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SUMMARY:Sixième Dimanche après la Pentecôte
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n\n\n\nLEÇONS DES MATINES : Nathan reproche à David son péché (II Rois XII) \n\n\n\nÉpître : Nous sommes ensevelis dans le Baptême pour mourir\, afin que\, comme le Christ ressuscité\, nous marchions dans une vie nouvelle. (Rom. VI. 3\, 11) \n\n\n\nÉVANGILE : Multiplication des pains (Marc VIII. 1\, 9) \n\n\n\nIDÉE centrale : Il semble que ce soit l’idée de notre incorporation au Christ qui se dégage de l’ensemble des textes. \n\n\n\nLa collecte nous fait demander en premier lieu que Dieu insère en nous – notez le mot insérer – l’amour de son nom ; c’est-à-dire sa puissance d’aimer qui est l’Esprit du Christ. Caritas Dei diffusa est in cordibus vestris per Spiritum Sanctum ; puis qu’il augmente en nous la religion : la vertu qui nous unit à Dieu à travers le Christ ; alors\, en retour\, Dieu\, par sa grâce\, nourrira et conservera en nous ce qui est bon. En quelques mots\, c’est toute notre transformation dans le Christ que l’Église sollicite là pour nous. \n\n\n\nC’est cette transformation que St Paul nous présente dans l’Épître. Elle s’opère par le Baptême\, mais comme en deux stades. Le premier\, nous appliquant les mérites de la mort du Christ\, ensevelit avec lui dans sa mort le principe de notre vie de péché. Le second insère en nous sa vie de ressuscité : cette puissance qui lui fait connaître le Père\, l’aimer et trouver en lui sa Béatitude. \n\n\n\nCe deuxième stade est l’effet propre de l’Eucharistie dont la grâce nous est appliquée à l’avance lorsque nous recevons le Baptême. L’Évangile nous remet en mémoire la première annonce qui fut faite de ce sacrement de vie. Le Christ nous donne la pain qui nourrit précisément l’union établie entre lui et nous qui doit croître jusqu’à l’éternité où elle s’épanouira en plénitude et à jamais. \n\n\n\nINTROIT\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nLe Seigneur est la force de son peuple et le protecteur qui sauve son Christ. Sauve ton peuple\, Seigneur\, et bénis ton héritage. Et gouverne les tiens jusqu’au siècle sans fin. Ps. – Vers toi\, Seigneur\, je pousserai mon cri. Mon Dieu\, ne sois pas silencieux à mon égard. De peur\, que si tu ne me parles pas\, je sois assimilé à ceux qui descendent vers le lac. Ps. XXVII. 8\, 9\, 1. \n\n\n\nL’ordre de ces trois versets est ici interverti. Le Psaume XXVII en effet est d’abord une prière personnelle : « Je crierai vers toi Seigneur »… Ce n’est que dans la dernière strophe que le Psalmiste se met à prier pour le peuple et pour le Roi : Christus\, le consacré du Seigneur et son représentant. Dans cette prière pour tous – qui forme ici le corps de l’Introït – il y a deux idées. D’abord un acte de confiance en la puissance protectrice de Dieu : « Le Seigneur est la force de son peuple… »\, puis la supplication proprement dite ; « Sauve ton peuple\, bénis-le\, guide-le… » \n\n\n\nIl n’y a rien à ajouter à leur sens littéral pour faire entrer ces versets dans la liturgie de ce Dimanche ; il faut seulement les adapter au « jeu ». C’est l’Église qui prie. Elle fait d’abord confiance à Dieu qui est sa force et qui la protège\, car Christi sui doit être entendu du Christ et de tous ses membres. Après cette affirmation de sa foi\, elle demande d’être sauvée\, bénie\, guidée par Dieu qui est à la fois son Seigneur et son Père. \n\n\n\nL’objet de la prière est d’ordre général mais il reste loisible\, et c’est facile\, de le préciser en le faisant rejoindre l’idée centrale de la messe. C’est alors une plus parfaite incorporation au Christ que l’Église demande pour ses membres. Être sauvé dans le Christ\, béni dans le Christ\, guidé à travers le Christ\, vers le Père\, ce n’est pas autre chose\, en effet\, que d’être en lui et un avec lui. \n\n\n\nLe Psaume\, avec son caractère de prière personnelle\, rentre ici dans la prière collective avec le même objet. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nLa première phrase est assurée\, ferme comme une proclamation. Bien posée dès le début sur le salicus de Dominus\, la mélodie monte sans exaltation\, mais animée d’une joie antérieure qui la fait s’épanouir en un très bel accent de sécurité forte et de fierté heureuse sur la double note de plebis tuae. Dans l’incise qui suit\, la joie s’y mêle\, une joie paisible qui domine peu à peu dans les neumes à grands intervalles jusqu’à ce que vienne Christi sui\, le nom béni du consacré ; alors\, une vénération aimante enveloppe les neumes qui\, par degrés conjoints\, et retenus par le quilismas et la cadence descendent vers le grave\, prostrant l’âme en adoration. \n\n\n\nLa deuxième phrase est toute prière. Du la grave\, où l’avait conduite l’humble respect pour le Christ\, la mélodie remonte dans un élan modéré mais fervent vers le pressus du fac\, puis redescend\, pour s’élever à nouveau\, plus pressante cette fois\, sur tu et sur Domine qu’elle établit sur la dominante en leur donnant un accent qui insiste\, mais dans une sérénité accrue. \n\n\n\nC’est cette paix heureuse que donne l’assurance d’être entendu favorablement\, qui caractérise la dernière phrase. Il n’y a presque plus de pression ; l’Église sait qu’elle a pour elle les promesses du Christ\, elle ne fait plus\, semble-t-il\, que les rappeler au Père. Notez benedic hereditati qui s’impose presque\, avec tout juste une nuance délicate qui sourit plus qu’elle ne demande\, et rege eos avec l’accent léger\, joyeux de rege et la tristropha qui enveloppe de douceur eos – les siens -\, et pour finir la belle cadence de usque in finem qui évoque\, en l’élargissant\, le genui te si aimable de l’Introït de la Messe de minuit. Aussi bien\, tous les mots qui désignent le Corps Mystique\, sont enveloppés de tendresse et de force : plebis suae christi sui\, populum tuum hereditati tuae\, eos. \n\n\n\nGRADUEL\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nRetourne-toi (vers nous) Seigneur. Jusques à quand? (seras-tu irrité ?) Et sois propice à tes serviteurs. Verset. – Seigneur\, un refuge tu t’es fait pour nous\, de génération en génération. Ps. LXXXIX. 13\, 1 \n\n\n\nLe Psalmiste dans le Psaume LXXXIX\, après avoir demandé au Seigneur de ne pas rester détourné de son peuple\, lui pose une question\, qui est en même temps une plainte et une prière délicate : « jusques à quand resteras-tu fâché ? » Puis il insiste à nouveau pour qu’il le protège\, comme il l’a fait\, de génération en génération. \n\n\n\nIl n’y a rien à ajouter ici à ce sens littéral. \n\n\n\nCe Graduel est chanté une première fois le samedi des Quatre-Temps de Carême après la troisième leçon. Il est vraiment à sa place au début de cette période de pénitence. Ici de même\, après l’Épître. Saint Paul nous dit que\, par le Baptême\, nous avons été plongés dans la mort du Christ. Nous y restons plongés et\, chacun le sait\, ce n’est que très lentement que cette mort tue en nous les concupiscences mauvaises\, parce que\, à chaque instant\, nous retournons\, sérieusement ou à la légère\, à la vie de péché. Sortir ainsi du Baptême\, c’est sortir du Christ\, ou s’en éloigner\, ou\, tout au moins\, se soustraire à son influence. Nous faisons ainsi Dieu se détourner plus ou moins de nous.. malgré lui. C’est le pardon de ces infidélités à notre Baptême que nous demandons au Seigneur. Qu’il se retourne une fois de plus et\, sa grâce aidant\, nous nous replongerons dans sa mort continuant de mourir en lui\, pour vivre avec lui\, à jamais. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nDès l’intonation\, elle est très priante\, avec la double note – une bivirga épisématique – qui conduit la voix en progression vers la suivante\, retenue\, elle\, par le quilisma. Il y a là une insistance\, à la fois humble et pressante. La belle formule de Domine\, que nous avons déjà trouvée dans le graduel Propitius esto\, dimanche dernier\, vient s’y joindre et continuer délicatement la pression. La mélodie\, nettement établie en la\, s’élève alors\, ardente\, sur aliquantulum. C’est un très beau motif\, que la double note du début et la grande montée de la cadence font fort et suppliant. Il rend fort bien le ton direct de cette question qui est à la fois une prière et une plainte. \n\n\n\nLa mélodie se détend ensuite sur deprecare\, non sans un retour à la dominante\, très heureux d’ailleurs car il met sur le mot un bel accent de prière. Mais c’est peut-être sur la distropha et la répercussion de la cadence finale que la supplication est la plus émouvante. \n\n\n\nLa formule de Domine est celle de Pro patribus dans le Graduel Constitues eos. Nous l’avons déjà trouvée dans le Graduel Benedictus es du Dimanche de la Sainte Trinité. Elle formait là une très belle louange. L’auteur\, ici\, en supprimant la montée de fa à do et en attaquant directement sur la dominante\, en a fait une admirable prière. Le contact immédiat avec le si par le do et le la lui donne en effet une nuance de mineur qui\, pour être fugitive\, ne lui donne pas moins quelque chose de plaintif qui la fait délicatement suppliante\, jusqu’à ce qu’elle retrouve la fa et sa sérénité ; sérénité fugitive\, elle aussi\, car la supplication monte à nouveau et devient\, sur les doubles notes de refugium\, d’une ardeur qui touche à la véhémence\, ardeur qui se renouvelle d’ailleurs sur factus est et non moins forte. Un beau dégradé ramène alors la mélodie à la tonique où elle devient\, sur le récitatif de generatione et progenie\, apaisée et toute humble. Le chœur reprend pour finir la formule finale\, si expressive\, de la première partie. \n\n\n\nALLELUIA\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nEn toi\, Seigneur\, j’ai espéré\, je ne serai pas confondu à jamais. Dans ta justice\, libère-moi. Incline ton oreille\, hâte-toi de me délivrer. Ps. XXX. 2\, 3. \n\n\n\nCes deux versets très simples ont le même sens que ceux du Graduel et nous font demander en fait la même chose : que nous soyons délivrés de tout ce qui empêche la mort du Christ\, mise en nous par le baptême\, de produire son effet. \n\n\n\nLA MELODIE\n\n\n\nElle s’élève sur Domine en un mouvement très simple qui\, après s’être incliné une nuance de vénération aimante sur la dernière syllabe\, se redresse et va s’épanouir sur la tristropha de speravi. Il y met un accent qui affirme la confiance inébranlable de l’âme et qui demande déjà ce qu’elle ne dit pas encore\, puis il s’achève en une cadence admirable\, toute nuancée d’intime tendresse. De cette cadence\, la mélodie s’élève à nouveau\, assurée\, forte\, insistant sur non confundar ; notez la demi-cadence si ferme sur sol et tout le mot æternam qui va vers la cadence du IVe mode\, prolongeant la confiance en une sorte d’évocation de l’Éternelle Bonté de notre Dieu qui sera à jamais sur nous parce qu’il nous l’a promise. \n\n\n\nAvec la seconde phrase\, commence la prière proprement dite. La première demande est très courte. La mélodie s’élève progressivement sur in justitia dont elle renforce l’accent par une distropha\, mais la supplication est toute sur les quatre dernières notes de libera me ; une pour chaque syllabe. Il y a dans la nudité de cette cadence quelque chose d’émouvant. Elle est très humble\, et en même temps on y sent comme la fatigue de l’âme et le poids de tout ce qui l’alourdit et la retient à la terre de concupiscence. \n\n\n\nLa troisième phrase reprend la première. C’est une prière\, au lieu d’un acte de confiance\, mais il n’y a entre les deux qu’une nuance\, nous l’avons dit. Il faut seulement noter le mot accelera qui\, par sa cadence\, prend un beau caractère de pression délicate. La formule finale est très priante\, comme l’est l’Alleluia qu’elle reproduit. \n\n\n\nOFFERTOIRE\n\n\n\nC’est celui du Dimanche de la Sexagésime. \n\n\n\nNous disions alors qu’il entrait dans la liturgie de ce jour soit comme paraphrase de l’Évangile\, soit comme un chant d’oblation accompagnant la cérémonie de l’offrande. \n\n\n\nIci\, il est les deux à la fois\, car l’Évangile de la multiplication des pains est l’annonce de l’Eucharistie. Notre-Seigneur avait nourri par miséricorde les quatre mille Juifs qui le suivaient ; enthousiasmés ils continuèrent de le suivre jusqu’à ce qu’il leur expliquât quelques jours plus tard que ce miracle était l’annonce d’un autre pain qui serait son corps et qui donnerait la vie éternelle ; alors\, ne comprenant rien à la spiritualité de ce langage\, ils le quittèrent. \n\n\n\nIl n’y a pas que des douceurs dans l’Eucharistie. C’est un sacrement qui engage. Il faut se donner au Christ pour qu’il nous incorpore à lui\, et cela aussi est dur à la nature. Il faut l’aide du Seigneur pour y arriver. En donnant à cet offertoire le sens précis d’une prière pour que l’union réalisée avec le Christ ne se brise pas\, on le fait entrer\, sans forcer les mots\, dans l’idée de l’Évangile\, du sacrifice et de toute la messe. \n\n\n\nCOMMUNION\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nJ’entourerai (l’autel) et j’immolerai dans son tabernacle une hostie de joie. Je chanterai\, et un psaume je dirai au Seigneur. Ps. XXVI. 6 \n\n\n\nCes mots expriment l’ardente reconnaissance de l’âme. Elle a demandé au Seigneur depuis le début de la messe de l’aider à se débarrasser des obstacles qui s’opposent à son union ave lui ; à ce moment\, ils sont écartés\, l’union est réalisée par le sacrement. Elle est heureuse. Elle a l’Amour. Le lien est plus serré entre Dieu et elle\, elle est nourrie\, elle est gardée… Elle chante sa gratitude. \n\n\n\nLA MELODIE\n\n\n\nDès le premier mot\, les intervalles larges et pleins traduisent le bonheur de l’âme ; un bonheur profond\, mais si ardent qu’il a de la peine à demeurer dans l’intimité. La mélodie en effet se dégage\, s’allège tout de suite sur immolabo. Elle s’étend un instant sur tabernaculo ejus parce que la sainteté des mots la retient\, mais elle monte toujours\, poussée par un souffle de joie de plus en plus intense qui la fait se développer\, en une progression admirable d’enthousiasme\, vers hostiam ; le mot qui dit tout\, car la victime qu’elle immolera sans cesse dans la joie\, c’est elle. \n\n\n\nLa seconde phrase\, elle\, est plus grave. Il ne s’agit plus du sacrifice\, mais de la louange\, qui doit être intérieure aussi bien qu’extérieure et qui requiert toujours\, pour être parfaite\, l’amour dont elle n’est que l’expression. Toute cette partie\, notamment le mot dicam\, est pénétrée de cette discrétion\, de cette intimité en laquelle s’épanche sans cesse la gratitude extasiée\, de l’âme qui sait aimer.  \n\n\n\n\nCantiques pour tous les temps\n\n\n\nPolyphonies pour tous les temps\n\n\n\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Septième dimanche après la Pentecôte
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron. \n\n\n\nINTROÏT \n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nToutes les nations\, battez des mains. Acclamez Dieu en un cri de jubilation. Ps. – Car Dieu\, très élevé\, est terrible; Grand Roi sur toute la terre. Ps. XLVI. 2\, 3. \n\n\n\nCes versets du Psaume XLVI\, qui chante le retour triomphal du roi\, surprennent en ce simple Dimanche après la Pentecôte. \n\n\n\nOn ne saurait dire comment cet Introït\, qui fut autrefois celui de la Vigile de l’Ascension\, est entré dans cette messe du VIIe Dimanche. Peut être y fut-il amené par la lecture du récit de l’avènement de Salomon qui faisait sans doute partie des leçons de Matines autrefois. Quoi qu’il en soit\, c’est l’Église qui incite les peuples à louer le Seigneur\, dans la joie de la moisson\, pour tous les bons fruits qu’il a fait produire à la terre : ceux des plantes et des arbres\, car c’est le temps où ils mûrissent et ceux du monde spirituel dont il nous sera parlé\, à savoir\, les âmes que le Seigneur cueille et fait monter dans son grenier\, près du Fils déjà arrivé\, premier de l’immense moisson. \n\n\n\nLA MÉLODIE \n\n\n\nElle nous ramène la joie des Dimanches après Pâques. Quelle belle invitation\, vibrante\, pénétrée de cette force communicative qui entraîne d’elle-même ! \n\n\n\nQu’y a-t-il dans les trois premières notes : de l’autorité ? ou seulement une insistance qui veut convaincre ? Ne serait-ce pas plutôt que l’Église condense sa joie sur cette trivirga avant de la laisser monter ? Dans toute cette première phrase en effet\, la mélodie demeure dans le grave et s’étale plutôt qu’elle ne monte. L’exaltation ne commence\, et combien discrètement\, que sur l’accent de plaudite qui\, lui\, vraiment\, sonne comme un claquement de mains. Mais comme elle monte enthousiaste\, exubérante sur Jubilate ! forte et légère à la fois. Deo se courbe plein de vénération et la joie\, redevenue grave\, se continue jusqu’à la fin à travers les intervalles pleins de sérénité du VIe mode. \n\n\n\nQuelle que soit l’interprétation que l’on donne aux notes longues de omnes elles doivent être bien posées; ce sont trois virgas épisématiques\, et c’est encore une virga qui se joint au podatus qui suit\, juste avant le porrectus. Par contre\, tout le reste de l’incise est léger. La double note plaudite est aussi une bivirga épisématique; l’articulation sera ferme. Toute la phrase d’ailleurs doit avoir une vie intense et le mouvement entraînant de tout invitation joyeuse. \n\n\n\nGRADUEL \n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nVenez\, enfants\, écoutez moi. La crainte du Seigneur je vous enseignerai. Verset. – Allez à lui et vous serez rassasiés. Et nos visages ne seront pas couverts de honte. Ps. XXXIII. 12\, 6. \n\n\n\nDavid\, dans le Psaume XXXIII\, chante d’abord sa reconnaissance; il a prié\, il a été exaucé. Il veut ensuite faire profiter les autres de son expérience. Il les appelle et leur dit ce qu’ils doivent faire pour avoir le bonheur qu’il a eu : pratiquer la crainte du Seigneur. Pas la crainte qui fait fuir ou qui rend défiant\, timide\, mais celle qui n’est que le souci de ne pas déplaire ou\, mieux encore\, ce mélange mystérieux de respect et de tendresse familière qui va naturellement de l’enfant au Père : « Allez au Seigneur et vous sentirez votre âme en paix\, et votre visage brillera de joie ». \n\n\n\nIci\, ne n’est plus David qui parle. Dans la première partie\, c’est le Christ. Il nous invite à écouter la sagesse qui lui est venue du Père et qu’il nous disperse\, par l’Église et par son Esprit dans l’intime de notre âme\, lorsque nous allons à lui. Dans le verset\, c’est l’Église qui nous pousse à suivre l’invitation. « Allez à la parole divine\, elle dilatera votre cœur et votre visage. » \n\n\n\nLe Graduel conduit ainsi tout droit à l’Évangile où le Christ va nous faire entendre sa divine Sagesse. \n\n\n\nLA MÉLODIE \n\n\n\nIl y a dans l’intonation une douceur aimable et aimante qui est bien dans le ton du Christ-Jésus. Notez la double note de Venite avec sa délicate pression\, les neumes qui se succèdent par degrés conjoints dans la tierce majeure fa la et l’épisème horizontal de filii qui fait la cadence retomber avec une grâce si attirante. Audite me a le même caractère\, et prend bien\, autour de la dominante\, un peu plus de vie\, mais l’invitation n’est pas poussée\, elle demeure aimable et douce. \n\n\n\nLa deuxième phrase a moins le caractère d’un appel. C’est comme un chant de joie dans lequel le Christ laisse passer le bonheur qu’il aura à nous faire connaître et expérimenter cette révérence toute pénétrée d’amour qui fait la béatitude des élus devant la face de Dieu. La cadence sur vos qui achève cette si fluante thésis est très caractéristique de ce bonheur profond qui s’épanouit d’ailleurs à loisir sur la belle formule de la fin. \n\n\n\nLe Verset. \n\n\n\nL’invitation ici est d’abord très ardente. Les trois notes de accedite qui vont d’un trait à la dominante et appuient leur élan sur la bivirga qui fait pressus\, nous poussent vraiment\, mais ce n’est qu’une nuance\, très heureuse d’ailleurs. La longue vocalise qui suit revêt\, presque aussitôt qu’elle commence\, un caractère contemplatif. L’Église\, prise par ce qu’elle sait de cette sagesse du Christ dont elle a l’expérience de tous les instants chante le bonheur qu’elle y goûte; c’est sa joie et son amour qui montent vers eum et\, à nouveau\, plus extasiés encore\, sur illuminamini. A la fin de la phrase\, elle semble se ressaisir. Très simplement\, mais toujours dans le joie\, elle revient à ceux qu’elle invite et leur dit que le bonheur qu’ils goûteront près du Seigneur se reflétera jusque sur leur visage. \n\n\n\nALLELUIA \n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nCe sont à nouveau les paroles de l’Introït. Chantées après le Graduel\, elles peuvent être entendues comme une invitation à nous réjouir d’avoir\, dans la personne de Notre-Seigneur et dans son Église\, la Sagesse de Dieu toujours à notre portée. \n\n\n\nLA MÉLODIE \n\n\n\nElle ne ressemble en rien à celle de l’Introït\, non seulement du point de vue de la forme\, il va de soi\, mais du point de vue de l’expression; du moins dans la première phrase. Le long développement de gentes fait l’invitation plus persuasive qu’entraînante\, encore que le salicus de omnes et la trivirga de gentes – car c’en est une – aient une force bien accentuée. La joie aussi est moins vive\, moins éclatante\, moins extérieure. L’Église semble s’y complaire au lieu d’avoir le souci de la communiquer. Elle est bien là tout de même\, dans la courbe gracieuse qui couronne le sommet de gentes\, dans le motif si simple\, si léger de plaudite\, deux fois répété et qui va s’épanouir en une grâce achevée sur les hauteurs\, enfin dans la retombée si mesurée et si souple de manibus. \n\n\n\nTout change brusquement\, au début de la seconde phrase. La montée vers le si fortement accusée par le pressus\, donne à jubilate un élan de vie qui\, cette fois\, cherche vraiment à se communiquer. L’invitation\, du coup\, devient pressante\, et de plus en plus\, à mesure que la mélodie se développe sur la montée de Deo et sur les pressus de voce. Sur exultationis la joie pure\, peu à peu\, domine à nouveau. L’entrain est toujours là\, mais sans avoir le souci d’entraîner\, si l’on peut dire; la joie se suffit\, elle entraîne par elle-même. \n\n\n\nOFFERTOIRE \n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nComme un holocauste de béliers et de taureaux et comme (l’holocauste) de mille béliers gras\, qu’ainsi soit notre sacrifice en ta présence aujourd’hui\, afin qu’il te plaise\, car il n’y a pas de confusion pour ceux qui se confient en toi\, Seigneur. Daniel. III. 40 \n\n\n\nC’est l’invocation d’Azarias\, debout au milieu de la fournaise dont les flammes s’écartent autour de lui. Il prie au nom de ses deux compagnons avant qu’ils ne se joignent à lui dans le cantique Benedicite. « Il n’y a plus pour nous ni prince\, ni chef\, ni prophète\, ni holocauste\, ni sacrifice\, ni oblation\, ni encens\, ni endroit pour apporter devant toi les prémices\, afin que nous puissions obtenir miséricorde. Mais\, Seigneur\, reçois-nous le cœur contrit et l’esprit humilié… comme tu reçois un holocauste de béliers… que notre sacrifice soit devant toi… » Le prêtre récite cette admirable prière incliné\, après l’offrande du vin\, à la messe. \n\n\n\nCeci indique assez que cet offertoire a été fait plutôt pour accompagner l’offrande du sacrifice\, que pour paraphraser l’Évangile. Mais en fait il réalise les deux car cette offrande extérieure n’est que le symbole de l’offrande de nous-même qui se fait au fond de l’âme\, et celle-ci\, c’est le bon fruit dont Notre-Seigneur parle dans l’Évangile et que le Père accepte dans la joie. \n\n\n\nL’église\, dans ses difficultés de toutes sortes qui sont sa vie et la vie de ses membres\, le chante comme le chantaient les trois enfants dans la fournaise\, dans la même confiance\, englobant dans cette offrande tous les sacrifices de tous ses membres qui\, ici et là\, à chaque seconde\, viennent se mêler au sacrifice du Christ et s’ajouter aux sacrifices très imparfaits des taureaux\, à celui des trois enfants\, à ceux de tous les juifs et de tous les Chrétiens pour former devant le Père\, qui les voit tous de son regard divin\, le fruit du bon arbre de la terre qu’est la Croix sur laquelle meurt le Christ. \n\n\n\nLA MÉLODIE \n\n\n\nC’est un chant très simple\, une prière qui offre\, mais sans pression\, et qui s’achève dans un acte de confiance en la justice de Dieu. \n\n\n\nLe caractère de prière est accusé dès l’intonation par la montée de sicut\, retenue\, grave\, et à laquelle le sib donne un ton d’humble révérence très à sa place; c’est le premier thème. \n\n\n\nIl y a une progression assez nette sur et taurorum\, elle s’accentue sur le second sicut en proportion de la valeur des victimes; notez le thème de l’intonation repris à la quarte supérieure. La cadence de cette première phrase va devenir le second thème\, repris en progression sur fiat et sur sacrificium. \n\n\n\nC’est l’offrande proprement dite. La supplication est un peu plus poussée. Elle prend de l’éclat sur in conspectu\,  avec une note de joie qui l’éclaire\, et où l’on trouve déjà la confiance qui va chanter dans la dernière phrase. La cadence se fait sur le troisième thème. Il est assez apparenté au second mais s’achève sur  un motif du Ve mode paisible\, assuré\, et qui donne quelque chose d’aimable\, de familier à la prière. \n\n\n\nCe thème est repris sur quia non au début de la phrase suivante\, comme le second l’a été au début de la deuxième phrase\, après avoir été annoncé à la fin de la première. \n\n\n\nOn l’entend à nouveau sur confidentibus in te Domine. Il est prolongé là par un très beau motif\, deux fois répété\, qui achève l’offertoire dans une atmosphère de paix nuancée de tendresse. \n\n\n\nCOMMUNION \n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nIncline ton oreille\, hâte-toi\, afin de nous délivrer. Ps. XXX. 2\, 3. \n\n\n\nC’est la fin de l’Offertoire du dimanche précédent. Prière très simple de l’âme qui sent tout ce qu’a de difficile la production du bon fruit\, tout ce qui s’oppose à sa croissance\, et qui\, prise par la béatitude que met en elle la grâce du sacrement\, demande au Christ-Jésus de la délivrer de tout ce qui retarde la moisson de mûrir… et d’être engrangée dans les greniers du Père. \n\n\n\nLA MÉLODIE \n\n\n\nLa première phrase est toute simple\, avec une cadence sur le la qui en fait une prière d’une extrême délicatesse. \n\n\n\nElle prend\, dans la seconde phrase\, le ton suppliant d’un enfant qui presse plus qu’il n’exige. La cadence de accelera prépare le mot de la prière\, qui se fait insistante par la triple répétition du petit motif sol la sol fa et\, plus encore\, par la dernière note qui arrive sur mi avec toute la force de la supplication. \n\n\n\n\nCantiques pour tous les temps\n\n\n\nPolyphonies pour tous les temps\n\n\n\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Temporal
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