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SUMMARY:Quatrième Dimanche de Carême
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : Histoire de Moyse.(Exode II). \nÉPÎTRE : (Gal. IV\, 22). Les deux fils d’Abraham\, enfants de deux mères\, l’une esclave\, l’autre libre\, symboles des deux alliances : celle de la Jérusalem terrestre\, réalisée avec Moyse sur le Mont Sina ; celle de la Jérusalem céleste\, scellée dans le sang du Christ sur le Calvaire. \nÉVANGILE : (Jean VI\, 1). Multiplication des pains. \nSTATION : Sainte Croix de Jérusalem. \nIDÉE CENTRALE : C’est le Dimanche de la Mi-Carême\, Dominica mediána. De très bonne heure on prit l’habitude d’en faire\, sur le chemin de Pâques\, comme une étape où l’on se reposait un peu et où l’on prenait courage pour le reste de la route. Toutes les observances de pénitence et de deuil étaient suspendues et les offices célébrés dans une atmosphère festivale.Toutefois\, à côté de ce motif de joie toute extérieure\, l’Eglise en proposa aux fidèles un autre plus profond : celui du développement de l’Eglise qui allait se faire par le mystère de la Rédemption\, de nouveau réalisé à Pâques. Le choix de ce thème fut sans doute déterminé par le premier scrutin pour l’admission des candidats au baptême\, qui avait eu lieu le mercredi précédent. Ils avaient été inscrits sur les registres\, puis exorcisés par l’exsufflation\, le signe de la croix\, l’imposition des mains ; toutes cérémonies qui étaient et qui sont demeurées le prélude du baptême. C’était déjà\, comme avait dit l’archidiacre au peuple en annonçant le scrutin\, « le mystère céleste par lequel est vaincu le diable avec toute sa pompe\, la porte du ciel ouverte ». Beau sujet d’allégresse que cette fécondité de l’Eglise\, entrevue\, et qui allait précisément se réaliser en ce jour de Pâques vers lequel tous les désirs étaient tendus.La station  fut fixée à Sainte Croix de Jérusalem et là\, devant les reliques de la Croix sur laquelle fut scellée l’alliance éternelle qui  donne la fécondité à l’Eglise\, on chanta son accroissement présent et futur sur les textes de l’Écriture qui l’ont annoncé et chanté à l’avance. C’est encore ce que nous chantons.A l’Office de nuit\, c’est l’histoire de Moyse. Elle vient là\, à son tour\, après celle de Joseph\, mais elle entre\, sans qu’on ait à la forcer\, dans la liturgie du jour. C’est en effet Moyse qui\, après avoir délivré le peuple\, conclut\, en son nom\, l’Alliance avec Dieu\, obtint pour eux la manne céleste et le conduisit en vue de la Terre Promise où devait s’élever un jour la Jérusalem terrestre.A la Messe\, c’est de la Jérusalem céleste et de son merveilleux développement qu’il est question. L’Épître le précise nettement : « Réjouis-toi\, stérile qui n’enfantes pas… » A Moyse\, succède le Christ ; la réalité après la figure. Il nous a délivré de l’esclavage qui pesait sur nous depuis l’origine du monde. Il a noué entre nous et Dieu et scellé de son sang l’Alliance nouvelle\, et il a fait de son peuple comme une cité spirituelle\, la Jérusalem nouvelle\, l’Eglise dans laquelle il donne à chacun de nous la béatitude ; ici-bas\, en nous nourrissant de son corps et de son sang\, et là-haut\, en nous rassasiant de Dieu vu face à face. \nINTROÏT\nLE TEXTERéjouis-toi\, Jérusalem\, et rassemblez-vous\, vous tous qui l’aimez.Réjouissez-vous dans la joie\, vous qui fûtes dans la tristesse ;Afin que tous\, vous exultiez et soyez rassasiés aux sources de votre consolation. \nPs. – Je me réjouis de ce qui m’a été dit : Dans la maison du Seigneur\, nous irons. Isaïe LXVI\, 10\, 11. Ps. CXXI\, 1.C’est une invitation à la joie. L’objet n’en est pas précisé\, mais on le trouve clairement indiqué dans le contexte. On lit en effet en Isaïe\, dans les versets qui suivent : « Réjouissez-vous avec Jérusalem…car voici que je ferai couler sur elle un fleuve de paix ; je répandrai sur elle la gloire des nations comme un torrent qui déborde. Les mauvais périront tous\, mais j’enverrai ceux d’entre eux qui ont été sauvés vers les nations\, et ils annonceront ma gloire aux Gentils\, et ils amèneront tous vos frères de toutes les nations à ma montagne sainte Jérusalem. » (LXVI\, 12\, 19\, 20).Le prophète voit Jérusalem agrandie à la mesure du monde et il appelle le peuple à s’en réjouir.Cette vision se réalise toujours plus\, à mesure que viennent au Christ\, de toutes les nations\, les âmes qu’il appelle. Pâques va lui amener les nouveaux baptisés\, et le fleuve de paix et le torrent de gloire vont déborder un peu plus sur la Jérusalem nouvelle et\, par elle\, sur le monde.Voilà de quoi l’Eglise nous invite à nous réjouir. Il n’y a donc pas un mot à ajouter à la prophétie ; elle a en elle-même son sens liturgique\, et il est toujours d’actualité car\, si désormais les baptisés sont rares le Samedi Saint\, la grâce du sacrement est renouvelée chez tous ceux qui participent au mystère pascal. Il faut seulement donner au mots leur précision liturgique : le convéntum fácite doit s’entendre de l’assemblée des fidèles pour le sacrifice et le satiémini ab ubéribus consolatiónis véstræ\, sans doute de la joie rassasiante que donnera l’Eucharistie à ceux qui sauront s’en délecter. \nLA MÉLODIEQuand l’Eglise lance son invitation à la joie\, elle jouit déjà de la vision glorieuse à laquelle elle convie ses membres ; sa joie passe donc à travers son appel pour se communiquer. Une joie qui se colore d’ailleurs de toutes les nuances du texte : empreinte d’aimable douceur sur les deux premiers mots\, qui s’adressent à la cité sainte elle-même ; ardente\, enthousiaste\, bondissante\, impérative même sur et convéntum fácite ; enveloppée\, sur dilígitis éam\, d’une tendresse qui va\, chargée de désirs\, vers la Jérusalem céleste.Dans la seconde phrase\, elle se fait tout intime. Après la reprise alerte de gaudéte\, elle s’atténue en effet peu à peu et disparaît presque sur in tristítia fuístis pour faire place à une nuance de tristesse compatissante au souvenir de ceux qui\, dans l’exil\, ont pleuré de ne plus jouir des joies de la patrie. Notez les cadences en demi-ton de tristítia et de fuístis et\, surtout\, le si naturel qui exprime si délicatement l’acuité de la douleur.Elle retrouve d’ailleurs tout de suite sur ut exsultétis – et sans transition\, comme l’exige le texte – son ardeur et ses rythmes bondissants ; et\, après avoir souligné satiéminid’un accent de chaude et profonde ferveur\, redevient à nouveau intime\, douce et tendre sur les mots qui évoquent les consolations inénarrables qui sont promises.Chanter dans un bon mouvement alerte et très vivant.L’ictus sera bien placé sur la seconde note de Jerúsalem ; certains manuscrits indiquent qu’elle doit être légèrement retenue. La double note de la dernière syllabe est une bivirga ; la bien poser\, qu’elle ne soit pas dure mais sonore et quelque peu prolongée\, sans ralentir le mouvement toutefois. Arrondir les torculus de convéntum. La tristropha de fácite\, légère ; le torculus ralenti\, mais dans le mouvement\, lequel continue sur ómnes. Veiller à ne pas ralentir cette longue thésis. La double note de dilígitis est une bivirga\, la faire très expressive; ralentir sur les deux notes qui suivent\, mais pas les autres\, le mouvement doit continuer jusqu’à la fin ; la cadence à peine retenue.Un a tempo sur gaudéte. Ne pas forcer le contraste sur tristítia.Reprise du mouvement sur ut exsultétis. La double note de ubéribus est une bivirga.Le Psaume\, qui est comme la réponse du peuple\, doit être chanté dans un bon mouvement de joie\, qu’il a d’ailleurs par lui-même\, avec des accents légers et fervents. \nGRADUEL\nLE TEXTEJe me suis réjoui de ce qui m’a été dit :Dans la maison du Seigneur nous irons. \nVerset. – Que la paix soit dans ta force et l’abondance dans tes fortifications. Ps. CXXI\, 1\, 7.Le Psaume CXXI est un de ceux que les Juifs chantaient au cours de leurs pèlerinages à Jérusalem. Tout en avançant sur le chemin\, ils évoquaient ainsi la joie qui avait envahi leur âme au départ. Cette joie se faisait de plus en plus vive à mesure qu’ils approchaient et\, lorsque la Cité sainte et le Temple s’offraient à leurs regards émerveillés\, les souhaits de bénédiction et de prospérité jaillissaient de leurs cœurs…Paix sur tes remparts\, abondance dans tes tours !…Pour la plupart\, l’objet de la joie s’arrêtait là. En fait\, le Psaume va plus loin\, il va à la réalité dont Jérusalem et le Temple étaient la figure. La joie d’aller dans la maison de Dieu\, c’est la joie d’aller là où il se manifeste\, là où il demeure\, là où il donne\, à ceux qui sont avec lui\, de jouir de sa présence\, dans l’intimité des relations familiales. Cette maison\, c’est la Jérusalem Céleste\, le Ciel\, et en attendant que nous y soyons\, l’Eglise.C’est dans ce sens qu’il faut chanter ici le Lætátus sum. Après la lecture de l’Épître où Saint Paul met en relief\, avec tant de force\, la qualité de fils que nous vaut la Rédemption\, il est l’expression des catéchumènes qui de tous les fidèles qui chantent le bonheur qu’ils vont avoir à Pâques\, d’entrer plus profondément dans le Christ et\, cachés avec lui en Dieu\, de vivre une vie d’intimité avec les divines Personnes…la vie de la Maison pour laquelle nous sommes faits.Le Verset est légèrement différent. La joie y prend la forme d’un souhait de paix et de prospérité à l’adresse de la Jérusalem céleste encore en formation. Dans l’Évangile\, Notre Seigneur va réaliser en quelque sorte ce souhait d’abondance par la multiplication des pains\, symbole de l’Eucharistie qui donnera à Pâques\, à tous les habitants de la Cité Sainte\, la paix dans la force. \nLA MÉLODIEElle a pour objet de dire la joie. Elle la dit\, mais d’une façon discrète\, si discrète qu’on a quelque peine à la découvrir dans l’intonation ; elle ne paraît vraiment que dans la seconde incise sur in his quæ dicta sunt míhi. Elle y est d’ailleurs très nette\, légère\, souple\, tout en élan\, sans avoit toutefois la sonorité grandiose qu’elle avait dans l’Introït\, sur convéntumfácite\, et sur et exultétis ; ce n’est plus une joie qui cherche à se communiquer ; elle est plus personnelle\, plus intime. Elle ne manque pas pour autant d’être ardente ; on notera en particulier le motif si fin qui prolonge míhi avec la clivis allongée du sommet qui y met un si bel accent de ferveur.La seconde phrase\, elle\, est toute grave\, comme si l’âme se fixait en une sorte de contemplation sur son objet divin. Contemplation heureuse\, dont le bonheur profond est partout ; dans la descente de dómum Dómini\, dans le mouvement souple et retenu de íbimus\, dans la cadence finale enfin\, sonore\, pleine\, assurée\, sur laquelle l’âme s’attarde comme sur le mot de l’espérance. \nLe Verset. – Bien que l’idée soit différente\, l’expression demeure la même\, à ce point que les deux phrases sont l’une et l’autre construites sur le même plan que la première partie. Un première incise\, sur fíat pax et abundántia\, correspond à in his quæ dicta sunt míhi et se termine par le même motif : souhait ardent\, pénétré de joie légère\, extérieure\, heureuse. Une seconde incise s’achevant dans le grave sur in virtúte\, répond à dómum Dómini avec la même expression de bonheur profond. Il y a des nuances\, il va de soi : le très bel élan de in virtúte par exemple\, avec l’insistance pleine de ferveur des deux tristrophas et la descente gracieuse\, mesurée et forte de túa ; de même\, le développement de abundántia\, évocateur peut-être de l’Eucharistie ; enfin la cadence finale qui\, pour être commune\, n’en est pas moins parfaitement adaptée à la joie discrète du début qu’elle ramène pour finir.Le mouvement sera léger et assez vif. La double note de lætátus est une bivirga épisématique ;  lui donner de l’ampleur et y mettre la joie. Départ très lancé sur in his. Passer par-dessus le quart de barre de míhi.Les premières notes des podatus de in dómum allongées quelque peu.Départ a tempo sur fíat pax et très en élan. Arrondir le sommet de virtúte. Apporter grand soin au legato de abundántia\, qui sera quelque peu élargi en raison des grands intervalles. \nTRAIT\nLE TEXTE1 .     – Ceux qui se confient dans le Seigneur (sont) comme le Mont Sion.          Il ne sera ébranlé jamais\, celui qui habite en Jérusalem. \n2.     – Des montagnes (sont) autour d’elle\, et le Seigneur autour de son peuple\,          maintenant et à jamais. Ps. CXXIV\, 1-2. \nJérusalem\, bâtie sur un plateau entouré de vallées profondes et dominées sur trois côtés par un demi-cercle de montagnes plus élevées que le centre de la ville\, donnait l’impression d’une citadelle que personne ne pouvait prendre ; celui qui y vivait était en sécurité. D’où la comparaison du psalmiste : « Ainsi seront ceux qui habitent dans le Seigneur » ; c’est à dire ceux qui se donnent à lui au point de fondre dans la sienne leur personnalité ; il est autour d’eux\, comme les montagnes autour de Jérusalem.Le Trait est ainsi comme une réplique au souhait du Graduel. En même temps\, il prélude à l’Évangile qui va mettre sous nos yeux un des exemples les plus frappants de la sollicitude du Seigneur… « Le seigneur est autour de son peuple ». \nLA MÉLODIE \nDans le premier verset un seul motif sort des formules ordinaires – toutes d’ailleurs fort bien adaptées aux mots – c’est le début de commovébitur. Il y a dans la montée du scandicus et dans le pressus qui suit une certaine fermeté qui rend bien l’idée de force inébranlable.Dans le second\, le début de móntes est tout à ait original. Peut-être l’auteur a-t-il voulu\, par ces montées et descentes hardies et brusques\, évoquer les monts et les vallées qui entourent Jérusalem. Le mot Dóminus qui commence la deuxième phrase est en éclatant relief. L’auteur l’a revêtu d’une formule brillante\, très expressive de force\, dans les tenues sur la dominante\, puis d’admiration et de louange\, dans l’élan qui l’emporte jusqu’aux limites du mode avant de la laisser revenir à la tonique en un mouvement thétique tout imprégné de tendre confiance.Faire une pause pour séparer les deux idées après Síon et relier Qui hábitat à in ætérnum. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE \nLoue le Seigneur parce qu’il est bon.Chantez à son nom parce qu’il est doux.Tout ce qu’il a voulu\, il l’a fait\, dans le ciel et sur la terre. Ps. CXXXIV\, 3-6.Deux idées : une invitation à louer Dieu et une affirmation de sa toute puissance. Elles sont d’ordre général\, mais la liturgie précise la raison de l’invitation et le motif de la louange.L’Évangile en effet vient de nous faire entendre le récit de la multiplication des pains\, symbole de l’Eucharistie. Dieu qui a nourri son peuple de lamane autrefois\, le nourrit à nouveau du pain qu’il multiplie. Il continue à le nourrir de la chair et du sang de son Fils. A ce moment même de l’Offertoire\, le miracle se prépare entre les mains du prêtre\, par l’offrande du pain et du vin qui vont\, dans le sacrifice\, devenir la nourriture et le breuvage spirituels de toute l’assemblée.Voilà en quoi le Seigneur est bon\, doux et puissant.Voilà de quoi l’Eglise nous invite à le louer. \nLA MÉLODIEL’invitation est pressante mais discrète ; il semble que l’Eglise\, repliée sur elle-même dans la méditation du miracle dont on vient de faire le récit et du ystère qu’il annonce\, ne veuille pas sortir de son recueillement. C’est un appel tout pénétré de contemplation qu’elle fait entendre.Un IIe mode sans éclat qui se balance en des formules communes sur quelques notes entre le do et le fa. Mais quelle admirable expression de douceur confiante\, paisible\, abandonnée ! Ici et là\, appelés par les mots\, des accents de fervente tendresse : Laudáte\, benígnus est et sa cadence de paix heureuse\, psállite qui renouvelle l’appel et insiste par ses douces tristrophas\, suávis est si paisible\, et suave comme le mot.La troisième phrase a plus de mouvement. Il y a sur ómnia une certaine grandeur et\, dans les notes doubles et les répercussions qui se multiplient sur le fa\, une volonté qui impose sa force ? Après un tel bel élan sur caélo\, la formule finale ramène la contemplation très douce du début.Ne pas chanter trop lentement ; que le mouvement soit  souple et vivant sur benígnus et sur nómine\, lier à la tristropha la note qui la précède en la retenant quelque peu.On fera un a tempo assez marqué au début de la seconde phrase. Ne pas ralentir la cadence de éjus et y rattacher quóniam. La double note de suávis est une bivirga ; lui donner un peu d’ampleur et conduire la voix vers l’accent en la renforçant légèrement.Faire une bonne pause avant la troisième phrase à cause de l’idée nouvelle. Bien appuyer les notes doubles sans leur enlever de leur douceur. \nCOMMUNION\nLE TEXTE \nJérusalem\, qui est bâtie comme une cité compacte et bien ordonnée ! C’est là que montèrent les tribus du Seigneur\, pour louer ton nom\, Seigneur. Ps. CXXI\, 3\, 6. \nIl faut noter tout d’abord que la première partie est une exclamation. C’est le cri des pèlerins qui\, arrivant en vue de la cité\, laissent jaillir leur admiration. La seconde\, qui suit naturellement\, est une évocation du passé\, si riche d’émotions : « C’est là que montèrent les tribus… ». \nTelle est aussi l’attitude de l’Eglise quand elle chante cette antienne. Au moment où les fidèles reçoivent le sacrement qui fait son unité parce qu’il porte en lui la grâce de l’incorporation au Christ\, elle contemple cette union de toutes les âmes et\, fixée dans cette vision de force et de paix\, elle redit\, dans son sens spirituel cette fois\, l’exclamation du psalmiste : Jérusalem nouvelle\, bâtie sur le Christ\, Cité des âmes scellées à la Pierre fondamentale et jointes entre elles par la charité\, Coté compacte et ordonnée par la sagesse et la volonté de celui qui en est le Roi ! Jérusalem vers qui sont venues toutes les tribus de toutes les nations et de toutes les races ; vers qui elles viennent pour la Pâque qui s’annonce ; vers qui elles ne cesseront de venir jusqu’au jour de son éternelle et parfaite splendeur\, pour la louange de ton nom\, Seigneur\, dans le sacrifice glorieux de ton Fils. \nLA MÉLODIE \nDans toute la première partie\, elle est vraiment contemplative. L’Eglise voit la cité et elle admire\, c’est tout. Notez la nuance de tendre respect et de bonheur sur Jerúsalem\, et\, sur la candence de cívitas\, je ne sais quoi de mystérieux\, d’infini\, d’inachevé\, qui prolonge la vision heureuse. Peu à peu cette vision se précise : l’Eglise pend conscience de l’admirable unité des êmes dans le Christ et cette merveille l’exalte. Le mouvement s’anime sur cujus participátio et la phrase se déploie\, mesurée dans sa montée et sa descente\, mais\, en même temps\, pleine d’une joie qui s’enthousiasme.Cette joie d’admiration\, un instant contenue dans le si beau motif de éjus in idípsum\, rebondit et atteint sa plénitude avec l’image des tribus montant vers le Christ. La mélodie s’établit sur les hauteurs ; elle y demeure un instant\, chantant la joie de l’Eglise\, sa fécondité et son plein développement ; puis\, par une descente admirablement ordonnée et dont le motif exprime si fidèlement la vision extasiée et dont le motif exprime si fidèlement la vision extasiée des innombrables tribus\, elle revient à la tonique\, en mettant sur Dómini une nuance de tendre vénération pour le Seigneur. Dans la dernière incise\, c’est encore la vision\, mais l’Eglise s’adresse à Dieu et c’est lui qu’elle voit au premier plan. La mélodie se fait toute de paix simple et heureuse\, s’attardant seulement sur túo\, en un motif gracieux dont la ferveur se prolonge\, intime et délicate\, sur les quelques notes très simples de Dómine.Faire un départ net ; la voix\, bien posée sur le salicus du début\, s’en ira légère vers le pressus de la dernière syllabe\, qui ira quelque peu ralenti\, donnant au mot la nuance de tendresse qui convient. Ne pas précipiter le mouvement\, mais qu’il soit vivant. Veiller en particulier à ne pas traîner la cadence de cívitas. Bien mener le crescendo sur cujus participátio avec une très légère nuance d’accélération vers le sommet. Très peu ralenti sur éjus in idípsum.Illuc énim bien alerte\, et que rien ne retienne le souffle d’enthousiasme de cette admirable phrase ; la cadence de ascendérunt notamment sera bien vivante et on y rattachera de près tribus dont la tristropha légère commencera le mouvement thétique. La première note du podatus de nómini sera élargie. La double note de túo est une bivirga épisématique ; y appuyer la nuance de tendresse\, qui s’épanouira ensuite légère sur la note allongée. \nPolyphonies pour le carême \nEpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici.
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SUMMARY:Dimanche de la Quinquagésime
DESCRIPTION:Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.\nLEÇONS DES MATINES : Histoire d’Abraham (Gen. XII). \nÉPÎTRE : Hymne à la Charité (I Cor. XIII) \nÉVANGILE : Annonce de la Passion ; Guérison de l’aveugle de Jéricho (Luc XVIII\, 31-43). \nSTATION : Saint-Pierre. \nIDÉE CENTRALE : La grande figure d’Abraham domine et unifie tout. Dieu le choisit pour se faire un peuple. Il lui donne une foi inébranlable\, une confiance absolue et une charité qui a toutes les qualités que nous décrit Saint Paul dans l’Épître. Dans cette soumission totale de son intelligence et de sa volonté\, il est mené par Dieu\, qui le fait réaliser ses desseins au milieu d’épreuves terribles. Il renouvelle l’alliance avec lui et le fait père d’une innombrable postérité\, qui n’est pas seulement le peuple juif\, mais tout le peuple chrétien qui en est l’achèvement. Abraham était la figure du Christ qui devait\, lui\, donner au peuple de Dieu sa forme parfaite et le conduire\, par la sagesse de sa vision et l’infinie miséricorde de sa charité\, dans la terre promise de l’éternelle béatitude. Il demeure\, par toutes ses qualités\, le modèle du chrétien qui doit\, s’il veut recevoir comme lui en récompense la vision du Christ dans la joie\, tendre de toutes ses forces vers la même foi\, la même confiance\, la même charité\, et en vivre ; toutes choses qui sont le fruit du sacrifice que Pâques va ramener et renouveler devant nous pour que nous y entrions de plus en plus profondément. \nINTROÏT\nLE TEXTE\nSois pour moi un Dieu protecteur et un lieu de refuge afin que tu me sauves. Car tu es mon firmament et mon refuge. Et à cause de ton nom tu seras mon guide et tu me nourriras. \nPs. —En toi\, Seigneur\, j’ai espéré\, que je ne sois pas confondu. Dans ta justice\, délivre-moi. Ps. XXX\, 3-4\, 1. \nUne expression est à préciser dans la traduction : própter nómen túum. Elle peut revêtir des sens légèrement différents : à cause de ta bonté\, pour la gloire de ton nom\, pour l’honneur de ton nom\, en raison de ce que tu as promis en engageant ta parole. C’est le dernier qui est sans doute le plus dans le contexte\, Dieu ayant fait à Abraham et à sa postérité de multiples promesses qui l’engageaient effectivement. Écrit par David au cours de ses persécutions\, le Psaume XXXe est devenu le Psaume de l’abandon absolu dans la paix\, depuis que Notre Seigneur s’est servi du verset 6e pour exprimer au Père\, au moment où il allait mourir\, la remise de son âme pacifiée : In mánus túas comméndo Spíritum méum… Entre tes mains je remets mon esprit. C’est dans ce sens qu’il faut entendre les trois versets qui forment l’Introït. Ils sont la voix d’Abraham\, du Christ\, de tous ceux de leur race\, de tous les membres de l’Église\, demandant à Dieu de les recevoir\, de les prendre en lui\, de les couvrir de sa protection comme nous couvre le firmament ; de les nourrir\, en leur donnant sans cesse le Pain de vie qui est son Verbe : Parole divine et Eucharistie. Tout cela\, en attendant que\, la mort nous ayant permis de mettre en acte toute notre puissance de vie\, nous jouissions à jamais de la vision des Trois établis en paix dans la Terre promise et nourrie éternellement\, dans cette vision même\, du pain des anges qui fait la béatitude. \nLA MÉLODIE\nElle se déroule dans une atmosphère de douceur\, de tendresse joyeuse\, de paix abandonnée. Il n’y a pas d’angoisse\, pas de supplication ardente ; on sent que l’âme est sûre d’être exaucée ; mieux encore\, qu’elle l’est déjà. Elle a ce qu’elle demande : Dieu. Elle ne le cherche pas ; elle le possède\, elle se repose en lui\, réfugiée\, à l’abri\, couverte de sa tendresse dont elle expérimente la protection\, forte comme un rocher à l’entrée d’une grotte\, douce\, lumineuse\, immense et profonde comme le firmament. C’est moins une prière proprement dite qu’une sorte de parole d’amour\, dans laquelle l’âme demande\, uniquement pour recevoir une réponse où sera toute la tendresse de l’aimé. D’om le caractère d’intimité heureuse qui est partout. Le développement mélodique est très restreint dans les deux premières phrases : quelques notes bien posées sur la tonique\, une douce pression\, qui commence sur les deux syllabes de Déum\, monte en un rythme gracieux sur protectórem et se renouvelle\, avec une nuance bien marquée de supplication\, sur refúgii. Après un accent un peu plus prononcé sur ut sálvam me qui met en relief le désir ardent qu’a l’âme d’être sauvée\, cette douce ardeur se détend en un retour paisible et heureux à la tonique. Même atmosphère de bonheur dans la seconde phrase\, mais nuancé d’une joie de plus en plus vive à mesure que se présentent à l’esprit les raisons d’avoir confiance. La mélodie a monté d’une tierce sur firmaméntum. Elle le fait à nouveau sur refúgium mais\, dans l’une et l’autre incise\, c’est vers méum que va tout le mouvement. Il y a là une tendresse que chacun comprend : « Tu es mon firmament à moi… » Gracieuse sur le premier méum\, elle devient sur le second beaucoup plus ardente avec une nuance délicate de bonheur intime qui va trouver son plein développement dans la douceur profonde de la finale es tu. La troisième phrase chante le guide bien aimé qui conduira l’âme dans les sentiers de la béatitude promise. Après avoir souligné d’un accent de ferme confiance própter nómen túum\, le mot de la promesse\, la mélodie dans un très bel élan s’élève d’une octave et va s’épanouir sur míhi dans un accent de joie enthousiaste cette fois ; la joie d’être conduit sur le chemin de la lumière et de l’amour par celui qui est la Lumière et l’Amour mêmes. La dernière incise est\, elle aussi\, pleine de bonheur\, mais d’un bonheur plus intime encore. La mélodie est revenue à la tonique ; elle souligne et d’un pressus sur lequel se mettra l’ardeur du désir\, et\, par une cadence bien posée sur la double note et le torculus allongé\, elle s’achève dans la paix heureuse qui depuis le début ne l’a pas quittée. Le Psaume reprend l’idée sur son rythme plein de joie et dans la même atmosphère. Toutes les doubles notes ; celles de Déum\, les deux — de méum\, de própter\, de enútries sont des bivirgas épisématiques. La première note du climacus de refúgii\, dans certains manuscrits\, est doublée d’une virga et les deux sont marquées d’un épisème. Bien les appuyer toutes\, avec une pression délicate où passe le cœur. C’est de ces nuances d’intelligence et d’amour\, disons : de vie\, qu’est faite toute l’expression de cette pièce merveilleuse. Retenir avec grâce le motif de Déum. Les porrectus de protectórem\, légers. Bien accentuer sálvum. Dans la deuxième phrase\, veiller au phrasé de firmaméntum. Le crescendo de la troisième s’épanouira sur míhi avec une grande douceur. \nGRADUEL\nLE TEXTE\nTu es le Dieu qui fait des merveilles à toi tout seul : Tu as fait connaître aux nations ta puissance. \nVerset. — Tu as délivré par ton bras ton peuple\, les fils d’Israël et de Joseph. Ps. LXXVI\, 15-16. \nDans leur sens littéral\, ces deux versets ont trait à tout ce que Dieu a fait pour le peuple juif. Ils s’appliquent ici d’une façon particulière à Abraham\, au Christ\, à l’Église. Par eux Dieu a manifesté sa puissance. Il a fait à Abraham et à sa race une place parmi les nations. Il a fait le Christ et l’Église conquérir les peuples eux-mêmes. Plus encore\, il a\, par son bras\, sauvé tous les hommes\, en les faisant un avec lui dans la charité et en les fixant dans l’éternelle béatitude de la Terre promise. C’est son admiration et sa reconnaissance pour cette merveille d’amour\, décrites en termes si précis par Saint Paul dans l’Épître\, que l’Église chante dans le Graduel\, comme un hommage à la miséricordieuse bonté qui l’a voulue et qui l’a faite. \nLA MÉLODIE\n(III) Tu es Déus qui fácis mirabília sólusNótam fecísti in géntibus virtútem túam. L’intonation est admirable de révérence humble et douce. Montant du grave vers la cadence si fine de mi\, elle amène le motif de Déus — presque exclusivement réservé au nom divin — qui se développe dans le même sentiment avec peut-être une nuance de tendresse plus marquée. Après cette première incise\, qui nous établit en relation d’intimité avec le Seigneur\, la mélodie s’emploie à chanter sa louange. Elle s’élève sur qui fácis mirabília dans un magnifique élan d’ardeur enthousiaste qui ne la quittera plus. Par delà la cadence de sólus\, où se retrouve la révérence du début\, cette ardeur passe à la seconde phrase où elle s’intensifie en un mouvement hardi qui dit fort bien la joie et la fierté de ceux qui ont été l’objet et l’instrument de cette puissance divine ; Notez le pressus qui insiste sur le si de fecísti et ceux de géntibus qui mettent le mot en un relief si fort. Même cadence de vénération pour finir la phrase\, et le mouvement repart sur virtútem. Ce n’est pas un élan hardi qui le caractérise cette fois\, mais une série de notes longues. Bien posées et répercutées sur le mot même qui dit la puissance de Dieu\, elles donnent très nettement l’impression d’une autorité qui s’impose et de la force qui l’impose. \nLe Verset. — Liberásti in bráchio túo pópulum túum\, fílios Israël et Joseph. L’expression est la même que dans la première partie. Aussi bien le sens aussi est le même ; c’est seulement un exemple particulier de la puissance divine se manifestant au monde. Une nuance de reconnaissance émue s’y mêle toutefois dans la première phrase\, amenée par bráchio túo\, si évocateur des bras du Christ étendus sur la Croix. Il s’agit de nous ; chacun de nous ayant été touché par les bras sauveurs\, qui\, à travers les sacrements\, s’offrent à tous ceux qui veulent les saisir et profiter de leur force libératrice. La mélodie a moins d’éclat cependant dans son ensemble. La première phrase s’achève bien sur la cadence du VIIIe mode\, mais toute l’incise de bráchio túo demeure en la mineur\, sans compter que\, selon toute probabilité\, l’intonation était sol-si et non sol-do. Cette nuance\, où passe comme une touche délicate de compassion et de repentir\, se prolonge sur pópulum túum tout le long de la seconde phrase. C’est une longue insistance. Les trois cadences en demi-ton sur si ou sur mi\, y mettent comme une nuance de tendresse qui n’ose pas se laisser aller\, retenue qu’elle est par le souvenir du passé. Dans la troisième phrase\, un bel accent de joie jeune\, fraiche\, ardente\, soulève l’admirable vocalise qui\, sur fílios Israël\, chante la radieuse beauté de l’Église rachetée par le Christ et sans cesse embellie du vif éclat de son Sang précieux. On remarquera notamment le motif répété de la deuxième incise si léger\, la grâce du retour de sol à do et la cadence qui\, de la tristropha où s’est épanouie l’idée\, descend vers le grave\, mais s’arrête dans la plénitude du Ier mode cette fois. Le dernier mot repart en sol. C’est comme un nouveau mouvement qui se développe en une thésis\, pleine de modération et de grâce\, elle aussi\, et qui s’achève sur la cadence du mode en une nuance toute de contemplation. Il faut chanter avec vie\, faute de quoi\, au lieu d’une louange\, ce serait une plainte. Elargir légèrement le torculus de fácis ; de même le motif de nótam. Rattacher d’aussi près que possible virtútem à géntibus. Faire les répercussions de la troisième phrase assez fortes. Dans le Verset\, passer sans respirer par-dessus le quart de barre de túo\, retenir légèrement le début de pópulum\, y compris la montée qui suit le quart de barre. Faire attention de ne pas précipiter fílios Israël après la cadence de túum ; lier et arrondir les sommets de la vocalise\, ralentir la descente sur re. Bien rythmer la cadence de Joseph. \nTRAIT\nLE TEXTE\nAcclamez le Seigneur\, toute la terre\,Servez le Seigneur dans la joie ;Entrez en sa présence avec joie. Sachez que c’est le Seigneur qui\, lui-même\, est Dieu. Lui nous a fait et non pas nous ;Nous\, nous sommes son peuple et les brebis de son pâturage. Ps. XCIX\, 1-2.Une invitation à louer Dieu et à le servir dans la joie. Elle vient ici fort à propos. Dans le Graduel\, l’Église a glorifié le Seigneur pour tout ce qu’il a fait ; elle invite maintenant toute la terre et chacun de ses habitants à se joindre à elle en une louange universelle. \nLA MÉLODIE\nCe sont les formules ordinaires des Traits du VIIIe mode. L’application aux paroles n’a rien de particulier. Un mouvement alerte contribuera à donner à cette invitation son caractère d’appel joyeux. La première phrase du dernier verset est originale. Elle attire l’attention sur et non ípsi nos\, avec une pointe d’esprit peut-être ; mais elle est bien à sa place. \nOFFERTOIRE\nLE TEXTE\nBéni es-tu Seigneur\, enseigne-moi tes justes lois. De mes lèvres\, je dirai tous les préceptes de ta bouche. Ps. CXVIII\, 12-13. Ces deux versets sont une belle paraphrase de l’Évangile. « L’aveugle guéri le suivait en glorifiant Dieu et tout le peuple ayant vu cela rendit gloire à Dieu… » Nous sommes à la fois l’aveugle guéri et le peuple qui loue. Nous glorifions Dieu : Benedictus… ; et nous lui demandons ce que l’aveugle a demandé : de connaître de mieux en mieux sa volonté et de voir en toute circonstance ce qu’il convient de dire et ce qu’il convient de faire. \nLA MÉLODIE\nElle est toute en demi-teinte ; il n’y a pas de supplication poussée dans la prière ni d’éclat dans la louange. Elle se développe dans une douce atmosphère de paix et de joie délicate. Elle n’a pas absolument le ton d’intimité de l’Introït\, mais s’en approche de très près. Les deux punctums allongés de l’intonation\, la grâce ravissante des rythmes binaires de ce premier mot\, les clivis do-si répétées et allongées\, elles aussi\, donnent à toute la première partie quelque chose de très tendre et de très humble à la fois. L’âme\, toute avec le Seigneur\, ne sent pas le besoin de pousser sa prière\, mais se trouve en même temps comme timide dans l’expression de sa louange. Elle s’enhardit quelque peu sur le premier justificatiónes túas ; mais c’est seulement à la fin de la deuxième phrase\, après qu’elle a redit\, sur les mêmes notes\, sa louange délicate\, qu’elle lance sa joie sur túas en un très beau motif qui proclame en même temps son ardente admiration pour la sagesse et l’amour de celui qui est la lumière et qui la donne avec tant de bonté. Il y a dans la troisième phrase plus de mouvement et aussi une nuance de fermeté — notamment sur lábiis méis et sur pronuntiávi — qui sert bien les mots de la promesse. Après une nouvelle cadence en fa qui rime avec celle de túas\, cette même ferme assurance se retrouve dans la troisième phrase qui s’achève en une très belle formule. L’âme toute en contemplation de la divine Sagesse\, y berce son bonheur sur les rythmes admirables dont elle s’est déjà servie pour chanter les charmes de l’Epoux dans le Graduel Diffúsa est. Ce chant demande beaucoup de délicatesse. Bien élargir les clivis de dóce me. Elargir également quelque peu la montée sur in lábiis ; y relier pronuntiávi. Relier aussi la dernière phrase à la précédente de très près. Oris demande beaucoup de soin. Pour lier comme il faut les intervalles de quarte sol-do\, on élargira légèrement le sol. Bien balancer les rythmes binaires de túi. \nCOMMUNION\nLE TEXTE\nIls mangèrent et furent rassasiés à l’excès ;Et leur désir\, il le leur accorda\, le Seigneur ;Ils ne furent pas déçus dans leur désir… Ps. LXXVII\, 29-30. Ces deux versets ont trait à la manne qui fut\, dans le désert\, la nourriture du peuple en marche vers la Terre promise. Dans un sens très large et en dehors du contexte\, on peut l’entendre aussi des bienfaits matériels de toute sorte dont Dieu combla Abraham et sa postérité ; mais son vrai sens spirituel a trait à l’Eucharistie dont la manne était la figure. Chant de communion parfaitement adapté. Au moment où elle se nourrit de la chair et du sang du Christ\, l’Église se redit à elle-même ces mots par lesquels les Juifs chantaient la satisfaction de leur désir\, comme le témoignage de la joie que lui apporte la communion et comme le gage de la béatitude dont\, apr elle\, elle jouira un jour dans la Terre promise de l’éternité. \nLA MÉLODIE\nLe texte n’est qu’un récit et l’auteur l’a traité comme tel\, très sobrement\, mais dans une atmosphère de joie profonde. Joie sans éclat ici encore\, mais qui est partout ; dans le mouvement discret de l’intonation qui va s’épanouir sur le pressus dans un rythme et une tonalité si franche\, dans la souplesse admirable de saturáti sunt\, dans les cadences profondes de nímis et de eórum si expressives d’une satisfaction totale\, dans le beau mouvement de éis si plein de fervente gratitude pour la miséricorde du Seigneur qui se pencha sur les pèlerins de la Terre promise et qui continue de se pencher sur ceux de la Jérusalem céleste\, dont nous sommes… Dans la dernière phrase\, il faut noter le bel accent de fraudáti. Cette constatation heureuse de la promesse tenue et dépassée se développe jusqu’à la fin. Sur l’admirable motif de a desidério vient s’y ajouter l’assurance que le désir\, sans cesse renaissant\, de posséder toujours plus le Seigneur dans l’Eucharistie sera\, lui aussi\, sans cesse comblé… et au-delà. Chanter avec beaucoup de souplesse. Donner un peu de poids à la syllabe accentuée de manducavérunt\, de même à la première note des podatus de et saturáti. Pas de ralenti à eórum. La double note de fraudáti est une bivirga épisématique. Qu’elle soit bien appuyée et que toute la confiance que donne à l’âme l’action miséricordieuse du Seigneur\, y passe et se continue\, mêlée au désir\, sur a desidério\, qui sera très expressif. \n Polyphonies pour le Carême \nÉpître\, évangile et préface chantés de cette messe\, voir ici.
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