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24 août: Saint Barthélemy, Apôtre PDF Print E-mail

Commentaires des  pièces de cette messe par Dom Baron.


 Saint Barthélemy est le Nathanaël à qui Philippe avait dit : « Nous avons trouvé celui de qui Moïse a écrit dans la loi et qu'ont annoncé les Prophètes, c'est Jésus, le fils de Joseph, de Nazareth. » - « De Nazareth, peut-il venir quelque chose de bon ? » telle fut sa réponse. Notre Seigneur loua sa simplicité et sa franchise. « Bon Israëlite, en qui il n'y a pas de ruse... » Il le fit entrer, plus tard, dans le collège apostolique. Après la Pentecôte, il prêcha la foi en Arabie où il fut martyrisé; écorché vif d'après certaines traditions. Ses reliques furent transportées à Rome et sa fête instaurée et fixée au 24 Août pour en commémorer la translation. Mais c'est comme Apôtre, sans plus, qu'il est fêté aujourd'hui.

 

 

INTROÏT

Míhi autem de Saint Jacques

 

GRADUEL

Constitues éos des Saints Pierre et Paul.

 

ALLELÚIA

LE TEXTE

Toi, le glorieux chœur des Apôtres te loue.


    Ce verset du Te Déum est comme le cri exalté de l'Eglise évoquant, au milieu de l'universelle louange, le chœur des Apôtres qui acclament Dieu, Père Eternel.


LA MÉLODIE    

    L'original fut écrit pour un autre verset du Te Déum : Te Mártyrum candidátus laudatexércitus qu'on trouve à la messe Sálus autem au commun de plusieurs martyrs. L'Allelúja de l'Assomption y fut calqué. L'adaptation excellente, s'applique ici d'une façon parfaite.

 

OFFERTOIRE

LE TEXTE

Pour moi, vraiment, plus qu'on ne saurait le comprendre, ils sont honorés, tes amis, ô Dieu !

Plus fortement qu'on ne saurait le concevoir, leur empire est établi.

Ps. CXXXVIII. 17.


    C'est celui de l‘Introït.

    Cet hymne à la Providence sonne vraiment bien à la fin d'une vie toute donnée à Dieu et qui s'est achevée dans le martyre. C'est le saint qui le chante en louange de gratitude, dans l'éternité où il voit dans les détails tout ce que Dieu a fait pour lui. Nous le chantons avec lui en évoquant la béatitude dont il jouit, mais c'est aussi notre propre béatitude qu'à l'avance nous chantons, car la même Providence est sur nous et les mêmes promesses d'éternel bonheur.


LA MÉLODIE

    Ce chant de gratitude pourrait être glorieux, éclatant, en fait c'est une mélodie très paisible. Elle a de l'ampleur, elle est très ornée, un souffle de vie y passe qui lie tout, unifie tout, mais c'est un souffle contenu, qui n'agite pas, qui entretient l'ardeur plus qu'il ne l'excite; le souffle de l'âme fixée en repos sur son objet et qui se contente d'en jouir dans l'activité profonde de l'amour satisfait.    

    Les phrases vont de la tonique à la dominante en de larges ondes sonores qui s'étalent un instant à leur sommet et reviennent doucement à leur point de départ.

    La première monte assez rapidement vers nímis. C'est le mot qui domine : Cet « excès » d'amour divin qui dépasse tout dès qu'on le contemple dans la lumière de Dieu, est chantée par un motif qui prend toute la première incise. C'est un bel accent de gratitude qui s'élève lentement, plane deux fois sur la dominante et s'éteint comme impuissant, mais dans une nuance si délicate de tendresse sur le mi ! Le mouvement se ranime sur honoráti. Il a plus d'élan, les groupes sont moins conjoints, un certain éclat brille dans la montée au ré; le mot le demande d'ailleurs, mais, à cette incise ardente, répond une longue thésis dans laquelle, à travers les modulations, qui se succèdent vers le Ier mode, l'âme chante à nouveau, dans la douce paix, l'amitié dont elle jouit et la reconnaissance qu'elle ne sait comment exprimer. Déus

qui se prolonge très doux sur la tristropha, pour finir, est une admirable parole d'âme.

    Troisième phrase. Reprise de l'idée Nímis encore. Cette fois c'est la contemplation pure. Longues tenues répercutées sur le fa qui sont comme une évocation de ce qu'est cet excès d'honneur royal fondé en la lointaine éternité. Puis l'onde sonore monte par degrés à la dominante, y plane à deux reprises, s'infléchit vers la tonique de Ier mode, remonte sur eórum

en une longue et lente arsis et finit en une cadence admirable de mesure et d'expression  profonde et délicate.


    Le mouvement sera plutôt ample mais léger. On évitera l'éclat, mais, dans la douceur des voix bien fondues, les crescendos seront menés comme ils doivent l'être à la mesure des arsis.

    Le premier sur nímis sera discret, bien appuyé sur le salicus. La double note de autem est une bivirga épisématique; bien posée, elle fait un point de départ solide à la progression qui va sans se presser, vers la tristropha. Donnez de l'ampleur à la première note de nímis, et liez bien les grands intervalles. Veillez à ne pas trop retenir la cadence de façon à garder l'unité de la phrase, en reliant la seconde incise à la première. Menez le crescendo de honoráti avec mesure et gardez le mouvement vivant, mais très égal, jusqu'à la fin de la phrase. Le pressus de túi, très expressif, Déus bien rythmé, la tristropha en dégradé sur le torculus.

    Le début de la seconde phrase, doux, avec un très discret crescendo sur la deuxième tristropha où s'amorcera le mouvement arsis de confortátus est. Pas d'éclat dans les tenues du sommet. La double note de principátus est une bivirga épisématique. Etalez la cadence mais en donnant au rythme une très grande souplesse.

 

COMMUNION

LE TEXTE

Vous, qui m'avez suivi, vous siégerez sur des trônes,

Jugeant les douze tribus d'Israël, dit le Seigneur.

Math. XIX. 20.

    

    Réponse de Notre Seigneur à Saint Pierre anxieux de savoir ce que serait le prix du don total qu'il avait fait de ses biens et de sa personne. Cet honneur de siéger en juge, qui dut le satisfaire, sans qu'il le comprit bien sans doute, et qui allait d'ailleurs à tous les Apôtres, l'Eglise le chante ici comme un hommage à leur générosité.


LA MÉLODIE

    Antienne toute simple. Une belle affirmation, osée sur la double note de vos, monte enveloppant tout d'une joie qui va s'amplifiant et s'intensifiant sur súper sédes et qui demeure légère et douce jusqu'à la fin.

    Balancez bien la cadence de estis me; le podatus aussi pourrait avoir un épisème horizontal. Dans sedébitis súper sédes, tis et su sont des virgas épisématiques, la première note du podatus de per sera bien posée, un peu retenue mais douce.

    Le podatus et la clivis de tríbus et le podatus d'Israël ont aussi leur première note allongée.


 

 
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