
| Les trois messes de Noël |
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Résumé du commentaire de cette messe par Dom Schuster, dans son oeuvre L'année liturgique. LA MESSE DE MINUIT Dans le rite romain, la caractéristique de la fête de Noël est l'usage des trois messes : une au premier chant du coq (ad galli cantum) - c'est celle qui est devenue la messe de minuit - l'autre vers l'aurore, et la troisième en plein jour. Cette tradition nous est déjà connue par saint Grégoire, mais elle est sûrement plus ancienne, puisque l'auteur de la biographie du pape Télesphore, dans le Liber Pontificali, nous dit savoir que ce fut précisément ce Pontife qui introduisit le premier le chant du Gloria in excelsis à la messe de la nuit de Noël. L'introït est tiré du psaume 2, et peut s'appliquer aux diverses générations du Verbe ; à celle, éternelle et divine, dans le sein du Père ; à celle, humble et paisible, dans le sein virginal de Marie, et enfin à celle, glorieuse, des entrailles de la terre, quand, le jour de Pâques, Il ressuscite pour triompher définitivement du péché et de la mort. Le graduel vient du psaume 109, qui décrit d'abord, en traits rapides, l'éternel aujourd'hui où le Père a engendré, engendre et engendrera toujours le Verbe, sans commencement ni succession aucune de temps, et sans fin. L'alleluia répète la strophe du psaume 2 : "Le Seigneur m'a dit : Tu es mon Fils, parce qu'aujourd'hui je t'ai engendré." L'offertoire est tiré du psaume 95, où sont invités à se réjouir et les cieux et la terre, parce que le Seigneur est venu. En effet, la venue de Jésus sur la terre a consacré le monde, comme s'exprime l'Eglise dans sa liturgie. L'antienne pour la communion est tirée du psaume 109, indubitablement messianique. Le Père a engendré le Verbe dans les splendeurs de sa sainteté, en sorte que ce tendre Enfant qui revêt aujourd'hui dans la crèche les livrées du serviteur et du pécheur, Lui est coéternel et consubstantiel.
L'introït est d'Isaïe (IX). Un peuple qui marchait au milieu des ténèbres a vu aujourd'hui une grande lumière. L'antienne prophétique vient ensuite; c'est le psaume 92, qui est proprement le psaume pascal, mais il s'adapte fort bien aussi à Noël, puisque, si la Résurrection marque le triomphe final du Sauveur sur la mort et le péché, sa Nativité annonce déjà l'aurore de ce beau jour de victoire. Le graduel emprunte au psaume 117 l'acclamation joyeuse des rachetés, au Christ qui fait sa première entrée dans le monde : "Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur !" L'alleluia est tiré du psaume pascal 92 : "Le Seigneur s'est revêtu de force et de grâce pour inaugurer son royaume." L'antienne à l'offertoire vient, elle aussi, du psaume 92 qui est aujourd'hui le psaume de circonstance. Cet Enfant qui, en ce jour vagit au berceau, a une histoire aussi ancienne que les siècles. Dieu a donné la stabilité à la terre pour qu'elle ne soit pas ébranlée, et serve d'escabeau au trône du Messie nouveau-né. L'antienne de la communion est prise dans le livre de Zacharie (IX, 9) qui invite les filles de Sion et de Jérusalem à aller joyeusement au devant du Christ Jésus qui vient, plein de la douceur et de la mansuétude que symbolise l'âne sur lequel Il est assis, pour prendre possession de son royaume.
LA MESSE DU JOUR L'introït vient d'Isaïe (IX, 6). Voici que nous est né un enfant, qu'un fils nous a été donné, lequel, malgré l'état d'anéantissement où il se réduit, est l'Eternel, le Créateur de l'univers ; Celui qui, par la puissance de sa parole, dirige et gouverne tout ; sur l'épaule de qui repose la divine et universelle monarchie. Le graduel est emprunté au psaume 97. Le Seigneur a manifesté au monde le divin Sauveur, et tous les peuples ont participé à cette révélation. Le verset de l'alleluia est pris dans la liturgie byzantine. Aujourd'hui brille pour nous un jour saint. Comme de toute éternité le Père engendra son Verbe au sein des splendeurs de sa sainteté, ainsi aujourd'hui la Bienheureuse Vierge donne le jour au Rédempteur, qui, par son incarnation, consacre le monde et sanctifie l'Eglise. L'antienne de l'offertoire est tirée du psaume 88 : "A vous sont les cieux. à vous la terre et l'univers que vous avez créés ; la justice et l'équité préparent votre trône." Dans l'antienne pour la communion, tirée du psaume 97, nous remercions le Seigneur de ce qu'Il a révélé le divin Sauveur devant toutes les nations. La générosité, la magnificence, la lumière, tel sont toujours les caractéristiques des œuvres divines.
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