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SUMMARY:Saint Etienne
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nINTROÏT\nLE TEXTEAinsi donc\, ils ont siégé\, les princes ;Et contre moi ils parlaient.Aide-moi\, Seigneur mon Dieu\,Car ton serviteur s’appliquait à tes lois.Ps. – Bienheureux les purs sur le chemin.Ceux qui marchent selon la loi du Seigneur. Ps. CXVIII\, 23\, 86\, 1.L’idée vient assez naturellement d’en faire l’application à Saint Etienne. Rien ne s‘y oppose. Toutefois cette interprétation ne satisfait pas pleinement parce que\, compris de la sorte\, le texte perd toute actualité. Encore que les Saints soient réellement présents aux offices célébrés en leur honneur\, on ne saurait leur attribuer à ce moment-là des actes incompatibles avec leur état de béatitude ; telle ici  cette prière : aide-moi\, Seigneur mon Dieu ; Saint Etienne n’a plus besoin d’être aidé.C’est pourquoi il est peut-être préférable de mettre cet Introït sur les lèvres du Christ. Par la voix de l’Eglise\, en qui il se continue\, il applique à Saint Etienne et à tous ceux qui ont comme lui souffert persécution\, ces paroles qu’il s’est sans doute appliquées à lui-même lorsqu’il les disait au cours de sa vie terrestre. Ce faisant\, c’est encore de lui qu’il les dit\, car c’est lui qui est persécuté en tous ceux qui sont persécutés. Entendu ainsi du Corps mystique tout entier\, le texte a tout son sens. Par une attention spéciale\, il se réfère à Saint Etienne\, au jour de sa fête\, mais\, s’appliquant au Christ total qui toujours\, ici ou là\, souffre de la persécution\, il est toujours actuel.LA MÉLODIEIl n’est pas aisé de caractériser la première phrase. Ce n’est pas une plainte. Elle n’est pas non plus l’expression d’une âme triste ou accablée car\, dans les manuscrits\, tous les neumes sont légers : notamment les porrectus de étenim sedérunt\, les distrophas de loquebantur\, la tristropha de persecuti. Ce qu’il faut y voir\, semble-t-il\, c’est\, après la constatation quelque peu sombre de étenim\, l’énergie éternellement jeune du Christ et de l’Eglise se déployant dans une paix inaltérable et forte. Il s’y mêle une nuance d’indignation discrète\, retenue\, qui n’éclate pas\, mais qui est partout. Assez fortement marquée sur étenim par la bivirga et l’inflexion au grave sur la clivis allongée\, elle souligne les mots de nuances plus ou moins poussées : me\, loquebantur\, où l’on peut voir évoquées les paroles de haine des sanhédrites et de leurs comparses de tous les temps ; persecuti surtout\, notez la tristropha\, la remontée bien scandée des groupes binaires vers le podatus allongé et la cadence si brusque.De cet état d’âme\, jaillit la prière de la deuxième phrase\, ardente et forte elle aussi. La mélodie quitte la tonique à laquelle elle revenait sans cesse\, s’établit un instant sur le fa\, monte à la dominante et\, dans un admirable mouvement de supplication\, s’élance jusqu’au do\, où elle s’épanouit en un pressus qui concentre sur Déus méus toute l’ardeur de la demande. Les deux autres incises ont moins d’élan : elles sont un plaidoyer où\, comme il convient\, l’humilité a sa part ; d’où\, peut-être\, cette discrétion dans le mouvement mélodique.Le Psaume est une louange pour ceux qui\, comme le saint martyr\, vont droit leur chemin et en même temps une contemplation de sa béatitude.Dans la première\, après avoir bien appuyé la double note qui est une bivirga\, faire les porrectus de étenim légers\, tout en veillant à ce qu’ils gardent leur valeur de trois temps ; relier cette première incise à la seconde par-dessus la demi-barre et arrondir le torculus de me ; ne pas forcer les distrophas de loquebantur ; bien articuler le dernier mot de la phrase\, me.Dans la seconde\, élargir légèrement le second torculus de Domine et y intensifier le crescendo qui le rattache à Déus méus\, lequel aura commencé dès le début de la phrase. Aucun ralentissement à la cadence de exercebatur. \nGRADUEL\nLE TEXTEIls ont siégé\, les princes\, et\, contre moi\, ils parlaient.Et les méchants m’ont persécuté :Verset. – Aide-moi\, Seigneur mon Dieu\,Sauve-moi en raison de ta miséricorde. Ps. CXVIII\, 86\, 23. VI\, 5.Il est à peu près le même que celui de l’Introït. Dans la première partie\, seul le mot étenim du début est en moins ; mais dans le Verset la fin a été modifiée : quia sérvus tuus a été remplacé par le verset 5 du Ps. VI ; un appel à la miséricorde au lieu du plaidoyer de l’Introït .Il est bien à sa place après l’Epître. Le récit du martyre qui vient d’être lu rend cette attitude du Christ et de l’Eglise encore plus naturelle.LA MÉLODIE(V) Sedérunt principes et advérsum me loquebantur et iniqui persecuti sunt me.L’expression aussi est la même que dans l’Introït\, mais beaucoup plus poussée.L’indignation n’est plus contenue. Elle a bien la même réserve sur sedérunt principes\, mais elle s’en dégage tout de suite et par un mouvement très vif. Les quatre syllabes détachées de et advérsum me portent la mélodie à la dominante en une arsis pleine d’une ardeur ui s’intensifie\, sur me d’abord\, puis sur loquebantur\, où l’on retrouve le motif de l’Introït\, mais considérablement renforcé sur que par une double note qui est une bivirga épisématique dans les manuscrits et qui de ce fait est fortement appuyée. Sur et iniqui\, l’indignation éclate vraiment ; admirable formule où e mêlent la véhémence de la passion et l’amertume de la souffrance ; celle-ci particulièrement dans l’intervalle de tierce mineure sur lequel s’achève le mot.Le Verset. – Adjuva me Domine Déus méus Salvum me fac propter misericoridum tuam.La formule de l’intonation\, qui ne se retrouve qu’une autre fois\, et sur le même texte\, dans le premier des Graduels du Samedi des Quatre-Temps de Carême\, est très caractéristique d’un appel pressant à l’aide divine. Par son élan qui va d’un trait à la dominante\, elle met quelque chose d’angoissé sur ce début de la prière. Mais tout de suite\, sur la vocalise de Domine\, l’angoisse s’atténue\, pour faire place à une pression délicate\, qui peu à peu se transforme\, au cours de la dernière incise\, en un cri d’ardente supplication\, lequel atteint son maximum d’intensité sur la première note de la clivis répercutée. On voudrait qu’elle se poursuive sur Déus méus\, mais la formule s’y prête mal et la coupure n’est pas heureuse.Le simple récitatif de la seconde phrase ne fait qu’adapter la mélodie à la longueur du texte\, mais il est d’un très bel effet. Il met sur misericordium un accent d’humble prière parfaitement adapté et qui se continue tout le long de la formule finale\, laquelle s’y prête fort bien d’ailleurs par son mouvement discret\, ses notes longues et tout particulièrement par la double répercussion de l’avant-dernier neume.Le mouvement doit être assez ample.L’intonation\, très retenue ; la double note est une bivirga épisématique. Bien faire les accents de advérsum me et de persecuti.Dans le Verset ne pas presser adjuva me\, bien que le mouvement soit un peu dégagé. Se complaire dans la vocalise de Domine\, qui sera légèrement élargie. Y rattacher de très près Déus méus pour pallier à la mauvaise coupure.Bien accentuer salvum ; et bien rythmer tout le passage syllabique. \nALLELUIA\nLE TEXTEJe vois les Cieux ouvertsEt Jésus debout à la droite du Dieu Puissant. Actes VII\, 56.Ce sont\, à quelques détails près\, les paroles que Saint Etienne prononça lors de son jugement\, au moment où ses accusateurs frémissant de rage grinçaient des dents contre lui : « Rempli du Saint esprit et levant les yeux au ciel il vit la gloire de Dieu et Jésus\, debout à la droite de Dieu\, et il dit : Je vois les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu.» L’auteur pour accommoder le texte à la mélodie a remplacé Filium hominis par Jésum et fait précéder Déi de virtutis.Au sens liturgique c’est encore Saint Etienne qui les chante par la voix de l’Eglise et elles sont aussi actuelles qu’à l’heure de son martyr\, car c’est bien vrai qu’il voit le ciel et Jésus à la droite du Père : le mot de son extase est devenu le mot de son éternelle vision.LA MÉLODIEC’est celle de l’Alleluia de la Messe du jour de Noël. Ici encore c’est dans l’adaptation des mots aux intonations et aux cadences que réside l’expression.Dans la première phrase\, vidéo avec ses premières notes allongées et la progression du mouvement qui l’emporte au sommet du mode évoque admirablement le regard du Saint tendu vers le ciel en même temps que la surprise\, la joie\, l’admiration qui de plus en plus remplissent son âme. La deuxième incise\, plus thétique\, chante aussi très bien la béatitude où le fixe l’extase.La seconde phrase\, elle\, se fait pleine de révérence ; elle adore comme dut le faire le martyr quand\, à ses yeux ravis\, le Fils de l’homme apparut à la droite du Dieu puissant.La troisième prolonge cette joie béatifiante jusqu’à ce que l’enthousiasme\, qui ne s’était pas encore révélé\, vienne envelopper le mot Déi d’une exultation d’Hosanna.En plus de ce qui a été recommandé pour l’Alleluia de Noël\, on joindra ici très étroitement a déxtris à stantem. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTEIls choisirent\, les apôtres\, Etienne (pour) lévite.(Il était) rempli de foi et de l’Esprit-Saint.Lequel lapidèrent les Juifs\,Alors qu’il priait et disait :Seigneur Jésus\, reçois mon esprit.Alleluia !Ce résumé de l’histoire de Saint Etienne est d’abord une réplique de l’Eglise à l’Evangile. Elle a entendu le diacre chanter la parole de Notre-Seigneur : «Voici que je vais vous envoyer des prophètes\, des sages\, des docteurs ; et vous tuerez les uns et vous sacrifierez les autres et vous en flagellerez plusieurs dans vos synagogues ; Jérusalem\, qui tue les prophètes et qui lapide ceux qui te sont envoyés… » Elle chante alors l’histoire du Saint comme pour se dire à elle-même que dans son martyr s’est réalisée une fois de plus la prophétie du Christ.Il est aussi un magnifique chant d’offrande. La prière accipe spiritum méum\, sur laquelle il prend fin est en effet la prière de tous les sacrifices de la vie\, de la mort et de l’éternité\, de sorte qu’au moment où chacun doit s’offrir avec le prêtre sur les mêmes mots suscipe Domine\, elle devient la plus vivante\, des réalités\, et pour le martyr qui là-haut continue son offrande\, et pour nous qui mêlons la nôtre à la sienne\, ici-bas.LA MÉLODIEElle ne ressemble pas aux autres mélodies d’Offertoire. Elle est originale non seulement en ce sens qu’elle n’est pas centonisée – aucun Offertoire ne l’est – mais parce qu’elle sort de l’ordinaire. Il n’est d’ailleurs pas aisé de dire avec précision ce qui la fait si particulière : son étendue dans les deux tétracordes du mode\, une certaine complaisance dans le grave avec un attrait vers les cadences pleines sur di\, ce qui pour un rien évoquerait le majeur moderne\, une très grande aisance dans le développement neumatique qui est riche et hardi ; par-dessus tout\, une vie intense et je ne sais quoi de dramatique qui d’ailleurs sert parfaitement le texte.Elle comprend deux parties nettement distinctes : le récit du drame et la prière du Martyr.La première phrase\, bien qu’elle se développe dans le grave et en dépit de sa richesse mélodique\, est très simple. Elle raconte l’élection\, c’est tout ; Elle le fait avec emphase en marquant les mots d’un fort relief – notez la double note de elegérunt\, qui est une bivirga épisématique\, et l’arsis de apostoli – mais elle n’enveloppe le récit d’aucun sentiment particulier\, si ce n’est d’une paix tranquille.La seconde est consacrée au saint Martyr. Son nom se trouvant dans le mouvement thétique de la première phrase ne pouvait être mis en évidence autant qu’on l’eût désiré\, mais voici les mots qui le caractérisent : plénum fide et Spiritu Sancto\, les mots qui disent sa sainteté\, qui ont déterminé le choix des apôtres et qui le mettent dans la catégorie des sages et des prophètes envoyés par le Christ et que tua Jérusalem. La mélodie va les mettre en éclatant relief. Toutefois ce n’est ni fide\, ni Spiritu Sancto qui ont le plus retenu l’attention de l’auteur\, mais plénum. Aussi bien tous les chrétiens ont la foi et le Saint-Esprit\, mais Saint Etienne en était rempli et c’est cette plénitude qui le caractérisait. Le mot est admirablement traité. La progression rythmique et mélodique conduit la voix doucement au sommet. Elle se pose\, légère\, sur la première double note et va se renforçant sur la seconde avant de s’arrondir au sommet et de retomber gracieusement sur fide. La première double note de fi est une bivirga épisématique ; simple nuance\, mais combien expressive de la foi inflexible du jeune Martyr. Le mot s’achève en une cadence du IVe mode pleine de génération.La mélodie ne s’y attarde pas\, elle se relève tout de suite sur Spiritu Sancto. Sans traiter ce mot comme le plus important\, l’auteur lui a tout de même donné un certain relief : les premières notes des clivis sont allongées ; et surtout la cadence en fa par le si naturel lui donne une expression de confiance\, d’abandon\, de paix absolue. C’est celle de toute la phrase d’ailleurs et elle est bien faite pour évoquer l’âme ardente certes mais si abandonnée du jeune lévite.La troisième phrase est en contraste absolu. L’indignation que provoque le drame se manifeste dès le premier mot par les répercussions et plus encore par la retombée brusque fa-do. Elle se fait de plus en plus violente sur les rythmes binaires ascendants de lapidavérunt jusqu’à devenir un cri de stupeur sur la distropha et la bivirga répercutée du sommet. Notez que c’est la même formule que sur plénum\, mais ici les trois podatus qui l’amènent et\, plus encore\, l’image de la lapidation et le sentiment qui s’en dégage détruisent le caractère paisible qu’elle avait dans la phrase précédente et en font\, au contraire\, quelque chose de dur où se mêlent de la souffrance et une colère qui se contient à peine et qui trouve d’ailleurs\, sur le pressus de judaei l’accent qui lui convient. Cette indignation douloureuse d’un moment se change en douceur\, admiration\, vénération sur orantem et dicéntem. C’est une autre image : celle du martyr en extase ; on ne voit plus la scène d’horreur\, on est tout à la paix qui se dégage du Saint en prière.Domine Jésu\, accipe spriritum méum… A l’encontre du récit où tant de sentiments se trouvent mêlés\, ici\, tout est simple. L’âme du jeune diacre est avec Dieu dans un abandon plein d’amour et c’est déjà la joie de la béatitude qui passe dans les mots qu’il dit ; L’invocation Domine Jésu est une merveille de calme\, de repos\, de paix souriante\, avec une nuance de plénitude que lui donnent les beaux intervalles larges et sonores. Le mouvement thétique se poursuit sur accipe avec un accent de prière délicat\, qui va devenir dans le splendide élan de spiritum le dernier cri d’amour du Martyr… et le nôtre.Tous s’achève dans la paix joyeuse de l’Alleluia\, le mot de la louange éternelle dans laquelle il est entré\, et où nous le suivons.Eviter dans l’exécution toute recherche d’effet. Le conseil est de mise ici plus que partout ailleurs\, en raison du caractère dramatique du texte et de la mélodie. Dans une analyse\, il faut dire les nuances avec des mots qui n’ont pas assez de nuances ; l’exécution doit y suppléer. Suivre scrupuleusement le rythme et demeurer dans l’esprit du texte ; et tout sera bien.Certains détails demandent un soin particulier.Dans la première phrase ; la bivirga de elegérunt qui sera fortement appuyée. Dans la seconde\, le mot plénum qu’il ne faut pas pousser mais envelopper de paix\, appuyer fortement la double note du sommet\, qui est une bivirga. Celle de fide doit être très expressive. Mais le mouvement ne doit pas être ralenti. Poser avec un peu d’ampleur les premières notes des podatus de lapidavérunt\, dont la bivirga du sommet sera traitée comme celle de plénum.Dans la dernière phrase\, Domine un peu élargi et très lié. Spiritum de même\, mais le sommet assez fort ; notez la bivirga. Un peu plus de mouvement à l’Alleluia\, mais la dernière incise très élargie. \nCOMMUNION\nLE TEXTEJe vois les cieux ouverts\,Et Jésus se tenant à la droite de la puissance de Dieu :Seigneur Jésus\, reçois mon esprit\,Et n’attribue pas à ceux-ci le péché\,Car ils ne savent pas ce qu’ils font. Act. VII\, 56\, 59\, 60. – Luc. XXIII\, 34.Ce sont les paroles mêmes de Saint Etienne. Elles forment ici un tout mais en fait elles ont été prononcées par le Saint en trois circonstances différentes ; la première à la fin de son plaidoyer\, la seconde pendant qu’on le lapidait\, la troisième juste au moment de mourir\, la dernière incise exceptée. Celle-ci ne fut prononcée que par Notre Seigneur sur la Croix\, mais elle est tout à fait à sa place ici.Dans le cadre liturgique\, c’est encore le saint Martyr qui par la voix de l’Eglise fait entendre les paroles qui continuent d’être dans l’éternité l’expression de son âme glorifiée. Mais chacun doit avoir soin de faire sien\, comme dans l’Offertoire\, accipe spiritum méum. C’est le mot par excellence de l’âme qui communie. L’union du Christ avec nous se fait dans le don réciproque de nos deux êtres. Il se donne\, nous nous donnons : Domine Jésu\, accipe spiritum méum. Le texte devient ainsi une vivante réalité.LA MÉLODIETrois phrases ayant chacune son objet précis : vision\, offrande\, prière.Dans la première\, Saint Etienne dit ce qu’il voit et il le dit à mesure qu’il le voit. Ce sont d’abord les cieux ouverts. Il n’y a pas de doute que ce fut pour lui une joie indicible\, mais à peine en eut-il conscience que la vision se précisa et qu’à la droite du Père\, apparut le Seigneur Jésus debout dans la gloire. Une vague de béatitude dut alors soulever son âme et en faire jaillir un cri d’admiration et d’amour. C’est cette progression de joie que la mélodie exprime. Elle débute sur vidéo caélos apértos dans une tonalité imprécise ; le mouvement non plus ne se dessine que discrètement du fa au si b ; c’est que la joie du saint Martyr ne fait que commencer\, ses yeux cherchent encore. Mais voici la vision nette du Christ Jésus ; par une modulation brusquée\, la mélodie s’élance d’un bond à la dominante et là\, sur les hauteurs\, prolonge et développe le cri de joie extatique qui remplit l’âme du Saint\, la déborde et va se perdre pour finir sur virtutis Déi dans l’adoration et la paix.Cette vision\, comme toutes les visions\, s’achève dans l’amour qui se donne\, Domine Jesus accipe spiritum méum. L’élan de joie s’accentue encore\, tout en étant de plus en plus pénétré de paix. La mélodie rebondit du sol au ré puis\, par une courbe extrêmement gracieuse\, vient se reposer sur la dominante pour redescendre par degrés paisiblement vers la tonique. Il y a dans toute cette phrase quelque chose de simple\, d’aimable\, on dirait bien : de souriant. C’est toute l’âme\, si pure\, du Saint qui\, en présence de son Sauveur enfin trouvé\, se remet à lui\, dans un geste qui est naturel\, parce qu’il est de toujours. Il ne demande pas au Christ de le recevoir : il se donne.La troisième phrase est très différente. C’est encore une prière\, mais une prière d’intercession cette fois. Ne statuas illis… Le mélodie module vers la cadence du IVe mode où elle prend le ton de douce pression que permet l’amitié\, puis elle devient grave et nuancée de honte sur peccatum comme si le jeune Martyr assumait quelque chose de la cruelle humanité\, et elle s’achève dans la paix\, sur le mot d’excuse qui rappelle au Christ sa propre miséricorde.Ne pas traîner. Un bon mouvement\, sans presser\, jusqu’à la fin de la première phrase\, avec une ferveur croissante. Bien accentuer le pressus de Déi.Domine Jésu\, léger\, très lié\, gracieux ; heureux plutôt que suppliant. La double note de Jésu est une bivirga ; l’appuyer doucement en renforçant la voix vers l’accent de decipe et l’on aura l’admirable expression d’amour tendre et fort qui convient. Toute la phrase un peu plus lente et aussi immatérielle que possible.Veiller à garder jusqu’au bout le mouvement. Relier de très près peccatum à illis. Prendre le temps d’articuler la dernière syllabe de nésciunt sur le punctum\, qui\, de ce fait\, sera allongé.  \n\nCantiques pour les Saints\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Saint Jean l'Evangéliste
DESCRIPTION:La répétition de l’introït In médio \n\nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron. \nINTROÏT\nLE TEXTEAu milieu de l’Eglise\,Elle (la Sagesse) a ouvert la bouche de celui-ci.Et il l’a rempli\, le Seigneur\,De l’esprit de Sagesse et d’intelligence\,Et d’un vêtement de gloire\, il l’a revêtu.Ps. Il est bon de louer le Seigneur\,Et de chanter ton nom\, ô Très Haut. Eccli. XV\, 5. VI\, 32. Ps. XCII\, 1.Cet Introït a bien été composé pour Saint Jean ; ce n’est qu’au XIIe siècle\, lorsqu’a été formé le Commun des Saints\, qu’il y a été inscrit pour les messe des Docteurs.Dans l’Ecclésiastique\, ces paroles sont au futur. Il s’agit des qualités que la Sagesse procurera à celui qui sait la recevoir et la cultiver. Elle l’inspirera lorsqu’il aura à parler dans l’assemblée – c’est le sens qu’il faut donner à ecclésiae – elle lui donnera de savoir juger droit et le revêtira de gloire\, en lui donnant de jouir de l’estime des hommes.L’Eglise en fait ici une louange à Saint Jean. Il n’y a eu qu’à mettre les verbes au passé et l’application s’est trouvée parfaite ; Saint Jean est bien en effet celui à qui il a été donné de parler avec le plus de profondeur des mystères de Dieu et il n’a pu le faire que sous l’inspiration des dons de sagesse et d’intelligence dont le Seigneur l’avait rempli. Quant au vêtement de gloire dont il a été revêtu\, on ne saurait dire pleinement ce qu’il est\, mais le fait d’avoir été celui que le Sauveur aimait entre tous et à qui il confia sa Mère\, lui a certainement valu durant sa vie et lui vaut de génération en génération\, de la part des hommes\, une très particulière vénération. Il est d’autre part raisonnable de croire que le seigneur\, à qui il fut fidèle jusqu’à la Croix\, lui a donné de participer à sa gloire à un degré peu commun.Le Psaume est comme une exclamation de l’Eglise qui contemple la béatitude de Saint Jean louant Dieu dans les splendeurs de l’éternité. Autrefois\, lorsqu’il était chanté en entier\, les derniers versets sur le Juste qui se multiplie comme le palmier\, s’appliquait tout naturellement à la belle vieillesse de l’Apôtre.LA MÉLODIEElle est très sobre\, comme une parole que l’on se dit à soi-même lorsqu’on évoque le souvenir d’un être cher. C’est bien ce que fait l’Eglise ici : elle se recueille devant l’admirable figure de Saint Jean et se redit à elle-même très simplement la parole inspirée en quoi se concentre toute sa pensée. Quelques notes lui suffisent : une sorte de récitatif paisible et doux auquel les tristrophas répétées sur la dominante communiquent quelque chose de l’immobile contemplation.Elle s’anime quelque peu\, au début de la seconde phrase\, à l’idée de la grâce insigne que le Seigneur a faite à Saint Jean\, en le remplissant de la Sagesse et de l’intelligence qui font toute sa gloire et dont elle a tant profité. Et implévit éum … C’est le centre de la louange. Le mouvement arsique se développe sur l’accent de implévit et va s’épanouir sur éum en un pressus qui donne à ce pronom l’éclat particulier que mérite le nom du Saint dont il tient la place. Il rebondit ensuite délicatement sur sapiéntiae et intelléctus qu’il marque d’un salicus\, et s’achève en une cadence d’une mystérieuse profondeur.Il y a une nuance d’admiration sur gloria\, puis\, sur induit une affirmation pleine d’autorité ; les doubles notes sont des bivirgas.Les tristrophas de la première phrase seront légères et tout le mouvement très souple. Mette quelque ardeur dans l’arsis de implévit éum ; le pressus du sommet un peu élargi. La distropha de intelléctus en léger crescendo vers la première note de a clivis. Bien appuyer les bivirgas de induit. \nGRADUEL\nLE TEXTEIl courut\, le bruit\, parmi les frères\,Que ce disciple ne mourrait pas.Verset. – Mais : « Ainsi\, lui\, je veux qu’il demeure\, jusqu’à ce que je vienne. »Toi\, suis-moi. Jean XXI\, 23\, 22.Pour avoir le sens de ce texte\, il faut le lire en entier dans l’Evangile\, car il est ici fort mal coupé. C’est l’interrogatoire que Notre Seigneur fit subir à Saint Pierre après la Résurrection : Pierre\, m’aimes-tu ? … Il lui prédit\, à la fin\, le martyre de la croix et ajoute : suis-moi. Voyant Saint Jean près de Notre Seigneur\, Saint Pierre pose alors une question quelque peu indiscrète : « Et celui-là ? » à quoi Notre Seigneur répond par une parole mystérieuse : « Si je veux que\, lui\, il demeure jusqu’à ma venue (c’est-à-dire jusqu’à mon avènement glorieux)\, que t’importe ? Toi\, suis-moi. » Cette dernière parole avait fait impression chez les premiers chrétiens\, si bien que\, voyant l’Apôtre Bien-aimé survivre à tous les autres\, ils en étaient venus à croire qu’il ne mourrait pas. A l’encontre de cette rumeur\, Saint Jean\, à la fin de son Evangile\, rétablit ainsi la vérité : « Jésus cependant n’avait pas dit : il ne mourra pas\, mais : si je veux qu’il demeure etc… » C’est le début de cette dernière phrase qui manque dans le Verset.C’est évidemment comme une louange à Saint Jean que ce texte a été choisi pour être chanté ici. A vrai dire\, si l’on s’en tient à son sens littéral\, on ne voit pas bien en quoi le louent cette rumeur qu’il détruit lui-même et la parole de Notre Seigneur\, simple hypothèse qui\, en fait\, ne se réalisa pas. Il faut aller plus loin que les mots. Le P. Allo interprète ainsi cette réplique de Notre Seigneur : « Comme Pierre représente le dévouement actif pour prêcher\, convertir\, porter la croix de l’apostolat et du gouvernement de l’Eglise\, enfin mourir à la peine\, toutes choses auxquelles sont appelés les chrétiens choisis\, et particulièrement les prêtres\, mais qui suivent le cours le plus variable\, qui changent de forme avec les pays\, les époques\, les circonstances et sont remplacées par d’autres qui\, tout en leur ressemblant par des analogies\, ne sont pourtant jamais les mêmes ; ainsi Saint Jean d’un autre côté\, dans la fondation et la vie de l’Eglise\, paraît appelé à quelque chose qui ne meurt pas\, c’est-à-dire ne change jamais\, qui demeure inébranlable\, en dehors\, pour ainsi dire\, du cours du temps et du flux des choses. Or c’est la contemplation… Saint Jean est devenu le type des contemplatifs et son Evangile\, joint à sa première Epître\, est le livre cher entre tous aux saints contemplatifs. Il représente de la façon la plus pure ce qu’il y a d’immuable dans l’existence de l’Eglise. Il est bien\, au sens spirituel\, celui qui ne meurt jamais\, ce qui reste stable dans les vicissitudes de l’histoire et ne changera pas jusqu’à ce que le Christ revienne. » (L’Evangile spirituel de Saint Jean pp. 152\, 168) « Le Seigneur le fera hériter d’un nom éternel » dit le dernier mot de l’Epître. Voilà ce que chante le Graduel : la gloire du disciple bien-aimé demeurant pour toutes les générations l’héritier du Verbe\, le contemplatif éternel.LA MÉLODIE(V) Exiit sermo inter fratres quod discipulus ille non moriotur.C’est la mélodie du Christus factus est du Jeudi Saint.La gravité dont elle est empreinte s’accorde mal avec le sens littéral des paroles\, il faut bien le reconnaître ; mais si on les entend dans leur sens spirituel\, elle évoque fort bien le culte dont les premiers chrétiens entouraient le vieillard de Patmos et que l’Eglise lui garde. Sans compter que l’atmosphère du Jeudi Saint\, dont elle est toute baignée\, rappelle très heureusement la Cène et le Calvaire\, où le Saint vécut les heures les plus émouvantes de sa vie et où chacun le voit comme fixé dans l’attitude qui le caractérise.A noter\, d’ailleurs\, que discipulus est amené fort à point au sommet de l’arsis et que ille prend un accent de vénération qui lui donne tout à fait le ton qui convient.Le Verset. – Sed : Sic éum volo manére donec véniam : Tu me séquere.L’adaptation ici est parfaite. Toute la joie du Christ ressuscité qui voit\, dans l’avenir\, l’influence de Saint jean se perpétuer\, éveillant les âmes à l’amour et les guidant sur les voies de la parfaite charité\, passe dans l’exaltante formule de manére avec quelque chose du souffle de gloire qu’on y trouve le Jeudi Saint lorsqu’elle chante le Nom au-dessus de tout nom que le Christ a reçu du Père pour son obéissance… Héritier d’un nom éternel… Saint Jean aussi.On pourrait seulement regretter que l’on n’ait pas donné à la formule donec véniam son plein développement.Quelle évocation splendide c’eût été de l’Haec dies et de la joie triomphale du second avènement ! mais sans doute a-t-il voulu que manére fût seul en relief.La formule finale fait contraste. Elle est toute imprégnée de gravité et de tendresse. Il ne semble pas que ce fut sur ce ton que notre Seigneur parla à Saint Pierre en la circonstance\, mais si\, passant par delà la lettre\, on prend conscience de tout ce qui est demandé par le Christ à ceux qui le suivront sur la Croix\, il faut reconnaître qu’elle est bien dans le ton.Tout le mot fratres sera retenu. La double note avant le premier porrectus de discipulus est une bivirga : la bien appuyer\, de même que le pressus de ille.Non est marqué d’une très belle forte nuance d’autorité : on appuiera donc fortement et le salicus et les trois notes du sommet avec deux répercussions ; les manuscrits portent : t b : retenez bien. Par contre\, les distrophas de moritur seront légères.Dans le Verset\, allonger la première note ; c’est la seule façon de rendre le texte intelligible. La troisième note qui suit le premier quart de barre\, une virga précédent le climacus du sommet\, est allongée. Les climacus de la fin de la phrase légers ; de même la cadence de véniam. \nALLELUIA\nLE TEXTECelui-ci est le disciple mêmeQui témoigne de ces choses.Et nous saurons que véritable est son témoignage. Jean XXI\, 24.Ce verset est le dernier de l’Evangile selon Saint Jean. Il semble bien qu’il ne soit pas de Saint Jean lui-même mais de ceux qui le prièrent d’écrire son Evangile. Il n’importe d’ailleurs.L’Eglise ici se l’approprie et en fait un nouveau couplet à la louange du Saint.LA MÉLODIEC’est encore celle de l’Alleluia de la Messe du jour de Noël. On y trouve les trois phrases psalmiques\, avec leurs intonations\, leurs teneurs et leurs cadences. L’adaptation est bonne ; les mots importants étant bien en place. La première phrase est particulièrement heureuse\, on y met tout naturellement un bel accent de louange pour le disciple bien-aimé. La troisième s’accommode aussi parfaitement de la ferme assurance que comporte ce témoignage solennel ; notez le salicus de scimus et les distrophas\, puis le pressus de vérum. La finale amène fort à propos sur éjus\, qui représente le nom du Saint\, la formule qui dans la mélodie a le plus d’éclat.La formule de perhibet sur la seconde syllabe du mot place la dernière en grand danger de perdre une partie de sa valeur; l’allonger légèrement. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTELe juste comme un palmier fleurira\,Comme le Cèdre qui est sur le Liban il se multipliera. Ps. XCI\, 13.Il est à peine besoin de le commenter tant il est simple. Il faut bien note toutefois que c’est au palmier en fleur que le Juste est comparé\, – on compte\, paraît-il\, jusqu’à 200 000 fleurs par palmier – et au cèdre qui a atteint toute sa taille\, laquelle est considérable en particulier dans les montagnes du Liban. Le sens de la comparaison est donc que le Juste produira\, par ses œuvres\, beaucoup de fruits et que\, demeurant vivant par sa doctrine et son exemple en chacune d’elles\, il se développera en quelque sorte comme l’arbre par ses branches couvertes de feuilles\, de fleurs et de fruits.Dans le cadre de la fête de Saint Jean\, il faut considérer cet Offertoire comme une sorte de contemplation. L’Eglise\, après tout ce qu’elle a entendu de Saint Jean dans l’Evangile qui vient d’être lu\, interprétant en particulier le mot de Notre Seigneur « Je veux qu’il demeure\, jusqu’à ce que je vienne » dans le sens de son influence qui continue\, se chante à elle-même ce verset de psaume\, en qui elle trouve l’expression de son admiration et de sa louange. (Cet Offertoire aurait été composé pour la fête de Saint Jean Baptiste et appliqué à celle de Saint Jean l’Evangéliste. Il passa au Commun des Docteurs\, quand fut constitué le Commun des Saints.)LA MÉLODIEL’intonation a bien le caractère paisible\, recueilli\, d’une contemplation ; notez le mouvement retenu dès le début et la tristropha qui prolonge le mot ; l’âme est fixée immobile sur l’image du Juste. Quand la mélodie prend du mouvement et de l’étendue sur ut palma\, sur sicut cédrus\, sur in Libano\, rien ne change. C’est toujours le Saint que l’âme contemple et chante ; seulement\, à l’évocation du palmier en fleur et du cèdre immense\, auxquels le texte le compare\, elle s’exalte dans sa contemplation\, et le chant suit l’image.Ce serait donc une erreur de ne chercher dans cette mélodie qu’une évocation musicale des arbres et des montagnes. Qu’on se plaise à la voir s’élever avec la grâce du palmier\, la majesté du cèdre\, la puissance des monts\, d’accord ; mais qu’on entre un peu plus profondément dans le sens liturgique du texte et l’on y découvrira aussi sans peine l’ardeur de l’Eglise qui s’exalte avec les arsis et redescend toute recueillie et pleine d’admiration sur les thésis ; sur celle de palma\, si doucement posée sur le fa\, qui rebondit retenue par le si b\, et qui s’achève paisible et joyeuse sur les rythmes pleins de grâce de florébit\, avec une nuance délicate d’admiration sur la tristropha ; sur celle de cédrus se posant un instant sur la cadence du IVe mode\, toute admirative elle aussi\, après l’audacieux élan de l’arsis\, et rebondissant allègre et souple sur Libano pour s’étaler en la même cadence que florébit\, après avoir descendu en un rythme sûr et mesuré les pentes du Liban ; enfin sur le long développement de multiplicabitur qui prolonge l’idée principale en un bercement méditatif.Ainsi du commencement à la fin cette mélodie exprime la contemplation de l’Eglise qui admire et qui loue le Juste dans l’épanouissement de sa gloire.On veillera à garder tout au long de l’Offertoire le mouvement de l’intonation.Le torculus de ut recevra une certaine ampleur et portera la voix dans un crescendo progressif et très lié sur palma où elle s’épanouira sans éclat. Après une répercussion délicate sur la virga\, les trois notes qui relient le do au fa seront légèrement ralenties préparant la double répercussion qui précède le quilisma. Légèrement élargi aussi\, le mot florébit.Il y aura une reprise de mouvement sur sicut dont les podatus seront posés\, leur première note un peu allongée. Tout le mot cédrus très lié\, sans ralenti ; quae in Libano lui sera rattaché de très près\, on mettra un accent de ferveur sur la triple note du sommet ; les deux premières sont des virgas épisématiques. La descente sera retenue\, sans être élargie. De même multiplicabitur. \nCOMMUNION\nLE TEXTEIl courut le bruit parmi les frèresQue ce disciple-là ne mourrait pas.Mais\, il n’avait pas dit\, Jésus : il ne mourra pasMais : ainsi\, lui\, je veux qu’il demeureJusqu’à ce que je vienne. Jean XXI\, 23.Comme on le voit\, c’est encore le texte de l’Evangile qui a servi au Graduel\, mais il est ici au complet. Seule la dernière partie « Quant à toi\, suis-moi » a été omise et c’est bien ainsi\, car elle ne concernait pas Saint Jean.Le sens liturgique est le même : louange à l’apôtre bien-aimé ; il n’y a aucune allusion à la communion.LA MÉLODIEElle est beaucoup plus simple que celle du Graduel. C’est une antienne\, c’est vrai ; mais l’atmosphère même est différente ; pas de gravité\, ni d’emphase\, de la joie plutôt.Elle est composée de trois phrases. Mis à part Exiit sermo inter fratres qui est comme une courte introduction\, elles ont à peu près la même forme : une arsis légère\, la même sur quod discipulus\, et non dixit\, sed sic éum volo ; une thésis\, la même sur non moritur dans les deux premières phrases et qui demeure très apparentée sur donec véniam dans la troisième.L’intonation\, quelque peu mystérieuse\, garde son influence sur toute la première incise\, qui demeure bien dans le ton discret du IIe mode\, mais\, tout de suite après\, sur discipulus ille\, la joie emporte le mouvement et l’établit nettement dans le VIIIe mode par la belle cadence souple\, ferme\, heureuse de non moritur ; non sans avoir souligné ille d’un épisème horizontal qui y met l’affectueuse vénération de l’Eglise pour le saint Apôtre. Elle s’élève à nouveau et avec plus d’élan encore sur et non\, s’incline avec grâce sur dixit Jésus et\, après la même cadence sur les mêmes mots non moritur\, repart du même élan. Cette fois\, c’est la parole du Christ. Il entre lui aussi dans la joie ; la joie de laisser au monde comme un guide dans l’amour celui qu’il aimait plus que les autres\, et qui l’a aimé jusqu’à la Croix. Il se complaît sur manére ; la formule\, assez commune\, se nuance ici d’une douce gravité qui se continue d’ailleurs jusqu’à la fin\, enveloppant la dernière incise de discrétion et de mystère\, avec un bel accent de désir sur véniam.Chanter simplement dans un rythme léger. Bien balancer les cadences de non moritur sans les alourdir. Retenir avec grâce dixit Jésus\, c’est le Domine Jésus de la Communion de Saint Etienne ; il faut l’envelopper de la même tendresse.  \n\nCantiques en l’honneur des Saints\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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DESCRIPTION:La répétition de l’introït Ex ore infantium \nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nINTROÏT\nLE TEXTEDe la bouche des enfants\, ô Dieu\,Et de ceux qui boivent le lait maternel\,Tu as fat sortir une louange parfaitePour la confusion de tes ennemis.Ps. – Seigneur\, notre Maître\,Qu’admirable est ton nom sur toute la terre. Ps. VIII\, 3\, 1.Dans le Psaume\, ces paroles s’entendent de la louange que les enfants\, comme toutes les créatures\, rendent à Dieu implicitement par la perfection même de leur être. Mais sous ce sens général\, un autre\, beaucoup plus précis et comme prophétique\, se trouvait caché. Ce fut Notre Seigneur lui-même qui le dégagea. Le lendemain de son entrée solennelle à Jérusalem\, les petits juifs\, répétant les acclamations de la veille\, criaient autour de lui sous les portiques du Temple : Hosanna au Fils de David. Les Princes des prêtres indignés le firent remarquer au Maître\, sans doute sur un ton de sarcasme : « Entendez-vous ce qu’ils disent ? » « Oui\, répondit-il\, n’avez-vous pas lu : De la bouche des enfants et de ceux qui boivent le lait maternel\, tu as fait sortir une louange parfaite ? ».C’est ce sens précis que l’Eglise applique aux Saints Innocents. Et c’est à bon droit car le martyre les ayant associés au sacrifice du Christ\, ils sont devenus par lui\, avec lui\, en lui\, louange parfaite du Père\, chantant dans l’éternité\, avec les cent quarante quatre mille dont nous parle l’Epître\, le mystérieux cantique nouveau pour la confusion des ennemis de Dieu qui les ont mis à mort.Du point de vue liturgique cet Introït peut être interprété de trois façons ; comme la voix du psalmiste disant dans le lointain des âges la prophétie qui se réalise à jamais dans l’éternité ; comme la voix de l’Eglise qui félicite à la fois Dieu et les Saints Innocents\, Dieu pour avoir fait\, de ces petits êtres à peine conscients\, de parfaits chanteurs de sa gloire\, eux\, pour avoir été choisis ; enfin comme la voix des Saints Innocents eux-mêmes\, louant Dieu par le texte du Psaume qui les prophétisa et lui rendant grâce pour les merveilles qu’il a réalisées en eux. Le mieux serait peut-être de réunir les trois interprétations en une seule ; Dieu entendant\, dans son éternel présent\, l’Eglise de tous les temps\, les anges\, le psalmiste\, le Christ et tous ses membres de la terre et du ciel\, y compris les petits martyrs\, chanter\, pour sa gloire et la leur\, les paroles qu’il inspira lui-même.LA MÉLODIEElle est toute pénétrée de joie ; une joie discrète qui\, après s‘être complue sur les deux mots de l’intonation\, monte souple\, aimable\, gracieuse sur les rythmes ternaires de infantium. Au passage elle souligne Déus d’une bel accent d’admiration et\, en progression toujours\, va s’épanouir sur laeténitum. A la dernière incise\, elle trouve avec bonheur la formule de Filius meus es tu de l’Introït de la Messe de minuit. Heureux rappel et qui mêle à la joie du Père générateur celle de l’Eglise si heureuse de voir ses premiers martyrs réaliser\, dans le sacrifice\, la louange parfaite apportée au monde par l’Enfant divin.Quelque chose de fier\, de glorieux passe dans le motif de propter inimicos qui rappelle de très près l’in splendoribus du Graduel de la Messe de Minuit.Bien balancer les rythmes de infantium. L’accent de Déus sera bien soulevé et élargi. Retenir avec complaisance perfecisti laudem ; on pourra élargir quelque peu la première note du podatus du sommet.Que la tristropha de propter soit douce et légère. Bien rythmer le dernier mot. \nGRADUEL\nLE TEXTENotre âme\, comme un passereau\,S’est échappée du filet des chasseurs.Verset. – Le filet a été brisé\,Et nous avons été délivrés ;Note secours est le nom du SeigneurQui a fait le ciel et la terre. Ps. CXXIII\, 7\, 8.Ce Graduel est inscrit dans la Messe Sapiéntiam au Commun de plusieurs Martyrs\, mais c’est pour les Saints Innocents qu’il fut composé.Le Psaume CXXIII est un cantique d’action de grâces à la bonté de Dieu qui a délivré Israël de ses ennemis. L’application des deux derniers versets aux Saints Innocents est des plus heureuses ; ce sont eux en effet les premiers du peuple d’Israël à être sauvés par le Christ venu sur terre. L’image de leur âme s’échappant du filet est ravissante de fraicheur et le fait que ce sont eux qui nous l’évoquent avec une joie si naïve ajoute encore au charme. Après l’Epître qui les montre dans la gloire\, ces deux versets sont comme l’expression humaine du cantique nouveau qu’ils chantent\, en suivant l’Agneau partout où il va.LA MÉLODIE(V) Anima nostras sicut passer erépta est de laqueo venantium.La formule d’intonation contraste avec le reste du Graduel. Elle se développe dans la partie inférieure du mode\, ce qui lui donnerait\, si l’on n’y prend garde\, une gravité peut-être excessive en la circonstance. La joie qui éclate aussitôt sur sicut passer n’est d’ailleurs que plus marquée. L’élan en est superbe. La mélodie franchit l’octave en un bond rapide de trois notes\, s’établit sur la dominante et de là\, s’élance à nouveau sur erépta est aussi que faire se peut\, jusqu’aux limites du mode\, empruntant la formule qui caractérise la joie de Noël dans le Graduel Vidérunt de la Messe du jour. Aussi bien\, c’est leur Noël à eux que cette échappée dans l’infinie béatitude de la vie divine. La joie toutefois n’est pas exactement la même. Celle-ci est une joie d’enfants\, libres enfin de s’ébattre ; disons une joie d’oiseaux\, libres de voler\, car il ne faut pas oublier l’image du texte. La mélodie d’ailleurs la suit fidèlement\, évoquant dans son mouvement le vol de l’oiseau échappé de sa cage ; il se pose un instant sur la dernière syllabe de passer comme pour s’orienter puis\, sur érepta est\, s’élance dans l’azur\, ivre d’espace.La même joie demeure dans la dernière incise\, elle devient seulement plus profonde et comme adorante dans la formule si gracieuse des derniers neumes.Le Verset. – Laqueus contritus est et nos liberati sumus. Adjutorium nostrum in nomine Domini qui fécit caélum et térram.C’est la même idée qui continue : les petits Martyrs nous content toujours les détails de leur évasion ; la même joie aussi\, mais avec des nuances : elle est plus calme\, c’est une joie de repos. Ils n’ont plus à s’évader ; ils sont maintenant établis dans l’immobile contemplation dans la jouissance infiniment paisible de la béatitude. Ce qu’ils nous disent s’en trouve imprégné\, il va de soi. C’est ainsi qu’il faut voir cette longue vocalise de laqueus ; tout en nous narrant leur histoire\, ils s’oublient dans la délectation\, et c’est cette délectation qu’ils chantent.  Notez le mouvement paisible\, le retour des mêmes intervalles\, des mêmes motifs se balançant de la tonique à la dominante\, et les épisèmes horizontaux qui disent l’ardeur de la jouissance mais qui retiennent aussi la mélodie fixée dans le même espace. Sur contritus est\, à l’évocation du filet qui se rompt\, elle aussi se libère pour aller s’épanouir en une formule où la joie s’étale plus pleine encore.Elle redevient descriptive sur liberati dans la seconde phrase. Cette fois\, c’est le vol de l’oiseau qui\, sans se soucier de voler\, jouit de l’espace ; un petit motif de cinq notes trois fois répété qui plane puis s’élève comme d’un coup d’aile.Il nous ramène en redescendant à la formule de triomphe qui chantait le donec ponam inimicos tuos dans le Graduel de la Messe de Minuit et qui célèbrera bientôt l’allégresse victorieuse de Pâques dans l’Haec Dies. Aussi bien c’est leur entrée triomphale dans l’absolue liberté de l’amour béatifiant que les petits Martyrs chantent ici.L’idée de la troisième phrase est différente. Les Saints Innocents ont fini leur histoire ; c’est maintenant l’hommage de leur reconnaissance à Dieu qui les a sauvés. Il ne s’agit plus seulement de se réjouir mais de reconnaître que\, sans son aide\, rien n’eût été fait. La mélodie prend la forme d’un récitatif. Quelques notes très simples sur la dominante mais qui ont le caractère d’une ferme assurance. Elles s’épanouissent sur Domini en une formule de joyeuse gratitude et mettent tout au long de la finale\, en éclatant relief\, la Toute Puissance divine à qui les bienheureux Enfants doivent tout.Chanter l’intonation avec une grande simplicité et déjà dans la joie\, pour éviter d’y mettre une note de gravité qui ne convient pas ici. Bien garder le mouvement sur sicut passer\, qui sera léger. La note de ta dans erépta est pourrait avoir sa valeur diminuée dans le mouvement ; y veiller.Le verset sera très léger. Bien lier les grands intervalles de laqueus\, se garder d’alourdir liberati qui doit être souple\, alerte\, vivant et débordant de joie. Toutefois\, le premier mot et est une bivirga\, bien l’appuyer.Poser de la même façon le salicus de adjutorium et la double note de qui au début de la dernière phrase ; c’est aussi une bivirga. La gratitude de la dernière phrase ; c’est aussi une bivirga. La gratitude des petits Bienheureux est ainsi proclamée avec une éclatante fermeté. \nALLELUIA\nLE TEXTELouez\, enfants\, le Seigneur\,Louez le nom du Seigneur. Ps. CXII\, 1.Une invitation à louer Dieu. On peut l’entendre ici\, ou des Saints Innocents invitant les enfants de Dieu à louer le Seigneur et à glorifier son saint nom en qui ils ont trouvé aide et salut\, comme ils viennent de le chanter dans le Graduel ou de l’Eglise\, disant aux saints Innocents\, après les avoir entendu faire le récit de leur évasion et avoir capté dans leur voix quelque chose de leur béatitude\, de continuer à louer le Seigneur. Ce ne serait pas alors\, à proprement parler\, une invitation à la louange mais comme une sorte de salut que l’Eglise leur adresserait et dans lequel se mêleraient la joie de les voir heureux et le désir d’être avec eux dans la louange béatifiante. (On retrouve cet Alleluia le Samedi de la semaine de Pâques\, où il est une invitation faite par l’Eglise aux nouveaux baptisés de louer le Seigneur qui les a sauvés.)LA MÉLODIELa première phrase est la même que elle de l’Alleluia Excita du IIIe Dimanche de l’Avent. Appliquée là à un texte qui est une prière\, elle y revête une expression d’intense supplication. Ce n’est pas le cas ici. Toutefois\, une invitation ou un souhait sont bien une sorte de prière et eux aussi peuvent être pressants. C’est ce qui fait l’adaptation au Laudate si parfaite. L’attaque sur la dominante\, sans préparation aucune\, a quelque chose de vivant comme un appel. Cet appel se fait de plus en plus ardent jusqu’au pressus de pueri qui est le point culminant de la mélodie et le mot de la phrase.La seconde phrase\, bien qu’elle demeure apparentée au même type d’Alleluia est originale. C’est surtout la joie qu’elle exprime. Le porrectus et les climacus de laudate la font gracieuse et même légère sans que soient atténuées la discrétion et la paix qui enveloppent tout.L’Alleluia sera chanté dans un mouvement retenu avec beaucoup  de grâce. Allonger le pressus de puéri. Ne pas ralentir ou si peu la fin de la première phrase. Bien rythmer les climacus de laudate qui seront légers. \nTRAIT\nLE TEXTEIls ont répandu le sang des Saints comme de l’eau\,Autour de Jérusalem ;Et il n’y avait personne pour ensevelirVenge\, Seigneur\, le sang de tes Saints\,Qui a été répandu sur la terre. Ps. LXXVIII\, 3\, 10.Le Psaume LXXVIII fut composé après la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor. C’est sur le carnage qui s’ensuivit que le psalmiste se lamente.L’Eglise s’en sert ici pour dire son indignation et appeler la vengeance de Dieu sur ceux qui furent les auteurs responsables de cette première persécution chrétienne.LA MÉLODIELes mélodies des traits sont encore moins originales que les mélodies types ou les mélodies centons. Ce sont des psaumes ornés et\, comme les formules psalmodiques sont peu nombreuses et que leur assemblage est réglé par des lois strictes\, le compositeur n’a guère de liberté. La mélodie a donc par elle-même peu d’expression. C’est aux chanteurs d’y faire passer au moment où ils chantent celle qui se dégage naturellement du texte et du contexte et à profiter au mieux des quelques mots mis en relief par les intonations et les cadences.Dans le premier verset\, l’indignation n’est pas particulièrement marquée. La belle et longue formule de Jerusalem se prête par contre fort bien à une lamentation qui se prolonge. Elle se retrouve très heureusement sur sepeliret dans le verset suivant. L’appel à la vengeance n’a rien de dure dans le dernier verset ; c’est plutôt une prière. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTENotre âme\, comme un oiseau\,S’est échappée du filet des chasseurs ;Le filet a été brisé\, et nous sommes libres.C’est celui du Graduel. Il n’y a rien à ajouter sinon peut-être que\, chanté après l’Evangile qui rapporte le récit du massacre\, il faut l’entendre sur les lèvres des petits Martyrs comme leur interprétation de l’événement\, celle qu’ils dégagent pour nous de ce qu’ils voient dans la lumière béatifiante de l’éternité : tués par les bourreaux ? non\, délivrés du filet des chasseurs…LA MÉLODIEC’est encore la joie qu’elle exprime. A l’encontre du Graduel\, cette joie est ici très nette dès la première incise. On y retrouve\, modifié légèrement\, le motif de principes vestras dans l’Offertoire de la Vigile de la Nativité. Il devient sur anima nostras évocateur de la joie simple\, fraiche\, légère\, d’une vision qui ravit ; comme si les Saints Innocents\, en admiration devant leur âme\, voulaient nous dire la merveille qu’elle est devenue pour eux dans l’éclat de la Gloire divine.Ils ne s’en tiennent pas d’ailleurs à cette contemplation\, elle n’est que d’un instant ; leur joie progresse magnifique ver le mot de la délivrance erépta est. La mélodie\, ici encore\, sans perdre de l’allégresse qui la pénètre\, se fait descriptive. Quatre podatus\, comme quatre coups d’aile\, l’enlèvent vers les hauteurs\, évoquant l’envol de l’oiseau hors du filet et la montée des âmes vers l’infinie béatitude.Par deux fois\, sur les mots qui suivent\, après quelques fluctuations\, elle revient au si b par une formule qui\, à quelque chose près\, est toujours la même\, pleine d’une joie d’enfant comme un sourire tout ouvert.Les deux autres phrases – qui n’en font qu’une dans le texte – sont toute différentes : de longues tenues prolongées sur le fa\, coupées seulement par des répercussions et par quelques motifs de joie discrète ici et là. Les âmes échappées du monde sont fixées en Dieu. Tout ce qu’elles évoquent de leur passé\, tout ce qu’elles disent\, c’est dans cette immobile contemplation qu’elles le voient et le disent sans en être un instant distraites. De là la quasi immobilité de la mélodie sur laqueus et liberati sumus. Quand un mot plus frappant se présente\, contritu est\, liberati\, il y a comme une palpitation de joie\, puis le calme de l’extase revient.L’Offertoire tout entier est léger\, délicat ; ce sont des enfants qui chantent. Les distrophas seront donc très douces et très souples. Sur anima nostra\, faire le motif fa-la-sol-fa très joyeux. La première note du porrectus de sicut élargie ; de même la première des podatus de erépta est ; y rattacher de laqueo. Le mouvement de joie doit tout unir jusqu’à la fin de la phrase. Peu ou pas de ralenti.Même remarque pour la phrase suivante ; ne pas retenir contritus est ; passer tout de suite à et nos. Faire la virga pointée de et au lever et poser la voix doucement sur la distropha. Ce motif est très évocateur de paix. On le trouve deux fois dans l’Offertoire Precatus est Moyses du XIIe Dimanche après la Pentecôte pour chanter l’apaisement de Dieu après la prière de Moyse. Il dit ici\, d’une façon admirable\, la joie toute simple et quelque peu étonnée des petits Martyrs lorsqu’ils se trouvèrent soudain dans la Béatitude.Liberati très joyeux et paisible. Les trois notes qui précèdent le torculus final de sumus sont trois virgas épisématiques dans le codex 121 d’Einsiedeln on lit au-dessus : simul (en  même temps). Cette prolongation évoque sans aucun doute l’éternité où se continue le chant des bienheureux enfants. \nCOMMUNION\nLE TEXTEUne voix dans Rama a été entendue\,Des pleurs et des cris :Rachel pleurant ses fils ;Elle n’a pas voulu être consoléeCar ils ne sont plus. Jérémie\, XXXI\, 15. Math. II\, 18.Dans Jérémie\, ces paroles rappellent les lamentations qu’on entendit dans les montagnes lorsque le peuple d’Ephraïm fut emmené en exil. Ephraïm descendait de Rachel par Joseph ; aussi\, quand les cris de douleur de la tribu captive remplissaient le pays\, il sembla au prophète que c’était Rachel qui du fond de sa tombe pleurait ses enfants. Saint Mathieu\, lorsqu’il raconta le massacre des enfants de Bethléem\, là même où Rachel fut enterrée\, appliqua aux cris des mères la parole de Jérémie.Au sens liturgique\, c’est l’Eglise qui\, après s’être associée tout au long de l’office à la joie des petits Martyrs\, tourne sa pensée vers les mères et évoque leur inconsolable douleur sur les paroles même du Prophète et de l’Evangéliste.LA MÉLODIELe texte en lui-même n’est qu’un récit mais c’est le récit d’une douleur. C’est cette douleur que le compositeur a voulu exprimer.Elle n’est pas dans la première incise qui n’est qu’un récitatif sur la formule des psaumes du IVe mode. Elle ne commence que sur les mots qui la disent. Plaintive sur les demi-tons de ploratus et ululatus\, elle éclate soudain sur Rachel\, au début de la deuxième phrase\, comme un cri qui se prolonge et qui réunit en lui non seulement la douleur des mères mais celle de toute la race\, une fois de plus persécutée. Après quoi\, elle s’achève dans la dépression\, sur le demi-ton d’abord\, puis sur la cadence en sol qu’on pourrait prendre pour un repos si la douleur n’apparaissait à nouveau aigüe dès le début de la phrase suivante sur le salicus de noluit et ne se prolongeait intensifiée sur la cadence de consolari.C’est peut-être dans la dernière incise qu’elle est le plus marquée. Le pressus du début lui donne un accent d’acuité et de profondeur à la fois. Elle se développe ensuite en plainte – notez les cadences sur si – puis finit brusquement sur non sunt comme la chute d’une âme accablée.On pourra élargir légèrement les deux podatus de ululatus. Envelopper Rachel dans un discret crescendo. Le pressus de quia\, fort. Bien poser non sunt avec un accent assez fort sur non. Epître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Sanctoral
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