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Requiem de Heinichen
L’œuvre est divisée en 8 parties où alterneront chœur, orchestre et parties solistes. C’est une partition très paradoxale, caractéristique du style de Hasse, de cette musique galante que le compositeur pratiqua pendant 40 ans et qui va se trouver confrontée à un texte intense à l’opposé de toute afféterie. Saisi par la profondeur et la fulgurance de ce psaume 50, Hasse nous plonge dès le premier verset Miserere dans un climat dramatique reflétant toute la détresse du pécheur demandant pardon à son Créateur. Syncopes, chromatismes, chaque phrase va être soulignée musicalement de façon très expressive.
Miserere
Ecce enim
Libera me, duo
Composé à la mémoire de l’empereur Joseph 1er, père de l’archiduchesse Maria Josapha, ce Requiem fut exécuté « nel giorno del defunto imperatore » en 1726 comme le mentionne Heinichen sur la partition autographe datée du mois de mars 1726. L’œuvre sera reprise l’année suivante ainsi que le 26 avril 1729, peu de temps avant la mort du compositeur. Les messes de requiem écrites par Heinichen et Zelenka pour la Cour de Dresde étaient essentiellement des messes anniversaires pour tel ou tel membre de la famille princière. La chronique des Jésuites de Dresde mentionne, pour la seule année 1725, l’exécution de 95 messes et 15 messes de requiem. Des 3 requiem que Heinichen écrivit, un seul fut joué pour des funérailles, à l’occasion de la mort du premier enfant du couple princier en 1720.
Grande et sobre prière des derniers instants apaisés, sans la moindre angoisse, où l’homme manifeste joie et confiance de retourner au Père, ce Requiem est une magnifique partition, fort propice au recueillement. Ici nulle emphase, ni effets spectaculaires. Et pourtant que de richesses et d’inventivité ! Contrastes entre style ancien et moderne, emploi de différents types d’écriture, fugue, motet (Lacrimosa), parties homophones du chœur alternant avec des parties solistes particulièrement ciselées, travail sur la couleur orchestrale et la dynamique, Heinichen écrit une partition d’une grande homogénéité, un fondu-enchaîné très particulier où plain-chant et éléments de facture moderne vont s’agréger de façon complètement cohérente.