8 décembre: Immaculée Conception

14 février 2012 | Messes du Sanctoral

La répétition de l’introït Gaudens gaudebo

 

Les autres pièces de cette fête

Commentaire des pièces par Dom Baron

Introït Gaudens gaudebo

« Je me réjouis, et je me réjouirai dans le Seigneur et elle exulte, mon âme, en mon Dieu. Car il m’a revêtue du vêtement de salut, et du manteau de Justice, il m’a enveloppée. Comme une épouse parée de ses joyaux. » (Isaïe 61, 10)

Cet introït traduit la joie intérieure de la Vierge Marie, cette vibration de joie qui traversa son âme en ce premier instant de sa vie, quand par l’indicible beauté de Dieu qui se dévoilait, elle se donna à lui de tout l’élan de son cœur ; joie qu’elle extériorisera plus tard, en chantant le Magnificat… Et exsultavit Spiritus meus. La plénitude de grâce l’environne comme d’un manteau : vestimentum salutis, vêtement de salut dont elle couvrira tous ceux qui accepteront de venir s’y mettre à l’abri

La mélodie est calquée sur l’introït Vocem jucunditatis du Ve dimanche après Pâques , selon un schéma classique du mode 3, commençant sur la tonique mi pour se développer dans les hauteurs autour du si-do. C’est sur la seconde phrase que la mélodie trouve son apogée, vestimentum salutis, après un balancement traduisant la joie, elle se fait souple et ample pour s’épanouir sur le torculus du sommet, avant d’achever sur la cadence classique du 8e mode.

Graduel Benedicta es

« Bénie, es-tu, Vierge Marie, par le Seigneur le Dieu Très haut, plus que toutes les femmes de la terre. Tu es la gloire de Jérusalem ; Tu es la joie d’Israël ; Tu es l’honneur de notre peuple. » (Judith 8,23)

Ces paroles de bénédiction et de gloire sont tirées de l’histoire de Judith ; Virgo Maria excepét, qui a pris pour la circonstance la place de Filia. Judith, cette veuve très belle, très riche, très mortifiée, de qui personne ne trouvait de mal à dire, qui s’en va, avec un courage au-dessus de tout, couper la tête d’Holopherne jusque dans sa propre tente pour sauver son peuple, est la figure la plus expressive de l’Immaculée Conception écrasant la tête de Satan.

Englobant dans la même louange la divine prédestination de Notre Dame et sa conception immaculée qui en est la première réalisation, l’Eglise chante la louange qui fut chantée à Judith et que l’ange Gabriel lui apporta le jour de son Annonciation comme la louange de Dieu lui-même : « Tu es bénie entre toutes les femmes ».

La mélodie comporte une phrase introductive, posée, solennelle. Puis, assez brusquement, sur a Domino, la mélodie monte à la dominante, prend de l’éclat, le mouvement s’anime enveloppant d’une joie à la fois solennelle et enthousiaste ces mots d’exaltation.


Alleluja Tota pulchra es

« Toute belle tu es, Marie, et la tache originelle n’est pas en toi. » (Cantic. 4,7)

Qui le chante ? Ce peut être Dieu le Père qui salue la merveille de ses mains, sa fille choisie entre toutes. Ce peut être le Verbe qui chante la beauté de celle qui est prédestinée à être sa mère. Ce peut être le Saint-Esprit qui complimente son épouse. Ce peut être l’Eglise qui, continuant sa louange du graduel, s’extasie sur la splendeur de l’Immaculée.

Offertoire Ave Maria

La première phrase de la mélodie s’élève comme une salutation gracieuse. Gratia plena est le mot central. « Il était bon de faire valoir cet objet principal du mystère », dit Dom Pothier, auteur de l’adaptation mélodique, donnant à ce mot – source scripturaire du dogme de l’Immaculée conception – un très beau développement. Sur benedicta tu, la louange éclate sans transition. L’attaque sur la dominante et l’élan qui entraîne le mouvement jusqu’au mi mettent dans toute cette incise l’enthousiasme ardent du début. L’ardeur se détend ensuite longuement sur muliéribus, ramenant, pour finir la salutation, la joie profonde du début.


Communion Gloriosa dicta sunt de te

« Des choses glorieuses ont été dites de toi, Marie, parce qu’Il a fait en toi de grandes choses, Celui qui est puissant. » Ps. 86,3 et Luc 1,49.

Le premier verset est une louange à Jérusalem après la victoire de l’ange sur l’armée de Sennachérib. Le second verset est extrait du Magnificat. Il n’y a eu qu’à changer mihi en tibi et, avec ces quelques mots, l’Eglise a fait une louange d’une grande délicatesse, retournant à Notre Dame les mots mêmes que Dieu lui inspira pour révéler au monde l’ineffable grandeur des grâces qu’elle a reçues.

L’original de la mélodie est la communion Dico autem vobis de la messe Sapiéntiam pour plusieurs martyrs. Nous trouvons là une belle affirmation joyeuse et ferme. Retenue fort à propos sur Gloriosa, la mélodie monte en un accent enthousiaste sur dicta sunt. La cadence sur María est gracieuse et pleine de vénération. De même quia tibi, avec une nuance de mystère vers le grave. Une belle expression de grandeur et d’autorité pénètre le dernier mot : qui potens est.

 Propositions polyphoniques

 

Epître, évangile et préface chantés de cette messe, voir ici

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