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Polyphonies sacrées arrow Michael Haydn: Requiem et messe en l'honneur de Ste Ursule

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Michael Haydn: Requiem et messe en l'honneur de Ste Ursule

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MICHAEL HAYDN (1737 – 1806)
  • REQUIEM EN DO MINEUR PRO DEFUNCTO ARCHIPISCOPO SIGISMUNDO
  • MISSA IN HONOREM SANCTAE URSULAE
                                                               
Choir of the King’s consort
The King’s consort – Robert King

2 CD

Un joyau enfoui qui éclate au grand jour ! C’est sans conteste l’un des plus beaux disques de musique religieuse de l’époque classique qui nous est offert là. Qu'une telle musique soit tombée dans l’oubli paraît inconcevable. Robert King et son ensemble restituent la somptuosité et la profondeur de ce Requiem dans une interprétation d’une grande élévation. Solistes, chœur et orchestre rendent justice et un vibrant hommage à un compositeur presque totalement méconnu de nos jours. Il est vrai que le pauvre était mal placé pour la gloire et la postérité entre son talentueux et prolixe frère et le grand Mozart. Ce fervent catholique écrivit près de 400 œuvres de musique sacrée. Dire qu’il n’en existe que cinq ou six enregistrements dont les sublimes Vêpres des Saints Innocents. Et ces 30 messes, ces 6 Te Deum, 60 Offertoires, 15 Vêpres etc… A quelle profondeur ces merveilles sont-elles enfouies ? Tout est à découvrir chez ce compositeur.

Commencé en janvier 1771, après le décès de sa fille, le Requiem en Do fut exécuté le 16 décembre 1771 lors des funérailles de son protecteur, le prince- archevêque de Salzbourg Sigismund von Schrättenbach. Cette œuvre connut un grand succès et fréquemment exécutée de son vivant. C’était une sorte de référence à un point tel que Mozart, vingt ans plus tard, s’en inspirera à de nombreuses reprises pour son propre Requiem. On observe en effet dans les deux œuvres des ressemblances thématiques, rythmiques, structurelles. Ce Requiem possède toutes les qualités d’une grande œuvre avec sa solide architecture, ses contrastes harmoniques et dynamiques, sa prodigieuse inventivité mélodique, sa richesse dans le traitement vocal. L’orchestration de cette œuvre est tout à fait remarquable avec ses quatre trompettes et ses trois trombones qui donnent un effet de gravité et de profondeur.
Requiem et kyrie

Le Requiem aeternam est construit sur une marche obsessionnelle aux cordes dans le grave. L’entrée du chœur en imitation est ponctuée par des syncopes de violons suivie des solistes dont le « Et lux perpetua » est semblable à celui de Mozart. C’est un magnifique travail de construction et de gradation dans l’intensité. Le Kyrie s’enchaîne et utilise une grande partie du matériau thématique déjà entendu.

La séquence qui suit, le fameux Dies irae, est un mouvement d’une grande originalité au traitement musical étonnant. Il n’est pas divisé en plusieurs parties comme chez Mozart. Haydn enchaîne les dix-neuf strophes d’un seul tenant, leur donnant à chacune une coloration différente. Habituellement, le Dies irae est le moment de frayeur avec ses visions d’enfer et son terrible Jugement que l’on trouve dans l’impressionnante séquence grégorienne ou dans des mises en musique ultérieures (Campra, Mozart, Verdi, Brahms, Britten). Là il va se passer quelque chose d’autre. Scandé sur une énergique mesure à 3/4 donnant un fort balancement, le chœur fait son entrée en écriture verticale sur un thème sombre, puis à chaque strophe les voix solistes vont apparaître, seules ou s’unissant dans un chant parfois très lyrique entrecoupé par le chœur ou des fanfares de cuivres. Et plus la musique va avancer, plus l’effroi va s’estomper, l’œuvre gagner en sérénité et en luminosité pour se conclure sur un éclatant Do majeur. D’ailleurs toutes les parties de ce Requiem se concluront en majeur avec utilisation de la tierce picarde. Comme un grand coup de soleil après l’obscurité.

Offertoire de la messe de Requiem

Que de richesses recèle cette partition comme cet Offertoire où les solistes dialoguent avec le chœur, avec son Quam olim Abrahae si proche de celui de Mozart ; ce savant tissage des voix dans le Sanctus, ce Benedictus écrit dans un style si léger, et cet Agnus solennel et plein d’espérance à sa subtile écriture orchestrale.

Sanctus de la messe de Requiem

 

Encore merci au King’s consort pour cet enregistrement exceptionnel et saluons la qualité de ses solistes que nous allons retrouver, merveilleusement mis en valeur, dans la MESSE DE SAINTE URSULE.

Kyrie de la messe en l'honneur de sainte Ursule

Datée du 5 Aout 1793 et destinée à l’abbaye bénédictine de Frauenwörth en Bavière, cette œuvre est écrite pour quatuor vocal, chœur et orchestre.

Et incarnatus est

Messe jubilatoire et résolument optimiste, c’est une partition éclatante d’un grand lyrisme dans laquelle va briller le quatuor de solistes dans une écriture très virtuose. Nous retrouvons là toutes les qualités de Michael Haydn, son inventivité mélodique et son sens de la couleur orchestrale, utilisant des cordes avec sourdine à certains moments pour obscurcir la prodigieuse clarté de sa partition, notamment dans le Qui tollis et le magnifique Et incarnatus.

Agnus Dei, dona nobis pacem.

Evoquons pour finir la qualité des solistes qui n'en font ni trop, ni trop peu (Carolyn Sampson, soprano - Hilary Summers, alto - James Gilchrist, ténor - Peter Harvey, basse).

Un ensemble de 2 cd vraiment extra-ordinaire!

Alain MAUREL

En savoir plus sur Michaël Haydn…




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