JOSEPH HAYDN Grande Messe avec Orgue en l'honneur de la Bienheureuse Vierge Marie (dite aussi messe de Saint Joseph)
Missa Cellensis N°2 (messe de Mariazell)
Collegium musicum 90 Richard Hickox
GRANDE MESSE AVEC ORGUE
Comme c'est souvent le cas, le Collegium musicum nous présente, dans une très belle interprétation, deux messes esthétiquement différentes dans lesquelles la coloration orchestrale va jouer un grand rôle.
La Grande Messe avec Orgue date de 1768/69. C'est une œuvre monumentale d'où se dégage une certaine emphase, assez peu dans la manière de Haydn.
- Kyrie -
Le compositeur va tout mettre en œuvre techniquement pour créer un climat dramatique : sombre coloration due à l'emploi de deux cors anglais, accents pathétiques du ténor dans l'Incarnatus, extraordinaire intervention polyphonique du chœur dans le Crucifixus construit en seize mesures. Nous avons, avec cette partition, un superbe travail d'écriture musicale dans le style flamboyant très bien rendu par Hickox.
- Et incarnatus -
- Dona Nobis Pacem -
MISSA CELLENSIS N°2
La grande révélation de ce disque est sans conteste la Missa Cellensis N°2. Tout à l'opposé de la Grande Messe avec orgue, plus immédiate, loin de tout maniérisme, de tout effet, cette messe, pleine d'idées et de trouvailles, semble avoir été écrite d'une traite sous la bouillonnante inspiration du compositeur.
Cette messe date de 1782. Haydn vient d'écrire sept messes. Avec cette œuvre, il va frapper un grand coup. Cette messe, sa première messe « symphonique », va réaliser la synthèse parfaite entre le savant et le populaire et surclasser de nombreuses messes en Do majeur de l'époque, notamment la célèbre Messe du Couronnement de Mozart.
- Kyrie -
Il n'est qu'à écouter le Gloria avec ses contrastes d'ombre et de lumière, le merveilleux Gratias confié à la soprano, l'entrée du chœur en valeurs longues dans un style sévère pour le Qui tollis, cet Incarnatus où le ténor dans une partie pleine de modulations amène le chœur, sombre et dramatique.
- Gloria -
- Et Incarnatus -
Le Benedictus, avec ses rythmes pointés baroques, oppose pour la première fois le quatuor de solistes au chœur et vient d'un air profane tiré d'un opéra de Haydn « Il Mondo della Luna ».
- Benedictus -
L'Agnus Dei nous offre un nouveau spécimen de style sévère amenant le Dona nobis qui est l'une des plus grandes fugues qui soit sortie de la plume de Joseph Haydn.
- Dona Nobis -
Donc une œuvre à découvrir, indispensable, très bien mise en valeur dans cet enregistrement.