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SUMMARY:Douzième dimanche après la Pentecôte (XII)
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLECONS DES MATINES : En Août : Prov. Eccles. Sag. Ecclésiastique. \nEn Septembre : (Job.) \nEPITRE : Dieu nous a faits ministres de l’Esprit qui vivifie et non la lettre qui tue. (II Cor. 3) \nÉVANGILE : Précepte et pratique de la Charité envers le prochain. Parabole du Bon Samaritain. (Luc X.) \nIDEE CENTRALE : Il n’y en a pas qui s’impose\, mais la parabole de l’Évangile s’y prêterait fort bien. Elle est en effet une application judicieuse de la maxime si profonde de l’Esprit vivifie\, la lettre tue. C’est bien parce qu’il avait jugé selon l’Esprit que le Samaritain regarda comme son prochain le voyageur qui gisait blessé au bord de la route\, alors que\, jugeant selon la lettre\, les juifs de toutes classes avaient passé leur chemin sans s’en soucier parce qu’il n’était pas des leurs. Mais il faut aller plus loin et voir dans ce petit drame la figure du drame de l’humanité. C’est elle – et nous en elle – qui gît sur le chemin\, ouverte de toutes les plaies qui se sont multipliées et envenimées depuis que l’ennemi l’a dépouillée et laissée impuissante à la porte du Jardin. Et les hommes ont passé; les sages\, et les prêtres de toutes sortes\, indifférents\, jusqu’à ce que le Christ\, envoyé par l’Esprit pour la sauver\, se soit penché sur elle\, l’ait prise sur ses épaules\, conduite à l’hôtellerie et\, après avoir payé pour elle\, se soucie à tout instant de lui rendre la santé et toute la puissance de vie qu’elle avait avant le drame. C’est bien lui\, sa miséricorde\, son prochain le plus proche\, qui s’offre à nous en exemple. Vade et fac similiter. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nDieu\, à mon aide viens. Seigneur\, à mon aide hâte-toi. Qu’ils soient confondus et couverts de honte\, mes ennemis\, ceux qui cherchent mon âme.\nPs. – Qu’ils soient rejetés en arrière et qu’ils rougissent ceux qui me veulent du mal. \nPs. LXIX\, 2-3-4. \nCette prière\, dans son sens général\, est toujours de mise sur les lèvres de l’Église car\, ici ou là\, ses ennemis ne cessent de se dresser. Elle devient émouvante dans l’idée de cette messe\, telle que nous venons de la dégager. Elle peut être entendue en effet\, comme la supplication de l’humanité gisant sur le chemin qui va de Jérusalem à Jéricho – de la cité d’en haut à celle d’en bas – et demandant au Père l’aide qui lui rendra la santé et tiendra en respect\, dans la confusion de sa défaite\, l’ennemi qui l’a mise en ce pitoyable état et qui attend la mort. \nLA MÉLODIE\n  \nElle est dans l’ensemble une prière très calme\, encore que dans la première phrase\, presque syllabique se décèle un mouvement assez vif vers adjutorum meum; mais la cadence\, bien posée sur do\, est très paisible. \nDans la seconde phrase\, la supplication est plus poussée. On le sent dès le premier mot. Il y a dans la cadence sur mi de Domine une nuance de plainte délicate et la demande monte pressante\, sur me et sur festina. \nL’idée de la troisième phrase est différente\, c’est une sorte de malédiction lancée sur des ennemis. La mélodie y est parfaitement adaptée. Notez la teneur sur do\, avec la double note de confundantur qui est une bivirga épisématique\, la reprise de ce motif sur revereantur et la cadence de mei dans le grave; il y a en tout cela une volonté forte\, obstinée\, dure même\, qui appelle la vengeance. Le mouvement monte\, dans la même expression sur qui quaerunt animam\, avec juste une détente rapide sur meam pour finir. Le Psaume\, reprend d’ailleurs l’idée\, avec plus de force encore dans le rythme de la psalmodie. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nJe bénirai le Seigneur en tout temps. Toujours sa louange sera dans ma bouche.  \nVerset. – Dans le Seigneur\, se glorifiera mon âme. Ils écouteront\, les doux\, et se réjouiront. Ps. XXXIII. 2\, 3. \nEn reconnaissance de l’aide qu’il lui a apportée dans les heures difficiles\, le Psalmiste proclame qu’il ne cessera de dire au Seigneur sa gratitude et qu’il ne cherchera qu’en lui sa louange. Il exprimera ensuite dans ces chants le bonheur qu’il y aura trouvé\, et les doux\, ceux qui cherchent le Seigneur dans la paix et l’humble service\, prendront leur joie à l’entendre. \nCes deux versets forment une très belle paraphrase de l’Épître. L’Église dit au Père sa gratitude pour avoir trouvé en lui sa puissance et pour avoir reçu l’Esprit vivificateur qui la mène avec tous les siens à l’éternelle louange. In Domino laudabitur anima mea. \nQuel beau chant de reconnaissance sur les lèvres du voyageur blessé\, de l’humanité\, ramenée par la Miséricordieuse Bonté du Christ dans la Cité et entourée là de toutes les délicatesses de l’amour. \nLA MÉLODIE\n  \nDe longues tenues répétées la gardent dans une réserve discrète tout le long de la première incise. Elle n’est pas sombre ni même grave\, mais recueillie. Elle ne monte pas. C’est le fond de l’âme qu’elle exprime. Elle enveloppe ainsi Benedicam Dominum d’une révérence gracieuse\, pénétrée de gratitude et de joie profonde. Passé le nom divin\, l’enthousiasme\, jusque là contenu\, l’emporte sur les hauteurs où elle s’épanouit à loisir. C’est alors sur in omni tempore \nla joie tout court. Une joie légère qui se déroule en des formules souples s’élevant toujours plus et s’étirant\, sans souci de finir dirait-on\, comme pour symboliser la gratitude heureuse qui\, elle non plus\, ne voudrait pas cesser de s’exprimer. On notera la dernière incise sur laquelle le mouvement se détend et qui\, alors qu’on croyait tout achevé sur la cadence en ré\, conduit l’idée sur le si où l’on retrouve\, en une nuance délicate\, la joie profonde et tendre du début. \nDans la seconde phrase\, la joie est moins expansive. La première incise s’achève d’ailleurs sur la même cadence en si que la première phrase\, et l’on retrouve sur me la même demi-cadence\, par la clivis do-sol\, que sur ejus. Mais l’enthousiasme renaît\, et plus ardent encore sur la vocalise qui suit\, emportant la mélodie jusqu’au sol et la ramenant\, par des intervalles harmonieux et dans un rythme admirable\, à la trivirga où elle s’arrête longuement\, comme pour y concentrer la joie avant de s’achever sur une cadence en la du IIe mode \nLe verset \nIl commence en sol. Cette modulation brusque vers le grave\, tout à fait en contraste avec l’exultante cadence de meo\, produit une impression de recueillement profond. Aussi bien\, c’est le motif de Dominum qui chante à nouveau sur Domino. Laudabitur anima mea demeure dans cette atmosphère. C’est la formule de laudabimur tota die du Graduel Liberasti nos Domine du XXIIIe Dimanche après la Pentecôte \, mais une quarte au-dessous\, ce qui enlève à la joie dont elle est imprégnée son caractère éclatant. \nLa deuxième phrase\, elle\, chante les doux. Elle est d’une exquise suavité. Audiant\, par le retard de la clivis et la remontée au sol est enveloppé d’une paix baignée de tendresse qui s’exalte peu à peu sur mansueti. La douceur est alors célébrée sur des rythmes d’une grâce achevée. Entre autres cette retombée do-ré-sol-la répétée puis prolongée\, la seconde fois\, par le torculus do-ré-la qui se trouve lui-même redit deux fois\, aussitôt après\, un ton au-dessus. C’est cette succession de quartes descendantes qui donne tant de grâce à ce motif qui va d’ailleurs\, de fluctuations en fluctuations\, en un splendide mouvement vers le sommet. Il s’y épanouit un instant sur quelques neumes délicats\, puis se détend sur les longues tenues de la thésis qui se balancent\, paisibles\, sur le do et sur le la avant d’atteindre le fa. \nA la reprise du chœur la joie exulte à nouveau. Trois temps composés binaires conduisent le mouvement vers un motif très fin où il s’épanouit un instant\, qu’il reprend et d’où il part pour une dernière envolée sur le fa en plein enthousiasme. Il revient alors\, paisible et heureux\, à la tonique par la formule modale si expressive de plénitude. \nALLELUIA\nLE TEXTE\nSeigneur\, Dieu de mon salut\, pendant le jour j’ai crié et pendant la nuit\, devant toi.  \nPs. LXXXVII\, 2. \nCes deux versets\, dans le Psaume\, sont le prélude d’une longue plainte. Il n’y a nulle raison ici de leur donner ce caractère de supplication angoissée. Détachés de leur contexte\, ils prennent un sens ordinaire; on pourrait même traduire clamavi simplement par : j’ai prié. \nL’Église en effet ne fait pas autre chose par ces quelques mots que de dire au Seigneur qu’il en sera de sa prière comme de la louange; elle n’a pas cessé\, elle ne cessera pas. \nLA MÉLODIE\n  \nElle a bien ce caractère de tranquillité\, de paix\, d’abandon qui est l’attitude de la prière simple et confiante. \nIl n’y a rien d’angoissé sur la montée de Domine Deus; c’est un salut gracieux\, plein de révérence\, avec une nuance délicate de joie et de tendresse sur la cadence de salutis meae. \nIn die est en relief par l’arsis qui monte en quarte sur la distropha\, mais Clamavi est une belle thésis toute en repos. Nocte aussi est souligné par le salicus et par la montée vers la dominante\, mais la vocalise du jubilus est un chant de paix\, et non un cri d’angoisse; les rythmes qui se succèdent si réguliers\, ternaires vers les pressus dans la première incise\, binaires vers les notes doubles dans la seconde et la troisième le disent assez. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nIl pria Moyse\, en présence du Seigneur son Dieu et dit : « Pourquoi\, Seigneur\, es-tu irrité contre ton peuple ? Apaise la colère de ton âme. Rappelle-toi Abraham\, Isaac et Jacob\, à qui tu as juré de donner la terre où coulent le lait et le miel. » Et apaisé il devint\, le Seigneur\, quant au mal qu’il avait dit qu’il ferait à son peuple.  \nExode XXXII\, 11\, 13\, 14. \nC’est un texte qui relate un événement historique\, il faut donc le mettre dans son cadre. Pendant que Moyse était sur le Sinaï\, le peuple se prosterna devant le veau d’or. Dieu dit à Moyse : « Le peuple a la tête dure. Laisse-moi; que ma colère s’échauffe et que je le détruise et que je fasse de toi la tête d’une grande nation ». Moyse se mit alors à prier et c’est le résumé de sa prière que nous avons ici : pourquoi te fâcher ? calme-toi\, souviens-toi de tes promesses à nos pères. Dieu alors s’apaisa et revint sur son projet de châtiment. \nC’est sans doute l’Épître\, où il est fait mention de Moyse et l’Évangile\, où il est question de la loi\, qui ont déterminé le choix de ce texte\, mais il vient bien aussi\, après l’épisode du bon Samaritain. \nL’Église nous montre le Seigneur\, dans ce geste de miséricorde comme notre modèle: « soyez miséricordieux comme votre Père céleste est miséricordieux ». Elle fait plus encore. A travers la figure de Moyse et à travers sa prière\, elle fait elle-même le bon Samaritain; elle prie le Seigneur d’épargner à l’humanité les vengeances qui à tant de titres pèsent sur elles… car le veau d’or est toujours debout\, hélas! \nLA MÉLODIE\n  \nIl en est peu d’aussi dramatique. \nLa première phrase\, deux fois répétée\, est comme l’ouverture du drame. Mélodie grave\, un peu triste. Faut-il y voir la honte de l’humanité idolâtre que Moyse portait sur lui et que l’Église porte après lui en souvenir de cet incident ? La nuance en serait assez marquée sur Domini et plus encore sur dixit\, la seconde fois surtout quand le mot\, dépouillé de tout ornement est réduit à la simple cadence sur sol. \nLa prière s’élève alors sur la double note de quare par un mouvement de quarte ascendante qui la fait paraître quelque peu osée. Il est possible que Moyse ait eu\, en cette circonstance où le salut du peuple était en jeu\, plus d’audace avec Dieu qu’à aucune autre heure de sa vie\, mais on aurait tort d’interpréter ce quare comme une mise en demeure présentée au Seigneur d’avoir à s’expliquer sur sa colère. Ce serait aller à l’encontre de l’attitude constante des Juifs qui\, devant le Très Haut\, était de crainte\, voire de terreur. Moyse plaide; sa plaidoirie va être très forte tout à l’heure\, ici elle est humble. On pourrait même dire\, timide. Notez que Dominus est léger\, que les double notes de trasceris sont une distropha et une tristropha\, l’une et l’autre légères aussi\, que les pressus sont thétiques. Je veux bien que dans les manuscrits le second podatus de quare soit un pes quassus et que la première note en soit allongée et appuyée\, mais rien n’indique qu’elle doive être frappée et dure. \nLa supplication s’avive dans la seconde phrase. On sent que Moyse perd peu à peu sa timidité. Il s’enhardit; notamment dans la montée vers la tristropha de parce et sur la double note de animae – une virga et un pes quassus encore – sans excès toutefois; sa réserve respectueuse demeure dans toute la vocalise de tuae. \nMais voici l’argument décisif : le rappel des grand noms et de la promesse qui leur fut faite. Il s’agit de justice cette fois. Moyse n’a plus peur\, il parle fort. Sur l’accent tonique de memento la mélodie monte du sol au ré et s’y fixe\, elle se fait impérieuse et prend de l’ampleur. Il semble que tout le passé se dresse et crie dans la voix de Moyse. Admirable évocation et si expressive sur chaque nom; notez le quilisma et la montée vers la virga allongée du sommet sur Abraham\, le pressus de Isaac\, et sur et les quatre répercussions qui insistent et préparent la montée vers le fa\, grandiose\, solennelle et qui se détend sur Jacob en une cadence enveloppant de vénération gracieuse le nom du Patriarche. \nA cette nomenclature glorieuse et sainte se joint tout de suite le mot de la promesse\, plus que cela\, du pacte d’alliance : quibus jurasti. Mais ce n’est pas ce mot\, pourtant si fort\, que Moyse met en évidence\, c’est terram; la Terre Promise; la terre mystérieuse vers laquelle tant de regards\, tant de désirs se sont portés aux jours de l’oppression\, la terre\, lointaine encore\, vers laquelle tout le peuple marche depuis le Nil et la Mer Rouge\, la terre d’où sortira le Messie. Les mots ici font plus qu’évoquer\, ils décrivent. Sur la distropha répercutée\, qui prolonge la dernière syllabe de terram\, Moyse cherche dans l’espace le pays merveilleux de sa race et\, l’âme remplie de tout ce qu’il en sait\, il module sa joie sur lac et mel en des neumes souples\, fluides\, doux et délectables comme le lait et le miel aux rayons dorés. Il y a là comme au point d’orgue. La prière a pris fin et le Seigneur s’est apaisé. \nLe récitant reprend alors le fil de l’histoire pour chanter cet apaisement divin : Et placatus factus est Dominus… La mélodie passe en fa et\, sur les trois notes de l’accord parfait\, monte vers le mi\, baignée de paix et de joie. Elle enveloppe Dominus de vénération aimante et de gratitude. Sur malignitate\, par un motif doux et gracieux répété deux fois\, elle insiste pour marquer le malheur qui a été évité et l’importance de la grâce obtenue. Et l’allégresse continue jusqu’à ce que\, sur populo suo\, toute la reconnaissance\, la tendresse et la joie se perdent dans la contemplation du peuple élu. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nDu fruit de tes œuvres\, Seigneur\, la terre se rassasiera\, afin que tu fasses sortir le pain de la terre\, et que le vin réjouisse le cœur de l’homme\, et que le visage brille sous l’huile\, et que le pain fortifie le cœur de l’homme. Ps. CIII. 13\, 14\, 15. \nCes trois versets ont été choisis\, cette fois encore\, en raison du temps de la moisson. Ils sont comme une action de grâces que l’Église fait monter vers Dieu. Mais parmi tous les fruits de la terre\, le pain et le vin ont été choisis\, il va de soi\, à cause de la Communion\, et c’est l’Eucharistie qui nourrit les hommes\, les fortifie et les rassasie de joie qu’elle chante\, en fait; et avec quelle actualité vivante\, au moment même où se réalise le sacrement de vie. \nLA MÉLODIE\n  \nLa première phrase est très simple\, presque syllabique. Mais quel beau rythme plein de joie sur ces trois notes qui vont et viennent du fa au la et du la au fa! \nLa même simplicité continue dans la seconde jusqu’à ce que la joie du vin soit mise en relief par une arsis plus exultante. \nDans la troisième\, il y a plus de vie encore sur exhilarant qui s’épanouit comme un sourire heureux. Le mouvement se détend ensuite en une très belle thésis sur in oléo. Après une belle arsis qui chante l’Eucharistie sur et panis cor hominis la phrase s’achève\, très douce et très simple sur les quatre notes de confirmet. \n  \n\nCantiques pour tous les temps\nPolyphonies pour tous les temps\n\n  \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Dixième dimanche après la Pentecôte
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : Mort de Jézabel. Règne d’Athalie. (IV Rois. IX. X) \nÉPÎTRE : le Saint-Esprit inspire tout en nous pour l’utilité commune. En dehors de lui rien de bon ne peut venir de nous. (I Cor. XII. 2-11). \nÉVANGILE : Le Pharisien et le publicain. (Luc. XVIII. 91. 4) \nIDÉE CENTRALE : Il semble que l’on peut tout ramener autour de l’épître. Rien de bon ne se fait en dehors de l’Esprit du Christ qui est en nous pour nous guider et nous utiliser en vue du bien commun. Nos propres actions peuvent avoir des effets heureux\, mais qui passent. \nL’exemple de Jézabel celui d’Athalie et celui du Pharisien sont typiques. Ils ont agi par orgueil; ils finissent mal. Le Publicain par contre est justifié et exalté parce qu’il a utilisé l’Esprit qui l’inspirait. La collecte elle-même peut être entendue dans ce sens\, car nous ne « courrons vers les biens promis » que sous l’inspiration et la conduite de l’Esprit; c’est donc la docilité à l’entendre et à le suivre que nous demandons en fait à la Toute-Puissance de Dieu. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nComme j’invoquais le Seigneur\, il entendit ma voix (et me mit à l’abri) de ceux qui me cherchaient. Et il les a humiliés\, lui qui est avant les siècles et demeure éternellement. Jette ta pensée sur le Seigneur et lui-même prendra soin de toi. Ps. – Exauce\, Dieu\, ma prière et ne dédaigne pas ma supplication. Écoute-moi et exauce-moi. Ps. LIV. 17\, 18\, 20\, 29\, 2. \nLe Psalmiste qui\, dans la première partie du Psaume\, s’est lamenté sur le mal que lui font ses ennemis\, se remémore\, pour se donner confiance\, ce que le Seigneur a fait pour lui dans le passé et s’exhorte à tout lui abandonner une fois de plus : « jette ta pensée\, ton souci sur le Seigneur… » \nAu sens liturgique\, l’Église se rappelant\, elle aussi\, les bienfaits répétés du Seigneur\, s’exhorte\, et exhorte les siens\, à s’en remettre à lui ou plus précisément à son Esprit qui a mission de nous guider et de nous garder. \nLA MÉLODIE\nLes deux premières phrases\, comme dans le texte\, ne sont qu’un récitatif\, mais l’auteur l’a voulu très orné et très expressif. \nLa succession de quatre temps composés ternaires en mouvement arsique donne au début de la première phrase quelque chose de décidé\, de vif même\, et de joyeux aussi\, comme si après une longue délibération l’âme mettait en pratique\, sur le champ\, la décision qu’elle vient de prendre : « tu as été exaucée jadis\, jette encore ton souci sur le Seigneur ». Le mouvement s’épanouit sur la tristropha de exaudi en une nuance délicate qui évoque les souvenirs heureux Après une légère détente il rebondit sur appropinquant; la bivirga y met comme une touche de terreur\, au souvenir des ennemis menaçants. \nDans la deuxième phrase\, la mélodie\, d’abord très calme\, s’anime peu à peu sur humiliaviteos. Ce sont les souvenirs heureux qui continuent. Mais sur qui est ante saecula et manet in æternum à l’idée de l’éternité de Dieu\, si magnifiquement décrite en ces quelques mots\, une sorte de grandeur mystique la pénètre. Notez les deux doubles notes de qui est ante saeculamanet qui fixent la mélodie sur do et les deux pressus qui\, par degré\, la ramènent à la tonique. C’est noble\, grand\, somptueux comme un cortège royal. \nTout autre est la dernière phrase. On sent l’âme comme déchargée du poids de son souci et heureuse de faire partager aux autres son expérience. Son chant s’allège; il monte joyeux vers Domino qu’il enveloppe d’un motif aimable puis met te en un admirable relief; soit qu’elle se parle à elle-même ou qu’elle s’adresse à un ami\, elle sait et dit avec insistance combien\, malgré sa petitesse et son indignité\, elle est précieuse devant le Seigneur. Ce texte est celui du graduel du IIIe Dimanche après la Pentecôte. Dans un genre différent l’expression est la même. On aura profit à le constater\, notamment sur te\, où l’insistance est également remarquable. \nLa prière se fait alors\, dans le psaume\, légère et riche d’espoir. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nGarde-moi? Seigneur\, comme la pupille de l’œil. Sous l’ombre de tes ailes protège-moi. Verset. – De ton visage que ma justification sorte\, que tes yeux voient l’équité. Ps. XVI. 8. \nCes versets par lesquels\, sous des images si expressives\, David demandait à Dieu de le garder\, comme son bien précieux\, dans la chaleur de son amour et de le juger avec un visage plein de la joie de son innocence\, servent ici à l’Église pour solliciter la même protection et la même justice. Elle a bien des dangers autour d’elle\, bien des attirances mauvaises s’exercent sur ses membres par les idoles muettes dont parle Saint Paul dans l’Épître; elle voudrait qu’ils demeurent sous cette conduite de l’Esprit qui les fasse penser\, juger\, vouloir selon Dieu. Prière de l’Église. Prière de chacun de nous… Custodi me Domine. \nLA MÉLODIE\nLa première phrase a un caractère d’intimité très marqué. C’est comme une prière du fond de l’âme\, confiée\, murmurée à un ami. La mélodie ne dépasse pas la tierce dans la première incise; mais\, dans cette réserve humble et familière à la fois\, quelle pression sur l’être cher qui peut aider ! Notez la double note de me qui fait la voix s’y appuyer comme en un accent de détresse et la thésis qui suit; plainte délicate qui devient prière intense sur les longs neumes de Domine. Il y a sur pupillam un petit élan qui entraîne la mélodie vers le sib\, mais si retenu\, si timide\, avec cette plainte à peine émise\, émouvante\, et qui s’étend jusqu’à la dernière note de oculi. \nDès le début de la seconde phrase il y a un changement. L’arsis est mouvementée\, avec de grands intervalles qui portent la prière sur les pressus de umbra et de alarum. Ce n’est pas que la supplication soit angoissée ni même plus intense : la mélodie s’est seulement éclairée. La sérénité du mode de fa pénètre tout et\, sur alarum\, se dessine le motif des grandes allégresses du Ve mode. Incontestablement\, c’est la joie. La cadence en mi de tuorum apporte à cette joie une nuance de repos qui se poursuit sur protege\, s’étale\, s’élargit jusqu’à la cadence qui ramène tout en re\, mais seulement pour finir. C’est comme si l’âme se trouvait enfin dans le refuge sollicité et\, blottie dans les bras du Père\, lui disait\, tranquille désormais\, apaisée\, joyeuse\, sous cette protection divine: « sous tes ailes étendues garde-moi bien ». \nLe verset \nLa prière continue\, mais différente; ce n’est ni le murmure d’intimité\, ni la joie parfois éclatante de la première partie. Il y a ici plus de paix et de sérénité. C’est d’abord pour chanter vultu tuo comme un bercement léger sur la sol puis sur do la et une cadence paisible sur fa. L’âme contemple le visage aimé\, c’est tout. Cette contemplation se prolonge sur Judicium meum. Ce n’est que sur prodeat que monte un accent de supplication\, très beau d’ailleurs dans sa simplicité. \nDans la seconde phrase\, la joie revient. Elle est aussi marquée que sur sub umbra dans la première partie mais\, ici\, toute contemplative. Notez plutôt la douce paix de la vocalise de tui qui monte et descend par degrés conjoints sur des rythmes d’une grâce exquise. \nCes deux premières phrases chantaient la joie de la Rédemption entrevue par-delà le péché\, dans le Graduel de la messe du Mercredi des Cendres. \nSur videant le mouvement s’amplifie et la supplication domine à son tour\, fervente\, avec une nuance de plainte assez marquée sur la dernière syllabe \nALLELUIA\nLE TEXTE\nA toi convient\, un hymne\, ô Dieu\, dans Sion. Et à toi on acquittera un vœu dans Jérusalem. Ps. LXIV. 2. \nAprès la  demande du Graduel\, l’action de grâces. L’âme a trouvé un chaud refuge sous les ailes protectrices; elle peut dire maintenant sa louange et le vœu qu’elle accomplira pour témoigner de sa gratitude. \nOn attendait sur ce texte qui évoque Jérusalem et les cérémonies du Temple une joie plus exubérante\, celle-ci est sans emphase\, simple\, intime comme celle du Graduel. \nLA MÉLODIE\nLes podatus de la première incise ne font en somme que conduire le mouvement vers Deus\, enveloppé\, lui\, d’une belle révérence\, aimable\, gracieuse et d’une grande délicatesse par la cadence en si. L’incise qui suit est toute consacrée à Sion qui\, comme toujours\, est chantée avec amour. L’âme contemple la Cité Sainte\, l’Église\, le Ciel\, et s’enflamme peu à peu de désir; notez le pressus\, la distropha\, la répercussion\, les deux notes doubles\, et le pressus; il y a là un mouvement dont l’ardeur monte\, encore qu’elle soit retenue. \nLa deuxième phrase est plus développée. Chaque mot a son motif\, si l’on peut dire. Tibi\, bien en relief au sommet\, s’achève sur la même nuance délicate de Deus\, une quarte au-dessus; reddetur a la ferveur de la promesse et de la gratitude à la fois\, sur la distropha\, la répercussion et la cadence en demi-ton par la clivis allongée et le pressus; votum\, hanté comme Sion et Jérusalem\, déroule sa longue vocalise contemplative dans un rythme d’une ordonnance admirable où la joie et l’amour se mêlent en des motifs simples à travers lesquels passe le désir de la Cité Sainte… et du Ciel où tout ne sera que louange et gratitude. \nOFFERTOIRE\nC’est celui du Ier Dimanche de l’Avent . Son caractère de prière très humble convient admirablement ici après la parabole du Pharisien et du Publicain. Il est l’expression de cette âme très simple priant au bas du Temple\, et qui fut justifiée et exaltée. Il doit être l’expression de notre confiance abandonnée montant avec le sacrifice vers le Père qui nous donnera en retour l’Esprit et ses dons pour nous guider vers la Cité Sainte\, où\, dans la Gloire du Christ\, nous serons à jamais exaltés pour avoir partagé son abaissement. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nTu accepteras le sacrifice de justice\, les oblations et les holocaustes sur ton autel\, Seigneur. Ps. L. 21. \nTrès belle adaptation à la Communion du dernier verset du Miserere. Et quelle belle conclusion de toute la messe ! Nous avons jeté nos soucis sur le Seigneur à la fin de l’Introït\, nous lui avons demandé\, dans le Graduel\, de nous couvrir de l’ombre de ses ailes\, nous lui avons dit notre gratitude dans l’Alleluia\, à l’Offertoire\, nous offrant avec son Fils\, nous avons affirmé notre confiance en sa venue. Nous avons maintenant l’âme telle qu’il la veut. Il peut venir prendre en nous la place du Maître et recevoir nos holocaustes et nos oblations. Il ne saurait les refuser\, car elles lui viennent à travers son Fils qui nous a transformés en lui. \nLA MÉLODIE\nElle est aimable\, familière\, douce. Il n’y a pas de sentiment particulièrement marqué mais une égalité d’âme paisible. C’est le mot altare qui l’emporte; il a une belle expression de respect\, de révérence profonde et aimante. \n\nCantiques pour tous les temps\nPolyphonies pour tous les temps\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Onzième dimanche après la Pentecôte (XI)
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nÉPÎTRE: Sait Paul insiste sur l’Évangile qu’il prêche\, à savoir : le Christ ressuscité et son action efficace. (I Cor. XV) \nÉVANGILE : Notre-Seigneur guérit un sourd-muet avec sa salive (Marc VII. 31. 37) \nIDÉE CENTRALE : Comme le IXe Dimanche était sous le signe du châtiment\, on peut bien dire que celui-ci est sous le signe du miracle. Dieu manifeste sa puissance sur la vie du corps en prolongeant les années d’Ezéchias\, sur la vie des âmes en les ressuscitant\, comme le dit Saint Paul dans l’Épître\, sur la santé en rendant\, par Notre-Seigneur Jésus-Christ\, la parole et l’ouïe au sourd-muet. Il s’ensuit en nous une attitude d’admiration\, de joie\, de confiance; un optimisme qui nous fait tout demander au Seigneur; même ce dont nous n’osons pas formuler la demande\, comme nous le fait dire la Collecte. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nDieu dans son saint lieu\, Dieu qui fait habiter (les hommes) unis\, dans une maison\, lui-même donnera force et courage à son peuple. \nPs. – Que le Seigneur se lève\, et qu’ils soient dispersés ses ennemis\, que ceux qui le haïssent\, fuient devant sa face. \nPs. LXVII\, 6\, 7\, 36\, 3. \nLe Psaume LXVII célèbre le Dieu d’Israël qui après avoir tiré son peuple d’Égypte et fait alliance avec lui le ramène du mont Sinaï dans la Terre Promise. \nLe sens des versets qui composent cet Introït est celui-ci : Dieu\, qui est là dans son  Palais ou dans son Temple\, lui qui a donné une maison à son peule qui n’en avait pas\, alors qu’il errait dans les solitudes du désert et qui l’y a fait habiter dans l’unité d’un même désir\, d’une même confiance\, d’un même amour\, continuera à donner à la nation qu’il a choisie force et courage. \nVient alors le verset\, qui était le signal du départ de l’Arche dans la marche de quarante années. \nIl suffit de les appliquer à l’Église\, pour faire entrer ces quatre versets dans la liturgie du jour. Dieu\, de son Temple\, le ciel\, a uni les hommes dans la foi\, l’espérance et la charité\, et les a fait habiter dans une demeure spirituelle : l’Église\, qui est comme la maison de famille\, en attendant la demeure céleste où l’unanimité sera absolue. Et il n’a tant donné que parce qu’il veut continuer à donner encore\, en fournissant à chacun la force et le courage de vivre dans cette unité de l’Esprit. Que ceux qui s’opposent en quoi que ce soit au développement de son peuple se tiennent sur leur garde car Dieu se lève et il va les disperser\, comme l’Église l’en prie pour finir. \nRien ne s’oppose à ce qu’on ne précise davantage le sens\, pour les faire entrer dans l’idée centrale de la messe telle que nous l’avons dégagée. Cette unanimité des hommes dans l’Église tient du prodige. C’est peut-être la plus grande manifestation de la puissance divine : le miracle permanent de l’Église. Pour le continuer\, Dieu ne ménagera à personne sa force ni le courage. \nAinsi l’Église se chante à elle-même\, et chante au monde\, son optimisme. \nLA MÉLODIE\nIl y a dans la première incise une certaine grandeur qui va bien à l’idée du Dieu Tout-Pusissant dans son lieu sacré. Mais une joie profonde pénètre cette noblesse\, la joie de la tranquillité\, de la paix\, du bonheur final assuré par cette protection du Dieu Très-Haut. L’idée reprend dans la seconde incise en une progression très marquée qui met en plein relief cette chose extraordinaire qu’est le rassemblement de millions d’individus unanimes dans l’Église. Le rythme ternaire des deux porrectus\, la montée à la dominante\, le motif de facit qui se meut vers le mi\, si léger et si gracieux; tout cet ensemble arsique avive l’expression de bonheur déjà esquissée : la joie s’allège\, s’extériorise\, prend de l’éclat. \nVient alors l’affirmation pleine de confiance : Ipse dabit virtutem. La bivirga épisématique sur la dernière syllabe de Ipse\, le podatus allongé de dabit\, la bivirga de virtutem et\, dans le grave\, la clivis allongée de fortitudinem\, enfin la remontée de plebis avec la nuance de respect qui entoure le peuple d’élection\, donnent à cette phrase une magnifique expression de certitude forte et fière. \nSuit alors le Psaume\, vif\, décidé\, comme un ordre de marche. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nEn Dieu il a espéré\, mon cœur\, et j’ai été aidé. Et elle a refleuri\, ma chair. Et de tout mon cœur je le louerai.  \nVerset. – Vers toi Seigneur\, j’ai crié. Mon Dieu ne te tais pas\, ne t’éloigne pas de moi.  \nPs. XXVII. 7\, 1. \nLe Psalmiste avait prié. Il a été exaucé et il a senti comme une jeunesse plus ardente pénétrer son cœur. Il rend grâce. \nAprès l’Épître où Saint Paul affirme avec une telle assurance que si nous gardons l’Évangile du Christ ressuscité nous serons nous-mêmes ressuscités\, cette parole vient sur les lèvres de l’Église avec un sens plus plein encore. Et refloruit caro mea évoque la résurrection des corps en pleine jeunesse; dès lors\, en même temps qu’une action de grâces\, c’est comme un chant d’espoir où s’exalte sa confiance renouvelée qu’elle fait monter vers le Seigneur. \nToutefois\, sachant tout ce qui l’entoure\, elle lui demande de lui continuer son secours et la joie de sa présence. \nLA MÉLODIE\nLa première phrase est une simple constatation mais où passent des accents de gratitude et de bonheur profond\, notamment sur la double note de cor meum\, sur le pressus de adjutus sum et sur le balancement si délicatement expressif de refloruit. \nDe cette atmosphère heureuse\, la louange jaillit alors au début de la seconde en un magnifique élan qui va droit à la dominante\, plein d’une ardeur qui promet\, avec enthousiasme. La prose même est renforcée sur mea\, avec une nuance de gravité d’où rebondit le confitebor. C’est un bel accent de ferveur\, qui descend vite dans le grave pour devenir\, sur les broderies très simples de illi une sorte de contemplation\, comme si l’âme demeurait fixée sur la louange qu’éternellement elle chantera devant la face du Sauveur aimé. \nLe Verset. \nLa formule de clamavi sert bien le mot. L’âme prend d’abord le temps d’évoquer les heures difficiles sur des balancements très calmes\, puis le cri ardent monte. Il n’est pas angoissé; c’est la joie qui le pousse\, une joie enthousiaste qui continue sur les beaux rythmes de la thésis. \nC’est encore elle qu’on rencontre au début de la phrase suivante sur Deus meus\, en dépit du texte qui devient plus déprécatif. La prière n’est vraiment supplication que sur ne sileas: tout à fait à propos d’ailleurs. Le motif est très beau. Il se soude admirablement à la formule finale qui\, elle aussi\, a une nuance de gravité fort bien adaptée. \nALLELUIA\nLE TEXTE\nChantez avec transport Dieu notre aide. Acclamez le Dieu de Jacob. Entonnez un psaume joyeux avec la cithare.  \nPs LXXX. 2\, 3. \nCette invitation à la louange est tout à fait à sa place ici. L’Église après avoir dit dans le Graduel qu’elle va louer le Seigneur : et in voluntate mea confitebor illi\, invite ses membres à commencer. \nLA MÉLODIE\nC’est une invitation discrète. Basée sur l’intonation de la formule psalmique du VIIe mode – elle est répétée trois fois – la mélodie ne dépasse la teneur du psaume que dans des détails d’ornement. Dans les deux première phrases\, elle met seulement en relief\, et par des motifs sans enthousiasme\, adjutori et Deo Jacob. \nCe n’est que sur psalmum qu’elle s’exalte  un peu. Exaltation toute passagère d’ailleurs\, car jucundum\, sur le motif de adjutori\, ramène tout de suite la discrétion. \nLe jubilus de cithara est caractéristique de cette joie fervente mais contenue\, intérieure\, qui ne perce que rarement et sur des mots choisis. \nOFFERTOIRE\nC’est celui du Mercredi des Cendres.   Il est bien ici sur les lèvres du sourd-muet guéri… Clamavi ad te et sanasti me… et sur les nôtres\, car Notre-Seigneur nous a bien acceptés dans le sacrifice qui est offert sur l’autel : quoniam suscepisti me. Il nous a guéris aussi. Le même mot qu’au sourd-muet\, avec le même geste\, n’a-t-il pas été dit sur nous le jour de notre Baptême : Epheta.  Et nous avons été délivrés de la surdité et du mutisme que le péché avait mis en nous. Bien des fois la merveille a été renouvelée; aussi\, avec nos oreilles redevenues sensibles et nos langues déliées\, pouvons-nous chanter le psaume de la reconnaissance : Exaltabo te Domine. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nHonore le Seigneur de ta substance\, et des prémices de tes fruits\, afin que soient remplies tes granges à satiété et que tes pressoirs débordent.  \nProv. III\, 9\, 10. \nEn cette période de la moisson\, l’Église invite les fidèles à donner au Seigneur les prémices de ce qu’ils récoltent\, comme le prix de leur fermage\, comme la part du propriétaire\, afin que\, satisfait de cet hommage\, le Seigneur donne encore et au centuple. Mais par delà ce sens matériel\, il faut entendre l’invitation qui nous est faite de nous offrir au Christ dans la Communion\, afin de recevoir de lui une nourriture spirituelle de plus en plus abondante\, jusqu’au jour où il nous rassasiera dans la Gloire de son Être à jamais contemplé. \nLA MÉLODIE\nLa première phrase\, comme celle du Graduel\, est très simple; invitation discrète sans expression particulière. Substantia tua est en fort relief\, comme il convient; il s’agit de notre être\, de notre vie. \nLa seconde a plus d’élan mais demeure sans chaleur. \nC’est la troisième qui est la plus expressive. La mélodie s’élève ardente sur impleantur\, et\, sur horrea tua\, s’élargit à la mesure des granges et des moissons. Il passe en outre dans tout ce mouvement un souffle de joie qui chante l’abondance heureuse du présent et de l’avenir. \nLa dernière phrase est plutôt thétique mais chante fort bien aussi dans le grave\, sur torcularia et sur redundabunt\, les paroles riches de promesses pour l’année qui vient. \n  \n\nCantiques pour tous les temps\nPolyphonies pour tous les temps\n\n  \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Assomption
DESCRIPTION:Notre-Dame est morte comme tout le monde meurt.\nMais la mort\, châtiment du péché\, ne pouvait lui être imposée\, à elle que le péché n’avait pas touchée; elle était immortelle en droit. C’est donc en quelque sorte librement qu’elle est morte\, acceptant d’être ainsi associée\, jusqu’en son acte suprême\, à l’œuvre rédemptrice de son fils. \nElle n’est morte ni d’usure\, ni de maladie\, mais d’amour. Un moment est arrivé où son corps n’a plus été capable de porter l’ardeur de son âme. Dieu alors a laissé l’amour déborder sur la sensibilité qui en un instant a été consumée.\nSon âme monta droit au ciel. Son corps fut mis au tombeau. Mais il ne devait pas retourner en poussière. De droit\, lui aussi était incorruptible. Après un laps de temps\, sans doute très court\, quelques jours\, quelques heures\, peut-être\, l’âme l’occupa à nouveau et il fut glorifié. \nAlors\, par la force même de la gloire qui fait les corps agiles et dociles à tous les désirs de l’âme et de l’Esprit-Saint\, Notre-Dame monta vers les Cieux\, s’éleva au-dessus des anges et des saints qui l’acclamaient et\, dans le midi éternel\, près de son fils\, commença à chanter\, sur le mode de l’éternité\, son Magnificat. \nTel est l’événement historique de l’Assomption. Il fut célébré de très bonne heure. Dès la fin du Ve siècle la fête était organisée en Orient. A la fin du VIIe elle fut introduite à Rome et devint rapidement très solennelle. \nL’Eglise la célèbre dans une atmosphère de joie tour à tour contemplative et exultante\, faisant entrer dans le jeu tout le ciel et toute la terre: le Père qui reçoit sa fille bien aimée\, le Fils qui retrouve sa mère\, le Saint-Esprit qui enveloppe son épouse dans l’amour béatifiant\, elle-même qui nous dit son bonheur\, et les anges et les élus et tous les chrétiens de la terre et du purgatoire qui l’acclament et félicitent le Christ glorieux d’avoir enfin près de lui\, corps et âme\, sa mère.\n(Texte d’introduction à la fête dans le commentaire de Dom Baron) \nLa messe actuelle de l’Assomption date de la proclamation du dogme par le pape Pie XII (1950). Elle n’a pas été commentée par Dom Baron qui a publié son ouvrage bien avant.\nNotons qu’il s’agit d’une messe créée pour cette occasion\, donc d’une composition récente\, particulièrement réussie\, bien qu’il y ait peu d’usage de mélodies-types. Seul l’Alleluia est une mélodie-type\, mais qui n’est pas particulièrement modale\, donc de facture plutôt récente. Cela n’enlève rien à son caractère joyeux\, léger et adapté à la fête liturgique. L’introït et le graduel sont du mode 7\, le mode angélique. Celui-ci a une tessiture très large\, ce qui permet des envolées particulièrement élancées; il était difficile de mieux correspondre à l’esprit de la fête. A chanter avec élan et légèreté. \nCette messe montre qu’il est possible de créer de nouvelles pièces qui soient belles\, priantes et qui correspondent au thème et à l’esprit de la fête liturgique. Même si le caractère modal est moins marqué que dans le répertoire primitif\, le but est néanmoins atteint\, à savoir l’élévation des âmes par la beauté du chant. \nBernard Lorber \n  \n\nMotets polyphoniques en l’honneur de Marie
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SUMMARY:Treizième dimanche après la Pentecôte (XIII)
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLECONS DES MATINES :En août : Eccles. Sag. Ecclésiastique. En septembre : Job\, Tobie. \nEPITRE : Ce n’est pas la loi qui donne la vie\, mais la foi (Gal. III. 16. 22) \nEVANGILE : Les dix lépreux guéris. Un seul rend grâce. Notre-Seigneur lui dit que sa foi l’a sauvé (Luc XVII. 11\, 19). \nIDEE CENTRALE : On peut tout grouper\, si l’on veut\, autour de la foi\, condition de salut.\nLa collecte nous en fait demander l’augmentation. Saint Paul\, dans l’Épître\, montre avec insistance que c’est la foi dans la promesse du Messie\, une foi pénétrée d’espoir et d’amour\, et non la loi\, qui a sauvé les hommes depuis Abraham jusqu’à Jésus-Christ. Des dix lépreux dont l’Évangile nous rapporte la guérison\, un seul eut la foi vive\, qui lui fit exprimer sa gratitude et rendre gloire à Dieu. Ce fut aussi le seul à qui Notre-Seigneur dit : « Ta foi t’a sauvé. » \nINTROÏT\nLE TEXTE\nSouviens-toi\, Seigneur\, de ton alliance\, et les âmes de tes pauvres ne les délaisse pas à jamais. Lève-toi Seigneur\, et justifie ta cause. Et n’oublie pas la voie de ceux qui te cherchent. \nPs. – Pourquoi\, ô Dieu\, nous as-tu repoussés à jamais ? Est-elle allumée\, ta fureur\, contre les brebis de ton pâturage ?  \nPs. LXXIII. 20\, 19\, 23\, 1. \nDans le psaume\, les versets qui forment ici le corps de l’Introït sont la fin d’une prière très émouvante inspirée par la détresse des malheureux qui semblent abandonnés. Le Psalmiste la présente très habilement en faisant\, comme Moyse\, appel à l’alliance jadis contracté entre le Seigneur et son peuple. \nIl n’y a rien à changer à ce texte pour le faire entrer dans l’esprit de la loi nouvelle; l’alliance demeura\, scellée même à nouveau\, dans le sang du Christ. Bien plus\, il entre de plein pied dans l’idée centrale de cette messe\, car cette alliance n’a de valeur que dans la foi. C’est donc en fait la foi de ses membres que l’Église demande au Seigneur de regarder pour qu’il se décide enfin\, dans sa miséricorde\, à les sortir de leur détresse\, et à les aider à le trouver pour vivre avec lui dans la joie de la promesse réalisée. \nLA MÉLODIE\n\nLa prière est ardente dès le début. La mélodie en partant du sol par un mouvement de quinte puis de tierce\, Respice Domine\, la revêt en effet d’un accent d’intense supplication. Elle se détend ensuite sur testamentum qu’elle met aussi en relief\, mais par une courbe gracieuse\, et sans pression\, tous les neumes se succédant par degrés conjoints. Sur animas pauperum\, l’âme\, comme en un retour sur elle-même\, prend conscience de ses misères et leur poids la tient comme courbée sur la détresse; peut-être aussi sous la honte\, toujours est-il que son chant ne monte plus\, il demeure fixé dans le grave. Il n’en est pas moins suppliant. Il y a même quelque chose de prenant dans cette insistance sur le do qui va en progression vers ne derelinquas et qui trouve enfin\, sur le pressus l’ardeur qu’elle cherche\, laquelle d’ailleurs se détend aussitôt en plainte délicate sur in finem par la cadence en demi-ton. \nAlors\, au début de la deuxième phrase\, un appel émouvant jaillit : Exsurge Domine. D’abord retenu sur les premières notes de Exsurge par le quilisma\, il monte comme un cri véhément sur la bivirga de Domine. On y sent l’âme chargée d’angoisse\, toute tendue vers la miséricorde de son Dieu. Le calme revient vite sur et judica. Il se continue jusque dans la troisième phrase où obliviscaris vient répondre à judica. Un accent plus vif sur quaerentium\, qui se détend peu à peu pour envelopper te de douce vénération\, et la prière est finie. \nElle reprend sur le Psaume\, ardente encore\, bien servie d’ailleurs par les formules du VIIe mode. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nSouviens-toi\, Seigneur\, de ton alliance. Et les âmes de tes pauvres ne les délaisse pas à jamais. \nVerset. – Lève-toi\, Seigneur\, et justifie ta cause. Souviens-toi des opprobres de tes serviteurs. Ps. LXXIII\, 20\, 19\, 23. \nCe sont les paroles mêmes de l’Introït. Seule la dernière phrase a été changée\, mais l’idée est à peu près la même : une prière pour demander au Seigneur d’aider ceux qui luttent pour demeurer dans la foi vive et s’élever au-dessus de la lettre de la loi qui \, à elle seule\, ne peut rien. \nBelle paraphrase du dernier mot de l’Épître. « L’Écriture a tout renfermé sous le péché afin que la promesse fût réalisée pour les croyants dans la foi en Jésus-Christ ». L’effet de la promesse se fait attendre et c’est dur d’espérer dans la nuit : « Seigneur\, rappelle-toi tes promesses… » \nLA MÉLODIE\n\nLa première incise est paisible et douce\, mais la prière y est déjà. On la sent dès le début\, ferme et insistante sur la bivirga de Respice qui coïncide si heureusement avec l’accent tonique. Elle monte peu à peu à travers la vénération qui enveloppe Domine et sitôt passé le nom divin\, se laisse aller sur testamentum à une ardeur qui ne cesse plus de croître jusqu’à la fin de la phrase. \nA peine retenue un instant par la cadence en la\, elle passe dans la phrase suivante où\, tout de suite\, la demande précise est lancée\, en pleine force et sans préparation\, sur la dominante. C’est un motif d’une très grande beauté et très expressif. La voix\, toute en élan sur la double note de et\, retombe douce sur la dernière syllabe de animas\, s’y renforce légèrement puis se détend sur pauperum en une nuance délicate de plainte amenée par la cadence sur la et prolongé par le sib. Cette détente n’est qu’une nuance; le mouvement reprend sur les triples notes de tuorum trois fois répétées\, avec une vigueur qui plaide instamment près du Seigneur en faveur de « ses » pauvres. \nIci encore\, cette vigueur ne s’éteint pas sur la cadence\, elle passe sur ne obliviscaris s’y renforce le long de la montée syllabique\, qui rappelle celle de in testamentum et\, après une détente légère\, s’en va éclater sur in finem en un cri lent et véhément à la fois qui devient\, sur ce mot si terrible\, une émouvante supplication. \nLe verset \nAu lieu du cri de détresse de l’Introït\, un chant lent et doux s’élève sur Exsurge Domine. Le motif est très beau. C’est celui qui chante la miséricorde dans le Graduel du IIe Dimanche après l’Épiphanie . On peut y déceler ici une plainte délicate. Mais l’âme ne chante-t-elle pas plutôt sur cette magnifique formule\, paisible et mesurée\, la bonté infinie de son Dieu sur laquelle\, pour un instant\, elle demeure comme fixée en contemplation ? \nElle revient à la supplication\, dans la seconde phrase\, utilisant des motifs\, parfois employés à d’éclatantes louanges mais qui se prêtent bien aussi à la prière ardente; telle cette montée vers la bivirga de judica qui est de la plus haute expression. La même formule est reprise sur causam mais\, au lieu de s’achever en un cri violent\, elle se détend sur tuam en une plainte qui se fait insistante et qui s’achève en une cadence bien mineure\, où vraiment s’épanche la tristesse. \nLa dernière phrase\, dès le début\, s’établit en fa. Il s’en suit comme un soulagement. C’est encore la prière; on la sent monter sur memor esto et insister sur opprobrii\, mais il ne s’y mêle plus d’angoisse\, et\, sur la formule finale\, l’âme est toute paisible et abandonnée. \nALLELUIA\nLE TEXTE\nSeigneur\, un refuge tu as été pour nous de génération en génération. Ps. LXXXIX.1 \nC’est Moyse qui adresse à Dieu ces paroles. Elles résument la gratitude de tout le peuple\, pour ne pas dire de toute l’humanité. \nElles viennent bien après l’Épître où Saint Paul rappelle les promesses faites à Abraham et ses descendants\, et leur accomplissement. Nous aussi\, nous sommes fils d’Abraham\, vrai fils d’Abraham\, ayant hérité de lui la foi et les promesses en Jésus-Christ. Grâce à l’asile que nous trouvons à chaque instant ouvert en Dieu\, nous allons\, indemnes de tout ce qui nous touche\, à leur heureuse réalité\, tandis que de génération en génération la famille du Patriarche atteint le nombre des étoiles. C’est donc bien notre gratitude à nous aussi et celle de toute l’Église que ces mots portent à Dieu. \nLA MÉLODIE\n\nElle est toute pénétrée de joie\, et c’est bien ainsi pour une action de grâces. Cette joie ne s’exprime pas par de grands élans mais par une ligne mélodique très souple et très légère. Elle monte sur Domine\, retenue à dessein sur le nom divin pour un épanchement de gratitude aimante\, mais en une progression splendide\, appuyée et renforcée délicatement par les quilismas\, les pressus\, les clivis allongées et qui prend du mouvement à mesure qu’elle atteint le sommet. Elle se détend sur refugium en des neumes qui s’étirent\, se retiennent\, comme si l’âme ne voulait pas finir de chanter ce titre qu’elle donne au divin protecteur et qui pour elle dit tant de choses. Le mot achevé\, elle se ressaisit et\, par une remontée de quarte\, repart sur factus est nobis\, s’attardant d’ailleurs à nouveau très vite dans le même sentiment de gratitude heureuse. \nLa seconde phrase est liée de très près à la première; c’est la même idée. La joie y est peut-être plus extériorisée\, moins extatique\, si l’on peut dire\, notamment sur la vocalise de generatione dont les deux torculus font un si beau rythme ternaire et sur celle de la finale\, merveille de souplesse et de grâce. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nEn toi j’ai espéré\, Seigneur\, j’ai dit : tu es mon Dieu\, dans tes mains\, mes années. \nPs. XXX. 15\, 16. \nDans le Psaume\, ces deux versets se terminent par : « délivre-moi »; ils sont là une prière. Ici\, « délivre-moi » ayant été omis\, ils disent seulement la confiance de l’âme qui\, dans un acte d’abandon\, remet entre les mains de Dieu ses années\, avec la puissance de souffrance et de joie qui se trouve en elles : toute sa vie. \nComme ces simples paroles traduisent bien le geste reconnaissant du lépreux tombant le visage contre terre devant le Christ-Jésus qui vient de le guérir !… et le nôtre à nous aussi\, qui avons si souvent reçu le même bienfait de la santé et de la vie rendues. \nC’est l’offertoire de la messe de mariage. Il prend là un sens quelque peu différent\, mais plus beau encore\, émouvant même\, car il est la remise que les époux\, en plein bonheur\, font entre les mains de Dieu de leur destinée\, à l’instant même où elle commence. \nLA MÉLODIE\n\nC’est plus la paix que la joie qu’elle chante. Il n’est pas de paix qui ne soit mêlée de joie\, mais il y a dans cette mélodie une tranquillité si marquée que c’est vraiment l’abandon heureux\, sans souci du bonheur qui l’accompagne. \nDès l’intonation\, on est dans cette atmosphère de paix. Sur ce mot qui dit la confiance que l’âme a toujours eue dans le Seigneur\, la mélodie monte lentement\, retenue à dessein par le salicus\, la note pointée\, le quilisma\, la clivis allongée\, puis\, se détend\, tout à l’aise\, sur la distropha et le long des neumes qui\, sans le moindre heurt se joignent à ceux de Domine pour atteindre\, comme en glissant\, la fin de la phrase. Mais à travers ce legato que rien ne trouble passe la reconnaissance baignée de tendresse de l’âme. C’est elle\, en fait\, qui retient le mouvement\, comme si elle voulait plus de temps pour dire à Dieu son bonheur. \nC’est dans la même paix heureuse qu’elle va chanter les mots de confiance qui vont engager toute sa vie. Dixi\, qui les annonce\, reçoit du podatus et de la distropha un très beau caractère de fermeté\, renforcé encore par le podatus allongé qui monte au la. Mais\, bien plus que l’assurance de sa fidélité\, c’est la joie d’amour qu’elle ressent à chanter ce qu’elle a tant de fois exprimé à l’Hôte Divin dans l’intimité\, que l’âme fait passer dans ces quelques notes. Et c’est très beau; si naturel\, si simple\, si spontané ! Cet élan de bonheur intense se détend sur Deus meus avec une grâce exquise. L’âme se complait sur ces quatre mots\, qui vont en progression sur le pressus de meus poussés par l’élan d’amour délicat qui les fait s’achever sur une cadence en demi-ton toute de tendresse. \nCet épanouissement n’est pas une fin\, la progression continue sur in manibus tuis. C’est ici le sommet de l’idée : la formule même du don total. La mélodie dans la tonalité claire du mode de fa\, touche le la par un motif léger\, joyeux où passe un rien d’enthousiasme\, revient au fa et s’y appuie\, se balançant entre les notes doubles ou triples en des ondulations souples qui chantent le bonheur de l’âme\, profond toujours\, mais bien près d’éclater. La cadence finale en ré n’a elle-même rien de sombre\, amenée qu’elle est par le torculus do-mi-ré. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nUn pain qui vient du ciel\, tu nous as donné\, Seigneur\, ayant toute délectation et toute la saveur de la suavité. Sag. XVI. 20. \nDans le sens littéral du livre de la Sagesse\, c’est de la manne qu’il s’agit\, aliment qui vraiment venait du ciel et qui était toute saveur. C’était la figure de l’Eucharistie. \nIci c’est la réalité qui est chantée\, le Pain Eucharistique. Vrai pain du ciel\, car il est le corps du Verbe Incarné dont la vision rassasie dans l’éternité les Anges et les Bienheureux. Nourriture de notre vie spirituelle aussi\, en ce sens que la grâce du sacrement\, en augmentant la foi\, l’espérance et la charité\, entretient en nous la pensée du Christ-Jésus et nous incite à nous donner de plus en plus à lui. Placés ainsi sans cesse\, de toute la force de notre libre vouloir\, sous son influence\, ne n’est plus nous qui vivons\, c’est lui qui vit en nous\, nourrissant notre intelligence et notre volonté de sa propre lumière et de sa propre joie. \nC’est cette lumière et cette joie que l’Église communiante chante ici. \nLA MÉLODIE\n\nUne belle phrase\, d’abord réservée\, qui monte en joie enthousiaste sur Domine et qui se détend sur omne delectamentum en un motif très gracieux\, retenu par la tristropha\, le salicus\, la clivis allongée\, le porrectus\, comme pour évoquer à loisir toutes les joies de l’amour. Elle se relie très étroitement à la suivante qui reprend l’idée de délectation et la développe sur suavitatis en un motif d’une exquise suavité. \nLe torculus la-do-fa\, relié au salicus et les quatre notes qui suivent\, retenues par le quilisma\, sont admirables de grâce souple et légère. \n  \n\nCantiques pour tous les temps\nPolyphonies pour tous les temps\n\n  \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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CATEGORIES:Chant des messes,Messes du Temporal
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