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SUMMARY:Fête du Précieux Sang de Notre Seigneur
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nCe qui est célébré en cette fête c’est d’abord le sang de NotreSeigneur qu’il a versé pour nous racheter à la circoncision\, à l’agonie et tout le long de sa Passion\, jusqu’à sa mort … et après. Mais c’est plus que cela. Ce n’est pas le sang lui-même qui nous a sauvés\, c’est la personne qui s’est livrée à ceux qui l’ont répandu. Le sang ici est le symbole de la Rédemption et c’est en fait le Christ\, rédempteur du monde par son sang\, qui est l’objet de la fête. \nInstituée en 1849 par Pie IX en action de grâces pour la délivrance de Rome par les Français le 1er juillet\, elle fut d’abord célébrée le premier Dimanche de ce mois. Pie X la fixa à la date exacte de l’évènement qu’elle commémore. En 1934 Pie XI l’éleva au titre de double de première classe à l’occasion du dix-neuvième centenaire de la Rédemption. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nTu nous as rachetés\, Seigneur\, par ton sang de toute tribu et langue et peuple et nation et tu nous as faits à notre Dieu\, un Royaume.\nPs. Les miséricordes du Seigneur\, éternellement je chanterai. De génération en génération je dirai ta fidélité par ma voix. Apoc. V. 9. 10. – Ps. LXXXVIII\, 2. \nCes paroles sont le début du « Cantique nouveau » qu’il fut donné à Saint Jean d’entendre dans sa vision de Pathmos. \n« Et je vis au milieu du trône\, et des quatre animaux\, et au milieu des vieillards\, un Agneau debout comme immolé …Et quand il prit le livre les quatre animaux et les vingt-quatre vieillards tombèrent devant l’Agneau\, ayant chacun une cithare et des coupes d’or pleines de parfums\, qui sont les prières des saints. \nEt ils chantaient un cantique nouveau disant : «Digne tu es de prendre le livre et d’en ouvrir les sceaux parce que tu as été immolé. Et que tu en as racheté pour Dieu en ton sang de toute tribu\, et langue et race et peuple et nation et que tu les as faits pour notre Dieu royaume et prêtres et ils règneront sur la terre. » \nHommage de la terre et du ciel\, du temps et de l’éternité\, des peuples et des individus au Christ qui les a rachetés de son sang et fait avec lui et en lui son Royaume sacerdotal.\nIl ne pouvait être de choix plus heureux pour chanter le sang divin par qui furent faites cette rédemption et cette divinisation. \nLA MÉLODIE\nLa première phrase et une partie de la seconde sont empruntées à l’Introït Cognovi du Commun des Saintes femmes. Le reste sont des fragments des Introïts Conféssio de Saint Laurent\, Omnia quae fecisti et Dum Clamarem du XXe Dimanche et du Xe Dimanche après la Pentecôte. Le tout\, parfaitement fondu\, fait comme une triple acclamation. La première\, d’abord quelque peu retenue par les deux premiers temps ternaires de Redemisti monte de plus en plus ardente vers Domine et sanguine. Une détente brève\, et la seconde s’élève dans la même ardeur sur tribu et populo\, renforcée là par la répercussion de la distropha. La troisième\, elle\, s’étale tout de suite sur fecisti où elle revêt\, sur la virga pointée et la tristropha\, un caractère de contemplation\, comme si l’Eglise\, à l’évocation de ce royaume né du Précieux Sang\, demeurait suspendue dans l’admiration et la gratitude. La détente\, avec la très belle reprise sur nostro\, demeure dans le même sentiment. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nCelui-ci est Celui qui vient par l’eau et par le sang: Jésus-Christ. Non dans l’eau seulement. Mais dans l’eau et le sang. \nVerset. – Ils sont trois qui donnent témoignage dans le ciel: Le Père\, le Verbe et l’Esprit-Saint. Et ces trois sont un. Et ils sont trois qui donnent témoignage sur la terre: l’Esprit\, l’Eau\, et le Sang. Et ces trois sont un. I. Jean\, V. 6\, 7\, 8. \nSaint Jean a écrit ces paroles pour confondre les hérétiques de son temps qui soutenaient que l’homme-Jésus n’aurait été uni au Christ\, homme-céleste venu d’auprès du Père\, que depuis son baptême et jusqu’avant Sa passion. Tandis que le Christ\, spirituel et donc impassible\, s’éloignait de lui\, l’homme-Jésus aurait ainsi été seul à mourir et à ressusciter. \nContre cette erreur\, l’Apôtre affirme que le Christ est venu\, non seulement par l’eau\, c’est-à-dire le baptême\, mais par le sang\, qui s’entend ici de sa conception dans le sein de Notre-Dame et de sa mort sur la Croix. De celà\, trois témoignent dans le ciel : Le Père\, le Verbe et le Saint-Esprit; les trois sont d’accord. Et trois témoignent sur la terre: L’Esprit\, qu’il faut entendre ici au sens de l’Eglise\, à travers laquelle il agit; l’eau et le Sang qu’il a vus\, lui Jean\, couler du côté du Seigneur Jésus au moment où les phénomènes effrayants attestaient la mort du Fils de Dieu. Ces deux derniers témoins\, symbole de purification et de vie\, sont devenus la réalité du Baptême et de l’Eucharistie qui nous incorporent au Christ mort et ressuscité. \nC’est évidemment l’évocation du Précieux Sang qui a déterminé le choix de ces versets pour la fête. Il faut en laisser le côté apologétique et n’y voir que l’évocation du Christ souffrant accepté par le Père pour le paiement de notre rachat. Le Graduel alors\, paraphrasant l’Epître\, sera la louange de l’Eglise chantant sa reconnaissance au médiateur de la Nouvelle Alliance\, entré avec son propre sang dans le Saint des Saints éternel\, pour y poursuivre son œuvre de médiation et de propitiation. \nElle est la reproduction\, à peu près note pour note\, de celle du Graduel Speciosus forma du Dimanche dans l’octave de Noël. On voudra bien se reporter à l’analyse détaillée qui en a été donnée alors. \nEvidemment l’application ne vaut pas l’original. Il manque ici l’admirable lyrisme du Cantique de l’Epouse qui inspira les nuances si délicates de la mélodie. Il reste que certains mots y trouvent une très heureuse expression: Qui venit\, dans la première phrase\, vibrant de joie enthousiaste\, et sanguine\, grave et doux\, cœlo et terram qui riment dans les deux phrases du verset … \nALLELUIA\nLE TEXTE\nSi le témoignage des hommes nous acceptons\, le témoignage de Dieu est plus fort. I Jean V. 9. \nC’est la suite du texte du Graduel et la conclusion de l’argument apologétique de Saint Jean. De cette phrase sans lyrisme\, on a voulu faire une louange; elle s’y prête peu\, il faut bien le reconnaître\, du moins dans la première partie. La seconde\, séparée de l’autre\, peut le devenir. C’est sur elle qu’il faut centrer la pensée pour en faire un hommage de fidélité et de reconnaissance au Dieu qui nous a donné tant de lumière. \nLA MELODIE\nElle est calquée sur celle de l’Alleluia Domine Deus salutis meae du XIIe Dimanche après la Pentecôte. Le texte ici ne s’harmonise pas avec son caractère de prière paisible\, dans la première phrase surtout. Dans la seconde\, l’adaptation est plus heureuse. La montée à la dominante de testimonium met en relief\, fort à propos\, l’infinie valeur du témoignage de Dieu\, la thésis se courbe pleine de vénération sur Dei et la reprise arsique de majus est renforce l’idée de grandeur et de vénération. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nLe calice de bénédiction que nous bénissons\, n’est-ce pas la communion au sang du Christ ? Et le pain que nous rompons\, n’est-ce pas la participation au corps du Christ ? I. Cor. X. 16. \nCette parole\, que Saint Paul adressait aux Corinthiens pour les rappeler à la pratique loyale de la vie du Christ devient ici une sorte de paraphrase à la fois de l’Evangile et de l’offrande de la matière du sacrifice qui se fait au moment où on la chante. La phrase est interrogative mais elle ne comporte ni aucun doute\, ni même aucune nuance d’argumentation poussée. Elle est au contraire l’expression d’une conviction forte qui monte au plus profond de l’âme toute recueillie sur le mystère ineffable. \nLA MÉLODIE\nC’est une contemplation\, comme une parole intérieure dite dans l’intimité et qui ne s’extériorise qu’autant qu’il est nécessaire pour exprimer l’admiration\, la tendresse\, la reconnaissance dont elle est pénétrée. \nToute recueillie dès le début\, sur la tristropha de l’intonation\, l’âme se laisse aller simplement à chanter\, sur les paroles de bénédiction qui suivent\, la joie qu’elle a de pouvoir participer au calice du Christ. Elle ne cherche pas à se livrer\, elle chante pour elle-même. De là la paix heureuse des cadences de benedictionis et de benedicimus et le legato de tous les neumes entre eux. Si l’expression monte peu à peu à partir de benedicimus\, c’est que\, à l’évocation plus précise du Sang Rédempteur\, le sentiment devient plus vif. Il n’y a d’ailleurs dans cette montée à la dominante aucun intervalle hardi\, aucune ardeur poussée. La paix de la contemplation demeure. La seconde phrase n’a pas cet élan. Elle est plus grave. Le motif de nonne\, de la première phrase. revient bien sur nonne\, ici encore\, mais à la quinte inférieure\, et toute la fin est très contemplative. Il faut noter particulièrement les cadences des deux phrases en suspens sur sol et sur mi\, elles sont ainsi parfaitement adaptées à la forme interrogative du texte; mais comme cette finale inachevée sert bien aussi l’attitude de l’âme quittant comme inconsciemment la contemplation qui chante\, pour la contemplation silenciense! \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nLe Christ une fois s’est offert pour effacer les péchés d’un grand nombre. Une seconde fois\, sans le péché\, il apparaîtra pour ceux qui l’attendent comme le salut. Haeb. IX. 28. \nEvocation des deux venues du Christ est fort heureuse au moment où les fidèles reçoivent le Sang précieux qui les purifie et qui va être dans leur âme source de vie éternelle. \nLA MÉLODIE\nL’Eglise s’est inspirée de la mélodie de la Communion du Dimanche de la Passion. Mais les paroles ici n’ont rien de commun avec l’Hoc Corpus. Aussi l’expression est-elle tout autre. \nLa première phrase\, à elle seule\, est paisible et douce\, mais il y manque la bonté tendre et la mélancolie prenante qui font de la Communion de la Passion un chef-d’œuvre. La cadence sur sol les détruirait d’un coup si seulement elles commençaient de naître et\, plus encore\, les mots évocateurs du triomphe à venir dont est faite toute la seconde phrase. \nL’ensemble est bien ordonné – à condition qu’on ne pense pas au modèle – la montée sur apparebit très heureuse\, de même la tristropha qui concentre le désir de cette venue glorieuse\, avant de le laisser se détendre sur la finale assurée et pleine de bonheur. \nUnique ! Le coffret contenant tous les fichiers (épîtres\, évangiles et préface) sur 1 CD au format MP3 + tous les textes des épîtres et évangiles enrichis sur 1 CD.
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SUMMARY:Septième dimanche après la Pentecôte
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron. \n\n\n\nINTROÏT \n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nToutes les nations\, battez des mains. Acclamez Dieu en un cri de jubilation. Ps. – Car Dieu\, très élevé\, est terrible; Grand Roi sur toute la terre. Ps. XLVI. 2\, 3. \n\n\n\nCes versets du Psaume XLVI\, qui chante le retour triomphal du roi\, surprennent en ce simple Dimanche après la Pentecôte. \n\n\n\nOn ne saurait dire comment cet Introït\, qui fut autrefois celui de la Vigile de l’Ascension\, est entré dans cette messe du VIIe Dimanche. Peut être y fut-il amené par la lecture du récit de l’avènement de Salomon qui faisait sans doute partie des leçons de Matines autrefois. Quoi qu’il en soit\, c’est l’Église qui incite les peuples à louer le Seigneur\, dans la joie de la moisson\, pour tous les bons fruits qu’il a fait produire à la terre : ceux des plantes et des arbres\, car c’est le temps où ils mûrissent et ceux du monde spirituel dont il nous sera parlé\, à savoir\, les âmes que le Seigneur cueille et fait monter dans son grenier\, près du Fils déjà arrivé\, premier de l’immense moisson. \n\n\n\nLA MÉLODIE \n\n\n\nElle nous ramène la joie des Dimanches après Pâques. Quelle belle invitation\, vibrante\, pénétrée de cette force communicative qui entraîne d’elle-même ! \n\n\n\nQu’y a-t-il dans les trois premières notes : de l’autorité ? ou seulement une insistance qui veut convaincre ? Ne serait-ce pas plutôt que l’Église condense sa joie sur cette trivirga avant de la laisser monter ? Dans toute cette première phrase en effet\, la mélodie demeure dans le grave et s’étale plutôt qu’elle ne monte. L’exaltation ne commence\, et combien discrètement\, que sur l’accent de plaudite qui\, lui\, vraiment\, sonne comme un claquement de mains. Mais comme elle monte enthousiaste\, exubérante sur Jubilate ! forte et légère à la fois. Deo se courbe plein de vénération et la joie\, redevenue grave\, se continue jusqu’à la fin à travers les intervalles pleins de sérénité du VIe mode. \n\n\n\nQuelle que soit l’interprétation que l’on donne aux notes longues de omnes elles doivent être bien posées; ce sont trois virgas épisématiques\, et c’est encore une virga qui se joint au podatus qui suit\, juste avant le porrectus. Par contre\, tout le reste de l’incise est léger. La double note plaudite est aussi une bivirga épisématique; l’articulation sera ferme. Toute la phrase d’ailleurs doit avoir une vie intense et le mouvement entraînant de tout invitation joyeuse. \n\n\n\nGRADUEL \n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nVenez\, enfants\, écoutez moi. La crainte du Seigneur je vous enseignerai. Verset. – Allez à lui et vous serez rassasiés. Et nos visages ne seront pas couverts de honte. Ps. XXXIII. 12\, 6. \n\n\n\nDavid\, dans le Psaume XXXIII\, chante d’abord sa reconnaissance; il a prié\, il a été exaucé. Il veut ensuite faire profiter les autres de son expérience. Il les appelle et leur dit ce qu’ils doivent faire pour avoir le bonheur qu’il a eu : pratiquer la crainte du Seigneur. Pas la crainte qui fait fuir ou qui rend défiant\, timide\, mais celle qui n’est que le souci de ne pas déplaire ou\, mieux encore\, ce mélange mystérieux de respect et de tendresse familière qui va naturellement de l’enfant au Père : « Allez au Seigneur et vous sentirez votre âme en paix\, et votre visage brillera de joie ». \n\n\n\nIci\, ne n’est plus David qui parle. Dans la première partie\, c’est le Christ. Il nous invite à écouter la sagesse qui lui est venue du Père et qu’il nous disperse\, par l’Église et par son Esprit dans l’intime de notre âme\, lorsque nous allons à lui. Dans le verset\, c’est l’Église qui nous pousse à suivre l’invitation. « Allez à la parole divine\, elle dilatera votre cœur et votre visage. » \n\n\n\nLe Graduel conduit ainsi tout droit à l’Évangile où le Christ va nous faire entendre sa divine Sagesse. \n\n\n\nLA MÉLODIE \n\n\n\nIl y a dans l’intonation une douceur aimable et aimante qui est bien dans le ton du Christ-Jésus. Notez la double note de Venite avec sa délicate pression\, les neumes qui se succèdent par degrés conjoints dans la tierce majeure fa la et l’épisème horizontal de filii qui fait la cadence retomber avec une grâce si attirante. Audite me a le même caractère\, et prend bien\, autour de la dominante\, un peu plus de vie\, mais l’invitation n’est pas poussée\, elle demeure aimable et douce. \n\n\n\nLa deuxième phrase a moins le caractère d’un appel. C’est comme un chant de joie dans lequel le Christ laisse passer le bonheur qu’il aura à nous faire connaître et expérimenter cette révérence toute pénétrée d’amour qui fait la béatitude des élus devant la face de Dieu. La cadence sur vos qui achève cette si fluante thésis est très caractéristique de ce bonheur profond qui s’épanouit d’ailleurs à loisir sur la belle formule de la fin. \n\n\n\nLe Verset. \n\n\n\nL’invitation ici est d’abord très ardente. Les trois notes de accedite qui vont d’un trait à la dominante et appuient leur élan sur la bivirga qui fait pressus\, nous poussent vraiment\, mais ce n’est qu’une nuance\, très heureuse d’ailleurs. La longue vocalise qui suit revêt\, presque aussitôt qu’elle commence\, un caractère contemplatif. L’Église\, prise par ce qu’elle sait de cette sagesse du Christ dont elle a l’expérience de tous les instants chante le bonheur qu’elle y goûte; c’est sa joie et son amour qui montent vers eum et\, à nouveau\, plus extasiés encore\, sur illuminamini. A la fin de la phrase\, elle semble se ressaisir. Très simplement\, mais toujours dans le joie\, elle revient à ceux qu’elle invite et leur dit que le bonheur qu’ils goûteront près du Seigneur se reflétera jusque sur leur visage. \n\n\n\nALLELUIA \n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nCe sont à nouveau les paroles de l’Introït. Chantées après le Graduel\, elles peuvent être entendues comme une invitation à nous réjouir d’avoir\, dans la personne de Notre-Seigneur et dans son Église\, la Sagesse de Dieu toujours à notre portée. \n\n\n\nLA MÉLODIE \n\n\n\nElle ne ressemble en rien à celle de l’Introït\, non seulement du point de vue de la forme\, il va de soi\, mais du point de vue de l’expression; du moins dans la première phrase. Le long développement de gentes fait l’invitation plus persuasive qu’entraînante\, encore que le salicus de omnes et la trivirga de gentes – car c’en est une – aient une force bien accentuée. La joie aussi est moins vive\, moins éclatante\, moins extérieure. L’Église semble s’y complaire au lieu d’avoir le souci de la communiquer. Elle est bien là tout de même\, dans la courbe gracieuse qui couronne le sommet de gentes\, dans le motif si simple\, si léger de plaudite\, deux fois répété et qui va s’épanouir en une grâce achevée sur les hauteurs\, enfin dans la retombée si mesurée et si souple de manibus. \n\n\n\nTout change brusquement\, au début de la seconde phrase. La montée vers le si fortement accusée par le pressus\, donne à jubilate un élan de vie qui\, cette fois\, cherche vraiment à se communiquer. L’invitation\, du coup\, devient pressante\, et de plus en plus\, à mesure que la mélodie se développe sur la montée de Deo et sur les pressus de voce. Sur exultationis la joie pure\, peu à peu\, domine à nouveau. L’entrain est toujours là\, mais sans avoir le souci d’entraîner\, si l’on peut dire; la joie se suffit\, elle entraîne par elle-même. \n\n\n\nOFFERTOIRE \n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nComme un holocauste de béliers et de taureaux et comme (l’holocauste) de mille béliers gras\, qu’ainsi soit notre sacrifice en ta présence aujourd’hui\, afin qu’il te plaise\, car il n’y a pas de confusion pour ceux qui se confient en toi\, Seigneur. Daniel. III. 40 \n\n\n\nC’est l’invocation d’Azarias\, debout au milieu de la fournaise dont les flammes s’écartent autour de lui. Il prie au nom de ses deux compagnons avant qu’ils ne se joignent à lui dans le cantique Benedicite. « Il n’y a plus pour nous ni prince\, ni chef\, ni prophète\, ni holocauste\, ni sacrifice\, ni oblation\, ni encens\, ni endroit pour apporter devant toi les prémices\, afin que nous puissions obtenir miséricorde. Mais\, Seigneur\, reçois-nous le cœur contrit et l’esprit humilié… comme tu reçois un holocauste de béliers… que notre sacrifice soit devant toi… » Le prêtre récite cette admirable prière incliné\, après l’offrande du vin\, à la messe. \n\n\n\nCeci indique assez que cet offertoire a été fait plutôt pour accompagner l’offrande du sacrifice\, que pour paraphraser l’Évangile. Mais en fait il réalise les deux car cette offrande extérieure n’est que le symbole de l’offrande de nous-même qui se fait au fond de l’âme\, et celle-ci\, c’est le bon fruit dont Notre-Seigneur parle dans l’Évangile et que le Père accepte dans la joie. \n\n\n\nL’église\, dans ses difficultés de toutes sortes qui sont sa vie et la vie de ses membres\, le chante comme le chantaient les trois enfants dans la fournaise\, dans la même confiance\, englobant dans cette offrande tous les sacrifices de tous ses membres qui\, ici et là\, à chaque seconde\, viennent se mêler au sacrifice du Christ et s’ajouter aux sacrifices très imparfaits des taureaux\, à celui des trois enfants\, à ceux de tous les juifs et de tous les Chrétiens pour former devant le Père\, qui les voit tous de son regard divin\, le fruit du bon arbre de la terre qu’est la Croix sur laquelle meurt le Christ. \n\n\n\nLA MÉLODIE \n\n\n\nC’est un chant très simple\, une prière qui offre\, mais sans pression\, et qui s’achève dans un acte de confiance en la justice de Dieu. \n\n\n\nLe caractère de prière est accusé dès l’intonation par la montée de sicut\, retenue\, grave\, et à laquelle le sib donne un ton d’humble révérence très à sa place; c’est le premier thème. \n\n\n\nIl y a une progression assez nette sur et taurorum\, elle s’accentue sur le second sicut en proportion de la valeur des victimes; notez le thème de l’intonation repris à la quarte supérieure. La cadence de cette première phrase va devenir le second thème\, repris en progression sur fiat et sur sacrificium. \n\n\n\nC’est l’offrande proprement dite. La supplication est un peu plus poussée. Elle prend de l’éclat sur in conspectu\,  avec une note de joie qui l’éclaire\, et où l’on trouve déjà la confiance qui va chanter dans la dernière phrase. La cadence se fait sur le troisième thème. Il est assez apparenté au second mais s’achève sur  un motif du Ve mode paisible\, assuré\, et qui donne quelque chose d’aimable\, de familier à la prière. \n\n\n\nCe thème est repris sur quia non au début de la phrase suivante\, comme le second l’a été au début de la deuxième phrase\, après avoir été annoncé à la fin de la première. \n\n\n\nOn l’entend à nouveau sur confidentibus in te Domine. Il est prolongé là par un très beau motif\, deux fois répété\, qui achève l’offertoire dans une atmosphère de paix nuancée de tendresse. \n\n\n\nCOMMUNION \n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nIncline ton oreille\, hâte-toi\, afin de nous délivrer. Ps. XXX. 2\, 3. \n\n\n\nC’est la fin de l’Offertoire du dimanche précédent. Prière très simple de l’âme qui sent tout ce qu’a de difficile la production du bon fruit\, tout ce qui s’oppose à sa croissance\, et qui\, prise par la béatitude que met en elle la grâce du sacrement\, demande au Christ-Jésus de la délivrer de tout ce qui retarde la moisson de mûrir… et d’être engrangée dans les greniers du Père. \n\n\n\nLA MÉLODIE \n\n\n\nLa première phrase est toute simple\, avec une cadence sur le la qui en fait une prière d’une extrême délicatesse. \n\n\n\nElle prend\, dans la seconde phrase\, le ton suppliant d’un enfant qui presse plus qu’il n’exige. La cadence de accelera prépare le mot de la prière\, qui se fait insistante par la triple répétition du petit motif sol la sol fa et\, plus encore\, par la dernière note qui arrive sur mi avec toute la force de la supplication. \n\n\n\n\nCantiques pour tous les temps\n\n\n\nPolyphonies pour tous les temps\n\n\n\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Huitième dimanche après la Pentecôte
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n  \nINTROÏT\nLE TEXTE\nNous avons reçu\, ô Dieu\, ta miséricorde au milieu de ton temple. Comme ton nom\, ainsi ta louange s’étend jusqu’aux confins de la terre. De justice est pleine ta main. Ps. – Grand est le Seigneur et digne de louange dans le Cité de Dieu sur la montagne sainte. Ps. XLVII\, 10\, 11\, 1. \nLe Psaume XLVII est un cantique de pèlerinage à Jérusalem. Il commence par un cri d’admiration : « Grand est le Seigneur. » Suit la description de la ville. Il y a alors\, pour le moment où le pèlerin est dans le Temple\, une strophe qui chante sa reconnaissance. « Nous avons reçu\, ô Dieu\, ta miséricorde au milieu de ton Temple… Ta louange est partout car ta main est pleine de justice ». Et par ce dernier mot\, est évoquée sans doute la fidélité de Dieu à ses promesses. \nÉvidement\, il ne s’agit pas ici du Temple de Jérusalem\, encore qu’il ait été le sujet des leçons de Matines. Ces versets du psaume n’ont d’autre objet que de dire à Dieu notre reconnaissance pour les grâces innombrables que nous avons reçues de lui. \nEn tout premier lieu\, pour le don de son Esprit qui a mis en nous la vie divine et qui l’entretient et qui nous pousse\, par son action incessante\, à la vivre à plein…Et pour tout le reste que chacun sait pour soi. \nCes grâces\, nous les avons reçues dans son Temple : qu’on l’entende des Églises matérielles ou de l’Église spirituelle ou seulement de notre âme qui est bien le Temple du Dieu vivant. \nAinsi\, pour tout ce qu’il lui a dispensé\, à elle et à chacun de ses membres\, l’Église remercie Dieu par ce chant de louange qu’elle voudrait voir s’étendre aussi loin que son nom : jusqu’aux extrémités du monde. \nLA MÉLODIE\nLa première phrase est douce\, tranquille. C’est une évocation toute simple des heures qui furent remplies des dons de Dieu. L’âme la chante dans le joie\, sur le motif du Gaudeamus et du Jubilate et de tant d’autres chants d’allégresse. Une nuance de ferveur reconnaissante s’élève sur misericordiam mais c’est la joie qui domine\, fraîche\, souriante; notez les fines broderies de in medio templi tui et la cadence en fa. \nDe ces souvenirs heureux\, la louange jaillit soudain éclatante\, enthousiaste. L’âme\, exaltée\, fait monter la mélodie en un bond hardi\, pour célébrer le nom divin qu’elle enveloppe ensuite de pieux respect sur tu Deus. \nPuis elle expose son souhait  ita et laus tua. Avec fermeté et emphase à la fois\, notez la double note – une bivirga\, – le torculus élargi\, la ferveur du pressus de tua. La phrase s’achève comme la première\, fines terrae rimant avec templi tui. \nLa troisième phrase est d’un caractère tout différent. Liée de très près à la précédente\, elle est comme un témoignage à la sagesse de Dieu. La mélodie demeure dans le grave\, comme si l’âme évoquait\, dans sa vie intime\, les innombrables fidélités du Seigneur qui fondent sa louange et sa joie. \n  \nGRADUEL\nLE TEXTE\nSois pour moi un Dieu protecteur et un lieu de refuge\, afin que tu me sauves. \nVerset. – O dieu\, en toi j’ai déjà espéré. Seigneur\, non\, je ne serai pas confondu à jamais. Ps. XXX\, 3\, 4\, 1. \nLe Psaume XXX est devenu le Psaume de l’abandon absolu dans la paix depuis que Notre-Seigneur s’est servi du verset 6e pour exprimer à son Père\, au moment où il allait mourir\, la remise de son âme pacifiée : In manus tuas commendo spiritum meum. \nCes trois versets forment une prière tout empreinte de confiance qui est bien à sa place après l’Épître. Saint Paul nous dit en effet que\, si nous voulons suivre l’Esprit dans la voie de la mortification où il nous guide\, nous serons vraiment les enfants de Dieu et ses héritiers. Cette mortification de toute notre vie pourrait nous effrayer\, mais il y a le Père\, et ce n’est pas un Esprit de crainte que nous avons reçu mais un Esprit de confiance filiale. Alors\, nous l’appelons le Père\, et nous lui demandons de nous recevoir comme un refuge où toute crainte s’évanouit. \nLA MÉLODIE\n« La première partie se déroule dans une atmosphère de douceur\, de tendresse joyeuse\, de paix abandonnée. Il n’y a pas d’angoisse\, pas de supplication ardente; on sent que l’âme est sûre d’être exaucée; mieux encore\, qu’elle l’est déjà… C’est moins une prière proprement dite qu’une sorte de parole d’amour dans laquelle l’âme demande uniquement pour recevoir une réponse où sera la tendresse de l’aimé. D’où le caractère d’intimité heureuse qui est partout ». \nNous écrivions ceci de l’Introït de la Quinquagésime. Nous pouvons l’écrire de ce graduel. Le texte est le même. La mélodie a une forme différente mais c’est bien le même climat. Notez la paix heureuse de la première phrase\, avec sur protectorem une douce pression qui s’achève dans le grave en une nuance de bonheur profond. Un désir plus ardent monte sur refugii\, mais dans la paix toujours; ce n’est pas un refuge contre l’ennemi qui menace que l’âme demande\, mais un lieu de repos : les bras du Père pour s’y enfouir et y être à jamais. \nLa dernière phrase ut salvum me facias a bien la même joie assurée et baignée de tendresse abandonnée. \nLE VERSET\nIci la joie est plus extérieure\, plus exaltée. L’âme ne demande plus; elle a reçu ce qu’elle demandait\, elle est dans les bras du Père\, bien gardée; elle exulte. Le bel élan qui l’emporte sur Deus in te speravi\, en pleine joie\, en plein amour\, qui s’épanouit un instant sur cette cadence suspendue do re\, lumineuse et simple comme un sourire\, et qui l’emmène se complaire dans une tendresse baignée de gratitude sur les neumes de Domine multipliés et retenus avec ferveur. \nPuis c’est l’affirmation\, la certitude absolue posée sur non et qui devient tout de suite\, sur le motif de confundar la joie légère\, exubérante de l’espoir enfin comblé. Le chœur reprenant sur in æternam chante l’éternité. Il y a dans cette formule finale\, commune mais très belle\, quelque chose de profond qui sert vraiment bien le mot. \nALLELUIA\nLE TEXTE\nGrand est le Seigneur et très digne de louange\, dans la cité de notre Dieu\, sur sa montagne sainte. Ps. XLVII\, 1. \nC’est l’exclamation qui commence le Psaume des pèlerins. Elle chante la grandeur de Dieu qui se dégage de la Cité\, posée sur le Mont Sion comme le trône terrestre du Tout-Puissant. \nSion était l’image du ciel\, la figure de cette Jérusalem céleste où nous allons\, nous aussi\, pèlerins de toute notre vie\, pour y recueillir l’héritage du Père que nous autorise à réclamer l’Esprit qui nous a faits ses enfants. Nous la voyons dans le lointain\, figurée à nos yeux par les splendeurs du monde matériel et les splendeurs\, plus exaltantes encore\, du monde spirituel. Ce n’est pas elle que nous chantons\, c’est l’ineffable merveille que nous ne voyons pas\, mais qui nous a été révélée : la beauté infinie de Dieu qui dépasse tout\, la Jérusalem céleste elle-même\, car il est la Cité et le Temple… Dominus enim Deus omnipotens templum illius est\, et Agnus. \nLA MÉLODIE\nOn a dit que l’Alleluia fait penser aux chansons du moyen âge. C’est bien vrai que sa montée en quinte et le retour au ré par le la et le do lui donne une teinte de musique primitive. Mais la répétition deux par deux des motifs du jubilus le rapproche plus encore des vocalises\, toutes naïves mais d’une ligne et d’un rythme si purs\, que l’on entend chanter parfois dans la campagne. \nC’est le chant d’un enfant paisible\, simple\, heureux qui laisse passer son bonheur sur ses lèvres sans souci de ce qu’il chante\, avec peut-être une pointe de désir qui se précisera avec le texte du verset. \nCelui-ci reprend d’abord sur Magnus\, les derniers neumes de l’Alleluia qui précèdent le jubilus\, puis\, sur Domine\, jaillit une envolée de joie exubérante. Une envolée vraiment\, car c’est léger comme un vol d’oiseau et souple et frais. Trois temps composés ternaires qui s’élèvent dans l’élan de l’accent tonique et qui vont\, sans un ralenti\, mais avec une délicatesse extrême\, se poser sur la dernière syllabe du mot. Quelle louange exaltante et pure pour le nom divin ! Et Laudabilis s’y joint dans la même simplicité. Quatre temps binaires rythment la descente\, puis il y a une remontée : le motif de magnus est redit sur valde qui se trouve ainsi comme en rejet\, mais d’une façon si imprévue\, si simple aussi « qu’on a l’impression que le compositeur arrivé là s’est aperçu qu’il n’avait pas suffisamment rendu toute la louange qui débordait de son cœur et que comme dédommagement il a ajouté ingénument ce petit valde. « Joie de l’Église à la pensée de tout ce que le Seigneur est pour elle et de l’héritage de béatitude auquel il convie les siens dans sa Cité Sainte. \nLes neumes de l’Alleluia reviennent sur civitate et à nouveau sur in monte ejus. Ils prennent avec le texte\, non pas de la gravité\, c’est trop dire\, mais comme une nuance de contemplation. L’Église est fixée sur le ciel et chante sa joie\, mais en mêlant à la réalité béatifiante de demain l’espoir d’aujourd’hui de sorte qu’on décèlerait aisément sur le sommet du premier motif comme un élan de désir. Cette nuance disparaît ensuite et c’est la joie pure jusqu’à la fin de la thésis. Un nouvel élan sur in monte ravive le désir qui se mêle à nouveau à la joie sur le jubilus pour la troisième fois entendu. \nOn l’entendra une quatrième à la reprise de l’Alleluia\, mais on ne s’en lasse pas car il berce vraiment la contemplation heureuse de la Cité sur la Sainte Montagne. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nLe peuple qui est humble\, tu le sauveras\, Seigneur. Et les regards des superbes\, tu les abaisseras. Car qui est Dieu en dehors de toi\, Seigneur ? Ps. XVII. 28\, 31. \nAu centre du Psaume  XVII\, dans lequel David chante sa gratitude à Dieu qui l’a délivré de la poursuite de Saül\, ces deux versets sont une attestation de la justice divine agissant en toute circonstance. Dieu est bon avec ceux qui sont droits et simples et il les sauve; il est dur avec les orgueilleux\, ceux qui se dressent et le regardent avec mépris; il les abaisse. Il n’en saurait être autrement car qui est Dieu en dehors de lui ? Or\, ceux qui le bravent\, en fait placent au-dessus de lui\, et cela ne se peut ni ne se doit \nCet offertoire ne se rattache pas à l’Évangile\, mais il s’harmonise si parfaitement avec l’offrande du sacrifice qu’il semble avoir été fait pour l’accompagner. Cette offrande en effet est essentiellement un acte d’humilité. In spiritu humilitatis et in animo contrito suscipiamur a te Domine… \nL’homme reconnaît que Dieu est tout\, qu’il lui doit tout\, et il se donne à lui; en retour Dieu l’accepte et\, par le fait\, le faisant sien\, il le sauve. Les autres\, ceux qui ont leurs regards pleins d’eux-mêmes et qui ne veulent pas s’offrir\, il les abaissera en les laissant ce qu’ils sont pour un temps et en les mettant\, à son heure\, avec le premier qui n’a pas voulu s’offrir et qui\, s’étant élevé au-dessus de Dieu\, a été abaissé au-dessous de toute créature. \nNotons toutefois que ce texte n’est ni une prière ni une offrande. C’est une affirmation. L’Église chante sa confiance à Dieu\, au moment où il accepte son oblation. \nLA MÉLODIE\nUn chant de joie encore\, mais avec sa couleur propre. \nLa première incise est simple\, paisible\, elle a le ton d’une conversation familière. Humilem est mis en relief par le salicus et la montée à la dominante\, mais sans expression particulière. Tout de suite après\, et sans transition\, salvum facies jaillit dans un magnifique élan de joie. La montée do la do mi re do lui donne quelque chose d’exaltant qui devient peu à peu\, sur la tristropha et sur la cadence si gracieuse la do sol fa sol\, une sorte de recueillement\, comme si l’âme\, prenant conscience un instant de toute l’idée\, se laissait aller à une gratitude baignée de tendresse\, laquelle d’ailleurs s’épanche à loisir sur l’admirable motif de Domine. Cette ascension lente s’épanouit sur le sommet et retombe dans une plénitude que l’intervalle de quinte\, et plus encore la proximité de si et de fa\, font absolue. \nLa deuxième phrase est moins expressive\, encore que sur humiliabis il  y ait un élan assez marqué\, et que le motif qui s’y développe ait une allure de joie bien assurée\, voire quelque peu piquante. \nPar contre la troisième phrase est une très belle proclamation de la puissance et de la justice de Dieu qui n’a personne au-dessus de lui et qui ne saurait supporter quiconque essaie de le dominer. Le mouvement monte sur quoniam dans un rythme syllabique ternaire net et ferme qui met quis Deus en pleine évidence\, avec je ne sais quoi de fort qui le lance comme un défi aux superbes. Cette force\, sur praeter te\, devient une affirmation noble et fière pleine de grandeur. Domine est alors enveloppé dans un mouvement thétique de joie tendre qui ramène l’atmosphère de la première phrase. Notez le motif repris deux fois et esquissé encore sur la belle cadence en fa. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nGoûtez et voyez combien est suave le Seigneur. Heureux l’homme qui met son espoir en lui. Ps. XXXIII\, 3 »\, 9. \nCe verset\, dans  lequel le Psalmiste nous invite à profiter de son expérience\, est un curieux assemblage de mots : goûtez et voyez. Et pourtant\, c’est l’ordre des choses. Il y a bien un premier regard sur l’objet pour savoir ce qu’il est\, mais ce regard ne nous en donne pas la connaissance profonde\, ne nous fait pas communier à ce qui en lui s’harmonise avec notre être et nous donne la joie. Il faut pour y arriver le regarder longuement\, l’observer\, l’étudier\, sympathiser avec lui\, l’aimer\, devenir lui-même en quelque sorte; alors\, dans la joie de l’amour\, il se révèle et nous en jouissons vraiment. \nAinsi en va-t-il avec Dieu. Un regard de foi superficiel\, ne saurait suffire à nous le faire connaître\, c’est dans la méditation silencieuse de son être\, de ses opérations\, de sa vie\, au contact de l’amour qu’il nous porte à tout instant\, dans cette sympathie profonde où se fait l’échange de nos deux êtres que nous le connaissons\, que nous sentons combien il est bon. Or c’est cela le goûter. \nAinsi entendu\, comme ce verset est bien à sa pace sur les lèvres de l’Église au moment de la Communion : Goûter le Christ qui se donne à nous\, dans l’Eucharistie\, c’est l’aimer\, en nous donnant à lui. Dans cet acte amour mutuel\, se réalise notre transformation en lui; recevant alors sa lumière et la puissance de son amour\, nous voyons mieux combien il est bon\, doux et tendre et nous comprenons quel bonheur c’est pour nous d’espérer en lui\, car après cette vision de ce qu’est Dieu\, déjà si délectable\, mais encore obscure\, viendra l’autre. A force de goûter le Seigneur nous le verrons tel qu’il est… et ce sera le rassasiement absolu. \nLA MÉLODIE\nUne invitation délicate chante sur Gustate mais c’est vers videte que va le mouvement comme vers le mot qui importe. Il y a là\, sur la tristropha\, une prolongation très expressive; comme si l’Église savourait sa vision en même temps qu’elle invite à la partager. \nCette délectation s’étend ailleurs à toute la phrase. Elle trouve sa dernière expression sur suavis est Dominus\, si évocateur des délicatesses de l’amour divin. \nSortant alors de sa délectation\, l’Église s’exclame : « Bienheureux l’homme qui espère en lui. » Il y a un peu plus de mouvement au début mais la jouissance mystique revient très vite et la cadence finale de eo rime avec celle de Domine dans la même atmosphère \n\nCantiques pour tous les temps\nPolyphonies pour tous les temps\n\n  \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Neuvième dimanche après la Pentecôte (IX)
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n\n\n\nLEÇONS DES MATINES : Élie reçoit mission de prédire sa mort au roi Ochozias qui avait consulté Beelzébub. Le feu du ciel extermine les envoyés qui venaient le chercher.  \n\n\n\n(IV. Rois. I\, 10.)  \n\n\n\nÉPÎTRE : Saint Paul rappelle aux Corinthiens les châtiments de Dieu : les vingt-trois mille Hébreux tués pour fornication\, et ceux qui furent exterminés pour avoir murmuré contre Moïse. Figure de ce qui doit nous arriver si nous péchons. (I Cor. X\, 6)  \n\n\n\nÉVANGILE : Notre-Seigneur pleure sur Jérusalem et prédit sa destruction. Il chasse les vendeurs du Temple (Luc XIX. 41-47)  \n\n\n\nIDÉE CENTRALE : Ce dimanche est vraiment sous le signe du châtiment qui suit le péché. Le Roi Ochozias\, les Hébreux\, Jérusalem les vendeurs du Temple… C’est aussi ce qui nous attend\, si nous transgressons les lois divines. Demandons donc au Seigneur comme nous le suggère la collecte\, de nous inspirer ce qui lui plaît\, plutôt que de nous en tenir à nos propres désirs.  \n\n\n\nINTROÏT\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nVoici que Dieu m’aide et que le Seigneur prend sur lui mon âme. Détournez les maux sur mes ennemis et\, dans la fidélité (à vos promesses)\, anéantissez-les. Ps. – O Dieu\, par votre nom\, sauvez-moi et dans votre vérité rendez-moi justice. Ps. LIII\, 6\, 7\, 3.  \n\n\n\nDavid composa le Psaume LIII au temps où\, poursuivi par Saül\, il était contraint de chercher un refuge en territoire étranger. Les deux premières strophes sont un appel au secours : « Seigneur sauvez-moi… » La troisième est un chant plein de réconfort : « Voici que le Seigneur m’aide… » Comme si\, entre les deux\, le persécuté avait reçu l’assurance que le Seigneur\, à son appel\, allait agir incessamment.  \n\n\n\nIci l’ordre est renversé : c’est d’abord la joie du réconfort puis l’appel au secours; mais le sens est à peine différent. L’ensemble entre bien dans l’idée centrale de la messe. Devant les châtiments du péché qui sont toujours là\, menaçants\, l’Église chante sa confiance en la puissance miséricordieuse du Seigneur qui l’aidera à être fidèle\, et appelle la vengeance de sa justice sur ses ennemis.  \n\n\n\nLe psaume vient alors demander un jugement équitable et le salut.  \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nLa première phrase est empreinte d’une grande paix. L’Église\, assurée que Dieu va l’aider\, n’a plus peur\, au milieu de ses ennemis\, des dangers qui l’environnent; elle chante sa joie tranquille sur les beaux intervalles majeurs et la cadence en fa toute paisible. Elle souligne Dominus avec tendresse et laisse sa gratitude et son bonheur monter sur animae meae : le mot qui dit toute sa vie.  \n\n\n\nL’allure de la seconde phrase est bien différente. Dès le début il y a\, sur l’impératif averte\, quelque chose de vif\, qui devient même dur sur la clivis répercutée de mala. C’est l’appel à la vengeance qui commence. Il se développe sur inimici mei et prend fin sur une cadence en si où passe une nuance d’angoisse ou tout au moins de souffrance.  \n\n\n\nLa phrase qui suit est liée très étroitement à la précédente. L’idée est la même. Il y a sur in veritate tua\, qui rappelle à Dieu\, très habilement d’ailleurs\, combien il est fidèle à ses promesses\, une nuance de révérence aimable puis\, de nouveau\, le ton se durcit et devient très violent sur la distropha\, la répercussion et le pressus de illos. Protector\, lui\, va vers Dieu\, tout enveloppé de confiance\, d’amour et de joie comme le titre précieux que l’Église veut lui donner à la fin de sa prière.  \n\n\n\nGRADUEL \n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nSeigneur\, notre Maître\, qu’admirable est votre nom sur toute la terre. \n\n\n\nVerset. – Car elle est élevée votre magnificence\, au-dessus des cieux. Ps. VIII\, 2.  \n\n\n\nLe Psaume VIII chante la grandeur de Dieu se manifestant dans son œuvre. Le verset 2 en est comme le résumé. Il formait sans doute une sorte de refrain chanté par le peuple en alternance avec les solistes.  \n\n\n\nOn peut ici garder ce sens très général. Il s’applique en effet fort bien à la nature en cette splendeur de l’été où\, sur la terre pleine de fruits et dans les cieux éclatants de lumière\, jour et nuit\, est partout écrite la puissance de celui qui les a faits.  \n\n\n\nMais rien ne s’oppose non plus à ce qu’on le fasse entrer dans l’idée centrale de cette messe telle que nous l’avons dégagée. Il serait alors sur les lèvres de l’Église une exclamation par laquelle elle chanterait son admiration à la vue des faits merveilleux par lesquels le Seigneur partout protège son peuple\, et qui viennent d’être rapportés à l’Épître : le feu du ciel\, les serpents\, les Anges…  \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\n  \n\n\n\nElle se développe dans la même atmosphère de paix heureuse que l’Introït avec une nuance très marquée de tendresse enveloppante sur Deus noster; on y sent  l’âme en relation intime d’amour avec le Seigneur.  \n\n\n\nUn beau mouvement d’admiration s’élève sur quam admirabile. Il n’a rien de brusque. Ce n’est pas un cri\, c’est une exclamation. Elle monte du fond de l’âme qui sait ce qu’elle chante et qui met à le chanter tout son amour émerveillé. Cet élan si mesuré se détend sur nomen tuum en une thésis très liée et très tendre. Il rebondit sur universa terra en des rythmes où l’âme se complaît\, puis se pose sur la cadence commune\, toute paisible et toute simple.  \n\n\n\nLe verset  \n\n\n\nLa mélodie est plus légère\, mais l’expression est la même. L’âme\, fixée sur la splendeur du Ciel\, se laisse aller en contemplation sur quoniam elevata est. Elle jouit de ce qu’elle voit et de ce qu’elle sait être par delà ce que découvre son regard. Sa gratitude émue trouve alors\, sur les belles cadences en la si délicates et dans la gravité de la formule finale la tendresse et la profondeur qui conviennent.  \n\n\n\nALLÉLUIA\n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nDélivrez-moi de mes ennemis et mettez-moi à l’abri\, de ceux qui se lèvent contre moi.  \n\n\n\nPs. LVIII\, 2.  \n\n\n\nCette prière si commune\, si simple et toujours si actuelle est une idée nouvelle après le Graduel\, mais elle vient assez naturellement sur les lèvres de l’Église. Celle-ci en effet\, après avoir admiré la puissance que le Seigneur a déployée jusqu’ici pour la protéger\, et lui avoir dit sa gratitude dans une louange d’admiration\, n’oublie pas qu’elle a toujours ses ennemis; elle lui demande de continuer ce qu’il a fait : de l’en délivrer.  \n\n\n\n  \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\n  \n\n\n\nC’est bien une prière; la prière d’une âme qui sent\, lourd sur elle\, le poids de l’ennemi; Eripe a toute ses notes allongées\, dans les manuscrits. La double note de mei est une bivirga épisématique et le motif répété de Deus est lui aussi très retenu. Il s’en dégage une expression de grisaille\, de brouillard\, d’atmosphère pesante où passe de la fatigue\, de l’accablement… Mais qu’elle admirable prière humble et suppliante! Notez entre autres l’accent de ferveur que la bivirga du sommet met sur meis; et l’insistance répétée de Deus meus où l’on sent peser toute la lourdeur de l’âme.  \n\n\n\nLa deuxième phrase continue la première sans rien qui dégage l’atmosphère. Le motif de insurgentibus se traîne dans un beau rythme\, lent lui aussi. Deux fois répété\, il est esquissé à nouveau\, mais\, sur les dernières syllabes du mot\, la mélodie tombe lourde\, comme si l’âme se laissait aller sous le poids de l’épreuve. Elle se relève sur me en une plainte admirable qui se déroule tout le long de libera me\, mêlée à la prière. Le tout s’achève par le groupe peut-être le plus expressif : la distropha avec la répercussion sur le climacus et la retombée en la par le pressus.  \n\n\n\nOFFERTOIRE \n\n\n\nC’est celui du Troisième Dimanche de Carême. Il vient bien là\, après la réponse de Notre-Seigneur à la femme qui bénissait sa mère : « Plus heureux encore celui qui écoute la parole de Dieu ! »  \n\n\n\nJérusalem n’a pas eu cette attitude accueillante\, réceptive qui lui eût valu la paix. C’est pourquoi le Seigneur pleure en voyant dans l’avenir son terrible destin.  \n\n\n\nL’Église\, elle\, sait recevoir les mots divins et en vivre. Chacun des siens en a goûté les joies dans la Loi\, dans l’Écriture et jusque dans les paroles intimes du Seigneur au fond de l’âme. C’est cette joie qu’elle chante.  \n\n\n\nCOMMUNION \n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\n  \n\n\n\nQui mange ma chair et boit mon sang\, demeure en moi\, et moi en lui. Jean. VI. 56.  \n\n\n\nCes paroles de Notre-Seigneur se réalisent dans la communion. C’est donc le mystère d’amour qu’il a voulu\, que le Christ chante ici par la voix de l’Église\, au moment même où il s’accomplit.  \n\n\n\nLA MÉLODIE \n\n\n\nLa joie\, d’abord toute simple dans la première incise\, s’avive avec la mélodie\, qui monte vers sanguinem meum et se revêt\, sur in me manet d’onction et de tendresse. La joie du Christ\, heureux d’avoir en lui ceux qu’il aime. Sur et ego in eo\, elle devient profonde\, le mystère l’enveloppe. C’est un de ces motifs\, comme on en rencontre tant dans le répertoire grégorien\, qui soudain nous transporte au-delà de ce qui se sent\, au-delà de ce qui s’analyse\, dans les régions qui passent le sentiment. Nous ne saurions dire ce qu’expriment exactement ces quelques notes si simples – une tierce mineure qui s’épanouit sur une tristropha\, revient la tonique ré et remonte lentement – mais un souffle les soulève\, un souffle d’amour ardent qui touche le fond de notre âme et nous révèle quelque chose du bonheur qu’a le Christ-Jésus à mêler sa vie à notre propre vie.  \n\n\n\nDans le balancement souple de ses rythmes\, dicit Dominus prolonge jusqu’à la fin cette atmosphère mystique.  \n\n\n\n   \n\n\n\n\nCantiques pour tous les temps\n\n\n\nPolyphonies pour tous les temps\n\n\n\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Dixième dimanche après la Pentecôte
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : Mort de Jézabel. Règne d’Athalie. (IV Rois. IX. X) \nÉPÎTRE : le Saint-Esprit inspire tout en nous pour l’utilité commune. En dehors de lui rien de bon ne peut venir de nous. (I Cor. XII. 2-11). \nÉVANGILE : Le Pharisien et le publicain. (Luc. XVIII. 91. 4) \nIDÉE CENTRALE : Il semble que l’on peut tout ramener autour de l’épître. Rien de bon ne se fait en dehors de l’Esprit du Christ qui est en nous pour nous guider et nous utiliser en vue du bien commun. Nos propres actions peuvent avoir des effets heureux\, mais qui passent. \nL’exemple de Jézabel celui d’Athalie et celui du Pharisien sont typiques. Ils ont agi par orgueil; ils finissent mal. Le Publicain par contre est justifié et exalté parce qu’il a utilisé l’Esprit qui l’inspirait. La collecte elle-même peut être entendue dans ce sens\, car nous ne « courrons vers les biens promis » que sous l’inspiration et la conduite de l’Esprit; c’est donc la docilité à l’entendre et à le suivre que nous demandons en fait à la Toute-Puissance de Dieu. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nComme j’invoquais le Seigneur\, il entendit ma voix (et me mit à l’abri) de ceux qui me cherchaient. Et il les a humiliés\, lui qui est avant les siècles et demeure éternellement. Jette ta pensée sur le Seigneur et lui-même prendra soin de toi. Ps. – Exauce\, Dieu\, ma prière et ne dédaigne pas ma supplication. Écoute-moi et exauce-moi. Ps. LIV. 17\, 18\, 20\, 29\, 2. \nLe Psalmiste qui\, dans la première partie du Psaume\, s’est lamenté sur le mal que lui font ses ennemis\, se remémore\, pour se donner confiance\, ce que le Seigneur a fait pour lui dans le passé et s’exhorte à tout lui abandonner une fois de plus : « jette ta pensée\, ton souci sur le Seigneur… » \nAu sens liturgique\, l’Église se rappelant\, elle aussi\, les bienfaits répétés du Seigneur\, s’exhorte\, et exhorte les siens\, à s’en remettre à lui ou plus précisément à son Esprit qui a mission de nous guider et de nous garder. \nLA MÉLODIE\nLes deux premières phrases\, comme dans le texte\, ne sont qu’un récitatif\, mais l’auteur l’a voulu très orné et très expressif. \nLa succession de quatre temps composés ternaires en mouvement arsique donne au début de la première phrase quelque chose de décidé\, de vif même\, et de joyeux aussi\, comme si après une longue délibération l’âme mettait en pratique\, sur le champ\, la décision qu’elle vient de prendre : « tu as été exaucée jadis\, jette encore ton souci sur le Seigneur ». Le mouvement s’épanouit sur la tristropha de exaudi en une nuance délicate qui évoque les souvenirs heureux Après une légère détente il rebondit sur appropinquant; la bivirga y met comme une touche de terreur\, au souvenir des ennemis menaçants. \nDans la deuxième phrase\, la mélodie\, d’abord très calme\, s’anime peu à peu sur humiliaviteos. Ce sont les souvenirs heureux qui continuent. Mais sur qui est ante saecula et manet in æternum à l’idée de l’éternité de Dieu\, si magnifiquement décrite en ces quelques mots\, une sorte de grandeur mystique la pénètre. Notez les deux doubles notes de qui est ante saeculamanet qui fixent la mélodie sur do et les deux pressus qui\, par degré\, la ramènent à la tonique. C’est noble\, grand\, somptueux comme un cortège royal. \nTout autre est la dernière phrase. On sent l’âme comme déchargée du poids de son souci et heureuse de faire partager aux autres son expérience. Son chant s’allège; il monte joyeux vers Domino qu’il enveloppe d’un motif aimable puis met te en un admirable relief; soit qu’elle se parle à elle-même ou qu’elle s’adresse à un ami\, elle sait et dit avec insistance combien\, malgré sa petitesse et son indignité\, elle est précieuse devant le Seigneur. Ce texte est celui du graduel du IIIe Dimanche après la Pentecôte. Dans un genre différent l’expression est la même. On aura profit à le constater\, notamment sur te\, où l’insistance est également remarquable. \nLa prière se fait alors\, dans le psaume\, légère et riche d’espoir. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nGarde-moi? Seigneur\, comme la pupille de l’œil. Sous l’ombre de tes ailes protège-moi. Verset. – De ton visage que ma justification sorte\, que tes yeux voient l’équité. Ps. XVI. 8. \nCes versets par lesquels\, sous des images si expressives\, David demandait à Dieu de le garder\, comme son bien précieux\, dans la chaleur de son amour et de le juger avec un visage plein de la joie de son innocence\, servent ici à l’Église pour solliciter la même protection et la même justice. Elle a bien des dangers autour d’elle\, bien des attirances mauvaises s’exercent sur ses membres par les idoles muettes dont parle Saint Paul dans l’Épître; elle voudrait qu’ils demeurent sous cette conduite de l’Esprit qui les fasse penser\, juger\, vouloir selon Dieu. Prière de l’Église. Prière de chacun de nous… Custodi me Domine. \nLA MÉLODIE\nLa première phrase a un caractère d’intimité très marqué. C’est comme une prière du fond de l’âme\, confiée\, murmurée à un ami. La mélodie ne dépasse pas la tierce dans la première incise; mais\, dans cette réserve humble et familière à la fois\, quelle pression sur l’être cher qui peut aider ! Notez la double note de me qui fait la voix s’y appuyer comme en un accent de détresse et la thésis qui suit; plainte délicate qui devient prière intense sur les longs neumes de Domine. Il y a sur pupillam un petit élan qui entraîne la mélodie vers le sib\, mais si retenu\, si timide\, avec cette plainte à peine émise\, émouvante\, et qui s’étend jusqu’à la dernière note de oculi. \nDès le début de la seconde phrase il y a un changement. L’arsis est mouvementée\, avec de grands intervalles qui portent la prière sur les pressus de umbra et de alarum. Ce n’est pas que la supplication soit angoissée ni même plus intense : la mélodie s’est seulement éclairée. La sérénité du mode de fa pénètre tout et\, sur alarum\, se dessine le motif des grandes allégresses du Ve mode. Incontestablement\, c’est la joie. La cadence en mi de tuorum apporte à cette joie une nuance de repos qui se poursuit sur protege\, s’étale\, s’élargit jusqu’à la cadence qui ramène tout en re\, mais seulement pour finir. C’est comme si l’âme se trouvait enfin dans le refuge sollicité et\, blottie dans les bras du Père\, lui disait\, tranquille désormais\, apaisée\, joyeuse\, sous cette protection divine: « sous tes ailes étendues garde-moi bien ». \nLe verset \nLa prière continue\, mais différente; ce n’est ni le murmure d’intimité\, ni la joie parfois éclatante de la première partie. Il y a ici plus de paix et de sérénité. C’est d’abord pour chanter vultu tuo comme un bercement léger sur la sol puis sur do la et une cadence paisible sur fa. L’âme contemple le visage aimé\, c’est tout. Cette contemplation se prolonge sur Judicium meum. Ce n’est que sur prodeat que monte un accent de supplication\, très beau d’ailleurs dans sa simplicité. \nDans la seconde phrase\, la joie revient. Elle est aussi marquée que sur sub umbra dans la première partie mais\, ici\, toute contemplative. Notez plutôt la douce paix de la vocalise de tui qui monte et descend par degrés conjoints sur des rythmes d’une grâce exquise. \nCes deux premières phrases chantaient la joie de la Rédemption entrevue par-delà le péché\, dans le Graduel de la messe du Mercredi des Cendres. \nSur videant le mouvement s’amplifie et la supplication domine à son tour\, fervente\, avec une nuance de plainte assez marquée sur la dernière syllabe \nALLELUIA\nLE TEXTE\nA toi convient\, un hymne\, ô Dieu\, dans Sion. Et à toi on acquittera un vœu dans Jérusalem. Ps. LXIV. 2. \nAprès la  demande du Graduel\, l’action de grâces. L’âme a trouvé un chaud refuge sous les ailes protectrices; elle peut dire maintenant sa louange et le vœu qu’elle accomplira pour témoigner de sa gratitude. \nOn attendait sur ce texte qui évoque Jérusalem et les cérémonies du Temple une joie plus exubérante\, celle-ci est sans emphase\, simple\, intime comme celle du Graduel. \nLA MÉLODIE\nLes podatus de la première incise ne font en somme que conduire le mouvement vers Deus\, enveloppé\, lui\, d’une belle révérence\, aimable\, gracieuse et d’une grande délicatesse par la cadence en si. L’incise qui suit est toute consacrée à Sion qui\, comme toujours\, est chantée avec amour. L’âme contemple la Cité Sainte\, l’Église\, le Ciel\, et s’enflamme peu à peu de désir; notez le pressus\, la distropha\, la répercussion\, les deux notes doubles\, et le pressus; il y a là un mouvement dont l’ardeur monte\, encore qu’elle soit retenue. \nLa deuxième phrase est plus développée. Chaque mot a son motif\, si l’on peut dire. Tibi\, bien en relief au sommet\, s’achève sur la même nuance délicate de Deus\, une quarte au-dessus; reddetur a la ferveur de la promesse et de la gratitude à la fois\, sur la distropha\, la répercussion et la cadence en demi-ton par la clivis allongée et le pressus; votum\, hanté comme Sion et Jérusalem\, déroule sa longue vocalise contemplative dans un rythme d’une ordonnance admirable où la joie et l’amour se mêlent en des motifs simples à travers lesquels passe le désir de la Cité Sainte… et du Ciel où tout ne sera que louange et gratitude. \nOFFERTOIRE\nC’est celui du Ier Dimanche de l’Avent . Son caractère de prière très humble convient admirablement ici après la parabole du Pharisien et du Publicain. Il est l’expression de cette âme très simple priant au bas du Temple\, et qui fut justifiée et exaltée. Il doit être l’expression de notre confiance abandonnée montant avec le sacrifice vers le Père qui nous donnera en retour l’Esprit et ses dons pour nous guider vers la Cité Sainte\, où\, dans la Gloire du Christ\, nous serons à jamais exaltés pour avoir partagé son abaissement. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nTu accepteras le sacrifice de justice\, les oblations et les holocaustes sur ton autel\, Seigneur. Ps. L. 21. \nTrès belle adaptation à la Communion du dernier verset du Miserere. Et quelle belle conclusion de toute la messe ! Nous avons jeté nos soucis sur le Seigneur à la fin de l’Introït\, nous lui avons demandé\, dans le Graduel\, de nous couvrir de l’ombre de ses ailes\, nous lui avons dit notre gratitude dans l’Alleluia\, à l’Offertoire\, nous offrant avec son Fils\, nous avons affirmé notre confiance en sa venue. Nous avons maintenant l’âme telle qu’il la veut. Il peut venir prendre en nous la place du Maître et recevoir nos holocaustes et nos oblations. Il ne saurait les refuser\, car elles lui viennent à travers son Fils qui nous a transformés en lui. \nLA MÉLODIE\nElle est aimable\, familière\, douce. Il n’y a pas de sentiment particulièrement marqué mais une égalité d’âme paisible. C’est le mot altare qui l’emporte; il a une belle expression de respect\, de révérence profonde et aimante. \n\nCantiques pour tous les temps\nPolyphonies pour tous les temps\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Temporal
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