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Zelenka I Penitenti al Sepolcro del Redentore
JAN DISMAS ZELENKA (1679-1745)
I PENITENTI AL SEPULCRO DEL REDENTORE
Capella Regia Musicalis - Robert Hugo.
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Cette oeuvre est l'un des trois Oratorios que Zelenka composa. Le premier fut Il Serpente di bronzo de 1730 et met en scène Moïse et Dieu ; le second Gesù al Calverio de 1735, superbe fresque de la Passion, connut un grand succès ; et ces Pénitents datant de 1736.
Le genre oratorio n'était pas pratiqué à la cour de Dresde jusqu'à l'arrivée de Hasse qui insuffla l'influence napolitaine que ses maîtres lui avait appris. Zelenka se mit avec succès à ce genre qui, rappelons-le, émane des Jésuites, leur arme spirituelle favorite visant à rendre le culte plus accessible aux fidèles grâce à l'exemple quasi palpable d'une dévotion d'une grande piété au moyen d'histoires de l'Ancien et du Nouveau Testament.
Si l'œuvre précédente Gesù al Calvario connut une certaine célébrité, on ne sait pratiquement rien sur la première exécution de cette œuvre, aucune indication vocale ni instrumentale. Cette partition, sitôt jouée, ne l'a plus été pendant plus de 258 ans. Cet enregistrement nous restitue cette œuvre, fleuron de la musique baroque tchèque, retrouvée dans les archives de la bibliothèque de Dresde, dans son manuscrit original.
Pour justifier une telle mise à l'écart, il fait dire que le scénario de cette œuvre est assez déroutant et que l'Eglise a pu être déconcertée par la grande distanciation de ses protagonistes. Trois personnages se tiennent auprès du tombeau du Christ et pleurent leurs péchés en demandant pardon. Marie-Madeleine, la pécheresse qui suivra Jésus, Pierre qui renia son maître et le roi David, chantre des Psaumes, qui après avoir commis un péché grave avec Bethsabée, femme d'Urie, qui le conduisit au meurtre, pleure ses fautes grâce au prophète Nathan. Donc trois personnages qui n'ont pu se trouver au même endroit dans un même temps et qui tous vont chanter des bribes de leur histoire dans la plus complète contrition, devant le tombeau de Notre-Seigneur.
L'œuvre est écrite pour solistes (Marie-Madeleine, alto ; David, ténor ; Pierre, basse), chœur et orchestre. Sa structure en est très simple. Après une introduction orchestrale, les différents protagonistes alternent arias et récitatifs jusqu'au final où le roi David s'unit au chœur dans un suppliant Miserere mio Dio.
- Finale Davidde e coro -
Il eut été dommage qu'une telle partition restât perdue à jamais, car quelle musique magnifique, fougueuse, bouillonnante d'imagination comme le montre le premier aria de David qui dans un tempo haletant nous rappelle les souffrances de Notre-Seigneur, ou bien ce Lingua perfida de Pierre, air complexe qui n'est pas sans nous évoquer ce que fera Mozart dans ses opéras ; et ces douloureuses lamentations exaltées de Marie-Madeleine dans l'aria suivante sur un rythme brisé de cordes.
- Davidde Aria -
- Lingua perfida -
- Maddalena Aria -
Et quel curieux passage que ce récitatif de David où les cordes en pizzicato imitent la harpe du psalmiste, trait de génie de Zelenka qui nous montre là, une fois de plus, ses talents d'orchestrateur.
- Davidde Recitativo-
Toute cette partition est d'une très grande inspiration. Zelenka, tout en gardant sa spécificité (ruptures harmoniques, dissonances, rythmes pulsés et hachés, variations de couleurs) va réaliser là une formidable synthèse entre style allemand, napolitain, et même français dans sa monumentale ouverture.
Un chef-d'œuvre merveilleusement bien interprété. A se procurer impérativement.
Alain MAUREL
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