Vingt-et-unième dimanche après la Pentecôte (XXI)

19 octobre 2020 | Messes du Temporal

L'introït In voluntate Domine par la Schola Bellarmina

Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.

 

LEÇONS DES MATINES : En Octobre : Les Machabées. En Novembre : Les Prophètes.
EPÎTRE : Il faut se revêtir de la force que Dieu nous donne pour être fort dans l’épreuve. (Ephes. VI. 10. 17.)
EVANGILE : Parabole du débiteur insolvable. (Math. XVIII. 23, 35)
IDÉE CENTRALE : C’est toujours vers la fin des temps que tout est orienté. Armez-vous de toute la force du Christ, nous dit Saint Paul dans l’Epître, afin de pouvoir tenir ferme « contre le diable, la chair, le sang, les princes de ce monde de ténèbres, les esprits mauvais répandus dans les régions de l’air… ». Notre Seigneur dans l’évangile nous avertit d’autre part qu’il faudra rendre compte et qu’il est prudent, pour se concilier la miséricorde du Père, d’être nous-mêmes miséricordieux. Au milieu de ces conseils en vue des ultimes épreuves, l’Eglise évoque dans ses chants, comme des modèles, les figures suppliantes des grands persécutés, Mardochée, Esther, Job.

INTROÏT

LE TEXTE

Dans votre volonté, Seigneur, toutes les choses sont établies, et il n’est personne qui puisse résister à votre volonté. C’est vous en effet qui avez fait toutes choses : le ciel et la terre et tout ce qui dans le cercle du ciel est contenu. Le Maître de tout vous êtes.

Ps. – Heureux les sans tache dans la voie, Ceux qui marchent dans la loi du Seigneur.
Esther XIII. 9, 10, 11.
Ps. CXVIII. 1.

Ces trois versets sont le début de la prière que fit Mardochée lorsqu’il eût décidé Esther à entreprendre auprès d’Assuérus la démarche qui devait sauver le peuple. Elle n’avait pas accepté d’abord ; elle risquait la mort. Son oncle insista. « Si tu ne parles pas maintenant, les Juifs seront délivrés d’une autre manière, mais toi et la maison de ton père vous périrez. Et qui sait si ce n’est pas pour un temps comme celui-ci que tu es parvenue à la dignité royale ? Alors Esther lui répondit : Va, rassemble tous les juifs de Suse et priez pour moi. Ne mangez, ni ne buvez pendant trois jours et trois nuits,et, moi aussi, je jeûnerai avec mes servantes, puis j’entrerai chez le roi, contre la loi, non appelée, me livrant à la mort ou au danger. » (Esther. IV. 12. 17.)

Alors Mardochée, se souvenant de toutes les œuvres du Seigneur, pria ainsi :
Seigneur, Seigneur, Roi tout puissant,
Dans ta volonté toutes les choses sont établies
Et personne ne peut résister à ta volonté
Si tu as décidé de sauver Israël.
Tu as fait le ciel et la terre
Et tout ce qui est contenu dans leurs limites.
Tu es le maître de tout.
Nul ne peut résister à ta majesté…
Et maintenant, ne méprise pas ton peuple.
Exauce notre prière et sois favorable
A notre sort qui se joue.
Change en joie notre deuil.
Et, afin que, vivants, nous louions ton nom,
Ne ferme pas la bouche de ceux qui chantent. (Esther. IV. 12. 17.)

Il convenait de citer en entier cette admirable prière ; elle aidera à entrer dans l’atmosphère de cet épisode tragique qui figurait de loin les jours où le monde, lui aussi, sera sur le point de finir.
Elle a toutefois été considérablement modifiée pour composer cet Introït. Non seulement on en a retranché ce qui était particulier au peuple Juif, notamment : « si tu as décidé de sauver ton peuple Israël » ; mais on a supprimé l’invocation de début : « Seigneur, Seigneur, Roi tout puissant » et on l’a coupée à l’endroit même où commence la demande précise : «Et maintenant, ne méprise pas ton peuple ». Il en résulte qu’elle n’a plus rien d’une prière de demande ; elle est un acte de confiance en la Providence, rien de plus.
Ce que l’Église chante ici, c’est donc sa foi et son espérance en Dieu qui la garde et la sauve. Elle voit les évènements se dérouler, le cataclysme qui vient, le monde excité, nerveux, angoissé, sachant bien ce qu’il a fait et ce qu’il a mérité, mais ne sachant pas ce qui va lui arriver. Elle sait, elle, que tout est pour la gloire du Père et l’éternelle béatitude des élus. Alors, calme au milieu de l’agitation des esprits, dans une paix absolue, elle dit à Dieu sa confiance toute simple et tout abandonnée.

LA MÉLODIE

C’est précisément cette simplicité et cette paix profonde qui la caractérisent. Pas une nuance d’angoisse ne la traverse. Elle est grave, certes, mais pas triste. Au contraire, la joie peu à peu la pénètre et, pour finir, c’est elle qui domine. Mais c’est une joie plus haute que la joie humaine : c’est l’exaltation de l’âme qui a trouvé son Dieu et qui bondit devant sa face.
La première phrase tient en trois notes qui vont et viennent du ré au fa, avec seulement une échappée au do grave. Mais sous ce dépouillement mélodique extrême, on sent l’âme forte, sûre d’elle-même et de son Dieu. Une nuance de tendresse éclaire Dómine et révèle quelque peu l’amour dont est faite cette confiance absolue, tandis que univérsa sunt pósita s’établit sur une ligne, fixe comme le décret divin qui donne à chaque chose sa place dans l’ordre du monde.
La mélodie monte un peu au début de la seconde phrase, elle prend du mouvement, de l’espace, s’allège aussi. Il y a là comme une nuance de joie profonde ; la joie de savoir à l’avance que tous les artifices des hommes et des « esprits de l’air » sont voués à un échec. En même temps, l’assurance devient plus ferme, sur les motifs de póssit et de resístere, qui viennent aboutir à la cadence si forte de voluntáti túæ.
Dans la troisième phrase, à l’idée de la puissance créatrice de Dieu, la joie s’avive. Elle n’éclate pas, elle demeure dans le grave, très contenue, mais on la sent qui pénètre tout. Dans cette vision de la Toute Puissance se jouant avec les mondes et les menant depuis les siècles à la gloire dans laquelle, eux aussi, vont entrer, l’âme se repose et jouit. Elle s’exalte dans la montée de Tu énim. Sur ómnia, elle se délecte. Vient alors la description du ciel et de la terre. C’est d’abord un simple récitatif sur fa, mais rythmé, scandé comme les pas d’un cortège royal, puis une ondulation lente, solennelle, enveloppant caéli ámbitu d’une majesté qui se prolonge jusqu’à la cadence de continéntur.
La dernière phrase est une proclamation de l’absolu domaine de Dieu sur le monde. La mélodie de ces quatre mots est d’une grandeur, d’une noblesse insurpassables. Un mouvement ascendant de trois temps composés binaires porte Dóminus du do au fa et le pose sur une tristropha qui lui donne une ampleur de solennelle vénération. Le même mouvement, reprenant élan sur ces trois notes, saisit alors chacune des syllabes de universórum et les entraine en une progression mélodique mesurée, cadencée, vers la clivis et le torculus du sommet. Là il s’élargit, retombe large et sonore sur deux notes longues qui rebondissent, et s’achève enfin en une cadence dont il double le climacus pour lui donner la majesté qui convient.
Ainsi, excitée peu à peu par les images splendides du texte, l’âme a oubié qu’elle ne faisait que dire sa confiance tout simple : elle s’est mise à chanter, en une louange grandiose, le Dieu Tout-Puissant sur lequel elle s’appuie.
Le psaume s’élève alors non pas tant comme un souhait que comme un chant d’allégresse sur lequel l’Eglise célèbre la pureté conservée ou recouvrée des siens, et pour finir, la gloire du Père, du Fils, et du Saint-Esprit.

Chantez la première phrase très simplement. Soulevez bien l’accent de Dómine et faites les tristropha légère avec un délicat accent de ferveur. Allongez quelque peu la première note des podatus de et de si dans pósita, de façon à bien rythmer cette cadence que vous éviterez de faire plaintive.
Un peu plus d’énergie dans la seconde phrase. Faites les porrectus bien liés, et affirmez. Les deux podatus de voluntáti auront leur première note bien marquée et dans un rythme très ferme.
Un crescendo discret mais bien net montera sur tu énim fecísti. Vous relierez coélum à ómnia et irez en crescendo sur coéli. Il faut qu’on sente l’enthousiasme pénétrer tout cet admirable mouvement.
La dernière phrase sera plus ample, la progression des rythmes binaires très marquée sur universórum mais on veillera bien à ce qu’elle soit faite dans un legato absolu. Faites le ré de tu très souple entre les deux notes longues et élargissez les deux climacus.
Le psaume sera pris dans un bon mouvement.

GRADUEL

LE TEXTE

Seigneur, notre refuge vous êtes devenu de génération en génération.
Verset. – Avant que les montagnes fûssent ou que fussent formés la terre et le monde, avant le siècle et jusqu’au siècle sans fin, vous êtes Dieu.
Ps. LXXXIX. 1. 2.

Ces deux versets sont peut-être de Moyse. Le premier dit bien sur ses lèvres et la reconnaissance du peuple pour la miséricorde que le Seigneur n’a cessé de lui témoigner et même implicitement sa confiance pour tout ce qu’il en attend dans l’avenir. Le second est comme un cri de l’âme confondue d’admiration à la pensée de l’éternité de Dieu.
Ils ont ici le même sens sur les lèvres de l’Eglise. A la fin de cette histoire du monde qu’elle vient de revivre et au cours de laquelle elle a pu apprécier l’incomparable bienfait de la protection divine, de cette armure dont Saint Paul vient de nous faire la description, elle chante sa gratitude pour le passé et sa confiance pour l’avenir.

LA MÉLODIE

C’est la mélodie type des Graduels du IIe mode. Nous l’avons rencontré au cours de l’année sur des textes très divers, mais auxquels elle s’adaptait toujours fort bien. Elle a chanté ainsi la joie du Père sur le berceau de son Fils à la Messe de Minuit, la parole réconfortante du Père encore le Ier Dimanche de Carême, l’enthousiasme de l’Eglise le Dimanche de Pâques. L’adaptation ici, une fois de plus est excellente, car c’est encore la joie qu’elle chante : la joie que l’âme éprouve à dire au Seigneur combien il est bon et combien il est grand.
Dès les premiers mots, on est dans une atmosphère d’intimité paisible, confiante, heureuse. La joie, d’abord discrète, se laisse quelque peu aller sur le bel élan de fáctus est, puis un accent de bonheur plus profond, amené par le si b, l’exalte sur nóbis et, par delà la cadence, elle s’en va croissant sur le récitatif de a generatióne pour atteindre sa plénitude sur la vocalise de la fin, en des courbes gracieuses qui se succèdent sans vouloir finir, comme si l’âme, insouciante du temps, ne pensait qu’au Seigneur et à la gratitude qu’elle lui dit.

Le Verset. – La mélodie ici est plus contemplative. Retenue quelque peu sur la thésis de móntes, elle prend du mouvement à mesure qu’elle s’élève, mais elle demeure paisible. Planant légère au-dessus du ré auquel elle demeure fixée, elle est vraiment faite pour ces paroles qui évoquent les temps mystérieux où l’Esprit planait, lui aussi, sur les eaux.
Elle se fait grave sur saéculo pour chanter l’Eternité de Dieu et, très à propos, devient sur tu es Déus une louange enthousiaste.

Le mouvement dot être dégagé et la joie partout ; mais il faut bien veiller à l’exactitude du rythme, et très particulièrement à l’égalité des notes dans les temps composés, de façon à garder à la mélodie son caractère paisible.
Rattachez de près la seconde phrase à la première. La double note qui la commence est une bivirga épisématique. Faites la vocalise de progénie très légère et menez-la, en un crescendo discret mais toujours entretenu, jusqu’à la cadence finale.
Retenez la descente de móntes au début du verset. Reprenez ensuite le mouvement. La double note de et órbis est une bivirga épisématique. Faites la vocalise de progénie très légère et menez-la, en un crescendo discret mais toujours entretenu, jusqu’à la cadence finale.
Retenez la descente de móntes au début du verset. Reprenez ensuite le mouvement. La double note de et órbis est une bivirga épisématique. Elargissez la cadence finale et répercutez la note qui a un épisème sur do.

ALLELÚIA

LE TEXTE
Quand sortit Israël de l’Egypte,
La maison de Jacob de chez le peuple barbare…
Ps. CXIII. 1.

Dans le psaume, ce verset n’a de sens que joint au suivant :

Quand sortit Israël d’Egypte,
La maison de Jacob de chez le peuple barbare,
Judas devint son sanctuaire
Israël son empire.

Ici, il se tient par lui-même si on l’entend comme une évocation et c’est ainsi qu’il faut l’entendre. Sur ces mots, riches de souvenirs heureux, l’Église chante le retour prochain dans la patrie, dans le paradis retrouvé, de l’humanité rachetée par le Christ et conduite par lui en triomphe au Père.

LA MÉLODIE

Elle va lentement vers Israël, se retenant dans son élan aux quilismas et aux pressus de In éxitu. Sur ce mot si cher, elle s’épanouit en un accent délicat de ferveur qui s’envole vers Aegýpto, lente toujours, mais pénétrée de joie ; une joie de rêve toute en demi-teinte, comme si l’âme, sur ce mot que dit la misère de la terre, laissait passer le bonheur qu’elle a déjà, à la pensée de la béatitude vers laquelle elle sera bientôt emmenée.
La seconde phrase se développe dans la même atmosphère. Il y a sur Jacob le même accent de ferveur, et la même joie est partout répandue. Une nuance de mélancolie pénètre toutefois la vocalise de bárbaro. Ce n’est pas la tristesse d’avoir à quitter ce monde mais le désir de l’autre, qui perce à travers ces neumes délicats. Assez marqué sur les cadences ré mi ré fa, il s’intensifie sur la finale, prolongé comme un soupir ardent.

Balancez la montée vers Israël mais gardez-lui sa lourdeur. Ne heurtez pas le pressus ; préparez-le par un appui sur la note qui précède. Que Aegýpto soit très lié, de même pópulo. La vocalise de bárbaro sera douce ; la montée au la en crescendo discret, la cadence finale retenue.

OFFERTOIRE

LE TEXTE
Il y avait un homme sur la terre, nommé Job,
Simple et droit et craignant Dieu
Lequel Satan demanda à tenter.
Et il fut donné à celui-ci pouvoir par le Seigneur
Sur son bien et sur sa chair.
Il détruisit toute la richesse de cet homme et ses fils.
Sa chair aussi, d’un horrible ulcère il affligea.
Job. I.

Ces quelques lignes sont un résumé du premier chapitre du livre de Job. Après avoir modelé sa prière sur celle du sage et confiant Mardochée, l’Eglise contemple cet autre exemple de foi et de fidélité dans la tribulation. Mais en même temps qu’elle admire sa patience forte et douce, elle le voit comme sa propre figure et c’est elle-même qu’elle chante en chantant son histoire. Attaquée, torturée, tentée par Satan de toute manière en ses membres, elle aussi, elle a tenu et elle tiendra jusqu’à ce que, comme à Job, justice lui soit rendue. Ce sera précisément en ce jour suprême quand chacun recevra le poids de gloire mérité par ses souffrances et que le tentateur vaincu s’en ira, lié à jamais dans ses éternels liens de feu.

LA MÉLODIE

Le texte n’est qu’un récit, mais c’est un récit médité, une sorte de contemplation, disions-nous. La mélodie, elle aussi, a pris cette forme. Elle est de ces chants que l’on se chante à soi-même lorsqu’on s’arrête à penser et dans lesquels passent les sentiments que font naître en nous les idées et les images qui se succèdent. Le ton est réservé, l’atmosphère un peu triste, d’une tristesse de sympathie ; c’est comme une plainte compatissante qui s’avive avec la progression des malheurs évoqués.
Les deux premières phrases présentent le personnage. C’est un portrait très simple tout enveloppé de la mélancolie discrète des formules du IIe mode. Térra a quelque chose de lourd comme l’épreuve. Sur Job, en rejet tout à fait à la fin de la phrase, passe une vénération profonde qui s’est développée depuis le début de l’incise sur les longs neumes de nómine.
Cette vénération s’éclaire d’une nuance d’aimable sympathie par les beaux motifs de simplex et de réctus, au début de la seconde phrase, pour décrire la simplicité et la droiture du saint homme. On notera la progression du développement neumatique sur les trois mots en proportion de leur valeur : le salicus et la clivis allongée sur réctus et les neumes se multipliant sur tímens Déum.
La présentation du personnage achevée, le drame commence par la requête de Satan. La mélodie prend tout de suite une tournure nouvelle. Une certaine vigueur, peut-être pénétrée de haine, passe dans le salicus et le pressus et la fait monter sur le ré, ferme, forte, un peu dure même. Elle se détend ensuite sur ut tentáret dans une nuance de compassion.

Et data est éi potéstas…Avec cette permission de Dieu octroyée au tentateur, l’intrigue se développe. La mélodie, établie tout de suite sur le ré, devient plus dégagée, plus animée aussi. Notez qu’elle est presque syllabique, ne s’attardant que pour mettre en relief les mots importants, avec des nuances très heureuses d’ailleurs pour chacun : potéstas est fort, Dómino enveloppé de vénération, et sur in facultáte éi in cárne, un motif très simple, répété deux fois, met une nuance de commisération qui devient émouvante sur la cadence de éjus.
Dans les deux dernières phrases, où les malheurs de Job sont énumérés les uns après les autres, il n’y a plus autre chose que cette compassion émue. L’âme, comme atterrée, retient d’abord son sentiment dans le grave. Sur substántiam elle le laisse monter et il s’avive devant l’ampleur du désastre mais redevient tout de suite lourd de tristesse sur la cadence de fílios. Elle est très commune, cette cadence, mais elle est précédée sur et d’un motif qui porte un accent de douleur poignante. Alors, avec le dernier fléau, la commisération atteint sa plénitude. La mélodie marque les mots de notes expressives : pressus, épisèmes horizontaux, quilisma, qui les frappent d’un accent om passent à la fois de l’indignation et de la pitié. Il en résulte une plainte lourde, véhémente et douloureuse tout ensemble : la plainte de l’Eglise qui laisse passer la souffrance indignée que provoque en elle l’œuvre de Satan sur l’humanité.
Par son caractère sombre, cet offertoire tranche sur la confiance paisible de l’Introït, du Graduel et de l’Allelúia. Il n’en était pas ainsi lorsqu’on en chantait les versets. Le dernier, qui était un cri ardent de Job vers la béatitude, éclairait d’une ferveur de désir ce spectacle de misère et lui donnait son vrai sens.

Une voix effacée s’impose : une voix de pitié.
Les deux premières phrases demandent une grande simplicité. Retenez délicatement Job à la fin de la première et rattachez-y de près la seconde.
Faites un arrêt assez marqué avant quem Satan et prenez de la vie dans l’arsis de pétiit ; marquez bien le pressus de ut. Un arrêt encore, et la troisième phrase plus légère. Retenez légèrement Dóminoéjus.

Faites un crescendo bien marqué vers substántiam en scandant la clivis et le podatus qui précèdent le mot.
Les pressus de la dernière phrase seront très expressifs et la cadence de vulnerávit très retenue. La virga du sommet est épisématique.

COMMUNION

LE TEXTE
Dans votre salut est mon âme
Et en votre parole, j’ai espéré.
Quand ferez-vous de mes persécuteurs le jugement ?
Les méchants m’ont persécutés
Aidez-moi, Seigneur, mon Dieu.
Ps. CXVIII. 81, 84, 86.

Prière ardente qui requiert du Seigneur un accomplissement de ses promesses. On y sent de l’anxiété : l’épreuve est proche, la parole de l’Epître et l’incident de l’Evangile font plus redoutable la grande terreur qui se profile à l’horizon ; le secours divin est indispensable, et c’est le moment de le réclamer quand le contact avec le Christ sauveur est établi par le sacrement.

LA MÉLODIE

Le texte intégral du premier verset est : « Après ton salut languit mon âme. » Si le verbe defécitsperávi un certain mouvement. C’est l’angoisse qui commence à monter.

n’eut pas été supprimé sans doute la mélodie eut-elle été plus ardente. Elle est simple, paisible, intime on sent l’âme toute reposée dans le Seigneur. Toutefois on discerne déjà sur
Elle est très nette dans toute la seconde phrase. La mélodie s’est allégée et le mouvement sur la dominante a quelque chose de vif. A peine y a-t-il une petite détente sur judícium et l’angoisse monte à nouveau plus forte ; un souffle d’anxiété passe qui pousse le mouvement sur iníqui persecúti sunt me. Adjúva me est un véritable appel de détresse. Il s’apaise d’ailleurs très vite ou plutôt devient sur Dómine Déus méus une admirable supplication, douce, tendre, confiante.
Ces sentiments qui se succèdent avec la rapidité de la vie donnent à cette antienne un caractère dramatique qui en fait un chef-d’œuvre.

La première incise doit être simple. Le crescendo commence sur túum dans la seconde et va vers la clivis de ra dans sperávi laquelle sera légèrement allongée.
Mettez de la vie dans la seconde phrase. La cadence du judícium sera très peu retenue.
Départ a tempo sur iníqui élargissez la première note du podatus. Ne commencez à retenir le mouvement que sur me.

 

Epître, évangile et préface chantés de cette messe, voir ici

Inscription à la newsletter

Découvrez tous nos produits

sit dapibus accumsan efficitur. diam vulputate,