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SUMMARY:Douzième dimanche après la Pentecôte (XII)
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLECONS DES MATINES : En Août : Prov. Eccles. Sag. Ecclésiastique. \nEn Septembre : (Job.) \nEPITRE : Dieu nous a faits ministres de l’Esprit qui vivifie et non la lettre qui tue. (II Cor. 3) \nÉVANGILE : Précepte et pratique de la Charité envers le prochain. Parabole du Bon Samaritain. (Luc X.) \nIDEE CENTRALE : Il n’y en a pas qui s’impose\, mais la parabole de l’Évangile s’y prêterait fort bien. Elle est en effet une application judicieuse de la maxime si profonde de l’Esprit vivifie\, la lettre tue. C’est bien parce qu’il avait jugé selon l’Esprit que le Samaritain regarda comme son prochain le voyageur qui gisait blessé au bord de la route\, alors que\, jugeant selon la lettre\, les juifs de toutes classes avaient passé leur chemin sans s’en soucier parce qu’il n’était pas des leurs. Mais il faut aller plus loin et voir dans ce petit drame la figure du drame de l’humanité. C’est elle – et nous en elle – qui gît sur le chemin\, ouverte de toutes les plaies qui se sont multipliées et envenimées depuis que l’ennemi l’a dépouillée et laissée impuissante à la porte du Jardin. Et les hommes ont passé; les sages\, et les prêtres de toutes sortes\, indifférents\, jusqu’à ce que le Christ\, envoyé par l’Esprit pour la sauver\, se soit penché sur elle\, l’ait prise sur ses épaules\, conduite à l’hôtellerie et\, après avoir payé pour elle\, se soucie à tout instant de lui rendre la santé et toute la puissance de vie qu’elle avait avant le drame. C’est bien lui\, sa miséricorde\, son prochain le plus proche\, qui s’offre à nous en exemple. Vade et fac similiter. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nDieu\, à mon aide viens. Seigneur\, à mon aide hâte-toi. Qu’ils soient confondus et couverts de honte\, mes ennemis\, ceux qui cherchent mon âme.\nPs. – Qu’ils soient rejetés en arrière et qu’ils rougissent ceux qui me veulent du mal. \nPs. LXIX\, 2-3-4. \nCette prière\, dans son sens général\, est toujours de mise sur les lèvres de l’Église car\, ici ou là\, ses ennemis ne cessent de se dresser. Elle devient émouvante dans l’idée de cette messe\, telle que nous venons de la dégager. Elle peut être entendue en effet\, comme la supplication de l’humanité gisant sur le chemin qui va de Jérusalem à Jéricho – de la cité d’en haut à celle d’en bas – et demandant au Père l’aide qui lui rendra la santé et tiendra en respect\, dans la confusion de sa défaite\, l’ennemi qui l’a mise en ce pitoyable état et qui attend la mort. \nLA MÉLODIE\n  \nElle est dans l’ensemble une prière très calme\, encore que dans la première phrase\, presque syllabique se décèle un mouvement assez vif vers adjutorum meum; mais la cadence\, bien posée sur do\, est très paisible. \nDans la seconde phrase\, la supplication est plus poussée. On le sent dès le premier mot. Il y a dans la cadence sur mi de Domine une nuance de plainte délicate et la demande monte pressante\, sur me et sur festina. \nL’idée de la troisième phrase est différente\, c’est une sorte de malédiction lancée sur des ennemis. La mélodie y est parfaitement adaptée. Notez la teneur sur do\, avec la double note de confundantur qui est une bivirga épisématique\, la reprise de ce motif sur revereantur et la cadence de mei dans le grave; il y a en tout cela une volonté forte\, obstinée\, dure même\, qui appelle la vengeance. Le mouvement monte\, dans la même expression sur qui quaerunt animam\, avec juste une détente rapide sur meam pour finir. Le Psaume\, reprend d’ailleurs l’idée\, avec plus de force encore dans le rythme de la psalmodie. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nJe bénirai le Seigneur en tout temps. Toujours sa louange sera dans ma bouche.  \nVerset. – Dans le Seigneur\, se glorifiera mon âme. Ils écouteront\, les doux\, et se réjouiront. Ps. XXXIII. 2\, 3. \nEn reconnaissance de l’aide qu’il lui a apportée dans les heures difficiles\, le Psalmiste proclame qu’il ne cessera de dire au Seigneur sa gratitude et qu’il ne cherchera qu’en lui sa louange. Il exprimera ensuite dans ces chants le bonheur qu’il y aura trouvé\, et les doux\, ceux qui cherchent le Seigneur dans la paix et l’humble service\, prendront leur joie à l’entendre. \nCes deux versets forment une très belle paraphrase de l’Épître. L’Église dit au Père sa gratitude pour avoir trouvé en lui sa puissance et pour avoir reçu l’Esprit vivificateur qui la mène avec tous les siens à l’éternelle louange. In Domino laudabitur anima mea. \nQuel beau chant de reconnaissance sur les lèvres du voyageur blessé\, de l’humanité\, ramenée par la Miséricordieuse Bonté du Christ dans la Cité et entourée là de toutes les délicatesses de l’amour. \nLA MÉLODIE\n  \nDe longues tenues répétées la gardent dans une réserve discrète tout le long de la première incise. Elle n’est pas sombre ni même grave\, mais recueillie. Elle ne monte pas. C’est le fond de l’âme qu’elle exprime. Elle enveloppe ainsi Benedicam Dominum d’une révérence gracieuse\, pénétrée de gratitude et de joie profonde. Passé le nom divin\, l’enthousiasme\, jusque là contenu\, l’emporte sur les hauteurs où elle s’épanouit à loisir. C’est alors sur in omni tempore \nla joie tout court. Une joie légère qui se déroule en des formules souples s’élevant toujours plus et s’étirant\, sans souci de finir dirait-on\, comme pour symboliser la gratitude heureuse qui\, elle non plus\, ne voudrait pas cesser de s’exprimer. On notera la dernière incise sur laquelle le mouvement se détend et qui\, alors qu’on croyait tout achevé sur la cadence en ré\, conduit l’idée sur le si où l’on retrouve\, en une nuance délicate\, la joie profonde et tendre du début. \nDans la seconde phrase\, la joie est moins expansive. La première incise s’achève d’ailleurs sur la même cadence en si que la première phrase\, et l’on retrouve sur me la même demi-cadence\, par la clivis do-sol\, que sur ejus. Mais l’enthousiasme renaît\, et plus ardent encore sur la vocalise qui suit\, emportant la mélodie jusqu’au sol et la ramenant\, par des intervalles harmonieux et dans un rythme admirable\, à la trivirga où elle s’arrête longuement\, comme pour y concentrer la joie avant de s’achever sur une cadence en la du IIe mode \nLe verset \nIl commence en sol. Cette modulation brusque vers le grave\, tout à fait en contraste avec l’exultante cadence de meo\, produit une impression de recueillement profond. Aussi bien\, c’est le motif de Dominum qui chante à nouveau sur Domino. Laudabitur anima mea demeure dans cette atmosphère. C’est la formule de laudabimur tota die du Graduel Liberasti nos Domine du XXIIIe Dimanche après la Pentecôte \, mais une quarte au-dessous\, ce qui enlève à la joie dont elle est imprégnée son caractère éclatant. \nLa deuxième phrase\, elle\, chante les doux. Elle est d’une exquise suavité. Audiant\, par le retard de la clivis et la remontée au sol est enveloppé d’une paix baignée de tendresse qui s’exalte peu à peu sur mansueti. La douceur est alors célébrée sur des rythmes d’une grâce achevée. Entre autres cette retombée do-ré-sol-la répétée puis prolongée\, la seconde fois\, par le torculus do-ré-la qui se trouve lui-même redit deux fois\, aussitôt après\, un ton au-dessus. C’est cette succession de quartes descendantes qui donne tant de grâce à ce motif qui va d’ailleurs\, de fluctuations en fluctuations\, en un splendide mouvement vers le sommet. Il s’y épanouit un instant sur quelques neumes délicats\, puis se détend sur les longues tenues de la thésis qui se balancent\, paisibles\, sur le do et sur le la avant d’atteindre le fa. \nA la reprise du chœur la joie exulte à nouveau. Trois temps composés binaires conduisent le mouvement vers un motif très fin où il s’épanouit un instant\, qu’il reprend et d’où il part pour une dernière envolée sur le fa en plein enthousiasme. Il revient alors\, paisible et heureux\, à la tonique par la formule modale si expressive de plénitude. \nALLELUIA\nLE TEXTE\nSeigneur\, Dieu de mon salut\, pendant le jour j’ai crié et pendant la nuit\, devant toi.  \nPs. LXXXVII\, 2. \nCes deux versets\, dans le Psaume\, sont le prélude d’une longue plainte. Il n’y a nulle raison ici de leur donner ce caractère de supplication angoissée. Détachés de leur contexte\, ils prennent un sens ordinaire; on pourrait même traduire clamavi simplement par : j’ai prié. \nL’Église en effet ne fait pas autre chose par ces quelques mots que de dire au Seigneur qu’il en sera de sa prière comme de la louange; elle n’a pas cessé\, elle ne cessera pas. \nLA MÉLODIE\n  \nElle a bien ce caractère de tranquillité\, de paix\, d’abandon qui est l’attitude de la prière simple et confiante. \nIl n’y a rien d’angoissé sur la montée de Domine Deus; c’est un salut gracieux\, plein de révérence\, avec une nuance délicate de joie et de tendresse sur la cadence de salutis meae. \nIn die est en relief par l’arsis qui monte en quarte sur la distropha\, mais Clamavi est une belle thésis toute en repos. Nocte aussi est souligné par le salicus et par la montée vers la dominante\, mais la vocalise du jubilus est un chant de paix\, et non un cri d’angoisse; les rythmes qui se succèdent si réguliers\, ternaires vers les pressus dans la première incise\, binaires vers les notes doubles dans la seconde et la troisième le disent assez. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nIl pria Moyse\, en présence du Seigneur son Dieu et dit : « Pourquoi\, Seigneur\, es-tu irrité contre ton peuple ? Apaise la colère de ton âme. Rappelle-toi Abraham\, Isaac et Jacob\, à qui tu as juré de donner la terre où coulent le lait et le miel. » Et apaisé il devint\, le Seigneur\, quant au mal qu’il avait dit qu’il ferait à son peuple.  \nExode XXXII\, 11\, 13\, 14. \nC’est un texte qui relate un événement historique\, il faut donc le mettre dans son cadre. Pendant que Moyse était sur le Sinaï\, le peuple se prosterna devant le veau d’or. Dieu dit à Moyse : « Le peuple a la tête dure. Laisse-moi; que ma colère s’échauffe et que je le détruise et que je fasse de toi la tête d’une grande nation ». Moyse se mit alors à prier et c’est le résumé de sa prière que nous avons ici : pourquoi te fâcher ? calme-toi\, souviens-toi de tes promesses à nos pères. Dieu alors s’apaisa et revint sur son projet de châtiment. \nC’est sans doute l’Épître\, où il est fait mention de Moyse et l’Évangile\, où il est question de la loi\, qui ont déterminé le choix de ce texte\, mais il vient bien aussi\, après l’épisode du bon Samaritain. \nL’Église nous montre le Seigneur\, dans ce geste de miséricorde comme notre modèle: « soyez miséricordieux comme votre Père céleste est miséricordieux ». Elle fait plus encore. A travers la figure de Moyse et à travers sa prière\, elle fait elle-même le bon Samaritain; elle prie le Seigneur d’épargner à l’humanité les vengeances qui à tant de titres pèsent sur elles… car le veau d’or est toujours debout\, hélas! \nLA MÉLODIE\n  \nIl en est peu d’aussi dramatique. \nLa première phrase\, deux fois répétée\, est comme l’ouverture du drame. Mélodie grave\, un peu triste. Faut-il y voir la honte de l’humanité idolâtre que Moyse portait sur lui et que l’Église porte après lui en souvenir de cet incident ? La nuance en serait assez marquée sur Domini et plus encore sur dixit\, la seconde fois surtout quand le mot\, dépouillé de tout ornement est réduit à la simple cadence sur sol. \nLa prière s’élève alors sur la double note de quare par un mouvement de quarte ascendante qui la fait paraître quelque peu osée. Il est possible que Moyse ait eu\, en cette circonstance où le salut du peuple était en jeu\, plus d’audace avec Dieu qu’à aucune autre heure de sa vie\, mais on aurait tort d’interpréter ce quare comme une mise en demeure présentée au Seigneur d’avoir à s’expliquer sur sa colère. Ce serait aller à l’encontre de l’attitude constante des Juifs qui\, devant le Très Haut\, était de crainte\, voire de terreur. Moyse plaide; sa plaidoirie va être très forte tout à l’heure\, ici elle est humble. On pourrait même dire\, timide. Notez que Dominus est léger\, que les double notes de trasceris sont une distropha et une tristropha\, l’une et l’autre légères aussi\, que les pressus sont thétiques. Je veux bien que dans les manuscrits le second podatus de quare soit un pes quassus et que la première note en soit allongée et appuyée\, mais rien n’indique qu’elle doive être frappée et dure. \nLa supplication s’avive dans la seconde phrase. On sent que Moyse perd peu à peu sa timidité. Il s’enhardit; notamment dans la montée vers la tristropha de parce et sur la double note de animae – une virga et un pes quassus encore – sans excès toutefois; sa réserve respectueuse demeure dans toute la vocalise de tuae. \nMais voici l’argument décisif : le rappel des grand noms et de la promesse qui leur fut faite. Il s’agit de justice cette fois. Moyse n’a plus peur\, il parle fort. Sur l’accent tonique de memento la mélodie monte du sol au ré et s’y fixe\, elle se fait impérieuse et prend de l’ampleur. Il semble que tout le passé se dresse et crie dans la voix de Moyse. Admirable évocation et si expressive sur chaque nom; notez le quilisma et la montée vers la virga allongée du sommet sur Abraham\, le pressus de Isaac\, et sur et les quatre répercussions qui insistent et préparent la montée vers le fa\, grandiose\, solennelle et qui se détend sur Jacob en une cadence enveloppant de vénération gracieuse le nom du Patriarche. \nA cette nomenclature glorieuse et sainte se joint tout de suite le mot de la promesse\, plus que cela\, du pacte d’alliance : quibus jurasti. Mais ce n’est pas ce mot\, pourtant si fort\, que Moyse met en évidence\, c’est terram; la Terre Promise; la terre mystérieuse vers laquelle tant de regards\, tant de désirs se sont portés aux jours de l’oppression\, la terre\, lointaine encore\, vers laquelle tout le peuple marche depuis le Nil et la Mer Rouge\, la terre d’où sortira le Messie. Les mots ici font plus qu’évoquer\, ils décrivent. Sur la distropha répercutée\, qui prolonge la dernière syllabe de terram\, Moyse cherche dans l’espace le pays merveilleux de sa race et\, l’âme remplie de tout ce qu’il en sait\, il module sa joie sur lac et mel en des neumes souples\, fluides\, doux et délectables comme le lait et le miel aux rayons dorés. Il y a là comme au point d’orgue. La prière a pris fin et le Seigneur s’est apaisé. \nLe récitant reprend alors le fil de l’histoire pour chanter cet apaisement divin : Et placatus factus est Dominus… La mélodie passe en fa et\, sur les trois notes de l’accord parfait\, monte vers le mi\, baignée de paix et de joie. Elle enveloppe Dominus de vénération aimante et de gratitude. Sur malignitate\, par un motif doux et gracieux répété deux fois\, elle insiste pour marquer le malheur qui a été évité et l’importance de la grâce obtenue. Et l’allégresse continue jusqu’à ce que\, sur populo suo\, toute la reconnaissance\, la tendresse et la joie se perdent dans la contemplation du peuple élu. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nDu fruit de tes œuvres\, Seigneur\, la terre se rassasiera\, afin que tu fasses sortir le pain de la terre\, et que le vin réjouisse le cœur de l’homme\, et que le visage brille sous l’huile\, et que le pain fortifie le cœur de l’homme. Ps. CIII. 13\, 14\, 15. \nCes trois versets ont été choisis\, cette fois encore\, en raison du temps de la moisson. Ils sont comme une action de grâces que l’Église fait monter vers Dieu. Mais parmi tous les fruits de la terre\, le pain et le vin ont été choisis\, il va de soi\, à cause de la Communion\, et c’est l’Eucharistie qui nourrit les hommes\, les fortifie et les rassasie de joie qu’elle chante\, en fait; et avec quelle actualité vivante\, au moment même où se réalise le sacrement de vie. \nLA MÉLODIE\n  \nLa première phrase est très simple\, presque syllabique. Mais quel beau rythme plein de joie sur ces trois notes qui vont et viennent du fa au la et du la au fa! \nLa même simplicité continue dans la seconde jusqu’à ce que la joie du vin soit mise en relief par une arsis plus exultante. \nDans la troisième\, il y a plus de vie encore sur exhilarant qui s’épanouit comme un sourire heureux. Le mouvement se détend ensuite en une très belle thésis sur in oléo. Après une belle arsis qui chante l’Eucharistie sur et panis cor hominis la phrase s’achève\, très douce et très simple sur les quatre notes de confirmet. \n  \n\nCantiques pour tous les temps\nPolyphonies pour tous les temps\n\n  \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Dixième dimanche après la Pentecôte
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : Mort de Jézabel. Règne d’Athalie. (IV Rois. IX. X) \nÉPÎTRE : le Saint-Esprit inspire tout en nous pour l’utilité commune. En dehors de lui rien de bon ne peut venir de nous. (I Cor. XII. 2-11). \nÉVANGILE : Le Pharisien et le publicain. (Luc. XVIII. 91. 4) \nIDÉE CENTRALE : Il semble que l’on peut tout ramener autour de l’épître. Rien de bon ne se fait en dehors de l’Esprit du Christ qui est en nous pour nous guider et nous utiliser en vue du bien commun. Nos propres actions peuvent avoir des effets heureux\, mais qui passent. \nL’exemple de Jézabel celui d’Athalie et celui du Pharisien sont typiques. Ils ont agi par orgueil; ils finissent mal. Le Publicain par contre est justifié et exalté parce qu’il a utilisé l’Esprit qui l’inspirait. La collecte elle-même peut être entendue dans ce sens\, car nous ne « courrons vers les biens promis » que sous l’inspiration et la conduite de l’Esprit; c’est donc la docilité à l’entendre et à le suivre que nous demandons en fait à la Toute-Puissance de Dieu. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nComme j’invoquais le Seigneur\, il entendit ma voix (et me mit à l’abri) de ceux qui me cherchaient. Et il les a humiliés\, lui qui est avant les siècles et demeure éternellement. Jette ta pensée sur le Seigneur et lui-même prendra soin de toi. Ps. – Exauce\, Dieu\, ma prière et ne dédaigne pas ma supplication. Écoute-moi et exauce-moi. Ps. LIV. 17\, 18\, 20\, 29\, 2. \nLe Psalmiste qui\, dans la première partie du Psaume\, s’est lamenté sur le mal que lui font ses ennemis\, se remémore\, pour se donner confiance\, ce que le Seigneur a fait pour lui dans le passé et s’exhorte à tout lui abandonner une fois de plus : « jette ta pensée\, ton souci sur le Seigneur… » \nAu sens liturgique\, l’Église se rappelant\, elle aussi\, les bienfaits répétés du Seigneur\, s’exhorte\, et exhorte les siens\, à s’en remettre à lui ou plus précisément à son Esprit qui a mission de nous guider et de nous garder. \nLA MÉLODIE\nLes deux premières phrases\, comme dans le texte\, ne sont qu’un récitatif\, mais l’auteur l’a voulu très orné et très expressif. \nLa succession de quatre temps composés ternaires en mouvement arsique donne au début de la première phrase quelque chose de décidé\, de vif même\, et de joyeux aussi\, comme si après une longue délibération l’âme mettait en pratique\, sur le champ\, la décision qu’elle vient de prendre : « tu as été exaucée jadis\, jette encore ton souci sur le Seigneur ». Le mouvement s’épanouit sur la tristropha de exaudi en une nuance délicate qui évoque les souvenirs heureux Après une légère détente il rebondit sur appropinquant; la bivirga y met comme une touche de terreur\, au souvenir des ennemis menaçants. \nDans la deuxième phrase\, la mélodie\, d’abord très calme\, s’anime peu à peu sur humiliaviteos. Ce sont les souvenirs heureux qui continuent. Mais sur qui est ante saecula et manet in æternum à l’idée de l’éternité de Dieu\, si magnifiquement décrite en ces quelques mots\, une sorte de grandeur mystique la pénètre. Notez les deux doubles notes de qui est ante saeculamanet qui fixent la mélodie sur do et les deux pressus qui\, par degré\, la ramènent à la tonique. C’est noble\, grand\, somptueux comme un cortège royal. \nTout autre est la dernière phrase. On sent l’âme comme déchargée du poids de son souci et heureuse de faire partager aux autres son expérience. Son chant s’allège; il monte joyeux vers Domino qu’il enveloppe d’un motif aimable puis met te en un admirable relief; soit qu’elle se parle à elle-même ou qu’elle s’adresse à un ami\, elle sait et dit avec insistance combien\, malgré sa petitesse et son indignité\, elle est précieuse devant le Seigneur. Ce texte est celui du graduel du IIIe Dimanche après la Pentecôte. Dans un genre différent l’expression est la même. On aura profit à le constater\, notamment sur te\, où l’insistance est également remarquable. \nLa prière se fait alors\, dans le psaume\, légère et riche d’espoir. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nGarde-moi? Seigneur\, comme la pupille de l’œil. Sous l’ombre de tes ailes protège-moi. Verset. – De ton visage que ma justification sorte\, que tes yeux voient l’équité. Ps. XVI. 8. \nCes versets par lesquels\, sous des images si expressives\, David demandait à Dieu de le garder\, comme son bien précieux\, dans la chaleur de son amour et de le juger avec un visage plein de la joie de son innocence\, servent ici à l’Église pour solliciter la même protection et la même justice. Elle a bien des dangers autour d’elle\, bien des attirances mauvaises s’exercent sur ses membres par les idoles muettes dont parle Saint Paul dans l’Épître; elle voudrait qu’ils demeurent sous cette conduite de l’Esprit qui les fasse penser\, juger\, vouloir selon Dieu. Prière de l’Église. Prière de chacun de nous… Custodi me Domine. \nLA MÉLODIE\nLa première phrase a un caractère d’intimité très marqué. C’est comme une prière du fond de l’âme\, confiée\, murmurée à un ami. La mélodie ne dépasse pas la tierce dans la première incise; mais\, dans cette réserve humble et familière à la fois\, quelle pression sur l’être cher qui peut aider ! Notez la double note de me qui fait la voix s’y appuyer comme en un accent de détresse et la thésis qui suit; plainte délicate qui devient prière intense sur les longs neumes de Domine. Il y a sur pupillam un petit élan qui entraîne la mélodie vers le sib\, mais si retenu\, si timide\, avec cette plainte à peine émise\, émouvante\, et qui s’étend jusqu’à la dernière note de oculi. \nDès le début de la seconde phrase il y a un changement. L’arsis est mouvementée\, avec de grands intervalles qui portent la prière sur les pressus de umbra et de alarum. Ce n’est pas que la supplication soit angoissée ni même plus intense : la mélodie s’est seulement éclairée. La sérénité du mode de fa pénètre tout et\, sur alarum\, se dessine le motif des grandes allégresses du Ve mode. Incontestablement\, c’est la joie. La cadence en mi de tuorum apporte à cette joie une nuance de repos qui se poursuit sur protege\, s’étale\, s’élargit jusqu’à la cadence qui ramène tout en re\, mais seulement pour finir. C’est comme si l’âme se trouvait enfin dans le refuge sollicité et\, blottie dans les bras du Père\, lui disait\, tranquille désormais\, apaisée\, joyeuse\, sous cette protection divine: « sous tes ailes étendues garde-moi bien ». \nLe verset \nLa prière continue\, mais différente; ce n’est ni le murmure d’intimité\, ni la joie parfois éclatante de la première partie. Il y a ici plus de paix et de sérénité. C’est d’abord pour chanter vultu tuo comme un bercement léger sur la sol puis sur do la et une cadence paisible sur fa. L’âme contemple le visage aimé\, c’est tout. Cette contemplation se prolonge sur Judicium meum. Ce n’est que sur prodeat que monte un accent de supplication\, très beau d’ailleurs dans sa simplicité. \nDans la seconde phrase\, la joie revient. Elle est aussi marquée que sur sub umbra dans la première partie mais\, ici\, toute contemplative. Notez plutôt la douce paix de la vocalise de tui qui monte et descend par degrés conjoints sur des rythmes d’une grâce exquise. \nCes deux premières phrases chantaient la joie de la Rédemption entrevue par-delà le péché\, dans le Graduel de la messe du Mercredi des Cendres. \nSur videant le mouvement s’amplifie et la supplication domine à son tour\, fervente\, avec une nuance de plainte assez marquée sur la dernière syllabe \nALLELUIA\nLE TEXTE\nA toi convient\, un hymne\, ô Dieu\, dans Sion. Et à toi on acquittera un vœu dans Jérusalem. Ps. LXIV. 2. \nAprès la  demande du Graduel\, l’action de grâces. L’âme a trouvé un chaud refuge sous les ailes protectrices; elle peut dire maintenant sa louange et le vœu qu’elle accomplira pour témoigner de sa gratitude. \nOn attendait sur ce texte qui évoque Jérusalem et les cérémonies du Temple une joie plus exubérante\, celle-ci est sans emphase\, simple\, intime comme celle du Graduel. \nLA MÉLODIE\nLes podatus de la première incise ne font en somme que conduire le mouvement vers Deus\, enveloppé\, lui\, d’une belle révérence\, aimable\, gracieuse et d’une grande délicatesse par la cadence en si. L’incise qui suit est toute consacrée à Sion qui\, comme toujours\, est chantée avec amour. L’âme contemple la Cité Sainte\, l’Église\, le Ciel\, et s’enflamme peu à peu de désir; notez le pressus\, la distropha\, la répercussion\, les deux notes doubles\, et le pressus; il y a là un mouvement dont l’ardeur monte\, encore qu’elle soit retenue. \nLa deuxième phrase est plus développée. Chaque mot a son motif\, si l’on peut dire. Tibi\, bien en relief au sommet\, s’achève sur la même nuance délicate de Deus\, une quarte au-dessus; reddetur a la ferveur de la promesse et de la gratitude à la fois\, sur la distropha\, la répercussion et la cadence en demi-ton par la clivis allongée et le pressus; votum\, hanté comme Sion et Jérusalem\, déroule sa longue vocalise contemplative dans un rythme d’une ordonnance admirable où la joie et l’amour se mêlent en des motifs simples à travers lesquels passe le désir de la Cité Sainte… et du Ciel où tout ne sera que louange et gratitude. \nOFFERTOIRE\nC’est celui du Ier Dimanche de l’Avent . Son caractère de prière très humble convient admirablement ici après la parabole du Pharisien et du Publicain. Il est l’expression de cette âme très simple priant au bas du Temple\, et qui fut justifiée et exaltée. Il doit être l’expression de notre confiance abandonnée montant avec le sacrifice vers le Père qui nous donnera en retour l’Esprit et ses dons pour nous guider vers la Cité Sainte\, où\, dans la Gloire du Christ\, nous serons à jamais exaltés pour avoir partagé son abaissement. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nTu accepteras le sacrifice de justice\, les oblations et les holocaustes sur ton autel\, Seigneur. Ps. L. 21. \nTrès belle adaptation à la Communion du dernier verset du Miserere. Et quelle belle conclusion de toute la messe ! Nous avons jeté nos soucis sur le Seigneur à la fin de l’Introït\, nous lui avons demandé\, dans le Graduel\, de nous couvrir de l’ombre de ses ailes\, nous lui avons dit notre gratitude dans l’Alleluia\, à l’Offertoire\, nous offrant avec son Fils\, nous avons affirmé notre confiance en sa venue. Nous avons maintenant l’âme telle qu’il la veut. Il peut venir prendre en nous la place du Maître et recevoir nos holocaustes et nos oblations. Il ne saurait les refuser\, car elles lui viennent à travers son Fils qui nous a transformés en lui. \nLA MÉLODIE\nElle est aimable\, familière\, douce. Il n’y a pas de sentiment particulièrement marqué mais une égalité d’âme paisible. C’est le mot altare qui l’emporte; il a une belle expression de respect\, de révérence profonde et aimante. \n\nCantiques pour tous les temps\nPolyphonies pour tous les temps\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Temporal
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