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La vie musicale était très riche à la cour de Maximilien. Elle disposait d’un effectif choral important constitué de deux chœurs de 70 chanteurs. Les musiciens qui s’y trouvaient étaient d’origines très diverses : Philippe de Monte, Galli, l’Anglais Charles Luytton, l’Allemand Leo Hassler, les Hollandais Buus et Regnart et de nombreux Flamands parmi lesquels Pieter Maessens et Jacobus Vaet.
Les 4 motets qui nous sont présentés ici sont très intéressants. C’est une solide musique verticale où de l’harmonie sortent des lignes en imitation, dans la plus pure tradition, mais où l’on sent poindre par moments l’influence de Lassus, comme dans le VIDENS DOMINUS avec son entrée des 5 voix, et la recherche de l’émotionnel, Jésus pleurant devant la foule et appelant Lazare sur des gammes ascendantes et descendantes, donnant une impression d’ouverture du tombeau.
Le Motet CONDITOR ALME SIDERUM, hymne que nous chantons aux Vêpres, est un travail sur la variation de texture où le plain-chant alterne avec le chœur successivement à 5, 4, ou 6 voix selon les versets.
O QUAM GLORIOSUM écrit pour 4 voix sera mis en musique par Victoria quelques décennies plus tard et l’on peut comparer ces esthétiques complètement différentes.Le motet CONTINUO LACRIMAS est écrit pour la mort de Clemens non Papa. Autour du cantus firmus va se tisser une riche polyphonie intégrant des éléments stylistiques de ce grand maître.
C’est une Messe-parodie comme il s’en écrivait beaucoup à cette époque utilisant la technique qui consiste à abandonner le cantus firmus et à donner à toutes les voix la même importance à travers une polyphonie où vont se retrouver des éléments rythmiques, mélodiques et harmoniques variés et développés. Nous en avons un exemple avec le motif initial de cette messe que nous retrouverons dans les autres mouvements. Les compositeurs de Messes-parodies vont chercher à adapter la musique aux paroles, les phrases s’enchaînant les unes aux autres en imitation, sans cadences, dans un maillage polyphonique serré, créant une belle sonorité, mais parfois au détriment du texte, ce qui fera réagir le concile de Trente, lequel réclamera la clarté d’un Palestrina. La messe de Galli a-t-elle tenu compte de cet avertissement ? Probablement car elle est d’une grande clarté, bien mise en valeur dans cet enregistrement. Nous y trouvons des éléments chers à Lassus: emploi du ternaire dans le Credo, dissonances dans le Gloria, opposition des voix s’échangeant un même thème, comme dans le Sanctus et l’Agnus Dei.
Son extraordinaire expressivité est nourrie par l’art du madrigal qui lui apprit l’enrichissement des coloris entre les voix, l’écriture chromatique, le travail sur la plastique sonore, rompant ainsi avec le style ancien modal et imitatif. Le court motet présenté ici semble composé de taches sonores et de fragments d’écho avec une complète spatialisation des voix.
L'auditeur intéressé trouvera sur ce site un disque consacré entièrement à di Lasso.

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