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Michael Haydn: Requiem et messe en l'honneur de Ste Ursule
Le Requiem aeternam est construit sur une marche obsessionnelle aux cordes dans le grave. L’entrée du chœur en imitation est ponctuée par des syncopes de violons suivie des solistes dont le « Et lux perpetua » est semblable à celui de Mozart. C’est un magnifique travail de construction et de gradation dans l’intensité. Le Kyrie s’enchaîne et utilise une grande partie du matériau thématique déjà entendu.
La séquence qui suit, le fameux Dies irae, est un mouvement d’une grande originalité au traitement musical étonnant. Il n’est pas divisé en plusieurs parties comme chez Mozart. Haydn enchaîne les dix-neuf strophes d’un seul tenant, leur donnant à chacune une coloration différente. Habituellement, le Dies irae est le moment de frayeur avec ses visions d’enfer et son terrible Jugement que l’on trouve dans l’impressionnante séquence grégorienne ou dans des mises en musique ultérieures (Campra, Mozart, Verdi, Brahms, Britten). Là il va se passer quelque chose d’autre. Scandé sur une énergique mesure à 3/4 donnant un fort balancement, le chœur fait son entrée en écriture verticale sur un thème sombre, puis à chaque strophe les voix solistes vont apparaître, seules ou s’unissant dans un chant parfois très lyrique entrecoupé par le chœur ou des fanfares de cuivres. Et plus la musique va avancer, plus l’effroi va s’estomper, l’œuvre gagner en sérénité et en luminosité pour se conclure sur un éclatant Do majeur. D’ailleurs toutes les parties de ce Requiem se concluront en majeur avec utilisation de la tierce picarde. Comme un grand coup de soleil après l’obscurité.
Offertoire de la messe de Requiem
Que de richesses recèle cette partition comme cet Offertoire où les solistes dialoguent avec le chœur, avec son Quam olim Abrahae si proche de celui de Mozart ; ce savant tissage des voix dans le Sanctus, ce Benedictus écrit dans un style si léger, et cet Agnus solennel et plein d’espérance à sa subtile écriture orchestrale.
Sanctus de la messe de Requiem
Encore merci au King’s consort pour cet enregistrement exceptionnel et saluons la qualité de ses solistes que nous allons retrouver, merveilleusement mis en valeur, dans la MESSE DE SAINTE URSULE.
Kyrie de la messe en l'honneur de sainte Ursule
Datée du 5 Aout 1793 et destinée à l’abbaye bénédictine de Frauenwörth en Bavière, cette œuvre est écrite pour quatuor vocal, chœur et orchestre.
Et incarnatus est
Messe jubilatoire et résolument optimiste, c’est une partition éclatante d’un grand lyrisme dans laquelle va briller le quatuor de solistes dans une écriture très virtuose. Nous retrouvons là toutes les qualités de Michael Haydn, son inventivité mélodique et son sens de la couleur orchestrale, utilisant des cordes avec sourdine à certains moments pour obscurcir la prodigieuse clarté de sa partition, notamment dans le Qui tollis et le magnifique Et incarnatus.
Agnus Dei, dona nobis pacem.
Evoquons pour finir la qualité des solistes qui n'en font ni trop, ni trop peu (Carolyn Sampson, soprano - Hilary Summers, alto - James Gilchrist, ténor - Peter Harvey, basse).
Un ensemble de 2 cd vraiment extra-ordinaire!
Alain MAUREL
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