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Mercredi des Cendres Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Résumé du commentaire de cette messe par Dom Schuster, dans son oeuvre L'année liturgique.

Depuis le temps de saint Grégoire, ce jour inaugure à Rome la sainte quarantaine, et il est aussi appelé in capite ieiunii (début du jeûne).

Pour le rite de l'imposition des cendres, le missel actuel conserve encore une dernière trace de la cérémonie de l'imposition de la pénitence canonique aux pénitents publics. Ce fut vers le IXe siècle que, dans la cérémonie de ce jour, la discipline de la pénitence publique ayant cessé, aux pénitents d'autrefois se substituèrent indistinctement le Pape, les membres du clergé et le peuple romain, qui commencèrent dès lors à marcher pieds nus, et la tête couverte de cendres, jusqu'à la basilique de Sainte-Sabine.

Le psaume d'introït est le 68e, avec l'antienne : « Ecoutez-nous, Seigneur, car votre miséricorde est bienveillante ; regardez-nous selon la grandeur de votre bonté ».

Selon une tradition médiévale, les cendres proviennent des rameaux d'olivier bénits l'année précédente. Le prêtre, après avoir récité sur elles quatre prières, les asperge d'eau bénite et les encense ; puis il les impose sur la tête des fidèles en disant : « Souviens-toi, ô homme, que tu es poussière et que tu retourneras en poussière ». Durant l'imposition des cendres, la « schola » des chantres exécute les antiennes et les répons suivants, tirés de l'office nocturne du Carême :

a) « Changeons de vêtement et revêtons le cilice couvert de cendres ; jeûnons et gémissons devant le Seigneur, car notre Dieu nous pardonne très facilement nos péchés ».

b) « Entre le vestibule et le sanctuaire gémiront les prêtres, serviteurs du Seigneur, et ils diront : « Epargnez, Seigneur, épargnez votre peuple, et ne rendez pas muettes les lèvres de ceux qui chantent vos louanges ».

c) « Corrigeons-nous des fautes commises par ignorance, de peur qu'une mort inattendue survenant, nous ne cherchions un délai pour faire pénitence et que nous ne puissions l'obtenir ».

« R/. Regardez-nous avec compassion, Seigneur, parce que nous avons péché contre vous. V/. O Dieu, notre salut, aidez-nous et, pour la gloire de votre nom, délivrez-nous. Regardez-nous.  Gloire au Père. Regardez-nous ».


L'introït de la messe est tiré du chapitre XI de la Sagesse (versets 24-27), où il est attesté qu'aucun pécheur, quelque impie qu'il soit, n'est jamais exclu de la miséricorde divine, qui regarde non le péché, œuvre de l'homme, mais la créature, œuvre et chef-d'œuvre de Dieu : « Vous, Seigneur, vous avez pitié de tous, et vous n'avez de haine contre rien de ce que vous avez créé ; en raison de la pénitence, vous dissimulez la vue des péchés des hommes, et vous les épargnez, parce que vous, Seigneur, vous êtes notre Dieu ».


Le répons-graduel est tiré du paume 56 : « Ayez pitié de moi, Seigneur, ayez pitié de moi, car mon âme met en vous toute son espérance. Dieu envoya son secours du ciel et me délivra, remplissant de confusion mes persécuteurs ».


En règle générale, les messes quotidiennes n'avaient pas de trait ; celui qui est aujourd'hui assigné par le missel, et qui sera répété en Carême trois fois par semaine, est de structure plus récente et irrégulière, puisqu'il consiste en fragments d'hémistiches de différents psaumes. Il semble avoir été introduit dans la liturgie par le pape Hadrien Ier, qui ordonna de le réciter à la demande de Charlemagne.


L'offertoire est tiré du psaume 29 : « Je vous célèbre, ô mon Dieu, qui m'avez délivré du péril, et qui n'avez pas voulu que mes ennemis fussent transportés de joie par ma ruine ; je vous ai invoqué, et vous m'avez sauvé ».


Le verset pour le psaume de la communion appartient au gracieux chant qui sert comme de préface à tout le psautier : « Celui qui, jour et nuit, médite la loi du Seigneur, portera du fruit en son temps » (Ps. I, 3).

 

 
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