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SUMMARY:Deuxième Dimanche après Pâques dit "du Bon Pasteur"
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nINTROÏT\nLE TEXTE\nDe la miséricorde du Seigneur\,Pleine est la terre\, Alleluia.Par la parole de Dieu\,Les cieux ont été faits. Alleluia\, Alleluia\, Alleluia.Ps. – Réjouissez-vous\, justes\, dans le Seigneur.Aux (cœurs) droits convient la louange. Ps. XXXII\, 5\, 6\, 1.Le Psaume XXXII est une louange à la bonté et à la toute puissance que Dieu a exercées dans la création\, dans le gouvernement du monde\, dans les destinées des nations et\, si l’on passe les mots du psalmiste\, dans l’édification de l’Eglise.Les versets 5 et 6 ont été choisis comme texte de l’Introït de ce deuxième Dimanche après Pâques\, non seulement parce qu’ils résument tout le Psaume\, mais parce qu’en eux tient toute l’idée que l’Eglise développe ce jour-là dans sa liturgie.Depuis quinze jours\, elle a contemplé tous les détails de la Résurrection et en a nourri sa joie ; aujourd’hui elle entre plus profondément dans le mystère\, elle va à ce qui en fut la cause et elle trouve la Bonté infinie de Dieu penchée avec amour sur les misères de l’homme. Celle du Père nous prédestinant\, dans le Christ\, à vivre sa propre vie\, à partager sa propre béatitude. Celle du Christ qui nous rachète par sa Passion\, sa Mort\, sa Résurrection\, qui nous prend en lui au Baptême\, qui nous garde dans sa pensée comme l’ami dans la pensée de l’ami\, qui se fixe en nous à demeure\, nourrissant notre amour\, de sa parole\, de sa présence corporelle\, nous conseillant\, nous guidant\, nous pardonnant\, nous relevant et nous serrant de plus près\, semble-t-il\, chaque fois que nous revenons à lui…\, nous menant ainsi\, par sa toute puissante influence librement acceptée\, à sa béatitude de ressuscité.C’est cette Miséricordieuse Bonté\, qui a fait la Résurrection du Christ pour notre propre résurrection\, que l’Eglise célèbre aujourd’hui dans la lumineuse clarté dont le mystère de Pâques enveloppe tous les actes de Dieu et de son Fils. Elle la concrétise à l’Epître et à l’Evangile dans l’allégorie du Bon Pasteur\, mais c’est déjà le divin Berger qui partout sur la terre nourrit ses brebis\, les défend\, les cherche\, les ramène\, les garde dans le chaud bercail\, qu’elle chante en une sorte de prélude dans le misericordia Domini plena est terra de l’Introït… \nLA MÉLODIE\nElle ne saurait être plus réduite\, dans ses éléments matériels : l’étendue d’une tierce dans la première phrase\, d’une quarte dans la seconde. Manifestement ce n’est pas une exaltation de la miséricorde comme dans le verset Confitémini de l’Haec dies. Ce que l’auteur nous livre ici\, c’est sa contemplation ou\, plus précisément\, ce que la contemplation de la miséricorde divine\, réalisée dans la radieuse allégresse du temps de Pâques\, a fait naître dans son âme : la joie d’être aimé de l’infiniment aimable et de pouvoir l’aimer\, sa tendresse pour lui\, sa révérence\, son admiration\, sa confiance… et la paix dont il est tout pénétré. Mais ce sont là choses qui ne se détaillent pas. L’âme en a conscience ; elle pense\, elle voit\, elle admire\, elle remercie\, elle jouit\, mais sans parole ; tout se fond dans l’acte très simple qui la tient fixée en Dieu\, en une quiétude silencieuse. C’est cet état\, très simple au fond\, de joie paisible et aimante\, que la mélodie exprime.Evidemment\, elle n’exulte pas\, cette joie\, elle ne se répand pas\, elle demeure intérieure\, mais pas une note qui n’en soit imprégnée. Elle est dans le premier mot qui\, en dépit du ré initial\, tout de suite s’établit en fa par l’ondulation délicate des demi-tons. Sur Domini\, le nom divin\, un accent de tendresse la pénètre d’une ardeur discrète qui se prolonge sur la tristropha et la clivis allongée. Le mouvement descend sur ré\, mais la mélodie ne s’arrête pas à cette touche du Ier mode qui l’assombrirait\, elle remonte au fa et brode autour de cette tonique du IVe mode en un rythme dont tous les détails contribuent à la faire de plus en plus radieuse : l’accent léger de plena se détendant souple et ferme sur la tristropha\, le podatus et la clivis de est terra\, l’ondulation de l’Alleluia qui touche la tierce majeure\, et rebondit légère et bien posée sur le fa.Elle prend un peu plus d’étendue dans la deuxième phrase\, mais l’atmosphère demeure la même. Il n’est pas jusqu’aux mots qui ne se ressemblent : Dei est revêtu de la même tendresse que Domini avec peut-être quelque chose de plus mystérieux\, que lui donne la cadence sur mi ; et le rythme de firmati sunt est joyeux et ferme comme celui de plena est terra\, plus une nuance d’admiration que lui donne la cadence sur ré.Viennent enfin les Alleluia ; le premier plus extérieur ; c’est la louange qui jaillit de la contemplation\, sans éclat toutefois ; le second qui en ramenant la mélodie à la cadence du IVe mode la garde si bien\, par ce qu’elle a d’inachevé\, dans l’indicible.Ce chant est une contemplation ; il ne doit pas avoir d’éclat\, mais il est aussi l’expression de la joie dans laquelle l’âme contemple et\, de ce fait\, il doit revêtir une certaine ardeur\, être vivant\, souple et ferme. Une juste proportion de ces deux éléments n’est pas facile à réaliser… Il ne faut pas donner toute sa voix\, il va de soi\, mais ne pas trop l’étouffer non plus ; faire les accents légers\, le rythme souple et vivant.Faites l’arsis de Domini arrondie\, sans la ralentir\, en posant doucement la voix sur la tristropha. Veiller à ne pas allonger plus qu’il ne faut la clivis pointée ; rattachez-y plena dont l’accent sera très soulevé et un peu élargi. L’Alleluia\, gracieux\, l’oriscus qui l’achève léger.Un peu plus de mouvement et de force à Verbo Dei. Crescendo léger sur l’arsis de firmati sunt. Que toute cette seconde phrase soit vivante et pleine de joie. Le premier Alleluia très arrondi. Très peu de ralenti au second.Le Psaume bien accentué\, dans une atmosphère de joie simple. \nALLELUIA I\nLE TEXTE\nIls connurent\, les disciples\, le Seigneur Jésus à la fraction du pain. Luc XXIV 31\, 35.Il s’agit des disciples d’Emmaüs reconnaissant le Christ ressuscité : mais en ce dimanche du Bon Pasteur\, ces quelques mots sont plus que le rappel joyeux de l’incident ; ils chantent la réalisation de la parole de Notre Seigneur : « mes brebis me connaissent ». A la nourriture qu’il leur présente\, les disciples\, brebis errantes dans le soir qui tombe\, reconnaissent leur Maître\, le divin Berger.Ainsi entendu cet Alleluia est une très belle paraphrase des derniers mots de l’Epître : Vous êtes retournés à celui qui est le pasteur et l’évêque de vos âmes… Nous le chantons dans la joie de ne plus être des brebis errantes\, mais de vivre sous la vigilance du Pasteur bien aimé\, dans l’intimité duquel nous entrons de plus en plus chaque fois qu’il se donne à nous dans la « fraction du pain ». \nLA MÉLODIE\nUn très bel élan sur les notes principales du mode\, même le mot cognovérunt jusqu’à la dominante où il s’épanouit. C’est le mot important de la phrase et l’âme s’y complait dans la joie\, celle des disciples qu’elle évoque et la sienne qui se renouvelle et s’accentue  à chaque rencontre avec le Christ dans l’Eucharistie et dans l’oraison ; Cet élan\, un instant interrompu\, rebondit sur discipuli et se continue dans la même allégresse jusqu’à Dominum. La joie alors\, sur le mot divin\, devient intérieure\, contemplative ; C’est sa vénération\, sa tendresse\, sa soumission abandonnée\, tout ce qu’il y a d’indicible en elle\, que l’âme chante au Pasteur adoré\, tout le long de cette admirable thésis qui de degré en degré\, comme par des paliers successifs\, ramène\, lentement\, doucement\, religieusement le mot jésum à la cadence finale où il se pose en un rebondissement délicat.La joie s’extériorise à nouveau sur in fractione panis mais elle garde quelque chose de réservé qu’elle tient de la contemplation profonde\, qui pour quelques instants vient de la pénétrer. C’est une très belle phrase d’ailleurs. Admirablement ordonnée par la succession régulière des notes longues en rythme ternaire dans la première incise\, en rythme binaire dans la seconde\, elle se déroule en une ondulation que rien ne trouble jusqu’à ce qu’elle s’achève dans la cadence pleine de mystère du IIIe mode.Il faut bien lancer l’arsis de cognovérunt ; les deux notes qui précèdent le pressus seront légèrement retenues. Les doubles notes de Dominum douces ; ne pas exagérer le ralenti de Jésum. Pour que la reprise du chœur se fasse sans heurt\, on arrondira bien l’accent de panis. Le mouvement ne saurait être rapide ; c’est le Christ qui chante. \nALLELUIA II\nLE TEXTE\nMoi\, je suis le Bon Pasteur.Et je connais mes brebisEt elles me connaissent\, les miennes. Jean X. 14.Notre Seigneur\, ici\, se présente lui-même comme le Bon Pasteur et découvre au monde le secret des relations qui unissent le Berger aux brebis et les brebis au berger\, dans le divin bercail ; « Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent ». Ceci entendu non seulement de la connaissance extérieure que le Pasteur a de son troupeau et le troupeau de son Pasteur\, mais de l’intimité qui les unit. « Comme le Père me connaît et que je connais le Père. »\, lisons-nous au verset suivant. Relation d’amour ; un seul cœur\, une seule vie\, dans la tendresse et la joie.Cette parole prend une actualité vivante après les derniers mots de l’Epître : Vous étiez comme des brebis errantes… vous êtes retournés au Pasteur\, a chanté le sous-diacre. Le Christ répond : C’est moi le Bon Pasteur… \nLA MÉLODIE\nLa première phrase est toute empreinte de bonté\, de douceur aimable et souriante. C’est la tendresse du Pasteur. Il se manifeste\, divinement attirant\, avec je ne sais quoi de profondément heureux ; le bonheur de se trouver avec ses brebis\, de se donner à elles\, et de recevoir en retour leur ardent et joyeux amour. Le motif descendant de Ego sum qui se pose si délicatement sur le mi est particulièrement expressif de cette tendresse heureuse.Dans les deux autres phrases – qui sont semblables – c’est plutôt la joie qui domine\, la joie de connaître et d’être connu\, d’aimer et de se savoir aimé. Le mouvement\, en portant la mélodie à la dominante\, s’avive et s’éclaire un instant sur cognosco et cognoscunt. Il y a là une touche d’allégresse délicate ; elle se répand sur oves et meae en un motif paisible et gracieux qui est comme la contemplation du Divin berger regardant ses brebis dans la joie et l’amour qu’il leur donne et qu’il en reçoit.Ne pas chanter fort. Le tempo doit être assez large\, sans être lent : ici encore c’est le Christ qui chante.Faites l’accent de Ego léger et arrondi\, posez délicatement sum sur le mi et ralentissez légèrement le climacus qui suit.Léger accelerando dans l’arsis de cognosco et de cognoscunt. Le reste de la phrase\, très lié. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nDieu\, mon Dieu\,Vers toi\, dès la lumière\, je me tourne ;Et en ton nom je lèverai mes mains. Ps. LXII. 2\, 5.Le Psaume LXII fut composé par David\, au temps où\, poursuivi par son fils Absalon\, il vivait dans le désert\, entre Jérusalem et la mer Morte.C’était sa prière du matin. Sur cette terre aride\, qui était sans doute l’image de son âme désolée\, il se tournait vers son Dieu\, vers son Pasteur\, brebis errante qu’il était\, lui aussi\, et levait vers lui ses mains dans le geste de la supplication\, avec la confiance inébranlable qu’il serait exaucé.Dans la liturgie de ce jour\, ces deux versets sont une réponse du bercail à la tendresse vigilante du Bon Pasteur qui vient de se révéler dans l’Evangile. Il a dit que son amour est toujours en acte ; ses brebis lui disent\, à leur tour\, qu’il en est de même du leur. A peine éveillées\, leur pensée\, leur désir\, leur tendresse vont vers lui et dans la joie et la sérénité d’une absolue confiance en sa garde vigilante et forte\, elles lui répètent qu’au moindre besoin\, qu’à la moindre alerte\, elles l’appelleront d’un geste\, d’un cri\, pour qu’il vienne et qu’elles se serrent autour de lui. \nLA MÉLODIE\nL’intonation est toute simple\, avec une note de joie tranquille\, mais dès les premières notes qui suivent\, une sorte d’ardeur s’y mêle qui va croissant jusqu’à la triple note sur fa où elle devient intense\, avec quelque chose de personnel\, d’intime que lui donne le pronom meus : mon Dieu à moi. C’est toute la tendresse émue de l’âme qui\, après le noir de la nuit\, retrouve son Seigneur tant aimé. Simple incident d’ailleurs ; sitôt passe le nom divin\, la joie retrouve sa simplicité paisible. Le mot face\, déjà mis en relief par le sommet de l’arsis\, se développe en de longs neumes comme si l’âme insistait pour faire remarquer à l’ami divin qu’il est vraiment sa première pensée.Même joie dans la seconde phrase\, peut-être plus extériorisée. Elle enveloppe nomine tuo d’un beau mouvement\, à la fois retenu et chaud\, puis elle continue avec un accent de fermeté\, de sécurité qui trouve ce qu’il lui faut sur les longues tenues de levabo\, de manus et de l’Alleluia. Ce n’est plus tant son intime tendresse que  sa confiance inébranlable que l’âme veut dire à son fidèle gardien.Il faut faire un crescendo sur Déus meus mais discret ; c’est une prière. La triple note de meus est une trivirga ; la faire très expressive.Reprenez le mouvement léger sur ad te de luce ; arrondissez le podatus du sommet et retenez toute la thésis. La première note de nus et celle de as\, légèrement allongées ; L’Alleluia très paisible. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nJe suis le Bon Pasteur\, Alleluia ;Et je connais mes brebisEt elles me connaissent les miennes\,Alleluia\, Alleluia. Jean X\, 14.C’est le même que celui du second Alleluia. Chanté au moment de la communion\, il prend un sens plus actuel encore. C’est en effet dans l’Eucharistie que se réalise cette connaissance mutuelle intime entre le Christ et nous. « Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi et moi en lui … et je me manifesterai à lui. » C’est donc le Christ qui exprime ici\, sous les termes imagés de l’allégorie du Bon Pasteur\, le mystère de l’union qui se réalise\, au moment même\, entre lui et les âmes. \nLA MÉLODIE\nSous une forme musicale toute différente\, c’est bien la même expression que dans l’Alleluia.Dans la première phrase\, une tendresse souriante\, attirante\, avec une nuance d’intimité extrêmement délicate sur les trois salicus remontant en demi-ton sur le fa ; on dirait que le Christ ne parle que pour l’âme à laquelle il est uni dans le Sacrement.Dans la seconde\, la joie profonde de l’union. La mélodie s’établit\, par ses fréquents contacts avec le do dans une tonalité plus majeure si l’on peut dire ; Il y a dans et cognosco une admirable expression de joie\, une plénitude de joie qui se développe sur oves meae en un beau mouvement arsique au sommet duquel meae est mis en relief par l’accent tonique. Le même motif reprend sur et cognoscunt mais ébauché seulement cette fois. Le pressus met une belle nuance de tendresse sur meae. C’est peut-être dans la courbe du premier Alleluia que la joie profonde trouve sa plus parfaite expression.C’est toujours le Christ qui chante\, le mouvement sera donc modéré.Prenez garde de ne pas faire les salicus de la première phrase trop longs ; posez nettement sur fa la dernière note de bonus pour éviter que ce demi-ton ne soit une plainte ce qui serait un contre-sens.Dans la seconde phrase\, un léger crescendo-accelerando ira jusqu’à la fin de la première incise ; la première note de sco dans cognosco un peu allongée\, le torculus bien arrondi et l’accent de meas lancé et articulé ; retenez à peine la cadence de meae mais enchainez et cognoscunt ; Gardez la voix sonore dans les notes graves du premier Alleluia qui ne sera pas ralenti.Cantiques pour Pâques \n\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\nPolyphonies pour Pâques\n\nEcoutes de pièces \n\nZelenka : messe de la Résurrection\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Troisième Dimanche après Pâques
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nINTROÏT\nLE TEXTE\nAcclamez Dieu\, toute la terre\, Alleluia.Un psaume chantez à son nom\, Alleluia.Donnez de l’éclat à sa louange\, Alleluia.Ps. – Dites à Dieu : Que terribles sont tes œuvres !Devant la grandeur de ta puissance\,Ils te mentiront tes ennemis.(obligés qu’ils seront de te louer). Ps. LXV. 1\, 2\, 3. \nCes deux versets\, dans le Psaume\, sont adressés à toute la terre comme une invitation à louer Dieu avec éclat pour l’un des nombreux miracles qu’il fit pour sauver son peuple.Ils sont tout à fait à leur place au temps de Pâques et particulièrement en ce IIIe dimanche où le Christ\, pour la première fois\, nous dit à l’Evangile qu’il va retourner dans la gloire du Père et nous y donne rendez-vous pour « une joie que personne ne nous ravira jamais ».C’est l’Eglise qui les chante\, toute l’Eglise ; celle du Ciel\, de la terre\, du purgatoire\, appelant ses membres\, et toute la création en eux\, à louer Dieu d’avoir ressuscité son Fils\, et nous avec lui\, en nous communiquant\, par le Baptême et l’Eucharistie\, son éternelle vie. \nLA MÉLODIE\nJubilate\, le premier mot de l’intonation\, est revêtu du même motif que dans l’Offertoire du Dimanche dans l’Octave de l’Epiphanie ; mais\, ici\, la syllabe la n’a aucun développement neumatique et la mélodie\, au lieu de se complaire en broderies sur le fa\, remonte au la sur Déo et conduit ainsi le mouvement en arsis vers la double note du torculus par l’accent tonique\, il prend sur cette bivirga\, tout au sommet de la mélodie\, un nouvel élan qui le fait aller\, en des rebondissements thétiques mais pleins de vie\, comme d’un seul jet jusqu’à la cadence de l’Alleluia. Cette première phrase est une merveille d’ardeur et d’entrain ; c’est tout l’enthousiame de l’Eglise reconnaissante et vibrante d’espoir qui passe et voudrait entrainer le monde entier dans la louange.Dans les deux autres phrases\, le mouvement est moins alerte. A quelques exceptions près\, chaque syllabe a son neume et très souvent il est élargi. Ce n’est pas que l’ardeur soit moindre mais elle est plus pondérée\, plus intérieure\, si l’on peut dire ; quelque chose de plus religieux la pénètre. Il semblerait que l’auteur\, prenant les mots dans leur sens précis\, ait vu dans Jubilate omnis terra un appel à toute la création pour une acclamation générale et\, dans le psalmum dicite\, une invitation à la louange liturgique\, d’où cette nuance assez marquée de réserve et de gravité. Le texte et la mélodie\, serrés de près\, prêtent à cette interprétation ; d’autant plus qu’en maints autres cas la même expression musicale se trouve sur psallere\, psalmum dicere\, psallentes\, psallat…(Voir entre autres l’Introït du Dimanche dans l’Octave de l’Epiphanie\, celui du IIe Dimanche après l’Epiphanie ainsi que l’Offertoire de ce même Dimanche\, l’Offertoire de la Septuagésime et celui du IVe Dimanche de Carême).Le psaume\, par son allure décidée\, est bien dans le ton\, et la cadence sur inimici s’adapte parfaitement à la nuance d’ironie qui se trouve dans les mots.La première phrase sera chantée d’un seul mouvement ; l’accent de Jubilate bien lancé\, la première note du podatus de Déo légèrement allongée\, la bivirga de omnis vibrante d’entrain.Pas de contraste poussé entre les deux phrases\, il se fera de lui-même. Gardez le mouvement et faites très souples les beaux rythmes de dicite nomini ejus\, attaquez avec fermeté le salicus de date\, mais retenez délicatement les quatre notes de te ; menez les Alleluia en crescendo vers le troisième qui sera élargi et aura de l’éclat. \nALLELUIA I\nLE TEXTE\nLa rédemption il a envoyée\, le Seigneur à son peuple. Ps. CX. 9. \nC’est de la délivrance de la captivité d’Egypte ou de Babylone qu’il s’agit dans le Psaume. Ici\, dans la liturgie de Pâques\, c’est du salut que le Seigneur nous a envoyé par son Fils ; lequel ayant payé notre rançon de son sang\, nous a délivrés de l’emprise du démon et faits libres.L’Alleluia est ainsi une paraphrase très heureuse de l’Epître\, où il nous est rappelé que c’est en tant qu’hommes libres que nous devons obéir à Dieu et aux hommes qu’il a établis sur nous. \nLA MÉLODIE\nL’Alleluia est celui de la messe du jour de Noël. Comme il est très spécial à la période de la Nativité\, on peut se demander quelle raison l’a fait choisir pour un dimanche qui en est si éloigné. Serait-ce le mot misit ? C’est à Noël que le Sauveur a été envoyé… de telles nuances ne sont pas rares. (cf le Trait Domine audivi du Vendredi Saint)Le verset\, lui\, est original. Une phrase très simple qui\, dans un beau mouvement de joie\, met misit en pleine évidence au sommet de l’arsis puis vient se complaire sur Dominus qu’elle baigne de révérence\, de tendresse et de gratitude. \nALLELUIA II\nLE TEXTE\nIl fallait qu’il souffrit\, le ChristEt qu’il ressuscitât d’entre les mors\, Et qu’ainsi il rentrât dans sa gloire. Luc XXIV. 26. \nSous une forme légèrement différente\, ces paroles furent dites plusieurs fois par Notre Seigneur aux apôtres pour prophétiser sa Passion et sa Résurrection. (Math. XVI. 21. – Marc IX\, 30) Au matin de Pâques les deux anges du tombeau les rappelèrent aux Saintes Femmes : « Souvenez-vous qu’il a dit lorsqu’il était en Galilée ; Il faut que le Fils de l’homme… »(Luc XXOV. 7) Le soir\, Notre Seigneur\, lui-même\, sur un ton qui comportait une nuance de reproche pour leur mémoire si courte\, les redit aux disciples d’Emmaüs : « Ne fallait-il pas que le Christ souffrît et qu’ainsi il entrât dans sa gloire ».(Luc XXIV. 26)C’est de ce dernier texte que ce verset de l’Alleluia se rapproche le plus ; on a seulement ajouté resurgere a mortuis et supprimé la forme interrogative. Ce dernier point a son importance. Par le fait que le texte est revenu une affirmation\, il ne semble pas que ce soit Notre Seigneur qui le chante ici\, mais plutôt l‘Eglise qui se le remet en mémoire\, en méditant les détails de la Résurrection. Il devient ainsi comme une sorte de prélude à l’Evangile où Notre Seigneur\, pour la première fois\, va parler de sn entrée prochaine dans la gloire : dernier accomplissement de la prophétie. \nLA MÉLODIE\nElle est calme\, recueillie\, toute baignée de paix.La première phrase toutefois est empreinte d’une nuance très particulière de tristesse par une certaine réserve qui la maintient dans le grave et plus encore\, par les cadences en demi-ton de oportébat et de Christum. Ce n’est pas la douleur aigüe de la Passion : l’Eglise ne pleure pas ; elle est dans la joie de Pâques ; mais\, au souvenir de ce que le Christ a dû souffrir\, une sorte d’attendrissement pénètre sa contemplation. C’est cette douleur des souffrances du Christ\, cette douleur de souvenir\, qui passe dans son chant et le revêt de nuances si délicates ; de celles-là mêmes que prend tout naturellement notre voix lorsque nous parlons des souffrances passées de nos amis. Resurgere a mortuis n’a pas d’expression particulière\, mais il s’achève tout de même sur une cadence en ton plein où il n’y a plus de tristesse.C’est une heureuse transition à la phrase qui va chanter le prix de la douleur\, à savoir l’entrée du Christ dans la gloire. Elle le fait sur un motif deux fois répété ; sur ita et gloria ; il est plein de noblesse\, de grandeur et d’éclat. L’âme y trouve tout ce qu’il lui faut pour exprimer la joie forte et pleine que les mots divins ont mise en elle en lui révélant le mystère de la souffrance du Christ et celui de sa propre souffrance qui s’y trouve enfermé. La phrase s’achève sur le jubilus de l’Alleluia déjà ébauché sur intrare à la fin de la première incise. Lui aussi\, comme pour reprendre toute l’idée\, a sa première partie nuancée de tristesse\, elle se développe dans le grave et a ses cadences bien posées en demi-ton par le torculus\, tandis que la seconde\, s’établissant dans les hauteurs\, y chante la joie\, se posant à peine sur le mi et s’achevant en ton plein par la cadence de mortuis\, qui reste suspendue\, comme si l’âme continuait\, dans le silence\, la contemplation du Christ entrant dans la gloire.C’est un chant délicat ; il doit être chanté doucement\, sans effort dans un mouvement très souple et très lié.Ralentir la cadence finale de l’Alleluia et de suam afin de bien lui donner son caractère contemplatif et mystérieux. Faites très expressifs les pressus de oportébat et de Christum ; Un peu plus de mouvement dans la seconde phrase. Arrondissez le sommet de ita et de gloriam. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nLoue\, mon âme\, le Seigneur.Je louerai le Seigneur durant ma vie.Je chanterai des psaumes à mon DieuTant que je serai\, Alleluia. Ps. CXLV\, 2.Le verset du Psaume est\, à lui seul\, une sorte de dialogue ; l’âme s’invite d’abord elle-même à louer le Seigneur\, puis\, répondant à l’invitation\, elle commence sa louange – qu’elle développera tout le long du Psaume – en proclamant qu’elle chantera le Seigneur toute sa vie.Cette promesse d’éternelle louange est bien à sa place après l’Evangile qui vient d’être chanté. Notre Seigneur en effet n’y annonce pas seulement qu’il remonte à son Père mais il prédit son retour : « Encore un peu de temps et vous me reverrez… » Interrogé sur le sens de ce retour\, il répondit : « vous êtes dans la tristesse… mais je vous verrai de nouveau et votre cœur se réjouira et personne ne vus ravira votre joie. » La réponse était imprécise ; il est probable que les apôtres n’en saisirent pas le sens profond\, mais\, pour nous\, elle est claire ; c’est l’avènement de gloire et l’éternelle béatitude qui suivra que Notre Seigneur annonce.Cet Offertoire se présente donc comme un chant de reconnaissance dans lequel l’âme dit à Dieu que\, pour tout le bonheur qu’il lui a donné déjà et pour celui qu’il lui promet\, elle le louera\, tant qu’elle vivra. \nLA MÉLODIE\nParole intérieure\, musique intérieure. L’invitation qui prend toute la première phrase\, est baignée de joie intime ; notez la plénitude des intervalles et les cadences sur mi et sur fa si délicates. L’âme\, remplie de la parole divine qui lui promet une félicité accrue et sans fin avec le Christ dans la gloire\, contemple\, dans une atmosphère de gratitude heureuse\, la bonté du Seigneur et\, doucement\, discrètement\, intimement puisqu’elle se parle à elle-même\, elle chante pour s’exciter à le louer. A part l’invitation qui traduit si parfaitement cet état de paisible bonheur\, tout le reste de la phrase est une formule du IVe mode\, mais le mode est lui-même si bien dans le ton !La seconde phrase a plus de mouvement. L’âme\, sans sortir de sa sainte quiétude\, fait à sa propre invitation une réponse empressée\, ardente. Un très bel élan\, un élan de louange déjà\, emporte Dominum sur les hauteurs où il s’épanouit avant d’être ramené tendrement à la tonique. Laudabo Dominum in vita mea ; elle louera\, toute sa vie ; elle insiste sur ces derniers mots : épisème\, quilisma\, pressus ; toutes les ressources de la mélodie sont amenées pour mettre en relief cette promesse d’éternelle louange car la vie de celui qui loue le Seigneur ne finit pas.Après avoir achevé cette affirmation d’ordre général sur la formule si tendre qui finit la première phrase\, l’âme précise ce que sera sa louange : psallam. Je chanterai des Psaumes à mon Dieu. Après les quatre premières notes\, qui ramènent\, très heureusement ici\, la nuance de bonheur profond\, – le bonheur de chanter – le mot s’étend sur la tristropha\, enveloppé de la même religieuse vénération que dans l’Introït sur Psalmum. Cette vénération se pénètre d’ardeur et de tendresse tout le long des arsis de Deo meo et que quamdiu et\, plus encore peut-être\, sur ero que le quilisma et le pressus font si expressif.L’Alleluia reprend le motif de psallam et le prolonge par une bivirga et une clivis allongées\, intensifiant ainsi pour finir le sentiment de contemplation paisible et heureuse qui enveloppe tout depuis le début.Le mouvement sera paisible. Elargir la partie thétique de l’intonation. Bien veiller à ne pas traîner les cadences de Dominum et de mea\, qui\, pour un rien\, deviendraient des plaintes.On mettra un peu plus de mouvement dans la seconde phrase ; accélérant quelque peu l’arsis de laudabo\, mais retenant la dernière syllabe de Dominum. Bien rythmer ero\, à la fin de la dernière phrase. Ralentir progressivement l’Alleluia. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nUn peu de temps et vous ne me verrez plus\, Alleluia.Encore un peu de temps et vous me reverrezParce que je vais à mon Père.Alleluia\, Alleluia. Jean. XVI\, 16.Ces paroles ont été prononcées par Notre Seigneur après la Cène. Il prédisait là sa mort et sa Résurrection\, mais aussi son retour\, à la fin du monde\, pour son triomphe total et définitif.Ici\, ce n’est pas le Christ de la Passion qui les chante ; le Temps Pascal s’y oppose et\, plus encore\, le caractère joyeux de la mélodie qui est tout à l’opposé de la gravité triste du Discours après la Cène ; c’est l’Eglise qui se les remémore ou\, mieux encore\, le Christ Glorieux qui\, dans l’intimité de la communion\, les redit à ceux qui le reçoivent en leur donnant un sens particulier d’intimité : »Vous qui me recevez dans votre âme\, vous ne me voyez pas de vos yeux de chair car je suis remonté vers mon Père\, mais vous me reverrez parce que Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle\, je me manifesterai à lui et je le ressusciterai au dernier jour\, car là où je suis\, je veux qu’il soit aussi. » \nLA MÉLODIE\nLa première phrase\, bien qu’elle évoque le départ et la séparation\, n’est pas triste. C’est un récitatif\, il n’exprime pas de sentiment bien déterminé jusqu’à l’Alleluia qui\, lui\, a une note de joie très nette\, mais peut-être un peu brusquement amenée.Il reste qu’il est une transition heureuse à la seconde phrase qui\, elle\, est joyeuse d’une joie éclatante ; la joie que le Christ\, maintenant dans la gloire\, veut communiquer aux siens comme un réconfort\, en évoquant les jours où ils seront avec lui près du Père.L’attaque de iterum en plein élan sur la dominante a bien ce caractère de force qui convainc et ranime en remplissant l’âme de vivant espoir. La dernière incise\, elle\, se nuance de joie aimable puis la mélodie redevient grave à l’évocation du mystère de la Paternité divine\, bien plus profond et bien plus béatifiant que celui du Christ et que la joie de son visage à jamais contemplé.Liez de près l’Alleluia de la première phrase à me\, qui sera bien posé\, et chantez-le avec une certaine douceur afin d’atténuer ce qu’a d’un peu brusque cette note de joie.La deuxième phrase sera chantée d’un seul mouvement\, avec entrain\, la double note de iterum bien appuyée.Ralentissez quelque peu le vado ad Patrem qui sera bien balancé. Les Alleluia auront leur nuance de joie délicate si on ne les force pas. Elargissez légèrement le podatus du second. Cantiques pour Pâques \n\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\nPolyphonies pour Pâques\n\nÉcoutes de pièces\n\nZelenka : messe de la Résurrection\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Quatrième Dimanche après Pâques
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nINTROÏT\nLE TEXTE\nChantez au Seigneur un cantique nouveau.\nAlleluia.\nCar des merveilles\, il a fait le Seigneur\,\nDevant la face des nations il a révélé sa justice.\nAlleluia\, Alleluia.\nPs. Elle l’a sauvé\, sa main et son saint bras. Ps. XCVII. 1\, 2.\nLe Psaume XCVII est une invitation à louer Dieu parce qu’il a manifesté sa justice devant les nations en sauvant maintes fois son peuple\, selon les promesse qu’il lui avait faites.\nCes interventions de Dieu avaient en fait pour objet le Christ et ses membres. Elles se sont donc continuées\, et elles se continueront jusqu’à la fin des temps\, jusqu’au jour où devant toutes les nations soumises\, a justice de Dieu sera totalement révélée. C’est alors seulement que le Psaume aura tout son sens : mais il l’a déjà d’une certaine manière à la fois actuelle et prophétique\, si l’on peut dire\, en chacun des mystères du Christ car ils sont bien une manifestation de la justice divine que le temps d’ailleurs fait de plus en plus éclatante. Or aucun ne la manifeste avec plus d’éclat que le mystère de la Résurrection. C’est donc dans le sens le plus littéral que l’Eglise entend ces deux versets. Elle les adresse à ses membres comme une invitation à louer le Seigneur qui a révélé une fois de plus sa justice devant les nations en ressuscitant le Christ d’entre les morts par la seule puissance « de sa main et de son bras ». \nLA MÉLODIE\nOn ne trouve pas ici l’enthousiasme qui éclate partout dans le Jubilate du dimanche précédent. C’est une invitation pleine de joie\, certes\, mais simple\, paisible\, avec le caractère très particulier de bonté aimable et souriante de l’Introït du Dimanche de Quasimodo. Les deux mélodies d’ailleurs sont apparentées de très près ; à ce point que\, dans l’une et dans l’autre\, la deuxième phrase est la même. \nLe salicus de Cantate met dans l’intonation une insistance délicate tout à fait de mise ; simple nuance de détail d’ailleurs qui se fond tout de suite dans la révérence toute gracieuse qui enveloppe Domino et dans la joie qui s’élève et se balance jeune\, légère\, souple sur les accents toniques et les rythmes ternaires de canticum novum.\nDans la seconde phrase\, un rien d’enthousiasme passe dans la montée de mirabilia\, et c’est à nouveau sur fecit Dominus et sur Alleluia le motif de l’intonation avec son insistance renouvelée\, avant la cadence sur do si évocatrice de joie profonde.\nIl y a une certaine gravité dans la première partie de la dernière phrase : revelavit surtout est très en relief ; la distropha\, la retombée du mouvement sur le pressus puis sur la clivis allongée vont bien à ce mot qui dit le mystère. La nuance d’enthousiasme de mirabilia se retrouve alors sur justitiam et se prolonge sur les Alleluia qui chantent à nouveau la joie simple\, jeune et fraiche du début. \nLe mouvement sera assez vif. On arrondira bien l’accent de canticum. Léger crescendo sur quia mirabilia.\nLes tristrophas et distrophas de génitum et de revelavit\, douces. Gardez le mouvement jusqu’au bout. \nALLELUIA I\nLE TEXTE\nLa droite du Seigneur a fait éclater sa puissance\,\nLa droite du Seigneur m’a exalté. Ps. CXVII. 16. \nC’est celui de l’Offertoire du IIe Dimanche après l’Epiphanie et du Jeudi Saint. L’interprétation\, ici\, ne saurait être différente\, il va de soi. \nLe Psaume CXVII fut sans doute composé pour la dédicace du second Temple\, ares le retour de la captivité. Le peuple Juif y chante la puissance du Seigneur qui l’a délivré et qui lui a rendu son ancienne gloire. Ce sens en cachait un autre : la délivrance de l’humanité retenue sous l’emprise de Satan et son retour à Dieu\, groupée dans le Christ\, pour être offerte au Père comme le temple vivant dont les temples de pierre ne sont que la figure. C’est donc du monde chrétien qu’il s’agit. C’est le Christ\, c’est tout le Corps mystique qui chante les merveilles que Dieu a faites pour le sauver et le glorifier. \nEn ce temps de Pâques\, les merveilles sont là\, toutes étalées sous nos yeux dans la Résurrection du Christ\, dans la grâce des nouveaux baptisés et dans celle de tous les chrétiens devenue plus vivante et plus forte\, dans la justice de Dieu enfin\, de plus en plus exaltée. Saint Jacques\, dans l’Epître a ramené toutes ces merveilles à leur source : « Toute grâce et tout don descendent du Père des lumières. De sa propre volonté il nous a engendrés par la parole de vérité afin que nous soyons comme les prémices de ses créatures… » L’Eglise les retient ces paroles\, les contemple et trouve dans le verset du Psaume la parfaite expression de sa joie reconnaissante. \nLA MÉLODIE\nUn chant recueilli\, intérieur\, contemplatif que l’Eglise se chante à elle-même dans une atmosphère de vénération reconnaissante.\nIl n’y a rien de plus dans la première phrase ; aussi bien l’idée est-elle d’ordre général.\nElle prend un tour plus actuel et plus personnel dans la seconde sur exaltavit me\, le mot de la Résurrection\, le mot de notre exaltation dans le Christ. La joie\, la reconnaissance\, la fierté le portent dans un magnifique élan au sommet du mode\, lui donnant\, sans sortir de l’atmosphère de contemplation\, l‘éclat qui convient à la gloire qu’il chante. \nL’Alleluia doit être exaltant – c’est le thème du dernier mot – mais en même temps léger et souple.\nBien ralentir les deux notes qui précèdent le quilisma de Déi pour lui donner l’expression de vénération qui convient au nom divin. La troisième note de fecit est un salicus.\nMenez bien le crescendo de exaltavit me avec une bonne articulation de me. La reprise du chœur lui donnera l’ampleur et la force qui conviennent. \nALLELUIA II\nLE TEXTE\nLe Christ ressuscité d’entre les morts ne meurt plus.\nLa mort sur lui désormais ne dominera plus. Rom. VI\, 9. \nCette simple affirmation de Saint Paul ne requiert ni explication ni commentaire.\nL’Eglise s’en sert ici pour célébrer le triomphe du Christ sur la mort ; mais aussi pour chanter en espérance la résurrection future de tous ses membres. Et c’est encore l’idée du premier Alleluia\, mais précisée dans l’exaltation suprême du Christ total ressuscité. \nLA MÉLODIE\nElle est plus développée que celle de l’Alleluia précédent. La joie aussi est plus poussée. Avec une force de plus en plus pressante\, elle prend tout l’arsis de resurgens ex mortuis et demeure jusqu’à la fin de la phrase ; notez les tons pleins de jam non moritur\, si expressifs d’une pleine et totale satisfaction. Mais elle n’a pas d’éclat\, toutes les notes se suivent par degrés conjoints et très rapprochés ; elle ne sort pas l’âme du recueillement paisible dans lequel elle contemple la béatitude du Christ…et la sienne dans les jours à venir ;\nDans la seconde phrase\, l’affirmation a quelque chose de plus fort. Il y a une sorte de fierté\, de défi victorieux dans la montée hardie de mors et dans la répercussion sur le si bémol et comme une joie triomphante dans les rythmes ternaires de la thésis.\nAprès la reprise du chœur\, le non dominabitur monte en un crescendo d’allégresse qui se détend pour finir dans le paisible recueillement du début. \nIl faut chanter Christus avec vénération mais sitôt après laisser la joie dominer. Le crescendo-accelerando se poursuivra jusqu’à la fin de mortuis sans brisure. Bien balancer la cadence de moritur qui est  très affirmative.\nDe même le motif de mors doit être très articulé\, la reprise sur le si bémol\, nette et dans un mouvement assez vif. La première note du torculus de ultra\, bien posée\, un peu élargie. Il doit y avoir beaucoup de fermeté dans ce dernier neume. \nOFFERTOIRE\nC’est celui du IIe Dimanche après l’Epiphanie. Tout ce qui a été dit alors vaut ici\, il va de soi. Il faut seulement élargir l’objet de la reconnaissance. Ce n’est plus seulement pour le miracle de Cana et pour l’Eucharistie que nous louons le Seigneur en ce temps de Pâques\, c’est pour tout le mystère de la Rédemption ; pour la Résurrection du Christ pour la grâce du Baptême qui nous y fait participer\, pour le Paraclet que l’Evangile annonce. « Venez et écoutez\, et je vous dirai que de choses le Seigneur a faites pour mon âme… » \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nLorsque viendra le Paraclet\, l’Esprit de vérité\,\nIl convaincra le monde de ce qu’est le péché\,\nLa justice et le jugement\,\nAlleluia\, Alleluia. Jean XVI. 13\, 8. \nNotre Seigneur prononça ces paroles après la Cène. Il va de soi que ce n’est pas dans cette atmosphère de la Passion qu’elles sont à prendre ici. Il faut les entendre ou de l’Eglise qui se les dit à elle-même dans sa contemplation du mystère pascal\, ou du Christ qui\, du Ciel\, les redit à ses membres comme une annonce de la prochaine Pentecôte qui va renouveler la venue du Paraclet.\nRien ne permet de les rattacher directement à la Communion ; on peut dire cependant que la réception du sacrement cause\, si elle est fervente\, une nouvelle mission du Saint Esprit dans l’âme qui\, de ce fait\, se trouve éclairée par l’Esprit de cérite sur tout ce que le Christ a dit. Rien ne s’oppose donc à ce que ces paroles soient dites par le Christ dans l’intimité à l’âme qui le reçoit. \nLA MÉLODIE\nElle a peu de mouvement ; les mots sont bien soulignés\, mais sans développement mélodique considérable.\nToutefois une insistance assez marquée par les salicus sur Spiritus veritatis amène une cadence suspensive en si qui prépare le bel élan de ille arguet au débit de la seconde phrase. C’est là vraiment le point culminant de l’expression ; on y sent une joie fière ; celle du Christ qui va enfin triompher ; celle de l’âme qui se redresse devant le péché\, l’injustice et toute la perfidie au milieu desquels elle vit et\, dans la liberté de sa pensée intime\, prend force\, courage et joie à l’idée que bientôt va venir celui qui établira le droit véritable et le vengera de tout ce qui le diminue. L’énumération qui suit se fait sur des formules sans grand intérêt\, mais les Alleluia raniment la joie pour finir. \nChantez avec simplicité le mouvement thétique de la première phrase ; le pressus de Paraclitus sera donc peu marqué. Par contre\, appuyez bien les salicus sur le si\, en leur donnant même un peu de mordant. Peu ou pas de ralenti à la cadence.\nLe crescendo sur ille arguet léger et délicat. \n  \nCantiques pour Pâques\n \n\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\nPolyphonies pour Pâques\n\nEcoutes de pièces  \n\nZelenka : messe de la Résurrection\n\n  \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Cinquième Dimanche après Pâques
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n\n\n\nINTROÏT\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nLe cri de joie\, lancez-le et qu’il soit entendu.Allelúia.Lancez-le jusqu’aux extrémités de la terre.Il a libéré son peuple\, le Seigneur.Allelúia\, Allelúia. \n\n\n\nPs. – Acclamez Dieu\, toute la terre.Un psaume chantez à son nom\, donnez de l’éclat à sa louange. Isaïe XLVIII. 20 – Ps. LXV. 1\,2. \n\n\n\nC’est aux Juifs captifs à Babylone que le Prophète s’adresse. Il vient de leur dire qu’enfin le Seigneur va bientôt les délivrer\, lorsque tout à coup\, comme s’il voyait dans l’avenir se dérouler la scène de la libération et qu’il y était avec la mission de porter à ses compatriotes la bonne nouvelle de leur délivrance\, il s’écrie : « Sortez de Babylone\, fuyez les Chaldéens. Lancez le cri de joie et qu’il soit entendu et faites-le parvenir jusqu’aux extrémités de la terre. Dites : le Seigneur a racheté son serviteur Jacob. » \n\n\n\nDans l’Introït tout ce qui avait trait au peuple Juif a disparu : l’ordre de fuir\, au début et « son serviteur Jacob »\, à la fin qui a été remplacé par « son peuple ». Aussi bien ce n’est plus Isaïe qui prophétise\, c’est la prophétie qui se réalise. En effet\, par-delà la libération des Juifs\, ce que le Prophète voyait\, c’était la Rédemption du monde\, et la voix qu’il entendait et dont il reproduisait les accords était celle de l’Eglise invitant ses membres à proclamer sans cesse que le Seigneur a sauvé son peuple par sa mort et sa résurrection. C’est cette voix qui chante ici. \n\n\n\nQuel sens exact donner à vócem jucunditátis ? Le mot de la joie ? Ce n’est pas assez. Le cri de la joie dit bien l’enthousiasme de la libération\, mais crier ce n’est pas liturgique ; pour entrer dans le jeu sacré\, il faut que le cri soit stylisé\, or c’est le chant qui donne au cri le style qui convient ; le sens qui paraît le mieux adapté serait donc : lancez le chant qui annonce la joie ardente de Pâques. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nC’est un chant d’enthousiasme\, mais très nuancé. \n\n\n\nLa première phrase commence par un salicus\, comme si l’Eglise voulait un instant savourer sa joie sur cette double note avant de la laisser aller au souffle de l’enthousiasme. Celui-ci la saisit d’ailleurs tout de suite et l’emporte de plus en plus ardente vers l’accent tonique de jucunditátis et la tristropha de nuntiáte où elle s’épanouit\, vibrante et pressante\, certes\, mais douce aussi\, faisant de cet impératif une aimable invitation plutôt qu’un ordre. Elle se détend ensuite tout au long de la thésis en une nuance de bonheur intime et profond. Mais la phrase n’est pas achevée ; il y a une reprise de mouvement sur audiátur. L’élan de joie y est beaucoup moins marqué\, c’est plutôt l’impératif qui domine ici ; l’Eglise soucieuse de ce que ses enfants mettent à profit la bonne nouvelle\, veut qu’on la fasse entendre et qu’elle soit écoutée. La cadence qui se prolonge dans l’Allelúia revêt la même nuance qu’à la fin de l’incise précédente. \n\n\n\nLa seconde phrase reprend l’invitation. Nuntiáte reproduit exactement l’intonation avec le même souffle ardent\, mais\, passé ce premier mot\, l’Eglise\, toute prise par l’idée de faire se répandre jusqu’au bout du monde la joie de la Résurrection\, élargit son chant à la mesure de sa vision et de son désir. Ce mouvement est parmi les plus beaux du répertoire. D’abord mesuré\, presque scandé\, sur les torculus de nuntiáte\, il se dégage sur úsque en un élan hardi qui le porte du la au ré puis\, balançant la joie sur les clivis allongées de extrémum térræ il se fait souple\, léger\, plus large aussi\, comme pour se préparer à s’épanouir sur le torculus si gracieux et si expressif du sommet avant de s’achever sur la cadence pleine et ferme du VIIIe mode. \n\n\n\nC’est dans cette tonalité nouvelle que débute la troisième phrase. Il faut d’abord en préciser le sens car elle peut s’entendre de deux façons selon qu’on la considère ou non comme une citation : « Annoncez ceci : « Le Seigneur a libéré son peuple » « ; ou bien : « Annoncez (la joie) ; le Seigneur a libéré son peuple « . Or\, il semble bien que ce soit cette seconde interprétation qu’il faille lui donner. En effet\, dans le texte d’Isaïe il y a: « Dites : le Seigneur a libéré son serviteur Jacob »\, et\, dans l’Introït \, « dites » ayant été supprimé\, il reste « annoncez(la joie) : le Seigneur a libéré son peuple. » La mélodie confirme d’ailleurs cette interprétation. Elle est toujours joyeuse\, ardente\, enthousiaste mais l’élan léger des deux premières phrases n’y est plus. Dès le début\, dans l’arsis de liberávit on la sent qui se retient ; c’est une joie plus intérieure\, plus profonde qu’elle exprime. Cette nuance – car ce n’est qu’une nuance – est surtout sensible dans le mouvement thétique\, qui commence d’ailleurs tout de suite ; depuis la tristropha et la clivis de Dóminus jusqu’au salicus de pópulum qui ramène si délicatement la mélodie au la\, tout est enveloppé de vénération\, de gratitude\, de tendresse. Les Allelúia eux-mêmes sont discrets\, retenus ; non seulement le premier\, qui se complait dans l’admirable descente vers le ré\, mais le second aussi dont tous les neumes ralentis par le quilisma s’imprègnent de plus en plus de contemplation à mesure qu’ils approchent de la cadence qui achève si bien de dire ces sentiments délicats. \n\n\n\nLe psaume retrouve l’élan joyeux du début sur le mot même de la joie : Jubiláte. \n\n\n\nCet Introït est difficile à bien chanter. On est exposé en effet à en marquer trop les nuances. Ce serait une erreur qui donnerait un caractère recherché\, précieux alors qu’il est au contraire ferme et fort. Il faut faire les nuances\, mais de telle sorte qu’elles découlent comme naturellement les unes des autres. Que les thésis en particulier ne soient pas d’une douceur qui tranche sur la force de l’arsis ; c’est dans un dégradé presque insensible qu’il faut les faire. D’autre part\, on est assez tenté de le chanter fort à cause de son caractère enthousiaste ; rien ne s’y oppose\, au contraire\, mais à la condition expresse que les voix ne soient pas poussées et qu’elle demeurent souples. C’est de la vie beaucoup plus que de la force qu’il lui faut. \n\n\n\nUne technique rigoureuse permettra d’éviter ces deux écueils. \n\n\n\nQue les doubles notes n’aient que leur valeur et qu’elles demeurent bien dans le mouvement. Celle du début est un salicus ; attaquer doucement la première note. Les deux podatus de Jucunditátis ont leur première note légèrement allongée. Faites une légère accélération vers le sommet et évitez de faire la distropha trop dure. Pas de ralenti à la cadence de annuntiáte. \n\n\n\nLe neume de úsque sera très lié et très léger\, les clivis de extrémum\, à peine pesantes\, le torculus du sommet\, gracieusement élargi. Peu de ralenti à la cadence. \n\n\n\nLa tristopha de Dóminus sera douce. Reliez l’Allelúia à súum. Posez bien la première note des podatus du second Allelúia : crescendo discret dans l’arsis\, la thésis très retenue. \n\n\n\nALLELÚIA I\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nIl est ressuscité le Christ et il (nous) a éclairés nous qu’il a rachetés de son sang. \n\n\n\nCes paroles ne se retrouvent nulle part dans l’Ecriture. \n\n\n\nElles ne se rattachent pas directement à l’Epître encore que l’illúxit nóbis puisse s’entendre de la parole du Christ que Saint Jacques nous invite à entendre. L’Eglise s’en sert simplement comme d’un thème général pour chanter le Christ ressuscité éclairant de sa lumière ceux qu’il a rachetés. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle a très peu d’étendue dans la première incise ; quelques notes qui vont et viennent du ré au fa serrées les unes contre les autres ; mais quelle belle expression de l’âme recueillie dans la contemplation du mystère et qui laisse sa joie et sa gratitude monter en touches délicates ! Sur et illúxit elle prend conscience de la clarté que le Christ ressuscité projette en elle et de tout ce qu’elle y trouve de sécurité et de paix. Sa joie s’anime. D’un seul mouvement de quinte la mélodie monte au la mais elle ne s’extériorise pas pour autant ; elle demeure contemplative et c’est d’un pas mesuré qu’elle redescend vers la tonique\, soulignant seulement illúxit d’une touche de ferveur. \n\n\n\nMais voici l’idée de la Rédemption. L’âme cette fois se laisse aller à l’exaltation. La joie d’être rachetée\, sauvée\, ressuscitée un jour\, la fait clamer au monde – comme le demandait l’Introït – le bonheur infini qu’elle doit au Christ. La mélodie de la dominante où elle s’est établie tout de suite\, gagne les hauteurs et s’y déploie à loisir en un motif léger\, vif\, plein d’une allégresse qui s’avive. Celle-ci toutefois ne dure que le temps du mot redémit ; tout de suite\, sur sánguine\, la mélodie redescend en ré. Le mot est très en relief par ce brusque passage au grave et plus encore par les pressus mais ce n’est pas de la tristesse qu’il exprime. A l’évocation des souffrances du Christ\, l’âme est seulement revenue à sa contemplation recueillie et\, sur ces deux pressus\, comme sur ceux du surréxit\, c’est l’ardeur de sa gratitude qu’elle fait monter vers le Seigneur. Le motif d’ailleurs\, pour finir\, rime très heureusement avec celui de illúxit nóbis. \n\n\n\nLe mouvement sera très tranquille et très lié dans la première phrase\, allant vers les  pressus qu’on fera très expressifs. Bien faire l’élan ré la sur et mais garder le mouvement paisible. \n\n\n\nOn l’animera sur quos redémit mais sans forcer le contraste : ne pas le forcer non plus sur sánguine. Il faudra bien veiller aux transitions pour garder à toute la pièce son unité. \n\n\n\nALLELÚIA II\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nJe suis sorti du PèreEt je suis venu dans le mondeMaintenant je quitte le mondeEt je vais à mon Père. Jean XVI. 28. \n\n\n\nIl y a deux façons d’interpréter ici ces paroles prononcées par Notre Seigneur après la Cène. On peut les mettre sur les lèvres de l’Eglise qui se les chanterait à elle-même en une sorte de contemplation pour se préparer au départ du Christ vers son Père. On peut aussi entendre Notre Seigneur lui-même les chanter ; non pas dans le cadre du Cénacle\, le Jeudi Saint\, mais dans l’atmosphère des jours qui précèdent l’Ascension. Il n’est pas rapporté dans l’Evangile qu’il les prononça de nouveau après sa Résurrection\, mais il n’est pas invraisemblable qu’il le fit pour préparer ses disciples à la séparation prochaine. Cette seconde interprétation fait le texte beaucoup plus expressif\, il devient vivant\, actuel car et le Christ et nous nous nous trouvons ainsi dans le cadre même des jours que la liturgie fait revivre et comme dans le prélude du drame de l’Ascension qui se prépare. \n\n\n\nQuelle que soit l’interprétation que l’on choisisse\, il faut bien donner aux mots tout leur sens\, Notre Seigneur parlait de lui-même en disant qu’il était venu du Père et qu’il retournait au Père mais il ne le disait pas sans penser à ses membres qui ne font qu’un avec lui. Eux aussi viennent de Dieu en ce sens qu’ils ont été de toute éternité portés dans la pensée divine et prédestinés à vivre la vie du Christ à telle époque\, dans telle contrée ; et\, leur vie achevée\, ils quittent le monde et vont vers le Père pour leur éternelle béatitude. Nous pouvons donc\, tout en les mettant sur les lèvres du Christ\, faire nôtres ces paroles et chanter sur elles le cycle de notre vie errante. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle est faite d’un motif qui va du ré au sol et du sol au ré\, presque toujours par degrés conjoints. Ce motif revêt deux formes. Le pressus du sommet rend la seconde beaucoup plus expressive. \n\n\n\nA travers ces montées et ces descentes légères\, fluides\, toujours les mêmes et ans cesse répétées ; (15 fois dans l’ensemble de l’Allelúia et du verset) la voix du Christ nous vient comme de très haut\, planant au-dessus du temps\, au-dessus des évènements\, au-dessus de ses disciples\, au-dessus de la peine qu’ils ont de le voir partir\, au-dessus de nos désirs trop humains à nous aussi\, qui voudrions tant qu’il fût là avec son corps de chair. Et elle chante la seule chose qui importe : le mouvement dans lequel tout être doit avoir son mouvement s’il veut atteindre sa fin : venir du Père\, aller au Père. Et pour la chanter\, elle a l’expression de ce qui ne change pas\, de ce qui ne passe pas\, de ce qui dure : de la joie qui a sa plénitude. C’est une voix de contemplation\, la voix de quelqu’un qui est fixé sur son objet\, sur son bien ; la voix du Christ ressuscité qui juge tout dans sa sagesse infinie\, du Christ heureux dans la volonté du Père qui l’a envoyé et qui le rappelle. \n\n\n\nCe n’est pas que la mélodie soit sans expression ; de beaux accents de tendresse pour le Père montent sur les pressus de a Pátre de vádo de Pátrem ; d’autres\, chargés de désirs et d’amour pour nous\, sur véni et múndum. Mais ce qui le caractérise c’est\, par delà les mots et les neumes\, comme une tendre mélodie ; la mélancolie de tous les départs mais ici tempérée\, dominée même par une douceur qui voudrait consoler ; la douceur inexprimable du discours après la Cène. « Mes petits enfants\, encore un peu de temps je suis avec vous…que votre cœur ne se trouble pas…je ne vous laisserai pas orphelins. Je vais mais je reviendrai vers vous. Il vaut mieux que je parte…Là où je suis\, je veux que vous soyez aussi. Il y a beaucoup de places dans la maison de mon Père. Je vous laisse ma Paix\, je vous donne ma Paix… » \n\n\n\nPour que cette mélodie ait vraiment son expression juste il faut la chanter dans un mouvement modéré\, très souple et sans aucune recherche d’effet. Les crescendo seront très discrets\, la voix effacée\, toutes les notes bien égales\, le rythme très prononcé de façon à donner cette impression de continuité indéfinie\, de calme\, de paix absolue si caractéristique de la contemplation. Les pressus seront eux aussi\, peu poussés encore qu’un accent délicat de ferveur doive y être posé. \n\n\n\nOFFERTOIRE\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nBénissez\, peuples\, le Seigneur notre Dieu.Et faites retentir le chant de sa louange.Lui qui a posé mon âme pour la vieEt n’a pas permis de chanceler à ms pieds.Béni soit le Seigneur qui n’a pas repoussé ma prière et sa miséricorde de moi.Allelúia. Ps. LXV. 8\, 9\, 20. \n\n\n\nDans les versets 8 et 9 du Psaume LXV\, qui forment la première partie de cet Offertoire\, le peuple juif invite les nations à louer le Seigneur qui l’a sauvé d’une catastrophe où il devait périr et dans laquelle il n’a même pas été ébranlé. Le verset 20 est une formule de bénédiction dans laquelle il remercie lui-même le Seigneur de l’avoir exaucé dans sa miséricorde. A eux trois\, ils forment un très beau chant d’action de grâces. \n\n\n\nC’est le Christ et ses membres qui le chantent ici. \n\n\n\nLe Christ en tout premier lieu. Il a bien le droit d’inviter les peuples à bénir et à louer son Père car il vient de les conquérir sur la mort. La conquête a été dure\, mais elle s’est achevée dans l’éclatant triomphe de la résurrection. Le Père lui a donné à nouveau son âme pour la vie ; non seulement pour qu’elle anime son corps mais pour que la vie divine qu’ila en plénitude passe de lui dans tous ceux que la grâce de la Résurrection lui incorporera. Pour tout cela : pour le triomphe\, pour le secours dans l’épreuve\, pour sa prière qu’il a répandue sur tous les siens ; Benedictus Dóminus. Que son Père soit béni. \n\n\n\nAvec le Christ\, toute l’Eglise chante Benedícite géntes. Elle peut bien inviter les nations à la louange ; n’est-elle pas le Christ qui se prolonge sur la terre ? N’a-t-elle pas été\, elle aussi\, sauvée et combien de fois au cours des siècles ? \n\n\n\nEt dans l’Eglise chacun chante pour soi : appelant les peuples à célébrer ce que le Seigneur a fait pour son âme. Il nous a donné la vie : la sienne ; bien souvent peut-être il nous l’a rendue et comme il sait tenir de sa main ferme et forte dans les épreuves variées qui font la trame de nos jours ! Pour avoir si souvent exaucé notre prière\, selon la promesse que votre Fils vient de nous rappeler dans l’Evangile\, pour votre miséricorde qui ne cesse d’être sur nous\, Seigneur\, soyez béni… \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle a très peu d’étendue : le retour répété des notes longues sur fa\, la fixe sur une ligne d’où elle ne s’écarte que par échappée. Elle n’a pas d’éclat ; ni l’invitation n’est pressante\, ni la formule de bénédiction ardente. Elle se développe dans une atmosphère de douceur\, de paix\, de sérénité joyeuse surtout qui est bien celle dans laquelle on se plait à évoquer le Christ\, entre la Résurrection et l’Ascension. \n\n\n\nLa voix demeure dans le grave sur Benedícite géntes\, mais elle fait l’invitation aimable et douce. Sur Dóminum Déum elle se revêt d’un accent de ferveur joyeuse. On notera que le motif de cette incise se rapproche de très près de celui de Dóminus díxit ad me dans l’Introït de la Messe de minuit. \n\n\n\nA part l’arsis do mi sol du début qui lui donne une nuance de joie plus extériorisée\, c’est bien la même tendresse heureuse\, simple\, abandonnée ; la tendresse du Fils\, content jadis de venir dans le monde\, content aujourd’hui de retourner au Père. \n\n\n\nObaudíte vócem éjus a quelque chose de ferme qui fait l’intonation plus pressante et l’incise s’achève sur une cadence aimable qui rappelle ici encore celle de méus es tu dans l’Introït de Noël. \n\n\n\nLa  deuxième phrase chante les bienfaits reçus. La vie d’abord. Le qui pósuit vitam évoque l’in splendóribus qui chantait la génération éternelle dans le Graduel de la Messe de minuit. \n\n\n\nCe n’est qu’un rappel ici encore car la seconde note du second torculus enlève au motif l’autorité majestueuse qu’il prend à Noël sur les lèvres du Père. Elle lui donne par contre quelque chose de plus simple\, de plus doux\, de plus joyeux aussi qui va bien avec l’amabilité\, la bénignité si humaines du Fils. Le même motif est à nouveau esquissé sur ánimam et le mouvement de joie un moment animé par le torculus se fixe presque immobile sur la distropha\, comme si le Christ demeurait un instant en admiration devant la merveille de son âme\, chef d’œuvre de la nature et de la grâce où se concentre toute la vie. Heureuse inspiration vraiment que de faire ainsi le Christ chanter son action de grâces\, pour la vie qui lui a été de nouveau donnée\, sur le motif dont se servait le Père pour chanter sa génération éternelle le jour de sa nativité. \n\n\n\nLa fermeté est la nuance de l’incise suivante. Le motif de dédit bien appuyé sur la double note qui le termine\, repris sur commovéri\, esquissé une troisième fois sur pédes avec la tristropha donne une impression de sécurité\, de solidité qui traduit parfaitement l’idée. \n\n\n\nLa troisième phrase est toute consacrée à l’action de grâces. Le Christ a fini d’inviter à la louange et d’énumérer les bienfaits qu’il a reçus. Il semble désormais fixé sur le Père\, il ne voit que lui et c’est à lui seul qu’il chante sa gratitude. Elle jaillit en une mouvante exclamation : Benedíctus Déus… La mélodie\, tout en gardant sa joie délicate\, épouse cette immobilité de l’âme. Onze fois en trois lignes les distrophas et les tristrophas reviennent se poser sur le fa\, chargées d’amour reconnaissant\, rivées elles aussi\, à cette teneur comme le regard du Fils sur le Père. Les motifs sont d’ailleurs très gracieux dans leur simplicité réduite à l’extrême. Benedíctus Dóminus\, avec le torculus qui amène la tristropha en un  mouvement de paix si doux\, est repris sur non amóvit. Il y a une insistance sur deprecatiónem par la double note\, qui est une bivirga épisématique. Enfin brisant un instant la ligne mais sans troubler la contemplation\, la joie retrouve son élan sur le mot qui porte en lui tout l’amour de Dieu pour nous : misericórdiam súam ; et tout s’achève sur l’Allelúia qui prolonge jusqu’au silence où elle se perd la gratitude du Fils… et la nôtre. \n\n\n\nIl faut chanter dans un bon mouvement pas rapide mais vivant et joyeux : ce n’est pas une joie extatique qui pénètre la mélodie mais une joie très humaine qui\, pour être profonde\, n’en est pas moins pleine de vie. \n\n\n\nAllongez la première note du podatus de Benedícite. L’arsis de Dóminum sera très souple ; la voix lancée sur le podatus retombera douce sur la tristropha ; la double note de obaúdite et celle de laúdis sont des bivirgas épisématiques. \n\n\n\nUn bon départ a tempo\, avec une joie plus marquée au début de la seconde phrase. Posez avec une certaine force la double note de pósuit\, qui est une bivirga épisématique ; mais que les neumes qui suivent soient très légers\, comme toute l’incise d’ailleurs. Très peu de ralenti à vítam. Dans l’incise suivante\, allongez légèrement la première note des podatus de dédit\, de commovéri et le punctum qui précède la virga de pédes. Un bon temps de silence à la fin de la phrase pour marquer le changement d’idée. \n\n\n\nToute la troisième phrase gragnera à être un peu plus lente\, tout en demeurant aussi souple et aussi vivante\, il va de soi. Non est une virga allongée dans les manuscrits. Retenez légèrement le podatus de vit dans amóvit. La double note de deprecatiónem est une bivirga épisématique. Retenez quelque peu les trois premières notes de súam. Tout le dernier Allelúia élargi. \n\n\n\nCOMMUNION\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nChantez au Seigneur\, Allelúia.Chantez au Seigneur\, bénissez son nom.Avec zèle annoncez jour après jourLe salut qui vient de lui Allelúia Allelúia. Ps. XCV. 2. \n\n\n\nIl se pourrait que le Psaume XCV\, ait été chanté lors de l’introduction de l’Arche de l’Alliance dans la tente que David avait préparée pour elle à Jérusalem dès qu’il eut achevé la conquête de son royaume. Il se trouve en effet sous forme  à peu près semblable sitôt après le récit de la fête au premier livre des Chroniques (I Par. XIII. 26). Il est vraisemblable aussi qu’il fit partie du programme musical de la dédicace du Temple après le retour de la captivité comme l’indiquent les Septante. Ce n’est pas seulement en ces deux circonstances d’ailleurs qu’il fut sur les lèvres du peuple. Les Juifs eurent tant de fois à remercier le Seigneur de les avoir sauvés que des occasions innombrables leur étaient offertes de le chanter. Il était le psaume par excellence de l’action de grâces enthousiaste. \n\n\n\nIl est particulièrement bien à sa place au temps de Pâques. L’intronisation à Jérusalem de l’Arche qui fut captive des Philistins\, comme d’ailleurs la dédicace du Temple\, était en effet la figure du retour à Dieu de tous les hommes rachetés\, ressuscités sous la conduite du Christ\, fils de David. C’est donc dans cet esprit d’action de grâces pour le salut de l’humanité\, que l’Eglise le chante ici. Notons bien qu’elle ne demande pas de louer le Seigneur d’une façon générale\, comme dans l’Introït ; elle précise la forme de sa louange : Cantáte\, benedícite\, annuntiáte. Chanter\, c’est à dire lui exprimer les transports d’allégresse que font jaillir dans l’âme le salut du monde et plus particulièrement sa présence Eucharistique en nous\, gage de résurrection et de vie éternelle. Bénir son nom\, du nom nouveau\, du nom au-dessus de tout nom que le Père lui a donné parce qu’il s’est fait obéissant jusqu’à la mort\, comme nous le chantions\, en espérance\, au Graduel du Jeudi Saint\, et qui est Emmanuel : Dieu avec nous. Enfin proclamer le salut qu’il apporte à chacun\, avoir le zèle de faire savoir combien il a été et demeure miséricordieux. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nUne joie ardente et qui veut se communiquer la pénètre toute. \n\n\n\nElle est alerte et entrainante dans l’intonation enveloppant en même temps Dómino d’une nuance de tendresse qui se prolonge discrète et paisible sur les beaux rythmes ternaires de l’Allelúia. \n\n\n\nIl y a plus d’ardeur sur le début de la seconde phrase ; la joie est plus extériorisée si l’on peut dire ; Dómino lui-même entre dans l’élan. Mais peu à peu\, sur benedícite\, revient la discrétion ; il s’agit ici de louer Dieu dans les profondeurs de l’âme et c’est vraiment une touche d’intimité qui est répandue sur nómen éjus ; notez plutôt l’exquise délicatesse de la clivis allongée et de la cadence de éjus. \n\n\n\nVient alors l’admirable motif de béne. C’est moins une invitation qu’une exhortation heureuse\, aimable\, discrète\, comme si l’Eglise voulait nous garder dans le recueillement de l’action de grâces. Nous avons traduit par « de votre mieux » précisément pour tâcher de rendre cette expression très particulière de la mélodie si différente de l’annuntiáte de l’Introït qui\, lui\, poussait à l’action immédiate. Cette modération ce souci de ne pas distraire de la présence divine caractérise d’ailleurs toute la phrase ; le mouvement est partout retenu ; sur nuntiáte\, sur díem et jusque sur le rythme qu’on pourrait bien dire quinaire 3-2\, 3-2\,  de salutáre. La joie légère du début revient pour finir sur les Allelúia mais ici encore tempérée. \n\n\n\nPour chanter cette antienne dans son expression exacte\, il va de soi qu’il faut se faire communicatif ; vouloir entrainer à la joie. Beaucoup d’élan donc dans les arsis\, bien qu’elles soient très brèves ; bien lancer l’accent de cantáte et de Dómino. Beaucoup de souplesse dans les thésis. \n\n\n\nChanter la première phrase d’un seul mouvement et ne ralentissez pas la thésis de la seconde. \n\n\n\nBalancez béne avec grâce et ralentissez les quatre notes qui précèdent le quilisma de nuntiáte. Bien rythmer salutáre en veillant à l’unité du mot. Reprise de joie sur le premier Allelúia. \n\n\n\nCantiques pour Pâques \n\n\n\n\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\n\n\n\nPolyphonies pour Pâques\n\n\n\n\nEcoutes de pièces \n\n\n\n\nZelenka : messe de la Résurrection\n\n\n\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Lundi des Rogations (Litanies mineures)
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n  \nLes rogations sont comme un retour des jours de pénitence au cours du temps pascal. Elles n’existaient pas à Rome à l’époque de Saint Grégoire\, mais dès alors\, il y avait le 25 Avril qu’on appelait les Litanies Majeures. C’était une procession instituée pour prendre la place d’un cortège païen qui emmenait la jeunesse Romaine sacrifier à la déesse Robigo pour lui demander de préserver les blés de la rouille ou de la nielle. Cette procession avait un caractère pénitentiel ; son but était d’apaiser la justice divine irritée par le péché et de demander à Dieu de protéger les moissons. Elle se déroulait selon le rite des processions stationnales. On se réunissait à Saint-Laurent in Lucina. Au départ on chantait sans doute l’Exsurge et le long du parcours\, des répons ; ce n’est qu’à l’approche de Saint-Pierre qu’on commençait les Litanies. Celles-ci achevées\, la messe suivait.\nLe rite aujourd’hui est demeuré le même et pour la procession de la Saint-Marc\, le 25 Avril\, et pour celles des Rogations ; seuls les répons ont disparu. Les Litanies commencent dès le départ et s’achèvent par les prières qui sont chantées à l’arrivée à l’Eglise\, juste avant la messe.\nIl semble bien que primitivement seule la procession avait un caractère de pénitence et de supplication et que la messe était célébrée dans la joie du temps pascal. Saint Grégoire lui-même le laisse entendre dans une lettre qu’il écrivait au peuple de Rome pour le convoquer aux Litanies « que tout le monde appelle Majeures ». « Nous irons à Saint-Pierre\, suppliant le Seigneur par des hymnes et des cantiques spirituels afin que dans la célébration des Saints Mystères nous puissions rendre grâce à sa bonté\, autant qu’il est en notre pouvoir\, pour ses bienfaits passés et futurs ». (P. L. LXXVII. 13. 9.) Tous les textes de la messe en effet\, on le verra\, sont des paroles de reconnaissance. \nLA PROCESSION\nAntienne Exsurge\nLE TEXTE \nDebout\, seigneur\, aide-nous\nEt délivre-nous à cause de ton nom.\nPs. O Dieu\, de nos oreilles nous avons entendu.\nNos pères nous ont dit (ce que tu as fait pour eux). Ps. XLIII\, 26\, 1.\nCes deux versets sont une prière ardente qui est en même temps très habile parce qu’elle fait appel à l’honneur du nom divin et à la fidélité de Dieu à ses promesse.\nIls forment un très beau prélude à la procession qui va se dérouler dans la supplication répétée des Litanies.\nLA MÉLODIE \nC’est la demande très humble d’une âme accablée sous l’épreuve et qui n’ose pas lever les yeux. Le sentiment de dépression est moins poussé que dans l’Introït Exsurge du Dimanche de la Sexagésime qui finit sur le même texte\, mais c’est bien la même supplication effacée\, réservée\, retenue\, sans élan. \nIl faut la chanter lentement. Bien poser l’accent de Dómine en lui donnant un peu de longueur. Retenir légèrement la clivis de ádjuva nos. Ralentir à peine nómen túum\nLITANIES\nBien leur garder leur caractère de supplication. C’est facile dans la première partie par la retombée en demi-ton sur si et la remontée si-do. Dans les autres\, ce l’est moins. Veillez à ne pas donner à Peccatóres un air de triomphe\, on y serait assez porté. \nLA MESSE\nINTROÏT\nLE TEXTE \nIl a écouté\, de son Temple saint\, ma voix.\nAllelúia.\nEt mon cri en sa présence est entré dans ses oreilles.\nAllelúia. Allelúia. \nPs. – Je t’aimerai\, Seigneur\, ma force !\nLe Seigneur est mon abri et mon refuge et mon libérateur. Ps. XVII. 7\, 2\, 3. \nLe Psaume XVII est un cantique d’action de grâces dans lequel David\, après un cri d’amour ardent pour son Sauveur : Diligam te Dómine… expose le processus de sa délivrance. Il était dans l’épreuve\, il a prié\, Dieu l’a écouté et l’a sauvé ; alors\, action de grâces.\nDans l’Introït de la Septuagésime qui y prend aussi son texte\, les différentes phases du drame sont toutes évoquées : circumdedérunt me dolóres mórtis\, et invocávi\, et exaudívit\, diligam te. Ici les deux dernières seulement ont été retenues. Aussi bien ne s’agit-il pour l’Eglise que de rendre grâces. Les épreuves ont été exposées au cours du chemin et la prière aussi. Dieu les a entendues. Son aide n’est pas encore visible dans les prés et les champs qui ne sont qu’en herbe et en fleurs\, mais elle est accordée ; il ne faut plus que l’action du temps\, et la moisson passera la promesse des fleurs.\nC’est dans cette certitude d’espoir qu’il faut chanter cet Introït. \nLA MÉLODIE\nLe texte est des plus simples ; il ne fait que constater que la prière a été entendue. La mélodie\, elle aussi\, n’est qu’un récitatif sans emphase. L’Eglise n’exulte pas ; elle se parle à elle-même\, ou\, si elle se confie\, elle raconte la grâce dont elle est bénéficiaire comme une chose normale dans le cours des relations humano-divines. Seulement on sent partout\, aussi bien dans la ligne générale que dans les détails\, l’émouvante gratitude qui est en elle et qu’elle semble ne pouvoir livrer faute de moyens pour en exprimer l’étendue et la profondeur.\nDès le premier mot\, la voix\, en se posant ferme sur la double note de exaudívit\, met dans la sonorité claire de cette syllabe\, la joie de l’âme enfin satisfaite. Cette joie ne fait ensuite que se laisser aller très simplement à travers le balancement de témplo sáncto\, la remontée de vócem\, la tristropha et l’élan si délicat de l’Allelúia\, vers les cadences en mi de súo\, méam\, Allelúia\, si évocatrices de la tendresse émue dont sont baignés\, au fond de l’âme\, ces simples mots.\nIl y a plus de mouvement dans la deuxième phrase\, voire une discrète exultation. Le texte ne dit rien de plus\, mais il y a un certain lyrisme dans la forme\, qui marque la progression de la prière\, arrivée en présence de Dieu\, reçue par lui\, admise jusqu’en ses oreilles. La mélodie quitte le IVe mode sur in conspéctu et\, par une modulation hardie mais très fine\, s’établit dans le VIIIe mode. Elle se pose un instant sur sol en une cadence lumineuse et ferme puis remonte sur intrávit. L’élan ici est moins marqué. La mélodie se retient\, elle insiste\, comme elle insistera encore sur aúres ; on sent que le recueillement domine à nouveau sur ces deux mots\, comme si\, à l’idée que Dieu a accepté sa demande\, l’âme se refermait sur lui pour lui dire son amour et sa gratitude.\nC’est la même tendresse\, baignée de joie heureuse\, qui anime les deux Allelúia si gracieux.\nLe Psaume alors jaillit comme un beau chant d’amour dans la claire sonorité du la et du si naturel.\nIl est bien clair que chanter cette mélodie « en esprit de pénitence » c’est aller à l’encontre des paroles et de la musique\, et la défigurer totalement.\nIl faut qu’elle soit paisible\, recueillie et joyeuse à la fois.\nVeiller à ne pas s’attarder plus qu’il ne faut sur les cadences en mi de la première phrase\, afin de leur garder leur expression de paix heureuse. Qu’un seul mouvement enveloppe tout\, y compris l’Allelúia qui ne sera en rien forcé.\nLa première incise de la seconde phrase aura le même tempo avec une légère accélération à la fin\, pour la relier à in conspéctu et accuser la venue de la joie qui va dominer un instant. Que le porrectus de conspéctu soit bien léger entre les deux clivis allongées. Arrondissez le torculus si gracieux de introivit. La cadence de éjus très expressive. Une reprise de joie délicate sur le premier Allelúia\, mais sans contraste. \nALLELÚIA\nLE TEXTE \nLouez le Seigneur parce qu’Il est bon.\nParce que éternelle est sa miséricorde. Ps. CXVII. 1. \nL’action de grâces continue. Elle prend cette fois la forme d’un appel à la louange. Sans doute est-il amené par l’épisode de la vie du Prophète Elie rapporté à l’Epître : il pria\, et la pluie ne tomba pas pendant trois ans et six mois… il pria de nouveau\, et le ciel donna de  la pluie. Ainsi le Seigneur exauce-t-il notre prière ; louez-le car il est bon… L’Eglise remercie déjà pour toutes les fécondes rosées qui feront la terre donner son fruit.\nLA MÉLODIE\nElle est très apparentée au Confitémini du Samedi Saint  ; à ce point que\, en plusieurs endroits\, ce sont les mêmes notes sur les mêmes mots mais il y a aussi entre les deux de notables différences. Le Samedi Saint\, l’Allelúia est discret\, gradué\, tout à fait adapté à l’éveil progressif de la joie pascale. Ici il n’y a pas à ménager de transition\, la joie est là depuis le début de la messe ; recueillie\, discrète dans l’Introït\, elle prend tout de suite avec l’Allelúia une ardeur plus vive et même un certain éclat. L’arsis fa-sol-do\, dans un beau mouvement\, va s’épanouir sur la tristropha et se détend ensuite en une thésis très courte mais fort gracieuse qui se relie au jubilus\, très joyeux ; d’une joie assurée\, paisible et sans ombre. \nLe verset\, par contre est moins éclatant que celui du Samedi Saint\, ce n’est plus la joie toute fraiche et si longtemps attendue de Pâques. Le début est le même\, mais la cadence de Dómino a été supprimée ou\, plus exactement\, on y a fait entrer quóniam qui a perdu de ce fait le bel élan qui se prolongeait en exaltation sur bónus. Ces deux mots ont été revêtus d’un motif plus réservé\, plus intime\, plus dans le ton de l’Introït.\nLe deuxième quóniam demeure dans le style du premier. Sur miséricórdia éjus le motif du Samedi Saint revient et le thème de l’Allelúia s’y greffe très habilement avant la dernière syllabe de éjus.\nNe pas précipiter les trois premières notes de l’Allelúia ; elles sont quelque peu allongées dans les manuscrits. Elargir aussi le jubilus : c’est une joie qui s’épanouit plutôt qu’une joie qui exulte.\nCommencez le verset dans un élan plein d’ardeur ; qu’il soit alerte. Allongez un peu la première note de am dans quóniam\, et le climacus de bónus ; de même\, dans la seconde phrase\, la première note de saéculum. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE \nJe louerai le Seigneur on ne peut plus\, par ma voix.\nEt au milieu de la multitude\, je le glorifierai\,\nLui qui s’est tenu à la droite du pauvre (que j’étais) pour sauver des persécuteurs mon âme.\nAllelúia. Ps. CVIII. 30\, 31. \nCes deux versets sont les derniers du Psaume CVIII.  Le Psalmiste\, qui a demandé l’aide de Dieu contre ses ennemis\, se voyant déjà exaucé\, remercie en promettant une louange ardente et partout répétée.\nIls sont parfaitement adaptés à cette messe d’action de grâces pour des bienfaits qui ne sont pas encore arrivés. L’Eglise les a demandés\, ces bienfaits\, tout le long du chemin au rythme des Litanies\, et avec insistance\, suivant les conseils mêmes de Notre Seigneur dans l’Evangile qui vient d’être chanté : « Demandez\, cherchez\, frappez ». Sûre d’être exaucée\, parce que « qui demande recevra\, qui cherche trouvera\, qui frappe verra devant lui s’ouvrir la porte »\, elle chante sa reconnaissance.\nLA MÉLODIE\nElle se déroule dans une atmosphère de joie douce\, délicate\, pleine de tendresse ; on y sent l’âme heureuse qui se berce dans son bonheur\, avec ça et là des accents plus vifs de gratitude.\nLa louange promise ne sera pas quelconque elle prendra toute la vie\, l’assurance en est donnée avec ardeur sur le pressus de nímis. Et ce sera une louange personnelle qui aura la valeur d’un témoignage direct ; in óre méo\, de ma bouche ; l’insistance est très marquée par le développement mélodique et les deux pressus. Au début de la seconde incise\, la mélodie s’allège et prend du mouvement ; elle souligne multórum – car ce sera aussi une louange publique et éclatante – mais seulement en passant comme si l’Eglise était pressée d’arriver à l’objet même de la louange : laudábo éum. Elle monte à la dominante sur éum\, très en relief par la tristropha ; une ardeur très vive commence alors à passer dans les derniers neumes\, se renouvelle sur ástitit avec je ne sais quoi de pressant\, comme un hâte de dévoiler la grande bonté du Seigneur\, et va vers paúperis où elle s’étale à loisir ; notez la montée retenue vers les épisèmes.\nElle ne s’arrête pas là\, elle progresse au contraire vers ce qui est l’objet de la gratitude : ut sálvam fáceret. La mélodie monte plus joyeuse vers la tristropha de sálvam\, rebondit sur celle de fáceret. Alors là\, sans qu’on s’y attende\, brusquement\, est amené sur persequéntibus le motif suppliant qui par quatre fois\, le mercredi des Cendres appelait la miséricorde du Seigneur. Il évoque ici la période terrible des persécutions ; évocation rapide mais émouvante. La mélodie revient à la tonique par le motif très gracieux de ánimam méam ; on y retrouve la paix heureuse du début ; elle se prolonge sur l’Allelúia éclairée encore par les contacts du si naturel et du fa.\nNe pas presser le mouvement\, mais l’entretenir toujours.\nElargissez le punctum de nímis et celui qui précède le pressus de méo ; rattachez laudábo à multórum et commencez-y le crescendo puis accélérez légèrement jusqu’à la première clivis de déxteram. Ne faites pas l’arrêt trop long après paúperis.\nRetenez la note qui précède la tristropha de sálvam\, de même\, la première note du podatus de fáceret et élargissez le torculus de ánimam à cause du grand intervalle. L’Allelúia\, bien dans le mouvement. \nCOMMUNION\nLE TEXTE \nDemandez et vous recevrez.\nCherchez et vous trouverez.\nFrappez et l’on vous ouvrira.\nQuiconque en effet demande reçoit\nEt qui cherche trouve\nEt à qui frappe il sera ouvert\, Allelúia. Luc. XI. 9. 10. \nCe sont les paroles de Notre Seigneur qui ont été lues à l’Evangile.\nC’est lui-même qui les chante ici. D’abord pour dégager la leçon de cette cérémonie des Rogations ; mais aussi pour encourager l’âme\, qui la reçoit en ce moment dans son intimité\, à lui faire part\, dans une absolue confiance\, de tous ses besoins et de tous ses désirs.\nLA MÉLODIE \nElle est composée\, comme le texte d’ailleurs\, de deux phrases – la grande barre qui se trouve après invénit doit être considérée pratiquement comme une demi-barre. Ce serait peut-être trop s’avancer que de vois la seconde comme une variation de la première et pourtant il y a entre les incises de l’une et de l’autre de telles ressemblances qu’on ne peut pas ne pas être frappé de ce parallélisme musical : ómnis qui pétit diffère de pétite et accipiétis que par la cadence ; qui quaérit invénit a la même forme que quærite et inveniéntis\, quelques notes allant vers une cadence très ornée ; pulsáte et pulsánti ont aussi bien des affinités. D’autre part il y a dans les deux phrases la même proportion entre les incises et la même progression d’une incise à l’autre ; la première est simple\, la seconde a sa cadence très développée et la troisième est très amplifiée sur pulsáte et pulsánti…\nIl se dégage de l’ensemble une expression d’amabilité\, d’encouragement. On sent la joie qu’éprouve le Christ  à solliciter des demandes qu’il aura tant de bonheur à exaucer. Tous les mots en sont baignés mais\, plus que les autres\, inveniétis\, pulsáte dans la première phrase et\, dans la seconde\, aperiétis avec la remontée ré-fa et l’Allelúia qui prolonge en des neumes\, souples et retenus\, ce bonheur intime. \nLe mouvement ne sera pas rapide mais très souple. \nRetenez la première note du podatus de Pétite et de celui de accipiétis\, de même les deux notes qui précèdent le quilisma de pulsáte ; le pressus de aperiétus\, très expressif.\nUne reprise a tempo au début de la seconde phrase\, qui sera légère. La première note de podatus de áccipit sera retenue légèrement ; aperiétur sera très rythmé. La double note de tur est une bivirga épisématique\, la presser après l’avoir posée doucement. Bien balancer l’Allelúia dans un mouvement paisible et heureux. \nCantiques pour Pâques\n \n\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\nPolyphonies pour Pâques\n\nEcoutes de pièces\n \n\nZelenka : messe de la Résurrection\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
URL:https://www.musique-liturgique.com/commentaire-liturgique/lundi-des-rogations-litanies-mineures/2027-05-03/
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SUMMARY:Mardi des Rogations (Litanies mineures)
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n  \nLes rogations sont comme un retour des jours de pénitence au cours du temps pascal. Elles n’existaient pas à Rome à l’époque de Saint Grégoire\, mais dès alors\, il y avait le 25 Avril qu’on appelait les Litanies Majeures. C’était une procession instituée pour prendre la place d’un cortège païen qui emmenait la jeunesse Romaine sacrifier à la déesse Robigo pour lui demander de préserver les blés de la rouille ou de la nielle. Cette procession avait un caractère pénitentiel ; son but était d’apaiser la justice divine irritée par le péché et de demander à Dieu de protéger les moissons. Elle se déroulait selon le rite des processions stationnales. On se réunissait à Saint-Laurent in Lucina. Au départ on chantait sans doute l’Exsurge et le long du parcours\, des répons ; ce n’est qu’à l’approche de Saint-Pierre qu’on commençait les Litanies. Celles-ci achevées\, la messe suivait.\nLe rite aujourd’hui est demeuré le même et pour la procession de la Saint-Marc\, le 25 Avril\, et pour celles des Rogations ; seuls les répons ont disparu. Les Litanies commencent dès le départ et s’achèvent par les prières qui sont chantées à l’arrivée à l’Eglise\, juste avant la messe.\nIl semble bien que primitivement seule la procession avait un caractère de pénitence et de supplication et que la messe était célébrée dans la joie du temps pascal. Saint Grégoire lui-même le laisse entendre dans une lettre qu’il écrivait au peuple de Rome pour le convoquer aux Litanies « que tout le monde appelle Majeures ». « Nous irons à Saint-Pierre\, suppliant le Seigneur par des hymnes et des cantiques spirituels afin que dans la célébration des Saints Mystères nous puissions rendre grâce à sa bonté\, autant qu’il est en notre pouvoir\, pour ses bienfaits passés et futurs ». (P. L. LXXVII. 13. 9.) Tous les textes de la messe en effet\, on le verra\, sont des paroles de reconnaissance. \nLA PROCESSION\nAntienne Exsurge\nLE TEXTE \nDebout\, seigneur\, aide-nous\nEt délivre-nous à cause de ton nom.\nPs. O Dieu\, de nos oreilles nous avons entendu.\nNos pères nous ont dit (ce que tu as fait pour eux). Ps. XLIII\, 26\, 1.\nCes deux versets sont une prière ardente qui est en même temps très habile parce qu’elle fait appel à l’honneur du nom divin et à la fidélité de Dieu à ses promesse.\nIls forment un très beau prélude à la procession qui va se dérouler dans la supplication répétée des Litanies.\nLA MÉLODIE \nC’est la demande très humble d’une âme accablée sous l’épreuve et qui n’ose pas lever les yeux. Le sentiment de dépression est moins poussé que dans l’Introït Exsurge du Dimanche de la Sexagésime qui finit sur le même texte\, mais c’est bien la même supplication effacée\, réservée\, retenue\, sans élan. \nIl faut la chanter lentement. Bien poser l’accent de Dómine en lui donnant un peu de longueur. Retenir légèrement la clivis de ádjuva nos. Ralentir à peine nómen túum\nLITANIES\nBien leur garder leur caractère de supplication. C’est facile dans la première partie par la retombée en demi-ton sur si et la remontée si-do. Dans les autres\, ce l’est moins. Veillez à ne pas donner à Peccatóres un air de triomphe\, on y serait assez porté. \nLA MESSE\nINTROÏT\nLE TEXTE \nIl a écouté\, de son Temple saint\, ma voix.\nAllelúia.\nEt mon cri en sa présence est entré dans ses oreilles.\nAllelúia. Allelúia. \nPs. – Je t’aimerai\, Seigneur\, ma force !\nLe Seigneur est mon abri et mon refuge et mon libérateur. Ps. XVII. 7\, 2\, 3. \nLe Psaume XVII est un cantique d’action de grâces dans lequel David\, après un cri d’amour ardent pour son Sauveur : Diligam te Dómine… expose le processus de sa délivrance. Il était dans l’épreuve\, il a prié\, Dieu l’a écouté et l’a sauvé ; alors\, action de grâces.\nDans l’Introït de la Septuagésime qui y prend aussi son texte\, les différentes phases du drame sont toutes évoquées : circumdedérunt me dolóres mórtis\, et invocávi\, et exaudívit\, diligam te. Ici les deux dernières seulement ont été retenues. Aussi bien ne s’agit-il pour l’Eglise que de rendre grâces. Les épreuves ont été exposées au cours du chemin et la prière aussi. Dieu les a entendues. Son aide n’est pas encore visible dans les prés et les champs qui ne sont qu’en herbe et en fleurs\, mais elle est accordée ; il ne faut plus que l’action du temps\, et la moisson passera la promesse des fleurs.\nC’est dans cette certitude d’espoir qu’il faut chanter cet Introït. \nLA MÉLODIE\nLe texte est des plus simples ; il ne fait que constater que la prière a été entendue. La mélodie\, elle aussi\, n’est qu’un récitatif sans emphase. L’Eglise n’exulte pas ; elle se parle à elle-même\, ou\, si elle se confie\, elle raconte la grâce dont elle est bénéficiaire comme une chose normale dans le cours des relations humano-divines. Seulement on sent partout\, aussi bien dans la ligne générale que dans les détails\, l’émouvante gratitude qui est en elle et qu’elle semble ne pouvoir livrer faute de moyens pour en exprimer l’étendue et la profondeur.\nDès le premier mot\, la voix\, en se posant ferme sur la double note de exaudívit\, met dans la sonorité claire de cette syllabe\, la joie de l’âme enfin satisfaite. Cette joie ne fait ensuite que se laisser aller très simplement à travers le balancement de témplo sáncto\, la remontée de vócem\, la tristropha et l’élan si délicat de l’Allelúia\, vers les cadences en mi de súo\, méam\, Allelúia\, si évocatrices de la tendresse émue dont sont baignés\, au fond de l’âme\, ces simples mots.\nIl y a plus de mouvement dans la deuxième phrase\, voire une discrète exultation. Le texte ne dit rien de plus\, mais il y a un certain lyrisme dans la forme\, qui marque la progression de la prière\, arrivée en présence de Dieu\, reçue par lui\, admise jusqu’en ses oreilles. La mélodie quitte le IVe mode sur in conspéctu et\, par une modulation hardie mais très fine\, s’établit dans le VIIIe mode. Elle se pose un instant sur sol en une cadence lumineuse et ferme puis remonte sur intrávit. L’élan ici est moins marqué. La mélodie se retient\, elle insiste\, comme elle insistera encore sur aúres ; on sent que le recueillement domine à nouveau sur ces deux mots\, comme si\, à l’idée que Dieu a accepté sa demande\, l’âme se refermait sur lui pour lui dire son amour et sa gratitude.\nC’est la même tendresse\, baignée de joie heureuse\, qui anime les deux Allelúia si gracieux.\nLe Psaume alors jaillit comme un beau chant d’amour dans la claire sonorité du la et du si naturel.\nIl est bien clair que chanter cette mélodie « en esprit de pénitence » c’est aller à l’encontre des paroles et de la musique\, et la défigurer totalement.\nIl faut qu’elle soit paisible\, recueillie et joyeuse à la fois.\nVeiller à ne pas s’attarder plus qu’il ne faut sur les cadences en mi de la première phrase\, afin de leur garder leur expression de paix heureuse. Qu’un seul mouvement enveloppe tout\, y compris l’Allelúia qui ne sera en rien forcé.\nLa première incise de la seconde phrase aura le même tempo avec une légère accélération à la fin\, pour la relier à in conspéctu et accuser la venue de la joie qui va dominer un instant. Que le porrectus de conspéctu soit bien léger entre les deux clivis allongées. Arrondissez le torculus si gracieux de introivit. La cadence de éjus très expressive. Une reprise de joie délicate sur le premier Allelúia\, mais sans contraste. \nALLELÚIA\nLE TEXTE \nLouez le Seigneur parce qu’Il est bon.\nParce que éternelle est sa miséricorde. Ps. CXVII. 1. \nL’action de grâces continue. Elle prend cette fois la forme d’un appel à la louange. Sans doute est-il amené par l’épisode de la vie du Prophète Elie rapporté à l’Epître : il pria\, et la pluie ne tomba pas pendant trois ans et six mois… il pria de nouveau\, et le ciel donna de  la pluie. Ainsi le Seigneur exauce-t-il notre prière ; louez-le car il est bon… L’Eglise remercie déjà pour toutes les fécondes rosées qui feront la terre donner son fruit.\nLA MÉLODIE\nElle est très apparentée au Confitémini du Samedi Saint  ; à ce point que\, en plusieurs endroits\, ce sont les mêmes notes sur les mêmes mots mais il y a aussi entre les deux de notables différences. Le Samedi Saint\, l’Allelúia est discret\, gradué\, tout à fait adapté à l’éveil progressif de la joie pascale. Ici il n’y a pas à ménager de transition\, la joie est là depuis le début de la messe ; recueillie\, discrète dans l’Introït\, elle prend tout de suite avec l’Allelúia une ardeur plus vive et même un certain éclat. L’arsis fa-sol-do\, dans un beau mouvement\, va s’épanouir sur la tristropha et se détend ensuite en une thésis très courte mais fort gracieuse qui se relie au jubilus\, très joyeux ; d’une joie assurée\, paisible et sans ombre. \nLe verset\, par contre est moins éclatant que celui du Samedi Saint\, ce n’est plus la joie toute fraiche et si longtemps attendue de Pâques. Le début est le même\, mais la cadence de Dómino a été supprimée ou\, plus exactement\, on y a fait entrer quóniam qui a perdu de ce fait le bel élan qui se prolongeait en exaltation sur bónus. Ces deux mots ont été revêtus d’un motif plus réservé\, plus intime\, plus dans le ton de l’Introït.\nLe deuxième quóniam demeure dans le style du premier. Sur miséricórdia éjus le motif du Samedi Saint revient et le thème de l’Allelúia s’y greffe très habilement avant la dernière syllabe de éjus.\nNe pas précipiter les trois premières notes de l’Allelúia ; elles sont quelque peu allongées dans les manuscrits. Elargir aussi le jubilus : c’est une joie qui s’épanouit plutôt qu’une joie qui exulte.\nCommencez le verset dans un élan plein d’ardeur ; qu’il soit alerte. Allongez un peu la première note de am dans quóniam\, et le climacus de bónus ; de même\, dans la seconde phrase\, la première note de saéculum. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE \nJe louerai le Seigneur on ne peut plus\, par ma voix.\nEt au milieu de la multitude\, je le glorifierai\,\nLui qui s’est tenu à la droite du pauvre (que j’étais) pour sauver des persécuteurs mon âme.\nAllelúia. Ps. CVIII. 30\, 31. \nCes deux versets sont les derniers du Psaume CVIII.  Le Psalmiste\, qui a demandé l’aide de Dieu contre ses ennemis\, se voyant déjà exaucé\, remercie en promettant une louange ardente et partout répétée.\nIls sont parfaitement adaptés à cette messe d’action de grâces pour des bienfaits qui ne sont pas encore arrivés. L’Eglise les a demandés\, ces bienfaits\, tout le long du chemin au rythme des Litanies\, et avec insistance\, suivant les conseils mêmes de Notre Seigneur dans l’Evangile qui vient d’être chanté : « Demandez\, cherchez\, frappez ». Sûre d’être exaucée\, parce que « qui demande recevra\, qui cherche trouvera\, qui frappe verra devant lui s’ouvrir la porte »\, elle chante sa reconnaissance.\nLA MÉLODIE\nElle se déroule dans une atmosphère de joie douce\, délicate\, pleine de tendresse ; on y sent l’âme heureuse qui se berce dans son bonheur\, avec ça et là des accents plus vifs de gratitude.\nLa louange promise ne sera pas quelconque elle prendra toute la vie\, l’assurance en est donnée avec ardeur sur le pressus de nímis. Et ce sera une louange personnelle qui aura la valeur d’un témoignage direct ; in óre méo\, de ma bouche ; l’insistance est très marquée par le développement mélodique et les deux pressus. Au début de la seconde incise\, la mélodie s’allège et prend du mouvement ; elle souligne multórum – car ce sera aussi une louange publique et éclatante – mais seulement en passant comme si l’Eglise était pressée d’arriver à l’objet même de la louange : laudábo éum. Elle monte à la dominante sur éum\, très en relief par la tristropha ; une ardeur très vive commence alors à passer dans les derniers neumes\, se renouvelle sur ástitit avec je ne sais quoi de pressant\, comme un hâte de dévoiler la grande bonté du Seigneur\, et va vers paúperis où elle s’étale à loisir ; notez la montée retenue vers les épisèmes.\nElle ne s’arrête pas là\, elle progresse au contraire vers ce qui est l’objet de la gratitude : ut sálvam fáceret. La mélodie monte plus joyeuse vers la tristropha de sálvam\, rebondit sur celle de fáceret. Alors là\, sans qu’on s’y attende\, brusquement\, est amené sur persequéntibus le motif suppliant qui par quatre fois\, le mercredi des Cendres appelait la miséricorde du Seigneur. Il évoque ici la période terrible des persécutions ; évocation rapide mais émouvante. La mélodie revient à la tonique par le motif très gracieux de ánimam méam ; on y retrouve la paix heureuse du début ; elle se prolonge sur l’Allelúia éclairée encore par les contacts du si naturel et du fa.\nNe pas presser le mouvement\, mais l’entretenir toujours.\nElargissez le punctum de nímis et celui qui précède le pressus de méo ; rattachez laudábo à multórum et commencez-y le crescendo puis accélérez légèrement jusqu’à la première clivis de déxteram. Ne faites pas l’arrêt trop long après paúperis.\nRetenez la note qui précède la tristropha de sálvam\, de même\, la première note du podatus de fáceret et élargissez le torculus de ánimam à cause du grand intervalle. L’Allelúia\, bien dans le mouvement. \nCOMMUNION\nLE TEXTE \nDemandez et vous recevrez.\nCherchez et vous trouverez.\nFrappez et l’on vous ouvrira.\nQuiconque en effet demande reçoit\nEt qui cherche trouve\nEt à qui frappe il sera ouvert\, Allelúia. Luc. XI. 9. 10. \nCe sont les paroles de Notre Seigneur qui ont été lues à l’Evangile.\nC’est lui-même qui les chante ici. D’abord pour dégager la leçon de cette cérémonie des Rogations ; mais aussi pour encourager l’âme\, qui la reçoit en ce moment dans son intimité\, à lui faire part\, dans une absolue confiance\, de tous ses besoins et de tous ses désirs.\nLA MÉLODIE \nElle est composée\, comme le texte d’ailleurs\, de deux phrases – la grande barre qui se trouve après invénit doit être considérée pratiquement comme une demi-barre. Ce serait peut-être trop s’avancer que de vois la seconde comme une variation de la première et pourtant il y a entre les incises de l’une et de l’autre de telles ressemblances qu’on ne peut pas ne pas être frappé de ce parallélisme musical : ómnis qui pétit diffère de pétite et accipiétis que par la cadence ; qui quaérit invénit a la même forme que quærite et inveniéntis\, quelques notes allant vers une cadence très ornée ; pulsáte et pulsánti ont aussi bien des affinités. D’autre part il y a dans les deux phrases la même proportion entre les incises et la même progression d’une incise à l’autre ; la première est simple\, la seconde a sa cadence très développée et la troisième est très amplifiée sur pulsáte et pulsánti…\nIl se dégage de l’ensemble une expression d’amabilité\, d’encouragement. On sent la joie qu’éprouve le Christ  à solliciter des demandes qu’il aura tant de bonheur à exaucer. Tous les mots en sont baignés mais\, plus que les autres\, inveniétis\, pulsáte dans la première phrase et\, dans la seconde\, aperiétis avec la remontée ré-fa et l’Allelúia qui prolonge en des neumes\, souples et retenus\, ce bonheur intime. \nLe mouvement ne sera pas rapide mais très souple. \nRetenez la première note du podatus de Pétite et de celui de accipiétis\, de même les deux notes qui précèdent le quilisma de pulsáte ; le pressus de aperiétus\, très expressif.\nUne reprise a tempo au début de la seconde phrase\, qui sera légère. La première note de podatus de áccipit sera retenue légèrement ; aperiétur sera très rythmé. La double note de tur est une bivirga épisématique\, la presser après l’avoir posée doucement. Bien balancer l’Allelúia dans un mouvement paisible et heureux. \nCantiques pour Pâques\n \n\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\nPolyphonies pour Pâques\n\nEcoutes de pièces\n \n\nZelenka : messe de la Résurrection\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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Celles-ci achevées\, la messe suivait.\nLe rite aujourd’hui est demeuré le même et pour la procession de la Saint-Marc\, le 25 Avril\, et pour celles des Rogations ; seuls les répons ont disparu. Les Litanies commencent dès le départ et s’achèvent par les prières qui sont chantées à l’arrivée à l’Eglise\, juste avant la messe.\nIl semble bien que primitivement seule la procession avait un caractère de pénitence et de supplication et que la messe était célébrée dans la joie du temps pascal. Saint Grégoire lui-même le laisse entendre dans une lettre qu’il écrivait au peuple de Rome pour le convoquer aux Litanies « que tout le monde appelle Majeures ». « Nous irons à Saint-Pierre\, suppliant le Seigneur par des hymnes et des cantiques spirituels afin que dans la célébration des Saints Mystères nous puissions rendre grâce à sa bonté\, autant qu’il est en notre pouvoir\, pour ses bienfaits passés et futurs ». (P. L. LXXVII. 13. 9.) Tous les textes de la messe en effet\, on le verra\, sont des paroles de reconnaissance. \nLA PROCESSION\nAntienne Exsurge\nLE TEXTE \nDebout\, seigneur\, aide-nous\nEt délivre-nous à cause de ton nom.\nPs. O Dieu\, de nos oreilles nous avons entendu.\nNos pères nous ont dit (ce que tu as fait pour eux). Ps. XLIII\, 26\, 1.\nCes deux versets sont une prière ardente qui est en même temps très habile parce qu’elle fait appel à l’honneur du nom divin et à la fidélité de Dieu à ses promesse.\nIls forment un très beau prélude à la procession qui va se dérouler dans la supplication répétée des Litanies.\nLA MÉLODIE \nC’est la demande très humble d’une âme accablée sous l’épreuve et qui n’ose pas lever les yeux. Le sentiment de dépression est moins poussé que dans l’Introït Exsurge du Dimanche de la Sexagésime qui finit sur le même texte\, mais c’est bien la même supplication effacée\, réservée\, retenue\, sans élan. \nIl faut la chanter lentement. Bien poser l’accent de Dómine en lui donnant un peu de longueur. Retenir légèrement la clivis de ádjuva nos. Ralentir à peine nómen túum\nLITANIES\nBien leur garder leur caractère de supplication. C’est facile dans la première partie par la retombée en demi-ton sur si et la remontée si-do. Dans les autres\, ce l’est moins. Veillez à ne pas donner à Peccatóres un air de triomphe\, on y serait assez porté. \nLA MESSE\nINTROÏT\nLE TEXTE \nIl a écouté\, de son Temple saint\, ma voix.\nAllelúia.\nEt mon cri en sa présence est entré dans ses oreilles.\nAllelúia. Allelúia. \nPs. – Je t’aimerai\, Seigneur\, ma force !\nLe Seigneur est mon abri et mon refuge et mon libérateur. Ps. XVII. 7\, 2\, 3. \nLe Psaume XVII est un cantique d’action de grâces dans lequel David\, après un cri d’amour ardent pour son Sauveur : Diligam te Dómine… expose le processus de sa délivrance. Il était dans l’épreuve\, il a prié\, Dieu l’a écouté et l’a sauvé ; alors\, action de grâces.\nDans l’Introït de la Septuagésime qui y prend aussi son texte\, les différentes phases du drame sont toutes évoquées : circumdedérunt me dolóres mórtis\, et invocávi\, et exaudívit\, diligam te. Ici les deux dernières seulement ont été retenues. Aussi bien ne s’agit-il pour l’Eglise que de rendre grâces. Les épreuves ont été exposées au cours du chemin et la prière aussi. Dieu les a entendues. Son aide n’est pas encore visible dans les prés et les champs qui ne sont qu’en herbe et en fleurs\, mais elle est accordée ; il ne faut plus que l’action du temps\, et la moisson passera la promesse des fleurs.\nC’est dans cette certitude d’espoir qu’il faut chanter cet Introït. \nLA MÉLODIE\nLe texte est des plus simples ; il ne fait que constater que la prière a été entendue. La mélodie\, elle aussi\, n’est qu’un récitatif sans emphase. L’Eglise n’exulte pas ; elle se parle à elle-même\, ou\, si elle se confie\, elle raconte la grâce dont elle est bénéficiaire comme une chose normale dans le cours des relations humano-divines. Seulement on sent partout\, aussi bien dans la ligne générale que dans les détails\, l’émouvante gratitude qui est en elle et qu’elle semble ne pouvoir livrer faute de moyens pour en exprimer l’étendue et la profondeur.\nDès le premier mot\, la voix\, en se posant ferme sur la double note de exaudívit\, met dans la sonorité claire de cette syllabe\, la joie de l’âme enfin satisfaite. Cette joie ne fait ensuite que se laisser aller très simplement à travers le balancement de témplo sáncto\, la remontée de vócem\, la tristropha et l’élan si délicat de l’Allelúia\, vers les cadences en mi de súo\, méam\, Allelúia\, si évocatrices de la tendresse émue dont sont baignés\, au fond de l’âme\, ces simples mots.\nIl y a plus de mouvement dans la deuxième phrase\, voire une discrète exultation. Le texte ne dit rien de plus\, mais il y a un certain lyrisme dans la forme\, qui marque la progression de la prière\, arrivée en présence de Dieu\, reçue par lui\, admise jusqu’en ses oreilles. La mélodie quitte le IVe mode sur in conspéctu et\, par une modulation hardie mais très fine\, s’établit dans le VIIIe mode. Elle se pose un instant sur sol en une cadence lumineuse et ferme puis remonte sur intrávit. L’élan ici est moins marqué. La mélodie se retient\, elle insiste\, comme elle insistera encore sur aúres ; on sent que le recueillement domine à nouveau sur ces deux mots\, comme si\, à l’idée que Dieu a accepté sa demande\, l’âme se refermait sur lui pour lui dire son amour et sa gratitude.\nC’est la même tendresse\, baignée de joie heureuse\, qui anime les deux Allelúia si gracieux.\nLe Psaume alors jaillit comme un beau chant d’amour dans la claire sonorité du la et du si naturel.\nIl est bien clair que chanter cette mélodie « en esprit de pénitence » c’est aller à l’encontre des paroles et de la musique\, et la défigurer totalement.\nIl faut qu’elle soit paisible\, recueillie et joyeuse à la fois.\nVeiller à ne pas s’attarder plus qu’il ne faut sur les cadences en mi de la première phrase\, afin de leur garder leur expression de paix heureuse. Qu’un seul mouvement enveloppe tout\, y compris l’Allelúia qui ne sera en rien forcé.\nLa première incise de la seconde phrase aura le même tempo avec une légère accélération à la fin\, pour la relier à in conspéctu et accuser la venue de la joie qui va dominer un instant. Que le porrectus de conspéctu soit bien léger entre les deux clivis allongées. Arrondissez le torculus si gracieux de introivit. La cadence de éjus très expressive. Une reprise de joie délicate sur le premier Allelúia\, mais sans contraste. \nALLELÚIA\nLE TEXTE \nLouez le Seigneur parce qu’Il est bon.\nParce que éternelle est sa miséricorde. Ps. CXVII. 1. \nL’action de grâces continue. Elle prend cette fois la forme d’un appel à la louange. Sans doute est-il amené par l’épisode de la vie du Prophète Elie rapporté à l’Epître : il pria\, et la pluie ne tomba pas pendant trois ans et six mois… il pria de nouveau\, et le ciel donna de  la pluie. Ainsi le Seigneur exauce-t-il notre prière ; louez-le car il est bon… L’Eglise remercie déjà pour toutes les fécondes rosées qui feront la terre donner son fruit.\nLA MÉLODIE\nElle est très apparentée au Confitémini du Samedi Saint  ; à ce point que\, en plusieurs endroits\, ce sont les mêmes notes sur les mêmes mots mais il y a aussi entre les deux de notables différences. Le Samedi Saint\, l’Allelúia est discret\, gradué\, tout à fait adapté à l’éveil progressif de la joie pascale. Ici il n’y a pas à ménager de transition\, la joie est là depuis le début de la messe ; recueillie\, discrète dans l’Introït\, elle prend tout de suite avec l’Allelúia une ardeur plus vive et même un certain éclat. L’arsis fa-sol-do\, dans un beau mouvement\, va s’épanouir sur la tristropha et se détend ensuite en une thésis très courte mais fort gracieuse qui se relie au jubilus\, très joyeux ; d’une joie assurée\, paisible et sans ombre. \nLe verset\, par contre est moins éclatant que celui du Samedi Saint\, ce n’est plus la joie toute fraiche et si longtemps attendue de Pâques. Le début est le même\, mais la cadence de Dómino a été supprimée ou\, plus exactement\, on y a fait entrer quóniam qui a perdu de ce fait le bel élan qui se prolongeait en exaltation sur bónus. Ces deux mots ont été revêtus d’un motif plus réservé\, plus intime\, plus dans le ton de l’Introït.\nLe deuxième quóniam demeure dans le style du premier. Sur miséricórdia éjus le motif du Samedi Saint revient et le thème de l’Allelúia s’y greffe très habilement avant la dernière syllabe de éjus.\nNe pas précipiter les trois premières notes de l’Allelúia ; elles sont quelque peu allongées dans les manuscrits. Elargir aussi le jubilus : c’est une joie qui s’épanouit plutôt qu’une joie qui exulte.\nCommencez le verset dans un élan plein d’ardeur ; qu’il soit alerte. Allongez un peu la première note de am dans quóniam\, et le climacus de bónus ; de même\, dans la seconde phrase\, la première note de saéculum. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE \nJe louerai le Seigneur on ne peut plus\, par ma voix.\nEt au milieu de la multitude\, je le glorifierai\,\nLui qui s’est tenu à la droite du pauvre (que j’étais) pour sauver des persécuteurs mon âme.\nAllelúia. Ps. CVIII. 30\, 31. \nCes deux versets sont les derniers du Psaume CVIII.  Le Psalmiste\, qui a demandé l’aide de Dieu contre ses ennemis\, se voyant déjà exaucé\, remercie en promettant une louange ardente et partout répétée.\nIls sont parfaitement adaptés à cette messe d’action de grâces pour des bienfaits qui ne sont pas encore arrivés. L’Eglise les a demandés\, ces bienfaits\, tout le long du chemin au rythme des Litanies\, et avec insistance\, suivant les conseils mêmes de Notre Seigneur dans l’Evangile qui vient d’être chanté : « Demandez\, cherchez\, frappez ». Sûre d’être exaucée\, parce que « qui demande recevra\, qui cherche trouvera\, qui frappe verra devant lui s’ouvrir la porte »\, elle chante sa reconnaissance.\nLA MÉLODIE\nElle se déroule dans une atmosphère de joie douce\, délicate\, pleine de tendresse ; on y sent l’âme heureuse qui se berce dans son bonheur\, avec ça et là des accents plus vifs de gratitude.\nLa louange promise ne sera pas quelconque elle prendra toute la vie\, l’assurance en est donnée avec ardeur sur le pressus de nímis. Et ce sera une louange personnelle qui aura la valeur d’un témoignage direct ; in óre méo\, de ma bouche ; l’insistance est très marquée par le développement mélodique et les deux pressus. Au début de la seconde incise\, la mélodie s’allège et prend du mouvement ; elle souligne multórum – car ce sera aussi une louange publique et éclatante – mais seulement en passant comme si l’Eglise était pressée d’arriver à l’objet même de la louange : laudábo éum. Elle monte à la dominante sur éum\, très en relief par la tristropha ; une ardeur très vive commence alors à passer dans les derniers neumes\, se renouvelle sur ástitit avec je ne sais quoi de pressant\, comme un hâte de dévoiler la grande bonté du Seigneur\, et va vers paúperis où elle s’étale à loisir ; notez la montée retenue vers les épisèmes.\nElle ne s’arrête pas là\, elle progresse au contraire vers ce qui est l’objet de la gratitude : ut sálvam fáceret. La mélodie monte plus joyeuse vers la tristropha de sálvam\, rebondit sur celle de fáceret. Alors là\, sans qu’on s’y attende\, brusquement\, est amené sur persequéntibus le motif suppliant qui par quatre fois\, le mercredi des Cendres appelait la miséricorde du Seigneur. Il évoque ici la période terrible des persécutions ; évocation rapide mais émouvante. La mélodie revient à la tonique par le motif très gracieux de ánimam méam ; on y retrouve la paix heureuse du début ; elle se prolonge sur l’Allelúia éclairée encore par les contacts du si naturel et du fa.\nNe pas presser le mouvement\, mais l’entretenir toujours.\nElargissez le punctum de nímis et celui qui précède le pressus de méo ; rattachez laudábo à multórum et commencez-y le crescendo puis accélérez légèrement jusqu’à la première clivis de déxteram. Ne faites pas l’arrêt trop long après paúperis.\nRetenez la note qui précède la tristropha de sálvam\, de même\, la première note du podatus de fáceret et élargissez le torculus de ánimam à cause du grand intervalle. L’Allelúia\, bien dans le mouvement. \nCOMMUNION\nLE TEXTE \nDemandez et vous recevrez.\nCherchez et vous trouverez.\nFrappez et l’on vous ouvrira.\nQuiconque en effet demande reçoit\nEt qui cherche trouve\nEt à qui frappe il sera ouvert\, Allelúia. Luc. XI. 9. 10. \nCe sont les paroles de Notre Seigneur qui ont été lues à l’Evangile.\nC’est lui-même qui les chante ici. D’abord pour dégager la leçon de cette cérémonie des Rogations ; mais aussi pour encourager l’âme\, qui la reçoit en ce moment dans son intimité\, à lui faire part\, dans une absolue confiance\, de tous ses besoins et de tous ses désirs.\nLA MÉLODIE \nElle est composée\, comme le texte d’ailleurs\, de deux phrases – la grande barre qui se trouve après invénit doit être considérée pratiquement comme une demi-barre. Ce serait peut-être trop s’avancer que de vois la seconde comme une variation de la première et pourtant il y a entre les incises de l’une et de l’autre de telles ressemblances qu’on ne peut pas ne pas être frappé de ce parallélisme musical : ómnis qui pétit diffère de pétite et accipiétis que par la cadence ; qui quaérit invénit a la même forme que quærite et inveniéntis\, quelques notes allant vers une cadence très ornée ; pulsáte et pulsánti ont aussi bien des affinités. D’autre part il y a dans les deux phrases la même proportion entre les incises et la même progression d’une incise à l’autre ; la première est simple\, la seconde a sa cadence très développée et la troisième est très amplifiée sur pulsáte et pulsánti…\nIl se dégage de l’ensemble une expression d’amabilité\, d’encouragement. On sent la joie qu’éprouve le Christ  à solliciter des demandes qu’il aura tant de bonheur à exaucer. Tous les mots en sont baignés mais\, plus que les autres\, inveniétis\, pulsáte dans la première phrase et\, dans la seconde\, aperiétis avec la remontée ré-fa et l’Allelúia qui prolonge en des neumes\, souples et retenus\, ce bonheur intime. \nLe mouvement ne sera pas rapide mais très souple. \nRetenez la première note du podatus de Pétite et de celui de accipiétis\, de même les deux notes qui précèdent le quilisma de pulsáte ; le pressus de aperiétus\, très expressif.\nUne reprise a tempo au début de la seconde phrase\, qui sera légère. La première note de podatus de áccipit sera retenue légèrement ; aperiétur sera très rythmé. La double note de tur est une bivirga épisématique\, la presser après l’avoir posée doucement. Bien balancer l’Allelúia dans un mouvement paisible et heureux. \nCantiques pour Pâques\n \n\nQuelques partitions de cantiques pour Pâques\nPolyphonies pour Pâques\n\nEcoutes de pièces\n \n\nZelenka : messe de la Résurrection\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nINTROÏT\nLE TEXTE\nHommes de Galilée\, pourquoi demeurez-vous en admiration en regardant le ciel.Allelúia.De même que vous l’avez vu monter au ciel\, ainsi il viendra.Allelúia\, Allelúia\, Allelúia.Ps. – Toutes les nations\, battez des mains.Acclamez Dieu dans un cri de joie. Act. I\, 11. Ps. XLVI. 2.Ce sont les paroles mêmes des deux hommes vêtus de blanc aux disciples qui  demeuraient les yeux fixés sur le point du ciel où Notre Seigneur venait de disparaître.Dans le jeu liturgique\, ce sont encore les deux messagers célestes qui chantent par la voix de l’église. Ils nous disent les mêmes paroles\, à nous qui demeurons aussi fixés sur l’image du Christ montant dans la gloire : « qu’avez-vous à demeurer en admiration\, à regarder\, où il n’y a plus rien à voir ? Le premier acte du mystère est achevé\, c’est vers le second\, qui sera le triomphe éternel du Christ – et le vôtre -\, qu’il faut désormais vous tourner ; car il viendra comme il est monté\, sur les nuées du ciel ; c’est lui qui l’a dit. » (Math. XX V. 39.)Ainsi\, comme au cours de l’Avent\, comme à Noël\, comme à l’Epiphanie\, comme à Pâques c’est vers le triomphe éternel du Christ que notre joie est dirigée.Dans le Psaume\, L’Eglise invite tous les peuples à louer le Seigneur pour sa gloire d’aujourd’hui et pour celle de demain. \nLA MÉLODIE\nL’interrogation des anges surgit brusquement\, sans préparation\, directe\, vive\, un peu en coup de théâtre\, comme ce dut être. Elle est débordante de joie ; une joie légère qui plane sur la distropha des admirámini\, avec peut-être une pointe d’esprit éveillée par l’attitude des disciples\, et qui\, après une courbe gracieuse sur aspiciéntes\, reste suspendue en interrogation sur caélum.La prédiction qui suit du prendre sur les lèvres des messagers divins un tout autre ton ? Il s’agissait de proclamer le retour du Christ et de le faire entrer dans l’esprit des disciples comme une certitude qui serait aussi leur consolation.On imagine une affirmation ferme et insistante. C’est bien ainsi que l’auteur de l’Introït l’a conçue. Il a fixé la mélodie en une teneur sur do avec seulement quelques broderies qui y ramènent toutes les cadences. Il en résulte une expression d’autorité qui s’impose\, avec\, sur íta véniet\, quelque chose de solennel qui évoque ce que sera cette venue en « puissance et en majesté ». En tout cela rien de dur\, il va de soi. Saint Luc nous dit que les disciples s’en allèrent plein de joie ; c’est donc que les paroles des messagers étaient pénétrées de douceur et d’onction. La mélodie l’est aussi. Même íta véniet ; c’est à faux qu’on mettrait sur ces deux mots\, je ne sais quelle nuance annonciatrice des terreurs du Jugement dernier ; les anges s’adressaient à ceux qui seront assis avec le Christ pour juger et à nous qui serons juges avec eux\, c’est donc bien plutôt la joie de ce triomphe final qui est évoquée\, comme une vision lointaine\, sur la tristropha légère et douce.Il n’y a d’ailleurs pas d’opposition entre les deux phrases : la joie de la première passe dans la seconde\, se mêle à la prophétie\, pour ajouter encore à la consolation divine qui s’en dégage\, et éclate\, vibrante d’ardeur\, sur le premier Allelúia avant de se perdre\, gracieuse et paisible\, sur la cadence finale.Le mouvement doit être assez vif et léger. Il faut donc veiller à ce que tout soit très souple : les clivis de Galílæi\, le podatus de admirámini et la distropha qui sera soulevée. Reliez aspiciéntes à admirámini. Faites le torculus et le porrectus de caélum bien réguliers. Après l’Allelúia\, bien posé sur la cadence\, repartez a tempo sur quemádmodum\, passez par-dessus le quart de barre qui précède ascendéntem\, et veillez à ce que la tristropha de véniet soit soulevée\, légère\, et comme mystérieuse.Reprenez le mouvement sur ces Allelúia qui seront pleins de vie et de joie.Le Psaume\, qui est un appel à la joie\, devra être bien rythmé et entraînant. \nALLELÚIA I\nLE TEXTE\nIl s’élève\, Dieu\, au milieu des acclamations.Et le Seigneur\, au son de la trompette. Ps. XLVI\, 6.Le Psaume XLVI est un hymne de louange à Dieu en reconnaissance d’une victoire éclatante. Le Psalmiste le montre comme le vainqueur montant en triomphe vers son palais au milieu des ovations et des fanfares.Il va de soi que\, par delà la victoire sur les ennemis d’Israël\, c’est le triomphe du Christ sur les ennemis de Dieu\, et son retour triomphal vers son Père qui est chanté là\, de sorte que ces deux versets s’appliquent d’eux-mêmes à l’Ascension. Toutefois\, la célébration de cet événement glorieux n’épuise par leur sens car\, sur le mont des Oliviers\, lorsque Notre Seigneur s’éleva\, il n’y eut ni les acclamations ni les  sonneries triomphales qu’ils annoncent. Il faut donc aller plus loin et\, dans cette Ascension qui achève le premier avènement\, chanter déjà l’Ascension qui finira le second ; quand le Christ\, vainqueur du dernier combat\, montera vers son Père au milieu des ovations de tous les élus et de la musique de la terre nouvelle et des cieux nouveaux. \nLA MÉLODIE\nC’est une mélodie type. Nous l’avons déjà rencontrée trois fois : le IIIe Dimanche de l’Avent \,  à la fête des Saints Innocents et le IIe Dimanche après l’Epiphanie  ; nous eussions pu l’entendre encore le Samedi de Pâques et nous l’entendrons à nouveau le Dimanche de la Pentecôte . Deux fois\, le texte qu’elle revêt est une prière ; Excíta poténtiam túam et véni\, le IIIe Dimanche de l’Avent\, Emítte Spíritum túum\, le Dimanche de la Pentecôte. L’application là en est excellente ; son caractère discret\, contemplatif s’harmonisant parfaitement avec la supplication. Les autres textes\, sont des invitations à louer Dieu\, l’adaptation\, moins bonne y est encore très heureuse car une invitation est bien une sorte de prière. Mais ici le texte est un récit qui comporte un certain enthousiasme\, et on pourrait être déçu de ne pas trouver dans la mélodie l’ardeur grandiose qui convient\, si l’on ne prenait soin de mettre cet Allelúia dans son contexte liturgique.Il y a en effet bien des façons de se réjouir et de s’enthousiasmer : les réactions provoquées par les événements heureux ne s’expriment pas toutes\, Dieu merci\, par des acclamations et des cris. C’est affaire de circonstances. Or nous venons juste d’entendre le récit de l’Ascension; le Christ monte bien dans la gloire\, mais nous\, nous le perdons ; dès lors\, une joie éclatante est-elle de mise ? On ne conçoit pas les disciples descendant les pentes du mont des Oliviers dans l’exaltation. Ils étaient dans la joie\, Saint Luc le dit expressément\, mais leur cœur en même temps ne demeurait-il pas serré d’avoir vu partir le Maître adoré ? Une telle joie\, toute dans les profondeurs de l’âme\, ne pouvait s’exprimer que d’une manière très discrète. Telle est aussi l’attitude de l’Eglise. C’est pourquoi cette mélodie\, dans sa discrétion\, est parfaitement adaptée. Elle est joyeuse mais d’une joie toute simple avec une touche délicate de recueillement\, voire de contemplation.La première incise de l’Allelúia Excita a été modifiée.La très belle supplication de excita Dómine a disparu ; c’est bien ainsi car elle n’avait pas sa raison d’être dans un simple récit et elle eut nui à l’expansion de la joie.Celle-ci\, dans la première phrase\, pénètre tout juste les mots ; elle ne s’épanouit que sur Jubilatióne en un motif d’ailleurs extrêmement gracieux. Mais dans la seconde\, elle revêt sur Dóminus son caractère nettement contemplatif ; le récit est interrompu sur le nom divin évoquant le Seigneur qui vient de disparaître\, l’Eglise se laisse aller à ses souvenirs. Sur les mêmes rythmes paisibles\, elle appelait le Messie au temps de l’Avent dans la joie de son espérance…Il est venu. Il est remonté\, sa tâche de Rédempteur accomplie. Elle le contemple aujourd’hui dans la gloire et\, consolée par l’íta véniet des anges\, chante déjà son retour et son Ascension dernière vers le Père avec tous ses membres.Il faut chanter cet Allelúia dans une grande simplicité mais avec beaucoup de vie et de joie.Les accents de Déus et de Jubilatióne seront un peu allongés et la vocalise de Dóminus très liée\, les épisèmes horizontaux légers et bien dans le mouvement. La troisième note de túbæ est un salicus. Veillez bien à faire la formule finale souple et balancée. \nALLELÚIA II\nLE TEXTE\nLe Seigneur\, du Sinaï (vient) dans son sanctuaires’élevant sur la hauteur (de Sion).Il a amené avec lui la captivité captive. LXVII. 18\, 19.Le psaume LXVII célèbre le Dieu d’Israël qui\, après avoir délivré son peuple d’Egypte\, l’a conduit du mont Sinaï dans la Terre Promise et après la lui avoir conquise\, est monté sur la hauteur de Sion et est entré dans son Temple\, traînant après lui les captifs faits dans les combats.Tel est le sens de ces deux versets.Eux aussi entrent\, sans qu’il y ait  à les solliciter\, dans la liturgie de l’Ascension. La sortie d’Egypte\, la marche à travers le désert\, la conquête de la Terre Promise\, la montée de l’Arche vers Jérusalem figuraient en effet la délivrance des hommes du joug de Satan\, la conquête par le Christ de la vie éternelle et la montée de tous les élus\, à sa suite\, vers le Père dans le Paradis retrouvé.Cette montée a commencé le jour de l’Ascension. Le Christ\, nous le savons\, n’est pas monté seul : les âmes des justes qui étaient dans les limbes l’ont suivi\, les autres ont pris leur rang à mesure que la mort les a délivrées et elles continuent de le prendre\, de sorte que le cortège n’a jamais été interrompu\, il dure toujours.Voilà la « captivité captive » que le Christ emmène. Le mot demande explication. Captifs\, nous l’étions tous\, et du démon\, et du péché\, et de nous-mêmes. Notre Seigneur nous a délivrés\, puis\, par son amour\, il nous a fait captifs de lui-même ; il nous a pris. Nous le sommes plus ou moins durant notre vie\, mais ceux à qui la mort permet de le voir\, le sont au point de ne plus pouvoir le quitter. Ce cortège des captifs de l’amour s’allongera jusqu’à ce que le dernier homme vienne s’y joindre. Alors\, ce sera la fin : la résurrection et l’ascension dernière des corps et des âmes de la captivité captive\, conduite par le Christ ver le Père pour l’éternelle béatitude.On le voit\, l’idée de cette montée suprême\, contenue implicitement dans l’Introït \, évoquée dans les acclamations et les trompettes du premier Allelúia\, prend ici toute son ampleur. \nLA MÉLODIE\nElle est\, comme la précédente\, une mélodie type. On la trouve à toutes les étapes du mystère du Christ : le Ier Dimanche de l’Avent \, la nuit de Noël \, le IIe Dimanche après l’Epiphanie \, le samedi de Pâques .Son caractère paisible\, recueilli\, contemplatif est parfaitement adapté à la joie délicate de l’Ascension et sert admirablement le texte.Dóminus\, qui commençait aussi l’Allelúia de Noël\, a la même expression de bonheur intime\, avec une discrète ardeur qui se développe au cours de l’incise et s’épanouit fort à propos sur in sáncto\, qui indique ici le ciel. Très heureux aussi le torculus de ascéndens ; la joie s’avive sur ce mot du jour\, tout en gardant sa douce réserve.La seconde phrase est nettement contemplative. Sur les neumes\, qui s’étalent sans se presser\, l’Eglise chante le Christ et le cortège de la captivité captive qui depuis l’Ascension s’élève à sa suite\, et demeure un instant\, perdue à en contempler la splendeur.Chantez dans un mouvement modéré\, avec beaucoup de simplicité ici encore. Faites de la première incise un seul mouvement qui s’épanouira sur sáncto et se continuera dans l’incise suivante. Le torculus de ascéndens sera légèrement élargi.La seconde phrase\, très souple et très liée. A la fin de la première incise\, la voix s’épanouira doucement sur la tristropha et se laissera aller sur les deux mouvements de l’incise suivante.La reprise du chœur sur captivitátem aura un peu plus de mouvement. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nIl monte\, Dieu\, au milieu des acclamations.Et le Seigneur au son des trompettes. Ps. XLVI\, 6.C’est le texte même du premier Allelúia. Il paraphrase ici le miracle rapporté dans les derniers mots de l’Evangile\, comme il le paraphrasait\, il n’y a qu’un instant\, après les derniers mots de l’Epître. L’interprétation en est donc rigoureusement la même. \nLA MÉLODIE\nElle est pénétrée d’un bel enthousiasme ardent et joyeux que nous n’avons pas encore rencontré dans l’office.La première incise décrit la montée de Notre Seigneur. Bien posé sur la première note du porrectus et quelque peu retenu par le ralenti du quilisma\, le chant s’élève par degrés conjoints dans un rythme mesuré\, souple et fort sur lequel la joie s’exalte progressivement. On notera particulièrement Déus avec l’accent tonique qui communique une nouvelle ardeur à l’arsis et la retombée gracieuse qui enveloppe le mot de vénération.La joie se laisse aller quelque peu sur jubilatióne ; légère d’abord\, elle vibre sur les notes longues de la fin du dernier motif\, mais sans éclater\, elle garde sa réserve.La seconde phrase se développe dans la même atmosphère. A noter le motif de jubilatióne repris sur Dóminus et même sur in vóce ; il donne à toute la phrase un caractère de grâce aimable\, de bonheur paisible\, de joie intérieure\, dans un recueillement qui se fait de plus en plus profond jusqu’à ce qu’il rejoigne un instant le silence à travers la cadence si simple de túbæ.L’Allelúia s’élève alors comme une contemplation où l’on découvre sans peine une nuance de mélancolie… la nostalgie du Maître adoré qui est parti.Il doit  y avoir dans la montée de ascéndit Déus un crescendo-accelerando qui se détendra gracieusement sur les notes qui précèdent le quilisma de Déus ; ce léger ralenti du la et du sol ne doit pas toutefois affecter la cadence\, il faut que le mouvement passe de Déus à in jubilatióne.Posez bien la première note de ti dans jubilatióne et commencez-y l’arsis qui s’épanouira sur le sommet.Repartez a tempo sur Dóminus. Les deux torculus de túbæ\, à peine ralentis.Il faut se complaire dans l’Allelúia sans retenir le mouvement\, il va de soi. La double note sur fa qui suit la clivis allongée est une bivirga et la triple note avant le torculus de la fin\, une trivirga ; les appuyer quelque peu et les prolonger. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nChantez un Psaume au SeigneurQui s’élève par dessus les cieuxDu côté de l’Orient.Allelúia. Ps. LXVII. 33\, 34.Ces versets\, qui sont dans les derniers du Psaume\, sont un appel du peuple Juif aux nations étrangères pour les inviter à célébrer son Roi qui revient vainqueur dans son palais.Ils entrent d’eux-mêmes dans la liturgie de l’Ascension. L’Eglise invite ses membres\, et ceux-là surtout qui communient sacramentellement ou spirituellement au sacrifice\, à louer le Seigneur…qui se perd peu à peu au-dessus des cieux du côté de l’Orient. \nLA MÉLODIE\nL’intonation reproduit celle de la communion du Dimanche précédent mais une quinte au-dessous\, ce qui lui donne une nuance de discrétion\, de recueillement très marquée. La mélodie ensuite devient descriptive et revêt sur súper une magnifique ardeur d’admiration joyeuse. Elle redescend par degrés sur le motif répété de caélos cælórum\, vers ad Oriéntem où elle devient toute contemplative ; il semble que l’âme soit comme fixée dans le soleil. C’est le motif qui chantait le Verbe Incarné\, dans le Sein de Notre-Dame le jour de l’Annonciation (Communion du IVe Dimanche de l’Avent et de la fête de l’Annonciation ).L’âme se perdait alors dans l’admiration du Dieu qui venait avec nous ? Elle s’y perd encore aujourd’hui\, car c’est bien moins l’image du Christ qui monte au-dessus des Cieux qu’elle chante sur ce dernier mot\, que la vision\, obscure mais réelle et qui se fait tous les jours plus claire\, du Christ élevant le monde avec lui vers le Père par la grâce de l’Eucharistie.Que l’intonation soit très recueillie.Posez bien la première note du podatus de Dómino. Le crescendo sera progressif sur qui ascéndit súper\, et le mouvement entretenu jusqu’à la fin de l’incise. Chantez avec beaucoup de grâce le motif de ad Oriéntem et prolongez-en l’expression jusqu’à la fin de l’Allelúia.  \nCantiques pour Pâques\n\nPolyphonies pour l’Ascension\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Dimanche dans l'Octave de l'Ascension
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n\n\n\nINTROÏT\n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nEcoute\, Seigneur\, ma voix que j’élève vers toi.Allelúia.A toi\, il dit\, mon cœur : je cherche ton visage.Ton visage\, Seigneur\, je le chercherai.Ne détourne pas don visage de moi.Allelúia\, Allelúia.Ps. Le Seigneur est ma lumière. Et  mon salut\, que craindrai-je ? Ps. XXVI. 7\, 8\, 9\, 1.  \n\n\n\nToute la première partie du Psaume XXVI est un cri de confiance enthousiaste ; quelque peu téméraire même : Le Seigneur est mon salut…que craindrai-je ?… Mais au verset 7\, soudain\, le Psalmiste se fait suppliant. Comme si une vague de brouillard l’enveloppait il n’a plus conscience de la présence lumineuse du Seigneur\, il ne sent plus la chaleur de son amour\, il se croit abandonné ; c’est la nuit… Alors sa belle assurance disparaît et l’appel plaintif monte de ses lèvres : « Ecoute ma voix…je cherche ton visage…ne détourne pas ton visage de moi. »L’Eglise a tout naturellement choisi ces deux versets pour exprimer ses sentiments après le départ de Notre Seigneur. Elle était habituée à sa présence visible\, si l’on peut dire : depuis Noël\, elle le suivait partout. Elle ne l’a plus. Elle le  cherche comme on cherche souvent dans le souvenir le visage aimé du disparu. Elle n’en trouve que l’ombre… Notre Seigneur l’avait avertie : « Vous me chercherez…la tristesse vous remplira le cœur.  » (Jean XIII. 33. XVI. 6.) C’est bien ce qui est arrivé. Elle se tourne vers lui et\, sur le ton d’amour qui a été celui de leurs relations intimes\, elle l’appelle : « Ecoute-moi ; mon cœur te cherche…ton visage ne le détourne pas de moi ; dès maintenant\, garde-moi la joie de ta présence invisible dans la foi et\, à jamais\, la béatitude de te voir face à face. »Alors\, réconfortée par cette effusion\, elle reprend premier verset du Psaume dans un cri d’espérance : le Seigneur est ma lumière…qui craindrai-je ?LA MÉLODIEOn ne saurait d’un mot caractériser l’atmosphère dans laquelle elle se développe. Ce n’est pas de la joie\, évidemment ; ce n’est pas de la tristesse non plus\, pas même de la mélancolie. C’est comme un mélange des deux. L’âme sait que le Seigneur est là par sa personne divine\, que le Consolateur est annoncé ; elle ne se plaint pas…mais elle voudrait revoir le cher visage. C’est une prière très douce\, très aimante\, avec une touche délicate de nostalgie. Il ne semble pas qu’il faille aller plus loin.On peut déceler cette nuance de nostalgie dès la cadence en demi-ton de Dómine\, elle n’est là que passagère\, toute la première phrase est bien en majeur : notamment le motif central qua clamávi ad te si simple et si expressif de paix heureuse dont sont faites les conversations intimes entre amis.Cette atmosphère paisible se prolonge dans les deux premières incises de la seconde phrase. Il y a une délicate expression de tendresse sur cor méum et le motif de clamávi\, revient sur quæsívi. L’ardeur du désir est plus marquée sur vúltum túum mais c’est encore la simplicité paisible : nous sommes toujours en majeur. C’est sur vúltum túum Dómine requíram que le changement se produit. La mélodie va vers le la et\, par une cadence nettement modale\, s’établit en Ier mode. Dans cette  très belle descente syllabique\, la prière prend quelque chose de plus sombre : elle supplie davantage aussi ; sans rien de violent\, le ton d’intimité demeure mais la pression augmente\, notez l’accent de Dómine et la cadence un peu lourde de requíram.L’insistance s’accentue sur toute la dernière phrase qui ne quitte plus le la. Le motif de clamávi est repris sur me avértas mais au lieu d’aller vers le fa il revient au ré par une cadence que les neumes binaires allongés rendent  plus pesante encore. Les Alléluia demeurent dans la même atmosphère de nostalgie.Le Psaume en fa avec son bel élan\, vient alors comme un cri dans lequel l’âme\, qui a repris conscience du Seigneur toujours présent\, lui dit sa confiance retrouvée.Chantez dans un mouvement modéré et veillez à ce que les voix soient douces et comme étouffées.Vous donnerez un peu d’ampleur aux accents toniques de exáudi et de clamávi dans la première phrase et vous élargirez de même légèrement le climacus qui précède le quilisma de méum dans la seconde. Retenez aussi quelque peu quæsívi vúltum et le passage syllabique vúltum túum…Dómine requíram\, surtout dans la thésis.Dans la troisième phrase\, ne sera très élargi et la première note de tous les podatus légèrement allongée\, mais que le rythme demeure bien balancé. \n\n\n\nALLELÚIA I \n\n\n\nLE TEXTEIl règne le Seigneur\, sur toutes les nations.Dieu siège sur son trône saint. Ps. XLVI. 9.Nous retrouvons le Psaume du Roi ramené en triomphe à son palais. Après l’avoir exalté dans le cortège\, le Psalmiste le montre ici siégeant en dominateur des nations conquises.L’Eglise fait de même. Après avoir fêté l’Ascension du Christ\, elle l’exalte dans la splendeur de son règne. Peut-être cette idée de triomphe\, si différente de celle de l’Introït\, est-elle amenée par les derniers mots de l’Epître : Afin qu’en toutes choses Dieu soit glorifié. Il l’est dès maintenant par le Christ qui règne en droit sur toutes les nations\, il le sera un jour en fait lorsque son Fils aura réalisé la plénitude de son royaume siégeant au milieu des Douzes il jugera le monde et conduira toute la création sanctifiée en hommage à son Père.LA MÉLODIEElle est joyeuse et paisible à la fois dans la première phrase sur le balancement des rythmes binaires de Regnávit Dóminus. Le pressus bien posé sur la dominante par un mouvement de quinte donne à súper ómnes géntes un très bel accent d’autorité.Au début de la seconde phrase\, l’âme s’exalte sur Déus qui monte en un élan enthousiaste d’ardeur joyeuse. Elan très court d’ailleurs ; la mélodie revient tout de suite au grave avec une très belle cadence\, pleine de bonheur sur sédem. Le dernier mot\, par ses rythmes\, 1.2.3-1.2\, 3 fois répétés\, ramène la joie calme du début.Marquez bien\, sans forcer toutefois\, le rythme binaire de Regnávit\, et faites le pressus de súper très expressif.Il faudra attaquer avec une certaine ardeur Déus et faire l’élan léger\, on reviendra ensuite dans un mouvement très régulier à la tonique. Bien marquer les neumes de súam qui font comme un rythme quinaire. Le mouvement doit être assez modéré. \n\n\n\nALLELÚIA II \n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nJe ne vous laisserai pas orphelins ;Je m’en vais\, mais je reviendrai vers vous\,Et il se réjouira votre cœur. Jean XIV\, 18\, 28. \n\n\n\nC’est évidemment Notre Seigneur qui parle ici du haut du Ciel. En même temps qu’il est le Roi qui siège en Majesté et domine les peuples\, il demeure le Maître plein de tendresse qui\, quelques heures avant de mourir\, appelait ses disciples : mes petits enfants. C’est à nous\, qui les continuons\, qu’il s’adresse. Il a entendu la plainte si délicate que l’Eglise a fait monter vers lui dans l’Introït : « Je cherche ton visage »…Il répond : « Je ne vous laisserai pas orphelins… «  \n\n\n\nLA MÉLODIECes mots divins\, adressés par le Christ à l’Eglise qui cherche son visage\, nous arrivent enveloppés d’une sympathie délicate et forte avec ce je ne sais quoi d’indiciblement bon qui fait les paroles consolatrices d’un père\, précieuses au-dessus de tout.Ce sentiment est très net dès les premiers mots. La voix fermement posée sur la note qui précède le quilisma\, monte sur non douce et ferme à la fois puis redescend vers la tonique par un pressus qui met sur vos une touche de tendresse extrêmement délicate : non\, n’ayez pas peur\, je ne vous laisserai pas\, vous\, je vous aime trop. C’est le thème du réconfort. Non vos.La mélodie se faite ensuite de plus en plus insistante sur relínquam et par les deux quilismas et par le mouvement de l’arsis\, comme si le Christ sentait le besoin d’appuyer fortement sa promesse à cette heure où l’âme se trouve quelque peu déprimée par son départ. Il fait plus. Pour montrer à ses membres qu’il souffre de les voir souffrir\, il laisse passer sur le mot órphanos quelque chose de sa propre souffrance. C’est le thème de la tendresse compatissante.Il est doux et délicat comme un mot de consolation\, avec un accent de tristesse\, si naturel et si simple sur la cadence en demi-ton\, qu’il est émouvant\, sur ce mot\, par lui-même si triste.Au début de la seconde phrase\, il est repris et développé\, fort à propos là encore\, sur vádo\, le mot du départ. Mais voici le mot du retour promis : vénio. La tristesse s’efface ; une assurance\, ferme comme une promesse divine\, soulève l’accent tonique allongé par l’épisème horizontal et\, dans la détente de l’élan\, la mélodie glisse paisible\, heureuse vers la tonique. Elle se complaît un instant sur les neumes très liés de la dernière syllabe et\, sans s’arrêter\, remonte à la dominante avec une grâce aimable qui s’épanouit comme un sourire sur ad vos. Alors\, sur gaudébit\, le mot qui promet l’éternelle allégresse\, la joie se laisse aller\, montant et descendant sur les clivis allongées et les climacus\, se posant sur les pressus avec une touche de ferveur ; toute en mouvement mais sans éclat\, sans bruit\, sans exaltation. C’est une joie de contemplation. Le Christ voit le bonheur des siens quand ils seront près de lui et il leur chante son propre bonheur pour le mettre déjà comme un espoir en eux. Car ce n’est qu’un espoir\, elle est assurée certes cette réunion\, mais d’ici qu’elle soit réalisée\, il y a la séparation ; aussi\, à la fin de gaudébit\, les climacus de vádo reviennent-il amenant avec eux\, une foi encore\, la cadence du thème de la tendresse compatissante.A  la reprise du chœur\, les deux thèmes se joignent\, mais celui de la compassion sans la cadence si b – la ce qui en atténue considérablement l’expression.Le mélange de ces deux sentiments\, si délicatement exprimés\, fait de cet Allelúia un des plus purs chefs-d’œuvre du répertoire.La voix sera douce\, et\, le mouvement retenu ; c’est une mélodie délicate et c’est le Christ qui chante.Lancez avec souplesse la première note de non\, accusez le pressus et montez doucement au crescendo sur relínquam dont vous retiendrez le salicus descendant vers le quilisma ; vous rythmerez alors avec beaucoup d’expression órphanos.Tout le motif de vádo sera très lié avec un délicat renforcement de la voix sur la première note pointée de la clivis finale. Un accent de ferveur joyeuse animera vénio ; ad vos sera ralenti et gracieux. Veillez à la régularité du rythme de gaudébit ; allongez quelque peu la première note de de et que tout soit très lié\, les notes à épisèmes horizontaux à peine élargies\, les climacus bien exacts\, la cadence balancée\, sans précipitation mais dans un mouvement toujours entretenu. \n\n\n\nOFFERTOIREC’est le même que celui de l’Ascension avec la même interprétation.COMMUNION \n\n\n\nLE TEXTEPère\, lorsque j’étais avec eux\,Moi-même je gardais ceux que tu m’as donnés.Allelúia.Mais maintenant près de toi je suis venu.Je ne demande pas que tu enlèves ceux-ci du monde\,Mais que tu les gardes du mal.Allelúia\, Allelúia. Jean XVII. 12\, 13\, 15.Ces paroles sont extraites de la prière que Notre Seigneur adresse à son Père après la Cène. Il lui demande de veiller sur les siens qu’il va quitter. Tant qu’il était avec eux\, il les gardait de l’erreur\, de l’esprit du monde\, du mal de toute sorte. Là où il va\, il ne peut les emmener ; c’est trop tôt\, il faut qu’ils demeurent sur terre. Il les confie donc au Père. Pas seulement les onze qui sont là\, mais toute l’Eglise qui se trouve en eux comme dans son germe\, afin que tout au long des siècles elle vive et grandisse au milieu du monde pour le  sanctifier\, au milieu du mal\, sans être souillée.Au sens liturgique\, c’est Notre Seigneur qui prie\, mais au Ciel\, cette fois. On se l’imagine arrivant avec son Humanité Glorieuse près du Père et lui indiquant ses apôtres et ses disciples qu’il voit en bas\, les yeux fixés sur lui… « Je les ai gardés ; gardez-les maintenant. » Aujourd’hui sa prière ne change pas. Nous venons de lui demande dans l’Introït de se montrer à nous ; il nous a répondu dans l’Allelúia II qu’il ne nous laisserait pas orphelins ; maintenant il s’adresse au Père : « Gardez-les eux qui sont un avec moi dans l’Eucharistie\, ne les prenez pas\, ils ont leur rôle à remplir…mais gardez-les du mal. » \n\n\n\nLA MÉLODIEL’intonation est simple\, intime\, avec une touche de joie aimable qui vraiment va bien du Fils au Père. Un bel élan monte aussitôt sur éssem et établit la mélodie sur la dominante autour de laquelle elle borde dans une grande simplicité. Essem est souligné par le salicus\, égo par le torculus sur la dernière syllabe\, ce qui lui donne un relief très prononcé\, et la phrase descend paisible et heureuse vers le do. Sur l’Allelúia elle module vers la cadence du IVe mode qui vient mettre une touche mystique sur ce chant d’éternité.Nunc aútem\, au début de la deuxième phrase\, reprend l’intonation en la développant\, puis vient le mot du revoir : ad te vénio. Il est court mais quel admirable mouvement de joie vive\, ardente\, enthousiaste dans cette montée de la mélodie qui va planer un instant tout épanouie sur le porrectus de la syllabe accentuée et qui se pose sur le sol dans la plénitude du VIIIe mode ; la joie indicible du Christ qui retrouve son Père.Ce n’est qu’une parenthèse très courte. Le Christ tout de suite revient aux siens qui luttent et peinent sur terre et le même sentiment de compassion passe dans sa voix. La mélodie de nouveau en Ier mode est toute thétique ; notez\, dans la première incise\, le torculus de rógo\, les podatus allongés de tóllas et de éos\, la cadence de múndo\, et\, dans la seconde\, le torculus de éos très allongé\, et la cadence bien mineure de málo.Les Allelúia de la fin demeurent ans cette atmosphère.Ici encore\, on chantera à mi-voix avec beaucoup d’onction. Ce qui n’empêchera pas que le chant soit très vivant.Après avoir bien mis en relief l’intonation on donnera à cum éssem un bon élan et une allure dégagée que l’on gardera tout le long de la phrase\, élargissant\, d’une nuance seulement\, la première note de éis et le torculus de égo. Cette première phrase doit être simple.On soulignera nunc aútem et\, sans brusquerie mais avec ardeur\, on montera avec la mélodie vers l’accent tonique qui sera bien lancé et expressif.Arrondissez le torculus de rógo et appuyez les podatus de tóllas\, de éos et de sérves ; c’est là qu’est la prière. Ne retenez pas trop l’Allelúia de la fin.  \n\n\n\n\nPolyphonies pour l’Ascension\n\n\n\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Fête de la Pentecôte
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLa Pentecôte fait partie du Temps Pascal\, elle en est comme le couronnement. Le Christ ressuscité remonté à son Père envoie son Esprit pour former\, avec l’humanité collective des prédestinés\, son corps mystique\, l’Église\, qui va continuer sur terre l’œuvre qu’il n’a fait qu’ébaucher et qui s’achèvera par la résurrection de tous ses membres. Mais\, tout en étant englobé dans le cycle de Pâques\, le temps de la Pentecôte a son atmosphère propre.Au matin du cinquième jour après la Résurrection\, au moment où\, sous le souffle violent de l’esprit qui venait en eux\, ce n’est pas du triomphe de Pâques ou de la glorieuse Ascension qu’ils étaient occupés\, mais d’une ardeur impétueuse qui\, comme une force vitale s’emparait d’eux\, et les poussait à la louange et à l’apostolat. Un souffle venait de Dieu sur eux\, un souffle de vie\, le même qui fut insufflé sur la face du premier homme ; il les animait et\, mêlé à leur propre souffle\, remontait vers Dieu avec toute l’activité de leur être.C’est cette atmosphère de vie ardente qui fut celle de l’Église naissante qui caractérise le temps de la Pentecôte.Aussi bien\, le mystère continue. La vie nouvelle que l’Esprit Saint infusait à l’Église\, en la personne des disciples et des trois mille baptisés\, pénètre toujours les âmes et les anime d’une flamme de jeunesse durant cette courte période. Primitivement\, le Baptême\, la Confirmation et l’Eucharistie étaient conférés aux catéchumènes la nuit du samedi et\, toute la semaine comme pendant la semaine de Pâques\, l’Église entourait de sa sollicitude maternelle les nouveaux chrétiens. Il en va autrement aujourd’hui\, mais les rites de cette semaine baptismale demeurent et\, par eux\, les grâces du Baptême\, de l’Eucharistie\, de la Confirmation sont à nouveau prodiguées à ceux qui sont disposés à les recevoir\, de sorte qu’à travers le jeu liturgique\, le souffle même de la Pentecôte nous atteint et\, de nous\, remonte à Dieu.C’est dans cet esprit de vie communiquée\, aspirée\, et expirée\, dans cette atmosphère d’enthousiasme ardent\, que nous devons vivre et chanter la Pentecôte. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nL’Esprit du Seigneur a rempli la terre.Allelúia.Et lui\, qui contient tout\, a la science de la parole.Allelúia\, Allelúia\, Allelúia.Ps. – Qu’il se lève\, Dieu.Et qu’ils se dispersent ses ennemis.Et qu’ils fuient\, ceux qui le haïssent\, devant sa face. Sagesse I\, 7. Ps. LXVII. 2.Le sens littéral de ce verset du livre de la Sagesse n’offre aucune difficulté. Le Seigneur est présent partout et\, parce qu’il contient tout – au sens qu’il pénètre et soutient tout : les corps comme les esprits – il sait tout ce qui se dit et se pense\, en quelque langue que ce soit.En faisant entrer ces mots dans la liturgie de la Pentecôte\, l’Église leur donne un autre sens. Il ne s’agit plus seulement\, dans le Spíritus Dómini replévit órbem terrárum\, de l’acte par lequel l’Esprit du Seigneur\, depuis la création\, pénètre tous les êtres pour les maintenir en existence\, mais de la possession personnelle de la terre comme de son royaume. Il y vient de ce jour-là comme l’Esprit du Christ avec la mission de tout régir\, de tout gouverner selon le Christ pour la gloire du Père. De même le sciéntiam hábet vócis ne s’entend plus seulement de la connaissance qu’il a de tout ce qui se dit\, mais encore de la communication qu’il fait de sa science\, par le don des langues\, aux disciples et\, par eux et leurs successeurs\, aux fidèles de tous les temps qui sauront l’écouter. Ceci n’est pas dans le texte d’une façon explicite\, mais s’en dégage sans qu’on ait à le solliciter.C’est donc plutôt l’aspect extérieur du miracle de la Pentecôte qui est chanté ici ; le miracle de ce matin-là en tant qu’il contenait\, comme en germe tout ce qui s’est réalisé depuis par l’Église et le miracle d’aujourd’hui en tant qu’il poursuit l’achèvement de l’œuvre commencée alors.L’Église chante donc cet Introït à la fois comme un rappel du texte sacré et comme la constatation enthousiaste de son accomplissement de plus en plus achevé. \nLA MÉLODIE\nElle commence dans le recueillement grave d’un Ier mode qui module en fa. Spíritus Dómini se trouve ainsi enveloppé de mystère et de vénération. Mais\, dès que se précise l’idée de la Pentecôte\, un souffle se lève qui prend les mots\, les emporte dans son élan impétueux jusqu’aux sommets les plus élevés puis les dépose\, les uns après les autres\, dans le calme et la paix\, sur les notes principales du VIIIe mode bien établi. Il y a dans cette phrase une expression de grandeur et d’enthousiasme qu’on rencontre rarement à ce degré de perfection. Évocation de l’immensité des terres et du grand vent qui ébranla le Cénacle\, sans aucun doute. Mais à travers cette évocation\, passe l’ardeur de l’Église\, celle des 3 000 baptisés\, celle de tous ceux qui ont suivi et qui à l’heure de ces souvenirs grandioses de la première Pentecôte\, sentent la même ferveur et la même joie exultante.La seconde n’a pas\, au début\, le recueillement de la première. La mélodie monte tout de suite\, par une quarte hardie\, de la tonique à la dominante. C’est un nouveau souffle\, ou\, si l’on veut\, le même qui continue en une onde nouvelle. Après une légère dépression\, il s’enfle de nouveau sur ómnia et\, progressivement\, avec moins d’impétuosité\, mais avec la même force enveloppante\, entraîne vers hábet vócis\, le mot qui évoque le miracle des langues et toutes les grâces de lumière qui\, en des modes divers\, l’ont prolongé dans les âmes.La détente commencée sur vócis\, se poursuit sur les Allelúia\, avec une ondulation montante assez marquée sur le second. Elle s’achève en une plénitude toute paisible sur une belle cadence modale élargie par les deux torculus.Le Psaume est plein du même enthousiasme\, avec je ne sais quoi de conquérant… Ce sont les mots par lesquels Moïse donnait aux tribus d’Israël le signal du départ au cours de leur marche dans le désert : Lève-toi Seigneur…; et on levait l’arche sur les épaules et l’on marchait. Ce chant de confiance des Hébreux devient le nôtre dans cette marche du nouveau Sinaï vers la Terre Promise de l’éternité qui commence avec la Pentecôte.Chantez dans un mouvement ample\, mais très vivant et très enthousiaste. La voix\, retenue sur Spíritus Dómini prendra de l’ampleur et de la sonorité sur replévit et\, bien appuyée sur le salicus lancera d’un bel élan órbem qui s’arrondira au sommet souple et léger et retombera sur la tonique pour amorcer la thésis de terrárum dont on arrondira le creux en l’élargissant. La cadence de l’Allelúia suivra le ralenti. À noter que la double note de rum dans terrárum est une bivirga épisématique ; elle devra être posée avec une certaine fermeté.Après un départ a tempo on veillera à ce que la première incise de la seconde phrase soit chantée sans précipitation. Omnia bien posé et commençant le crescendo d’enthousiasme qui montera jusqu’à hábet vócis en un mouvement de plus en plus élargi.Veillez au rythme du second Allelúia.Le Psaume net et énergique. \nALLELÚIA I\nLE TEXTE\nEnvoie ton Esprit et ils seront créés.Et tu renouvelleras la face de la terre. Ps. CIII. 30\, 31.C’est le même texte que celui de l’Offertoire de la Vigile\, avec une nuance toutefois qu’il tient du caractère de l’Office. Il y a en effet comme deux actes dans le « jeu » de cette messe de la Pentecôte. Le premier évoque le miracle extérieur ; l’Introït en est l’ouverture grandiose et l’Église nous en fait le récit détaillé et dramatique. Le second reproduit le miracle intérieur : l’envahissement des âmes par l’Esprit Saint qui prolonge jusqu’à nous son œuvre de la Pentecôte. Il n’y a pas d’éclat dans cette pénétration ; elle se fait comme elle se fit pour les Disciples\, dans le secret de l’âme ; c’est quelque chose de personnel\, d’intime\, de mystérieux.Or c’est précisément avec les Allelúia que commence ce second acte du drame. Tous les textes à partir de là en effet\, jusqu’à la Communion\, sont un appel à l’Esprit Saint\, hôte de l’âme. Il ne faut donc pas donner à Emítte Spíritum túum le caractère de joie enthousiaste qu’il prenait la veille lorsqu’il jaillissait du cœur de l’Église comme un cri d’espoir ardent. Ici\, c’est l’âme qui discrètement\, humblement\, demande que se renouvelle en elle le mystère d’amour que Dieu a voulu réaliser par l’Esprit de son Fils. C’est une prière. \nLA MÉLODIE\nLa première phrase n’est pas aussi suppliante que dans l’Allelúia Excíta du IIIe dimanche de l’Avent : il y manque le beau motif de Dómine. Mais c’est bien la même prière paisible\, intime\, avec une pression délicate\, qui n’exige pas\, mais qui a plus de puissance que des cris.La seconde phrase est la même que dans les autres Allelúia du même type. Ici encore elle est merveilleusement adaptée. Sur creabúntur\, comme sur véni (Allelúia Excíta du IIIe dimanche de l’Avent ) et sur Dóminus (Allelúia Ascéndit de l’Ascension )\, l’âme jouit de ce qu’elle voit dans l’avenir. Contemplation heureuse de la terre se remplissant de la vie du Christ petit à petit sous le souffle de l’Esprit.Un élan de désir plus poussé monte sur térræ et donne à la reprise du chœur un caractère de supplication plus ardente.Lancez bien l’accent tonique de Emítte ; que la voix retombe sur te douce et souple dans l’articulation des deux t. Retenez quelque peu Spíritum túum. Liez avec grand soin toute la seconde phrase. Balancez délicatement fáciem térræ. \nALLELÚIA II\nLE TEXTE\nViens Esprit Saint.Remplis le cœur de tes fidèles\,Et de ton amour en eux allume le feu.On ignore l’auteur de cette très belle prière.Elle est toujours d’actualité\, car l’Esprit n’a jamais fini de venir et\, tant que nous sommes sur terre\, nous n’avons jamais fini d’en avoir besoin. Ce qui nous manque en effet c’est d’en être remplis au point qu’il soit l’inspirateur exclusif de nos penses\, de nos vouloirs\, de nos actes\, et de l’avoir en nous comme un feu\, comme un désir brûlant qui nous pousse avec une force irrésistible à aller où il nous veut pour y faire ce qu’il veut.L’Église la chante pour tous ses membres\, et la chante à genoux. Elle lui donne\, par ce geste\, un caractère d’émouvante supplication. \nLA MÉLODIE\nOn l’attribue assez communément à Robert le Pieux.La prière est délicate dans la première phrase\, quelque peu timide\, humble même\, comme si l’âme ne se sentait pas digne d’appeler en elle une plus intime présence de l’Esprit divin après avoir été si souvent indélicate à son égard. Mais quelle admirable supplication ; si pénétrée d’amour\, de cet amour à la fois tendre et discret que la souffrance indicible de ne pas voir l’aimé nuance de mélancolie ! Elle se fait plus ardente sur sáncte quoique toujours retenue. C’est plutôt dans la thésis sur les rythmes ternaires paisibles et doux de Spíritus que l’âme se laisse aller. Une nouvelle supplication non moins intense\, mais toujours délicate\, se dessine sur réple ; elle va s’intensifiant sur le pressus\, s’épanouit un instant sur la note allongée de córda et redescend à la tonique sur le motif répété de Spíritus.La seconde phrase est la phrase du feu: amóris ígnem. La réserve n’a pas totalement disparu\, mais l’ardeur de l’âme est telle que\, dès le début\, en quatre notes\, elle emporte la mélodie à l’extrême limite du mode.Elle en descend\, balancée sur des rythmes binaires qui la ramènent par degrés à la tonique. Mais le mouvement ne la laisse se poser nulle part : il l’enlève à nouveau\, plus ardente\, dans les hauteurs où elle se déploie\, intensifiée jusqu’à être émouvante. Par le même motif thétique\, elle revient à la tonique. A peine l’a-t-elle touchée qu’elle se relève en un dernier rebondissement pour aller se poser sur le mi en une cadence en demi-ton qui la fait à nouveau délicate et humble.Vient alors la grande formule de l’Allelúia où se retrouvent successivement la supplication discrète de véni Sáncte\, la délicate thésis de Spíritus\, et l’ardeur brûlante de amóris.Ne pressez pas le mouvement. Chantez doucement la première phrase ; tout y est en demi-teinte et tout y est délicat… Les pressus seront tout juste touchés d’une petite pression\, les crescendo esquissés seulement\, les accents légèrement soulevés… Ce sont des nuances.Dans la seconde phrase il y aura plus de mouvement\, mais sans contraste poussé avec la première. On ménagera la transition dans l’arsis de túi\, et le crescendo s’achèvera sur l’accent tonique de amóris qui sera bien lancé\, léger et élargi. Aller sur les notes longues de la thésis et ne pas presser\, retenir plutôt.Le podatus qui suit la double note au début de la dernière incise de accénde sera très arrondi et élargi. \nSÉQUENCE\nLE TEXTE\nViens\, Esprit Saint\, et envoie du ciel\,De ta lumière un rayon.Viens\, père des pauvres\, viens\, donneur des dons\,Viens\, lumière des cœurs.Consolateur très bon\, doux hôte de l’âme.Douceur rafraîchissante\,Dans le labeur\, repos ; dans l’ardeur\, modération ;Dans les larmes\, consolation.Ô lumière bienheureuse\, remplis le fond du cœur de tes fidèles.Sans ta puissance\, rien n’est dans l’homme.Rien n’est sans danger de mal.Lave ce qui est souillé\, arrose ce qui est aride\,Guéris ce qui est blessé.Rends souple ce qui est rigide\, réchauffe ce qui est froid\,Ramène dans le vrai chemin ce qui a dévié.Donne à tes fidèles qui en toi se confientLes sept dons sacrés.Donne ce que la vertu a mérité\, donne le chemin du salut\,Donne l’éternelle joieAmen\, Allelúia. \nLA MÉLODIE\nUne séquence\, le mot le dit\, est un chant qui continue celui qui précède. Normalement\, il doit même lui emprunter son intonation. C’est bien le cas ici : Véni Sáncte Spíritus a le même motif syllabique que véni dans le verset de l’Allelúia .Cette séquence de la Pentecôte est de toute beauté\, et les idées et les sentiments qu’elle exprime sont assez clairs pour se passer de commentaire.Signalons toutefois que la forme générale de cette prière – car c’est une prière\, il ne faut pas l’oublier – est la même que celle de l’Allelúia. Dans les deux premiers versets\, la mélodie est discrète\, retenue\, humble. Dans le troisième et le quatrième\, elle s’anime dès le début par l’élan qui va du la au ré. Dans le cinquième et le sixième\, elle atteint son maximum de puissance et d’ardeur par l’attaque discrète sur le ré supérieur. Dans le septième et le huitième\, elle revient à la discrétion du début. De même dans les deux derniers\, à part l’arsis du commencement\, qui est d’ailleurs toute passagère.On la chante généralement très bien\, car elle est facile. Elle demande toutefois pour avoir toute sa perfection que l’on demeure dans l’esprit de prière et que l’on évite de forcer les notes élevées. Une prière n’exige pas\, elle demande\, même quand elle supplie avec ardeur elle doit demeurer humble. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nConfirme ce que\, ô Dieu\,Tu as opéré en nous.De ton Temple qui est en Jérusalem\,Ils t’offriront\, les rois\, des présents. Allelúia. Ps. LXVII. 29\, 30.Dans le Psaume\, qui chante le retour triomphal du Roi à Jérusalem\, comme nous l’avons vu à l’occasion de l’Allelúia II de l’Ascension \, ces deux versets sont une prière du peuple qui demande au Seigneur de confirmer les victoires acquises\, par l’établissement solide de son règne. Alors\, dans la splendeur de son Temple\, les rois étrangers viendront l’adorer en lui offrant des présents.Dans le cadre liturgique de la Pentecôte\, les deux idées demeurent. L’Église demande d’abord à Dieu de confirmer\, d’affermir\, de consolider ce que l’Esprit a opéré dans les âmes\, en ajoutant à leurs efforts la puissance de sa grâce ; en fait\, de rendre cette amitié qu’est l’état de grâce effective\, durable\, de plus en plus vive\, par la docilité de notre esprit aux inspirations de son Esprit. Alors « les Rois offriront des présents ». Ce qu’il faut entendre dans un sens à la fois individuel et collectif. Dans notre âme devenue temple de la Trinité\, nous viendrons\, nous aussi rois et prêtres comme le Christ\, offrir aux Divines Personnes l’hommage de notre être. Dans l’Église\, ce Temple Spirituel\, les rois et les peuples de la terre\, pénétrés de cet Esprit d’amour\, s’offriront en hommage au Christ Roi immortel des siècles et\, par lui\, au Père. Enfin dans le Ciel\, Jérusalem céleste\, le Seigneur et l’Agneau seront le Temple et\, en eux\, éternellement\, les rois et les peuples ne cesseront plus de s’offrir et d’offrir le monde nouveau qu’ils posséderont.Ainsi compris\, cet offertoire est une très belle paraphrase de l’Évangile où l’on entend précisément Notre Seigneur nous dire que si nous l’aimons\, il fera de notre âme sa demeure et que le Paraclet y parlera sans cesse pour nous guider dans l’amitié qu’il établira avec nous. \nLA MÉLODIE\nElle a une ressemblance très marque avec celle de l’Offertoire de la Messe de Minuit . L’intonation et le début de la deuxième incise sont identiques dans les deux et le motif de la troisième phrase\, à peu près le même sur tíbi ófferent ici\, et là sur ánte fáciem.Mais ici la joie domine moins\, elle est plus intérieure\, si l’on peut dire\, plus profonde. C’est comme un chant très recueilli\, très priant même\, que l’âme\, sans pousser sa supplication\, adresse à Dieu dans l’atmosphère de bonheur qui l’enveloppe depuis que lui ont été dites\, à l’Evangile\, les paroles si riches de promesses qui fondent son intimité avec Dieu : « Si quelqu’un m’aime…nous ferons notre demeure en lui »… Ils sont déjà venus. Seigneur\, confirme ce qu’a fait ton Esprit : Confírma hoc…Le développement neumatique est considérable par sur tous les mots.Dans la première phrase\, in nóbis est très en relief par la montée en deux mouvements de quarte sur la tristropha et par la cadence du VIIIe mode si expressive de joie ferme et pleine.Dans la seconde\, la mélodie\, après avoir repris deux fois\, sur túo et sur quod est\, le motif de hoc dans la phrase précédente\, déroule ses beaux rythmes gracieux et paisibles sur Jérúsalem qu’elle enveloppe de tendresse et d’espoir.La troisième a sur tíbi un motif propre qui est repris sur réges. Il se joint\, les deux fois\, au motif de hoc Déus\, repris pour la cinquième fois sur ófferent et Allelúia. Ce motif\, très discret\, qui se balance ainsi tout au long des phrases\, contribue à donner à cet Offertoire son caractère de paix intime et heureuse.Chantez dans un mouvement assez large\, mais léger\, souple et vivant.Donnez un peu d’ampleur à fir dans confirma. Balancez bien la cadence de Déus et liez in nóbis à la clivis allongée de es où commencera le crescendo. La cadence du VIIIe mode sur sol sera très nette et largement posée ; puis on fera un bon temps de silence pour séparer les deux idées.Elargir quelque peu la cadence de túo et se complaire sur les neumes de Jerúsalem qui seront très liés.Faites les broderies de ófferent\, très légères. Le punctum de ne dans múnera sera allongé avant le torculus. La double note de ra dans le même mot est une bivirga épisématique ; bien l’appuyer. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nIl vint tout à coup du ciel et le bruitD’un souffle véhément\,Là où ils étaient assis.Allelúia.Et ils furent remplis tous du Saint-Esprit\,Chantant les merveilles de Dieu.Allelúia\, Allelúia. Act. II. 2\, 4\, 11.Ce récit est bien à sa place au moment de la Communion sur les lèvres de l’Église. La réception de l’Eucharistie renouvelle en effet d’une certaine manière le miracle\, car elle produit une augmentation de la charité qui est accompagnée\, si la communion est fervente\, d’une nouvelle mission des Personnes divines. Ainsi donc\, comme le jour de la Pentecôte\, mais sans vent et sans bruit cette fois\, le Saint Esprit envahit l’âme qui\, elle aussi\, dans le silence de l’action de grâces se met à chanter les merveilles de Dieu. \nLA MÉLODIE\nC’est un récitatif très vivant\, dramatique même. Toutes les réactions sensibles provoquées par le miracle s’y trouvent. La surprise et l’émoi dans les quintes montantes et descendantes de Fáctus est repénte ; l’étonnement émerveillé dans la montée au fa de sónus en allant mourir\, petit à petit\, comme épuisé sur les dernières notes de l’Allelúia et repartant avec la même véhémence sur et repléti sunt en une seconde vague qui déferle sur toute la phrase jusqu’à la fin de la dernière cadence.A travers ce mouvement\, quelque chose de l’enthousiasme à l’ardeur de feu qui animait les Apôtres\, passe. Très marqué dans toute la première phrase\, particulièrement dans la période arsique sur sónus\, il l’est davantage encore sur repléti sunt ómnes Spíritu sáncto au début de la seconde. L’âme chant non seulement ce qui lui arrive à Jérusalem\, mais ce qui lui arrive à ce moment\, à elle aussi\, qui se sent toute remplie de l’esprit de Dieu.Sur loquéntes magnália Déi qui aurait pu\, à bon droit d’avoir de l’ampleur et de l’éclat\, la mélodie devient thétique et toute apaisée. C’est assez imprévu\, mais très expressif du chant intérieur de l’âme toute recueillie sous le flot de grâces qui l’envahit.Le mouvement sera assez rapide et on y mettra beaucoup d’enthousiasme ; dans les passages syllabiques surtout. Sónus sera très lancé avec une bonne articulation de l’s. Les deux autres incises de la première phrase\, plutôt thétiques seront quelque peu retenues. Leur forme neumatique amènera d’ailleurs cette nuance sans qu’on ait à s’en occuper. Liez de près Allelúia à sedéntes.Reprise a tempo sur et replévit et mouvement ardent. Elargissez loquéntes et particulièrement la dernière syllabe tes. Les deux Allelúia\, très paisibles. \n\nPolyphonies pour la Pentecôte\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Le Lundi de Pentecôte
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n  \nINTROÏT\n  \nLE TEXTE\nIl les a nourris de la fleur de froment.Allelúia.Et du miel de la pierre il les a rassasiés.Allelúia\, Allelúia\, Allelúia.Ps. Acclamez Dieu\, notre aide.Poussez des cris de joie au Dieu de Jacob. Ps. LXXX. 17\, 2.Les expressions imagées de ces deux versets ont à peine besoin d’explication. La fleur de froment c’est l’Eucharistie dont le Seigneur a nourri les nouveaux chrétiens d’hier sitôt après leur baptême. Le miel de la pierre a le même sens. (Les abeilles font parfois leur miel dans le creux des rochers en Palestine) Pétra aútem érat Chrístus dit Saint Augustin dans son commentaire du Psaume\, citant Saint Paul (I. Cor. X. 4.). C’était aussi une allusion au mélange de lait et de miel que l’on donnait aux premiers communiants pour symboliser la suavité du Christ dans l’Eucharistie. La progression des verbes est à noter : cibávit éos\, saturávit éos. Il les a nourris\, il les a rassasiés…rassasiés\, car on a tout ce qu’on peut désirer dans le Christ\, même dès cette terre\, sans parler de la Béatitude dont la vision de Dieu comblera dans l’éternité notre faim et notre soif de bonheur : Satiábor cum apparúerit gloria túa. (Je  serai rassasié quand se montrera ta gloire. Ps. XVI\, 15.)L’Eglise\, quand elle chante cet Introït\, n’a pas à l’esprit ceux-là seuls qui ont fait leur première communion au cours de la Vigile – ils sont très rares désormais – mais tous ceux qui en ont fait revivre la grâce à l’occasion de la Pentecôte. Plus encore : tous les communiants de tous les temps qui sont au ciel et au purgatoire\, car\, eux aussi\, à leur façon\, ont pris part à la liturgie Eucharistique de la Vigile. C’est à eux tous qu’elle pense en se redisant à elle-même\, en une sorte de contemplation\, le verset du psaume qui devient ainsi l’expression de sa reconnaissance et de son admiration enthousiaste pour cette nourriture divine dont Dieu a voulu nourrir ses membres. \nLA MÉLODIE\nL’âme berce d’abord sa pensée sur les rythmes passibles et souples de cibávit éos\, puis\, à l’évocation de l’Eucharistie\, qui lui est présentée sous l’image de la fleur de froment\, elle s’anime un peu et met sur ádipe un accent de ferveur où passe son amour reconnaissant. C’est toute la première phrase.Il y a plus de mouvement dans la seconde. L’âme contemple toujours\, mais\, à mesure que l’idée de l’Eucharistie se renforce avec l’image nouvelle et qu’apparaît le rassasiement de l’éternelle vision\, l’ardeur se lève en elle et la laisse aller. On le sent dès les premières notes ; elles vont\, en une arsis pleine d’élan vers Pétra qui figure ici le Christ. Il y a ensuite une petite thésis délicate puis l’élan reprend et s’accentue sur saturávit où il devient enthousiaste. La détente se fait alors sur les trois Allelúia qui ramènent peu à peu la paisible contemplation du début.Chantez simplement\, doucement. Dans la première phrase\, faites l’accent de ádipe léger et arrondi\, que votre voix retombe douce sur la tristropha\, descende délicatement sur fruménti et se relève\, sans effort toujours sur l’Allelúia. Dans  la seconde\, il faudra faire sentir l’enthousiasme. Le départ sera a tempo et la voix ira se renforçant sur Pétra. Appuyez bien cette double note\, c’est une bivirga épisématique. C’est le Christ que vous chantez là. Ne vous arrêtez pas toutefois\, allez vers l’accent de mélle ; qu’il soit léger\, comme aussi la thésis qui suit. Puis\, dans le même mouvement tout en élan\, mais élargi\, chantez\, presqu’à pleine voix sur saturávit\, votre reconnaissance et vote espoir de l’éternelle vie. Après quoi viendront les  Allelúia\, chacun avec son arsis et sa thésis\, mais enveloppés dans le grand rythme qui les ramènera\, en un beau dégradé à la cadence finale. Notez que le premier part du fa\, le second du mi et la troisième du ré ; progression descendante après la progression montante.Le Psaume n’est plus une contemplation\, mais une invitation à louer Dieu. Il doit être brillant. L’Introït reprendra ensuite en demi-teinte. \nALLELÚIA\nLE TEXTE\nIls annonçaient en diverses langues\, les Apôtres\,Les merveilles de Dieu. Act. II. 4\, 11.Il ne s’agit pas seulement dans ce verset du miracle des langues qui eut lieu le matin de la Pentecôte mais aussi de celui qui se produisit\, lors du baptême des premiers gentils par Saint Pierre\, dans la maison de Corneille et dont le sous-diacre vient de faire le récit à l’Epître. L’Eglise enveloppe les deux dans sa pensée durant les instants qui suivent et\, dans sa contemplation elle dit à Dieu sa joie de le voir se manifester ainsi avec tant d’éclat\, et prolonger\, par les merveilles de sa grâce\, dans les âmes la louange de son nom\, sur toute la surface de la terre\, et dans toutes les langues du monde. \nLA MÉLODIE\nElle est très joyeuse dans l’Allelúia\, mais d’une joie qui n’a pas d’éclat. Délicate et comme intérieure sur les premières notes\, elle ne commence à s’extérioriser que sur la montée fa – si b. Beau mouvement d’ailleurs qui s’épanouit en une sonorité claire sur le porrectus et le torculus de la dernière syllabe et se détend ensuite en neumes très rythmés qui l’amènent à la cadence sur do. Il ne s’y pose qu’à peine\, une arsis le lance à nouveau vers le la. Il en redescend en se balançant sur deux motifs qui se répondent avec grâce et\, doucement\, touchent trois fois la tonique avant de s’y poser enfin.Ce caractère de musique intérieure est très marqué dans la première incise du verset loquebántur. L’Eglise médite ; notez la longue tenue sur fa avec ses répercussions\, et la descente si paisible des deux climacus et de la clivis vers le do. Sur váriis línguis\, le mot du miracle\, la joie s’élève. Elle retrouve la première partie du jubilus et s’y déploie à loisir mais\, au lieu de revenir au ré\, elle remonte au contraire et s’épanouit sur le mot apóstoli dans l’admiration des apôtres et de l’œuvre du Saint Esprit en eux et dans les âmes de tous les Chrétiens.La dernière phrase reprend l’Allelúia entier qui se trouve fort bien de magnália Déi pour louer dans la joie les merveilles de Dieu.Il ne faut pas chanter fort les premières notes de l’Allelúia. Ménager un bon crescendo qui commencera délicatement sur le fa et aura toute sa force sur le porrectus qu’on élargira légèrement.Retenez le mouvement sur loquebántur qui a quelque chose de mystérieux et reliez-y d’assez près váriis en lui donnant a même expression que dans l’Allelúia. Autant que possible\, ne pas respirer au quart de barre. Lier aussi de très près apóstoli à línguis et mener le crescendo jusqu’à la note répercutée. Faire la reprise a tempo mais sans excès\, sur magnália. \nALLELÚIA II\nVéni Sáncte Spíritus.Comme à la Fête de la Pentecôte. \nSÉQUENCE\nVéni Sáncte Spíritus.Comme à la Fête de la Pentecôte. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nComme un tonnerre\, il se fait entendre du ciel\, le Seigneur\,Et le Très-Haut fit éclater sa voix.Et apparurent les sources des eaux. Ps. XVII. 14\, 16.Dans ces deux versets\, le Psalmiste décrit l’orage\, symbole de la colère de Dieu contre les ennemis de son peuple ; le tonnerre et la violence du vent et des tremblements de terre qui soulèvent les flots\, au point qu’on découvre\, au fond de la mer\, et des fleuves\, la source de leurs eaux.Dans le cadre liturgique de la Pentecôte c’est le vent impétueux et l’apparition des langues de feu qui sont évoqués\, celles-ci symbolisant le Saint Esprit\, source des eaux merveilleuses de la grâce qui allaient couler sur les trois mille auditeurs de Saint Pierre et se répandre jusqu’à la fin des temps sur touts les âmes de bonne volonté. Ainsi\, sur ces quelques mots\, l’Eglise trouve de quoi chanter les deux objets qu’elle se propose : le miracle du Jour et son développement\, l’effusion de la grâce baptismale sur le monde. \nLA MÉLODIE\nLe texte n’est qu’un récit ; il ne se prête pas à l’expression de sentiments très vifs. La mélodie ne s’y applique pas non plus. Elle se déroule dans une atmosphère de joie paisible en revêtant seulement les mots de longs neumes sur lesquels l’âme trouve le temps de saisir et d’exprimer ce que le texte lui suggère.Elle monte tout de suitée de ré au la dans la première phrase\, brode autour et redescend sur le mi en une cadence qui enveloppe Dóminus d’admiration et de tendresse reconnaissante.Dans la seconde\, elle s’établit dès le début sur le la mais le mouvement est le même. La cadence mystique de Dóminus se retrouve sur Altíssime. Dédit vócem est très insistant\, mais toujours méditatif ; la cadence sur ré assez inattendue.Il y a plus de mouvement dans la troisième phrase. On le sent tout de suite dans la montée joyeuse de apparuérunt\, les mots aussi sont moins chargés de neumes.Avec l’Allelúia\, la contemplation paisible revient et tout s’achève sur la cadence mystique entendue pour la quatrième fois.Plus que toutes les autres prières de l’office\, celle-ci est délicate ; précisément parce qu’elle est dépourvue de tout effet. Il faut la chanter à mi-voix\, comme une méditation\, dans un mouvement pas rapide\, mais bien vivant. Evitez de traîner surtout sur les cadences en mi ; elles deviendraient plaintives\, alors qu’elles sont l’expression d’une joie toute pénétrée de tendresse pour le Seigneur. On notera qu’elles ne se trouvent que sur Dóminus\, Altíssime\, Allelúia et apparuérunt\, le verbe qui annonce la grâce du jour. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nLe Saint Esprit vous enseigneraAllelúia.Tout ce que je vous aurai dit.Allelúia. Jean XIV. 16.Au moment où ses membres communient\, l’Eglise se redit les paroles que Notre Seigneur disait à ses Apôtres après la Cène. Elles sont bien à leur place. Par la grâce du sacrement en effet\, la charité croît et\, le Saint Esprit se fait mieux entendre parce que\, devenus plus aimants\, nous sommes plus attentifs à saisir ce qu’il nous dit. \nLA MÉLODIE\nAimable et douce dans l’intonation\, elle s’élève sur docébit vos en une joie enthousiaste pénétrée de certitude\, qui enveloppe tout jusqu’à la fin. Comme si l’Eglise voulait dire aux jeunes baptisés\, au seuil de leur vie chrétienne\, et rappeler à tous ses membres\, que l’Esprit de lumière étant en eux ils n’ont pas à avoir peur ; il les mène à la lumière de l’éternelle vérité.Il faut chanter dans un mouvement alerte et à pleine voix\, les accents bien marqués et sans arrêt. Ne ralentir qu’à la cadence finale qui sera posée. \n\nPolyphonies pour la Pentecôte\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:La Fête de la Sainte Trinité
DESCRIPTION: \n\n\n\nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n\n\n\nLe temps après la Pentecôte représente dans l’Année liturgique la période qui va de la descente du Saint Esprit sur les Apôtres à la fin des temps.Il n’y a pas\, dans ces quatre-vingt Dimanches qui se suivent de plan d’ensemble. Il est même impossible\, à cause des changements qui ont été effectués à plusieurs reprises dans le Missel\, de savoir quelle était l’ordonnance primitive de chaque messe. Il serait donc vain de chercher à dégager l’idée qui a présidé à la composition.Doit-on pour autant se refuser à chercher dans le Missel\, tel qu’il se présente à nous\, un lien ente les prières\, les lectures et les chants ? Nous ne le croyons pas. Du point de vue historique un tel lien est sans valeur\, c’est entendu\, mais il existe en réalité\, il ne saurait être fictif. Or il existe et on le découvre sans qu’il soit nécessaire de solliciter les textes à l’excès. Nous nous sommes donc appliqué à le dégager\, persuadé que l’unité ainsi réalisée aidera à entrer efficacement dans le jeu liturgique et à le vivre. (Nous ne l’avons pas fait pour les fêtes qui\, elles\, ont leur objet propre).Il va de soi que ce lieu\, n’affectant pas l’essentiel de l’expression des diverses pièces chantées\, chacun peut l’utiliser\, ou non. \n\n\n\nINTROÏT\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nBénie soit la Sainte Trinité et l’indivisible Unité.Nous lui rendrons gloire Car elle a exaucé envers nous sa miséricorde. \n\n\n\nPs. – Seigneur\, notre Seigneur\,Que votre nom est digne d’être loué sur toute la terre ! Tobie. XII. 16. – Ps. VIII. 2. \n\n\n\nC’est une adaptation des paroles de l’Archange Raphaël à Tobie et à son fils\, au moment où il les quitte. Ceux-ci\, pour le remercier de tout ce qu’il avait fait pour eux lui proposaient la moitié de l’argent recouvré grâce à lui « Alors il leur dit en secret : Bénissez le Dieu du ciel et louez-le devant tous les vivants parce qu’il a exercé envers vous sa miséricorde ». \n\n\n\nL’Archange leur demandait de bénir et de louer le Dieu du ciel ; l’Eglise\, elle\, qui a reçu du Christ la révélation explicite du mystère de la vie intime de Dieu\, bénit et loue la Trinité Sainte\, et l’Invisible Unité des Divines Personnes. \n\n\n\nLe choix de ces paroles d’action de grâces comme Introït est vraiment très heureux. Devant ce mystère des mystères qui nous est plus que tous les autres fermé\, qui nous écrase par son infinie grandeur\, la seule idée qui nous vienne en effet\, après le silence\, c’est la reconnaissance envers les Divines Personnes qui\, de toute éternité\, se sont penchés avec amour sur notre néant\, qui ont fait note salut et qui nous conduisent\, à travers les vicissitudes de nos existences\, vers la Béatitude de leur vie intime dans laquelle elles nous veulent à jamais. Benedícta sit sáncta Trínitas… \n\n\n\nLe Psaume est une exclamation par laquelle l’âme exprime son admiration\, pour toutes les merveilles qu’elle découvre dans l’action des Divines Personnes. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle est calquée sur l’Introït Invocávit me du Ier Dimanche de Carême . Dans l’ensemble l’expression est satisfaisante. \n\n\n\nLes mots de bénédiction s’accommodent assez bien de la première incise. Le motif de Benedícta sit est recueilli\, adorant même. \n\n\n\nUn bel élan de ferveur lui succède sur Sáncta et s’épanouit sur la triple note de indívisa. Malheureusement la cadence de Trínitas sur do par le si\, qui fait la sensible de la gamme majeure\, est bien mauvaise. Dans l’Introït Invocábit cette montée se reliait tout de suite à éum que le porrectus ramenait au sol. \n\n\n\nEn dépit de l’accent tonique fort mal servi\, le motif de confitébimur répond bien à l’ardeur de louange que demande le mot\, et l’idée de miséricorde a son expression délicate tout le long des deux dernières incises. Mais on est bien obligé de constater un peu partout que le rythme des mots et le rythme de la mélodie ne sont pas accordés. \n\n\n\nOn chantera sans forcer la voix\, mais dans un bon mouvement. \n\n\n\nLa première phrase sera plutôt recueillie. Faites bien la répercussion sur la clivis qui suit la distropha de Trínitas. La double note de Indívisa devra être bien appuyée et élargie; elle devrait porter selon les manuscrits deux épisèmes horizontaux. \n\n\n\nDonnez de l’élan à confitébimur\, faites bien l’accent et veillez à arrondir le sommet. Lancez bien l’accent de fécit dans l’incise qui suit. \n\n\n\nLe Psaume sera bien rythmé. \n\n\n\nGRADUEL\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nBéni es-tu\, Seigneur\, toi qui sondes les abîmes.Et qui sièges au-dessus des Chérubins. \n\n\n\nVerset. – Béni es-tu\, Seigneur\,Dans le firmament du cielEt digne de louange dans les siècles. Daniel III. 55\, 56. \n\n\n\nC’est encore une formule de bénédiction. Elle est empruntée cette fois au Cantique des trois enfants dans la fournaise. \n\n\n\nL’Eglise\, interprète en droit de tout le monde créé parce qu’elle est le Christ continué\, s’en sert pour remercier Dieu du regard d’amour qu’il pose sans cesse et sur les esprits et sur les plus éminents des cieux et sur les êtres les plus infimes\, au fond des gouffres\, et lui dire sa reconnaissance pour les merveilles dont il a rempli les mondes. \n\n\n\nLes jeunes Hébreux qui le louaient dans les flammes ne voyaient rien de plus que ce que nous voyons dans le bleu du firmament\, dans les nuages qui voilent ou dans les feux dont il scintille la nuit\, mais nous savons\, nous\, ce qu’il y a d’invisible par delà les étoiles\, et\, pour les milliards et les milliards de soleils que le Seigneur a créés et qui se meuvent dans l’ordre qu’il a fixé\, nous pouvons le bénir et le déclarer digne de louange dans les siècles\, lui qui\, après nous avoir émerveillés durant notre vie de la splendeur du monde\, nourrira de la beauté infinie de ses Trois Personnes la louange de note éternité. Car on vient de le chanter à l’Epître « c’est de lui et par lui et en lui que sont toutes choses. A lui la Gloire dans les siècles. Amen. » \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\n(V) Benedíctus es Dómine qui intuéris abýssos et sédes súper Chérubim \n\n\n\nL’original est le Graduel Constítues éos de la Fête des Saints Apôtres Pierre et Paul. Le calque\, comme dans l’Introït\, a été fait sans souci d’adapter les phrases de la mélodie aux phrases du texte. C’est ainsi que la première phrase du Graduel Constítues a été prolongée de tout le motif de mémores pour couvrir ici le texte jusqu’à abýssos. Malgré ce défaut qui\, il faut bien le dire\, paraît fort peu si l’on ne fait pas la comparaison\, l’expression est juste. Il se dégage du Graduel Constítues éos une gravité qui devient ici sur les paroles de bénédiction qui chantent l’infini regard de Dieu\, une vénération pieuse et tendre. Très marquée sur le motif de Dómine qui courbe l’âme en adoration\, elle prend de plus en plus\, sur intuéris abýssos\, un caractère d’admiration\, mêlé de grandeur\, qui ne la quitte plus et qui est vraiment ce qui convient sur de telles paroles. Le Verset. – Benedíctus es Dómine in firmaménto coéli et laudábilis in saécula. \n\n\n\nL’adaptation ici est très bonne et l’expression parfaite. Une louange pleine de ferveur\, tendre et réservée d’abord\, qui s’exalte peu à peu sur Benedíctus et qui devient ardente sur les deux pressus de Dómine. Après une nuance délicate de vénération sur la finale du mot\, elle rebondit sur in en un cri d’admiration exultante qui peu à peu se détend sur les beaux rythmes thétiques de firmaménto\, comme si l’âme\, après cette exclamation émerveillée\, prolongeait en elle la contemplation de ce qu’elle ne peut ni dire\, ni chanter. \n\n\n\nLa double note de Benedíctus est une bivirga épisématique\, elle fait toute l’intonation grave. En fait\, le Graduel tout entier doit être chanté avec ampleur. \n\n\n\nElargissez toute la thésis de Dómine. Allongez aussi qui et veillez à ce que intuéris soit très lié. Un crescendo discret et un léger retard du dernier climacus portera la voix avec grâce du sol au ré. Toute cette cadence doit être très liée. \n\n\n\nLe verset sera un peu plus rapide et très léger. La double note de Benedíctus est ici encore une bivirga épisématique\, la faire expressive. Pressez légèrement le mouvement sur les broderies : ré-do\, ré-do\, ré-do\, ré-mi-do et commencez-y un crescendo qui s’épanouira sur les doubles notes de Dómine lesquelles seront retenues. Il faut faire la montée sur in ardénte et se complaire ensuite sur caéli dont les deux groupes de quatre notes la si la sol\, la si sol fa\, seront élargis\, mais\, pas les autres\, à part un léger ralenti à la cadence. \n\n\n\nALLELÚIA\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nBéni es-tu\, Seigneur\, Dieu de nos pères.Et digne de louange dans les siècles. Daniel III. 52. \n\n\n\nAutre strophe du cantique dans la fournaise. Les jeunes gens y exaltent le Dieu de toute la lignée d’Adam\, de Noé\, d’Abraham pour avoir rempli l’âme de leurs pères de l’espoir et de la joie du Messie. Avec eux\, l’Eglise chante maintenant les Trois Personnes et leur action bienfaisante jour après jour en chacun de ses membres. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle est originale\, ce n’est pas un calque. Cet Allelúia\, texte et mélodie\, est en effet celui qui a été chanté la veille\, samedi des Quatre-temps\, après la cinquième Leçon. (Nous l’avons trouvée sur d’autres paroles à la Vigile de Noël ) \n\n\n\nMélodie joyeuse\, d’une joie plutôt extérieure\, sans être exubérante\, avec de beaux élans de ferveur sur Benedíctus\, sur Dómine Déus et une nuance délicate de tendresse reconnaissante sur la cadence en si de pátrum nostrórum. \n\n\n\nLa seconde phrase reprend le motif de Benedíctus es. Sur la tristropha de in saécula\, comme sur celle de Benedíctus\, au début\, l’âme a le loisir de rassembler ses désirs d’éternelle louange avant de les faire s’épanouir sur les neumes légers du jubilus. \n\n\n\nLe mouvement doit être dégagé. Dans la première incise du jubilus bien faire la répercussion sur la distropha et accélérez légèrement les deux clivis qui suivent. \n\n\n\nChantez doucement la tristropha du début\, retenez quelque peu le climacus de déus et\, après avoir bien rythmé les deux clivis de nostrórum\, renforcez la voix sur l’arsis qui termine la phrase. Même expression de douceur et de légèreté sur la tristropha de in saécula. \n\n\n\nOFFERTOIRE\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nBéni soit Dieu le Père\,Et l’unique Fils de Dieu\,Et aussi le Saint EspritParce qu’il a fait envers nous  sa miséricorde. Tobie. XII. 6. \n\n\n\nC’est une merveilleuse adaptation des paroles de l’Ange aux deux Tobie. \n\n\n\nL’auteur de l’office\, au lieu de Sáncta Trínitas comme dans l’Introït\, a énuméré ici les trois Personnes. Il a rattaché ainsi d’une façon très heureuse l’Offertoire à l’Evangile. Le diacre en effet vient de chanter la parole de Notre Seigneur à ses disciples : « Allez\, enseignez toutes les nations\, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit… » L’Eglise y répond par un chant qui bénit chacune des Personnes pour avoir répandu sur nous leur miséricorde à travers tous les sacrements et tous les enseignements qui nous ont été dispensés en leur nom. Chantée au moment où se prépare le sacrifice de miséricorde\, l’idée prend quelque chose de plus émouvant encore. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nC’est sur l’Offertoire Constítues éos de la Fête des Saints Apôtres Pierre et Paul que le  calque a été fait. On pourra se rendre compte\, en comparant les deux\, que l’auteur de l’adaptation\, ici plus que dans toutes les autres pièces\, n’a tenu aucun compte des phrases musicales. \n\n\n\nIl n’y a rien qui choque dans Benedíctus Déus Páter. On y trouve au contraire une certaine onction bien à sa place et un mouvement très lié et sans emphase qui convient bien à des paroles de bénédiction. Mais la cadence sur la n’est pas assez conclusive pour l’idée qui\, en fait\, finit bien là ; de sorte que\, musicalement\, nous restons quelque peu dans le vide. \n\n\n\nLe motif de unigenitúsque\, lui aussi satisfait jusqu’à la cadence en fa\, mais là\, à l’encontre de la première phrase\, la mélodie conclut en pleine phrase littéraire ; le mouvement de la pensée est ainsi coupé. La tristropha de Déi n’aide pas à le mettre en marche à nouveau\, et\, quand il a repris sur le très beau motif de Fílius\, et qu’il s’arrête\, la mélodie\, elle\, n’a qu’une demi-cadence à peine accusée. \n\n\n\nSánctus quóque Spíritus est\, de même\, établi entre un départ fictif et une cadence qui ne finit pas l’idée. \n\n\n\nSeule\, la dernière phrase est bien équilibrée et donne vraiment à l’idée de miséricorde une très belle expression. \n\n\n\nIl faut s’efforcer de pallier à ces défauts d’adaptation. \n\n\n\nLe mieux\, semble-t-il\, serait de faire une seule phrase du début jusqu’à quía fécit en reliant Páter à unigenitúsque et Fílius à Sánctus quóque\, et surtout en joignant étroitement\, dans la seconde incise\, faute de mieux\, sera sauvegardée. \n\n\n\nOn retiendra toue la montée de l’intonation et le mouvement sera assez large\, lié et souple. La descente qui précède le quilisma de quóque sera retenue et on fera une bonne cadence sur Spíritus. \n\n\n\nLa première note des podatus de quía sera légèrement allongée de même que tout le dernier mot. \n\n\n\nCOMMUNION\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nBénissons le Dieu du ciel.Et devant tous les vivants\, louons-le\, Parce qu’il a exercé envers nous sa miséricorde. Tobie. XII. 6. \n\n\n\nCette fois ce sont les paroles mêmes de l’Ange ; l’auteur de l’office a seulement mis les verbes à la première personne du pluriel. \n\n\n\nL’Eglise invite les fidèles à bénir le Seigneur\, et à le bénir à l’instant même : Bénissons. C’est bien ainsi\, car c’est le moment où le Christ accomplit son acte essentiel de miséricorde\, en  nous incorporant à lui dans l’Eucharistie\, nous unissant ainsi à travers lui aux Divines Personnes. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nLe calque cette fois est bon. Il a été fait sur la Communion Féci judícium de la Messe Me expectavérunt\, seconde du Commun d’une Vierge Martyre. Les phrases sont les mêmes que dans l’original et l’ensemble rend vraiment bien le texte. Le IVe mode l’enveloppe de ses rythmes paisibles et d’une atmosphère de recueillement et de contemplation qui convient tout à fait à un chant d’action de grâces eucharistiques. \n\n\n\nNotez la cadence de Benedícimus sur mi\, si délicate\, le motif de Déum caéli\, commun\, c’est vrai\, mais qui finit si bien cette première phrase\, enfin la progression sur córam ómnibus par l’attaque directe sur la dominante et la remontée sur éi à la fin de la seconde phrase. \n\n\n\nLa troisième phrase – sans doute originale – avec le  bel élan de vobíscum et le long développement de misericórdiam conclut noblement et dans une teinte vraiment mystique ce chant tout intérieur. \n\n\n\nOn pourra allonger la première note du podatus de di dans l’intonation. Tout le reste de la première phrase sera chanté très simplement sans effort\, d’un seul mouvement très lié. \n\n\n\nDans la seconde phrase\, la première note de tous les podatus de ómnibus vivéntibus gagnera à être bien posée. Liez bien les neumes de confitébimur. \n\n\n\nFaites très expressif de votre reconnaissance le motif de quía répété sur fécit et liez-y de près\, en l’élargissant quelque peu\, nobíscum. \n\n\n\n\nJam Sol\n\n\n\nPlusieurs chants pour la Trinité dans le Mgnificat Dominum\n\n\n\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nINTROÏT\nC’est celui du lundi de Pentecôte.\nIl n’y  rien à ajouter au commentaire qui en a été écrit car ce jour-là comme aujourd’hui c’est l’Eucharistie qu’il chante. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nLes yeux de tous les êtres en toi espèrent\, Seigneur\, Et tu leur donnes la nourriture en temps opportun. \nVerset. – Tu ouvres\, toi\, ta main et tu remplis tout animal de bénédiction. Ps.CXLIV.15\,16. \nLe Psalmiste\, dans ces deux versets\, loue le Seigneur du soin qu’il prend de nourrir tous les êtres qu’il a créés. Sous des images splendides\, le psaume en lui-même ne dit rien de plus. C’est dans ce sens purement littéral que l’Eglise s’en sert pour la bénédiction des peuples\, des champs\, des moissons\, du bétail\, en temps de famine.\nDans le Graduel du XXe Dimanche après la Pentecôte\, ces mêmes versets n’ont pas d’autre sens : ils paraphrasent le conseil de Saint Paul qui achève l’épître : « Soyez remplis du Saint-Esprit…chantant\, psalmodiant dans vos cœurs au Seigneur et lui rendant grâce pour toutes choses. »\nMais\, de très bonne heure\, on eut l’idée d’appliquer ce passage à l’Eucharistie. Saint Jean Chrysostome le recommandait déjà en ce sens : « parce qu’il contient des paroles que les initiés entendent du banquet Eucharistique. » Saint Thomas\, lorsqu’il composa l’office du Saint-Sacrement\, eut l’idée très heureuse de prendre dans ce sens Eucharistique le Graduel du XXe Dimanche après la Pentecôte\, et sans rien y changer.\nAprès\, l’épître\, qui nous rapporte le récit de l’institution du sacrement\, il est\, sous l’image émouvante des yeux levés vers le Seigneur\, un très bel hommage au Père qui\, par son Fils\, a voulu nous nourrir du pain qui entretient en nous la vie divine et nous est un gage de la plénitude de notre être dans la béatitude pour l’éternité. \nLA MÉLODIE\nIl y a dans la première incise comme une religieuse gravité. L’Église se complait dans l’image des yeux pleins d’espoir fixés sur Dieu et se laisse prendre par un sentiment d’admiration émue. Cette image ne tarde pas d’ailleurs à l’exalter\, dès le début de la seconde incise\, le mouvement s’anime; une ardeur y passe qui enveloppe les mots et les emporte vers la clivis allongée de Domíne où l’exaltation s’épanouit\, large et sonore\, en un splendide accent de louange reconnaissante.\nLa deuxième phrase commence dans le même élan enthousiaste sur le pronom tu\, très en relief\, mais\, tout de suite\, sur la clivis allongée de illis et plus encore sur la période thétique de escam toute retenue\, passe quelque chose de plus recueilli\, de plus intérieur. Ce sont les mots qui disent la bonté de Dieu pour ses créatures\, et nous en sommes; l’âme envahie par le souvenir de tout ce qu’elle a reçu\, s’y complait dans un sentiment de tendre reconnaissance; Le mouvement s’allège ensuite sur temporé puis s’élargit à nouveau sur opportúno pour chanter la sagesse de Dieu qui sait ce qu’il faut faire pour chacun et à quel moment le faire.\nLe verset  – Le motif de Aperis est ravissant de grâce aimable dans le balancement de ses rythmes souples et légers. L’Église\, fixée sur l’image des mains divines ouvertes sur elle\, chante dans la paix sa gratitude et sa confiance abandonnée. Elle s’exalte peu à peu en reprenant sur manum le motif de Dómine\, dans la première partie\, et le développant sur tuam\nen une très belle cadence qui prolonge sa joie.\nLa seconde phrase\, plus ample\, se déploie\, sur les mots de plénitude\, dans une atmosphère de bonheur grave\, recueilli\, profond. Ce n’est que sur le dernier mot que le mouvement redevient léger\, sans perdre d’ailleurs la gravité qui va si bien au mot de la bénédiction.\nIl faut\, il va de soi\, commencer doucement afin de ménager le crescendo qui va vers Dómine. Les deux doubles notes de Oculi pourront être allongées. Balancez-en bien le rythme\, comme aussi celui des deux podatus de in te dont la première note sera bien posée et élargissez toute la vocalise de Dómine.\nLa première note de tu sera allongée\, de même la montée sur escam et les dernières notes de la descente avant la demi-barre. Ménagez bien le crescendo sur opportúno en le prenant dès les premiers podatus qui seront bien scandés.\nAperi\, premier mot du verset\, sera léger\, ce qui ne veut pas dire rapide; au contraire\,  on retiendra quelque peu les punctum marqués d’un épisème vertical; par contre\, on accélèrera légèrement les huit dernières notes en les reliant\, par un crescendo discret\, à manum qui s’amplifiera comme Dómine dans la première partie. Retenez les trois notes de tuam qui précèdent le quilisma.\nEt sera bien élargi\, au début de la troisième phrase\, et la première note de  ples dans imples\, posée comme si elle avait un épisème horizontal. Sur benedictióne\, même interprétation que sur opportúno. \nALLELUIA\nLE TEXTE\nMa chair vraiment est une nourriture.\nEt mon sang vraiment est un breuvage.\nQui mange ma chair et boit mon sang\,\nEn moi demeure et moi en lui. Jean VI. 56\,57. \nCes paroles sont comme la réplique de Notre Seigneur à ce que l’Église vient de chanter à Dieu dans le Graduel. Elle l’a loué pour la nourriture qu’il dispense aux créatures et tout particulièrement pour le Pain Vivant dont il alimente ses membres. Il répond : « la vraie nourriture c’est bien ma chair\, le vrai breuvage c’est bien mon sang car qui les prend demeure en moi qui suis la vie\, et moi en lui.» \nLA MÉLODIE\nElle est calquée sur l’Alleluia Laetabítur Justus qui n’est plus en usage. Il servait autrefois pour un Martyr Pontife\, on le trouve notamment dans les manuscrits\, à la fête de Saint Hippolyte\, le 13 Août. Le texte en est celui-ci : « Il se réjouira\, le juste\, dans le Seigneur et espèrera en lui\, et ils chanteront des louanges\, tous les cœurs droits. » L’idée ici\, on le voit\, est très différente: l’application ne saurait donc être parfaite.\nLa première phrase est très satisfaisante. Il y a sur caro un accent de ferveur qui dit bien l’amour intense de Notre Seigneur pour nous. Cette ardeur se développe ensuite sur les notes élevées de sanguis et de potus de la façon la plus heureuse. Qui mandúcat\, au début de la seconde phrase\, se déploie dans la même atmosphère ardente et est encore excellent\, mais la cadence de carnem est trop conclusive et la liaison entre meum et sánguinem pas assez serrée. Quand à la dernière incise et ego in eo\, le caractère de joie extérieure en est bien fortement marquée pour des paroles aussi graves.\nIl faut évidemment chanter dans un mouvement assez lent et sans forcer la voix pour garder à ces paroles divines\, si pleines de tendresse\, la suavité qui leur convient.\nLa première incise sera très calme et très liée. Sur et sanguis\, commencera un crescendo discret qui s’épanouira sur potus et sur mandúcat\, mais sans éclat\, animant seulement cette très belle ligne musicale qui plane\, comme immatérielle\, sur les hauteurs.\nFaites la liaison serrée entre carnem et bibit\, ralentissez manet et\, plus encore\, et ego in eo et vous en atténuerez le caractère de joie trop marqué qui serait ici un contresens musical. \nSEQUENCE\nLE TEXTE\nLoue\, Sion\, le Sauveur\nLoue le Chef et le Pasteur\nPar des hymnes et des cantiques.\nAutant que tu peux\, ose\,\nCar il est plus grand que toute louange\nEt\, à te louer\, tu ne suffis pas.\nDe la louange le thème spécial\,\nC’est le pain vivant et vivifiant\nQu’aujourd’hui on te propose.\nLe pain qui sur la Table de la Sainte Cène\,\nAu groupe des douze frères\,\nFut donné\, il n’y a pas à en douter.\nQue la louange soit pleine\, qu’elle soit sonore\,\nQu’elle soit joyeuse ; qu’elle soit belle\,\nLa jubilation de l’âme.\nNous fêtons en effet le jour solennel\nQui rappelle de ce banquet\nLa première institution.\nA cette table du nouveau Roi\,\nLa nouvelle Pâques de la nouvelle loi\nFinit l’ancienne Pâque.\nLe nouveau chasse l’antique\,\nLa vérité chasse l’ombre\,\nLa lumière dissipe la nuit.\nCe que le Christ a fait à la Cène\,\nIl a ordonné de le faire\nEn mémoire de Lui.\nInstruits par ces ordres sacrés\,\nNous consacrons le pain et le vin\nEn hostie de salut.\nC’est un dogme proposé aux Chrétiens\,\nQue le pain devient la Chair\nEt le vin le Sang du Christ.\nCe que tu ne saisis pas\, ce que tu ne vois pas\,\nLa foi vive l’atteste\nMalgré le cours ordinaire des choses.\nSous des espèces diverses\,\nSignes et non substances\,\nSe cachent les sublimes réalités.\nLa Chair est nourriture\, le Sang breuvage\,\nMais le Christ demeure entier\nSous chaque espèce.\nPar celui qui le prend\, non divisé\,\nNon brisé\, non rompu\,\nMai\, tout entier\, il est reçu.\nUn le reçoit\, mille le reçoivent ;\nCeux-là l’ont autant que celui-là\,\nEt\, absorbé\, il n’est pas consommé.\nLes bons le reçoivent\, les méchants le reçoivent ;\nMais leur sort diffère :\nC’est la vie et la mort.\nIl est\, mort pour les mauvais\, vie pour les bons.\nVois comme la même manducation\nA des effets différents.\nParce que le sacrement est divisé\, ne le trouble pas\,\nMais souviens-toi qu’il est autant\nDans une parcelle que dans le tout.\nIl n’y a pas e division de la réalité\,\nIl n’y a fraction que du signe ;\nNi l’état\, ni la grandeur de la réalité ne sont diminués.\nVoici le pain des Anges\nDevenu la nourriture de l’homme pèlerin ;\nVrai pain des enfants\nQu’il ne faut pas donner aux chiens. \nLe texte de cette Séquence est l’œuvre de Saint Thomas d’Aquin\, chacun le sait. La mélodie est celle d’une séquence d’Adam de Saint-Victor qui se chantait sans doute à la fête de l’Invention de la Sainte Croix\, le 3 Mai\, à la suite de l’Alleluia Dulce lignum dont elle emprunte le thème pour ses premières notes.\nNi dans le Laudes Crucis\, ni dans le Lauda Sion il ne faut chercher pour chaque verset une expression propre dans la mélodie. Celle-ci d’ailleurs se prête d’elle-même assez facilement aux mots et aux idées.\nOn la chantera dans un bon mouvement\, pas trop vite et en la rythmant bien. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nLes prêtres du Seigneur\nLe pain et l’encens offrent à Dieu.\nC’est pourquoi Saints ils seront devant leur Dieu.\nEt ils ne souilleront pas son nom.\nAllelúia. \nCette prescription du Seigneur à Moyse\, au sujet des prêtres\, est d’un heureux choix comme Offertoire car elle se réalise au moment où on la chante; le prêtre offre en effet alors le pain et l’encens. Mais\, par delà l’acte liturgique de l’offrande\, c’est le sacerdoce\, et le sacrifice\, son acte essentiel\, que l’Eglise chante comme une sorte d’action de grâces au Seigneur pour le  sacrement qui perpétue son propre sacerdoce et son propre sacrifice. \nLA MÉLODIE\nElle est calquée sur celle de l’Offertoire Confirma hoc du Dimanche de la Pentecôte. Le calque est très réussi. Le caractère recueilli\, intime\, contemplatif de l’original va bien à ces paroles graves qui sont en fait comme une contemplation de l’Église reconnaissante devant l’acte qui se déroule à l’autel.\nLes mots importants sont bien en relief; Dómini\, dans la première phrase\, ófferunt surtout\, qui reçoit de la tristopha et de toute l’arsis qui s’y épanouit\, une bel élan de ferveur.\nDans la seconde phrase\, Deo suo a pris la place de Jérúsalem et reçoit\, des neumes gracieux\, la même tendresse délicate.\nLa dernière phrase a été malheureusement amputée de quelques neumes\, mais\, malgré cette fin d’incise un peu brusquement amenée\, en fa\, sur ejus\, elle garde\, grâce à l’Allelúia\, la même expression de contemplation paisible.\nDans l’ensemble\, les conseils d’exécution donnés pour le Confirma hoc valent ici. Les nuances devront toutefois varier avec les mots. Le punctum de mi\, dans Dómini\, par exemple\, n’aura pas l’élan soulevé qu’avait le De de Déus; tandis que le podatus de Deo\, dans la seconde phrase\, l’aura au contraire. Donnez un peu d’ampleur à non au début de la troisième phrase et ralentissez bien les cinq notes de nomen pour pallier à l’arrivée un peu brusque de la cadence en fa sur ejus. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nToutes les fois que vous mangerez ce pain et boirez ce calice La mort du Seigneur vous annoncerez jusqu’à ce qu’il vienne. C’est pourquoi quiconque mangera le pain ou boira le calice du Seigneur indignement\, ccoupable sera du Corps et du Sang du Seigneur. Allelúia. I. Cor. XI. 26\,27. \nLe sens de ces paroles de Saint Paul est clair. Celui qui communie prend part au Sacrifice Eucharistique; il reçoit du Père la victime qu’il lui a offerte au préalable. Il contribue donc à prolonger jusqu’à la fin des temps la Passion et la mort du Christ et\, s’il le fait indignement\, il a la même culpabilité que ceux qui mirent Notre Seigneur à mort en pleine conscience du crime qu’ils accomplissaient; il est déicide.\nCet exposé dogmatique et moral sérait quelque peu déplacé au moment de la Communion si on ne le voyait que comme un avertissement. Il faut l’entendre comme une médiation de l’Église qui se redit les graves paroles de Saint Paul pour entrer plus pleinement dans l’esprit du Sacrement. \nLA MÉLODIE\nC’est une mauvaise adaptation de la Communion de la Pentecôte. Dans ce chef-d’œuvre incomparable qu’est le Factus est repénte\, la mélodie fait corps avec les paroles à un tel point qu’elle ne saurait s’appliquer à aucun autre texte. Elle décrit le drame et c’est de cette description qu’est fait son rythme et son expression. Ici\, sur le texte de Saint Paul\, elle sonne faux.\nLa descente brusque de repénte\, qui peignait si bien l’émotion des Apôtres\, donne à quotiescúm que une sorte d’essoufflement qui  se communique en fait à toute la pièce car la mélodie est toute en mouvement et\, sur ces paroles si calmes et si graves\, elle donne l’impression de quelqu’un qui les prononcerait soit avec un enthousiasme qui n’a aucune raison d’être\, soit avec une précipitation qui non plus n’est pas de mise.\nUn seul mot est expressif\, et encore\, par hasard : donec véniat. On y trouve enfin le lyrisme qui nous fait entrevoir\, à partir de ce mot mystérieux\, la vision du Christ Glorieux qui nous rassasiera à jamais quand elle nous sera offerte sans sacrement.\nPour faire cette mélodie acceptable\, il n’est pas d’autre moyen que de lui donner de l’ampleur. Elle prendra ainsi quelque gravité. Retenez tout le motif de donec véniat de même indigne\, et Dómini à la fin. \n\nCantiques pour L’Eucharistie\nPolyphonies pour l’Eucharistie\n\n  \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Dimanche dans l'Octave de la Fête Dieu
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLECONS DES MATINES : Naissance et vocation de Samuel I. Rois I. \nEPÎTRE : l’amour de Dieu pour nous jusqu’à la mort\, modèle de note charité envers le prochain (I Jean. III. 13. 18.) \nEVANGILE : Parabole de ceux qui refusent l’invitation au banquet et de ceux qui sont invités à les remplacer. (Luc XIV. 16\, 24.) \nIDÉE CENTRALE : Il semble que tout peut se grouper\, sans qu’on ait à solliciter les textes\, autour de l’idée de la miséricordieuse bonté du Seigneur sans cesse penchée sur nous et toujours prête\, pour peu qu’on la sollicite\, ou même sans qu’on y pense\, pourvu qu’on ne s’y oppose pas\, à aider notre marche vers la Béatitude de l’éternité. \nEvoquée déjà à Matines\, dans l’épisode d’Anne la stérile à qui le Seigneur donne Samuel\, elle se précise dans la collecte : « Tu ne cesses pas\, Seigneur\, de diriger ceux que\, dans ta sollicitude\, tu as établis dans ton amour ». Dans l’Epître\, elle nous est présentée comme le modèle de notre charité fraternelle. « Nous avons connu l’amour de Dieu à ce qu’il a donné sa vie pour nous ; nous aussi nous devons donner notre vie pour nos frères ». A l’Evangile\,  elle est en plein relief sous la figure de l’homme riche qui appelle au banquet\, pour remplacer ceux qui n’ont pas accepté de venir\, « les pauvres\, les estropiées\, les aveugles\, les boiteux… ». En ce dimanche dans l’Octave de la fête du Saint-Sacrement\, nous demeurons ainsi dans l’atmosphère baignée de miséricorde de l’Eucharistie. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nIl s’est fait\, le Seigneur\, mon protecteur. Il m’a tiré dehors\, au large. Il m’a sauvé parce qu’il m’a voulu. \nPs. – Je t’aimerai\, Seigneur\, ma force. Le Seigneur est mon abri\, mon refuge et mon libérateur. Ps. XVII. 19\, 20 – 2\,3. \nCes deux versets du psaume XVII font allusion à l’un des nombreux incidents de la vie de David où\, assailli par des ennemis puissants\, il fut finalement délivré\, « tiré au large » par le Seigneur.\nL’Eglise s’en sert ici pour chanter elle aussi sa reconnaissance. Si souvent\, au cours de son histoire\, le Seigneur l’a tirée des mains de ceux qui voulaient la détruire ou\, tout au moins\, entraver sa liberté ! Avec elle nous pouvons tous dire notre propre gratitude car\, en maintes circonstances\, dont la plupart nous échappent\, le Seigneur nous a « tirés au large »\, nous aussi\, nous dégageant des horizons limités de la vie matérielle et nous plaçant dans les perspectives infinies de sa propre vie\, tout à fait en dehors des atteintes de nos ennemis\, si nous le voulons. Enfin par son sacrifice\, et par l’Eucharistie qui nous en applique le mérite\, il nous a sauvés. Et cela parce qu’il nous voulait : Quoniam voluisti me. Ce sont les mots les plus marquants du texte. Il faut les prendre dans leur sens strict. Il ne nous a pas gardés\, protégés\, sauvés parce qu’il avait quelque intérêt à le faire ; il ne nous a pas aimés parce qu’il y avait en nous quelque chose d’aimable qui l’attirait ; il nous a choisis dans un acte de sa volonté éternelle parce qu’il nous a voulus : c’est tout. Toute sa miséricordieuse bonté tient dans ce choix gratuit\, pour lequel nous ne chanterons jamais assez notre reconnaissance. \nLA MÉLODIE\nL’intonation est toute pénétrée de joie. C’est celle du Gaudeámus\, du Jubiláte\, du Roráte. L’âme\, dès le premier mot\, exulte\, toute au bonheur d’être libérée du péché et des limites étroites du monde\, au large dans l’amour\, fixée sur les horizons infinis de la Béatitude vers laquelle elle va. Après une nuance de vénération\, qui l’incline en passant sur le mot Dóminus\, la mélodie monte\, en une progression ternaire légère et souple\, vers la dominante  d’où elle s’élance\, de plus en plus ardente\, sur les doubles notes de edúxit pour s’épanouir\, large et éclatante\, sur latitúdinem.\nLa seconde phrase est tout autre. Il s’agit du salut. L’âme n’exulte plus. C’est quelque chose de si profond\, de si mystérieux que cette prédestination éternelle ! Elle se replie sur son bonheur\, sa joie devient toute intérieure. La mélodie\, après avoir souligné ne d’un salicus atteint la tonique\, par une progression descendante\, en s’étendant autant qu’elle peut sur toutes les syllabes elle remonte égrenant la reconnaissance sur les neumes qui se serrent\, se multiplient\, s’étalent enfin en une cadence que l’âme retient autant qu’elle peut\, comme si elle ne pouvait se résoudre à cesser son chant.\nLe Psaume alors\, par son rythme plus vif\, sort l’âme de sa contemplation et la fait chanter son amour en un bel accent de tendresse heureuse.\nL’intonation sera légère et Dóminus de même. Mais\, dès le premier torculus de protéctor commencera le crescendo qui ira en progression discrète mais constante jusqu’à latitúdinem. Les doubles notes de edúxit et de latitúdinem sont des bivirgus épisématiques.\nRetenez quelque peu le mouvement de la seconde phrase et faites la cadence finale très expressive. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nVers le Seigneur\, quand j’étais dans la tribulation\, j’ai crié\, et il m’a exaucé. \nVerset. – Seigneur\, délivre mon âme des lèvres méchantes et de la langue rusée. Ps. CXIX. 1\, 2. \nLe Psaume CXIX est une prière pour être délivré des mauvaises langues. Le premier Verset. – dont est faite la première partie du Graduel – en est comme le prélude ; le Psalmiste se remémore\, à titre d’encouragement\, les cas où son recours à Dieu a été exaucé\, puis il expose sa requête dans le second qui compose le verset.\nCe Graduel est chanté une première fois le Vendredi qui suit le Ie Dimanche de Carême après qu’on a lu à l’Épître l’histoire de Joseph. Il est là tout à fait à sa place\, on le voit\, après le récit de ce complot fratricide. Ici\, il a aussi son sens après l’Épître qui contient les conseils de Saint Jean sur la Charité. L’Église demande d’abord de n’être pas calomniée\, d’être délivrée de ceux qui sans cesse la poursuivent de leurs paroles de haine\, et en particulier de celui qui\, par jalousie\, accuse ses membres devant Dieu jour et nuit : Satan (Apoc XII.10.). Mais sans doute demande-t-elle aussi que ses membres cessent de se déchirer entre eux et pratiquent la Charité du Christ en s’aimant les uns les autres comme il nous a aimés\, miséricordieux et silencieux sous l’injure jusqu’à la mort. \nLA MÉLODIE\nAd dóminum ⎜dum tribulárer ⎜clamávi et exaudívit ⎜me ⎜⎜. \nL’intonation a quelque chose de grave qui enveloppe de vénération le nom divin\, mais c’est une gravité toute pénétrée de bonheur ; les intervalles sont pleins et la cadence sur do bien majeure\, il y a même sur la double note de Do un accent de ferveur qui avive encore la joie. Tribulárer ne fait que conduire la mélodie à la dominante\, mais la montée à partir de fa sur les trois notes de l’accord parfait et la tristropha du sommet où la voix s’étale légère y font monter\, toujours plus vive\, l’allégresse\, qui va s’épanouir à loisir sur le très beau motif de clamávi. Avec des nuances\, il va de soi. Il y a entre autres sur les clivis allongées et sur la triple note qui suit comme une évocation des jours où de l’âme angoissée jaillissaient\, ardents et pleins de confiance\, les appels au Seigneur. \nLa mélodie redescend sur et exaudívit en un motif que le salicus et le pressus font particulièrement expressif. On y sent le bonheur de l’âme et\, plus encore\, la reconnaissance dont elle déborde au souvenir des interventions divines. C’est cette gratitude qui\, sur me\, s’exalte et monte vers le Seigneur ; admirable mouvement\, vibrant et retenu à la fois\, et qui s’achève balancé sur des rythmes d’une plénitude et d’une paix totales.\nLe Verset. – Dómine libera ánimam meam ⎜a lábiis ⎜iníquis et ⎜a lingua ⎜dolósa ⎜⎜.\nPar le climacus qui descend au la et les retours répétés sur le si\, la mélodie\, sur Dómine\, comme le texte d’ailleurs\, devient une supplication que la double note de ne et les épisèmes horizontaux font très pressante. Une sorte de cadence sur le la par le sol donne un instant l’impression que l’âme est apaisée ; mais\, non\, sur la double note – une bivirga épisématique – et sur les deux tristrophas c’est encore la plainte qui se prolonge. Il y a bien une petite remontée au ré mais l’élan retombe sur le si b et c’est dans la même atmosphère de prière suppliante\, que s’achève le mot. Cette atmosphère s’alourdit encore\, si l’on peut dire\, sur líbera ánimam – notez les deux salicus et la tristropha de méam. La cadence\, il est vrai est en fa et le motif de lábiis est celui des versets enthousiastes\, comme si l’âme voulait se dégager de ce qui lui pèse ; mais il ne s’épanouit pas au fa supérieur et\, sur iníquis\, le motif de clamávi\, qui évoquait tout à l’heure les heures d’angoisse\, revient. Même les deux retombées\, en fa pourtant\, de lingua dolósa reçoivent\, des notes longues et de la répercussion\, quelque chose de pesant. L’âme\, accablée sous les coups des langues mauvaises\, ne peut vraiment que se plaindre et supplier. \nIl faut bien se garder de faire pesante l’intonation ; la double note est bien une bivirg épisématique mais elle n’implique aucune lourdeur\, elle souligne seulement le mot. Dum tribulárer suivra alors dans un mouvement léger qu’on n’aura pas à forcer. Clamávi aussi sera léger ; la triple note est une trivirga épisématique\, la prolonger. Ralentissez à peine la cadence sur do.\nFaites très expressif le podatus de vit dans exaudívit et retenez tout le motif de me.\nLe verset sera plus lent. La double note sur do de ne dans Dómine est une bivirga épisématique\, de même celle qui précède la tristropha sur fa.\nFaites très expressives les clivis allongées de iníqui. La triple note est une trivirga\, comme dans clamávi. \nALLELUIA\nLE TEXTE\nSeigneur\, mon Dieu\, en toi j’ai espéré. Sauve-moi de tous mes persécuteurs et délivre-moi. Psm. VII. 2. \nC’est la même supplication que dans le verset du Graduel. Au lieu des mauvaises langues\, c’est des persécuteurs que l’Église demande à être délivrée\, mais il n’est pas de persécution sans calomnies\, médisances et mensonges et ceux qui manquent à la justice par la langue sont bien des persécuteurs. \nLA MÉLODIE\nNous l’avons déjà trouvée à la fête du Saint Nom de Jésus. Adaptée là à un texte de louange\, elle avait perdu son caractère de prière ; nous pouvons l’admirer ici et nous laisser pénétrer et animer par ses nuances délicates.\nLa supplication est très humble sur Dómine Déus\, mais sans contrainte\, confiante même et pénétrée de tendresse ; notez plutôt le posé délicat en mi de la dernière syllabe de Dómine\, le retard avant le quilisma\, les pressus de déus surtout. C’est cette confiance\, d’abord contenue\, qui s’épanouit sur in te sperávi comme en un cri par lequel l’âme\, avant de l’invoquer\, remet le Seigneur en présence de la fidélité qu’elle lui a gardée. Le ralenti des derniers neumes et la cadence sur la  gardent à ce rappel ardent son caractère de supplication.\nC’est une heureuse transition à la prière humble qui revient au début de la seconde phrase sur Sálvum me fac. Sur ómnibus persequéntibus le motif de sperávi s’élève à nouveau ; la montée\, ralentie par un torculus allongé et un porrectus\, s’adapte bien à l’ardeur de la supplication qui se poursuit dans le grave sur la même thésis que sálvum me fac. Alors pour la troisième fois le motif de in te sperávi monte avec ardeur sur libera me\, comme un cri de détresse qui se détend ensuite doucement sur les neumes du jubilus.\nIl y a dans ce verset un mélange de discrétion et d’audace qui est bien l’attitude de l’âme en peine devant le Seigneur infiniment bon et infiniment grand aussi.\nChantez dans un mouvement de prière très simple et très lié. Ralentissez les quelques notes qui précèdent le quilisma de Dómine\, mais par contre ne retenez que très peu meus qui doit rejoindre in te sperávi où s’achève l’idée. Marquez bien les trois podatus qui montent en arsis. Même liaison étroite entre fac et omni dans la seconde phrase.\nLa vocalise finale de me sera très liée et très thétique. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nSeigneur\, reviens et délivre mon âme\, Sauve-moi par ta miséricorde. Ps. VI. 5. \nCe verset que David chantait lorsque le Seigneur détournait de lui sa face est ici une émouvante paraphrase de la parabole des invités au banquet\, lue à l’Évangile. L’âme a conscience d’avoir souvent refusé les invitations à ce banquet du Seigneur\, qu’il ne faut pas seulement entendre ici de la communion Eucharistique mais de tout entretien d’amour avec les divines Personnes résidant en nous. Les derniers mots lui donnent sans doute à réfléchir : «  aucun de ceux qui avaient été invités ne goûtera de ma table ». Ce n’est pas qu’elle ait peur de perdre à jamais le Seigneur aimé\, elle n’est pas de ceux qui ont refusé définitivement\, elle ne l’a fait que par faiblesse ; mais elle sent en elle des liens qui la lient à mille choses et elle a tant de peine à les briser… Elle appelle à son aide la miséricorde du Seigneur qui comprend si bien ? Reviens\, et délivre-moi… \nLA MÉLODIE\nIl n’en saurait être de plus simple ; un tenue sur le fa avec quelques broderies à la tierce\, c’est tout. Pas d’angoisse\, pas de pression non plus ; l’âme sait bien au fond que la parole terrible n’est pas pour elle. Aussi est-ce sur un ton d’intimité\, nuancée de joie\, qu’elle parle au Seigneur.\nDans la première phrase le mot éripe est délicatement mis en relief par les deux torculus – le second allongé – avant la cadence\, si expressive d’une paix heureuse. Dans la seconde\, c’est propter misericórdiam tuam sur une formule pleine de sérénité.\nChantez dans une grande simplicité. Il faut seulement accentuer délicatement\, bien rythmer\, et élargir la dernière incise en faisant une légère pression sur le pressus de propter. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nJe chanterai au Seigneur qui de biens m’a comblé. Et je chanterai des Psaumes au nom du Seigneur le Très-Haut. Ps. XII. 6. \nL’âme qui dans l’Offertoire demandait au Seigneur de revenir\, a été exaucée. Le Seigneur est revenu\, et il l’a invitée au banquet à nouveau. Il l’a même invitée en épouse. En ce moment\, elle ne fait qu’un avec lui et comme elle sent en elle sa force libératrice qui agit\, tout naturellement la joie reconnaissante monte à ses lèvres et elle chante. \nLA MÉLODIE\nElle ne fait que moduler du commencement à la fin. Modulations hardies qui surviennent brusquement mais qui expriment ainsi\, de la façon la plus heureuse\, la progression de la joie dans l’âme.\nElle est d’abord très retenue\, tout intérieure et comme contemplative sur cantábo Dómino ; l’âme jouit de son Dieu et semble ne chanter que pour elle et pour lui sa musique profonde. Brusquement\, après la cadence en demi-ton\, un intervalle majeur du VIIIe mode monte sur qui bona ; l’idée de tout ce qu’elle a reçu\, et de ce qu’elle vient de recevoir\, à l’instant même\, dans l’Eucharistie\, excite à ce point la reconnaissance de l’âme qu’elle ne retient plus son chant ; il monte\, s’affirme – notez les notes doubles – s’éclaire d’une joie qui a comme besoin de s’épancher ; la cadence est encore en la mais les si b ont disparu et\, d’autre part\, toute impression de mineur en est écartée.\nSur cette idée de reconnaissance\, l’enthousiasme jaillit. On le sent déjà dans les premières notes légères de la deuxième phrase. Sur nómini\, il éclate\, vibrant\, et la mélodie monte aussi haut que peut monter la voix. Elle redescend sur les rythmes souples et légers de Dómini qui se courbent pleins de vénération et\, toujours sans souci des modes\, continuent à se courber gracieux et tendres et à se revêtir à nouveau de l’intimité contemplative sur la cadence en la de la fin\, claire et aimable comme un sourire heureux.\nIl n’y a qu’à suivre l‘expression pour être dans le juste mouvement.\nCommencez assez doucement. La première note de Dómino et la quatrième\, qui est la première du climacus\, pourront être légèrement allongées. Etalez un peu la cadence de míhi.\nLa montée sur nómini sera très en élan : la première phrase de ni allongée et le torculus très arrondi ; se complaire sur Altíssimi.\n  \n\nCantiques pour la Pentecôte\nPolyphonies pour la Pentecôte\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:La Fête du Sacré-Coeur
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nINTROÏT\nLE TEXTE\nLes pensées de son cœur de génération en génération (sont) qu’il enlève la mort de leurs âmes et qu’il les nourrisse dans leur faim. \nPs. – Exultez\, justes\, dans le Seigneur. Aux cœurs droits\, convient la louange. Ps. XXXII. 11\,19\,1. \nLa fête du Sacré-Cœur est la fête de l’amour du Christ pour les hommes. Cet amour est de toute éternité\, in generatióne et generatiónem\, car le Christ éternellement prédestiné n’a jamais cessé d’avoir\, à tout instant\, sa tendresse fixée sur les siens.C’est dans ce sens qu’il faut entendre ici ces paroles du Psaume. Le Verbe\, de toute éternité\, le Christ\, depuis le temps où il a prix forme humaine\, pas un instant n’a cessé d’avoir à la pensée tous les hommes et chacun des hommes pour les sauver et pour entretenir en eux sa vie par l’aliment de sa parole et de son Corps Eucharistique.\nL’Église\, en pleine conscience de ce que le Christ fait pour ses membres\, chante ces paroles\, comme un hommage de reconnaissance émue au Cœur infiniment miséricordieux\, puis elle appelle tous les fidèles à proclamer leur gratitude\, comme il convient aux cœurs droits. \nLA MÉLODIE\nLa moitié de la première phrase\, jusqu’à in generatiónem est empruntée à l’Introït Dómine refúgium du mardi de la première semaine de Carême\, le reste\, et jusqu’à la fin\, à différents passages de l’Introït Laetare du IVe Dimanche de Carême.\nLe premier emprunt donne satisfaction; il y a même une belle expression de gravité et d’humble réserve dans la modulation en la de Cordis ejus et le quilisma de generatiónem qui semble en amorcer la prolongation\, mais les rythmes bondissants de generatiónem y font succéder brusquement\, et sans raison\, une joie bruyante dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle n’est pas à sa place. Même sur les mots éruat a morte dans la phrase suivante\, est-elle bien ce qu’il faut ? La dernière incise est mieux adaptée\, mais un autre mode que le Ve eut été plus dans l’atmosphère\, Il faut bien le reconnaître.\nEn raison du texte\, il faut prendre un mouvement assez ample\, qu’on gardera bien vivant il va de soi; mais il s’impose pour garder à l’ensemble la gravité qui convient.\nFaites bien\, de la première phrase\, un seul mouvement en liant étroitement les incises entre elles; il faut surtout y veiller entre la première et la seconde. Ne forcez pas le crescendo de génératiónem. Le motif demande ici une expression toute différente de celle qu’il a dans l’Introït Laetare.\nRalentissez progressivement in fame.\nLe Psaume\, un élan joyeux. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nDoux et juste (est) le Seigneur. A cause de cela il donnera une loi (qui les sauvera) à ceux qui tombent sur le  chemin. \nVerset. – Il conduira les humbles dans la justice et enseignera aux doux ses voies. Ps. XXIV. 8\,9. \nA la fin de l’épître\, Saint Paul souhaite que par notre union avec le Christ\, présent dans notre âme\, nous puissions recevoir le sens de l’amour divin et que nous l’ayons au point que notre vie soit pleine de la plénitude de Dieu qui est Amour.\nL’ Église\, ici encore sous la forme d’une contemplation baignée de gratitude\, chante ce don de l’Infinie Miséricorde qui nous vient du Cœur de Jésus. Non seulement le Seigneur ne détruit pas le pécheur mais il l’aime au point de le relever\, de le reprendre en main\, de le guider sur le chemin où il est tombé et\, après l’avoir rétabli dans la justice\, de lui enseigner sa propre voie\, comme celle qui va droit à la Béatitude\, savoir : l’amour jusqu’au sacrifice. \nLA MÉLODIE\nL’intonation est celle du Graduel Ecce quonam bonum du XXIe Dimanche après la Pentecôte; le reste est calqué sur le Graduel Concupivit Rex\, de la messe Vultum tuum du commun d’une Vierge.\nNulle part la mélodie ne revêt d’expression très marquée. Le bel élan de début\, qui chante le Roi dans l’original\, se trouve ici sur et et\, encore que ce soit vers le seigneur qu’il monte il perd un peu de sa chaleur sur cette conjonction. Par contre\, sur la thésis de Dóminus\, l’âme trouve un très beau motif pour dire sa tendre vénération.\nIl y a plus de mouvement dans la seconde phrase\, mais l’élan de delinquéntibus a-t-il bien raison d’être\, sur ce mot de pénitence ? C’est encore au Roi qu’il s’adresse dans le Graduel Concupívit. In via est mieux servi\, il y a dans tout le motif une ferveur à travers laquelle chacun peut faire passer sa gratitude pour l’aide qu’il a reçue et continue de recevoir sur le chemin.\nLe verset\, tout entier calqué sur celui du Graduel Ecce quam bonum\, est mieux adapté au texte. Les deux mots mansuétos et mites ont toute la douceur qui convient et le mouvement\, en sa progression vers le sommet\, met bien en valeur docébit\, le mot de la miséricorde du Christ répandant sur les siens la lumière de l’infinie sagesse. L’Église pleinement consciente de tout ce qu’elle reçoit y trouve l’élan qu’appelle la ferveur de sa gratitude. La cadence finale\, dans le grave\, est très heureuse\, car elle évoque la plénitude et la profondeur de la joie que trouvent les doux sur les pas du Christ.\nOn veillera à faire de toute la première phrase un seul mouvement qui aura son arsis suprême sur les premières notes de et et qui sera lié.\nDans la seconde phrase\, le torculus de hoc sera très peu allongé et tout de suite relié à legem. L’accent de delinquéntibus est difficile à faire entre deux valeurs longues; y veiller. Relier étroitement in via à delinquéntibus.\nLe verset sera plus léger. On retiendra les cinq premières notes de mansuétos; ce don docébit\nsera souple. Garder à toute la reprise du chœur sa joie profonde. \nALLELUIA\nLE TEXTE\nPrenez mon joug sur vous. Et apprenez de moi que doux je suis\, et humble de cœur. Et vous trouverez la paix pour vos âmes. Math. XI.19. \nNotre Seigneur entre en scène et nous dit que pour expérimenter la douceur et la sagesse de son amour souhaitées par Saint Paul dans l’Épître\, chantées par l’Église au Graduel\, il faut prendre pour soi son joug\, c’est à dire se mettre sous sa volonté. N’est ce pas là tout l’amour ? C’est alors seulement que nous en saisirons les mille délicatesses et que nous comprendrons toute la miséricorde qu’il déploie sur le chemin pour nous garder dans sa paix. \nLA MÉLODIE\nElle revêt cette invitation à l’amour et à la paix d’une tendresse très vive que d’aucuns peuvent même trouver exagérée ou tout au moins pas assez spirituelle.\nL’intonation est très belle. Quelle admirable invitation\, pénétrée de douceur humble et tendre ! La phrase suit dans le même sentiment\, et\, est bien adaptée\, à part peut-être que méum est trop séparé de jugum et qu’il a un développement excessif pour la simplicité de Notre Seigneur. La cadence super nos par contre\, a une nuance de supplication très simple mais prenante.\nLa seconde phrase\, elle aussi\, est de bonne venue\, mais on s’explique mal le long développement neumatique de et encore qu’il ne fasse qu’un avec le mot humilis\, bien ardent d’ailleurs lui-même pour chanter l’humilité. La même critique pourrait s’appliquer à réquiem\nqui reprend le même motif. Sans doute l’auteur s’est-il plus préoccupé de l’expression de l’ensemble que de celle des détails.\nIl ne faut pas pousser l’expression en chantant : elle est à son extrême limite dans le texte. Que les pressus par exemple soient trop appuyés et il y aura un excès de sensibilité déplorable. Il faut\, ici plus que partout\, les préparer de loin et en faire un simple épanouissement de l’arsis. Liez bien les grandes descentes. Elargissez les larges intervalles de et et de réquiem. Mêlez à la tendresse la virilité ferme et forte. \nOFFERTOIRE\nC’est la première partie de l’Impropérium du Dimanche des Rameaux; le chant du Christ qui se plaint de n’être pas aimé.\nCe chef d’œuvre garde toute sa beauté ici. Mais comme on regrette que la cadence finale en VIIIe mode soit si brusquement amenée. Elle y perd toute sa valeur de plainte. Il faut y faire un grand ralenti depuis non pour pallier à ce défaut. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nUn des soldats\, de sa lance\, son côté ouvrit et aussitôt il sortit du sang et de l’eau. Jean XIX.34. \nCe sang et cette eau ont toujours été regardés comme le symbole de la grâce sortant du Christ immolé pour se répandre sur les hommes : le sang symbole de l’Eucharistie\, l’eau symbole du Baptême. Mais par delà la grâce\, c’est l’amour qu’ils symbolisent : le Christ nous donnât jusqu’à la dernière goutte de son sang et nous appelant à lui donner notre vie dans la mesure où il nous la demande.\nC’est sans aucun doute\, ce symbolisme sacré qui a fait choisir ce verset comme Communion. Chanté par l’Église au moment où le symbole devient la divine réalité du Christ et de l’âme se donnant l’un à l’autre\, victimes l’un et l’autre de l’amour\, il prend un relief particulièrement émouvant. \nLA MÉLODIE\nL’original se trouve au 5 Juin pour la fête de Saint Boniface sur le texte que voici : « Celui qui vaincra\, je lui donnerai de s’asseoir avec moi sur mon trône. » Ce sont des paroles riches de gloire d’où la forme légère et joyeuse de la mélodie. Encore que l’Église ait lieu d’être toute à la joie à cause des grâces qui se cachent sous la cruelle réalité du Christ immolé\, on aimerait que sa joie fut moins extérieure. Peut-être y a-t-il ici quelque chose de trop léger pour un texte si chargé de mystère.\nIl faut chanter l’ensemble plutôt lentement pour garder à ces paroles si profondes et si mystérieuses la gravité qui convient. Retenez discrètement la cadence en si de apéruit et faites celle de aqua bien expressive. \n  \n\nCantiques pour le Sacré-Coeur\n\nPolyphonies pour le Sacré-Coeur\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Dimanche dans l'Octave du Sacré-Coeur
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : Au peuple qui lui a demandé un roi\, Dieu a donné Saül. Samuel le consacre. (1. Rois\, IX-X) \nEPITRE : Il faut s’abandonner au Seigneur\, lui remettre ses soucis\, et lui faire confiance. (1 Pierre. V. 6-II.) \nEVANGILE : Les paraboles de la brebis et de la drachme retrouvées. (Luc XV\, 1710.) \nCe dimanche est\, comme le précédent\, sous le signe de la miséricordieuse bonté de notre Dieu qui nous sollicite\, nous poursuit et n’a de cesse qu’elle ne nous ait ramenés dans la voie du bonheur\, si nous nous en écartons.C’est par miséricorde que Dieu donne à son peuple le roi sage qu’il sollicite. Plus avisée que les juifs\, l’Eglise demande au Seigneur\, dans la collecte\, de faire un acte de miséricorde plus marqué encore et d’être lui-même notre guide dans notre marche\, à travers les joies de la terre\, vers les joies éternelles. Il lui répond dans l’Epître\, par la voix de Saint Pierre\, de ne pas se soucier à l’excès mais d’avoir confiance en lui qui\, après les inévitables souffrances de la vie\, « nous appellera à son éternelle gloire  » Et Notre Seigneur Jésus-Christ lui-même vient nous dire à l’Evangile\, en deux émouvantes paraboles\, jusqu’où va sa miséricorde; jusqu’à laisser tout le troupeau pour la brebis perdue qu’il cherche et qu’il ramène sur ses épaules; jusqu’à bouleverser toute la maison pour retrouver la drachme qui manque au trésor\, afin de se réjouir\, avec le ciel entier\, d’avoir enfin tout son monde avec lui…Comme cet office\, sans que l’auteur ait eu l’idée de l’y adapter\, entre bien dans la liturgie de la fête du Sacré-Cœur ! \nINTROIT\nLE TEXTE\nRegarde-moi et prends-moi en pitié. Seigneur. Car je suis seul et pauvre. Vois mon abaissement et ma peine\, et pardonne-moi tous mes péchés.Ps. – Vers toi\, Seigneur\, j’ai élevé mon âme. Mon Dieu\, en toi je me confie\, je n’aurai pas à rougir. Ps. XXIV\, 16\, 18\, 1\, 2.Ces deux versets sont ici\, comme ils l’étaient sur les lèvres de David\, l’appel vers Dieu des âmes qui sont loin de lui; brebis perdues\, égarées ou seulement appelées à plus d’amour et qui\, conscientes de leurs fautes\, de leurs misères\, de leurs impuissances\, attendent l’aide du Divin Pasteur pour retrouver l’intimité et la douce chaleur du bercail. \nLA MÉLODIE\nC’est une prière très humble et très aimante.Elle est d’abord discrète\, réservée dans la première incise. On sent que l’âme a conscience de son péché\, de sa faiblesse; mais elle n’est pas accablée\, elle n’est pas triste non plus. Elle aime et elle sait qu’elle est aimée: d’où ce ton de confiance simple\, intime de réspice in memiserére mei. Il y a là une très belle supplication\, retenue encore\, mais émouvante de simplicité et de tendresse. Elle s’avive au cours de la seconde incise\, à mesure que l’âme expose sa misère. Quoniam inops et pauper sum ego est un très beau mouvement. Doucement relié au mot Domine par les deux notes longues qui entourent le quilisma\, il se renforce sur le salicus de la dominante et atteint toute sa puissance d’expression sur pauper sum ego. La progression est très mesurée; ce n’est pas un cri\, ce n’est toujours qu’une pression ardente certes mais humble. C’est peut-être d’ailleurs sur les groupes thétiques : la clivis allongée de pauper et le pressus de ego\, que la prière est la plus émouvante. Elle y prend un ton de plainte délicate\, qui n’ose pas insister\, mais qui est irrésistible par la tendresse dont elle s’enveloppe.Dans la seconde phrase\, l’âme plaide plus qu’elle ne prie. Elle étale sa misère et insiste pour que le Seigneur la voie; notez le retour au do de la tristropha et du pressus\, la courbe descendante de humilitatem meam qui parle par elle-même\, et la remontée sur laborem\, lourde de tout le poids de la peine qu’il faut porter.La troisième phrase a quelque chose de grave qu’on ne trouve pas dans les deux autres. La misère y est précisée: peccata\, pardonne-moi mes péchés. C’est une prière de contrition\, d’où cette touche de honte\, cette nuance de regret qui retient la mélodie sur les notes basses. Il n’y a que sur Deus meus que la supplication retrouve son expression de tendresse et de confiance heureuse.Celle-ci passe dans le psaume\, qui s’élève comme un beau chant d’espoir joyeux et fort.Chantez très simplement la première incise en balançant bien le motif de miserere mei; la première note de ré légèrement allongée. Veillez à ne pas faire de contraste avec la seconde; il faut ménager la transition sur quoniam et mener le crescendo progressivement.Dans la seconde phrase\, arrondissez et élargissez quelque peu les notes isolées de vide humililatem. La thésis qui enveloppe toute la phrase se continue dans la suivante jusqu’à Deus meus; il faut la conduire progressivement. comme on aura conduit l’arsis de la première. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nJette ton souci sur le Seigneur et lui-même t’aidera.Verset. – Dès que j’ai crié vers le Seigneur il a exaucé ma voix. Ps. LIV.23\,17\,19.Ces versets\, ainsi arrangés\, forment un tout qui entre dans le cadre liturgique de ce Dimanche comme une très belle paraphrase de l’Epître. Le premier\, en effet\, reprend\, presque mot pour mot\, la parole de Saint Pierre « jetez en lui toutes vos sollicitudes car lui-même prend soin de vous ». L’Eglise le chante pour encourager à la confiance\, pousser à l’abandon la brebis de l’Introït qui\, dans sa détresse\, appelait l’aide du Seigneur et qui se sent peut-être quelque peu effrayée de la parole de l’apôtre évoquant le lion rugissant qui rôde sans cesse et la souffrance des croix qui se profilent sur le chemin du bercail. Elle ajoute\, pour la réconforter plus efficacement encore\, le témoignage de sa propre expérience. « Dès que j’ai crié vers lui j’ai été exaucée. » \nLA MÉLODIE\nL’intonation est gracieuse\, aimable; c’est tout. Mais aussitôt la mélodie s’élève en un élan où passent\, non seulement de la sympathie\, mais la force d’une expérience heureuse qui veut se communiquer. Il met tuum en plein relief et s’épanouit sur Domino en une très belle nuance de vénération pénétrée de gratitude. L’incise qui suit chante la miséricorde du Seigneur. Quelle insistance sur te ! Les deux clivis allongées\, les deux doubles notes\, et le mouvement qui va\, de plus en plus arsique\, vers la distropha et la bivirga de la cadence; comme si l’Eglise sentait le besoin d’aller au-devant de l’objection que l’âme pourrait faire de son indignité en l’assurant avec force de l’amour attentif que lui porte le Seigneur. La mélodie enveloppe ensuite enutriet d’une gravité où se mêlent de la gratitude et une nuance de joie délicate pour finir. \nALLELUIA\nLE TEXTE\nDieu un juge fuste\, fort et patient. Est-ce qu’il va s’irriter à longueur de jour? Ps. VII. 12.L’interrogation qui termine ce verset est à prendre dans le sens négatif. Le psalmiste veut dire que le Seigneur a sa justice en main\, qu’il l’appliquera à son heure et qu’il est assez patient pour supporter ce qu’on lui fait sans avoir à se mettre en colère à chaque instant.Cette parole est encore pour la brebis égarée loin du bercail. L’Eglise la lui chante moins pour l’amener à la crainte que pour l’encourager au contraire à avoir confiance en la patience du Seigneur qui n’est en colère que contre celui qui s’obstine. \nLA MÉLODIE\nDeus judex justus est revêtu d’une solennité ferme et forte qui s’impose\, avec une nuance de sévérité très marquée dans la descente si rythmée sol-re-mi-do et. plus encore. dans la remontée en quinte au sol et au si. Fortis a la même expression. Patiens\, par contre\, est très lié\, avec quelque chose de doux et d’aimable ; l’insistance qu’y mettent le salicus et le quilisma et sa place au sommet de la mélodie montrent bien que l’Eglise a voulu le mettre en relief très marqué\, d’autant que la phrase suivante se développe\, elle aussi\, dans celte atmosphère paisible. On pourrait même trouver\, sans forcer l’expression\, une fine pointe d’esprit sur cette interrogation quelque peu ironique.La formule finale s’en dégage dans une splendide montée de joie; la joie de l’âme\, heureuse de la patience dont Dieu l’a si généreusement gratifiée. Aussi bien\, cette joie\, qui est celle de l’Alleluia\, enveloppe toute la pièce et en fait un autre beau chant de réconfort pour l’âme retenue loin de Dieu et un hommage de louange à la miséricorde du Bon Pasteur que nous allons voir à l’œuvre dans l’Evangile. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nQu’ils espèrent en toi Ceux qui connaissent ton nom\, Seigneur\, car tu n’abandonnes pas ceux qui te cherchent. Chantes au Seigneur qui habite en Sion car il n’a pas oublié le cri des affligés. Ps. IX. 11\, 12\, 13.Le Psaume IX est un chant par lequel David exprime à Dieu sa reconnaissance pour l’aide qu’il en a reçue. Il est d’abord pure louange\, mais\, au verset 11\, le psalmiste à l’idée de tous ceux qui comme lui passent par des heures difficiles\, lance un souhait qui va vers Dieu et vers eux à la fois: puissent-ils faire comme j’ai fait: espérer en toi. Cette parenthèse close\, il reprend sa louange: Psallite\, chantez au Seigneur.Après le récit des paraboles de la Brebis et de la Drachme retrouvées\, ces trois versets sont le chant de l’Eglise émue par la miséricorde du Seigneur dont un exemple si touchant vient de lui être mis sous les yeux. Elle souhaite que les âmes en détresse recourent à lui\, lui fassent confiance et le louent de sa sollicitude à tout instant en éveil. \nLA MÉLODIE\nLe IIIe mode donne à tout ce chant un caractère d’intériorité émue qui traduit admirablement le sentiment de gratitude profonde qui est au fond de l’âme\, en même temps que la sympathie à ceux qui sont dans l’épreuve. C’est une mélodie qui n’a pas d’éclat; on n’y trouve pas non plus les accents de supplication ardente que nous trouvions sur les mêmes mots dans le Graduel de la Septuagésime. C’est plutôt dans une atmosphère de contemplation paisible que l’Eglise formule son souhait.Après un départ bien en mouvement sur Sperent\, avec l’accent du désir qui monte vif et fervent\, les retombées sur si donnent tout de suite un ton d’intimité que le beau mouvement de nomen tuum\, avec les deux clivis allongées\, fait plus expressif encore et plus délicat.Dans la seconde phrase\, la fermeté de la confiance est très marquée par le salicus de non\, la triple note de derelinquis\, la cadence sur fa\, avec sa nuance de paix heureuse qui se prolonge sur quaeréntes et la belle cadence en sol si si assurée.Vient alors l’invitation à la louange. Pour la cinquième fois\, le motif sol-la-do-si-do donne le branle. Sur la tristropha douce et ardente à la fois\, l’invitation se fait pressante\, mais dans la même atmosphère d’intériorité ; le motif de Domino le dit assez avec sa cadence en fa. Aussi bien\, l’âme tout de suite s’arrête et contemple. L’incise qui habitat in Sion est très caractéristique de cette contemplation par ses neumes à degrés conjoints se répétant trois fois sur des motifs semblables et\, plus encore\, par sa cadence en fa prolongée par la tristropha. L’âme est fixée sur le Seigneur qui\, de Sion\, veille sur les siens.Elle se reprend sur quoniam non pour exprimer une dernière fois sa confiance. Le motif rappelle de très près celui qui revêt les mêmes mots dans le Graduel de la Septuagésime\, mais ici la contemplation qui le baigne encore lui enlève de son ardeur communicative. La cadence finale est admirable de tendresse et de gratitude heureuse. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nJe vous le dis\, il y a de la joie chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui fait pénitence. Luc XV. 10.Dernier mot de l’Evangile. Parole merveilleuse qui ouvre devant nous les horizons des joies célestes et nous permet d’y percevoir quelque chose des répercussions qu’ont sur tous les anges les actes de repentir de nos pauvres âmes. Le Christ Jésus dit ces paroles au moment de la communion comme pour atténuer la peine qui pourrait se lever en nous\, au moment où nous nous reposons sur lui dans la chaleur du bercail\, au souvenir de la brebis égarée\, entêté\, paresseuse ou fuyante que nous fûmes: « Je vous le dis en vérité\, il y a de la joie chez les anges…. \nLA MÉLODIE\nC’est bien la joie\, simple\, vive\, ardente aussi. Notez cette intonation montant au ré et s’y posant dans la belle lumière d’un sourire plein de tendresse heureuse\, puis les rythmes légers allant vers la cadence de Dei\, gracieuse et pénétrée de vénération\, enfin le mot paeniténtiam retenu dans la paix qui enveloppe tout et s’achevant sur la cadence en fa qui tombe comme un soupir de bonheur profond.  \n\nPolyphonies pour tous les temps\nCantiques pour tous les temps\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Quatrième dimanche après la Pentecôte
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n\n\n\nIDÉE CENTRALE : La Providence. Dieu dispose tout avec force et douceur pour qu’à travers la béatitude des hommes qui veulent se laissez guider\, se réalise sa gloire. Cette Providence se manifeste avec éclat dans l’histoire de David et de Goliath. L’enfant aux cheveux roux\, choisi à un moment critique de l’histoire d’Israël\, tue avec sa fronde le géant tout armé et sauve le peuple. Figure du Christ qui triomphera de Satan et sauvera le monde.Il ne suffit pas toutefois d’être dirigé\, il faut se laisser diriger\, c’est ce que l’Église demande dans la Collecte : « Seigneur que le cours du monde soit pour nous paisible sous la conduite de votre Providence ».Il restera les épreuves ; elles sont les inévitables fruits du péché mais St. Paul\, à l’Épître\, nous dit qu’il n’y a pas de proportion entre elles et la gloire qui les dépasse infiniment et qu’elles sont\, comme toute chose\, des moyens dont Dieu se sert pour notre béatitude.Enfin\, ce soin que Dieu prend du monde est illustré\, à l’Évangile\, par l’incident de la pêche miraculeuse. Le Christ conduit la barque au bon endroit et\, là où ils ont pêché en vain toute la nuit\, les apôtres prennent tant de poissons que leurs filets se rompent. Figure de l’Église qui\, sous la direction du Christ et de Pierre qui le représente\, s’en va prendre les hommes pour les amener à Dieu\, leur Béatitude. \n\n\n\nINTROÏT\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nLe Seigneur est ma lumière et mon salut\, qui craindrai-je ? Le Seigneur est le défenseur de ma vie\, de qui aurai-je peur ? Ceux qui me persécutent\, mes ennemis\, ont trébuché et sont tombés. \n\n\n\nPs. – S’il se dresse devant moi une armée\, il ne craindra pas\, mon cœur. Ps. XXVI. 1\, 2\, 3. \n\n\n\nLe Psaume XXVI est un chant de confiance triomphante. Dans la lumière d’en haut\, le Psalmiste a une conscience si vive de la force protectrice de Dieu autour de lui qu’il se laisse aller à un enthousiasme qui frôle la témérité.Dans le cadre liturgique de ce Dimanche\, consacré à la Providence\, il n’y a rien à ajouter à ces deux versets. L’Église\, éclairée par le Christ son chef\, sait que tout est disposé pour la gloire du Père et\, qu’en fin de compte quoi qu’il arrive\, c’est elle qui aura le dernier mot. Elle le dit à la face de ses ennemis et de Satan leur chef\, qu’elle voit\, dans une vision proche ou lointaine trébucher et tomber les uns sur les autres. \n\n\n\nLA MELODIE\n\n\n\nElle donne à ce texte déjà si expressif par lui-même un ton de confiance joyeuse\, enthousiaste\, vibrante\, avec même cette nuance de défi que l’on trouve dans les élans de foi d’une jeunesse bouillante d’ardeur. Aussi bien\, c’est l’Église éternellement jeune qui chante l’infinie puissance de son chef ; le vainqueur de la mort et de Satan.Des notes longues\, sans cesse ramenées au fa par la tierce inférieure\, donnent à la première phrase une force extraordinaire. Il n’y a pas d’éclat ; c’est une volonté qui se pose\, assurée\, ferme comme une ligne infranchissable.L’enthousiasme qui a déjà monté sur quem timébo s’élève plus ardent sur Dominus qui\, au début de la seconde phrase\, reprend à la quinte supérieure\, le motif de l’intonation. Toutes les affirmations sur fa s’en trouvent renforcées\, amenant\, pour finir\, cet admirable cri de fierté audacieuse\, quelque peu téméraire même : a quo trepidabo ?L’idée de la troisième phrase est autre : l’Église voit ses ennemis défaits. Elle se laisse aller à la joie\, une joie qui est débordante\, dès le début\, sur qui tribulant ; le motif qui glorifie le Christ dans le verset du Graduel Christus factus est\, le Jeudi Saint .Elle se revêt ensuite d’une autorité et d’une force qui\, sur les notes longues de mei et de infirmati sunt a quelque chose de dur\, comme l’épée du vainqueur sur l’ennemi prosterné.Le Psaume est dans le même esprit de confiance et de bravoure. \n\n\n\nGRADUEL\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nSois propice\, Seigneur\, à nos péchés afin qu’elles ne disent pas \, les nations  : Où est leur Dieu ? Verset. Aide-nous\, Dieu notre salut\, et\, pour l’honneur de ton nom\, Seigneur\, libère-nous. Ps. LXXVIII. 9\, 8. \n\n\n\nLe Psaume LXXVIII est une élégie sur la destruction de Jérusalem. Pour finir\, le peuple désolé\, qui voit dans cette épreuve le châtiment du péché\, supplie le Seigneur de lui pardonner et de le délivrer.C’est de cette supplication qu’est fait ce Graduel. Il est chanté une première fois\, le samedi des Quatre-Temps du Carême. Il est tout à fait à sa place en cette période de pénitence. Ici de même après la lecture de l’Épître. Saint Paul nous dit  : « La création a été assujettie à la vanité\, mais elle vit dans l’espoir qu’elle sera affranchie de la servitude de la corruption pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants de Dieu. » L’ Église demeure sur cette idée ; elle vit\, dans cette servitude qui attache le monde à la vanité\, la grande épreuve devant laquelle tout succombe et elle supplie le Seigneur\, qui de tout tire son bien\, de la dégager de cet esclavage et de le faire servir à sa gloire\, selon les desseins de le Providence qui a bien disposé toutes choses et cela pour l’honneur de son nom\, car il a promis. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nC’est une très belle prière\, humble\, grave avec des accents d’intense ferveur.L’intonation\, quelque peu sombre\, est admirablement adaptée à une demande de pardon. Sur la double note du début\, comme sur la retombée de esto\, la supplication vraiment monte de très bas\, on sent l’âme courbée dans le repentir de ses fautes. Cette pression se développe sur le beau motif de Domine\, presque exclusivement réservé au nom divin \, mais\, discrètement\, timidement. C’est seulement sur peccatis que la ferveur pousse la mélodie ; l’élan est alors admirable\, très priant\, émouvant même. Très vite arrêté\, comme il convient à la prière humble\, il se détend sur nostris en une cadence en demi-ton qui supplie délicatement.Les phrases suivantes ne sont plus de la prière pure. L’âme plaide plus qu’elle ne demande. Elle fait valoir habilement les railleries des nations idolâtres qui monteront en fait vers le Seigneur s’il ne se décide pas à agir  : « Où est-il leur Dieu ? » Il y a quelque chose de plus vif dans la mélodie\, sur dicant en particulier et sur gentes\, mais sans éclat\, comme en une atmosphère de honte.Le mouvement est encore plus prononcé\, plus dégagé\, plus hardi sur ubi est ; l’insistance plus vive aussi – notez les deux notes doubles – mais l’attitude humble demeure\, notamment sur la descente retenue de eorum. \n\n\n\nAdjuva nos Deus monte comme un appel pressant qui devient peu à peu sur Deus noster comme un cri angoissé\, et qui se détend ensuite en cadence empreinte de tristesse. C’est le motif qui chante l’exaltation du Christ dans le verset du Graduel Christus factus est ; il faut bien admettre qu’il se prête parfaitement ici à cette ardente supplication.Vient ensuite\, comme dans la première partie\, le plaidoyer. Il est très insistant sur honorem ; notez les épisèmes horizontaux. Formule centon qui reçoit des emplois divers mais qui est ici fort bien adaptée car elle donne un relief considérable au mot qui fait la valeur de l’argument devant Dieu  : honorem\, son honneur. Brusquement\, sur nominis tui\, la mélodie devient un récitatif tout simple. Il est d’un grand effet. L’âme\, à l’évocation du nom divin\, se fait à nouveau toute humble et pleine de vénération\, et c’est dans une atmosphère de supplication discrète et pénétrée de repentir qu’elle chante le mot qui demande la délivrance : libera nos. Les notes longues\, les épisèmes horizontaux\, les répercussions de la finale y mettent l’accent peut-être le plus émouvant de toute la prière. \n\n\n\nALLELUIA\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nDieu qui sièges sur ton trône et juges selon l’équité\, sois le refuge des pauvres dans la tribulation. Ps. IX. 5\, 10. \n\n\n\nLe Psaume IX est une louange au Seigneur. Israël chante sa délivrance et remercie Dieu de l’avoir sauvé. Au verset 5 on lit  : « Tu m’as fait justice. Tu t’es assis sur ton trône\, toi qui juges selon l’équité\, »  et au verset 10 : « Le Seigneur s’est fait le refuge du pauvre\, ».En mettant les verbes à l’impératif on a transformé ce texte de louange en prière. L’objet en est le même que dans le Graduel : un appel au Seigneur pour que\, délivrés de cette vanité du créé qui retient en nous l’épanouissement de la vie de Dieu\, nous réalisions ce que Dieu veut de nous\, dans sa Providence\, pour sa Gloire et notre Béatitude. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nIl faut évidemment la chanter comme une prière\, en notant bien toutefois qu’elle n’est pas une supplication ardente comme le Graduel.La première phrase est moins une prière proprement dite qu’un titre donné à Dieu\, et la mélodie la traite comme telle. Deus a quelque chose de simple\, d’aimable\, on dirait bien de familier. L’incise de qui sedes super Thronum\, elle\, est comme une admiration de la majesté de Dieu. Prise par l’image évocatrice des splendeurs célestes\, l’âme est comme fixée en contemplation. Elle oublie qu’elle demande et ce qu’elle demande\, elle admire et jouit\, berçant sa joie sur des rythmes souples qui montent et s’élargissent\, à mesure que se déploient les beautés qui s’offrent à elle. C’est le même procédé que dans le Graduel Qui sedes du IIIe Dimanche de l’Avent. La formule n’est pas originale\, on la trouve dans le verset du Graduel Benedictus\, le Dimanche dans l’Octave de l’Épiphanie\, elle est là aussi une contemplation de la paix et de la justice qui viendront des montagnes et des collines\, sur le peuple. La même formule encore chante\, dans le Graduel Clamaverunt de la messe Salus autem du commun de plusieurs martyrs\, la paix qu’apporte le Seigneur à ceux qui sont dans la tribulation.Dans la deuxième phrase\, qui\, elle\, est bien l’exposé de la demande\, la mélodie est vraiment déprécative\, notamment dans la montée de esto et plus encore dans la descente de pauperum\, retenue si à propos par l’influence du quilisma\, mais la prière demeure simple et sans pression ; tout au plus pourrait-on déceler quelques accents plus marqués dans le jubilus sur les virgas des sommets. \n\n\n\nOFFERTOIRE\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nÉclaire mes yeux\, de crainte que je ne m’endorme dans la mort\, de peur qu’il ne dise mon ennemi  : j’ai prévalu sur lui. Ps. XII. 4\, 5. \n\n\n\nLe Psaume XII est la prière d’un malheureux dans l’épreuve\, qui se croit abandonné de Dieu. Il se plaint d’abord puis\, de la plainte\, jaillit la supplication dont est fait cet Offertoire : Éclaire mes yeux assombris\, obscurcis par la tristesse\, les soucis\, les larmes… que je voie la force que tu es\, ou alors le sommeil de la mort va venir et ce sera sur moi le cri de triomphe de l’ennemi  : Je l’ai vaincu.Cet offertoire est chanté une première fois le samedi qui précède le Troisième Dimanche de Carême. Il fait suite\, là\, à l’histoire de l’Enfant prodigue et il est bien alors la voix du malheureux qui commence à se repentir.. et la nôtre. Ici on voit moins comment il s’adapte à l’Évangile de la pêche miraculeuse. On pourrait peut-être le mettre sur les lèvres de Saint Pierre. Celui-ci est en effet d’autant plus attitré à faire cette prière qu’il s’endormira hélas  ! à l’heure la plus dangereuse de sa vie et que\, faute d’avoir les yeux ouverts\, il se laissera prendre au piège de Satan jusqu’à renier son Maître. Mais sans doute est-il mieux encore d’en faire le chant de l’Église. Elle est symbolisée ici par la barque\, le Christ et les futurs apôtres. C’est Notre-Seigneur qui les guide vers le large et leur fait jeter le filet au bon endroit. Sans lui point de pêche fructueuse et bientôt la tempête. Sans lui\, maintenant encore\, qu’en serait-il de la barque  ?L’Église a conscience de la lumière qu’il lui faut. Elle la demande à Dieu afin que\, guidée par sa Providence vers les bancs poissonneux\, elle sache jeter le filet\, éviter les écueils\, tenir bon contre les vents forts et contraires et que\, toujours en éveil\, toute dans la clarté et forte de la force du Christ\, elle tienne en respect l’ennemi et l’empêche de prévaloir. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nLa première incise est une prière toute simple sans insistance ni pression ; le ton est aimable\, familier\, avec une nuance de tendresse délicate sur la cadence en mi du IVe mode. La montée sur meos a un peu plus de mouvement\, et une touche de crainte se perçoit déjà sur le demi-ton de la cadence en la. C’est la peur qui monte. Elle éclate sur nequando. Il y a sur la double note qui attaque brusquement le do – c’est une bivirga épisématique – comme un frisson ; il passe ensuite dans toute l’incise particulièrement marqué dans la descente de nequando sur fa et sur le pressus de obdormiam. Mais c’est sur morte que l’anxiété est le plus marquée ; la triple note du sommet – une trivirga dont les deux premières sont épisématiques – amenée par la clivis allongée\, et la cadence sur mi font ce motif vraiment chargé d’angoisse.Peut-être la frayeur croît-elle encore dans la seconde phrase ; il y a comme une répulsion d’horreur sur le motif de dicat\, répété sur inimici\, la triple note là encore\, est une trivirga\, les deux premières épisématiques.Praevalui adversus eum est traité en style direct ; c’est l’ennemi lui-même qui parle. La mélodie qui descend\, de plus en plus lourde\, évoque la pression progressive de l’ennemi qui écrase son adversaire en disant lentement et avec un accent de joie mauvaise\, à mesure qu’il le sent perdre vie\, le mot de son triomphe  : Je l’ai eu … Cette descente est unique dans tout le répertoire. Quel réalisme ! La joie du vainqueur continue sur adversus eum\, plus légère\, mais bien marquée là aussi\, par le mouvement du début do-fa-re-mi et surtout par les deux tristrophas encadrant le motif sol-la-sol-re. Il n’est pas jusqu’à la cadence du IVe mode\, si mystique d’ordinaire\, qui ne sonne ici comme un ricanement moqueur. \n\n\n\nCOMMUNION\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nLe Seigneur est mon firmament\, et mon refuge\, et mon libérateur ; mon Dieu\, mon aide  ! Ps. XVII. 3. \n\n\n\nNous retrouvons pour finir cette messe la belle confiance du début. Dans la communion\, l’âme a pris conscience de la force du Christ en elle\, elle sent qu’il la protège\, et que par lui\, avec lui\, en lui\, elle surmontera les épreuves de chaque jour\, et qu’elles finiront\, ces épreuves\, en poids de gloire. De cette certitude lumineuse\, la joie jaillit en elle et pour l’exprimer\, elle ne trouve pas mieux que les paroles\, surchargées d’épithètes symboliques par lesquelles David remerciait Dieu de l’avoir protégé  : le Seigneur est le firmament qui la couvre\, l’atmosphère où elle respire\, le refuge où elle se cache; il est son libérateur ; celui qui lui permet\, comme jadis au petit David\, de vaincre le Goliath de toujours. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nUne joie douce où passent les ardeurs d’une tendresse reconnaissante l’enveloppe toute.L’intonation sur le nom divin est gracieuse. Tout de suite après\, la ferveur se déploie en accents vifs et délicats sur les pressus de firmamentum\, les quilismas de refugium et de meum ; elle va jusqu’à l’enthousiasme sur liberator meus ; un enthousiasme qui monte\, retenu\, mesuré avec les torculus et s’épanouit à loisir sur les deux pressus.La seconde phrase est plus douce et plus tendre surtout le premier Deus meus. Admirable mot d’amour que l’âme adresse directement à Dieu et qui rappelle le Rex meus et Deus meus de la Communion Passer invenit du IIIe Dimanche de Carême. Adjutor meus\, sur le motif de firmamentum meum renforce encore la protestation d’amour et l’achève en une cadence paisible et heureuse. \n\n\n\n\nCantiques pour tous les temps\n\n\n\nPolyphonies pour tous les temps\n\n\n\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Cinquième dimanche après la Pentecôte
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : David pleure Saül et Jonathas (II Rois. 1) \nÉPITRE : Conseils de Saint Pierre sur la charité. (I Pierre III. 8) \nÉVANGILE : Notre-Seigneur demande que la justice et la charité ne soient pas seulement extérieures (Math. V. 18) \nIDÉE CENTRALE : Il semble qu’on peut faire de la pratique de la charité et spécialement de la charité fraternelle l’idée centrale de ce dimanche. \nDavid nous en offre un émouvant exemple en pleurant Saül\, qui le jalousait à mort\, aussi bien que Jonathas qu’il aimait comme un frère. La collecte nous fait demander dans une admirable formule ce qui en est le principe : le sentiment de l’amour de Dieu « afin que nous l’aimions en tout être et plus que tout être\, in omnibus et super omnia« . \nDans l’Épître\, Saint Pierre nous en enseigne la pratique et Notre-Seigneur lui-même\, dans l’Évangile\, nous recommande avec instance d’avoir une justice imprégnée d’une charité qui soit douce et qui mette la réconciliation avant le sacrifice\, car on ne saurait aimer Dieu sans aimer le prochain. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nÉcoute\, Seigneur\, ma voix qui crie vers toi. Sois mon aide ; ne m’abandonne pas et ne me délaisse pas\, Dieu\, mon salut.  \nPs. – Le Seigneur est ma lumière et mon salut\, qui craindrai-je ? Ps. XXVI. 7\, 9\, 1. \nC’est encore le Psaume XXI\, comme dimanche dernier\, mais on a choisi\, cette fois\, pour l’antienne\, les versets qui expriment la confiance suppliante\, et réservé pour le psaume\, ceux qui chantent la confiance enthousiaste.\nAinsi composé\, cet Introït se présente comme la prière d’une âme qui a besoin de Dieu\, qui ne sent pas assez sa présence aimante et qui a peur d’être délaissée. Ce n’est pas que la confiance  lui manque absolument mais elle ne monte pas. \nL’objet de sa prière n’est pas précisé\, mais rien ne s’oppose à ce que ce soit la charité précisément. L’âme peut demander que le Seigneur lui donne de sentir son amour dans l’intimité\, comme le fera le prêtre dans la collecte. Elle peut demander le secours du Seigneur pour la pratique de l’amour du prochain qu’elle trouve parfois si difficile\, qui est si délicate et où elle sent que\, d’elle-même\, elle ne peut rien. \nDans le Psaume\, comme si elle était déjà exaucée\, l’âme sent sa confiance renouvelée; elle lance\, avec une ferme assurance cette fois\, le cri enthousiaste de dimanche dernier : « Le Seigneur est ma lumière\, qui craindrai-je ? » \nLA MÉLODIE\nLa première phrase est d’une très grande simplicité. Aucun sentiment n’est poussé. L’âme n’est ni accablée\, ni angoissée\, humble certes\, mais rien de plus. Il y a un accent plus marqué sur la première clivis de Domine mais on ne saurait dire si c’est de la supplication ou de l’amour\, encore qu’une nuance de plainte monte sur le salicus de meam. Clamavi descend et remonte alourdi par les clivis allongées : la cadence sur fa par le salicus renouvelle la plainte toujours très délicate – si c’en est une – et c’est tout. Aussi bien cette première phrase n’est pas la prière proprement dite\, elle est seulement comme une demande de prise en considération ; le cri suppliant qu’elle annonce ne s’élève qu’au début de la seconde. \nIl n’est pas véhément ; il monte  graduellement du ré au do où il atteint\, sur la bivirga épisématique de esto\, son maximum d’intensité et d’expression. La mélodie revient ensuite au calme du début. L’âme continue à faire pression mais c’est tout à fait à l’intérieur\, dans l’intimité paisible où elle s’entretient avec le Seigneur. On notera particulièrement les podatus de derelinquas\, la retombée sur me\, et toute l’incise de neque despicias me dont le quilismas\, le porrectus et le mouvement très lié et très gracieux sont si caractéristiques de la douce pression que permettent les relations d’amitié. Deus meus est une exclamation. Le porrectus allongé\, la cadence sur do\, très douce et retenue par la virga pointée et la distropha\, la remontée sur le salicus et enfin la cadence mystique du IVe mode l’enveloppent d’une tendresse qui relie admirablement la confiance suppliante du début à la confiance triomphante du Psaume\, comme si cette pression aimante avait obtenu la grâce demandée. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nNotre Protecteur\, regarde\, ô Dieu\, et jette les yeux sur tes serviteurs. \nVerset. – Seigneur\, Dieu des vertus\, écoute les prières de tes serviteurs. Ps. LXXXIII 1\, 10 \nDans le Psaume on lit : respice faciem Christi tui : jette les yeux sur la face de ton consacré. Le consacré pour le Psalmiste c’est le Roi d’Israël\, chargé de représenter Dieu au milieu de son peuple et de figurer à l’avance le consacré par nature : le Christ. C’était une forme de prière à laquelle Dieu pouvait difficilement résister. \nIci\, faciem Christi a été remplacé par servos tuos : tes serviteurs. En un sens\, c’est la même chose\, car nous sommes tous des consacrés ayant participé\, par le Baptême et l’Eucharistie\, à l’onction qui fait le Christ prêtre et roi. En invoquant ce titre\, à nous non plus Dieu ne peut rien refuser. L’objet de la prière est le même que dans le psaume. L’Église demande que le Seigneur jette sur nous un regard de bienveillance\, présage de ses grâces de choix. Ces grâces sont imprécises\, mais\, tout naturellement\, nous sommes portés à demander ce que l’Épître nous invite à pratiquer : la parfaite justice « C’est à cela que vous avez été appelés afin de recevoir en héritage la bénédiction ». Laquelle n’est pas autre chose que le regard de Dieu fixé sur nous en infinie tendresse. \nLA MÉLODIE\nL’intonation se développe dans le grave. Il faut bien se garder de la faire triste ou sombre ; une nuance de vénération\, c’est tout. Notez que la cadence en do est bien majeure et quelle a même quelque chose d’aimable. Sur aspice\, la prière monte ; elle est ardente mais ne presse pas\, les porrectus et la clivis allongée y mettent je ne sais quoi de mesuré\, de retenu. Très réservée de même la reprise sur Deus qui\, elle aussi\, finit en une cadence toute empreinte de paix heureuse.\nRespice\, au début de la seconde phrase\, avec le sib\, le quilismas et la cadence en demi-ton\, a un caractère de supplication plus marqué qui se prolonge jusqu’à la fin de la formule finale mais sans atténuer l’atmosphère de sérénité et de paix. \nLa première phrase du verset ne comprend que Domine Deus virtutum. Est-elle une prière ? Peut-être seulement une contemplation éveillée dans l’âme par le mot Domine. Il est certain que les deux premières incises\, jusqu’au second quart de barre – un motif presque exclusivement réservé au Seigneur – n’ont rien de suppliant\, elles sont plutôt tout empreintes de joie paisible\, quant à la troisième\, cette superbe montée que nous avons déjà rencontrée si souvent\, elle peut être une ardente prière mais elle demeure enthousiaste. Il semble bien qu’ici\, comme en tant d’autres cas\, l’âme oublie un instant qu’elle demande pour contempler\, admirer\, louer le Dieu des vertus à qui elle s’adresse. \nPar contre\, la deuxième phrase\, en plein accord cette fois avec le texte\, est une vraie prière. Et très suppliante dès le début ; notez l’élan vers la virga au sommet de exaudi\, le pressus\, la distropha la répercussion\, et surtout la descente de preces par le sib qui ramène\, degré par degré\, l’humble vénération de la première partie. Il y a une reprise assez vive sur tuorum ; elle relance l’invocation qui trouve alors à se déployer à loisir sur la très belle formule finale\, à la fois si suppliante et si paisible. \nALLELUIA\nLE TEXTE\nSeigneur\, dans ta force\, il se réjouira le roi\, et\, dans ton salut\, il aura une joie extrême. Ps. XX. 1. \nLe Roi est revenu vainqueur ; le peuple s’en réjouit et rend grâce à Dieu. Il s’agit de David. On peut même penser à sa consécration car\, dans le verset qui suit\, on loue le Seigneur d’avoir posé sur sa tête une couronne d’or. Mais\, par delà le Roi d’Israël\, il s’agit du Christ qui reviendra victorieux de la mort et qui se réjouira de la force de Dieu qui l’a sauvé. Et dans le Christ il s’agit aussi de l’Église qui le continue et de ses membres qui\, rois et prêtres eux aussi\, reviendront un jour vainqueurs\, comme lui. \nC’est dans ce sens qu’il faut entendre ce texte. L’Église qui tout à l’heure  implorait l’aide de Dieu pour pouvoir pratiquer la perfection de la justice et de la charité\, sent soudain qu’elle est exaucée et\, dans sa confiance ravivée\, elle chante et le Christ qui se réjouit en elle et elle-même qui exulte en lui. \nLA MÉLODIE\nLa joie quelle exprime est une joie paisible\, intérieure\, contemplative. Elle n’éclate pas\, elle se dilate plutôt. L’âme jouit de son intimité avec le Seigneur ; elle n’en sort pas. \nDomine donne le ton dès le début\, il est comme un salut aimable\, heureux\, souriant ; toutes les notes et tous les neumes sont liés en courbes gracieuses. La même grâce souple se déploie sur in virtute tua ; enveloppant le pressus et la tristropha dans la même ligne harmonieuse. Des nuances de tendresse et de reconnaissance y passent\, mais délicates et sans altérer\, si peu que ce soit\, la pureté de la ligne mélodique. Laetabitur\, le mot de la joie\, se développe dans le grave sur une formule de Graduels du Ier mode\, qui le sert admirablement par son expression de plénitude. La remontée se fait en une belle progression\, réservée toujours\, et qui s’achève en une cadence en demi-ton sur rex qui se trouve ainsi enveloppé d’une nuance délicate de tendresse. \nVient alors dans la seconde phrase le beau motif\, deux fois répété\, de la contemplation\, car cette mélodie qui monte lentement\, et se déploie à deux reprises sur des trivirgas allongées est bien contemplative. L’âme ne dit plus rien. Sur la conjonction et\, elle se repose de penser\, elle aime seulement et\, tout naturellement\, elle chante ; elle chante un air qui s’élève doucement au rythme de son amour\, plane comme en des points d’orgue prolongés et redescend\, pour remonter avec une grâce achevée où passe tout la paix heureuse dans laquelle elle contemple son roi. Quand les mots reviennent\, le charme s’atténue\, mais l’atmosphère demeure. Vehementer n’a rien de véhément\, c’est dans le grave que se développe la mélodie et\, quand elle remonte pour s’étaler une dernière fois plus élargie encore sur la tonique\, c’est toujours la même joie paisible et profonde qu’elle chante. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nJe bénirai le Seigneur qui m’a donné l’intelligence. Je gardais Dieu en ma présence toujours. Puisque à ma droite il est \, je ne chancellerai pas. Ps. XV. 6\, 8.\nLe Psalmiste dit à Dieu sa reconnaissance parce qu’il lui donne de comprendre les choses dans leur vrai sens – c’est ainsi qu’il faut entendre intellectum. Et il explique la raison de cette assistance bienfaisante du Seigneur : « Je gardais Dieu en ma présence\, toujours ». Il continuera de vivre ainsi sous l’influence divine ; d’où sa confiance : « je ne chancellerai pas ». \nCet offertoire est chanté une première fois le lundi de la seconde semaine de Carême\, après l’Évangile dans lequel Notre-Seigneur dit aux juifs : « je ne fais rien de moi-même\, je dis ce que le Père m’a enseigné ». Il en est une belle paraphrase\, soit qu’on l’entende de Notre Seigneur qui bénit son Père de lui avoir révélé toutes choses et de le conseiller en tout\, soit qu’on l’entende de l’Église qui reçoit tout de l’Esprit du Christ\, et de nous tous qui recevons la même assistance si nous voulons user des dons. Ici\, il ne saurait être entendu que de l’Église et de nous. Elle remercie le Seigneur et nous remercions avec elle\, de nous donner la lumière qui nous fait comprendre les conseils de justice et de charité qu’il vient de nous redire et tous ceux que\, par son Esprit\, il ne cesse de nous prodiguer. \nLA MÉLODIE\nC’est encore la joie qui caractérise ce chant d’action de grâces. L’intonation en fait foi\, c’est celle du Gaudeamus\, du Jubilate et de tant d’autres chants d’allégresse.\nLe bel élan de Benedicam\, mesuré et souple\, va s’épanouir sur dominum en une longue tenue toute pénétrée de gratitude et d’amour. C’est la même ferveur reconnaissante qui se développe ensuite dans toute la phrase. Mihi est bien en relief\, mais c’est intellectum qui\, à la fin\, retient tout l’intérêt. Le motif est assez apparenté à celui de Dominum ; une sorte de point d’orgue que les répercussions étendent et qui se prolonge encore en une cadence élargie. Admirable expression\, l’ardeur monte vive du fa au do où elle se renforce et s’étale\, comme si l’âme voulait prolonger l’évocation de ce bienfait précieux entre tous qu’est l’intelligence de la parole divine. \nAu début de la seconde phrase\, la montée syllabique de providebam a quelque chose de vif ; on sent l’âme comme pressée de révéler ce qui lui a valu de pénétrer le sens profond des conseils divins. Elle insiste ensuite sur conspectu meo. Pour la troisième fois la mélodie épanouit son ardeur sur une bivirga ; mais cette fois\, elle module en fa ce qui lui permet par une remontée au si b d’envelopper semper d’une belle nuance de plénitude heureuse : l’âme prend conscience de toute la joie qu’elle goûte dans cette présence continuelle du Seigneur et dans le colloque d’amour qui naît entre elle et lui. \nLa troisième phrase est assez différente des deux autres. C’est une sorte de réflexion. L’âme tire la conséquence de la présence divine : elle n’a pas à craindre de tomber. Toutefois à partir de dextris\, cette réflexion est plus faite d’amour que de raison. Après avoir mis le mot en un très fort relief\, la mélodie descend brusquement et mihi se trouve dans le grave. L’âme soudain toute confuse d’une telle faveur se perd en humble révérence et s’efface. Elle ne se relève plus et\, sur le dernier mot\, chante en de longs neumes très liés\, le bonheur de sa sécurité dans l’amour. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nUne seule chose j’ai demandée au Seigneur\, je la demanderai avec instance : que j’habite dans la maison du Seigneur tous les jours de ma vie. Ps. XXVI. 4 \nC’est encore le Psaume XXVI. Après avoir exprimé sa confiance en Dieu dans une ardeur de bravoure au cours des premiers versets\, le Psalmiste laisse monter son désir\, son unique désir; ce n’est pas le triomphe\, ni la gloire\, mais d’habiter au Temple\, d’être l’hôte du Seigneur\, de vivre près du lieu où il se manifeste et de ne pas le quitter.\nPour nous\, le Temple c’est le Ciel\, en dernier ressort c’est ce que l’âme demande ici. Au moment où elle a en elle le Christ\, après avoir\, tout au long de la messe\, sollicité le secours du Seigneur pour pratiquer la perfection de la charité\, se rendant compte de toutes les difficultés qu’en comporte la pratique et enivrée d’amour aussi au contact de l’Eucharistie\, elle reprend l’ardente supplication de la collecte et laisse jaillir son désir du Ciel où tout ne sera qu’amour partagé dans la Béatitude. \nLA MÉLODIE\nL’intonation est toute simple\, mais\, après une très gracieuse inclination\, pleine de respect\, sur le nom du Seigneur\, le désir monte. C’est comme un jaillissement d’amour ardent ; splendide élan qui franchit l’octave du fa au fa et s’épanouit en pleine ferveur sur le pressus. La détente se fait sur des formules communes mais avec un pression délicate sur les virgas des sommets.\nEt voici qu’au début de la deuxième phrase\, le cri reprend et se prolonge sur toute l’incise. La mélodie\, presque syllabique\, s’est allégée et le mouvement emporte les mots les uns après les autres sur la teneur extrême du mode en une ardeur qui est comme pénétrée à l’avance de la joie désirée. Puis la détente se fait de plus en plus paisible sur le même motif que dans la première phrase. Sur les neumes qui descendent\, très liés\, très simples\, vers la tonique\, l’âme berce la joie de son espoir en l’amour sans limite et sans fin qui sera sa vie à jamais dans la maison du Père. \n  \n\nCantiques pour tous les temps\nPolyphonies pour tous les temps\n\n  \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Sixième Dimanche après la Pentecôte
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n\n\n\nLEÇONS DES MATINES : Nathan reproche à David son péché (II Rois XII) \n\n\n\nÉpître : Nous sommes ensevelis dans le Baptême pour mourir\, afin que\, comme le Christ ressuscité\, nous marchions dans une vie nouvelle. (Rom. VI. 3\, 11) \n\n\n\nÉVANGILE : Multiplication des pains (Marc VIII. 1\, 9) \n\n\n\nIDÉE centrale : Il semble que ce soit l’idée de notre incorporation au Christ qui se dégage de l’ensemble des textes. \n\n\n\nLa collecte nous fait demander en premier lieu que Dieu insère en nous – notez le mot insérer – l’amour de son nom ; c’est-à-dire sa puissance d’aimer qui est l’Esprit du Christ. Caritas Dei diffusa est in cordibus vestris per Spiritum Sanctum ; puis qu’il augmente en nous la religion : la vertu qui nous unit à Dieu à travers le Christ ; alors\, en retour\, Dieu\, par sa grâce\, nourrira et conservera en nous ce qui est bon. En quelques mots\, c’est toute notre transformation dans le Christ que l’Église sollicite là pour nous. \n\n\n\nC’est cette transformation que St Paul nous présente dans l’Épître. Elle s’opère par le Baptême\, mais comme en deux stades. Le premier\, nous appliquant les mérites de la mort du Christ\, ensevelit avec lui dans sa mort le principe de notre vie de péché. Le second insère en nous sa vie de ressuscité : cette puissance qui lui fait connaître le Père\, l’aimer et trouver en lui sa Béatitude. \n\n\n\nCe deuxième stade est l’effet propre de l’Eucharistie dont la grâce nous est appliquée à l’avance lorsque nous recevons le Baptême. L’Évangile nous remet en mémoire la première annonce qui fut faite de ce sacrement de vie. Le Christ nous donne la pain qui nourrit précisément l’union établie entre lui et nous qui doit croître jusqu’à l’éternité où elle s’épanouira en plénitude et à jamais. \n\n\n\nINTROIT\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nLe Seigneur est la force de son peuple et le protecteur qui sauve son Christ. Sauve ton peuple\, Seigneur\, et bénis ton héritage. Et gouverne les tiens jusqu’au siècle sans fin. Ps. – Vers toi\, Seigneur\, je pousserai mon cri. Mon Dieu\, ne sois pas silencieux à mon égard. De peur\, que si tu ne me parles pas\, je sois assimilé à ceux qui descendent vers le lac. Ps. XXVII. 8\, 9\, 1. \n\n\n\nL’ordre de ces trois versets est ici interverti. Le Psaume XXVII en effet est d’abord une prière personnelle : « Je crierai vers toi Seigneur »… Ce n’est que dans la dernière strophe que le Psalmiste se met à prier pour le peuple et pour le Roi : Christus\, le consacré du Seigneur et son représentant. Dans cette prière pour tous – qui forme ici le corps de l’Introït – il y a deux idées. D’abord un acte de confiance en la puissance protectrice de Dieu : « Le Seigneur est la force de son peuple… »\, puis la supplication proprement dite ; « Sauve ton peuple\, bénis-le\, guide-le… » \n\n\n\nIl n’y a rien à ajouter à leur sens littéral pour faire entrer ces versets dans la liturgie de ce Dimanche ; il faut seulement les adapter au « jeu ». C’est l’Église qui prie. Elle fait d’abord confiance à Dieu qui est sa force et qui la protège\, car Christi sui doit être entendu du Christ et de tous ses membres. Après cette affirmation de sa foi\, elle demande d’être sauvée\, bénie\, guidée par Dieu qui est à la fois son Seigneur et son Père. \n\n\n\nL’objet de la prière est d’ordre général mais il reste loisible\, et c’est facile\, de le préciser en le faisant rejoindre l’idée centrale de la messe. C’est alors une plus parfaite incorporation au Christ que l’Église demande pour ses membres. Être sauvé dans le Christ\, béni dans le Christ\, guidé à travers le Christ\, vers le Père\, ce n’est pas autre chose\, en effet\, que d’être en lui et un avec lui. \n\n\n\nLe Psaume\, avec son caractère de prière personnelle\, rentre ici dans la prière collective avec le même objet. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nLa première phrase est assurée\, ferme comme une proclamation. Bien posée dès le début sur le salicus de Dominus\, la mélodie monte sans exaltation\, mais animée d’une joie antérieure qui la fait s’épanouir en un très bel accent de sécurité forte et de fierté heureuse sur la double note de plebis tuae. Dans l’incise qui suit\, la joie s’y mêle\, une joie paisible qui domine peu à peu dans les neumes à grands intervalles jusqu’à ce que vienne Christi sui\, le nom béni du consacré ; alors\, une vénération aimante enveloppe les neumes qui\, par degrés conjoints\, et retenus par le quilismas et la cadence descendent vers le grave\, prostrant l’âme en adoration. \n\n\n\nLa deuxième phrase est toute prière. Du la grave\, où l’avait conduite l’humble respect pour le Christ\, la mélodie remonte dans un élan modéré mais fervent vers le pressus du fac\, puis redescend\, pour s’élever à nouveau\, plus pressante cette fois\, sur tu et sur Domine qu’elle établit sur la dominante en leur donnant un accent qui insiste\, mais dans une sérénité accrue. \n\n\n\nC’est cette paix heureuse que donne l’assurance d’être entendu favorablement\, qui caractérise la dernière phrase. Il n’y a presque plus de pression ; l’Église sait qu’elle a pour elle les promesses du Christ\, elle ne fait plus\, semble-t-il\, que les rappeler au Père. Notez benedic hereditati qui s’impose presque\, avec tout juste une nuance délicate qui sourit plus qu’elle ne demande\, et rege eos avec l’accent léger\, joyeux de rege et la tristropha qui enveloppe de douceur eos – les siens -\, et pour finir la belle cadence de usque in finem qui évoque\, en l’élargissant\, le genui te si aimable de l’Introït de la Messe de minuit. Aussi bien\, tous les mots qui désignent le Corps Mystique\, sont enveloppés de tendresse et de force : plebis suae christi sui\, populum tuum hereditati tuae\, eos. \n\n\n\nGRADUEL\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nRetourne-toi (vers nous) Seigneur. Jusques à quand? (seras-tu irrité ?) Et sois propice à tes serviteurs. Verset. – Seigneur\, un refuge tu t’es fait pour nous\, de génération en génération. Ps. LXXXIX. 13\, 1 \n\n\n\nLe Psalmiste dans le Psaume LXXXIX\, après avoir demandé au Seigneur de ne pas rester détourné de son peuple\, lui pose une question\, qui est en même temps une plainte et une prière délicate : « jusques à quand resteras-tu fâché ? » Puis il insiste à nouveau pour qu’il le protège\, comme il l’a fait\, de génération en génération. \n\n\n\nIl n’y a rien à ajouter ici à ce sens littéral. \n\n\n\nCe Graduel est chanté une première fois le samedi des Quatre-Temps de Carême après la troisième leçon. Il est vraiment à sa place au début de cette période de pénitence. Ici de même\, après l’Épître. Saint Paul nous dit que\, par le Baptême\, nous avons été plongés dans la mort du Christ. Nous y restons plongés et\, chacun le sait\, ce n’est que très lentement que cette mort tue en nous les concupiscences mauvaises\, parce que\, à chaque instant\, nous retournons\, sérieusement ou à la légère\, à la vie de péché. Sortir ainsi du Baptême\, c’est sortir du Christ\, ou s’en éloigner\, ou\, tout au moins\, se soustraire à son influence. Nous faisons ainsi Dieu se détourner plus ou moins de nous.. malgré lui. C’est le pardon de ces infidélités à notre Baptême que nous demandons au Seigneur. Qu’il se retourne une fois de plus et\, sa grâce aidant\, nous nous replongerons dans sa mort continuant de mourir en lui\, pour vivre avec lui\, à jamais. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nDès l’intonation\, elle est très priante\, avec la double note – une bivirga épisématique – qui conduit la voix en progression vers la suivante\, retenue\, elle\, par le quilisma. Il y a là une insistance\, à la fois humble et pressante. La belle formule de Domine\, que nous avons déjà trouvée dans le graduel Propitius esto\, dimanche dernier\, vient s’y joindre et continuer délicatement la pression. La mélodie\, nettement établie en la\, s’élève alors\, ardente\, sur aliquantulum. C’est un très beau motif\, que la double note du début et la grande montée de la cadence font fort et suppliant. Il rend fort bien le ton direct de cette question qui est à la fois une prière et une plainte. \n\n\n\nLa mélodie se détend ensuite sur deprecare\, non sans un retour à la dominante\, très heureux d’ailleurs car il met sur le mot un bel accent de prière. Mais c’est peut-être sur la distropha et la répercussion de la cadence finale que la supplication est la plus émouvante. \n\n\n\nLa formule de Domine est celle de Pro patribus dans le Graduel Constitues eos. Nous l’avons déjà trouvée dans le Graduel Benedictus es du Dimanche de la Sainte Trinité. Elle formait là une très belle louange. L’auteur\, ici\, en supprimant la montée de fa à do et en attaquant directement sur la dominante\, en a fait une admirable prière. Le contact immédiat avec le si par le do et le la lui donne en effet une nuance de mineur qui\, pour être fugitive\, ne lui donne pas moins quelque chose de plaintif qui la fait délicatement suppliante\, jusqu’à ce qu’elle retrouve la fa et sa sérénité ; sérénité fugitive\, elle aussi\, car la supplication monte à nouveau et devient\, sur les doubles notes de refugium\, d’une ardeur qui touche à la véhémence\, ardeur qui se renouvelle d’ailleurs sur factus est et non moins forte. Un beau dégradé ramène alors la mélodie à la tonique où elle devient\, sur le récitatif de generatione et progenie\, apaisée et toute humble. Le chœur reprend pour finir la formule finale\, si expressive\, de la première partie. \n\n\n\nALLELUIA\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nEn toi\, Seigneur\, j’ai espéré\, je ne serai pas confondu à jamais. Dans ta justice\, libère-moi. Incline ton oreille\, hâte-toi de me délivrer. Ps. XXX. 2\, 3. \n\n\n\nCes deux versets très simples ont le même sens que ceux du Graduel et nous font demander en fait la même chose : que nous soyons délivrés de tout ce qui empêche la mort du Christ\, mise en nous par le baptême\, de produire son effet. \n\n\n\nLA MELODIE\n\n\n\nElle s’élève sur Domine en un mouvement très simple qui\, après s’être incliné une nuance de vénération aimante sur la dernière syllabe\, se redresse et va s’épanouir sur la tristropha de speravi. Il y met un accent qui affirme la confiance inébranlable de l’âme et qui demande déjà ce qu’elle ne dit pas encore\, puis il s’achève en une cadence admirable\, toute nuancée d’intime tendresse. De cette cadence\, la mélodie s’élève à nouveau\, assurée\, forte\, insistant sur non confundar ; notez la demi-cadence si ferme sur sol et tout le mot æternam qui va vers la cadence du IVe mode\, prolongeant la confiance en une sorte d’évocation de l’Éternelle Bonté de notre Dieu qui sera à jamais sur nous parce qu’il nous l’a promise. \n\n\n\nAvec la seconde phrase\, commence la prière proprement dite. La première demande est très courte. La mélodie s’élève progressivement sur in justitia dont elle renforce l’accent par une distropha\, mais la supplication est toute sur les quatre dernières notes de libera me ; une pour chaque syllabe. Il y a dans la nudité de cette cadence quelque chose d’émouvant. Elle est très humble\, et en même temps on y sent comme la fatigue de l’âme et le poids de tout ce qui l’alourdit et la retient à la terre de concupiscence. \n\n\n\nLa troisième phrase reprend la première. C’est une prière\, au lieu d’un acte de confiance\, mais il n’y a entre les deux qu’une nuance\, nous l’avons dit. Il faut seulement noter le mot accelera qui\, par sa cadence\, prend un beau caractère de pression délicate. La formule finale est très priante\, comme l’est l’Alleluia qu’elle reproduit. \n\n\n\nOFFERTOIRE\n\n\n\nC’est celui du Dimanche de la Sexagésime. \n\n\n\nNous disions alors qu’il entrait dans la liturgie de ce jour soit comme paraphrase de l’Évangile\, soit comme un chant d’oblation accompagnant la cérémonie de l’offrande. \n\n\n\nIci\, il est les deux à la fois\, car l’Évangile de la multiplication des pains est l’annonce de l’Eucharistie. Notre-Seigneur avait nourri par miséricorde les quatre mille Juifs qui le suivaient ; enthousiasmés ils continuèrent de le suivre jusqu’à ce qu’il leur expliquât quelques jours plus tard que ce miracle était l’annonce d’un autre pain qui serait son corps et qui donnerait la vie éternelle ; alors\, ne comprenant rien à la spiritualité de ce langage\, ils le quittèrent. \n\n\n\nIl n’y a pas que des douceurs dans l’Eucharistie. C’est un sacrement qui engage. Il faut se donner au Christ pour qu’il nous incorpore à lui\, et cela aussi est dur à la nature. Il faut l’aide du Seigneur pour y arriver. En donnant à cet offertoire le sens précis d’une prière pour que l’union réalisée avec le Christ ne se brise pas\, on le fait entrer\, sans forcer les mots\, dans l’idée de l’Évangile\, du sacrifice et de toute la messe. \n\n\n\nCOMMUNION\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nJ’entourerai (l’autel) et j’immolerai dans son tabernacle une hostie de joie. Je chanterai\, et un psaume je dirai au Seigneur. Ps. XXVI. 6 \n\n\n\nCes mots expriment l’ardente reconnaissance de l’âme. Elle a demandé au Seigneur depuis le début de la messe de l’aider à se débarrasser des obstacles qui s’opposent à son union ave lui ; à ce moment\, ils sont écartés\, l’union est réalisée par le sacrement. Elle est heureuse. Elle a l’Amour. Le lien est plus serré entre Dieu et elle\, elle est nourrie\, elle est gardée… Elle chante sa gratitude. \n\n\n\nLA MELODIE\n\n\n\nDès le premier mot\, les intervalles larges et pleins traduisent le bonheur de l’âme ; un bonheur profond\, mais si ardent qu’il a de la peine à demeurer dans l’intimité. La mélodie en effet se dégage\, s’allège tout de suite sur immolabo. Elle s’étend un instant sur tabernaculo ejus parce que la sainteté des mots la retient\, mais elle monte toujours\, poussée par un souffle de joie de plus en plus intense qui la fait se développer\, en une progression admirable d’enthousiasme\, vers hostiam ; le mot qui dit tout\, car la victime qu’elle immolera sans cesse dans la joie\, c’est elle. \n\n\n\nLa seconde phrase\, elle\, est plus grave. Il ne s’agit plus du sacrifice\, mais de la louange\, qui doit être intérieure aussi bien qu’extérieure et qui requiert toujours\, pour être parfaite\, l’amour dont elle n’est que l’expression. Toute cette partie\, notamment le mot dicam\, est pénétrée de cette discrétion\, de cette intimité en laquelle s’épanche sans cesse la gratitude extasiée\, de l’âme qui sait aimer.  \n\n\n\n\nCantiques pour tous les temps\n\n\n\nPolyphonies pour tous les temps\n\n\n\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Septième dimanche après la Pentecôte
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron. \n\n\n\nINTROÏT \n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nToutes les nations\, battez des mains. Acclamez Dieu en un cri de jubilation. Ps. – Car Dieu\, très élevé\, est terrible; Grand Roi sur toute la terre. Ps. XLVI. 2\, 3. \n\n\n\nCes versets du Psaume XLVI\, qui chante le retour triomphal du roi\, surprennent en ce simple Dimanche après la Pentecôte. \n\n\n\nOn ne saurait dire comment cet Introït\, qui fut autrefois celui de la Vigile de l’Ascension\, est entré dans cette messe du VIIe Dimanche. Peut être y fut-il amené par la lecture du récit de l’avènement de Salomon qui faisait sans doute partie des leçons de Matines autrefois. Quoi qu’il en soit\, c’est l’Église qui incite les peuples à louer le Seigneur\, dans la joie de la moisson\, pour tous les bons fruits qu’il a fait produire à la terre : ceux des plantes et des arbres\, car c’est le temps où ils mûrissent et ceux du monde spirituel dont il nous sera parlé\, à savoir\, les âmes que le Seigneur cueille et fait monter dans son grenier\, près du Fils déjà arrivé\, premier de l’immense moisson. \n\n\n\nLA MÉLODIE \n\n\n\nElle nous ramène la joie des Dimanches après Pâques. Quelle belle invitation\, vibrante\, pénétrée de cette force communicative qui entraîne d’elle-même ! \n\n\n\nQu’y a-t-il dans les trois premières notes : de l’autorité ? ou seulement une insistance qui veut convaincre ? Ne serait-ce pas plutôt que l’Église condense sa joie sur cette trivirga avant de la laisser monter ? Dans toute cette première phrase en effet\, la mélodie demeure dans le grave et s’étale plutôt qu’elle ne monte. L’exaltation ne commence\, et combien discrètement\, que sur l’accent de plaudite qui\, lui\, vraiment\, sonne comme un claquement de mains. Mais comme elle monte enthousiaste\, exubérante sur Jubilate ! forte et légère à la fois. Deo se courbe plein de vénération et la joie\, redevenue grave\, se continue jusqu’à la fin à travers les intervalles pleins de sérénité du VIe mode. \n\n\n\nQuelle que soit l’interprétation que l’on donne aux notes longues de omnes elles doivent être bien posées; ce sont trois virgas épisématiques\, et c’est encore une virga qui se joint au podatus qui suit\, juste avant le porrectus. Par contre\, tout le reste de l’incise est léger. La double note plaudite est aussi une bivirga épisématique; l’articulation sera ferme. Toute la phrase d’ailleurs doit avoir une vie intense et le mouvement entraînant de tout invitation joyeuse. \n\n\n\nGRADUEL \n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nVenez\, enfants\, écoutez moi. La crainte du Seigneur je vous enseignerai. Verset. – Allez à lui et vous serez rassasiés. Et nos visages ne seront pas couverts de honte. Ps. XXXIII. 12\, 6. \n\n\n\nDavid\, dans le Psaume XXXIII\, chante d’abord sa reconnaissance; il a prié\, il a été exaucé. Il veut ensuite faire profiter les autres de son expérience. Il les appelle et leur dit ce qu’ils doivent faire pour avoir le bonheur qu’il a eu : pratiquer la crainte du Seigneur. Pas la crainte qui fait fuir ou qui rend défiant\, timide\, mais celle qui n’est que le souci de ne pas déplaire ou\, mieux encore\, ce mélange mystérieux de respect et de tendresse familière qui va naturellement de l’enfant au Père : « Allez au Seigneur et vous sentirez votre âme en paix\, et votre visage brillera de joie ». \n\n\n\nIci\, ne n’est plus David qui parle. Dans la première partie\, c’est le Christ. Il nous invite à écouter la sagesse qui lui est venue du Père et qu’il nous disperse\, par l’Église et par son Esprit dans l’intime de notre âme\, lorsque nous allons à lui. Dans le verset\, c’est l’Église qui nous pousse à suivre l’invitation. « Allez à la parole divine\, elle dilatera votre cœur et votre visage. » \n\n\n\nLe Graduel conduit ainsi tout droit à l’Évangile où le Christ va nous faire entendre sa divine Sagesse. \n\n\n\nLA MÉLODIE \n\n\n\nIl y a dans l’intonation une douceur aimable et aimante qui est bien dans le ton du Christ-Jésus. Notez la double note de Venite avec sa délicate pression\, les neumes qui se succèdent par degrés conjoints dans la tierce majeure fa la et l’épisème horizontal de filii qui fait la cadence retomber avec une grâce si attirante. Audite me a le même caractère\, et prend bien\, autour de la dominante\, un peu plus de vie\, mais l’invitation n’est pas poussée\, elle demeure aimable et douce. \n\n\n\nLa deuxième phrase a moins le caractère d’un appel. C’est comme un chant de joie dans lequel le Christ laisse passer le bonheur qu’il aura à nous faire connaître et expérimenter cette révérence toute pénétrée d’amour qui fait la béatitude des élus devant la face de Dieu. La cadence sur vos qui achève cette si fluante thésis est très caractéristique de ce bonheur profond qui s’épanouit d’ailleurs à loisir sur la belle formule de la fin. \n\n\n\nLe Verset. \n\n\n\nL’invitation ici est d’abord très ardente. Les trois notes de accedite qui vont d’un trait à la dominante et appuient leur élan sur la bivirga qui fait pressus\, nous poussent vraiment\, mais ce n’est qu’une nuance\, très heureuse d’ailleurs. La longue vocalise qui suit revêt\, presque aussitôt qu’elle commence\, un caractère contemplatif. L’Église\, prise par ce qu’elle sait de cette sagesse du Christ dont elle a l’expérience de tous les instants chante le bonheur qu’elle y goûte; c’est sa joie et son amour qui montent vers eum et\, à nouveau\, plus extasiés encore\, sur illuminamini. A la fin de la phrase\, elle semble se ressaisir. Très simplement\, mais toujours dans le joie\, elle revient à ceux qu’elle invite et leur dit que le bonheur qu’ils goûteront près du Seigneur se reflétera jusque sur leur visage. \n\n\n\nALLELUIA \n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nCe sont à nouveau les paroles de l’Introït. Chantées après le Graduel\, elles peuvent être entendues comme une invitation à nous réjouir d’avoir\, dans la personne de Notre-Seigneur et dans son Église\, la Sagesse de Dieu toujours à notre portée. \n\n\n\nLA MÉLODIE \n\n\n\nElle ne ressemble en rien à celle de l’Introït\, non seulement du point de vue de la forme\, il va de soi\, mais du point de vue de l’expression; du moins dans la première phrase. Le long développement de gentes fait l’invitation plus persuasive qu’entraînante\, encore que le salicus de omnes et la trivirga de gentes – car c’en est une – aient une force bien accentuée. La joie aussi est moins vive\, moins éclatante\, moins extérieure. L’Église semble s’y complaire au lieu d’avoir le souci de la communiquer. Elle est bien là tout de même\, dans la courbe gracieuse qui couronne le sommet de gentes\, dans le motif si simple\, si léger de plaudite\, deux fois répété et qui va s’épanouir en une grâce achevée sur les hauteurs\, enfin dans la retombée si mesurée et si souple de manibus. \n\n\n\nTout change brusquement\, au début de la seconde phrase. La montée vers le si fortement accusée par le pressus\, donne à jubilate un élan de vie qui\, cette fois\, cherche vraiment à se communiquer. L’invitation\, du coup\, devient pressante\, et de plus en plus\, à mesure que la mélodie se développe sur la montée de Deo et sur les pressus de voce. Sur exultationis la joie pure\, peu à peu\, domine à nouveau. L’entrain est toujours là\, mais sans avoir le souci d’entraîner\, si l’on peut dire; la joie se suffit\, elle entraîne par elle-même. \n\n\n\nOFFERTOIRE \n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nComme un holocauste de béliers et de taureaux et comme (l’holocauste) de mille béliers gras\, qu’ainsi soit notre sacrifice en ta présence aujourd’hui\, afin qu’il te plaise\, car il n’y a pas de confusion pour ceux qui se confient en toi\, Seigneur. Daniel. III. 40 \n\n\n\nC’est l’invocation d’Azarias\, debout au milieu de la fournaise dont les flammes s’écartent autour de lui. Il prie au nom de ses deux compagnons avant qu’ils ne se joignent à lui dans le cantique Benedicite. « Il n’y a plus pour nous ni prince\, ni chef\, ni prophète\, ni holocauste\, ni sacrifice\, ni oblation\, ni encens\, ni endroit pour apporter devant toi les prémices\, afin que nous puissions obtenir miséricorde. Mais\, Seigneur\, reçois-nous le cœur contrit et l’esprit humilié… comme tu reçois un holocauste de béliers… que notre sacrifice soit devant toi… » Le prêtre récite cette admirable prière incliné\, après l’offrande du vin\, à la messe. \n\n\n\nCeci indique assez que cet offertoire a été fait plutôt pour accompagner l’offrande du sacrifice\, que pour paraphraser l’Évangile. Mais en fait il réalise les deux car cette offrande extérieure n’est que le symbole de l’offrande de nous-même qui se fait au fond de l’âme\, et celle-ci\, c’est le bon fruit dont Notre-Seigneur parle dans l’Évangile et que le Père accepte dans la joie. \n\n\n\nL’église\, dans ses difficultés de toutes sortes qui sont sa vie et la vie de ses membres\, le chante comme le chantaient les trois enfants dans la fournaise\, dans la même confiance\, englobant dans cette offrande tous les sacrifices de tous ses membres qui\, ici et là\, à chaque seconde\, viennent se mêler au sacrifice du Christ et s’ajouter aux sacrifices très imparfaits des taureaux\, à celui des trois enfants\, à ceux de tous les juifs et de tous les Chrétiens pour former devant le Père\, qui les voit tous de son regard divin\, le fruit du bon arbre de la terre qu’est la Croix sur laquelle meurt le Christ. \n\n\n\nLA MÉLODIE \n\n\n\nC’est un chant très simple\, une prière qui offre\, mais sans pression\, et qui s’achève dans un acte de confiance en la justice de Dieu. \n\n\n\nLe caractère de prière est accusé dès l’intonation par la montée de sicut\, retenue\, grave\, et à laquelle le sib donne un ton d’humble révérence très à sa place; c’est le premier thème. \n\n\n\nIl y a une progression assez nette sur et taurorum\, elle s’accentue sur le second sicut en proportion de la valeur des victimes; notez le thème de l’intonation repris à la quarte supérieure. La cadence de cette première phrase va devenir le second thème\, repris en progression sur fiat et sur sacrificium. \n\n\n\nC’est l’offrande proprement dite. La supplication est un peu plus poussée. Elle prend de l’éclat sur in conspectu\,  avec une note de joie qui l’éclaire\, et où l’on trouve déjà la confiance qui va chanter dans la dernière phrase. La cadence se fait sur le troisième thème. Il est assez apparenté au second mais s’achève sur  un motif du Ve mode paisible\, assuré\, et qui donne quelque chose d’aimable\, de familier à la prière. \n\n\n\nCe thème est repris sur quia non au début de la phrase suivante\, comme le second l’a été au début de la deuxième phrase\, après avoir été annoncé à la fin de la première. \n\n\n\nOn l’entend à nouveau sur confidentibus in te Domine. Il est prolongé là par un très beau motif\, deux fois répété\, qui achève l’offertoire dans une atmosphère de paix nuancée de tendresse. \n\n\n\nCOMMUNION \n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nIncline ton oreille\, hâte-toi\, afin de nous délivrer. Ps. XXX. 2\, 3. \n\n\n\nC’est la fin de l’Offertoire du dimanche précédent. Prière très simple de l’âme qui sent tout ce qu’a de difficile la production du bon fruit\, tout ce qui s’oppose à sa croissance\, et qui\, prise par la béatitude que met en elle la grâce du sacrement\, demande au Christ-Jésus de la délivrer de tout ce qui retarde la moisson de mûrir… et d’être engrangée dans les greniers du Père. \n\n\n\nLA MÉLODIE \n\n\n\nLa première phrase est toute simple\, avec une cadence sur le la qui en fait une prière d’une extrême délicatesse. \n\n\n\nElle prend\, dans la seconde phrase\, le ton suppliant d’un enfant qui presse plus qu’il n’exige. La cadence de accelera prépare le mot de la prière\, qui se fait insistante par la triple répétition du petit motif sol la sol fa et\, plus encore\, par la dernière note qui arrive sur mi avec toute la force de la supplication. \n\n\n\n\nCantiques pour tous les temps\n\n\n\nPolyphonies pour tous les temps\n\n\n\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Huitième dimanche après la Pentecôte
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n  \nINTROÏT\nLE TEXTE\nNous avons reçu\, ô Dieu\, ta miséricorde au milieu de ton temple. Comme ton nom\, ainsi ta louange s’étend jusqu’aux confins de la terre. De justice est pleine ta main. Ps. – Grand est le Seigneur et digne de louange dans le Cité de Dieu sur la montagne sainte. Ps. XLVII\, 10\, 11\, 1. \nLe Psaume XLVII est un cantique de pèlerinage à Jérusalem. Il commence par un cri d’admiration : « Grand est le Seigneur. » Suit la description de la ville. Il y a alors\, pour le moment où le pèlerin est dans le Temple\, une strophe qui chante sa reconnaissance. « Nous avons reçu\, ô Dieu\, ta miséricorde au milieu de ton Temple… Ta louange est partout car ta main est pleine de justice ». Et par ce dernier mot\, est évoquée sans doute la fidélité de Dieu à ses promesses. \nÉvidement\, il ne s’agit pas ici du Temple de Jérusalem\, encore qu’il ait été le sujet des leçons de Matines. Ces versets du psaume n’ont d’autre objet que de dire à Dieu notre reconnaissance pour les grâces innombrables que nous avons reçues de lui. \nEn tout premier lieu\, pour le don de son Esprit qui a mis en nous la vie divine et qui l’entretient et qui nous pousse\, par son action incessante\, à la vivre à plein…Et pour tout le reste que chacun sait pour soi. \nCes grâces\, nous les avons reçues dans son Temple : qu’on l’entende des Églises matérielles ou de l’Église spirituelle ou seulement de notre âme qui est bien le Temple du Dieu vivant. \nAinsi\, pour tout ce qu’il lui a dispensé\, à elle et à chacun de ses membres\, l’Église remercie Dieu par ce chant de louange qu’elle voudrait voir s’étendre aussi loin que son nom : jusqu’aux extrémités du monde. \nLA MÉLODIE\nLa première phrase est douce\, tranquille. C’est une évocation toute simple des heures qui furent remplies des dons de Dieu. L’âme la chante dans le joie\, sur le motif du Gaudeamus et du Jubilate et de tant d’autres chants d’allégresse. Une nuance de ferveur reconnaissante s’élève sur misericordiam mais c’est la joie qui domine\, fraîche\, souriante; notez les fines broderies de in medio templi tui et la cadence en fa. \nDe ces souvenirs heureux\, la louange jaillit soudain éclatante\, enthousiaste. L’âme\, exaltée\, fait monter la mélodie en un bond hardi\, pour célébrer le nom divin qu’elle enveloppe ensuite de pieux respect sur tu Deus. \nPuis elle expose son souhait  ita et laus tua. Avec fermeté et emphase à la fois\, notez la double note – une bivirga\, – le torculus élargi\, la ferveur du pressus de tua. La phrase s’achève comme la première\, fines terrae rimant avec templi tui. \nLa troisième phrase est d’un caractère tout différent. Liée de très près à la précédente\, elle est comme un témoignage à la sagesse de Dieu. La mélodie demeure dans le grave\, comme si l’âme évoquait\, dans sa vie intime\, les innombrables fidélités du Seigneur qui fondent sa louange et sa joie. \n  \nGRADUEL\nLE TEXTE\nSois pour moi un Dieu protecteur et un lieu de refuge\, afin que tu me sauves. \nVerset. – O dieu\, en toi j’ai déjà espéré. Seigneur\, non\, je ne serai pas confondu à jamais. Ps. XXX\, 3\, 4\, 1. \nLe Psaume XXX est devenu le Psaume de l’abandon absolu dans la paix depuis que Notre-Seigneur s’est servi du verset 6e pour exprimer à son Père\, au moment où il allait mourir\, la remise de son âme pacifiée : In manus tuas commendo spiritum meum. \nCes trois versets forment une prière tout empreinte de confiance qui est bien à sa place après l’Épître. Saint Paul nous dit en effet que\, si nous voulons suivre l’Esprit dans la voie de la mortification où il nous guide\, nous serons vraiment les enfants de Dieu et ses héritiers. Cette mortification de toute notre vie pourrait nous effrayer\, mais il y a le Père\, et ce n’est pas un Esprit de crainte que nous avons reçu mais un Esprit de confiance filiale. Alors\, nous l’appelons le Père\, et nous lui demandons de nous recevoir comme un refuge où toute crainte s’évanouit. \nLA MÉLODIE\n« La première partie se déroule dans une atmosphère de douceur\, de tendresse joyeuse\, de paix abandonnée. Il n’y a pas d’angoisse\, pas de supplication ardente; on sent que l’âme est sûre d’être exaucée; mieux encore\, qu’elle l’est déjà… C’est moins une prière proprement dite qu’une sorte de parole d’amour dans laquelle l’âme demande uniquement pour recevoir une réponse où sera la tendresse de l’aimé. D’où le caractère d’intimité heureuse qui est partout ». \nNous écrivions ceci de l’Introït de la Quinquagésime. Nous pouvons l’écrire de ce graduel. Le texte est le même. La mélodie a une forme différente mais c’est bien le même climat. Notez la paix heureuse de la première phrase\, avec sur protectorem une douce pression qui s’achève dans le grave en une nuance de bonheur profond. Un désir plus ardent monte sur refugii\, mais dans la paix toujours; ce n’est pas un refuge contre l’ennemi qui menace que l’âme demande\, mais un lieu de repos : les bras du Père pour s’y enfouir et y être à jamais. \nLa dernière phrase ut salvum me facias a bien la même joie assurée et baignée de tendresse abandonnée. \nLE VERSET\nIci la joie est plus extérieure\, plus exaltée. L’âme ne demande plus; elle a reçu ce qu’elle demandait\, elle est dans les bras du Père\, bien gardée; elle exulte. Le bel élan qui l’emporte sur Deus in te speravi\, en pleine joie\, en plein amour\, qui s’épanouit un instant sur cette cadence suspendue do re\, lumineuse et simple comme un sourire\, et qui l’emmène se complaire dans une tendresse baignée de gratitude sur les neumes de Domine multipliés et retenus avec ferveur. \nPuis c’est l’affirmation\, la certitude absolue posée sur non et qui devient tout de suite\, sur le motif de confundar la joie légère\, exubérante de l’espoir enfin comblé. Le chœur reprenant sur in æternam chante l’éternité. Il y a dans cette formule finale\, commune mais très belle\, quelque chose de profond qui sert vraiment bien le mot. \nALLELUIA\nLE TEXTE\nGrand est le Seigneur et très digne de louange\, dans la cité de notre Dieu\, sur sa montagne sainte. Ps. XLVII\, 1. \nC’est l’exclamation qui commence le Psaume des pèlerins. Elle chante la grandeur de Dieu qui se dégage de la Cité\, posée sur le Mont Sion comme le trône terrestre du Tout-Puissant. \nSion était l’image du ciel\, la figure de cette Jérusalem céleste où nous allons\, nous aussi\, pèlerins de toute notre vie\, pour y recueillir l’héritage du Père que nous autorise à réclamer l’Esprit qui nous a faits ses enfants. Nous la voyons dans le lointain\, figurée à nos yeux par les splendeurs du monde matériel et les splendeurs\, plus exaltantes encore\, du monde spirituel. Ce n’est pas elle que nous chantons\, c’est l’ineffable merveille que nous ne voyons pas\, mais qui nous a été révélée : la beauté infinie de Dieu qui dépasse tout\, la Jérusalem céleste elle-même\, car il est la Cité et le Temple… Dominus enim Deus omnipotens templum illius est\, et Agnus. \nLA MÉLODIE\nOn a dit que l’Alleluia fait penser aux chansons du moyen âge. C’est bien vrai que sa montée en quinte et le retour au ré par le la et le do lui donne une teinte de musique primitive. Mais la répétition deux par deux des motifs du jubilus le rapproche plus encore des vocalises\, toutes naïves mais d’une ligne et d’un rythme si purs\, que l’on entend chanter parfois dans la campagne. \nC’est le chant d’un enfant paisible\, simple\, heureux qui laisse passer son bonheur sur ses lèvres sans souci de ce qu’il chante\, avec peut-être une pointe de désir qui se précisera avec le texte du verset. \nCelui-ci reprend d’abord sur Magnus\, les derniers neumes de l’Alleluia qui précèdent le jubilus\, puis\, sur Domine\, jaillit une envolée de joie exubérante. Une envolée vraiment\, car c’est léger comme un vol d’oiseau et souple et frais. Trois temps composés ternaires qui s’élèvent dans l’élan de l’accent tonique et qui vont\, sans un ralenti\, mais avec une délicatesse extrême\, se poser sur la dernière syllabe du mot. Quelle louange exaltante et pure pour le nom divin ! Et Laudabilis s’y joint dans la même simplicité. Quatre temps binaires rythment la descente\, puis il y a une remontée : le motif de magnus est redit sur valde qui se trouve ainsi comme en rejet\, mais d’une façon si imprévue\, si simple aussi « qu’on a l’impression que le compositeur arrivé là s’est aperçu qu’il n’avait pas suffisamment rendu toute la louange qui débordait de son cœur et que comme dédommagement il a ajouté ingénument ce petit valde. « Joie de l’Église à la pensée de tout ce que le Seigneur est pour elle et de l’héritage de béatitude auquel il convie les siens dans sa Cité Sainte. \nLes neumes de l’Alleluia reviennent sur civitate et à nouveau sur in monte ejus. Ils prennent avec le texte\, non pas de la gravité\, c’est trop dire\, mais comme une nuance de contemplation. L’Église est fixée sur le ciel et chante sa joie\, mais en mêlant à la réalité béatifiante de demain l’espoir d’aujourd’hui de sorte qu’on décèlerait aisément sur le sommet du premier motif comme un élan de désir. Cette nuance disparaît ensuite et c’est la joie pure jusqu’à la fin de la thésis. Un nouvel élan sur in monte ravive le désir qui se mêle à nouveau à la joie sur le jubilus pour la troisième fois entendu. \nOn l’entendra une quatrième à la reprise de l’Alleluia\, mais on ne s’en lasse pas car il berce vraiment la contemplation heureuse de la Cité sur la Sainte Montagne. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nLe peuple qui est humble\, tu le sauveras\, Seigneur. Et les regards des superbes\, tu les abaisseras. Car qui est Dieu en dehors de toi\, Seigneur ? Ps. XVII. 28\, 31. \nAu centre du Psaume  XVII\, dans lequel David chante sa gratitude à Dieu qui l’a délivré de la poursuite de Saül\, ces deux versets sont une attestation de la justice divine agissant en toute circonstance. Dieu est bon avec ceux qui sont droits et simples et il les sauve; il est dur avec les orgueilleux\, ceux qui se dressent et le regardent avec mépris; il les abaisse. Il n’en saurait être autrement car qui est Dieu en dehors de lui ? Or\, ceux qui le bravent\, en fait placent au-dessus de lui\, et cela ne se peut ni ne se doit \nCet offertoire ne se rattache pas à l’Évangile\, mais il s’harmonise si parfaitement avec l’offrande du sacrifice qu’il semble avoir été fait pour l’accompagner. Cette offrande en effet est essentiellement un acte d’humilité. In spiritu humilitatis et in animo contrito suscipiamur a te Domine… \nL’homme reconnaît que Dieu est tout\, qu’il lui doit tout\, et il se donne à lui; en retour Dieu l’accepte et\, par le fait\, le faisant sien\, il le sauve. Les autres\, ceux qui ont leurs regards pleins d’eux-mêmes et qui ne veulent pas s’offrir\, il les abaissera en les laissant ce qu’ils sont pour un temps et en les mettant\, à son heure\, avec le premier qui n’a pas voulu s’offrir et qui\, s’étant élevé au-dessus de Dieu\, a été abaissé au-dessous de toute créature. \nNotons toutefois que ce texte n’est ni une prière ni une offrande. C’est une affirmation. L’Église chante sa confiance à Dieu\, au moment où il accepte son oblation. \nLA MÉLODIE\nUn chant de joie encore\, mais avec sa couleur propre. \nLa première incise est simple\, paisible\, elle a le ton d’une conversation familière. Humilem est mis en relief par le salicus et la montée à la dominante\, mais sans expression particulière. Tout de suite après\, et sans transition\, salvum facies jaillit dans un magnifique élan de joie. La montée do la do mi re do lui donne quelque chose d’exaltant qui devient peu à peu\, sur la tristropha et sur la cadence si gracieuse la do sol fa sol\, une sorte de recueillement\, comme si l’âme\, prenant conscience un instant de toute l’idée\, se laissait aller à une gratitude baignée de tendresse\, laquelle d’ailleurs s’épanche à loisir sur l’admirable motif de Domine. Cette ascension lente s’épanouit sur le sommet et retombe dans une plénitude que l’intervalle de quinte\, et plus encore la proximité de si et de fa\, font absolue. \nLa deuxième phrase est moins expressive\, encore que sur humiliabis il  y ait un élan assez marqué\, et que le motif qui s’y développe ait une allure de joie bien assurée\, voire quelque peu piquante. \nPar contre la troisième phrase est une très belle proclamation de la puissance et de la justice de Dieu qui n’a personne au-dessus de lui et qui ne saurait supporter quiconque essaie de le dominer. Le mouvement monte sur quoniam dans un rythme syllabique ternaire net et ferme qui met quis Deus en pleine évidence\, avec je ne sais quoi de fort qui le lance comme un défi aux superbes. Cette force\, sur praeter te\, devient une affirmation noble et fière pleine de grandeur. Domine est alors enveloppé dans un mouvement thétique de joie tendre qui ramène l’atmosphère de la première phrase. Notez le motif repris deux fois et esquissé encore sur la belle cadence en fa. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nGoûtez et voyez combien est suave le Seigneur. Heureux l’homme qui met son espoir en lui. Ps. XXXIII\, 3 »\, 9. \nCe verset\, dans  lequel le Psalmiste nous invite à profiter de son expérience\, est un curieux assemblage de mots : goûtez et voyez. Et pourtant\, c’est l’ordre des choses. Il y a bien un premier regard sur l’objet pour savoir ce qu’il est\, mais ce regard ne nous en donne pas la connaissance profonde\, ne nous fait pas communier à ce qui en lui s’harmonise avec notre être et nous donne la joie. Il faut pour y arriver le regarder longuement\, l’observer\, l’étudier\, sympathiser avec lui\, l’aimer\, devenir lui-même en quelque sorte; alors\, dans la joie de l’amour\, il se révèle et nous en jouissons vraiment. \nAinsi en va-t-il avec Dieu. Un regard de foi superficiel\, ne saurait suffire à nous le faire connaître\, c’est dans la méditation silencieuse de son être\, de ses opérations\, de sa vie\, au contact de l’amour qu’il nous porte à tout instant\, dans cette sympathie profonde où se fait l’échange de nos deux êtres que nous le connaissons\, que nous sentons combien il est bon. Or c’est cela le goûter. \nAinsi entendu\, comme ce verset est bien à sa pace sur les lèvres de l’Église au moment de la Communion : Goûter le Christ qui se donne à nous\, dans l’Eucharistie\, c’est l’aimer\, en nous donnant à lui. Dans cet acte amour mutuel\, se réalise notre transformation en lui; recevant alors sa lumière et la puissance de son amour\, nous voyons mieux combien il est bon\, doux et tendre et nous comprenons quel bonheur c’est pour nous d’espérer en lui\, car après cette vision de ce qu’est Dieu\, déjà si délectable\, mais encore obscure\, viendra l’autre. A force de goûter le Seigneur nous le verrons tel qu’il est… et ce sera le rassasiement absolu. \nLA MÉLODIE\nUne invitation délicate chante sur Gustate mais c’est vers videte que va le mouvement comme vers le mot qui importe. Il y a là\, sur la tristropha\, une prolongation très expressive; comme si l’Église savourait sa vision en même temps qu’elle invite à la partager. \nCette délectation s’étend ailleurs à toute la phrase. Elle trouve sa dernière expression sur suavis est Dominus\, si évocateur des délicatesses de l’amour divin. \nSortant alors de sa délectation\, l’Église s’exclame : « Bienheureux l’homme qui espère en lui. » Il y a un peu plus de mouvement au début mais la jouissance mystique revient très vite et la cadence finale de eo rime avec celle de Domine dans la même atmosphère \n\nCantiques pour tous les temps\nPolyphonies pour tous les temps\n\n  \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Neuvième dimanche après la Pentecôte (IX)
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n\n\n\nLEÇONS DES MATINES : Élie reçoit mission de prédire sa mort au roi Ochozias qui avait consulté Beelzébub. Le feu du ciel extermine les envoyés qui venaient le chercher.  \n\n\n\n(IV. Rois. I\, 10.)  \n\n\n\nÉPÎTRE : Saint Paul rappelle aux Corinthiens les châtiments de Dieu : les vingt-trois mille Hébreux tués pour fornication\, et ceux qui furent exterminés pour avoir murmuré contre Moïse. Figure de ce qui doit nous arriver si nous péchons. (I Cor. X\, 6)  \n\n\n\nÉVANGILE : Notre-Seigneur pleure sur Jérusalem et prédit sa destruction. Il chasse les vendeurs du Temple (Luc XIX. 41-47)  \n\n\n\nIDÉE CENTRALE : Ce dimanche est vraiment sous le signe du châtiment qui suit le péché. Le Roi Ochozias\, les Hébreux\, Jérusalem les vendeurs du Temple… C’est aussi ce qui nous attend\, si nous transgressons les lois divines. Demandons donc au Seigneur comme nous le suggère la collecte\, de nous inspirer ce qui lui plaît\, plutôt que de nous en tenir à nos propres désirs.  \n\n\n\nINTROÏT\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nVoici que Dieu m’aide et que le Seigneur prend sur lui mon âme. Détournez les maux sur mes ennemis et\, dans la fidélité (à vos promesses)\, anéantissez-les. Ps. – O Dieu\, par votre nom\, sauvez-moi et dans votre vérité rendez-moi justice. Ps. LIII\, 6\, 7\, 3.  \n\n\n\nDavid composa le Psaume LIII au temps où\, poursuivi par Saül\, il était contraint de chercher un refuge en territoire étranger. Les deux premières strophes sont un appel au secours : « Seigneur sauvez-moi… » La troisième est un chant plein de réconfort : « Voici que le Seigneur m’aide… » Comme si\, entre les deux\, le persécuté avait reçu l’assurance que le Seigneur\, à son appel\, allait agir incessamment.  \n\n\n\nIci l’ordre est renversé : c’est d’abord la joie du réconfort puis l’appel au secours; mais le sens est à peine différent. L’ensemble entre bien dans l’idée centrale de la messe. Devant les châtiments du péché qui sont toujours là\, menaçants\, l’Église chante sa confiance en la puissance miséricordieuse du Seigneur qui l’aidera à être fidèle\, et appelle la vengeance de sa justice sur ses ennemis.  \n\n\n\nLe psaume vient alors demander un jugement équitable et le salut.  \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nLa première phrase est empreinte d’une grande paix. L’Église\, assurée que Dieu va l’aider\, n’a plus peur\, au milieu de ses ennemis\, des dangers qui l’environnent; elle chante sa joie tranquille sur les beaux intervalles majeurs et la cadence en fa toute paisible. Elle souligne Dominus avec tendresse et laisse sa gratitude et son bonheur monter sur animae meae : le mot qui dit toute sa vie.  \n\n\n\nL’allure de la seconde phrase est bien différente. Dès le début il y a\, sur l’impératif averte\, quelque chose de vif\, qui devient même dur sur la clivis répercutée de mala. C’est l’appel à la vengeance qui commence. Il se développe sur inimici mei et prend fin sur une cadence en si où passe une nuance d’angoisse ou tout au moins de souffrance.  \n\n\n\nLa phrase qui suit est liée très étroitement à la précédente. L’idée est la même. Il y a sur in veritate tua\, qui rappelle à Dieu\, très habilement d’ailleurs\, combien il est fidèle à ses promesses\, une nuance de révérence aimable puis\, de nouveau\, le ton se durcit et devient très violent sur la distropha\, la répercussion et le pressus de illos. Protector\, lui\, va vers Dieu\, tout enveloppé de confiance\, d’amour et de joie comme le titre précieux que l’Église veut lui donner à la fin de sa prière.  \n\n\n\nGRADUEL \n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nSeigneur\, notre Maître\, qu’admirable est votre nom sur toute la terre. \n\n\n\nVerset. – Car elle est élevée votre magnificence\, au-dessus des cieux. Ps. VIII\, 2.  \n\n\n\nLe Psaume VIII chante la grandeur de Dieu se manifestant dans son œuvre. Le verset 2 en est comme le résumé. Il formait sans doute une sorte de refrain chanté par le peuple en alternance avec les solistes.  \n\n\n\nOn peut ici garder ce sens très général. Il s’applique en effet fort bien à la nature en cette splendeur de l’été où\, sur la terre pleine de fruits et dans les cieux éclatants de lumière\, jour et nuit\, est partout écrite la puissance de celui qui les a faits.  \n\n\n\nMais rien ne s’oppose non plus à ce qu’on le fasse entrer dans l’idée centrale de cette messe telle que nous l’avons dégagée. Il serait alors sur les lèvres de l’Église une exclamation par laquelle elle chanterait son admiration à la vue des faits merveilleux par lesquels le Seigneur partout protège son peuple\, et qui viennent d’être rapportés à l’Épître : le feu du ciel\, les serpents\, les Anges…  \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\n  \n\n\n\nElle se développe dans la même atmosphère de paix heureuse que l’Introït avec une nuance très marquée de tendresse enveloppante sur Deus noster; on y sent  l’âme en relation intime d’amour avec le Seigneur.  \n\n\n\nUn beau mouvement d’admiration s’élève sur quam admirabile. Il n’a rien de brusque. Ce n’est pas un cri\, c’est une exclamation. Elle monte du fond de l’âme qui sait ce qu’elle chante et qui met à le chanter tout son amour émerveillé. Cet élan si mesuré se détend sur nomen tuum en une thésis très liée et très tendre. Il rebondit sur universa terra en des rythmes où l’âme se complaît\, puis se pose sur la cadence commune\, toute paisible et toute simple.  \n\n\n\nLe verset  \n\n\n\nLa mélodie est plus légère\, mais l’expression est la même. L’âme\, fixée sur la splendeur du Ciel\, se laisse aller en contemplation sur quoniam elevata est. Elle jouit de ce qu’elle voit et de ce qu’elle sait être par delà ce que découvre son regard. Sa gratitude émue trouve alors\, sur les belles cadences en la si délicates et dans la gravité de la formule finale la tendresse et la profondeur qui conviennent.  \n\n\n\nALLÉLUIA\n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nDélivrez-moi de mes ennemis et mettez-moi à l’abri\, de ceux qui se lèvent contre moi.  \n\n\n\nPs. LVIII\, 2.  \n\n\n\nCette prière si commune\, si simple et toujours si actuelle est une idée nouvelle après le Graduel\, mais elle vient assez naturellement sur les lèvres de l’Église. Celle-ci en effet\, après avoir admiré la puissance que le Seigneur a déployée jusqu’ici pour la protéger\, et lui avoir dit sa gratitude dans une louange d’admiration\, n’oublie pas qu’elle a toujours ses ennemis; elle lui demande de continuer ce qu’il a fait : de l’en délivrer.  \n\n\n\n  \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\n  \n\n\n\nC’est bien une prière; la prière d’une âme qui sent\, lourd sur elle\, le poids de l’ennemi; Eripe a toute ses notes allongées\, dans les manuscrits. La double note de mei est une bivirga épisématique et le motif répété de Deus est lui aussi très retenu. Il s’en dégage une expression de grisaille\, de brouillard\, d’atmosphère pesante où passe de la fatigue\, de l’accablement… Mais qu’elle admirable prière humble et suppliante! Notez entre autres l’accent de ferveur que la bivirga du sommet met sur meis; et l’insistance répétée de Deus meus où l’on sent peser toute la lourdeur de l’âme.  \n\n\n\nLa deuxième phrase continue la première sans rien qui dégage l’atmosphère. Le motif de insurgentibus se traîne dans un beau rythme\, lent lui aussi. Deux fois répété\, il est esquissé à nouveau\, mais\, sur les dernières syllabes du mot\, la mélodie tombe lourde\, comme si l’âme se laissait aller sous le poids de l’épreuve. Elle se relève sur me en une plainte admirable qui se déroule tout le long de libera me\, mêlée à la prière. Le tout s’achève par le groupe peut-être le plus expressif : la distropha avec la répercussion sur le climacus et la retombée en la par le pressus.  \n\n\n\nOFFERTOIRE \n\n\n\nC’est celui du Troisième Dimanche de Carême. Il vient bien là\, après la réponse de Notre-Seigneur à la femme qui bénissait sa mère : « Plus heureux encore celui qui écoute la parole de Dieu ! »  \n\n\n\nJérusalem n’a pas eu cette attitude accueillante\, réceptive qui lui eût valu la paix. C’est pourquoi le Seigneur pleure en voyant dans l’avenir son terrible destin.  \n\n\n\nL’Église\, elle\, sait recevoir les mots divins et en vivre. Chacun des siens en a goûté les joies dans la Loi\, dans l’Écriture et jusque dans les paroles intimes du Seigneur au fond de l’âme. C’est cette joie qu’elle chante.  \n\n\n\nCOMMUNION \n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\n  \n\n\n\nQui mange ma chair et boit mon sang\, demeure en moi\, et moi en lui. Jean. VI. 56.  \n\n\n\nCes paroles de Notre-Seigneur se réalisent dans la communion. C’est donc le mystère d’amour qu’il a voulu\, que le Christ chante ici par la voix de l’Église\, au moment même où il s’accomplit.  \n\n\n\nLA MÉLODIE \n\n\n\nLa joie\, d’abord toute simple dans la première incise\, s’avive avec la mélodie\, qui monte vers sanguinem meum et se revêt\, sur in me manet d’onction et de tendresse. La joie du Christ\, heureux d’avoir en lui ceux qu’il aime. Sur et ego in eo\, elle devient profonde\, le mystère l’enveloppe. C’est un de ces motifs\, comme on en rencontre tant dans le répertoire grégorien\, qui soudain nous transporte au-delà de ce qui se sent\, au-delà de ce qui s’analyse\, dans les régions qui passent le sentiment. Nous ne saurions dire ce qu’expriment exactement ces quelques notes si simples – une tierce mineure qui s’épanouit sur une tristropha\, revient la tonique ré et remonte lentement – mais un souffle les soulève\, un souffle d’amour ardent qui touche le fond de notre âme et nous révèle quelque chose du bonheur qu’a le Christ-Jésus à mêler sa vie à notre propre vie.  \n\n\n\nDans le balancement souple de ses rythmes\, dicit Dominus prolonge jusqu’à la fin cette atmosphère mystique.  \n\n\n\n   \n\n\n\n\nCantiques pour tous les temps\n\n\n\nPolyphonies pour tous les temps\n\n\n\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Dixième dimanche après la Pentecôte
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : Mort de Jézabel. Règne d’Athalie. (IV Rois. IX. X) \nÉPÎTRE : le Saint-Esprit inspire tout en nous pour l’utilité commune. En dehors de lui rien de bon ne peut venir de nous. (I Cor. XII. 2-11). \nÉVANGILE : Le Pharisien et le publicain. (Luc. XVIII. 91. 4) \nIDÉE CENTRALE : Il semble que l’on peut tout ramener autour de l’épître. Rien de bon ne se fait en dehors de l’Esprit du Christ qui est en nous pour nous guider et nous utiliser en vue du bien commun. Nos propres actions peuvent avoir des effets heureux\, mais qui passent. \nL’exemple de Jézabel celui d’Athalie et celui du Pharisien sont typiques. Ils ont agi par orgueil; ils finissent mal. Le Publicain par contre est justifié et exalté parce qu’il a utilisé l’Esprit qui l’inspirait. La collecte elle-même peut être entendue dans ce sens\, car nous ne « courrons vers les biens promis » que sous l’inspiration et la conduite de l’Esprit; c’est donc la docilité à l’entendre et à le suivre que nous demandons en fait à la Toute-Puissance de Dieu. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nComme j’invoquais le Seigneur\, il entendit ma voix (et me mit à l’abri) de ceux qui me cherchaient. Et il les a humiliés\, lui qui est avant les siècles et demeure éternellement. Jette ta pensée sur le Seigneur et lui-même prendra soin de toi. Ps. – Exauce\, Dieu\, ma prière et ne dédaigne pas ma supplication. Écoute-moi et exauce-moi. Ps. LIV. 17\, 18\, 20\, 29\, 2. \nLe Psalmiste qui\, dans la première partie du Psaume\, s’est lamenté sur le mal que lui font ses ennemis\, se remémore\, pour se donner confiance\, ce que le Seigneur a fait pour lui dans le passé et s’exhorte à tout lui abandonner une fois de plus : « jette ta pensée\, ton souci sur le Seigneur… » \nAu sens liturgique\, l’Église se rappelant\, elle aussi\, les bienfaits répétés du Seigneur\, s’exhorte\, et exhorte les siens\, à s’en remettre à lui ou plus précisément à son Esprit qui a mission de nous guider et de nous garder. \nLA MÉLODIE\nLes deux premières phrases\, comme dans le texte\, ne sont qu’un récitatif\, mais l’auteur l’a voulu très orné et très expressif. \nLa succession de quatre temps composés ternaires en mouvement arsique donne au début de la première phrase quelque chose de décidé\, de vif même\, et de joyeux aussi\, comme si après une longue délibération l’âme mettait en pratique\, sur le champ\, la décision qu’elle vient de prendre : « tu as été exaucée jadis\, jette encore ton souci sur le Seigneur ». Le mouvement s’épanouit sur la tristropha de exaudi en une nuance délicate qui évoque les souvenirs heureux Après une légère détente il rebondit sur appropinquant; la bivirga y met comme une touche de terreur\, au souvenir des ennemis menaçants. \nDans la deuxième phrase\, la mélodie\, d’abord très calme\, s’anime peu à peu sur humiliaviteos. Ce sont les souvenirs heureux qui continuent. Mais sur qui est ante saecula et manet in æternum à l’idée de l’éternité de Dieu\, si magnifiquement décrite en ces quelques mots\, une sorte de grandeur mystique la pénètre. Notez les deux doubles notes de qui est ante saeculamanet qui fixent la mélodie sur do et les deux pressus qui\, par degré\, la ramènent à la tonique. C’est noble\, grand\, somptueux comme un cortège royal. \nTout autre est la dernière phrase. On sent l’âme comme déchargée du poids de son souci et heureuse de faire partager aux autres son expérience. Son chant s’allège; il monte joyeux vers Domino qu’il enveloppe d’un motif aimable puis met te en un admirable relief; soit qu’elle se parle à elle-même ou qu’elle s’adresse à un ami\, elle sait et dit avec insistance combien\, malgré sa petitesse et son indignité\, elle est précieuse devant le Seigneur. Ce texte est celui du graduel du IIIe Dimanche après la Pentecôte. Dans un genre différent l’expression est la même. On aura profit à le constater\, notamment sur te\, où l’insistance est également remarquable. \nLa prière se fait alors\, dans le psaume\, légère et riche d’espoir. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nGarde-moi? Seigneur\, comme la pupille de l’œil. Sous l’ombre de tes ailes protège-moi. Verset. – De ton visage que ma justification sorte\, que tes yeux voient l’équité. Ps. XVI. 8. \nCes versets par lesquels\, sous des images si expressives\, David demandait à Dieu de le garder\, comme son bien précieux\, dans la chaleur de son amour et de le juger avec un visage plein de la joie de son innocence\, servent ici à l’Église pour solliciter la même protection et la même justice. Elle a bien des dangers autour d’elle\, bien des attirances mauvaises s’exercent sur ses membres par les idoles muettes dont parle Saint Paul dans l’Épître; elle voudrait qu’ils demeurent sous cette conduite de l’Esprit qui les fasse penser\, juger\, vouloir selon Dieu. Prière de l’Église. Prière de chacun de nous… Custodi me Domine. \nLA MÉLODIE\nLa première phrase a un caractère d’intimité très marqué. C’est comme une prière du fond de l’âme\, confiée\, murmurée à un ami. La mélodie ne dépasse pas la tierce dans la première incise; mais\, dans cette réserve humble et familière à la fois\, quelle pression sur l’être cher qui peut aider ! Notez la double note de me qui fait la voix s’y appuyer comme en un accent de détresse et la thésis qui suit; plainte délicate qui devient prière intense sur les longs neumes de Domine. Il y a sur pupillam un petit élan qui entraîne la mélodie vers le sib\, mais si retenu\, si timide\, avec cette plainte à peine émise\, émouvante\, et qui s’étend jusqu’à la dernière note de oculi. \nDès le début de la seconde phrase il y a un changement. L’arsis est mouvementée\, avec de grands intervalles qui portent la prière sur les pressus de umbra et de alarum. Ce n’est pas que la supplication soit angoissée ni même plus intense : la mélodie s’est seulement éclairée. La sérénité du mode de fa pénètre tout et\, sur alarum\, se dessine le motif des grandes allégresses du Ve mode. Incontestablement\, c’est la joie. La cadence en mi de tuorum apporte à cette joie une nuance de repos qui se poursuit sur protege\, s’étale\, s’élargit jusqu’à la cadence qui ramène tout en re\, mais seulement pour finir. C’est comme si l’âme se trouvait enfin dans le refuge sollicité et\, blottie dans les bras du Père\, lui disait\, tranquille désormais\, apaisée\, joyeuse\, sous cette protection divine: « sous tes ailes étendues garde-moi bien ». \nLe verset \nLa prière continue\, mais différente; ce n’est ni le murmure d’intimité\, ni la joie parfois éclatante de la première partie. Il y a ici plus de paix et de sérénité. C’est d’abord pour chanter vultu tuo comme un bercement léger sur la sol puis sur do la et une cadence paisible sur fa. L’âme contemple le visage aimé\, c’est tout. Cette contemplation se prolonge sur Judicium meum. Ce n’est que sur prodeat que monte un accent de supplication\, très beau d’ailleurs dans sa simplicité. \nDans la seconde phrase\, la joie revient. Elle est aussi marquée que sur sub umbra dans la première partie mais\, ici\, toute contemplative. Notez plutôt la douce paix de la vocalise de tui qui monte et descend par degrés conjoints sur des rythmes d’une grâce exquise. \nCes deux premières phrases chantaient la joie de la Rédemption entrevue par-delà le péché\, dans le Graduel de la messe du Mercredi des Cendres. \nSur videant le mouvement s’amplifie et la supplication domine à son tour\, fervente\, avec une nuance de plainte assez marquée sur la dernière syllabe \nALLELUIA\nLE TEXTE\nA toi convient\, un hymne\, ô Dieu\, dans Sion. Et à toi on acquittera un vœu dans Jérusalem. Ps. LXIV. 2. \nAprès la  demande du Graduel\, l’action de grâces. L’âme a trouvé un chaud refuge sous les ailes protectrices; elle peut dire maintenant sa louange et le vœu qu’elle accomplira pour témoigner de sa gratitude. \nOn attendait sur ce texte qui évoque Jérusalem et les cérémonies du Temple une joie plus exubérante\, celle-ci est sans emphase\, simple\, intime comme celle du Graduel. \nLA MÉLODIE\nLes podatus de la première incise ne font en somme que conduire le mouvement vers Deus\, enveloppé\, lui\, d’une belle révérence\, aimable\, gracieuse et d’une grande délicatesse par la cadence en si. L’incise qui suit est toute consacrée à Sion qui\, comme toujours\, est chantée avec amour. L’âme contemple la Cité Sainte\, l’Église\, le Ciel\, et s’enflamme peu à peu de désir; notez le pressus\, la distropha\, la répercussion\, les deux notes doubles\, et le pressus; il y a là un mouvement dont l’ardeur monte\, encore qu’elle soit retenue. \nLa deuxième phrase est plus développée. Chaque mot a son motif\, si l’on peut dire. Tibi\, bien en relief au sommet\, s’achève sur la même nuance délicate de Deus\, une quarte au-dessus; reddetur a la ferveur de la promesse et de la gratitude à la fois\, sur la distropha\, la répercussion et la cadence en demi-ton par la clivis allongée et le pressus; votum\, hanté comme Sion et Jérusalem\, déroule sa longue vocalise contemplative dans un rythme d’une ordonnance admirable où la joie et l’amour se mêlent en des motifs simples à travers lesquels passe le désir de la Cité Sainte… et du Ciel où tout ne sera que louange et gratitude. \nOFFERTOIRE\nC’est celui du Ier Dimanche de l’Avent . Son caractère de prière très humble convient admirablement ici après la parabole du Pharisien et du Publicain. Il est l’expression de cette âme très simple priant au bas du Temple\, et qui fut justifiée et exaltée. Il doit être l’expression de notre confiance abandonnée montant avec le sacrifice vers le Père qui nous donnera en retour l’Esprit et ses dons pour nous guider vers la Cité Sainte\, où\, dans la Gloire du Christ\, nous serons à jamais exaltés pour avoir partagé son abaissement. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nTu accepteras le sacrifice de justice\, les oblations et les holocaustes sur ton autel\, Seigneur. Ps. L. 21. \nTrès belle adaptation à la Communion du dernier verset du Miserere. Et quelle belle conclusion de toute la messe ! Nous avons jeté nos soucis sur le Seigneur à la fin de l’Introït\, nous lui avons demandé\, dans le Graduel\, de nous couvrir de l’ombre de ses ailes\, nous lui avons dit notre gratitude dans l’Alleluia\, à l’Offertoire\, nous offrant avec son Fils\, nous avons affirmé notre confiance en sa venue. Nous avons maintenant l’âme telle qu’il la veut. Il peut venir prendre en nous la place du Maître et recevoir nos holocaustes et nos oblations. Il ne saurait les refuser\, car elles lui viennent à travers son Fils qui nous a transformés en lui. \nLA MÉLODIE\nElle est aimable\, familière\, douce. Il n’y a pas de sentiment particulièrement marqué mais une égalité d’âme paisible. C’est le mot altare qui l’emporte; il a une belle expression de respect\, de révérence profonde et aimante. \n\nCantiques pour tous les temps\nPolyphonies pour tous les temps\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Onzième dimanche après la Pentecôte (XI)
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nÉPÎTRE: Sait Paul insiste sur l’Évangile qu’il prêche\, à savoir : le Christ ressuscité et son action efficace. (I Cor. XV) \nÉVANGILE : Notre-Seigneur guérit un sourd-muet avec sa salive (Marc VII. 31. 37) \nIDÉE CENTRALE : Comme le IXe Dimanche était sous le signe du châtiment\, on peut bien dire que celui-ci est sous le signe du miracle. Dieu manifeste sa puissance sur la vie du corps en prolongeant les années d’Ezéchias\, sur la vie des âmes en les ressuscitant\, comme le dit Saint Paul dans l’Épître\, sur la santé en rendant\, par Notre-Seigneur Jésus-Christ\, la parole et l’ouïe au sourd-muet. Il s’ensuit en nous une attitude d’admiration\, de joie\, de confiance; un optimisme qui nous fait tout demander au Seigneur; même ce dont nous n’osons pas formuler la demande\, comme nous le fait dire la Collecte. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nDieu dans son saint lieu\, Dieu qui fait habiter (les hommes) unis\, dans une maison\, lui-même donnera force et courage à son peuple. \nPs. – Que le Seigneur se lève\, et qu’ils soient dispersés ses ennemis\, que ceux qui le haïssent\, fuient devant sa face. \nPs. LXVII\, 6\, 7\, 36\, 3. \nLe Psaume LXVII célèbre le Dieu d’Israël qui après avoir tiré son peuple d’Égypte et fait alliance avec lui le ramène du mont Sinaï dans la Terre Promise. \nLe sens des versets qui composent cet Introït est celui-ci : Dieu\, qui est là dans son  Palais ou dans son Temple\, lui qui a donné une maison à son peule qui n’en avait pas\, alors qu’il errait dans les solitudes du désert et qui l’y a fait habiter dans l’unité d’un même désir\, d’une même confiance\, d’un même amour\, continuera à donner à la nation qu’il a choisie force et courage. \nVient alors le verset\, qui était le signal du départ de l’Arche dans la marche de quarante années. \nIl suffit de les appliquer à l’Église\, pour faire entrer ces quatre versets dans la liturgie du jour. Dieu\, de son Temple\, le ciel\, a uni les hommes dans la foi\, l’espérance et la charité\, et les a fait habiter dans une demeure spirituelle : l’Église\, qui est comme la maison de famille\, en attendant la demeure céleste où l’unanimité sera absolue. Et il n’a tant donné que parce qu’il veut continuer à donner encore\, en fournissant à chacun la force et le courage de vivre dans cette unité de l’Esprit. Que ceux qui s’opposent en quoi que ce soit au développement de son peuple se tiennent sur leur garde car Dieu se lève et il va les disperser\, comme l’Église l’en prie pour finir. \nRien ne s’oppose à ce qu’on ne précise davantage le sens\, pour les faire entrer dans l’idée centrale de la messe telle que nous l’avons dégagée. Cette unanimité des hommes dans l’Église tient du prodige. C’est peut-être la plus grande manifestation de la puissance divine : le miracle permanent de l’Église. Pour le continuer\, Dieu ne ménagera à personne sa force ni le courage. \nAinsi l’Église se chante à elle-même\, et chante au monde\, son optimisme. \nLA MÉLODIE\nIl y a dans la première incise une certaine grandeur qui va bien à l’idée du Dieu Tout-Pusissant dans son lieu sacré. Mais une joie profonde pénètre cette noblesse\, la joie de la tranquillité\, de la paix\, du bonheur final assuré par cette protection du Dieu Très-Haut. L’idée reprend dans la seconde incise en une progression très marquée qui met en plein relief cette chose extraordinaire qu’est le rassemblement de millions d’individus unanimes dans l’Église. Le rythme ternaire des deux porrectus\, la montée à la dominante\, le motif de facit qui se meut vers le mi\, si léger et si gracieux; tout cet ensemble arsique avive l’expression de bonheur déjà esquissée : la joie s’allège\, s’extériorise\, prend de l’éclat. \nVient alors l’affirmation pleine de confiance : Ipse dabit virtutem. La bivirga épisématique sur la dernière syllabe de Ipse\, le podatus allongé de dabit\, la bivirga de virtutem et\, dans le grave\, la clivis allongée de fortitudinem\, enfin la remontée de plebis avec la nuance de respect qui entoure le peuple d’élection\, donnent à cette phrase une magnifique expression de certitude forte et fière. \nSuit alors le Psaume\, vif\, décidé\, comme un ordre de marche. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nEn Dieu il a espéré\, mon cœur\, et j’ai été aidé. Et elle a refleuri\, ma chair. Et de tout mon cœur je le louerai.  \nVerset. – Vers toi Seigneur\, j’ai crié. Mon Dieu ne te tais pas\, ne t’éloigne pas de moi.  \nPs. XXVII. 7\, 1. \nLe Psalmiste avait prié. Il a été exaucé et il a senti comme une jeunesse plus ardente pénétrer son cœur. Il rend grâce. \nAprès l’Épître où Saint Paul affirme avec une telle assurance que si nous gardons l’Évangile du Christ ressuscité nous serons nous-mêmes ressuscités\, cette parole vient sur les lèvres de l’Église avec un sens plus plein encore. Et refloruit caro mea évoque la résurrection des corps en pleine jeunesse; dès lors\, en même temps qu’une action de grâces\, c’est comme un chant d’espoir où s’exalte sa confiance renouvelée qu’elle fait monter vers le Seigneur. \nToutefois\, sachant tout ce qui l’entoure\, elle lui demande de lui continuer son secours et la joie de sa présence. \nLA MÉLODIE\nLa première phrase est une simple constatation mais où passent des accents de gratitude et de bonheur profond\, notamment sur la double note de cor meum\, sur le pressus de adjutus sum et sur le balancement si délicatement expressif de refloruit. \nDe cette atmosphère heureuse\, la louange jaillit alors au début de la seconde en un magnifique élan qui va droit à la dominante\, plein d’une ardeur qui promet\, avec enthousiasme. La prose même est renforcée sur mea\, avec une nuance de gravité d’où rebondit le confitebor. C’est un bel accent de ferveur\, qui descend vite dans le grave pour devenir\, sur les broderies très simples de illi une sorte de contemplation\, comme si l’âme demeurait fixée sur la louange qu’éternellement elle chantera devant la face du Sauveur aimé. \nLe Verset. \nLa formule de clamavi sert bien le mot. L’âme prend d’abord le temps d’évoquer les heures difficiles sur des balancements très calmes\, puis le cri ardent monte. Il n’est pas angoissé; c’est la joie qui le pousse\, une joie enthousiaste qui continue sur les beaux rythmes de la thésis. \nC’est encore elle qu’on rencontre au début de la phrase suivante sur Deus meus\, en dépit du texte qui devient plus déprécatif. La prière n’est vraiment supplication que sur ne sileas: tout à fait à propos d’ailleurs. Le motif est très beau. Il se soude admirablement à la formule finale qui\, elle aussi\, a une nuance de gravité fort bien adaptée. \nALLELUIA\nLE TEXTE\nChantez avec transport Dieu notre aide. Acclamez le Dieu de Jacob. Entonnez un psaume joyeux avec la cithare.  \nPs LXXX. 2\, 3. \nCette invitation à la louange est tout à fait à sa place ici. L’Église après avoir dit dans le Graduel qu’elle va louer le Seigneur : et in voluntate mea confitebor illi\, invite ses membres à commencer. \nLA MÉLODIE\nC’est une invitation discrète. Basée sur l’intonation de la formule psalmique du VIIe mode – elle est répétée trois fois – la mélodie ne dépasse la teneur du psaume que dans des détails d’ornement. Dans les deux première phrases\, elle met seulement en relief\, et par des motifs sans enthousiasme\, adjutori et Deo Jacob. \nCe n’est que sur psalmum qu’elle s’exalte  un peu. Exaltation toute passagère d’ailleurs\, car jucundum\, sur le motif de adjutori\, ramène tout de suite la discrétion. \nLe jubilus de cithara est caractéristique de cette joie fervente mais contenue\, intérieure\, qui ne perce que rarement et sur des mots choisis. \nOFFERTOIRE\nC’est celui du Mercredi des Cendres.   Il est bien ici sur les lèvres du sourd-muet guéri… Clamavi ad te et sanasti me… et sur les nôtres\, car Notre-Seigneur nous a bien acceptés dans le sacrifice qui est offert sur l’autel : quoniam suscepisti me. Il nous a guéris aussi. Le même mot qu’au sourd-muet\, avec le même geste\, n’a-t-il pas été dit sur nous le jour de notre Baptême : Epheta.  Et nous avons été délivrés de la surdité et du mutisme que le péché avait mis en nous. Bien des fois la merveille a été renouvelée; aussi\, avec nos oreilles redevenues sensibles et nos langues déliées\, pouvons-nous chanter le psaume de la reconnaissance : Exaltabo te Domine. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nHonore le Seigneur de ta substance\, et des prémices de tes fruits\, afin que soient remplies tes granges à satiété et que tes pressoirs débordent.  \nProv. III\, 9\, 10. \nEn cette période de la moisson\, l’Église invite les fidèles à donner au Seigneur les prémices de ce qu’ils récoltent\, comme le prix de leur fermage\, comme la part du propriétaire\, afin que\, satisfait de cet hommage\, le Seigneur donne encore et au centuple. Mais par delà ce sens matériel\, il faut entendre l’invitation qui nous est faite de nous offrir au Christ dans la Communion\, afin de recevoir de lui une nourriture spirituelle de plus en plus abondante\, jusqu’au jour où il nous rassasiera dans la Gloire de son Être à jamais contemplé. \nLA MÉLODIE\nLa première phrase\, comme celle du Graduel\, est très simple; invitation discrète sans expression particulière. Substantia tua est en fort relief\, comme il convient; il s’agit de notre être\, de notre vie. \nLa seconde a plus d’élan mais demeure sans chaleur. \nC’est la troisième qui est la plus expressive. La mélodie s’élève ardente sur impleantur\, et\, sur horrea tua\, s’élargit à la mesure des granges et des moissons. Il passe en outre dans tout ce mouvement un souffle de joie qui chante l’abondance heureuse du présent et de l’avenir. \nLa dernière phrase est plutôt thétique mais chante fort bien aussi dans le grave\, sur torcularia et sur redundabunt\, les paroles riches de promesses pour l’année qui vient. \n  \n\nCantiques pour tous les temps\nPolyphonies pour tous les temps\n\n  \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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