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11 octobre : La Maternité de la Bienheureuse Vierge Marie Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Commentaires des pièces de cette messe par Dom Baron.

    Le plus beau des privilèges de Notre-Dame. Celui auquel elle a été prédestinée et qui fonde tous les autres. C'est en effet parce qu'elle devait être mère du Christ qu'elle a été Immaculée dans sa conception et c'est parce qu'elle l'a été, qu'elle est montée au ciel corps et âme et qu'elle y est, avec son Fils, médiatrice de toutes les grâces.

    Ce fut le premier dogme marial. Il fut défini et proclamé à Ephèse en 431. Pour en fêter le quinze-centième anniversaire, Pie XI, dans l'Encyclique Lux et Véritas, décréta le 25 Décembre 1931 que la fête de la Maternité de la Bienheureuse Vierge Marie était étendue à toute l'Eglise et fixée au 11 Octobre.

    La fête qui existait déjà en certains lieux  avait sa messe propre. De cette messe, on a gardé le Graduel, l'Offertoire et la Communion. Un Introït et un Allelúia nouveaux ont été composés.




INTROÏT

LE TEXTE


Voici qu'une Vierge concevra et enfantera un fils.

Et il sera appelé de son nom Emmanuel.


Ps. -     Chantez au Seigneur un cantique nouveau,

            Car des merveilles il a faites.


Isaïe VII, 14, Ps. XCVII, 1.

 

    Cette parole fut dite, comme une prophétie, par Isaïe à Achaz. « Le Seigneur vous donnera lui-même un signe : Voici qu'une Vierge enfantera... » Le signe promis arriva le jour de l'Annonciation. C'est le mot même du prophète en effet que l'Archange dit à Notre-Dame : «Voici que vous concevrez et enfanterez un fils et vous lui donnerez le nom de Jésus. »

    Ce n'est pas le prophète qui chante ici dans le drame liturgique, mais l'Eglise qui, à travers ces paroles inspirées si riches de joie, exprime son bonheur ; le bonheur de l'Emmanuel, du Dieu avec nous, et le bonheur de sa mère, devenue la nôtre.

LA MÉLODIE


    Ce ne sont que les formules communes du IIIe mode mais habilement choisies et jointes en une seule phrase vraiment d'une très belle venue.

    Une joie simple et enthousiaste se dégage de la première incise. Elle se nuance de vénération tendre sur Fílium qui descend enveloppée de mystère vers la cadence du Ier mode. Un crescendo, lentement mené sur toute la seconde incise en ranime peu à peu l'éclat et elle s'épanouit sur Emmánuel en un admirable motif qui chante avec une grâce exquise le nom béni.

    Le Psaume jaillit alors comme un appel enthousiaste.


    Le mouvement doit être assez rapide. Soulevez bien les accents de concípiet et de páriet. Faites expressive la double note de Fílium. L'élan qu'elle reçoit, en se détendant, doit faire le legato de toute la thésis qui sera quelque peu retenue. Le crescendo de la seconde incise doit être discret, il va de soi. Complaisez-vous dans le balancement de nómen éjus Emmánuel.

 


GRADUEL

LE TEXTE

    Il sortira un rejeton de la tige de Jessé.

    Et une fleur, de sa racine, montera.


Le Verset. - Et il reposera sur lui, l'Esprit du Seigneur.


Isaïe XI 1. 2.


    Cette prophétie d'Isaïe ne se réfère pas directement à Notre-Dame mais à Notre Seigneur. C'est lui, le rejeton et la fleur sur qui plane le Saint-Esprit avec ses dons. Mais la fleur fleurit sur la tige et, à juste titre, on a toujours vu, dans la tige, Notre-Dame ; le sommet de l'arbre de Jessé, c'est le Christ dans les bras de sa mère. Tout le mystère de la maternité divine est dans cette  image splendide.

    L'Eglise, toute recueillie sur les paroles qu'elle vient d'entendre Notre-Dame chanter à l'Epître : « Moi-même, comme une vigne j'ai produit des fruits aux doux parfums et mes fleurs ont donné des fruits de gloire et de richesse... Je suis la mère du bel Amour... » en scrute la profondeur : Marie, c'est la vigne ; le Christ, son Fils, c'est la grappe, la grappe pressée au pressoir, d'où sort le vin, son sang ; et nous sommes ceux qui boivent et ont encore soif. Et toute émerveillée, elle chante, sur l'image splendide du prophète qui lui est offerte, et la tige, et la fleur, et le fruit ; et elle les baigne de son admiration, de sa vénération, de son amour.

 

LA MÉLODIE


    On a reconnu le Graduel du XIXe Dimanche après la Pentecôte.

    Cette splendide mélodie ne dépare pas la beauté de l'image prophétique. De la grâce aimable de l'intonation, elle s'élève, paisible, recueillie. En progression continue vers Jésse qu'elle enveloppe de joie délicate, elle va s'épanouir sur le mot même qui chante la fleur, légère, souple, gracieuse, puis elle s'incurve en une longue thésis où il n'y a plus que recueillement profond et tendre.


    Le Verset. - La mélodie monte très paisible sur Et requiéscet. C'est pour planer. Son balancement gracieux sur les notes allongées et répercutées qui montent, descendent, ondulent, comme effleurées par un souffle léger, va bien à cette image de l'Esprit reposant sur le Fils de Marie, au sommet de cet arbre qui porte en ses branches toute la race. Admirable contemplation. L'âme ne pense plus... Elle s'oublie à chanter son émerveillement, son amour. La dernière phrase prend dans le grave quelque chose de discret, de mystérieux, qui ramène au silence de Dieu en lequel vit l'Esprit.


    Il faut chanter dans un mouvement paisible mais vivant. L'intonation aura sa cadence légèrement retenue. Le crescendo sur Jésse sera discret, avec une reprise d'intensité sur la virga pointée de la fin. Elargissez les intervalles de et flos, mais avec grâce ; la première note du podatus pourra être allongée. La thésis, très recueillie. Le verset, léger, pas vite. Complaisez-vous sur requiéscet et sur toute la phrase, en veillant à la faire très liée. Balancez bien les rythmes qui précèdent le dernier quart de barre de Dómini.

 

ALLELÚIA

LE TEXTE


    Vierge, mère de Dieu,

    Celui que l'univers ne peut contenir

    S'est enfermé dans ton sein, s'étant fait homme.


    De sa contemplation, l'Eglise laisse jaillir ces quelques mots comme une exclamation qui fait monter à nouveau vers Notre-Dame l'hommage de son amour émerveillé.

 

LA MÉLODIE


    Elle se rapproche de celle de l'Allelúia Ego vos élégi, de la fête de Saint Jacques. L'intonation est la même ; très belle et très adaptée à Vírgo qu'elle enveloppe d'une tendresse profonde. Jaillit alors la louange sur le mot même de la maternité : un motif léger et discret, entendu deux fois et qui s'achève sur une cadence, familière au Ier mode, mais extrêmement gracieuse. Après quoi, la contemplation paisible et profonde revient, très fortement inspirée, comme tout l'Allelúia d'ailleurs, par le verset du Graduel Benedícta et venerábilis de la Visitation. La seconde phrase s'établit tout de suite sur la dominante. Cette modulation à la quinte donne un caractère nouveau à la mélodie. C'est comme une explosion de joie : l'exaltation de l'Eglise devant le mystère du salut qui commence en Notre-Dame.

    La détente se fait tranquille et gracieuse sur víscera, et Fáctus hómo prend la vocalise du Jubilus ; celle-ci est empruntée, comme l'Allelúia d'ailleurs, à l'Allelúia Surréxit Dóminus du mardi de Pâques. Elle se déroule souple et élégante dans une discrétion baignée de tendresse.


    Faites les deux pressus de vírgo discrets mais expressifs tout de même. Reliez très étroitement le podatus de Déi au punctum de vírgo. Elargissez la montée de Génitrix et faites très gracieuse la cadence devant la demi-barre, sans la trop retenir toutefois. Montez en léger crescendo sur tótus. In túa se claúsit víscera doit être chanté dans un seul mouvement. Il sera légèrement plus vif, très régulier, très lié, les grands intervalles élargis. Retenez bien la cadence finale du Jubilus.

 

OFFERTOIRE

LE TEXTE


    Alors qu'elle était fiancée, sa mère, Marie, à Joseph, il se trouva qu'elle avait conçu du Saint-Esprit.


Math. I. 18, 21.

 

    C'est parce qu'il est une assertion formelle de la maternité divine de Notre-Dame, que ce passage de Saint Mathieu a été choisi. L'Eglise le chante comme tel, mais l'enveloppe en même temps de sa joie et de son amour.

 

LA MÉLODIE


    Elle est largement calquée sur la deuxième et la troisième phrase de l'Offertoire Benedíctus

de la Quinquagésime.

    La première incise, nettement en VIIIe mode, est assez simple. Le mouvement met en relief desponsáta mais on sent qu'il va vers María Jóseph, les deux noms bénis. Sur eux la joie s'exalte, ardente, ample, sonore. La seconde phrase continue à chanter le mystère, emportée vers in útero hábens. Le mouvement est large, les motifs très ornés ; celui de hábens sonne vraiment très bien au sommet. De Spíritu sáncto plane, puis descend sur la belle cadence qui chante dans le Graduel Diffúsa est le charme de l'époux (Annonciation). L'Eglise toute en contemplation berce son bonheur sur ces rythmes admirables.


    Arrondissez le torculus de desponsáta et qu'on sente, dans l'élan de ce mouvement, l'ardeur de la joie. Planez sur la tristropha de María et faites la répercussion en ondulation légère. Pas de véhémence dans le crescendo de Jóseph ; la voix, appuyée sur la double note, enveloppera le torculus. Toute cette phrase doit être chantée d'un seul mouvement. Dans la seconde phrase un crescendo ininterrompu ira sur hábens qui sera quelque peu retenu. Les rythmes de la cadence seront souples et de plus en plus élargis.

 

COMMUNION


Beáta víscera de la Visitation.

 

 
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