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Dimanche des Rameaux Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Résumé du commentaire de cette messe par Dom Schuster, dans son oeuvre L'année liturgique.


 

BÉNÉDICTION DES RAMEAUX ET PROCESSION


Il était de règle, au Moyen Age, que les grandes cérémonies de la semaine pascale, comme les anciens appelaient ce solennel septénaire que nous allons commencer, s'accomplissaient auprès de la résidence pontificale, dans le palais des Laterani. Quand le Pape était arrivé sous le portique, il s'asseyait au trône, et tandis que les portes de l'église demeuraient encore fermées, le primicier des chantres et le prieur de la basilique, à la tête de leur personnel de service, entonnaient l'hymne Gloria, laus, etc. prescrite encore aujourd'hui dans le missel.

La lecture de saint Matthieu faite en ce jour, racontant l'entrée solennelle de Jésus dans la Cité sainte (XXI, 1-9) était déjà désignée par la liturgie de Jérusalem dès la seconde moitié du IVe siècle. Durant la distribution des palmes ou de rameaux d'olivier bénits, le chœur des chantres exécute les antiennes suivantes tirées de l'évangile récité auparavant :

« Les enfants hébreux allèrent au-devant du Seigneur avec des branches d'olivier, et ils disaient :" Salut, jusqu'aux étoiles ! »

Aujourd'hui les enfants font les honneurs de la fête, parce que Dieu se complaît dans les âmes simples et innocentes, et c'est à elles qu'il révèle ses secrets.

« Les enfants hébreux étendaient leurs vêtements le long de la route, et criaient : « Salut au Fils de David ; béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur. »

La procession se déroule alors ; et bien qu'aujourd'hui elle ait une signification spéciale et veuille rappeler l'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, elle est néanmoins un vestige de l'antique procession stationnale et dominicale, qui au Moyen Age, dans les abbayes bénédictines en particulier, précédait régulièrement la messe. Durant le parcours, le chœur des chantres exécute les antiennes suivantes :

Antienne : « Le peuple ayant su que Jésus allait arriver à Jérusalem, et ayant pris des rameaux de palmiers, sortit à sa rencontre. Les enfants proclamaient : « Voici Celui qui vient pour sauver le peuple. Celui-ci est notre salut et la rédemption d'Israël. Combien grande est sa majesté : au-devant de Lui sortent les Trônes et les Dominations ! Ne crains pas, ô fille de Sion; voici que ton roi vient à toi, assis sur le petit d'une ânesse, comme cela fut dit dans l'Ecriture : Salut, ô roi, créateur du monde, qui êtes venu pour nous racheter ».

Antienne : « Montrons-nous fidèles au triomphateur de la mort, avec les anges et les enfants, et acclamons-le : Salut jusqu'aux étoiles ! »

Antienne : « La foule vient au-devant du Rédempteur avec des fleurs et des palmes, et rend l'hommage convenable au vainqueur et au triomphateur ; le peuple l'acclame Fils de Dieu ; les cris à la louange du Christ montent au ciel. Salut, jusqu'aux étoiles ! »

Antienne : « Six jours avant la solennité pascale, quand le Seigneur arriva à la cité de Jérusalem, les enfants vinrent au-devant de lui, portant en main des branches de palmiers, et ils criaient jusqu'aux étoiles : « Salut ! Béni soyez-vous, qui venez ici dans votre infinie miséricorde : Salut jusqu'aux étoiles ! »

Après cela vient l'hymne Gloria, laus, etc., avec la cérémonie par laquelle le porte-croix frappe aux portes du temple pour les faire ouvrir au cortège.

 

 

MESSE

Après la procession commence la messe ; celle-ci a toutefois un caractère tout différent de celui de la bénédiction des palmes, et elle est en relation plus intime avec la liturgie des jours précédents. L'introït est tiré de ce psaume XXI que Jésus-Christ entonna sur la Croix, et qui dépeint si admirablement ses souffrances : « Seigneur, n'éloignez pas de moi votre secours ; soyez attentif à ma défense. Sauvez-moi des dents du lion et délivrez ma faiblesse de la corne des licornes ».

Le répons-graduel1 est emprunté au psaume 72 et prélude déjà au triomphe de dimanche prochain : « Il s'en est fallu de peu que je chancelle, puisque j'étais ému à la vue des méchants, indigné de la torpeur mortelle où gisaient, abattus, les pécheurs. Toi, pourtant, ô mon Père, tu m'as pris par la main, tu m'as conduit selon ton vouloir, et tu m'as accueilli en triomphe. »

Le trait, ou psaume in directum, est le 21e, dans lequel sont d'abord décrits l'agonie déchirante du Christ et ses sentiments d'humilité, de désolation intérieure et de confiant abandon en Dieu ; puis on y exalte le triomphe de la rédemption messianique, et l'on annonce la nouvelle génération, c'est-à-dire l'Eglise, à laquelle sera adressé le message évangélique.

La lecture de l'évangile selon saint Matthieu contient tout le récit de la passion du Seigneur (XXVI-XXVII), depuis la dernière Cène avec les apôtres jusqu'à l'apposition des sceaux à son sépulcre. Le choix de cette lecture évangélique est fort ancien pour Rome, puisqu'il nous est attesté par les Ordines du IXe siècle.

L'antienne pour l'offertoire est prise au psaume 68, qui prélude aussi à la passion du Sauveur: « Venant au milieu des hommes, mon cœur n'a attendu d'eux qu'ignominies et ingratitude. J'ai guetté quelqu'un qui prît part à ma peine, mais en vain. Je cherchai un consolateur, mais n'en trouvai aucun. Ils me donnèrent du fiel pour nourriture, et, dans l'ardeur de ma soif, ils m'abreuvèrent de vinaigre. »

L'antienne pour la communion a été prise dans saint Matthieu (XXVI, 42) : « Père, s'il ne peut se faire que je ne boive pas ce calice, que votre volonté s'accomplisse. »

 

 
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