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SUMMARY:Saint Etienne
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nINTROÏT\nLE TEXTEAinsi donc\, ils ont siégé\, les princes ;Et contre moi ils parlaient.Aide-moi\, Seigneur mon Dieu\,Car ton serviteur s’appliquait à tes lois.Ps. – Bienheureux les purs sur le chemin.Ceux qui marchent selon la loi du Seigneur. Ps. CXVIII\, 23\, 86\, 1.L’idée vient assez naturellement d’en faire l’application à Saint Etienne. Rien ne s‘y oppose. Toutefois cette interprétation ne satisfait pas pleinement parce que\, compris de la sorte\, le texte perd toute actualité. Encore que les Saints soient réellement présents aux offices célébrés en leur honneur\, on ne saurait leur attribuer à ce moment-là des actes incompatibles avec leur état de béatitude ; telle ici  cette prière : aide-moi\, Seigneur mon Dieu ; Saint Etienne n’a plus besoin d’être aidé.C’est pourquoi il est peut-être préférable de mettre cet Introït sur les lèvres du Christ. Par la voix de l’Eglise\, en qui il se continue\, il applique à Saint Etienne et à tous ceux qui ont comme lui souffert persécution\, ces paroles qu’il s’est sans doute appliquées à lui-même lorsqu’il les disait au cours de sa vie terrestre. Ce faisant\, c’est encore de lui qu’il les dit\, car c’est lui qui est persécuté en tous ceux qui sont persécutés. Entendu ainsi du Corps mystique tout entier\, le texte a tout son sens. Par une attention spéciale\, il se réfère à Saint Etienne\, au jour de sa fête\, mais\, s’appliquant au Christ total qui toujours\, ici ou là\, souffre de la persécution\, il est toujours actuel.LA MÉLODIEIl n’est pas aisé de caractériser la première phrase. Ce n’est pas une plainte. Elle n’est pas non plus l’expression d’une âme triste ou accablée car\, dans les manuscrits\, tous les neumes sont légers : notamment les porrectus de étenim sedérunt\, les distrophas de loquebantur\, la tristropha de persecuti. Ce qu’il faut y voir\, semble-t-il\, c’est\, après la constatation quelque peu sombre de étenim\, l’énergie éternellement jeune du Christ et de l’Eglise se déployant dans une paix inaltérable et forte. Il s’y mêle une nuance d’indignation discrète\, retenue\, qui n’éclate pas\, mais qui est partout. Assez fortement marquée sur étenim par la bivirga et l’inflexion au grave sur la clivis allongée\, elle souligne les mots de nuances plus ou moins poussées : me\, loquebantur\, où l’on peut voir évoquées les paroles de haine des sanhédrites et de leurs comparses de tous les temps ; persecuti surtout\, notez la tristropha\, la remontée bien scandée des groupes binaires vers le podatus allongé et la cadence si brusque.De cet état d’âme\, jaillit la prière de la deuxième phrase\, ardente et forte elle aussi. La mélodie quitte la tonique à laquelle elle revenait sans cesse\, s’établit un instant sur le fa\, monte à la dominante et\, dans un admirable mouvement de supplication\, s’élance jusqu’au do\, où elle s’épanouit en un pressus qui concentre sur Déus méus toute l’ardeur de la demande. Les deux autres incises ont moins d’élan : elles sont un plaidoyer où\, comme il convient\, l’humilité a sa part ; d’où\, peut-être\, cette discrétion dans le mouvement mélodique.Le Psaume est une louange pour ceux qui\, comme le saint martyr\, vont droit leur chemin et en même temps une contemplation de sa béatitude.Dans la première\, après avoir bien appuyé la double note qui est une bivirga\, faire les porrectus de étenim légers\, tout en veillant à ce qu’ils gardent leur valeur de trois temps ; relier cette première incise à la seconde par-dessus la demi-barre et arrondir le torculus de me ; ne pas forcer les distrophas de loquebantur ; bien articuler le dernier mot de la phrase\, me.Dans la seconde\, élargir légèrement le second torculus de Domine et y intensifier le crescendo qui le rattache à Déus méus\, lequel aura commencé dès le début de la phrase. Aucun ralentissement à la cadence de exercebatur. \nGRADUEL\nLE TEXTEIls ont siégé\, les princes\, et\, contre moi\, ils parlaient.Et les méchants m’ont persécuté :Verset. – Aide-moi\, Seigneur mon Dieu\,Sauve-moi en raison de ta miséricorde. Ps. CXVIII\, 86\, 23. VI\, 5.Il est à peu près le même que celui de l’Introït. Dans la première partie\, seul le mot étenim du début est en moins ; mais dans le Verset la fin a été modifiée : quia sérvus tuus a été remplacé par le verset 5 du Ps. VI ; un appel à la miséricorde au lieu du plaidoyer de l’Introït .Il est bien à sa place après l’Epître. Le récit du martyre qui vient d’être lu rend cette attitude du Christ et de l’Eglise encore plus naturelle.LA MÉLODIE(V) Sedérunt principes et advérsum me loquebantur et iniqui persecuti sunt me.L’expression aussi est la même que dans l’Introït\, mais beaucoup plus poussée.L’indignation n’est plus contenue. Elle a bien la même réserve sur sedérunt principes\, mais elle s’en dégage tout de suite et par un mouvement très vif. Les quatre syllabes détachées de et advérsum me portent la mélodie à la dominante en une arsis pleine d’une ardeur ui s’intensifie\, sur me d’abord\, puis sur loquebantur\, où l’on retrouve le motif de l’Introït\, mais considérablement renforcé sur que par une double note qui est une bivirga épisématique dans les manuscrits et qui de ce fait est fortement appuyée. Sur et iniqui\, l’indignation éclate vraiment ; admirable formule où e mêlent la véhémence de la passion et l’amertume de la souffrance ; celle-ci particulièrement dans l’intervalle de tierce mineure sur lequel s’achève le mot.Le Verset. – Adjuva me Domine Déus méus Salvum me fac propter misericoridum tuam.La formule de l’intonation\, qui ne se retrouve qu’une autre fois\, et sur le même texte\, dans le premier des Graduels du Samedi des Quatre-Temps de Carême\, est très caractéristique d’un appel pressant à l’aide divine. Par son élan qui va d’un trait à la dominante\, elle met quelque chose d’angoissé sur ce début de la prière. Mais tout de suite\, sur la vocalise de Domine\, l’angoisse s’atténue\, pour faire place à une pression délicate\, qui peu à peu se transforme\, au cours de la dernière incise\, en un cri d’ardente supplication\, lequel atteint son maximum d’intensité sur la première note de la clivis répercutée. On voudrait qu’elle se poursuive sur Déus méus\, mais la formule s’y prête mal et la coupure n’est pas heureuse.Le simple récitatif de la seconde phrase ne fait qu’adapter la mélodie à la longueur du texte\, mais il est d’un très bel effet. Il met sur misericordium un accent d’humble prière parfaitement adapté et qui se continue tout le long de la formule finale\, laquelle s’y prête fort bien d’ailleurs par son mouvement discret\, ses notes longues et tout particulièrement par la double répercussion de l’avant-dernier neume.Le mouvement doit être assez ample.L’intonation\, très retenue ; la double note est une bivirga épisématique. Bien faire les accents de advérsum me et de persecuti.Dans le Verset ne pas presser adjuva me\, bien que le mouvement soit un peu dégagé. Se complaire dans la vocalise de Domine\, qui sera légèrement élargie. Y rattacher de très près Déus méus pour pallier à la mauvaise coupure.Bien accentuer salvum ; et bien rythmer tout le passage syllabique. \nALLELUIA\nLE TEXTEJe vois les Cieux ouvertsEt Jésus debout à la droite du Dieu Puissant. Actes VII\, 56.Ce sont\, à quelques détails près\, les paroles que Saint Etienne prononça lors de son jugement\, au moment où ses accusateurs frémissant de rage grinçaient des dents contre lui : « Rempli du Saint esprit et levant les yeux au ciel il vit la gloire de Dieu et Jésus\, debout à la droite de Dieu\, et il dit : Je vois les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu.» L’auteur pour accommoder le texte à la mélodie a remplacé Filium hominis par Jésum et fait précéder Déi de virtutis.Au sens liturgique c’est encore Saint Etienne qui les chante par la voix de l’Eglise et elles sont aussi actuelles qu’à l’heure de son martyr\, car c’est bien vrai qu’il voit le ciel et Jésus à la droite du Père : le mot de son extase est devenu le mot de son éternelle vision.LA MÉLODIEC’est celle de l’Alleluia de la Messe du jour de Noël. Ici encore c’est dans l’adaptation des mots aux intonations et aux cadences que réside l’expression.Dans la première phrase\, vidéo avec ses premières notes allongées et la progression du mouvement qui l’emporte au sommet du mode évoque admirablement le regard du Saint tendu vers le ciel en même temps que la surprise\, la joie\, l’admiration qui de plus en plus remplissent son âme. La deuxième incise\, plus thétique\, chante aussi très bien la béatitude où le fixe l’extase.La seconde phrase\, elle\, se fait pleine de révérence ; elle adore comme dut le faire le martyr quand\, à ses yeux ravis\, le Fils de l’homme apparut à la droite du Dieu puissant.La troisième prolonge cette joie béatifiante jusqu’à ce que l’enthousiasme\, qui ne s’était pas encore révélé\, vienne envelopper le mot Déi d’une exultation d’Hosanna.En plus de ce qui a été recommandé pour l’Alleluia de Noël\, on joindra ici très étroitement a déxtris à stantem. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTEIls choisirent\, les apôtres\, Etienne (pour) lévite.(Il était) rempli de foi et de l’Esprit-Saint.Lequel lapidèrent les Juifs\,Alors qu’il priait et disait :Seigneur Jésus\, reçois mon esprit.Alleluia !Ce résumé de l’histoire de Saint Etienne est d’abord une réplique de l’Eglise à l’Evangile. Elle a entendu le diacre chanter la parole de Notre-Seigneur : «Voici que je vais vous envoyer des prophètes\, des sages\, des docteurs ; et vous tuerez les uns et vous sacrifierez les autres et vous en flagellerez plusieurs dans vos synagogues ; Jérusalem\, qui tue les prophètes et qui lapide ceux qui te sont envoyés… » Elle chante alors l’histoire du Saint comme pour se dire à elle-même que dans son martyr s’est réalisée une fois de plus la prophétie du Christ.Il est aussi un magnifique chant d’offrande. La prière accipe spiritum méum\, sur laquelle il prend fin est en effet la prière de tous les sacrifices de la vie\, de la mort et de l’éternité\, de sorte qu’au moment où chacun doit s’offrir avec le prêtre sur les mêmes mots suscipe Domine\, elle devient la plus vivante\, des réalités\, et pour le martyr qui là-haut continue son offrande\, et pour nous qui mêlons la nôtre à la sienne\, ici-bas.LA MÉLODIEElle ne ressemble pas aux autres mélodies d’Offertoire. Elle est originale non seulement en ce sens qu’elle n’est pas centonisée – aucun Offertoire ne l’est – mais parce qu’elle sort de l’ordinaire. Il n’est d’ailleurs pas aisé de dire avec précision ce qui la fait si particulière : son étendue dans les deux tétracordes du mode\, une certaine complaisance dans le grave avec un attrait vers les cadences pleines sur di\, ce qui pour un rien évoquerait le majeur moderne\, une très grande aisance dans le développement neumatique qui est riche et hardi ; par-dessus tout\, une vie intense et je ne sais quoi de dramatique qui d’ailleurs sert parfaitement le texte.Elle comprend deux parties nettement distinctes : le récit du drame et la prière du Martyr.La première phrase\, bien qu’elle se développe dans le grave et en dépit de sa richesse mélodique\, est très simple. Elle raconte l’élection\, c’est tout ; Elle le fait avec emphase en marquant les mots d’un fort relief – notez la double note de elegérunt\, qui est une bivirga épisématique\, et l’arsis de apostoli – mais elle n’enveloppe le récit d’aucun sentiment particulier\, si ce n’est d’une paix tranquille.La seconde est consacrée au saint Martyr. Son nom se trouvant dans le mouvement thétique de la première phrase ne pouvait être mis en évidence autant qu’on l’eût désiré\, mais voici les mots qui le caractérisent : plénum fide et Spiritu Sancto\, les mots qui disent sa sainteté\, qui ont déterminé le choix des apôtres et qui le mettent dans la catégorie des sages et des prophètes envoyés par le Christ et que tua Jérusalem. La mélodie va les mettre en éclatant relief. Toutefois ce n’est ni fide\, ni Spiritu Sancto qui ont le plus retenu l’attention de l’auteur\, mais plénum. Aussi bien tous les chrétiens ont la foi et le Saint-Esprit\, mais Saint Etienne en était rempli et c’est cette plénitude qui le caractérisait. Le mot est admirablement traité. La progression rythmique et mélodique conduit la voix doucement au sommet. Elle se pose\, légère\, sur la première double note et va se renforçant sur la seconde avant de s’arrondir au sommet et de retomber gracieusement sur fide. La première double note de fi est une bivirga épisématique ; simple nuance\, mais combien expressive de la foi inflexible du jeune Martyr. Le mot s’achève en une cadence du IVe mode pleine de génération.La mélodie ne s’y attarde pas\, elle se relève tout de suite sur Spiritu Sancto. Sans traiter ce mot comme le plus important\, l’auteur lui a tout de même donné un certain relief : les premières notes des clivis sont allongées ; et surtout la cadence en fa par le si naturel lui donne une expression de confiance\, d’abandon\, de paix absolue. C’est celle de toute la phrase d’ailleurs et elle est bien faite pour évoquer l’âme ardente certes mais si abandonnée du jeune lévite.La troisième phrase est en contraste absolu. L’indignation que provoque le drame se manifeste dès le premier mot par les répercussions et plus encore par la retombée brusque fa-do. Elle se fait de plus en plus violente sur les rythmes binaires ascendants de lapidavérunt jusqu’à devenir un cri de stupeur sur la distropha et la bivirga répercutée du sommet. Notez que c’est la même formule que sur plénum\, mais ici les trois podatus qui l’amènent et\, plus encore\, l’image de la lapidation et le sentiment qui s’en dégage détruisent le caractère paisible qu’elle avait dans la phrase précédente et en font\, au contraire\, quelque chose de dur où se mêlent de la souffrance et une colère qui se contient à peine et qui trouve d’ailleurs\, sur le pressus de judaei l’accent qui lui convient. Cette indignation douloureuse d’un moment se change en douceur\, admiration\, vénération sur orantem et dicéntem. C’est une autre image : celle du martyr en extase ; on ne voit plus la scène d’horreur\, on est tout à la paix qui se dégage du Saint en prière.Domine Jésu\, accipe spriritum méum… A l’encontre du récit où tant de sentiments se trouvent mêlés\, ici\, tout est simple. L’âme du jeune diacre est avec Dieu dans un abandon plein d’amour et c’est déjà la joie de la béatitude qui passe dans les mots qu’il dit ; L’invocation Domine Jésu est une merveille de calme\, de repos\, de paix souriante\, avec une nuance de plénitude que lui donnent les beaux intervalles larges et sonores. Le mouvement thétique se poursuit sur accipe avec un accent de prière délicat\, qui va devenir dans le splendide élan de spiritum le dernier cri d’amour du Martyr… et le nôtre.Tous s’achève dans la paix joyeuse de l’Alleluia\, le mot de la louange éternelle dans laquelle il est entré\, et où nous le suivons.Eviter dans l’exécution toute recherche d’effet. Le conseil est de mise ici plus que partout ailleurs\, en raison du caractère dramatique du texte et de la mélodie. Dans une analyse\, il faut dire les nuances avec des mots qui n’ont pas assez de nuances ; l’exécution doit y suppléer. Suivre scrupuleusement le rythme et demeurer dans l’esprit du texte ; et tout sera bien.Certains détails demandent un soin particulier.Dans la première phrase ; la bivirga de elegérunt qui sera fortement appuyée. Dans la seconde\, le mot plénum qu’il ne faut pas pousser mais envelopper de paix\, appuyer fortement la double note du sommet\, qui est une bivirga. Celle de fide doit être très expressive. Mais le mouvement ne doit pas être ralenti. Poser avec un peu d’ampleur les premières notes des podatus de lapidavérunt\, dont la bivirga du sommet sera traitée comme celle de plénum.Dans la dernière phrase\, Domine un peu élargi et très lié. Spiritum de même\, mais le sommet assez fort ; notez la bivirga. Un peu plus de mouvement à l’Alleluia\, mais la dernière incise très élargie. \nCOMMUNION\nLE TEXTEJe vois les cieux ouverts\,Et Jésus se tenant à la droite de la puissance de Dieu :Seigneur Jésus\, reçois mon esprit\,Et n’attribue pas à ceux-ci le péché\,Car ils ne savent pas ce qu’ils font. Act. VII\, 56\, 59\, 60. – Luc. XXIII\, 34.Ce sont les paroles mêmes de Saint Etienne. Elles forment ici un tout mais en fait elles ont été prononcées par le Saint en trois circonstances différentes ; la première à la fin de son plaidoyer\, la seconde pendant qu’on le lapidait\, la troisième juste au moment de mourir\, la dernière incise exceptée. Celle-ci ne fut prononcée que par Notre Seigneur sur la Croix\, mais elle est tout à fait à sa place ici.Dans le cadre liturgique\, c’est encore le saint Martyr qui par la voix de l’Eglise fait entendre les paroles qui continuent d’être dans l’éternité l’expression de son âme glorifiée. Mais chacun doit avoir soin de faire sien\, comme dans l’Offertoire\, accipe spiritum méum. C’est le mot par excellence de l’âme qui communie. L’union du Christ avec nous se fait dans le don réciproque de nos deux êtres. Il se donne\, nous nous donnons : Domine Jésu\, accipe spiritum méum. Le texte devient ainsi une vivante réalité.LA MÉLODIETrois phrases ayant chacune son objet précis : vision\, offrande\, prière.Dans la première\, Saint Etienne dit ce qu’il voit et il le dit à mesure qu’il le voit. Ce sont d’abord les cieux ouverts. Il n’y a pas de doute que ce fut pour lui une joie indicible\, mais à peine en eut-il conscience que la vision se précisa et qu’à la droite du Père\, apparut le Seigneur Jésus debout dans la gloire. Une vague de béatitude dut alors soulever son âme et en faire jaillir un cri d’admiration et d’amour. C’est cette progression de joie que la mélodie exprime. Elle débute sur vidéo caélos apértos dans une tonalité imprécise ; le mouvement non plus ne se dessine que discrètement du fa au si b ; c’est que la joie du saint Martyr ne fait que commencer\, ses yeux cherchent encore. Mais voici la vision nette du Christ Jésus ; par une modulation brusquée\, la mélodie s’élance d’un bond à la dominante et là\, sur les hauteurs\, prolonge et développe le cri de joie extatique qui remplit l’âme du Saint\, la déborde et va se perdre pour finir sur virtutis Déi dans l’adoration et la paix.Cette vision\, comme toutes les visions\, s’achève dans l’amour qui se donne\, Domine Jesus accipe spiritum méum. L’élan de joie s’accentue encore\, tout en étant de plus en plus pénétré de paix. La mélodie rebondit du sol au ré puis\, par une courbe extrêmement gracieuse\, vient se reposer sur la dominante pour redescendre par degrés paisiblement vers la tonique. Il y a dans toute cette phrase quelque chose de simple\, d’aimable\, on dirait bien : de souriant. C’est toute l’âme\, si pure\, du Saint qui\, en présence de son Sauveur enfin trouvé\, se remet à lui\, dans un geste qui est naturel\, parce qu’il est de toujours. Il ne demande pas au Christ de le recevoir : il se donne.La troisième phrase est très différente. C’est encore une prière\, mais une prière d’intercession cette fois. Ne statuas illis… Le mélodie module vers la cadence du IVe mode où elle prend le ton de douce pression que permet l’amitié\, puis elle devient grave et nuancée de honte sur peccatum comme si le jeune Martyr assumait quelque chose de la cruelle humanité\, et elle s’achève dans la paix\, sur le mot d’excuse qui rappelle au Christ sa propre miséricorde.Ne pas traîner. Un bon mouvement\, sans presser\, jusqu’à la fin de la première phrase\, avec une ferveur croissante. Bien accentuer le pressus de Déi.Domine Jésu\, léger\, très lié\, gracieux ; heureux plutôt que suppliant. La double note de Jésu est une bivirga ; l’appuyer doucement en renforçant la voix vers l’accent de decipe et l’on aura l’admirable expression d’amour tendre et fort qui convient. Toute la phrase un peu plus lente et aussi immatérielle que possible.Veiller à garder jusqu’au bout le mouvement. Relier de très près peccatum à illis. Prendre le temps d’articuler la dernière syllabe de nésciunt sur le punctum\, qui\, de ce fait\, sera allongé.  \n\nCantiques pour les Saints\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Immaculée Conception
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.Introït Gaudens gaudebo« Je me réjouis\, et je me réjouirai dans le Seigneur et elle exulte\, mon âme\, en mon Dieu. Car il m’a revêtue du vêtement de salut\, et du manteau de Justice\, il m’a enveloppée. Comme une épouse parée de ses joyaux. » (Isaïe 61\, 10) Cet introït traduit la joie intérieure de la Vierge Marie\, cette vibration de joie qui traversa son âme en ce premier instant de sa vie\, quand par l’indicible beauté de Dieu qui se dévoilait\, elle se donna à lui de tout l’élan de son cœur ; joie qu’elle extériorisera plus tard\, en chantant le Magnificat… Et exsultavit Spiritus meus. La plénitude de grâce l’environne comme d’un manteau : vestimentum salutis\, vêtement de salut dont elle couvrira tous ceux qui accepteront de venir s’y mettre à l’abri La mélodie est calquée sur l’introït Vocem jucunditatis du Ve dimanche après Pâques \, selon un schéma classique du mode 3\, commençant sur la tonique mi pour se développer dans les hauteurs autour du si-do. C’est sur la seconde phrase que la mélodie trouve son apogée\, vestimentum salutis\, après un balancement traduisant la joie\, elle se fait souple et ample pour s’épanouir sur le torculus du sommet\, avant d’achever sur la cadence classique du 8e mode. Graduel Benedicta es« Bénie\, es-tu\, Vierge Marie\, par le Seigneur le Dieu Très haut\, plus que toutes les femmes de la terre. Tu es la gloire de Jérusalem ; Tu es la joie d’Israël ; Tu es l’honneur de notre peuple. » (Judith 8\,23) Ces paroles de bénédiction et de gloire sont tirées de l’histoire de Judith ; Virgo Maria excepét\, qui a pris pour la circonstance la place de Filia. Judith\, cette veuve très belle\, très riche\, très mortifiée\, de qui personne ne trouvait de mal à dire\, qui s’en va\, avec un courage au-dessus de tout\, couper la tête d’Holopherne jusque dans sa propre tente pour sauver son peuple\, est la figure la plus expressive de l’Immaculée Conception écrasant la tête de Satan. Englobant dans la même louange la divine prédestination de Notre Dame et sa conception immaculée qui en est la première réalisation\, l’Eglise chante la louange qui fut chantée à Judith et que l’ange Gabriel lui apporta le jour de son Annonciation comme la louange de Dieu lui-même : « Tu es bénie entre toutes les femmes ». La mélodie comporte une phrase introductive\, posée\, solennelle. Puis\, assez brusquement\, sur a Domino\, la mélodie monte à la dominante\, prend de l’éclat\, le mouvement s’anime enveloppant d’une joie à la fois solennelle et enthousiaste ces mots d’exaltation. Alleluja Tota pulchra es« Toute belle tu es\, Marie\, et la tache originelle n’est pas en toi. » (Cantic. 4\,7) Qui le chante ? Ce peut être Dieu le Père qui salue la merveille de ses mains\, sa fille choisie entre toutes. Ce peut être le Verbe qui chante la beauté de celle qui est prédestinée à être sa mère. Ce peut être le Saint-Esprit qui complimente son épouse. Ce peut être l’Eglise qui\, continuant sa louange du graduel\, s’extasie sur la splendeur de l’Immaculée. Offertoire Ave Maria La première phrase de la mélodie s’élève comme une salutation gracieuse. Gratia plena est le mot central. « Il était bon de faire valoir cet objet principal du mystère »\, dit Dom Pothier\, auteur de l’adaptation mélodique\, donnant à ce mot – source scripturaire du dogme de l’Immaculée conception – un très beau développement. Sur benedicta tu\, la louange éclate sans transition. L’attaque sur la dominante et l’élan qui entraîne le mouvement jusqu’au mi mettent dans toute cette incise l’enthousiasme ardent du début. L’ardeur se détend ensuite longuement sur muliéribus\, ramenant\, pour finir la salutation\, la joie profonde du début. Communion Gloriosa dicta sunt de te« Des choses glorieuses ont été dites de toi\, Marie\, parce qu’Il a fait en toi de grandes choses\, Celui qui est puissant. » Ps. 86\,3 et Luc 1\,49. Le premier verset est une louange à Jérusalem après la victoire de l’ange sur l’armée de Sennachérib. Le second verset est extrait du Magnificat. Il n’y a eu qu’à changer mihi en tibi et\, avec ces quelques mots\, l’Eglise a fait une louange d’une grande délicatesse\, retournant à Notre Dame les mots mêmes que Dieu lui inspira pour révéler au monde l’ineffable grandeur des grâces qu’elle a reçues. L’original de la mélodie est la communion Dico autem vobis de la messe Sapiéntiam pour plusieurs martyrs. Nous trouvons là une belle affirmation joyeuse et ferme. Retenue fort à propos sur Gloriosa\, la mélodie monte en un accent enthousiaste sur dicta sunt. La cadence sur María est gracieuse et pleine de vénération. De même quia tibi\, avec une nuance de mystère vers le grave. Une belle expression de grandeur et d’autorité pénètre le dernier mot : qui potens est.  Propositions polyphoniques Ecce Virgo concipiet de HandlO gloriosa Virginum de PalestrinaPraeclara custos virginumDifférents motets à la ViergeEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Sainte Cécile
DESCRIPTION:Pendant déjà plus de mille ans\, Cécile a été l’un des martyrs des débuts de l’Eglise les plus vénérés. Son nom\, le fait qu’elle fonda une église et qu’elle fut enterrée dans une crypte des catacombes de St Callixte\, le contexte tout comme l’existence d’un Valérien et d’un Tubercius est ce qu’il y a de plus vérifiable à son sujet. \nSte Cécile naquit dans la noble famille pratiquante de Rome des Coecilia dont sont issus beaucoup de sénateurs. Elle possédait tous les dons de grâce\, de beauté et d’innocence qu’une jeune fille pouvait avoir. Riche et cultivée\, elle était fervente des arts et avait un talent tout particulier pour la musique. Très jeune\, elle voua sa vie à Dieu et fit vœu de virginité. \nLire la suite de l’article… \n   Introit Loquebar de la messe de sainte Cécile\, chanté par la Schola Bellarmina \nCette messe figure sur le disque 31 de notre collection. Voir ce coffret en détail. \n 
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SUMMARY:Dédicace de l'Archibasilique de Saint-Jean-de-Latran
DESCRIPTION:Ce dimanche 9 novembre\, l’Église célèbre la Dédicace de l’Archibasilique de Saint-Jean-de-Latran\, appelée aussi Archibasilique du Très-Saint-Sauveur.Cette fête\, d’un rang particulier\, prend préséance sur la messe du 22e dimanche après la Pentecôte\, et nous invite à contempler le mystère de l’Église\, temple de Dieu vivant. \nLa “mère de toutes les églises du monde”\nL’Archibasilique Papale du Très-Saint-Sauveur et des Saints Jean-Baptiste et Jean l’Évangéliste du Latran\, plus connue sous le nom de Basilique Saint-Jean-de-Latran\, est la cathédrale du pape en tant qu’évêque de Rome.Elle est\, selon l’antique formule\, omnium urbis et orbis ecclesiarum mater et caput — la mère et tête de toutes les églises de la ville et du monde. \nSon histoire remonte à l’époque de l’empereur Constantin\, qui fit bâtir vers 314 une grande basilique sur les terres de la famille Lateranus\, confisquées par Néron après la conjuration de Pison.Ce terrain fut offert à l’Église après la victoire de Constantin sur Maxence\, remportée sous le signe de la croix et du célèbre mot : In hoc signo vinces — Par ce signe\, tu vaincras. \nLa basilique fut consacrée par le pape Sylvestre Ier en 324\, sous le vocable du Saint-Sauveur.Au fil des siècles\, deux autres patrons y furent ajoutés : Saint Jean-Baptiste (par le pape Serge III au IXᵉ siècle) et Saint Jean l’Évangéliste (par Lucius II au XIIᵉ siècle).Aujourd’hui encore\, elle demeure le symbole du lien entre la Rome chrétienne et la foi universelle. \nLe chant grégorien au service de la liturgie de la Dédicace\nSacra Musica met à disposition\, à l’occasion de cette fête\, l’enregistrement de deux pièces majeures : \n\n\nL’Alléluia et l’Offertoire de la messe de la Dédicace\, tirés du volume 15 de l’intégrale de chant grégorien. \n\n\nPar ailleurs\, l’hymne des vêpres\, “Cælestis Urbs Jerusalem”\, se trouve dans le volume 12\, consacré aux vêpres et complies. \nQue la beauté du chant grégorien nous aide à contempler la Cité sainte\, Jérusalem céleste\, dont la basilique du Latran est le signe visible sur la terre.
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SUMMARY:Fidèles défunts
DESCRIPTION:Motets grégoriens\n \n\nUne polyphonie de Vittoria\nMotet Languentibus (tiré du volume 13 de l’intégrale de grégorien)\n\n  Unique ! Le coffret contenant tous les fichiers (épîtres\, évangiles et préface) sur 1 CD au format MP3.
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SUMMARY:Toussaint
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nL’Église fête aujourd’hui tous ceux qui jouissent au ciel de la vision face à face de Dieu : le Christ\, sa Mère et\, autour d’eux\, les Anges\, les Archanges\, les Trônes\, les Dominations\, les Principautés\, les Puissances\, les Vertus\, les Chérubins\, les Séraphins\, les Patriarches\, les Prophètes\, tous les justes de l’ancienne loi ; les Apôtres\, les Docteurs\, les Confesseurs\, les Anachorètes… tous les élus enfin\, de toute tribu\, de toute langue\, de toute nation. La Toussaint\, c’est la fête de l’Église triomphante.C’est encore quelque chose de plus.Parce que la vie qui vient du Christ en eux fixe leur intelligence et leur volonté sur le même objet : Dieu contemplé\, aimé\, glorifié\, ces myriades et myriades d’esprits ne font qu’un avec le Christ ; ils sont ses membres\, son complément\, son achèvement ; ils sont du Christ\, ils sont le Christ\, Lui et eux\, c’est ce que Saint Augustin appelle le Christ total.La Toussaint\, c’est la fête du Christ total\, de la plénitude du Corps mystique ; de tout le créé subsistant dans le Christ\, réconcilié avec le Père par le sang de la Croix et s’épanouissant en la louange de la gloire de sa grâce dont il l’a gratifiée en son Bien-Aimé. C’est la fête du ciel\, selon cette vision de l’Apocalypse qui nous est lue à Matines et à la Messe et à travers laquelle nous nous plaisons à évoquer\, par delà le symbolisme des images splendides\, la liturgie de l’éternité.Cette fête de la création glorifiée\, telle que nous la verrons éternellement\, est bien à sa place à la fin de l’année liturgique et dans le cycle des saints. N’est-elle pas la conclusion des mystères du Christ et le témoignage de sa vertu sanctificatrice ?Le 1er Dimanche de l’Avent\, nous chantons à vêpres : « Voici le Seigneur qui vient et tous ses saints avec lui ».Les voici venus.La nuit de Noël sur le berceau de l’Enfant-Dieu\, l’Église déclamait la prophétie d’Isaïe : « Tu as multiplié le peuple et fait grande la joie… Ils se réjouiront devant toi comme se réjouissent les moissonneurs\, comme se réjouissent les vainqueurs autour du butin conquis ». (Isaïe IX. 3.)La voici\, la joie de la moisson et de la conquête.Avant de mourir le Christ avait dit : « Père\, ceux que tu m’as donnés\, je veux que là où je suis\, ils soient avec moi… Comme toi\, Père\, en moi et moi en toi\, qu’eux aussi soient en nous. » (Jean XVII. 22\,21.) Le voici le rassemblement dans l’unité.A l’Ascension\, commença de monter le cortège de la « captivité\, captive de l’amour » et le ciel de se remplir sous l’action de l’Esprit sanctificateur.Voici le cortège clos – car la Toussaint\, fête de l’éternité\, enclot le passé et le futur. – voici le ciel plein. « Ceux qu’il a prédestinés\, il les a appelés ; ceux qu’il a appelé\, il les a purifiés ; ceux qu’il a purifié\, il les a glorifiés. » (Rome. VIII. 20.)La fête\, il va de soi\, est célébrée dans une atmosphère de triomphe et d’exaltation grandiose. C’est le ton notamment des antiennes des vêpres et des hymnes de toutes les heures. A la messe toutefois cette exaltation se revêt de nuances. La joie est plus  discrète\, plus intérieure\, avec cependant des élans d’enthousiasme dans lesquels l’âme\, à certains moments\, se livre tout au souffle de l’admiration et de l’espoir. (La fête est de deux siècles postérieure à Saint Grégoire mais presque toutes les pièces de la messe sont empruntées à des offices primitifs.) \nINTROÏT\nGaudeamus de l‘Assomption de Notre-Dame.L’Eglise a choisi\, comme ouverture\, l’invitation à la joie dont elle s’est servie\, le 15 Août\, pour célébrer la montée au ciel de Notre-Dame. C’est bien ainsi. Le même chant qui fêtait la Mère en son entrée dans le Royaume fête les fils qui l’ont suivie\, et qui l’entourent à jamais dans la béatitude. Avec eux\, réjouissons-nous et louons le Fils de Dieu qui a fait cette réunion. Gaudeamus…La mélodie est toute de joie ardente et discrète à la fois\, nous l’avons dit\, montant enthousiaste ou se détendant en des motifs gracieux\, retenus\, enveloppés de vénération tendre sur les noms bénis qui sont l’objet de la louange : Domino\, sanctorum omnium\, angeli\, Filium Dei. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nCraignez le Seigneur\, tous ses saints\,Car rien ne manque à ceux qui le craignent.Le Verset. – Ceux qui cherchent ainsi le SeigneurNe manquent d’aucun bien.(Ps. XXXII\, 10\, 11.)Le Psaume XXXII est de David. Le Seigneur l’avait tiré d’un pas difficile. Il lui exprime sa gratitude : Benedicam Dominum in omni tempore…et pris d’un zèle ardent\, il ecommande aux Justes de pratiquer ce qui lui a toujours valu cette divine protection : Timéte Dominum : aimez le Seigneur – car c’est bien dans ce sens de crainte filiale qu’il faut entendre ici timéte – cherchez-le et rien ne vous manquera. C’était à l’avance le conseil de Notre-Seigneur : Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice et le reste vous sera donné par surcroit.Après l’Epître où Saint Jean nous chante\, en termes splendides\, sa vision de l’éternelle liturgie\, telle qu’elle sera dans les cieux nouveaux et la terre nouvelle… telle qu’elle est déjà au-dessus de nous\, en ce matin d’apothéose\, ces deux versets nous viennent comme la voix de l’Eglise tournée vers nous ; de l’Eglise du ciel\, de tous ceux qui chantent là-haut leur gratitude et qui nous livrent le dernier mot de leur expérience pour nous aider sur le chemin : « Aimez le Seigneur\, cherchez à l’aimer toujours mieux\, et vous aurez ce que nous avons : tous les biens en lui… non déficient omni bono. \nLA MÉLODIE\nC’est la joie qui la caractérise. Elle est discrète\, retenue\, dans l’intonation\, mais on la sent ardente déjà dans la montée vers l’accent tonique de Dominum. Elle va s’épanouir en vénération sur les longs neumes du nom divin et peu à peu se laisser aller\, sur omnes sancti\, enthousiaste cette fois\, communicative\, enveloppant ces deux mots qui nous sont destinés du chaud accent de la charité fraternelle\, telle qu’on la vit dans la famille de l’éternité. Le mouvement large qui les enveloppe se détends ensuite souple et gracieux sur éjus et se prolonge en quelques neumes qui très heureusement riment avec Dominum. Aussi bien\, c’est encore le nom du Seigneur et la même vénération aimante.Sur le motif ardent de omnes qu’elle reprend\, la mélodie\, au début de la seconde phrase\, monte vers nihil où elle trouve son expression. Sur ces deux notes – qui sont deux virgas épisématiques – les saints\, du fond de leur béatitude\, affirment avec une conviction toue pénétrante de leur bienheureuse expérience\, que rien\, absolument rien ne manque à qui sait aimer. C’est la formule du nihil solliciti sitis de l’Introït du IIIème Dimanche de l’Avent . C’est bien aussi la même idée : Saint Paul s’employant là\, de toute son ardeur\, à communiquer la joie du Seigneur tout proche dont il a\, lui aussi\, l’expérience. Deux rythmes ternaires détendent le mouvement dexcendant à la tonique et pour la troisième fois le Seigneur est loué sur éum. C’est la formule qui chante le vonheur d’être comme des frères ensemble\, dans le Graduel Ecce quam bonum du XXIIème Dimanche après la Pentecôte ; la miséricorde du Cœur de Jésus montrant la voie aux pécheurs\, dans le Graduel de la fête du Sacré-Cœur ; le désir de l’Eglise de chanter à jamais la gloire du Seigneur dans l’Alleluia Paratum cor méum du XXe Dimanche après la Pentecôte ; l’allégresse profonde des vierges allant vers l’Epoux dans l’Alleluia Adducéntur régi ; la joie éternelle des confesseurs couronnés de pierres précieuses dans le Graduel Domine prævenisti… Admirable phrase\, grave\, solennelle\, baignée d’humble respect\, de vénération\, d’amour. Il semble que l’âme\, en la chantant\, s’anéantit\, comme perdue devant la grandeur de la miséricordieuse bonté de son Dieu qui l’a appelée à la joie de la vie sans fin.Le Verset (I) . – Inquiréntes autem Dominum non déficient omni bono.La joie ici s’allège\, si l’on peut dire. Sur de longs neumes qui se déroulent en courbes gracieuses\, légers\, tout en mouvement\, comme au-dessus de l’espace et du temps\, l’Eglise bienheureuse évoque tout ce que la recherche de Dieu\, de sa volonté\, de son bon plaisir lui a valu de bonheur\, jadis et maintenant à jamais. Elle achève sa guirlande sonore en une cadence sur mi qui enveloppe Dominum de tendresse délicate et\, après une affirmation bien marquée sur non déficient par le podatus de non et l’épisème de la clivis initiale\, elle reprend la formule finale de la première partie\, rendue plus expressive encore par le pressus et la tristropha de omni\, et chante à nouveau\, sur cette splendeur le bien ineffable qui ne lui fera plus jamais défaut : Dieu contemplé face à face.Faites l’intonation légère et souple\, en veillant bien à donner à l’accent tonique de Timéte toute son élasticité . Celui de Dominum bien au lever donnera à la retombée du mouvement la douceur et l’onction qui conviennent au nom divin. Les neumes en seront très liés. On y reliera de très près omnes. Le crescendo de l’arsis sera discret et progressera jusqu’à l’accent tonique de Sancti. Le torculus du sommet sera bien arrondi et la retombée gracieuse ; l’intervalle sol-fa-sol-ré-fa élargi. Faites éjus très expressif\, le sommet de la vocalise arrondi\, et complaisez-vous sur la cadence.Quoniam sera chanté comme omnes et le crescendo ira vers nihil qui sera très affirmatif. Veillez bien à la régularité des neumes de la thésis. Elargissez le torculus sol-la- ré de éum et\, à partir du pressus\, faites un léger crescendo vers la note jointe pour amorcer l’arsis qui suit\, vous  aurez ainsi une très belle expression de joie profonde et pleine. La remontée sera délicate\, et toute la dernière incise considérée comme la fin du mouvement qui s’achève progressivement sur la bivirga\, la distropha\, l’oriscus et le torculus final.Le verset sera léger ; pas rapide mais très lié. Il faut se complaire sur cette splendide vocalise et prendre le temps de réaliser ce que disent les mots et la musique. Ce n’est pas une joie exubérante\, c’est une contemplation. Mais que la vie y passe et ardente\, notamment sur les derniers neumes de inquiréntes. C’est dans cette montée à la dominante que l’âme commence à se livrer à la joie extérieure. Il faut appuyer progressivement les trois notes longues fa-sol-la et\, bien en mouvement\, aller vers la clivis du sommet qui recevra un allongement expressif. Autem sera pris dans ce nouveau mouvement plus vif. Les deux pressus seront bien appuyés et\, de ce sommet\, tout en un élan\, descendront\, très liés\, les longs neumes de la thésis. Une légère reprise de mouvement sur le salicus de la fin préparera la cadence sur mi qui sera retenue. Affirmez bien le non déficient en donnant un peu de longueur à la première note du podatus.  Que la cadence finale soit grave\, montant en crescendo jusqu’à la clivis allongée qui suit le quart de barre. Il y aura une détente sur le climacus la-fa-ré\, et la première note de la clivis qui suite sera bien en élan de façon à ce que la retombée se fasse souple sur la double note. Suivra alors le crescendo descendant et la paix de la longue cadence finale. \nALLELÚIA\nLE TEXTE\nVenez à moi\, vous tous qui peinezEt ployez sous le fardeau.Et\, moi\, je vous referai.(Math. XI. 28.)Par-dessus l’immense assemblée qui vient de nous chanter son bonheur\, c’est maintenant la voix de l’Agneau immolé qui s’élève : « Venez à moi … et je vous referai : je vous referai comme je les ai refaits\, ceux qui m’entourent dans la gloire ; et vous serez en pleine vie\, en pleine force\, en pleine baute\, en pleine jeunesse à jamais\, car\, par l’Eucharistie\, je vous infuserai ma vie de ressuscité et je mettrai devant vous de quoi tremper dans mon sang votre robe et de quoi payer la palme que vous porterez en me suivant dans la gloire\, éternellement. » \nLA MÉLODIE\nUne grande douceur aimable et qui se fait attirante\, pressante même\, sur la belle cadence de ad me enveloppe toute la première incise. La vocalise de laboratis s’élève alors baignée de paix\, légère\, aérienne\, comme un chant venant de très loin et de très haut. Elle n’exprime pas l’idée d’effort pénible incluse dans le mot\, c’est l’appel du venite ad me qui en elle se prolonge. L’expression de fatigue\, d’accablement sur onerati estis\, très marquée d’ailleurs\, par la retenue du quilisma\, la distropha et la répercussion. Il y passe en même temps une nuance délicate de tendresse compatissante. Reficiam reprend le motif de venite et la vocalise se développe dans la même bonté douce et enveloppante ramenant pour finir les cellules rythmiques centrales de laboratis.Veillez bien à faire de tout le venite ad me un seul mouvement très lié\, touchant à peine les ictus\, faisant les pressus très doux et très expressifs tout de même. Retenez bien ad me et faites-le attirant. Vous élargirez la montée de omnes mettant bien l’ictus sur la virga qui précède le porrectus et l’allongeant légèrement. La vocalise de laboratis sera très souple\, assez ample. Mettez bien en valeur son admirable construction en détaillant les cellules mélodiques et leurs répétitions.L’incise do-mi-ré-mi-fa-mi-ré-do-mi-ré-mi-fa-ré est faite d’une cellule répétée une fois. L’incise do-ré-do-la-sol-do-si-do-ré-do-la-sol-fa-sol-la-do-si-do-ré-do-la-sol-fa-sol a une cellule nouvelle\, quoique apparentée rythmiquement à la précédente\, répétée deux fois\, avec chaque fois un développement plus poussé. L’incise do-mi-ré-mi-fa-mi-ré-do-mi-ré-mi-fa-ré reprend la première incise. Il faudra\, il va de soi\, élargir la dernière incise. Le torculus de et sera bien arrondi et onerati aura tout le poids qu’exigent les neumes.Faites une légère reprise a tempo sur et ego ; que la vocalise finale\, comme celle de l’Alleluia\, soit très douce\, très liée avec la dernière cadence très élargie. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nLes âmes des justes sont dans la main de Dieu.Et il ne les touchera pas\, le tourment de la malice.Ils paraissent aux yeux des insensés être morts\,En fait\, ils sont dans la paix. (Sag. II. 2\, 3.)Après avoir entendu Saint Jean nous dévoiler\, à l’Epître\, quelque chose des splendeurs du ciel\, les élus chanter au Graduel les biens infinis dont ils jouissent\, le Christ dans l’Alleluia nous appeler à lui et chanter lui-même à l’Evangile le cantique des Béatitudes\, l’Eglise\, repliée sur cette vision du bonheur\, chante sa contemplation. « Les âmes des justes sont dans la main de Dieu… » L’image est délicieuse\, mais que ne dit-elle pas à qui en scrute les profondeurs ! Ils sont en Dieu…emportés\, avec le Christ\, dans le courant d’amour infini qui va du Père au Fils dans le Saint Esprit\, enveloppés de la présence\, perçue cette fois\, des Trois divines Personnes\, bercés dans leur amour qui les inonde de joie\, inclus dans leur mutuelle louange. Et à jamais heureux. La souffrance\, ce fruit du mal\, ne les touchera plus.Pour ceux qui ne savent pas voir\, pour ceux qui n’ont pas le sens des réalités : insipiéntium\, ils sont morts\, disparus de la scène. On les a vus partir avec peine\, ou avec indifférence\, ou avec joie\, ou avec haine. Ils ne sont plus… Erreur. C’est tout le contraire. Ils sont\, et ils sont plus que jamais. Ils vivent la plénitude de la vie\, dans la paix\, hors du trouble\, hors de l’inquiétude\, dans la lumière qui éclaire tout\, dans la possession du bien qui satisfait tout désir\, dans ce repos béatifiant que répand en eux l’ordre infini qu’ils contemplent dans la sagesse de Dieu…Illi autem sunt in pace. \nLA MÉLODIE\nElle est calquée et de très près sur l’Offertoire Stétit angélus de Saint Michel. L’expression d’ensemble est bien la même : une joie paisible avec ici et là des élans d’enthousiasme. Le sujet d’ailleurs est au fond le même : une contemplation plus descriptive là\, plus expressive ici\, de la liturgie de l’éternité\, dans la joie profonde de cette grande fête de famille qu’est la Toussaint.La première phrase est discrète\, toute intérieure. L’Eglise recueillie en la splendide vision des Saints en Dieu\, se complaît à chanter pour elle seule. C’est d’abord un balancement léger entre les notes longues de justorum\, puis une cadence aimable achve le mot et l’intonation. Aussitôt après\, la mélodie monte à la dominante enveloppant animae d’une ardeur encore retenue mais qu’on sent vibrante déjà. Elle ne fait toutefois que toucher le si b et revient à la tonique pour chanter\, dans une atmosphère de bonheur paisible\, le repos de tout le ciel en Dieu\, in manu Déi. Les deux mots sont admirables ; des broderies d’une finesse exquise s’enroulent autour des deux syllabes de manu puis la ferveur monte à nouveau et enveloppe Déi de vénération\, mais de force aussi\, donnant à cette cadence un accent de sécurité absolue.Ce caractère de force s’accentue dans la seconde phrase\, qui\, en fait\, continue la première. La joie en même temps s‘extériorise ; elle revêt une nuance de fierté\, de défi qui lui donne je ne sais quoi de triomphal ; notez l’élan superbe de et avec les deux notes allongées qui le scandent\, le balancement rythmé de la clivis et des podatus de non tanget\, le pressus de illos\, les salicus de torméntum ; il n’est pas jusqu’à la cadence de malitiae qui n’ait quelque chose de dominateur.Visi sunt oculis insipéntium n’est qu’un récitatif quelque peu orné au début. Il ne manque pas d’expression. L’auteur a-t-il voulu dans les neumes qui s’enroulent autour de visi sunt oculi et dans le grave insipiéntium mori évoquer la pensée sombre de la mort chez ceux qui n’ont pas d’espérance? Il semble bien. En tout cas\, il a réalisé entre cette phrase et la suivante\, qui chante la paix heureuse des élus\, un contraste qui est une merveille.Sur les intervalles hardis : do ré la do\, Illi autem jaillit comme un cri de joie débordante. Il s’épanouit un instant sur le pressus\, dans la sonorté claire de la syllabe accentuée puis se prolonge\, sur la teneur élevée du mode de fa\, dans une ardeur sans cesse renouvelée\, tout en mouvement\, libre\, souple\, agile avec les souffle de lavie\, comme les saints dans la lumière… joie de l’Eglise qui exalte les siens et chante son espérance. Par courbes successives\, la guirlande sonore descend\, se pose sur sol\, deux fois sur fa\, puis en une cadence toute de paix touche enfin la tonique.Alors monte\, large\, puissant et sonore le mot de la louange : Alleluia. L’Eglise acclame pour finir celui qui a si bien su refaire dans l’éternelle vie ceux qui sont venus à lui de la grande tribulation. (On aura intérêt à comparer cet Offertoire avec le Graduel et la Communion de la Messe de l’Octave des saints Apôtres Pierre et Paul\, le 6 Juillet – la Communion est aussi celle de la Vigile de la Toussaint. – Le texte est le même\, l’expression générale aussi. Des détails sont traités diversement\, mais toujours avec grand art. On notera en particulier dans la Communion\, la paix dont est enveloppé illi sunt in pace\, en contraste avec visi sunt qui cette fois semble bien évoquer l’ironie des sages pour les insensés\, à moins que ce ne soit l’ironie des insensés pour les sages.)Il faut chanter toute la première phrase très simplement\, je veux dire sans recherche d’effet ; dans un mouvement sans lenteur\, pas trop vite non plus ; paisiblement\, d’une voix à la fois légère et chaude. Un crescendo léger partira du salicus de animae vers la première note du torculus lequel sera arrondi avec grâce. In manu sera chanté d’un seul mouvement\, très lié\, les ictus faits seulement d’intention. Ar contre Déi sera très rythmé : la voix\, bien appuyée sur la virga pointée puis\, plus fortement sur la note allongée du salicus\, ira en crescendo vers la virga du sommet qui sera bien rond\, et la détente se fera quelque peu élargie et gracieuse.Le rythme sera aussi très marqué dans la seconde phrase – à note que la première note du podatus de et est allongée. Posez bien la première note des podatus de tanget. Il y a dans toute cette phrase un caractère de grandeur\, de noblesse\, de force qui doit être mis en relief.  La cinquième note de mén dans torméntum doit être allongée comme la seconde\, mais sans être heurtée\, ce qui enlèverait à la sérénité de cette cadence qui reproduit si heureusement\, en la développant\, celle de Déi. Articulez bien malitiæ.Ne donnez pas une couleur sombre à la troisième phrase. Chantez-la simplement en retenant seulement quelque peu insipiéntium et en articulant assez fortement mori.Le mouvement Illi autem sera a tempo\, rien de plus. Liez bien l’intervalle de quinte qui monte au la\, appuyez-y votre crescendo qui s’épanouira sur le pressus\, souple et chaud\, remontera en s’appuyant cette fois sur le salicus\, se détendra à nouveau\, par-dessus le quart de barre\, sur le fa pointé après avoir enveloppé d’une légère reprise d’intensité la montée au do\, repartira enfin vers le sommet pour revenir au fa et s’éteindre avec le mouvement sur la belle cadence de sunt in pace.L’Alleluia sera scandé\, sonore\, large aussi : un crescendo partant du second podatus do-ré ira\, passant le quart de barre\, jusqu’au la et se détendra retenu\, mais toujours sonore\, jusqu’au dernier neume. L’accent tonique et la dernière syllabe seront nettement articulés. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nBienheureux les cœurs purs\,Car ils verront Dieu. Bienheureux les pacifiques\,Car\, fils de Dieu ils seront appelés. Bienheureux ceux qui souffrent pour la justiceCar\, à eux\, est le Royaume des Cieux.(Math. V. 8. 10.)Trois des béatitudes ; les trois dernières.L’Eglise les chante\, à la fin de la messe\, comme une dernière louange aux Bienheureux. Ils ont pratiqué la pureté de cœur\, ils ont aimé la paix et l’ont faite en eux et autour d’eux\, ils ont passé à travers la persécution sans faiblir. A cause de cela\, ils ont la limpidité du regard qui leur permet de voir Dieu ; devenus un avec le Christ\, Prince de la paix\, ils jouissent en lui de l’ineffable paternité de Dieu ; en lui\, enfin\, pour qui ils ont souffert et sont morts\, ils ont le royaume qui n’appartient qu’à ceux qui l’ont conquis sur la Croix et par la Croix.Aucune de ces trois béatitudes ne se rapporte directement à la Communion. Il reste tout de même que c’est la communion au corps du Christ\, qui a fait les saints purs\, pacifiques et forts\, de sorte que l’Eglise\, en les louant\, fait monter jusqu’à Dieu sa gratitude et loue\, en même temps\, ceux qui\, à cet instant même\, puisent dans l’Eucharistie la force d’être déjà quelque peu\, un jour en plénitude\, Bienheureux\, pour avoir pratiqué la béatitude des purs\, des forts et des pacifiques. \nLA MÉLODIE\nQuatre phrases qui riment entre elles par leurs cadences finales établies successivement en fa\, en fa et en ré.La première s’élève d’abord tout simple et joyeuse\, dans la sonorité claire des notes élevées puis\, peu à peu\, prend de la gravité avec la mélodie qui s’infléchit\, et s’achève sur le motif de la rime\, toute recueillie\, dans le mystère de la vision béatifique.La seconde débute dans le grave. La mélodie\, toute intérieure au commencement\, devient de plus en plus ardente. Notez le pressus de pacifici et le filii Déi. Elle s’achève\, elle aussi\, sur la rime mais en fa dans la tonalité claire du VIème mode… La joie monte.Elle éclate\, cette joie\, dans le splendide élan de Beati au début de la troisième phrase. C’est comme un immense cri d’enthousiasme\, qui s’élève de l’Eglise vers le cortège de ceux qui\, dans leur robe blanche\, suivent l’Agneau\, palme en main… « Ceux qui ont passé par la grande tribulation et qui ont trempé leur robe dans le sang de l’Agneau. » La mélodie se détend ensuite en un rythme qui descend\, cadencé comme une marche de procession\, mais pour s’élancer à nouveau tout de suite sur la dernière syllabe de patiuntur. Ce n’est plus l’enthousiasme\, il s’est mué peu à peu en admiration. L’idée de la souffrance avec la cadence sur si bécarre y met une nuance de compassion\, puis le mouvement redescend vers la rime en fa. Enfin dans un rythme grave\, solennel\, empreint du mystère de la rime en ré\, l’Eglise chante le royaume des cieux et tout le bien qu’y ont trouvé ceux qui ont donné leur vie pour le Roi.Le mouvement sera léger\, assez vif\, plein d’élan.Le rythme binaire de l’intonation bien marqué\, sans heurt toutefois. La descente liée\, l’accent tonique de Déum bien lancé et expressif. Elargissez la virga du sommet de vidébunt.La deuxième phrase\, très rythmée\, un bon crescendo ira vers le pressus de pacifici ; un autre\, plus ample\, et chaud\, enveloppera filii Déi qui sera légèrement élargi.Très ample\, la montée de Beati au début de la troisième phrase ; la thésis bien rythmée. La cadence de patiuntur délicate\, et expressive ; y relier de très près l’incise qui suit.Ne pas faire le mouvement de la dernière phrase trop lent\, mais paisible. Régnum cælorum très expressif. \n\nCantiques et polyphonies pour la Toussaint\nHymne Placare Christe servulis
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SUMMARY:Fête du Christ-Roi
DESCRIPTION:La fête du Christ-Roi est solennisé le dernier dimanche du moi d’octobre. \n\nCantiques et polyphonies pour la Christ-Roi\nHymne Te saeculorum Principem
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SUMMARY:Notre-Dame du Rosaire
DESCRIPTION:En France la fête est solemnisée le dimanche 1 octobre 2023 \nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLe 7 Octobre 1571\, les armées chrétiennes remportèrent\, contre la flotte turque\, à Lépante\, une victoire décisive. Elle fut attribuée à l’intercession de Notre-Dame que le Pape avait invoquée\, rosaire en main. Deux ans plus tard\, Grégoire XIII institua\, le premier Dimanche d’Octobre\, une fête d’action de grâce qui  devait être célébrée dans les églises dotées d’un autel de la Bienheureuse Vierge du Rosaire. Cette fête devient vite très populaire. Léon XIII s’éleva au rite double de IIe classe pour l’Eglise universelle. Pie X la fixa à la date même de la victoire de Lépante.L’office est\, en fait\, la commémoration des quinze mystères où sont résumées les joies\, les douleurs et les gloires de Notre-Dame. C’est ainsi que les antiennes des Ires  Vêpres\, des Laudes et des IIes Vêpres se les partagent. A la messe\, il n’y est pas fait d’allusion séparée. C’est la gloire dont Notre-Dame jouit à jamais qui est célébrée. Ils s’y trouvent d’ailleurs tous ramenés comme à leur fin. \nINTROÏT\nGaudeámus de Sainte Anne. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nA cause de ta vérité\, de ta douceur\, de ta justice…Et elle te conduira merveilleusement\, ta main.Verset. – Ecoute\, ma fille\, et vois\, et prête l’oreille car il a désiré\, le Roi\, ta beauté. Ps. XLIV. 5 \, 11\, 12.La première phrase\, n’ayant pas de verbe\, n’a\, par elle-même\, aucun sens précis\, mais celui qu’elle reçoit du contexte liturgique est clair. Empruntant les paroles de la Sagesse\, si bien faites pour elle\, Notre-Dame vient de chanter à l’Epître le poème splendide de sa destinée enfin établie. « J’ai cherché partout le repos et voilà que dans l’héritage du Seigneur je vais demeurer… Il m’a dit\, celui qui m’a créée et qui a reposé dans mon sein : Prends ton  héritage au milieu des élus…étends tes racines…Comme un Cèdre je me suis élevée…comme un cyprès…comme un palmier\, comme les rosiers de Jéricho. Comme le cinnamome et le baume j’ai exhalé mes parfums… » La suivant des yeux dans cette montée de sphère céleste en sphère céleste\, l’Eglise émerveillée laisse alors aller vers elle\, comme en une exclamation de joie\, les mots qui dans le psaume chantent la beauté du Roi…  « Tout cela à cause de ta fidélité\, de ta bonté\, de ta sainteté…Elle te conduit merveilleusement ta main… » \nLA MÉLODIE\n(V)    Própter veritátem et mansuetúdinem et justítiam         Et dedúcet te mirabíliter déxtera túa.Un chant de contemplation paisible qui s’exalte en admiration vers déxtera túa où il s’épanouit juste avant de s’achever.Le première incise est très recueillie : un récitatif presque immobile sur le fa avec quelques broderies à la tierce et des notes allongées qui lui donnent un rythme solennelle et le font grave\, humble\, profond. Parole intérieure qui n’est que pour l’âme\, et pour Notre-Dame qui entend désormais le silence de la pensée.Sur Justítiam\, le mot qui dit la sainteté\, la mélodie s’élève\, prend de l’ampleur\, s’anime même quelque peu\, mais sans que la sérénité en soit troublée ; la quinte n’est pas atteinte et le si b retient l’élan. Ce n’est qu’un exaltation d’amour dans la contemplation.Cette exaltation se poursuit et s’accentue tout au long de la seconde phrase\, à mesure que sont évoquées les merveilles de l’éternité. La mélodie s’est dégagée\, elle a retrouvé\, avec plus d’élan\, la simplicité du début. Elle se meut autour de la dominante en des ondulations légères et gracieuses qui la conduisent vers déxtera túa où elle s’épanouit en une formule splendide d’admiration enthousiaste\, de vénération et de tendresse.Le Verset. – Audí fília et víde et inclina áurem túam quía concupívit rex spéciem túam.Joie nouvelle. Dans le jeu liturgique\, cette mélodie reviendrait bien\, plutôt qu’à l’Eglise entière\, à ceux du ciel seulement : aux Divines Personnes\, au Christ\, aux Anges\, aux élus\, chantant à Notre-Dame\, à mesure qu’elle monte\, l’invitation à la Béatitude.La joie dont elle déborde se pénètre sur Fília de vénération tendre pour la Fille par excellence du Père. Des ondulations vont et viennent de la dominante à la tonique en des balancements qui s’éclairent\, au sommet\, de broderies légères élargies en accents de ferveur par les épisèmes. Le mouvement se pose un instant sur la tristropha de la tonique mais c’est pour un élan nouveau. Il s’anime en effet\, va toucher le mi et enveloppe et víde d’une ardeur qui\, par delà inclína\, retrouve sur áurem túam\, pour s’épanouir\, la formule des grandes exaltations : celle du Père saluant son Fils dans le Graduel de la Messe de Minuit \, celle qui chante le nom glorieux du Christ dans le Chrístus fáctus est\, celle de l’Hæc díes. Sommet éclatant de cette phrase splendide qui depuis les premières notes monte en un crescendo de ferveur ininterrompu.La grâce paisible du début revient pour finir. Des intervalles harmonieux ramènent la mélodie à la tonique et elle est\, à nouveau\, toute contemplative ; entourant de vénération l’amour du Roi et le mystère d’éternelle prédilection pour l’épouse qui vient à lui dans la splendeur de sa virginale beauté.La première phrase demande un mouvement large\, paisible\, des voix douces\, quelque peu éteintes. On donnera un peu plus de vie\, une pression un peu plus forte à justítiam et on en rythmera bien la cadence. Dans le même mouvement\, un peu plus animé\, on ira en léger crescendo vers déxtera túa. Les premières notes de déxtera\, trois virgas épisématiques\, seront bien posées\, appuyées avec expression et lancées à la fois dans l’élan de l’accent tonique. On s’élèvera alors balancé\, soulevé\, jusqu’au torculus du sommet qui sera très arrondi et on se laissera descendre doucement sur le beau rythme large et souple du pressus\, de la tristropha et du torculus final.Le verset sera plus léger\, vif\, joyeux\, mais très régulier. Quelques voix douces et claires et ce sera assez. Elles toucheront à peine les ictus et balanceront\, sans se presser\, en s’y complaisant même\, les rythmes admirables de fília. La clivis et la tristropha sur fa seront très douces et très souples ; on notera que l’ictus est sur la note qui précède ma clivis. La cadence de fília sera quelque peu élargie\, mais on veillera à ce que le mouvement et la progression du crescendo passent sur et víde qui sera très chanté ; c’est un très beau motif et qui exprime ici tant de choses indicibles !La chaleur dont aura pénétré cette fin de phrase passera\, renforcée par l’élan de l’intonation\, sur inclína\, qui sera brillant et gracieux à la fois\, et elle ira donner à la cadence de áurem túam l’accent de triomphe enthousiaste qui convient.Retenez quelque peu le mouvement sur toute la dernière phrase. Liez avec grand soin les intervalles et complaisez-vous sur les neumes qui s’étirent\, larges et doux. \nALLELÚIA\nLE TEXTE\nC’est la solennité de la glorieuse Vierge Marie\, de la race d’Abraham\, issue de la tribu de Juda\, de la noble lignée de David.Les mêmes mots – à part solémnitas qui remplace ici natívitas – forment la première antienne des vêpres de la Nativité de Notre-Dame le 8 Septembre. Il faut l’entendre comme une sorte de prélude à l’Evangile qui va commémorer\, dans le récit de l’Annonciation\, la gloire la plus haute de Notre-Dame : sa maternité Divine. \nLA MÉLODIE\nCelle de la fête du Saint-Sacrement\, de la Transfiguration\, de Saint Laurent. Elle est joyeuse\, mais\, nous l’avons vu dans l’Allelúia Cáro méa\, ses très belles formules qui planent très haut dans l’atmosphère recueillie du Ier mode\, se prêtent aussi fort bien à la contemplation. C’est encore le cas ici. Elles ont été amenées\, très heureusement\, sur les titres glorieux de Notre-Dame et\, sur ces neumes\, qui offrent à la voix des modulations très agréables et très expressives\, l’âme peut chanter\, à loisir\, la Vierge et la gloire qui l’enveloppe\, montant de tous les mystères de sa race\, de sa vie\, et de son éternité.Pour les conseils d’exécution : Allelúia de la fête du Saint-Sacrement. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nEn moi la grâce de toute voie et de toute vérité.En moi tout l’espoir de la vie et de la force.Comme le rosier\, planté sur le bord des eaux\, j’ai porté mon fruit. Eccli. XXIV 25 – XXXIV 17.Notre-Dame s’applique à elle-même ces paroles de la Sagesse. Elle en a bien le droit et\, après l’Evangile qui vient d’être chanté\, elle le fait vraiment à propos. Pleine de grâce\, elle a été\, par prédestination\, associée au Verbe\, Sagesse du Père. C’est d’elle qu’il prend chair\, en elle qu’il vit d’abord. Avec lui\, elle a sauvé le monde et\, avec lui\, elle répand sur les hommes la grâce rédemptrice. Plantée sur le bord des eaux vives qui sortent de Dieu\, elle a vraiment donné son fruit : le Christ Jésus ; et elle continue à lui donner sa taille définitive\, en contribuant à lui incorporer ses membres\, les uns après les autres. C’est ce fruit qu’elle nous invite à goûter\, et dans lequel nous trouverons la voie\, la vérité et la vie. \nLA MÉLODIE\nC’est celle de l’offertoire Diffúsa est de la messe Me expectavérunt  du commun des Saintes Femmes\, et aussi de la Purification de Notre-Dame \, l’incise finale exceptée\, qui\, elle\, est empruntée à la fin de l’Offertoire Bónum est du Dimanche de la Septuagésime.L’adaptation est excellente car\, ici et là\, c’est le même chant d’amour extasié. En effet\, ce que Notre-Dame chante ici dans les deux premières phrases\, ce n’est pas tant elle-même\, que la  sagesse éternelle ; après l’Evangile on peut préciser encore plus : c’est le Christ\, son fils\, qu’elle porte en elle : In me. Elle le contemple\, ravie\, après le  départ de l’ange\, et c’est la joie de sa contemplation qu’elle livre dans cette mélodie presque immobile sur la dominante\, fixe comme la pensée sur l’objet qui la fascine\, planant au-dessus de la matière\, du temps\, du mouvement ; mais si vivante ! En effet sous cette immobilité d’extase\, vibre une ardeur qu’on sent partout latente ; elle monte sur grátia après avoir mis  sur le pressus  de me un accent d’indicible bonheur\, elle anime\, comme d’un souffle délicat\, les ondulations si fines des tristrophas et des distrophas répercutées de la seconde phrase et c’est encore elle qui fait l’envol gracieux de virtútis.La troisième phrase demeure dans la même atmosphère. Aussi bien la contemplation est la même ; Notre-Dame en se chante ici que dans le fruit béni qu’elle a produit. Elle laisse sa paix heureuse s’épanouir sur rosa\, le mot du jour\, en un motif splendide et la berce\, pour finir\, sur les beaux rythmes de fructificávi après avoir évoqué  avec tendresse sur rívos aquárum la miséricorde infinie du Seigneur qui l’a plantée en une terre si féconde.Il n’y a rien à ajouter à ce qui a été conseillé pour l’Offertoire du 2 Février. La troisième phrase\, qui est propre à l’Offertoire d’aujourd’hui\, est tellement dans le style des autres que les mêmes conseils valent pour elle. On veillera seulement à envelopper fructificávi dans un legato serré\, donnant une certaine durée aux la de la syllabe ca\, tout en les soulevant bien. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nFleurissez\, fleurs\, comme le lis\, et exhalez des parfums\, et poussez des tiges gracieuses. Chantez un cantique et bénissez le Seigneur. Eccli. XXXIX\, 19.Cette invitation de la Sagesse à développer notre activité surnaturelle pour produire le fruit que Dieu attend de nous prend un sens précis dans le cadre liturgique. La fleur qu’il faut fleurir c’est le rosaire. De ces guirlandes d’Ave\, qui s’enroulent en frondaisons\, monte le parfum d’amour que le Seigneur accepte ; et le cantique\, c’est le Glória qui bénit le Père\, le Fils et le Saint-Esprit. \nLA MÉLODIE\nL’original est la Communion Confundántur supérbi de la messe Loquébar du commun d’une vierge martyre. L’intonation avec ses rythmes binaires qui s’épanouissent sur la belle cadence de flóres est gracieuse ; de même la retombée sur odórem. Sur et frondéte\, commence un crescendo qui monte discret d’abord puis\, après la grande barre\, ardent sur collaudáte. C’est l’invitation à la louange. Elle est pressante sur la double note et le pressus. Elle se détend ensuite avec beaucoup de grâce sur cánticum. La détente prend toute l’incise suivante\, donnant à la mélodie dans le grave une très belle nuance de recueillement.Balancez les rythmes de l’intonation. Après le retard discret de flóres\, repartez a tempo\, dans un mouvement léger. Retenez quelque peu odórem. Crescendo discret sur grátiam et\, par delà la grande barre\, sur collaudáte ; la double note est une bivirga épisématique. Rattachez benedícite à cánticum. La cadence finale\, très balancée et élargie.Cantiques et polyphonies en l’honneur de la Vierge Marie \n\nPolyphonies
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SUMMARY:La Dédicace de Saint Michel Archange
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nIl est question de Saint Michel trois fois dans l’Ecriture. Au livre de Daniel (X\, 13 et XII\, 1) où on le voit aider à la délivrance des Juifs. Dans l’Epître de Saint Jude (Liber Sacramentorum VII. 185) où il est rapporté qu’il se disputa avec Satan au sujet du corps de Moïse. Dans l’Apocalypse (XII\, 7) où Saint Jean nous rapporte la vision qu’il eut de l’Archange et de ses anges combattant le dragon. De ses interventions on a déduit que\, dans la lutte engagée par Satan contre Dieu\, depuis le commencement\, c’est lui qui mène le combat à la tête de la milice  céleste. Combat de tous les instants partout dans le monde. C’est pourquoi Saint Michel a toujours été regardé comme le protecteur du peuple de Dieu\, de l’Eglise\, de chacun de nous ; et particulièrement à l’heure de la mort où la lutte est plus serrée. «  C’est à lui que Dieu a confié les âmes pour qu’il les conduise au joyeux paradis » chante l’Eglise au deuxième Répons du deuxième nocturne  et\, à la troisième antienne des Laudes: «Archange Michel\, je t’ai établi prince sur toutes les âmes à recevoir». \nLe culte du Saint Archange date des tous premiers siècles. A Rome\, une Basilique lui fut dédiée dont la dédicace selon le cardinal Schuster était déjà fêtée\, le 29 ou le 30 septembre au temps de Saint Léon Le Grand (Liber Sacramentorum. VII. 185). C’est cette dédicace que nous célébrons encore à cette même date. \nLa messe qui fut composée à cette occasion est devenue celle du XVIIIe Dimanche après la Pentecôte. Celle qui l’a remplacée\, et que nous chantons aujourd’hui\, ne contient aucune allusion ni à une dédicace\, ce qui peut s’expliquer\, ni à Saint Michel\, ce qui est d’autant plus curieux que les textes qui pouvaient servir à louer le Saint Archange ne manquent pas dans l’Ecriture\, nous l’avons vu ; on les trouve d’ailleurs au cours de l’office. Seul l’Allelúia\, qui est récent\, y fait une allusion directe. Tous les autres chants célèbrent les Saints Anges. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nBénissez le Seigneur\, tous ses anges puissants en force\, qui réalisez sa parole pour obéir à sa voix.Ps. – Bénis\, mon âme\, le Seigneur. Et que tout ce qui est en moi loue son saint nom. Ps. CII. 20. 1. \nBénir quelqu’un\, c’est dire du bien de lui : béne dícere\, c’est le louer. Ainsi c’est une invitation à louer Dieu que l’Eglise\, ici\, adresse à Saint Michel et aux Anges. Invitation superflue\, il va de soi ; on ne fait pas autre chose au ciel. Mais l’Eglise a tellement conscience de ce qui fait défaut à sa propre louange qu’elle se plaît à demander aux esprits célestes ce qu’elle ne peut donner. Elle se joint d’ailleurs à eux dans le Psaume et les deux louanges\, celle de la terre et celle du ciel\, n’en font plus qu’une dans l’Eglise qui chante. \nLA MÉLODIE\nIl semble qu’on pourrait fort bien la voir comme deux versets de Psaume ornés. Le premier aurait son intonation sur Benedícite\, sa cadence de médiante sur Angeli éjus et sa cadence finale sur vérbum éjus. Le second\, son intonation sur le torculus de ad audiéndam\, sa cadence de médiante sur les distrophas et sa cadence finale sur sermónum éjus. Il y a en effet\, surtout dans la première phrase\, entre les cadences une teneur sur la dominante qui se poursuit comme la teneur d’un Psaume.Cette forme très simple ne nuit d’ailleurs en rien à l’expression car intonations et cadences sont parfaitement adaptées aux mots. Un bel élan joyeux\, très invitant\, monte sur Benedícite va s’en va jusqu’à Angeli où il s’épanouit en admiration et en vénération sur la distropha\, la répercussion et la cadence de éjus si délicate Virtúte et vérbum bien en évidence sur la dominante sont revêtus d’autorité forte. \nAprès le bel élan de ad audiéndam\, la seconde phrase est plutôt thétique\, comme une sorte de contemplation sur la soumission toute d’amour des Anges aux ordres de Dieu.Il ne faut chanter ni fort ni vite\, mais éviter de traîner. Les voix planeront légères et très souples. Un accent bien lancé sur Benedícite donnera le branle jusqu’à celui de Angeli qui le reprendra. La distropha sera soulevée\, de même la clivis allongée\, et toute la cadence qui sera discrètement retenue. Donnez du poids à la double note de virtúte\, une bivirga épisématique. Enchaînez qui à virtúte. La double note de vérbum est aussi une bivirga épisématique\, appuyez-la mais doucement. Etablissez la cadence sur éjus très nette et donnez-lui de la sonorité. \nDépart a tempo sur ad audiéndam\, le torculus élargi\, les deux distrophas douces et soulevées. Que vócem ne forme qu’un seul mouvement avec sermónum éjus. La cadence finale\, délicatement retenue et bien rythmée. \nUn a tempo plein d’ardeur sur le Psaume. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nLe texte est le même que celui de l’Introït. \nLA MÉLODIE\n(III) Benedícite Dóminum ómnes Angeli éjus Poténtes virtúte qui fácitis vérbum éjus. \nC’est encore l’invitation à la louange mais l’âme n’est plus dans la même attitude. A-t-elle été frappée dans l’Epître par ces premiers mots de l’Apocalypse : « Heureux celui qui entend les paroles de cette prophétie et qui garde les choses qui y sont inscrites car le temps est proche » et par l’image des sept esprits qui se tiennent devant le trône de Dieu\, prêts à porter au monde et aux âmes ses messages ? Toujours est-il que la mélodie a quelque chose de recueilli\, de grave. Ce n’est pas de la tristesse\, ni de la crainte\, mais comme une vénération\, une révérence humble et douce pour les esprits célestes\, à qui elle s’adresse\, et pour le Seigneur qu’ils sont invités à bénir. \nL’intonation est si réservée\, si intérieure qu’elle semble comme un souffle qui s’élève du silence de la contemplation dans laquelle les paroles mystérieuses de l’Epitre ont plongé l’âme. Elle s’étale\, paisible et douce sur les  tristrophas et les clivis allongées de Benedícite\, se mouvant à peine vers Dóminum où elle trouve enfin\, dans cet admirable motif\, exclusivement réservé au Seigneur\, la nuance de tendresse qui\, sans la sortir de son recueillement\, l’anime et l’éclaire comme d’un sourire discret et profond. La joie la prend là et la soulève de son souffle léger sur Angeli. C’est alors\, sur éjus\, l’épanouissement d’une louange admirable\, louange qui plane d’abord\, puis s’envole\, d’un mouvement large et rythmé\, où passe tout le bonheur de l’amour heureux. \nIl y a peut-être moins d’exaltation dans la seconde phrase. C’est putôt une impression d’autorité\, de force qui se dégage de l’ensemble ; notez les notes longues de virtúte qui sont des virgas épisématiques\, le pressus\, la virga allongée et le salicus de fácitis et un salicus encore\, sur éjus. Ce n’est que sur la vocalise finale que revient la joie pure\, tempérée cette fois\, d’une nuance de vénération et de tendresse.Le Verset. – Bénedic anima méa Dóminum Et ómnia interióra méa nómen sánctum éjus.Même atmosphère. \nBénedic est grave comme Benedícite\, mais la joie s’en dégage vite. Elle monte sur ánima méa et\, reprenant tout de suite\, la formule épanouie de ángeli éjus\, dans la première partie\, s’envole vers les hauteurs. Elle ne les quitte plus. Comme dans les jubilus des Allelúia\, l’âme ne fait plus que chanter et elle chante éperdument. Un motif de quelques notes qu’elle répète sur interióra\, un autre sur nómen et c’est toute sa joie qui passe à travers ces quelques notes et les fait vivantes de sa vie. \nPour finir\, éjus comme dans la première partie est baigné de vénération tendre.Ce qu’il faut ici\, à tout prix c’est de la légèreté et de la souplesse. Des voix douces\, bien posées et toujours prêtes aux nuances qui sans cesse vont s’offrir. \nCommencez doucement\, ondulez légèrement sur les tristrophas et les virgas allongées de Benedícite\, et enchaînez Dóminum dans la même douceur. Le crescendo vers le sommet sera très discret. Omnes ne sera pas attaqué brusquement ; l’intensité se fera progressive vers les distrophas de éjus et\, par delà\, vers les sommets de la vocalise. Le mouvement aussi aura pris de la vie\, mais il demeurera très léger. Ne retenez pas trop la cadence et repartez sans retard sur poténtes. Le crescendo sera très ferme sur virtúte\, les deux notes avant la clivis allongée sont des bivirgas épisématiques. Pas de ralenti\, ou si peu\, sur la cadence de virtúte qui se reliera à qui. Balancez le pressus et la clivis de fácitis et allez\, d’un seul mouvement\, vers le salicus\, puis vers celui de éjus. Ondulez les longues tenues de la cadence finale qui sera très retenue. \nLe verset\, très léger\, retenu sur Bénedic. Les vocalises sur les notes élevées\, très souples. La double note de ómnia est une bivirga épisématique. Faites les épisèmes horizontaux de interióra très soulevés – ils ne sont pas ictiques – et détaillez bien le rythme si délicat des broderies. Faites très joyeux\, enthousiaste même\, le grand élan au mi  de nómen. La cadence\, très retenue. \nALLELÚIA\nLE TEXTE\nSaint Michel Archange\, défendez-nous dans la lutte\, afin que nous ne périssions pas dans le terrible jugement. \nPrière très simple\, que chacun comprend et fait sienne avec ferveur. \nLA MÉLODIE\nElle est déjà chantée pour la Commémoraison de Saint Paul\, le 30 Juin ; là aussi\, sur des paroles déprécatives. \nLa première incise n’est que vénération aimable. C’est une courbe extrêmement gracieuse\, mais la prière n’y est pas encore. On ne la sent monter que sur praélio\, avec peut-être une touche d’angoisse qui passerait sur ut non\, dans la phrase suivante\, et deviendrait supplication ardente sur le motif si expressif de pereámus. On la retrouve dans le jubilus qui ne fait d’ailleurs que reprendre et développer la vocalise de praélio.Chantez dans un mouvement ample. Balancez les temps composés binaires de Sáncte Míchael et gardez une bonne et belle sonorité pour les notes graves. Liez avec soin l’intervalle de Míchael à Archángele. Un crescendo sur praélio; la cadence bien étalée. Elargissez le podatus de ut au début de la seconde phrase et retenez en dégradé la thésis de pereámus. Dans le jubilus\, faites un crescendo ininterrompu jusqu’au ré et étalez la cadence. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nIl se tint un ange\, près de l’autel du temple\, ayant un encensoir d’or à la main. Et il lui fut donné beaucoup d’encens. Et elle monta\, la fumée des parfums\, devant la face de Dieu\, Allelúia. Apoc. VIII\, 3. \nSaint Jean décrit\, dans ces quelques lignes\, une partie de la fonction liturgique qu’il vit se dérouler au ciel\, lorsque l’Agneau immolé vint briser le septième sceau du livre mystérieux. \nEt quand il ouvrit le septième sceau\,Advint silence dans le ciel comme d’une demi-heure.Et je vis les sept anges\,Ceux qui se tenaient devant DieuEt leur furent données sept trompettes\,Et un autre ange vintEt il se tint sur l’autel ayant un encensoir d’orEt lui furent donnés des parfums nombreuxPour qu’il offritPar les prières de tous les saintsSur l’autel d’or qui est devant le trône.Et s’éleva la fumée des parfumsPar les prières des saintsDe la main de l’ange devant Dieu.(traduction H. M. Feret. O.P. L’Apocalypse de Saint Jean\, vision chrétienne de l’histoire) \nC’est toute l’histoire de l’Eglise\, « cette dernière période du pèlerinage de l’humanité sur la terre »\, et non pas seulement les tout derniers événements qui précèderont la fin du monde…Ces visions\, rapportées par Saint Jean\, dans un langage imagé\, symbolique\, sont donc des réalités  qui durent. Ce qui est décrit\, en fait\, dans cette scène grandiose\, c’est l’arrivée devant Dieu des prières offertes par les saints qui sont encore sur la terre\, et\, très particulièrement\, l’offrande du sacrifice de la messe\, au moment de l’offertoire. Le prêtre en effet bénit alors l’encens en disant : « Par l’intercession du Bienheureux Archange Michel\, qui se tient\, debout\, à la droite de l’autel des parfums\, et de tous ses élus\, daigne le Seigneur bénir cet encens et le recevoir en odeur de suavité ». Puis\, il encense l’autel\, et\, pendant que la fumée odorante monte\, il en interprète le symbole : «que ma prière monte comme les fumées de l’encens… ». Et elle monte en effet\, et\, avec elle\, celles de tous les fidèles. Là-haut\, par l’ange à l’encensoir d’or\, ces prières sont portées devant Dieu et reçues en odeur de suavité. \nL’Offertoire Stétit Angelus ne fait pas autre chose que décrire cette liturgie du ciel\, en quoi se prolonge et s’achève la liturgie de la terre. Il est comme une sorte de chœur céleste qui vient faire le lien entre les deux en chantant\, par-delà ce qui se voit\, ce qui ne se voit pas.Cette évocation de l’unique et totale liturgie\, au moment même où elle se réalise ici et là-haut\, revêt une incomparable grandeur. \nLA MÉLODIE\nL’intonation est grave\, solennelle\, majestueuse même ; mais\, en même temps\, quelle admirable expression de bonheur\, de douce sérénité\, de paix ! Trois notes longues bien posées\, répercutées même\, si l’on veut\, car ce sont des virgas épisématiques\, mais soulevées déjà par le mouvement\, vont\, à travers une broderie inférieure légère\, vers la double note\, elle-même empotée\, par une broderie supérieure cette fois\, vers le torculus de la cadence. Rien de lourd; tout plane\, comme au-dessus de la matière. Angelus s’élève à peine et les neumes de áram témpli se déroulent\, serrés les uns contre les autres\, en un mouvement thétique qui se prolonge\, dans la même paix heureuse\, jusqu’à la cadence de témpli où s’esquisse un des leit-motivs. \nL’expression de la seconde phrase est autre. La noble grandeur\, esquissée dans la première\, domine ici. Elle est très nette dans la montée de hábens. Le salicus et la clivis allongée lui donnent un rythme large et solennel qui  devient celui de toute la phrase ; notez les deux podatus qui scandent la montée de thuríbulum – leur première note devrait être allongée – et les deux salicus de aúreum\, enfin la cadence\, grave\, mystérieuse de in mánu súa. \nLe même mystère enveloppe toute la phrase suivante\, qui a d’ailleurs la même structure  que la fin de la précédente ; éi est la réduction de aúreum\, et incénsa múlta reproduit in mánu súa. \nAlors\, symbolisant les volutes parfumées qui montent\, et\, plus encore\, la joie des fidèles qui s’offrent et du Seigneur qui les reçoit en odeur de suavité\, commence cette merveille de l’ascéndit fúmus arómatum. Il n’y a pas là de sentiment nouveau ; ce n’est que la joie\, jusque là contenue\, qui s’exalte. Mais quelle splendeur\, dans ces élans vers le sommet\, répétés quatre fois et reliés entre eux par des broderies fluides ! Tout cela s’envole\, comme la fumée à peine posée sur l’air plus lourd. Cette vocalise splendide se détend\, sur fúmus arómatum\, par le motif de aúreum repris deux fois et la phras s’achève\, par la formule mystérieuse des deux précédentes. L’Allelúia conclut admirablement. Il est puissant ; c’est comme la clameur des deux liturgies\, celle d’en bas et celle d’en haut\, qui monte vers le Seigneur dans l’amour\, la reconnaissance\, l’admiration\, l’enthousiasme…et la paix.Il faut chanter toute la première phrase très simplement\, je veux dire sans recherche d’effet ; dans un mouvement sans lenteur\, pas trop vite non plus ; paisiblement\, d’une voix à la fois légère et chaude. Un crescendo léger partira du salicus de ángelus vers la première note du torculus lequel sera arrondi avec grâce. Júxta áram sera chanté d’un seul mouvement\, très lié\, les ictus faits seulement d’intention. Par contre\, Témpli sera très rythmé ; la voix bien appuyée sur la virga ointe puis\, plus fortement\, sur la note allongée du salicus\, ira en crescendo vers la virga du sommet qui sera arrondi\, et la détente se fera quelque peu élargie et gracieuse. \nLe rythme sera aussi très marqué encore dans la seconde phrase – à noter que la première note du podatus de et est allongée. Posez bien la première note des podatus de thuríbulum. Il y a dans toute cette phrase un caractère de grandeur\, de noblesse qui doit être en relief. La cinquième note de aúreum doit être allongée comme la seconde\, mais sans être heurtée\, ce qui enlèverait la sérénité de cette cadence qui  reproduit si heureusement\, en la développant\, celle de témpli. Articulez bien l’accentuation de súa.Ne donnez pas à et ascéndit un mouvement tellement rapide qui briserait l’unité de la mélodie. Il y a un a tempo bien marqué\, rien de plus. Montez au la en liant bien l’intervalle de quinte\, appuyez-y votre crescendo qui s’épanouira souple et chaud\, sur le pressus\, remontera\, en s’appuyant cette fois sur le salicus\, se détendra à nouveau par-dessus le quart de barre sur le fa pointé après avoir enveloppé d’une légère reprise d’intensité la montée au do\, repartira enfin vers le sommet pour revenir au fa et s’éteindre avec le mouvement sur la belle cadence de fúmus arómatum. \nL’Allelúia sera scandé\, sonore\, large aussi ; un crescendo partant du second podatus do ré ira\, passant le quart de barre\, jusqu’au la et se détendra\, retenu\, mais toujours sonore\, jusqu’au dernier neume. L’accent tonique et la dernière syllabe seront nettement articulés. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nBénissez\, tous les anges du Seigneur\, le Seigneur\,Dites un hymne et superexaltez-le dans les siècles. Dan. III. 5. 8. \nC’est un verset du cantique que chantaient les trois jeunes gens dans la fournaise\, debout au milieu des flammes qui s’écartaient.Il vient bien au moment de la communion. Remplie de Dieu\, établie dans la paix\, dans l’abandon au Christ qui la prend et la transforme\, l’âme impuissante à remercier\, appelle ceux d’en haut\, qui ont toute leur puissance de louange\, à suppléer à ce qui lui manque. \nLA MÉLODIE\nTrès douce\, très paisible\, toute recueillie\, elle s’élève peu à peu sur Benedícite\, comme un murmure qui vient du fond de l’âme où le Christ se donne. Elle se fait délicate\, aimable sur le salicus et simple\, comme on est avec des frères très aimés\, jouissant de la même joie. C’est la même délicatesse sur le Benedícite de la seconde phrase\, avec un accent de ferveur admirable sur la dernière syllabe. Sur la cadence finale\, très retenue par la virga pointée\, la distropha\, la répercution\, les pressus\, l’âme est comme perdue dans la contemplation de l’éternité où les anges ne cessent de bénir le Seigneur. Une nuance de désir ardent et discret monte sur le pressus.Commencez très doucement. On notera qu’il en est ainsi de tous les Benedícite dans cette messe. Marquez bien la première note des podatus en l’allongeant légèrement. Montez en crescendo discret sur  ángeli\, puis détendez le mouvement avec une grande simplicité sur Dómini Dóminum. Faites dícite très expressif. La cadence finale\, douce et retenue. \n  \nCantiques à saint Michel:\n\nAvec bonheur\, nous chantons\n\n 
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DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n  \nLe 14 Septembre est le jour anniversaire de la dédicace de la basilique que Constantin édifia sur le Calvaire. Aux nombreux pèlerins qui accouraient de partout\, on montrait ce jour-là le bois de la Croix. D’où le nom d’ostension ou d’exaltation de la Sainte Croix que prit définitivement la fête. \nINTROÏT\nNos autem gloriari. (Jeudi Saint) \nGRADUEL\nChrístus factus est.  (Jeudi Saint) \nALLELÚIA\nDulce lignum. (Deuxième Allelúia de l’Invention de la Sainte Croix au 3 Mai) \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nProtège\, Seigneur\, ton peuple par le signe de la Sainte Croix de toutes les embûches de tous les ennemis afin qu’à toi\, agréable nous rendions notre service et qu’acceptable te soit notre sacrifice. Allelúia.Très belle prière\, tout à fait dans le sens profond de la fête et parfaitement adaptée à l’offrande du sacrifice qui se fait précisément au moment où l’on chante.Elle appelle sur l’Eglise la protection du Seigneur par la Sainte Croix\, ce qui était peut-être dans la pensée de l’auteur une allusion à l’étendard de Constantin. Mais elle va plus loin dans la seconde partie. Elle donne comme fin à cette protection\, que nous puissions remplir notre service à l’égard de Dieu ; lequel se concentre dans l’acte par excellence de toute vie chrétienne : le sacrifice\, offrande de nous-mêmes au Père pour l’immolation de notre être dans le Christ où et quand il voudra et de la manière qu’il voudra. \nLA MÉLODIE\nElle a toutes les délicatesses du IIe mode qui fait les prières simples\, douces\, réservées\, avec des accents de supplication qui n’en sont que plus intenses lorsqu’ils surgissent.Le premier mot\, avec ses trois virgas épisématiques\, a bien ce caractère. La prière s’y condense\, si l’on peut dire\, pour se détendre ensuite à travers Dómine qu’elle enveloppe de tendre confiance et monter vers sígnum crúcis où elle se fait insistante comme pour mettre en pleine valeur cet argument irrésistible. Notez les pressus de sígnum\, la deuxième note du podatus de sanctæ\, qui doit être allongée ; plus loin les deux pressus de insidiis qui viennent mettre en relief les dangers courants de toutes sortes. Entre ces mots plus expressifs\, la mélodie se déploie sans grands mouvements\, simple\, humble et comme enveloppée du souci des jours qui se suivent dans les mêmes dangers au milieu des mêmes ennemis. \nLa seconde phrase reprend la première avec de légères variantes. Ut tíbi grátam répond à protége\, exhibeámus développe le thème de per sígnum en y mettant une nuance de supplication intense qui fait la mélodie monter au la en un motif deux fois entendu\, et acceptábile reprend ab omnibus\, enfin sacrifícium\, combinant l’intonation avec le motif de servitútem\, forme une dernière incise très expressive qui avec l’Allelúia conclut dignement cette très belle prière.Il ne faut chanter ni fort\, ni vite ; laisser sa voix aller à la suite des neumes qui se succèdent par degrés conjoints\, sans aucune recherche d’effet. Des crescendos et des decrescendos menés de loin avec les arsis et les thésis\, les pressus appuyés notamment ceux de sígnum\, de insidiis\, de exhibeamus\, de fiat qui en faisant une demi-cadence sur mi donne un caractère si particulier de mélancolie à toute la pièce.Veiller à une grande égalité de rythme. La double note de tíbi au début de la seconde phrase est une bivirga épisématique et les trois notes de sa dans sacrifícium\, trois virgas épisématiques ; la seconde de fi doit être allongée. \n  \nPolyphonies \n\nPolyphonies classiques et cantiques polyphoniques pour la Passion\n\nEcoutes de pièces  \n\nBUXTEHUDE : Membra Jesu nostri\nCaldara : Missa dolorosa\n\n  \n \nComment fonctionne cette page ? \nEpître \n  \nEvangile \n  \nPréface \n  \nUnique ! Le coffret contenant tous les fichiers (épîtres\, évangiles et préface) sur 2 CD au format MP3 !
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