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Fête du Très Saint Corps du Christ Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Résumé du commentaire de cette messe par Dom Schuster, dans son oeuvre L'année liturgique.

Dans l'antiquité, on célébrait trois messes le jeudi saint, l'une pour la réconciliation des pénitents, une autre pour la consécration des saintes Huiles, et la troisième in Cœna Domini pour solenniser l'institution de la très sainte Eucharistie. Par la suite pourtant, une si grande splendeur de culte diminua avec le refroidissement de la ferveur des fidèles ; de là vint la nécessité d'une fête spéciale de la Sainte Eucharistie, surtout à cause des hérésies qui avaient surgi contre la vérité du mystère ; cette fête fut instituée par Urbain IV en 1264 et étendue par Clément V à toute l'Eglise.

L'office du Très Saint Sacrement est un chef-d'œuvre de doctrine théologique, d'amour, de goût littéraire ; il a pour auteur Saint Thomas d'Aquin, qui toutefois, par humble attachement à la tradition liturgique, voulut employer en partie des antiennes, lectures et répons déjà en usage dans quelques Eglises particulières. La procession qui suit la messe devint généralement obligatoire au XVe siècle.

L'antienne pour l'introït a été empruntée au lundi de Pentecôte. La fleur du froment dont parle ici le psalmiste, est le Corps très saint de Jésus.

Le verset du graduel est le même qu'au troisième jeudi du Carême.

Le verset alléluiatique est tiré du texte évangélique : « Ma chair est vraiment une nourriture, mon sang est vraiment un breuvage ». Ces deux si nettes affirmations de Jésus contiennent une condamnation anticipée des diverses hérésies qui vinrent nier la présence réelle du Christ dans son Sacrement, réduisant tout à un simple symbole : « Qui mange ma chair et boit mon sang, dit le Christ, demeurera en moi, et moi en lui ».

Suit la splendide séquence de saint Thomas d'Aquin, où est résumée toute la doctrine catholique sur la divine Eucharistie. Il était difficile de donner une forme poétique convenable à un thème exigeant la plus exacte et la plus limpide expression théologique. Mais saint Thomas y a réussi.

Le verset de l'antienne de l'offertoire est tiré du Lévitique (XXI, 6) et exprime l'éminente sainteté requise du prêtre pour qu'il s'approche dignement de l'autel et y offre, au milieu des fumées de l'encens, les pains de proposition.

L'antienne pour la communion - contrairement aux traditions classiques de la liturgie qui veulent que ce morceau musical emprunte son texte au Psautier ou à l'Evangile - est tirée de l'Epître aux Corinthiens. Il y est rappelé que l'offrande du Sacrifice eucharistique célèbre la commémoraison de la mort du Seigneur.

 
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