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SUMMARY:Dimanche dans l'Octave de l'Ascension
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n\n\n\nINTROÏT\n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nEcoute\, Seigneur\, ma voix que j’élève vers toi.Allelúia.A toi\, il dit\, mon cœur : je cherche ton visage.Ton visage\, Seigneur\, je le chercherai.Ne détourne pas don visage de moi.Allelúia\, Allelúia.Ps. Le Seigneur est ma lumière. Et  mon salut\, que craindrai-je ? Ps. XXVI. 7\, 8\, 9\, 1.  \n\n\n\nToute la première partie du Psaume XXVI est un cri de confiance enthousiaste ; quelque peu téméraire même : Le Seigneur est mon salut…que craindrai-je ?… Mais au verset 7\, soudain\, le Psalmiste se fait suppliant. Comme si une vague de brouillard l’enveloppait il n’a plus conscience de la présence lumineuse du Seigneur\, il ne sent plus la chaleur de son amour\, il se croit abandonné ; c’est la nuit… Alors sa belle assurance disparaît et l’appel plaintif monte de ses lèvres : « Ecoute ma voix…je cherche ton visage…ne détourne pas ton visage de moi. »L’Eglise a tout naturellement choisi ces deux versets pour exprimer ses sentiments après le départ de Notre Seigneur. Elle était habituée à sa présence visible\, si l’on peut dire : depuis Noël\, elle le suivait partout. Elle ne l’a plus. Elle le  cherche comme on cherche souvent dans le souvenir le visage aimé du disparu. Elle n’en trouve que l’ombre… Notre Seigneur l’avait avertie : « Vous me chercherez…la tristesse vous remplira le cœur.  » (Jean XIII. 33. XVI. 6.) C’est bien ce qui est arrivé. Elle se tourne vers lui et\, sur le ton d’amour qui a été celui de leurs relations intimes\, elle l’appelle : « Ecoute-moi ; mon cœur te cherche…ton visage ne le détourne pas de moi ; dès maintenant\, garde-moi la joie de ta présence invisible dans la foi et\, à jamais\, la béatitude de te voir face à face. »Alors\, réconfortée par cette effusion\, elle reprend premier verset du Psaume dans un cri d’espérance : le Seigneur est ma lumière…qui craindrai-je ?LA MÉLODIEOn ne saurait d’un mot caractériser l’atmosphère dans laquelle elle se développe. Ce n’est pas de la joie\, évidemment ; ce n’est pas de la tristesse non plus\, pas même de la mélancolie. C’est comme un mélange des deux. L’âme sait que le Seigneur est là par sa personne divine\, que le Consolateur est annoncé ; elle ne se plaint pas…mais elle voudrait revoir le cher visage. C’est une prière très douce\, très aimante\, avec une touche délicate de nostalgie. Il ne semble pas qu’il faille aller plus loin.On peut déceler cette nuance de nostalgie dès la cadence en demi-ton de Dómine\, elle n’est là que passagère\, toute la première phrase est bien en majeur : notamment le motif central qua clamávi ad te si simple et si expressif de paix heureuse dont sont faites les conversations intimes entre amis.Cette atmosphère paisible se prolonge dans les deux premières incises de la seconde phrase. Il y a une délicate expression de tendresse sur cor méum et le motif de clamávi\, revient sur quæsívi. L’ardeur du désir est plus marquée sur vúltum túum mais c’est encore la simplicité paisible : nous sommes toujours en majeur. C’est sur vúltum túum Dómine requíram que le changement se produit. La mélodie va vers le la et\, par une cadence nettement modale\, s’établit en Ier mode. Dans cette  très belle descente syllabique\, la prière prend quelque chose de plus sombre : elle supplie davantage aussi ; sans rien de violent\, le ton d’intimité demeure mais la pression augmente\, notez l’accent de Dómine et la cadence un peu lourde de requíram.L’insistance s’accentue sur toute la dernière phrase qui ne quitte plus le la. Le motif de clamávi est repris sur me avértas mais au lieu d’aller vers le fa il revient au ré par une cadence que les neumes binaires allongés rendent  plus pesante encore. Les Alléluia demeurent dans la même atmosphère de nostalgie.Le Psaume en fa avec son bel élan\, vient alors comme un cri dans lequel l’âme\, qui a repris conscience du Seigneur toujours présent\, lui dit sa confiance retrouvée.Chantez dans un mouvement modéré et veillez à ce que les voix soient douces et comme étouffées.Vous donnerez un peu d’ampleur aux accents toniques de exáudi et de clamávi dans la première phrase et vous élargirez de même légèrement le climacus qui précède le quilisma de méum dans la seconde. Retenez aussi quelque peu quæsívi vúltum et le passage syllabique vúltum túum…Dómine requíram\, surtout dans la thésis.Dans la troisième phrase\, ne sera très élargi et la première note de tous les podatus légèrement allongée\, mais que le rythme demeure bien balancé. \n\n\n\nALLELÚIA I \n\n\n\nLE TEXTEIl règne le Seigneur\, sur toutes les nations.Dieu siège sur son trône saint. Ps. XLVI. 9.Nous retrouvons le Psaume du Roi ramené en triomphe à son palais. Après l’avoir exalté dans le cortège\, le Psalmiste le montre ici siégeant en dominateur des nations conquises.L’Eglise fait de même. Après avoir fêté l’Ascension du Christ\, elle l’exalte dans la splendeur de son règne. Peut-être cette idée de triomphe\, si différente de celle de l’Introït\, est-elle amenée par les derniers mots de l’Epître : Afin qu’en toutes choses Dieu soit glorifié. Il l’est dès maintenant par le Christ qui règne en droit sur toutes les nations\, il le sera un jour en fait lorsque son Fils aura réalisé la plénitude de son royaume siégeant au milieu des Douzes il jugera le monde et conduira toute la création sanctifiée en hommage à son Père.LA MÉLODIEElle est joyeuse et paisible à la fois dans la première phrase sur le balancement des rythmes binaires de Regnávit Dóminus. Le pressus bien posé sur la dominante par un mouvement de quinte donne à súper ómnes géntes un très bel accent d’autorité.Au début de la seconde phrase\, l’âme s’exalte sur Déus qui monte en un élan enthousiaste d’ardeur joyeuse. Elan très court d’ailleurs ; la mélodie revient tout de suite au grave avec une très belle cadence\, pleine de bonheur sur sédem. Le dernier mot\, par ses rythmes\, 1.2.3-1.2\, 3 fois répétés\, ramène la joie calme du début.Marquez bien\, sans forcer toutefois\, le rythme binaire de Regnávit\, et faites le pressus de súper très expressif.Il faudra attaquer avec une certaine ardeur Déus et faire l’élan léger\, on reviendra ensuite dans un mouvement très régulier à la tonique. Bien marquer les neumes de súam qui font comme un rythme quinaire. Le mouvement doit être assez modéré. \n\n\n\nALLELÚIA II \n\n\n\nLE TEXTE \n\n\n\nJe ne vous laisserai pas orphelins ;Je m’en vais\, mais je reviendrai vers vous\,Et il se réjouira votre cœur. Jean XIV\, 18\, 28. \n\n\n\nC’est évidemment Notre Seigneur qui parle ici du haut du Ciel. En même temps qu’il est le Roi qui siège en Majesté et domine les peuples\, il demeure le Maître plein de tendresse qui\, quelques heures avant de mourir\, appelait ses disciples : mes petits enfants. C’est à nous\, qui les continuons\, qu’il s’adresse. Il a entendu la plainte si délicate que l’Eglise a fait monter vers lui dans l’Introït : « Je cherche ton visage »…Il répond : « Je ne vous laisserai pas orphelins… «  \n\n\n\nLA MÉLODIECes mots divins\, adressés par le Christ à l’Eglise qui cherche son visage\, nous arrivent enveloppés d’une sympathie délicate et forte avec ce je ne sais quoi d’indiciblement bon qui fait les paroles consolatrices d’un père\, précieuses au-dessus de tout.Ce sentiment est très net dès les premiers mots. La voix fermement posée sur la note qui précède le quilisma\, monte sur non douce et ferme à la fois puis redescend vers la tonique par un pressus qui met sur vos une touche de tendresse extrêmement délicate : non\, n’ayez pas peur\, je ne vous laisserai pas\, vous\, je vous aime trop. C’est le thème du réconfort. Non vos.La mélodie se faite ensuite de plus en plus insistante sur relínquam et par les deux quilismas et par le mouvement de l’arsis\, comme si le Christ sentait le besoin d’appuyer fortement sa promesse à cette heure où l’âme se trouve quelque peu déprimée par son départ. Il fait plus. Pour montrer à ses membres qu’il souffre de les voir souffrir\, il laisse passer sur le mot órphanos quelque chose de sa propre souffrance. C’est le thème de la tendresse compatissante.Il est doux et délicat comme un mot de consolation\, avec un accent de tristesse\, si naturel et si simple sur la cadence en demi-ton\, qu’il est émouvant\, sur ce mot\, par lui-même si triste.Au début de la seconde phrase\, il est repris et développé\, fort à propos là encore\, sur vádo\, le mot du départ. Mais voici le mot du retour promis : vénio. La tristesse s’efface ; une assurance\, ferme comme une promesse divine\, soulève l’accent tonique allongé par l’épisème horizontal et\, dans la détente de l’élan\, la mélodie glisse paisible\, heureuse vers la tonique. Elle se complaît un instant sur les neumes très liés de la dernière syllabe et\, sans s’arrêter\, remonte à la dominante avec une grâce aimable qui s’épanouit comme un sourire sur ad vos. Alors\, sur gaudébit\, le mot qui promet l’éternelle allégresse\, la joie se laisse aller\, montant et descendant sur les clivis allongées et les climacus\, se posant sur les pressus avec une touche de ferveur ; toute en mouvement mais sans éclat\, sans bruit\, sans exaltation. C’est une joie de contemplation. Le Christ voit le bonheur des siens quand ils seront près de lui et il leur chante son propre bonheur pour le mettre déjà comme un espoir en eux. Car ce n’est qu’un espoir\, elle est assurée certes cette réunion\, mais d’ici qu’elle soit réalisée\, il y a la séparation ; aussi\, à la fin de gaudébit\, les climacus de vádo reviennent-il amenant avec eux\, une foi encore\, la cadence du thème de la tendresse compatissante.A  la reprise du chœur\, les deux thèmes se joignent\, mais celui de la compassion sans la cadence si b – la ce qui en atténue considérablement l’expression.Le mélange de ces deux sentiments\, si délicatement exprimés\, fait de cet Allelúia un des plus purs chefs-d’œuvre du répertoire.La voix sera douce\, et\, le mouvement retenu ; c’est une mélodie délicate et c’est le Christ qui chante.Lancez avec souplesse la première note de non\, accusez le pressus et montez doucement au crescendo sur relínquam dont vous retiendrez le salicus descendant vers le quilisma ; vous rythmerez alors avec beaucoup d’expression órphanos.Tout le motif de vádo sera très lié avec un délicat renforcement de la voix sur la première note pointée de la clivis finale. Un accent de ferveur joyeuse animera vénio ; ad vos sera ralenti et gracieux. Veillez à la régularité du rythme de gaudébit ; allongez quelque peu la première note de de et que tout soit très lié\, les notes à épisèmes horizontaux à peine élargies\, les climacus bien exacts\, la cadence balancée\, sans précipitation mais dans un mouvement toujours entretenu. \n\n\n\nOFFERTOIREC’est le même que celui de l’Ascension avec la même interprétation.COMMUNION \n\n\n\nLE TEXTEPère\, lorsque j’étais avec eux\,Moi-même je gardais ceux que tu m’as donnés.Allelúia.Mais maintenant près de toi je suis venu.Je ne demande pas que tu enlèves ceux-ci du monde\,Mais que tu les gardes du mal.Allelúia\, Allelúia. Jean XVII. 12\, 13\, 15.Ces paroles sont extraites de la prière que Notre Seigneur adresse à son Père après la Cène. Il lui demande de veiller sur les siens qu’il va quitter. Tant qu’il était avec eux\, il les gardait de l’erreur\, de l’esprit du monde\, du mal de toute sorte. Là où il va\, il ne peut les emmener ; c’est trop tôt\, il faut qu’ils demeurent sur terre. Il les confie donc au Père. Pas seulement les onze qui sont là\, mais toute l’Eglise qui se trouve en eux comme dans son germe\, afin que tout au long des siècles elle vive et grandisse au milieu du monde pour le  sanctifier\, au milieu du mal\, sans être souillée.Au sens liturgique\, c’est Notre Seigneur qui prie\, mais au Ciel\, cette fois. On se l’imagine arrivant avec son Humanité Glorieuse près du Père et lui indiquant ses apôtres et ses disciples qu’il voit en bas\, les yeux fixés sur lui… « Je les ai gardés ; gardez-les maintenant. » Aujourd’hui sa prière ne change pas. Nous venons de lui demande dans l’Introït de se montrer à nous ; il nous a répondu dans l’Allelúia II qu’il ne nous laisserait pas orphelins ; maintenant il s’adresse au Père : « Gardez-les eux qui sont un avec moi dans l’Eucharistie\, ne les prenez pas\, ils ont leur rôle à remplir…mais gardez-les du mal. » \n\n\n\nLA MÉLODIEL’intonation est simple\, intime\, avec une touche de joie aimable qui vraiment va bien du Fils au Père. Un bel élan monte aussitôt sur éssem et établit la mélodie sur la dominante autour de laquelle elle borde dans une grande simplicité. Essem est souligné par le salicus\, égo par le torculus sur la dernière syllabe\, ce qui lui donne un relief très prononcé\, et la phrase descend paisible et heureuse vers le do. Sur l’Allelúia elle module vers la cadence du IVe mode qui vient mettre une touche mystique sur ce chant d’éternité.Nunc aútem\, au début de la deuxième phrase\, reprend l’intonation en la développant\, puis vient le mot du revoir : ad te vénio. Il est court mais quel admirable mouvement de joie vive\, ardente\, enthousiaste dans cette montée de la mélodie qui va planer un instant tout épanouie sur le porrectus de la syllabe accentuée et qui se pose sur le sol dans la plénitude du VIIIe mode ; la joie indicible du Christ qui retrouve son Père.Ce n’est qu’une parenthèse très courte. Le Christ tout de suite revient aux siens qui luttent et peinent sur terre et le même sentiment de compassion passe dans sa voix. La mélodie de nouveau en Ier mode est toute thétique ; notez\, dans la première incise\, le torculus de rógo\, les podatus allongés de tóllas et de éos\, la cadence de múndo\, et\, dans la seconde\, le torculus de éos très allongé\, et la cadence bien mineure de málo.Les Allelúia de la fin demeurent ans cette atmosphère.Ici encore\, on chantera à mi-voix avec beaucoup d’onction. Ce qui n’empêchera pas que le chant soit très vivant.Après avoir bien mis en relief l’intonation on donnera à cum éssem un bon élan et une allure dégagée que l’on gardera tout le long de la phrase\, élargissant\, d’une nuance seulement\, la première note de éis et le torculus de égo. Cette première phrase doit être simple.On soulignera nunc aútem et\, sans brusquerie mais avec ardeur\, on montera avec la mélodie vers l’accent tonique qui sera bien lancé et expressif.Arrondissez le torculus de rógo et appuyez les podatus de tóllas\, de éos et de sérves ; c’est là qu’est la prière. Ne retenez pas trop l’Allelúia de la fin.  \n\n\n\n\nPolyphonies pour l’Ascension\n\n\n\n\nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici
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SUMMARY:Solennité de sainte Jeanne d'Arc
DESCRIPTION:En France cette fête est solennisée le deuxième dimanche du moi de mai. \n\n\n\nTélécharger le propre de la messe grégorienne de sainte Jeanne d’Arc. \n\n\n\nCommentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\n\n\n\nCe n’est pas parce qu’elle a sauvé la patrie que Jeanne d’Arc a été canonisée. Ce n’est pas non plus parce qu’elle a été appelée par Dieu à cette mission ; envoyée\, guidée par lui. C’est tout simplement parce qu’elle a fait la volonté de Dieu et qu’elle l’a faite dans des circonstances qui lui ont fait pratiquer les vertus à un degré héroïque.Il reste que sa mission était d’une importance capitale pour l’Eglise\, tout autant que pour la France : on l’a bien vu lorsque l’hérésie a couvert l’Angleterre. Si la France alors avait été anglaise c’en était fait de sa foi.Jeanne d’Arc a donc lutté à la fois pour Dieu et pour la France. C’est à ce double titre que l’Eglise l’honore et la prie : « Dieu qui avez suscité merveilleusement la Bienheureuse Jeanne pour défendre la foi et la patrie\, donnez-nous\, nus vous en prions\, par son intercession\, que votre Eglise après avoir déjoué les embuches de ses ennemis\, jouisse d’une paix sans fin ». \n\n\n\nINTROÏT\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nChantons au Seigneur.Glorieusement\, en effet\, il a fait éclater sa grandeur.Ma force est l’objet de ma louange est le Seigneur.Et il est devenu pour moi le salut.Alleluia\, Alleluia. \n\n\n\nPs. – Chantez au Seigneur un cantique nouveau\,Car des merveilles il a faites. Exode XV\, 1\, 20. – Ps. XCVII\, 1. \n\n\n\nC’est le début du chant des Isarélites après le passage de la mer Rouge. Alors que les flots ouverts\, obéissant à la main étendue de Moyse\, venaient de se refermer sur l’armée du Pharaon « Moyse et les enfants d’Israël chantèrenet ce cantique à Yahweh :Chantons à Yahweh.Dans la gloire il a déployé sa grandeur.Il a précipité dans la mer le cheval et le cavalier.Yahweh est ma force et l’objet de mes chants.Il a été pour moi le salut…Marie la prophétesse\, sœur d’Aaron\, prit à la main un tambourin et toutes les femmes vinrent à sa suite avec des tambourins et en dansant. Marie répondait aux enfants d’Israël :Chantons à Yahweh.Dans la gloire il a déployé sa grandeur.Il a précipité dans la mer le cheval et le cavalier. »Le choix est heureux. L’application se fait d’elle-même. Ce chant d’action de grâces n’a-t-il pas monté des fois et des fois aux lèvres des Français dans la marche triomphale d’Orléans à Reims. Et n’est-il pas aussi bien sur les lèvres de toute l’Eglise qui par la même victoire fut\, elle aussi\, préservée. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle est calquée sur celle de l’Introït Circumdedérunt du Dimanche de la Septuagésime\, magnificatus est excepté\, qui est emprunté à et conventum facite de l’Introït Laetare du IVe Dimanche de Carême. L’adaptation est très bonne. La première phrase du Circumdedérunt\, sombre et un epu douloureuse\, a été évitée\, de même le pressus qui fait ce premier mot pesant. Rien n’arrête le bel élan de joie qui monte vers Domino et se prolonge jusqu’à la fin de la phrase\, s’étalant sur gloriose enim ferme et sonore comme une fanfare de victoire\, et s’envolant en carillon sur les torculus de magnificatus est.La seconde phrase exulte moins Les paroles d’ailleurs n’ont plus le caractère ardent du début. L’âme se replie sur sa joie intérieure et fait retour au Seigneur de la part qui lui revient dans le triomphe. Une touche de gravité passe sur fortitudo\, ais la ferveur est toujours là\, mêlée à la gratitude sur mea Dominus et factus est. La détente est un peu courte sur salutem. Aussi bien\, ce n’est pas la fin ; les deux Alleluias prolongent la louange qui s’achève en une cadence bien proportionnée cette fois.L’intonation sera très vivante\, sans être précipitée ; on veillera notamment à donner au punctum de méis toute sa valeur. Un crescendo montant sur Domino passera sur gloriose et continuera jusqu’à la fin de la phrase\, se renforçant sur enim qui sera très rythmé. On arrondira le sommet des torculus de magnificatus est. Toute la phrase doit être souple\, enveloppée dans un souffle ardent qui ne cesse que sur le torculus final.Le début de la seconde phrase sera plus doux\, l’intensité commencera de croître à partir du torculus de laus\, sans éclat elle atteindra son maximum sur la double note de factus est\, une bivirga épisématique qui sera bien appuyée ?Retenez quelque peu salutem\, et faites un bon départ a tempo et un crescendo bien mené sur le premier alléluia.En dehors du temps pascal\, la cadence de salutem sera beaucoup plus retenue puisqu’elle sera alors conclusive. \n\n\n\nALLELUIA I\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nTu as agi avec une âme d’hommeEt vaillant est ton cœur.La main du Seigneur t’a revêtu de force\,En conséquence tu seras bénie à jamais. Judith XV\, 11\, 12. \n\n\n\nC’est ainsi que le Grand Prêtre salua Judith lorsqu’après la défaite des Assyriens il vint lui rendre hommage. Elle avait été\, par la force de Dieu\, le principal artisan de la victoire en coupant la tête d’Holopherne. Elle avait sauvé le pays.Ainsi de Jeanne d’Arc. Aussi l’application se fait-elle d’elle-même. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nNous l’avons rencontrée maintes fois : le IIIe Dimanche de l’Avent\, à l’Ascension\, à la Pentecôte. Son caractère discret\, contemplatif\, convient mieux à une louange intérieure qu’à l’ardeur éclatante des jours de victoire. Mais aussi bien\, ce n’est pas tant de ses victoires que Jeanne est louée ici que des vertus dont la main de Dieu l’a gratifiée et de la bénédiction qui est sur elle à jamais. « Je me suis proposée de prendre la Sagesse pour compagne de ma vie… »\, nous dit-elle dans l’Epître. L’Eglise l’en félicite ici en des nuances délicates. Toutefois un mouvement plus rapide et un rythme plus marqué mettront dans la mélodie quelque chose de a joie des victoires qui ne se sépare pas de l’autre en un tel jour.La courbe de fecisti sera gracieuse mais prendra en remontant sur viriliter une certaine vigueur : le punctum qui précède\, posé doucement puis allongé en rinforzando\, donnera cette nuance. Veillez à ne pas précipiter et confortatum est. Lancez bien le début de la seconde phrase et retenez toute la montée de confortavit en la menant crescendo\, le salicus bien appuyé. Par contre\, vous vous complairez sur eis. La montée de aeternum sera menée crescendo-accelerando. \n\n\n\nALLELUIA II\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nMaintenant donc prie pour nousCar tu es une femme sainte et craignant Dieu. Judith VII\, 29. \n\n\n\nC’est encore de l’histoire de Judith que sont extraites ces paroles. C’était à l’heure du danger. Devant la force des Assyriens\, le Grand Prêtre avait perdu courage\, il allait livrer la ville. Judith l’apprit et vint lui reprocher sa conduite. Il reconnut son tort et s’inclinant devant la sagesse de cette femme lui dit : « Maintenant prie pour nous… » Le contexte change ici ; c’est après la victoire que cette prière est adressée à Jeanne d’Arc\, mais le sens est bien le même. Devant le choix que Dieu a fait d’elle pour sauver le pays et la foi\, et devant la sainteté qu’elle a acquise et qui lui donne tant de pouvoir sur le cœur de Dieu\, l’Eglise se confie à elle et se réclame de con patronage. Ne vient-elle pas de dire dans l’Eglise : « Je gouvernerai les peuples et les nations me seront soumises… ». \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nNous l’avons déjà trouvée pour la fête des Saints Innocents. C’est une prière aimable\, joyeuse. Elle loue plus qu’elle ne supplie.La première phrase\, particulièrement gracieuse au début\, finit sur une cadence très commune mais qui prend ici une nuance de prière discrète\, délicate\, et très aimante. La seconde est plutôt empreinte d’admiration\, de vénération. La joie revient avec la vocalise\, souple\, rythmée comme une danse lente et pieuse.Commencez l’Alleluia à mi-voix et menez le crescendo jusqu’à la dernière syllabe que vous arrondirez avec grâce\, puis balancez avec souplesse l’admirable jubilus\, il est ait d’un seul motif\, repris et allongé d’une cadence ; veillez de très près à la liaison de la reprise ; il faut qu’on sente la distinction sans que l’unité en souffre.Le mouvement du verset demeurera assez lent et tout le mot ora sera élargi. On fera très expressif sancta dans la seconde phrase. Deum sera relié au jubilus par dessus le quart de barre sans la moindre interruption. \n\n\n\nOFFERTOIRE\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nIls la béniront tous d’une seule voix disant :Tu es la gloire de Jérusalem\,Tu es la joie d’Israël.Tu es l’honneur de notre peuple.Alleluia ! Judith. XV. 10. \n\n\n\nCe sont les paroles de bénédiction et de gloire que le Grand Prêtre et es anciens de Jérusalem adressèrent à Judith lorsque\, après la défaite totale des Assyriens\, ils vinrent la saluer à Béthulie. Acclamations splendides qui\, après Notre Dame vont à tous ceux qui viennent asséner sur la tête de Satan les coups qui\, les uns après les autres\, contribuent à l’écraser. Jeanne d’Arc en fut. En quoi elle est la gloire\, la joie et l’honneur de l’Eglise\, et de la France\, sa fille aînée. \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nElle est faire de motifs empruntés à des sources très diverses. Mais la centonisation en a été habilement faite.De l’intonation qui va en crescendo se dégage une ferveur intense qui se répand sur toute la phase et prépare les acclamations qui suivent.La première est un beau mouvement de joie\, sans éclat mais animé d’une ardeur qui va vers la seconde\, s’épanouit large et enthousiaste sur la double note et la clivis allongée de laetitia et se prolonge tout le long de la phrase. La troisième se développe très brillante dans les hauteurs où elle s’établit comme une grande clameur qui voudrait ne pas finir.Il faut insister sur le  motif de l’intonation : retenez légèrement le toculus initial et donnez du poids à la première note de tous les podatus comme si elle était affectée d’un épisème horizontal. Marquez bien aussi le salicus de eam. Veillez à bien lier una voce en faisant les notes égales et en marquant très peu les ictus.In Gloria sera très souple et d’un seul jet\, rattachez-y étroitement Jérusalem\, en le conduisant en un discret crescendo vers le dernier podatus.Tu laetitia sera élargi et il y aura une reprise de mouvement et d’intensité sur le dernier motif d’Israël\, de même un crescendo-accelerando unira les premiers neumes de tu honorificéntia et les conduira vers e sommet qui\, lui aussi\, sera élargi et arrondi ; toute la dernière incise sera bien vivante et sonore. Etalez l’Alleluia\, en rythmant avec soin son admirable cadence. \n\n\n\nCOMMUNION\n\n\n\nLE TEXTE\n\n\n\nMême si je marche au milieu des ombres de la mortJe ne craindrai pas le mal\,Car tu es avec moi\, Seigneur Jésus\,Alleluia.Quel admirable cri de confiance de l’âme envers le Christ présent en elle : On pense au dernier mot de Jeanne sur le bûcher ! \n\n\n\nLA MÉLODIE\n\n\n\nC’est celle de la Communion Féci judicium de la messe Me expectavérunt des vierges martyres. Le calque est bon : aussi bien c’est la même idée. Une affirmation douce et ferme qui va vers quoniam tu mecum es\, si pénétrée de joie\, d’amour délicat et qui s’épanouit en tendresse sur Domine Jesu. (Voir la Communion du Dimanche de la Sainte Trinité qui\, elle aussi\, a été calquée sur Feci judicium)On pourra allonger la première note du podatus de ambulavérunt. Tout le reste de la première phrase sera chanté très simplement\, sans effort\, d’un seul mouvement très lié avec une nuance de certitude joyeuse.On donnera un peu de mouvement à la première incise de la seconde phrase qui sera souple et légère. Par contre\, on retiendra avec grâce et expression Domine Jesu. \n\n\n\nCantiques en l’honneur de sainte Jeanne d’Arc\n\n\n\nSainte Jeanne de France \n\n\n\n\nCantique complet\n\n\n\nTélécharger la partition\n\n\n\n\nO sainte Jeanne de Domrémy \n\n\n\n\nCantique complet\n\n\n\nTélécharger la partition\n\n\n\n\n  \n\n\n\nUnique ! Le coffret contenant tous les fichiers (épîtres\, évangiles et préface) sur 1 CD au format MP3.
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