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SUMMARY:Treizième dimanche après la Pentecôte (XIII)
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLECONS DES MATINES :En août : Eccles. Sag. Ecclésiastique. En septembre : Job\, Tobie. \nEPITRE : Ce n’est pas la loi qui donne la vie\, mais la foi (Gal. III. 16. 22) \nEVANGILE : Les dix lépreux guéris. Un seul rend grâce. Notre-Seigneur lui dit que sa foi l’a sauvé (Luc XVII. 11\, 19). \nIDEE CENTRALE : On peut tout grouper\, si l’on veut\, autour de la foi\, condition de salut.La collecte nous en fait demander l’augmentation. Saint Paul\, dans l’Épître\, montre avec insistance que c’est la foi dans la promesse du Messie\, une foi pénétrée d’espoir et d’amour\, et non la loi\, qui a sauvé les hommes depuis Abraham jusqu’à Jésus-Christ. Des dix lépreux dont l’Évangile nous rapporte la guérison\, un seul eut la foi vive\, qui lui fit exprimer sa gratitude et rendre gloire à Dieu. Ce fut aussi le seul à qui Notre-Seigneur dit : « Ta foi t’a sauvé. » \nINTROÏT\nLE TEXTE\nSouviens-toi\, Seigneur\, de ton alliance\, et les âmes de tes pauvres ne les délaisse pas à jamais. Lève-toi Seigneur\, et justifie ta cause. Et n’oublie pas la voie de ceux qui te cherchent. \nPs. – Pourquoi\, ô Dieu\, nous as-tu repoussés à jamais ? Est-elle allumée\, ta fureur\, contre les brebis de ton pâturage ?  \nPs. LXXIII. 20\, 19\, 23\, 1. \nDans le psaume\, les versets qui forment ici le corps de l’Introït sont la fin d’une prière très émouvante inspirée par la détresse des malheureux qui semblent abandonnés. Le Psalmiste la présente très habilement en faisant\, comme Moyse\, appel à l’alliance jadis contracté entre le Seigneur et son peuple. \nIl n’y a rien à changer à ce texte pour le faire entrer dans l’esprit de la loi nouvelle; l’alliance demeura\, scellée même à nouveau\, dans le sang du Christ. Bien plus\, il entre de plein pied dans l’idée centrale de cette messe\, car cette alliance n’a de valeur que dans la foi. C’est donc en fait la foi de ses membres que l’Église demande au Seigneur de regarder pour qu’il se décide enfin\, dans sa miséricorde\, à les sortir de leur détresse\, et à les aider à le trouver pour vivre avec lui dans la joie de la promesse réalisée. \nLA MÉLODIE\n  \nLa prière est ardente dès le début. La mélodie en partant du sol par un mouvement de quinte puis de tierce\, Respice Domine\, la revêt en effet d’un accent d’intense supplication. Elle se détend ensuite sur testamentum qu’elle met aussi en relief\, mais par une courbe gracieuse\, et sans pression\, tous les neumes se succédant par degrés conjoints. Sur animas pauperum\, l’âme\, comme en un retour sur elle-même\, prend conscience de ses misères et leur poids la tient comme courbée sur la détresse; peut-être aussi sous la honte\, toujours est-il que son chant ne monte plus\, il demeure fixé dans le grave. Il n’en est pas moins suppliant. Il y a même quelque chose de prenant dans cette insistance sur le do qui va en progression vers ne derelinquas et qui trouve enfin\, sur le pressus l’ardeur qu’elle cherche\, laquelle d’ailleurs se détend aussitôt en plainte délicate sur in finem par la cadence en demi-ton. \nAlors\, au début de la deuxième phrase\, un appel émouvant jaillit : Exsurge Domine. D’abord retenu sur les premières notes de Exsurge par le quilisma\, il monte comme un cri véhément sur la bivirga de Domine. On y sent l’âme chargée d’angoisse\, toute tendue vers la miséricorde de son Dieu. Le calme revient vite sur et judica. Il se continue jusque dans la troisième phrase où obliviscaris vient répondre à judica. Un accent plus vif sur quaerentium\, qui se détend peu à peu pour envelopper te de douce vénération\, et la prière est finie. \nElle reprend sur le Psaume\, ardente encore\, bien servie d’ailleurs par les formules du VIIe mode. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nSouviens-toi\, Seigneur\, de ton alliance. Et les âmes de tes pauvres ne les délaisse pas à jamais. \nVerset. – Lève-toi\, Seigneur\, et justifie ta cause. Souviens-toi des opprobres de tes serviteurs. Ps. LXXIII\, 20\, 19\, 23. \nCe sont les paroles mêmes de l’Introït. Seule la dernière phrase a été changée\, mais l’idée est à peu près la même : une prière pour demander au Seigneur d’aider ceux qui luttent pour demeurer dans la foi vive et s’élever au-dessus de la lettre de la loi qui \, à elle seule\, ne peut rien. \nBelle paraphrase du dernier mot de l’Épître. « L’Écriture a tout renfermé sous le péché afin que la promesse fût réalisée pour les croyants dans la foi en Jésus-Christ ». L’effet de la promesse se fait attendre et c’est dur d’espérer dans la nuit : « Seigneur\, rappelle-toi tes promesses… » \nLA MÉLODIE\n  \nLa première incise est paisible et douce\, mais la prière y est déjà. On la sent dès le début\, ferme et insistante sur la bivirga de Respice qui coïncide si heureusement avec l’accent tonique. Elle monte peu à peu à travers la vénération qui enveloppe Domine et sitôt passé le nom divin\, se laisse aller sur testamentum à une ardeur qui ne cesse plus de croître jusqu’à la fin de la phrase. \nA peine retenue un instant par la cadence en la\, elle passe dans la phrase suivante où\, tout de suite\, la demande précise est lancée\, en pleine force et sans préparation\, sur la dominante. C’est un motif d’une très grande beauté et très expressif. La voix\, toute en élan sur la double note de et\, retombe douce sur la dernière syllabe de animas\, s’y renforce légèrement puis se détend sur pauperum en une nuance délicate de plainte amenée par la cadence sur la et prolongé par le sib. Cette détente n’est qu’une nuance; le mouvement reprend sur les triples notes de tuorum trois fois répétées\, avec une vigueur qui plaide instamment près du Seigneur en faveur de « ses » pauvres. \nIci encore\, cette vigueur ne s’éteint pas sur la cadence\, elle passe sur ne obliviscaris s’y renforce le long de la montée syllabique\, qui rappelle celle de in testamentum et\, après une détente légère\, s’en va éclater sur in finem en un cri lent et véhément à la fois qui devient\, sur ce mot si terrible\, une émouvante supplication. \nLe verset \nAu lieu du cri de détresse de l’Introït\, un chant lent et doux s’élève sur Exsurge Domine. Le motif est très beau. C’est celui qui chante la miséricorde dans le Graduel du IIe Dimanche après l’Épiphanie . On peut y déceler ici une plainte délicate. Mais l’âme ne chante-t-elle pas plutôt sur cette magnifique formule\, paisible et mesurée\, la bonté infinie de son Dieu sur laquelle\, pour un instant\, elle demeure comme fixée en contemplation ? \nElle revient à la supplication\, dans la seconde phrase\, utilisant des motifs\, parfois employés à d’éclatantes louanges mais qui se prêtent bien aussi à la prière ardente; telle cette montée vers la bivirga de judica qui est de la plus haute expression. La même formule est reprise sur causam mais\, au lieu de s’achever en un cri violent\, elle se détend sur tuam en une plainte qui se fait insistante et qui s’achève en une cadence bien mineure\, où vraiment s’épanche la tristesse. \nLa dernière phrase\, dès le début\, s’établit en fa. Il s’en suit comme un soulagement. C’est encore la prière; on la sent monter sur memor esto et insister sur opprobrii\, mais il ne s’y mêle plus d’angoisse\, et\, sur la formule finale\, l’âme est toute paisible et abandonnée. \nALLELUIA\nLE TEXTE\nSeigneur\, un refuge tu as été pour nous de génération en génération. Ps. LXXXIX.1 \nC’est Moyse qui adresse à Dieu ces paroles. Elles résument la gratitude de tout le peuple\, pour ne pas dire de toute l’humanité. \nElles viennent bien après l’Épître où Saint Paul rappelle les promesses faites à Abraham et ses descendants\, et leur accomplissement. Nous aussi\, nous sommes fils d’Abraham\, vrai fils d’Abraham\, ayant hérité de lui la foi et les promesses en Jésus-Christ. Grâce à l’asile que nous trouvons à chaque instant ouvert en Dieu\, nous allons\, indemnes de tout ce qui nous touche\, à leur heureuse réalité\, tandis que de génération en génération la famille du Patriarche atteint le nombre des étoiles. C’est donc bien notre gratitude à nous aussi et celle de toute l’Église que ces mots portent à Dieu. \nLA MÉLODIE\n  \nElle est toute pénétrée de joie\, et c’est bien ainsi pour une action de grâces. Cette joie ne s’exprime pas par de grands élans mais par une ligne mélodique très souple et très légère. Elle monte sur Domine\, retenue à dessein sur le nom divin pour un épanchement de gratitude aimante\, mais en une progression splendide\, appuyée et renforcée délicatement par les quilismas\, les pressus\, les clivis allongées et qui prend du mouvement à mesure qu’elle atteint le sommet. Elle se détend sur refugium en des neumes qui s’étirent\, se retiennent\, comme si l’âme ne voulait pas finir de chanter ce titre qu’elle donne au divin protecteur et qui pour elle dit tant de choses. Le mot achevé\, elle se ressaisit et\, par une remontée de quarte\, repart sur factus est nobis\, s’attardant d’ailleurs à nouveau très vite dans le même sentiment de gratitude heureuse. \nLa seconde phrase est liée de très près à la première; c’est la même idée. La joie y est peut-être plus extériorisée\, moins extatique\, si l’on peut dire\, notamment sur la vocalise de generatione dont les deux torculus font un si beau rythme ternaire et sur celle de la finale\, merveille de souplesse et de grâce. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nEn toi j’ai espéré\, Seigneur\, j’ai dit : tu es mon Dieu\, dans tes mains\, mes années. \nPs. XXX. 15\, 16. \nDans le Psaume\, ces deux versets se terminent par : « délivre-moi »; ils sont là une prière. Ici\, « délivre-moi » ayant été omis\, ils disent seulement la confiance de l’âme qui\, dans un acte d’abandon\, remet entre les mains de Dieu ses années\, avec la puissance de souffrance et de joie qui se trouve en elles : toute sa vie. \nComme ces simples paroles traduisent bien le geste reconnaissant du lépreux tombant le visage contre terre devant le Christ-Jésus qui vient de le guérir !… et le nôtre à nous aussi\, qui avons si souvent reçu le même bienfait de la santé et de la vie rendues. \nC’est l’offertoire de la messe de mariage. Il prend là un sens quelque peu différent\, mais plus beau encore\, émouvant même\, car il est la remise que les époux\, en plein bonheur\, font entre les mains de Dieu de leur destinée\, à l’instant même où elle commence. \nLA MÉLODIE\n  \nC’est plus la paix que la joie qu’elle chante. Il n’est pas de paix qui ne soit mêlée de joie\, mais il y a dans cette mélodie une tranquillité si marquée que c’est vraiment l’abandon heureux\, sans souci du bonheur qui l’accompagne. \nDès l’intonation\, on est dans cette atmosphère de paix. Sur ce mot qui dit la confiance que l’âme a toujours eue dans le Seigneur\, la mélodie monte lentement\, retenue à dessein par le salicus\, la note pointée\, le quilisma\, la clivis allongée\, puis\, se détend\, tout à l’aise\, sur la distropha et le long des neumes qui\, sans le moindre heurt se joignent à ceux de Domine pour atteindre\, comme en glissant\, la fin de la phrase. Mais à travers ce legato que rien ne trouble passe la reconnaissance baignée de tendresse de l’âme. C’est elle\, en fait\, qui retient le mouvement\, comme si elle voulait plus de temps pour dire à Dieu son bonheur. \nC’est dans la même paix heureuse qu’elle va chanter les mots de confiance qui vont engager toute sa vie. Dixi\, qui les annonce\, reçoit du podatus et de la distropha un très beau caractère de fermeté\, renforcé encore par le podatus allongé qui monte au la. Mais\, bien plus que l’assurance de sa fidélité\, c’est la joie d’amour qu’elle ressent à chanter ce qu’elle a tant de fois exprimé à l’Hôte Divin dans l’intimité\, que l’âme fait passer dans ces quelques notes. Et c’est très beau; si naturel\, si simple\, si spontané ! Cet élan de bonheur intense se détend sur Deus meus avec une grâce exquise. L’âme se complait sur ces quatre mots\, qui vont en progression sur le pressus de meus poussés par l’élan d’amour délicat qui les fait s’achever sur une cadence en demi-ton toute de tendresse. \nCet épanouissement n’est pas une fin\, la progression continue sur in manibus tuis. C’est ici le sommet de l’idée : la formule même du don total. La mélodie dans la tonalité claire du mode de fa\, touche le la par un motif léger\, joyeux où passe un rien d’enthousiasme\, revient au fa et s’y appuie\, se balançant entre les notes doubles ou triples en des ondulations souples qui chantent le bonheur de l’âme\, profond toujours\, mais bien près d’éclater. La cadence finale en ré n’a elle-même rien de sombre\, amenée qu’elle est par le torculus do-mi-ré. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nUn pain qui vient du ciel\, tu nous as donné\, Seigneur\, ayant toute délectation et toute la saveur de la suavité. Sag. XVI. 20. \nDans le sens littéral du livre de la Sagesse\, c’est de la manne qu’il s’agit\, aliment qui vraiment venait du ciel et qui était toute saveur. C’était la figure de l’Eucharistie. \nIci c’est la réalité qui est chantée\, le Pain Eucharistique. Vrai pain du ciel\, car il est le corps du Verbe Incarné dont la vision rassasie dans l’éternité les Anges et les Bienheureux. Nourriture de notre vie spirituelle aussi\, en ce sens que la grâce du sacrement\, en augmentant la foi\, l’espérance et la charité\, entretient en nous la pensée du Christ-Jésus et nous incite à nous donner de plus en plus à lui. Placés ainsi sans cesse\, de toute la force de notre libre vouloir\, sous son influence\, ne n’est plus nous qui vivons\, c’est lui qui vit en nous\, nourrissant notre intelligence et notre volonté de sa propre lumière et de sa propre joie. \nC’est cette lumière et cette joie que l’Église communiante chante ici. \nLA MÉLODIE\n \nUne belle phrase\, d’abord réservée\, qui monte en joie enthousiaste sur Domine et qui se détend sur omne delectamentum en un motif très gracieux\, retenu par la tristropha\, le salicus\, la clivis allongée\, le porrectus\, comme pour évoquer à loisir toutes les joies de l’amour. Elle se relie très étroitement à la suivante qui reprend l’idée de délectation et la développe sur suavitatis en un motif d’une exquise suavité. \nLe torculus la-do-fa\, relié au salicus et les quatre notes qui suivent\, retenues par le quilisma\, sont admirables de grâce souple et légère. \n  \n\nCantiques pour tous les temps\nPolyphonies pour tous les temps\n\n  \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Quatorzième dimanche après la Pentecôte (XIV)
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : En août : Ecclésiastique. En septembre : Job\, Tobie\, Judith. \nÉPÎTRE : Ne pas accomplir les œuvres de la chair car la chair convoite contre l’Esprit\, mais réaliser les œuvres de l’Esprit (Gal. V\, 16-24). \nÉVANGILE : On ne peut servir Dieu et Mammon. Avoir confiance dans la Providence et chercher d’abord le Royaume de Dieu (Math. VI\, 24-33). \nIDÉE CENTRALE : Vivre dans l’Esprit du Christ. Ne pas suivre les désirs de la chair\, mais tendre vers les fruits que produit en nous l’Esprit. Pour y arriver\, vivre comme le Christ-Jésus dans une confiance filiale\, abandonnée\, joyeuse en la Providence du Père qui nous veut dans son Royaume et qui nous y fait conduire par l’Esprit-Saint\, pour peu que nous le cherchions. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nNotre protecteur\, regarde\, ô Dieu\, et regarde encore la face de ton Christ. Car meilleur est un seul jour dans tes parvis que mille.  \nPs. – Qu’ils sont aimés tes tabernacles\, Dieu des vertus ! Elle soupire et défaille\, mon âme\, dans les parvis du Seigneur. \nPs. LXXXIII. 10\, 11\, 12. \nDans le Psaume\, tel que nous le lisons dans la Vulgate\, ces deux versets se suivent\, mais comme deux idées différentes. \n10. Notre protecteur\, regarde\, ô Dieu\, regarde encore la face de ton consacré. \n11. Parce que meilleur est un seul jour dans tes parvis que mille\, j’ai choisi d’être au dernier rang dans la maison de Dieu\, plutôt que d’habiter dans les demeures des pécheurs. \nIci\, parce que la deuxième partie du verset 11 n’existe pas\, les deux forment un tout dont le sens n’est pas facile à discerner de prime abord. On peut proposer ceci pour en faire l’unité. \nNotre protecteur\, ô Dieu\, regarde\, regarde avec amour ton consacré – le Christ et ses membres unis dans le Corps mystique – et protège-le afin que\, de plus en plus\, il vive avec toi dans la foi. Car un jour dans ce parvis de la Béatitude qu’est ta vie partagée dans l’unité de l’Esprit\, en vaut mille. \nL’introït serait ainsi un chant par lequel l’Église demanderait au Seigneur son aide pour vivre de la foi\, et qui exprimerait en même temps le bonheur qu’elle goûte en sa présence. \nLA MÉLODIE\nLa distropha de Protector avec la clivis répercutée\, le pressus de noster\, la double note de aspice\, l’insistance des clivis allongées sur Deus\, la cadence en mi\, font la première incise très déprécative. La supplication s’avive encore dans la seconde sur Christi tui\, mais on n’y décèle pas d’angoisse; tous les intervalles sont pleins\, y compris la cadence en la de tui. C’est que dans toute cette phrase l’âme fait déjà passer\, en même temps que sa prière\, la fierté et le bonheur qu’elle a d’être une avec le Christ\, enveloppée dans le même regard d’amour du Père. \nDans la deuxième phrase\, il n’y a plus que ce bonheur. C’est un chant doux\, réservé. Il dit une jouissance intime qui ne saurait se livrer. Notez le motif si délicat de quia répété sur melior et le balancement de la cadence de atriis tuis. Seuls les deux mots qui s’opposent\, una et millia\, sont en relief\, mais c’est encore pour chanter la joie de la maison de Dieu. Millia surtout s’y complait. Quelle belle cadence de plénitude heureuse ! \nLe Psaume reprend l’idée\, bien servi par les formules si délicates du IVe mode. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nIl est bon de se confier dans le Seigneur plutôt que de se confier dans l’homme.  \nVerset. – Il est bon d’espérer dans le Seigneur plutôt que d’espérer dans les puissants.  \nPs. CXVII. 8\, 9. \nCes deux versets ont leur sens en eux-mêmes. Ils forment une sorte de proverbe qui est courant dans tous les pays. \nIls arrivent bien ici après l’énumération\, entendue à l’Épître\, des œuvres de la chair et des fruits de l’Esprit. Mieux vaut se livrer à l’Esprit du Seigneur qu’à l’homme charnel. Ils sont en même temps comme un prélude à l’Évangile\, où Notre-Seigneur va nous prêcher l’abandon total à la Providence du Père. \nLA MÉLODIE\nDès la double note de l’intonation on sent la joie pleine\, assurée\, ferme. Elle monte un peu sur confidere mais comme en passant. C’est une joie qui n’éclate pas\, une joie intérieure; la joie de Dieu dans la nôtre. L’âme la savoure à loisir sur la formule de Domino\, exclusivement réservée au Seigneur. Elle s’avive au début de la seconde incise et entraîne la mélodie à la dominante\, excitée quelle est peut-être par la comparaison mais\, très vite\, elle revient aux formules graves où elle se complait jusqu’à ce que la finale l’emporte un instant dans une nuance d’exaltation. \nLe verset \nSur des formules très communes\, c’est une belle délectation\, prolongée\, savourée. Elle s’achève une première fois sur la formule brillante de Domino qui monte en louange vers le Seigneur\, repart par une affirmation nette et ferme sur la double note de quam et s’étale à nouveau sur les neumes légers de sperare avant de trouver\, sur principibus\, la formule qui lui donne pour finir une nuance de gravité ramenant\, très heureusement d’ailleurs\, l’atmosphère recueillie du début. \nALLELUIA\nLE TEXTE\nVenez\, chantons joyeusement le Seigneur. Acclamons Dieu\, notre Sauveur. Ps. CIV. 1 \nCette invitation à louer le Seigneur dans la joie se passe d’explication et elle entre d’elle-même dans le cadre de la messe\, entre l’Épître qui nous offre les fruits de l’Esprit et l’Évangile qui nous révèle la Providence sans cesse agissante de notre Père des Cieux. \nLA MÉLODIE\nC’est bien une invitation à la joie : le bel élan de l’intonation\, qui se prolonge sur le pressus de exultemus\, le dit assez; mais elle est sans éclat\, elle n’exulte pas\, elle ne cherche pas à entraîner vers des démonstrations bruyantes. C’est un appel à une louange délicate\, réservée; un chant baigné de contemplation. \nIl n’en est pas moins ardent; notez le pressus de exultemus\, la cadence sur mi\, la montée ralentie de Domino\, le quilisma\, le pressus. \nLe joie s’extériorise peut-être quelque peu au début de la seconde phrase. Après le pressus fervent de Deo\, le rythme est en effet plus marqué sur le motif do mi ré\, do mi ré\, do\, mais ce n’est qu’une nuance en passant\, la cadence sur si de salutari ramène l’atmosphère de la première phrase. La longue vocalise de la fin la garde. Il y a bien la très belle montée au la par la distropha\, la clivis allongée et le podatus mais elle se fait en une progression serrée et selon un rythme si large et si paisible que l’enthousiasme qui y passe s’extériorise à peine. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nIl enverra\, l’ange du Seigneur\, (du secours) autour de ceux qui le craignent et les délivrera. Goûtez et voyez comme il est doux\, le Seigneur.  \nPs. XXXIII. 8-9. \nLe Psaume XXXIII est un chant d’action de grâce. Mais\, en temps que le psalmiste remercie en termes enthousiastes le Seigneur de l’avoir délivré\, il a le souci constant de faire les autres tirer profit de son expérience. \nC’est ainsi que ces deux versets font suite à la gratitude exprimée dans le verset précédent. \nCe pauvre a crié et le Seigneur l’a exaucé et il l’a sauvé de toutes ses afflictions. Il enverra\, l’Ange du Seigneur… \nGoûtez et voyez… \nIl faut les entendre ici dans le même sens. Notre-Seigneur vient de dire qu’il ne faut pas se soucier à l’excès mais chercher le Royaume de Dieu d’abord et avoir confiance pour le reste dans la Providence du Père. L’Église corrobore ce conseil divin par cette autre parole inspirée : n’ayez aucune crainte\, l’ange du Seigneur sera autour de vous qui le cherchez. Goûtez plutôt comme le Seigneur est doux. \nLA MÉLODIE\nL’intonation lui donne\, dès le début\, un caractère de suavité qui ne la quitte plus et qui nous garde très heureusement dans l’atmosphère paisible\, douce\, filiale\, où nous a mis la lecture de l’Évangile. De ces quelques notes qui brodent autour de la tonique\, elle monte légère et gracieuse sur angélus se soulève sur la distropha et la tristropha\, s’attarde sur Dominus en un motif répété trois fois\, à travers lequel l’âme peut à loisir faire passer sa vénération aimante\, car le quilisma et le pressus le font très expressif. Elle met alors timidement en relief par une formule qui s’apparente d’assez près à celle de Angelus\, et dont la légèreté et la douceur conviennent fort bien à ce mot qui dit l’amour et non la crainte. \nElle repart aussitôt sur eripiet qu’elle revêt de la même formule que Domini et\, très vite\, conclut cette phrase tout courte par une cadence sur la dominante. \nVient alors l’invitation à expérimenter le goût divin. Elle est toute de douceur et de grâce. La voix posée sur la virga pointée se prolonge sur la tristropha\, en mouvement vers le porrectus qui la soulève et la fait glisser sur la clivis. Elle rebondit aussitôt sur videte où elle  se meut en broderies légères avant de trouver son expression sur le balancement du pressus\, du quilisma et du punctum de te. Alors\, sur quoniam\, se dessine comme une nuance de confidence intime qui va s’épanouir sur suavis est; le motif le plus gracieux de tout l’offertoire sans conteste\, et le plus expressif peut-être par le caractère de tendresse délicate que lui donne la cadence en si. Pour finir\, l’âme chante sa joie sur Dominus qu’elle revêt du motif de circuitu\, entendu déjà sur videte. La cadence finale est commune\, mais la double note du sommet lui donne une expression de ferveur qu’elle n’a pas ailleurs. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nD’abord\, cherchez le Royaume de Dieu\, et tout vous sera ajouté\, dit le Seigneur. Math. VI\, 23. \nC’est le dernier mot de l’Évangile. Il est bien à sa place au moment de la communion. L’Église le suggère comme l’attitude à réaliser pour que le Christ Jésus puisse\, par le sacrement\, nous transformer en Lui et nous faire jouir des fruits de son Esprit : ce qui est à proprement parler le Royaume de Dieu en nous. \nLA MÉLODIE\nC’est une invitation très douce avec une pression délicate sur quaerite et\, sur Dei\, un bel élan de joie qui passe sur omnia où il se mêle à une nuance d’insouciance ou\, pour mieux dire\, d’abandon. On y sent l’âme libérée de tout souci et heureuse de l’être. Le dicit Dominus est une vénération très gracieuse et très aimante du Seigneur. \n  \n\nCantiques pour tous les temps\nPolyphonies pour tous les temps\n\n  \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Quinzième dimanche après la Pentecôte (XV)
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : En août : Ecclés. En septembre : Job\, Tobie\, Esther ou Judith. \nÉPÎTRE : Il faut marcher selon l’Esprit (Gal. V. VI.) \nÉVANGILE : Résurrection du fils de la veuve de Naïm (Luc VII\, 11) \nIDÉE CENTRALE : On peut\, partant de l’Évangile\, tout grouper autour de la vie surnaturelle que le Christ nous a donnée au Baptême qu’il entretient en nous\, qu’il nous rend avec tant de miséricordieuse bonté si nous nous y laissons mourir. C’est cette vie que l’Église dans la collecte\, demande à Dieu de purifier et de fortifier. C’est elle aussi que Saint Paul dans l’Épître\, nous presse de mettre pleinement en acte – car nous ne l’avons qu’en puissance – « si nous vivons par l’Esprit\, marchons aussi par l’Esprit » et cela jusqu’à ce qu’ayant ainsi « semé dans l’Esprit tout au long de nos années » nous « moissonnions de l’Esprit » l’épanouissement de cette vie\, à jamais dans l’éternité. Enfin c’est elle encore qui est figurée sous la vie naturelle rendue au fils de la veuve de Naïm. Le Christ\, cédant aux prières et aux larmes de l’Église\, notre Mère\, nous la rend dans la joie de sa miséricordieuse bonté\, chaque fois que\, l’ayant perdue\, nous revenons à lui pour la lui redemander. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nIncline\, Seigneur\, ton oreille vers moi et exauce-moi. Sauve ton serviteur\, mon Dieu\, qui espère en toi. Aie pitié de moi\, Seigneur\, parce que vers toi j’ai crié tout le jour.  \nPs. – Réjouis l’âme de ton serviteur\, parce que vers toi\, Seigneur\, j’ai élevé mon âme. \nPs. LXXX. 1.2.3. \nTrès belle prière d’une âme humble\, d’un « serviteur » aimant qui se trouve dans l’angoisse et qui\, plein de confiance\, fait appel à la pitié de Dieu\, pour que\, répondant à sa prière qui ne cesse de tout le jour\, il le remonte. Notre prière\, à nous aussi\, quand la honte et la douleur du péché montent à nos lèvres et que la confiance en la miséricorde nous fait lever les yeux; pauvres et misérables que nous sommes alors\, mais serviteurs tout de même\, fils de la servante fidèle\, notre Mère l’Église qui\, comme la veuve de Naïm\, nous suit en pleurant. \nLA MÉLODIE\nElle est du commencement à la fin pénétrée d’humilité confiante. Ce n’est pas la dépression accablée et plaintive de l’Exurge ni la tristesse monotone et lourde aussi du Reminiscere; à la réserve discrète de la prière\, se mêle ici une touche de confiance qui l’éclaire déjà tout en la gardant très humble. \nLa première incise est celle du Rorate. \nPrière paisible et confiante qui monte vers le pressus de Domine où elle revêt un accent d’intense supplication\, mais qui\, au lieu de continuer à s’élever comme Rorate\, dans une sérénité lumineuse\, descend\, discrète\, effacée sur les clivis allongées. Elle remonte\, mais comme timide\, sur aurem tuam et finalement revient au ré où elle murmure le mot qui supplie\, avec ardeur encore\, mais si humblement : exaudi me. \nElle s’avive à nouveau sur salvum fac au début de la seconde phrase\, insiste délicatement sur servum tuum puis\, quittant le ré pour la tonalité claire du mode de fa\, monte en une magnifique progression vers sperantem. Ce n’est plus de la supplication\, c’est de la joie de l’espérance qui pour un instant chante sur les lèvres de l’humble serviteur. \nPour un instant seulement car\, passée la cadence de in te si pénétrée de joie aimante\, l’humble supplication revient sur les rythmes élargis des mots  qui demandent pitié : miserere mihi Domine. La mélodie descend très bas. Il semble que l’âme soit plus que jamais envahie par le sentiment de son indignité après le beau cri d’espoir et qu’elle n’ose plus élever la voix; elle ne fait que rappeler son cri de tout le jour : quoniam ad te clamavi tota die. C’est un rappel discret mais où passe tout de même l’ardeur de la confiance et de l’amour qu’elle a gardés intacts au fond de sa misère. \nLe psaume demeure dans cette atmosphère\, en demandant la joie. \nGRADUEL \nLE TEXTE\nIl est bon de louer le Seigneur. Et de chanter un psaume à ton nom\, ô Très Haut.  \nVerset. – Pour publier le matin ta miséricorde\, et ta fidélité durant la nuit. \nPs. XCI. 2\, 3. \nCes deux versets disent le bonheur qu’il y a à chanter la gloire de Dieu. Après l’Épître\, qui s’achève sur l’image splendide du juste moissonnant la vie éternelle\, ils sont\, sur les lèvres de l’Église\, un chant de joie enthousiaste qui célèbre la miséricorde et la fidélité de Celui qui nous a donné son Esprit pour mettre en nous sa propre vie et nous inspirer à jamais le chant de sa Gloire et de notre béatitude. \nLA MÉLODIE\nElle commence\, comme celle du Graduel Bonum est confidere du Dimanche précédent \, par une bivirga épisématique. On y sent tout de suite une plénitude de joie qui se déploie ensuite dans le grave tout au long de la thésis. La mélodie monte alors d’un bond à la dominante sur les notes de l’accord parfait et s’y fixe\, ferme et légère à la fois sur la tristropha de confiteri\, et enveloppant Domino d’une ferveur enthousiaste. Il y a là une très belle expression de louange ardente et pleine de joie. Cette ferveur se prolonge dans la phrase suivante\, s’avive même sur la cadence de tui et sur les distrophas et les répercussions de Altissime et atteint toute sa \npuissance sur la cadence splendide de la formule finale. \nLe verset\nLa joie ici est plus exubérante encore. Ce sont les formules des grandes allégresses que nous avons si souvent trouvées. Elles ne prennent pas sur ce texte nouveau de nuances particulières. Elles revêtent seulement les mots de leurs ornements somptueux\, et l’âme\, à travers elles\, peut dire à loisir à son Dieu le bonheur qu’elle a à chanter du matin au soir sa miséricorde et sa fidélité sans défaillance. \nALLELUIA\nLE TEXTE\nParce que Dieu est le Suprême Seigneur\, et le Grand Roi sur toute la terre.  \nPs. XCIV. 3 \nEn eux-mêmes ces mots n’ont pas de sens\, faute d’une proposition principale. En fait\, c’est l’idée du Graduel qui continue : Il est bon de chanter le Seigneur parce qu’il est le Suprême Seigneur\, le Grand Roi… Ainsi l’âme\, ici encore\, exalte le Dieu qui lui a donné la vie et qui va tout à l’heure\, dans l’Évangile\, manifester sa puissance par son Fils d’une manière si éclatante. \nLA MÉLODIE\nLa bivirga de Deus attaquée par un mouvement de quarte ascendante\, le salicus\, la trivirga du sommet et le retard que les clivis allongées apportent au mouvement donnent à la première incise quelque chose de noble et de grand. L’âme\, avec une fierté imposante proclame à la face de la terre la suprême Majesté de son Dieu. Mais sur Dominus\, aussitôt après\, une nuance de douceur se mêle à cette solennelle grandeur et la domine peut-être. \nSimple nuance qui s’efface au début de la troisième phrase devant l’affirmation solennelle qui revient très marquée sur Rex magnus et qui se prolonge jusqu’à la fin par une formule des graduels du VIIe mode\, qui la sert d’ailleurs très bien. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nJ’ai attendu et attendu le Seigneur et il m’a regardé. Et il a exaucé ma prière et il a mis dans ma bouche un cantique nouveau\, une hymne à notre Dieu.  \nPs. XXXIX. 2\, 3\, 4. \nLe Psaume XXXIX est messianique\, et sans doute dans le sens strict. Par delà le Psalmiste\, c’est donc au Christ que s’appliquent ces deux versets. Ils se diraient bien de sa Résurrection car le verset 3\, qui n’est ici qu’en partie\, continue ainsi : « Il m’a tiré de la fosse fatale »\, c’est-à-dire de la mort. \nAu sens liturgique\, il faut les entendre du Christ total\, de tout le Corps mystique qui déjà participe à la résurrection de son chef. Le cantique nouveau sera ainsi la liturgie\, et plus particulièrement ici\, la louange Eucharistique qui remplit le cœur des fidèles\, et qui spontanément monte à leurs lèvres quand ils sentent la transformation vitale qu’opère en eux le sacrement. \nBelle paraphrase de l’Évangile aussi. Comme le Christ a exaucé la prière muette et les larmes de la veuve pleurant son fils\, il a exaucé notre Mère l’Église et mis dans sa bouche et dans celle de ses enfants\, rendus à la vie\, le chant de l’action de grâces pour le pardon. \nLA MÉLODIE\nC’est un chant très calme\, doux et contemplatif. L’âme comme sortie soudain de la mort\, ou du danger de mort\, ou seulement des épreuves purificatrices\, sent monter en elle\, enveloppée de paix et de joie\, la gratitude. Elle chante au Seigneur ce bonheur profond et livre discrètement\, à qui sait le comprendre\, le fruit de son expérience. \nOn le notera\, il n’y a pas de mouvements à grands intervalles; tout va par degré conjoints ou presque. Il y a bien une montée assez marquée sur exspectavi mais la retombée est si douce sur Dominum et si évocatrice d’intimes relations dans la tendresse et la joie ! \nLa reprise sur et respexit a le même caractère\, notamment la cadence si paisible et si lumineuse. \nLa deuxième phrase est toute en IIe mode\, avec des cadences simples et d’une exquise fraîcheur. \nSur immisit\, la joie s’exalte et s’extériorise davantage. L’âme laisse son enthousiasme monter quelque peu pour chanter le bonheur qu’elle a à trouver sur ses lèvres le chant qui peut dire toute sa gratitude. Notez comme elle s’attarde sur les mots et met en particulier relief par le pressus de la fin canticum novum. \nIl y a sur les trois derniers mots une suavité qu’on ne trouve sur aucun des autres; on sent que l’âme se complait avec tendresse sur cette pensée qui est\, au fond\, l’expression de toute sa vie. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nLe pain que je donnerai\, c’est ma chair pour la vie du siècle. Jean VI. 52. \nCe verset de Saint Jean\, choisi peut-être en raison du temps de la moisson\, s’applique de lui-même au moment de la communion mais comme il entre bien aussi dans l’idée centrale de cette messe ! C’est le « Pain vivant » qui donne la vie\, et qui la rend\, et qui la garde… à jamais. \nLA MÉLODIE\nC’est le Christ Jésus qui parle à ceux qui sont avec lui dans la joie intime de la présence Eucharistique. Il chante sur un ton de douceur aimable\, familière\, attirante\, qui est bien marqué dès l’intonation sur la cadence en demi-ton de Panis. Il insiste sur ego et plus encore sur mea. Mais c’est surtout vita qu’il met en relief. Le motif est très beau; il y passe une joie qui se revêt de tendresse sur la demi-cadence en mi et qui s’achève paisible après la reprise des premiers neumes sur des formules communes mais qui la servent bien. \n\nCantiques pour tous les temps\nPolyphonies pour tous les temps\n\n  \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Seizième dimanche après la Pentecôte (XVI)
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : En Septembre : Job\, Tobie\, Judith ou Esther. En Octobre : les Machabées. \nÉPÎTRE : Que le Seigneur nous donne les dons qui nous fassent comprendre les mystères de son amour miséricordieux.(Eph. III. 13\, 21.) \nÉVANGILE : Notre Seigneur guérit un hydropique le jour du sabbat.(Luc XIV. I\, II.) \nIDÉE CENTRALE : Il n’y en a pas qui s’impose clairement. Toutefois l’idée de la miséricorde semble dominer. Elle est bien nette dans l’Introït. La collecte peut s’y ramener car toutes les grâces qui nous préviennent et nous accompagnent dans la pratique des bonnes œuvres viennent de la Miséricordieuse Bonté. Comme aussi cette intelligence du mystère de l’amour du Christ Jésus que Saint Paul sollicite pour nous à l’Épître. Enfin la guérison de l’hydropique le jour du sabbat est bien « la miséricorde avant le sacrifice » si souvent prêchée par Notre Seigneur. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nAie pitié de moi\, Seigneur\, car vers toi j’ai crié tout le jour. Car\, toi\, Seigneur\, tu es suave et doux et riche en miséricorde pour tous ceux qui t’invoquent.Ps. – Incline\, Seigneur\, ton oreille et exauce-moi\, car misérable et pauvre je suis.Ps. LXXXV. 3. 5. \nC’est le même psaume que Dimanche dernier. Les versets sont aussi les mêmes\, mais l’ordre en est renversé et le cri d’espoir du milieu remplacé par une louange de la divine miséricorde. Et  c’est bien aussi la même âme\, dans le même besoin\, qui demande au Seigneur d’avoir pitié d’elle. Elle plaide seulement d’une manière quelque peu différente\, faisant valoir habilement la Miséricordieuse Bonté toujours portée avec toute sa richesse vers ceux qui l’invoquent. \nLA MÉLODIE\nElle est moins réservée que celle de l’Introït Inclina. Dès le début elle fait pression sur les doubles notes de Miserére et de Dómine\, et avec un accent de fermeté qui ose. Elle demeure humble tout de même\, toute courbée\, toute effacée sur quóniam ad te levávi\, se relevant juste sur tota die pour une supplication plus ardente.Dans la deuxième phrase\, ce n’est plus de la supplication à proprement parler\, c’est une sorte de plaidoyer\, sur le thème de la miséricorde. L’âme y appuie sa prière comme pour flatter le Seigneur – le mot est trop fort\, mais faute de mieux il dit assez bien le sentiment qui se dégage de cette mélodie douce\, insinuante\, pénétrée d’onction sur quia tu Dómine et plus encore sur suávis ac mitis es\, et qui s’élève sur copiósus\, en une louange éclatante de la générosité divine. Cet élan\, qui d’un bond monte au fa où il s’épanouit en un accent prolongé d’intense ferveur\, est une splendeur. L’âme y fait passer son appel\, mais enveloppé dans la joie enthousiaste qui la remplit au souvenir de tout ce que le Seigneur a tiré pour elle de ce trésor de miséricorde dont « la largeur\, la longueur\, la hauteur » la dépassent à l’infini. La détente se fait peu à peu sur misericórdia et la mélodie s’achève dans la suave douceur du début de la phrase. \nN’ayez pas peur de faire la prière pressante dès le début sur les doubles notes – celle de miserére est une bivirga épisématique. Après l’intonation\, le chœur reprendra plus doucement la seconde incise qui est plus effacée. Soulevez la tristropha et faites la répercussion légère. La remontée sur tota díe ne doit pas être forcée.Très doux aussi le début de la seconde phrase\, et tous les neumes très liés\, y compris le salicus de suávis. On pourra élargir quelque peu la première note du podatus de ac et de la clivis de mítis. Toute cette incise doit être très balancée. Sur et copiósus commence le grand mouvement qui ne  s’achève qu’à la cadence finale. La période arsique va jusqu’au podatus mi-fa de misericórdia\, le crescendo ne s’achève donc pas sur copiósus mais\, après un très léger relâchement sur le pressus et la clivis allongée\, reprend vers misericórdia. Notez que la double note de copiósus est une distropha\, il ne faut donc pas la forcer mais après l’avoir doucement posée\, pousser la voix vers la clivis répercutée. La thésis sur ómnibus invocántibus te sera menée en un decrescendo progressif. Les trois podatus de invocántibus gagneront à avoir leur première note un peu allongée.Le Psaume\, qui est une prière\, sera sans éclat\, mais très suppliant notamment sur pauper sum ego. \nGRADUEL\nC’est celui du IIIe Dimanche après l’Epiphanie. Il est une très belle paraphrase de l’Épître\, chantant la gloire de Dieu telle qu’elle est déjà et telle qu’elle sera lorsque Sion aura fini d’être édifiée par la Miséricordieuse Bonté et que les nations et les rois seront prosternés devant l’infinie majesté du Seigneur des Seigneurs. \nALLELUIA\nLE TEXTE\nChantez au Seigneur un cantique nouveau\, Car des merveilles il a faites le Seigneur.Ps. XCVII. 1. \nInvitation à louer le Seigneur en action de grâces des merveilles qu’il a faites. Ces merveilles ne sont pas précisées\, mais on pense naturellement à celles qui ont été évoquées à l’Epître et que le Graduel vient de chanter : la gloire que le Seigneur dans sa miséricorde fait sortir pour nous de nos tribulation\, et sa propre gloire\, déjà éclatante pour qui sait la voir\, et qui brillera d’un éclat éblouissant\, dans la Jérusalem céleste\, aux yeux qui auront reçu la puissance de la contempler. \nLA MÉLODIE\nUne invitation à chanter\, et qui chante déjà. Quelle admirable vocalise que ce cantate plein de joie\, d’entrain\, d’élan qui balance ses neumes si souples entre les notes longues. Le mouvement mène tout vers Dóminus qui reçoit une belle nuance de vénération ; mais\, juste en passant\, car la thésis continue sur cánticum novum de plus en plus paisible.Il reprend sur quia au début de la deuxième phrase. Doucement d’abord ; il y a comme un recueillement de l’âme sur ces merveilles qu’elle découvre\, d’abord en elle\, et tout autour d’elle\, jusqu’en l’insondable éternité. A mesure qu’elles sont évoquées\, la mélodie s’exalte sur mirabília mais sans retrouver le brillant éclat de cantate ; quelque chose du recueillement demeure jusqu’à la fin\, où il est d’ailleurs tout à fait à sa place sur le nom divin. \nPosez bien la double note de Allelúia qui est une bivirga et allez vers la dernière syllabe dont tout le neume sera élargi.Cantáte doit être chanté dans un legato très serré\, les doubles notes ayant leur exacte valeur\, rien de plus : passez par-dessus le quart de barre et retenez avec grâce les deux notes qui précèdent le quilisma. Balancez bien Dómino et rattachez-y étroitement cánticum ; novum sera très retenu.Menez discrètement le crescendo de mirabília. Fecit sera attaqué avec une fermeté pleine d’élan. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nSeigneur\, de me secourir prends soin. Qu’ils soient confondus et tenus e respect ceux qui cherchent mon âme pour la perdre. Seigneur\, de me secourir\, prends soin.Ps. XXXIX. 14\, 15. \nLe Psaume XXXIX est messianique\, ces paroles s’appliquent dont tout d’abord à Notre Seigneur. Que de fois ne furent-elles pas sur ses lèvres dans les heures si fréquentes de sa vie où il eut à lutter contre les Pharisiens et ceux qui lui  en voulaient à mort.Elles sont bien à leur place ici après l’incident relaté à l’Evangile. Elles le sont en tout temps sur les lèvres de l’Eglise\, toujours en butte ici ou là à la persécution…et sur les nôtres à nous qui sommes aussi\, à tout instant\, sous les menaces des ennemis visibles ou invisibles de notre âme. \nLA MÉLODIE\nIl y a peu de mélodies qui soient à ce point imprégnées de paix. On n’y aperçoit pas la plus petite nuance du trouble le plus léger ; ni même un accent de supplication quelque peu poussé. C’est la prière d’une âme toute abandonnée reposant entre les bras de Dieu dans une tranquillité et une joie si profonde que rien ne saura l’atteindre.Elle est déjà toute dans le premier mot\, cette paix heureuse\, avec l’accent délicat qui soulève la voix\, la fait toucher la tristropha légère\, et la pose une quarte au-dessous dans un mouvement de tendresse spontanée et simple comme un regard d’enfant fixé sur son Père dans un sourire. En remontant au fa\, la mélodie ne perd rien de cette admirable sérénité. Elle se pose sur la  double note\, s’y appuie\, va vers le pressus où l’appui est renouvelé\, et revient à la tonique par une cadence ornée d’un salicus où elle s’appuie à nouveau. C’est sa façon d’insister que ces notes doubles\, répétées les unes après les autres dans le legato des neumes qui  se suivent par degrés conjoints.L’évocation des ennemis dans la seconde phrase ne fait pas surgir la moindre ardeur. C’est le même calme. La mélodie\, après l’arsis qui tient en un torculus\, un podatus et une clivis montant du fa au la\, est toute thétique et n’a rien de sombre\, elle touche bien le re à deux reprises mais aussitôt revient au fa par le do\, soucieuse de ne pas quitter la tonalité toute de lumière du VIe mode. Notez\, entre autres motifs caractéristiques\, l’admirable cadence de eam.La première phrase revient alors\, comme un refrain très doux. L’âme s’y compait et au fond contemple bien plus qu’elle ne demande. \nIl faut veiller à tout prix à ce que les voix soient très fondues et demeurent très égales du commencement à la fin. Toutes les nuances\, et il y en a peu\, doivent être extrêmement délicates ; les pressus tout juste touchés\, les crescendo à peine sensibles. Et pourtant on doit sentir la vie\, mais elle aussi est délicate…Faites un bon silence après la première phrase. Prenez garde de trop élargir le mouvement aux cadences sur re. Retenez eam à la fin de la second ephrase dans un legato auquel vous donnerez tout votre soin.Un silence avant la reprise de Dómine. Elargissez le dernier réspice. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nSeigneur\, je me souviendrai de ta justice seule\, O Dieu\, tu m’as instruit depuis ma jeunesse \, et jusqu’à ma vieillesse\, et mon extrême vieillesse. O Dieu\, ne m’abandonne pas.PS. LXX. 16\, 17\, 18. \nCes trois versets sont une très belle prière d’action de grâce pour la lumière que le Seigneur nous dispense tout au long de notre vie\, avec une ardente supplication à la fin pour que ce bienfait nous soit continué.Ils entrent bien dans l’idée de cette messe où de si hauts enseignements nous ont été distribués à l’Epître et à l’Evangile. Mais ils ont aussi leur sens particulier au moment de la communion. Nous avons appris tant de choses du Seigneur dans la communication intime qu’il nous a faite de sa vie…depuis notre jeunesse ! \nLA MÉLODIE\nNous l’avons déjà rencontrée à la fête du Saint Nom de Jésus \, mais adpatée à un texte qui n’était pas fait pour elle et partant quelque peu défigurée. Elle a ici sa pleine beauté.La première phrase commence très simplement. Un salicus met sur Dómine une touche de ferveur\, un pressus sur memorábor souligne la joie de l’âme à se remémorer ce que le Seigneur a fait pour elle ; mais solíus\, en plein relief sur le motif de justítiæ repris à la quarte supérieure\, proclame très haut que c’est sa seule justice\, à lui\, qu’elle se soucie de garder souvenir.L’enthousiasme\, qui commence à monter sur solíus\, s’avive dans la seconde phrase. Deus\, attaqué directement sur la dominante\, et le salicus de docuísti me sont pénétrés d’une ardeur qui passe sur juventúte mea et\, après une gracieuse cadence\, sur fa\, rebondit sur usque au début de la troisième phrase. La montée là toutefois a moins d’élan\, elle est retenue par le quilisma : sans doute pour attirer l’attention sur la continuité du bienfait divin\, mais aussi par transition à la thésis senéctam et sénium ui  descend au re en un mouvement paisible et doux à travers lequel passe\, délicate\, la reconnaissance du vieil âge pour tant de miséricordes dispensées au long des années. Vient alors\, comme une tendre supplication que les salicus font insistante\, mais sans pression\, le ne derelínquas me. \nCommence sur tuae le crescendo qui va monter sur salíus. Le scandicus sera légèrement retenu\, la cadence par contre le sera à peine et demeurera très légère.Faites la tristroha de Deus douce et liez de très près juventúte à me. La cadence de mea sur fa sera élargie mais il faut y rattacher de très près usque\, réduisant la grande barre à une demi-barre ; usque in senéctam dépend en effet de docuísti me. Faites la thésis bien paisible. Deus ne derelínquas sera une idée à part et donc quelque peu séparée de sénium\, ne pas forcer les salicus\, retenir tout le mouvement. \n\nCantiques pour tous les temps\nPolyphonies pour tous les temps\n\nÉpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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