
| 6 août : la Transfiguration |
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Cet incident de la vie de Notre-Seigneur est commemoré le samedi des Quatre-temps de Carême et fait l'objet, le lendemain, IIe Dimanche de l'Evangile et des antiennes du Benedictus et du Magnificat. Depuis longtemps, en Orient comme en Occident, on le fêtait aussi le 6 août, lorsqu'en 1457, Callixte III, pour rendre grâce au Seigneur d'avoir arrêté les Turcs près de Belgrade, institua la fête actuelle, l'étendit à toute l'Eglise et la fixa à cette même date. En fait, la Transfiguration n'est pas un miracle. Notre Seigneur, en vertu de la vision béatifique dont il jouissait aurait dû normalement être toujours transfiguré. Cest bien plutôt par un miracle continu qu'il éteignait l'éclat de sa gloire. Ce jour-là, pour se montrer à ses apôtres choisis, tel qu'il était vraiment, il la laissa paraître un instant. Avec lui, enveloppés dans le rayonnement de sa divinité, Moïse et Elie parlaient de sa mort... de sa mort qui vaudrait à tous les rachetés de voir un jour le Christ dans une gloire plus éclatante encore, d'y être avec lui enveloppés et de trouver dans cet enveloppement la tente définitive sur la montagne, au-dessus de tout.
INTROIT LE TEXTE Ils ont brillé, tes éclairs, sur toute la terre. Elle frémit et trembla la terre. Ps. - Qu'ils sont aimés tes tabernacles, Dieu des armées ! Elle soupire et défaille, mon âme, dans tes parvis. Ps. LXXVI, 19. - LXXXIII, 1. Le Psaume LXXVI est d'abord une lamentation sur les malheurs de Jérusalem. Le Psalmiste, dans la nuit de l'exil, cherche le Seigneur ... sera-t-il délaissé toujours ainsi ? Soudain, il a comme un soubresaut. Le Seigneur vient d'agir en lui. Assez de gémissement, "Le Seigneur m'a changé". Et voilà que son regard, fixé sur les interventions miséricordieuses de Dieu dans le passé, ranime dans son cœur l'espoir du salut et le courage d'attendre « Les éclairs de ta puissance ont jadis illuminé le monde ... Tu as fait trembler la terre. Vraiment tu as mené Israël comme un troupeau par Moïse et Aaron ... » L'application de ce verset à la Transfiguration se fait aisément. Sans qu'il y ait eu le tonnerre du Sinaï auquel il est fait allusion, c'est tout de même un éclair de gloire qui a brillé en ce moment. Son souvenir aurait dû être assez puissant pour réconforter les apôtres aux heures douloureuses qui allaient venir dans la nuit de la Passion. Il l'a été plus tard. Il l'est pour nous, car nous savons que dans cette gloire qui enveloppe la Béatitude du Christ nous aussi nous serons enveloppés. Aussi vient-elle sur nos lèvres, comme le cri de St-Pierre extasié, l'aspiration ardente du Psaume LXXXIII: « Qu'elles sont aimées tes tentes, Seigneur, mon âme soupire après tes parvis .. , » LA MÉLODIE Magnifique élan qui chante l'espoir de l'Eglise illuminée de la gloire du Christ. La première phrase est empruntée à l'Introït Confessio et pulchritudo de Saint Laurent. D'un bond la mélodie monte à la dominante, donnant à illuxerunt, ce mot lumineux et sonore, une ardeur qui passe aussitôt à travers les neumes et les mots, les lie, les entraîne de plus en plus éclatants vers le sommet, vers cette répercussion de tuae qui lance la mélodie dans le temps et l'espace comme un chant de triomphe déjà. La détente se fait sur orbis ferrae. Quelques notes seulement: et l'enthousiasme reprend dans la seconde phrase. Plus de grandeur, une certaine gravité, une nuance d'autorité forte s'y mêlent, notamment dans la dernière incise. Le Psaume a le même élan, avec une jolie nuance de désir ardent sur la cadence de in atria Domini.
GRADUEL Speciosus forma - 1. 124. Devant la splendeur infinie du Fils bien-aimé, que la voix du Père salue avec amour, l'Eglise laisse jaillir de son cœur le cantique nuptial qu'elle chantait déjà sur le berceau obscur de son Epoux: Tu es riche en beauté, Plus que tous les enfants des hommes.
LE TEXTE Il est l'éclat de la lumière éternelle, Le miroir sans tache et l'image de sa bonté. Sagesse, VII. 26.
C'est de la Sagesse de Dieu que ces paroles sont dites. Elles s'appliquent à plein au Christ « Splendeur de sa gloire et figure de sa substance» comme dit Saint Paul, en des termes presque semblables. Et l'Eglise les chante comme une louange à sa gloire qui, pour quelques instant, a percé le voile dont il a voulu la couvrir. LA MÉLODIE On a choisi celle de l'Alleluia Caro mea de la fête du Saint-Sacrement. Le choix n'est pas mauvais. L'ardeur du mouvement mélodique convient même peut-être mieux ici, à l'élan d'admiration qui soulève l'âme devant la splendeur du Christ transfiguré, surtout si l'on prend soin de suivre la progression qui, du début va, par delà les barres, jusqu'au sommet de macula.
LE TEXTE Gloire et magnificence se trouvent dans sa maison, et sa justice demeure dans les siècles des siècles; Alleluia. Ps. CXI, 3 Nous avons entendu, à l'Evangile, le récit du glorieux incident. L'Eglise le commente par ce verset du Psaume CXIe qui chante le bonheur du Juste, sa gloire, sa richesse et sa sainteté inaltérable. Le Christ est le juste par excellence; sa maison, le lieu où il est tout à fait chez lui, c'est la gloire du Père. Il l'a tenue cachée. Il l'a révélée quelque peu aujourd'hui. Avec lui nous y entrerons un jour, et nous aurons notre tente à jamais dressée. LA MÉLODIE Elle est très simple. La première phrase tient en quelques notes se mouvant autour de la tonique; sorte de chant intérieur que l'âme, toute recueillie sur la vision qui demeure en elle, murmure. Seul in domo est mis en relief par le désir discret d'être avec le Seigneur dans sa maison, à jamais, ! Il y a plus de mouvement dans la seconde phrase. Justitia est très en évidence. L'âme s'exalte à ce mot qui dit non seulement l'ineffable beauté du Christ, mais la rectitude qu'il a mise en toute chose par son œuvre de réparation. Une longue vocalise toute de paix et de joie, empruntée à l'Offertoire ln virtute de la messe Justus ut palma, chante le ciel dont un rayon a frôlé la terre, et où vont la pensée et le désir de notre âme.
LE TEXTE La vision que vous avez vue, ne la dites à personne, jusqu'à ce que d'entre les morts il ressuscite, le Fils de l'homme. Math. XVII, 9, La scène merveilleuse de la Transfiguration s'achève sur ces mots de Notre-Seigneur à ses trois apôtres, comme ils descendent la montagne. Il n'y a plus que Lui, et Lui, sans sa gloire. Et il faut que cet instant de gloire demeure voilé, secret, jusqu'à la résurrection. Pour nous, la défense ne vaut plus car II est ressuscité et nous la chantons, et nous la gardons dans notre âme, cette vision nostalgique, entretenue par le sacrement qui fait chaque jour plus désirable la maison de Gloire entrevue. LA MÉLODIE Uue simple antienne du 1er mode, sans rien en dehors de la formule type, si ce n'est l'intonation qui s'arrête sur le mi avec un accccnt de défense délicatement marqué.
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