mouvement sur ut exsultétis. La double note de ubéribus est une bivirga.Le Psaume\, qui est comme la réponse du peuple\, doit être chanté dans un bon mouvement de joie\, qu’il a d’ailleurs par lui-même\, avec des accents légers et fervents. \nGRADUEL\nLE TEXTEJe me suis réjoui de ce qui m’a été dit :Dans la maison du Seigneur nous irons. \nVerset. – Que la paix soit dans ta force et l’abondance dans tes fortifications. Ps. CXXI\, 1\, 7.Le Psaume CXXI est un de ceux que les Juifs chantaient au cours de leurs pèlerinages à Jérusalem. Tout en avançant sur le chemin\, ils évoquaient ainsi la joie qui avait envahi leur âme au départ. Cette joie se faisait de plus en plus vive à mesure qu’ils approchaient et\, lorsque la Cité sainte et le Temple s’offraient à leurs regards émerveillés\, les souhaits de bénédiction et de prospérité jaillissaient de leurs cœurs…Paix sur tes remparts\, abondance dans tes tours !…Pour la plupart\, l’objet de la joie s’arrêtait là. En fait\, le Psaume va plus loin\, il va à la réalité dont Jérusalem et le Temple étaient la figure. La joie d’aller dans la maison de Dieu\, c’est la joie d’aller là où il se manifeste\, là où il demeure\, là où il donne\, à ceux qui sont avec lui\, de jouir de sa présence\, dans l’intimité des relations familiales. Cette maison\, c’est la Jérusalem Céleste\, le Ciel\, et en attendant que nous y soyons\, l’Eglise.C’est dans ce sens qu’il faut chanter ici le Lætátus sum. Après la lecture de l’Épître où Saint Paul met en relief\, avec tant de force\, la qualité de fils que nous vaut la Rédemption\, il est l’expression des catéchumènes qui de tous les fidèles qui chantent le bonheur qu’ils vont avoir à Pâques\, d’entrer plus profondément dans le Christ et\, cachés avec lui en Dieu\, de vivre une vie d’intimité avec les divines Personnes…la vie de la Maison pour laquelle nous sommes faits.Le Verset est légèrement différent. La joie y prend la forme d’un souhait de paix et de prospérité à l’adresse de la Jérusalem céleste encore en formation. Dans l’Évangile\, Notre Seigneur va réaliser en quelque sorte ce souhait d’abondance par la multiplication des pains\, symbole de l’Eucharistie qui donnera à Pâques\, à tous les habitants de la Cité Sainte\, la paix dans la force. \nLA MÉLODIEElle a pour objet de dire la joie. Elle la dit\, mais d’une façon discrète\, si discrète qu’on a quelque peine à la découvrir dans l’intonation ; elle ne paraît vraiment que dans la seconde incise sur in his quæ dicta sunt míhi. Elle y est d’ailleurs très nette\, légère\, souple\, tout en élan\, sans avoit toutefois la sonorité grandiose qu’elle avait dans l’Introït\, sur convéntumfácite\, et sur et exultétis ; ce n’est plus une joie qui cherche à se communiquer ; elle est plus personnelle\, plus intime. Elle ne manque pas pour autant d’être ardente ; on notera en particulier le motif si fin qui prolonge míhi avec la clivis allongée du sommet qui y met un si bel accent de ferveur.La seconde phrase\, elle\, est toute grave\, comme si l’âme se fixait en une sorte de contemplation sur son objet divin. Contemplation heureuse\, dont le bonheur profond est partout ; dans la descente de dómum Dómini\, dans le mouvement souple et retenu de íbimus\, dans la cadence finale enfin\, sonore\, pleine\, assurée\, sur laquelle l’âme s’attarde comme sur le mot de l’espérance. \nLe Verset. – Bien que l’idée soit différente\, l’expression demeure la même\, à ce point que les deux phrases sont l’une et l’autre construites sur le même plan que la première partie. Un première incise\, sur fíat pax et abundántia\, correspond à in his quæ dicta sunt míhi et se termine par le même motif : souhait ardent\, pénétré de joie légère\, extérieure\, heureuse. Une seconde incise s’achevant dans le grave sur in virtúte\, répond à dómum Dómini avec la même expression de bonheur profond. Il y a des nuances\, il va de soi : le très bel élan de in virtúte par exemple\, avec l’insistance pleine de ferveur des deux tristrophas et la descente gracieuse\, mesurée et forte de túa ; de même\, le développement de abundántia\, évocateur peut-être de l’Eucharistie ; enfin la cadence finale qui\, pour être commune\, n’en est pas moins parfaitement adaptée à la joie discrète du début qu’elle ramène pour finir.Le mouvement sera léger et assez vif. La double note de lætátus est une bivirga épisématique ;  lui donner de l’ampleur et y mettre la joie. Départ très lancé sur in his. Passer par-dessus le quart de barre de míhi.Les premières notes des podatus de in dómum allongées quelque peu.Départ a tempo sur fíat pax et très en élan. Arrondir le sommet de virtúte. Apporter grand soin au legato de abundántia\, qui sera quelque peu élargi en raison des grands intervalles. \nTRAIT\nLE TEXTE1 .     – Ceux qui se confient dans le Seigneur (sont) comme le Mont Sion.          Il ne sera ébranlé jamais\, celui qui habite en Jérusalem. \n2.     – Des montagnes (sont) autour d’elle\, et le Seigneur autour de son peuple\,          maintenant et à jamais. Ps. CXXIV\, 1-2. \nJérusalem\, bâtie sur un plateau entouré de vallées profondes et dominées sur trois côtés par un demi-cercle de montagnes plus élevées que le centre de la ville\, donnait l’impression d’une citadelle que personne ne pouvait prendre ; celui qui y vivait était en sécurité. D’où la comparaison du psalmiste : « Ainsi seront ceux qui habitent dans le Seigneur » ; c’est à dire ceux qui se donnent à lui au point de fondre dans la sienne leur personnalité ; il est autour d’eux\, comme les montagnes autour de Jérusalem.Le Trait est ainsi comme une réplique au souhait du Graduel. En même temps\, il prélude à l’Évangile qui va mettre sous nos yeux un des exemples les plus frappants de la sollicitude du Seigneur… « Le seigneur est autour de son peuple ». \nLA MÉLODIE \nDans le premier verset un seul motif sort des formules ordinaires – toutes d’ailleurs fort bien adaptées aux mots – c’est le début de commovébitur. Il y a dans la montée du scandicus et dans le pressus qui suit une certaine fermeté qui rend bien l’idée de force inébranlable.Dans le second\, le début de móntes est tout à ait original. Peut-être l’auteur a-t-il voulu\, par ces montées et descentes hardies et brusques\, évoquer les monts et les vallées qui entourent Jérusalem. Le mot Dóminus qui commence la deuxième phrase est en éclatant relief. L’auteur l’a revêtu d’une formule brillante\, très expressive de force\, dans les tenues sur la dominante\, puis d’admiration et de louange\, dans l’élan qui l’emporte jusqu’aux limites du mode avant de la laisser revenir à la tonique en un mouvement thétique tout imprégné de tendre confiance.Faire une pause pour séparer les deux idées après Síon et relier Qui hábitat à in ætérnum. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE \nLoue le Seigneur parce qu’il est bon.Chantez à son nom parce qu’il est doux.Tout ce qu’il a voulu\, il l’a fait\, dans le ciel et sur la terre. Ps. CXXXIV\, 3-6.Deux idées : une invitation à louer Dieu et une affirmation de sa toute puissance. Elles sont d’ordre général\, mais la liturgie précise la raison de l’invitation et le motif de la louange.L’Évangile en effet vient de nous faire entendre le récit de la multiplication des pains\, symbole de l’Eucharistie. Dieu qui a nourri son peuple de lamane autrefois\, le nourrit à nouveau du pain qu’il multiplie. Il continue à le nourrir de la chair et du sang de son Fils. A ce moment même de l’Offertoire\, le miracle se prépare entre les mains du prêtre\, par l’offrande du pain et du vin qui vont\, dans le sacrifice\, devenir la nourriture et le breuvage spirituels de toute l’assemblée.Voilà en quoi le Seigneur est bon\, doux et puissant.Voilà de quoi l’Eglise nous invite à le louer. \nLA MÉLODIEL’invitation est pressante mais discrète ; il semble que l’Eglise\, repliée sur elle-même dans la méditation du miracle dont on vient de faire le récit et du ystère qu’il annonce\, ne veuille pas sortir de son recueillement. C’est un appel tout pénétré de contemplation qu’elle fait entendre.Un IIe mode sans éclat qui se balance en des formules communes sur quelques notes entre le do et le fa. Mais quelle admirable expression de douceur confiante\, paisible\, abandonnée ! Ici et là\, appelés par les mots\, des accents de fervente tendresse : Laudáte\, benígnus est et sa cadence de paix heureuse\, psállite qui renouvelle l’appel et insiste par ses douces tristrophas\, suávis est si paisible\, et suave comme le mot.La troisième phrase a plus de mouvement. Il y a sur ómnia une certaine grandeur et\, dans les notes doubles et les répercussions qui se multiplient sur le fa\, une volonté qui impose sa force ? Après un tel bel élan sur caélo\, la formule finale ramène la contemplation très douce du début.Ne pas chanter trop lentement ; que le mouvement soit  souple et vivant sur benígnus et sur nómine\, lier à la tristropha la note qui la précède en la retenant quelque peu.On fera un a tempo assez marqué au début de la seconde phrase. Ne pas ralentir la cadence de éjus et y rattacher quóniam. La double note de suávis est une bivirga ; lui donner un peu d’ampleur et conduire la voix vers l’accent en la renforçant légèrement.Faire une bonne pause avant la troisième phrase à cause de l’idée nouvelle. Bien appuyer les notes doubles sans leur enlever de leur douceur. \nCOMMUNION\nLE TEXTE \nJérusalem\, qui est bâtie comme une cité compacte et bien ordonnée ! C’est là que montèrent les tribus du Seigneur\, pour louer ton nom\, Seigneur. Ps. CXXI\, 3\, 6. \nIl faut noter tout d’abord que la première partie est une exclamation. C’est le cri des pèlerins qui\, arrivant en vue de la cité\, laissent jaillir leur admiration. La seconde\, qui suit naturellement\, est une évocation du passé\, si riche d’émotions : « C’est là que montèrent les tribus… ». \nTelle est aussi l’attitude de l’Eglise quand elle chante cette antienne. Au moment où les fidèles reçoivent le sacrement qui fait son unité parce qu’il porte en lui la grâce de l’incorporation au Christ\, elle contemple cette union de toutes les âmes et\, fixée dans cette vision de force et de paix\, elle redit\, dans son sens spirituel cette fois\, l’exclamation du psalmiste : Jérusalem nouvelle\, bâtie sur le Christ\, Cité des âmes scellées à la Pierre fondamentale et jointes entre elles par la charité\, Coté compacte et ordonnée par la sagesse et la volonté de celui qui en est le Roi ! Jérusalem vers qui sont venues toutes les tribus de toutes les nations et de toutes les races ; vers qui elles viennent pour la Pâque qui s’annonce ; vers qui elles ne cesseront de venir jusqu’au jour de son éternelle et parfaite splendeur\, pour la louange de ton nom\, Seigneur\, dans le sacrifice glorieux de ton Fils. \nLA MÉLODIE \nDans toute la première partie\, elle est vraiment contemplative. L’Eglise voit la cité et elle admire\, c’est tout. Notez la nuance de tendre respect et de bonheur sur Jerúsalem\, et\, sur la candence de cívitas\, je ne sais quoi de mystérieux\, d’infini\, d’inachevé\, qui prolonge la vision heureuse. Peu à peu cette vision se précise : l’Eglise pend conscience de l’admirable unité des êmes dans le Christ et cette merveille l’exalte. Le mouvement s’anime sur cujus participátio et la phrase se déploie\, mesurée dans sa montée et sa descente\, mais\, en même temps\, pleine d’une joie qui s’enthousiasme.Cette joie d’admiration\, un instant contenue dans le si beau motif de éjus in idípsum\, rebondit et atteint sa plénitude avec l’image des tribus montant vers le Christ. La mélodie s’établit sur les hauteurs ; elle y demeure un instant\, chantant la joie de l’Eglise\, sa fécondité et son plein développement ; puis\, par une descente admirablement ordonnée et dont le motif exprime si fidèlement la vision extasiée et dont le motif exprime si fidèlement la vision extasiée des innombrables tribus\, elle revient à la tonique\, en mettant sur Dómini une nuance de tendre vénération pour le Seigneur. Dans la dernière incise\, c’est encore la vision\, mais l’Eglise s’adresse à Dieu et c’est lui qu’elle voit au premier plan. La mélodie se fait toute de paix simple et heureuse\, s’attardant seulement sur túo\, en un motif gracieux dont la ferveur se prolonge\, intime et délicate\, sur les quelques notes très simples de Dómine.Faire un départ net ; la voix\, bien posée sur le salicus du début\, s’en ira légère vers le pressus de la dernière syllabe\, qui ira quelque peu ralenti\, donnant au mot la nuance de tendresse qui convient. Ne pas précipiter le mouvement\, mais qu’il soit vivant. Veiller en particulier à ne pas traîner la cadence de cívitas. Bien mener le crescendo sur cujus participátio avec une très légère nuance d’accélération vers le sommet. Très peu ralenti sur éjus in idípsum.Illuc énim bien alerte\, et que rien ne retienne le souffle d’enthousiasme de cette admirable phrase ; la cadence de ascendérunt notamment sera bien vivante et on y rattachera de près tribus dont la tristropha légère commencera le mouvement thétique. La première note du podatus de nómini sera élargie. La double note de túo est une bivirga épisématique ; y appuyer la nuance de tendresse\, qui s’épanouira ensuite légère sur la note allongée. \nPolyphonies pour le carême \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici.
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SUMMARY:Dimanche de la Quinquagésime
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : Histoire d’Abraham (Gen. XII). \nÉPÎTRE : Hymne à la Charité (I Cor. XIII) \nÉVANGILE : Annonce de la Passion ; Guérison de l’aveugle de Jéricho (Luc XVIII\, 31-43). \nSTATION : Saint-Pierre. \nIDÉE CENTRALE : La grande figure d’Abraham domine et unifie tout. Dieu le choisit pour se faire un peuple. Il lui donne une foi inébranlable\, une confiance absolue et une charité qui a toutes les qualités que nous décrit Saint Paul dans l’Épître. Dans cette soumission totale de son intelligence et de sa volonté\, il est mené par Dieu\, qui le fait réaliser ses desseins au milieu d’épreuves terribles. Il renouvelle l’alliance avec lui et le fait père d’une innombrable postérité\, qui n’est pas seulement le peuple juif\, mais tout le peuple chrétien qui en est l’achèvement. Abraham était la figure du Christ qui devait\, lui\, donner au peuple de Dieu sa forme parfaite et le conduire\, par la sagesse de sa vision et l’infinie miséricorde de sa charité\, dans la terre promise de l’éternelle béatitude. Il demeure\, par toutes ses qualités\, le modèle du chrétien qui doit\, s’il veut recevoir comme lui en récompense la vision du Christ dans la joie\, tendre de toutes ses forces vers la même foi\, la même confiance\, la même charité\, et en vivre ; toutes choses qui sont le fruit du sacrifice que Pâques va ramener et renouveler devant nous pour que nous y entrions de plus en plus profondément. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nSois pour moi un Dieu protecteur et un lieu de refuge afin que tu me sauves. Car tu es mon firmament et mon refuge. Et à cause de ton nom tu seras mon guide et tu me nourriras. \nPs. —En toi\, Seigneur\, j’ai espéré\, que je ne sois pas confondu. Dans ta justice\, délivre-moi. Ps. XXX\, 3-4\, 1. \nUne expression est à préciser dans la traduction : própter nómen túum. Elle peut revêtir des sens légèrement différents : à cause de ta bonté\, pour la gloire de ton nom\, pour l’honneur de ton nom\, en raison de ce que tu as promis en engageant ta parole. C’est le dernier qui est sans doute le plus dans le contexte\, Dieu ayant fait à Abraham et à sa postérité de multiples promesses qui l’engageaient effectivement. Écrit par David au cours de ses persécutions\, le Psaume XXXe est devenu le Psaume de l’abandon absolu dans la paix\, depuis que Notre Seigneur s’est servi du verset 6e pour exprimer au Père\, au moment où il allait mourir\, la remise de son âme pacifiée : In mánus túas comméndo Spíritum méum… Entre tes mains je remets mon esprit. C’est dans ce sens qu’il faut entendre les trois versets qui forment l’Introït. Ils sont la voix d’Abraham\, du Christ\, de tous ceux de leur race\, de tous les membres de l’Église\, demandant à Dieu de les recevoir\, de les prendre en lui\, de les couvrir de sa protection comme nous couvre le firmament ; de les nourrir\, en leur donnant sans cesse le Pain de vie qui est son Verbe : Parole divine et Eucharistie. Tout cela\, en attendant que\, la mort nous ayant permis de mettre en acte toute notre puissance de vie\, nous jouissions à jamais de la vision des Trois établis en paix dans la Terre promise et nourrie éternellement\, dans cette vision même\, du pain des anges qui fait la béatitude. \nLA MÉLODIE\nElle se déroule dans une atmosphère de douceur\, de tendresse joyeuse\, de paix abandonnée. Il n’y a pas d’angoisse\, pas de supplication ardente ; on sent que l’âme est sûre d’être exaucée ; mieux encore\, qu’elle l’est déjà. Elle a ce qu’elle demande : Dieu. Elle ne le cherche pas ; elle le possède\, elle se repose en lui\, réfugiée\, à l’abri\, couverte de sa tendresse dont elle expérimente la protection\, forte comme un rocher à l’entrée d’une grotte\, douce\, lumineuse\, immense et profonde comme le firmament. C’est moins une prière proprement dite qu’une sorte de parole d’amour\, dans laquelle l’âme demande\, uniquement pour recevoir une réponse où sera toute la tendresse de l’aimé. D’om le caractère d’intimité heureuse qui est partout. Le développement mélodique est très restreint dans les deux premières phrases : quelques notes bien posées sur la tonique\, une douce pression\, qui commence sur les deux syllabes de Déum\, monte en un rythme gracieux sur protectórem et se renouvelle\, avec une nuance bien marquée de supplication\, sur refúgii. Après un accent un peu plus prononcé sur ut sálvam me qui met en relief le désir ardent qu’a l’âme d’être sauvée\, cette douce ardeur se détend en un retour paisible et heureux à la tonique. Même atmosphère de bonheur dans la seconde phrase\, mais nuancé d’une joie de plus en plus vive à mesure que se présentent à l’esprit les raisons d’avoir confiance. La mélodie a monté d’une tierce sur firmaméntum. Elle le fait à nouveau sur refúgium mais\, dans l’une et l’autre incise\, c’est vers méum que va tout le mouvement. Il y a là une tendresse que chacun comprend : « Tu es mon firmament à moi… » Gracieuse sur le premier méum\, elle devient sur le second beaucoup plus ardente avec une nuance délicate de bonheur intime qui va trouver son plein développement dans la douceur profonde de la finale es tu. La troisième phrase chante le guide bien aimé qui conduira l’âme dans les sentiers de la béatitude promise. Après avoir souligné d’un accent de ferme confiance própter nómen túum\, le mot de la promesse\, la mélodie dans un très bel élan s’élève d’une octave et va s’épanouir sur míhi dans un accent de joie enthousiaste cette fois ; la joie d’être conduit sur le chemin de la lumière et de l’amour par celui qui est la Lumière et l’Amour mêmes. La dernière incise est\, elle aussi\, pleine de bonheur\, mais d’un bonheur plus intime encore. La mélodie est revenue à la tonique ; elle souligne et d’un pressus sur lequel se mettra l’ardeur du désir\, et\, par une cadence bien posée sur la double note et le torculus allongé\, elle s’achève dans la paix heureuse qui depuis le début ne l’a pas quittée. Le Psaume reprend l’idée sur son rythme plein de joie et dans la même atmosphère. Toutes les doubles notes ; celles de Déum\, les deux — de méum\, de própter\, de enútries sont des bivirgas épisématiques. La première note du climacus de refúgii\, dans certains manuscrits\, est doublée d’une virga et les deux sont marquées d’un épisème. Bien les appuyer toutes\, avec une pression délicate où passe le cœur. C’est de ces nuances d’intelligence et d’amour\, disons : de vie\, qu’est faite toute l’expression de cette pièce merveilleuse. Retenir avec grâce le motif de Déum. Les porrectus de protectórem\, légers. Bien accentuer sálvum. Dans la deuxième phrase\, veiller au phrasé de firmaméntum. Le crescendo de la troisième s’épanouira sur míhi avec une grande douceur. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nTu es le Dieu qui fait des merveilles à toi tout seul : Tu as fait connaître aux nations ta puissance. \nVerset. — Tu as délivré par ton bras ton peuple\, les fils d’Israël et de Joseph. Ps. LXXVI\, 15-16. \nDans leur sens littéral\, ces deux versets ont trait à tout ce que Dieu a fait pour le peuple juif. Ils s’appliquent ici d’une façon particulière à Abraham\, au Christ\, à l’Église. Par eux Dieu a manifesté sa puissance. Il a fait à Abraham et à sa race une place parmi les nations. Il a fait le Christ et l’Église conquérir les peuples eux-mêmes. Plus encore\, il a\, par son bras\, sauvé tous les hommes\, en les faisant un avec lui dans la charité et en les fixant dans l’éternelle béatitude de la Terre promise. C’est son admiration et sa reconnaissance pour cette merveille d’amour\, décrites en termes si précis par Saint Paul dans l’Épître\, que l’Église chante dans le Graduel\, comme un hommage à la miséricordieuse bonté qui l’a voulue et qui l’a faite. \nLA MÉLODIE\n(III) Tu es Déus qui fácis mirabília sólusNótam fecísti in géntibus virtútem túam. L’intonation est admirable de révérence humble et douce. Montant du grave vers la cadence si fine de mi\, elle amène le motif de Déus — presque exclusivement réservé au nom divin — qui se développe dans le même sentiment avec peut-être une nuance de tendresse plus marquée. Après cette première incise\, qui nous établit en relation d’intimité avec le Seigneur\, la mélodie s’emploie à chanter sa louange. Elle s’élève sur qui fácis mirabília dans un magnifique élan d’ardeur enthousiaste qui ne la quittera plus. Par delà la cadence de sólus\, où se retrouve la révérence du début\, cette ardeur passe à la seconde phrase où elle s’intensifie en un mouvement hardi qui dit fort bien la joie et la fierté de ceux qui ont été l’objet et l’instrument de cette puissance divine ; Notez le pressus qui insiste sur le si de fecísti et ceux de géntibus qui mettent le mot en un relief si fort. Même cadence de vénération pour finir la phrase\, et le mouvement repart sur virtútem. Ce n’est pas un élan hardi qui le caractérise cette fois\, mais une série de notes longues. Bien posées et répercutées sur le mot même qui dit la puissance de Dieu\, elles donnent très nettement l’impression d’une autorité qui s’impose et de la force qui l’impose. \nLe Verset. — Liberásti in bráchio túo pópulum túum\, fílios Israël et Joseph. L’expression est la même que dans la première partie. Aussi bien le sens aussi est le même ; c’est seulement un exemple particulier de la puissance divine se manifestant au monde. Une nuance de reconnaissance émue s’y mêle toutefois dans la première phrase\, amenée par bráchio túo\, si évocateur des bras du Christ étendus sur la Croix. Il s’agit de nous ; chacun de nous ayant été touché par les bras sauveurs\, qui\, à travers les sacrements\, s’offrent à tous ceux qui veulent les saisir et profiter de leur force libératrice. La mélodie a moins d’éclat cependant dans son ensemble. La première phrase s’achève bien sur la cadence du VIIIe mode\, mais toute l’incise de bráchio túo demeure en la mineur\, sans compter que\, selon toute probabilité\, l’intonation était sol-si et non sol-do. Cette nuance\, où passe comme une touche délicate de compassion et de repentir\, se prolonge sur pópulum túum tout le long de la seconde phrase. C’est une longue insistance. Les trois cadences en demi-ton sur si ou sur mi\, y mettent comme une nuance de tendresse qui n’ose pas se laisser aller\, retenue qu’elle est par le souvenir du passé. Dans la troisième phrase\, un bel accent de joie jeune\, fraiche\, ardente\, soulève l’admirable vocalise qui\, sur fílios Israël\, chante la radieuse beauté de l’Église rachetée par le Christ et sans cesse embellie du vif éclat de son Sang précieux. On remarquera notamment le motif répété de la deuxième incise si léger\, la grâce du retour de sol à do et la cadence qui\, de la tristropha où s’est épanouie l’idée\, descend vers le grave\, mais s’arrête dans la plénitude du Ier mode cette fois. Le dernier mot repart en sol. C’est comme un nouveau mouvement qui se développe en une thésis\, pleine de modération et de grâce\, elle aussi\, et qui s’achève sur la cadence du mode en une nuance toute de contemplation. Il faut chanter avec vie\, faute de quoi\, au lieu d’une louange\, ce serait une plainte. Elargir légèrement le torculus de fácis ; de même le motif de nótam. Rattacher d’aussi près que possible virtútem à géntibus. Faire les répercussions de la troisième phrase assez fortes. Dans le Verset\, passer sans respirer par-dessus le quart de barre de túo\, retenir légèrement le début de pópulum\, y compris la montée qui suit le quart de barre. Faire attention de ne pas précipiter fílios Israël après la cadence de túum ; lier et arrondir les sommets de la vocalise\, ralentir la descente sur re. Bien rythmer la cadence de Joseph. \nTRAIT\nLE TEXTE\nAcclamez le Seigneur\, toute la terre\,Servez le Seigneur dans la joie ;Entrez en sa présence avec joie. Sachez que c’est le Seigneur qui\, lui-même\, est Dieu. Lui nous a fait et non pas nous ;Nous\, nous sommes son peuple et les brebis de son pâturage. Ps. XCIX\, 1-2.Une invitation à louer Dieu et à le servir dans la joie. Elle vient ici fort à propos. Dans le Graduel\, l’Église a glorifié le Seigneur pour tout ce qu’il a fait ; elle invite maintenant toute la terre et chacun de ses habitants à se joindre à elle en une louange universelle. \nLA MÉLODIE\nCe sont les formules ordinaires des Traits du VIIIe mode. L’application aux paroles n’a rien de particulier. Un mouvement alerte contribuera à donner à cette invitation son caractère d’appel joyeux. La première phrase du dernier verset est originale. Elle attire l’attention sur et non ípsi nos\, avec une pointe d’esprit peut-être ; mais elle est bien à sa place. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nBéni es-tu Seigneur\, enseigne-moi tes justes lois. De mes lèvres\, je dirai tous les préceptes de ta bouche. Ps. CXVIII\, 12-13. Ces deux versets sont une belle paraphrase de l’Évangile. « L’aveugle guéri le suivait en glorifiant Dieu et tout le peuple ayant vu cela rendit gloire à Dieu… » Nous sommes à la fois l’aveugle guéri et le peuple qui loue. Nous glorifions Dieu : Benedictus… ; et nous lui demandons ce que l’aveugle a demandé : de connaître de mieux en mieux sa volonté et de voir en toute circonstance ce qu’il convient de dire et ce qu’il convient de faire. \nLA MÉLODIE\nElle est toute en demi-teinte ; il n’y a pas de supplication poussée dans la prière ni d’éclat dans la louange. Elle se développe dans une douce atmosphère de paix et de joie délicate. Elle n’a pas absolument le ton d’intimité de l’Introït\, mais s’en approche de très près. Les deux punctums allongés de l’intonation\, la grâce ravissante des rythmes binaires de ce premier mot\, les clivis do-si répétées et allongées\, elles aussi\, donnent à toute la première partie quelque chose de très tendre et de très humble à la fois. L’âme\, toute avec le Seigneur\, ne sent pas le besoin de pousser sa prière\, mais se trouve en même temps comme timide dans l’expression de sa louange. Elle s’enhardit quelque peu sur le premier justificatiónes túas ; mais c’est seulement à la fin de la deuxième phrase\, après qu’elle a redit\, sur les mêmes notes\, sa louange délicate\, qu’elle lance sa joie sur túas en un très beau motif qui proclame en même temps son ardente admiration pour la sagesse et l’amour de celui qui est la lumière et qui la donne avec tant de bonté. Il y a dans la troisième phrase plus de mouvement et aussi une nuance de fermeté — notamment sur lábiis méis et sur pronuntiávi — qui sert bien les mots de la promesse. Après une nouvelle cadence en fa qui rime avec celle de túas\, cette même ferme assurance se retrouve dans la troisième phrase qui s’achève en une très belle formule. L’âme toute en contemplation de la divine Sagesse\, y berce son bonheur sur les rythmes admirables dont elle s’est déjà servie pour chanter les charmes de l’Epoux dans le Graduel Diffúsa est. Ce chant demande beaucoup de délicatesse. Bien élargir les clivis de dóce me. Elargir également quelque peu la montée sur in lábiis ; y relier pronuntiávi. Relier aussi la dernière phrase à la précédente de très près. Oris demande beaucoup de soin. Pour lier comme il faut les intervalles de quarte sol-do\, on élargira légèrement le sol. Bien balancer les rythmes binaires de túi. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nIls mangèrent et furent rassasiés à l’excès ;Et leur désir\, il le leur accorda\, le Seigneur ;Ils ne furent pas déçus dans leur désir… Ps. LXXVII\, 29-30. Ces deux versets ont trait à la manne qui fut\, dans le désert\, la nourriture du peuple en marche vers la Terre promise. Dans un sens très large et en dehors du contexte\, on peut l’entendre aussi des bienfaits matériels de toute sorte dont Dieu combla Abraham et sa postérité ; mais son vrai sens spirituel a trait à l’Eucharistie dont la manne était la figure. Chant de communion parfaitement adapté. Au moment où elle se nourrit de la chair et du sang du Christ\, l’Église se redit à elle-même ces mots par lesquels les Juifs chantaient la satisfaction de leur désir\, comme le témoignage de la joie que lui apporte la communion et comme le gage de la béatitude dont\, apr elle\, elle jouira un jour dans la Terre promise de l’éternité. \nLA MÉLODIE\nLe texte n’est qu’un récit et l’auteur l’a traité comme tel\, très sobrement\, mais dans une atmosphère de joie profonde. Joie sans éclat ici encore\, mais qui est partout ; dans le mouvement discret de l’intonation qui va s’épanouir sur le pressus dans un rythme et une tonalité si franche\, dans la souplesse admirable de saturáti sunt\, dans les cadences profondes de nímis et de eórum si expressives d’une satisfaction totale\, dans le beau mouvement de éis si plein de fervente gratitude pour la miséricorde du Seigneur qui se pencha sur les pèlerins de la Terre promise et qui continue de se pencher sur ceux de la Jérusalem céleste\, dont nous sommes… Dans la dernière phrase\, il faut noter le bel accent de fraudáti. Cette constatation heureuse de la promesse tenue et dépassée se développe jusqu’à la fin. Sur l’admirable motif de a desidério vient s’y ajouter l’assurance que le désir\, sans cesse renaissant\, de posséder toujours plus le Seigneur dans l’Eucharistie sera\, lui aussi\, sans cesse comblé… et au-delà. Chanter avec beaucoup de souplesse. Donner un peu de poids à la syllabe accentuée de manducavérunt\, de même à la première note des podatus de et saturáti. Pas de ralenti à eórum. La double note de fraudáti est une bivirga épisématique. Qu’elle soit bien appuyée et que toute la confiance que donne à l’âme l’action miséricordieuse du Seigneur\, y passe et se continue\, mêlée au désir\, sur a desidério\, qui sera très expressif. \n Polyphonies pour le Carême \nÉpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici.
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DESCRIPTION:A noter: il n’y pas de Gloria. \nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nAutrefois\, le mercredi avant le premier Dimanche de Carême les pécheurs\, qui\, en raison de leurs fautes graves étaient soumis à la pénitence publique se réunissaient à l’Église. Le pontife bénissait les cilices qu’ils auraient à porter et leur imposait les cendres\, symbole du repentir et de la mort qui tue la concupiscence ; puis\, au chant des Psaumes de la pénitence\, ils recevaient l’ordre de se retirer dans un monastère jusqu’au Jeudi Saint.La cérémonie actuelle garde l’esprit de cette ancienne coutume ; les chants sont tous des appels à la miséricorde\, pénétrés à la fois d’humble contrition et de l’énergie qui caractérise la résolution d’être meilleur. \nI – La Bénédiction des Cendres –\nAntienne Exáudi nos\nLE TEXTE\nExauce-nous\, Seigneur\, puisque compatissante est ta bonté. Selon l’abondance de ta miséricorde\, regarde-nous\, Seigneur.Ps. – Sauve-moi\, ô Dieu : car elles sont entrées\, les eaux\, jusque dans mon âme. Ps. LXVIII\, 17\, 2.Le Psaume LXVIII n’est pas un des Psaumes de la pénitence\, mais c’est un émouvant appel à la pitié divine. David fait plus que d’y exposer ses malheurs et de crier vers Dieu ; c’est l’histoire du Christ dans la Passion\, l’histoire du Christ souffrant pour la rémission des péchés et appelant la miséricorde du Père sur ses membres repentants qu’il chante. Aussi bien\, l’Eglise\, qui continue le Christ\, n’a-t-elle eu qu’à choisir quelques versets pour y trouver l’expression de sa misère criant vers la miséricordieuse bonté de celui qui détient le pardon. \nLA MÉLODIE\nIl y a un motif qui revient quatre fois ; sur quóniam benígna est (deux fois)\, sur misericórdia et sur secúndummultitúdinem ; un intervalle de tierce mineure ré-fa – qui se prolonge sur une tristropha. Il caractérise toute la première partie de l’antienne. Il en fait une sorte d’appel\, comme un cri de détresse où se mêle de l’effroi ; le cri des âmes perdues dans l’abîme du péché qui supplient le Seigneur de les en retirer. Peu à peu\, à l’idée de la miséricorde\, la plainte diminue et se change en supplication. Dans la première incise\, elle a complètement disparu ; il y a même un accent d’intimité sur réspice nos Dómine. L’amour a chassé la crainte.Les tristrophas doivent être douces\, comme toute la mélodie d’ailleurs. \nII – La distribution des Cendres –\nAntienne Immutémur\nLE TEXTE\nChangeons notre vêtement en cendre et en cilice :Jeûnons et pleurons devant le Seigneur :Car il est très miséricordieux et prêt à nous remettre nos péchés\, notre Dieu.Ces paroles ne sont pas dans l’Ecriture\, mais les idées y sont familières\, particulièrement en Joël II\, 13.Elles sont ici comme un réponse à la dernière oraison de la Bénédiction. L’Eglise y demandait pour les fidèles la grâce de faire pénitence sous la cendre et le cilice. Disposés à recevoir cette grâce\, ceux-ci chantent la résolution qu’ils ont prise…Changeons notre vêtement… \nLA MÉLODIE\nOn y trouve tous les sentiments qui se mêlent dans le repentir : Sur Immutémur hábitu\, si ferme et si décidé\, la résolution de changer de vie ; sur cínere\, la contrition humble qui se voile et s’efface ; sur et cilício\, le cri de douleur ; le repentir qui se lamente\, dans le grave\, sur plorémus et\, brusquement\, à l’aigu\, sur ánte Dóminum. La troisième phrase chante plutôt la miséricorde\, c’est une sorte de réflexion dans laquelle l’âme nourrit sa raison d’espérer ; les demi-cadences du IVe mode la pénètrent de confiance et déjà d’une nuance de paix.Retenir légèrement la descente de quía dans la troisième phrase ; de même celle de nóstra. \nAntienne Júxta vestibulum\nLE TEXTE\nEntre le vestibule et l’autel\, se lamenteront les prêtres et les lévites du Seigneur\, et ils diront :Epargne\, Seigneur\, épargne ton Peuple :Et ne ferme pas les bouches de ceux qui crient vers toi. Joël II\, 17.C’est l’ordre donné par Joël pour la pénitence qui réconciliera Dieu avec son peuple. L’Eglise s’en sert ici pour le même objet. \nLA MÉLODIE\nDans la première partie\, la mélodie se développe comme une plainte sombre\, fort bien servie par les formules du IVe mode\, notamment la tristropha de et et les cadences de altáre et de sacerdótes. Dans la seconde\, elle est une nouvelle supplication sur óra clamántium et s’achève sur Dómine\, qui reçoit\, comme il convient\, un large développement\, dans une atmosphère d’humble contrition.Bien appuyer le salicus de Párce Dómine\, si expressif. \nAntienne Emendémus\nLE TEXTE\nRéparons par une vie meilleure les péchés que\, dans notre ignorance\, nous avons commis :De peur que soudain préoccupés le jour de la mort\, nous cherchions le temps de la pénitence sans pouvoir le trouver.Prête-nous attention\, Seigneur\, et aie pitié :Parce que nous avons péché contre toi.Verset. – Aide-nous\, Dieu notre salut : et pour l’honneur de ton nom\, Seigneur\, délivre-nous.La première partie et le refrain s’inspirent de nombreux passages d’Esther et de Joël. Le verset est tiré du Psaume LXXVIII\, VV. 7\, 8\, 9. \nLA MÉLODIE\nToute la première partie est empreinte d’énergie. L’Eglise exhorte avec force ses membres à réaliser ce qu’ils ont décidé de faire. Notez l’élan du début\, avec le salicus fortement posé sur emendémus et je ne sais quoi de vif sur in mélius\, comme l’élan d’un départ. Une nuance de tristesse s’étend sur peccávimus\, la tristesse lourde du péché. Dans la deuxième phrase\, l’idée de la mort amène comme une touche de frayeur. La prière jaillit alors dans un bel accent de ferveur confiante sur Atténde Dómine ; puis\, après s’être faite très humble et comme chargée de honte sur miserére\, elle s’achève elle aussi\, à l’évocation du péché\, sur la même formule lourde de tristesse qui vient rimer\, pour la troisième fois\, avec peccávimus et possímus.Dans le Verset\, la supplication est plus osée\, plus confiante\, plus intime. C’est très remarquable dans l’élan du début et dans le mouvement plus dégagé qui se continue jusqu’à la fin. On notera l’insistance habile sur salutáris nóster\, «toi qui es chargé de notre salut »\, et\, après le própter nómen túum\, traité en teneur de psaume\, le très suppliant Dómine líbera nos préparant la reprise ardente de Atténde.Faire l’accent de Atténde fort ainsi que celui de Dómine. Ne pas ralentir miserére. \nIII – La Messe –\nINTROÏT\nLE TEXTE\nTu as pitié de nous\, Seigneur\, et tu ne hais rien de ce que tu as fait\,Dissimulant les péchés des hommes à cause de la pénitence et leur pardonnant !Parce que tu es le Seigneur notre Dieu.Ps. – Aie pitié de moi\, ô Dieu\, aie pitié de moi car\, en toi\, elle se confie\, mon âme. Sagesse XI\, 24\, 27. Ps. LVI\, 2.Ces deux versets sont un hommage à la miséricorde divine qui ne cesse pas d’agir en dépit des ingratitudes des hommes. C’est dans ce sens général\, que l’Eglise les entend ici. Toutefois\, après la  réception des Cendres qui a valu tant de grâces de pardon à ses membres\, elle y mêle tout naturellement sa reconnaissance ; sa confiance et sa supplication aussi\, car elle sait bien qu’il y a encore à pardonner ; de sorte que cette affirmation très simple est en même temps hommage de foi\, action de grâces\, et prière. \nLA MÉLODIE\nL’âme parle au Seigneur dans l’intimité. Elle le fait avec une grande simplicité tout au long de la première phrase\, enveloppant Dómine de tendresse et soulignant\, par son insistance sur ómnium et sur níhil eórum\, l’universalité de la miséricorde divine.Dans la seconde\, elle s’anime un peu. L’idée\, si actuelle\, du péché et de la pénitence semble faire la supplication dominer. C’est elle qui\, sur la formule entendue trois fois déjà dans le Répons Emendémus\, mais reprise ici à la quinte supérieure\, monte ardente\, mettant en plein relief devant le Seigneur própter pæniténtiam\, le mot auquel la miséricorde ne résiste pas.Après ce cri qui met en relief son mérite\, l’âme revient à l’intimité paisible du début\, s’attardant toutefois sur párcens íllis comme en une pression délicate ?  Puis\, évoquant sur quía tu es Dóminus Déus nóster le choix que Dieu a fait de l’Eglise et les promesses qu’il lui a données\, elle y met une fois de plus son amour reconnaissant\, sa confiance et sa supplication. Celle-ci devient directe et ardente dans le Psaume… «Aie pitié de moi\, Seigneur\, aie pitié de moi… »Le mouvement sera modéré\, sans lenteur\, et entretenu.Prolonger la double note de eórum ; dans certains manuscrits c’est une bivirga épisématique.La seconde phrase\, a tempo. La première note des podatus de própter un peu allongée. Peu ou pas de ralenti à la fin de pæniténtiam. Retenir párcens íllis. Elargir le torculus de tu es.Le Psaume\, très humble et très priant. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nAie pitié de moi\, ô Dieu\, aie pitié de moi :Car\, en toi\, mon âme se confie.Verset. – Il a envoyé du ciel\, et m’a délivré :Il a livré à l’opprobre eux qui m’ont foulé aux pieds. Ps. LVI 2\, 4.Dans le premier verset\, le psalmiste lance un appel à la miséricorde du Seigneur. Dans le second\, il voit dans l’avenir son appel exaucé.Le sens demeure le même dans le cadre liturgique de ce début de Carême. Le sous-diacre vient de lire à l’Epître le texte de Joël : « Le Seigneur a été touché  de zèle pour son pays et il a épargné son peuple et il a dit : Voici\, je vous enverrai du blé\, du vin\, de l’huile… » L’âme\, remise en confiance\, en dépit de son péché\, par ce qu’elle a entendu\, se tourne vers Dieu. Elle lui demande d’avoir pitié d’elle\, lui redit sa confiance et\, dans un cri tout vibrant d’espoir\, voit déjà le secours qui vient du ciel. Non pas du blé\, du vin\, de l’huile cette fois\, mais le Christ\, l’Envoyé\, Celui qui changera le blé et le vin en son Corps et en son Sang et donnera à l’huile un pouvoir de salut\, mettant ainsi sur nous la puissance libératrice de sa passion\, de sa mort et de sa résurrection. \nLA MÉLODIE\nMiserére méi Déus miserére méi : quóniam in te confídit ánima méa.La première phrase\, qui se déroule toute entière dans le grave\, est sombre. Elle ne manque pas d’ardeur\, notamment sur méi\, mais l’âme\, couverte de confusion\, n’ose pas lever les yeux sur celui qu’elle implore.Dans la seconde\, peu à peu elle domine sa honte et c’est une prière intense que\, de toutes ses forces\, elle lance vers Dieu. La mélodie monte de plus en plus insistante sur les rythmes ternaires de miserére\, met un accent d’ardente supplication sur méi et va s’épanouir\, toujours suppliante\, sur le pressus qui commence la dernière incise\, avant de redescendre doucement vers la tonique\, humble encore\, mais apaisée.Les deux autres phrases ne sont plus un appel direct à la miséricorde. L’âme dit à Dieu sa confiance et s’en sert pour plaider sa cause. La mélodie est tout autre ; il n’y a plus de honte ni de supplication ardente\, c’est la paix et presque la joie ; notez le motif de quóniam qui revient sur ánima et les rythmes qui s’allègent peu à peu. Le tout s’achève sur méa en une longue vocalise toute heureuse\, qui se revêt à la fin\, sur les trois punctums – qui sont trois virgas épisématiques – d’un dernier accent de confiance assurée et forte.Verset. – Mísit de caélo et liberávit me\, dédit in oppróbrirum conculcántes me.La mélodie\, établie dès le début sur la dominante dans l’attitude de confiance où elle s’est mise ; elle la voit venir si précise et si nette dans la personne du Christ\, dans son Esprit\, dans sa grâce qui va lui appliquer de nouveau à Pâques le fruit de la Rédemption\, que c’est déjà la joie de sa délivrance qu’elle chante. Notez le long développement de caélo en une sorte de contemplation heureuse\, et la progression des pressus sur liberávit me avec l’ardeur qu’ils font s’épanouir sur la double note du sommet.Le mouvement de la seconde phrase qui est léger au début\, avec peut-être une nuance de revanche quelque peu hautaine\, se fait plus retenu dans la suite\, comme si l’âme s’indignait à la pensée de tout ce qu’elle a eu à supporter. Cet assombrissement passager disparaît dans la finale\, qui est un bel élan de joie s’achevant dans la paix\, avec le même accent de confiance sur les dernières notes.Le mouvement ne doit pas être rapide\, mais il ne faut pas traîner.La double note de méi est une bivirga épisématique\, la bien appuyer de tout le poids de la supplication ; Déus\, ensuite\, léger. Bien mener le mouvement du deuxième miserére en progression  jusqu’à la double note sur do. Très peu  de ralenti au torculus de la fin de la phrase.Relier la troisième phrase à la seconde. Les podatus de in te un peu  retenus sur leur première note. Rattacher ánima à confídit. Prolonger et même répercuter délicatement la triple note de la fin qui est une trivirga épisématique\, en l’appuyant bien ; l’expression en sera considérablement accrue.Le verset\, plus léger\, joyeux même.Le scandicus qui monte au do\, sur caélo\, retenu ; le reste du mot souple. La double note qui suit les pressus est bivirga épisématique\, la pression exercée sur les pressus se continuera sur chacune des bivirgas. Même interprétation sur liberávit me.Que le mouvement thétique de oppróbrium soit très lié\, les ictus à peine touchés\, intellectuels. Mener le mouvement en progression sur conculcántes. Exécuter\, de la même façon que dans la première partie\, la trivirga de la fin. \nTRAIT\nLE TEXTE\nSeigneur\, ne nous traite ni selon les péchés que nous avons commis\, ni selon nos iniquités.Seigneur\, ne garde pas souvenir de nos iniquités passées.Qu’elles se hâtent vers nous\, tes miséricordes\, car malheureux nous sommes devenus à l’excès.Aide-nous\, Dieu notre salut\, et pour la gloire de ton nom\, délivre-nous ;Et sois bien disposé à l’égard de nos péchés à cause de ton nom. Ps. CII\, 10\, LXXVIII\, 8-9.Ces versets forment à eux trois une supplication qui contient tous les éléments de la prière pénitente : appel à la clémence\, à l’oubli\, à l’aide. \nLA MÉLODIE\nLe premier verset se déroule dans le grave autrour de re. L’intonation\, très priante dans la progression de plus en plus ardente des pressus\, ne s’élève que peu à peu\, mais demeure\, comme tout le verset d’ailleurs\, timide\, humble\, pénétrée de contrition. Ici encore\, l’âme n’ose pas regarder celui qu’elle implore ; son chant ne s’élève que sur les mots où elle s’accuse : peccáta nóstra quæ fécimus nos\, iniquitátes nóstras. La dernière syllabe de nóbis qui reprend le très beau motif du début de l’intonation est caractéristique de cette prière en plaintes étouffées.Le second verset s’établit dès le début sur le fa. Le mot Dómine n’a plus rien de sombre. Il semble que la honte ait disparu ; la supplication prend tout. Elle éclate\, ardente\, sur memíneris et aux cadences de antiquárum et de túæ.C’est au début du troisième verset\, établi cette fois sur le la\, qu’elle atteint son maximum. Dès les premières notes\, elle  touche sur adjuva nos les limites extrêmes du mode. Cet appel au secours\, qui monte pressant comme un cri de détresse\, a quelque chose d’émouvant d’autant qu’à ce moment tout le monde se met à genoux. Les mêmes motifs de prière ardente se retrouvent aux cadences\, sur salutáris nóster\, sur líbera nos et\, avec quelque chose de plus fort encore\, sur peccátis nóstris. L’âme peu à peu s’apaise sur la longue finale\, et c’est dans une atmosphère de douce confiance que la prière prend fin.Dans l’intonation\, mener le mouvement en progression jusqu’au pressus de Dómine. Ne pas mettre d’emphase dans les teneurs\, que tout soit simple et humble. Bien conduire le mouvement vers les pressus de nos et de nóstra\, et bien accentuer nóbis. Que le pressus de la fin soit doux.A tempo sur Dómine\, au début du second verset. La distropha et la tristropha de antiquárum\, douces.On peut chanter le dernier verset un peu plus lentement ; surtout le faire pressant. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nJe t’exalterai\, Seigneur\, parce que tu m’as accepté et que tu n’as pas fait se réjouir mes ennemis sur moi.Seigneur\, j’ai crié vers toi et tu m’as guéri. Ps. XXIX\, 2-3.Ces deux versets n’ont rien de pénitentiel. Ils demeurent ce qu’ils furent sur les lèvres du peuple Juif\, une louange de reconnaissance.L’Eglise qui s’offre avec la matière du sacrifice\, súscipe sáncte Páter…\, prend conscience que Dieu l’accepte et que cette acceptation l’enlève à la domination du démon et la guérit un peu plus des maux qu’il lui a causés. D’où sa joie et l’action de grâces qu’elle fait monter en louange vers le Seigneur et sa miséricorde. \nLA MÉLODIE\nElle est toute pénétrée de joie comme il convient à un chant de reconnaissance.Cette joie\, nette et franche dans les intervalles pleins et sonores de l’intonation\, se nuance de tendre vénération sur Dómine et va s’épanouir sur suscepísti me en une cadence du Ve mode\, paisible et heureuse\, non sans avoir souligné fortement sur quóniam l’intérêt capital de ce mot sauveur.La même insistance se retrouve sur nec delectásti\, second objet de la reconnaissance\, et la mélodie s’élève dans un très beau mouvement de joie fière et forte qui enveloppe toute la fin de la phrase après s’être épanoui avec éclat sur súper me.Les deux première phrases ont chanté le motif de la  reconnaissance ; la troisième\, elle\, est reconnaissance pure : « J’ai crié vers toi\, tu m’as guéri. » Le ton est différent\, il devient tout intime ; l’âme s’est repliée sur le Seigneur. La mélodie descend sur Dómine gracieuse et pleine de tendre vénération\, remonte en un accent de ferveur sur ad te\, puis s’étend sur sanásti me en de longs neumes contemplatifs qui ne voudraient pas finir de dire merci.Faire l’intonation légère et vivante\, qu’elle aille vraiment vers le Seigneur. Dómine\, doux et très expressif ; les dernières notes retenues. La double note de quóniam est une bivirga allongée : la bien appuyer et y faire passer l’ardeur de la reconnaissance ; la tristropha\, légère ; les quatre premières notes qui suivent\, un peu retenues. Suscepísti me\, bien souple.Un peu de mordant sur le salicus de nec ; lier les punctums aux tristrophas sur delectásti : la double note de méos est une bivirga allongée. Donner de l’éclat à súper me.La dernière phrase\, légère ; les trois dernières notes de Dómine\, élargies ; de même la montée de clamávi ad te dont la double note est une bivirga épisématique.Ralentir sanásti me jusqu’au premier torculus. La triple note du milieu est une trivirga dont les deux premières notes sont épisématiques. La dernière tristropha\, légère. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nQui méditera la loi du Seigneur\, jour et nuit\, donnera son fruit en son temps. Ps. I\, 2-3.Le sens littéraire est très clair. Le sens liturgique l’est moins. On ne voit pas de prime abord comment cette sentence s’applique au Carême et surtout au moment de la Communion. Cela tient à ce que les communions des féries du Carême\, à quelques exceptions près\, ont été choisies dans les 26 premiers psaumes à la suite les uns des autres\, sans qu’il ait été tenu compte d’autre considération. On peut toutefois l’interpréter dans le sens de cette période de pénitence qui est un temps où la méditation et le lever matinal font partie de l’ascèse ; et même dans le sens de l’Eucharistie en donnant à qui meditábitur in lége Dómini le sens de : qui gardera son esprit sur le Seigneur. La présence divine réalisée de plus en plus est en effet le fruit principal de la Communion : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi… et celui qui demeure en moi porte beaucoup de fruit. » \nLA MÉLODIE\nBien que le texte ne se prête pas à l’expression de sentiments forts\, elle est un beau mouvement de joie. Simple et alerte dans la première phrase ce mouvement eut été parfait si le si bémol n’avait pas malencontreusement pris la place du si naturel sur ac nócte.Dans la deuxième phrase\, la joie est plus intérieure. L’âme\, prise par le mot frúctum s’y arrête et contemple\, dans l’avenir tout proche\, le fruit merveilleux qu’elle va produire au cours de cette période en prêtant concours à la grâce\, et qui n’est rien moins que la vie même du Christ intensifiée en elle. L’adaptation de la mélodie est admirable. Après le bel élan de frúctum\, elle descend sur la tonique et s’y enroule\, sans autre mouvement que d’y revenir sans cesse\, comme l’âme à son idée\, et d’y prendre fin en une cadence qui porte\, en ce qu’elle a d’inachevé\, l’accent si particulier de la joie du désir.Le mouvement doit être vif dans la première phrase. La note qui précède le torculus de Dómini est une virga épisématique\, elle a l’ictus ; díe sera lié à Dómine sans aucune pause au quart de barre.Dans la seconde phrase\, à part la première partie du mot frúctum\, le mouvement est le même mais légèrement tempéré. Les podatus de témpore auront leur première note bien posée. La finale\, très peu ralentie.Polyphonies pour le carêmeEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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DESCRIPTION:A noter: il n’y pas de Gloria. L’Alleluia est remplacé par le Trait. \nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : (II Cor. VI). Voici le temps du salut\, profiter de la grâce de l’épreuve.ÉPÎTRE : id.ÉVANGILE : Episode de la tentation de Notre Seigneur (Math. IV\, 1-11).STATION : Saint Jean de Latran.IDÉE CENTRALE : Le Carême est un temps d’épreuve. Dans les épreuves\, une grâce est mise par Dieu. Pour en profiter\, il faut vaincre l’épreuve ou la porter comme le Christ\, et sans avoir peur\, car Dieu nous grade et nous aide par ses anges. Après quoi viendra le salut\, dans la joie de Pâques\, gage de l’éternelle joie. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nIl m’invoquera\, et moi\, je l’exaucerai.Je l’arracherai (de l’épreuve) et je le glorifierai.D’une longue suite de jours\, je le comblerai.Ps. – Celui qui est à demeure sous l’assistance du Très-Haut\,        Sous la protection du Dieu du Ciel reposera. Ps. XC\, 15-16\, 1.Ces deux versets sont comme l’ouverture du drame de la tentation de Notre Seigneur\, qui est aujourd’hui l’objet de tous les chants. Le Père entre en scène et annonce ce qui va se passer. C’est donc au Christ qu’ils s’appliquent en tout premier lieu. Mais\, comme le drame continue et qu’il s’étend à tous les membres du Christ\, c’est le processus de l’aide divine dans la lutte qui se livre\, à un moment ou à un autre en chacun de nous\, que le Père décrit et qu’il enveloppe de sa parole forte et pleine de réconfort.Ranimée par cette promesse du secours divin qui la fera sans faiblir traverser l’épreuve et atteindre le bienheureux repos\, l’Eglise chante alors dans le Psaume sa confiance inébranlable. \nLA MÉLODIE\nC’est le Père qui parle. Sa voix dès le premier mot est empreinte de paix\, de douceur\, d’aimable bienveillance. Elle se nuance d’autorité et de ferme assurance sur et égo exáudiam et sur érípiam ; s’exalte sur glorificábo en un mouvement plein d’éclat qui évoque la splendeur de la gloire promise ; s’étale sur longitúdine comme pour symboliser la durée des jours heureux qui seront l’issue de la lutte et s’achève sur adimplébo dans la même docueur paisible et forte.On ne ralentira que très peu les fins de phrase et on les fera bien semblables\, car elles riment\, et dans le texte et dans la mélodie\, mettant d’ailleurs ainsi en un très frappant relief le Christ et ses membres\, que le pronom éum représente.Pas de dureté sur la tristropha de exáudiam ni sur erípiam\, qui sera toutefois bien appuyé. Les deux derniers neumes de glorificábo légèrement retenus. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nA ses Anges\, il t’a recommandé\, afin qu’ils te gardent sur tous les chemins.Verset. – Dans leurs mains ils te porteront\, pour que jamais tu ne blesses à la pierre ton pied. Ps. XC\, 10-11.Si l’on se borne à ne voir dans l’office que la représentation liturgique du drame de la tentation du Christ\, ces deux versets sont comme la voix du prophète qui vient se faire entendre en manière d’encouragement avant que commence l’action. Mais il faut aller plus loin. Le drame est élargi ici à la mesure du Corps mystique. Après l’incident du désert\, Satan ne s’est éloigné que pour un temps. Il est revenu très vite autour de l’Eglise et de  chacun de ses membres\, pour qui il demeure un danger toujours actuel. Dès lors\, ce n’est plus à Notre Seigneur seul que s’appliquent les versets du psaume mais à tous ses membres ; et ce n’est plus seulement la voix du prophète qui chante mais la voix de l’Eglise\, chargée de fortifier\, d’encourager\, de réconforter ceux qui ont à porter le  fardeau de la résistance ; la voix de toute l’Eglise\, celle du Christ et des élus et des âmes du Purgatoire qui parlent d’expérience\, et celle de tous ceux qui\, sur la terre\, ont mission de nous aider\, en nous communiquant quelque chose de leur foi et de leur confiance.Ainsi entendu\, le Graduel est tout à fait à sa place après l’Epître où Saint Paul nous présente le dur labeur de l’ascèse chrétienne comme l’arme défensive et offensive du combat. \nLA MÉLODIE\nC’est la mélodie type des graduels du IIe mode. On ne saurait\, il va de soi\, y chercher une expression particulière ; il reste que dans l’ensemble elle a bien le ton de sympathie\, de bienveillance\, de tendresse délicate qui communique aux mots la puissance merveilleuse du réconfort. Beaucoup d’ailleurs se trouvent fort bien servis : mandávit\, à qui le salicus donne une touche de ferme autorité ; ut custódiant\, avec la bivirga qui fait la recommandation si pressante ; les deux pronoms te qui reçoivent une marque particulière de sollicitude\, ainsi que túis à la fin de la première partie ; in mánibus portábunt te\, léger comme un vol d’ange ; ne únquam\, avec une nuance d’expresse recommandation…Compte tenu de ce qui vient d’être dit\, on ne saurait ajouter quoi que ce soit aux conseils d’exécution donnés à la fin des graduels de la Vigile de Noël et de la Messe de Minuit . \nTRAIT\nPs. XC.Le Psaume XC est un dialogue entre une âme qui se confie à Dieu et une autre âme qui lui réplique en lui détaillant tout ce qu’elle recevra du divin Protecteur. Le Seigneur intervient à la fin pour tout confirmer.Au sens liturgique\, la première sera l’âme qui va se livrer à la pratique de l’ascèse durant le Carême\, la seconde\, l’Eglise\, comme dans le Graduel. C’est Dieu le Père qui interviendra à la fin.Comme le texte est composé du Psaume XC presque tout entier et que la mélodie n’a pas d’originalité propre\, étant faite des formules psalmiques du IIe mode\, il a paru préférable de ne pas les traiter à part l’un de l’autre mais d’indiquer seulement\, après la traduction de chaque verset\, les expressions particulièrement marquées. \nI – Chant de l’âme qui se confie à la garde du Très-Haut –\n– Celui qui est à demeure sans assistance du Très-Haut\, sous la protection du Dieu du Ciel reposera.Le mot hábitat est bien en évidence. Il ne s’agit pas en effet de celui qui  demande\, en passant\, la protection divine mais de celui qui demeure sous l’assistance du Très-Haut. Les deux premières notes doivent être très légèrement élargies et unies en un seul temps. Altíssime arrive très heureusement à la cadence de la médiante. Déi caéli est le mot le plus expressif ; par le punctum allongé\, la quinte descendante et la distropha suivie de la tristropha répercutée\, il est enveloppé de tendresse\, en même temps qu’est mis en évidence tout ce qu’a de précieux une si haute protection. Il y a sur non commorábitur une belle touche de ferme assurance.– Il dira au Seigneur : Tu es celui qui m’a pris et mon refuge\, mon Dieu. Je mettrai mon espoir en toi.Un léger ralentissement sur le premier climacus de Dómino lui donne une belle nuance de vénération. Méus es et Déus méus sont bien en relief aux cadences\, enveloppés de confiance et d’amour\, de même éum à la fin.– Parce que lui-même m’a délivré du filet des chasseurs et de la parole dure.Long développement\, confiant et tendre\, sur Ipse. Líberavit a un motif joyeux de libération. \nII – Réplique de l’Eglise –\n– Comme un oiseau\, de ses ailes\, il te couvrira et sous ses plumes\, tu auras confiance.Cadences heureuses sur obumbrábit tíbi et sur pénnis éjus.– D’un bouclier t’entourera sa fidélité. Tu ne craindras pas les frayeurs de la nuit.Scúto est très caractéristique à cause des notes prolongées et répercutées qui évoquent le bouclier étendu en protection.– Ni la flèche qui vole durant le jour\, ni les complots qui se trament dans la nuit\, ni la ruine\, ni le démon de midi.Les trois mots\, ságitta volánte\, ruína et dæmónio meridiáno ont des motifs originaux ; le même pour les deux derniers. Les triples notes sur negótio et ruína sont des trivirgas épisématiques.– Ils tomberont\, à ta gauche\, mille\, et dix mille à ta droite\, mais\, de toi\, rien n’approchera.Toute la première partie\, par le développement sur les notes élevées\, a quelque chose de joyeux qui cadre bien avec l’idée de salut assuré par la protection divine.– Parce que à ses Anges il t’a recommandé\, afin qu’ils te gardent sur tous tes chemins.Heureuses applications à te et custódiant te.– Dans leurs mains ils te porteront pour que jamais tu ne blesses\, à la pierre\, ton pied – Tu marcheras sur l’aspic et sur le basilic et tu fouleras aux pieds le lion et le dragon.Ambulábis\, leónem et dracónem ont un développement qui les souligne fortement. \nIII – Intervention du Seigneur –\n– Parce qu’en moi il a mis sa confiance\, je le délivrerai ; je le protégerai\, parce qu’il a fait appel à mon nom.Sperávit\, mot entre tous important\, est en plein relief; de même les deux éum.– Il m’invoquera\, et moi je l’exaucerai\, je suis avec lui dans la tribulation.Ego sur la formule ordinaire est particulièrement expressif : le ralentir légèrement.– Je le retirerai de l’épreuve et je le glorifierai. D’une longue suite de jours je le comblerai et je lui ferai voir le salut.Tous les pronoms éum sont en relief. Longitúdinem diérum a la même formule que dans l’Introït\, une longue tenue répercutée\, très évocatrice. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nSous ses ailes\, il te couvrira d’ombre\, le Seigneur ;Et sous ses plumes\, tu pourras espérer ;D’un bouclier\, t’entourera sa fidélité. Ps. XC\, 4-5.Après avoir entendu le récit de la tentation du Christ et l’avoir vu dans le triomphe de sa victoire\, servi par les Anges de Dieu\, l’Eglise chante ces deux versets aux fidèles pour leur dire tout ce qu’ils trouveront de confiance\, de force\, de tendresse maternelle\, dans le Seigneur s’ils veulent s’abandonner à sa protection et se réfugier en lui\, comme les poussins sous les ailes de leur mère. \nLA MÉLODIE\nElle est aimable\, douce et tendre comme la voix d’un ami annonçant à un ami des félicités dont il a déjà fait lui-même l’expérience.L’intonation\, toute paisible\, est déjà pénétrée de joie ; une joie qui s’exalte un peu sur obumbrábit et qui devient toute tendresse dans l’admirable retombée de tíbi Dóminus.Il y a plus de mouvement dans la seconde phrase ; l’exaltation grandit. La mélodie souligne éjus d’une fervente vénération qui est comme un tendre hommage à la maternelle douceur du Père et qui en évoque les joies profondes\,  puis elle va s’évanouir sur sperábis\, chantant avec éclat l’espérance qui garde le courage intact.Ce mouvement plein d’élan continue dans la dernière phrase. Scúto a la même formule que dans le Trait\, étendue comme une force protectrice. Sur circúmdabit te une nuance de tendresse très marquée domine\, mais pour un instant seulement. C’est dans une sorte de grandeur majestueuse que tout s’achève sur véritas éjus\, comme un hommage à la  fidélité infinie de Dieu\, sur quoi tout repose.Bien mener le crescendo jusqu’à tíbi dans la première phrase et qu’il soit discret.Ralentir légèrement la descente de éjus\, y rattacher sperábis dans un seul mouvement. La double note est une bivirga épisématique\, y mettre le ferme appui de l’espoir vivant. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nSous ses ailes\, il te couvrira d’ombre\, le Seigneur ;Et sous ses plumes\, tu pourras espérer ;D’un bouclier\, t’entourera sa fidélité. Ps. XC\, 4-5.C’est le même que pour l’Offertoire. L’interprétation aussi est la même\, rendue seulement plus actuelle et plus vivante du fait de la communion ; le bonheur d’être caché en Dieu\, maintenant et à jamais\, et de jouir de lui\, dans la confiance et la paix\, étant le fruit de l’Eucharistie. \nLA MÉLODIE\nL’expression d’ensemble ne diffère guère de celle de l’Offertoire que par des nuances. C’est bien la même tendresse révélant le même bonheur. On la trouve dès l’intonation avec toutefois\, sur súis\, un accent qui a quelque chose de plus profond\, de plus intime : l’évocation des joies de la présence divine. Dans la seconde phrase\, c’est pénnis qui est en relief et non éjus\, mais c’est bien le même amour ardent et délicat. Scúto légèrement élargi prend cette fois avec circúmdabit te la forme d’une enveloppante sollicitude.La double note de súis est une bivirga épisématique ; la faire très expressive. Bien allonger pénnis\, comme une aile qui s’étend ; donner tout le poids du rythme à la dernière note. Elargir circúmdabit.Polyphonies pour le carêmeLe Trait de la messe de ce 1er dimanche de Carême étant particulièrement long (3 pages et demie)\, nous vous proposons une version en faux-bourdon\, à savoir une alternance de psalmodie grégorienne et de polyphonie; cette dernière est sur le thème du De profundis parisien. Le résultat est très beau et la mise en œuvre aisée.Epître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Deuxième Dimanche de Carême
DESCRIPTION:A noter: il n’y pas de Gloria. \nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : Histoire de Jacob (Gen XVII). \nÉPÎTRE : I Thess. IV\, 1-7. S’abstenir de pécher afin de réaliser la sanctification à laquelle Dieu nous a appelés en Jésus-Christ. \nÉVANGILE : Transfiguration de Notre Seigneur. \nSTATION : Sainte Marie in Dominica. \nIDÉE CENTRALE : Le Samedi des Quatre-Temps était jour d’ordination. La cérémonie commencée tard dans la soirée durait toute la nuit et s’achevait aux premières heures du dimanche par la messe qui est aujourd’hui celle du Samedi. Il n’y avait donc pas de messe le Dimanche. Ce n’est que plus tard\, quand la liturgie romaine fut célébrée hors de Rome\, que celle que nous chantons aujourd’hui fut composée. Les chants furent empruntés au mercredi précédent\, l’Évangile au samedi ; l’Épître est propre. Voulue ou non\, une idée se dégage assez nette de l’ensemble. Jacob\, le béni de son père\, doit souffrir de longues années avant de conquérir l’épouse avec laquelle il fondera sa race. Avant d’entre dans l’épreuve\, il jouit à Béthel\, de la vision de la gloire céleste et reçoit la bénédiction du Très-Haut pour lui et sa postérité. Ainsi le Christ\, Fils bien-aimé du Père\, doit-il passer par la souffrance et la mort pour conquérir son épouse\, l’Eglise. Avant d’entrer dans l’épreuve\, il laisse la splendeur de sa gloire paraître et le transfigurer aux yeux des apôtres\, puis\, lui aussi\, reçoit la bénédiction du Père : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé… » Ainsi de nous ; avant d’atteindre le jour où nous serons unis à l’Epoux\, dans la gloire des noces de l’Agneau\, nous avons à passer par les épreuves ; la souffrance\, la mort : toutes choses mises sur notre chemin pour nus purifier et nous rendre dignes de l’union divine qui nous attend. Le Carême et la Passion en sont\, plus que toutes les autres périodes\, le temps. Au moment où nous commençons à en entir le poids\, la vision du Christ transfiguré nous est offerte\, comme pour révéler la béatitude qui sera le fruit de notre épreuve\, quand nous serons avec lui enveloppés dans la même lumière de gloire. Mais cet état ne se réalisera que par la miséricorde de Dieu : tous les chants de la messe la demandent donc.Dimanche de la miséricorde\, demandée\, manifestée\, expérimentée. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nSouviens-toi de tes bontés\, Seigneur\, Et de ta miséricorde\, qui avant le temps sont. \nQue jamais ne dominent sur nous nos ennemis : libère-nous\, Dieu d’Israël\, de toutes nos angoisses. \nPs. – Vers toi Seigneur\, j’ai levé mon âme. \nMon Dieu\, en toi j’ai confiance\, je n’aurai pas à rougir. Ps. XXIV\, 7\, 22\, 1\, 2. \nIl faut distinguer dans ce texte deux idées différents : un appel à la miséricorde du Seigneur et une prière pour qu’il nous délivre de nos ennemis. Ce serait une erreur de traduire ne par afin que\, reliant ainsi ne únquam à reminíscere. « Souviens-toi...» forme une phrase ; « Que nos ennemis ne nous dominent pas…» en forme une autre. La mélodie appuie fortement cette interprétation. Il reste que le tout ne fait qu’une seule prière\, mais avec deux objets.Le premier\, c’est le pardon des péchés. Il n’est pas explicitement mentionné car la miséricorde a un objet plus étendu\, mais tout le contexte du Psaume l’indique\, de même le contexte liturgique. Le fait d’ailleurs qu’il demeure inexprimé donne au texte quelque chose de plus intime\, comme une plainte dont on garde au fond de l’âme l’objet précis\, sachant bien qu’il est connu de celui à qui l’on s’adresse.Le second\, c’est d’être libéré. De quels ennemis ? Pour le psalmiste\, il s’agissait tout d’abord de ses ennemis personnels ou de ceux du peuple juif. Pour l’Eglise\, il s’agit aussi de ses ennemis extérieurs\, toujours agissant ici et là de quelque manière\, mais\, plus encore\, des ennemis de l’âme : le démon\, le monde\, la concupiscence\, plus actifs peut-être en un temps de pénitence qu’en tout autre période. Entendue ainsi\, dans un sens spirituel\, cette seconde idée rejoint la première et forme avec elle un ensemble qui se tient comme se tiennent les dernières demande du Páter : Pardonnez-nous nos offenses… et ne nous laissez pas succomber à la tentation\, mais délivrez-nous du mal.Prière de l’Eglise pénitente. \nLA MÉLODIE\nElle aussi se compose de deux parties.La première est faite de deux phrases à peu près semblables. Elles sont composées l’une et l’autre de deux incises qui commencent par une tristropha. Nous avons déjà rencontré cette forme musicale dans l’Introït Omnis térra\, le IIe Dimanche après l’Epiphanie. Elle s’alliait là à un développement mélodique assez considérable ; il n’en n’est pas de même ici\, la mélodie descend du fa au re\, remonte du re au fa avec quelques broderies au sol et au la et c’est tout. Il s’ensuit une sorte de monotonie sans couleur\, un ton de grisaille\, mais qui est de la plus haute expression. Prière de contrition. Elle n’est pas seulement humble\, elle est lourde de souffrance\, de cette souffrance particulière qu’est le poids du péché revenant toujours le même. Il n’y a pas d’appel angoissé\, pas de cri de détresse\, pas de passion ; une plainte murmurée délicatement\, sans souci de plaider\, ni de presser\, répétée sur le même motif quatre fois\, alourdie par la longueur de la tristropha du début et s’achevant sur une cadence\, triste elle aussi\, de la tristesse du péché. Mais au fond de cette monotonie\, l’enveloppant\, la vivifiant de l’intérieur\, une tendresse toute fixée sur Dieu\, confiante\, assurée déjà\, par l’expérience\, du pardon qui\, une fois de plus\, va venir.Dans la seconde partie\, c’est la même sobriété\, la même réserve\, avec toutefois quelque chose de plus extérieur. Un sentiment plus vif perce un peu partout. La supplication se fait plus osée. Elle insiste. Aussi bien ne s’agit-il plus seulement de l’âme elle-même et de son péché mais de ses ennemis qui sont aussi les ennemis de Dieu. Il y a sur le pressus et sur la double note de ne únquam – qui est une bivirga épisématique – une allure de décision ferme\, avec une touche d’indignation qui devient de plus en plus ardente sur inimíci nóstri.Elle passe à la phrase suivante où elle mêle à la supplication revenue une nuance de force ; au début du moins\, car peu à peu la mélodie redevient paisible\, abandonnée\, intérieure\, traversée seulement à la fin\, sur angústiis\, par une sorte d’angoisse qui la fait plus émouvante encore.Tout doit être très lié. Les tristrophas seront légères\, les torculus de miseratiónum et de misericórdiæ bien arrondis.Le crescendo de la deuxième phrase sera discret mais englobera toute la phrase. Ne pas trop élargir la dernière cadence ;  un léger crescendo\, appuyé dès le début de angústiissur la clivis élargie\, le quilisma\, l’oriscus\, le salicus ; c’est un mot qui a ici un sens considérable. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nLes tribulations de mon cœur se sont multipliées :de mes angoisses\, délivre-moi\, Seigneur. \nVerset. – Vois mon abaissement et ma peine : et pardonne-moi tous mes péchés. Ps. XXIV\, 17-18.Encore deux versets du Psaume XXIV. Le sens en est clair. Le psalmiste dit à Dieu que sa souffrance d’avoir péché – disons sa contrition\, car c’est bien ce qu’il faut entendre par les tribulations de son cœur – se fait de plus en plus vive. Il le supplie de regarder son âme abaissée dans l’humble repentir\, et la peine qu’il prend pour se libérer de son péché ; et de lui pardonner enfin.Prière de l’âme repentante\, comme l’Introït. Encore qu’elle ait dû se trouver bien des fois sur les lèvres de Jacob\, et sur celles du Christ quand il avait sur lui le poids de nos péchés\, il n’y a rien qui la rattache à quelque épisode de leurs vies. Elle est une prière de pénitence qui demande miséricorde\, c’est tout ; et c’est assez\, hélas ! pour qu’elle soit toujours d’actualité sur nos lèvres. Elle est toutefois bien à sa place après l’Epître\, qui nous énumère les instruments variés de la mortification et avant l’Évangile\, qui nous révèlera la gloire du Christ miséricordieux en qui nous recevons la misériorde du Père. \nLA MÉLODIE\nIl est rare de trouver une mélodie du Ve mode tout entière en fa comme celle-ci\, sur un texte qui est un appel à la miséricorde. Ses tons pleins\, son atmosphère paisible\, heureuse\, parfois joyeuse et exultante s’allie mal avec le poids du péché\, la tristesse du remord et les appels douloureux vers la pitié divine. Aussi\, si l’on ne chante pas la première phrase avec un peu de lenteur et de poids et dans un sentiment de contrition\, elle sonnera faux parce qu’elle aura sur les mots mêmes de la souffrance\, Tribulatiónes córdis méi et dilatátæ sunt quelque chose de satisfait qui reflète le bonheur. Mais\, si on lui donne le mouvement qui convient et qui semble indiqué dans les manuscrits où les doubles notes de tribulatiónes et de méi sont des bivirgas épisématiques\, elle sera\, avant la prière elle-même\,  un très bel exposé des motifs\, humble et déjà suppliant.La seconde phrase\, par contre\, est admirablement adaptée. Dès le début\, elle module vers le la et s’y établit sur méis en une cadence mineure qui la met en  plein accord avec les mots. Elle s’élève alors sur éripe me en un très bel accent de prière\, spontané\, vif\, ardent\, chargé d’angoisse\, et qui peu à peu se pénètre de confiance et de paix sur le motif final de Dómine. \nLe Verset. – (V) Víde humilitátem méam et labórem méum et dimítte ómnia peccáta méa.Le défaut de la première partie reparait quelque peu au début sur víde mais\, tout de suite\, la même modulation en la intervient sur humilitátem et donne au mot son expression parfaite de prière intense et triste. Il n’en va pas ainsi du reste\, malheureusement. Il faudra donc\, ici encore\, remédier au défaut d’adaptation et s’efforcer d’atténuer le caractère de joie qui se dégage de presque toutes les formules.Faire lourdes et bien allongées les bivirgas de la première phrase dont presque tous les mots sont ralentis.Mener le crescendo de la seconde\, du début\, discrètement d’abord et progressivement\, jusqu’à me qui sera bien accentué. Retenir le mot Dómine\, surtout dans les arsis ; et bien arrondir le sommet.Le verset\, lent aussi. Sur víde\, les deux doubles notes sont des virgas épisématiques\, y faire peser la supplication. De même sur labórem.Faire la formule finale aussi priante que possible. \nTRAIT\nLE TEXTE\n1. – Louez le Seigneur parce qu’il est bon\,parce que tout au long des siècles est sa miséricorde.2. – Qui dira la puissance du Seigneur ?Qui fera entendre toutes les louanges qu’il mérite ?3. – Bienheureux ceux qui suivent son jugement\,et qu’ils accomplissent sa justice en tout temps.4. – Souviens-toi de nous\, Seigneur\, pour le bien de ton peuple :visite-nous\, dans celui qui vient de toi\, pour nous sauver. Ps. CVLe Psaume CV\, qui est un Psaume d’allégresse\, vient comme une surprise\, en Carême. En fait\, il est tout à fait à sa place si on le rattache au dernier mot de l’Épître : « Dieu vous a appelés à la sanctification en Notre Seigneur Jésus-Christ. » Cet appel de Dieu est l’acte éternel de sa miséricorde. L’Eglise vient de l’entendre dire. Elle a d’abord montré sa misère à Dieu dans le Graduel\, comme pour le presser d’agir ; maintenant\, sûre d’être sauvée\, elle chante la miséricordieuse bonté et\, pour finir\, demande à Dieu\, dans une prière qui précise l’idée de l’Introït\, de la visiter en Celui qui\, s’étant fait chair par miséricorde\, apportera à chacun le pardon\, dans son sacrifice. \nLA MÉLODIE\nLe VIIIe mode eût peut-être mieux convenu au texte. Il est réservé au Samedi-Saint avec l’éclat qui convient aux premières joies pascales. Le IIe mode est bien dans l’atmosphère violette du Carême.Les formules psalmiques sont absolument régulières. Quelques mots d’importance tombent bien aux cadences ; mais ce n’est pas là qu’il faut chercher l’expression cette fois\, c’est dans l’ensemble.De la première à la dernière note il y a\, par delà les fluctuations des incises\, des phrases et des versets\, une montée ininterrompue qui fait de tout le Trait une louange de plus en plus ample\, de plus en plus éclatante\, jusqu’à ce qu’elle s’achève\, transformée en ardente supplication\, dans les régions extrêmes du mode.Le premier verset débute en ré\, et ne dépasse le fa que par quelques broderies. Le second part du ré mais s’établit sur le fa et le mouvement s’anime\, avec le texte d’ailleurs. Notez le très beau motif de quis loquétur si bien adapté au mot\, à l’idée et à l’interrogation. Le troisième s’établit dès le début sur fa et\, en trois notes\, il est sur le la ; mouvement rapide qui rend parfaitement le sentiment spontané d’admiration et de désir de Béati\, lequel se développe très heureusement sur les formules de custódiunt judícium. Le quatrième est\, dans toute sa première partie\, nettement basé sur le la. Il se développe sur mémento en  une supplication qui\, dans les régions élevées\, prend une valeur peu commune. L’ardeur ne s’en manifeste pas par des élans impétueux mais par la redite paisible des mêmes motifs sur les mêmes notes. Il en résulte une insistance très poussée et\, en même temps\, très délicate et très intime. Une gracieuse ondulation sur nóstri amène le mot Dómine enveloppé de tendresse. Túi est bien à sa place\, très en relief à la fin de la phrase ; et l’incise finale porte jusqu’au si bémol qui est le sommet de la mélodie\, le mot visita nos qui est aussi le mot de la miséricorde et le sommet de la prière.Il ne doit y avoir aucun retard sur quis loquétur ; au contraire\, le mouvement devra être entretenu en raison des pressus qui s’attirent les uns les autres.Elargir légèrement Béati et custódiunt ; de même Dómine dans le dernier verset. Bien arrondir le sommet de visita nos. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nJe méditerai tes préceptes que j’aime tant ;Et je lèverai mes mains vers tes lois\, que j’aime. Ps. CXVIII\, 47-48.Le Psaume CXVIII est le Psaume de la fidélité à la Loi divine. Ces deux versets disent\, d’une façon très simple\, l’amour de l’âme pour la volonté du Seigneur qui lui est manifestée soit par la loi écrite\, soit par les inspirations du Saint-Esprit. L’expression Je lèverai mes mains doit être entendue comme le désir qu’a l’âme de demeurer tendue vers tout ce qui la lui fera connaître pkus précise et plus détaillée\, de sorte que le second verset\, tout en disant la même chose\, est en progression sur le premier.Ils forment ici tous les deux une belle paraphrase de l’Évangile. Notre Seigneur nous y est montré transfiguré\, entouré de Moyse\, le législateur\, et d’Elie\, le prophète\, et il est présenté par le Père comme son Fils bien-aimé qu’il faut écouter : la Loi\, les Prophètes et l’Évangile ; tout l’enseignement divin. L’Eglise chante sa joie de l’avoir ainsi concentré dans le gloire du Christ\, et le désir qu’elle sent grandir en elle de le méditer et d’en vivre. \nLA MÉLODIE\nElle est composée de deux phrases d’ossature semblable\, la seconde développant la première comme dans les offertoires Jubilate\, à la manière d’une variation.Une première idée sur in mandátis est reprise\, développée et trois fois répétées dans la seconde phrase : et levábo mánus méas ad mandáta. C’est le motif de la méditation.Une seconde idée sur quæ diléxi est\, elle aussi reprise\, et développée sur les mêmes mots\, dans la seconde phrase. C’est le motif de l’amour.Sur cette construction si parfaitement ordonnée\, un chant exquis de contemplation\, de conversation intime et tendre. L’âme chante pour Dieu seul\, sans souci de se faire entendre de quiconque d’autre. Elle ne lui demande rien ; elle lui parle. Elle lui dit\, dans un sentiment d’admiration extasiée et d’amour ardent\, ce que le récit évangélique a éveillé en elle. C’est tout.Toute la paix heureuse dont elle est remplie se trouve dans l’intonation où est esquissé déjà le motif de la méditation. Il prend toute sa forme sur in mandátis\, une ligne toute simple qui ondule en broderies légères et qui s’infléchit vers la tonique pour finir ; admiration mêlée de tendresse\, d’une tendresse toutefois qui ne se livre pas encore. Mais voici le mot de l’amour : quæ diléxi. L’amour est actif ; il soulève l’âme qui cette fois se laisse aller à la joie sur un rythme ravissant de grâce légère\, avant de mettre sa ferveur sur le dernier mot\, válde\, si expressif de tout ce qui ne peut pas se dire.Mêmes sentiments dans la seconde phrase ; ils sont seulement plus accentués. Rien ne s’oppose à ce qu’on voit dans les longues tenues répétées de levábo mánus méas comme une description des mains levées ; mais elles sont surtout l’expression du désir sans cesse renouvelé et toujours le même. Le quæ diléxi\, si pénétré de joie dans la première incise\, s’achève en  un balancement nuancé d’une teinte de mélancolie qui dit bien le désir insatisfait de l’amour qui ne possède pas encore son objet mais qui y tend de toutes ses forces.La première phrase sera légère et dans un bon mouvement\, quæ sera quelque peu élargi et les torculus de diléxi bien arrondis.La fin de mánus túas légèrement retenue ; de même quæ\, comme dans la première phrase.La dernière syllabe de diléxi\, bien élargie dans un rythme très balancé. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nComprends le cri de mon âme.Prête attention à la voix de ma prière\, mon Roi et mon Dieu\,Car\, vers toi\, je ferai monter ma supplication\, Seigneur. Ps. V\, 2\, 4.Le sens de ce verset est très simple. Il faut seulement noter que clamórem selon l’hébreu n’est pas le cri extérieur mais « la voix intérieure de la pensée ». Traduit par « le cri de mon âme »\, le texte est ainsi plus adapté au moment de la communion. L’âme\, qui reçoit le Seigneur\, le prie de ne pas distraire d’elle sa pensée car\, elle aussi\, va se refermer sur lui en une oraison de plus en plus intime\, de plus en plus ininterrompue\, jusqu’à ce que soit réalisée l’unité de vie dans l’amour. \nLA MÉLODIE\nElle est moins contemplative que celle de l’Offertoire\, mais elle se développe dans les mêmes sentiments. Elle est une prière de demande\, c’est vrai\, mais qui demande à un être très cher\, et dans un moment d’intime union\, ce qui la fait toute pénétrée de joie.Il y a quelque chose de pressant dans l’intonation ; puis presque aussitôt la supplication se fait douce avec une nuance de tendresse sur toute la phrase\,  y compris le salicus de méæ\, qui la renforce encore et la conduit à l’exclamation\, ardente comme un cri d’amour\, de Rex méus et à la tendresse profonde de Déus méus.La seconde phrase\, elle\, débute dans le grave. C’est comme un secret\, une confidence qui peu à peu monte sur orábo avec déjà l’intensité de la prière future\, et s’achève\, sur le nom divin\, en un murmure d’amour.Bien accentuer clamórem. Retenir quelque peu la thésis de oratiónis méæ\, y relier de très près Rex méus\, en gardant bien sa valeur au punctum de Rex. Retenir le début de Dómine. \nPolyphonies pour le carême \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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DESCRIPTION:A noter: il n’y pas de Gloria. L’Alleluia est remplacé par le Trait. \nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : Gen. XXXVII). Histoire de Joseph.ÉPÎTRE : (Ephes. V 1-19). Il faut s’écarter de toute chose déshonnête\, marcher dans la lumière\, afin d’être enfant de lumière.ÉVANGILE : (Luc XI 14-28). Notre Seigneur chasse un démon. Accusé de le chasser par Beelzébuth\, il met en garde contre l’action de Satan.STATION : Saint Laurent hors les murs.IDÉE CENTRALE : Il semble bien que l’idée dominante de la catéchèse soit le démon\, son action et ce que nous avons à faire pour nous en garder. Parce que Joseph était l’héritier de la promesse\, Satan mit tout en œuvre pour le perdre. Il poussa ses frères au meurtre et la femme de Putiphar à l’adultère. Dieu sauva le fils bien aimé de Jacob et\, par lui\, sauva son peuple.Quand le Christ\, Fils bien-aimé du Père et Fils de la promesse\, lui aussi\, vint accomplir ce que Joseph n’avait fait que figurer\, le démon ne cessa de le poursuivre à son tour. Il inspira la jalousie d’Hérode et le massacre des Saints Innocents. Il vint lui-même le tenter au désert. Vaincu\, il dressa contre lui les Scribes et les Pharisiens pour perdre sa réputation et le faire mourir. Il crut avoir réussi\, le soir du Vendredi Saint\, mais Dieu sauva son Christ dans sa résurrection et\, par lui\, sauva le monde.Le Christ continuant dans l’Eglise qui est son Corps mystique\, et en chacun de nous qui sommes ses membres\, le démon déploie autour de nous la même sollicitude mauvaise. Il est l’inspirateur de tous les vices contre lesquels Saint Paul nous met en garde dans l’Épître. Notre Seigneur nous garde – Il nous le montre dans l’Évangile – à condition toutefois que nous nous confions à lui et que nous mettions en pratique les avis qu’il nous donne. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nMes yeux sont sans cesse sur le Seigneur\,Car lui-même dégagera mes pieds du filet.Regarde-moi et aie pitié de moi\,Car seul et pauvre je suis.Ps. – Vers toi\, Seigneur\, j’ai levé mon âme :Mon Dieu\, en toi je me confie\, je n’aurai pas à rougir. Ps. XXIV\, 15\, 16.Le psalmiste emploie l’image du filet qui est très commune dans l’Ecriture et se représente les pieds déjà engagés dans les lacs ou susceptibles de l’être d’un moment à l’autre. Dans cette situation\, deux sentiments se succèdent en lui. D’abord une confiance totale en la puissance de Dieu – c’est le sens qu’il faut donner aux yeux fixés sur le Seigneur. Puis l’appel à la pitié : Aie pitié de moi\, car je suis seul et impuissant.Telles ont été la confiance et la prière de Joseph\, de tout le peuple Juif\, du Christ\, de Saint Laurent sur le gril : telles sont encore celles de l’Eglise dans la lutte qu’elle continue à soutenir. Cette lutte\, plus marquée peut-être pour nous en cette période de pénitence\, nous incite à les faire monter vers Dieu une fois de plus pour obtenir l’aide de son bras\, sans laquelle nous ne saurions vaincre. \nLA MÉLODIE\nDans un bel élan simple\, pénétré de confiance\, de paix\, l’âme chante sur Oculi méi la courbe de sa pensée montant sans cesse vers le Seigneur. C’est son attitude habituelle\, elle souligne donc abondamment sémper. Elle s’incline ensuite\, pleine de vénération\, sur Dóminum et se laisse aller\, sur quía ípse evéllet\, à la joie que mettent en elle ces mots de délivrance. Une joie d’espoir seulement. Elle n’exulte pas. Peut-être même pourrait-on y déceler une certaine lourdeur\, annonciatrice de la misère et de l’impuissance dont il sera fait état tout à l’heure. Mais le bel élan de confiance demeure.Il passe à la phrase suivante. C’est dans la même simplicité que l’âme demande au Seigneur de jeter les yeux sur elle ; réspice in me est bien  dans le ton de óculi méi. Mais\, en même temps qu’elle appelle le regard divin\, elle commence à se montrer\, elle expose sa misère. C’est alors l’humble supplication. La mélodie\, descendue dans le grave\, remonte péniblement sur miserére avec tout le poids du péché et de la honte ; et les appels à la miséricorde se succèdent\, retenus\, doux\, timides et pressants\, sur les distrophas et les tristrophas de méi\, de únicus et de páuper. Il n’y a qu’un mot qui ait de l’assurance\, c’est quóniam. Sur ce pressus\, l’âme dit son impuissance et s’y appuie de toute son ardeur\, comme sur l’argument irrésistible qui lui vaudra le salut : cor contrítum et humiliátum Déus non despícies….un cœur contrit et humilié\, ô Dieu\, tu ne le rejetteras pas. (Ps. L\, 19).Le Psaume ramène l’abandon tout simple du début. La mélodie sert parfaitement le texte. La cadence sur non erubéscam\, avec sa nuance de ferme certitude\, est particulièrement heureuse.Beaucoup de légèreté dans l’intonation. Que toute la première phrase soit simple comme un chant d’enfant. Bien lancer evéllet et veiller à l’accentuation de pédes.Réspice\, au début de la seconde phrase\, sera quelque peu retenu. Ne pas accentuer fortement méi ; la double note est une distropha\, qu’elle soit douce ; la voix ira en un discret crescendo vers la clivis qui suit et on aura la nuance à la fois humble et suppliante qui convient.Le pressus de quóniam bien posé avec un accent de ferveur. La tristropha de únicus légère et douce ; de même la distropha de pauper.Le Psaume sera pris a tempo mais à une allure qui ne doit pas faire avec l’antienne un contraste poussé. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nLève-toi Seigneur\, qu’il n’ait pas le dessus\, l’homme ;Qu’elles soient jugées\, les nations\, en ta présence.Verset. – Quand tu tourneras mon ennemi en arrière\, ils seront défaits et périront devant ta face. Ps. IX\, 20\, 3.Deux versets pris aux deux extrémités du Psaume. Le premier est une prière qui demande à Dieu d’intervenir afin que l’homme\, c’est à dire la nature mauvaise\, n’ait pas le dessus sur la grâce. Le second\, bien qu’il soit adressé à Dieu comme le premier\, n’est pas une prière proprement dite. ; le psalmiste dit ce qu’il voit dans l’avenir : l’ennemi s’enfuyant\, battu\, défait\, anéanti devant la face de Dieu.Ils forment ici comme un lien entre l’Épître et l’Évangile. Saint Paul nous dit : n’ayez rien de commun avec les fils de l’incrédulité\, marchez comme des enfants de lumière…C’est bien ce que l’Eglise demande dans la première partie ; que l’homme n’ait pas le dessus. L’Évangile nous montre l’ennemi fuyant sous le geste souverain du Christ ; c’est ce qu’elle chante dans la seconde. \nLA MÉLODIE\n(III) Exsúrge Dómine non præváleat hómoJudicéntur géntes in conspéctu túo.Bien que l’intonation soit douce et lente\, il y passe une ardente supplication\, qui\, délicatement posée sur la virga du début\, va s’intensifiant jusqu’à la dernière tristropha\, où elle se prolonge comme en une plainte. Cette teneur dans le grave\, coupée de notes répercutées\, lui donne toutefois quelque chose de sombre et de pesant. On a l’impression que l’âme est accablée sous le poids de l’épreuve.Sur Dómine – formule presque exclusivement réservée au Seigneur (à une exception près\, on ne la trouve que sur les mots Dòminus ou Déus) – la mélodie s’éclaire d’une nuance de tendresse intime puis\, s’animant soudain\, se fait de plus en plus pressante sur non præváleat. L’âme\, sortie de sa torpeur au contact du nom divin\, est maintenant pleine d’audace. Elle dit le danger sans réticence et dénonce l’ennemi avec force ; on sent même un peu d’angoisse et comme un frisson de peur sur la montée des torculus de præváleat\, et plus encore sur la magnifique formule de hómo. A deux reprises le motif de præváleat revient ; sur judicéntur et sur in conspéctu. Il y a là une insistance qui prend\, sur le pressus de géntes et plus encore sur les répercussions de conspéctu túo – notez qu’il n’y en a pas moins de huit – une extraordinaire intensité.Mais\, est-ce encore la prière qui domine ? Il semble bien plutôt que ce soit l’idée du Jugement dernier – car en fait c’est bien de quoi il s’agit – qui est évoquée fans cette finale. Elle a en effet tous les caractères d’une autorité forte qui s’impose\, implacable et terrible. On y sent la terreur du Juge dont le seul aspect fera les damnés sécher de frayeur.Le Verset. – In converténdo inimícum méum retrórsum infirmabúntur et períbunt a fácie túa.L’idée est toute différente de celle de la première partie. L’expression aussi diffère\, il va de soi. C’est dans une joie débordante que l’Eglise chante la vision prophétique de son ennemi en déroute.Cette joie commence dès le début sur In converténdo par un balancement léger sur la clivis la-sol\, la note qui précède le quilisma\, et la clivis do-si. Le branle ainsi donné\, quelques notes conduisent le mouvement vers retrórsum. Il s’élargit d’abord quelque peu sur les notes qui précèdent le quilisma pour souligner ce mot de déroute puis\, s’allégeant\, il emporte la mélodie d’un magnifique élan jusqu’au mi où elle s’épanouit en un motif plein de vie et d’esprit. Ce n’est plus seulement de la joie\, c’est de l’exultation\, une exultation délirante ; on peut bien dire le mot car elle sonne vraiment par endroit comme l’éclat de rire du vainqueur sur le vaincu en fuite.La même idée est reprise dans la phrase suivante et traitée de la même manière ; des notes légères vont vers peribunt et\, sur ce mot de victoire totale\, se renouvelle l’explosion de joie.Au début de la troisième phrase\, sur a fácie\, passe comme une nuance de gravité ; nous sommes revenus au Seigneur\, au Juge. Il y a ensuite un bel élan qui touche le mi mais c’est une exaltation tempérée\, paisible. La joie de l’Eglise s’est imprégnée de la joie de Dieu\, et c’est de sa justice qui triomphe\, plus que de la déroute de l’ennemi\, qu’elle se réjouit maintenant. L’idée du jugement et de sa terreur revient d’ailleurs peu à peu avec le mouvement thétique sur re et se développe\, pour finir\, sur la même formule et sur le même mot que  dans la première partie.L’intonation sera lente\, toutes les répercussions bien faites et assez poussées. Renforcer délicatement la voix sur Dómine ; c’est une formule très expressive. Pas de contraste forcé à non preváleat ; la montée de hómo retenue.A tempo sur judicéntur. Les répercussions de in conspéctu túo\, bien marquées. Garder le mouvement jusqu’à la fin.Le Verset\, léger. Un crescendo et un peu d’accélération à partir de l’accent de converténdo\, mais bien dans le rythme. Retenir légèrement les quatre notes qui précèdent le quilisma de retrórsum.Faire un peu longues les distrophas de fácie\, et retenir la thésis sur re. \nTRAIT\nLE TEXTE\n1.     – Vers toi j’ai levé mes yeux\, (vers toi) qui habites dans les cieux.2.     – Voici\, comme les yeux des serviteurs sur les mains de leurs maîtres.3.     – Et comme les yeux des servantes sur les mains de leur maîtresse ;4.     – Ainsi (sont) nos yeux sur le Seigneur notre Dieu\, jusqu’à ce qu’il ait pitié de nous.5.     – Aie pitié de nous\, Seigneur\, aie pitié de nous. Ps. CXXII\, 1\, 2\, 3.C’est la même idée que dans l’Introït. La confiance toutefois n’est pas aussi fortement marquée. L’Eglise ici la chante dans le même sentiment que la première partie du Graduel. \nLA MÉLODIE\nDans le premier verset\, la formule d’intonation a reçu un développement qui en fait une très belle supplication\, à la fois humble et forte. Le mot caéli\, planant sur la dominante\, évoque très heureusement et le Dieu Très-Haut et l’admiration q’uil provoque chez ceux qui savent le contempler dans ses célestes demeures.Les versets 2 et 3\, parallèles comme le texte\, n’ont de remarquable que l’accent de ferveur de sícut.Deux mots sont particulièrement expressifs dans le 4e : Ita\, au début\, qui met très en relief le second terme de la comparaison ; et la cadence finale\, très commune\, mais qui devient sur nóstri une très ardente supplication.Tout le 5e est une splendide prière humble et suppliante. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nLes volontés du Seigneur sont droites\, réjouissant les cœurs ;Et ce sont choses plus douces que le miel et le « favum » (le rayon de miel)Aussi ton serviteur les gardera. Ps. XVIII\, 9\, 10\, 11\, 12.Il n’y a pas de doute que ces versets n’aient été choisis à cause de l’épisode qui termine l’Évangile. « Une femme cria\, de la foule : Bienheureux le sein qui t’a porté et les mamelles qui t’ont allaité. Et il dit : Bienheureux encore plus\, ceux qui écoutent la parole de Dieu et la gardent. »L’Eglise demeure dans la contemplation de cet incident qui la ravit et\, pour chanter sa joie\, emprunte les paroles du Psaume.Elles sont l’expression naturelle de tous ceux qui savent jouir du Verbe de Dieu\, dans l’Ecriture\, dans l’Eglise\, dans les profondeurs de leur âme où il habite ; mais il s’y ajoute ici quelque chose de plus\, comme un désir ardent de remplir avec un amour accru la condition de la béatitude promise. \nLA MÉLODIE\nC’est un chant tout intime\, doux\, paisible\, heureux. L’âme fixée dans la contemplation des paroles du Christ\, les confirme en quelque sorte de son expérience\, se disant à elle-même\, en des mots qui en sont tout pénétrés\, le bonheur que lui procure l’abandon aimant à tout ce que lui demande le Seigneur.Elle le fait par un petit motif très simple de quelques notes qui montent du fa au la et y reviennent après une broderie légère très courte.C’est un rien\, mais si expressif de paix et de bonheur intime. On le trouve sur justítiæ\, sur réctæ\, sur lætificántes córda\, avec cette fois une nuance de joie plus profonde qu’il prend dans le grave et qui va si bien avec le mot.Dans la seconde phrase\, dulcióra en est un développement et súper méi et fávum ne fait que reproduire\, avec quelques nuances de détail\, le mouvement grave de læticántes… En cela nulle monotonie\, mais une sorte de balancement qui berce la continuité de l’idée et la garde enveloppée dans une atmosphère de béatitude.Le mouvement est peut-être un peu plus prononcé dans la troisième phrase\, du moins au début. L’âme s’adresse à Dieu\, et son ardeur naturellement s’anime quelque peu quand elle lui renouvelle sa fidélité\, mais elle demeure toujours dans la paix et la joie. Notez le rythme de nam avec ce bel élan de quarte qui se détend en repos sur la tristropha ; quelle délectation ! Sur custódiet\, le ton redevient contemplatif avec une nuance de fermeté qui convient à la promesse ; ce sont de longues tenues répercutées qui s’achèvent sur la cadence délicate du IVe mode\, toute pénétrée d’une tendresse qui ne trouve pas de quoi s’exprimer.Le mouvement ne doit pas être lent\, mais paisible. On l’entretiendra par les délicates nuances d’intensité qu’exige le leit-motiv.Ralentir légèrement la cadence finale de la première phrase en retenant quelque peu la première note du climacus.Un crescendo délicat\, au début de la troisième phrase. Bien rythmer les deux climacus de la fin en les allongeant légèrement. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nLe passereau trouve pour lui une maison et la tourterelle un nid où reposer ses petits…Tes autels\, Seigneur\, Dieu des vertus\, mon Roi et mon Dieu !Bienheureux ceux qui habitent dans ta maison.Dans les siècles des siècles ils te loueront. Ps. LXXXIII\, 4-5.Le Psaume LXXXIII est le psaume du juif exilé qui entrevoit le retour prochain dans la patrie et dans le temple\, où il retrouvera la présence du Seigneur\, son Roi et son Dieu. Au verset 4\, la comparaison gracieuse des oiseaux et de leur nid fait le désir du psalmiste jaillir ardent : « Tes autels Seigneur… ! » et se perdre ensuite dans le rêve de la béatitude qu’il attend. Trois idées donc : la comparaison\, le cri d’amour\, la béatitude désirée.Ces deux versets se trouvent tout naturellement adaptés au moment de la communion. Altária en effet ne désigne pas seulement l’autel matériel mais le sacrifice dont il est la table. Ce que l’âme chante\, c’est son désir d’être unie dans l’Eucharistie au Christ\, et de jouir de la protection aimante qu’elle trouvera en lui et\, à travers lui\, dans l’amour des divines Personnes. C’est bien là\, pour ce qui est de la terre\, la béatitude d’habiter dans la maison du Seigneur. « Si quelqu’un m’aime\, nous viendrons en lui et ferons notre demeure en lui… ». \nLA MÉLODIE\nLa première phrase est un récitatif\, mais traité avec un soin délicat et pénétré déjà de l’ardent désir qui va jaillir tout à l’heure.Les rythmes binaires qui se succèdent sur dómum\, túrtur\, nídum\, sont délicieux de fraîcheur\, avec leur nuance d’harmonie imitative qui évoque le roucoulement de la tourterelle. L’âme les chante\, simplement\, dans l’atmosphère heureuse où elle vit\, jouissant de tout ce que lui dit cette gracieuse comparaison. Sur repónat\, elle s’arrête. C’est le mot de la tendresse ; celle de l’oiseau qui a fait pour ses petits le nid chaud et moelleux où il les pose et demeure avec eux ; celle du Seigneur aussi\, qui a préparé le Christ et son sacrifice eucharistique\, comme le lieu où l’âme se reposera dans la joie de sa présence. Elle y pose un long accent qui se détend\, lent et doux\, sur les deux mots de la fin en une admirable cadence. Puis\, soudain\, jaillit le cri d’amour.Il éclate comme l’élan d’un désir spontané. L’âme n’a pas le temps de faire une phrase. Dans la succession des accents et des rythmes de plus en plus marqués\, le mouvement l’emporte jusqu’au sommet\, où son ardeur s’épanouit enfin sur Dómine\, le nom divin. Elle la laisse ensuite se détendre en une tendresse douce et confiante sur la tristropha de virtútum qui rime si heureusement avec le repónat de la première phrase. Puis ce sont les mots d’amour : Rex méus et Déus méus ! qu’elle retient à loisir dans la paix de sa contemplation.De cette paix s’exhale alors l’exclamation de béatitude : Beáti qui hábitant…Très calme d’abord\, sur les beaux rythmes binaires de hábitant\, l’âme s’exalte peu à peu. L’ardeur de son désir s’avive à nouveau sur dómo túa : le Temple\, le Christ\, l’Eucharistie\, le Ciel ; c’est tout cela en effet qu’elle chante en chantant la maison du bonheur. Elle revient pour finir à la contemplation du début et\, sur le dernier mot\, orné plus que tous les autres\, elle célèbre la louange\, fruit de la vision\, de l’amour et de la béatitude.Que la dernière phrase soit simple. Bien balancer les rythmes binaires qui se succèdent sur dómum et túrtur ; la première note des podatus de dómum bien posée\, un peu élargie.La virga de repónat bien attaquée\, la répercussion délicate sur la tristropha qui sera douce. A la fin de la phrase\, une pause.Le mouvement de altária túa Dómine virtútum\, vif et ardent ; mais que la progression soit bien rythmée jusqu’à l’accent de Dómine qui sera fort\, mais bien lancé. La détente se fera sur virtútum.Bien accentuer Déus méus avec une nuance de tendresse. A la fin de la phrase une pause encore.Le torculus de beáti très arrondi. La dernière syllabe de hábitant retenue légèrement. La montée de laudábunt quelque peu élargie. \n\nPolyphonies pour le carêmeEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Dimanche de la Passion
DESCRIPTION:Les Gloria Patri sont supprimés (Asperges me\, introït\, psaume Lavabo). Les crucifix sont voilés. \nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : Prophétie de Jérémie sur la Passion du Christ. \nÉPÎTRE : (Heb. IX\, 11-15). Les fruits de la Passion. Le Christ\, Grand Prêtre par nature\, entre dans le Tabernacle divin\, Le Ciel\, avec son sang et\, remplissant son rôle de médiateur\, rachète le monde une fois pour toutes. \nÉVANGILE : (Jean VIII\, 46-59). Les Juifs accusent Notre Seigneur d’être possédé et essaie de le lapider. \nSTATION : Saint Pierre. \nIDÉE CENTRALE :  La Rédemption du monde par la Passion et la mort du Christ\, annoncée par le prophète\, réalisée par Notre-Seigneur et présentée par Saint Paul dans sa splendeur éternelle. \nINTROÏT\nLE TEXTE \nRends-moi justice\, ô Dieu\, et discerne ma cause de la nation qui n’est pas sainte. De l’homme mauvais et fourbe\, délivre-moi\, car tu es mon Dieu et ma force. \nPs. – Envoie ta lumière et ta vérité : elles me guideront et m’amèneront à ta montagne sainte et à tes Tabernacles. Ps. XLII. 1\,2\,3. \nLe Psaume XLII fut composé dans la captivité. Le psalmiste\, interprétant la prière des captifs\, demande à Dieu de rendre justice à son peuple\, pour le bien qui est en lui\, de ne pas le confondre avec la race idolâtre qiu l’opprime\, et de lui rendre la lumière qui le dégagera des dangers et le guidera vers la montagne sainte et son temple.Lorsque Notre Seigneur\, au cours de sa vie\, eut à réciter ces versets\, ils prirent évidemment sur ses lèvres un autre sens\, leur sens total. Il demandait vraiment que justice lui fût rendue. En tant que Dieu\, il n’avait pas à le demander\, il était l’égal du Père; en tant qu’homme non plus\, car il était d’une absolue pureté. Mais il avait pris sur lui tous les hommes; il les avait à ce point insérés dans sa personnalité qu’ils était vraiment quelque chose de lui\, comme les branches sont quelque chose de l’arbre.  » Je suis la vigne\, vous êtes les branches… » Il les avait pris avec leurs péchés et\, parce que ces péchés étaient un obstacle à leur union avec lui\, il avait résolu d’en assumer la charge devant le Père et de les expédier; ce qu’il faisait depuis le commencement de sa vie et qu’il allait achever dans sa Passion et sa Mort.Lorsqu’il disait :  » Rends-moi justice« \, il demandait donc que le Père le regardât comme justicier\, lui et tous les hommes qui\, dans la suite des temps\, entreraient dans son sacrifice et en recevraient les fruits; et il le demandait comme un droit\, en tant que Verbe fait chair\, en tant que Christ.Il demandait aussi que sa cause fut discernée de celle des hommes qui refuseraient la Rédemption et qui formaient\, dans sa vision de l’avenir\, la nation non sanctifiée\, les réprouvés de Dieu.Enfin\, il implore Dieu de le délivrer de ses ennemis\, qui allaient s’acharner sur lui jusqu’à son dernier souffle\, et de tous ceux qui continueraient\, sous une forme ou sous une autre\, de le persécuter dans ses membres.Cette prière\, le Christ\, dans la gloire\, continue de la dire pour la partie de son humanité collective qui est encore dans les épreuves de la Passion; avec lui\, L’Église\, consciente de ses fautes\, la dit aussi. C’est ainsi qu’elle nous arrive chaque année\, comme la voix du Christ souffrant nous atteignant à travers les siècles\, comme la voix du Christ glorieux intercédant pour nous\, comme la voix du Christ vivant dans l’église qui continue sa passion\, et comme la nôtre\, incluse dans la sienne. \nLA MÉLODIE \nElle commence comme la prière extrêmement humble d’un homme accablé. Judica me Deus. Le Christ sait qu’il a droit à la justice\, mais Il porte sur lui nos péchés et il en a honte; il en souffre; il les regrette comme s’ils étaient les siens; il en a le coeur brisé\, le coeur contri. Voilà bien le sentiment de cette première incise: une prière de contrition\, réservée\, retenue\, sans élan; seul le salicus de Judica me y met une certaine insistance\, tout de suite atténuée d’ailleurs par le si b.Mais voici qu’un autre sentiment se lève et domine. À l’idée d’être confondue avec ceux qui ne veulent pas se repentir\, une sorte de répulsion envahit l’âme du Christ et donne à sa prière un accent à la fois de protestation indignée\, de supplication ardente\, de douleur et d’effroi. Cette expression qui se dessine à partir de causam meam atteint son maximum d’intensité sur la double note de gente – une bivirga épisématique. Ce n’est plus la prière qui demande humblement\, c’est le cri de toute l’âme tendue vers la justice du Père.L’idée est la même dans la seconde phrase\, mais la progression en est plus étendue ; elle se fait lentement sur ab homine\, comme si le Christ s’appliquait à modérer l’horreur qui monte en lui. Elle éclate pourtant à nouveau et plus poussée; eripe me est un véritable appel de détresse. Le fait qu’il s’achève à la quinte supérieure en une cadence sur si\, lui donne encore un caractère de souffrance plus aiguë.La troisième phrase est tout autre. Le Christ ne demande plus\, il ne se plaint plus\, il fait confiance. Tout le long des neumes qui redescendent paisibles vers la tonique\, il n’y a plus qu’une tendresse confiante\, abandonnée\, sûre d’avoir ce qu’elle veut du Père infiniment aimant\, juste et fort. Elle est particulièrement expressive dans la première incise avec le si naturel de Deus\, qui y met une clarté de paix\, et la distropha de meus d’une si intime ferveur.Le Psaume\, par son caractère discret\, paisible et lumineux\, entre bien dans le développement de cette nouvelle idée; l’âme\, ranimée par son abandon en la force du Seigneur\, se livre à lui\, heureuse et confiante\, pour qu’il la conduise à la montagne du sacrifice et\, par-delà le sacrifice\, au lieu de sa béatitude. \nGRADUEL\nLE TEXTEDélivre-moi\,  Seigneur\, de mes ennemis. Enseigne-moi à faire ta volonté. \nVerset. – Délivre-moi\, Seigneur\, des nations en furie. De ceux qui m’attaquent\, tu me feras triompher. De l’homme inique\, tu m’arracheras. Ps. CXLII\, 9-10. XVII\, 48-49.Deux idées bien différentes. La première partie est une prière pour la délivrance et la parfaite soumission à la volonté divine; le Verset\, un cri de foi et d’absolue confiance.Cet appel au secours\, mêlé de soumission humble et d’inébranlable espoir\, qui fut si souvent lancé vers Dieu par David en ses heures d’épreuves\, s’applique pleinement à Notre Seigneur\, au jour de sa Passion. De quelle âme\, à la fois accablée et forte\, dût-il le répéter\, quand tout le monde\, de tous côtés\, s’acharnait contre lui !Il demeure toujours d’actualité sur ses lèvres. Lui\, dans la gloire\, n’a plus à subir les coups de ses ennemis\, mais ses membres qui sont sur la Terre ont besoin\, eux\, d’être délivrés de leurs ennemis toujours actifs; besoin aussi de l’esprit de soumission.Il le demande pour eux et eux le demandent avec lui; puis\, réconfortés par son acte d’éternelle Rédemption que saint Paul vient de leur rappeler dans l’Épître et assurés déjà d’être exaucés\, ils chantent\, dans l’ardeur de leur foi vibrante de certitude\, leur Libérateur. Liberator meus… \nLA MÉLODIE \nLa première incise\, à quelques détails près\, est celle du Graduel Exsurge du IIIe Dimanche de Carême. C’est la même expression que dans le début de l’Introït; le Christ\, accablé\, se tourne vers son Père mais sans pouvoir se dégager de tout ce qui pèse sur lui. Toute humble sous le péché\, sa prière ne monte pas. Même lorsque Domine\, le nom divin\, est amené\, avec tout ce qu’il évoque de miséricorde\, elle demeure réservée\, timide jusqu’en la nuance de tendresse qu’il y met.Au début de la seconde incise\, à l’idée de ses ennemis\, le Christ se relève de sa prostration comme s’il était soudain saisi d’effroi\, et c’est une supplication ardente qu’il lance cette fois. D’un bon\, la mélodie quitte le grave\, touche la dominante sur inimicis\, qu’elle accuse d’un salicus très marqué\, puis se fait de plus en plus insistante\, de plus en plus pressante\, sur les distrophas\, les répercussions\, les torculus allongés de meis. La réserve a disparu devant le danger.Dans la seconde phrase\, l’objet de la prière n’est plus le même. Le Christ sait que le Père ne le délivrera que quand tout son sacrifice aura été accompli; il fera donc sa volonté et de tout coeur\, mais il a besoin de son aide. Doce me… Quel admirable accent sur ces deux mots ! Une prière où l’on sent encore un peu d’angoisse\, mais si soumise! De plus en plus apaisée sur la belle vocalise de facere\, elle s’élève sur voluntatem tuam en un très beau mouvement de ferme assurance\, que la répétition des notes répercutées ponctue de certitude et de ferveur. Quelle que soit la volonté du Père\, elle sera faite jusqu’au dernier souffle\, avec amour. \nVerset. – Après l’humble prière\, l’espoir vibrant de certitude. Le Christ lance vers le Père le cri de sa confiance inébranlable dans une mélodie claire\, ferme\, joyeuse\, toute pénétrée d’amour aussi et à laquelle il donne déjà un accent de triomphe comme s’il anticipait la victoire.Liberatuor meus… Notez que cette première incise est une exclamation; elle n’a pas de verbe. Aussi la mélodie a-t-elle quelque chose de direct\, de spontané\, de vif. Cet empressement de l’âme\, heureuse dans la force de sa confiance\, passe dans le magnifique élan de ce premier mot\, se développe sur meus dans le motif exaltant\, deux fois répété\, qui l’emporte jusqu’au mi; puis\, redescendant vers la tonique du Ier mode\, s’enveloppe d’une tendresse reconnaissante sur Domine\, avant de rebondir\, une fois encore\, sur gentibus iracundis\, dans la joie de la délivrance et l’espoir de la juste vengeance qui vient.Il y a moins que des fusions dans la seconde phrase. Sur insurgentibus in me\, le poids de l’oppression est à nouveau évoquée; la montée est lente et il y a une nuance de plaintes dans les torculus qui descendent vers la cadence en mi. Mais la joie exaltante revient sur exaltabis me qui s’élève à la tonique dans un redressement fier\, noble\, et plein de la même confiance vivante et forte.L’idée de l’homme mauvais\, dans la troisième phrase\, change ce cri d’espoir en une ardente supplication. Il semble bien que cet être mystérieux soit l’ennemi par excellence\, et celui qui fait le plus souffrir. C’est peut-être l’horreur que cause au Christ l’expérience qu’il a eu de ces attaques\, en même temps que le désir qu’il a d’en délivrer à jamais ses membres qui donnent à la bivirga de a viro cette insistance si marquée qui pénètre ensuite tous les mots de l’incise.La confiance\, baignée de joie reconnaissante\, revient sur eripies me\, à la reprise du choeur. Le dernier motif est particulièrement heureux; c’est la troisième fois qu’on l’entend\, mais le voisinage du fa et du si naturel lui confère ici un admirable caractère de suavité; l’âme n’est plus seulement dans la confiance\, elle est dans la paix et elle en jouit. \nTRAIT\nLE TEXTE \n1. Bien des fois ils m’ont assailli depuis ma jeunesse.2. Il le dit maintenant\, Israël : bien des fois ils m’ont assailli depuis ma jeunesse.3. Pourtant ils n’ont pas pu prévaloir sur moi. Sur mon dos\, ils ont tracé des sillons\, les pécheurs.4. Ils ont prolongé  leur iniquité à eux. Le Seigneur brisera le cou des pécheurs. Ps. CXXVIII\, 1-4. \nDans le psaume\, c’est le peuple juif qui raconte ce qu’il a eu à souffrir et qui proclame\, pour finir\, en un mot de dure vengeance\, la certitude que le Seigneur aura le dernier mot.Le sens liturgique est le même; il n’y a qu’à remplacer Israël par le Christ\, et L’Église qui le continu. Le Christ\, persécuté dès son enfance\, demeure imprenable jusqu’à son heure\, comme on va le voir dans l’évangile\, et est finalement vengé par le Dieu tout puissant au matin de sa Résurrection. Ainsi l’Église\, persécutée tout au long de son histoire\, dure\, tandis que\, les uns après les autres\, ses ennemis sont terrassés par la mort\, en attendant le jour de la Résurrection dernière qui sera celui de l’éternelle vengeance de Dieu. \nLA MÉLODIE \nIl n’y a pas d’expression particulière qui tranche sur les formules communes. Il faut signaler toutefois l’intonation des versets; grave dans les deux premiers\, qui évoque les souffrances du Christ; plutôt joyeuse dans les autres\, qui chantent déjà son triomphe; sans presser le contraste toutefois. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTEJe te louerai Seigneur de tout mon coeur. Donne son salaire a ton serviteur. Je vivrai et je garderai tes lois. Vivifie-moi selon ce que tu as dit\, Seigneur. Ps. CX\, 1 – CXVIII\, 15\, 25.Ces idées\, très communes dans les psaumes\, forment un commentaire très heureux de l’évangile. L’âme loue le Seigneur pour la sagesse qu’il a déployée dans sa lutte contre les Pharisiens; puis\, reprenant en quelque sorte l’idée qui fait le fond de l’incident « si quelqu’un garde ma parole\, il vivra« \, elle la lui retourne sous forme de prière : donne-moi ta grâce et je vivrai\, je garderai sa parole; infuse-moi la vie\, selon ce que tu as dit. Chantée au moment où est offerte la matière du sacrifice qui va donner le Pain de vie\, cette prière prend un sens plus actuel encore.LA MÉLODIEElle n’a pas le caractère douloureux des mélodies du temps de la Passion. Aussi bien\, ce n’est pas le Christ qui parle et il ne s’agit pas de ses souffrances. C’est de joie au contraire qu’elle est toute pénétrée. L’âme est heureuse de ce qu’elle vient d’entendre et c’est le bonheur qu’elle a d’être avec le Seigneur\, le bonheur très simple et très intime de recevoir son amour et de lui donner le sien\, qu’elle chante. Il n’y a pas autre chose dans tout l’Offertoire; qu’il s’agisse de la louange de la première phrase ou de la prière des deux autres\, tout est pénétré de la même joie extrêmement paisible\, douce\, intérieur\, contemplative – le mot est exact car l’âme chante pour Dieu seul – avec des nuances très délicates d’ailleurs; tels les accents de ferveur qui s’épanouissent sur le pressus de tibi et sur le torculus de toto corde.La prière qui occupent les deux autres phrases ne supplie pas\, ne presse pas; elle demande\, simplement. Il y a toutefois quelque chose de plus vif dans vivam et custodiam – c’est une promesse que l’âme fait à Dieu – quelque chose de plus pleinement satisfait aussi dans la cadence en fa sur tuos\, comme si le secours du Seigneur faisait entrevoir un avenir plus heureux encore. L’expression est la même dans l’admirable balancement de vivifica me qui met le pronom en un si délicat relief par le rebondissement de tristropha. Il se renouvelle sur verbum tuum avec plus de grâce encore\, la grâce paisible d’un amour que rien ne trouble et qui est devenu\, parce qu’il est très simple\, toute la vie de l’âme. Un dernier accent de ferveur sur le pressus de tuum et tout s’achève sur la cadence pleinement reposée du Ier mode. \nCOMMUNION\nLE TEXTE \nVoilà le Corps qui pour vous sera livré… Ce calice est celui de la nouvelle alliance en mon sang\, dit le Seigneur. Cela\, faites-le chaque fois que vous en prenez en ma mémoire. I Cor. XII\, 24.Ce sont les mots même par lesquels le Christ Jésus à réalisé le sacrifice eucharistique et donné à l’église le pouvoir de le réaliser à nouveau.Ils sont toujours actuels\, et pour le Christ glorieux et pour son Église. Il faut les entendre ici comme la présentation qu’il fait lui-même de son corps et de son sang à ceux qui communient et comme l’invitation qu’il leur adresse de faire ce qu’il a fait : se livrer pour le salut du monde. \nLA MÉLODIE \nLa première phrase est empreinte de sérénité\, de paix profonde et heureuse; la paix du Christ qui est arrivé à son heure\, qui réalise enfin ce à quoi Il a été prédestiné : le sacrifice qui sauve le monde. Rien de dramatique; la simplicité. Quelques notes qui brodent autour de la tonique; c’est toute la première incise. La seconde débute sur le même motif\, s’élève à la tierce et\, après une demi-cadence sur le la\, se pose en fa par le si naturel dans une impression de paix absolue.L’expression de la deuxième phrase n’est pas la même\, c’est l’invitation au sacrifice. Le Christ se fait pressant. On sent l’ardeur du désir qui le brûle : desiderio desideravi… Très marqué dès le début par la clivis allongée sur la dominante\, elle va s’intensifiant jusqu’aux pressus de quoties cumque où elle éclate émouvante; elle s’atténue alors sur sumitis et meam\, et la paix sereine du début revient\, enveloppant toute la cadence finale dans un balancement très simple et très doux.  \nPolyphonies pour le temps de la Passion \nCantiques pour le temps de la Passion (CD 1\, pistes 12 à 16)  \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Saint Joseph\, époux de la Vierge Marie
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nAprès Notre Dame\, saint Joseph est de tous les saints le plus éminent dans l’ordre de la sainteté. Ce n’est pas de ses œuvres extérieures qu’on le déduit mais du rôle auquel il a été prédestiné. Quand Dieu choisit\, il donne à son élu ce qu’il lui faut\, et ce qu’il lui donne est d’autant plus précieux que sa vocation est plus élevée. Or\, Notre Dame mise à part\, personne n’a été appelé à une plus haute mission que saint Joseph : époux de la mère du Christ\, témoin de sa virginité\, gardien de son honneur\, père nourricier\, père légal du Fils de Dieu qu’il a l’honneur de recevoir à son foyer\, mais dont il a aussi la charge de faire l’éducation en le formant à la connaissance expérimentale et à l’usage des choses de la vie. On pressent de très loin quelles qualités naturelles et surnaturelles lui étaient nécessaires.Saint Joseph fut un saint de la vie cachée. Passés les incidents de la Nativité\, on n’en sait plus rien. Il disparaît. Tellement que l’Eglise ne commence que très tard à le fêter. Ce n’est qu’au Xe siècle qu’on le trouve mentionné dans les martyrologes et sa fête en Occident date seulement du XVe siècle. Aujourd’hui en revanche\, il est fêté deux fois. \nINTROÏT\n« Le juste comme un palmier fleurira. Comme le cèdre du Liban il se multipliera. Planté dans la maison du Seigneur\, dans les parvis de la maison de notre Dieu. » Ps. 41\, 13.La mélodie est des plus contemplatives. De la première à la dernière note\, il n’y a que recueillement. Cet effet est obtenu par une succession de tristropha\, de bivirga et de pressus ; notez comment la mélodie suit le texte sur sicut cedrus Libani\, elle s’élance dans une gracieuse montée. \nGRADUEL\n« Seigneur\, tu l’as prévenu de bénédictions de douceur. Tu as posé sur sa tête une couronne de pierres précieuses. La vie il a demandée\, et tu lui as accordé la longueur des jours dans les siècles des siècles. » Ps. 20\, 4 \nTRAIT\n« Bienheureux l’homme qui craint le Seigneur. Ses préceptes\, il désire ardemment les accomplir. – Puissante sur la terre sera sa race\, la postérité des hommes droits sera bénie. – La gloire et la richesse seront en sa maison\, et sa justice demeure dans les siècles des siècles. » Ps. 111\, 1L’application de cette louange du juste se fait d’elle-même à saint Joseph. Il est bien de ceux qui ont pratiqué la docilité à la volonté de Dieu avec une absolue souplesse et dans cet esprit de révérence filiale qui est la crainte à son plus haut degré de perfection. La mélodie relève de la formule ordinaire des traits du 8e mode\, sans expression particulière. On notera toutefois que le mot ejus arrive toujours avec les motifs principaux. \nOFFERTOIRE\n« Ma vérité et ma miséricorde sont avec lui. Et par mon nom s’élèvera sa puissance. » Ps 88\, 25Dans le psaume\, c’est de David qu’il s’agit. Dieu\, une fois de plus lui donne l’assurance de sa fidélité - c’est le sens qu’il faut donner à veritas - en plus de sa bonté.La mélodie de la première phrase révèle une assurance très marquée qui donne à ses mots de promesse toute leur valeur d’expression. La deuxième phrase est pénétrée d’une joie qui s’exalte\, c’est la promesse de la gloire ; d’où le mouvement plus animé pour éclater dans l’ardente montée du cornu ejus. \nCOMMUNION\n« Joseph\, fils de David\, ne crains pas de prendre chez toi Marie\, ton épouse. Ce qui en effet en elle est né\, est du Saint-Esprit. » Math. 1\, 20Cantiques pour Pâques \n\nCoffret de cantiques\, CD 2\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\n\nEcoutes de pièces  \n\nVecci : motets et messe de la Résurrection\nZelenka : messe de la Résurrection\n\nUnique ! Le coffret contenant tous les fichiers (épîtres\, évangiles et préface) sur 1 CD au format MP3 + tous les textes des épîtres et évangiles enrichis sur 1 CD.
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SUMMARY:Dimanche des Rameaux
DESCRIPTION:La Semaine sainte est le sommet de l’année liturgique. Le répertoire est riche\, beau\, mais tout n’est pas accessible à tout le monde. \n\n\n\nAfin de vous aider dans les choix de répertoire\, nous vous proposons des séquences audio d’explications sur ces cérémonies hors du commun et qu’il convient de bien préparer en tenant compte des capacités de votre chorale. Ces explications sont données pour les 4 grandes cérémonies (Rameaux\, messe vespérale du Jeudi-Saint\, Fonction liturgique du vendredi-saint\, Veillée pascale. \n\n\n\nVous trouverez la partition du Trait du dimanche des Rameaux en polyphonie (avec alternance grégorienne) dans notre base de téléchargement. \n\n\n\nLe livre latin français\, La Semaine Sainte est le guide parfait pour suivre les cérémonies de la Semaine Sainte. \n\n\n\nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n\n\n\nL’office comprend deux cérémonies bien différentes : \n\n\n\nLa bénédiction des Rameaux \, qui commémore l’entrée triomphale de Notre Seigneur à Jérusalem\, et la messe \, qui est toute consacrée à la Passion\, dont le récit de saint Mathieu est élu à l’évangile. \n\n\n\nBÉNÉDICTION DES RAMEAUX\n\n\n\nC’est le titre de cette première cérémonie dans le missel. En fait\, le véritable objet en est l’entrée triomphale de Notre-Seigneur.Dès le IVe siècle\, les habitants de la Cité Sainte commémoraient cet événement. Ils se réunissaient à Bethphagé\, à l’endroit même d’où partit Notre Seigneur. On y lisait un passage de l’exode puis\, dans l’évangile\, le récit de l’entrée à Jérusalem. Après quoi\, l’évêque\, revêtu des ornements pontificaux\, montait sur un ânon et était conduit en cortège à l’église du saint sépulcre où la messe était célébrée. Cet usage\, adopté à Rome vers le IXe siècle passa dans la liturgie occidentale. On y ajouta toutefois la bénédiction des rameaux avant le départ de la procession et l’arrêt à la porte de l’église à la fin. C’est ce que nous avons aujourd’hui. \n\n\n\nCinq parties donc dans la cérémonie : \n\n\n\n\nLE DÉPART\n\n\n\nLA BÉNÉDICTION ET LA DISTRIBUTION DES RAMEAUX \n\n\n\nLA PROCESSION\n\n\n\nL’ARRÊT À LA PORTE DE L’ÉGLISE \n\n\n\nL’ENTRÉE DANS L’ÉGLISE\n\n\n\n\nI. LE DÉPART\n\n\n\nCette première partie est organisées comme la messe des catéchumènes : une antienne d’introït\, l’oraison\, l’épître\, un Répons-Graduel\, l’évangile. \n\n\n\nAntienne d’Introït Hosanna\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nHosanna au Fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des Cieux ! \n\n\n\nHosanna est une acclamation de la langue hébraïque qui veut dire : Sauve. Le sens en est donc ici : Salut au Fils de David ! Peut-être la traduction la plus fidèle serait-elle : Vive le Fils de David !Ce sont les paroles mêmes que les Juifs lançaient avec enthousiasme sur le passage de Notre Seigneur.En même temps qu’il les entendait\, criées par la foule\, il nous entendait\, nous aussi\, les chanter à notre place dans le temps\, de sorte que dans la liturgie qui étend jusqu’à nous l’entrée du Christ à Jérusalem\, elles sont sur nos lèvres une réalité bien vivante. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nLes deux Hosanna\, par leur élan en quinte\, sont une très belle acclamation\, spontanée\, vive\, enthousiaste. Le benedictus est plus tempéré\, surtout dans sa partie thétique\, avec même une nuance de gravité sur in nomine Domini. Le rythme de Rex Israël évoque l’enthousiasme éclatant des grandes foules. \n\n\n\nII. LA BÉNÉDICTION ET LA DISTRIBUTION DES RAMEAUX\n\n\n\nC’est une bénédiction très solennelle\, qui comprend le chant de la Préface et du Sanctus. Elle est suivie de la distribution \n\n\n\nAntienne Pueri Hebraeorum\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nLes enfants des Hébreux\, portant des rameaux d’olivier\, allèrent au devant du Seigneur\, criant et disant : Hosanna au plus haut des cieux !Les enfants des Hébreux\, leurs vêtements\, jetaient sur le chemin et ils criaient disant : Beni celui qui vient au nom du Seigneur ! \n\n\n\nC’est une composition libre dans le sens du texte de l’évangile. Elle est chantée comme une évocation de l’accueil triomphal que les Juifs réservèrent à Notre Seigneur et dans lequel nous allons entrer à notre tour. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle est légère\, joyeuse\, fraîche et elle a le souci de mettre en relief\, dans le cadre restreint de l’antienne\, l’acclamation de la fin. \n\n\n\nIII. LA PROCESSION\n\n\n\nAntienne Cum appropinquaret\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nComme il approchait\, le Seigneur\, de Jérusalem\, il confia une mission à deux de ses disciples : allez à ce village qui est en face de vous et vous trouverez le petit d’une ânesse lié\, et sur lequel aucun homme ne s’est assis : déliez-le et amenez-le moi. Si quelqu’un vous interroge\, dites : le Seigneur en a besoin. Le détachant\, il l’amenèrent à Jésus. Ils posèrent sur lui des manteaux et il s’assit sur lui. Les uns étendaient leurs vêtements sur le chemin\, les autres jetaient des branches d’arbres et ceux qui suivait criaient : Hosanna ! Béni Celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni le règne de notre Père David ! Hosanna au plus haut des cieux ! Aies pitié de nous\, Fils de David. \n\n\n\nC’est un arrangement du texte des Évangiles. L’auteur a pris ici et là\, dans saint Mathieu\, saint Marc et saint Jean\, ce qui convenait. Il a seulement ajouté la dernière phrase\, Miserere nobis\, Fili David. L’Église le chante pour évoquer l’événement historique et pour donner à ses membres\, au moment où il revit devant eux\, d’y entrer\, avec les mêmes gestes et les mêmes sentiments que ceux qui en furent les acteurs. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle est un récitatif orné; mais\, à l’encontre du Répons Collegerunt\, l’auteur ne l’a pas dramatisé. Il n’y a rien qui caractérise nettement ni le récitant ni le Christ. Seul le rôle de la foule est vraiment écrit comme une acclamation; l’Hosanna de la fin en particulier est splendide de grandeur et d’enthousiasme vibrant. \n\n\n\nCe qui est le plus curieux\, ce sont les brusques changements de teneur; la mélodie passe du grave à l’aigu sans transition. Quant elle le fait au changement d’interlocuteur\, c’est d’un très heureux effet; comme entre opus Domino\, dernier mot de Notre Seigneur\, et opus Dominoet solventes\, reprise du récit. Ailleurs\, on est un peu surpris\, encore que\, musicalement parlant\, ce soit très beau. \n\n\n\nIV. L’ARRÊT À LA PORTE DE L’ÉGLISE\n\n\n\nCette cérémonie symbolise l’entrée du Christ et des élus dans la Jérusalem céleste. Le péché en avait fermé les portes. La mission du Christ est de les ouvrir à nouveau. C’est lui qui\, en la personne du Pontife\, se tient à la porte. À l’intérieur\, les Anges le saluent d’un hymne de gloire. À l’extérieur\, les élus qu’Il amène avec lui répondent. À la fin\, son heure étant venu\, il ouvre la porte avec sa Croix et\, accompagné des élus\, passe dans la gloire.Ainsi la cérémonie des Rameaux\, s’élargissant à l’infini\, s’achève\, par-delà la Passion et la Résurrection du Christ\, dans la résurrection de tous ses membres\, uns avec lui\, dans la gloire\, a jamais. \n\n\n\n Gloria laus\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nGloire\, louange et honneur soient à toi\, Roi\, Christ\, Rédempteur; à qui la fleur de l’enfance chante l’Hosanna pieux.D’Israël tu es Roi\, de David noble rejeton\, Toi qui vient\, Roi béni au nom du Seigneur !Toute l’armée angélique te loue dans les hauteurs\, et l’homme mortel\, et toutes les créatures ensembles.Le peuple hébreu au devant de toi avec des palmes vient. Avec notre prière\, notre souhait\, nos hymnes\, nous voici\, nous aussi\, devant toi.À toi qui allait souffrir\, ils offraient le tribut de leurs louanges. Nous\, c’est à toi qui règne maintenant\, que nous adressons ces chant.Ils te plurent. Que te plaise aussi notre dévotion\, Roi bon\, Roi clément\, à qui tout ce qui est bon plaît. \n\n\n\nAinsi\, comme on le voit\, sans que l’auteur l’ait voulu\, ce chant se trouve parfaitement adapté à ce dialogue de louanges entre la terre et le ciel qui glorifie le Christ triomphant. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle est un chef-d’oeuvre\, tout le monde en convient. Le premier verset Gloria laus n’a peut-être pas l’élan qu’on souhaiterait pour l’entrée du Christ et des élus dans les splendeurs de la gloire; aussi bien n’a-t-il pas été fait pour une si grandiose acclamation. Il reste qu’il a quelque chose de fort qui convient bien à un conquérant. Les autres versets sont débordants de fraîcheur et de joie aimante. Une seule phrase\, répétée deux fois; c’est tout simple mais\, incontestablement\, le souffle de l’inspiration y passe. \n\n\n\nV. L’ENTRÉE DANS L’ÉGLISE\n\n\n\nRépons Ingrediente\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nÀ l’entrée du Seigneur dans la cité sainte\, les enfants des Hébreux\, annonçant la résurrection de la vie\,  \n\n\n\n * avec des branches de palmiers en main\, Hosanna\, criait-il\, au plus haut des cieux !Versets. Comme il avait appris\, le peuple que Jésus venait à Jérusalem\, il alla au devant de lui.* avec des branches de palmiers… \n\n\n\nCes paroles sont\, comme les autres\, inspirées de L’Évangile. L’auteur a seulement dégagé\, des rameaux printaniers\, le symbolisme de la vie revenue et de la Résurrection du Christ et de ses membres\, qui est le sens de cette dernière cérémonie. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle n’a pas l’éclat qu’on attend d’une antienne qui chante l’entrée triomphale d’un héros et la victoire de la vie sur la mort. Elle a quelque chose de réservé\, de retenu. Avec de beaux élans toutefois; tels Hebraeorum et Hosanna clamabunt où passe facilement\, si on veut l’y faire passer\, le souffle de l’enthousiasme.Elle a du moins le mérite\, si c’en est un\, de faire la transition entre les hosannas éclatants de la procession et les chants douloureux de la messe qui va commencer. \n\n\n\nLA MESSE\n\n\n\nAprès l’entrée triomphale à Jérusalem\, la PassionToute la messe y est consacrée : l’épître rappelle l’abaissement du Christ\, jusqu’à la mort de la Croix; l’évangile en fait le récit; les chants\, eux\, expriment quelque chose du drame intérieur\, quelque chose des états d’âme par lesquels Notre Seigneur passa au cours de ces heures de souffrance.Encore que l’événement historique occupe toute la scène\, il ne faut pas perdre de vue qu’il revit devant nous sous les rites liturgiques et que les mystères du Christ\, en agonie jusqu’à la fin du monde dans ses membres\, est une réalité. Le sens liturgique devient ainsi très actuel et le drame à toute son étendue et toute sa portée. \n\n\n\nINTROÏT\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nSeigneur\, n’éloigne pas ton secours de moi. À ma défense\, veille. Délivre-moi de la gueule du lion et (garde) des cornes des licornes\, ma faiblesse.  \n\n\n\nPs. – Dieu\, mon Dieu\, regarde moi : pourquoi m’as tu abandonné? Elles me mettent loin de mon salut\, les voies de mes péchés. Ps. XXI\, 20\, 22\, 1. \n\n\n\nLe Psaume XXI est messianique au sens le plus strict\, c’est donc du Christ que David écrivait ces paroles\, encore qu’elles puissent s’appliquer à maintes circonstances de sa propre vie.Le Christ\, en face de la souffrance et de la mort qui sont devant lui et qu’il ne peut éviter\, a peur. Il sent\, dans sa nature humaine\, l’horreur de ce châtiment du péché qui va détruire dans son corps l’oeuvre magnifique de Dieu\, la vie; et il appelle au secours le Père pour qu’il le délivre. Prière de son agonie; prière de ses derniers instants sur la Croix; prière de son éternité\, non pas pour lui qui a fini de souffrir\, mais pour ses membres\, pour son humanité collective qui prolonge sa Passion sur la Terre; enfin\, prière toujours actuelle de cette humanité qui trouve\, dans les mots mêmes dont son Chef s’est servi\, la parfaite expression de ce qu’elle souffre\, quand vient sur elle l’épreuve de la croix. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nLa première phrase est d’une admirable sérénité. Quelques notes dans le grave\, revenant à la tonique en des cadences larges et pleines. Un accent de ferveur sur tuum et une insistance bien marquée sur a me donne à la prière un caractère très personnel\, on dirait bien familial : ton secours à toi\, Père\, pour moi\, ton Fils.Toutefois on pourrait y déceler déjà les premières nuances de l’angoisse qui vient.Celles-ci montent peu à peu sur ad defensionem meam et\, après avoir jailli sur aspice en un cri d’ardente supplications\, passent à la phrase suivante où elles mettent sur libera me une insistance\, répétée jusqu’à être émouvante.Après quoi\, comme si le Christ était épuisé par cet appel de détresse\, sa prière se fait plus paisible. Par deux fois – sur ore et sur a cornibus – le motif de ad me\, dans la première phrase\, revient avec son caractère d’intimité; mais\, à l’évocation des bêtes féroces\, symbolisant toutes les tortures physiques et morales qui viennent sur lui\, il se sent à nouveau envahi d’horreur et de répulsion\, et c’est le même appel ardent et chargé d’angoisse qu’il lance au Père sur humilitatem\, le mot même par lequel il dit sa faiblesse et son impuissance. \n\n\n\nL’idée est la même dans le Psaume. Il faut lui donner le même caractère.Que la première phrase soit très calme; chantée à mi-voix. On donnera un peu de longueur à la première note du podatus de ne; le pressus\, discret.C’est dans l’arsis de defensionem que commencera le crescendo de l’angoisse. Bien accentuer meam\, mais que la tristropha soit délicatement posée. Renforcer la voix sur le torculus et la conduire vers le podatus de aspice dont la première note sera allongée. Il y a là un accent de prière émouvant. La double note de la dernière syllabe est une bivirga épisématique\, la faire sonore\, et quelque peu prolongée.Celle de libera me est aussi une bivirga\, épisématique : lui donner du poids\, avec une délicate répercussion; la prière ici\, toujours ardente\, insiste.Bien appuyer la bivirga\, les épisèmes horizontaux et la distropha. Et revenir peu à peu au calme. Renouveler l’insistance sur humilitatem; la note double pourra être répercutée et celles qui précèdent le quilisma\, allongées. \n\n\n\nGRADUEL\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nTu as tenu ma main droite\, dans ta volonté tu m’a conduit\, et dans ta gloire tu m’a pris.Verset.  – Qu’Il est bon\, le Dieu d’Israël ! Ils ont été presque défaillants\, mes pieds\, ils ont été presque chancelants\, mes pas\, parce que je me suis troublé à cause des pécheurs\, en voyant la paix des pécheurs. Ps. LXXII\, 24\, 1-3. \n\n\n\nLe Psaume LXXII est le chant de reconnaissance d’une âme qui se trouve hors de l’épreuve après avoir presque douté de la sagesse de Dieu\, et qui loue le Seigneur de l’avoir gardée dans sa volonté. L’Église applique ces trois versets au Christ souffrant\, ou mieux au Christ consolé. C’est lui qui déchante ici\, à la fois comme une paraphrase de l’épître et comme un émouvant prélude au récit de la Passion qui va suivre. \n\n\n\nSaint Paul vient de nous dire quelle gloire lui a valu l’abaissement de sa Passion. Cette glorification ne se réalisa extérieurement qu’après Pâques\, et ce n’est qu’à la fin des temps qu’elle aura sa plénitude; mais\, parce qu’il jouissait à tout instant de la vision de la béatification\, son abaissement n’a jamais été tel qu’il ait perdu un seul instant la paix et la joie que\, même aux heures les plus terribles de son épreuve\, elle mettait dans les profondeurs de son âme. S’il a permis\, à certains moments\, que sa sensibilité en fût privée\, les ténèbres et les angoisses qu’il subissait alors n’étaient que passagères; leur part de passion réalisée\, la lumière et la paix y revenaient. Il devait alors sentir en lui un bonheur profond et une reconnaissance infinie pour le Père sage et bon qui\, dans l’épreuve\, l’avait guidé et soutenu. \n\n\n\nC’est ce qu’il chante dans le Graduel; ce que fut la paix de son âme profonde\, tout au long de sa Passion et ce qu’elle est à jamais maintenant dans la gloire. Et c’est aussi ce que nous chantons avec lui; la paix de notre âme dans notre passion\, de notre âme éclairée de la lumière du Christ\, soutenue de sa force\, enveloppée déjà dans la gloire du Père\, vers qui va toute épreuve. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nOn n’y trouve pas de tristesse\, ni d’angoisse\, ni le moindre signe de souffrances ou de lourdeurs d’âme\, mais un mélange de complète satisfaction\, de tendresse et de paix. \n\n\n\nDans la première partie\, le Christ s’adresse au Père. Il ne chante que pour lui. Après l’intonation\, si expressive de bonheur et de tendresse dans son élan discret et la plénitude de ses intervalles\, la mélodie ne se meut que sur quelques notes autour du fa. Elle s’élève un peu sur les verbes qui précisent l’action divine : deduxisti me\, assumpsisti me et c’est tout. Beaux mouvements d’ailleurs\, s’achevant sur me en des cadences délicatement humbles qui laissent inachevées\, parce qu’indicibles\, la reconnaissance et l’amour. \n\n\n\nLe verset. – Le Christ ici ne s’adresse plus au Père; c’est au monde entier qu’Il proclame la bonté divine\, comme s’il ne pouvait contenir sa reconnaissance dans les limites de l’intime contemplation. Le ton est donc tout autre. \n\n\n\nLa première phrase est une exclamation de pure louange. Le Christ laisse sa voix s’élever sur Quam bonus en un élan d’admiration joyeuse et de gratitude; puis\, il enveloppe Deus et rectis corde de longs neumes qu’il étend\, retarde\, multiplie comme s’il les trouvait impuissants par eux-mêmes à exprimer tout ce qu’il a à dire. \n\n\n\nLa seconde commence par les derniers neumes du motif de deduxisti me. Il lui donne tout de suite quelque chose de plus réservé. Aussi bien ce n’est plus de la louange pure : le Christ confie ses épreuves. Toutefois\, même au milieu des souvenirs de ces heures sombres\, il ne peut se départir de la joie que le Seigneur\, en dépit de tout\, lui a gardée. Cette joie réapparaît vite et enveloppe moti sont pedes de la même formule que rectis corde et de la même atmosphère de paix heureuse. \n\n\n\nDans la troisième\, la réserve est plus marquée et elle demeure. La mélodie descend dans le grave tout de suite et ne remonte que sur le motif de dedixisti me et de mei autem\, ramené sur gressus mei.  \n\n\n\nCette gravité désormais ne la quittera plus. Ce n’est pas que la joie ait disparu; elle est partout sous-jacente\, mais l’enthousiasme du début n’est plus. \n\n\n\nLe Graduel finissant sur cet humble aveu\, il semble que l’idée ne soit pas conduite à son terme; on aimerait que la louange vînt à nouveau chanter la reconnaissance. Primitivement\, il en était ainsi. Il y avait au cours du verset une reprise en refrain\, à tour de rôle\, de chacune des phrases de la première partie. Tenuisti après rectis corde; in voluntate après gressus mei \, et cum gloria après peccatorum videns. Ce mélange de contemplation et de louange extérieure donnait au Graduel une merveilleuse unité et un parfait achèvement. \n\n\n\nOFFERTOIRE\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nL’insulte\, il l’attendait\, mon coeur\, et la misère. Et j’ai attendu quelqu’un qui avec moi sympathisât\, et il n’y a eu personne; quelqu’un qui me consolât j’ai cherché\, et je n’ai pas trouvé; et ils m’ont donné pour nourriture\, du fiel; et ma soif\, ils l’ont étanchée avec du vinaigre. Ps. LXVIII\, 21-22. \n\n\n\nLe  Psaume LXVIII est messianique au sens le plus strict. C’est deux versets ont donc en eux-mêmes leur sens liturgique ; il nous livre la plainte qui était au coeur du Christ dans les derniers instants de sa vie. Elle nous arrive ainsi par-delà les âges dans toute sa douloureuse réalité\, mais elle continue d’être la plainte du Christ glorifié; non pas qu’il souffre désormais\, mais il a souffert dans sa Passion de tout ce qui l’atteint aujourd’hui. Il suffit de lire les révélations qu’il a faites à Sainte Marguerite-Marie et à tant d’autres pour s’en rendre compte. Les mots du Psaume qui furent l’expression intérieure de sa souffrance au Calvaire servent encore sa pensée aujourd’hui\, hélas ! \n\n\n\nIl est impossible d’entrer totalement dans cette souffrance des abandons et des mépris; elle fut infinie. Il le faut cependant pour autant qu’on le peut. L’Évangile nous y prépare et la mélodie nous y aide grandement. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle n’est qu’une plainte\, du commencement à la fin. Lourde et comme accablée sur improperium\, elle s’élève peu à peu\, s’intensifie\, s’étale insistante sur cor meum\, puis devient plus puissante et plus aiguë sur miseriam. C’est la plainte des opprobres\, des insultes\, de tout ce qui monte vers lui de la colline autour de la croix\, et des siècles autour de la colline; de tout ce qui le couvre de honte et le submerge comme une eau fétide dont il ne peut sortir. Il n’attend plus rien. Il n’a plus d’espoir. Il n’aura\, jusqu’à la fin\, que la solitude. \n\n\n\nIl a cherché. Et sustinui… et voilà que le souvenir de tout ce qu’il a fait et la vision de tout ce qu’il fera pour avoir ses amis avec lui\, lui revient\, avec la douleur des refus qu’ils lui opposent. La mélodie\, toute entière construite sur des cadences en demi-ton\, devient extrêmement douloureuse. Une insistance très prononcée sur non fuit par un salicus\, un épisème horizontale sur la première note du porrectus\, une répercussion sur le pressus de la cadence\, met en plein relief cette douleur des abandons. \n\n\n\nL’expression est la même dans la phrase suivante sur consolantem me\, mais beaucoup plus forte\, beaucoup plus violente. Sur et non inveni c’est un véritable cri. Il s’achève en une déception découragée tout le long de la descente sur fa. \n\n\n\nCe n’est pas tout. Il y a la contrepartie. Ceux qu’il a cherchés sont devenus ses ennemis et ses bourreaux : et dederunt... la plainte se ranime\, elle insiste – notez la tenue et la répercussion – tant est inconcevable une telle ingratitude; mais elle n’est pas violente cette fois\, seul le dernier mot\, fel –  le mot de l’amertume – a une nuance aiguë nettement marquée. \n\n\n\nC’est l’opposition de la méchanceté des hommes au désir ardent qu’il a eu de les aimer\, qui\, sous l’image du vinaigre offert à sa soif\, provoque l’expression la plus forte\, sur et in siti mea; un cri déchirant\, prolongé sur l’épisème horizontale et qui s’achève sur mea en une descente brusque cette fois mais marquée\, par le pressus\, de tout le poids de la souffrance qui dure. Il ne se renouvelle pas; c’est le dernier. La mélodie aussitôt devient calme. Elle est toujours douloureuse\, mais ne fait que se tenir sur quelques notes autour de la dominante. Aceto n’a pas d’expression forte; ce n’est pas de l’aigreur du vinaigre que le Christ se plaint mais de ce que sa soif n’est ni comprise ni apaisée. \n\n\n\nCOMMUNION\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nPère\, s’il ne peut\, ce calice\, passer sans que je le boive\, que soit faite ta volonté. Matth. XXVI\, 42. \n\n\n\nC’est le mot de l’acceptation soumise qui clôt la scène douloureuse de l’agonie; le mot par lequel le Christ s’offre à l’immolation. \n\n\n\nChanté au moment où les fidèles reçoivent le sacrement qui les transforme dans le Christ immolé\, il garde pour eux le même sens précis. Il est le mot par lequel ils acceptent l’immolation qui vient. Ils se sont offert depuis l’Offertoire\, Dieu les a acceptés; il leur reste à se laisser immoler tout au long des heures et des jours\, par les souffrances\, les épreuves\, les difficultés\, portées comme la Croix du Christ\, dans l’esprit de la Rédemption. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nL’intonation est empreinte d’une grande souffrance. Le Christ est à peine sorti de l’agonie où il a été terrassé par la vision de ce qui l’attend. La vision demeure et le fait trembler encore. Toutefois\, dans cet appel qu’il lance vers le Père\, il n’y a rien de violent. C’est une douleur d’accablement déjà toute pacifiée. Cette impression de paix se développe d’ailleurs tout de suite et prend même\, sur la demi-cadence en sol de hic calix\, une touche de joie intime et profonde. Il y a sur nisi bibam illum\, notamment sur la cadence en si\, un retour de douleur assez marqué\, mais fiat voluntas tua\, qui est le mot de l’acceptation proprement dite\, est d’une admirable sérénité. La mélodie se pose sur la tonique en une cadence ferme et douce à la fois\, et d’une telle plénitude\, que ce n’est plus seulement la soumission qu’elle chante mais c’est la joie profonde du sacrifice. \n\n\n\n\nTrait du dimanche des Rameaux en faux-bourdon\n\n\n\nVoir également les partitions pour le temps de la Passion\n\n\n\nL’hymne Vexilla Regis\n\n\n\n\n\nEcoutes de pièces:\n\nMembra Jesu nostri de Buxtehude\n\n\n\n\n\nCantiques: Jésus Christ monte au calvaire \n\nO Croix dressée sur le monde  \n\n\n\nVive Jésus\, vive sa croix\n\n\n\n\n\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Jeudi-Saint
DESCRIPTION:Le livre latin français\, La Semaine Sainte est le guide parfait pour suivre les cérémonies de la Semaine Sainte. \nCommentaires des pièces des offices de ce jour par Dom Baron.\nLes offices du Jeudi Saint commémorent les événements qui vont de la Cène à la Passion. L’agonie\, les complots\, la trahison sont l’objet des Ténèbres du mercredi soir. La messe du Jeudi matin\, elle\, est consacrée exclusivement à la Cène\, ou\, plus exactement\, à l’Institution de l’Eucharistie et du Sacerdoce. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nPour nous\, notre gloire doit être cherchée dans La croix de Notre Seigneur Jésus-Christ\, En qui est notre salut\, notre vie et notre résurrection. Par qui nous avont été sauvés et libérés. \nPs. — Que Dieu ait pitié de nous et qu’il nous bénisse. Qu’il fasse briller son visage sur nous Et qu’il ait pitié de nous. \nC’est une composition libre inspirée de Saint Paul (Gal. VI\, 14). Au début de cette messe qui commémore la première messe\, l’Église se recueille. Elle contemple le mystère et\, fixant ses pensées sur les conséquences qu’il doit avoir jusque dans les sources de notre activité vitale\, elle se dit à elle-même : pour nous\, c’est dans la croix de Notre Seigneur Jésus Christ\, c’est-à-dire dans son sacrifice\, que nous devons mettre notre souci de gloire. Et cela\, non seulement en le regardant et en le vénérant dans la foi comme l’acte qui nous a sauvés\, mais en y entrant\, en nous offrant\, au cours du sacrifice\, à la vertu transformante du sacrement qui nous fait de plus en plus participer à la nature\, et donc à la gloire du Christ ressuscité\, en qui est notre salut\, notre vie et notre résurrection. Le Psaume s’élève alors comme une prière pour que Dieu fasse le sacrement produire en nous le fruit que nous désirons. \nLA MÉLODIE\nElle a bien dans la première incise ce caractère de profonde réflexion ; elle n’a pas grand mouvement mais insiste sur tous les mots\, notamment sur gloriari oportet dont elle fait une affirmation résolue et solennelle ; notez le salicus\, la clivis épisématique et tout le mouvement de oportet si ferme. Dès que l’idée du sacrifice se présente\, elle se pénètre d’émotion ; une arsis pleine de mesure conduit le mouvement vers le sommet\, où il s’épanouit sur nostri en un accent de ferveur qui se prolonge jusqu’à la fin du nom béni. Il est repris dans la phrase suivante sur les mots qui disent les fruits du sacrifice : salus\, vita\, resurrectio nostra. La dernière phrase est plus intérieure\, si l’on peut dire\, mais la ferveur est toujours là ; elle trouve sur la tristropha de per quem salvati et sur la cadence de liberati sumus une très belle expression de gratitude profonde et aimante. Bien balancer le rythme de gloriari oportet et qu’il soit ferme. Le crescendo de la deuxième incise sera mené délicatement. La double note de nostri est une bivirga épisématique ; elle sera appuyée\, mais il faut veiller à ne pas l’attaquer durement. C’est une ferveur d’amour qu’il faut y mettre. Même recommandation pour celle de vita qui est aussi une bivirga épisématique. Appuyer la première note de per\, afin de la lier à la tristropha. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nLe Christ s’est fait pour nous obéissant jusqu’à la mort\,La mort même de la Croix. \nVerset. — A cause de cela\, Dieu l’a exalté\,Et lui a donné un nom qui est au-dessus de tout nom. Philip. II\, 8-9. \nCes deux phrases évoquent tout le drame de la Rédemption ; l’abaissement du Christ et sa glorification. C’est pourquoi l’Église répète la première partie à la fin de toutes les heures durant les jours saints et y ajoute le verset à la fin des laudes du samedi\, comme la première évocation de la résurrection prochaine. Ici\, après la lecture de l’Epître\, où Saint Paul fait le récit de la Cène\, elle les chante en leur donnant leur sens eucharistique. Elle y voit le Christ prolongeant son abaissement dans le sacrifice de la messe et recevant\, de ce même sacrifice\, la gloire d’être aimé dans l’intime des âmes au point de devenir en elles le principe de toute leur vie. Elle les adresse aussi comme un appel à chacun de ses membres — l’appel de l’exemple — pour qu’ils s’abaissent jusqu’à entrer dans le sacrifice du Christ par le don d’eux-mêmes\, afin de pouvoir un jour entrer dans sa gloire ; le jour où leur sera donnée la manne cachée dont l’Eucharistie est le sacrement\, et le caillou blanc sur lequel sera écrit leur nom nouveau… qui sera au-dessus de tout nom. (Apoc. II\, 17.) \nLA MÉLODIE\nChristus factus est pro nobis obédiens usque ad mortem\, mortem autem crucis. C’est une mélodie type. Nous l’avons trouvée déjà à la fête de Saint Jean l’Evangéliste\, mais ici l’application au texte est si parfaite qu’on pourrait se demander si l’on n’est pas en présence de l’original. La première partie se développe dans une atmosphère de gravité profonde. Il n’y a pas de doute que l’auteur n’ait voulu y symboliser l’abaissement du Christ\, comme il symbolisera dans le Verset son exaltation par des neumes légers\, joyeux\, triomphants\, qui se perdent dans les régions les plus élevées du mode. Toutefois ce n’est là qu’un détail ; ce qui passe à travers cette gravité\, c’est le sentiment de l’Église et de ses membres en face du drame de la Passion et de son prolongement dans le sacrifice eucharistique. L’âme se sent couverte de confusion devant l’abaissement du Christ\, et de contrition aussi\, car elle y est bien pour quelque chose. Elle n’ose élever la voix ; elle chante\, comme repliée sur elle-même\, d’un timbre assombri. Toute la première incise est dans cette atmosphère ; nobis en particulier. Peu à peu la mélodie prend de l’ampleur\, mais c’est la même réserve\, la même retenue\, la même gravité. L’âme est seulement plus émue parce que les détails se précisent : l’obéissance\, la mort\, la mort de la croix\, et elle laisse aller son émotion avec la progression des mots et des images\, de plus en plus atterrée devant cette inconcevable abnégation ; jusqu’à ce que vienne la descente de crucis qui est comme une chute de l’esprit dans le vide\, comme le mot au-delà duquel elle ne trouve plus rien qui puisse dire et l’abaissement du Christ et sa confusion à elle-même. \nLe Verset \n Propter quod et Déus exaltavit illum et dedit illi nomen quod est super omne nomen. \nLa glorification après l’abaissement. La joie\, claire\, exubérante\, triomphale\, pleine d’admiration et d’amour pour le Christ glorifié : pleine de fierté et d’espoir pour nous qui entrerons un jour dans sa gloire. Une intonation pleine de mouvement porte la mélodie sur la tonique où elle se fixe et se développe sur illum et illi en de longs neumes pleins de vie et d’éclat. L’âme y chante à loisir le Christ exalté et sa propre joie à elle-même. Ils s’achèvent sur nomen par le motif de triomphe que nous avons trouvé si souvent au temps de Noël et que nous retrouverons dans quelques jours dans le Graduel de Pâques. Quelques notes de transition amènent la formule finale qui est commune mais qui sert admirablement le mot nomen par l’insistance noble et quelque peu grave qu’elle y met. Le mouvement de la première partie sera assez lent ; disons : grave\, c’est encore le mot. La descente sur nobis sera bien retenue. Un crescendo discret sur obédiens. Bien appuyer la double note du sommet qui est une bivirga. Lier la première note de usque au pressus ; qui sera très expressif ; de même celle de mortem. Donner du poids et un peu de longueur à la double note de autem qui souligne déjà l’abaissement de la Croix. Ne pas faire trop sourde la deuxième note de la clivis de Crucis et lui donner toute sa valeur. Le Verset sera plus dégagé\, vivant et joyeux ; éviter toutefois de forcer le contraste. Bien faire l’accent de exaltavit. La virga qui précède la note la plus élevée de illum sera élargie\, comme tout le mot d’ailleurs. Répercussion légère sur la première note du dernier climacus. \nOFFERTOIRE\nLa droite du Seigneur a fait éclater sa puissance\,La droite du Seigneur m’a exalté. Je ne mourrai pas\, mais je vivrai\,Et je ferai connaître les œuvres du Seigneur. Ps. CXVII\, 16-17. \nC’est le même que celui du IIIe Dimanche après l’Epiphanie. Il n’y a rien à ajouter. Le texte prend seulement\, dans le cadre du Jeudi Saint\, un sens eucharistique. Le Christ y chante sa victoire sur la mort\, son exaltation et sa mission de louange. Mais la merveille que la droite du Seigneur a faite en lui\, ce n’est pas seulement sa Résurrection c’est encore le pouvoir qu’il a de communiquer sa vie. C’est dans cette extension de lui-même par l’Eucharistie\, qui prolonge en quelque sorte son Incarnation\, qu’il est exalté\, qu’il vit encore sur terre et qu’il continue d’y louer Dieu : non moriar sed vivam et narrabo opera Domini. Comme on les entend bien\, ces paroles\, dans l’action de grâces débordante d’enthousiasme qui devait remplir l’âme de Notre Seigneur après la Cène ! Comme elles sont bien à leur place aussi sur les lèvres de l’Église et de chacun de ses membres en pareil jour et à pareil moment ; car\, en vérité\, la droite du Seigneur\, par la vertu transformante de l’Eucharistie\, fait en nous ce qu’elle a fait dans le Christ. Elle nous fait un avec lui ; quelle exaltation ! et nous ne mourrons pas\, mais nous serons avec lui\, vivant à jamais pour l’éternelle louange… »Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang ne mourra pas et je le ressusciterai au dernier jour. » \nCOMMUNION\nLE TEXTE \nLe Seigneur Jésus\, après qu’il eut soupé avec ses disciples\,Lava leurs pieds et leur dit : Savez-vous ce que je bous ai fait à vous\,Moi\, le Seigneur et le Maître ? Un exemple je vous ai donné pour qu’ainsi vous aussi vous fassiez. Jean XIII\, 12-15. \nAu moment de la communion\, dont le fruit sacramentel est l’unité des hommes dans la charité du Christ\, l’Église évoque la scène\, déjà lue à l’Evangile\, où Notre Seigneur s’abaissa jusqu’à être le servant des siens\, et le présente dans cette attitude en exemple à tous ses membres en leur redisant ses paroles mêmes. \n LA MÉLODIE \nLe récitatif est très simple. Après l’intonation pleine de tendre révérence pour le Seigneur\, il s’établit sur un motif de quelques notes trois fois répété\, sur cum discipulis suis\, sur lavit pédes eorum et sur ait illis\, créant autour de cette scène émouvante une atmosphère de mystère empreinte de tristesse déjà. La parole de Notre Seigneur s’élève alors lente\, grave\, toute pénétrée de tendresse\, avec ici et là des accents d’une infinie délicatesse. Notez le pressus de scitis\, la montée de vobis et le motif de l’intonation repris sur Dominus et magister qui\, tout en insistant sur les deux mots\, fait cette fin d’interrogation si simple et si douce. La dernière phrase se déroule dans la même simplicité\, avec le motif du récitatif ramenant une fois de plus\, sur et vos ita\, la tendre sollicitude de Notre Seigneur et Maître. Allonger un peu la première note du climacus de l’intonation et remonter avec grâce sur la double note de Jésu ; c’est une bivirga\, l’appuyer d’un accent de ferveur délicat. Mouvement tranquille tout le long du récitatif. Toute la montée de scitis retenue et enveloppée dans un crescendo très recueilli. La même nuance pour toute la parole de Notre Seigneur. \nPange lingua\nLes grands intervalles montant à la dominante\, les cadences sur sol\, sur ré\, sur mi\, donnent à cette hymne un caractère de grandeur et de noblesse très marqué. Bien veiller à la chanter ici avec une certaine ampleur. Elle doit être un chant de procession\, non pas qu’elle doive en prendre exactement le pas\, mais le mouvement doit être adapté au cortège. \nCantiques eucharistiques \n\nQuelques partitions de cantiques eucharistiques\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Vendredi Saint
DESCRIPTION:Le livre latin français\, La Semaine Sainte est le guide parfait pour suivre les cérémonies de la Semaine Sainte. \nCommentaires des pièces de cette cérémonie par Dom Baron.\nINTROÏT\nL’office comprend quatre cérémonies : les lectures de l’Ancien Testament et de la Passion selon Saint Jean\, les grandes oraisons\, l’adoration de la Croix\, la messe des présanctifiés. \nLes Lectures\nTrait Domine audivi\nHabacuc III\, 2-3. \nC’est un très beau commentaire de la première leçon qui annonce et les miséricordes et le châtiment dont\, au dernier jour\, il frappera le peuple qui refuse de les recevoir. Les formules mélodiques sont celles du IIe mode\, avec quelques particularités amenées par le texte ou le contexte.— Seigneur\, j’ai entendu ta parole et j’ai eu peur. J’ai considéré tes œuvres et j’ai été épouvanté. L’intonation\, qui est celle de tous les traits du IIe mode commençant par Domine (Cendres\, Mercredi Saint)\, est une humble supplication. Notez le mot tuum\, très en relief par la distropha et la tristropha\, et la formule de considéravi ; elle ne se trouve généralement que dans les derniers versets\, mais elle va bien ici avec le sentiment qui pénètre tout le texte.— Au milieu de deux animaux tu te manifesteras\, quand les années seront arrivées ; quand les temps seront accomplis\, tu te montreras de nouveau. Ce verset ne se trouve pas dans la Vulgate\, il est de la traduction des Septante. La tradition a toujours vu dans la première partie une évocation de l’âne et du bœuf de la crèche de Bethléem. L’auteur du Trait le voyait certainement ainsi\, car il a évoqué innotescéris une des formules du Graduel de la Messe de minuit\, celle de Doino\, dans le Verset. Notez à nouveau\, sur tempus\, la grande formule de consideravi\, avec la même expression\, bien à sa place sur lemot qui annonce le jugement dernier. — En cela alors mon âme sera troublée. Dans ta colère\, tu te souviendras de ta miséricorde. — Dieu viendra du Liban\, et le Saint\, de la montagne ombragée et boisée. La grande formule de Déus demeure dans la même expression et aussi la grande formule de monte\, pour la troisième fois entendue. — Elle couvrira d’ombre les cieux\, sa majesté ; et de sa louange\, pleine sera la terre. La première partie de ce verset reproduit exactement le motif de Dies et la vocalise de illuxit nobis et de lux magna du verset de l’Alléluia de la Messe du jour de Noël ? C’est d’autant plus frappant que\, là et ici\, il s’agit des cieux qui s’ouvrent pour l’avènement du Christ : premier et second avènement ! \nTrait Eripe me Domine\nPs. CXXXIX\, 2-10\, 14. \nIl fait suite à la lecture du passage de l’Exode sur l’institution de la Pâque ordonnée par Dieu à Moïse. C’est la figure précédant la réalité dont le récit sera fait à l’Évangile\, mais c’est à la réalité qu’il s’applique\, au Christ souffrant dont il est la prière angoissée. Les formules musicales sont généralement très expressives. — Délivre-moi\, Seigneur\, de l’homme méchant ; de l’homme indigne\, délivre-moi. Belle supplication sur Eripe me ; la même que sur Déus meus\, le Dimanche des Rameaux. — Ils ont médité leur malice dans leur cœur ; tous les jours ils ont comploté leurs attaques. La formule de cogitavérunt rend bien « lactivité incessante de comploteurs\, tout en demeurant pénétrée de souffrance ? Notez l’insistance sur corde. — Ils ont aiguisé leurs langues comme celles des serpents ; le venin de l’aspic est sous leur langue. Acuérunt\, très en relief. — Garde-moi\, Seigneur\, de la main des pécheurs ; et des hommes iniques\, délivre-moi. La mélodie partant du fa donne à la prière quelque chose de vif qui fait un heureux contraste avec la longue plainte qui précède.5. — Ils n’ont pensé qu’à me renverser ;Ils ont caché\, les orgueilleux\, un piège pour moi. — Et des filets\, ils ont tendu devant mes pieds ;près du chemin\, ils ont mis de quoi me faire tomber.7. — J’ai dit au Seigneur ; Tu es mon Dieu\, exauce\, Seigneur\, la voix de ma prière. Bel accent de confiance sur meus es tu.8. — Seigneur\, Seigneur\, qui es la force de mon salut. Couvre ma tête au jour du combat. Même accent de confiance sur meae.9. — Ne me livre pas contre mon désir au pécheur. Ils ont formé des projets contre moi ; ne m’abandonne pas de peur qu’ils ne s’en glorifient. La prière s’intensifie et devient sur ne tradas me une admirable supplication.10. — La tête de ceux qui sont autour de moi\, que le travail de leurs lèvres la couvre (de honte).— Mais les justes loueront ton nom. Ils habiteront\, les justes\, devant ta face. Notez la brillante expression de tuo\, confiante et tendre\, et la grande formule sur recti qui prend\, sur cette vision de béatitude\, une nuance de joie. \nAdoration de la Croix\nEcce lignum\nVoici le bois de la Croix sur lequel le Salut du monde a été suspendu. Venez\, adorons-le. L’Église\, par le prêtre\, présent au monde la Croix rédemptrice en quelques mots très simples\, sur une mélodie grave\, qui se nuance d’humble repentir et de commisération pour les souffrances du Christ. La réponse du peuple est dans la même atmosphère d’humble contrition. Toutefois chacun des mots a son expression propre. Venite est résolu comme le mouvement spontané de l’âme qui répond au geste du prêtre. C’est en même temps une sorte d’invitation. Le départ sera décidé\, vigoureux et tout l’arsis aura une ferveur qui se concentrera sur la note qui précède le quilisma\, laquelle coïncide d’ailleurs avec l’accent tonique. Par contre\, la thésis sera paisible\, élargie. Elle dessine par sa courbe l’attitude du corps qui se prosterne et de l’âme qui s’anéantit devant le Christ en Croix\, confuse\, repentante et soumise\, dans la douleur qui lui cause les souffrances qu’il a endurées et ses propres péchés\, qui les lui ont values. Dans cette attitude d’humble prostration adorémus sera chanté doucement dans un mouvement très souple et très recueilli. \nImpropères\nCe sont les reproches que le Christ adresse au peuple juif. C’est donc lui qui est en scène\, et c’est lui que les chantres\, la schola\, toute l’assemblée représentent\, quand ils chantent tout à tour les versets. Rien de plus légitime ; nous sommes le Christ qui continue et nous avons\, à ce titre\, le droit de parler en son nom aux Juifs. Mais\, en même temps qu’aux Juifs\, le Christ\, à travers nous\, s’adresse à nous. Ce qu’il a fait\, il l’a fait pour nous tout autant que pour le peuple hébreu. De quelle Egypte ne nous a-t-il pas tirées ? De quelle manne ne nous-a-t-il pas nourris ? Vers quelle terre promise ne nous conduit-il pas ? Et ne trouve-t-il pas souvent en nous une ingratitude qui dépasse la leur ? Chacun des trois premiers versets est suivi d’une invocation\, en grec et en latin\, au Dieu Saint\, au Dieu fort\, au Dieu Immortel\, laquelle s’achève par un appel à la miséricorde. Il est assez normal d’y voir le cri des Juifs repentants\, et le nôtre\, et celui de tout le monde chrétien\, répondant aux doux appels du Christ crucifié. Popule meus. — Mon peuple\, que t-ai-je fait ? En quoi t’ai-je contristé ? Réponds-moi. Cette interrogation constitue le prélude et va devenir le refrain de tous les impropères. Le ton n’en est pas un ton de reproche ; le mot est trop fort de beaucoup. La mélodie est grave\, triste\, mais pénétrée d’une telle tendresse ! C’est une question que le Christ\, délicatement\, pose à son peuple\, pour savoir si\, comme inconsciemment — qu’il veuille bien excuser le mot —  il ne l’aurait pas\, en quelque façon\, froissé lui-même. Cette tendresse\, qui est prête à s’accuser\, pour se faire attirante\, est partout dans cette admirable phrase. De la cadence si douce de Popule meus\, elle s’élève lentement sur quid feci tibi et s’épanouit\, sur le pressus et la clivis allongée\, en un accent de délicate insistance. La même question\, ardente cette fois\, monte sur in quo contristavi te\, puis\, tout enveloppée de patiente douceur\, redescend le long de la thésis sur des rythmes clames\, paisibles\, qui glissent\, serrés les uns contre les autres\, sans heurt\, de peur qu’un rien de dur ne vienne compromettre l’œuvre de miséricorde. C’est le Christ doux et humble de cœur qui chante là. La douleur y est aussi\, mais\, baignée dans la tendresse\, elle ne se laisse voir que juste ce qu’il faut pour toucher de compassion le cœur du coupable. Quia eduxi te de terra Aegypti. — Parce que je t’ai tiré d’Egypte\, tu as préparé la Croix à ton Sauveur. Ici\, le reproche est formel\, et d’autant plus\, qu’il se fait à la façon d’une antithèse ; l’ingratitude de la passion et de la croix venant s’opposer au bienfait passé remis en mémoire ; mais la mélodie\, qui est exactement la même\, enveloppe le reproche de la même bonté. Le Christ ne reprend que pour exciter et repentir\, et toujours il le fait avec une extrême délicatesse\, délicatesse de l’amour qui veut la miséricorde plus que le sacrifice. C’est cet amour qui met son accent sur le pressus de eduxi\, sur la cadence de te et\, s’il faut bien coir une nuance de reproche sur la cadence finale de Salvatori tuo\, il faut la voir baignée de douceur\, d’une douceur maternelle. Agios o théos. — Dieu Saint\, Dieu fort\, Dieu immortel\, aie pitié de nous. Le peuple touché de repentir\, crie vers la miséricorde. Supplications ardentes. Mêmes dans les deux premières\, l’ardeur est bien marquée ; notez les deux pressus. Elle prend tout sa puissance d’intercession dans la troisième ; la mélodie\, établie sur la dominante\, emporte la prière en un crescendo ininterrompu jusqu’au sommet de eléison où elle prend\, sur le pressus\, un accent d’intense ferveur ; elle rebondit sur la clivis allongée en descendant et s’achève\, sur la cadence commune\, en une dernière pression. Quia eduxi te per desertum. — Parce que je t’ai conduit à travers le désert quarante ans durant et que je t’ai nourri de la manne et que je t’ai introduit dans une terre excellente ; tu as préparé une Croix à ton Sauveur ! Même mélodie\, même expression. Le développement nécessité par la longueur du texte amène deux incises nouvelles qui s’achèvent en des cadences d’une douceur plaintive\, émouvante\, sur cibavi te et optimam. Quid ultra debui facere tibi et non feci. — Qu’est-ce que j’aurais dû faire pour toi et que je n’ai pas fait ? Moi-même\, je t’ai planté comme ma vigne la plus précieuse\, et tu es devenue pour moi plus qu’amère. C’est avec du vinaigre que tu as apaisé ma soif et d’un coup de lance tu as percé le côté de ton Sauveur. Dans l’ensemble l’expression demeure la même. Il y a peut-être plus de douleur\, un peu partout ; une douleur de déception. Elle est très vive sur vineam speciosissimam et sur et tu facta es mihi nimis amara\, marquée surtout par les rythmes binaires des thésis. Il faut évidemment chanter ces versets lentement ; les accents bien légers avec des crescendo discrets et avec un grand souci d’expression\, sans forcer en rien les nuances. Les formules psalmodiques des versets qui suivent\, beaucoup plus simples\, ne sont pas moins expressives. L’atmosphère de miséricordieuse bonté est d’ailleurs entretenue d’une façon fort heureuse par la répétition de Popule meus après chacune d’elles. Il faut mettre très en relief l’antithèse des ego et des et tu. \nAntienne Crucem tuam\nTa Croix\, nous l’adorons\, Seigneur\,Et ta sainte Résurrection nous louons et glorifions. Voilà en effet qu’à cause du bois de la CroixVient la joie pour le monde entier.Ps.— Que Dieu ait pitié de nous\, et qu’il nous bénisse ;Qu’il fasse briller son visage sur nousEt qu’il ait pitié de nous. Elle est chantée au moment où la Croix\, après avoir été vénérée\, est déposée au milieu de l’autel. C’est l’adoration collective après l’adoration individuelle. L’atmosphère est toute autre la glorification du Christ en Croix commence. La tristesse a disparu. Ce n’est pas encore la joie éclatante ; mais les accents de triomphe se font déjà entendre très nets. La première incise reproduit exactement l’intonation du Te Déum. Le reste est assez commun\, aux antiennes du IVe mode et plutôt contemplatif. Il faut noter toutefois Le beau mouvement qui chante a nuance delà joie sur vénit gaudium. Chanter dans un bon mouvement\, avec un rythme vien marqué\, et ferme sur la cadence finale. \nHymne Pange lingua\nLa première phrase est un chant de triomphe enthousiaste et joyeux. La seconde est plus réservée sans que le caractère triomphal ait disparu. La troisième quia reproduit emprunte au texte vénération et tendresse. \nHymne Vexilla Régis\nChant de triomphe encore ; il est moins éclatant que le précédent\, mais ce serait une erreur que d’en faire un chant de deuil et de mort. Le chanter avec enthousiasme\, dans un rythme très marqué\, et dans une sonorité puissante. Polyphonies \n\nPolyphonies classiques pour la Passion \nCantiques pour la Passion\nChant de la Passion selon saint Jean\n2e répons de la fonction liturgique en polyphonie\n\nEcoutes de pièces  \n\nBUXTEHUDE : Membra Jesu nostri\n\nLe chant de la Passion selon saint Jean Disponible dans le coffret des Matines des Jours saints.
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SUMMARY:La Veillée Pascale
DESCRIPTION:Le livre latin français\, La Semaine Sainte est le guide parfait pour suivre les cérémonies de la Semaine Sainte. \nCommentaires des pièces de la Vigile pascale par Dom Baron.\nIntroduction\nL’office comprend sept cérémonies différentes : la bénédiction du Feu nouveau\, la bénédiction du Cierge Pascal\, les Prophéties\, la bénédiction des Fonts Baptismaux\, les Litanies\, la Messe\, les Vêpres. Il n’y a de chant collectif que pour les Traits entre les prophéties\, les Litanies\, la Messe et les Vêpres. \nL’Avant-Messe\nCantique Cantemus\n1. — Chantons au Seigneur\, car il a fait éclater sa gloire : Le cheval et le cavalier il a précipités dans la mer.2. — Il est mon Dieu et je l’honorerai\, le Dieu de mon Père et je l’exalterai.3. — C’est le Dieu qui brise les guerres\, Seigneur est le nom qui lui convient. Exode XV\, 1-2.C’est le cantique de Moyse après la traversée de la Mer Rouge. Notre louange reconnaissante rejoint\, à travers les siècles\, celle des Hébreux délivrés et chante le Baptême\, qui était figuré dans le passage à travers les eaux. Pour tous les traits\, les formules musicales du VIIIe mode sont sans aucune expression particulière. \nCantique Vinea facta est\n1. — Une vigne fut faite pour mon bien-aimé sur un lieu élevé et fertile ;2. — et d’une haie\, il l’a entourée\, et il a creusé autour\, et il y a mis du plant de Sorec\, et il a bâti une tour au milieu.3. — Et il a fait un pressoir. Or la vigne du Seigneur des armées\, c’est la maison d’Israël. Isaïe V\, 1-2.Ce cantique d’Isaïe paraphrase la prophétie qui annonce le lieu de fraicheur et de paix qu’est le Ciel et l’Eglise. La vigne aimée est symbole de l’Eglise et de l’Eucharistie qui en est la vie et vers laquelle tendent tous les désirs des catéchumènes. \nCantique Attende caelum\n1. — Ecoute\, Ciel\, et je parlerai ; et que la terre aussi écoute les paroles de ma bouche.2. — Qu’il soit attendu comme la pluie\, mon discours\, et qu’elles descendent comme la rosée\, mes paroles ;3. — Comme l’eau sur le gazon et comme la neige sur l’herbe des champs ;Car le nom du Seigneur je vais célébrer.4. — Rendez hommage à notre Dieu. Dieu\, ses œuvres sont vraies et toutes ses voies justes.5. — Dieu est fidèle\, en lui pont d’iniquité ;Juste et saint est le Seigneur. Deutéronome XXXII\, 1-4.Ce n’est que le prolongement de la prophétie qui vient d’être lue dans laquelle Moyse donne au peuple ses recommandations après qu’il a eu fini d’écrire la loi. \nCantique Sicut servus\nComme le cerf désire les sources d’eau\, Ainsi soupire mon âme après toi. Elle a soif\, mon âme\, du Dieu vivant. Quand viendrai-je et paraitrai-je devant la face de mon Dieu ? Elles ont été pour moi\, mes larmes\, mon pain jour et nuit\, Lorsqu’on me disait à longueur de jour : où est ton Dieu ? Ps. XLI\, 2-4.C’est le chant des catéchumènes exprimant une dernière fois leur ardent désir du Baptême\, qui leur donnera le Christ consolateur de toutes les souffrances. Il est la conclusion de tant de prières\, lues\, dites et chantées depuis que la Septuagésime a ouvert la période de préparation. A celle-ci\, comme à toutes celles qui ont précédé\, nous avons à nous joindre\, afin que la grâce du Baptême se renouvelle abondante en nous. \nLitanies\nC’est le chant le plus simple qui soit. Il a en lui-même son expression de prière. \nLa Messe\nAlleluia\nIl est très discret. Bien qu’il soit le chant depuis longtemps attendu et désiré et qu’il exprime la joie de Pâques qui nous presse\, il faut lui garder sa discrétion. Tout au plus un crescendo à chaque élévation de la voix. \nConfitemini\nLE TEXTECélébrez le Seigneur parce qu’il est bon\, Parce que éternelle est sa miséricorde. Ps. CXVII\, 1. C’est une invitation que l’Eglise adresse aux nouveaux baptisés et à nous qui avons renouvelé la grâce de notre baptême. Elle n’a pas besoin d’être commentée. L’Epître\, en un mot\, lui donne sa raison d’être et son sens : « vous êtes morts et votre vie est cachée en Dieu et lorsque le Christ\, votre vie\, apparaîtra\, vous apparaîtrez\, vous aussi\, dans la gloire… » C’est assez de notre résurrection\, dans le Christ ressuscité\, pour faire éclater notre reconnaissance joyeuse et inviter tout le monde à louer avec nous la miséricorde éternelle de notre Dieu. LA MÉLODIEElle a bien le caractère d’une invitation. On le sent dès le premier mot qui est tout en élan et qui a\, sur la distropha et la virga répercutée\, quelque chose de pressant. La joie n’est pas encore éclatante mais elle est là\, ardente\, partout\, baignée de tendresse sur Domino\, sur quoniam bonus et sur éjus\, dans le rythme souple et gracieux des distrophas et des clivis répercutées. \nTRAIT\nLE TEXTE 1. — Louez le Seigneur\, toutes les nations\, et louez-le ensemble\, tous les peuples.2. — Parce que est confirmée sur nous sa miséricordeet que la vérité du Seigneur demeure éternellement. Ps. CXVI\, 1-2.Invitation à la terre entière cette fois. C’est l’Eglise\, c’est nous qui invitons\, sachant ce que nous savons de la miséricorde qui est venue sur nous par la grâce de notre Baptême. LA MÉLODIECe sont les formules toutes simples du VIIIe mode\, mais il va de soi qu’il y passera\, sans qu’on ait besoin de rien faire\, toute la joie du Baptême\, et de l’Eucharistie qui vient. \nLes laudes\nAntienne Alleluia\nUn seul mot dit tout : joie. Joie pleine plutôt qu’exubérante. Joie de l’Eucharistie ; joie de la première Communion des catéchumènes\, et de la nôtre aussi\, renouvelée. La chanter dans un mouvement assez large mais très joyeux. \nAntienne Vespere autem Sabbati\nLa nuit du Sabbat\,Quand commence à s’éclairer le premier jour après le Sabbat\, Vinrent Marie-Madeleine et l’autre Marie pour voir le Sépulcre. Alleluia. Simple récit qui nous place dans le mystère de la Résurrection à l’heure même où il va se réaliser. L’intonation est commune au VIIIe mode mais\, sitôt qu’elle est lancée\, une joie légère et fraîche enveloppe les mots\, en se balançant sur les podatus allongés de lucéscit et de in prima. On la retrouve sur vidére\, qui est le mot important\, encore qu’elle n’ait à aucun instant quitté la mélodie. Ite missa estAlleluia. Alleluia. Ici\, la joie éclate\, comme la conclusion enthousiaste du premier acte du mystère pascal et comme le prélude des autres qui vont se dérouler dans la variété des Alleluia cinquante jours durant. Cantiques pour Pâques \n\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\nPolyphonies pour Pâques\n\nEcoutes de pièces \n\nZelenka : messe de la Résurrection\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Dimanche de Pâques
DESCRIPTION:Le livre latin français\, La Semaine Sainte est le guide parfait pour suivre les cérémonies de la Semaine Sainte. \nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nINTROÏT\nLE TEXTE\nJe suis ressuscité et encore avec toi je suis\, Alleluia. Tu as posé ta main sur moi\, Alleluia. Admirable s’est montrée ta science\, Allelauia\, Alleluia. \nPs. — Seigneur\, tu m’as éprouvé et tu m’as connu\,Tu savais (à l’avance) mon coucher et mon réveil. Ps. CXXXVIII. 18\, 5\, 6\, 1\, 2. \nLes trois versets du Psaume CXXXVIIIe n’ont en eux-mêmes aucune relation\, directe ou indirecte\, à la Résurrection ; le psalmiste chante la science parfaite de Dieu\, sa providence\, son infinie puissance ; c’est tout. Mais l’auteur de l’office\, avec une sagesse profonde et un art admirable\, les a mis sur les lèvres u Christ au moment précis où\, vivant à nouveau\, il se retrouve corps et âme\, en présence de son Père. Il en a fait ainsi une des antiennes pascales les plus émouvantes. Notre Seigneur les avait bien des fois prononcés au cours de sa vie\, et\, avec sa science infinie\, il leur avait sans doute donné ce sens\, que le Saint Esprit inspirerait un jour à celui qui serait chargé de composer le drame liturgique de sa Résurrection. Peut-être furent-ils vraiment ses premiers mots de ressuscité… En tout cas\, ils expriment admirablement ce que dut être son premier hommage d’amour au Père qu’il retrouvait. « Je suis ressuscité… » Le Christ prend conscience de la vie qui pénètre à nouveau son corps\, il retrouve la parole ; son premier mot est celui de tous les miraculés : je suis guéri…je suis ressuscité… Et tout de suite après : « je suis encore avec toi… » le mot chargé de tendresse par lequel l’Humanité Glorieuse du Christ dit au Père sa joie de le retrouver. Pas un instant l’âme de Notre Seigneur n’avait cessé de voir le Père face à face\, mais son corps\, lui\, avait été bien mort\, séparé de son âme trois jours durant ; en en reprenant possession l’âme l’associait à nouveau à sa vision : c’est dans ce sens que vraiment le Christ retrouvait son Père. « Tu as posé ta main sur moi… » La reconnaissance\, après la joie du revoir. Tu as posé ta main sur moi pour me conduire le long des voies que tu savais les meilleures pour la réalisation de l’œuvre que tu m’as confiée\, pour me ramener vers toi\, l’ouvrage fini. Elle fut lourde parfois ta main\, et douloureuse en ces derniers jours : mais de la savoir sur moi\, mettait\, au fond de mon âme\, la paix et la joie. « Admirable s’est montrée ta science… » Si à certaines heures\, pris de peur\, je chancelais sous l’épreuve\, toit tu voyais\, tu savais ce que tu me demandais\, où tu me conduisais\, moi et le évènements et le monde et tous les hommes de tous les temps. Je vois si bien les merveilles de ta sagesse. Je les ai rachetés\, les hommes\, je les ai bien à moi\, je les vois tous dans les siècles passés et dans ceux qui viennent et\, les ayant bien présents à ma pensée\, enveloppés en moi comme mes membres qui vont me prolonger\, me continuer\, me donner toute ma taille dans le monde\, je te les présente et\, à l’avance\, je te dis pour eux le mot qu’ils te diront un jour : Resurréxi ; je suis ressuscité\, Alleluia. Ainsi faut-il comprendre cette parole du Christ au matin de sa Résurrection. Dans le drame liturgique qui renouvelle devant nous le mystère\, elle garde tout son sens. Le Christ\, par la voix de ceux qui chantent\, la redit et chacun\, conscient du renouvellement de vie reçu par le Baptême et l’Eucharistie\, se joint à lui\, disant sa reconnaissance pour la résurrection spirituelle\, une fois de plus réalisée et\, à l’avance\, pour l’autre qui\, en tout semblable à celle du Christ\, nous portera corps et âme au Père pour être avec lui à jamais. Resurréxi et adhuc tecum sum… Alleluia \nLA MÉLODIE\nElle est proprement indéfinissable. Des mots murmurés par le Christ qui s’éveille\, entre les pierres du tombeau\, dans le silence de l’aube. Contemplation de l’âme qui les chante au Père qu’elle rejoint\, elle aussi\, dans l’élan de sa vie renouvelée. Elle n’a pas d’éclat\, très peu de « mouvement ». C’est comme un récitatif orné qui se déroule dans une atmosphère de paix\, d’intimité\, de reconnaissance\, de tendresse\, de joie pleine. Mélodie d’extase\, « l’extase de Dieu en Dieu… l’écho\, traduit en langage créé\, de la “conversation” qui se tient dans la trinité ad intra. Pour la chanter il faut pouvoir en toute vérité : Ego in te Pater\, et tu in me. (Moi en toi\, Père\, et toi en moi). Elle est de quelqu’un qui est du Père et qui se déverse dans le Père ». (Dom J. Galard. Revue Grégorienne 1924. P. 64). Cette paix extatique\, se nuance toutefois avec les mots. L’intonation est développée d’une joie délicate\, simple\, spontanée et d’une sénérité admirable ; joie de réveil\, joie de revoir. Elle s’attarde cette joie en un accent de tendresse sur la tristropha et va doucement en suivant seulement les mots\, vers la fin de l’incise. Elle se complaît un instant sur sum puis se pose\, paisible\, sur l’Alleluia en des rebondissements légers qui l’amènent à la finale. Elle a trouvé là\, dans la délicatesse du demi-ton et dans ce qu’a d’inachevé cette cadence du IVe mode\, ce qu’il lui faut pour s’exprimer… autant qu’elle le peut. Même joie paisible et sereine dans la seconde phrase. Mais\, ici\, la main qui se pose est partout ; ferme et appuyée\, sur la double note de posuisti\, douce sur les tristrophas des autres mots. De ces valeurs longues\, répétées quatre fois sur el fa\, résulte une ligne mélodique\, très évocatrice à la fois de l’autorité du Père et de l’immobile contemplation dans laquelle son Fils l’adore et l’aime. Rien de dur d’ailleurs\, rien qui s’impose ; la main paternelle ne faisait que conduire avec amour\, même lorsqu’elle pesait ; de là cette atmosphère d’affectueuse reconnaissance et de joie profonde dans laquelle le souvenir en est ramené. L’Alleluia qui clôt cette deuxième phrase\, très douce\, très retenu\, et comme prolongé par le pressus et le porrectus\, est tout à fait extatique pour peu qu’on en soutienne la dernière note ;« Après un long silence\, le Seigneur\, comme s’éveillant et reprenant conscience de Lui-même\, murmure dans un mouvement d’admiration et d’amour “Oui ! Vraiment vos œuvres sont admirables”\, mirabilis facta est sciéntia tua\, ». (Dom J. Gajard loc. cit. et Revue Grégorienne. 1946. P.65)Quel splendide mouvement ! Il s’élève sur les intervalles pleins et sonores du VIIIe mode qui prennent dans le grave je ne sais quoi de profond\, comme une plénitude de joie\, s’épanouit un instant sur la tristropha et la cadence de facta est\, puis\, en un bel élan\, met en plein relief sciéntia tua\, le mot de la Sagesse divine. Après quoi\, les trois Alleluia se balancent\, très doux — les manuscrits l’indiquent expressément : leniter\, doucement — et le grand calme de la contemplation divine peu à peu rejoint le silence. Le Psaume\, alors\, monte léger\, baigné de joie\, lui aussi\, mais toujours dans la même atmosphère d’inaltérable paix. Le moindre éclat\, la moindre recherche d’effet enlèverait à cette admirable antienne toute sa valeur. « Chantez cet Introït largement\, sans lourdeur toutefois\, presque à mi-voix\, sans grandes nuances\, dans une tonalité plutôt basse. On voit quel contre-sens ce serait de le chanter à grands cris et de le « monter » beaucoup pour lui donner de l’ »éclat » sous prétexte que c’est Pâques. Chantez-le enfin en ne pensant qu’à Celui qui parle et aux choses qu’il dit\, et vous verrez. » (Dom J. Gajard. Revue Grégorienne. 1946. P.65) Que tout soit très lié\, très fondu et bien vivant. Faites les accents de Resurréxi et de técum bien au lever\, légers et arrondis de façon que la voix retombe doucement sur la syllabe de adhuc. Soulevez la virga de l’Alleluia de la fin de la première phrase afin que la retombée sur la tristropha soit souple. Bien appuyer la bivirga de posuisti\, mais faire douces toutes les tristrophas de la seconde phrase ; retenir le punctum qui précède le pressus du dernier Alleluia\, balancer le dernier neume et prolonger la dernière note. Un bon temps de silence\, très marqué. Reprise a tempo sur mirabilis\, mais sans presser ; bien arrondir le torculus de sciéntia\, retenir tout le neume de la dans l’avant-dernier Alleluia et faire le dernier très souple et bien retenu. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nVoici le jour que le Seigneur a fait. Exultons et réjouissons-nous en lui.Verset. — Louez le Seigneur car il est bon\, car éternelle est sa miséricorde. Ps. CXVII\, 24\, 1. L’Introït a mis devant nous ce qui s’est passé entre le Christ et son Père dans l’intimité du premier revoir\, le Graduel est la réaction du monde devant le miracle et le mystère révélé. La révélation vient d’en être faite à l’Epître « Notre Pâque a été immolée : le Christ. Mangeons-la donc dans la sincérité et la vérité. » Ce n’est pas seulement le fait de la Résurrection que Saint Paul nous présente dans ces quelques mots\, mais le prolongement du mystère dans nos âmes\, par l’Eucharistie qui nous donne de vivre nous-mêmes une vie de ressuscités. La réaction qui s’en suit\, va dépasser\, elle aussi\, le fait du jour; elle va être la joie de voir le Christ triompher de la mort\, certes\, mais aussi la joie de sentir en nous sa vie de ressuscité nous pousser\, à travers notre vie et notre mort\, vers notre propre résurrection. L’auteur de l’office a choisi pour exprimer cette joie deux versets du Psaume CXVII. Ce Psaume\, composé sans doute pour la dédicace du second Temple\, fit ensuite partie du Hallel ; six psaumes qui se chantaient aux grandes fêtes de l’année : Pâque\, la Pentecôte\, la fête des Tabernacles\, et la fête de la Dédicace. Il est fait de refrains chantés par la foule et de solos réservés au Chef de chœur ou à divers personnages. L’Haec Dies est l’un de ses refrains. Le choix qui en a été fait pour Pâques est des plus heureux. Voici les jours que le Seigneur a faits… Le Seigneur a fait tous les jours\, mais il en a fait quelques-uns qui sont comme des centres vers lesquels\, emportés par le temps\, les autres vont. Tels furent le jour de la sortie d’Egypte\, le jour où Dieu se choisit le peuple Juif pour son peuple et lui donna la loi sur le mont Sinaï\, le jour de la dédicace du Temple. Tous ces jours mémorables allaient toutefois vers un jour plus central : le jour où le Christ\, vainqueur de la mort et de Satan\, rétablirait les hommes dans leurs droits à la vie éternelle : Pâques. Jour central entre tous\, Pâques n’est cependant pas le dernier ; lui aussi\, dans la succession des ans va vers le jour après lequel il n’y aura plus d’autre\, le jour qui ne finira pas parce qu’en lui sera réalisée la plénitude des temps\, le jour où le Christ avec tous ses membres\, ressuscités à leur tour\, aura réalisé la gloire que le Père attend de la création. C’est ce jour-là que le Seigneur a fat vraiment car tous les autres ne sont que pour lui. Toutefois\, parce que dans la Résurrection du Christ est le germe de toute résurrection et de toute gloire\, Pâques est\, plus qu’aucun autre d’ici la fin du monde\, le jour que le Seigneur a fait. Le verset Confitémini\, lui\, semble avoir été réservé à un chœur qui\, tout au début du Psaume\, lançait l’invitation à louer la divine miséricorde. Louez le Seigneur car éternelle est sa miséricorde… Eternelle au sens le plus strict du mot. Pas un instant Dieu n’a cessé\, depuis toujours\, de nous avoir dans sa pensée avec le désir de nous faire du bien. Depuis la création sa miséricorde est penchée sur le monde\, poussant les hommes et les peuples au Christ\, les fixant en lui\, les sauvant\, les ressuscitant en lui. Chacun peut dire\, pour autant qu’il le sait\, ce qu’elle a été pour soi\, sans pouvoir dire ce qu’elle sera car cela passe les prévisions et les mots. Nous devrions en être conscients à tout instant. C’est pour que nous le soyons davantage que l’Eglise nous fait dire ce verset si souvent dans l’office\, mais\, après la Passion et dans la lumière de la grâce pascale qui nous illumine\, nous sentons mieux tout ce que nous devons à la Miséricordieuse Bonté de notre Dieu ; et le verset du Psaume est vraiment le cri du coeur qui spontanément monte aux lèvres. Les chanteurs jouent dans un double rôle dans ce Graduel. Ils sont dans l’Haec Dies\, l’Eglise toute entière qui dit sa joie et dans le Confitémini\, les ministres qui invitent le peuple à redire sans cesse sa louange au Seigneur dans les reconnaissance et l’amour. \nLA MÉLODIE\nC’est celle des Graduels types du IIe mode\, mais ici\, comme dans le Graduel de la Messe de minuit\, l’auteur a composé\, pour le début\, un motif original merveilleusement adapté à la joie de Pâques. Ce motif va jusqu’à Dominus\, là\, il se soude comme naturellement à une formule commune au IIe et au Ve mode\, laquelle fait la transition à la mélodie classique. C’est d’abord un mouvement de joie légère qui\, de la clivis initiale où il prend élan\, s’enroule\, plein de souplesse et de vie\, autour du la. Un nouvel appui sur la première note du podatus le lance jusqu’au do et\, tout de suite l’enthousiasme\, qui déjà pénétrait les enroulements des premiers neumes\, devient vibrant. Par la plénitude de l’arsis\, l’articulation de la consonne\, la force de l’accent tonique\, la tristropha\, il enveloppe le mot dies dans un souffle d’exaltation qui ne va plus cesser\, emportant tout\, entrainant tout\, dans un rythme admirable\, net\, scandé\, ardent comme le chant d’une foule en liesse ; notez les deux doubles notes de fecit amenées par les podatus de quam\, les rythmes binaires et la tristropha qui élargissent le mouvement\, enfin cette cadence sur do qui sonne comme un branle de cloches. Ainsi se trouve mise en un splendide relief cette exclamation de joie qui est vraiment le mot du jour. Les deux autres phrases ne sont plus\, à proprement parler\, une exclamation de bonheur mais plutôt une invitation à la joie. La mélodie sert fort bien l’ardeur communicative des mots. L’envolée spontanée\, fraiche de Exsultémus qui se détend en un balancement si gracieux tout au long de la thésis est vraiment une exultation. Et laetémur\, a été revêtu d’un motif original très heureux qui le met en évidence par une délicate nuance de gravité qui prépare l’admirable vocalise de in ea sur laquelle l’âme chante à loisir\, et avec un peu plus d’ampleur vers la fin\, le jour qui se déroule.. ;et celui qui ne finira pas. \nLe Verset. \nIci encore\, toute la première phrase est originale. C’est l’invitation à la joie qui continue\, mais dans une ardeur et un enthousiasme qui ne se rencontrent pas une seule autre fois dans l’année. Et c’est bien ainsi car il n’y a pas non plus un autre jour comme Pâques ; c’est le jour que le Seigneur a fait. Sitôt posée l’intonation — qui est celle des graduels types du IIe mode — l’âme laisse déborder sa reconnaissance sur le nom divin qu’elle vient de rencontrer : Domino. Elle s’y complaît en une vocalise qu’elle retient sur les notes les plus élevées du mode et où l’on perçoit\, déplus en plus marqués\, les accents de tendresse qui évoquent la joie émue du revoir ; notez les notes allongées et les climacus\, très retenus eux aussi\, de la fin. Cette joie attendrie qui continue d’abord sur quoniam\, au début de la phrase suivante prend bientôt l’accent pathétique extraordinaire\, on peut bien dire unique : un mouvement\, montant par degrés conjoints\, retenu\, mesuré\, qui soudain bondit d’une quinte jusqu’au sol aigu\, puis redescend délicatement sur bonus où il s’étend\, s’élargit\, se retient\, s’achève enfin comme à regret dans le calme et la douceur revenus. Sur ces mots\, si riches de sens pour elle\, l’âme a pris conscience de tout ce qu’elle doit à la miséricorde divine et ne pouvant retenir le cri de sa reconnaissance\, elle le lance au monde de toute ses forces puis revient à nouveau se perdre toute émue\, dans la contemplation paisible du Christ infiniment bon. Ivresse de joie\, « ivresse de l’état de grâce ». La mélodie alors se soude aux formules communes qui\, comme dans la première partie\, donnent aux mots une très belle expression de joie exultante — c’est le motif de exsultémus celle-ci peu à peu se fait recueillie et contemplative à mesure que s’évoque à nouveau le mystère de l’Eternelle Miséricorde. « Donnez à tout le début un mouvement général très vif\, alerte\, joyeux — régulier\, bien entendu ! Dans la plupart des chœurs\, cette intonation est toujours trop lente\, trop lourde\, trop pesante. C’est évidemment un contre-sens\, et les c (celeriter) des manuscrits sont éloquents. — et cette allure joyeuse ne doit être interrompue par aucune des tenues qui se rencontrent par exemple sur fecit et Dominus. « Rythmez » bien. Les deux doubles do de fecit ne se ressemblent que matériellement ; rythmiquement\, c’est-à-dire réellement\, ils sont tout différents ; le fécit forme un rythme composé dont l’accent fé est l’arsis\, laquelle se repose sur le double do thétique de cit. Essayez ; vous verrez tout ce que ce simple détail technique donne de vie à ces deux neumes\, si souvent exécutés de façon pesante et morte ! C’est cet élan de fé qui doit informer la vocalise de cit et commander même la reprise arsique ré-mi (dont chaque note doit conserver sa pleine valeur de temps). Quant à Dominus\, il sera chanté évidemment dans un grand\, ample et enthousiaste crescendo\, où doit passer toute l’âme ». (Dom J. Gajard. Revue Grégorienne. 1946. P. 61.)On veillera à ce que le climacus de Haec ait bien sa valeur de trois temps simples. La double note de fé dans fécit est une bivirga allongée\, bien l’appuyer\, tout en lui donnant son caractère arsique. Dans la seconde phrase\, lier\, par dessus le quart de barre\, la première incise de exsultémus à la seconde. La double note qui suit le pressus de mus est une bivirga. Ralentir mus dans laetémur. Que la vocalise de la soit très liée\, très souple\, progressivement retenue ; la cadence finale aura quelque peu d’ampleur. Le verset sera un peu plus rapide\, mais toujours très rythmé. Les climacus de Domino\, très retenus et très expressifs. Le début de quoniam\, paisible. Dans la montée\, un crescendo bien mené ; s’appuyer sur la note pointée pour atteindre sans heurt la double note du sommet\, laquelle sera sonore et ardente\, retenir la descente sur la dernière syllabe. Bonus très élargi et très souple. Quoniam in saéculum sera rapide et joyeux. Dans la dernière formule de la finale\, — qui sera très élargie — bien répercuter le premier do du podatus marqué d’un épisème vertical. \nALLELUIA\nLE TEXTE\nNotre Pâque à nous a été immolée : le Christ. I Corinth. V. 7.C’est le mot central de l’Epître\, mais\, sorti de son contexte\, il n’est ici qu’une exclamation joyeuse que les fidèles\, après avoir chanté la grandeur du jour et l’infinie miséricorde du Seigneur\, se redisent les uns aux autres comme l’expression de leur bonheur profond. \nLA MÉLODIE\nElle est\, comme celle du Graduel\, toute pénétrée de joie\, mais c’est une autre joie. Trois motifs\, exposés une première fois dans l’Alleluia et son jubilus\, repris et développés dans le cours du verset\, ramenés enfin sur le dernier mot\, en constituent la trame. Le premier\, celui de l’Alleluia\, est une sorte d’appel sur les notes fondamentales du mode : sol\, la\, si\, ré : introduction à la joie. Le second\, qui prend la première incise du jubilus\, d’abord broderie légère e prolongée sur ré mi\, descend en rythmes souples et retenus sur la tonique qu’il atteint par un pressus bien posé sur le la : expression d’un bonheur paisible\, recueilli\, profond. Il est repris dans l’incise suivante et développé ; la broderie y est la même mais la descente à la tonique est plus retenue encore\, le mouvement se pose un instant sur le si et brode sur le do avant d’atteindre le la et le sol. Le troisième\, qui forme la dernière incise\, est une retombée gracieuse du ré au fa\, en passant par une double broderie sur le sol\, rebondit sur la cadence classique du VIIIe mode : joie de plénitude : l’âme se délecte dans la possession de son bien. Dans le verset\, Pascha nostrum est un développement de la broderie du deuxième motif qui s’achève en une cadence sur le si après l’avoir marqué déjà de deux touches légères : joie simple\, délicate\, pleine de fraicheur mais qui\, par les notes allongées et plus encore par la cadence en demi-ton enveloppe de tendresse nostrum : notre Agneau Pascal\, celui qui nous a sauvés\, tous et chacun de nous\, et qui demeure nôtre à jamais et à tout instant dans le plus intime de nous-mêmes. Vient alors le mot central : Immolatus. La fin du second motif est reprise à la quarte supérieure\, amplifiée par les deux climacus\, qui en font d’ailleurs le rythme différent\, et rendue plus expressive par la distropha et la cadence sur ré. Cette variation du second motif est allongée d’une sorte de coda qui la relie à la forme originale en une cadence sur sol. Il y a alors comme un rebondissement qui évoque le premier motif\, et le tous s’achève en une longue cadence sur la tonique. De cet assemblage savant\, rien ne paraît\, tout est unifié dans une admirable vocalise qui va\, vient\, monte\, descend\, se repose\, rebondit sans jamais vouloir finir\, semble-t-il… précisément parce qu’elle est l’expression de quelque chose qui n’a pas de limite ; la joie de la contemplation. L’âme prise par le mot\, par l’idée\, par le mystère de cette immolation dont la phase douloureuse est achevée\, voit l’Agneau Immolé dans sa gloire de Ressuscité\, dans l’Eucharistie qui le fait vivre en elle\, et par deà le temps\, dans la liturgie de l’éternité où elle-même\, avec son corps ressuscité\, elle louera un jour à jamais…et elle le chante\, éperdument. A la reprise du chœur\, les trois motifs sont ramenés\, concrétisant sur Christus toutes les nuances de la joie pascale : jubilation\, plénitude\, délectation. « La vocalise de l’Alleluia\, avec son début très appuyé dans les manuscrits et ses grands intervalles\, gagnera plutôt à un tempo assez large\, avec des nuances bien marquées sur la magnifique finale\, donnée dans un grand rallentendo\, accompagné d’une sonorité vocale aussi chaude que possible. » (Dom J. Gajard. Loco cit\, 63) Il faut en effet\, ici comme dans le Graduel\, se défier de l’enthousiasme\, de la sonorité\, de la légèreté aussi : un bon mouvement mais calme\, ordonné : c’est une joie\, à la fois exubérante et profonde\, et la profondeur\, presque partout\, domine. Bien faire l’accent de Pascha soulevé et arrondi. Les épisèmes de nostrum ne sont que des nuances délicates d’expression ; les faire légers et dans le mouvement. Graduer Laforce sur le début de Immolatus en appuyant bien la virga pointée de façon à arrondir le sommet\, les climacus\, très souples\, une répercussion très légère sur la clivis jointe à la distropha. On pourrait élargir un peu le salicus qui précède le quart de barre et prendre là\, mais délicatement\, un peu de souffle\, si c’est nécessaire. Elargir les cinq premières notes de tus et reprendre un peu de mouvement sur les autres\, tout en menant le grand ralenti de fin de phrase. Reprise a tempo sur Christus. Faire très retenue et très chaude la grande retombée du troisième motif et bien balancer la cadence finale. \nSEQUENCE\nLE TEXTE\nA la victime pascale\, que des louangesIls immolent\, les Chrétiens. L’Agneau a racheté les brebis. Le Christ innocent\, au PèreA réconcilié les pécheurs. La vie et la mort en un duelEtrange s’engagèrent. Le Chef de la vie tué\, règne vivant. Dis-nous\, Marie\,Ce que tu as vu sur la route. Le sépulcre du Christ vivantEt la gloire\, j’ai vue\, du Ressuscité\,Les anges témoins\,Le suaire et les vêtements. Il est ressuscité\, le Christ mon espéranceIl précédera es siens en Galilée. Nous savons que le Christ est ressuscitéDes morts\, et vraiment. Toi\, de nous\, Roi vainqueur\, aie pitié. Amen ! Alleluia! Ce poème n’a besoin d’aucun commentaire. On en remarquera seulement le caractère dramatique. Il se compose en fait de trois parties ; un prélude chanté par le chœur\, versets 1\, 2\, 3 ; le dialogue entre les Apôtres et Marie-Madeleine\, versets 4\, 5\, 6\, 7 ; la finale chantée par le chœur. \nLA MÉLODIE\nLa joie qui est partout\, revêt dans le prélude une certaine gravité. Le dialogue par contre est ravissant de simplicité et de fraîcheur. La conclusion est d’abord une envolée pleine d’enthousiasme sur scimus Christum surrexisse : elle devient une affirmation forte\, très appuyée sur a mortuis vere et s’achève par une pièce ardente sur : tu nobis Victor Rex miserére. Il faut chanter dans un bon mouvement et bien rythmer\, avec des accents lancés et légers. Le dernier verset doit être triomphal\, a mortuis vere très retenu et la prière finale bien priante. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nLa terre a tremblé (de peur) et est demeurée tranquille\, lorsqu’il s’est levé pour le jugement\, Dieu. Alleluia. Ps. LXXV\, 9\, 10. Il semble bien que ces deux versets\, dans le Psaume\, ont trait à la destruction des 185 000 hommes de l’armée de Sennacherib par l’Ange du Seigneur. (IV. Reg. XIX\, 35 — Isaïe. XXXVII\, 36.) Ce n’est toutefois qu’une image poétique car il n’y eut pas en cette affaire de tremblement de terre mais quel silence de mort\, ce matin-là\, sur le camp !L’Eglise en fat ici l’application à la Résurrection. Application heureuse. Au moment où le Christ est sorti du tombeau\, la terre a bien tremblé puis est redevenue tranquille sous les gardes renversés ; et\, dans un sens c’est bien pour le jugement que le Fils de Dieu s’est levé\, car ce premier acte de son triomphe l’établit dans son état de juge et porte en soi la condamnation de tous ceux qui ont travaillé et travailleront à détruire son œuvre\, jusqu’au jour de la sentence. Toutefois\, c’est moins comme une évocation du drame historique qu’en une sorte de contemplation que l’église chante cet Offertoire. Elle ramène ses souvenirs\, de la victoire éclatante de l’Ange sur les Assyriens à celle du matin de Pâques où les Anges encore gardent le tombeau vide et les soldats atterrés ; puis\, passant les siècles\, elle voit toutes les interventions divines qui ont prolongé celle-ci et pressent\, dans l’avenir\, celles qui suivront jusqu’à ce que la dernière se fasse\, elle aussi\, dans le fracas des mondes renversés et dans la paix des Cieux Nouveaux et de la Terre Nouvelle : Pâque Eternelle vers laquelle vont toutes les Pâques. \nLA MÉLODIE\nElle ne décrit pas le tremblement de terre : c’est plutôt le calme qui suivit qui pourrait être évoqué dans la longue thésis de Quiévit. C’est une mélodie toute de paix\, intérieure\, contemplative. Elle s’anime un peu dans la deuxième phrase. L’âme trouve une expression à sa joie dans la belle arsis aux rythmes binaires de resurgeret qui conduit le mouvement en une sorte d’apothéose à la tristropha du sommet. Il y a là comme un épanouissement\, puis le mouvmenet rebondit\, solennel et grandiose\, sur in judicio\, et va s’achever sur une cadence aimable et gracieuse du Ier mode\, qui enveloppe Déus de tendresse heureuse. La mélodie redevient alors tout baignée de paix sur l’Alleluia\, se balançant en des rythmes qui se répètent\, harmonieux et douc\, jusqu’à ce qu’elle s’achève comme ç regret\, sur la cadence mystique du IVe mode. « Tout ceci demande un tempo très large\, soulignant bien chacun des détails\, mais aussi une voix vibrante\, toute pleine d’admiration\, de reconnaissance et d’amour. »(Dom Gajard\, loc. cit. p.64)Le crescendo de la première phrase partira de trémuit et sera mené avec discrétion vers la double note de et où il s’épanouira sans heurt. De même\, ceux de la seconde phrase. On appuyera bien la première note des deux premiers podatus de resurgeret et de celui de in ; le punctum de di dans judicio doit être traité comme une virga épisématique\, la voix s’y posera bien de façon à attaquer doucement le pressus. Les rythmes si gracieux de la dernière incise de l’Alleluia\, qui ne font que développer ceux de la fin de la première seront très liés. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nNotre Pâque à nous a été immolée : le Christ\, Alleluia. C’est pourquoi\, mangeons avec les pains azymes de la sincérité et de la vérité. Alleluia\, Alleluia\, Alleluia. I Corinth. V\, 7. C’est encore le mot de Saint Paul dans l’Epître. Il prend seulement quelque chose de plus actuel\, de plus vivant au moment où l’agneau immolé est réellement mangé dans l’Eucharistie. Ce n’est pas en effet comme une recommandation qu’il faut entendre ici ces paroles mais comme une sorte de refrain que les fidèles chantent dans la joie de leur âme unie au Christ en sincérité et vérité. \nLA MÉLODIE\nElle est du commencement à la fin ravissante de joie légère. Quelques nuances de tendresse délicate soulignent nostrum et immolatus est dans la première phrase. Itaque\, est légèrement élargi au début de la seconde pour attirer l’attention sur les conseils qui vont suivre\, mais la joie demeure\, un plus retenue toutefois. On notera les deux porrectus de epalémur qui l’amènent dans le grave\, mais comme ceux de azymis\, ce sont des ondulations à peine marquées\, fluides et gracieuses qui doivent conduire le mouvement vers le premier podatus de veritatis où il s’épanouit. « C’est avec le triple Alleluia final\, splendide de ligne\, avec un développement mélodique et rythmique\, qui doit fondre en un seul tout cette merveilleuse acclamation\, d’un souffle puissant et d’une immense allégresse ». (Dom Gajard : loc. cit. p62)Que le mouvement soit alerte et léger. L’accent tonique de Pascha sera bien soulevé et arrondi. Ralentir légèrement le climacus devant le quilisma de immolatus. Mais ne pas élargir la cadence de cette première phrase. Par contre\, Ita dans Itaque sera retenu et appuyé ; les trois notes sur fa sont trois virgas et les deux premières sont épisématiques. Un crescendo et un accelerando délicats conduiront le mouvement vers ve de veritatis qui sera bien affirmé. Les Alleluia seront pris dans un mouvement plus large ; le premier\, piano\, le second en crescendo\, le troisième\, très fort ; la première note du podatus de le allongée\, le sommet arrondi\, et la cadence très scandée. Cantiques pour Pâques \n\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\nPolyphonies pour Pâques\n\nEcoutes de pièces \n\nZelenka : messe de la Résurrection\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Le Lundi de Pâques
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nINTROÏT\nINTROÏTLE \nTEXTE \nIl vous a introduits\, le Seigneur\,Dans la terre où coulent le lait et le miel\, Alleluia. Que la loi du SeigneurToujours soit dans votre bouche. Alleluia. Alleluia. Ps. – Louez le Seigneur et invoquez son nom\, Annoncez parmi les nations ses œuvres. Ps. CIV\, 1. \nCes paroles ne se trouvent pas textuellement dans l’Ecriture mais elles sont inspirées des versets 5 et 9 du ch. XIII de l’Exode… Moyse là s’adresse au peuple et lui dit : « Lorsque le Seigneur t’aura introduit dans la terre du chananéen… terre où coulent le lait et le miel\, tu célébreras\, ce mois-ci\, ce rite sacré (la Pâque) … et ce sera comme un signe dans ta main et un monument devant tes yeux afin que la loi du Seigneur soit toujours dans ta bouche. »La terre de Chanaan\, si riche qu’elle fût\, n’était que la figure du Royaume de Dieu : l’Eglise et le Ciel\, lieu de la Béatitude. En cette terre spirituelle où coulent les richesses inénarrables de la grâce et de la gloire\, les nouveaux baptisés ont été introduits le Samedi-Saint par le Baptême et l’Eucharistie. C’est d’abord à eux que l’Eglise s’adresse. Notons qu’aux premiers siècles\, et encore à l’époque de Saint Grégoire\, pendant toute la semaine de Pâque\, ils étaient aux premiers rangs de l’assistance vêtus de l’aube blanche de leur Baptême. Elle constate avec eux que le Seigneur a tenu la promesse qui leur fut faite tant de fois au cours du Carême : il les a introduits dans la terre de Bénédictions (Le fluentem lac et mel est une allusion – et elle était alors très claire pour tout le monde – au breuvage de lait et de miel\, qui était donné aux nouveaux baptisés\, aussitôt après leur communion) et elle en tire la conséquence : Que la loi du Seigneur soit désormais toujours sur vos lèvres.Mais en même temps qu’à eux\, l’Eglise s’adresse aussi à nous car\, en participant au mystère pascal\, nous avons été réintroduits dans le Royaume\, et si nous y étions déjà\, nous avons été amenés\, plus avant dans cette terre mystérieuse où il est donné de goûter de plus en plus les ineffables suavités divines. \nLA MÉLODIE \nElle n’est certainement pas une simple constatation faite sur un ton d’indifférence officielle\, mais le sentiment qu’elle exprime ne saurait être absolument précisé. On peut l’entendre sur un ton grave ; l’intonation et le début de la seconde phrase s’y prêteraient assez. Mais il est tout aussi légitime d’y découvrir un accent de douceur aimable et de voir comme un sourire d’accueil\, empreint de paternelle bonté\, sur les lèvres et dans les yeux du Pasteur qui parle. Cette seconde interprétation\, sans s’imposer\, semble plus dans l’atmosphère de la joie pascale et concorde peut-être mieux avec l’ensemble de la mélodie.Cette aimable bienvenue\, répandue sur les neumes\, tous retenus et très liés\, de l’intonation\, prend un peu de chaleur dans la montée de terram fluéntem puis se revêt de douceur délicate sur lac et mel où se trouve évoqué le breuvage symbolique qui accompagna la première réception de l’Eucharistie le samedi précédent\, et toutes les délectations de la grâce et de la gloire qui suivront.La deuxième phrase se trouve bien\, elle aussi\, de cette atmosphère cordiale. La mélodie enveloppe Domini de tendresse\, insiste sur semper et\, après une retombée délicate sur sit\, rebondit sur vestro en un neume plein de grâce\, dans la même nuance de douceur simple et paternelle.Les Alleluia ramènent alors la mélodie à la tonique dans la plénitude de leurs intervalles.Le psaume est une invitation à louer le Seigneur et à proclamer ses œuvres ; la formule du VIIIe mode lui donne quelque chose de vif qui convient bien à l’enthousiasme des jeunes baptisés.Si l’on choisit la seconde interprétation\, il va de soi que la voix ne devra pas être poussée mais avoir une certaine onction.Toute l’intonation sera quelque peu retenue. Le punctum de am dans terram est une virga épisématique dans les manuscrits\, il faut le bien poser\, arrondissez bien le motif de fluéntem ; faites la distropha de mel douce\, la répercussion délicate et la retombée sur le pressus\, fluide\, mais tout cela dans le mouvement.Reprenez a tempo au début de la seconde phrase ; faites l’accent de Domini levé et arrondi et liez ni à semper qui sera retenu légèrement.GRADUELC’est encore l’Haec dies. Le jour est prolongé ; la joie reconnaissante aussi…Le début du verset est différent : Dicat nunc Israël au lieu de Confitémini. Au fond\, l’idée est la même\, et l’expression aussi\, car les deux verbes sont à l’impératif : invitation à louer la miséricorde infinie du Seigneur. Quant à la vocalise si expressive de Domini dans le Confitémini\, elle garde ici tout son sens et toutes ses nuances sur Israël\, le nom du fils chéri\, devenu celui du Peuple Choisi puis celui de l’Eglise. Il est appliqué ici plus particulièrement aux nouveaux baptisés et à ceux qui ont renouvelé la grâce de leur Baptême\, avec toute la tendresse de l’Eglise pour ses nouveau-nés. \nALLELUIA \nLE TEXTE \nL’Ange du Seigneur descendit du Ciel Et s’approchant roula la pierre et s’assit dessus. Math. XXVIII\, 2. \nSimple récit mais qui n’est pas ici une annonce du miracle. L’Eglise se le chante à elle-même et au monde pour en faire l’expression à la fois de sa joie et de sa louange au Christ Ressuscité. \nLA MÉLODIE \nUn beau chant très lié. Il n’exprime pas de sentiment particulier mais une atmosphère de joie très calme. L’auteur semble avoir été plutôt préoccupé de faire une mélodie descriptive ; descendit évoque sans aucun doute le vol descendant de l’Ange. Sans se laisser aller à la fantaisie\, on peut aussi voir\, dans revolvit lapidem\, une sorte d’harmonie imitative de la pierre qui roule. Ce motif étant celui de l’Alleluia et de la reprise du chœur\, toute la pièce en reçoit un caractère très pittoresque.L’Alleluia et son jubilus sont légèrement retenus dans les manuscrits ; de même le climacus de descéndit et dans la second phrase accédens revolvit lapidem qui reproduit l’Alleluia : mais veillez bien\, en les élargissant\, à garder le legato. \nOFFERTOIRE \nLE TEXTE \nL’Ange du Seigneur descendit du Ciel et dit aux femmes :Celui que vous cherchez est ressuscité comme il l’a dit\, Alleluia.C’est une combinaison des versets 2\, 5 et 6 du chapitre XXVIII de Saint Mathieu… Il est à interpréter dans le même sens que l’Alleluia ; comme l’expression de la joie et de la louange de l’Eglise. \nLA MÉLODIE \nCette mélodie se trouve aussi adaptée à l’Offertoire Posuisti de la Messe Laetabitur du Commun d’un martyr non Pontife. Il est impossible de déterminer laquelle des deux est l’originale. Elle a été plus tard adaptée à nouveau à l’Offertoire Assumpta est de l’Assomption.C’est un chant très orné\, dans une atmosphère de joie calme\, paisible\, contemplative qui s’exalte par moment avec les mots\, selon que les images sont plus brillantes ou que le cœur s’échauffe de reconnaissance et d’amour.Angelus Domini développe d’une grâce exquise la vénération de l’Eglise pour e messager du Seigneur. Descéndit\, ici encore\, décrit la descente de l’Ange\, mais cette fois de caelo n’est pas ans le mouvement thétique\, c’est au contraire une splendide arsis sur les notes élevées ; évocation\, sans aucun doute\, des hauteurs célestes. Muliéribus reçoit aussi un revêtement somptueux et qui s’apparente de très près à celui de caelo.Quem quaéritis tranche par son caractère thétique et marque très heureusement l’entrée en action de l’ange. Le mouvement s’anime sur resurréxit et s’éclaire d’une joie délicate\, extrêmement gracieuse qui prend de l’ampleur et je ne sais quoi de grandiose sur sicut dixit. Alleluia.Cette mélodie à la fois légère\, solennelle et brillante demande une grande souplesse de voix et de rythme ; la chanter fort serait la défigurer. Le tempo en sera assez large ; on ne se pressera pas\, mais on sera très vivant. Les crescendo\, pris de loin\, ne seront jamais poussés.On arrondira les sommets de Angelus et de Domini. Descéndit sera chanté sans effort\, glissant comme un vol d’ange ; le do qui précède le quart de barre sera quelque peu allongé ; la remontée\, très came\, de même la descente de caelo. La triple note de dixit est une trivirga dont les deux premières sont allongées\, il faut bien les appuyer ; il y a là une nuance qui remet en relief l’importance du message de l’ange. Posez bien la cadence sur sol de muliéribus.Un bon temps de silence\, puis chantez avec beaucoup de calme la parole de lange\, la première note des climacus bien posée\, faites surréxit très souple\, sans le presser.Le crescendo de sicut dixit se continue dans l’Alleluia presque jusqu’à la fin. C’est sur ce dernier mot que la joie revêt le plus d’éclat\, faites-le enthousiaste et gracieux à la fois. Les deux torculus de la fin seront très élargis et la dernière note prolongée\, après avoir été doucement posée. \nCOMMUNION \nLE TEXTE \nIl est ressuscité\, le Seigneur\,Et il est apparu à Pierre\, Alleluia. Luc XXIV\, 34.Ce verset\, choisi sans doute à cause de la station qui était à Saint-Pierre et de l’Epître qui est le témoignage de l’Apôtre au Christ ressuscité\, n’a aucun rapport avec la communion. Il est seulement\, l’expression de la joie de l’Eglise qui loue le Seigneur des merveilles de sa résurrection. \nLA MÉLODIE \nA part l’intonation et l’Alleluia\, elle est\, à quelques détails près\, la reproduction de la dernière incise de la Communion de la Messe de minuit : ante luciferum génui te. Très belle adaptation d’ailleurs. Une arsis\, marquée d’une joie pleine de fraîcheur\, s’épanouit sur les notes élevées de Dominus avant de descendre en une révérence gracieuse sur la dernière syllabe. Apparuit Petro n’est qu’une cadence enveloppée dans la joie générale ; mais elle a sur la double note de ru quelque chose de ferme qui dit fort bien la certitude de l’affirmation. La joie se prolonge sur les longs neumes de l’Alleluia\, noble\, gracieuse toujours et plus contemplative maintenant qu’elle n’a plus qu’à louer sur le mot qui dit  tout.Il faut lui donner un mouvement allègre et très vivant. Retenez les quatre dernières notes de Dominus\, appuyez fermement\, sans la heurter\, la double note de apparuit qui est une bivirga épisématique. L’Alleluia sera un peu plus retenu et très lié. Balancez avec grâce la dernière incise.  \nCantiques pour Pâques \n\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\nPolyphonies pour Pâques\n\nEcoutes de pièces \n\nZelenka : messe de la Résurrection\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Quasimodo
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron. \nINTROÏT\nLE TEXTE \nComme des enfants nouveau-nés\, Alleluia Devenus raisonnables (spirituels)Un lait sans mélange désirez Alleluia\, Alleluia\, Alleluia. \nPs. – Acclamez Dieu\, notre secours\, Acclamez le Dieu de Jacob. I Petr. II. 2. – Ps. 80. 2. \nCes paroles de Saint Pierre contiennent sous les dehors d’une aimable comparaison\, toute la doctrine de la Vie Eternelle. Lorsque nous recevons le Baptême\, nous recevons\, par la vertu même du sacrement\, quelque chose de la vigueur surnaturelle qui tenait son intelligence et sa volonté fixées sur le Père et le Saint Esprit dans la contemplation et l’amour. Cette vigueur nous pousse\, nous aussi\, à demeurer avec les divines Personnes et à vivre leur vie qui est de s’aimer : c’est la grâce sanctifiante agissant par la Foi\, l’Espérance et la Charité ; force vitale nouvelle qui s’ajoute à celle que nous avons reçue par nature et qui fait que vraiment\, au sortir du Baptême\, nous sommes « comme des nouveau-nés ». Quasi modo géniti infantes.Cette puissance de vie n’est au débit que très faible. Pour se développer\, elle a besoin d’être nourrie d’une nourriture substantielle et adaptée. Ce lait spirituel\, l’Eglise le présente sous deux formes : la Parole divine et l’Eucharistie. C’est à chacun de le prendre et de l’assimiler. « Etant devenus spirituels\, nés à la vie de l’Esprit du Christ\, désirez la vraie et solide nourriture » : sine dolo lac concupiscite.Il n’y a pas de doute que ce texte ne s’adressât autrefois aux nouveaux baptisés. La veille ils avaient quitté la robe blanche de leur baptême et\, à cette occasion\, il leur avait été lu à l’Epître de la messe. En ce dimanche où\, pour la première fois\, ils prenaient place dans la vie de la communauté chrétienne\, l’Eglise tenait à le répéter comme un conseil maternel à leur adolescence qui commençait.Il  va de soi que ce conseil garde pour nous tout son sens et demeure toujours opportun. Par le renouvellement ou l’augmentation de vie qui nous est donné chaque année à Pâques\, nous sommes\, nous aussi\, d’une certaine façon\, des nouveau-nés\, et\, étant toujours en croissance dans le Christ jusqu’à ce que la mort fixe notre taille\, nous devons avoir de plus en plus vif le désir de la nourriture qui nous fait grandir. \nLA MÉLODIE \nCouvrant juste les mots et les soulignant ici et là de quelques neumes\, elle a l’allure d’un simple récitatif sur quelques notes\, mais tout est disposé de telle sorte\, dans cette extrême simplicité\, que les mots nous viennent enveloppés de bienveillance\, de douceur\, de maternelle et souriante bonté ; le sourire de l’Eglise qui\, dans la joie de sa nouvelle maternité\, dispense\, avec toute sa tendresse\, à ses nouveaux-nés et à ses adolescents\, les avis de sa divine sagesse.Cette joie accueillante\, qui laisse entrevoir ce qu’elle a de profond plutôt qu’elle ne se répand\, est particulièrement marquée ans la première phrase ; surtout si on lui donne le sens d’un vocatif\, ce qui semble la meilleure façon de la traduire ; on trouvera alors dans la cadence de infantes l’accent de tendre fierté qui est celui des mères heureuses.Les Alleluia entrent dans la sobre ordonnance de cette joie discrète comme l’expression du bonheur profond de la mère remontant en louange de reconnaissance vers le Père d’où vient toute génération.Chantez avec douceur\, simplicité\, légèreté dans un bon mouvement\, allant\, plein de vie\, de fraicheur et de jeunesse.Que la première phrase soit dans un seul mouvement géniti bien en relief\, la distropha\, douce ; l’accent de infantes bien soulevé.Dans la deuxième phrase\, mettez en évidence sine dolo\, la clivis de do légèrement élargie.Appuyez bien la double note du premier et du troisième Alleluia ; c’est une bivirga épisématique.Le Psaume\, alerte comme une invitation à la louange les rythmes binaires de l’intonation seront bien balancés. \nALLELUIA I\nLE TEXTE \nLe jour de ma résurrection\, dit le Seigneur\, Je vous précéderai en Galilée. Math. XXVI\, 32.Ces paroles furent dites par Notre Seigneur comme une prophétie\, le soir du Jeudi Saint\, entre le Cénacle et le jardin de l’Agonie.Il est bien évident qu’ici ce n’est pas lui qui parle ; l’atmosphère dans laquelle il prononça ces mots était tout à l’opposé de celle de Pâques. C’est l’Eglise qui se redit à elle-même la prophétie du temps de la Passion. Elle rend ainsi hommage à la puissance prophétique du Christ tout en donnant une expression à sa joie débordante. \nLA MÉLODIE \nAprès l’intonation\, joyeuse et pleine de fraîcheur\, la première phrase se déroule dans un grand calme\, comme une contemplation paisible.Soudain\, au début de la seconde\, le mot de la prophétie est porté à la quinte supérieure en un mouvement hardi qui permet à la joie d’exulter à loisir. Le motif est allègre et léger ; deux fois répété sur les notes les plus élevées du mode\, il s’épanouit sur un pressus qui commande une thésis gracieuse sur le ré ; c’est alors\, à la quinte inférieure\, la reprise de l’Alleluia et le retour à la paisible contemplation.Il faut que tout soit très lié et très gracieux\, surtout les grands intervalles de Alleluia et de in die. Pas de contraste forcé entre les deux phrases : le tempo de proecédam ne doit pas être beaucoup plus rapide : mais le mouvement très calme et très « chanté ». \nALLELUIA II\nLE TEXTE \nAprès huit jours\, les portes étant closes\, Il se tint\, Jésus\, au milieu de ses disciples et dit : Paix à vous. Jean XX\, 26.Simple récit que l’Eglise\, ici encore\, se chant à elle-même dans la joie du mystère pascal\, mais aussi\, cette fois\, comme le prélude de l’incident dramatique dont le récit va être fait à l’Evangile. \nLA MÉLODIE \nElle est comme celle du premier Alleluia très joyeuse\, de la même joie fraîche\, simple sans exaltation\, ni recherche d’effet ; comme un air sortant spontanément de l’âme qui livre son bonheur sans s’en douter. Il n’y a pas de mots particulièrement en relief si ce n’est Pax vobis à la reprise du chœur\, si admirablement rythmé\, par la clivis allongée et le salicus\, en un salut large\, joyeux et doux.On notera la belle composition de l’ensemble ; la première phrase répétée\, la troisième reprenant le thème de l’Alleluia\, lui-même composé d’un motif trois fois redit.Chantez dans un legato absolu.Dans le jubilus de l’Alleluia\, allez vers l’épisème horizontal de la clivis du sommet en un discret crescendo-accelerando et laissez vote voix descendre sans effort la thésis ; le pressus de la fin à peine marqué. \nOFFERTOIRE\nC’est celui du lundi de Pâques\, avec la même interprétation et du texte et de la mélodie. \nCOMMUNION\nLE TEXTE \nMets ta main Et prends connaissance de la place des clous. Et ne sois pas incrédule\, mais fidèle. Alleluia\, Alleluia. Jean XX\, 27.Ce verset de Saint Jean\, n’a aucun rapport direct à la communion. On peut toutefois en faire une application à l’augmentation de foi que produit la grâce du sacrement et il est ainsi pour nous tout autant que pour Saint Thomas. C’est en effet le Christ ressuscité que nous recevons dans l’Eucharistie. En venant en nous\, il nous donne une lumière qui nous fait mieux voir qu’il est bien vivant et qu’il porte pour nous\, à tout instant\, devant le Père\, les plaies glorifiées de sa Passion… Mets ta main\, prends conscience de ce que je suis\, de ce que j’ai fait pour toi\, de ma puissance divine qui te ressuscitera… et sois un homme de foi\, d’espoir et d’amour. \nLA MÉLODIE C’est Notre Seigneur qui parle. Le ton est simple\, sans rien de grave\, sans la moindre nuance de reproche. Tout est enveloppé dans une atmosphère de bonté souriante qui comprend et encourage ; Peut-être verrait-on bien une pointe d’esprit dans la double note de l’intonation et dans le climacus de et…Il y a comme une pression plus marquée dans la deuxième phrase. Le sed fidélis est admirable de miséricordieuse bonté…Il n’y a pas dans les Alleluia la moindre nuance d’exaltation ; c’est la même voix discrète et douce.Ne pas chanter vite : mais dans une grande paix ; les accents bien légers et arrondis. Appuyez légèrement la double note de l’intonation ; la première des deux est une virga épisématique. Tombez avec un peu de poids sur de fidélis. Les deux Alleluia un peu élargis.  \nCantiques pour Pâques \n\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\nPolyphonies pour Pâques\n\nEcoutes de pièces \n\nZelenka : messe de la Résurrection\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Annonciation
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nPourquoi l’ange demande-t-il le consentement de cette jeune fille de quinze ans ? Qu’a-t-elle donc qui lui donne autorité pour représenter les hommes en cette affaire capitale ? Extérieurement\, rien. Intérieurement\, tout. Dieu en effet\, de toute éternité\, l’a prédestinée à être la mère du Christ et\, en lui\, spirituellement\, la mère de tous les hommes. Ainsi\, habilitée par Dieu lui-même\, elle peut à bon droit donner le consentement de tous ses fils. \nINTROÏT Vultum tuum\n« Ton visage ils le chercheront\, tous les puissants du peuple\, on amènera au Roi des vierges après elle. Ses proches te seront présentées dans la joie et l’exultation. Il a chanté\, mon cœur\, un chant merveilleux. Je vais dire moi-même mon œuvre au Roi. » Ps 44\, 13 \nLe psaume 44 est le cantique nuptial du Christ et de l’Eglise. Les versets qui forment ici l’antienne de l’introït sont extraits de la réplique de l’ami de l’Epoux à l’Epouse mais\, dans le cadre liturgique de l’Annonciation\, ils prennent un sens quelque peu différent. Ils sont le compliment de l’Eglise au Christ qui vient d’être conçu ou à sa mère qui vient de le concevoir. A l’un ou à l’autre\, car ils peuvent être interprétés dans les deux sens. \nGRADUEL Diffusa est\n« Elle est répandue\, la grâce\, sur tes lèvres. A cause de cela\, le Seigneur t’a bénie à jamais. A cause de ta fidélité et de ta douceur et de ta sainteté (tu as été choisie). Elle te conduira merveilleusement\, ta main. » Ps 44\, 3 \nIci encore\, on ne saurait préciser à qui ces paroles s’adressent : ou au Christ pour célébrer l’éternelle louange du Père qu’il commence dans le sein de Notre Dame\, sa fidélité\, sa douceur\, sa justice et la merveilleuse destinée où sa droite le conduira ; ou à Notre Dame qui vient de dire les paroles si riches de l’Ecce ancilla Dómini et du fiat\, et qui\, elle aussi\, bénie dans les siècles\, s’en va vers sa destinée triomphale\, fidèle\, douce et sainte. \nALLELUIA Ave Maria gratia plena\nC’est le salut de l’ange. A cette louange divine\, qui dépasse tout\, l’Eglise mêle la sienne et la fait monter vers Notre Dame comme l’hommage le plus parfait à sa sainteté et à sa maternité divine. \nL’original de la mélodie est l’Alleluia Eripe me du IXe dimanche après la Pentecôte. L’adaptation n’en est cependant pas très heureuse. L’Ave Maria est une salutation joyeuse\, et Eripe me la prière d’une âme accablée ; la mélodie\, lourde et plaintive par elle-même\, ne saurait exprimer la joie délicate et profonde du salut angélique. Cet Ave Maria n’est beau que chanté en supplication humble. \nCantiques pour Pâques \n\nCoffret de cantiques\, CD 2\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\n\nEcoutes de pièces  \n\nVecci : motets et messe de la Résurrection\nZelenka : messe de la Résurrection\n\n\n 
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SUMMARY:Deuxième Dimanche après Pâques dit "du Bon Pasteur"
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nINTROÏT\nLE TEXTE\nDe la miséricorde du Seigneur\,Pleine est la terre\, Alleluia.Par la parole de Dieu\,Les cieux ont été faits. Alleluia\, Alleluia\, Alleluia.Ps. – Réjouissez-vous\, justes\, dans le Seigneur.Aux (cœurs) droits convient la louange. Ps. XXXII\, 5\, 6\, 1.Le Psaume XXXII est une louange à la bonté et à la toute puissance que Dieu a exercées dans la création\, dans le gouvernement du monde\, dans les destinées des nations et\, si l’on passe les mots du psalmiste\, dans l’édification de l’Eglise.Les versets 5 et 6 ont été choisis comme texte de l’Introït de ce deuxième Dimanche après Pâques\, non seulement parce qu’ils résument tout le Psaume\, mais parce qu’en eux tient toute l’idée que l’Eglise développe ce jour-là dans sa liturgie.Depuis quinze jours\, elle a contemplé tous les détails de la Résurrection et en a nourri sa joie ; aujourd’hui elle entre plus profondément dans le mystère\, elle va à ce qui en fut la cause et elle trouve la Bonté infinie de Dieu penchée avec amour sur les misères de l’homme. Celle du Père nous prédestinant\, dans le Christ\, à vivre sa propre vie\, à partager sa propre béatitude. Celle du Christ qui nous rachète par sa Passion\, sa Mort\, sa Résurrection\, qui nous prend en lui au Baptême\, qui nous garde dans sa pensée comme l’ami dans la pensée de l’ami\, qui se fixe en nous à demeure\, nourrissant notre amour\, de sa parole\, de sa présence corporelle\, nous conseillant\, nous guidant\, nous pardonnant\, nous relevant et nous serrant de plus près\, semble-t-il\, chaque fois que nous revenons à lui…\, nous menant ainsi\, par sa toute puissante influence librement acceptée\, à sa béatitude de ressuscité.C’est cette Miséricordieuse Bonté\, qui a fait la Résurrection du Christ pour notre propre résurrection\, que l’Eglise célèbre aujourd’hui dans la lumineuse clarté dont le mystère de Pâques enveloppe tous les actes de Dieu et de son Fils. Elle la concrétise à l’Epître et à l’Evangile dans l’allégorie du Bon Pasteur\, mais c’est déjà le divin Berger qui partout sur la terre nourrit ses brebis\, les défend\, les cherche\, les ramène\, les garde dans le chaud bercail\, qu’elle chante en une sorte de prélude dans le misericordia Domini plena est terra de l’Introït… \nLA MÉLODIE\nElle ne saurait être plus réduite\, dans ses éléments matériels : l’étendue d’une tierce dans la première phrase\, d’une quarte dans la seconde. Manifestement ce n’est pas une exaltation de la miséricorde comme dans le verset Confitémini de l’Haec dies. Ce que l’auteur nous livre ici\, c’est sa contemplation ou\, plus précisément\, ce que la contemplation de la miséricorde divine\, réalisée dans la radieuse allégresse du temps de Pâques\, a fait naître dans son âme : la joie d’être aimé de l’infiniment aimable et de pouvoir l’aimer\, sa tendresse pour lui\, sa révérence\, son admiration\, sa confiance… et la paix dont il est tout pénétré. Mais ce sont là choses qui ne se détaillent pas. L’âme en a conscience ; elle pense\, elle voit\, elle admire\, elle remercie\, elle jouit\, mais sans parole ; tout se fond dans l’acte très simple qui la tient fixée en Dieu\, en une quiétude silencieuse. C’est cet état\, très simple au fond\, de joie paisible et aimante\, que la mélodie exprime.Evidemment\, elle n’exulte pas\, cette joie\, elle ne se répand pas\, elle demeure intérieure\, mais pas une note qui n’en soit imprégnée. Elle est dans le premier mot qui\, en dépit du ré initial\, tout de suite s’établit en fa par l’ondulation délicate des demi-tons. Sur Domini\, le nom divin\, un accent de tendresse la pénètre d’une ardeur discrète qui se prolonge sur la tristropha et la clivis allongée. Le mouvement descend sur ré\, mais la mélodie ne s’arrête pas à cette touche du Ier mode qui l’assombrirait\, elle remonte au fa et brode autour de cette tonique du IVe mode en un rythme dont tous les détails contribuent à la faire de plus en plus radieuse : l’accent léger de plena se détendant souple et ferme sur la tristropha\, le podatus et la clivis de est terra\, l’ondulation de l’Alleluia qui touche la tierce majeure\, et rebondit légère et bien posée sur le fa.Elle prend un peu plus d’étendue dans la deuxième phrase\, mais l’atmosphère demeure la même. Il n’est pas jusqu’aux mots qui ne se ressemblent : Dei est revêtu de la même tendresse que Domini avec peut-être quelque chose de plus mystérieux\, que lui donne la cadence sur mi ; et le rythme de firmati sunt est joyeux et ferme comme celui de plena est terra\, plus une nuance d’admiration que lui donne la cadence sur ré.Viennent enfin les Alleluia ; le premier plus extérieur ; c’est la louange qui jaillit de la contemplation\, sans éclat toutefois ; le second qui en ramenant la mélodie à la cadence du IVe mode la garde si bien\, par ce qu’elle a d’inachevé\, dans l’indicible.Ce chant est une contemplation ; il ne doit pas avoir d’éclat\, mais il est aussi l’expression de la joie dans laquelle l’âme contemple et\, de ce fait\, il doit revêtir une certaine ardeur\, être vivant\, souple et ferme. Une juste proportion de ces deux éléments n’est pas facile à réaliser… Il ne faut pas donner toute sa voix\, il va de soi\, mais ne pas trop l’étouffer non plus ; faire les accents légers\, le rythme souple et vivant.Faites l’arsis de Domini arrondie\, sans la ralentir\, en posant doucement la voix sur la tristropha. Veiller à ne pas allonger plus qu’il ne faut la clivis pointée ; rattachez-y plena dont l’accent sera très soulevé et un peu élargi. L’Alleluia\, gracieux\, l’oriscus qui l’achève léger.Un peu plus de mouvement et de force à Verbo Dei. Crescendo léger sur l’arsis de firmati sunt. Que toute cette seconde phrase soit vivante et pleine de joie. Le premier Alleluia très arrondi. Très peu de ralenti au second.Le Psaume bien accentué\, dans une atmosphère de joie simple. \nALLELUIA I\nLE TEXTE\nIls connurent\, les disciples\, le Seigneur Jésus à la fraction du pain. Luc XXIV 31\, 35.Il s’agit des disciples d’Emmaüs reconnaissant le Christ ressuscité : mais en ce dimanche du Bon Pasteur\, ces quelques mots sont plus que le rappel joyeux de l’incident ; ils chantent la réalisation de la parole de Notre Seigneur : « mes brebis me connaissent ». A la nourriture qu’il leur présente\, les disciples\, brebis errantes dans le soir qui tombe\, reconnaissent leur Maître\, le divin Berger.Ainsi entendu cet Alleluia est une très belle paraphrase des derniers mots de l’Epître : Vous êtes retournés à celui qui est le pasteur et l’évêque de vos âmes… Nous le chantons dans la joie de ne plus être des brebis errantes\, mais de vivre sous la vigilance du Pasteur bien aimé\, dans l’intimité duquel nous entrons de plus en plus chaque fois qu’il se donne à nous dans la « fraction du pain ». \nLA MÉLODIE\nUn très bel élan sur les notes principales du mode\, même le mot cognovérunt jusqu’à la dominante où il s’épanouit. C’est le mot important de la phrase et l’âme s’y complait dans la joie\, celle des disciples qu’elle évoque et la sienne qui se renouvelle et s’accentue  à chaque rencontre avec le Christ dans l’Eucharistie et dans l’oraison ; Cet élan\, un instant interrompu\, rebondit sur discipuli et se continue dans la même allégresse jusqu’à Dominum. La joie alors\, sur le mot divin\, devient intérieure\, contemplative ; C’est sa vénération\, sa tendresse\, sa soumission abandonnée\, tout ce qu’il y a d’indicible en elle\, que l’âme chante au Pasteur adoré\, tout le long de cette admirable thésis qui de degré en degré\, comme par des paliers successifs\, ramène\, lentement\, doucement\, religieusement le mot jésum à la cadence finale où il se pose en un rebondissement délicat.La joie s’extériorise à nouveau sur in fractione panis mais elle garde quelque chose de réservé qu’elle tient de la contemplation profonde\, qui pour quelques instants vient de la pénétrer. C’est une très belle phrase d’ailleurs. Admirablement ordonnée par la succession régulière des notes longues en rythme ternaire dans la première incise\, en rythme binaire dans la seconde\, elle se déroule en une ondulation que rien ne trouble jusqu’à ce qu’elle s’achève dans la cadence pleine de mystère du IIIe mode.Il faut bien lancer l’arsis de cognovérunt ; les deux notes qui précèdent le pressus seront légèrement retenues. Les doubles notes de Dominum douces ; ne pas exagérer le ralenti de Jésum. Pour que la reprise du chœur se fasse sans heurt\, on arrondira bien l’accent de panis. Le mouvement ne saurait être rapide ; c’est le Christ qui chante. \nALLELUIA II\nLE TEXTE\nMoi\, je suis le Bon Pasteur.Et je connais mes brebisEt elles me connaissent\, les miennes. Jean X. 14.Notre Seigneur\, ici\, se présente lui-même comme le Bon Pasteur et découvre au monde le secret des relations qui unissent le Berger aux brebis et les brebis au berger\, dans le divin bercail ; « Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent ». Ceci entendu non seulement de la connaissance extérieure que le Pasteur a de son troupeau et le troupeau de son Pasteur\, mais de l’intimité qui les unit. « Comme le Père me connaît et que je connais le Père. »\, lisons-nous au verset suivant. Relation d’amour ; un seul cœur\, une seule vie\, dans la tendresse et la joie.Cette parole prend une actualité vivante après les derniers mots de l’Epître : Vous étiez comme des brebis errantes… vous êtes retournés au Pasteur\, a chanté le sous-diacre. Le Christ répond : C’est moi le Bon Pasteur… \nLA MÉLODIE\nLa première phrase est toute empreinte de bonté\, de douceur aimable et souriante. C’est la tendresse du Pasteur. Il se manifeste\, divinement attirant\, avec je ne sais quoi de profondément heureux ; le bonheur de se trouver avec ses brebis\, de se donner à elles\, et de recevoir en retour leur ardent et joyeux amour. Le motif descendant de Ego sum qui se pose si délicatement sur le mi est particulièrement expressif de cette tendresse heureuse.Dans les deux autres phrases – qui sont semblables – c’est plutôt la joie qui domine\, la joie de connaître et d’être connu\, d’aimer et de se savoir aimé. Le mouvement\, en portant la mélodie à la dominante\, s’avive et s’éclaire un instant sur cognosco et cognoscunt. Il y a là une touche d’allégresse délicate ; elle se répand sur oves et meae en un motif paisible et gracieux qui est comme la contemplation du Divin berger regardant ses brebis dans la joie et l’amour qu’il leur donne et qu’il en reçoit.Ne pas chanter fort. Le tempo doit être assez large\, sans être lent : ici encore c’est le Christ qui chante.Faites l’accent de Ego léger et arrondi\, posez délicatement sum sur le mi et ralentissez légèrement le climacus qui suit.Léger accelerando dans l’arsis de cognosco et de cognoscunt. Le reste de la phrase\, très lié. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nDieu\, mon Dieu\,Vers toi\, dès la lumière\, je me tourne ;Et en ton nom je lèverai mes mains. Ps. LXII. 2\, 5.Le Psaume LXII fut composé par David\, au temps où\, poursuivi par son fils Absalon\, il vivait dans le désert\, entre Jérusalem et la mer Morte.C’était sa prière du matin. Sur cette terre aride\, qui était sans doute l’image de son âme désolée\, il se tournait vers son Dieu\, vers son Pasteur\, brebis errante qu’il était\, lui aussi\, et levait vers lui ses mains dans le geste de la supplication\, avec la confiance inébranlable qu’il serait exaucé.Dans la liturgie de ce jour\, ces deux versets sont une réponse du bercail à la tendresse vigilante du Bon Pasteur qui vient de se révéler dans l’Evangile. Il a dit que son amour est toujours en acte ; ses brebis lui disent\, à leur tour\, qu’il en est de même du leur. A peine éveillées\, leur pensée\, leur désir\, leur tendresse vont vers lui et dans la joie et la sérénité d’une absolue confiance en sa garde vigilante et forte\, elles lui répètent qu’au moindre besoin\, qu’à la moindre alerte\, elles l’appelleront d’un geste\, d’un cri\, pour qu’il vienne et qu’elles se serrent autour de lui. \nLA MÉLODIE\nL’intonation est toute simple\, avec une note de joie tranquille\, mais dès les premières notes qui suivent\, une sorte d’ardeur s’y mêle qui va croissant jusqu’à la triple note sur fa où elle devient intense\, avec quelque chose de personnel\, d’intime que lui donne le pronom meus : mon Dieu à moi. C’est toute la tendresse émue de l’âme qui\, après le noir de la nuit\, retrouve son Seigneur tant aimé. Simple incident d’ailleurs ; sitôt passe le nom divin\, la joie retrouve sa simplicité paisible. Le mot face\, déjà mis en relief par le sommet de l’arsis\, se développe en de longs neumes comme si l’âme insistait pour faire remarquer à l’ami divin qu’il est vraiment sa première pensée.Même joie dans la seconde phrase\, peut-être plus extériorisée. Elle enveloppe nomine tuo d’un beau mouvement\, à la fois retenu et chaud\, puis elle continue avec un accent de fermeté\, de sécurité qui trouve ce qu’il lui faut sur les longues tenues de levabo\, de manus et de l’Alleluia. Ce n’est plus tant son intime tendresse que  sa confiance inébranlable que l’âme veut dire à son fidèle gardien.Il faut faire un crescendo sur Déus meus mais discret ; c’est une prière. La triple note de meus est une trivirga ; la faire très expressive.Reprenez le mouvement léger sur ad te de luce ; arrondissez le podatus du sommet et retenez toute la thésis. La première note de nus et celle de as\, légèrement allongées ; L’Alleluia très paisible. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nJe suis le Bon Pasteur\, Alleluia ;Et je connais mes brebisEt elles me connaissent les miennes\,Alleluia\, Alleluia. Jean X\, 14.C’est le même que celui du second Alleluia. Chanté au moment de la communion\, il prend un sens plus actuel encore. C’est en effet dans l’Eucharistie que se réalise cette connaissance mutuelle intime entre le Christ et nous. « Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi et moi en lui … et je me manifesterai à lui. » C’est donc le Christ qui exprime ici\, sous les termes imagés de l’allégorie du Bon Pasteur\, le mystère de l’union qui se réalise\, au moment même\, entre lui et les âmes. \nLA MÉLODIE\nSous une forme musicale toute différente\, c’est bien la même expression que dans l’Alleluia.Dans la première phrase\, une tendresse souriante\, attirante\, avec une nuance d’intimité extrêmement délicate sur les trois salicus remontant en demi-ton sur le fa ; on dirait que le Christ ne parle que pour l’âme à laquelle il est uni dans le Sacrement.Dans la seconde\, la joie profonde de l’union. La mélodie s’établit\, par ses fréquents contacts avec le do dans une tonalité plus majeure si l’on peut dire ; Il y a dans et cognosco une admirable expression de joie\, une plénitude de joie qui se développe sur oves meae en un beau mouvement arsique au sommet duquel meae est mis en relief par l’accent tonique. Le même motif reprend sur et cognoscunt mais ébauché seulement cette fois. Le pressus met une belle nuance de tendresse sur meae. C’est peut-être dans la courbe du premier Alleluia que la joie profonde trouve sa plus parfaite expression.C’est toujours le Christ qui chante\, le mouvement sera donc modéré.Prenez garde de ne pas faire les salicus de la première phrase trop longs ; posez nettement sur fa la dernière note de bonus pour éviter que ce demi-ton ne soit une plainte ce qui serait un contre-sens.Dans la seconde phrase\, un léger crescendo-accelerando ira jusqu’à la fin de la première incise ; la première note de sco dans cognosco un peu allongée\, le torculus bien arrondi et l’accent de meas lancé et articulé ; retenez à peine la cadence de meae mais enchainez et cognoscunt ; Gardez la voix sonore dans les notes graves du premier Alleluia qui ne sera pas ralenti.Cantiques pour Pâques \n\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\nPolyphonies pour Pâques\n\nEcoutes de pièces \n\nZelenka : messe de la Résurrection\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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