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Polyphonies sacrées arrow Kodaly: Missa Brevis et Laudes Organi - Janacek: Messe en Mi

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Kodaly: Missa Brevis et Laudes Organi - Janacek: Messe en Mi

18,90 €

Zoltan KODALY (1882 - 1967)

Missa Brevis

Laudes Organi

Leos JANACEK (1854 - 1928)

Messe en mi bémol

The choir of Westminster cathedral - James O' Donnel

 


Cet enregistrement est vraiment d'une grande perfection. Solistes, chœur, orgue, direction, prise de son, tout est du plus haut niveau, au service de trois œuvres dont deux messes écrites par des compositeurs parmi les plus importants du XX siècle.

Kodaly et Janacek ont bien des points en commun. L'un hongrois, l'autre tchèque, ils vont mener le même combat, bien qu'à des époques et des circonstances différentes: retrouver à travers leur musique la spécificité de leur propre pays étouffé par une tutelle germanique écrasante. Ce combat nationaliste va être une constante à travers toute leur production avec comme seule arme véritablement efficace: un retour radical aux racines de la musique populaire.

C'est ainsi que l'on verra Kodaly avec son ami Bela Bartok - autre immense compositeur - aller dans les campagnes les plus reculées de la Hongrie enregistrer ces chants à la fois simples et savants avec leur prosodie et leur rythmique caractéristiques qui imprègneront tant de leurs partitions.

Quant à Janacek, quelques années auparavant, alors que de nombreux districts de Bohême étaient de langue allemande, il n'a eu de cesse de réimplanter cette langue tchèque, complètement occultée au XVIIIème  siècle par les Habsboug où toute une vague d'émigrés géniaux tels que Zelenka eurent du mal à imposer leur style.

Janacek luttera pour un théatre national et à travers ces opéras va créer une musique inouïe basée sur l'idiome tchèque, respectant la prosodie naturelle du langage parlé, avec son accent tonique porté sur l'avant dernière syllabe, pour en rendre la « vibration affective ». Ce seront la sonorité des mots qui détermineront une musique particulière jusqu'à imprégnation totale.

Quant à ses œuvres religieuses, il disait à ses élèves  « Ecrivez en latin, mais pensez tchèque».  Outre une production instrumentale importante, Kodaly a beaucoup écrit d'œuvres chorales sacrées ou profanes. On lui en connaît une centaine, des simples harmonisations de mélodies populaires à  des œuvres plus ambitieuses telles que le Psalmus Hungaricus, son Te Deum ou sa Missa brevis in tempore belli. Il va relancer l'intérêt pour la musique d'église un peu délaissée au XIXème siècle.

 

MISSA BREVIS

La Missa Brevis fut créée le 11 février 1945 à Budapest, dans les sous-sols de l'Opéra, sous le feu des bombes. La ville, épuisée par la faim et le froid, est occupée par les Allemands et encerclée par les Russes. Il existe trois versions de cette Missa Brevis: une pour orgue de 1942, une pour chœur et orgue datant de 1944-1945 et une que Kodaly orchestrera en 1951.

Aux cinq parties habituelles de la messe, Kodaly ajoute un Introïtus et un Ite missa est à l'orgue. L'œuvre est construite en arche. L'introduction renvoit à la conclusion, le Kyrie au dernier Agnus, le Gloria au premier Agnus, et le Benedictus encadré des deux Hosanna sera le point central à partir duquel tous les thèmes seront déclinés dans l'ordre inverse de leur apparition.

On trouve toujours chez Kodaly une grande recherche architecturale, tout comme d'ailleurs chez Bartok qui construisait certaines de ses œuvres selon le Nombre d'Or.

L'Introïtus nous décrit brièvement un monde instable, chaotique et brutal d'avant la création où tout est en train de s'organiser. Sur une fréquence basse à l'orgue (un ré grave) vont s'étager plusieurs quintes emplissant l'espace vertical traversés de motifs à peine esquissés, qui vont aller en s'accélérant et devenir de plus en plus précis jusqu'à former un embryon de mélodie, d'abord indécise, chancelante, s'affirmant avant de disparaître. Naissance, mort, tout semble dit. Reste la messe.

Introït

Le Kyrie utilise les matériaux de l'Introïtus. Nous retrouvons ce ré grave et ces quintes sur lesquels va se déployer le beau thème entendu en gestation, mais là, bien affirmé par les alti.

Cette mélodie se retrouvera de façon fugace dans de nombreux endroits de la partition, selon un procédé de réminiscence cher à Kodaly. Pour le Christe confié aux trois sopranos solistes, ce sont  de véritables voix d'anges qui s'élèvent, tranchant avec le caractère populaire du début du Gloria où nous trouvons un superbe thème en fa dièse mineur confié aux solistes.

Kyrie

Gloria

Il y aurait tant à dire sur la richesse de l'écriture de ce compositeur, jouant avec des registres opposés, modulant dans des tons éloignés comme dans l'Incarnatus en mi bémol du Credo, opposant homophonie et polyphonie ou usant, comme dans le Sanctus, de savants tissages vocaux où les grands maîtres de la Renaissance semblent revivifiés à l'aune de la musique populaire.

Sanctus

Dans l'émouvant Agnus, Kodaly va utiliser une construction en miroir. Les deux premières implorations sont chantées sur le thème du Qui tollis du Gloria et le Dona nobis nous renvoit à la musique du Kyrie.

Agnus Dei

La beauté et la subtilité d'une telle œuvre est magnifiquement rendue dans cet enregistrement servi par une richesse chorale et une pureté des voix exceptionnelles. Ces parties de basses et ces séraphiques soprani à l'autre extrémité du registre !


LAUDES ORGANI

Les Laudes Organi sont la dernière œuvre de Kodaly. Construite autour d'une séquence du XIIème siècle, cette imposante partition où alternent orgue et chœur est une formidable synthèse de plusieurs siècles de musique. Palestrina, Bach, Liszt se télescopent enveloppés par la véhémence rythmique et cette teinte si particulière au chant populaire hongrois.  

Audi chorum  

Nunc per voces

Fiat Amen

Contrairement à Kodaly qui écrivit beaucoup de musique sacrée, nous ne possédons de Janacek qu'une dizaine de pièces pour chœur mixte et orgue, un Notre Père morave pour ténor et chœur, l'Evangile Eternel et sa célèbre messe glagolithique écrite en vieux slavon qui fut longtemps la langue des slaves catholiques.


MESSE EN MI BEMOL

Cette Messe en mi bémol date des années 1907-1908. Janacek n'en écrivit que le Kyrie, l'Agnus Dei et une partie du Credo. La partition fut sauvée et complétée par un de ses élèves, Vilém Petzelka. Le présent enregistrement nous en donne une nouvelle réalisation due à James O'Donnel qui à complètement réécrit le Credo et l'Agnus, plus proche du style incisif de Janacek que ce qu'en avait fait son élève qui sombrait parfois dans un sentimentalisme hors de propos.

Kyrie

Cette version est homogène, bien dans l'esprit du maître, en particulier dans cet angoissant et curieux Credo qui succède au Kyrie totalement dépouillé, austère avec ses dissonantes harmonies et sa pulsation inquiétante.

- Credo -

- Agnus Dei -


                                                                                  Alain MAUREL

© www.musique-liturgique.com

 




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