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SUMMARY:La Fête-Dieu
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nINTROÏT\nC’est celui du lundi de Pentecôte.\nIl n’y  rien à ajouter au commentaire qui en a été écrit car ce jour-là comme aujourd’hui c’est l’Eucharistie qu’il chante. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nLes yeux de tous les êtres en toi espèrent\, Seigneur\, Et tu leur donnes la nourriture en temps opportun. \nVerset. – Tu ouvres\, toi\, ta main et tu remplis tout animal de bénédiction. Ps.CXLIV.15\,16. \nLe Psalmiste\, dans ces deux versets\, loue le Seigneur du soin qu’il prend de nourrir tous les êtres qu’il a créés. Sous des images splendides\, le psaume en lui-même ne dit rien de plus. C’est dans ce sens purement littéral que l’Eglise s’en sert pour la bénédiction des peuples\, des champs\, des moissons\, du bétail\, en temps de famine.\nDans le Graduel du XXe Dimanche après la Pentecôte\, ces mêmes versets n’ont pas d’autre sens : ils paraphrasent le conseil de Saint Paul qui achève l’épître : « Soyez remplis du Saint-Esprit…chantant\, psalmodiant dans vos cœurs au Seigneur et lui rendant grâce pour toutes choses. »\nMais\, de très bonne heure\, on eut l’idée d’appliquer ce passage à l’Eucharistie. Saint Jean Chrysostome le recommandait déjà en ce sens : « parce qu’il contient des paroles que les initiés entendent du banquet Eucharistique. » Saint Thomas\, lorsqu’il composa l’office du Saint-Sacrement\, eut l’idée très heureuse de prendre dans ce sens Eucharistique le Graduel du XXe Dimanche après la Pentecôte\, et sans rien y changer.\nAprès\, l’épître\, qui nous rapporte le récit de l’institution du sacrement\, il est\, sous l’image émouvante des yeux levés vers le Seigneur\, un très bel hommage au Père qui\, par son Fils\, a voulu nous nourrir du pain qui entretient en nous la vie divine et nous est un gage de la plénitude de notre être dans la béatitude pour l’éternité. \nLA MÉLODIE\nIl y a dans la première incise comme une religieuse gravité. L’Église se complait dans l’image des yeux pleins d’espoir fixés sur Dieu et se laisse prendre par un sentiment d’admiration émue. Cette image ne tarde pas d’ailleurs à l’exalter\, dès le début de la seconde incise\, le mouvement s’anime; une ardeur y passe qui enveloppe les mots et les emporte vers la clivis allongée de Domíne où l’exaltation s’épanouit\, large et sonore\, en un splendide accent de louange reconnaissante.\nLa deuxième phrase commence dans le même élan enthousiaste sur le pronom tu\, très en relief\, mais\, tout de suite\, sur la clivis allongée de illis et plus encore sur la période thétique de escam toute retenue\, passe quelque chose de plus recueilli\, de plus intérieur. Ce sont les mots qui disent la bonté de Dieu pour ses créatures\, et nous en sommes; l’âme envahie par le souvenir de tout ce qu’elle a reçu\, s’y complait dans un sentiment de tendre reconnaissance; Le mouvement s’allège ensuite sur temporé puis s’élargit à nouveau sur opportúno pour chanter la sagesse de Dieu qui sait ce qu’il faut faire pour chacun et à quel moment le faire.\nLe verset  – Le motif de Aperis est ravissant de grâce aimable dans le balancement de ses rythmes souples et légers. L’Église\, fixée sur l’image des mains divines ouvertes sur elle\, chante dans la paix sa gratitude et sa confiance abandonnée. Elle s’exalte peu à peu en reprenant sur manum le motif de Dómine\, dans la première partie\, et le développant sur tuam\nen une très belle cadence qui prolonge sa joie.\nLa seconde phrase\, plus ample\, se déploie\, sur les mots de plénitude\, dans une atmosphère de bonheur grave\, recueilli\, profond. Ce n’est que sur le dernier mot que le mouvement redevient léger\, sans perdre d’ailleurs la gravité qui va si bien au mot de la bénédiction.\nIl faut\, il va de soi\, commencer doucement afin de ménager le crescendo qui va vers Dómine. Les deux doubles notes de Oculi pourront être allongées. Balancez-en bien le rythme\, comme aussi celui des deux podatus de in te dont la première note sera bien posée et élargissez toute la vocalise de Dómine.\nLa première note de tu sera allongée\, de même la montée sur escam et les dernières notes de la descente avant la demi-barre. Ménagez bien le crescendo sur opportúno en le prenant dès les premiers podatus qui seront bien scandés.\nAperi\, premier mot du verset\, sera léger\, ce qui ne veut pas dire rapide; au contraire\,  on retiendra quelque peu les punctum marqués d’un épisème vertical; par contre\, on accélèrera légèrement les huit dernières notes en les reliant\, par un crescendo discret\, à manum qui s’amplifiera comme Dómine dans la première partie. Retenez les trois notes de tuam qui précèdent le quilisma.\nEt sera bien élargi\, au début de la troisième phrase\, et la première note de  ples dans imples\, posée comme si elle avait un épisème horizontal. Sur benedictióne\, même interprétation que sur opportúno. \nALLELUIA\nLE TEXTE\nMa chair vraiment est une nourriture.\nEt mon sang vraiment est un breuvage.\nQui mange ma chair et boit mon sang\,\nEn moi demeure et moi en lui. Jean VI. 56\,57. \nCes paroles sont comme la réplique de Notre Seigneur à ce que l’Église vient de chanter à Dieu dans le Graduel. Elle l’a loué pour la nourriture qu’il dispense aux créatures et tout particulièrement pour le Pain Vivant dont il alimente ses membres. Il répond : « la vraie nourriture c’est bien ma chair\, le vrai breuvage c’est bien mon sang car qui les prend demeure en moi qui suis la vie\, et moi en lui.» \nLA MÉLODIE\nElle est calquée sur l’Alleluia Laetabítur Justus qui n’est plus en usage. Il servait autrefois pour un Martyr Pontife\, on le trouve notamment dans les manuscrits\, à la fête de Saint Hippolyte\, le 13 Août. Le texte en est celui-ci : « Il se réjouira\, le juste\, dans le Seigneur et espèrera en lui\, et ils chanteront des louanges\, tous les cœurs droits. » L’idée ici\, on le voit\, est très différente: l’application ne saurait donc être parfaite.\nLa première phrase est très satisfaisante. Il y a sur caro un accent de ferveur qui dit bien l’amour intense de Notre Seigneur pour nous. Cette ardeur se développe ensuite sur les notes élevées de sanguis et de potus de la façon la plus heureuse. Qui mandúcat\, au début de la seconde phrase\, se déploie dans la même atmosphère ardente et est encore excellent\, mais la cadence de carnem est trop conclusive et la liaison entre meum et sánguinem pas assez serrée. Quand à la dernière incise et ego in eo\, le caractère de joie extérieure en est bien fortement marquée pour des paroles aussi graves.\nIl faut évidemment chanter dans un mouvement assez lent et sans forcer la voix pour garder à ces paroles divines\, si pleines de tendresse\, la suavité qui leur convient.\nLa première incise sera très calme et très liée. Sur et sanguis\, commencera un crescendo discret qui s’épanouira sur potus et sur mandúcat\, mais sans éclat\, animant seulement cette très belle ligne musicale qui plane\, comme immatérielle\, sur les hauteurs.\nFaites la liaison serrée entre carnem et bibit\, ralentissez manet et\, plus encore\, et ego in eo et vous en atténuerez le caractère de joie trop marqué qui serait ici un contresens musical. \nSEQUENCE\nLE TEXTE\nLoue\, Sion\, le Sauveur\nLoue le Chef et le Pasteur\nPar des hymnes et des cantiques.\nAutant que tu peux\, ose\,\nCar il est plus grand que toute louange\nEt\, à te louer\, tu ne suffis pas.\nDe la louange le thème spécial\,\nC’est le pain vivant et vivifiant\nQu’aujourd’hui on te propose.\nLe pain qui sur la Table de la Sainte Cène\,\nAu groupe des douze frères\,\nFut donné\, il n’y a pas à en douter.\nQue la louange soit pleine\, qu’elle soit sonore\,\nQu’elle soit joyeuse ; qu’elle soit belle\,\nLa jubilation de l’âme.\nNous fêtons en effet le jour solennel\nQui rappelle de ce banquet\nLa première institution.\nA cette table du nouveau Roi\,\nLa nouvelle Pâques de la nouvelle loi\nFinit l’ancienne Pâque.\nLe nouveau chasse l’antique\,\nLa vérité chasse l’ombre\,\nLa lumière dissipe la nuit.\nCe que le Christ a fait à la Cène\,\nIl a ordonné de le faire\nEn mémoire de Lui.\nInstruits par ces ordres sacrés\,\nNous consacrons le pain et le vin\nEn hostie de salut.\nC’est un dogme proposé aux Chrétiens\,\nQue le pain devient la Chair\nEt le vin le Sang du Christ.\nCe que tu ne saisis pas\, ce que tu ne vois pas\,\nLa foi vive l’atteste\nMalgré le cours ordinaire des choses.\nSous des espèces diverses\,\nSignes et non substances\,\nSe cachent les sublimes réalités.\nLa Chair est nourriture\, le Sang breuvage\,\nMais le Christ demeure entier\nSous chaque espèce.\nPar celui qui le prend\, non divisé\,\nNon brisé\, non rompu\,\nMai\, tout entier\, il est reçu.\nUn le reçoit\, mille le reçoivent ;\nCeux-là l’ont autant que celui-là\,\nEt\, absorbé\, il n’est pas consommé.\nLes bons le reçoivent\, les méchants le reçoivent ;\nMais leur sort diffère :\nC’est la vie et la mort.\nIl est\, mort pour les mauvais\, vie pour les bons.\nVois comme la même manducation\nA des effets différents.\nParce que le sacrement est divisé\, ne le trouble pas\,\nMais souviens-toi qu’il est autant\nDans une parcelle que dans le tout.\nIl n’y a pas e division de la réalité\,\nIl n’y a fraction que du signe ;\nNi l’état\, ni la grandeur de la réalité ne sont diminués.\nVoici le pain des Anges\nDevenu la nourriture de l’homme pèlerin ;\nVrai pain des enfants\nQu’il ne faut pas donner aux chiens. \nLe texte de cette Séquence est l’œuvre de Saint Thomas d’Aquin\, chacun le sait. La mélodie est celle d’une séquence d’Adam de Saint-Victor qui se chantait sans doute à la fête de l’Invention de la Sainte Croix\, le 3 Mai\, à la suite de l’Alleluia Dulce lignum dont elle emprunte le thème pour ses premières notes.\nNi dans le Laudes Crucis\, ni dans le Lauda Sion il ne faut chercher pour chaque verset une expression propre dans la mélodie. Celle-ci d’ailleurs se prête d’elle-même assez facilement aux mots et aux idées.\nOn la chantera dans un bon mouvement\, pas trop vite et en la rythmant bien. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nLes prêtres du Seigneur\nLe pain et l’encens offrent à Dieu.\nC’est pourquoi Saints ils seront devant leur Dieu.\nEt ils ne souilleront pas son nom.\nAllelúia. \nCette prescription du Seigneur à Moyse\, au sujet des prêtres\, est d’un heureux choix comme Offertoire car elle se réalise au moment où on la chante; le prêtre offre en effet alors le pain et l’encens. Mais\, par delà l’acte liturgique de l’offrande\, c’est le sacerdoce\, et le sacrifice\, son acte essentiel\, que l’Eglise chante comme une sorte d’action de grâces au Seigneur pour le  sacrement qui perpétue son propre sacerdoce et son propre sacrifice. \nLA MÉLODIE\nElle est calquée sur celle de l’Offertoire Confirma hoc du Dimanche de la Pentecôte. Le calque est très réussi. Le caractère recueilli\, intime\, contemplatif de l’original va bien à ces paroles graves qui sont en fait comme une contemplation de l’Église reconnaissante devant l’acte qui se déroule à l’autel.\nLes mots importants sont bien en relief; Dómini\, dans la première phrase\, ófferunt surtout\, qui reçoit de la tristopha et de toute l’arsis qui s’y épanouit\, une bel élan de ferveur.\nDans la seconde phrase\, Deo suo a pris la place de Jérúsalem et reçoit\, des neumes gracieux\, la même tendresse délicate.\nLa dernière phrase a été malheureusement amputée de quelques neumes\, mais\, malgré cette fin d’incise un peu brusquement amenée\, en fa\, sur ejus\, elle garde\, grâce à l’Allelúia\, la même expression de contemplation paisible.\nDans l’ensemble\, les conseils d’exécution donnés pour le Confirma hoc valent ici. Les nuances devront toutefois varier avec les mots. Le punctum de mi\, dans Dómini\, par exemple\, n’aura pas l’élan soulevé qu’avait le De de Déus; tandis que le podatus de Deo\, dans la seconde phrase\, l’aura au contraire. Donnez un peu d’ampleur à non au début de la troisième phrase et ralentissez bien les cinq notes de nomen pour pallier à l’arrivée un peu brusque de la cadence en fa sur ejus. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nToutes les fois que vous mangerez ce pain et boirez ce calice La mort du Seigneur vous annoncerez jusqu’à ce qu’il vienne. C’est pourquoi quiconque mangera le pain ou boira le calice du Seigneur indignement\, ccoupable sera du Corps et du Sang du Seigneur. Allelúia. I. Cor. XI. 26\,27. \nLe sens de ces paroles de Saint Paul est clair. Celui qui communie prend part au Sacrifice Eucharistique; il reçoit du Père la victime qu’il lui a offerte au préalable. Il contribue donc à prolonger jusqu’à la fin des temps la Passion et la mort du Christ et\, s’il le fait indignement\, il a la même culpabilité que ceux qui mirent Notre Seigneur à mort en pleine conscience du crime qu’ils accomplissaient; il est déicide.\nCet exposé dogmatique et moral sérait quelque peu déplacé au moment de la Communion si on ne le voyait que comme un avertissement. Il faut l’entendre comme une médiation de l’Église qui se redit les graves paroles de Saint Paul pour entrer plus pleinement dans l’esprit du Sacrement. \nLA MÉLODIE\nC’est une mauvaise adaptation de la Communion de la Pentecôte. Dans ce chef-d’œuvre incomparable qu’est le Factus est repénte\, la mélodie fait corps avec les paroles à un tel point qu’elle ne saurait s’appliquer à aucun autre texte. Elle décrit le drame et c’est de cette description qu’est fait son rythme et son expression. Ici\, sur le texte de Saint Paul\, elle sonne faux.\nLa descente brusque de repénte\, qui peignait si bien l’émotion des Apôtres\, donne à quotiescúm que une sorte d’essoufflement qui  se communique en fait à toute la pièce car la mélodie est toute en mouvement et\, sur ces paroles si calmes et si graves\, elle donne l’impression de quelqu’un qui les prononcerait soit avec un enthousiasme qui n’a aucune raison d’être\, soit avec une précipitation qui non plus n’est pas de mise.\nUn seul mot est expressif\, et encore\, par hasard : donec véniat. On y trouve enfin le lyrisme qui nous fait entrevoir\, à partir de ce mot mystérieux\, la vision du Christ Glorieux qui nous rassasiera à jamais quand elle nous sera offerte sans sacrement.\nPour faire cette mélodie acceptable\, il n’est pas d’autre moyen que de lui donner de l’ampleur. Elle prendra ainsi quelque gravité. Retenez tout le motif de donec véniat de même indigne\, et Dómini à la fin. \n\nCantiques pour L’Eucharistie\nPolyphonies pour l’Eucharistie\n\n  \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Dimanche dans l'Octave de la Fête Dieu
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLECONS DES MATINES : Naissance et vocation de Samuel I. Rois I. \nEPÎTRE : l’amour de Dieu pour nous jusqu’à la mort\, modèle de note charité envers le prochain (I Jean. III. 13. 18.) \nEVANGILE : Parabole de ceux qui refusent l’invitation au banquet et de ceux qui sont invités à les remplacer. (Luc XIV. 16\, 24.) \nIDÉE CENTRALE : Il semble que tout peut se grouper\, sans qu’on ait à solliciter les textes\, autour de l’idée de la miséricordieuse bonté du Seigneur sans cesse penchée sur nous et toujours prête\, pour peu qu’on la sollicite\, ou même sans qu’on y pense\, pourvu qu’on ne s’y oppose pas\, à aider notre marche vers la Béatitude de l’éternité. \nEvoquée déjà à Matines\, dans l’épisode d’Anne la stérile à qui le Seigneur donne Samuel\, elle se précise dans la collecte : « Tu ne cesses pas\, Seigneur\, de diriger ceux que\, dans ta sollicitude\, tu as établis dans ton amour ». Dans l’Epître\, elle nous est présentée comme le modèle de notre charité fraternelle. « Nous avons connu l’amour de Dieu à ce qu’il a donné sa vie pour nous ; nous aussi nous devons donner notre vie pour nos frères ». A l’Evangile\,  elle est en plein relief sous la figure de l’homme riche qui appelle au banquet\, pour remplacer ceux qui n’ont pas accepté de venir\, « les pauvres\, les estropiées\, les aveugles\, les boiteux… ». En ce dimanche dans l’Octave de la fête du Saint-Sacrement\, nous demeurons ainsi dans l’atmosphère baignée de miséricorde de l’Eucharistie. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nIl s’est fait\, le Seigneur\, mon protecteur. Il m’a tiré dehors\, au large. Il m’a sauvé parce qu’il m’a voulu. \nPs. – Je t’aimerai\, Seigneur\, ma force. Le Seigneur est mon abri\, mon refuge et mon libérateur. Ps. XVII. 19\, 20 – 2\,3. \nCes deux versets du psaume XVII font allusion à l’un des nombreux incidents de la vie de David où\, assailli par des ennemis puissants\, il fut finalement délivré\, « tiré au large » par le Seigneur.\nL’Eglise s’en sert ici pour chanter elle aussi sa reconnaissance. Si souvent\, au cours de son histoire\, le Seigneur l’a tirée des mains de ceux qui voulaient la détruire ou\, tout au moins\, entraver sa liberté ! Avec elle nous pouvons tous dire notre propre gratitude car\, en maintes circonstances\, dont la plupart nous échappent\, le Seigneur nous a « tirés au large »\, nous aussi\, nous dégageant des horizons limités de la vie matérielle et nous plaçant dans les perspectives infinies de sa propre vie\, tout à fait en dehors des atteintes de nos ennemis\, si nous le voulons. Enfin par son sacrifice\, et par l’Eucharistie qui nous en applique le mérite\, il nous a sauvés. Et cela parce qu’il nous voulait : Quoniam voluisti me. Ce sont les mots les plus marquants du texte. Il faut les prendre dans leur sens strict. Il ne nous a pas gardés\, protégés\, sauvés parce qu’il avait quelque intérêt à le faire ; il ne nous a pas aimés parce qu’il y avait en nous quelque chose d’aimable qui l’attirait ; il nous a choisis dans un acte de sa volonté éternelle parce qu’il nous a voulus : c’est tout. Toute sa miséricordieuse bonté tient dans ce choix gratuit\, pour lequel nous ne chanterons jamais assez notre reconnaissance. \nLA MÉLODIE\nL’intonation est toute pénétrée de joie. C’est celle du Gaudeámus\, du Jubiláte\, du Roráte. L’âme\, dès le premier mot\, exulte\, toute au bonheur d’être libérée du péché et des limites étroites du monde\, au large dans l’amour\, fixée sur les horizons infinis de la Béatitude vers laquelle elle va. Après une nuance de vénération\, qui l’incline en passant sur le mot Dóminus\, la mélodie monte\, en une progression ternaire légère et souple\, vers la dominante  d’où elle s’élance\, de plus en plus ardente\, sur les doubles notes de edúxit pour s’épanouir\, large et éclatante\, sur latitúdinem.\nLa seconde phrase est tout autre. Il s’agit du salut. L’âme n’exulte plus. C’est quelque chose de si profond\, de si mystérieux que cette prédestination éternelle ! Elle se replie sur son bonheur\, sa joie devient toute intérieure. La mélodie\, après avoir souligné ne d’un salicus atteint la tonique\, par une progression descendante\, en s’étendant autant qu’elle peut sur toutes les syllabes elle remonte égrenant la reconnaissance sur les neumes qui se serrent\, se multiplient\, s’étalent enfin en une cadence que l’âme retient autant qu’elle peut\, comme si elle ne pouvait se résoudre à cesser son chant.\nLe Psaume alors\, par son rythme plus vif\, sort l’âme de sa contemplation et la fait chanter son amour en un bel accent de tendresse heureuse.\nL’intonation sera légère et Dóminus de même. Mais\, dès le premier torculus de protéctor commencera le crescendo qui ira en progression discrète mais constante jusqu’à latitúdinem. Les doubles notes de edúxit et de latitúdinem sont des bivirgus épisématiques.\nRetenez quelque peu le mouvement de la seconde phrase et faites la cadence finale très expressive. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nVers le Seigneur\, quand j’étais dans la tribulation\, j’ai crié\, et il m’a exaucé. \nVerset. – Seigneur\, délivre mon âme des lèvres méchantes et de la langue rusée. Ps. CXIX. 1\, 2. \nLe Psaume CXIX est une prière pour être délivré des mauvaises langues. Le premier Verset. – dont est faite la première partie du Graduel – en est comme le prélude ; le Psalmiste se remémore\, à titre d’encouragement\, les cas où son recours à Dieu a été exaucé\, puis il expose sa requête dans le second qui compose le verset.\nCe Graduel est chanté une première fois le Vendredi qui suit le Ie Dimanche de Carême après qu’on a lu à l’Épître l’histoire de Joseph. Il est là tout à fait à sa place\, on le voit\, après le récit de ce complot fratricide. Ici\, il a aussi son sens après l’Épître qui contient les conseils de Saint Jean sur la Charité. L’Église demande d’abord de n’être pas calomniée\, d’être délivrée de ceux qui sans cesse la poursuivent de leurs paroles de haine\, et en particulier de celui qui\, par jalousie\, accuse ses membres devant Dieu jour et nuit : Satan (Apoc XII.10.). Mais sans doute demande-t-elle aussi que ses membres cessent de se déchirer entre eux et pratiquent la Charité du Christ en s’aimant les uns les autres comme il nous a aimés\, miséricordieux et silencieux sous l’injure jusqu’à la mort. \nLA MÉLODIE\nAd dóminum ⎜dum tribulárer ⎜clamávi et exaudívit ⎜me ⎜⎜. \nL’intonation a quelque chose de grave qui enveloppe de vénération le nom divin\, mais c’est une gravité toute pénétrée de bonheur ; les intervalles sont pleins et la cadence sur do bien majeure\, il y a même sur la double note de Do un accent de ferveur qui avive encore la joie. Tribulárer ne fait que conduire la mélodie à la dominante\, mais la montée à partir de fa sur les trois notes de l’accord parfait et la tristropha du sommet où la voix s’étale légère y font monter\, toujours plus vive\, l’allégresse\, qui va s’épanouir à loisir sur le très beau motif de clamávi. Avec des nuances\, il va de soi. Il y a entre autres sur les clivis allongées et sur la triple note qui suit comme une évocation des jours où de l’âme angoissée jaillissaient\, ardents et pleins de confiance\, les appels au Seigneur. \nLa mélodie redescend sur et exaudívit en un motif que le salicus et le pressus font particulièrement expressif. On y sent le bonheur de l’âme et\, plus encore\, la reconnaissance dont elle déborde au souvenir des interventions divines. C’est cette gratitude qui\, sur me\, s’exalte et monte vers le Seigneur ; admirable mouvement\, vibrant et retenu à la fois\, et qui s’achève balancé sur des rythmes d’une plénitude et d’une paix totales.\nLe Verset. – Dómine libera ánimam meam ⎜a lábiis ⎜iníquis et ⎜a lingua ⎜dolósa ⎜⎜.\nPar le climacus qui descend au la et les retours répétés sur le si\, la mélodie\, sur Dómine\, comme le texte d’ailleurs\, devient une supplication que la double note de ne et les épisèmes horizontaux font très pressante. Une sorte de cadence sur le la par le sol donne un instant l’impression que l’âme est apaisée ; mais\, non\, sur la double note – une bivirga épisématique – et sur les deux tristrophas c’est encore la plainte qui se prolonge. Il y a bien une petite remontée au ré mais l’élan retombe sur le si b et c’est dans la même atmosphère de prière suppliante\, que s’achève le mot. Cette atmosphère s’alourdit encore\, si l’on peut dire\, sur líbera ánimam – notez les deux salicus et la tristropha de méam. La cadence\, il est vrai est en fa et le motif de lábiis est celui des versets enthousiastes\, comme si l’âme voulait se dégager de ce qui lui pèse ; mais il ne s’épanouit pas au fa supérieur et\, sur iníquis\, le motif de clamávi\, qui évoquait tout à l’heure les heures d’angoisse\, revient. Même les deux retombées\, en fa pourtant\, de lingua dolósa reçoivent\, des notes longues et de la répercussion\, quelque chose de pesant. L’âme\, accablée sous les coups des langues mauvaises\, ne peut vraiment que se plaindre et supplier. \nIl faut bien se garder de faire pesante l’intonation ; la double note est bien une bivirg épisématique mais elle n’implique aucune lourdeur\, elle souligne seulement le mot. Dum tribulárer suivra alors dans un mouvement léger qu’on n’aura pas à forcer. Clamávi aussi sera léger ; la triple note est une trivirga épisématique\, la prolonger. Ralentissez à peine la cadence sur do.\nFaites très expressif le podatus de vit dans exaudívit et retenez tout le motif de me.\nLe verset sera plus lent. La double note sur do de ne dans Dómine est une bivirga épisématique\, de même celle qui précède la tristropha sur fa.\nFaites très expressives les clivis allongées de iníqui. La triple note est une trivirga\, comme dans clamávi. \nALLELUIA\nLE TEXTE\nSeigneur\, mon Dieu\, en toi j’ai espéré. Sauve-moi de tous mes persécuteurs et délivre-moi. Psm. VII. 2. \nC’est la même supplication que dans le verset du Graduel. Au lieu des mauvaises langues\, c’est des persécuteurs que l’Église demande à être délivrée\, mais il n’est pas de persécution sans calomnies\, médisances et mensonges et ceux qui manquent à la justice par la langue sont bien des persécuteurs. \nLA MÉLODIE\nNous l’avons déjà trouvée à la fête du Saint Nom de Jésus. Adaptée là à un texte de louange\, elle avait perdu son caractère de prière ; nous pouvons l’admirer ici et nous laisser pénétrer et animer par ses nuances délicates.\nLa supplication est très humble sur Dómine Déus\, mais sans contrainte\, confiante même et pénétrée de tendresse ; notez plutôt le posé délicat en mi de la dernière syllabe de Dómine\, le retard avant le quilisma\, les pressus de déus surtout. C’est cette confiance\, d’abord contenue\, qui s’épanouit sur in te sperávi comme en un cri par lequel l’âme\, avant de l’invoquer\, remet le Seigneur en présence de la fidélité qu’elle lui a gardée. Le ralenti des derniers neumes et la cadence sur la  gardent à ce rappel ardent son caractère de supplication.\nC’est une heureuse transition à la prière humble qui revient au début de la seconde phrase sur Sálvum me fac. Sur ómnibus persequéntibus le motif de sperávi s’élève à nouveau ; la montée\, ralentie par un torculus allongé et un porrectus\, s’adapte bien à l’ardeur de la supplication qui se poursuit dans le grave sur la même thésis que sálvum me fac. Alors pour la troisième fois le motif de in te sperávi monte avec ardeur sur libera me\, comme un cri de détresse qui se détend ensuite doucement sur les neumes du jubilus.\nIl y a dans ce verset un mélange de discrétion et d’audace qui est bien l’attitude de l’âme en peine devant le Seigneur infiniment bon et infiniment grand aussi.\nChantez dans un mouvement de prière très simple et très lié. Ralentissez les quelques notes qui précèdent le quilisma de Dómine\, mais par contre ne retenez que très peu meus qui doit rejoindre in te sperávi où s’achève l’idée. Marquez bien les trois podatus qui montent en arsis. Même liaison étroite entre fac et omni dans la seconde phrase.\nLa vocalise finale de me sera très liée et très thétique. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nSeigneur\, reviens et délivre mon âme\, Sauve-moi par ta miséricorde. Ps. VI. 5. \nCe verset que David chantait lorsque le Seigneur détournait de lui sa face est ici une émouvante paraphrase de la parabole des invités au banquet\, lue à l’Évangile. L’âme a conscience d’avoir souvent refusé les invitations à ce banquet du Seigneur\, qu’il ne faut pas seulement entendre ici de la communion Eucharistique mais de tout entretien d’amour avec les divines Personnes résidant en nous. Les derniers mots lui donnent sans doute à réfléchir : «  aucun de ceux qui avaient été invités ne goûtera de ma table ». Ce n’est pas qu’elle ait peur de perdre à jamais le Seigneur aimé\, elle n’est pas de ceux qui ont refusé définitivement\, elle ne l’a fait que par faiblesse ; mais elle sent en elle des liens qui la lient à mille choses et elle a tant de peine à les briser… Elle appelle à son aide la miséricorde du Seigneur qui comprend si bien ? Reviens\, et délivre-moi… \nLA MÉLODIE\nIl n’en saurait être de plus simple ; un tenue sur le fa avec quelques broderies à la tierce\, c’est tout. Pas d’angoisse\, pas de pression non plus ; l’âme sait bien au fond que la parole terrible n’est pas pour elle. Aussi est-ce sur un ton d’intimité\, nuancée de joie\, qu’elle parle au Seigneur.\nDans la première phrase le mot éripe est délicatement mis en relief par les deux torculus – le second allongé – avant la cadence\, si expressive d’une paix heureuse. Dans la seconde\, c’est propter misericórdiam tuam sur une formule pleine de sérénité.\nChantez dans une grande simplicité. Il faut seulement accentuer délicatement\, bien rythmer\, et élargir la dernière incise en faisant une légère pression sur le pressus de propter. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nJe chanterai au Seigneur qui de biens m’a comblé. Et je chanterai des Psaumes au nom du Seigneur le Très-Haut. Ps. XII. 6. \nL’âme qui dans l’Offertoire demandait au Seigneur de revenir\, a été exaucée. Le Seigneur est revenu\, et il l’a invitée au banquet à nouveau. Il l’a même invitée en épouse. En ce moment\, elle ne fait qu’un avec lui et comme elle sent en elle sa force libératrice qui agit\, tout naturellement la joie reconnaissante monte à ses lèvres et elle chante. \nLA MÉLODIE\nElle ne fait que moduler du commencement à la fin. Modulations hardies qui surviennent brusquement mais qui expriment ainsi\, de la façon la plus heureuse\, la progression de la joie dans l’âme.\nElle est d’abord très retenue\, tout intérieure et comme contemplative sur cantábo Dómino ; l’âme jouit de son Dieu et semble ne chanter que pour elle et pour lui sa musique profonde. Brusquement\, après la cadence en demi-ton\, un intervalle majeur du VIIIe mode monte sur qui bona ; l’idée de tout ce qu’elle a reçu\, et de ce qu’elle vient de recevoir\, à l’instant même\, dans l’Eucharistie\, excite à ce point la reconnaissance de l’âme qu’elle ne retient plus son chant ; il monte\, s’affirme – notez les notes doubles – s’éclaire d’une joie qui a comme besoin de s’épancher ; la cadence est encore en la mais les si b ont disparu et\, d’autre part\, toute impression de mineur en est écartée.\nSur cette idée de reconnaissance\, l’enthousiasme jaillit. On le sent déjà dans les premières notes légères de la deuxième phrase. Sur nómini\, il éclate\, vibrant\, et la mélodie monte aussi haut que peut monter la voix. Elle redescend sur les rythmes souples et légers de Dómini qui se courbent pleins de vénération et\, toujours sans souci des modes\, continuent à se courber gracieux et tendres et à se revêtir à nouveau de l’intimité contemplative sur la cadence en la de la fin\, claire et aimable comme un sourire heureux.\nIl n’y a qu’à suivre l‘expression pour être dans le juste mouvement.\nCommencez assez doucement. La première note de Dómino et la quatrième\, qui est la première du climacus\, pourront être légèrement allongées. Etalez un peu la cadence de míhi.\nLa montée sur nómini sera très en élan : la première phrase de ni allongée et le torculus très arrondi ; se complaire sur Altíssimi.\n  \n\nCantiques pour la Pentecôte\nPolyphonies pour la Pentecôte\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:La Fête du Sacré-Coeur
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nINTROÏT\nLE TEXTE\nLes pensées de son cœur de génération en génération (sont) qu’il enlève la mort de leurs âmes et qu’il les nourrisse dans leur faim. \nPs. – Exultez\, justes\, dans le Seigneur. Aux cœurs droits\, convient la louange. Ps. XXXII. 11\,19\,1. \nLa fête du Sacré-Cœur est la fête de l’amour du Christ pour les hommes. Cet amour est de toute éternité\, in generatióne et generatiónem\, car le Christ éternellement prédestiné n’a jamais cessé d’avoir\, à tout instant\, sa tendresse fixée sur les siens.C’est dans ce sens qu’il faut entendre ici ces paroles du Psaume. Le Verbe\, de toute éternité\, le Christ\, depuis le temps où il a prix forme humaine\, pas un instant n’a cessé d’avoir à la pensée tous les hommes et chacun des hommes pour les sauver et pour entretenir en eux sa vie par l’aliment de sa parole et de son Corps Eucharistique.\nL’Église\, en pleine conscience de ce que le Christ fait pour ses membres\, chante ces paroles\, comme un hommage de reconnaissance émue au Cœur infiniment miséricordieux\, puis elle appelle tous les fidèles à proclamer leur gratitude\, comme il convient aux cœurs droits. \nLA MÉLODIE\nLa moitié de la première phrase\, jusqu’à in generatiónem est empruntée à l’Introït Dómine refúgium du mardi de la première semaine de Carême\, le reste\, et jusqu’à la fin\, à différents passages de l’Introït Laetare du IVe Dimanche de Carême.\nLe premier emprunt donne satisfaction; il y a même une belle expression de gravité et d’humble réserve dans la modulation en la de Cordis ejus et le quilisma de generatiónem qui semble en amorcer la prolongation\, mais les rythmes bondissants de generatiónem y font succéder brusquement\, et sans raison\, une joie bruyante dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle n’est pas à sa place. Même sur les mots éruat a morte dans la phrase suivante\, est-elle bien ce qu’il faut ? La dernière incise est mieux adaptée\, mais un autre mode que le Ve eut été plus dans l’atmosphère\, Il faut bien le reconnaître.\nEn raison du texte\, il faut prendre un mouvement assez ample\, qu’on gardera bien vivant il va de soi; mais il s’impose pour garder à l’ensemble la gravité qui convient.\nFaites bien\, de la première phrase\, un seul mouvement en liant étroitement les incises entre elles; il faut surtout y veiller entre la première et la seconde. Ne forcez pas le crescendo de génératiónem. Le motif demande ici une expression toute différente de celle qu’il a dans l’Introït Laetare.\nRalentissez progressivement in fame.\nLe Psaume\, un élan joyeux. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nDoux et juste (est) le Seigneur. A cause de cela il donnera une loi (qui les sauvera) à ceux qui tombent sur le  chemin. \nVerset. – Il conduira les humbles dans la justice et enseignera aux doux ses voies. Ps. XXIV. 8\,9. \nA la fin de l’épître\, Saint Paul souhaite que par notre union avec le Christ\, présent dans notre âme\, nous puissions recevoir le sens de l’amour divin et que nous l’ayons au point que notre vie soit pleine de la plénitude de Dieu qui est Amour.\nL’ Église\, ici encore sous la forme d’une contemplation baignée de gratitude\, chante ce don de l’Infinie Miséricorde qui nous vient du Cœur de Jésus. Non seulement le Seigneur ne détruit pas le pécheur mais il l’aime au point de le relever\, de le reprendre en main\, de le guider sur le chemin où il est tombé et\, après l’avoir rétabli dans la justice\, de lui enseigner sa propre voie\, comme celle qui va droit à la Béatitude\, savoir : l’amour jusqu’au sacrifice. \nLA MÉLODIE\nL’intonation est celle du Graduel Ecce quonam bonum du XXIe Dimanche après la Pentecôte; le reste est calqué sur le Graduel Concupivit Rex\, de la messe Vultum tuum du commun d’une Vierge.\nNulle part la mélodie ne revêt d’expression très marquée. Le bel élan de début\, qui chante le Roi dans l’original\, se trouve ici sur et et\, encore que ce soit vers le seigneur qu’il monte il perd un peu de sa chaleur sur cette conjonction. Par contre\, sur la thésis de Dóminus\, l’âme trouve un très beau motif pour dire sa tendre vénération.\nIl y a plus de mouvement dans la seconde phrase\, mais l’élan de delinquéntibus a-t-il bien raison d’être\, sur ce mot de pénitence ? C’est encore au Roi qu’il s’adresse dans le Graduel Concupívit. In via est mieux servi\, il y a dans tout le motif une ferveur à travers laquelle chacun peut faire passer sa gratitude pour l’aide qu’il a reçue et continue de recevoir sur le chemin.\nLe verset\, tout entier calqué sur celui du Graduel Ecce quam bonum\, est mieux adapté au texte. Les deux mots mansuétos et mites ont toute la douceur qui convient et le mouvement\, en sa progression vers le sommet\, met bien en valeur docébit\, le mot de la miséricorde du Christ répandant sur les siens la lumière de l’infinie sagesse. L’Église pleinement consciente de tout ce qu’elle reçoit y trouve l’élan qu’appelle la ferveur de sa gratitude. La cadence finale\, dans le grave\, est très heureuse\, car elle évoque la plénitude et la profondeur de la joie que trouvent les doux sur les pas du Christ.\nOn veillera à faire de toute la première phrase un seul mouvement qui aura son arsis suprême sur les premières notes de et et qui sera lié.\nDans la seconde phrase\, le torculus de hoc sera très peu allongé et tout de suite relié à legem. L’accent de delinquéntibus est difficile à faire entre deux valeurs longues; y veiller. Relier étroitement in via à delinquéntibus.\nLe verset sera plus léger. On retiendra les cinq premières notes de mansuétos; ce don docébit\nsera souple. Garder à toute la reprise du chœur sa joie profonde. \nALLELUIA\nLE TEXTE\nPrenez mon joug sur vous. Et apprenez de moi que doux je suis\, et humble de cœur. Et vous trouverez la paix pour vos âmes. Math. XI.19. \nNotre Seigneur entre en scène et nous dit que pour expérimenter la douceur et la sagesse de son amour souhaitées par Saint Paul dans l’Épître\, chantées par l’Église au Graduel\, il faut prendre pour soi son joug\, c’est à dire se mettre sous sa volonté. N’est ce pas là tout l’amour ? C’est alors seulement que nous en saisirons les mille délicatesses et que nous comprendrons toute la miséricorde qu’il déploie sur le chemin pour nous garder dans sa paix. \nLA MÉLODIE\nElle revêt cette invitation à l’amour et à la paix d’une tendresse très vive que d’aucuns peuvent même trouver exagérée ou tout au moins pas assez spirituelle.\nL’intonation est très belle. Quelle admirable invitation\, pénétrée de douceur humble et tendre ! La phrase suit dans le même sentiment\, et\, est bien adaptée\, à part peut-être que méum est trop séparé de jugum et qu’il a un développement excessif pour la simplicité de Notre Seigneur. La cadence super nos par contre\, a une nuance de supplication très simple mais prenante.\nLa seconde phrase\, elle aussi\, est de bonne venue\, mais on s’explique mal le long développement neumatique de et encore qu’il ne fasse qu’un avec le mot humilis\, bien ardent d’ailleurs lui-même pour chanter l’humilité. La même critique pourrait s’appliquer à réquiem\nqui reprend le même motif. Sans doute l’auteur s’est-il plus préoccupé de l’expression de l’ensemble que de celle des détails.\nIl ne faut pas pousser l’expression en chantant : elle est à son extrême limite dans le texte. Que les pressus par exemple soient trop appuyés et il y aura un excès de sensibilité déplorable. Il faut\, ici plus que partout\, les préparer de loin et en faire un simple épanouissement de l’arsis. Liez bien les grandes descentes. Elargissez les larges intervalles de et et de réquiem. Mêlez à la tendresse la virilité ferme et forte. \nOFFERTOIRE\nC’est la première partie de l’Impropérium du Dimanche des Rameaux; le chant du Christ qui se plaint de n’être pas aimé.\nCe chef d’œuvre garde toute sa beauté ici. Mais comme on regrette que la cadence finale en VIIIe mode soit si brusquement amenée. Elle y perd toute sa valeur de plainte. Il faut y faire un grand ralenti depuis non pour pallier à ce défaut. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nUn des soldats\, de sa lance\, son côté ouvrit et aussitôt il sortit du sang et de l’eau. Jean XIX.34. \nCe sang et cette eau ont toujours été regardés comme le symbole de la grâce sortant du Christ immolé pour se répandre sur les hommes : le sang symbole de l’Eucharistie\, l’eau symbole du Baptême. Mais par delà la grâce\, c’est l’amour qu’ils symbolisent : le Christ nous donnât jusqu’à la dernière goutte de son sang et nous appelant à lui donner notre vie dans la mesure où il nous la demande.\nC’est sans aucun doute\, ce symbolisme sacré qui a fait choisir ce verset comme Communion. Chanté par l’Église au moment où le symbole devient la divine réalité du Christ et de l’âme se donnant l’un à l’autre\, victimes l’un et l’autre de l’amour\, il prend un relief particulièrement émouvant. \nLA MÉLODIE\nL’original se trouve au 5 Juin pour la fête de Saint Boniface sur le texte que voici : « Celui qui vaincra\, je lui donnerai de s’asseoir avec moi sur mon trône. » Ce sont des paroles riches de gloire d’où la forme légère et joyeuse de la mélodie. Encore que l’Église ait lieu d’être toute à la joie à cause des grâces qui se cachent sous la cruelle réalité du Christ immolé\, on aimerait que sa joie fut moins extérieure. Peut-être y a-t-il ici quelque chose de trop léger pour un texte si chargé de mystère.\nIl faut chanter l’ensemble plutôt lentement pour garder à ces paroles si profondes et si mystérieuses la gravité qui convient. Retenez discrètement la cadence en si de apéruit et faites celle de aqua bien expressive. \n  \n\nCantiques pour le Sacré-Coeur\n\nPolyphonies pour le Sacré-Coeur\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Dimanche dans l'Octave du Sacré-Coeur
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : Au peuple qui lui a demandé un roi\, Dieu a donné Saül. Samuel le consacre. (1. Rois\, IX-X) \nEPITRE : Il faut s’abandonner au Seigneur\, lui remettre ses soucis\, et lui faire confiance. (1 Pierre. V. 6-II.) \nEVANGILE : Les paraboles de la brebis et de la drachme retrouvées. (Luc XV\, 1710.) \nCe dimanche est\, comme le précédent\, sous le signe de la miséricordieuse bonté de notre Dieu qui nous sollicite\, nous poursuit et n’a de cesse qu’elle ne nous ait ramenés dans la voie du bonheur\, si nous nous en écartons.C’est par miséricorde que Dieu donne à son peuple le roi sage qu’il sollicite. Plus avisée que les juifs\, l’Eglise demande au Seigneur\, dans la collecte\, de faire un acte de miséricorde plus marqué encore et d’être lui-même notre guide dans notre marche\, à travers les joies de la terre\, vers les joies éternelles. Il lui répond dans l’Epître\, par la voix de Saint Pierre\, de ne pas se soucier à l’excès mais d’avoir confiance en lui qui\, après les inévitables souffrances de la vie\, « nous appellera à son éternelle gloire  » Et Notre Seigneur Jésus-Christ lui-même vient nous dire à l’Evangile\, en deux émouvantes paraboles\, jusqu’où va sa miséricorde; jusqu’à laisser tout le troupeau pour la brebis perdue qu’il cherche et qu’il ramène sur ses épaules; jusqu’à bouleverser toute la maison pour retrouver la drachme qui manque au trésor\, afin de se réjouir\, avec le ciel entier\, d’avoir enfin tout son monde avec lui…Comme cet office\, sans que l’auteur ait eu l’idée de l’y adapter\, entre bien dans la liturgie de la fête du Sacré-Cœur ! \nINTROIT\nLE TEXTE\nRegarde-moi et prends-moi en pitié. Seigneur. Car je suis seul et pauvre. Vois mon abaissement et ma peine\, et pardonne-moi tous mes péchés.Ps. – Vers toi\, Seigneur\, j’ai élevé mon âme. Mon Dieu\, en toi je me confie\, je n’aurai pas à rougir. Ps. XXIV\, 16\, 18\, 1\, 2.Ces deux versets sont ici\, comme ils l’étaient sur les lèvres de David\, l’appel vers Dieu des âmes qui sont loin de lui; brebis perdues\, égarées ou seulement appelées à plus d’amour et qui\, conscientes de leurs fautes\, de leurs misères\, de leurs impuissances\, attendent l’aide du Divin Pasteur pour retrouver l’intimité et la douce chaleur du bercail. \nLA MÉLODIE\nC’est une prière très humble et très aimante.Elle est d’abord discrète\, réservée dans la première incise. On sent que l’âme a conscience de son péché\, de sa faiblesse; mais elle n’est pas accablée\, elle n’est pas triste non plus. Elle aime et elle sait qu’elle est aimée: d’où ce ton de confiance simple\, intime de réspice in memiserére mei. Il y a là une très belle supplication\, retenue encore\, mais émouvante de simplicité et de tendresse. Elle s’avive au cours de la seconde incise\, à mesure que l’âme expose sa misère. Quoniam inops et pauper sum ego est un très beau mouvement. Doucement relié au mot Domine par les deux notes longues qui entourent le quilisma\, il se renforce sur le salicus de la dominante et atteint toute sa puissance d’expression sur pauper sum ego. La progression est très mesurée; ce n’est pas un cri\, ce n’est toujours qu’une pression ardente certes mais humble. C’est peut-être d’ailleurs sur les groupes thétiques : la clivis allongée de pauper et le pressus de ego\, que la prière est la plus émouvante. Elle y prend un ton de plainte délicate\, qui n’ose pas insister\, mais qui est irrésistible par la tendresse dont elle s’enveloppe.Dans la seconde phrase\, l’âme plaide plus qu’elle ne prie. Elle étale sa misère et insiste pour que le Seigneur la voie; notez le retour au do de la tristropha et du pressus\, la courbe descendante de humilitatem meam qui parle par elle-même\, et la remontée sur laborem\, lourde de tout le poids de la peine qu’il faut porter.La troisième phrase a quelque chose de grave qu’on ne trouve pas dans les deux autres. La misère y est précisée: peccata\, pardonne-moi mes péchés. C’est une prière de contrition\, d’où cette touche de honte\, cette nuance de regret qui retient la mélodie sur les notes basses. Il n’y a que sur Deus meus que la supplication retrouve son expression de tendresse et de confiance heureuse.Celle-ci passe dans le psaume\, qui s’élève comme un beau chant d’espoir joyeux et fort.Chantez très simplement la première incise en balançant bien le motif de miserere mei; la première note de ré légèrement allongée. Veillez à ne pas faire de contraste avec la seconde; il faut ménager la transition sur quoniam et mener le crescendo progressivement.Dans la seconde phrase\, arrondissez et élargissez quelque peu les notes isolées de vide humililatem. La thésis qui enveloppe toute la phrase se continue dans la suivante jusqu’à Deus meus; il faut la conduire progressivement. comme on aura conduit l’arsis de la première. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nJette ton souci sur le Seigneur et lui-même t’aidera.Verset. – Dès que j’ai crié vers le Seigneur il a exaucé ma voix. Ps. LIV.23\,17\,19.Ces versets\, ainsi arrangés\, forment un tout qui entre dans le cadre liturgique de ce Dimanche comme une très belle paraphrase de l’Epître. Le premier\, en effet\, reprend\, presque mot pour mot\, la parole de Saint Pierre « jetez en lui toutes vos sollicitudes car lui-même prend soin de vous ». L’Eglise le chante pour encourager à la confiance\, pousser à l’abandon la brebis de l’Introït qui\, dans sa détresse\, appelait l’aide du Seigneur et qui se sent peut-être quelque peu effrayée de la parole de l’apôtre évoquant le lion rugissant qui rôde sans cesse et la souffrance des croix qui se profilent sur le chemin du bercail. Elle ajoute\, pour la réconforter plus efficacement encore\, le témoignage de sa propre expérience. « Dès que j’ai crié vers lui j’ai été exaucée. » \nLA MÉLODIE\nL’intonation est gracieuse\, aimable; c’est tout. Mais aussitôt la mélodie s’élève en un élan où passent\, non seulement de la sympathie\, mais la force d’une expérience heureuse qui veut se communiquer. Il met tuum en plein relief et s’épanouit sur Domino en une très belle nuance de vénération pénétrée de gratitude. L’incise qui suit chante la miséricorde du Seigneur. Quelle insistance sur te ! Les deux clivis allongées\, les deux doubles notes\, et le mouvement qui va\, de plus en plus arsique\, vers la distropha et la bivirga de la cadence; comme si l’Eglise sentait le besoin d’aller au-devant de l’objection que l’âme pourrait faire de son indignité en l’assurant avec force de l’amour attentif que lui porte le Seigneur. La mélodie enveloppe ensuite enutriet d’une gravité où se mêlent de la gratitude et une nuance de joie délicate pour finir. \nALLELUIA\nLE TEXTE\nDieu un juge fuste\, fort et patient. Est-ce qu’il va s’irriter à longueur de jour? Ps. VII. 12.L’interrogation qui termine ce verset est à prendre dans le sens négatif. Le psalmiste veut dire que le Seigneur a sa justice en main\, qu’il l’appliquera à son heure et qu’il est assez patient pour supporter ce qu’on lui fait sans avoir à se mettre en colère à chaque instant.Cette parole est encore pour la brebis égarée loin du bercail. L’Eglise la lui chante moins pour l’amener à la crainte que pour l’encourager au contraire à avoir confiance en la patience du Seigneur qui n’est en colère que contre celui qui s’obstine. \nLA MÉLODIE\nDeus judex justus est revêtu d’une solennité ferme et forte qui s’impose\, avec une nuance de sévérité très marquée dans la descente si rythmée sol-re-mi-do et. plus encore. dans la remontée en quinte au sol et au si. Fortis a la même expression. Patiens\, par contre\, est très lié\, avec quelque chose de doux et d’aimable ; l’insistance qu’y mettent le salicus et le quilisma et sa place au sommet de la mélodie montrent bien que l’Eglise a voulu le mettre en relief très marqué\, d’autant que la phrase suivante se développe\, elle aussi\, dans celte atmosphère paisible. On pourrait même trouver\, sans forcer l’expression\, une fine pointe d’esprit sur cette interrogation quelque peu ironique.La formule finale s’en dégage dans une splendide montée de joie; la joie de l’âme\, heureuse de la patience dont Dieu l’a si généreusement gratifiée. Aussi bien\, cette joie\, qui est celle de l’Alleluia\, enveloppe toute la pièce et en fait un autre beau chant de réconfort pour l’âme retenue loin de Dieu et un hommage de louange à la miséricorde du Bon Pasteur que nous allons voir à l’œuvre dans l’Evangile. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nQu’ils espèrent en toi Ceux qui connaissent ton nom\, Seigneur\, car tu n’abandonnes pas ceux qui te cherchent. Chantes au Seigneur qui habite en Sion car il n’a pas oublié le cri des affligés. Ps. IX. 11\, 12\, 13.Le Psaume IX est un chant par lequel David exprime à Dieu sa reconnaissance pour l’aide qu’il en a reçue. Il est d’abord pure louange\, mais\, au verset 11\, le psalmiste à l’idée de tous ceux qui comme lui passent par des heures difficiles\, lance un souhait qui va vers Dieu et vers eux à la fois: puissent-ils faire comme j’ai fait: espérer en toi. Cette parenthèse close\, il reprend sa louange: Psallite\, chantez au Seigneur.Après le récit des paraboles de la Brebis et de la Drachme retrouvées\, ces trois versets sont le chant de l’Eglise émue par la miséricorde du Seigneur dont un exemple si touchant vient de lui être mis sous les yeux. Elle souhaite que les âmes en détresse recourent à lui\, lui fassent confiance et le louent de sa sollicitude à tout instant en éveil. \nLA MÉLODIE\nLe IIIe mode donne à tout ce chant un caractère d’intériorité émue qui traduit admirablement le sentiment de gratitude profonde qui est au fond de l’âme\, en même temps que la sympathie à ceux qui sont dans l’épreuve. C’est une mélodie qui n’a pas d’éclat; on n’y trouve pas non plus les accents de supplication ardente que nous trouvions sur les mêmes mots dans le Graduel de la Septuagésime. C’est plutôt dans une atmosphère de contemplation paisible que l’Eglise formule son souhait.Après un départ bien en mouvement sur Sperent\, avec l’accent du désir qui monte vif et fervent\, les retombées sur si donnent tout de suite un ton d’intimité que le beau mouvement de nomen tuum\, avec les deux clivis allongées\, fait plus expressif encore et plus délicat.Dans la seconde phrase\, la fermeté de la confiance est très marquée par le salicus de non\, la triple note de derelinquis\, la cadence sur fa\, avec sa nuance de paix heureuse qui se prolonge sur quaeréntes et la belle cadence en sol si si assurée.Vient alors l’invitation à la louange. Pour la cinquième fois\, le motif sol-la-do-si-do donne le branle. Sur la tristropha douce et ardente à la fois\, l’invitation se fait pressante\, mais dans la même atmosphère d’intériorité ; le motif de Domino le dit assez avec sa cadence en fa. Aussi bien\, l’âme tout de suite s’arrête et contemple. L’incise qui habitat in Sion est très caractéristique de cette contemplation par ses neumes à degrés conjoints se répétant trois fois sur des motifs semblables et\, plus encore\, par sa cadence en fa prolongée par la tristropha. L’âme est fixée sur le Seigneur qui\, de Sion\, veille sur les siens.Elle se reprend sur quoniam non pour exprimer une dernière fois sa confiance. Le motif rappelle de très près celui qui revêt les mêmes mots dans le Graduel de la Septuagésime\, mais ici la contemplation qui le baigne encore lui enlève de son ardeur communicative. La cadence finale est admirable de tendresse et de gratitude heureuse. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nJe vous le dis\, il y a de la joie chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui fait pénitence. Luc XV. 10.Dernier mot de l’Evangile. Parole merveilleuse qui ouvre devant nous les horizons des joies célestes et nous permet d’y percevoir quelque chose des répercussions qu’ont sur tous les anges les actes de repentir de nos pauvres âmes. Le Christ Jésus dit ces paroles au moment de la communion comme pour atténuer la peine qui pourrait se lever en nous\, au moment où nous nous reposons sur lui dans la chaleur du bercail\, au souvenir de la brebis égarée\, entêté\, paresseuse ou fuyante que nous fûmes: « Je vous le dis en vérité\, il y a de la joie chez les anges…. \nLA MÉLODIE\nC’est bien la joie\, simple\, vive\, ardente aussi. Notez cette intonation montant au ré et s’y posant dans la belle lumière d’un sourire plein de tendresse heureuse\, puis les rythmes légers allant vers la cadence de Dei\, gracieuse et pénétrée de vénération\, enfin le mot paeniténtiam retenu dans la paix qui enveloppe tout et s’achevant sur la cadence en fa qui tombe comme un soupir de bonheur profond.  \n\nPolyphonies pour tous les temps\nCantiques pour tous les temps\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Quatrième dimanche après la Pentecôte
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n\n\n\nIDÉE CENTRALE : La Providence. Dieu dispose tout avec force et douceur pour qu’à travers la béatitude des hommes qui veulent se laissez guider\, se réalise sa gloire. Cette Providence se manifeste avec éclat dans l’histoire de David et de Goliath. L’enfant aux cheveux roux\, choisi à un moment critique de l’histoire d’Israël\, tue avec sa fronde le géant tout armé et sauve le peuple. Figure du Christ qui triomphera de Satan et sauvera le monde.Il ne suffit pas toutefois d’être dirigé\, il faut se laisser diriger\, c’est ce que l’Église demande dans la Collecte : « Seigneur que le cours du monde soit pour nous paisible sous la conduite de votre Providence ».Il restera les épreuves ; elles sont les inévitables fruits du péché mais St. Paul\, à l’Épître\, nous dit qu’il n’y a pas de proportion entre elles et la gloire qui les dépasse infiniment et qu’elles sont\, comme toute chose\, des moyens dont Dieu se sert pour notre béatitude.Enfin\, ce soin que Dieu prend du monde est illustré\, à l’Évangile\, par l’incident de la pêche miraculeuse. Le Christ conduit la barque au bon endroit et\, là où ils ont pêché en vain toute la nuit\, les apôtres prennent tant de poissons que leurs filets se rompent. Figure de l’Église qui\, sous la direction du Christ et de Pierre qui le représente\, s’en va prendre les hommes pour les amener à Dieu\, leur Béatitude. \n\n\n\nINTROÏT\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nLe Seigneur est ma lumière et mon salut\, qui craindrai-je ? Le Seigneur est le défenseur de ma vie\, de qui aurai-je peur ? Ceux qui me persécutent\, mes ennemis\, ont trébuché et sont tombés. \n\n\n\nPs. – S’il se dresse devant moi une armée\, il ne craindra pas\, mon cœur. Ps. XXVI. 1\, 2\, 3. \n\n\n\nLe Psaume XXVI est un chant de confiance triomphante. Dans la lumière d’en haut\, le Psalmiste a une conscience si vive de la force protectrice de Dieu autour de lui qu’il se laisse aller à un enthousiasme qui frôle la témérité.Dans le cadre liturgique de ce Dimanche\, consacré à la Providence\, il n’y a rien à ajouter à ces deux versets. L’Église\, éclairée par le Christ son chef\, sait que tout est disposé pour la gloire du Père et\, qu’en fin de compte quoi qu’il arrive\, c’est elle qui aura le dernier mot. Elle le dit à la face de ses ennemis et de Satan leur chef\, qu’elle voit\, dans une vision proche ou lointaine trébucher et tomber les uns sur les autres. \n\n\n\nLA MELODIE\n\n\n\nElle donne à ce texte déjà si expressif par lui-même un ton de confiance joyeuse\, enthousiaste\, vibrante\, avec même cette nuance de défi que l’on trouve dans les élans de foi d’une jeunesse bouillante d’ardeur. Aussi bien\, c’est l’Église éternellement jeune qui chante l’infinie puissance de son chef ; le vainqueur de la mort et de Satan.Des notes longues\, sans cesse ramenées au fa par la tierce inférieure\, donnent à la première phrase une force extraordinaire. Il n’y a pas d’éclat ; c’est une volonté qui se pose\, assurée\, ferme comme une ligne infranchissable.L’enthousiasme qui a déjà monté sur quem timébo s’élève plus ardent sur Dominus qui\, au début de la seconde phrase\, reprend à la quinte supérieure\, le motif de l’intonation. Toutes les affirmations sur fa s’en trouvent renforcées\, amenant\, pour finir\, cet admirable cri de fierté audacieuse\, quelque peu téméraire même : a quo trepidabo ?L’idée de la troisième phrase est autre : l’Église voit ses ennemis défaits. Elle se laisse aller à la joie\, une joie qui est débordante\, dès le début\, sur qui tribulant ; le motif qui glorifie le Christ dans le verset du Graduel Christus factus est\, le Jeudi Saint .Elle se revêt ensuite d’une autorité et d’une force qui\, sur les notes longues de mei et de infirmati sunt a quelque chose de dur\, comme l’épée du vainqueur sur l’ennemi prosterné.Le Psaume est dans le même esprit de confiance et de bravoure. \n\n\n\nGRADUEL\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nSois propice\, Seigneur\, à nos péchés afin qu’elles ne disent pas \, les nations  : Où est leur Dieu ? Verset. Aide-nous\, Dieu notre salut\, et\, pour l’honneur de ton nom\, Seigneur\, libère-nous. Ps. LXXVIII. 9\, 8. \n\n\n\nLe Psaume LXXVIII est une élégie sur la destruction de Jérusalem. Pour finir\, le peuple désolé\, qui voit dans cette épreuve le châtiment du péché\, supplie le Seigneur de lui pardonner et de le délivrer.C’est de cette supplication qu’est fait ce Graduel. Il est chanté une première fois\, le samedi des Quatre-Temps du Carême. Il est tout à fait à sa place en cette période de pénitence. Ici de même après la lecture de l’Épître. Saint Paul nous dit  : « La création a été assujettie à la vanité\, mais elle vit dans l’espoir qu’elle sera affranchie de la servitude de la corruption pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants de Dieu. » L’ Église demeure sur cette idée ; elle vit\, dans cette servitude qui attache le monde à la vanité\, la grande épreuve devant laquelle tout succombe et elle supplie le Seigneur\, qui de tout tire son bien\, de la dégager de cet esclavage et de le faire servir à sa gloire\, selon les desseins de le Providence qui a bien disposé toutes choses et cela pour l’honneur de son nom\, car il a promis. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nC’est une très belle prière\, humble\, grave avec des accents d’intense ferveur.L’intonation\, quelque peu sombre\, est admirablement adaptée à une demande de pardon. Sur la double note du début\, comme sur la retombée de esto\, la supplication vraiment monte de très bas\, on sent l’âme courbée dans le repentir de ses fautes. Cette pression se développe sur le beau motif de Domine\, presque exclusivement réservé au nom divin \, mais\, discrètement\, timidement. C’est seulement sur peccatis que la ferveur pousse la mélodie ; l’élan est alors admirable\, très priant\, émouvant même. Très vite arrêté\, comme il convient à la prière humble\, il se détend sur nostris en une cadence en demi-ton qui supplie délicatement.Les phrases suivantes ne sont plus de la prière pure. L’âme plaide plus qu’elle ne demande. Elle fait valoir habilement les railleries des nations idolâtres qui monteront en fait vers le Seigneur s’il ne se décide pas à agir  : « Où est-il leur Dieu ? » Il y a quelque chose de plus vif dans la mélodie\, sur dicant en particulier et sur gentes\, mais sans éclat\, comme en une atmosphère de honte.Le mouvement est encore plus prononcé\, plus dégagé\, plus hardi sur ubi est ; l’insistance plus vive aussi – notez les deux notes doubles – mais l’attitude humble demeure\, notamment sur la descente retenue de eorum. \n\n\n\nAdjuva nos Deus monte comme un appel pressant qui devient peu à peu sur Deus noster comme un cri angoissé\, et qui se détend ensuite en cadence empreinte de tristesse. C’est le motif qui chante l’exaltation du Christ dans le verset du Graduel Christus factus est ; il faut bien admettre qu’il se prête parfaitement ici à cette ardente supplication.Vient ensuite\, comme dans la première partie\, le plaidoyer. Il est très insistant sur honorem ; notez les épisèmes horizontaux. Formule centon qui reçoit des emplois divers mais qui est ici fort bien adaptée car elle donne un relief considérable au mot qui fait la valeur de l’argument devant Dieu  : honorem\, son honneur. Brusquement\, sur nominis tui\, la mélodie devient un récitatif tout simple. Il est d’un grand effet. L’âme\, à l’évocation du nom divin\, se fait à nouveau toute humble et pleine de vénération\, et c’est dans une atmosphère de supplication discrète et pénétrée de repentir qu’elle chante le mot qui demande la délivrance : libera nos. Les notes longues\, les épisèmes horizontaux\, les répercussions de la finale y mettent l’accent peut-être le plus émouvant de toute la prière. \n\n\n\nALLELUIA\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nDieu qui sièges sur ton trône et juges selon l’équité\, sois le refuge des pauvres dans la tribulation. Ps. IX. 5\, 10. \n\n\n\nLe Psaume IX est une louange au Seigneur. Israël chante sa délivrance et remercie Dieu de l’avoir sauvé. Au verset 5 on lit  : « Tu m’as fait justice. Tu t’es assis sur ton trône\, toi qui juges selon l’équité\, »  et au verset 10 : « Le Seigneur s’est fait le refuge du pauvre\, ».En mettant les verbes à l’impératif on a transformé ce texte de louange en prière. L’objet en est le même que dans le Graduel : un appel au Seigneur pour que\, délivrés de cette vanité du créé qui retient en nous l’épanouissement de la vie de Dieu\, nous réalisions ce que Dieu veut de nous\, dans sa Providence\, pour sa Gloire et notre Béatitude. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nIl faut évidemment la chanter comme une prière\, en notant bien toutefois qu’elle n’est pas une supplication ardente comme le Graduel.La première phrase est moins une prière proprement dite qu’un titre donné à Dieu\, et la mélodie la traite comme telle. Deus a quelque chose de simple\, d’aimable\, on dirait bien de familier. L’incise de qui sedes super Thronum\, elle\, est comme une admiration de la majesté de Dieu. Prise par l’image évocatrice des splendeurs célestes\, l’âme est comme fixée en contemplation. Elle oublie qu’elle demande et ce qu’elle demande\, elle admire et jouit\, berçant sa joie sur des rythmes souples qui montent et s’élargissent\, à mesure que se déploient les beautés qui s’offrent à elle. C’est le même procédé que dans le Graduel Qui sedes du IIIe Dimanche de l’Avent. La formule n’est pas originale\, on la trouve dans le verset du Graduel Benedictus\, le Dimanche dans l’Octave de l’Épiphanie\, elle est là aussi une contemplation de la paix et de la justice qui viendront des montagnes et des collines\, sur le peuple. La même formule encore chante\, dans le Graduel Clamaverunt de la messe Salus autem du commun de plusieurs martyrs\, la paix qu’apporte le Seigneur à ceux qui sont dans la tribulation.Dans la deuxième phrase\, qui\, elle\, est bien l’exposé de la demande\, la mélodie est vraiment déprécative\, notamment dans la montée de esto et plus encore dans la descente de pauperum\, retenue si à propos par l’influence du quilisma\, mais la prière demeure simple et sans pression ; tout au plus pourrait-on déceler quelques accents plus marqués dans le jubilus sur les virgas des sommets. \n\n\n\nOFFERTOIRE\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nÉclaire mes yeux\, de crainte que je ne m’endorme dans la mort\, de peur qu’il ne dise mon ennemi  : j’ai prévalu sur lui. Ps. XII. 4\, 5. \n\n\n\nLe Psaume XII est la prière d’un malheureux dans l’épreuve\, qui se croit abandonné de Dieu. Il se plaint d’abord puis\, de la plainte\, jaillit la supplication dont est fait cet Offertoire : Éclaire mes yeux assombris\, obscurcis par la tristesse\, les soucis\, les larmes… que je voie la force que tu es\, ou alors le sommeil de la mort va venir et ce sera sur moi le cri de triomphe de l’ennemi  : Je l’ai vaincu.Cet offertoire est chanté une première fois le samedi qui précède le Troisième Dimanche de Carême. Il fait suite\, là\, à l’histoire de l’Enfant prodigue et il est bien alors la voix du malheureux qui commence à se repentir.. et la nôtre. Ici on voit moins comment il s’adapte à l’Évangile de la pêche miraculeuse. On pourrait peut-être le mettre sur les lèvres de Saint Pierre. Celui-ci est en effet d’autant plus attitré à faire cette prière qu’il s’endormira hélas  ! à l’heure la plus dangereuse de sa vie et que\, faute d’avoir les yeux ouverts\, il se laissera prendre au piège de Satan jusqu’à renier son Maître. Mais sans doute est-il mieux encore d’en faire le chant de l’Église. Elle est symbolisée ici par la barque\, le Christ et les futurs apôtres. C’est Notre-Seigneur qui les guide vers le large et leur fait jeter le filet au bon endroit. Sans lui point de pêche fructueuse et bientôt la tempête. Sans lui\, maintenant encore\, qu’en serait-il de la barque  ?L’Église a conscience de la lumière qu’il lui faut. Elle la demande à Dieu afin que\, guidée par sa Providence vers les bancs poissonneux\, elle sache jeter le filet\, éviter les écueils\, tenir bon contre les vents forts et contraires et que\, toujours en éveil\, toute dans la clarté et forte de la force du Christ\, elle tienne en respect l’ennemi et l’empêche de prévaloir. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nLa première incise est une prière toute simple sans insistance ni pression ; le ton est aimable\, familier\, avec une nuance de tendresse délicate sur la cadence en mi du IVe mode. La montée sur meos a un peu plus de mouvement\, et une touche de crainte se perçoit déjà sur le demi-ton de la cadence en la. C’est la peur qui monte. Elle éclate sur nequando. Il y a sur la double note qui attaque brusquement le do – c’est une bivirga épisématique – comme un frisson ; il passe ensuite dans toute l’incise particulièrement marqué dans la descente de nequando sur fa et sur le pressus de obdormiam. Mais c’est sur morte que l’anxiété est le plus marquée ; la triple note du sommet – une trivirga dont les deux premières sont épisématiques – amenée par la clivis allongée\, et la cadence sur mi font ce motif vraiment chargé d’angoisse.Peut-être la frayeur croît-elle encore dans la seconde phrase ; il y a comme une répulsion d’horreur sur le motif de dicat\, répété sur inimici\, la triple note là encore\, est une trivirga\, les deux premières épisématiques.Praevalui adversus eum est traité en style direct ; c’est l’ennemi lui-même qui parle. La mélodie qui descend\, de plus en plus lourde\, évoque la pression progressive de l’ennemi qui écrase son adversaire en disant lentement et avec un accent de joie mauvaise\, à mesure qu’il le sent perdre vie\, le mot de son triomphe  : Je l’ai eu … Cette descente est unique dans tout le répertoire. Quel réalisme ! La joie du vainqueur continue sur adversus eum\, plus légère\, mais bien marquée là aussi\, par le mouvement du début do-fa-re-mi et surtout par les deux tristrophas encadrant le motif sol-la-sol-re. Il n’est pas jusqu’à la cadence du IVe mode\, si mystique d’ordinaire\, qui ne sonne ici comme un ricanement moqueur. \n\n\n\nCOMMUNION\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nLe Seigneur est mon firmament\, et mon refuge\, et mon libérateur ; mon Dieu\, mon aide  ! Ps. XVII. 3. \n\n\n\nNous retrouvons pour finir cette messe la belle confiance du début. Dans la communion\, l’âme a pris conscience de la force du Christ en elle\, elle sent qu’il la protège\, et que par lui\, avec lui\, en lui\, elle surmontera les épreuves de chaque jour\, et qu’elles finiront\, ces épreuves\, en poids de gloire. De cette certitude lumineuse\, la joie jaillit en elle et pour l’exprimer\, elle ne trouve pas mieux que les paroles\, surchargées d’épithètes symboliques par lesquelles David remerciait Dieu de l’avoir protégé  : le Seigneur est le firmament qui la couvre\, l’atmosphère où elle respire\, le refuge où elle se cache; il est son libérateur ; celui qui lui permet\, comme jadis au petit David\, de vaincre le Goliath de toujours. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nUne joie douce où passent les ardeurs d’une tendresse reconnaissante l’enveloppe toute.L’intonation sur le nom divin est gracieuse. Tout de suite après\, la ferveur se déploie en accents vifs et délicats sur les pressus de firmamentum\, les quilismas de refugium et de meum ; elle va jusqu’à l’enthousiasme sur liberator meus ; un enthousiasme qui monte\, retenu\, mesuré avec les torculus et s’épanouit à loisir sur les deux pressus.La seconde phrase est plus douce et plus tendre surtout le premier Deus meus. Admirable mot d’amour que l’âme adresse directement à Dieu et qui rappelle le Rex meus et Deus meus de la Communion Passer invenit du IIIe Dimanche de Carême. Adjutor meus\, sur le motif de firmamentum meum renforce encore la protestation d’amour et l’achève en une cadence paisible et heureuse. \n\n\n\n\nCantiques pour tous les temps\n\n\n\nPolyphonies pour tous les temps\n\n\n\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Cinquième dimanche après la Pentecôte
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : David pleure Saül et Jonathas (II Rois. 1) \nÉPITRE : Conseils de Saint Pierre sur la charité. (I Pierre III. 8) \nÉVANGILE : Notre-Seigneur demande que la justice et la charité ne soient pas seulement extérieures (Math. V. 18) \nIDÉE CENTRALE : Il semble qu’on peut faire de la pratique de la charité et spécialement de la charité fraternelle l’idée centrale de ce dimanche. \nDavid nous en offre un émouvant exemple en pleurant Saül\, qui le jalousait à mort\, aussi bien que Jonathas qu’il aimait comme un frère. La collecte nous fait demander dans une admirable formule ce qui en est le principe : le sentiment de l’amour de Dieu « afin que nous l’aimions en tout être et plus que tout être\, in omnibus et super omnia« . \nDans l’Épître\, Saint Pierre nous en enseigne la pratique et Notre-Seigneur lui-même\, dans l’Évangile\, nous recommande avec instance d’avoir une justice imprégnée d’une charité qui soit douce et qui mette la réconciliation avant le sacrifice\, car on ne saurait aimer Dieu sans aimer le prochain. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nÉcoute\, Seigneur\, ma voix qui crie vers toi. Sois mon aide ; ne m’abandonne pas et ne me délaisse pas\, Dieu\, mon salut.  \nPs. – Le Seigneur est ma lumière et mon salut\, qui craindrai-je ? Ps. XXVI. 7\, 9\, 1. \nC’est encore le Psaume XXI\, comme dimanche dernier\, mais on a choisi\, cette fois\, pour l’antienne\, les versets qui expriment la confiance suppliante\, et réservé pour le psaume\, ceux qui chantent la confiance enthousiaste.\nAinsi composé\, cet Introït se présente comme la prière d’une âme qui a besoin de Dieu\, qui ne sent pas assez sa présence aimante et qui a peur d’être délaissée. Ce n’est pas que la confiance  lui manque absolument mais elle ne monte pas. \nL’objet de sa prière n’est pas précisé\, mais rien ne s’oppose à ce que ce soit la charité précisément. L’âme peut demander que le Seigneur lui donne de sentir son amour dans l’intimité\, comme le fera le prêtre dans la collecte. Elle peut demander le secours du Seigneur pour la pratique de l’amour du prochain qu’elle trouve parfois si difficile\, qui est si délicate et où elle sent que\, d’elle-même\, elle ne peut rien. \nDans le Psaume\, comme si elle était déjà exaucée\, l’âme sent sa confiance renouvelée; elle lance\, avec une ferme assurance cette fois\, le cri enthousiaste de dimanche dernier : « Le Seigneur est ma lumière\, qui craindrai-je ? » \nLA MÉLODIE\nLa première phrase est d’une très grande simplicité. Aucun sentiment n’est poussé. L’âme n’est ni accablée\, ni angoissée\, humble certes\, mais rien de plus. Il y a un accent plus marqué sur la première clivis de Domine mais on ne saurait dire si c’est de la supplication ou de l’amour\, encore qu’une nuance de plainte monte sur le salicus de meam. Clamavi descend et remonte alourdi par les clivis allongées : la cadence sur fa par le salicus renouvelle la plainte toujours très délicate – si c’en est une – et c’est tout. Aussi bien cette première phrase n’est pas la prière proprement dite\, elle est seulement comme une demande de prise en considération ; le cri suppliant qu’elle annonce ne s’élève qu’au début de la seconde. \nIl n’est pas véhément ; il monte  graduellement du ré au do où il atteint\, sur la bivirga épisématique de esto\, son maximum d’intensité et d’expression. La mélodie revient ensuite au calme du début. L’âme continue à faire pression mais c’est tout à fait à l’intérieur\, dans l’intimité paisible où elle s’entretient avec le Seigneur. On notera particulièrement les podatus de derelinquas\, la retombée sur me\, et toute l’incise de neque despicias me dont le quilismas\, le porrectus et le mouvement très lié et très gracieux sont si caractéristiques de la douce pression que permettent les relations d’amitié. Deus meus est une exclamation. Le porrectus allongé\, la cadence sur do\, très douce et retenue par la virga pointée et la distropha\, la remontée sur le salicus et enfin la cadence mystique du IVe mode l’enveloppent d’une tendresse qui relie admirablement la confiance suppliante du début à la confiance triomphante du Psaume\, comme si cette pression aimante avait obtenu la grâce demandée. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nNotre Protecteur\, regarde\, ô Dieu\, et jette les yeux sur tes serviteurs. \nVerset. – Seigneur\, Dieu des vertus\, écoute les prières de tes serviteurs. Ps. LXXXIII 1\, 10 \nDans le Psaume on lit : respice faciem Christi tui : jette les yeux sur la face de ton consacré. Le consacré pour le Psalmiste c’est le Roi d’Israël\, chargé de représenter Dieu au milieu de son peuple et de figurer à l’avance le consacré par nature : le Christ. C’était une forme de prière à laquelle Dieu pouvait difficilement résister. \nIci\, faciem Christi a été remplacé par servos tuos : tes serviteurs. En un sens\, c’est la même chose\, car nous sommes tous des consacrés ayant participé\, par le Baptême et l’Eucharistie\, à l’onction qui fait le Christ prêtre et roi. En invoquant ce titre\, à nous non plus Dieu ne peut rien refuser. L’objet de la prière est le même que dans le psaume. L’Église demande que le Seigneur jette sur nous un regard de bienveillance\, présage de ses grâces de choix. Ces grâces sont imprécises\, mais\, tout naturellement\, nous sommes portés à demander ce que l’Épître nous invite à pratiquer : la parfaite justice « C’est à cela que vous avez été appelés afin de recevoir en héritage la bénédiction ». Laquelle n’est pas autre chose que le regard de Dieu fixé sur nous en infinie tendresse. \nLA MÉLODIE\nL’intonation se développe dans le grave. Il faut bien se garder de la faire triste ou sombre ; une nuance de vénération\, c’est tout. Notez que la cadence en do est bien majeure et quelle a même quelque chose d’aimable. Sur aspice\, la prière monte ; elle est ardente mais ne presse pas\, les porrectus et la clivis allongée y mettent je ne sais quoi de mesuré\, de retenu. Très réservée de même la reprise sur Deus qui\, elle aussi\, finit en une cadence toute empreinte de paix heureuse.\nRespice\, au début de la seconde phrase\, avec le sib\, le quilismas et la cadence en demi-ton\, a un caractère de supplication plus marqué qui se prolonge jusqu’à la fin de la formule finale mais sans atténuer l’atmosphère de sérénité et de paix. \nLa première phrase du verset ne comprend que Domine Deus virtutum. Est-elle une prière ? Peut-être seulement une contemplation éveillée dans l’âme par le mot Domine. Il est certain que les deux premières incises\, jusqu’au second quart de barre – un motif presque exclusivement réservé au Seigneur – n’ont rien de suppliant\, elles sont plutôt tout empreintes de joie paisible\, quant à la troisième\, cette superbe montée que nous avons déjà rencontrée si souvent\, elle peut être une ardente prière mais elle demeure enthousiaste. Il semble bien qu’ici\, comme en tant d’autres cas\, l’âme oublie un instant qu’elle demande pour contempler\, admirer\, louer le Dieu des vertus à qui elle s’adresse. \nPar contre\, la deuxième phrase\, en plein accord cette fois avec le texte\, est une vraie prière. Et très suppliante dès le début ; notez l’élan vers la virga au sommet de exaudi\, le pressus\, la distropha la répercussion\, et surtout la descente de preces par le sib qui ramène\, degré par degré\, l’humble vénération de la première partie. Il y a une reprise assez vive sur tuorum ; elle relance l’invocation qui trouve alors à se déployer à loisir sur la très belle formule finale\, à la fois si suppliante et si paisible. \nALLELUIA\nLE TEXTE\nSeigneur\, dans ta force\, il se réjouira le roi\, et\, dans ton salut\, il aura une joie extrême. Ps. XX. 1. \nLe Roi est revenu vainqueur ; le peuple s’en réjouit et rend grâce à Dieu. Il s’agit de David. On peut même penser à sa consécration car\, dans le verset qui suit\, on loue le Seigneur d’avoir posé sur sa tête une couronne d’or. Mais\, par delà le Roi d’Israël\, il s’agit du Christ qui reviendra victorieux de la mort et qui se réjouira de la force de Dieu qui l’a sauvé. Et dans le Christ il s’agit aussi de l’Église qui le continue et de ses membres qui\, rois et prêtres eux aussi\, reviendront un jour vainqueurs\, comme lui. \nC’est dans ce sens qu’il faut entendre ce texte. L’Église qui tout à l’heure  implorait l’aide de Dieu pour pouvoir pratiquer la perfection de la justice et de la charité\, sent soudain qu’elle est exaucée et\, dans sa confiance ravivée\, elle chante et le Christ qui se réjouit en elle et elle-même qui exulte en lui. \nLA MÉLODIE\nLa joie quelle exprime est une joie paisible\, intérieure\, contemplative. Elle n’éclate pas\, elle se dilate plutôt. L’âme jouit de son intimité avec le Seigneur ; elle n’en sort pas. \nDomine donne le ton dès le début\, il est comme un salut aimable\, heureux\, souriant ; toutes les notes et tous les neumes sont liés en courbes gracieuses. La même grâce souple se déploie sur in virtute tua ; enveloppant le pressus et la tristropha dans la même ligne harmonieuse. Des nuances de tendresse et de reconnaissance y passent\, mais délicates et sans altérer\, si peu que ce soit\, la pureté de la ligne mélodique. Laetabitur\, le mot de la joie\, se développe dans le grave sur une formule de Graduels du Ier mode\, qui le sert admirablement par son expression de plénitude. La remontée se fait en une belle progression\, réservée toujours\, et qui s’achève en une cadence en demi-ton sur rex qui se trouve ainsi enveloppé d’une nuance délicate de tendresse. \nVient alors dans la seconde phrase le beau motif\, deux fois répété\, de la contemplation\, car cette mélodie qui monte lentement\, et se déploie à deux reprises sur des trivirgas allongées est bien contemplative. L’âme ne dit plus rien. Sur la conjonction et\, elle se repose de penser\, elle aime seulement et\, tout naturellement\, elle chante ; elle chante un air qui s’élève doucement au rythme de son amour\, plane comme en des points d’orgue prolongés et redescend\, pour remonter avec une grâce achevée où passe tout la paix heureuse dans laquelle elle contemple son roi. Quand les mots reviennent\, le charme s’atténue\, mais l’atmosphère demeure. Vehementer n’a rien de véhément\, c’est dans le grave que se développe la mélodie et\, quand elle remonte pour s’étaler une dernière fois plus élargie encore sur la tonique\, c’est toujours la même joie paisible et profonde qu’elle chante. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nJe bénirai le Seigneur qui m’a donné l’intelligence. Je gardais Dieu en ma présence toujours. Puisque à ma droite il est \, je ne chancellerai pas. Ps. XV. 6\, 8.\nLe Psalmiste dit à Dieu sa reconnaissance parce qu’il lui donne de comprendre les choses dans leur vrai sens – c’est ainsi qu’il faut entendre intellectum. Et il explique la raison de cette assistance bienfaisante du Seigneur : « Je gardais Dieu en ma présence\, toujours ». Il continuera de vivre ainsi sous l’influence divine ; d’où sa confiance : « je ne chancellerai pas ». \nCet offertoire est chanté une première fois le lundi de la seconde semaine de Carême\, après l’Évangile dans lequel Notre-Seigneur dit aux juifs : « je ne fais rien de moi-même\, je dis ce que le Père m’a enseigné ». Il en est une belle paraphrase\, soit qu’on l’entende de Notre Seigneur qui bénit son Père de lui avoir révélé toutes choses et de le conseiller en tout\, soit qu’on l’entende de l’Église qui reçoit tout de l’Esprit du Christ\, et de nous tous qui recevons la même assistance si nous voulons user des dons. Ici\, il ne saurait être entendu que de l’Église et de nous. Elle remercie le Seigneur et nous remercions avec elle\, de nous donner la lumière qui nous fait comprendre les conseils de justice et de charité qu’il vient de nous redire et tous ceux que\, par son Esprit\, il ne cesse de nous prodiguer. \nLA MÉLODIE\nC’est encore la joie qui caractérise ce chant d’action de grâces. L’intonation en fait foi\, c’est celle du Gaudeamus\, du Jubilate et de tant d’autres chants d’allégresse.\nLe bel élan de Benedicam\, mesuré et souple\, va s’épanouir sur dominum en une longue tenue toute pénétrée de gratitude et d’amour. C’est la même ferveur reconnaissante qui se développe ensuite dans toute la phrase. Mihi est bien en relief\, mais c’est intellectum qui\, à la fin\, retient tout l’intérêt. Le motif est assez apparenté à celui de Dominum ; une sorte de point d’orgue que les répercussions étendent et qui se prolonge encore en une cadence élargie. Admirable expression\, l’ardeur monte vive du fa au do où elle se renforce et s’étale\, comme si l’âme voulait prolonger l’évocation de ce bienfait précieux entre tous qu’est l’intelligence de la parole divine. \nAu début de la seconde phrase\, la montée syllabique de providebam a quelque chose de vif ; on sent l’âme comme pressée de révéler ce qui lui a valu de pénétrer le sens profond des conseils divins. Elle insiste ensuite sur conspectu meo. Pour la troisième fois la mélodie épanouit son ardeur sur une bivirga ; mais cette fois\, elle module en fa ce qui lui permet par une remontée au si b d’envelopper semper d’une belle nuance de plénitude heureuse : l’âme prend conscience de toute la joie qu’elle goûte dans cette présence continuelle du Seigneur et dans le colloque d’amour qui naît entre elle et lui. \nLa troisième phrase est assez différente des deux autres. C’est une sorte de réflexion. L’âme tire la conséquence de la présence divine : elle n’a pas à craindre de tomber. Toutefois à partir de dextris\, cette réflexion est plus faite d’amour que de raison. Après avoir mis le mot en un très fort relief\, la mélodie descend brusquement et mihi se trouve dans le grave. L’âme soudain toute confuse d’une telle faveur se perd en humble révérence et s’efface. Elle ne se relève plus et\, sur le dernier mot\, chante en de longs neumes très liés\, le bonheur de sa sécurité dans l’amour. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nUne seule chose j’ai demandée au Seigneur\, je la demanderai avec instance : que j’habite dans la maison du Seigneur tous les jours de ma vie. Ps. XXVI. 4 \nC’est encore le Psaume XXVI. Après avoir exprimé sa confiance en Dieu dans une ardeur de bravoure au cours des premiers versets\, le Psalmiste laisse monter son désir\, son unique désir; ce n’est pas le triomphe\, ni la gloire\, mais d’habiter au Temple\, d’être l’hôte du Seigneur\, de vivre près du lieu où il se manifeste et de ne pas le quitter.\nPour nous\, le Temple c’est le Ciel\, en dernier ressort c’est ce que l’âme demande ici. Au moment où elle a en elle le Christ\, après avoir\, tout au long de la messe\, sollicité le secours du Seigneur pour pratiquer la perfection de la charité\, se rendant compte de toutes les difficultés qu’en comporte la pratique et enivrée d’amour aussi au contact de l’Eucharistie\, elle reprend l’ardente supplication de la collecte et laisse jaillir son désir du Ciel où tout ne sera qu’amour partagé dans la Béatitude. \nLA MÉLODIE\nL’intonation est toute simple\, mais\, après une très gracieuse inclination\, pleine de respect\, sur le nom du Seigneur\, le désir monte. C’est comme un jaillissement d’amour ardent ; splendide élan qui franchit l’octave du fa au fa et s’épanouit en pleine ferveur sur le pressus. La détente se fait sur des formules communes mais avec un pression délicate sur les virgas des sommets.\nEt voici qu’au début de la deuxième phrase\, le cri reprend et se prolonge sur toute l’incise. La mélodie\, presque syllabique\, s’est allégée et le mouvement emporte les mots les uns après les autres sur la teneur extrême du mode en une ardeur qui est comme pénétrée à l’avance de la joie désirée. Puis la détente se fait de plus en plus paisible sur le même motif que dans la première phrase. Sur les neumes qui descendent\, très liés\, très simples\, vers la tonique\, l’âme berce la joie de son espoir en l’amour sans limite et sans fin qui sera sa vie à jamais dans la maison du Père. \n  \n\nCantiques pour tous les temps\nPolyphonies pour tous les temps\n\n  \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Sixième Dimanche après la Pentecôte
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n\n\n\nLEÇONS DES MATINES : Nathan reproche à David son péché (II Rois XII) \n\n\n\nÉpître : Nous sommes ensevelis dans le Baptême pour mourir\, afin que\, comme le Christ ressuscité\, nous marchions dans une vie nouvelle. (Rom. VI. 3\, 11) \n\n\n\nÉVANGILE : Multiplication des pains (Marc VIII. 1\, 9) \n\n\n\nIDÉE centrale : Il semble que ce soit l’idée de notre incorporation au Christ qui se dégage de l’ensemble des textes. \n\n\n\nLa collecte nous fait demander en premier lieu que Dieu insère en nous – notez le mot insérer – l’amour de son nom ; c’est-à-dire sa puissance d’aimer qui est l’Esprit du Christ. Caritas Dei diffusa est in cordibus vestris per Spiritum Sanctum ; puis qu’il augmente en nous la religion : la vertu qui nous unit à Dieu à travers le Christ ; alors\, en retour\, Dieu\, par sa grâce\, nourrira et conservera en nous ce qui est bon. En quelques mots\, c’est toute notre transformation dans le Christ que l’Église sollicite là pour nous. \n\n\n\nC’est cette transformation que St Paul nous présente dans l’Épître. Elle s’opère par le Baptême\, mais comme en deux stades. Le premier\, nous appliquant les mérites de la mort du Christ\, ensevelit avec lui dans sa mort le principe de notre vie de péché. Le second insère en nous sa vie de ressuscité : cette puissance qui lui fait connaître le Père\, l’aimer et trouver en lui sa Béatitude. \n\n\n\nCe deuxième stade est l’effet propre de l’Eucharistie dont la grâce nous est appliquée à l’avance lorsque nous recevons le Baptême. L’Évangile nous remet en mémoire la première annonce qui fut faite de ce sacrement de vie. Le Christ nous donne la pain qui nourrit précisément l’union établie entre lui et nous qui doit croître jusqu’à l’éternité où elle s’épanouira en plénitude et à jamais. \n\n\n\nINTROIT\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nLe Seigneur est la force de son peuple et le protecteur qui sauve son Christ. Sauve ton peuple\, Seigneur\, et bénis ton héritage. Et gouverne les tiens jusqu’au siècle sans fin. Ps. – Vers toi\, Seigneur\, je pousserai mon cri. Mon Dieu\, ne sois pas silencieux à mon égard. De peur\, que si tu ne me parles pas\, je sois assimilé à ceux qui descendent vers le lac. Ps. XXVII. 8\, 9\, 1. \n\n\n\nL’ordre de ces trois versets est ici interverti. Le Psaume XXVII en effet est d’abord une prière personnelle : « Je crierai vers toi Seigneur »… Ce n’est que dans la dernière strophe que le Psalmiste se met à prier pour le peuple et pour le Roi : Christus\, le consacré du Seigneur et son représentant. Dans cette prière pour tous – qui forme ici le corps de l’Introït – il y a deux idées. D’abord un acte de confiance en la puissance protectrice de Dieu : « Le Seigneur est la force de son peuple… »\, puis la supplication proprement dite ; « Sauve ton peuple\, bénis-le\, guide-le… » \n\n\n\nIl n’y a rien à ajouter à leur sens littéral pour faire entrer ces versets dans la liturgie de ce Dimanche ; il faut seulement les adapter au « jeu ». C’est l’Église qui prie. Elle fait d’abord confiance à Dieu qui est sa force et qui la protège\, car Christi sui doit être entendu du Christ et de tous ses membres. Après cette affirmation de sa foi\, elle demande d’être sauvée\, bénie\, guidée par Dieu qui est à la fois son Seigneur et son Père. \n\n\n\nL’objet de la prière est d’ordre général mais il reste loisible\, et c’est facile\, de le préciser en le faisant rejoindre l’idée centrale de la messe. C’est alors une plus parfaite incorporation au Christ que l’Église demande pour ses membres. Être sauvé dans le Christ\, béni dans le Christ\, guidé à travers le Christ\, vers le Père\, ce n’est pas autre chose\, en effet\, que d’être en lui et un avec lui. \n\n\n\nLe Psaume\, avec son caractère de prière personnelle\, rentre ici dans la prière collective avec le même objet. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nLa première phrase est assurée\, ferme comme une proclamation. Bien posée dès le début sur le salicus de Dominus\, la mélodie monte sans exaltation\, mais animée d’une joie antérieure qui la fait s’épanouir en un très bel accent de sécurité forte et de fierté heureuse sur la double note de plebis tuae. Dans l’incise qui suit\, la joie s’y mêle\, une joie paisible qui domine peu à peu dans les neumes à grands intervalles jusqu’à ce que vienne Christi sui\, le nom béni du consacré ; alors\, une vénération aimante enveloppe les neumes qui\, par degrés conjoints\, et retenus par le quilismas et la cadence descendent vers le grave\, prostrant l’âme en adoration. \n\n\n\nLa deuxième phrase est toute prière. Du la grave\, où l’avait conduite l’humble respect pour le Christ\, la mélodie remonte dans un élan modéré mais fervent vers le pressus du fac\, puis redescend\, pour s’élever à nouveau\, plus pressante cette fois\, sur tu et sur Domine qu’elle établit sur la dominante en leur donnant un accent qui insiste\, mais dans une sérénité accrue. \n\n\n\nC’est cette paix heureuse que donne l’assurance d’être entendu favorablement\, qui caractérise la dernière phrase. Il n’y a presque plus de pression ; l’Église sait qu’elle a pour elle les promesses du Christ\, elle ne fait plus\, semble-t-il\, que les rappeler au Père. Notez benedic hereditati qui s’impose presque\, avec tout juste une nuance délicate qui sourit plus qu’elle ne demande\, et rege eos avec l’accent léger\, joyeux de rege et la tristropha qui enveloppe de douceur eos – les siens -\, et pour finir la belle cadence de usque in finem qui évoque\, en l’élargissant\, le genui te si aimable de l’Introït de la Messe de minuit. Aussi bien\, tous les mots qui désignent le Corps Mystique\, sont enveloppés de tendresse et de force : plebis suae christi sui\, populum tuum hereditati tuae\, eos. \n\n\n\nGRADUEL\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nRetourne-toi (vers nous) Seigneur. Jusques à quand? (seras-tu irrité ?) Et sois propice à tes serviteurs. Verset. – Seigneur\, un refuge tu t’es fait pour nous\, de génération en génération. Ps. LXXXIX. 13\, 1 \n\n\n\nLe Psalmiste dans le Psaume LXXXIX\, après avoir demandé au Seigneur de ne pas rester détourné de son peuple\, lui pose une question\, qui est en même temps une plainte et une prière délicate : « jusques à quand resteras-tu fâché ? » Puis il insiste à nouveau pour qu’il le protège\, comme il l’a fait\, de génération en génération. \n\n\n\nIl n’y a rien à ajouter ici à ce sens littéral. \n\n\n\nCe Graduel est chanté une première fois le samedi des Quatre-Temps de Carême après la troisième leçon. Il est vraiment à sa place au début de cette période de pénitence. Ici de même\, après l’Épître. Saint Paul nous dit que\, par le Baptême\, nous avons été plongés dans la mort du Christ. Nous y restons plongés et\, chacun le sait\, ce n’est que très lentement que cette mort tue en nous les concupiscences mauvaises\, parce que\, à chaque instant\, nous retournons\, sérieusement ou à la légère\, à la vie de péché. Sortir ainsi du Baptême\, c’est sortir du Christ\, ou s’en éloigner\, ou\, tout au moins\, se soustraire à son influence. Nous faisons ainsi Dieu se détourner plus ou moins de nous.. malgré lui. C’est le pardon de ces infidélités à notre Baptême que nous demandons au Seigneur. Qu’il se retourne une fois de plus et\, sa grâce aidant\, nous nous replongerons dans sa mort continuant de mourir en lui\, pour vivre avec lui\, à jamais. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nDès l’intonation\, elle est très priante\, avec la double note – une bivirga épisématique – qui conduit la voix en progression vers la suivante\, retenue\, elle\, par le quilisma. Il y a là une insistance\, à la fois humble et pressante. La belle formule de Domine\, que nous avons déjà trouvée dans le graduel Propitius esto\, dimanche dernier\, vient s’y joindre et continuer délicatement la pression. La mélodie\, nettement établie en la\, s’élève alors\, ardente\, sur aliquantulum. C’est un très beau motif\, que la double note du début et la grande montée de la cadence font fort et suppliant. Il rend fort bien le ton direct de cette question qui est à la fois une prière et une plainte. \n\n\n\nLa mélodie se détend ensuite sur deprecare\, non sans un retour à la dominante\, très heureux d’ailleurs car il met sur le mot un bel accent de prière. Mais c’est peut-être sur la distropha et la répercussion de la cadence finale que la supplication est la plus émouvante. \n\n\n\nLa formule de Domine est celle de Pro patribus dans le Graduel Constitues eos. Nous l’avons déjà trouvée dans le Graduel Benedictus es du Dimanche de la Sainte Trinité. Elle formait là une très belle louange. L’auteur\, ici\, en supprimant la montée de fa à do et en attaquant directement sur la dominante\, en a fait une admirable prière. Le contact immédiat avec le si par le do et le la lui donne en effet une nuance de mineur qui\, pour être fugitive\, ne lui donne pas moins quelque chose de plaintif qui la fait délicatement suppliante\, jusqu’à ce qu’elle retrouve la fa et sa sérénité ; sérénité fugitive\, elle aussi\, car la supplication monte à nouveau et devient\, sur les doubles notes de refugium\, d’une ardeur qui touche à la véhémence\, ardeur qui se renouvelle d’ailleurs sur factus est et non moins forte. Un beau dégradé ramène alors la mélodie à la tonique où elle devient\, sur le récitatif de generatione et progenie\, apaisée et toute humble. Le chœur reprend pour finir la formule finale\, si expressive\, de la première partie. \n\n\n\nALLELUIA\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nEn toi\, Seigneur\, j’ai espéré\, je ne serai pas confondu à jamais. Dans ta justice\, libère-moi. Incline ton oreille\, hâte-toi de me délivrer. Ps. XXX. 2\, 3. \n\n\n\nCes deux versets très simples ont le même sens que ceux du Graduel et nous font demander en fait la même chose : que nous soyons délivrés de tout ce qui empêche la mort du Christ\, mise en nous par le baptême\, de produire son effet. \n\n\n\nLA MELODIE\n\n\n\nElle s’élève sur Domine en un mouvement très simple qui\, après s’être incliné une nuance de vénération aimante sur la dernière syllabe\, se redresse et va s’épanouir sur la tristropha de speravi. Il y met un accent qui affirme la confiance inébranlable de l’âme et qui demande déjà ce qu’elle ne dit pas encore\, puis il s’achève en une cadence admirable\, toute nuancée d’intime tendresse. De cette cadence\, la mélodie s’élève à nouveau\, assurée\, forte\, insistant sur non confundar ; notez la demi-cadence si ferme sur sol et tout le mot æternam qui va vers la cadence du IVe mode\, prolongeant la confiance en une sorte d’évocation de l’Éternelle Bonté de notre Dieu qui sera à jamais sur nous parce qu’il nous l’a promise. \n\n\n\nAvec la seconde phrase\, commence la prière proprement dite. La première demande est très courte. La mélodie s’élève progressivement sur in justitia dont elle renforce l’accent par une distropha\, mais la supplication est toute sur les quatre dernières notes de libera me ; une pour chaque syllabe. Il y a dans la nudité de cette cadence quelque chose d’émouvant. Elle est très humble\, et en même temps on y sent comme la fatigue de l’âme et le poids de tout ce qui l’alourdit et la retient à la terre de concupiscence. \n\n\n\nLa troisième phrase reprend la première. C’est une prière\, au lieu d’un acte de confiance\, mais il n’y a entre les deux qu’une nuance\, nous l’avons dit. Il faut seulement noter le mot accelera qui\, par sa cadence\, prend un beau caractère de pression délicate. La formule finale est très priante\, comme l’est l’Alleluia qu’elle reproduit. \n\n\n\nOFFERTOIRE\n\n\n\nC’est celui du Dimanche de la Sexagésime. \n\n\n\nNous disions alors qu’il entrait dans la liturgie de ce jour soit comme paraphrase de l’Évangile\, soit comme un chant d’oblation accompagnant la cérémonie de l’offrande. \n\n\n\nIci\, il est les deux à la fois\, car l’Évangile de la multiplication des pains est l’annonce de l’Eucharistie. Notre-Seigneur avait nourri par miséricorde les quatre mille Juifs qui le suivaient ; enthousiasmés ils continuèrent de le suivre jusqu’à ce qu’il leur expliquât quelques jours plus tard que ce miracle était l’annonce d’un autre pain qui serait son corps et qui donnerait la vie éternelle ; alors\, ne comprenant rien à la spiritualité de ce langage\, ils le quittèrent. \n\n\n\nIl n’y a pas que des douceurs dans l’Eucharistie. C’est un sacrement qui engage. Il faut se donner au Christ pour qu’il nous incorpore à lui\, et cela aussi est dur à la nature. Il faut l’aide du Seigneur pour y arriver. En donnant à cet offertoire le sens précis d’une prière pour que l’union réalisée avec le Christ ne se brise pas\, on le fait entrer\, sans forcer les mots\, dans l’idée de l’Évangile\, du sacrifice et de toute la messe. \n\n\n\nCOMMUNION\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nJ’entourerai (l’autel) et j’immolerai dans son tabernacle une hostie de joie. Je chanterai\, et un psaume je dirai au Seigneur. Ps. XXVI. 6 \n\n\n\nCes mots expriment l’ardente reconnaissance de l’âme. Elle a demandé au Seigneur depuis le début de la messe de l’aider à se débarrasser des obstacles qui s’opposent à son union ave lui ; à ce moment\, ils sont écartés\, l’union est réalisée par le sacrement. Elle est heureuse. Elle a l’Amour. Le lien est plus serré entre Dieu et elle\, elle est nourrie\, elle est gardée… Elle chante sa gratitude. \n\n\n\nLA MELODIE\n\n\n\nDès le premier mot\, les intervalles larges et pleins traduisent le bonheur de l’âme ; un bonheur profond\, mais si ardent qu’il a de la peine à demeurer dans l’intimité. La mélodie en effet se dégage\, s’allège tout de suite sur immolabo. Elle s’étend un instant sur tabernaculo ejus parce que la sainteté des mots la retient\, mais elle monte toujours\, poussée par un souffle de joie de plus en plus intense qui la fait se développer\, en une progression admirable d’enthousiasme\, vers hostiam ; le mot qui dit tout\, car la victime qu’elle immolera sans cesse dans la joie\, c’est elle. \n\n\n\nLa seconde phrase\, elle\, est plus grave. Il ne s’agit plus du sacrifice\, mais de la louange\, qui doit être intérieure aussi bien qu’extérieure et qui requiert toujours\, pour être parfaite\, l’amour dont elle n’est que l’expression. Toute cette partie\, notamment le mot dicam\, est pénétrée de cette discrétion\, de cette intimité en laquelle s’épanche sans cesse la gratitude extasiée\, de l’âme qui sait aimer.  \n\n\n\n\nCantiques pour tous les temps\n\n\n\nPolyphonies pour tous les temps\n\n\n\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Septième dimanche après la Pentecôte
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron. \n\n\n\nINTROÏT \n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nToutes les nations\, battez des mains. Acclamez Dieu en un cri de jubilation. Ps. – Car Dieu\, très élevé\, est terrible; Grand Roi sur toute la terre. Ps. XLVI. 2\, 3. \n\n\n\nCes versets du Psaume XLVI\, qui chante le retour triomphal du roi\, surprennent en ce simple Dimanche après la Pentecôte. \n\n\n\nOn ne saurait dire comment cet Introït\, qui fut autrefois celui de la Vigile de l’Ascension\, est entré dans cette messe du VIIe Dimanche. Peut être y fut-il amené par la lecture du récit de l’avènement de Salomon qui faisait sans doute partie des leçons de Matines autrefois. Quoi qu’il en soit\, c’est l’Église qui incite les peuples à louer le Seigneur\, dans la joie de la moisson\, pour tous les bons fruits qu’il a fait produire à la terre : ceux des plantes et des arbres\, car c’est le temps où ils mûrissent et ceux du monde spirituel dont il nous sera parlé\, à savoir\, les âmes que le Seigneur cueille et fait monter dans son grenier\, près du Fils déjà arrivé\, premier de l’immense moisson. \n\n\n\nLA MÉLODIE \n\n\n\nElle nous ramène la joie des Dimanches après Pâques. Quelle belle invitation\, vibrante\, pénétrée de cette force communicative qui entraîne d’elle-même ! \n\n\n\nQu’y a-t-il dans les trois premières notes : de l’autorité ? ou seulement une insistance qui veut convaincre ? Ne serait-ce pas plutôt que l’Église condense sa joie sur cette trivirga avant de la laisser monter ? Dans toute cette première phrase en effet\, la mélodie demeure dans le grave et s’étale plutôt qu’elle ne monte. L’exaltation ne commence\, et combien discrètement\, que sur l’accent de plaudite qui\, lui\, vraiment\, sonne comme un claquement de mains. Mais comme elle monte enthousiaste\, exubérante sur Jubilate ! forte et légère à la fois. Deo se courbe plein de vénération et la joie\, redevenue grave\, se continue jusqu’à la fin à travers les intervalles pleins de sérénité du VIe mode. \n\n\n\nQuelle que soit l’interprétation que l’on donne aux notes longues de omnes elles doivent être bien posées; ce sont trois virgas épisématiques\, et c’est encore une virga qui se joint au podatus qui suit\, juste avant le porrectus. Par contre\, tout le reste de l’incise est léger. La double note plaudite est aussi une bivirga épisématique; l’articulation sera ferme. Toute la phrase d’ailleurs doit avoir une vie intense et le mouvement entraînant de tout invitation joyeuse. \n\n\n\nGRADUEL \n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nVenez\, enfants\, écoutez moi. La crainte du Seigneur je vous enseignerai. Verset. – Allez à lui et vous serez rassasiés. Et nos visages ne seront pas couverts de honte. Ps. XXXIII. 12\, 6. \n\n\n\nDavid\, dans le Psaume XXXIII\, chante d’abord sa reconnaissance; il a prié\, il a été exaucé. Il veut ensuite faire profiter les autres de son expérience. Il les appelle et leur dit ce qu’ils doivent faire pour avoir le bonheur qu’il a eu : pratiquer la crainte du Seigneur. Pas la crainte qui fait fuir ou qui rend défiant\, timide\, mais celle qui n’est que le souci de ne pas déplaire ou\, mieux encore\, ce mélange mystérieux de respect et de tendresse familière qui va naturellement de l’enfant au Père : « Allez au Seigneur et vous sentirez votre âme en paix\, et votre visage brillera de joie ». \n\n\n\nIci\, ne n’est plus David qui parle. Dans la première partie\, c’est le Christ. Il nous invite à écouter la sagesse qui lui est venue du Père et qu’il nous disperse\, par l’Église et par son Esprit dans l’intime de notre âme\, lorsque nous allons à lui. Dans le verset\, c’est l’Église qui nous pousse à suivre l’invitation. « Allez à la parole divine\, elle dilatera votre cœur et votre visage. » \n\n\n\nLe Graduel conduit ainsi tout droit à l’Évangile où le Christ va nous faire entendre sa divine Sagesse. \n\n\n\nLA MÉLODIE \n\n\n\nIl y a dans l’intonation une douceur aimable et aimante qui est bien dans le ton du Christ-Jésus. Notez la double note de Venite avec sa délicate pression\, les neumes qui se succèdent par degrés conjoints dans la tierce majeure fa la et l’épisème horizontal de filii qui fait la cadence retomber avec une grâce si attirante. Audite me a le même caractère\, et prend bien\, autour de la dominante\, un peu plus de vie\, mais l’invitation n’est pas poussée\, elle demeure aimable et douce. \n\n\n\nLa deuxième phrase a moins le caractère d’un appel. C’est comme un chant de joie dans lequel le Christ laisse passer le bonheur qu’il aura à nous faire connaître et expérimenter cette révérence toute pénétrée d’amour qui fait la béatitude des élus devant la face de Dieu. La cadence sur vos qui achève cette si fluante thésis est très caractéristique de ce bonheur profond qui s’épanouit d’ailleurs à loisir sur la belle formule de la fin. \n\n\n\nLe Verset. \n\n\n\nL’invitation ici est d’abord très ardente. Les trois notes de accedite qui vont d’un trait à la dominante et appuient leur élan sur la bivirga qui fait pressus\, nous poussent vraiment\, mais ce n’est qu’une nuance\, très heureuse d’ailleurs. La longue vocalise qui suit revêt\, presque aussitôt qu’elle commence\, un caractère contemplatif. L’Église\, prise par ce qu’elle sait de cette sagesse du Christ dont elle a l’expérience de tous les instants chante le bonheur qu’elle y goûte; c’est sa joie et son amour qui montent vers eum et\, à nouveau\, plus extasiés encore\, sur illuminamini. A la fin de la phrase\, elle semble se ressaisir. Très simplement\, mais toujours dans le joie\, elle revient à ceux qu’elle invite et leur dit que le bonheur qu’ils goûteront près du Seigneur se reflétera jusque sur leur visage. \n\n\n\nALLELUIA \n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nCe sont à nouveau les paroles de l’Introït. Chantées après le Graduel\, elles peuvent être entendues comme une invitation à nous réjouir d’avoir\, dans la personne de Notre-Seigneur et dans son Église\, la Sagesse de Dieu toujours à notre portée. \n\n\n\nLA MÉLODIE \n\n\n\nElle ne ressemble en rien à celle de l’Introït\, non seulement du point de vue de la forme\, il va de soi\, mais du point de vue de l’expression; du moins dans la première phrase. Le long développement de gentes fait l’invitation plus persuasive qu’entraînante\, encore que le salicus de omnes et la trivirga de gentes – car c’en est une – aient une force bien accentuée. La joie aussi est moins vive\, moins éclatante\, moins extérieure. L’Église semble s’y complaire au lieu d’avoir le souci de la communiquer. Elle est bien là tout de même\, dans la courbe gracieuse qui couronne le sommet de gentes\, dans le motif si simple\, si léger de plaudite\, deux fois répété et qui va s’épanouir en une grâce achevée sur les hauteurs\, enfin dans la retombée si mesurée et si souple de manibus. \n\n\n\nTout change brusquement\, au début de la seconde phrase. La montée vers le si fortement accusée par le pressus\, donne à jubilate un élan de vie qui\, cette fois\, cherche vraiment à se communiquer. L’invitation\, du coup\, devient pressante\, et de plus en plus\, à mesure que la mélodie se développe sur la montée de Deo et sur les pressus de voce. Sur exultationis la joie pure\, peu à peu\, domine à nouveau. L’entrain est toujours là\, mais sans avoir le souci d’entraîner\, si l’on peut dire; la joie se suffit\, elle entraîne par elle-même. \n\n\n\nOFFERTOIRE \n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nComme un holocauste de béliers et de taureaux et comme (l’holocauste) de mille béliers gras\, qu’ainsi soit notre sacrifice en ta présence aujourd’hui\, afin qu’il te plaise\, car il n’y a pas de confusion pour ceux qui se confient en toi\, Seigneur. Daniel. III. 40 \n\n\n\nC’est l’invocation d’Azarias\, debout au milieu de la fournaise dont les flammes s’écartent autour de lui. Il prie au nom de ses deux compagnons avant qu’ils ne se joignent à lui dans le cantique Benedicite. « Il n’y a plus pour nous ni prince\, ni chef\, ni prophète\, ni holocauste\, ni sacrifice\, ni oblation\, ni encens\, ni endroit pour apporter devant toi les prémices\, afin que nous puissions obtenir miséricorde. Mais\, Seigneur\, reçois-nous le cœur contrit et l’esprit humilié… comme tu reçois un holocauste de béliers… que notre sacrifice soit devant toi… » Le prêtre récite cette admirable prière incliné\, après l’offrande du vin\, à la messe. \n\n\n\nCeci indique assez que cet offertoire a été fait plutôt pour accompagner l’offrande du sacrifice\, que pour paraphraser l’Évangile. Mais en fait il réalise les deux car cette offrande extérieure n’est que le symbole de l’offrande de nous-même qui se fait au fond de l’âme\, et celle-ci\, c’est le bon fruit dont Notre-Seigneur parle dans l’Évangile et que le Père accepte dans la joie. \n\n\n\nL’église\, dans ses difficultés de toutes sortes qui sont sa vie et la vie de ses membres\, le chante comme le chantaient les trois enfants dans la fournaise\, dans la même confiance\, englobant dans cette offrande tous les sacrifices de tous ses membres qui\, ici et là\, à chaque seconde\, viennent se mêler au sacrifice du Christ et s’ajouter aux sacrifices très imparfaits des taureaux\, à celui des trois enfants\, à ceux de tous les juifs et de tous les Chrétiens pour former devant le Père\, qui les voit tous de son regard divin\, le fruit du bon arbre de la terre qu’est la Croix sur laquelle meurt le Christ. \n\n\n\nLA MÉLODIE \n\n\n\nC’est un chant très simple\, une prière qui offre\, mais sans pression\, et qui s’achève dans un acte de confiance en la justice de Dieu. \n\n\n\nLe caractère de prière est accusé dès l’intonation par la montée de sicut\, retenue\, grave\, et à laquelle le sib donne un ton d’humble révérence très à sa place; c’est le premier thème. \n\n\n\nIl y a une progression assez nette sur et taurorum\, elle s’accentue sur le second sicut en proportion de la valeur des victimes; notez le thème de l’intonation repris à la quarte supérieure. La cadence de cette première phrase va devenir le second thème\, repris en progression sur fiat et sur sacrificium. \n\n\n\nC’est l’offrande proprement dite. La supplication est un peu plus poussée. Elle prend de l’éclat sur in conspectu\,  avec une note de joie qui l’éclaire\, et où l’on trouve déjà la confiance qui va chanter dans la dernière phrase. La cadence se fait sur le troisième thème. Il est assez apparenté au second mais s’achève sur  un motif du Ve mode paisible\, assuré\, et qui donne quelque chose d’aimable\, de familier à la prière. \n\n\n\nCe thème est repris sur quia non au début de la phrase suivante\, comme le second l’a été au début de la deuxième phrase\, après avoir été annoncé à la fin de la première. \n\n\n\nOn l’entend à nouveau sur confidentibus in te Domine. Il est prolongé là par un très beau motif\, deux fois répété\, qui achève l’offertoire dans une atmosphère de paix nuancée de tendresse. \n\n\n\nCOMMUNION \n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nIncline ton oreille\, hâte-toi\, afin de nous délivrer. Ps. XXX. 2\, 3. \n\n\n\nC’est la fin de l’Offertoire du dimanche précédent. Prière très simple de l’âme qui sent tout ce qu’a de difficile la production du bon fruit\, tout ce qui s’oppose à sa croissance\, et qui\, prise par la béatitude que met en elle la grâce du sacrement\, demande au Christ-Jésus de la délivrer de tout ce qui retarde la moisson de mûrir… et d’être engrangée dans les greniers du Père. \n\n\n\nLA MÉLODIE \n\n\n\nLa première phrase est toute simple\, avec une cadence sur le la qui en fait une prière d’une extrême délicatesse. \n\n\n\nElle prend\, dans la seconde phrase\, le ton suppliant d’un enfant qui presse plus qu’il n’exige. La cadence de accelera prépare le mot de la prière\, qui se fait insistante par la triple répétition du petit motif sol la sol fa et\, plus encore\, par la dernière note qui arrive sur mi avec toute la force de la supplication. \n\n\n\n\nCantiques pour tous les temps\n\n\n\nPolyphonies pour tous les temps\n\n\n\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Huitième dimanche après la Pentecôte
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n  \nINTROÏT\nLE TEXTE\nNous avons reçu\, ô Dieu\, ta miséricorde au milieu de ton temple. Comme ton nom\, ainsi ta louange s’étend jusqu’aux confins de la terre. De justice est pleine ta main. Ps. – Grand est le Seigneur et digne de louange dans le Cité de Dieu sur la montagne sainte. Ps. XLVII\, 10\, 11\, 1. \nLe Psaume XLVII est un cantique de pèlerinage à Jérusalem. Il commence par un cri d’admiration : « Grand est le Seigneur. » Suit la description de la ville. Il y a alors\, pour le moment où le pèlerin est dans le Temple\, une strophe qui chante sa reconnaissance. « Nous avons reçu\, ô Dieu\, ta miséricorde au milieu de ton Temple… Ta louange est partout car ta main est pleine de justice ». Et par ce dernier mot\, est évoquée sans doute la fidélité de Dieu à ses promesses. \nÉvidement\, il ne s’agit pas ici du Temple de Jérusalem\, encore qu’il ait été le sujet des leçons de Matines. Ces versets du psaume n’ont d’autre objet que de dire à Dieu notre reconnaissance pour les grâces innombrables que nous avons reçues de lui. \nEn tout premier lieu\, pour le don de son Esprit qui a mis en nous la vie divine et qui l’entretient et qui nous pousse\, par son action incessante\, à la vivre à plein…Et pour tout le reste que chacun sait pour soi. \nCes grâces\, nous les avons reçues dans son Temple : qu’on l’entende des Églises matérielles ou de l’Église spirituelle ou seulement de notre âme qui est bien le Temple du Dieu vivant. \nAinsi\, pour tout ce qu’il lui a dispensé\, à elle et à chacun de ses membres\, l’Église remercie Dieu par ce chant de louange qu’elle voudrait voir s’étendre aussi loin que son nom : jusqu’aux extrémités du monde. \nLA MÉLODIE\nLa première phrase est douce\, tranquille. C’est une évocation toute simple des heures qui furent remplies des dons de Dieu. L’âme la chante dans le joie\, sur le motif du Gaudeamus et du Jubilate et de tant d’autres chants d’allégresse. Une nuance de ferveur reconnaissante s’élève sur misericordiam mais c’est la joie qui domine\, fraîche\, souriante; notez les fines broderies de in medio templi tui et la cadence en fa. \nDe ces souvenirs heureux\, la louange jaillit soudain éclatante\, enthousiaste. L’âme\, exaltée\, fait monter la mélodie en un bond hardi\, pour célébrer le nom divin qu’elle enveloppe ensuite de pieux respect sur tu Deus. \nPuis elle expose son souhait  ita et laus tua. Avec fermeté et emphase à la fois\, notez la double note – une bivirga\, – le torculus élargi\, la ferveur du pressus de tua. La phrase s’achève comme la première\, fines terrae rimant avec templi tui. \nLa troisième phrase est d’un caractère tout différent. Liée de très près à la précédente\, elle est comme un témoignage à la sagesse de Dieu. La mélodie demeure dans le grave\, comme si l’âme évoquait\, dans sa vie intime\, les innombrables fidélités du Seigneur qui fondent sa louange et sa joie. \n  \nGRADUEL\nLE TEXTE\nSois pour moi un Dieu protecteur et un lieu de refuge\, afin que tu me sauves. \nVerset. – O dieu\, en toi j’ai déjà espéré. Seigneur\, non\, je ne serai pas confondu à jamais. Ps. XXX\, 3\, 4\, 1. \nLe Psaume XXX est devenu le Psaume de l’abandon absolu dans la paix depuis que Notre-Seigneur s’est servi du verset 6e pour exprimer à son Père\, au moment où il allait mourir\, la remise de son âme pacifiée : In manus tuas commendo spiritum meum. \nCes trois versets forment une prière tout empreinte de confiance qui est bien à sa place après l’Épître. Saint Paul nous dit en effet que\, si nous voulons suivre l’Esprit dans la voie de la mortification où il nous guide\, nous serons vraiment les enfants de Dieu et ses héritiers. Cette mortification de toute notre vie pourrait nous effrayer\, mais il y a le Père\, et ce n’est pas un Esprit de crainte que nous avons reçu mais un Esprit de confiance filiale. Alors\, nous l’appelons le Père\, et nous lui demandons de nous recevoir comme un refuge où toute crainte s’évanouit. \nLA MÉLODIE\n« La première partie se déroule dans une atmosphère de douceur\, de tendresse joyeuse\, de paix abandonnée. Il n’y a pas d’angoisse\, pas de supplication ardente; on sent que l’âme est sûre d’être exaucée; mieux encore\, qu’elle l’est déjà… C’est moins une prière proprement dite qu’une sorte de parole d’amour dans laquelle l’âme demande uniquement pour recevoir une réponse où sera la tendresse de l’aimé. D’où le caractère d’intimité heureuse qui est partout ». \nNous écrivions ceci de l’Introït de la Quinquagésime. Nous pouvons l’écrire de ce graduel. Le texte est le même. La mélodie a une forme différente mais c’est bien le même climat. Notez la paix heureuse de la première phrase\, avec sur protectorem une douce pression qui s’achève dans le grave en une nuance de bonheur profond. Un désir plus ardent monte sur refugii\, mais dans la paix toujours; ce n’est pas un refuge contre l’ennemi qui menace que l’âme demande\, mais un lieu de repos : les bras du Père pour s’y enfouir et y être à jamais. \nLa dernière phrase ut salvum me facias a bien la même joie assurée et baignée de tendresse abandonnée. \nLE VERSET\nIci la joie est plus extérieure\, plus exaltée. L’âme ne demande plus; elle a reçu ce qu’elle demandait\, elle est dans les bras du Père\, bien gardée; elle exulte. Le bel élan qui l’emporte sur Deus in te speravi\, en pleine joie\, en plein amour\, qui s’épanouit un instant sur cette cadence suspendue do re\, lumineuse et simple comme un sourire\, et qui l’emmène se complaire dans une tendresse baignée de gratitude sur les neumes de Domine multipliés et retenus avec ferveur. \nPuis c’est l’affirmation\, la certitude absolue posée sur non et qui devient tout de suite\, sur le motif de confundar la joie légère\, exubérante de l’espoir enfin comblé. Le chœur reprenant sur in æternam chante l’éternité. Il y a dans cette formule finale\, commune mais très belle\, quelque chose de profond qui sert vraiment bien le mot. \nALLELUIA\nLE TEXTE\nGrand est le Seigneur et très digne de louange\, dans la cité de notre Dieu\, sur sa montagne sainte. Ps. XLVII\, 1. \nC’est l’exclamation qui commence le Psaume des pèlerins. Elle chante la grandeur de Dieu qui se dégage de la Cité\, posée sur le Mont Sion comme le trône terrestre du Tout-Puissant. \nSion était l’image du ciel\, la figure de cette Jérusalem céleste où nous allons\, nous aussi\, pèlerins de toute notre vie\, pour y recueillir l’héritage du Père que nous autorise à réclamer l’Esprit qui nous a faits ses enfants. Nous la voyons dans le lointain\, figurée à nos yeux par les splendeurs du monde matériel et les splendeurs\, plus exaltantes encore\, du monde spirituel. Ce n’est pas elle que nous chantons\, c’est l’ineffable merveille que nous ne voyons pas\, mais qui nous a été révélée : la beauté infinie de Dieu qui dépasse tout\, la Jérusalem céleste elle-même\, car il est la Cité et le Temple… Dominus enim Deus omnipotens templum illius est\, et Agnus. \nLA MÉLODIE\nOn a dit que l’Alleluia fait penser aux chansons du moyen âge. C’est bien vrai que sa montée en quinte et le retour au ré par le la et le do lui donne une teinte de musique primitive. Mais la répétition deux par deux des motifs du jubilus le rapproche plus encore des vocalises\, toutes naïves mais d’une ligne et d’un rythme si purs\, que l’on entend chanter parfois dans la campagne. \nC’est le chant d’un enfant paisible\, simple\, heureux qui laisse passer son bonheur sur ses lèvres sans souci de ce qu’il chante\, avec peut-être une pointe de désir qui se précisera avec le texte du verset. \nCelui-ci reprend d’abord sur Magnus\, les derniers neumes de l’Alleluia qui précèdent le jubilus\, puis\, sur Domine\, jaillit une envolée de joie exubérante. Une envolée vraiment\, car c’est léger comme un vol d’oiseau et souple et frais. Trois temps composés ternaires qui s’élèvent dans l’élan de l’accent tonique et qui vont\, sans un ralenti\, mais avec une délicatesse extrême\, se poser sur la dernière syllabe du mot. Quelle louange exaltante et pure pour le nom divin ! Et Laudabilis s’y joint dans la même simplicité. Quatre temps binaires rythment la descente\, puis il y a une remontée : le motif de magnus est redit sur valde qui se trouve ainsi comme en rejet\, mais d’une façon si imprévue\, si simple aussi « qu’on a l’impression que le compositeur arrivé là s’est aperçu qu’il n’avait pas suffisamment rendu toute la louange qui débordait de son cœur et que comme dédommagement il a ajouté ingénument ce petit valde. « Joie de l’Église à la pensée de tout ce que le Seigneur est pour elle et de l’héritage de béatitude auquel il convie les siens dans sa Cité Sainte. \nLes neumes de l’Alleluia reviennent sur civitate et à nouveau sur in monte ejus. Ils prennent avec le texte\, non pas de la gravité\, c’est trop dire\, mais comme une nuance de contemplation. L’Église est fixée sur le ciel et chante sa joie\, mais en mêlant à la réalité béatifiante de demain l’espoir d’aujourd’hui de sorte qu’on décèlerait aisément sur le sommet du premier motif comme un élan de désir. Cette nuance disparaît ensuite et c’est la joie pure jusqu’à la fin de la thésis. Un nouvel élan sur in monte ravive le désir qui se mêle à nouveau à la joie sur le jubilus pour la troisième fois entendu. \nOn l’entendra une quatrième à la reprise de l’Alleluia\, mais on ne s’en lasse pas car il berce vraiment la contemplation heureuse de la Cité sur la Sainte Montagne. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nLe peuple qui est humble\, tu le sauveras\, Seigneur. Et les regards des superbes\, tu les abaisseras. Car qui est Dieu en dehors de toi\, Seigneur ? Ps. XVII. 28\, 31. \nAu centre du Psaume  XVII\, dans lequel David chante sa gratitude à Dieu qui l’a délivré de la poursuite de Saül\, ces deux versets sont une attestation de la justice divine agissant en toute circonstance. Dieu est bon avec ceux qui sont droits et simples et il les sauve; il est dur avec les orgueilleux\, ceux qui se dressent et le regardent avec mépris; il les abaisse. Il n’en saurait être autrement car qui est Dieu en dehors de lui ? Or\, ceux qui le bravent\, en fait placent au-dessus de lui\, et cela ne se peut ni ne se doit \nCet offertoire ne se rattache pas à l’Évangile\, mais il s’harmonise si parfaitement avec l’offrande du sacrifice qu’il semble avoir été fait pour l’accompagner. Cette offrande en effet est essentiellement un acte d’humilité. In spiritu humilitatis et in animo contrito suscipiamur a te Domine… \nL’homme reconnaît que Dieu est tout\, qu’il lui doit tout\, et il se donne à lui; en retour Dieu l’accepte et\, par le fait\, le faisant sien\, il le sauve. Les autres\, ceux qui ont leurs regards pleins d’eux-mêmes et qui ne veulent pas s’offrir\, il les abaissera en les laissant ce qu’ils sont pour un temps et en les mettant\, à son heure\, avec le premier qui n’a pas voulu s’offrir et qui\, s’étant élevé au-dessus de Dieu\, a été abaissé au-dessous de toute créature. \nNotons toutefois que ce texte n’est ni une prière ni une offrande. C’est une affirmation. L’Église chante sa confiance à Dieu\, au moment où il accepte son oblation. \nLA MÉLODIE\nUn chant de joie encore\, mais avec sa couleur propre. \nLa première incise est simple\, paisible\, elle a le ton d’une conversation familière. Humilem est mis en relief par le salicus et la montée à la dominante\, mais sans expression particulière. Tout de suite après\, et sans transition\, salvum facies jaillit dans un magnifique élan de joie. La montée do la do mi re do lui donne quelque chose d’exaltant qui devient peu à peu\, sur la tristropha et sur la cadence si gracieuse la do sol fa sol\, une sorte de recueillement\, comme si l’âme\, prenant conscience un instant de toute l’idée\, se laissait aller à une gratitude baignée de tendresse\, laquelle d’ailleurs s’épanche à loisir sur l’admirable motif de Domine. Cette ascension lente s’épanouit sur le sommet et retombe dans une plénitude que l’intervalle de quinte\, et plus encore la proximité de si et de fa\, font absolue. \nLa deuxième phrase est moins expressive\, encore que sur humiliabis il  y ait un élan assez marqué\, et que le motif qui s’y développe ait une allure de joie bien assurée\, voire quelque peu piquante. \nPar contre la troisième phrase est une très belle proclamation de la puissance et de la justice de Dieu qui n’a personne au-dessus de lui et qui ne saurait supporter quiconque essaie de le dominer. Le mouvement monte sur quoniam dans un rythme syllabique ternaire net et ferme qui met quis Deus en pleine évidence\, avec je ne sais quoi de fort qui le lance comme un défi aux superbes. Cette force\, sur praeter te\, devient une affirmation noble et fière pleine de grandeur. Domine est alors enveloppé dans un mouvement thétique de joie tendre qui ramène l’atmosphère de la première phrase. Notez le motif repris deux fois et esquissé encore sur la belle cadence en fa. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nGoûtez et voyez combien est suave le Seigneur. Heureux l’homme qui met son espoir en lui. Ps. XXXIII\, 3 »\, 9. \nCe verset\, dans  lequel le Psalmiste nous invite à profiter de son expérience\, est un curieux assemblage de mots : goûtez et voyez. Et pourtant\, c’est l’ordre des choses. Il y a bien un premier regard sur l’objet pour savoir ce qu’il est\, mais ce regard ne nous en donne pas la connaissance profonde\, ne nous fait pas communier à ce qui en lui s’harmonise avec notre être et nous donne la joie. Il faut pour y arriver le regarder longuement\, l’observer\, l’étudier\, sympathiser avec lui\, l’aimer\, devenir lui-même en quelque sorte; alors\, dans la joie de l’amour\, il se révèle et nous en jouissons vraiment. \nAinsi en va-t-il avec Dieu. Un regard de foi superficiel\, ne saurait suffire à nous le faire connaître\, c’est dans la méditation silencieuse de son être\, de ses opérations\, de sa vie\, au contact de l’amour qu’il nous porte à tout instant\, dans cette sympathie profonde où se fait l’échange de nos deux êtres que nous le connaissons\, que nous sentons combien il est bon. Or c’est cela le goûter. \nAinsi entendu\, comme ce verset est bien à sa pace sur les lèvres de l’Église au moment de la Communion : Goûter le Christ qui se donne à nous\, dans l’Eucharistie\, c’est l’aimer\, en nous donnant à lui. Dans cet acte amour mutuel\, se réalise notre transformation en lui; recevant alors sa lumière et la puissance de son amour\, nous voyons mieux combien il est bon\, doux et tendre et nous comprenons quel bonheur c’est pour nous d’espérer en lui\, car après cette vision de ce qu’est Dieu\, déjà si délectable\, mais encore obscure\, viendra l’autre. A force de goûter le Seigneur nous le verrons tel qu’il est… et ce sera le rassasiement absolu. \nLA MÉLODIE\nUne invitation délicate chante sur Gustate mais c’est vers videte que va le mouvement comme vers le mot qui importe. Il y a là\, sur la tristropha\, une prolongation très expressive; comme si l’Église savourait sa vision en même temps qu’elle invite à la partager. \nCette délectation s’étend ailleurs à toute la phrase. Elle trouve sa dernière expression sur suavis est Dominus\, si évocateur des délicatesses de l’amour divin. \nSortant alors de sa délectation\, l’Église s’exclame : « Bienheureux l’homme qui espère en lui. » Il y a un peu plus de mouvement au début mais la jouissance mystique revient très vite et la cadence finale de eo rime avec celle de Domine dans la même atmosphère \n\nCantiques pour tous les temps\nPolyphonies pour tous les temps\n\n  \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Neuvième dimanche après la Pentecôte (IX)
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n\n\n\nLEÇONS DES MATINES : Élie reçoit mission de prédire sa mort au roi Ochozias qui avait consulté Beelzébub. Le feu du ciel extermine les envoyés qui venaient le chercher.  \n\n\n\n(IV. Rois. I\, 10.)  \n\n\n\nÉPÎTRE : Saint Paul rappelle aux Corinthiens les châtiments de Dieu : les vingt-trois mille Hébreux tués pour fornication\, et ceux qui furent exterminés pour avoir murmuré contre Moïse. Figure de ce qui doit nous arriver si nous péchons. (I Cor. X\, 6)  \n\n\n\nÉVANGILE : Notre-Seigneur pleure sur Jérusalem et prédit sa destruction. Il chasse les vendeurs du Temple (Luc XIX. 41-47)  \n\n\n\nIDÉE CENTRALE : Ce dimanche est vraiment sous le signe du châtiment qui suit le péché. Le Roi Ochozias\, les Hébreux\, Jérusalem les vendeurs du Temple… C’est aussi ce qui nous attend\, si nous transgressons les lois divines. Demandons donc au Seigneur comme nous le suggère la collecte\, de nous inspirer ce qui lui plaît\, plutôt que de nous en tenir à nos propres désirs.  \n\n\n\nINTROÏT\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nVoici que Dieu m’aide et que le Seigneur prend sur lui mon âme. Détournez les maux sur mes ennemis et\, dans la fidélité (à vos promesses)\, anéantissez-les. Ps. – O Dieu\, par votre nom\, sauvez-moi et dans votre vérité rendez-moi justice. Ps. LIII\, 6\, 7\, 3.  \n\n\n\nDavid composa le Psaume LIII au temps où\, poursuivi par Saül\, il était contraint de chercher un refuge en territoire étranger. Les deux premières strophes sont un appel au secours : « Seigneur sauvez-moi… » La troisième est un chant plein de réconfort : « Voici que le Seigneur m’aide… » Comme si\, entre les deux\, le persécuté avait reçu l’assurance que le Seigneur\, à son appel\, allait agir incessamment.  \n\n\n\nIci l’ordre est renversé : c’est d’abord la joie du réconfort puis l’appel au secours; mais le sens est à peine différent. L’ensemble entre bien dans l’idée centrale de la messe. Devant les châtiments du péché qui sont toujours là\, menaçants\, l’Église chante sa confiance en la puissance miséricordieuse du Seigneur qui l’aidera à être fidèle\, et appelle la vengeance de sa justice sur ses ennemis.  \n\n\n\nLe psaume vient alors demander un jugement équitable et le salut.  \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nLa première phrase est empreinte d’une grande paix. L’Église\, assurée que Dieu va l’aider\, n’a plus peur\, au milieu de ses ennemis\, des dangers qui l’environnent; elle chante sa joie tranquille sur les beaux intervalles majeurs et la cadence en fa toute paisible. Elle souligne Dominus avec tendresse et laisse sa gratitude et son bonheur monter sur animae meae : le mot qui dit toute sa vie.  \n\n\n\nL’allure de la seconde phrase est bien différente. Dès le début il y a\, sur l’impératif averte\, quelque chose de vif\, qui devient même dur sur la clivis répercutée de mala. C’est l’appel à la vengeance qui commence. Il se développe sur inimici mei et prend fin sur une cadence en si où passe une nuance d’angoisse ou tout au moins de souffrance.  \n\n\n\nLa phrase qui suit est liée très étroitement à la précédente. L’idée est la même. Il y a sur in veritate tua\, qui rappelle à Dieu\, très habilement d’ailleurs\, combien il est fidèle à ses promesses\, une nuance de révérence aimable puis\, de nouveau\, le ton se durcit et devient très violent sur la distropha\, la répercussion et le pressus de illos. Protector\, lui\, va vers Dieu\, tout enveloppé de confiance\, d’amour et de joie comme le titre précieux que l’Église veut lui donner à la fin de sa prière.  \n\n\n\nGRADUEL \n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nSeigneur\, notre Maître\, qu’admirable est votre nom sur toute la terre. \n\n\n\nVerset. – Car elle est élevée votre magnificence\, au-dessus des cieux. Ps. VIII\, 2.  \n\n\n\nLe Psaume VIII chante la grandeur de Dieu se manifestant dans son œuvre. Le verset 2 en est comme le résumé. Il formait sans doute une sorte de refrain chanté par le peuple en alternance avec les solistes.  \n\n\n\nOn peut ici garder ce sens très général. Il s’applique en effet fort bien à la nature en cette splendeur de l’été où\, sur la terre pleine de fruits et dans les cieux éclatants de lumière\, jour et nuit\, est partout écrite la puissance de celui qui les a faits.  \n\n\n\nMais rien ne s’oppose non plus à ce qu’on le fasse entrer dans l’idée centrale de cette messe telle que nous l’avons dégagée. Il serait alors sur les lèvres de l’Église une exclamation par laquelle elle chanterait son admiration à la vue des faits merveilleux par lesquels le Seigneur partout protège son peuple\, et qui viennent d’être rapportés à l’Épître : le feu du ciel\, les serpents\, les Anges…  \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\n  \n\n\n\nElle se développe dans la même atmosphère de paix heureuse que l’Introït avec une nuance très marquée de tendresse enveloppante sur Deus noster; on y sent  l’âme en relation intime d’amour avec le Seigneur.  \n\n\n\nUn beau mouvement d’admiration s’élève sur quam admirabile. Il n’a rien de brusque. Ce n’est pas un cri\, c’est une exclamation. Elle monte du fond de l’âme qui sait ce qu’elle chante et qui met à le chanter tout son amour émerveillé. Cet élan si mesuré se détend sur nomen tuum en une thésis très liée et très tendre. Il rebondit sur universa terra en des rythmes où l’âme se complaît\, puis se pose sur la cadence commune\, toute paisible et toute simple.  \n\n\n\nLe verset  \n\n\n\nLa mélodie est plus légère\, mais l’expression est la même. L’âme\, fixée sur la splendeur du Ciel\, se laisse aller en contemplation sur quoniam elevata est. Elle jouit de ce qu’elle voit et de ce qu’elle sait être par delà ce que découvre son regard. Sa gratitude émue trouve alors\, sur les belles cadences en la si délicates et dans la gravité de la formule finale la tendresse et la profondeur qui conviennent.  \n\n\n\nALLÉLUIA\n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nDélivrez-moi de mes ennemis et mettez-moi à l’abri\, de ceux qui se lèvent contre moi.  \n\n\n\nPs. LVIII\, 2.  \n\n\n\nCette prière si commune\, si simple et toujours si actuelle est une idée nouvelle après le Graduel\, mais elle vient assez naturellement sur les lèvres de l’Église. Celle-ci en effet\, après avoir admiré la puissance que le Seigneur a déployée jusqu’ici pour la protéger\, et lui avoir dit sa gratitude dans une louange d’admiration\, n’oublie pas qu’elle a toujours ses ennemis; elle lui demande de continuer ce qu’il a fait : de l’en délivrer.  \n\n\n\n  \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\n  \n\n\n\nC’est bien une prière; la prière d’une âme qui sent\, lourd sur elle\, le poids de l’ennemi; Eripe a toute ses notes allongées\, dans les manuscrits. La double note de mei est une bivirga épisématique et le motif répété de Deus est lui aussi très retenu. Il s’en dégage une expression de grisaille\, de brouillard\, d’atmosphère pesante où passe de la fatigue\, de l’accablement… Mais qu’elle admirable prière humble et suppliante! Notez entre autres l’accent de ferveur que la bivirga du sommet met sur meis; et l’insistance répétée de Deus meus où l’on sent peser toute la lourdeur de l’âme.  \n\n\n\nLa deuxième phrase continue la première sans rien qui dégage l’atmosphère. Le motif de insurgentibus se traîne dans un beau rythme\, lent lui aussi. Deux fois répété\, il est esquissé à nouveau\, mais\, sur les dernières syllabes du mot\, la mélodie tombe lourde\, comme si l’âme se laissait aller sous le poids de l’épreuve. Elle se relève sur me en une plainte admirable qui se déroule tout le long de libera me\, mêlée à la prière. Le tout s’achève par le groupe peut-être le plus expressif : la distropha avec la répercussion sur le climacus et la retombée en la par le pressus.  \n\n\n\nOFFERTOIRE \n\n\n\nC’est celui du Troisième Dimanche de Carême. Il vient bien là\, après la réponse de Notre-Seigneur à la femme qui bénissait sa mère : « Plus heureux encore celui qui écoute la parole de Dieu ! »  \n\n\n\nJérusalem n’a pas eu cette attitude accueillante\, réceptive qui lui eût valu la paix. C’est pourquoi le Seigneur pleure en voyant dans l’avenir son terrible destin.  \n\n\n\nL’Église\, elle\, sait recevoir les mots divins et en vivre. Chacun des siens en a goûté les joies dans la Loi\, dans l’Écriture et jusque dans les paroles intimes du Seigneur au fond de l’âme. C’est cette joie qu’elle chante.  \n\n\n\nCOMMUNION \n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\n  \n\n\n\nQui mange ma chair et boit mon sang\, demeure en moi\, et moi en lui. Jean. VI. 56.  \n\n\n\nCes paroles de Notre-Seigneur se réalisent dans la communion. C’est donc le mystère d’amour qu’il a voulu\, que le Christ chante ici par la voix de l’Église\, au moment même où il s’accomplit.  \n\n\n\nLA MÉLODIE \n\n\n\nLa joie\, d’abord toute simple dans la première incise\, s’avive avec la mélodie\, qui monte vers sanguinem meum et se revêt\, sur in me manet d’onction et de tendresse. La joie du Christ\, heureux d’avoir en lui ceux qu’il aime. Sur et ego in eo\, elle devient profonde\, le mystère l’enveloppe. C’est un de ces motifs\, comme on en rencontre tant dans le répertoire grégorien\, qui soudain nous transporte au-delà de ce qui se sent\, au-delà de ce qui s’analyse\, dans les régions qui passent le sentiment. Nous ne saurions dire ce qu’expriment exactement ces quelques notes si simples – une tierce mineure qui s’épanouit sur une tristropha\, revient la tonique ré et remonte lentement – mais un souffle les soulève\, un souffle d’amour ardent qui touche le fond de notre âme et nous révèle quelque chose du bonheur qu’a le Christ-Jésus à mêler sa vie à notre propre vie.  \n\n\n\nDans le balancement souple de ses rythmes\, dicit Dominus prolonge jusqu’à la fin cette atmosphère mystique.  \n\n\n\n   \n\n\n\n\nCantiques pour tous les temps\n\n\n\nPolyphonies pour tous les temps\n\n\n\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : Mort de Jézabel. Règne d’Athalie. (IV Rois. IX. X) \nÉPÎTRE : le Saint-Esprit inspire tout en nous pour l’utilité commune. En dehors de lui rien de bon ne peut venir de nous. (I Cor. XII. 2-11). \nÉVANGILE : Le Pharisien et le publicain. (Luc. XVIII. 91. 4) \nIDÉE CENTRALE : Il semble que l’on peut tout ramener autour de l’épître. Rien de bon ne se fait en dehors de l’Esprit du Christ qui est en nous pour nous guider et nous utiliser en vue du bien commun. Nos propres actions peuvent avoir des effets heureux\, mais qui passent. \nL’exemple de Jézabel celui d’Athalie et celui du Pharisien sont typiques. Ils ont agi par orgueil; ils finissent mal. Le Publicain par contre est justifié et exalté parce qu’il a utilisé l’Esprit qui l’inspirait. La collecte elle-même peut être entendue dans ce sens\, car nous ne « courrons vers les biens promis » que sous l’inspiration et la conduite de l’Esprit; c’est donc la docilité à l’entendre et à le suivre que nous demandons en fait à la Toute-Puissance de Dieu. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nComme j’invoquais le Seigneur\, il entendit ma voix (et me mit à l’abri) de ceux qui me cherchaient. Et il les a humiliés\, lui qui est avant les siècles et demeure éternellement. Jette ta pensée sur le Seigneur et lui-même prendra soin de toi. Ps. – Exauce\, Dieu\, ma prière et ne dédaigne pas ma supplication. Écoute-moi et exauce-moi. Ps. LIV. 17\, 18\, 20\, 29\, 2. \nLe Psalmiste qui\, dans la première partie du Psaume\, s’est lamenté sur le mal que lui font ses ennemis\, se remémore\, pour se donner confiance\, ce que le Seigneur a fait pour lui dans le passé et s’exhorte à tout lui abandonner une fois de plus : « jette ta pensée\, ton souci sur le Seigneur… » \nAu sens liturgique\, l’Église se rappelant\, elle aussi\, les bienfaits répétés du Seigneur\, s’exhorte\, et exhorte les siens\, à s’en remettre à lui ou plus précisément à son Esprit qui a mission de nous guider et de nous garder. \nLA MÉLODIE\nLes deux premières phrases\, comme dans le texte\, ne sont qu’un récitatif\, mais l’auteur l’a voulu très orné et très expressif. \nLa succession de quatre temps composés ternaires en mouvement arsique donne au début de la première phrase quelque chose de décidé\, de vif même\, et de joyeux aussi\, comme si après une longue délibération l’âme mettait en pratique\, sur le champ\, la décision qu’elle vient de prendre : « tu as été exaucée jadis\, jette encore ton souci sur le Seigneur ». Le mouvement s’épanouit sur la tristropha de exaudi en une nuance délicate qui évoque les souvenirs heureux Après une légère détente il rebondit sur appropinquant; la bivirga y met comme une touche de terreur\, au souvenir des ennemis menaçants. \nDans la deuxième phrase\, la mélodie\, d’abord très calme\, s’anime peu à peu sur humiliaviteos. Ce sont les souvenirs heureux qui continuent. Mais sur qui est ante saecula et manet in æternum à l’idée de l’éternité de Dieu\, si magnifiquement décrite en ces quelques mots\, une sorte de grandeur mystique la pénètre. Notez les deux doubles notes de qui est ante saeculamanet qui fixent la mélodie sur do et les deux pressus qui\, par degré\, la ramènent à la tonique. C’est noble\, grand\, somptueux comme un cortège royal. \nTout autre est la dernière phrase. On sent l’âme comme déchargée du poids de son souci et heureuse de faire partager aux autres son expérience. Son chant s’allège; il monte joyeux vers Domino qu’il enveloppe d’un motif aimable puis met te en un admirable relief; soit qu’elle se parle à elle-même ou qu’elle s’adresse à un ami\, elle sait et dit avec insistance combien\, malgré sa petitesse et son indignité\, elle est précieuse devant le Seigneur. Ce texte est celui du graduel du IIIe Dimanche après la Pentecôte. Dans un genre différent l’expression est la même. On aura profit à le constater\, notamment sur te\, où l’insistance est également remarquable. \nLa prière se fait alors\, dans le psaume\, légère et riche d’espoir. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nGarde-moi? Seigneur\, comme la pupille de l’œil. Sous l’ombre de tes ailes protège-moi. Verset. – De ton visage que ma justification sorte\, que tes yeux voient l’équité. Ps. XVI. 8. \nCes versets par lesquels\, sous des images si expressives\, David demandait à Dieu de le garder\, comme son bien précieux\, dans la chaleur de son amour et de le juger avec un visage plein de la joie de son innocence\, servent ici à l’Église pour solliciter la même protection et la même justice. Elle a bien des dangers autour d’elle\, bien des attirances mauvaises s’exercent sur ses membres par les idoles muettes dont parle Saint Paul dans l’Épître; elle voudrait qu’ils demeurent sous cette conduite de l’Esprit qui les fasse penser\, juger\, vouloir selon Dieu. Prière de l’Église. Prière de chacun de nous… Custodi me Domine. \nLA MÉLODIE\nLa première phrase a un caractère d’intimité très marqué. C’est comme une prière du fond de l’âme\, confiée\, murmurée à un ami. La mélodie ne dépasse pas la tierce dans la première incise; mais\, dans cette réserve humble et familière à la fois\, quelle pression sur l’être cher qui peut aider ! Notez la double note de me qui fait la voix s’y appuyer comme en un accent de détresse et la thésis qui suit; plainte délicate qui devient prière intense sur les longs neumes de Domine. Il y a sur pupillam un petit élan qui entraîne la mélodie vers le sib\, mais si retenu\, si timide\, avec cette plainte à peine émise\, émouvante\, et qui s’étend jusqu’à la dernière note de oculi. \nDès le début de la seconde phrase il y a un changement. L’arsis est mouvementée\, avec de grands intervalles qui portent la prière sur les pressus de umbra et de alarum. Ce n’est pas que la supplication soit angoissée ni même plus intense : la mélodie s’est seulement éclairée. La sérénité du mode de fa pénètre tout et\, sur alarum\, se dessine le motif des grandes allégresses du Ve mode. Incontestablement\, c’est la joie. La cadence en mi de tuorum apporte à cette joie une nuance de repos qui se poursuit sur protege\, s’étale\, s’élargit jusqu’à la cadence qui ramène tout en re\, mais seulement pour finir. C’est comme si l’âme se trouvait enfin dans le refuge sollicité et\, blottie dans les bras du Père\, lui disait\, tranquille désormais\, apaisée\, joyeuse\, sous cette protection divine: « sous tes ailes étendues garde-moi bien ». \nLe verset \nLa prière continue\, mais différente; ce n’est ni le murmure d’intimité\, ni la joie parfois éclatante de la première partie. Il y a ici plus de paix et de sérénité. C’est d’abord pour chanter vultu tuo comme un bercement léger sur la sol puis sur do la et une cadence paisible sur fa. L’âme contemple le visage aimé\, c’est tout. Cette contemplation se prolonge sur Judicium meum. Ce n’est que sur prodeat que monte un accent de supplication\, très beau d’ailleurs dans sa simplicité. \nDans la seconde phrase\, la joie revient. Elle est aussi marquée que sur sub umbra dans la première partie mais\, ici\, toute contemplative. Notez plutôt la douce paix de la vocalise de tui qui monte et descend par degrés conjoints sur des rythmes d’une grâce exquise. \nCes deux premières phrases chantaient la joie de la Rédemption entrevue par-delà le péché\, dans le Graduel de la messe du Mercredi des Cendres. \nSur videant le mouvement s’amplifie et la supplication domine à son tour\, fervente\, avec une nuance de plainte assez marquée sur la dernière syllabe \nALLELUIA\nLE TEXTE\nA toi convient\, un hymne\, ô Dieu\, dans Sion. Et à toi on acquittera un vœu dans Jérusalem. Ps. LXIV. 2. \nAprès la  demande du Graduel\, l’action de grâces. L’âme a trouvé un chaud refuge sous les ailes protectrices; elle peut dire maintenant sa louange et le vœu qu’elle accomplira pour témoigner de sa gratitude. \nOn attendait sur ce texte qui évoque Jérusalem et les cérémonies du Temple une joie plus exubérante\, celle-ci est sans emphase\, simple\, intime comme celle du Graduel. \nLA MÉLODIE\nLes podatus de la première incise ne font en somme que conduire le mouvement vers Deus\, enveloppé\, lui\, d’une belle révérence\, aimable\, gracieuse et d’une grande délicatesse par la cadence en si. L’incise qui suit est toute consacrée à Sion qui\, comme toujours\, est chantée avec amour. L’âme contemple la Cité Sainte\, l’Église\, le Ciel\, et s’enflamme peu à peu de désir; notez le pressus\, la distropha\, la répercussion\, les deux notes doubles\, et le pressus; il y a là un mouvement dont l’ardeur monte\, encore qu’elle soit retenue. \nLa deuxième phrase est plus développée. Chaque mot a son motif\, si l’on peut dire. Tibi\, bien en relief au sommet\, s’achève sur la même nuance délicate de Deus\, une quarte au-dessus; reddetur a la ferveur de la promesse et de la gratitude à la fois\, sur la distropha\, la répercussion et la cadence en demi-ton par la clivis allongée et le pressus; votum\, hanté comme Sion et Jérusalem\, déroule sa longue vocalise contemplative dans un rythme d’une ordonnance admirable où la joie et l’amour se mêlent en des motifs simples à travers lesquels passe le désir de la Cité Sainte… et du Ciel où tout ne sera que louange et gratitude. \nOFFERTOIRE\nC’est celui du Ier Dimanche de l’Avent . Son caractère de prière très humble convient admirablement ici après la parabole du Pharisien et du Publicain. Il est l’expression de cette âme très simple priant au bas du Temple\, et qui fut justifiée et exaltée. Il doit être l’expression de notre confiance abandonnée montant avec le sacrifice vers le Père qui nous donnera en retour l’Esprit et ses dons pour nous guider vers la Cité Sainte\, où\, dans la Gloire du Christ\, nous serons à jamais exaltés pour avoir partagé son abaissement. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nTu accepteras le sacrifice de justice\, les oblations et les holocaustes sur ton autel\, Seigneur. Ps. L. 21. \nTrès belle adaptation à la Communion du dernier verset du Miserere. Et quelle belle conclusion de toute la messe ! Nous avons jeté nos soucis sur le Seigneur à la fin de l’Introït\, nous lui avons demandé\, dans le Graduel\, de nous couvrir de l’ombre de ses ailes\, nous lui avons dit notre gratitude dans l’Alleluia\, à l’Offertoire\, nous offrant avec son Fils\, nous avons affirmé notre confiance en sa venue. Nous avons maintenant l’âme telle qu’il la veut. Il peut venir prendre en nous la place du Maître et recevoir nos holocaustes et nos oblations. Il ne saurait les refuser\, car elles lui viennent à travers son Fils qui nous a transformés en lui. \nLA MÉLODIE\nElle est aimable\, familière\, douce. Il n’y a pas de sentiment particulièrement marqué mais une égalité d’âme paisible. C’est le mot altare qui l’emporte; il a une belle expression de respect\, de révérence profonde et aimante. \n\nCantiques pour tous les temps\nPolyphonies pour tous les temps\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Onzième dimanche après la Pentecôte (XI)
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nÉPÎTRE: Sait Paul insiste sur l’Évangile qu’il prêche\, à savoir : le Christ ressuscité et son action efficace. (I Cor. XV) \nÉVANGILE : Notre-Seigneur guérit un sourd-muet avec sa salive (Marc VII. 31. 37) \nIDÉE CENTRALE : Comme le IXe Dimanche était sous le signe du châtiment\, on peut bien dire que celui-ci est sous le signe du miracle. Dieu manifeste sa puissance sur la vie du corps en prolongeant les années d’Ezéchias\, sur la vie des âmes en les ressuscitant\, comme le dit Saint Paul dans l’Épître\, sur la santé en rendant\, par Notre-Seigneur Jésus-Christ\, la parole et l’ouïe au sourd-muet. Il s’ensuit en nous une attitude d’admiration\, de joie\, de confiance; un optimisme qui nous fait tout demander au Seigneur; même ce dont nous n’osons pas formuler la demande\, comme nous le fait dire la Collecte. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nDieu dans son saint lieu\, Dieu qui fait habiter (les hommes) unis\, dans une maison\, lui-même donnera force et courage à son peuple. \nPs. – Que le Seigneur se lève\, et qu’ils soient dispersés ses ennemis\, que ceux qui le haïssent\, fuient devant sa face. \nPs. LXVII\, 6\, 7\, 36\, 3. \nLe Psaume LXVII célèbre le Dieu d’Israël qui après avoir tiré son peuple d’Égypte et fait alliance avec lui le ramène du mont Sinaï dans la Terre Promise. \nLe sens des versets qui composent cet Introït est celui-ci : Dieu\, qui est là dans son  Palais ou dans son Temple\, lui qui a donné une maison à son peule qui n’en avait pas\, alors qu’il errait dans les solitudes du désert et qui l’y a fait habiter dans l’unité d’un même désir\, d’une même confiance\, d’un même amour\, continuera à donner à la nation qu’il a choisie force et courage. \nVient alors le verset\, qui était le signal du départ de l’Arche dans la marche de quarante années. \nIl suffit de les appliquer à l’Église\, pour faire entrer ces quatre versets dans la liturgie du jour. Dieu\, de son Temple\, le ciel\, a uni les hommes dans la foi\, l’espérance et la charité\, et les a fait habiter dans une demeure spirituelle : l’Église\, qui est comme la maison de famille\, en attendant la demeure céleste où l’unanimité sera absolue. Et il n’a tant donné que parce qu’il veut continuer à donner encore\, en fournissant à chacun la force et le courage de vivre dans cette unité de l’Esprit. Que ceux qui s’opposent en quoi que ce soit au développement de son peuple se tiennent sur leur garde car Dieu se lève et il va les disperser\, comme l’Église l’en prie pour finir. \nRien ne s’oppose à ce qu’on ne précise davantage le sens\, pour les faire entrer dans l’idée centrale de la messe telle que nous l’avons dégagée. Cette unanimité des hommes dans l’Église tient du prodige. C’est peut-être la plus grande manifestation de la puissance divine : le miracle permanent de l’Église. Pour le continuer\, Dieu ne ménagera à personne sa force ni le courage. \nAinsi l’Église se chante à elle-même\, et chante au monde\, son optimisme. \nLA MÉLODIE\nIl y a dans la première incise une certaine grandeur qui va bien à l’idée du Dieu Tout-Pusissant dans son lieu sacré. Mais une joie profonde pénètre cette noblesse\, la joie de la tranquillité\, de la paix\, du bonheur final assuré par cette protection du Dieu Très-Haut. L’idée reprend dans la seconde incise en une progression très marquée qui met en plein relief cette chose extraordinaire qu’est le rassemblement de millions d’individus unanimes dans l’Église. Le rythme ternaire des deux porrectus\, la montée à la dominante\, le motif de facit qui se meut vers le mi\, si léger et si gracieux; tout cet ensemble arsique avive l’expression de bonheur déjà esquissée : la joie s’allège\, s’extériorise\, prend de l’éclat. \nVient alors l’affirmation pleine de confiance : Ipse dabit virtutem. La bivirga épisématique sur la dernière syllabe de Ipse\, le podatus allongé de dabit\, la bivirga de virtutem et\, dans le grave\, la clivis allongée de fortitudinem\, enfin la remontée de plebis avec la nuance de respect qui entoure le peuple d’élection\, donnent à cette phrase une magnifique expression de certitude forte et fière. \nSuit alors le Psaume\, vif\, décidé\, comme un ordre de marche. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nEn Dieu il a espéré\, mon cœur\, et j’ai été aidé. Et elle a refleuri\, ma chair. Et de tout mon cœur je le louerai.  \nVerset. – Vers toi Seigneur\, j’ai crié. Mon Dieu ne te tais pas\, ne t’éloigne pas de moi.  \nPs. XXVII. 7\, 1. \nLe Psalmiste avait prié. Il a été exaucé et il a senti comme une jeunesse plus ardente pénétrer son cœur. Il rend grâce. \nAprès l’Épître où Saint Paul affirme avec une telle assurance que si nous gardons l’Évangile du Christ ressuscité nous serons nous-mêmes ressuscités\, cette parole vient sur les lèvres de l’Église avec un sens plus plein encore. Et refloruit caro mea évoque la résurrection des corps en pleine jeunesse; dès lors\, en même temps qu’une action de grâces\, c’est comme un chant d’espoir où s’exalte sa confiance renouvelée qu’elle fait monter vers le Seigneur. \nToutefois\, sachant tout ce qui l’entoure\, elle lui demande de lui continuer son secours et la joie de sa présence. \nLA MÉLODIE\nLa première phrase est une simple constatation mais où passent des accents de gratitude et de bonheur profond\, notamment sur la double note de cor meum\, sur le pressus de adjutus sum et sur le balancement si délicatement expressif de refloruit. \nDe cette atmosphère heureuse\, la louange jaillit alors au début de la seconde en un magnifique élan qui va droit à la dominante\, plein d’une ardeur qui promet\, avec enthousiasme. La prose même est renforcée sur mea\, avec une nuance de gravité d’où rebondit le confitebor. C’est un bel accent de ferveur\, qui descend vite dans le grave pour devenir\, sur les broderies très simples de illi une sorte de contemplation\, comme si l’âme demeurait fixée sur la louange qu’éternellement elle chantera devant la face du Sauveur aimé. \nLe Verset. \nLa formule de clamavi sert bien le mot. L’âme prend d’abord le temps d’évoquer les heures difficiles sur des balancements très calmes\, puis le cri ardent monte. Il n’est pas angoissé; c’est la joie qui le pousse\, une joie enthousiaste qui continue sur les beaux rythmes de la thésis. \nC’est encore elle qu’on rencontre au début de la phrase suivante sur Deus meus\, en dépit du texte qui devient plus déprécatif. La prière n’est vraiment supplication que sur ne sileas: tout à fait à propos d’ailleurs. Le motif est très beau. Il se soude admirablement à la formule finale qui\, elle aussi\, a une nuance de gravité fort bien adaptée. \nALLELUIA\nLE TEXTE\nChantez avec transport Dieu notre aide. Acclamez le Dieu de Jacob. Entonnez un psaume joyeux avec la cithare.  \nPs LXXX. 2\, 3. \nCette invitation à la louange est tout à fait à sa place ici. L’Église après avoir dit dans le Graduel qu’elle va louer le Seigneur : et in voluntate mea confitebor illi\, invite ses membres à commencer. \nLA MÉLODIE\nC’est une invitation discrète. Basée sur l’intonation de la formule psalmique du VIIe mode – elle est répétée trois fois – la mélodie ne dépasse la teneur du psaume que dans des détails d’ornement. Dans les deux première phrases\, elle met seulement en relief\, et par des motifs sans enthousiasme\, adjutori et Deo Jacob. \nCe n’est que sur psalmum qu’elle s’exalte  un peu. Exaltation toute passagère d’ailleurs\, car jucundum\, sur le motif de adjutori\, ramène tout de suite la discrétion. \nLe jubilus de cithara est caractéristique de cette joie fervente mais contenue\, intérieure\, qui ne perce que rarement et sur des mots choisis. \nOFFERTOIRE\nC’est celui du Mercredi des Cendres.   Il est bien ici sur les lèvres du sourd-muet guéri… Clamavi ad te et sanasti me… et sur les nôtres\, car Notre-Seigneur nous a bien acceptés dans le sacrifice qui est offert sur l’autel : quoniam suscepisti me. Il nous a guéris aussi. Le même mot qu’au sourd-muet\, avec le même geste\, n’a-t-il pas été dit sur nous le jour de notre Baptême : Epheta.  Et nous avons été délivrés de la surdité et du mutisme que le péché avait mis en nous. Bien des fois la merveille a été renouvelée; aussi\, avec nos oreilles redevenues sensibles et nos langues déliées\, pouvons-nous chanter le psaume de la reconnaissance : Exaltabo te Domine. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nHonore le Seigneur de ta substance\, et des prémices de tes fruits\, afin que soient remplies tes granges à satiété et que tes pressoirs débordent.  \nProv. III\, 9\, 10. \nEn cette période de la moisson\, l’Église invite les fidèles à donner au Seigneur les prémices de ce qu’ils récoltent\, comme le prix de leur fermage\, comme la part du propriétaire\, afin que\, satisfait de cet hommage\, le Seigneur donne encore et au centuple. Mais par delà ce sens matériel\, il faut entendre l’invitation qui nous est faite de nous offrir au Christ dans la Communion\, afin de recevoir de lui une nourriture spirituelle de plus en plus abondante\, jusqu’au jour où il nous rassasiera dans la Gloire de son Être à jamais contemplé. \nLA MÉLODIE\nLa première phrase\, comme celle du Graduel\, est très simple; invitation discrète sans expression particulière. Substantia tua est en fort relief\, comme il convient; il s’agit de notre être\, de notre vie. \nLa seconde a plus d’élan mais demeure sans chaleur. \nC’est la troisième qui est la plus expressive. La mélodie s’élève ardente sur impleantur\, et\, sur horrea tua\, s’élargit à la mesure des granges et des moissons. Il passe en outre dans tout ce mouvement un souffle de joie qui chante l’abondance heureuse du présent et de l’avenir. \nLa dernière phrase est plutôt thétique mais chante fort bien aussi dans le grave\, sur torcularia et sur redundabunt\, les paroles riches de promesses pour l’année qui vient. \n  \n\nCantiques pour tous les temps\nPolyphonies pour tous les temps\n\n  \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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