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Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.
LEÇONS DES MATINES: En Octobre : Les Machabées.
En
Novembre : Ezéchiel. Daniel. Les petits prophètes.
EPÎTRE : Il faut se revêtir de l'homme nouveau. (Ephes.
IV. 23-28.)
EVANGILE : La Parabole des invités à la noce du fils du
Roi. L'un d'eux n'ayant pas la robe nuptiale est mis dehors. (Math. XXII. 1-14)
IDÉE CENTRALE : Saint Paul nous demande dans l'Epître
de nous revêtir de l'homme nouveau. Cet homme nouveau c'est celui que crée en
nous la grâce du Baptême en nous faisant participer à la nature du Christ. Le
revêtir, c'est revêtir le Christ. En termes plus explicites, c'est se soumettre
à sa volonté, se livrer à son influence, de façon à penser, à vouloir, à agir
selon lui ; c'est lui permettre de vivre, à travers notre propre vie, sa
vie. Mais n'est-ce pas là revêtir la robe nuptiale et participer aux noces du
Fils du Roi, qui consistent précisément en l'union de cette vie avec Dieu à
travers le Christ, ici-bas dans l'obscurité de la foi, là-haut dans la clarté
de la vision face à face ?
L'idée
centrale de cette messe pourrait donc être ce revêtement de Jésus-Christ,
condition de notre entrée dans la gloire. Et ce serait comme la première
allusion à la fin des temps vers laquelle s'orienteront, de plus en plus
désormais, les Dimanches qui vont suivre. Les deux aspects en sont bien nets
dans la parabole de l'Evangile : ma noce de l'Agneau et les ténèbres
extérieures où sont jetés ceux qui n'ont pas revêtu le Christ.
INTROÏT
LE TEXTE
Le salut du peuple, c'est moi, dit le Seigneur.
De quelque tribulation qu'ils crient vers moi,
Je les exaucerai.
Et je serai leur Seigneur à jamais.
Ps. - Soyez attentifs, mon peuple, à ma loi.
Inclinez votre oreille aux paroles de ma bouche.
Ps. LXXVII.
1.
Cet
Introït - un des rares dont le texte ne soit pas tiré de l'Ecriture, seul le
verset en est extrait, - est chanté une première fois le Jeudi de la IIIème
semaine de Carême, à l'occasion de la station en l'église des Saints Cosme et
Damien, deux médecins martyrs, par l'intercession desquels de nombreuses
guérisons étaient obtenues. Le choix en est heureux. Il est la voix du Seigneur
qui vient encourager ceux qui sont dans l'épreuve à recourir à lui, qui demeure
à jamais leur maître bienveillant et bienfaisant.
C'est
peut-être la même circonstance qui l'a fait choisir pour ce XIXème Dimanche. En
effet, « selon les anciennes listes romaines, le dimanche précédent la
fête des martyrs Cosme et Damien, la station était dans leur basilique sur la
Voie sacrée ; selon le capitulaire Würtzbourg, cette station est indiquée
après le second dimanche suivant la solennité de saint Cyprien. Mais en
réalité, il s'agissait d'une fête mobile et c'est peut-être la raison pour
laquelle la messe de ce jour, à commencer par l'Introït Salus populi, conserve
comme un dernier souvenir de cette solennité en l'honneur des deux célèbres
médecins « thaumaturges » dont le peuple de Rome durant la période
byzantine, attendait la santé de l'âme avec celle du corps ». (Cardinal
Schuster. Liber sacramentorum. V. 208)
Quoi
qu'il en soit, le sens de ces paroles dépasse le culte de ces deux saints
martyrs. En cette période où commencent à être évoquées les épreuves terribles
par lesquelles devra passer le monde des derniers temps, et celles par
lesquelles nous passerons, nous aussi, dans une certaine mesure avant de
mourir , elles nous arrivent
comme la voix du Seigneur nous encourageant à avoir recours à lui avec
confiance, à ne pas avoir peur, puisqu'il nous a invités. Que nous veillions
seulement à garder sa loi, à être attentifs à ce qu'il veut de nous, et nous
aurons de quoi garder dans sa pure beauté la robe nuptiale qui nous donnera
d'entrer au festin des noces de l'Agneau pour jamais.
LA MÉLODIE
La
première phrase s'élève très douce et très liée sur Salus populi. Retenue dans
son élan par le si b, elle descend lentement sur égo sum et prend sur la
cadence en mi un admirable caractère de tendresse compatissante. On sent
vraiment le Seigneur penché sur son peuple et lui disant d'avoir confiance, ce
qu'il est là et qu'il le sauvera.
C'est
un autre sentiment qui domine dans la seconde. Une invitation pressante se
dessine dès les premières notes : la mélodie s'établit en VIIIe mode, le
mouvement s'anime, devient très arsique, entrainant la pensée, par delà
tribulatióne qu'il met en plein relief, vers ad me où il s'épanouit en un très
beau motif qui donne à ce mot un élan plein d'attirance. Repris sur exáudiam
éos, ce motif est là plus expressif encore, quelque chose de la tendre
compassion de la première phrase se mêle dans le grave sur exáudiam, comme si
le Christ n'attendait qu'un geste de l'âme vers lui pour donner libre cours à
sa miséricordieuse bonté.
Après
cette offre si invitante, la douceur revient enveloppant toute la dernière
phrase. On y retrouve l'onction paternelle de égo sum, sur Dóminus notamment,
avec un bel élan qui monte sur in perpétuum, riche de toute la promesse de
l'éternelle béatitude.
La
première phrase demande à être liée et douce. Eviter de faire la cadence de la
fin plaintive.
Il
y aura une reprise de mouvement et même une légère accélération au début de la
seconde, mais on veillera à ce que tout contraste soit évité. C'est au cours
du crescendo vers la distropha de
tribulatióne que se fera la transition. Liez avec soin le groupe de ad me et
tout exáudiam éos et ne forcez pas la voix.
La
dernière phrase, très simple, l'accent de ero bien soulevé. Retenez quelque peu
Dóminus et faites très expressif in perpétuum.
GRADUEL
LE TEXTE
Qu'elle monte ma prière, comme l'encens,
Devant ta face, Seigneur.
Que l'élévation de mes mains
Soit comme le sacrifice du soir.
Ps. CXL. 2.
L'encens,
à cause de son parfum très agréable qui monte avec les volutes légères de la
fumée, symbolisait la prière que Dieu aimait particulièrement et qu'il recevait
en odeur de suavité. De même le sacrifice du soir, parce qu'il était fait de
manière délicate - de farine assaisonnée d'huile et d'encens - et peut-être
aussi parce qu'il prenait à la chute du jour quelque chose de plus intime, de
plus profond, était considéré comme très agréable au Seigneur. C'est pourquoi
David se sert de ces deux images qui lui sont familières pour dire à Dieu
combien il désire que sa prière, expression de son âme aimante, soit agréée de
lui avec bonheur.
C'est
aussi ce que l'Eglise demande au Graduel.
Ce
n'est pas la première fois qu'il est chanté. Il l'a déjà été le mardi de la
première semaine de Carême après une invitation pressante d'Isaïe à invoquer le
Seigneur. Il l'a été à nouveau trois jours plus tard, le samedi des
Quatre-Temps, et encore le samedi des Quatre-Temps de Septembre, amené sans
doute, en ces deux dernières occasions, par l'heure tardive de l'office :
Sacrificium vespertinum...
On
ne saurait dire ce qui en a ici déterminé le choix, mais il vient bien après
l'Epître. Il est comme la prière de l'Eglise et de ses membres, de l'homme
nouveau, du Christ : plus agréable au Père que tout autre. Il prend
d'autre part, en cette période liturgique qui évoque le soir du monde, un caractère
particulièrement émouvant, étant comme la réponse à la pressante invitation du
Seigneur dans l'Introït : « qu'ils cirent vers moi et je les
exaucerai ».
LA MÉLODIE
Aussitôt
après l'intonation enveloppée de grâce aimable, la mélodie s'élève en un mouvement
paisible, très lié, mais qui va en une progression continue, puissante et
pleine de vie, vers méa qu'il fait très suppliant sur la cadence en demi-ton,
puis vers incénsum où il s'épanouit, planant, léger, sur l'accent tonique et la
clivis allongée, puis se laissant s'incurver gracieux et souple comme des
volutes d'encens. Il rebondit quelque peu sur in conspéctu et se détend en une
longue thésis qui s'achève sur Dómine en une belle
supplication, pénétrée d'amour tendre et délicat.
Le
verset. - On ne trouve pas ici les beaux accents de prière de méa et de Dómine,
mais la mélodie est plus gracieuse encore que dans la première partie. Elle
s'élève, dès le début, du ré au sol et même au la, mais ce mouvement hardi n'a
rien de brusque ; il se retient, léger et souple dans la montée, plane
ensuite longuement sur le fa, se laisse tomber au do puis au la, remonte, se
balançant sur les notes doubles et allongées en s'élargissant avec grâce sur la
cadence en ré de elevátio. Il s'élève sur mánuum avec la même souplesse et
descend très vite vers le sol suivant la même ligne ondulante, de plus en plus
paisible aussi. Ce n'est pas une supplication ; il semble que l'âme
s'oublie à chanter le mouvement d'amour qui la porte vers son Dieu : elle
contemple.
La
dernière phrase, qui évoque le sacrifice du soir, a beaucoup moins d'élan. Elle
prend dans le grave je ne sais quoi de discret, d'effacé, comme une demi-teinte
de crépuscule qui ajoute d'ailleurs à son caractère de supplication. Celui-ci
est très marqué sur vespertinum : il y a sur la double note, sur la virga
pointée, sur les pressus une insistance, délicate, paisible, mais ferme aussi,
qui se continue jusqu'à la cadence finale.
Il
faut chanter dans un mouvement paisible, mais qu'on veillera à entretenir
vivant.
Elargissez
les derniers neumes de Dirigátur, et faites très souple toute la montée vers
méa, sans qu'on sente l'effort, que le crescendo soit discret. Allongez
légèrement la virga du sommet de mé dans méa et faites la clivis pointée de la
cadence très expressive, sans arrêter le mouvement qui enveloppera tout de
suite sicut incénsum. Donnez un peu d'ampleur au punctum de incénsum dans le
soulèvement que doit donner à la syllabe l'accent tonique puis laissez votre
voix se poser sur l'épisème horizontal en un ritardando qui portera sur toute
la cadence. Ici encore sans arrêter le mouvement qui saisira tout de suite in
conspéctu. Retenez légèrement Dómine, notamment la montée sur ne et rythmez
bien la cadence finale.
Le
verset sera léger, mais pas rapide ; c'est une contemplation. Allongez la
première note et retenez toutes les autres délicatement, notamment les trois
virgas sur fa qui sont surmontées, dans les manuscrits, d'un tenete très
marqué. Toute cette phrase d'ailleurs est couverte de signes d'allongement ;
il faut s'y complaire du commencement à la fin. Ce qui n'empêchera pas qu'on lui
donne de la vie, par de discrets
crescendo dans les arsis.
Prenez
le temps de lier le la au ré dans mánuum et sans port de voix. La dernière phrase, sera plus légère, du moins
sacrificium car vespertinum devra lui aussi être un peu retenu ; la double
note du début est une bivirga épisématique. Rythmez bien la cadence finale.
ALLELÚIA
LE TEXTE
Acclamez le Seigneur et invoquez son nom.
Annoncez, parmi les nations, ses œuvres.
Ps. CIV. 1.
Cet
hommage rendu au Seigneur et cette invitation à publier ses œuvres
parmi les nations peuvent être chantés comme l'action de grâces de l'Eglise
pour la faveur inappréciable de « l'homme nouveau ». C'est le grand œuvre de Dieu, son œuvre unique, que cette unité des hommes
dans le Christ et par le Christ.
Beau
prélude en même temps à l'appel aux noces du Fils du Roi car c'est au banquet
de ces noces éternelles que resplendira de tout son éclat son œuvre de divine
miséricorde.
LA MÉLODIE
Elle
est très enthousiaste. Dès le début on sent la joie ardente dans la double note
et le torculus de confitémini. Elles se relient quelque peu sur Dómino et même
sur le reste de la phrase dont le mouvement thétique convient d‘ailleurs fort
bien à l'invitation à la prière ; ce n'est plus : confitémini, c'est
invocáte. Il y a sur éjus, à la fin de la phrase, une évocation du Seigneur
baignée de tendresse.
Le
mouvement du début revient sur annuntiáte, par le même motif do mi ré
d'ailleurs : balancement joyeux, qui se prolonge, tout le long de la
phrase, insistant sur les clivis légères de annuntiáte, sur la tristropha,
l'oriscus, la clivis allongée de géntes.
La
reprise du chœur sur ópera éjus monte en une
progression pleine d'élan et débordante de vie sur les doubles notes de éjus et
s'épanouit en une admirable cadence qui est comme une exclamation d'immense
bonheur.
La
double note de confitémini est une bivirga, il faut la bien appuyer mais dans
l'élan du mouvement. Elargissez aussi quelque peu la note qui précède. Que le
torculus du sommet soit souple. Liez d'assez près et invocáte à Dómino.
Un
bon a tempo sur annuntiáte : que tout le mot soit très lié : les clivis,
légères et quelque peu accélérées.
Sur ópera éjus - comme sur l'Allelúia - menez le crescendo
en progression sur les doubles notes et, par delà le sol, sur la cadence finale
qui sera large, sonore et très liée ; la double note du début est une bivirga
épisématique.
OFFERTOIRE
LE TEXTE
Si j'ai à marcher au milieu de la tribulation
Tu me soutiendras la vie, Seigneur.
Et sur la colère de mes ennemis
Tu étendras ta main.
Et elle me sauvera, ta main.
Ps. CXXXVII. 7.
Ces
paroles qui étaient sur les lèvres de David un admirable cri de confiance le
sont aussi sur les nôtres. Il y a bien des obstacles sur le chemin du banquet
des noces, bien des dangers qui peuvent nous en écarter, et nous retenir, et
ternir la splendeur de notre robe, voire nous la faire perdre, car des ennemis
de toutes sortes sont en nous et autour de nous. Mais le Seigneur aussi est là
avec la puissance de sa main protectrice.
L'Eglise
le lui dit pour affirmer qu'elle continue de marcher, et qu'elle continuera,
même quand tombera le soir, assurée qu'elle arrivera à la porte et qu'elle
entrera pour se nourrir à jamais de la vision du Roi.
LA MÉLODIE
Le
motif de l'intonation reçoit des podatus bien posés, sur les notes
fondamentales du mode, de la distropha, des deux pressus de la thésis, un très
beau caractère d'affirmation ferme et forte. Il y a ensuite sur le si de
tribulatióne quelque chose d'aigu, comme une plainte vive et, sur la thésis qui
suit, une lourdeur assez marquée qui affecte même la remontée à la
tonique : les mots sont bien servis.
Sur
vivifica me la formule de l'intonation revient avec le même caractère, mais la
tenue sur la dominante est prolongée et au lieu de venir sur le sol par le si
et le la c'est sur le fa que se fait la descente, sans que le si soit touché et
sur un rythme paisible qui se pose et se soulève sur les pressus comme des pas
sur des degrés bien établis. Il passe ainsi à travers ce mouvement une
confiance forte, certes, assurée, mais paisible aussi, et qui va se pénétrer de
joie et s'exalter sur la remontée et les longs neumes de me avant de mettre sur
Dómine la nuance de tendresse délicate qui va droit au Seigneur aimé.
Une
nouvelle idée commence avec la troisième phrase : l'assurance que Dieu
nous protègera contre nos ennemis, et nous sauvera. C'est encore le motif de l'intonation
qui est esquissé sur les deux premiers mots mais la longue tenue sur le do est
évitée et le contact répété avec le si ramène la nuance de plainte de
tribulatione; la descente sur meorum rappelle aussi la lourdeur de la thésis. C'est
la réaction de l'âme à l'évocation des ennemis. Mais voici la confiance à nouveau.
Exténdes manum tuam. Tu étendras ta main. La mélodie tout de suite devient
paisible et joyeuse. L'auteur a utilisé dans cette fin de phrase deux motifs de
l'Offertoire du Lundi de Pâques.
La
thésis du second a été développée, très heureusement d'ailleurs ; les deux
notes longues sur do lui donnent une fermeté qui évoque la main étendue en
protection et il y a, sur la remontée à la cadence en la de tuam par le podatus
et la clivis, quelque chose de lumineux qui reflète la clarté dans laquelle l'âme
voit son chemin sous la garde assurée du Seigneur.
Cette
clarté passe dans la dernière phrase sur salvum me fécit par les trois tons
pleins qui fixent la mélodie sur la dominante si et par la cadence en demi-ton
si délicate. Déxtera plane alors immobile comme la main protectrice et sur
cette ligne, fixée au-dessus des contingences, des labeurs, des peines, l'âme,
comme en contemplation, chante la joie de son abandon au Roi qui l'a appelée,
qui l'a justifiée et qui, après l'avoir prise sur les chemins, et sur les
places et aux coins des rues, l'a revêtue de la robe nuptiale, de la robe d'épouse,
et la mène droit à la salle des noces.
Il
faut insister sur le motif de l'intonation ; retenez légèrement le
torculus initial et donnez du poids à la première note de tous les podatus
comme si elle était affectée d'un épisème horizontal. Marquez bien aussi le
salicus de médio.
L'insistance
sera la même sur les podatus de vivificabis mais la distropha et la tristropha
seront légères, comme aussi les pressus qu'il ne faut pas forcer ; il faut
toutefois leur garder une bonne sonorité et les relier au la qui suit, de façon
que le mouvement de la phrase ne soit pas coupé mais qu'il aille s'épanouir sur
la triple note de me : une trivirga épisématique. Il se détendra ensuite
pour prendre sur Domine l'onction qui convient.
Donnez
de la vie à la troisième phrase, sans presser le mouvement toutefois ; les
deux podatus de meorum auront leur première note élargie. Que l'on sente la
joie dans le motif de exténdes manum tuam. La double note de num dans manum est
une bivirga.
La
dernière phrase sera plus discrète, plus retenue. Faites bien toutes les
répercussions de déxteram tuam et retenez toute la finale à partir du dernier
quart de barre.
COMMUNION
LE TEXTE
Tu as ordonné que tes commandements
Soient gardés de très près.
Puissent-elles m'être indiquées mes
voies ;
Pour garder tes justes volontés.
Ps. 118. 4. 5.
Le
Seigneur demandait à la fin de l'Introït que l'on fût attentif à sa loi et à
tout ce qu'il demande. Il nous a offert ensuite dans l'Evangile un exemple
terrible de ce qui arrivera à ceux qui ne suivront pas ses ordres : ils ne
seront pas admis à sa table, et s'ils entrent, seront mis à la porte. Au moment
de la communion l'âme, pénétrée de la lumière du Christ, comprend mieux que le
tout de l'amour est d'obéir à cette voix si douce, de tenir la main qui se tend
vers nous pour prendre la nôtre et nous guider sur la route de la salle de
noce, et c'est en un cri d'amour ardent qu'elle le dit à son Dieu présent en
elle : « O que mes chemins soient tracés par toi afin que je ne fasse
que ce que tu veux, là où tu me veux ; afin d'être avec toi à
jamais ! »
LA MÉLODIE
C'est
un chant délicat, très intime, fait de nuances où passe une tendresse délicate.
Il
commence sur quelques notes pénétrées d'une joie toute simple, mais qui
s'élève, baignée d'amour ardent sur tua et sur custodiri nimis.
Après
quoi, c'est le souhait, plus que cela, le désir de l'absolue fidélité. Il y a
moins d'assurance dans la mélodie : c'est une humble prière. L'âme sait ce
qu'elle désire, mais elle sait aussi sa faiblesse et que la possibilité de ne
pas suivre la voie où la mène le Christ demeure en elle ; d'où cette
réserve qui retient l'expression de son ardeur.
Le
chant monte doucement, discret, retenu, vers viæ méæ, puis se fixe sur le la et
brode autour par le si b et le sol. C'est comme un bercement dans lequel l'âme
redit son désir au Seigneur et insiste pour qu'il l'aide à le réaliser. A la
fin, un très bel accent de ferveur monte sur justificatiónes enveloppant
d'amour ardent les volontés de l'Epoux et du Maître adoré.
Il
faut faire l'intonation simple, légère, joyeuse. On allongera la première note
du podatus de da. Un crescendo très fervent ira du torculus de mandata à la
tristropha de tua qui sera liée à la note qui précède, une virga épisématique.
Custodiri suivra de très près et, ira lui aussi, en progression sur nimis qui
sera très expressif. La double note de re est une bivirga épisématique.
La
deuxième phrase sera plus retenue, plus douce aussi. Un crescendo sera mené
discrètement jusqu'à méæ et on veillera à bien rythmer toute la fin en un
legato très soigné qui s'épanouira sur justificatiónes. La virga du sommet,
comme celle du sommet de tuas, sera légèrement allongée.
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