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SUMMARY:Dimanche dans l'Octave de l'Ascension
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n\n\n\nINTROÏT\n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nEcoute\, Seigneur\, ma voix que j’élève vers toi.Allelúia.A toi\, il dit\, mon cœur : je cherche ton visage.Ton visage\, Seigneur\, je le chercherai.Ne détourne pas don visage de moi.Allelúia\, Allelúia.Ps. Le Seigneur est ma lumière. Et  mon salut\, que craindrai-je ? Ps. XXVI. 7\, 8\, 9\, 1.  \n\n\n\nToute la première partie du Psaume XXVI est un cri de confiance enthousiaste ; quelque peu téméraire même : Le Seigneur est mon salut…que craindrai-je ?… Mais au verset 7\, soudain\, le Psalmiste se fait suppliant. Comme si une vague de brouillard l’enveloppait il n’a plus conscience de la présence lumineuse du Seigneur\, il ne sent plus la chaleur de son amour\, il se croit abandonné ; c’est la nuit… Alors sa belle assurance disparaît et l’appel plaintif monte de ses lèvres : « Ecoute ma voix…je cherche ton visage…ne détourne pas ton visage de moi. »L’Eglise a tout naturellement choisi ces deux versets pour exprimer ses sentiments après le départ de Notre Seigneur. Elle était habituée à sa présence visible\, si l’on peut dire : depuis Noël\, elle le suivait partout. Elle ne l’a plus. Elle le  cherche comme on cherche souvent dans le souvenir le visage aimé du disparu. Elle n’en trouve que l’ombre… Notre Seigneur l’avait avertie : « Vous me chercherez…la tristesse vous remplira le cœur.  » (Jean XIII. 33. XVI. 6.) C’est bien ce qui est arrivé. Elle se tourne vers lui et\, sur le ton d’amour qui a été celui de leurs relations intimes\, elle l’appelle : « Ecoute-moi ; mon cœur te cherche…ton visage ne le détourne pas de moi ; dès maintenant\, garde-moi la joie de ta présence invisible dans la foi et\, à jamais\, la béatitude de te voir face à face. »Alors\, réconfortée par cette effusion\, elle reprend premier verset du Psaume dans un cri d’espérance : le Seigneur est ma lumière…qui craindrai-je ?LA MÉLODIEOn ne saurait d’un mot caractériser l’atmosphère dans laquelle elle se développe. Ce n’est pas de la joie\, évidemment ; ce n’est pas de la tristesse non plus\, pas même de la mélancolie. C’est comme un mélange des deux. L’âme sait que le Seigneur est là par sa personne divine\, que le Consolateur est annoncé ; elle ne se plaint pas…mais elle voudrait revoir le cher visage. C’est une prière très douce\, très aimante\, avec une touche délicate de nostalgie. Il ne semble pas qu’il faille aller plus loin.On peut déceler cette nuance de nostalgie dès la cadence en demi-ton de Dómine\, elle n’est là que passagère\, toute la première phrase est bien en majeur : notamment le motif central qua clamávi ad te si simple et si expressif de paix heureuse dont sont faites les conversations intimes entre amis.Cette atmosphère paisible se prolonge dans les deux premières incises de la seconde phrase. Il y a une délicate expression de tendresse sur cor méum et le motif de clamávi\, revient sur quæsívi. L’ardeur du désir est plus marquée sur vúltum túum mais c’est encore la simplicité paisible : nous sommes toujours en majeur. C’est sur vúltum túum Dómine requíram que le changement se produit. La mélodie va vers le la et\, par une cadence nettement modale\, s’établit en Ier mode. Dans cette  très belle descente syllabique\, la prière prend quelque chose de plus sombre : elle supplie davantage aussi ; sans rien de violent\, le ton d’intimité demeure mais la pression augmente\, notez l’accent de Dómine et la cadence un peu lourde de requíram.L’insistance s’accentue sur toute la dernière phrase qui ne quitte plus le la. Le motif de clamávi est repris sur me avértas mais au lieu d’aller vers le fa il revient au ré par une cadence que les neumes binaires allongés rendent  plus pesante encore. Les Alléluia demeurent dans la même atmosphère de nostalgie.Le Psaume en fa avec son bel élan\, vient alors comme un cri dans lequel l’âme\, qui a repris conscience du Seigneur toujours présent\, lui dit sa confiance retrouvée.Chantez dans un mouvement modéré et veillez à ce que les voix soient douces et comme étouffées.Vous donnerez un peu d’ampleur aux accents toniques de exáudi et de clamávi dans la première phrase et vous élargirez de même légèrement le climacus qui précède le quilisma de méum dans la seconde. Retenez aussi quelque peu quæsívi vúltum et le passage syllabique vúltum túum…Dómine requíram\, surtout dans la thésis.Dans la troisième phrase\, ne sera très élargi et la première note de tous les podatus légèrement allongée\, mais que le rythme demeure bien balancé. \n\n\n\nALLELÚIA I \n\n\n\nLE TEXTEIl règne le Seigneur\, sur toutes les nations.Dieu siège sur son trône saint. Ps. XLVI. 9.Nous retrouvons le Psaume du Roi ramené en triomphe à son palais. Après l’avoir exalté dans le cortège\, le Psalmiste le montre ici siégeant en dominateur des nations conquises.L’Eglise fait de même. Après avoir fêté l’Ascension du Christ\, elle l’exalte dans la splendeur de son règne. Peut-être cette idée de triomphe\, si différente de celle de l’Introït\, est-elle amenée par les derniers mots de l’Epître : Afin qu’en toutes choses Dieu soit glorifié. Il l’est dès maintenant par le Christ qui règne en droit sur toutes les nations\, il le sera un jour en fait lorsque son Fils aura réalisé la plénitude de son royaume siégeant au milieu des Douzes il jugera le monde et conduira toute la création sanctifiée en hommage à son Père.LA MÉLODIEElle est joyeuse et paisible à la fois dans la première phrase sur le balancement des rythmes binaires de Regnávit Dóminus. Le pressus bien posé sur la dominante par un mouvement de quinte donne à súper ómnes géntes un très bel accent d’autorité.Au début de la seconde phrase\, l’âme s’exalte sur Déus qui monte en un élan enthousiaste d’ardeur joyeuse. Elan très court d’ailleurs ; la mélodie revient tout de suite au grave avec une très belle cadence\, pleine de bonheur sur sédem. Le dernier mot\, par ses rythmes\, 1.2.3-1.2\, 3 fois répétés\, ramène la joie calme du début.Marquez bien\, sans forcer toutefois\, le rythme binaire de Regnávit\, et faites le pressus de súper très expressif.Il faudra attaquer avec une certaine ardeur Déus et faire l’élan léger\, on reviendra ensuite dans un mouvement très régulier à la tonique. Bien marquer les neumes de súam qui font comme un rythme quinaire. Le mouvement doit être assez modéré. \n\n\n\nALLELÚIA II \n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nJe ne vous laisserai pas orphelins ;Je m’en vais\, mais je reviendrai vers vous\,Et il se réjouira votre cœur. Jean XIV\, 18\, 28. \n\n\n\nC’est évidemment Notre Seigneur qui parle ici du haut du Ciel. En même temps qu’il est le Roi qui siège en Majesté et domine les peuples\, il demeure le Maître plein de tendresse qui\, quelques heures avant de mourir\, appelait ses disciples : mes petits enfants. C’est à nous\, qui les continuons\, qu’il s’adresse. Il a entendu la plainte si délicate que l’Eglise a fait monter vers lui dans l’Introït : « Je cherche ton visage »…Il répond : « Je ne vous laisserai pas orphelins… «  \n\n\n\nLA MÉLODIECes mots divins\, adressés par le Christ à l’Eglise qui cherche son visage\, nous arrivent enveloppés d’une sympathie délicate et forte avec ce je ne sais quoi d’indiciblement bon qui fait les paroles consolatrices d’un père\, précieuses au-dessus de tout.Ce sentiment est très net dès les premiers mots. La voix fermement posée sur la note qui précède le quilisma\, monte sur non douce et ferme à la fois puis redescend vers la tonique par un pressus qui met sur vos une touche de tendresse extrêmement délicate : non\, n’ayez pas peur\, je ne vous laisserai pas\, vous\, je vous aime trop. C’est le thème du réconfort. Non vos.La mélodie se faite ensuite de plus en plus insistante sur relínquam et par les deux quilismas et par le mouvement de l’arsis\, comme si le Christ sentait le besoin d’appuyer fortement sa promesse à cette heure où l’âme se trouve quelque peu déprimée par son départ. Il fait plus. Pour montrer à ses membres qu’il souffre de les voir souffrir\, il laisse passer sur le mot órphanos quelque chose de sa propre souffrance. C’est le thème de la tendresse compatissante.Il est doux et délicat comme un mot de consolation\, avec un accent de tristesse\, si naturel et si simple sur la cadence en demi-ton\, qu’il est émouvant\, sur ce mot\, par lui-même si triste.Au début de la seconde phrase\, il est repris et développé\, fort à propos là encore\, sur vádo\, le mot du départ. Mais voici le mot du retour promis : vénio. La tristesse s’efface ; une assurance\, ferme comme une promesse divine\, soulève l’accent tonique allongé par l’épisème horizontal et\, dans la détente de l’élan\, la mélodie glisse paisible\, heureuse vers la tonique. Elle se complaît un instant sur les neumes très liés de la dernière syllabe et\, sans s’arrêter\, remonte à la dominante avec une grâce aimable qui s’épanouit comme un sourire sur ad vos. Alors\, sur gaudébit\, le mot qui promet l’éternelle allégresse\, la joie se laisse aller\, montant et descendant sur les clivis allongées et les climacus\, se posant sur les pressus avec une touche de ferveur ; toute en mouvement mais sans éclat\, sans bruit\, sans exaltation. C’est une joie de contemplation. Le Christ voit le bonheur des siens quand ils seront près de lui et il leur chante son propre bonheur pour le mettre déjà comme un espoir en eux. Car ce n’est qu’un espoir\, elle est assurée certes cette réunion\, mais d’ici qu’elle soit réalisée\, il y a la séparation ; aussi\, à la fin de gaudébit\, les climacus de vádo reviennent-il amenant avec eux\, une foi encore\, la cadence du thème de la tendresse compatissante.A  la reprise du chœur\, les deux thèmes se joignent\, mais celui de la compassion sans la cadence si b – la ce qui en atténue considérablement l’expression.Le mélange de ces deux sentiments\, si délicatement exprimés\, fait de cet Allelúia un des plus purs chefs-d’œuvre du répertoire.La voix sera douce\, et\, le mouvement retenu ; c’est une mélodie délicate et c’est le Christ qui chante.Lancez avec souplesse la première note de non\, accusez le pressus et montez doucement au crescendo sur relínquam dont vous retiendrez le salicus descendant vers le quilisma ; vous rythmerez alors avec beaucoup d’expression órphanos.Tout le motif de vádo sera très lié avec un délicat renforcement de la voix sur la première note pointée de la clivis finale. Un accent de ferveur joyeuse animera vénio ; ad vos sera ralenti et gracieux. Veillez à la régularité du rythme de gaudébit ; allongez quelque peu la première note de de et que tout soit très lié\, les notes à épisèmes horizontaux à peine élargies\, les climacus bien exacts\, la cadence balancée\, sans précipitation mais dans un mouvement toujours entretenu. \n\n\n\nOFFERTOIREC’est le même que celui de l’Ascension avec la même interprétation.COMMUNION \n\n\n\nLE TEXTEPère\, lorsque j’étais avec eux\,Moi-même je gardais ceux que tu m’as donnés.Allelúia.Mais maintenant près de toi je suis venu.Je ne demande pas que tu enlèves ceux-ci du monde\,Mais que tu les gardes du mal.Allelúia\, Allelúia. Jean XVII. 12\, 13\, 15.Ces paroles sont extraites de la prière que Notre Seigneur adresse à son Père après la Cène. Il lui demande de veiller sur les siens qu’il va quitter. Tant qu’il était avec eux\, il les gardait de l’erreur\, de l’esprit du monde\, du mal de toute sorte. Là où il va\, il ne peut les emmener ; c’est trop tôt\, il faut qu’ils demeurent sur terre. Il les confie donc au Père. Pas seulement les onze qui sont là\, mais toute l’Eglise qui se trouve en eux comme dans son germe\, afin que tout au long des siècles elle vive et grandisse au milieu du monde pour le  sanctifier\, au milieu du mal\, sans être souillée.Au sens liturgique\, c’est Notre Seigneur qui prie\, mais au Ciel\, cette fois. On se l’imagine arrivant avec son Humanité Glorieuse près du Père et lui indiquant ses apôtres et ses disciples qu’il voit en bas\, les yeux fixés sur lui… « Je les ai gardés ; gardez-les maintenant. » Aujourd’hui sa prière ne change pas. Nous venons de lui demande dans l’Introït de se montrer à nous ; il nous a répondu dans l’Allelúia II qu’il ne nous laisserait pas orphelins ; maintenant il s’adresse au Père : « Gardez-les eux qui sont un avec moi dans l’Eucharistie\, ne les prenez pas\, ils ont leur rôle à remplir…mais gardez-les du mal. » \n\n\n\nLA MÉLODIEL’intonation est simple\, intime\, avec une touche de joie aimable qui vraiment va bien du Fils au Père. Un bel élan monte aussitôt sur éssem et établit la mélodie sur la dominante autour de laquelle elle borde dans une grande simplicité. Essem est souligné par le salicus\, égo par le torculus sur la dernière syllabe\, ce qui lui donne un relief très prononcé\, et la phrase descend paisible et heureuse vers le do. Sur l’Allelúia elle module vers la cadence du IVe mode qui vient mettre une touche mystique sur ce chant d’éternité.Nunc aútem\, au début de la deuxième phrase\, reprend l’intonation en la développant\, puis vient le mot du revoir : ad te vénio. Il est court mais quel admirable mouvement de joie vive\, ardente\, enthousiaste dans cette montée de la mélodie qui va planer un instant tout épanouie sur le porrectus de la syllabe accentuée et qui se pose sur le sol dans la plénitude du VIIIe mode ; la joie indicible du Christ qui retrouve son Père.Ce n’est qu’une parenthèse très courte. Le Christ tout de suite revient aux siens qui luttent et peinent sur terre et le même sentiment de compassion passe dans sa voix. La mélodie de nouveau en Ier mode est toute thétique ; notez\, dans la première incise\, le torculus de rógo\, les podatus allongés de tóllas et de éos\, la cadence de múndo\, et\, dans la seconde\, le torculus de éos très allongé\, et la cadence bien mineure de málo.Les Allelúia de la fin demeurent ans cette atmosphère.Ici encore\, on chantera à mi-voix avec beaucoup d’onction. Ce qui n’empêchera pas que le chant soit très vivant.Après avoir bien mis en relief l’intonation on donnera à cum éssem un bon élan et une allure dégagée que l’on gardera tout le long de la phrase\, élargissant\, d’une nuance seulement\, la première note de éis et le torculus de égo. Cette première phrase doit être simple.On soulignera nunc aútem et\, sans brusquerie mais avec ardeur\, on montera avec la mélodie vers l’accent tonique qui sera bien lancé et expressif.Arrondissez le torculus de rógo et appuyez les podatus de tóllas\, de éos et de sérves ; c’est là qu’est la prière. Ne retenez pas trop l’Allelúia de la fin.  \n\n\n\n\nPolyphonies pour l’Ascension\n\n\n\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Fête de la Pentecôte
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLa Pentecôte fait partie du Temps Pascal\, elle en est comme le couronnement. Le Christ ressuscité remonté à son Père envoie son Esprit pour former\, avec l’humanité collective des prédestinés\, son corps mystique\, l’Église\, qui va continuer sur terre l’œuvre qu’il n’a fait qu’ébaucher et qui s’achèvera par la résurrection de tous ses membres. Mais\, tout en étant englobé dans le cycle de Pâques\, le temps de la Pentecôte a son atmosphère propre.Au matin du cinquième jour après la Résurrection\, au moment où\, sous le souffle violent de l’esprit qui venait en eux\, ce n’est pas du triomphe de Pâques ou de la glorieuse Ascension qu’ils étaient occupés\, mais d’une ardeur impétueuse qui\, comme une force vitale s’emparait d’eux\, et les poussait à la louange et à l’apostolat. Un souffle venait de Dieu sur eux\, un souffle de vie\, le même qui fut insufflé sur la face du premier homme ; il les animait et\, mêlé à leur propre souffle\, remontait vers Dieu avec toute l’activité de leur être.C’est cette atmosphère de vie ardente qui fut celle de l’Église naissante qui caractérise le temps de la Pentecôte.Aussi bien\, le mystère continue. La vie nouvelle que l’Esprit Saint infusait à l’Église\, en la personne des disciples et des trois mille baptisés\, pénètre toujours les âmes et les anime d’une flamme de jeunesse durant cette courte période. Primitivement\, le Baptême\, la Confirmation et l’Eucharistie étaient conférés aux catéchumènes la nuit du samedi et\, toute la semaine comme pendant la semaine de Pâques\, l’Église entourait de sa sollicitude maternelle les nouveaux chrétiens. Il en va autrement aujourd’hui\, mais les rites de cette semaine baptismale demeurent et\, par eux\, les grâces du Baptême\, de l’Eucharistie\, de la Confirmation sont à nouveau prodiguées à ceux qui sont disposés à les recevoir\, de sorte qu’à travers le jeu liturgique\, le souffle même de la Pentecôte nous atteint et\, de nous\, remonte à Dieu.C’est dans cet esprit de vie communiquée\, aspirée\, et expirée\, dans cette atmosphère d’enthousiasme ardent\, que nous devons vivre et chanter la Pentecôte. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nL’Esprit du Seigneur a rempli la terre.Allelúia.Et lui\, qui contient tout\, a la science de la parole.Allelúia\, Allelúia\, Allelúia.Ps. – Qu’il se lève\, Dieu.Et qu’ils se dispersent ses ennemis.Et qu’ils fuient\, ceux qui le haïssent\, devant sa face. Sagesse I\, 7. Ps. LXVII. 2.Le sens littéral de ce verset du livre de la Sagesse n’offre aucune difficulté. Le Seigneur est présent partout et\, parce qu’il contient tout – au sens qu’il pénètre et soutient tout : les corps comme les esprits – il sait tout ce qui se dit et se pense\, en quelque langue que ce soit.En faisant entrer ces mots dans la liturgie de la Pentecôte\, l’Église leur donne un autre sens. Il ne s’agit plus seulement\, dans le Spíritus Dómini replévit órbem terrárum\, de l’acte par lequel l’Esprit du Seigneur\, depuis la création\, pénètre tous les êtres pour les maintenir en existence\, mais de la possession personnelle de la terre comme de son royaume. Il y vient de ce jour-là comme l’Esprit du Christ avec la mission de tout régir\, de tout gouverner selon le Christ pour la gloire du Père. De même le sciéntiam hábet vócis ne s’entend plus seulement de la connaissance qu’il a de tout ce qui se dit\, mais encore de la communication qu’il fait de sa science\, par le don des langues\, aux disciples et\, par eux et leurs successeurs\, aux fidèles de tous les temps qui sauront l’écouter. Ceci n’est pas dans le texte d’une façon explicite\, mais s’en dégage sans qu’on ait à le solliciter.C’est donc plutôt l’aspect extérieur du miracle de la Pentecôte qui est chanté ici ; le miracle de ce matin-là en tant qu’il contenait\, comme en germe tout ce qui s’est réalisé depuis par l’Église et le miracle d’aujourd’hui en tant qu’il poursuit l’achèvement de l’œuvre commencée alors.L’Église chante donc cet Introït à la fois comme un rappel du texte sacré et comme la constatation enthousiaste de son accomplissement de plus en plus achevé. \nLA MÉLODIE\nElle commence dans le recueillement grave d’un Ier mode qui module en fa. Spíritus Dómini se trouve ainsi enveloppé de mystère et de vénération. Mais\, dès que se précise l’idée de la Pentecôte\, un souffle se lève qui prend les mots\, les emporte dans son élan impétueux jusqu’aux sommets les plus élevés puis les dépose\, les uns après les autres\, dans le calme et la paix\, sur les notes principales du VIIIe mode bien établi. Il y a dans cette phrase une expression de grandeur et d’enthousiasme qu’on rencontre rarement à ce degré de perfection. Évocation de l’immensité des terres et du grand vent qui ébranla le Cénacle\, sans aucun doute. Mais à travers cette évocation\, passe l’ardeur de l’Église\, celle des 3 000 baptisés\, celle de tous ceux qui ont suivi et qui à l’heure de ces souvenirs grandioses de la première Pentecôte\, sentent la même ferveur et la même joie exultante.La seconde n’a pas\, au début\, le recueillement de la première. La mélodie monte tout de suite\, par une quarte hardie\, de la tonique à la dominante. C’est un nouveau souffle\, ou\, si l’on veut\, le même qui continue en une onde nouvelle. Après une légère dépression\, il s’enfle de nouveau sur ómnia et\, progressivement\, avec moins d’impétuosité\, mais avec la même force enveloppante\, entraîne vers hábet vócis\, le mot qui évoque le miracle des langues et toutes les grâces de lumière qui\, en des modes divers\, l’ont prolongé dans les âmes.La détente commencée sur vócis\, se poursuit sur les Allelúia\, avec une ondulation montante assez marquée sur le second. Elle s’achève en une plénitude toute paisible sur une belle cadence modale élargie par les deux torculus.Le Psaume est plein du même enthousiasme\, avec je ne sais quoi de conquérant… Ce sont les mots par lesquels Moïse donnait aux tribus d’Israël le signal du départ au cours de leur marche dans le désert : Lève-toi Seigneur…; et on levait l’arche sur les épaules et l’on marchait. Ce chant de confiance des Hébreux devient le nôtre dans cette marche du nouveau Sinaï vers la Terre Promise de l’éternité qui commence avec la Pentecôte.Chantez dans un mouvement ample\, mais très vivant et très enthousiaste. La voix\, retenue sur Spíritus Dómini prendra de l’ampleur et de la sonorité sur replévit et\, bien appuyée sur le salicus lancera d’un bel élan órbem qui s’arrondira au sommet souple et léger et retombera sur la tonique pour amorcer la thésis de terrárum dont on arrondira le creux en l’élargissant. La cadence de l’Allelúia suivra le ralenti. À noter que la double note de rum dans terrárum est une bivirga épisématique ; elle devra être posée avec une certaine fermeté.Après un départ a tempo on veillera à ce que la première incise de la seconde phrase soit chantée sans précipitation. Omnia bien posé et commençant le crescendo d’enthousiasme qui montera jusqu’à hábet vócis en un mouvement de plus en plus élargi.Veillez au rythme du second Allelúia.Le Psaume net et énergique. \nALLELÚIA I\nLE TEXTE\nEnvoie ton Esprit et ils seront créés.Et tu renouvelleras la face de la terre. Ps. CIII. 30\, 31.C’est le même texte que celui de l’Offertoire de la Vigile\, avec une nuance toutefois qu’il tient du caractère de l’Office. Il y a en effet comme deux actes dans le « jeu » de cette messe de la Pentecôte. Le premier évoque le miracle extérieur ; l’Introït en est l’ouverture grandiose et l’Église nous en fait le récit détaillé et dramatique. Le second reproduit le miracle intérieur : l’envahissement des âmes par l’Esprit Saint qui prolonge jusqu’à nous son œuvre de la Pentecôte. Il n’y a pas d’éclat dans cette pénétration ; elle se fait comme elle se fit pour les Disciples\, dans le secret de l’âme ; c’est quelque chose de personnel\, d’intime\, de mystérieux.Or c’est précisément avec les Allelúia que commence ce second acte du drame. Tous les textes à partir de là en effet\, jusqu’à la Communion\, sont un appel à l’Esprit Saint\, hôte de l’âme. Il ne faut donc pas donner à Emítte Spíritum túum le caractère de joie enthousiaste qu’il prenait la veille lorsqu’il jaillissait du cœur de l’Église comme un cri d’espoir ardent. Ici\, c’est l’âme qui discrètement\, humblement\, demande que se renouvelle en elle le mystère d’amour que Dieu a voulu réaliser par l’Esprit de son Fils. C’est une prière. \nLA MÉLODIE\nLa première phrase n’est pas aussi suppliante que dans l’Allelúia Excíta du IIIe dimanche de l’Avent : il y manque le beau motif de Dómine. Mais c’est bien la même prière paisible\, intime\, avec une pression délicate\, qui n’exige pas\, mais qui a plus de puissance que des cris.La seconde phrase est la même que dans les autres Allelúia du même type. Ici encore elle est merveilleusement adaptée. Sur creabúntur\, comme sur véni (Allelúia Excíta du IIIe dimanche de l’Avent ) et sur Dóminus (Allelúia Ascéndit de l’Ascension )\, l’âme jouit de ce qu’elle voit dans l’avenir. Contemplation heureuse de la terre se remplissant de la vie du Christ petit à petit sous le souffle de l’Esprit.Un élan de désir plus poussé monte sur térræ et donne à la reprise du chœur un caractère de supplication plus ardente.Lancez bien l’accent tonique de Emítte ; que la voix retombe sur te douce et souple dans l’articulation des deux t. Retenez quelque peu Spíritum túum. Liez avec grand soin toute la seconde phrase. Balancez délicatement fáciem térræ. \nALLELÚIA II\nLE TEXTE\nViens Esprit Saint.Remplis le cœur de tes fidèles\,Et de ton amour en eux allume le feu.On ignore l’auteur de cette très belle prière.Elle est toujours d’actualité\, car l’Esprit n’a jamais fini de venir et\, tant que nous sommes sur terre\, nous n’avons jamais fini d’en avoir besoin. Ce qui nous manque en effet c’est d’en être remplis au point qu’il soit l’inspirateur exclusif de nos penses\, de nos vouloirs\, de nos actes\, et de l’avoir en nous comme un feu\, comme un désir brûlant qui nous pousse avec une force irrésistible à aller où il nous veut pour y faire ce qu’il veut.L’Église la chante pour tous ses membres\, et la chante à genoux. Elle lui donne\, par ce geste\, un caractère d’émouvante supplication. \nLA MÉLODIE\nOn l’attribue assez communément à Robert le Pieux.La prière est délicate dans la première phrase\, quelque peu timide\, humble même\, comme si l’âme ne se sentait pas digne d’appeler en elle une plus intime présence de l’Esprit divin après avoir été si souvent indélicate à son égard. Mais quelle admirable supplication ; si pénétrée d’amour\, de cet amour à la fois tendre et discret que la souffrance indicible de ne pas voir l’aimé nuance de mélancolie ! Elle se fait plus ardente sur sáncte quoique toujours retenue. C’est plutôt dans la thésis sur les rythmes ternaires paisibles et doux de Spíritus que l’âme se laisse aller. Une nouvelle supplication non moins intense\, mais toujours délicate\, se dessine sur réple ; elle va s’intensifiant sur le pressus\, s’épanouit un instant sur la note allongée de córda et redescend à la tonique sur le motif répété de Spíritus.La seconde phrase est la phrase du feu: amóris ígnem. La réserve n’a pas totalement disparu\, mais l’ardeur de l’âme est telle que\, dès le début\, en quatre notes\, elle emporte la mélodie à l’extrême limite du mode.Elle en descend\, balancée sur des rythmes binaires qui la ramènent par degrés à la tonique. Mais le mouvement ne la laisse se poser nulle part : il l’enlève à nouveau\, plus ardente\, dans les hauteurs où elle se déploie\, intensifiée jusqu’à être émouvante. Par le même motif thétique\, elle revient à la tonique. A peine l’a-t-elle touchée qu’elle se relève en un dernier rebondissement pour aller se poser sur le mi en une cadence en demi-ton qui la fait à nouveau délicate et humble.Vient alors la grande formule de l’Allelúia où se retrouvent successivement la supplication discrète de véni Sáncte\, la délicate thésis de Spíritus\, et l’ardeur brûlante de amóris.Ne pressez pas le mouvement. Chantez doucement la première phrase ; tout y est en demi-teinte et tout y est délicat… Les pressus seront tout juste touchés d’une petite pression\, les crescendo esquissés seulement\, les accents légèrement soulevés… Ce sont des nuances.Dans la seconde phrase il y aura plus de mouvement\, mais sans contraste poussé avec la première. On ménagera la transition dans l’arsis de túi\, et le crescendo s’achèvera sur l’accent tonique de amóris qui sera bien lancé\, léger et élargi. Aller sur les notes longues de la thésis et ne pas presser\, retenir plutôt.Le podatus qui suit la double note au début de la dernière incise de accénde sera très arrondi et élargi. \nSÉQUENCE\nLE TEXTE\nViens\, Esprit Saint\, et envoie du ciel\,De ta lumière un rayon.Viens\, père des pauvres\, viens\, donneur des dons\,Viens\, lumière des cœurs.Consolateur très bon\, doux hôte de l’âme.Douceur rafraîchissante\,Dans le labeur\, repos ; dans l’ardeur\, modération ;Dans les larmes\, consolation.Ô lumière bienheureuse\, remplis le fond du cœur de tes fidèles.Sans ta puissance\, rien n’est dans l’homme.Rien n’est sans danger de mal.Lave ce qui est souillé\, arrose ce qui est aride\,Guéris ce qui est blessé.Rends souple ce qui est rigide\, réchauffe ce qui est froid\,Ramène dans le vrai chemin ce qui a dévié.Donne à tes fidèles qui en toi se confientLes sept dons sacrés.Donne ce que la vertu a mérité\, donne le chemin du salut\,Donne l’éternelle joieAmen\, Allelúia. \nLA MÉLODIE\nUne séquence\, le mot le dit\, est un chant qui continue celui qui précède. Normalement\, il doit même lui emprunter son intonation. C’est bien le cas ici : Véni Sáncte Spíritus a le même motif syllabique que véni dans le verset de l’Allelúia .Cette séquence de la Pentecôte est de toute beauté\, et les idées et les sentiments qu’elle exprime sont assez clairs pour se passer de commentaire.Signalons toutefois que la forme générale de cette prière – car c’est une prière\, il ne faut pas l’oublier – est la même que celle de l’Allelúia. Dans les deux premiers versets\, la mélodie est discrète\, retenue\, humble. Dans le troisième et le quatrième\, elle s’anime dès le début par l’élan qui va du la au ré. Dans le cinquième et le sixième\, elle atteint son maximum de puissance et d’ardeur par l’attaque discrète sur le ré supérieur. Dans le septième et le huitième\, elle revient à la discrétion du début. De même dans les deux derniers\, à part l’arsis du commencement\, qui est d’ailleurs toute passagère.On la chante généralement très bien\, car elle est facile. Elle demande toutefois pour avoir toute sa perfection que l’on demeure dans l’esprit de prière et que l’on évite de forcer les notes élevées. Une prière n’exige pas\, elle demande\, même quand elle supplie avec ardeur elle doit demeurer humble. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nConfirme ce que\, ô Dieu\,Tu as opéré en nous.De ton Temple qui est en Jérusalem\,Ils t’offriront\, les rois\, des présents. Allelúia. Ps. LXVII. 29\, 30.Dans le Psaume\, qui chante le retour triomphal du Roi à Jérusalem\, comme nous l’avons vu à l’occasion de l’Allelúia II de l’Ascension \, ces deux versets sont une prière du peuple qui demande au Seigneur de confirmer les victoires acquises\, par l’établissement solide de son règne. Alors\, dans la splendeur de son Temple\, les rois étrangers viendront l’adorer en lui offrant des présents.Dans le cadre liturgique de la Pentecôte\, les deux idées demeurent. L’Église demande d’abord à Dieu de confirmer\, d’affermir\, de consolider ce que l’Esprit a opéré dans les âmes\, en ajoutant à leurs efforts la puissance de sa grâce ; en fait\, de rendre cette amitié qu’est l’état de grâce effective\, durable\, de plus en plus vive\, par la docilité de notre esprit aux inspirations de son Esprit. Alors « les Rois offriront des présents ». Ce qu’il faut entendre dans un sens à la fois individuel et collectif. Dans notre âme devenue temple de la Trinité\, nous viendrons\, nous aussi rois et prêtres comme le Christ\, offrir aux Divines Personnes l’hommage de notre être. Dans l’Église\, ce Temple Spirituel\, les rois et les peuples de la terre\, pénétrés de cet Esprit d’amour\, s’offriront en hommage au Christ Roi immortel des siècles et\, par lui\, au Père. Enfin dans le Ciel\, Jérusalem céleste\, le Seigneur et l’Agneau seront le Temple et\, en eux\, éternellement\, les rois et les peuples ne cesseront plus de s’offrir et d’offrir le monde nouveau qu’ils posséderont.Ainsi compris\, cet offertoire est une très belle paraphrase de l’Évangile où l’on entend précisément Notre Seigneur nous dire que si nous l’aimons\, il fera de notre âme sa demeure et que le Paraclet y parlera sans cesse pour nous guider dans l’amitié qu’il établira avec nous. \nLA MÉLODIE\nElle a une ressemblance très marque avec celle de l’Offertoire de la Messe de Minuit . L’intonation et le début de la deuxième incise sont identiques dans les deux et le motif de la troisième phrase\, à peu près le même sur tíbi ófferent ici\, et là sur ánte fáciem.Mais ici la joie domine moins\, elle est plus intérieure\, si l’on peut dire\, plus profonde. C’est comme un chant très recueilli\, très priant même\, que l’âme\, sans pousser sa supplication\, adresse à Dieu dans l’atmosphère de bonheur qui l’enveloppe depuis que lui ont été dites\, à l’Evangile\, les paroles si riches de promesses qui fondent son intimité avec Dieu : « Si quelqu’un m’aime…nous ferons notre demeure en lui »… Ils sont déjà venus. Seigneur\, confirme ce qu’a fait ton Esprit : Confírma hoc…Le développement neumatique est considérable par sur tous les mots.Dans la première phrase\, in nóbis est très en relief par la montée en deux mouvements de quarte sur la tristropha et par la cadence du VIIIe mode si expressive de joie ferme et pleine.Dans la seconde\, la mélodie\, après avoir repris deux fois\, sur túo et sur quod est\, le motif de hoc dans la phrase précédente\, déroule ses beaux rythmes gracieux et paisibles sur Jérúsalem qu’elle enveloppe de tendresse et d’espoir.La troisième a sur tíbi un motif propre qui est repris sur réges. Il se joint\, les deux fois\, au motif de hoc Déus\, repris pour la cinquième fois sur ófferent et Allelúia. Ce motif\, très discret\, qui se balance ainsi tout au long des phrases\, contribue à donner à cet Offertoire son caractère de paix intime et heureuse.Chantez dans un mouvement assez large\, mais léger\, souple et vivant.Donnez un peu d’ampleur à fir dans confirma. Balancez bien la cadence de Déus et liez in nóbis à la clivis allongée de es où commencera le crescendo. La cadence du VIIIe mode sur sol sera très nette et largement posée ; puis on fera un bon temps de silence pour séparer les deux idées.Elargir quelque peu la cadence de túo et se complaire sur les neumes de Jerúsalem qui seront très liés.Faites les broderies de ófferent\, très légères. Le punctum de ne dans múnera sera allongé avant le torculus. La double note de ra dans le même mot est une bivirga épisématique ; bien l’appuyer. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nIl vint tout à coup du ciel et le bruitD’un souffle véhément\,Là où ils étaient assis.Allelúia.Et ils furent remplis tous du Saint-Esprit\,Chantant les merveilles de Dieu.Allelúia\, Allelúia. Act. II. 2\, 4\, 11.Ce récit est bien à sa place au moment de la Communion sur les lèvres de l’Église. La réception de l’Eucharistie renouvelle en effet d’une certaine manière le miracle\, car elle produit une augmentation de la charité qui est accompagnée\, si la communion est fervente\, d’une nouvelle mission des Personnes divines. Ainsi donc\, comme le jour de la Pentecôte\, mais sans vent et sans bruit cette fois\, le Saint Esprit envahit l’âme qui\, elle aussi\, dans le silence de l’action de grâces se met à chanter les merveilles de Dieu. \nLA MÉLODIE\nC’est un récitatif très vivant\, dramatique même. Toutes les réactions sensibles provoquées par le miracle s’y trouvent. La surprise et l’émoi dans les quintes montantes et descendantes de Fáctus est repénte ; l’étonnement émerveillé dans la montée au fa de sónus en allant mourir\, petit à petit\, comme épuisé sur les dernières notes de l’Allelúia et repartant avec la même véhémence sur et repléti sunt en une seconde vague qui déferle sur toute la phrase jusqu’à la fin de la dernière cadence.A travers ce mouvement\, quelque chose de l’enthousiasme à l’ardeur de feu qui animait les Apôtres\, passe. Très marqué dans toute la première phrase\, particulièrement dans la période arsique sur sónus\, il l’est davantage encore sur repléti sunt ómnes Spíritu sáncto au début de la seconde. L’âme chant non seulement ce qui lui arrive à Jérusalem\, mais ce qui lui arrive à ce moment\, à elle aussi\, qui se sent toute remplie de l’esprit de Dieu.Sur loquéntes magnália Déi qui aurait pu\, à bon droit d’avoir de l’ampleur et de l’éclat\, la mélodie devient thétique et toute apaisée. C’est assez imprévu\, mais très expressif du chant intérieur de l’âme toute recueillie sous le flot de grâces qui l’envahit.Le mouvement sera assez rapide et on y mettra beaucoup d’enthousiasme ; dans les passages syllabiques surtout. Sónus sera très lancé avec une bonne articulation de l’s. Les deux autres incises de la première phrase\, plutôt thétiques seront quelque peu retenues. Leur forme neumatique amènera d’ailleurs cette nuance sans qu’on ait à s’en occuper. Liez de près Allelúia à sedéntes.Reprise a tempo sur et replévit et mouvement ardent. Elargissez loquéntes et particulièrement la dernière syllabe tes. Les deux Allelúia\, très paisibles. \n\nPolyphonies pour la Pentecôte\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Le Lundi de Pentecôte
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n  \nINTROÏT\n  \nLE TEXTE\nIl les a nourris de la fleur de froment.Allelúia.Et du miel de la pierre il les a rassasiés.Allelúia\, Allelúia\, Allelúia.Ps. Acclamez Dieu\, notre aide.Poussez des cris de joie au Dieu de Jacob. Ps. LXXX. 17\, 2.Les expressions imagées de ces deux versets ont à peine besoin d’explication. La fleur de froment c’est l’Eucharistie dont le Seigneur a nourri les nouveaux chrétiens d’hier sitôt après leur baptême. Le miel de la pierre a le même sens. (Les abeilles font parfois leur miel dans le creux des rochers en Palestine) Pétra aútem érat Chrístus dit Saint Augustin dans son commentaire du Psaume\, citant Saint Paul (I. Cor. X. 4.). C’était aussi une allusion au mélange de lait et de miel que l’on donnait aux premiers communiants pour symboliser la suavité du Christ dans l’Eucharistie. La progression des verbes est à noter : cibávit éos\, saturávit éos. Il les a nourris\, il les a rassasiés…rassasiés\, car on a tout ce qu’on peut désirer dans le Christ\, même dès cette terre\, sans parler de la Béatitude dont la vision de Dieu comblera dans l’éternité notre faim et notre soif de bonheur : Satiábor cum apparúerit gloria túa. (Je  serai rassasié quand se montrera ta gloire. Ps. XVI\, 15.)L’Eglise\, quand elle chante cet Introït\, n’a pas à l’esprit ceux-là seuls qui ont fait leur première communion au cours de la Vigile – ils sont très rares désormais – mais tous ceux qui en ont fait revivre la grâce à l’occasion de la Pentecôte. Plus encore : tous les communiants de tous les temps qui sont au ciel et au purgatoire\, car\, eux aussi\, à leur façon\, ont pris part à la liturgie Eucharistique de la Vigile. C’est à eux tous qu’elle pense en se redisant à elle-même\, en une sorte de contemplation\, le verset du psaume qui devient ainsi l’expression de sa reconnaissance et de son admiration enthousiaste pour cette nourriture divine dont Dieu a voulu nourrir ses membres. \nLA MÉLODIE\nL’âme berce d’abord sa pensée sur les rythmes passibles et souples de cibávit éos\, puis\, à l’évocation de l’Eucharistie\, qui lui est présentée sous l’image de la fleur de froment\, elle s’anime un peu et met sur ádipe un accent de ferveur où passe son amour reconnaissant. C’est toute la première phrase.Il y a plus de mouvement dans la seconde. L’âme contemple toujours\, mais\, à mesure que l’idée de l’Eucharistie se renforce avec l’image nouvelle et qu’apparaît le rassasiement de l’éternelle vision\, l’ardeur se lève en elle et la laisse aller. On le sent dès les premières notes ; elles vont\, en une arsis pleine d’élan vers Pétra qui figure ici le Christ. Il y a ensuite une petite thésis délicate puis l’élan reprend et s’accentue sur saturávit où il devient enthousiaste. La détente se fait alors sur les trois Allelúia qui ramènent peu à peu la paisible contemplation du début.Chantez simplement\, doucement. Dans la première phrase\, faites l’accent de ádipe léger et arrondi\, que votre voix retombe douce sur la tristropha\, descende délicatement sur fruménti et se relève\, sans effort toujours sur l’Allelúia. Dans  la seconde\, il faudra faire sentir l’enthousiasme. Le départ sera a tempo et la voix ira se renforçant sur Pétra. Appuyez bien cette double note\, c’est une bivirga épisématique. C’est le Christ que vous chantez là. Ne vous arrêtez pas toutefois\, allez vers l’accent de mélle ; qu’il soit léger\, comme aussi la thésis qui suit. Puis\, dans le même mouvement tout en élan\, mais élargi\, chantez\, presqu’à pleine voix sur saturávit\, votre reconnaissance et vote espoir de l’éternelle vie. Après quoi viendront les  Allelúia\, chacun avec son arsis et sa thésis\, mais enveloppés dans le grand rythme qui les ramènera\, en un beau dégradé à la cadence finale. Notez que le premier part du fa\, le second du mi et la troisième du ré ; progression descendante après la progression montante.Le Psaume n’est plus une contemplation\, mais une invitation à louer Dieu. Il doit être brillant. L’Introït reprendra ensuite en demi-teinte. \nALLELÚIA\nLE TEXTE\nIls annonçaient en diverses langues\, les Apôtres\,Les merveilles de Dieu. Act. II. 4\, 11.Il ne s’agit pas seulement dans ce verset du miracle des langues qui eut lieu le matin de la Pentecôte mais aussi de celui qui se produisit\, lors du baptême des premiers gentils par Saint Pierre\, dans la maison de Corneille et dont le sous-diacre vient de faire le récit à l’Epître. L’Eglise enveloppe les deux dans sa pensée durant les instants qui suivent et\, dans sa contemplation elle dit à Dieu sa joie de le voir se manifester ainsi avec tant d’éclat\, et prolonger\, par les merveilles de sa grâce\, dans les âmes la louange de son nom\, sur toute la surface de la terre\, et dans toutes les langues du monde. \nLA MÉLODIE\nElle est très joyeuse dans l’Allelúia\, mais d’une joie qui n’a pas d’éclat. Délicate et comme intérieure sur les premières notes\, elle ne commence à s’extérioriser que sur la montée fa – si b. Beau mouvement d’ailleurs qui s’épanouit en une sonorité claire sur le porrectus et le torculus de la dernière syllabe et se détend ensuite en neumes très rythmés qui l’amènent à la cadence sur do. Il ne s’y pose qu’à peine\, une arsis le lance à nouveau vers le la. Il en redescend en se balançant sur deux motifs qui se répondent avec grâce et\, doucement\, touchent trois fois la tonique avant de s’y poser enfin.Ce caractère de musique intérieure est très marqué dans la première incise du verset loquebántur. L’Eglise médite ; notez la longue tenue sur fa avec ses répercussions\, et la descente si paisible des deux climacus et de la clivis vers le do. Sur váriis línguis\, le mot du miracle\, la joie s’élève. Elle retrouve la première partie du jubilus et s’y déploie à loisir mais\, au lieu de revenir au ré\, elle remonte au contraire et s’épanouit sur le mot apóstoli dans l’admiration des apôtres et de l’œuvre du Saint Esprit en eux et dans les âmes de tous les Chrétiens.La dernière phrase reprend l’Allelúia entier qui se trouve fort bien de magnália Déi pour louer dans la joie les merveilles de Dieu.Il ne faut pas chanter fort les premières notes de l’Allelúia. Ménager un bon crescendo qui commencera délicatement sur le fa et aura toute sa force sur le porrectus qu’on élargira légèrement.Retenez le mouvement sur loquebántur qui a quelque chose de mystérieux et reliez-y d’assez près váriis en lui donnant a même expression que dans l’Allelúia. Autant que possible\, ne pas respirer au quart de barre. Lier aussi de très près apóstoli à línguis et mener le crescendo jusqu’à la note répercutée. Faire la reprise a tempo mais sans excès\, sur magnália. \nALLELÚIA II\nVéni Sáncte Spíritus.Comme à la Fête de la Pentecôte. \nSÉQUENCE\nVéni Sáncte Spíritus.Comme à la Fête de la Pentecôte. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nComme un tonnerre\, il se fait entendre du ciel\, le Seigneur\,Et le Très-Haut fit éclater sa voix.Et apparurent les sources des eaux. Ps. XVII. 14\, 16.Dans ces deux versets\, le Psalmiste décrit l’orage\, symbole de la colère de Dieu contre les ennemis de son peuple ; le tonnerre et la violence du vent et des tremblements de terre qui soulèvent les flots\, au point qu’on découvre\, au fond de la mer\, et des fleuves\, la source de leurs eaux.Dans le cadre liturgique de la Pentecôte c’est le vent impétueux et l’apparition des langues de feu qui sont évoqués\, celles-ci symbolisant le Saint Esprit\, source des eaux merveilleuses de la grâce qui allaient couler sur les trois mille auditeurs de Saint Pierre et se répandre jusqu’à la fin des temps sur touts les âmes de bonne volonté. Ainsi\, sur ces quelques mots\, l’Eglise trouve de quoi chanter les deux objets qu’elle se propose : le miracle du Jour et son développement\, l’effusion de la grâce baptismale sur le monde. \nLA MÉLODIE\nLe texte n’est qu’un récit ; il ne se prête pas à l’expression de sentiments très vifs. La mélodie ne s’y applique pas non plus. Elle se déroule dans une atmosphère de joie paisible en revêtant seulement les mots de longs neumes sur lesquels l’âme trouve le temps de saisir et d’exprimer ce que le texte lui suggère.Elle monte tout de suitée de ré au la dans la première phrase\, brode autour et redescend sur le mi en une cadence qui enveloppe Dóminus d’admiration et de tendresse reconnaissante.Dans la seconde\, elle s’établit dès le début sur le la mais le mouvement est le même. La cadence mystique de Dóminus se retrouve sur Altíssime. Dédit vócem est très insistant\, mais toujours méditatif ; la cadence sur ré assez inattendue.Il y a plus de mouvement dans la troisième phrase. On le sent tout de suite dans la montée joyeuse de apparuérunt\, les mots aussi sont moins chargés de neumes.Avec l’Allelúia\, la contemplation paisible revient et tout s’achève sur la cadence mystique entendue pour la quatrième fois.Plus que toutes les autres prières de l’office\, celle-ci est délicate ; précisément parce qu’elle est dépourvue de tout effet. Il faut la chanter à mi-voix\, comme une méditation\, dans un mouvement pas rapide\, mais bien vivant. Evitez de traîner surtout sur les cadences en mi ; elles deviendraient plaintives\, alors qu’elles sont l’expression d’une joie toute pénétrée de tendresse pour le Seigneur. On notera qu’elles ne se trouvent que sur Dóminus\, Altíssime\, Allelúia et apparuérunt\, le verbe qui annonce la grâce du jour. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nLe Saint Esprit vous enseigneraAllelúia.Tout ce que je vous aurai dit.Allelúia. Jean XIV. 16.Au moment où ses membres communient\, l’Eglise se redit les paroles que Notre Seigneur disait à ses Apôtres après la Cène. Elles sont bien à leur place. Par la grâce du sacrement en effet\, la charité croît et\, le Saint Esprit se fait mieux entendre parce que\, devenus plus aimants\, nous sommes plus attentifs à saisir ce qu’il nous dit. \nLA MÉLODIE\nAimable et douce dans l’intonation\, elle s’élève sur docébit vos en une joie enthousiaste pénétrée de certitude\, qui enveloppe tout jusqu’à la fin. Comme si l’Eglise voulait dire aux jeunes baptisés\, au seuil de leur vie chrétienne\, et rappeler à tous ses membres\, que l’Esprit de lumière étant en eux ils n’ont pas à avoir peur ; il les mène à la lumière de l’éternelle vérité.Il faut chanter dans un mouvement alerte et à pleine voix\, les accents bien marqués et sans arrêt. Ne ralentir qu’à la cadence finale qui sera posée. \n\nPolyphonies pour la Pentecôte\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:La Fête de la Sainte Trinité
DESCRIPTION: \n\n\n\nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n\n\n\nLe temps après la Pentecôte représente dans l’Année liturgique la période qui va de la descente du Saint Esprit sur les Apôtres à la fin des temps.Il n’y a pas\, dans ces quatre-vingt Dimanches qui se suivent de plan d’ensemble. Il est même impossible\, à cause des changements qui ont été effectués à plusieurs reprises dans le Missel\, de savoir quelle était l’ordonnance primitive de chaque messe. Il serait donc vain de chercher à dégager l’idée qui a présidé à la composition.Doit-on pour autant se refuser à chercher dans le Missel\, tel qu’il se présente à nous\, un lien ente les prières\, les lectures et les chants ? Nous ne le croyons pas. Du point de vue historique un tel lien est sans valeur\, c’est entendu\, mais il existe en réalité\, il ne saurait être fictif. Or il existe et on le découvre sans qu’il soit nécessaire de solliciter les textes à l’excès. Nous nous sommes donc appliqué à le dégager\, persuadé que l’unité ainsi réalisée aidera à entrer efficacement dans le jeu liturgique et à le vivre. (Nous ne l’avons pas fait pour les fêtes qui\, elles\, ont leur objet propre).Il va de soi que ce lieu\, n’affectant pas l’essentiel de l’expression des diverses pièces chantées\, chacun peut l’utiliser\, ou non. \n\n\n\nINTROÏT\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nBénie soit la Sainte Trinité et l’indivisible Unité.Nous lui rendrons gloire Car elle a exaucé envers nous sa miséricorde. \n\n\n\nPs. – Seigneur\, notre Seigneur\,Que votre nom est digne d’être loué sur toute la terre ! Tobie. XII. 16. – Ps. VIII. 2. \n\n\n\nC’est une adaptation des paroles de l’Archange Raphaël à Tobie et à son fils\, au moment où il les quitte. Ceux-ci\, pour le remercier de tout ce qu’il avait fait pour eux lui proposaient la moitié de l’argent recouvré grâce à lui « Alors il leur dit en secret : Bénissez le Dieu du ciel et louez-le devant tous les vivants parce qu’il a exercé envers vous sa miséricorde ». \n\n\n\nL’Archange leur demandait de bénir et de louer le Dieu du ciel ; l’Eglise\, elle\, qui a reçu du Christ la révélation explicite du mystère de la vie intime de Dieu\, bénit et loue la Trinité Sainte\, et l’Invisible Unité des Divines Personnes. \n\n\n\nLe choix de ces paroles d’action de grâces comme Introït est vraiment très heureux. Devant ce mystère des mystères qui nous est plus que tous les autres fermé\, qui nous écrase par son infinie grandeur\, la seule idée qui nous vienne en effet\, après le silence\, c’est la reconnaissance envers les Divines Personnes qui\, de toute éternité\, se sont penchés avec amour sur notre néant\, qui ont fait note salut et qui nous conduisent\, à travers les vicissitudes de nos existences\, vers la Béatitude de leur vie intime dans laquelle elles nous veulent à jamais. Benedícta sit sáncta Trínitas… \n\n\n\nLe Psaume est une exclamation par laquelle l’âme exprime son admiration\, pour toutes les merveilles qu’elle découvre dans l’action des Divines Personnes. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle est calquée sur l’Introït Invocávit me du Ier Dimanche de Carême . Dans l’ensemble l’expression est satisfaisante. \n\n\n\nLes mots de bénédiction s’accommodent assez bien de la première incise. Le motif de Benedícta sit est recueilli\, adorant même. \n\n\n\nUn bel élan de ferveur lui succède sur Sáncta et s’épanouit sur la triple note de indívisa. Malheureusement la cadence de Trínitas sur do par le si\, qui fait la sensible de la gamme majeure\, est bien mauvaise. Dans l’Introït Invocábit cette montée se reliait tout de suite à éum que le porrectus ramenait au sol. \n\n\n\nEn dépit de l’accent tonique fort mal servi\, le motif de confitébimur répond bien à l’ardeur de louange que demande le mot\, et l’idée de miséricorde a son expression délicate tout le long des deux dernières incises. Mais on est bien obligé de constater un peu partout que le rythme des mots et le rythme de la mélodie ne sont pas accordés. \n\n\n\nOn chantera sans forcer la voix\, mais dans un bon mouvement. \n\n\n\nLa première phrase sera plutôt recueillie. Faites bien la répercussion sur la clivis qui suit la distropha de Trínitas. La double note de Indívisa devra être bien appuyée et élargie; elle devrait porter selon les manuscrits deux épisèmes horizontaux. \n\n\n\nDonnez de l’élan à confitébimur\, faites bien l’accent et veillez à arrondir le sommet. Lancez bien l’accent de fécit dans l’incise qui suit. \n\n\n\nLe Psaume sera bien rythmé. \n\n\n\nGRADUEL\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nBéni es-tu\, Seigneur\, toi qui sondes les abîmes.Et qui sièges au-dessus des Chérubins. \n\n\n\nVerset. – Béni es-tu\, Seigneur\,Dans le firmament du cielEt digne de louange dans les siècles. Daniel III. 55\, 56. \n\n\n\nC’est encore une formule de bénédiction. Elle est empruntée cette fois au Cantique des trois enfants dans la fournaise. \n\n\n\nL’Eglise\, interprète en droit de tout le monde créé parce qu’elle est le Christ continué\, s’en sert pour remercier Dieu du regard d’amour qu’il pose sans cesse et sur les esprits et sur les plus éminents des cieux et sur les êtres les plus infimes\, au fond des gouffres\, et lui dire sa reconnaissance pour les merveilles dont il a rempli les mondes. \n\n\n\nLes jeunes Hébreux qui le louaient dans les flammes ne voyaient rien de plus que ce que nous voyons dans le bleu du firmament\, dans les nuages qui voilent ou dans les feux dont il scintille la nuit\, mais nous savons\, nous\, ce qu’il y a d’invisible par delà les étoiles\, et\, pour les milliards et les milliards de soleils que le Seigneur a créés et qui se meuvent dans l’ordre qu’il a fixé\, nous pouvons le bénir et le déclarer digne de louange dans les siècles\, lui qui\, après nous avoir émerveillés durant notre vie de la splendeur du monde\, nourrira de la beauté infinie de ses Trois Personnes la louange de note éternité. Car on vient de le chanter à l’Epître « c’est de lui et par lui et en lui que sont toutes choses. A lui la Gloire dans les siècles. Amen. » \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\n(V) Benedíctus es Dómine qui intuéris abýssos et sédes súper Chérubim \n\n\n\nL’original est le Graduel Constítues éos de la Fête des Saints Apôtres Pierre et Paul. Le calque\, comme dans l’Introït\, a été fait sans souci d’adapter les phrases de la mélodie aux phrases du texte. C’est ainsi que la première phrase du Graduel Constítues a été prolongée de tout le motif de mémores pour couvrir ici le texte jusqu’à abýssos. Malgré ce défaut qui\, il faut bien le dire\, paraît fort peu si l’on ne fait pas la comparaison\, l’expression est juste. Il se dégage du Graduel Constítues éos une gravité qui devient ici sur les paroles de bénédiction qui chantent l’infini regard de Dieu\, une vénération pieuse et tendre. Très marquée sur le motif de Dómine qui courbe l’âme en adoration\, elle prend de plus en plus\, sur intuéris abýssos\, un caractère d’admiration\, mêlé de grandeur\, qui ne la quitte plus et qui est vraiment ce qui convient sur de telles paroles. Le Verset. – Benedíctus es Dómine in firmaménto coéli et laudábilis in saécula. \n\n\n\nL’adaptation ici est très bonne et l’expression parfaite. Une louange pleine de ferveur\, tendre et réservée d’abord\, qui s’exalte peu à peu sur Benedíctus et qui devient ardente sur les deux pressus de Dómine. Après une nuance délicate de vénération sur la finale du mot\, elle rebondit sur in en un cri d’admiration exultante qui peu à peu se détend sur les beaux rythmes thétiques de firmaménto\, comme si l’âme\, après cette exclamation émerveillée\, prolongeait en elle la contemplation de ce qu’elle ne peut ni dire\, ni chanter. \n\n\n\nLa double note de Benedíctus est une bivirga épisématique\, elle fait toute l’intonation grave. En fait\, le Graduel tout entier doit être chanté avec ampleur. \n\n\n\nElargissez toute la thésis de Dómine. Allongez aussi qui et veillez à ce que intuéris soit très lié. Un crescendo discret et un léger retard du dernier climacus portera la voix avec grâce du sol au ré. Toute cette cadence doit être très liée. \n\n\n\nLe verset sera un peu plus rapide et très léger. La double note de Benedíctus est ici encore une bivirga épisématique\, la faire expressive. Pressez légèrement le mouvement sur les broderies : ré-do\, ré-do\, ré-do\, ré-mi-do et commencez-y un crescendo qui s’épanouira sur les doubles notes de Dómine lesquelles seront retenues. Il faut faire la montée sur in ardénte et se complaire ensuite sur caéli dont les deux groupes de quatre notes la si la sol\, la si sol fa\, seront élargis\, mais\, pas les autres\, à part un léger ralenti à la cadence. \n\n\n\nALLELÚIA\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nBéni es-tu\, Seigneur\, Dieu de nos pères.Et digne de louange dans les siècles. Daniel III. 52. \n\n\n\nAutre strophe du cantique dans la fournaise. Les jeunes gens y exaltent le Dieu de toute la lignée d’Adam\, de Noé\, d’Abraham pour avoir rempli l’âme de leurs pères de l’espoir et de la joie du Messie. Avec eux\, l’Eglise chante maintenant les Trois Personnes et leur action bienfaisante jour après jour en chacun de ses membres. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle est originale\, ce n’est pas un calque. Cet Allelúia\, texte et mélodie\, est en effet celui qui a été chanté la veille\, samedi des Quatre-temps\, après la cinquième Leçon. (Nous l’avons trouvée sur d’autres paroles à la Vigile de Noël ) \n\n\n\nMélodie joyeuse\, d’une joie plutôt extérieure\, sans être exubérante\, avec de beaux élans de ferveur sur Benedíctus\, sur Dómine Déus et une nuance délicate de tendresse reconnaissante sur la cadence en si de pátrum nostrórum. \n\n\n\nLa seconde phrase reprend le motif de Benedíctus es. Sur la tristropha de in saécula\, comme sur celle de Benedíctus\, au début\, l’âme a le loisir de rassembler ses désirs d’éternelle louange avant de les faire s’épanouir sur les neumes légers du jubilus. \n\n\n\nLe mouvement doit être dégagé. Dans la première incise du jubilus bien faire la répercussion sur la distropha et accélérez légèrement les deux clivis qui suivent. \n\n\n\nChantez doucement la tristropha du début\, retenez quelque peu le climacus de déus et\, après avoir bien rythmé les deux clivis de nostrórum\, renforcez la voix sur l’arsis qui termine la phrase. Même expression de douceur et de légèreté sur la tristropha de in saécula. \n\n\n\nOFFERTOIRE\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nBéni soit Dieu le Père\,Et l’unique Fils de Dieu\,Et aussi le Saint EspritParce qu’il a fait envers nous  sa miséricorde. Tobie. XII. 6. \n\n\n\nC’est une merveilleuse adaptation des paroles de l’Ange aux deux Tobie. \n\n\n\nL’auteur de l’office\, au lieu de Sáncta Trínitas comme dans l’Introït\, a énuméré ici les trois Personnes. Il a rattaché ainsi d’une façon très heureuse l’Offertoire à l’Evangile. Le diacre en effet vient de chanter la parole de Notre Seigneur à ses disciples : « Allez\, enseignez toutes les nations\, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit… » L’Eglise y répond par un chant qui bénit chacune des Personnes pour avoir répandu sur nous leur miséricorde à travers tous les sacrements et tous les enseignements qui nous ont été dispensés en leur nom. Chantée au moment où se prépare le sacrifice de miséricorde\, l’idée prend quelque chose de plus émouvant encore. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nC’est sur l’Offertoire Constítues éos de la Fête des Saints Apôtres Pierre et Paul que le  calque a été fait. On pourra se rendre compte\, en comparant les deux\, que l’auteur de l’adaptation\, ici plus que dans toutes les autres pièces\, n’a tenu aucun compte des phrases musicales. \n\n\n\nIl n’y a rien qui choque dans Benedíctus Déus Páter. On y trouve au contraire une certaine onction bien à sa place et un mouvement très lié et sans emphase qui convient bien à des paroles de bénédiction. Mais la cadence sur la n’est pas assez conclusive pour l’idée qui\, en fait\, finit bien là ; de sorte que\, musicalement\, nous restons quelque peu dans le vide. \n\n\n\nLe motif de unigenitúsque\, lui aussi satisfait jusqu’à la cadence en fa\, mais là\, à l’encontre de la première phrase\, la mélodie conclut en pleine phrase littéraire ; le mouvement de la pensée est ainsi coupé. La tristropha de Déi n’aide pas à le mettre en marche à nouveau\, et\, quand il a repris sur le très beau motif de Fílius\, et qu’il s’arrête\, la mélodie\, elle\, n’a qu’une demi-cadence à peine accusée. \n\n\n\nSánctus quóque Spíritus est\, de même\, établi entre un départ fictif et une cadence qui ne finit pas l’idée. \n\n\n\nSeule\, la dernière phrase est bien équilibrée et donne vraiment à l’idée de miséricorde une très belle expression. \n\n\n\nIl faut s’efforcer de pallier à ces défauts d’adaptation. \n\n\n\nLe mieux\, semble-t-il\, serait de faire une seule phrase du début jusqu’à quía fécit en reliant Páter à unigenitúsque et Fílius à Sánctus quóque\, et surtout en joignant étroitement\, dans la seconde incise\, faute de mieux\, sera sauvegardée. \n\n\n\nOn retiendra toue la montée de l’intonation et le mouvement sera assez large\, lié et souple. La descente qui précède le quilisma de quóque sera retenue et on fera une bonne cadence sur Spíritus. \n\n\n\nLa première note des podatus de quía sera légèrement allongée de même que tout le dernier mot. \n\n\n\nCOMMUNION\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nBénissons le Dieu du ciel.Et devant tous les vivants\, louons-le\, Parce qu’il a exercé envers nous sa miséricorde. Tobie. XII. 6. \n\n\n\nCette fois ce sont les paroles mêmes de l’Ange ; l’auteur de l’office a seulement mis les verbes à la première personne du pluriel. \n\n\n\nL’Eglise invite les fidèles à bénir le Seigneur\, et à le bénir à l’instant même : Bénissons. C’est bien ainsi\, car c’est le moment où le Christ accomplit son acte essentiel de miséricorde\, en  nous incorporant à lui dans l’Eucharistie\, nous unissant ainsi à travers lui aux Divines Personnes. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nLe calque cette fois est bon. Il a été fait sur la Communion Féci judícium de la Messe Me expectavérunt\, seconde du Commun d’une Vierge Martyre. Les phrases sont les mêmes que dans l’original et l’ensemble rend vraiment bien le texte. Le IVe mode l’enveloppe de ses rythmes paisibles et d’une atmosphère de recueillement et de contemplation qui convient tout à fait à un chant d’action de grâces eucharistiques. \n\n\n\nNotez la cadence de Benedícimus sur mi\, si délicate\, le motif de Déum caéli\, commun\, c’est vrai\, mais qui finit si bien cette première phrase\, enfin la progression sur córam ómnibus par l’attaque directe sur la dominante et la remontée sur éi à la fin de la seconde phrase. \n\n\n\nLa troisième phrase – sans doute originale – avec le  bel élan de vobíscum et le long développement de misericórdiam conclut noblement et dans une teinte vraiment mystique ce chant tout intérieur. \n\n\n\nOn pourra allonger la première note du podatus de di dans l’intonation. Tout le reste de la première phrase sera chanté très simplement sans effort\, d’un seul mouvement très lié. \n\n\n\nDans la seconde phrase\, la première note de tous les podatus de ómnibus vivéntibus gagnera à être bien posée. Liez bien les neumes de confitébimur. \n\n\n\nFaites très expressif de votre reconnaissance le motif de quía répété sur fécit et liez-y de près\, en l’élargissant quelque peu\, nobíscum. \n\n\n\n\nJam Sol\n\n\n\nPlusieurs chants pour la Trinité dans le Mgnificat Dominum\n\n\n\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nINTROÏT\nC’est celui du lundi de Pentecôte.\nIl n’y  rien à ajouter au commentaire qui en a été écrit car ce jour-là comme aujourd’hui c’est l’Eucharistie qu’il chante. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nLes yeux de tous les êtres en toi espèrent\, Seigneur\, Et tu leur donnes la nourriture en temps opportun. \nVerset. – Tu ouvres\, toi\, ta main et tu remplis tout animal de bénédiction. Ps.CXLIV.15\,16. \nLe Psalmiste\, dans ces deux versets\, loue le Seigneur du soin qu’il prend de nourrir tous les êtres qu’il a créés. Sous des images splendides\, le psaume en lui-même ne dit rien de plus. C’est dans ce sens purement littéral que l’Eglise s’en sert pour la bénédiction des peuples\, des champs\, des moissons\, du bétail\, en temps de famine.\nDans le Graduel du XXe Dimanche après la Pentecôte\, ces mêmes versets n’ont pas d’autre sens : ils paraphrasent le conseil de Saint Paul qui achève l’épître : « Soyez remplis du Saint-Esprit…chantant\, psalmodiant dans vos cœurs au Seigneur et lui rendant grâce pour toutes choses. »\nMais\, de très bonne heure\, on eut l’idée d’appliquer ce passage à l’Eucharistie. Saint Jean Chrysostome le recommandait déjà en ce sens : « parce qu’il contient des paroles que les initiés entendent du banquet Eucharistique. » Saint Thomas\, lorsqu’il composa l’office du Saint-Sacrement\, eut l’idée très heureuse de prendre dans ce sens Eucharistique le Graduel du XXe Dimanche après la Pentecôte\, et sans rien y changer.\nAprès\, l’épître\, qui nous rapporte le récit de l’institution du sacrement\, il est\, sous l’image émouvante des yeux levés vers le Seigneur\, un très bel hommage au Père qui\, par son Fils\, a voulu nous nourrir du pain qui entretient en nous la vie divine et nous est un gage de la plénitude de notre être dans la béatitude pour l’éternité. \nLA MÉLODIE\nIl y a dans la première incise comme une religieuse gravité. L’Église se complait dans l’image des yeux pleins d’espoir fixés sur Dieu et se laisse prendre par un sentiment d’admiration émue. Cette image ne tarde pas d’ailleurs à l’exalter\, dès le début de la seconde incise\, le mouvement s’anime; une ardeur y passe qui enveloppe les mots et les emporte vers la clivis allongée de Domíne où l’exaltation s’épanouit\, large et sonore\, en un splendide accent de louange reconnaissante.\nLa deuxième phrase commence dans le même élan enthousiaste sur le pronom tu\, très en relief\, mais\, tout de suite\, sur la clivis allongée de illis et plus encore sur la période thétique de escam toute retenue\, passe quelque chose de plus recueilli\, de plus intérieur. Ce sont les mots qui disent la bonté de Dieu pour ses créatures\, et nous en sommes; l’âme envahie par le souvenir de tout ce qu’elle a reçu\, s’y complait dans un sentiment de tendre reconnaissance; Le mouvement s’allège ensuite sur temporé puis s’élargit à nouveau sur opportúno pour chanter la sagesse de Dieu qui sait ce qu’il faut faire pour chacun et à quel moment le faire.\nLe verset  – Le motif de Aperis est ravissant de grâce aimable dans le balancement de ses rythmes souples et légers. L’Église\, fixée sur l’image des mains divines ouvertes sur elle\, chante dans la paix sa gratitude et sa confiance abandonnée. Elle s’exalte peu à peu en reprenant sur manum le motif de Dómine\, dans la première partie\, et le développant sur tuam\nen une très belle cadence qui prolonge sa joie.\nLa seconde phrase\, plus ample\, se déploie\, sur les mots de plénitude\, dans une atmosphère de bonheur grave\, recueilli\, profond. Ce n’est que sur le dernier mot que le mouvement redevient léger\, sans perdre d’ailleurs la gravité qui va si bien au mot de la bénédiction.\nIl faut\, il va de soi\, commencer doucement afin de ménager le crescendo qui va vers Dómine. Les deux doubles notes de Oculi pourront être allongées. Balancez-en bien le rythme\, comme aussi celui des deux podatus de in te dont la première note sera bien posée et élargissez toute la vocalise de Dómine.\nLa première note de tu sera allongée\, de même la montée sur escam et les dernières notes de la descente avant la demi-barre. Ménagez bien le crescendo sur opportúno en le prenant dès les premiers podatus qui seront bien scandés.\nAperi\, premier mot du verset\, sera léger\, ce qui ne veut pas dire rapide; au contraire\,  on retiendra quelque peu les punctum marqués d’un épisème vertical; par contre\, on accélèrera légèrement les huit dernières notes en les reliant\, par un crescendo discret\, à manum qui s’amplifiera comme Dómine dans la première partie. Retenez les trois notes de tuam qui précèdent le quilisma.\nEt sera bien élargi\, au début de la troisième phrase\, et la première note de  ples dans imples\, posée comme si elle avait un épisème horizontal. Sur benedictióne\, même interprétation que sur opportúno. \nALLELUIA\nLE TEXTE\nMa chair vraiment est une nourriture.\nEt mon sang vraiment est un breuvage.\nQui mange ma chair et boit mon sang\,\nEn moi demeure et moi en lui. Jean VI. 56\,57. \nCes paroles sont comme la réplique de Notre Seigneur à ce que l’Église vient de chanter à Dieu dans le Graduel. Elle l’a loué pour la nourriture qu’il dispense aux créatures et tout particulièrement pour le Pain Vivant dont il alimente ses membres. Il répond : « la vraie nourriture c’est bien ma chair\, le vrai breuvage c’est bien mon sang car qui les prend demeure en moi qui suis la vie\, et moi en lui.» \nLA MÉLODIE\nElle est calquée sur l’Alleluia Laetabítur Justus qui n’est plus en usage. Il servait autrefois pour un Martyr Pontife\, on le trouve notamment dans les manuscrits\, à la fête de Saint Hippolyte\, le 13 Août. Le texte en est celui-ci : « Il se réjouira\, le juste\, dans le Seigneur et espèrera en lui\, et ils chanteront des louanges\, tous les cœurs droits. » L’idée ici\, on le voit\, est très différente: l’application ne saurait donc être parfaite.\nLa première phrase est très satisfaisante. Il y a sur caro un accent de ferveur qui dit bien l’amour intense de Notre Seigneur pour nous. Cette ardeur se développe ensuite sur les notes élevées de sanguis et de potus de la façon la plus heureuse. Qui mandúcat\, au début de la seconde phrase\, se déploie dans la même atmosphère ardente et est encore excellent\, mais la cadence de carnem est trop conclusive et la liaison entre meum et sánguinem pas assez serrée. Quand à la dernière incise et ego in eo\, le caractère de joie extérieure en est bien fortement marquée pour des paroles aussi graves.\nIl faut évidemment chanter dans un mouvement assez lent et sans forcer la voix pour garder à ces paroles divines\, si pleines de tendresse\, la suavité qui leur convient.\nLa première incise sera très calme et très liée. Sur et sanguis\, commencera un crescendo discret qui s’épanouira sur potus et sur mandúcat\, mais sans éclat\, animant seulement cette très belle ligne musicale qui plane\, comme immatérielle\, sur les hauteurs.\nFaites la liaison serrée entre carnem et bibit\, ralentissez manet et\, plus encore\, et ego in eo et vous en atténuerez le caractère de joie trop marqué qui serait ici un contresens musical. \nSEQUENCE\nLE TEXTE\nLoue\, Sion\, le Sauveur\nLoue le Chef et le Pasteur\nPar des hymnes et des cantiques.\nAutant que tu peux\, ose\,\nCar il est plus grand que toute louange\nEt\, à te louer\, tu ne suffis pas.\nDe la louange le thème spécial\,\nC’est le pain vivant et vivifiant\nQu’aujourd’hui on te propose.\nLe pain qui sur la Table de la Sainte Cène\,\nAu groupe des douze frères\,\nFut donné\, il n’y a pas à en douter.\nQue la louange soit pleine\, qu’elle soit sonore\,\nQu’elle soit joyeuse ; qu’elle soit belle\,\nLa jubilation de l’âme.\nNous fêtons en effet le jour solennel\nQui rappelle de ce banquet\nLa première institution.\nA cette table du nouveau Roi\,\nLa nouvelle Pâques de la nouvelle loi\nFinit l’ancienne Pâque.\nLe nouveau chasse l’antique\,\nLa vérité chasse l’ombre\,\nLa lumière dissipe la nuit.\nCe que le Christ a fait à la Cène\,\nIl a ordonné de le faire\nEn mémoire de Lui.\nInstruits par ces ordres sacrés\,\nNous consacrons le pain et le vin\nEn hostie de salut.\nC’est un dogme proposé aux Chrétiens\,\nQue le pain devient la Chair\nEt le vin le Sang du Christ.\nCe que tu ne saisis pas\, ce que tu ne vois pas\,\nLa foi vive l’atteste\nMalgré le cours ordinaire des choses.\nSous des espèces diverses\,\nSignes et non substances\,\nSe cachent les sublimes réalités.\nLa Chair est nourriture\, le Sang breuvage\,\nMais le Christ demeure entier\nSous chaque espèce.\nPar celui qui le prend\, non divisé\,\nNon brisé\, non rompu\,\nMai\, tout entier\, il est reçu.\nUn le reçoit\, mille le reçoivent ;\nCeux-là l’ont autant que celui-là\,\nEt\, absorbé\, il n’est pas consommé.\nLes bons le reçoivent\, les méchants le reçoivent ;\nMais leur sort diffère :\nC’est la vie et la mort.\nIl est\, mort pour les mauvais\, vie pour les bons.\nVois comme la même manducation\nA des effets différents.\nParce que le sacrement est divisé\, ne le trouble pas\,\nMais souviens-toi qu’il est autant\nDans une parcelle que dans le tout.\nIl n’y a pas e division de la réalité\,\nIl n’y a fraction que du signe ;\nNi l’état\, ni la grandeur de la réalité ne sont diminués.\nVoici le pain des Anges\nDevenu la nourriture de l’homme pèlerin ;\nVrai pain des enfants\nQu’il ne faut pas donner aux chiens. \nLe texte de cette Séquence est l’œuvre de Saint Thomas d’Aquin\, chacun le sait. La mélodie est celle d’une séquence d’Adam de Saint-Victor qui se chantait sans doute à la fête de l’Invention de la Sainte Croix\, le 3 Mai\, à la suite de l’Alleluia Dulce lignum dont elle emprunte le thème pour ses premières notes.\nNi dans le Laudes Crucis\, ni dans le Lauda Sion il ne faut chercher pour chaque verset une expression propre dans la mélodie. Celle-ci d’ailleurs se prête d’elle-même assez facilement aux mots et aux idées.\nOn la chantera dans un bon mouvement\, pas trop vite et en la rythmant bien. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nLes prêtres du Seigneur\nLe pain et l’encens offrent à Dieu.\nC’est pourquoi Saints ils seront devant leur Dieu.\nEt ils ne souilleront pas son nom.\nAllelúia. \nCette prescription du Seigneur à Moyse\, au sujet des prêtres\, est d’un heureux choix comme Offertoire car elle se réalise au moment où on la chante; le prêtre offre en effet alors le pain et l’encens. Mais\, par delà l’acte liturgique de l’offrande\, c’est le sacerdoce\, et le sacrifice\, son acte essentiel\, que l’Eglise chante comme une sorte d’action de grâces au Seigneur pour le  sacrement qui perpétue son propre sacerdoce et son propre sacrifice. \nLA MÉLODIE\nElle est calquée sur celle de l’Offertoire Confirma hoc du Dimanche de la Pentecôte. Le calque est très réussi. Le caractère recueilli\, intime\, contemplatif de l’original va bien à ces paroles graves qui sont en fait comme une contemplation de l’Église reconnaissante devant l’acte qui se déroule à l’autel.\nLes mots importants sont bien en relief; Dómini\, dans la première phrase\, ófferunt surtout\, qui reçoit de la tristopha et de toute l’arsis qui s’y épanouit\, une bel élan de ferveur.\nDans la seconde phrase\, Deo suo a pris la place de Jérúsalem et reçoit\, des neumes gracieux\, la même tendresse délicate.\nLa dernière phrase a été malheureusement amputée de quelques neumes\, mais\, malgré cette fin d’incise un peu brusquement amenée\, en fa\, sur ejus\, elle garde\, grâce à l’Allelúia\, la même expression de contemplation paisible.\nDans l’ensemble\, les conseils d’exécution donnés pour le Confirma hoc valent ici. Les nuances devront toutefois varier avec les mots. Le punctum de mi\, dans Dómini\, par exemple\, n’aura pas l’élan soulevé qu’avait le De de Déus; tandis que le podatus de Deo\, dans la seconde phrase\, l’aura au contraire. Donnez un peu d’ampleur à non au début de la troisième phrase et ralentissez bien les cinq notes de nomen pour pallier à l’arrivée un peu brusque de la cadence en fa sur ejus. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nToutes les fois que vous mangerez ce pain et boirez ce calice La mort du Seigneur vous annoncerez jusqu’à ce qu’il vienne. C’est pourquoi quiconque mangera le pain ou boira le calice du Seigneur indignement\, ccoupable sera du Corps et du Sang du Seigneur. Allelúia. I. Cor. XI. 26\,27. \nLe sens de ces paroles de Saint Paul est clair. Celui qui communie prend part au Sacrifice Eucharistique; il reçoit du Père la victime qu’il lui a offerte au préalable. Il contribue donc à prolonger jusqu’à la fin des temps la Passion et la mort du Christ et\, s’il le fait indignement\, il a la même culpabilité que ceux qui mirent Notre Seigneur à mort en pleine conscience du crime qu’ils accomplissaient; il est déicide.\nCet exposé dogmatique et moral sérait quelque peu déplacé au moment de la Communion si on ne le voyait que comme un avertissement. Il faut l’entendre comme une médiation de l’Église qui se redit les graves paroles de Saint Paul pour entrer plus pleinement dans l’esprit du Sacrement. \nLA MÉLODIE\nC’est une mauvaise adaptation de la Communion de la Pentecôte. Dans ce chef-d’œuvre incomparable qu’est le Factus est repénte\, la mélodie fait corps avec les paroles à un tel point qu’elle ne saurait s’appliquer à aucun autre texte. Elle décrit le drame et c’est de cette description qu’est fait son rythme et son expression. Ici\, sur le texte de Saint Paul\, elle sonne faux.\nLa descente brusque de repénte\, qui peignait si bien l’émotion des Apôtres\, donne à quotiescúm que une sorte d’essoufflement qui  se communique en fait à toute la pièce car la mélodie est toute en mouvement et\, sur ces paroles si calmes et si graves\, elle donne l’impression de quelqu’un qui les prononcerait soit avec un enthousiasme qui n’a aucune raison d’être\, soit avec une précipitation qui non plus n’est pas de mise.\nUn seul mot est expressif\, et encore\, par hasard : donec véniat. On y trouve enfin le lyrisme qui nous fait entrevoir\, à partir de ce mot mystérieux\, la vision du Christ Glorieux qui nous rassasiera à jamais quand elle nous sera offerte sans sacrement.\nPour faire cette mélodie acceptable\, il n’est pas d’autre moyen que de lui donner de l’ampleur. Elle prendra ainsi quelque gravité. Retenez tout le motif de donec véniat de même indigne\, et Dómini à la fin. \n\nCantiques pour L’Eucharistie\nPolyphonies pour l’Eucharistie\n\n  \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Dimanche dans l'Octave de la Fête Dieu
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLECONS DES MATINES : Naissance et vocation de Samuel I. Rois I. \nEPÎTRE : l’amour de Dieu pour nous jusqu’à la mort\, modèle de note charité envers le prochain (I Jean. III. 13. 18.) \nEVANGILE : Parabole de ceux qui refusent l’invitation au banquet et de ceux qui sont invités à les remplacer. (Luc XIV. 16\, 24.) \nIDÉE CENTRALE : Il semble que tout peut se grouper\, sans qu’on ait à solliciter les textes\, autour de l’idée de la miséricordieuse bonté du Seigneur sans cesse penchée sur nous et toujours prête\, pour peu qu’on la sollicite\, ou même sans qu’on y pense\, pourvu qu’on ne s’y oppose pas\, à aider notre marche vers la Béatitude de l’éternité. \nEvoquée déjà à Matines\, dans l’épisode d’Anne la stérile à qui le Seigneur donne Samuel\, elle se précise dans la collecte : « Tu ne cesses pas\, Seigneur\, de diriger ceux que\, dans ta sollicitude\, tu as établis dans ton amour ». Dans l’Epître\, elle nous est présentée comme le modèle de notre charité fraternelle. « Nous avons connu l’amour de Dieu à ce qu’il a donné sa vie pour nous ; nous aussi nous devons donner notre vie pour nos frères ». A l’Evangile\,  elle est en plein relief sous la figure de l’homme riche qui appelle au banquet\, pour remplacer ceux qui n’ont pas accepté de venir\, « les pauvres\, les estropiées\, les aveugles\, les boiteux… ». En ce dimanche dans l’Octave de la fête du Saint-Sacrement\, nous demeurons ainsi dans l’atmosphère baignée de miséricorde de l’Eucharistie. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nIl s’est fait\, le Seigneur\, mon protecteur. Il m’a tiré dehors\, au large. Il m’a sauvé parce qu’il m’a voulu. \nPs. – Je t’aimerai\, Seigneur\, ma force. Le Seigneur est mon abri\, mon refuge et mon libérateur. Ps. XVII. 19\, 20 – 2\,3. \nCes deux versets du psaume XVII font allusion à l’un des nombreux incidents de la vie de David où\, assailli par des ennemis puissants\, il fut finalement délivré\, « tiré au large » par le Seigneur.\nL’Eglise s’en sert ici pour chanter elle aussi sa reconnaissance. Si souvent\, au cours de son histoire\, le Seigneur l’a tirée des mains de ceux qui voulaient la détruire ou\, tout au moins\, entraver sa liberté ! Avec elle nous pouvons tous dire notre propre gratitude car\, en maintes circonstances\, dont la plupart nous échappent\, le Seigneur nous a « tirés au large »\, nous aussi\, nous dégageant des horizons limités de la vie matérielle et nous plaçant dans les perspectives infinies de sa propre vie\, tout à fait en dehors des atteintes de nos ennemis\, si nous le voulons. Enfin par son sacrifice\, et par l’Eucharistie qui nous en applique le mérite\, il nous a sauvés. Et cela parce qu’il nous voulait : Quoniam voluisti me. Ce sont les mots les plus marquants du texte. Il faut les prendre dans leur sens strict. Il ne nous a pas gardés\, protégés\, sauvés parce qu’il avait quelque intérêt à le faire ; il ne nous a pas aimés parce qu’il y avait en nous quelque chose d’aimable qui l’attirait ; il nous a choisis dans un acte de sa volonté éternelle parce qu’il nous a voulus : c’est tout. Toute sa miséricordieuse bonté tient dans ce choix gratuit\, pour lequel nous ne chanterons jamais assez notre reconnaissance. \nLA MÉLODIE\nL’intonation est toute pénétrée de joie. C’est celle du Gaudeámus\, du Jubiláte\, du Roráte. L’âme\, dès le premier mot\, exulte\, toute au bonheur d’être libérée du péché et des limites étroites du monde\, au large dans l’amour\, fixée sur les horizons infinis de la Béatitude vers laquelle elle va. Après une nuance de vénération\, qui l’incline en passant sur le mot Dóminus\, la mélodie monte\, en une progression ternaire légère et souple\, vers la dominante  d’où elle s’élance\, de plus en plus ardente\, sur les doubles notes de edúxit pour s’épanouir\, large et éclatante\, sur latitúdinem.\nLa seconde phrase est tout autre. Il s’agit du salut. L’âme n’exulte plus. C’est quelque chose de si profond\, de si mystérieux que cette prédestination éternelle ! Elle se replie sur son bonheur\, sa joie devient toute intérieure. La mélodie\, après avoir souligné ne d’un salicus atteint la tonique\, par une progression descendante\, en s’étendant autant qu’elle peut sur toutes les syllabes elle remonte égrenant la reconnaissance sur les neumes qui se serrent\, se multiplient\, s’étalent enfin en une cadence que l’âme retient autant qu’elle peut\, comme si elle ne pouvait se résoudre à cesser son chant.\nLe Psaume alors\, par son rythme plus vif\, sort l’âme de sa contemplation et la fait chanter son amour en un bel accent de tendresse heureuse.\nL’intonation sera légère et Dóminus de même. Mais\, dès le premier torculus de protéctor commencera le crescendo qui ira en progression discrète mais constante jusqu’à latitúdinem. Les doubles notes de edúxit et de latitúdinem sont des bivirgus épisématiques.\nRetenez quelque peu le mouvement de la seconde phrase et faites la cadence finale très expressive. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nVers le Seigneur\, quand j’étais dans la tribulation\, j’ai crié\, et il m’a exaucé. \nVerset. – Seigneur\, délivre mon âme des lèvres méchantes et de la langue rusée. Ps. CXIX. 1\, 2. \nLe Psaume CXIX est une prière pour être délivré des mauvaises langues. Le premier Verset. – dont est faite la première partie du Graduel – en est comme le prélude ; le Psalmiste se remémore\, à titre d’encouragement\, les cas où son recours à Dieu a été exaucé\, puis il expose sa requête dans le second qui compose le verset.\nCe Graduel est chanté une première fois le Vendredi qui suit le Ie Dimanche de Carême après qu’on a lu à l’Épître l’histoire de Joseph. Il est là tout à fait à sa place\, on le voit\, après le récit de ce complot fratricide. Ici\, il a aussi son sens après l’Épître qui contient les conseils de Saint Jean sur la Charité. L’Église demande d’abord de n’être pas calomniée\, d’être délivrée de ceux qui sans cesse la poursuivent de leurs paroles de haine\, et en particulier de celui qui\, par jalousie\, accuse ses membres devant Dieu jour et nuit : Satan (Apoc XII.10.). Mais sans doute demande-t-elle aussi que ses membres cessent de se déchirer entre eux et pratiquent la Charité du Christ en s’aimant les uns les autres comme il nous a aimés\, miséricordieux et silencieux sous l’injure jusqu’à la mort. \nLA MÉLODIE\nAd dóminum ⎜dum tribulárer ⎜clamávi et exaudívit ⎜me ⎜⎜. \nL’intonation a quelque chose de grave qui enveloppe de vénération le nom divin\, mais c’est une gravité toute pénétrée de bonheur ; les intervalles sont pleins et la cadence sur do bien majeure\, il y a même sur la double note de Do un accent de ferveur qui avive encore la joie. Tribulárer ne fait que conduire la mélodie à la dominante\, mais la montée à partir de fa sur les trois notes de l’accord parfait et la tristropha du sommet où la voix s’étale légère y font monter\, toujours plus vive\, l’allégresse\, qui va s’épanouir à loisir sur le très beau motif de clamávi. Avec des nuances\, il va de soi. Il y a entre autres sur les clivis allongées et sur la triple note qui suit comme une évocation des jours où de l’âme angoissée jaillissaient\, ardents et pleins de confiance\, les appels au Seigneur. \nLa mélodie redescend sur et exaudívit en un motif que le salicus et le pressus font particulièrement expressif. On y sent le bonheur de l’âme et\, plus encore\, la reconnaissance dont elle déborde au souvenir des interventions divines. C’est cette gratitude qui\, sur me\, s’exalte et monte vers le Seigneur ; admirable mouvement\, vibrant et retenu à la fois\, et qui s’achève balancé sur des rythmes d’une plénitude et d’une paix totales.\nLe Verset. – Dómine libera ánimam meam ⎜a lábiis ⎜iníquis et ⎜a lingua ⎜dolósa ⎜⎜.\nPar le climacus qui descend au la et les retours répétés sur le si\, la mélodie\, sur Dómine\, comme le texte d’ailleurs\, devient une supplication que la double note de ne et les épisèmes horizontaux font très pressante. Une sorte de cadence sur le la par le sol donne un instant l’impression que l’âme est apaisée ; mais\, non\, sur la double note – une bivirga épisématique – et sur les deux tristrophas c’est encore la plainte qui se prolonge. Il y a bien une petite remontée au ré mais l’élan retombe sur le si b et c’est dans la même atmosphère de prière suppliante\, que s’achève le mot. Cette atmosphère s’alourdit encore\, si l’on peut dire\, sur líbera ánimam – notez les deux salicus et la tristropha de méam. La cadence\, il est vrai est en fa et le motif de lábiis est celui des versets enthousiastes\, comme si l’âme voulait se dégager de ce qui lui pèse ; mais il ne s’épanouit pas au fa supérieur et\, sur iníquis\, le motif de clamávi\, qui évoquait tout à l’heure les heures d’angoisse\, revient. Même les deux retombées\, en fa pourtant\, de lingua dolósa reçoivent\, des notes longues et de la répercussion\, quelque chose de pesant. L’âme\, accablée sous les coups des langues mauvaises\, ne peut vraiment que se plaindre et supplier. \nIl faut bien se garder de faire pesante l’intonation ; la double note est bien une bivirg épisématique mais elle n’implique aucune lourdeur\, elle souligne seulement le mot. Dum tribulárer suivra alors dans un mouvement léger qu’on n’aura pas à forcer. Clamávi aussi sera léger ; la triple note est une trivirga épisématique\, la prolonger. Ralentissez à peine la cadence sur do.\nFaites très expressif le podatus de vit dans exaudívit et retenez tout le motif de me.\nLe verset sera plus lent. La double note sur do de ne dans Dómine est une bivirga épisématique\, de même celle qui précède la tristropha sur fa.\nFaites très expressives les clivis allongées de iníqui. La triple note est une trivirga\, comme dans clamávi. \nALLELUIA\nLE TEXTE\nSeigneur\, mon Dieu\, en toi j’ai espéré. Sauve-moi de tous mes persécuteurs et délivre-moi. Psm. VII. 2. \nC’est la même supplication que dans le verset du Graduel. Au lieu des mauvaises langues\, c’est des persécuteurs que l’Église demande à être délivrée\, mais il n’est pas de persécution sans calomnies\, médisances et mensonges et ceux qui manquent à la justice par la langue sont bien des persécuteurs. \nLA MÉLODIE\nNous l’avons déjà trouvée à la fête du Saint Nom de Jésus. Adaptée là à un texte de louange\, elle avait perdu son caractère de prière ; nous pouvons l’admirer ici et nous laisser pénétrer et animer par ses nuances délicates.\nLa supplication est très humble sur Dómine Déus\, mais sans contrainte\, confiante même et pénétrée de tendresse ; notez plutôt le posé délicat en mi de la dernière syllabe de Dómine\, le retard avant le quilisma\, les pressus de déus surtout. C’est cette confiance\, d’abord contenue\, qui s’épanouit sur in te sperávi comme en un cri par lequel l’âme\, avant de l’invoquer\, remet le Seigneur en présence de la fidélité qu’elle lui a gardée. Le ralenti des derniers neumes et la cadence sur la  gardent à ce rappel ardent son caractère de supplication.\nC’est une heureuse transition à la prière humble qui revient au début de la seconde phrase sur Sálvum me fac. Sur ómnibus persequéntibus le motif de sperávi s’élève à nouveau ; la montée\, ralentie par un torculus allongé et un porrectus\, s’adapte bien à l’ardeur de la supplication qui se poursuit dans le grave sur la même thésis que sálvum me fac. Alors pour la troisième fois le motif de in te sperávi monte avec ardeur sur libera me\, comme un cri de détresse qui se détend ensuite doucement sur les neumes du jubilus.\nIl y a dans ce verset un mélange de discrétion et d’audace qui est bien l’attitude de l’âme en peine devant le Seigneur infiniment bon et infiniment grand aussi.\nChantez dans un mouvement de prière très simple et très lié. Ralentissez les quelques notes qui précèdent le quilisma de Dómine\, mais par contre ne retenez que très peu meus qui doit rejoindre in te sperávi où s’achève l’idée. Marquez bien les trois podatus qui montent en arsis. Même liaison étroite entre fac et omni dans la seconde phrase.\nLa vocalise finale de me sera très liée et très thétique. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nSeigneur\, reviens et délivre mon âme\, Sauve-moi par ta miséricorde. Ps. VI. 5. \nCe verset que David chantait lorsque le Seigneur détournait de lui sa face est ici une émouvante paraphrase de la parabole des invités au banquet\, lue à l’Évangile. L’âme a conscience d’avoir souvent refusé les invitations à ce banquet du Seigneur\, qu’il ne faut pas seulement entendre ici de la communion Eucharistique mais de tout entretien d’amour avec les divines Personnes résidant en nous. Les derniers mots lui donnent sans doute à réfléchir : «  aucun de ceux qui avaient été invités ne goûtera de ma table ». Ce n’est pas qu’elle ait peur de perdre à jamais le Seigneur aimé\, elle n’est pas de ceux qui ont refusé définitivement\, elle ne l’a fait que par faiblesse ; mais elle sent en elle des liens qui la lient à mille choses et elle a tant de peine à les briser… Elle appelle à son aide la miséricorde du Seigneur qui comprend si bien ? Reviens\, et délivre-moi… \nLA MÉLODIE\nIl n’en saurait être de plus simple ; un tenue sur le fa avec quelques broderies à la tierce\, c’est tout. Pas d’angoisse\, pas de pression non plus ; l’âme sait bien au fond que la parole terrible n’est pas pour elle. Aussi est-ce sur un ton d’intimité\, nuancée de joie\, qu’elle parle au Seigneur.\nDans la première phrase le mot éripe est délicatement mis en relief par les deux torculus – le second allongé – avant la cadence\, si expressive d’une paix heureuse. Dans la seconde\, c’est propter misericórdiam tuam sur une formule pleine de sérénité.\nChantez dans une grande simplicité. Il faut seulement accentuer délicatement\, bien rythmer\, et élargir la dernière incise en faisant une légère pression sur le pressus de propter. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nJe chanterai au Seigneur qui de biens m’a comblé. Et je chanterai des Psaumes au nom du Seigneur le Très-Haut. Ps. XII. 6. \nL’âme qui dans l’Offertoire demandait au Seigneur de revenir\, a été exaucée. Le Seigneur est revenu\, et il l’a invitée au banquet à nouveau. Il l’a même invitée en épouse. En ce moment\, elle ne fait qu’un avec lui et comme elle sent en elle sa force libératrice qui agit\, tout naturellement la joie reconnaissante monte à ses lèvres et elle chante. \nLA MÉLODIE\nElle ne fait que moduler du commencement à la fin. Modulations hardies qui surviennent brusquement mais qui expriment ainsi\, de la façon la plus heureuse\, la progression de la joie dans l’âme.\nElle est d’abord très retenue\, tout intérieure et comme contemplative sur cantábo Dómino ; l’âme jouit de son Dieu et semble ne chanter que pour elle et pour lui sa musique profonde. Brusquement\, après la cadence en demi-ton\, un intervalle majeur du VIIIe mode monte sur qui bona ; l’idée de tout ce qu’elle a reçu\, et de ce qu’elle vient de recevoir\, à l’instant même\, dans l’Eucharistie\, excite à ce point la reconnaissance de l’âme qu’elle ne retient plus son chant ; il monte\, s’affirme – notez les notes doubles – s’éclaire d’une joie qui a comme besoin de s’épancher ; la cadence est encore en la mais les si b ont disparu et\, d’autre part\, toute impression de mineur en est écartée.\nSur cette idée de reconnaissance\, l’enthousiasme jaillit. On le sent déjà dans les premières notes légères de la deuxième phrase. Sur nómini\, il éclate\, vibrant\, et la mélodie monte aussi haut que peut monter la voix. Elle redescend sur les rythmes souples et légers de Dómini qui se courbent pleins de vénération et\, toujours sans souci des modes\, continuent à se courber gracieux et tendres et à se revêtir à nouveau de l’intimité contemplative sur la cadence en la de la fin\, claire et aimable comme un sourire heureux.\nIl n’y a qu’à suivre l‘expression pour être dans le juste mouvement.\nCommencez assez doucement. La première note de Dómino et la quatrième\, qui est la première du climacus\, pourront être légèrement allongées. Etalez un peu la cadence de míhi.\nLa montée sur nómini sera très en élan : la première phrase de ni allongée et le torculus très arrondi ; se complaire sur Altíssimi.\n  \n\nCantiques pour la Pentecôte\nPolyphonies pour la Pentecôte\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:La Fête du Sacré-Coeur
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nINTROÏT\nLE TEXTE\nLes pensées de son cœur de génération en génération (sont) qu’il enlève la mort de leurs âmes et qu’il les nourrisse dans leur faim. \nPs. – Exultez\, justes\, dans le Seigneur. Aux cœurs droits\, convient la louange. Ps. XXXII. 11\,19\,1. \nLa fête du Sacré-Cœur est la fête de l’amour du Christ pour les hommes. Cet amour est de toute éternité\, in generatióne et generatiónem\, car le Christ éternellement prédestiné n’a jamais cessé d’avoir\, à tout instant\, sa tendresse fixée sur les siens.C’est dans ce sens qu’il faut entendre ici ces paroles du Psaume. Le Verbe\, de toute éternité\, le Christ\, depuis le temps où il a prix forme humaine\, pas un instant n’a cessé d’avoir à la pensée tous les hommes et chacun des hommes pour les sauver et pour entretenir en eux sa vie par l’aliment de sa parole et de son Corps Eucharistique.\nL’Église\, en pleine conscience de ce que le Christ fait pour ses membres\, chante ces paroles\, comme un hommage de reconnaissance émue au Cœur infiniment miséricordieux\, puis elle appelle tous les fidèles à proclamer leur gratitude\, comme il convient aux cœurs droits. \nLA MÉLODIE\nLa moitié de la première phrase\, jusqu’à in generatiónem est empruntée à l’Introït Dómine refúgium du mardi de la première semaine de Carême\, le reste\, et jusqu’à la fin\, à différents passages de l’Introït Laetare du IVe Dimanche de Carême.\nLe premier emprunt donne satisfaction; il y a même une belle expression de gravité et d’humble réserve dans la modulation en la de Cordis ejus et le quilisma de generatiónem qui semble en amorcer la prolongation\, mais les rythmes bondissants de generatiónem y font succéder brusquement\, et sans raison\, une joie bruyante dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle n’est pas à sa place. Même sur les mots éruat a morte dans la phrase suivante\, est-elle bien ce qu’il faut ? La dernière incise est mieux adaptée\, mais un autre mode que le Ve eut été plus dans l’atmosphère\, Il faut bien le reconnaître.\nEn raison du texte\, il faut prendre un mouvement assez ample\, qu’on gardera bien vivant il va de soi; mais il s’impose pour garder à l’ensemble la gravité qui convient.\nFaites bien\, de la première phrase\, un seul mouvement en liant étroitement les incises entre elles; il faut surtout y veiller entre la première et la seconde. Ne forcez pas le crescendo de génératiónem. Le motif demande ici une expression toute différente de celle qu’il a dans l’Introït Laetare.\nRalentissez progressivement in fame.\nLe Psaume\, un élan joyeux. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nDoux et juste (est) le Seigneur. A cause de cela il donnera une loi (qui les sauvera) à ceux qui tombent sur le  chemin. \nVerset. – Il conduira les humbles dans la justice et enseignera aux doux ses voies. Ps. XXIV. 8\,9. \nA la fin de l’épître\, Saint Paul souhaite que par notre union avec le Christ\, présent dans notre âme\, nous puissions recevoir le sens de l’amour divin et que nous l’ayons au point que notre vie soit pleine de la plénitude de Dieu qui est Amour.\nL’ Église\, ici encore sous la forme d’une contemplation baignée de gratitude\, chante ce don de l’Infinie Miséricorde qui nous vient du Cœur de Jésus. Non seulement le Seigneur ne détruit pas le pécheur mais il l’aime au point de le relever\, de le reprendre en main\, de le guider sur le chemin où il est tombé et\, après l’avoir rétabli dans la justice\, de lui enseigner sa propre voie\, comme celle qui va droit à la Béatitude\, savoir : l’amour jusqu’au sacrifice. \nLA MÉLODIE\nL’intonation est celle du Graduel Ecce quonam bonum du XXIe Dimanche après la Pentecôte; le reste est calqué sur le Graduel Concupivit Rex\, de la messe Vultum tuum du commun d’une Vierge.\nNulle part la mélodie ne revêt d’expression très marquée. Le bel élan de début\, qui chante le Roi dans l’original\, se trouve ici sur et et\, encore que ce soit vers le seigneur qu’il monte il perd un peu de sa chaleur sur cette conjonction. Par contre\, sur la thésis de Dóminus\, l’âme trouve un très beau motif pour dire sa tendre vénération.\nIl y a plus de mouvement dans la seconde phrase\, mais l’élan de delinquéntibus a-t-il bien raison d’être\, sur ce mot de pénitence ? C’est encore au Roi qu’il s’adresse dans le Graduel Concupívit. In via est mieux servi\, il y a dans tout le motif une ferveur à travers laquelle chacun peut faire passer sa gratitude pour l’aide qu’il a reçue et continue de recevoir sur le chemin.\nLe verset\, tout entier calqué sur celui du Graduel Ecce quam bonum\, est mieux adapté au texte. Les deux mots mansuétos et mites ont toute la douceur qui convient et le mouvement\, en sa progression vers le sommet\, met bien en valeur docébit\, le mot de la miséricorde du Christ répandant sur les siens la lumière de l’infinie sagesse. L’Église pleinement consciente de tout ce qu’elle reçoit y trouve l’élan qu’appelle la ferveur de sa gratitude. La cadence finale\, dans le grave\, est très heureuse\, car elle évoque la plénitude et la profondeur de la joie que trouvent les doux sur les pas du Christ.\nOn veillera à faire de toute la première phrase un seul mouvement qui aura son arsis suprême sur les premières notes de et et qui sera lié.\nDans la seconde phrase\, le torculus de hoc sera très peu allongé et tout de suite relié à legem. L’accent de delinquéntibus est difficile à faire entre deux valeurs longues; y veiller. Relier étroitement in via à delinquéntibus.\nLe verset sera plus léger. On retiendra les cinq premières notes de mansuétos; ce don docébit\nsera souple. Garder à toute la reprise du chœur sa joie profonde. \nALLELUIA\nLE TEXTE\nPrenez mon joug sur vous. Et apprenez de moi que doux je suis\, et humble de cœur. Et vous trouverez la paix pour vos âmes. Math. XI.19. \nNotre Seigneur entre en scène et nous dit que pour expérimenter la douceur et la sagesse de son amour souhaitées par Saint Paul dans l’Épître\, chantées par l’Église au Graduel\, il faut prendre pour soi son joug\, c’est à dire se mettre sous sa volonté. N’est ce pas là tout l’amour ? C’est alors seulement que nous en saisirons les mille délicatesses et que nous comprendrons toute la miséricorde qu’il déploie sur le chemin pour nous garder dans sa paix. \nLA MÉLODIE\nElle revêt cette invitation à l’amour et à la paix d’une tendresse très vive que d’aucuns peuvent même trouver exagérée ou tout au moins pas assez spirituelle.\nL’intonation est très belle. Quelle admirable invitation\, pénétrée de douceur humble et tendre ! La phrase suit dans le même sentiment\, et\, est bien adaptée\, à part peut-être que méum est trop séparé de jugum et qu’il a un développement excessif pour la simplicité de Notre Seigneur. La cadence super nos par contre\, a une nuance de supplication très simple mais prenante.\nLa seconde phrase\, elle aussi\, est de bonne venue\, mais on s’explique mal le long développement neumatique de et encore qu’il ne fasse qu’un avec le mot humilis\, bien ardent d’ailleurs lui-même pour chanter l’humilité. La même critique pourrait s’appliquer à réquiem\nqui reprend le même motif. Sans doute l’auteur s’est-il plus préoccupé de l’expression de l’ensemble que de celle des détails.\nIl ne faut pas pousser l’expression en chantant : elle est à son extrême limite dans le texte. Que les pressus par exemple soient trop appuyés et il y aura un excès de sensibilité déplorable. Il faut\, ici plus que partout\, les préparer de loin et en faire un simple épanouissement de l’arsis. Liez bien les grandes descentes. Elargissez les larges intervalles de et et de réquiem. Mêlez à la tendresse la virilité ferme et forte. \nOFFERTOIRE\nC’est la première partie de l’Impropérium du Dimanche des Rameaux; le chant du Christ qui se plaint de n’être pas aimé.\nCe chef d’œuvre garde toute sa beauté ici. Mais comme on regrette que la cadence finale en VIIIe mode soit si brusquement amenée. Elle y perd toute sa valeur de plainte. Il faut y faire un grand ralenti depuis non pour pallier à ce défaut. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nUn des soldats\, de sa lance\, son côté ouvrit et aussitôt il sortit du sang et de l’eau. Jean XIX.34. \nCe sang et cette eau ont toujours été regardés comme le symbole de la grâce sortant du Christ immolé pour se répandre sur les hommes : le sang symbole de l’Eucharistie\, l’eau symbole du Baptême. Mais par delà la grâce\, c’est l’amour qu’ils symbolisent : le Christ nous donnât jusqu’à la dernière goutte de son sang et nous appelant à lui donner notre vie dans la mesure où il nous la demande.\nC’est sans aucun doute\, ce symbolisme sacré qui a fait choisir ce verset comme Communion. Chanté par l’Église au moment où le symbole devient la divine réalité du Christ et de l’âme se donnant l’un à l’autre\, victimes l’un et l’autre de l’amour\, il prend un relief particulièrement émouvant. \nLA MÉLODIE\nL’original se trouve au 5 Juin pour la fête de Saint Boniface sur le texte que voici : « Celui qui vaincra\, je lui donnerai de s’asseoir avec moi sur mon trône. » Ce sont des paroles riches de gloire d’où la forme légère et joyeuse de la mélodie. Encore que l’Église ait lieu d’être toute à la joie à cause des grâces qui se cachent sous la cruelle réalité du Christ immolé\, on aimerait que sa joie fut moins extérieure. Peut-être y a-t-il ici quelque chose de trop léger pour un texte si chargé de mystère.\nIl faut chanter l’ensemble plutôt lentement pour garder à ces paroles si profondes et si mystérieuses la gravité qui convient. Retenez discrètement la cadence en si de apéruit et faites celle de aqua bien expressive. \n  \n\nCantiques pour le Sacré-Coeur\n\nPolyphonies pour le Sacré-Coeur\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Dimanche dans l'Octave du Sacré-Coeur
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : Au peuple qui lui a demandé un roi\, Dieu a donné Saül. Samuel le consacre. (1. Rois\, IX-X) \nEPITRE : Il faut s’abandonner au Seigneur\, lui remettre ses soucis\, et lui faire confiance. (1 Pierre. V. 6-II.) \nEVANGILE : Les paraboles de la brebis et de la drachme retrouvées. (Luc XV\, 1710.) \nCe dimanche est\, comme le précédent\, sous le signe de la miséricordieuse bonté de notre Dieu qui nous sollicite\, nous poursuit et n’a de cesse qu’elle ne nous ait ramenés dans la voie du bonheur\, si nous nous en écartons.C’est par miséricorde que Dieu donne à son peuple le roi sage qu’il sollicite. Plus avisée que les juifs\, l’Eglise demande au Seigneur\, dans la collecte\, de faire un acte de miséricorde plus marqué encore et d’être lui-même notre guide dans notre marche\, à travers les joies de la terre\, vers les joies éternelles. Il lui répond dans l’Epître\, par la voix de Saint Pierre\, de ne pas se soucier à l’excès mais d’avoir confiance en lui qui\, après les inévitables souffrances de la vie\, « nous appellera à son éternelle gloire  » Et Notre Seigneur Jésus-Christ lui-même vient nous dire à l’Evangile\, en deux émouvantes paraboles\, jusqu’où va sa miséricorde; jusqu’à laisser tout le troupeau pour la brebis perdue qu’il cherche et qu’il ramène sur ses épaules; jusqu’à bouleverser toute la maison pour retrouver la drachme qui manque au trésor\, afin de se réjouir\, avec le ciel entier\, d’avoir enfin tout son monde avec lui…Comme cet office\, sans que l’auteur ait eu l’idée de l’y adapter\, entre bien dans la liturgie de la fête du Sacré-Cœur ! \nINTROIT\nLE TEXTE\nRegarde-moi et prends-moi en pitié. Seigneur. Car je suis seul et pauvre. Vois mon abaissement et ma peine\, et pardonne-moi tous mes péchés.Ps. – Vers toi\, Seigneur\, j’ai élevé mon âme. Mon Dieu\, en toi je me confie\, je n’aurai pas à rougir. Ps. XXIV\, 16\, 18\, 1\, 2.Ces deux versets sont ici\, comme ils l’étaient sur les lèvres de David\, l’appel vers Dieu des âmes qui sont loin de lui; brebis perdues\, égarées ou seulement appelées à plus d’amour et qui\, conscientes de leurs fautes\, de leurs misères\, de leurs impuissances\, attendent l’aide du Divin Pasteur pour retrouver l’intimité et la douce chaleur du bercail. \nLA MÉLODIE\nC’est une prière très humble et très aimante.Elle est d’abord discrète\, réservée dans la première incise. On sent que l’âme a conscience de son péché\, de sa faiblesse; mais elle n’est pas accablée\, elle n’est pas triste non plus. Elle aime et elle sait qu’elle est aimée: d’où ce ton de confiance simple\, intime de réspice in memiserére mei. Il y a là une très belle supplication\, retenue encore\, mais émouvante de simplicité et de tendresse. Elle s’avive au cours de la seconde incise\, à mesure que l’âme expose sa misère. Quoniam inops et pauper sum ego est un très beau mouvement. Doucement relié au mot Domine par les deux notes longues qui entourent le quilisma\, il se renforce sur le salicus de la dominante et atteint toute sa puissance d’expression sur pauper sum ego. La progression est très mesurée; ce n’est pas un cri\, ce n’est toujours qu’une pression ardente certes mais humble. C’est peut-être d’ailleurs sur les groupes thétiques : la clivis allongée de pauper et le pressus de ego\, que la prière est la plus émouvante. Elle y prend un ton de plainte délicate\, qui n’ose pas insister\, mais qui est irrésistible par la tendresse dont elle s’enveloppe.Dans la seconde phrase\, l’âme plaide plus qu’elle ne prie. Elle étale sa misère et insiste pour que le Seigneur la voie; notez le retour au do de la tristropha et du pressus\, la courbe descendante de humilitatem meam qui parle par elle-même\, et la remontée sur laborem\, lourde de tout le poids de la peine qu’il faut porter.La troisième phrase a quelque chose de grave qu’on ne trouve pas dans les deux autres. La misère y est précisée: peccata\, pardonne-moi mes péchés. C’est une prière de contrition\, d’où cette touche de honte\, cette nuance de regret qui retient la mélodie sur les notes basses. Il n’y a que sur Deus meus que la supplication retrouve son expression de tendresse et de confiance heureuse.Celle-ci passe dans le psaume\, qui s’élève comme un beau chant d’espoir joyeux et fort.Chantez très simplement la première incise en balançant bien le motif de miserere mei; la première note de ré légèrement allongée. Veillez à ne pas faire de contraste avec la seconde; il faut ménager la transition sur quoniam et mener le crescendo progressivement.Dans la seconde phrase\, arrondissez et élargissez quelque peu les notes isolées de vide humililatem. La thésis qui enveloppe toute la phrase se continue dans la suivante jusqu’à Deus meus; il faut la conduire progressivement. comme on aura conduit l’arsis de la première. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nJette ton souci sur le Seigneur et lui-même t’aidera.Verset. – Dès que j’ai crié vers le Seigneur il a exaucé ma voix. Ps. LIV.23\,17\,19.Ces versets\, ainsi arrangés\, forment un tout qui entre dans le cadre liturgique de ce Dimanche comme une très belle paraphrase de l’Epître. Le premier\, en effet\, reprend\, presque mot pour mot\, la parole de Saint Pierre « jetez en lui toutes vos sollicitudes car lui-même prend soin de vous ». L’Eglise le chante pour encourager à la confiance\, pousser à l’abandon la brebis de l’Introït qui\, dans sa détresse\, appelait l’aide du Seigneur et qui se sent peut-être quelque peu effrayée de la parole de l’apôtre évoquant le lion rugissant qui rôde sans cesse et la souffrance des croix qui se profilent sur le chemin du bercail. Elle ajoute\, pour la réconforter plus efficacement encore\, le témoignage de sa propre expérience. « Dès que j’ai crié vers lui j’ai été exaucée. » \nLA MÉLODIE\nL’intonation est gracieuse\, aimable; c’est tout. Mais aussitôt la mélodie s’élève en un élan où passent\, non seulement de la sympathie\, mais la force d’une expérience heureuse qui veut se communiquer. Il met tuum en plein relief et s’épanouit sur Domino en une très belle nuance de vénération pénétrée de gratitude. L’incise qui suit chante la miséricorde du Seigneur. Quelle insistance sur te ! Les deux clivis allongées\, les deux doubles notes\, et le mouvement qui va\, de plus en plus arsique\, vers la distropha et la bivirga de la cadence; comme si l’Eglise sentait le besoin d’aller au-devant de l’objection que l’âme pourrait faire de son indignité en l’assurant avec force de l’amour attentif que lui porte le Seigneur. La mélodie enveloppe ensuite enutriet d’une gravité où se mêlent de la gratitude et une nuance de joie délicate pour finir. \nALLELUIA\nLE TEXTE\nDieu un juge fuste\, fort et patient. Est-ce qu’il va s’irriter à longueur de jour? Ps. VII. 12.L’interrogation qui termine ce verset est à prendre dans le sens négatif. Le psalmiste veut dire que le Seigneur a sa justice en main\, qu’il l’appliquera à son heure et qu’il est assez patient pour supporter ce qu’on lui fait sans avoir à se mettre en colère à chaque instant.Cette parole est encore pour la brebis égarée loin du bercail. L’Eglise la lui chante moins pour l’amener à la crainte que pour l’encourager au contraire à avoir confiance en la patience du Seigneur qui n’est en colère que contre celui qui s’obstine. \nLA MÉLODIE\nDeus judex justus est revêtu d’une solennité ferme et forte qui s’impose\, avec une nuance de sévérité très marquée dans la descente si rythmée sol-re-mi-do et. plus encore. dans la remontée en quinte au sol et au si. Fortis a la même expression. Patiens\, par contre\, est très lié\, avec quelque chose de doux et d’aimable ; l’insistance qu’y mettent le salicus et le quilisma et sa place au sommet de la mélodie montrent bien que l’Eglise a voulu le mettre en relief très marqué\, d’autant que la phrase suivante se développe\, elle aussi\, dans celte atmosphère paisible. On pourrait même trouver\, sans forcer l’expression\, une fine pointe d’esprit sur cette interrogation quelque peu ironique.La formule finale s’en dégage dans une splendide montée de joie; la joie de l’âme\, heureuse de la patience dont Dieu l’a si généreusement gratifiée. Aussi bien\, cette joie\, qui est celle de l’Alleluia\, enveloppe toute la pièce et en fait un autre beau chant de réconfort pour l’âme retenue loin de Dieu et un hommage de louange à la miséricorde du Bon Pasteur que nous allons voir à l’œuvre dans l’Evangile. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nQu’ils espèrent en toi Ceux qui connaissent ton nom\, Seigneur\, car tu n’abandonnes pas ceux qui te cherchent. Chantes au Seigneur qui habite en Sion car il n’a pas oublié le cri des affligés. Ps. IX. 11\, 12\, 13.Le Psaume IX est un chant par lequel David exprime à Dieu sa reconnaissance pour l’aide qu’il en a reçue. Il est d’abord pure louange\, mais\, au verset 11\, le psalmiste à l’idée de tous ceux qui comme lui passent par des heures difficiles\, lance un souhait qui va vers Dieu et vers eux à la fois: puissent-ils faire comme j’ai fait: espérer en toi. Cette parenthèse close\, il reprend sa louange: Psallite\, chantez au Seigneur.Après le récit des paraboles de la Brebis et de la Drachme retrouvées\, ces trois versets sont le chant de l’Eglise émue par la miséricorde du Seigneur dont un exemple si touchant vient de lui être mis sous les yeux. Elle souhaite que les âmes en détresse recourent à lui\, lui fassent confiance et le louent de sa sollicitude à tout instant en éveil. \nLA MÉLODIE\nLe IIIe mode donne à tout ce chant un caractère d’intériorité émue qui traduit admirablement le sentiment de gratitude profonde qui est au fond de l’âme\, en même temps que la sympathie à ceux qui sont dans l’épreuve. C’est une mélodie qui n’a pas d’éclat; on n’y trouve pas non plus les accents de supplication ardente que nous trouvions sur les mêmes mots dans le Graduel de la Septuagésime. C’est plutôt dans une atmosphère de contemplation paisible que l’Eglise formule son souhait.Après un départ bien en mouvement sur Sperent\, avec l’accent du désir qui monte vif et fervent\, les retombées sur si donnent tout de suite un ton d’intimité que le beau mouvement de nomen tuum\, avec les deux clivis allongées\, fait plus expressif encore et plus délicat.Dans la seconde phrase\, la fermeté de la confiance est très marquée par le salicus de non\, la triple note de derelinquis\, la cadence sur fa\, avec sa nuance de paix heureuse qui se prolonge sur quaeréntes et la belle cadence en sol si si assurée.Vient alors l’invitation à la louange. Pour la cinquième fois\, le motif sol-la-do-si-do donne le branle. Sur la tristropha douce et ardente à la fois\, l’invitation se fait pressante\, mais dans la même atmosphère d’intériorité ; le motif de Domino le dit assez avec sa cadence en fa. Aussi bien\, l’âme tout de suite s’arrête et contemple. L’incise qui habitat in Sion est très caractéristique de cette contemplation par ses neumes à degrés conjoints se répétant trois fois sur des motifs semblables et\, plus encore\, par sa cadence en fa prolongée par la tristropha. L’âme est fixée sur le Seigneur qui\, de Sion\, veille sur les siens.Elle se reprend sur quoniam non pour exprimer une dernière fois sa confiance. Le motif rappelle de très près celui qui revêt les mêmes mots dans le Graduel de la Septuagésime\, mais ici la contemplation qui le baigne encore lui enlève de son ardeur communicative. La cadence finale est admirable de tendresse et de gratitude heureuse. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nJe vous le dis\, il y a de la joie chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui fait pénitence. Luc XV. 10.Dernier mot de l’Evangile. Parole merveilleuse qui ouvre devant nous les horizons des joies célestes et nous permet d’y percevoir quelque chose des répercussions qu’ont sur tous les anges les actes de repentir de nos pauvres âmes. Le Christ Jésus dit ces paroles au moment de la communion comme pour atténuer la peine qui pourrait se lever en nous\, au moment où nous nous reposons sur lui dans la chaleur du bercail\, au souvenir de la brebis égarée\, entêté\, paresseuse ou fuyante que nous fûmes: « Je vous le dis en vérité\, il y a de la joie chez les anges…. \nLA MÉLODIE\nC’est bien la joie\, simple\, vive\, ardente aussi. Notez cette intonation montant au ré et s’y posant dans la belle lumière d’un sourire plein de tendresse heureuse\, puis les rythmes légers allant vers la cadence de Dei\, gracieuse et pénétrée de vénération\, enfin le mot paeniténtiam retenu dans la paix qui enveloppe tout et s’achevant sur la cadence en fa qui tombe comme un soupir de bonheur profond.  \n\nPolyphonies pour tous les temps\nCantiques pour tous les temps\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Temporal
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